N° 1040 | du 24 novembre 2011 | Numéro épuisé

Dossiers

Le 24 novembre 2011 | Marianne Langlet

ITEP : les chemins de l’école

Thèmes : École, Institution

À l’Institut thérapeutique éducatif et pédagogique de Saint-Imoges, un petit village de la Marne, un éducateur accompagne la scolarité des enfants suivis à l’ITEP en étant présent physiquement dans les établissements scolaires. L’expérience menée depuis la rentrée 2006 est positive. L’objectif : faire reprendre confiance à des élèves perturbés par leurs difficultés psychologiques.

« Moi, je n’irai jamais à l’école. » Le petit garçon a murmuré tristement la phrase, le nez dans sa trousse. À côté de lui, son camarade vient d’expliquer tout fier que l’année prochaine, il retournerait en classe. Quatre garçons sont dans la classe à l’unité d’enseignement de l’institut thérapeutique éducatif et pédagogique (ITEP) de Saint-Imoges, un petit village de la Marne.

L’enseignant détaché par l’Éducation nationale leur explique ce qu’est un périmètre. « Regardez, combien de carrelage il faudrait pour refaire cette classe ? » Ils s’agitent. L’éducatrice intervient au moindre signe de déconcentration : « Levez la main pour répondre. » « Alain [1], calme-toi, écoute. » Le cadre est fort. L’éducatrice ne laisse rien passer mais encourage aussi : « On a bientôt fini, tiens bon. » « Ces enfants n’ont pas de cadre interne, assure Jean-Luc Farcette, le pédopsychiatre de l’ITEP, ils ont donc besoin de ce cadre externe fort pour être rassurés, sinon ils explosent. »

Ces quatre enfants-là ont encore besoin de l’institution mais l’objectif est qu’ils retrouvent le chemin de l’école. Même pour ce petit garçon qui pense aujourd’hui ce but inaccessible.

En 2003, lorsque l’ITEP ouvre ses portes son projet est, pour l’époque, audacieux : la scolarisation en milieu ordinaire doit être privilégiée. Jusqu’alors, dans ce qui s’appelait encore des instituts de rééducation (IR), la règle reste le plus souvent une scolarisation en interne. L’ITEP de Saint-Imoges innove. Mais l’innovation se heurte rapidement aux réalités de la pratique. « Nous avions le projet de personnaliser le lieu d’accueil pour chaque enfant en fonction de ses besoins, se souvient le directeur de l’ITEP, Pierre Carpentier. Et puis, aucune école n’aurait alors accepté de recevoir seule les vingt enfants. » L’équipe se retrouve avec quatorze écoles pour vingt enfants.

Un vrai casse-tête. 480 kilomètres à parcourir quotidiennement et une question : comment faire pour que tous soient à l’heure à l’école ? Impossible. « Les enfants arrivaient presque systématiquement en retard témoigne Pierre Carpentier. Nous faisions des tournées avec des regroupements explosifs d’enfants dans les voitures ; l’éducateur, toujours en retard, prenait des risques au volant. » Enfin, lorsqu’un enfant avait un problème à l’école, il fallait trouver un véhicule libre et repartir, parfois à 25 kms : le temps d’arriver, la crise était déjà passée. « Nous ne répondions pas au besoin de soutien des équipes pédagogiques », souligne Pierre Carpentier. « Rapidement, les punitions augmentent, les exclusions se multiplient, la fatigue se fait sentir pour tous », note le rapport de l’ITEP. Et Pierre Carpentier de conclure : « Au final, nous rajoutions des difficultés à des enfants qui en avaient déjà assez ».

L’organisation est alors repensée. Dans un premier temps, les huit enfants en âge d’être scolarisés au collège sont accueillis dans deux établissements différents puis dans un seul, le collège Terres rouges, à Epernay. Cette organisation fonctionne depuis 2006.

« Au collège, il y a toujours un éducateur présent », explique Marie Thiney, éducatrice. Mais ce n’est pas toujours le même. L’ITEP compte pour cette tranche d’âge cinq éducateurs qui se relaient en fonction de leur emploi du temps. Le rôle de l’éducateur au collège est essentiellement de réassurance, de soutien et d’intervention en cas de crise. « Les besoins dépendent des jeunes accompagnés : problèmes de concentration, non-respect du cadre, peur de l’échec », détaille Marie Thiney. « Pour l’un de nos jeunes, la peur de l’échec dépasse le cadre scolaire et peut même se révéler pendant un jeu de cartes ou une partie de foot. Son manque de confiance en lui est si fort, qu’en classe, il préfère exploser pour avoir une « excuse » et ne pas subir le regard de la classe et du professeur », poursuit-elle. Elle décide donc de rester près de l’enfant quand il peut se retrouver dans ces situations.

L’éducateur n’est cependant pas en permanence à côté du collégien. « Nous nous adaptons, selon les cours, selon les jours », explique Marie Thiney. Pour l’un, les maths posent problème, l’éducateur l’accompagnera dans cette heure de cours. Pour un autre, c’est un problème de concentration et l’éducateur sera présent pendant le premier quart d’heure du cours. Toutefois, la répartition peut changer si l’éducateur perçoit l’énervement d’un jeune pendant la récréation, il peut décider de passer l’heure qui suit avec lui. « Nous faisons une prise de température en permanence avant de décider d’aller avec tel jeune ou tel autre. Nous sommes constamment à droite et à gauche selon ce qu’il se passe dans la journée. Il faut sentir les choses », témoigne Marie Thiney.

Au départ, ces va-et-vient de l’éducateur pouvaient être mal perçus par les professeurs. Certains acceptaient difficilement qu’un autre adulte soit simplement présent dans la classe. Mais depuis 2006, du chemin a été parcouru et désormais les éducateurs sont bien mieux acceptés. « Certains professeurs nous ont même dit que nous étions à leurs yeux indispensables et que notre présence les rassurait », ajoute Marie Thiney. À chaque rentrée, il faut toutefois que les éducateurs expliquent leur rôle aux nouveaux venus.

Au cours de l’année, des points réguliers sont faits entre les professionnels de l’ITEP et du collège. Au fil du temps, des liens se sont construits. « Je me souviens d’une fête à l’ITEP, il y a deux ans où, sans concertation entre nous, une vingtaine de professionnels du collège étaient allés, se remémore le principal de Terres Rouges, Denis Varin. Nous étions nous-mêmes surpris de notre nombre et les enfants très heureux de nous faire découvrir l’ITEP et de voir que leurs enseignants s’intéressaient à eux. »

En cinq ans d’existence du dispositif à Terres rouges, deux élèves de l’ITEP ont été exclus par le conseil de discipline. « C’est très peu compte tenu des actes que sont capables de poser ces enfants-là », estime le principal. Dans les deux cas d’exclusion, une répétition de passages à l’acte violent avait abouti à cette décision «  pour protéger la collectivité », justifie le principal. Au regard de cette belle réussite, ne peut-on envisager une scolarité complète pour tous les enfants d’ITEP ?

« Clairement, non », affirment en chœur Pierre Carpentier et le docteur Jean-Luc Farcette, pédopsychiatre de l’ITEP. « Il faut déjà que l’individu tienne pour que l’élève advienne », expose joliment le pédopsychiatre. « L’école, on s’en fiche, là n’est pas le problème », appuie Pierre Carpentier. L’ITEP n’a pas pour mission de résorber des problèmes scolaires mais avant tout de soigner les difficultés psychologiques des enfants. Une approche parfois difficilement entendue dans le cadre scolaire où l’absence d’un enfant fait craindre retard et difficultés. « Mais ces enfants sont tout à fait capables de rattraper le retard dès lors qu’ils n’ont plus les difficultés psychologiques qui les freinaient », affirme Pierre Carpentier.

Il se souvient d’un garçon qui ne savait ni lire, ni écrire en cinquième et qui en une année a rattrapé tout son retard « parce que nous avions traité ses difficultés psychologiques et non fait du soutien scolaire ». Il est donc important d’adapter le temps scolaire au temps du soin, de faire si nécessaire des allers et retours. Si tous les collégiens de l’ITEP sont scolarisés à temps plein en début d’année, sauf les mercredis matin et vendredis après-midi, des demi-journées peuvent être ensuite retirées si nécessaire. « L’erreur est de croire que c’est en ajoutant du temps scolaire et du soutien que nous aidons ces enfants. Au contraire, cela va renforcer les défenses et aboutir à l’effet inverse, soutient Pierre Carpentier. Il faut alléger l’école et traiter les difficultés psychologiques pour permettre l’accès aux apprentissages. »

Dans cette perspective de soin, le travail d’équipe est considéré comme essentiel à l’ITEP de Saint-Imoges et organisé en plusieurs temps. « Chaque pôle se réunit pour produire une réflexion que nous appelons une élaboration thérapeutique, éducative et pédagogique sur un enfant donné, puis nous mettons en commun cette réflexion au cours d’une réunion dite d’harmonisation en présence du directeur, du chef de service, de l’éducateur référent, du pédopsychiatre et du responsable du service social », explique Jean-Luc Farcette.

Cette réflexion commune est ensuite présentée aux parents qui sont associés à la réflexion et appelés à valider le projet. Les liens avec les parents sont essentiels et valorisés par des contacts réguliers. « Nous n’avons pas un projet dans lequel l’enfant doit entrer mais nous accompagnons le projet de l’enfant et de sa famille », assure Pierre Carpentier. La volonté de l’établissement est que les enfants, à la fin de la prise en charge qui dure en moyenne deux ans, puissent repartir dans le circuit ordinaire. 

Pour cela, il faut traiter les causes des troubles et ne pas se focaliser sur les symptômes. « Dans ce but, l’ITEP doit être suffisamment contenant pour que le symptôme s’exprime », avance Pierre Carpentier. « Parfois, c’est explosif ici mais ce n’est pas du tout, à mes yeux, synonyme d’échec, au contraire. C’est en les laissant s’exprimer que nous pouvons comprendre les symptômes, sinon il suffit de mettre les enfants sous médicaments et le problème est soit disant réglé. »

Une approche qui exige beaucoup des éducateurs. L’institution se doit de protéger les enfants, de leur permettre d’exprimer leurs souffrances « mais aussi de faire attention aux adultes », précise Jean-Luc Farcette. Car eux aussi, tout comme l’école et les parents avant eux, peuvent être usés par la répétition des actes de ces enfants. Des analyses de pratique ont lieu toutes les semaines, les réunions d’équipe sont régulières et le directeur favorise particulièrement les « temps perdus ». « Nous avions proposé des réunions avec les services généraux qui doivent aussi être associés au travail d’équipe mais personne n’y disait rien. Nous avons arrêté ces réunions et j’ai institué une pause-café à 10 heures et à 16 heures où je m’arrange toujours pour être présent. Les échanges se font très bien à ce moment, rien n’est formalisé mais c’est une réunion », raconte Pierre Carpentier.

À ses yeux, l’essentiel dans un ITEP est que l’équipe soit dans le lien car plutôt que de troubles du comportement, il estime que ces enfants souffrent de troubles du lien. Et si l’équipe n’est pas elle-même en lien autour de l’enfant, alors aucun soin n’est possible.

Marianne Langlet


Des IR aux ITEP

Les instituts de rééducation (IR) sont devenus des instituts thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques (ITEP) par le décret du 6 janvier 2005. Auparavant, ils avaient de multiples habilitations et les enfants pouvaient y être orientés tant par l’aide sociale à l’enfance que par une décision de justice. Les situations et les besoins divers pouvaient créer des mélanges explosifs. D’autant plus que, bien souvent, toute la prise en charge avait lieu à l’intérieur de l’IR.

Désormais, selon le texte du décret « Les instituts thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques accueillent les enfants, adolescents ou jeunes adultes qui présentent des difficultés psychologiques dont l’expression, notamment l’intensité des troubles du comportement, perturbe gravement la socialisation et l’accès aux apprentissages. Ces enfants, adolescents et jeunes adultes se trouvent, malgré des potentialités intellectuelles et cognitives préservées, engagés dans un processus handicapant qui nécessite le recours à des actions conjuguées et à un accompagnement personnalisé. » L’orientation est décidée par la MDPH (maison départementale des personnes handicapées).

Les ITEP sont donc clairement positionnés dans le champ médico-social. Et ils revendiquent aujourd’hui un travail en partenariat avec tous les professionnels à l’extérieur. « L’ITEP ne doit pas être seul », insiste le président de l’Aire, Gilles Gonnard. Il met en garde contre le dispositif des établissements de réinsertion scolaire, annoncés en mars 2010 par Nicolas Sarkozy et lancés à la rentrée 2010. Ces dispositifs, qui regroupent en classe réduite des élèves aux comportements difficiles dans un établissement scolaire loin de leur domicile, ont connu des débuts mouvementés avec de multiples incidents. Pas étonnant, selon Gilles Gonnard : « Nous n’avons pas de solution miracle mais nous avons l’expérience de ce qui ne marche pas. Mettre à distance, à des centaines de kilomètres de chez eux, des préadolescents avec des troubles psychologiques ne fonctionne pas. Nous le savons car nous l’avons vécu et si nous sommes passés des instituts de rééducation à des instituts thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques, ce n’est pas pour rien, il y a des modalités de travail différentes entre les deux concepts. » Pierre Carpentier le rejoint : « Ce dispositif a été monté à la va-vite, sans projet, en réaction à des mouvements d’opinion, cela ne peut donc pas fonctionner. Marginaliser des enfants dans une institution scolaire ordinaire : cela s’appelle de la discrimination. »


Faciliter la scolarisation

Gilles Gonnard, président de l’AIRe, association nationale des instituts thérapeutiques éducatifs et pédagogiques et de leurs réseaux, souligne la tendance des ITEP à multiplier les réponses pour favoriser la scolarisation des jeunes.

Comment un enfant arrive en ITEP ?

Dans la majeure partie des cas ces jeunes mettent à mal le cadre scolaire, parfois jusqu’à l’insupportable. Leurs difficultés psychologiques s’expriment par des perturbations importantes de la socialisation et du rapport à la règle. Dans un premier temps, les parents peuvent rencontrer le médecin et/ou le psychologue scolaire ainsi que l’équipe RASED. Si nécessaire, ils incitent la famille à rencontrer une équipe de CMPP, CMP, CAMPS. La saisine de la MDPH pour une orientation en ITEP vient ensuite. D’autres situations plus complexes existent pour des enfants qui relèvent de l’aide sociale à l’enfance ou sont déjà suivis dans des hôpitaux de jour. Ces structures, en accord avec la famille, interpellent la MDPH.

Quelles sont les caractéristiques des enfants qui arrivent en ITEP ?

Depuis le décret ITEP de 2005, il n’y a plus d’ambiguïté. Avant, nous avions de multiples habilitations et nous pouvions avoir au sein des instituts de rééducation, comme nous nous appelions alors, des jeunes délinquants et des jeunes avec des troubles psychologiques. Désormais, les ITEP sont des établissements qui ne reçoivent que des enfants qui ont des troubles psychiques, qui souffrent d’un handicap psychique. Nous n’accueillons pas en ITEP aujourd’hui des enfants qui relèveraient de la protection judiciaire de la jeunesse même s’ils peuvent relever des deux.

Le terme de trouble du comportement dont on qualifie les enfants d’ITEP est aussi un peu ambigu ?

Oui, nous avons souhaité dans le décret ITEP que ce terme ne domine plus. Le décret définit les jeunes en ITEP comme présentant des troubles psychologiques dont l’intensité a pour conséquence éventuelle des troubles du comportement. Les troubles psychologiques prédominent.

Pourquoi y a-t-il tant de garçons en ITEP ?

Ils se manifestent plus bruyamment et plus tôt que les filles dont les troubles se signalent plutôt vers l’adolescence. Mais le problème, c’est que ce n’est pas forcément l’aspect bruyant qui révèle la gravité des troubles, certains troubles ne font aucun bruit. C’est pourquoi il faut aujourd’hui travailler sur la prévention car lorsque les enfants sont orientés en ITEP entre le primaire et le collège, les troubles sont souvent là depuis longtemps. Il est complexe de dire d’un enfant de sept ans qu’il a des troubles psychologiques mais c’est à cet âge-là qu’il faudrait démarrer un accompagnement un peu plus léger plutôt que d’attendre la situation gravissime à 12-13 ans avec une rupture scolaire complète.

Que pensez-vous de l’annonce d’une nouvelle évaluation en maternelle ? Peut-elle permettre le dépistage de ces troubles ?

Il faut s’occuper des enfants qui ont des troubles psychologiques le plus tôt possible. Mais ces évaluations se concentrent sur le versant scolaire, elles s’attachent à ce que l’enfant montre, or les troubles psychologiques ne sont pas forcément visibles dans ce cadre. Et puis, que sera-t-il proposé aux enfants dont les difficultés seront repérées dans ce cadre ? Rien n’est dit sur ce point. Quelle utilisation sera faite de ces évaluations ? Nous sommes sur le versant du soin et, pour nous, la prévention des troubles doit être faite par des professionnels (CAMS - centre d’action médico-sociale précoce, CMPP, psychologue scolaire).

Est-ce que tous les enfants d’ITEP doivent être scolarisés ?

Tous les enfants d’ITEP doivent avoir une inscription scolaire en milieu ordinaire. Ils doivent aller à l’école ordinaire s’ils le peuvent. Si nécessaire, nous devons proposer une alternance pour permettre de soulager l’enfant. Nous proposons donc une scolarité partagée entre le milieu ordinaire et l’ITEP avec son unité d’enseignement. La temporalité est ensuite variable. Nous avons des collégiens qui peuvent très bien aller une semaine à temps plein à l’école puis la semaine suivante avoir besoin d’un repli sur l’unité d’enseignement de l’ITEP. Cette alternance est préventive : elle prévient la déscolarisation et l’exclusion scolaire.

Est-ce que la souplesse des ITEP et de l’Education nationale permet ce type d’aller et retour ?

Nous y travaillons. Après la loi de 2005, nous avons eu un mouvement de balancier qui a fait que nous étions dans le tout école ordinaire. Aujourd’hui il y a un revers de balancier : les enfants qui arrivent en ITEP sont tous déscolarisés. Or, si nous arrivions à une coopération un peu plus resserrée dès les premiers temps de repérage des troubles de l’enfant, nous éviterions la déscolarisation complète où il faut reconstruire tout un parcours vers l’école.

Que pensez-vous de la formule mise en place à l’ITEP de Saint-Imoges ?

Toutes les solutions qui facilitent la scolarisation et évitent les ruptures sont bienvenues. Aujourd’hui, la majeure partie des ITEP sont dans cette mouvance-là. L’ITEP se déploie comme un dispositif qui n’a pas de réponse unique. Il comprend un Sessad, un semi-internat, un internat, une unité d’enseignement, pour les plus âgés, quelque chose de l’ordre de l’apprentissage et il peut y avoir aussi un accueil familial spécialisé. Si tous les ITEP étaient agréés dans cette forme-là, cela permettrait une scolarisation plus fluide.

Est-ce que beaucoup d’ITEP ont obtenu l’agrément de dispositif ?

C’est notre bataille politique actuelle. L’année dernière nous avons fait le tour de France des régions sur cette idée de dispositif ITEP. Nous avons rencontré des ITEP qui n’avaient pas forcément l’ensemble des composantes mais étaient prêts à les avoir. Nous avons rencontré des pouvoirs publics qui sont favorables à cette mise en œuvre-là comme les MDPH, les ARS (agence régionale de santé)… Quelques points entravent encore l’agrément global ITEP : la notion d’établissements et services qui partage le dispositif en deux et le financement en prix de journée ou en dotation globale. Il faudrait un agrément dispositif ITEP pour éviter le partage entre l’agrément de services ou l’agrément d’établissement avec un mode de financement adapté. Certains ITEP ont obtenu cet agrément dans le cadre de CPOM (contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens) mais cela reste du cas par cas.

En décembre 2011, lors de nos journées annuelles à Reims, nous proposerons un document, mis au point avec l’Uniopss, qui valide juridiquement, financièrement et administrativement le dispositif ITEP. Ensuite, nous attendons une réponse du côté des politiques. À ce jour nous avons eu des échos extrêmement favorables mais pas de décision.

Propos recueillis par M.L.


[1Le prénom a été changé