N° 897 | du 18 septembre 2008 | Numéro épuisé

Dossiers

Le 18 septembre 2008 | Mariette Kammerer

École et prévention spécialisée, l’heure du rapprochement.

Thèmes : Prévention spécialisée, École

Comment prévention spécialisée et établissements scolaires peuvent-ils coopérer pour que chacun y trouve son compte, sans toutefois mélanger les genres ? Exemples de partenariats réussis et quelques mises en garde.

Après s’être longtemps ignorées, Éducation nationale et prévention spécialisée multiplient les expériences de partenariat. Ce rapprochement significatif n’a pas échappé au conseil technique des clubs et équipes de prévention spécialisée (CTPS) [1] qui a publié en avril dernier un rapport [2] sur le sujet, après deux ans de recherche-action. Cette coopération nouvelle suscite des interrogations : les éducateurs de rue ont-ils vocation à intervenir dans les établissements scolaires ? De quelle manière et dans quelles limites ?

Intérêt réciproque

Tout d’abord, il faut noter que ce rapprochement avec l’institution scolaire est une réponse à une situation très dégradée dans les collèges : climat de violence, fin des emplois jeunes, absentéisme, déscolarisation, difficultés à mobiliser les familles, etc. La prévention spécialisée est traversée par les problématiques actuelles et confrontée à l’échec scolaire des jeunes dans les quartiers. « S’ils veulent être efficaces dans leur mission éducative, les éducateurs ont besoin d’avoir un pied dans l’école puisque c’est en partie là que se situent les problèmes », estime Frédéric Fappani, chef de service du club de prévention du Canal, à Paris. Ce partenariat correspond à la fois à un besoin des jeunes et à une demande des établissements, auxquels les éducateurs peuvent apporter leur connaissance du quartier, des familles et de la vie des jeunes à l’extérieur. L’enjeu est de taille : faire en sorte que l’école reste un lieu protégé et un espace de socialisation, ne pas perdre la confiance des familles, et lutter contre l’absentéisme et l’échec scolaire.

Partenariats sur mesure

La coopération entre école et prévention spécialisée peut prendre des formes très variées, comme en témoignent les initiatives présentées dans le rapport du CTPS, tirées d’études monographiques dans trois départements (Var, Nord, Bas-Rhin). Les modalités d’intervention sont très différentes d’un endroit à l’autre, les missions des éducateurs plus ou moins étendues et formalisées, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’établissement. Ces initiatives viennent toutes du terrain, de rencontres spontanées entre éducateurs et enseignants et d’une problématique locale.

À Hyères, depuis les années 1980, le Club de prévention a mis en place du soutien scolaire pour les élèves des collèges, ce qui lui permet de faire le lien entre l’établissement et les familles en difficulté et impliquer les parents dans la scolarité. À Fréjus, en accord avec les collèges, la prévention (Grapesa) travaille avec les élèves exclus temporairement de leur établissement, afin que ce temps d’exclusion soit constructif et non pas un tremplin vers la délinquance. À Strasbourg, dans le quartier de la Meinau, les éducateurs (PAM) ont tissé depuis quinze ans des liens avec les écoles du quartier et obtenu la création d’un poste spécifique. Ils interviennent de plusieurs façons : soutien scolaire, sorties, aide à la parentalité, concertation avec conseiller principal d’éducation et enseignants au sujet de tel ou tel élève difficile.

C’est à Lille que le partenariat est le plus étroit : depuis 1996, pour contrer un climat de violence et améliorer les relations sociales dans les établissements, une vingtaine d’éducateurs, « acteurs de liaison sociale en environnement scolaire » (ALSES), sont présents en permanence dans les collèges. Ces postes ont été créés d’un commun accord entre la ville, le conseil général, l’Éducation nationale et l’association de prévention Itinéraires.

L’éducateur ALSES anime des groupes de parole avec les élèves, rencontre les jeunes et les adultes, intervient par rapport à des adolescents absentéistes ou en fugue et prend contact avec les familles. Il participe aux réunions des assistantes sociales de secteur et fait partie du « pool social » de l’établissement (CPE, assistante sociale) qui se réunit pour échanger sur les jeunes en difficulté. Il participe aux conseils de discipline dans le but d’éviter des situations de rupture scolaire et oriente les jeunes les plus en difficulté vers le « centre de jour », espace géré par la prévention spécialisée, qui propose une prise en charge spécifique en cas d’exclusion du collège.

Ces coopérations développées dans la durée ont permis, chacune à leur manière, d’améliorer les relations sociales dans les établissements, de faciliter le lien avec les familles, de limiter la déscolarisation, etc.

Les limites

Néanmoins, le fait de travailler directement avec l’Éducation nationale ne va pas de soi et suscite parfois des réticences du côté de la prévention spécialisée : ne va-t-elle pas y perdre son âme, s’en trouver instrumentalisée ? Quelques précautions s’imposent.

Selon Gilbert Berlioz, consultant au Conseil recherche évaluation en sciences sociales (CRESS), auteur d’un rapport sur la prévention spécialisée en Seine-Saint-Denis, « l’intervention des éducateurs peut être pertinente à condition de bien délimiter leur rôle : ils ne doivent être ni des flics, ni des supplétifs des enseignants, ni un ersatz de service social. » « Bien définir les rôles permet aussi d’éviter les rivalités avec l’assistante sociale ou l’équipe pédagogique, chacun garde son système d’autorité et son autonomie d’action », ajoute Joëlle Bordet, psychosociologue co-auteure du rapport du CTPS.

Afin de rester en accord avec la déontologie et les principes de la prévention spécialisée, les éducateurs peuvent exiger par exemple que les élèves soient libres de participer ou non aux groupes de parole qu’ils animent, qu’il n’y ait pas de contrôle ou de liste des participants.

Une des difficultés pour l’éducateur est de gérer sa double casquette sans perdre la confiance des jeunes : « C’est à lui de garantir le secret, de ne pas amener dans le collège la relation qu’il a avec un jeune à l’extérieur, de bien séparer les deux », précise Gilbert Berlioz. La question du positionnement devient plus complexe si l’éducateur a pour mission d’intervenir auprès des familles d’élèves absentéistes ou en instance d’être exclus de l’établissement.

Concernant les limites de la coopération avec l’école, Gilbert Berlioz estime que « la rue doit rester le principal terrain d’action des éducateurs ». « C’est cette connaissance du quartier, des familles et des adolescents qui les rend précieux dans l’école, complémentaires de l’équipe pédagogique et légitimes pour intervenir », ajoute Joëlle Bordet. Autre mise en garde : les éducateurs ne doivent pas être l’unique solution pour pallier le manque de moyens éducatifs dans les collèges, qui se trouvent démunis depuis la fin des emplois jeunes.

Pour finir, faut-il généraliser ce type d’initiatives ? « Le but n’est pas de les modéliser mais on peut favoriser les conditions de ce partenariat », estime Pierre-Jean Andrieu, ancien président du CTPS, reprenant les recommandations du rapport : « sensibiliser les pouvoirs publics », « encourager ces coopérations sur le terrain », mais « laisser entière autonomie à ces initiatives ». À noter que le rapport ne préconise pas de moyens supplémentaires pour cette nouvelle mission de la prévention spécialisée.

Reportage au collège Sonia-Delaunay à Paris

Prévenir la déscolarisation

Les éducateurs de prévention du club du Canal animent des groupes
de parole auprès des élèves du collège Sonia-Delaunay à Paris. Comme chacun garde sa place, tout le monde y trouve son compte.

Depuis deux ans les éducateurs du club de prévention du Canal dans le Nord-est parisien, animent chaque semaine des groupes de parole libre au collège Sonia-Delaunay pendant l’heure du déjeuner. Depuis un an, ils interviennent également dans le cadre du dispositif académique de socialisation et d’apprentissage (DSA), qui accueille temporairement des élèves en voie de décrochage scolaire.

L’initiative est venue du club de prévention : « Nous avons souhaité nous rapprocher des collèges pour mieux prendre en charge les difficultés des jeunes du secteur à un moment où l’école ne fait plus sens pour eux », explique Frédéric Fappani, chef de service. La principale du collège était favorable à cette coopération déjà expérimentée en banlieue : « Nous sommes en demande de partenariats extérieurs, car ici le tissu associatif est assez maigre et dispersé, et on manque d’interlocuteurs avec qui travailler », explique-t-elle.

Espace de parole« Nous souhaitions offrir aux élèves un espace de parole sur des sujets qui les préoccupent, ajoute son adjoint, et les mettre en contact avec des personnes ressources qu’ils pourront revoir à l’extérieur. » Une démarche qui a soulevé quelques réticences au conseil d’administration de l’établissement et parmi les parents d’élèves : « Cela venait surtout d’une méconnaissance du métier d’éducateur de rue », se souvient Nicole Moretti, la principale. Une fois les inquiétudes levées, une convention a été signée entre le club du Canal et l’établissement, rappelant le cadre de l’intervention et les principes de la prévention spécialisée (libre adhésion, anonymat).

Les groupes de parole du midi rassemblent chaque semaine une dizaine de jeunes qui abordent spontanément des sujets sensibles pour eux : le conflit et passage à l’acte, la sexualité, le savoir, l’identité, les conduites addictives et la loi, la représentation du féminin, les difficultés dans les relations avec les adultes de l’établissement, etc. « Ces questions sont au centre de leur vie et certains n’ont aucun autre lieu pour en parler », souligne Frédéric Fappani. La mission de « relais vers l’extérieur » a également fonctionné puisque trois élèves sont restés en contact avec le club du Canal.

Remobilisation • Le dispositif de socialisation et d’apprentissage (DSA), en place depuis plusieurs années à Paris, offre des heures supplémentaires aux établissements qui en font la demande pour leur permettre de monter un programme de remobilisation avec les élèves en difficulté. Au collège Sonia-Delaunay, trois groupes de dix élèves triés sur le volet ont suivi ce programme pendant six semaines : « Le programme comprend des cours sur les matières habituelles, assurés par des enseignants volontaires, et des ateliers d’expression dont un groupe de parole animé par le club du Canal », explique la principale. Les thèmes de discussion sont décidés à chaque séance par un vote des élèves. « Bien que les ateliers ne soient pas obligatoires, certains jeunes ont eu des comportements de provocation et de défiance », constate Johanna Brossel, éducatrice.

Pas d’instrumentalisation • La manière d’intervenir dans un collège est bien sûr différente de la pratique de la rue : « Ici les jeunes nous attendent, à heure fixe, donc c’est plus cadré, il faut bien maîtriser la dynamique de groupe », indique Johanna Brossel. « Cela demande une technicité un peu différente, c’est pour cela que les éducateurs interviennent à deux et ont une supervision sur ce travail. » Les éducateurs ont réussi à gérer leur double casquette lorsqu’ils ont retrouvé à l’intérieur du collège des jeunes qu’ils connaissaient déjà à l’extérieur : « On craignait que ces jeunes perdent confiance en nous, confie Frédéric Fappani, mais notre discrétion les a rassurés et la relation s’est poursuivie comme avant à l’extérieur. » L’intervention des éducateurs reste centrée sur les élèves, il n’y a pas de lien avec les familles et les responsables d’établissement n’interviennent pas.

Le club de prévention, qui intervient sur ses financements propres et à moyens constants, reste maître de la convention passée avec l’établissement. « Cette action au collège est tout à fait compatible avec notre déontologie, elle est même indispensable pour mener à bien notre mission et aider les jeunes du quartier avant qu’ils ne basculent dans la rue », affirme-t-il, favorable à une généralisation de la formule. Les éducateurs constatent également les faibles moyens dont l’école dispose pour prendre en charge des élèves en grande difficulté. « La présence d’autres adultes est structurante pour les élèves et nous avons besoin de collaborer avec des structures spécialisées - psychologues, éducateurs - car nous sommes très démunis en interne pour intervenir dans ces domaines-là, alors qu’il y a de gros besoins », constate le principal adjoint.

Entretien avec Laurent Ott, éducateur et enseignant, docteur en philosophie, auteur du livre Le travail en milieu ouvert (érès 2007)

On a l’impression que le social est perçu comme une sorte de "parasite" de la mission scolaire

Les relations professionnelles entre les éducateurs et les établissements scolaires semblent avoir toujours été délicates dans le meilleurs des cas, et inexistantes la plupart du temps. À quoi attribuez-vous ces difficultés relationnelles ?

Il y a beaucoup d’éléments qui peuvent expliquer ce phénomène ; certains ont trait aux différences des catégories socioprofessionnelles qui, malgré des niveaux de rémunération apparemment similaires, ne recouvrent pas les mêmes parcours. Le vécu scolaire des éducateurs n’est absolument pas celui dont les enseignants ont gardé le souvenir ; les éducateurs font fréquemment état de souvenirs scolaires douloureux, de relations difficiles avec les enseignants, d’une image péjorative de leurs interventions éducatives ; les enseignants ont plus souvent le souvenir de moments de réussite et d’un vécu plutôt « tranquille » et apaisé de l’école.

Au-delà, il existe d’autres causes de difficulté de communication ; les éducateurs ont souvent l’impression de travailler avec des enfants et des jeunes que les écoles rejettent. Ils sont témoins de la souffrance de ces enfants et des jeunes en rapport avec cette exclusion. Ils ont donc tendance à « coller » au vécu de leur public.

Depuis quelque temps, il semble que quelques éducateurs interviennent directement au sein des collèges (ici, des groupes de paroles pour des élèves… là, des échanges avec des professeurs etc.). Cela ne risque-t-il pas d’entraîner des dérives en termes d’éthique et de déontologie pour les éducateurs : respect de l’anonymat, libre adhésion des jeunes, secret professionnel ?

La présence des éducateurs dans les établissements scolaires est moins incongrue que celle de la police ; cela étant, c’est peut-être une bonne chose si cela permet de nouer des contacts qui seront ensuite développés ailleurs ; s’il ne s’agit que de donner bonne conscience au collège en mettant en œuvre une action à citer pour le comité d’éducation à la santé… En soi, la présence des éducateurs peut soit favoriser le contact, soit nourrir des fantasmes ; ce qui va être déterminant, c’est l’ouverture des enseignants vers les éducateurs et la possibilité pour ces derniers de sortir du schéma de l’intervention réservée à des élèves ciblés.

En bref, les éducateurs dans les collèges sont considérés, soit comme des gadgets qu’on présente comme un plus aux parents d’élèves inquiets, soit au contraire comme des interlocuteurs qui rassurent l’administration, voire qui peuvent la déculpabiliser quand il s’agit de renvoyer un élève, en se disant qu’il sera « récupéré » par les éducateurs pour un éventuel chantier. Car, il faut bien le dire, la présence des éducateurs dans les collèges n’est pas l’élément le plus significatif de la situation actuelle de ces établissements ; jamais il n’y a eu dans certains quartiers autant de redoublements (jusqu’à un quart des effectifs dans certaines zones sensibles) ; par ailleurs, la pratique de l’exclusion s’est banalisée et multipliée.

Comme il s’agit souvent de mesures d’exclusion avec accord de réinscription dans un établissement proche, il y a peu de culpabilité alors que dans les faits, nombreux sont les collégiens qui, en fin d’année scolaire par exemple, n’intègrent jamais le collège « de repli »… Quant à avoir une chance de s’y intégrer…

Quelles pourraient être selon vous les perspectives en termes de partenariat accru entre éducateurs et professeurs, quand on sait que les uns parlent de jeune (avec son histoire) et les autres d’élève (en termes de résultats par matière enseignée) ?

Le problème n’est pas tant d’établir tel ou tel partenariat que de revisiter le concept de ce qu’est un partenariat. Vu de l’école, le partenariat c’est une conception particulière qui revient souvent à dire, « qu’est ce que vous pouvez faire pour moi ? », plutôt que « qu’est ce que nous pouvons faire ensemble ? » Il est toujours surprenant pour les enseignants d’entendre que le but de l’école pourrait être autre chose que l’école elle-même, et que d’autres questions seraient tout aussi légitimes, telles que : « Que pourrait apporter l’école à tel ou tel enfant ? »

La prise en compte des difficultés sociales par l’institution scolaire reste ambiguë ; même quand les établissements font venir les parents, ou mobilisent des intervenants extérieurs, on a l’impression que le social est perçu comme une sorte de parasite de la mission scolaire ; un supplément d’âme, quelque chose d’optionnel, qu’il faut bien faire mais qui reste illégitime ou en tout cas dommageable. On n’arrive pas à intégrer le social comme une richesse au sein même du projet pédagogique et dans le projet même d’éduquer.

Au lieu de considérer le social comme une liste de problèmes réels ou possibles contre lesquels il faudrait se protéger, pourquoi ne pas l’envisager au contraire comme une chance de dépoussiérer des méthodes d’enseignement et de transmission des connaissances, d’évaluation, d’orientation… qui ne font plus leurs preuves ? Et si les enfants en difficulté, au lieu d’être à la queue des autres, étaient en avance, en réclamant d’autres modes d’éducation, à la fois plus personnalisés (c’est-à-dire ouverts sur l’expression et l’initiative) plus modernes, plus démocratiques, et plus ouverts sur le monde ?

Existe-t-il selon vous une réelle volonté politique de décloisonnement entre ces deux institutions, pour un même public ?

On peut douter d’une réelle ouverture de l’école en ce qui concerne une approche éducative, qui prendrait enfin en compte la globalité du développement de l’enfant dans une approche positive et non stigmatisante. On n’en prend pas le chemin ! L’orientation actuelle est bien davantage ouverte sur une logique de mise à disposition, autour de l’école, de tout un panel de petits métiers de la ville (les médiateurs, les animateurs locaux, la MJ, etc.), ou bien alors la référence est la réussite éducative.

La politique de réussite éducative telle que définie par la loi sur l’égalité des chances, renforcée par la loi dite de prévention, met vraiment en œuvre une logique ciblée sur des individus et groupes pressentis et repérés comme en difficulté avec des objectifs à très court terme qui délaissent volontairement la recherche du sens des problèmes. Vers ce type de travail là, l’école peut tout à fait s’ouvrir, mais il faut avoir le courage de reconnaître que ça n’a pas grand-chose à voir avec la vision et la pratique de l’éducation spécialisée. Il est là, selon moi, le vrai risque, à savoir mettre en œuvre de multiples façons des programmes qui se disent de prévention et d’éducation mais qui en réalité sont surtout là pour colmater les défauts des institutions et maquiller d’une façon politiquement correcte les pratiques d’exclusion ou de séparation des publics.

Propos recueillis par Guy Benloulou


[1Conseil technique des clubs et équipes de prévention spécialisée : instance de réflexion et de proposition auprès du ministère des affaires sociales

[2Rapport : « De la coopération entre les acteurs de l’institution scolaire et de la prévention spécialisée », consultable sur le site : http://www.travail-solidarite.gouv....