N° 841 | du 24 mai 2007

Faits de société

Le 24 mai 2007

Bilan et perspectives pour les formations sociales

Joël Plantet

La réponse à certaines problématiques sociales constitue le socle historique des métiers du travail social. Mais les politiques publiques ne cessent de s’affirmer au cours de ces dernières années. Les nouvelles orientations pour les formations entendent bien favoriser une dynamique permanente d’évolution

« La formation et la qualification des professionnels du travail social constituent l’un des éléments déterminants de la qualité et de l’efficacité des actions mises en œuvre dans le cadre des politiques sociales », prévient d’emblée le directeur général de l’action sociale, Jean-Jacques Trégoat, en préambule d’une récente brochure intitulée Orientations pour les formations sociales 2007 – 2009.

En premier lieu, un bilan du schéma national 2001 - 2005 des formations sociales est dressé [1]. Créée en 2003, la commission professionnelle consultative (CPC) du travail social et de l’intervention sociale avait choisi de définir deux référentiels — l’un pour la certification, l’autre pour la formation — pour la « quasi totalité » des diplômes existants. Une démarche d’autant plus d’actualité que le développement de la validation des acquis de l’expérience (VAE) a rendu tous les diplômes de travail social « potentiellement accessibles » par les trois voies (formation initiale (FI) dont apprentissage, formation professionnelle continue (FPC) ou VAE. Enfin, un plan pluriannuel d’augmentation des effectifs de formation a entraîné l’émergence de 3000 diplômés supplémentaires par an. En creux : la question de « l’analyse de l’emploi social, dont les outils restent insuffisants » et celle du développement de la recherche.

S’adapter, actualiser ses compétences, intégrer des évolutions…

Quelles priorités pour 2007 – 2009 ? La DGAS estime que « les professionnels doivent intégrer un cadre à plusieurs dimensions : l’établissement ou service, l’association ou la collectivité, le réseau, le territoire, la politique publique définissant leur mission »… Pour ce programme pluriel, quelques principes sont édictés : d’une part, la formation initiale devra « impérativement être complétée par la formation professionnelle continue » et le travail de « lisibilité d’ensemble des différences et des proximités » des référentiels sera actualisé. Les professionnels sont incités d’autre part « à combiner des modes d’intervention variés alliant travail individuel et mise en place d’actions collectives ».

Plus largement, la qualification des intervenants du champ social est considérée comme « une exigence fondamentale au regard de leur responsabilité et de la complexité des missions qui leur sont confiées ». Les diplômes délivrés sont conçus comme généralistes, les compétences qu’ils attestent sont génériques et « permettent à leurs titulaires de s’adapter à des publics et domaines d’intervention diversifiés » afin de favoriser leur mobilité et de favoriser une insertion professionnelle rapide. Des « proximités de compétences », par exemple, sont apparues lors de la définition des référentiels des diplômes de niveau V : il s’agit donc d’examiner l’opportunité d’une évolution (diplôme unifié, avec options ou non, tronc commun complété par des spécialisations, développement de temps de formation communs…) sans oublier le cadre européen des certifications (CEC) permettant de développer les échanges européens des étudiants en formation sociale sur la base des programmes existants (Erasmus, Leonardo…).

S’adapter, actualiser ses compétences, intégrer des évolutions… Une combinaison de quatre registres, selon la DGAS, caractérise les métiers du social : les besoins et problématiques sociales d’individus et de groupes en situation de fragilité, les politiques sociales, les structures et organisations , les contextes et les territoires. Un dispositif de veille devra permettre d’identifier les « axes d’évolution ou d’adaptation possibles des contenus de formation dans le cadre des référentiels existants ou dans une perspective de questionnement de ceux-ci », avec la possibilité de construire des axes prioritaires pour la formation professionnelle continue. Les observatoires prospectifs des métiers et qualifications, créés par la loi du 4 mai 2004, y concourront.

L’accès à l’ensemble des diplômes par les différentes voies (FI, FPC, VAE) est donc maintenant réglementé. Du côté de l’apprentissage, les formations démarrées en 2000 à titre expérimental pour les moniteurs-éducateurs (CAFME) et les éducateurs spécialisés (DEES) ont concerné, sur cette période, 200 personnes, représentant ainsi 5 % des flux d’entrée en formation sur les six dernières années. Par ailleurs le diplôme d’État d’auxiliaire de vie sociale (DEAVS, ex-CAFAD) s’était ouvert en 2003 à la VAE, suivi l’année suivante par le DEES : en 2005, plus de 4000 DEAVS et 480 DEES avaient été ainsi délivrés. Créés dans les années 90, les quatorze Instituts régionaux de travail social (IRTS) et les autres établissements de formation sont sollicités pour développer « des plateformes régionales ». Les pratiques pédagogiques et les outils ont eux-mêmes évolué : individualisation des parcours, transversalités, formations ouvertes à distance, auto-formation…

De fait, l’attractivité de nos métiers (aujourd’hui objet d’une forte demande) et la mixité des professionnels constituent, pour la DGAS, deux enjeux importants : l’information sera valorisée dans les collèges et lycées. Une conférence nationale des formations sociales réunira tous les deux ans l’État, les régions et les acteurs de la formation pour apprécier les évolutions à mettre en place.


[1Orientations pour les formations sociales 2007-2009 - DGAS - 7-11 place des Cinq Martyrs du Lycée Buffon - 75015 Paris. Tél. 01 40 56 85 28