N° 561 | du 25 janvier 2001 | Numéro épuisé

Critiques de livres

Le 25 janvier 2001 | Jacques Trémintin

Alternatives au sécuritarisme en éducation

Association Intermèdes


éd. Jeunesse et droit, 2002 (117 p. ; 16 €) | Commander ce livre

Thème : Délinquance

Trop souvent, la formation de l’individu ne se fonde que sur des méthodes autoritaires (soumission, contraintes, sanctions ?). L’enfant se trouve ainsi réduit au rôle d’élève obéissant, pratiquement jamais consulté ni responsabilisé et qui se découvre citoyen le jour de ses 18 ans, sans aucune expérience préalable en matière ni de participation, ni de prise d’initiatives. Le ton de l’ouvrage est donné : il s’agit des actes du colloque organisé le 5 juin 2002 par l’association Intermèdes. Ici, on ne reconnaît pas en l’enfant un simple vase à remplir, mais on affirme la place de l’éducation comme une possibilité, une nécessité et une valeur essentielle de notre société. Pourtant, l’éducation n’a pas le vent en poupe. On lui préfère la répression. Mais, pas envers n’importe qui. La plupart des instruments de durcissement récent de cette politique a concerné la jeunesse. Or, faire de la délinquance des jeunes, le catalyseur de toutes les peurs, c’est les transformer en boucs émissaires et en exutoires.

Ce n’est pourtant pas là un phénomène nouveau : entre 1837 et 1857, le nombre des mineurs détenus a été multiplié par dix. La loi de 1921, quant à elle, résulte d’un accroissement du nombre de petits vagabonds de 13 à 16 ans. Et aujourd’hui, à nouveau, la même mécanique s’enclenche : on est passé de 35 000 sanctions en 1990 à 75 000 en 2001, et de 2 000 à 4 000 incarcérations. Et les médias de prétendre néanmoins à l’impunité alors même que les chiffres des affaires de mineurs poursuivies s’élèvent à 87 % contre 28 % pour celles concernant les adultes. Si la jeunesse fait tant peur, c’est peut-être que la relation qui unit les générations se distend. Mais c’est aussi parce que notre société est confrontée à l’expression rageuse de la révolte des quartiers populaires. « Il est temps pour les acteurs éducatifs de ne plus accepter cette place honteuse et de revendiquer la valeur sociale de leur travail et de leur fonction ; il est urgent de réaffirmer que le travail éducatif est un acte de haute tenue d’intérêt politique et public qu’il faut absolument soutenir et encourager » (p.51). Dont, acte !


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