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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Le Code de justice p&#233;nale des mineurs : une avanc&#233;e pour les mineurs ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Le-Code-de-justice-penale-des-mineurs-une-avancee-pour-les-mineurs</link>
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		<dc:date>2022-05-23T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;linquance</dc:subject>
		<dc:subject>Justice</dc:subject>
		<dc:subject>1318</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;D&#233;cri&#233; par les acteurs de la protection de l'enfance, le Code de justice p&#233;nale des mineurs pourrait bien ne pas &#234;tre que n&#233;gatif. D&#233;monstration d'apports constructifs qui pourraient s'av&#233;frer non n&#233;gligeables &lt;br class='autobr' /&gt;
LE CJPM est entr&#233; en vigueur pour les poursuites engag&#233;es &#224; compter du 30 septembre 2021. Il impose &#224; tous la c&#233;sure du proc&#232;s p&#233;nal des mineurs, avec un s&#233;quen&#231;age de la proc&#233;dure dont les phases sont enferm&#233;es dans des d&#233;lais. Cette justice se veut plus rapide, avec un examen de la culpabilit&#233; et donc (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/80-Paroles-de-juristes" rel="directory"&gt;Paroles de juristes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Justice-368" rel="tag"&gt;Justice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1318-" rel="tag"&gt;1318&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#233;cri&#233; par les acteurs de la protection de l'enfance, le Code de justice p&#233;nale des mineurs pourrait bien ne pas &#234;tre que n&#233;gatif. D&#233;monstration d'apports constructifs qui pourraient s'av&#233;frer non n&#233;gligeables&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LE CJPM est entr&#233; en vigueur pour les poursuites engag&#233;es &#224; compter du 30 septembre 2021.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il impose &#224; tous la c&#233;sure du proc&#232;s p&#233;nal des mineurs, avec un s&#233;quen&#231;age de la proc&#233;dure dont les phases sont enferm&#233;es dans des d&#233;lais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette justice se veut plus rapide, avec un examen de la culpabilit&#233; et donc des charges dans un d&#233;lai compris entre 10 jours et 3 mois. Dans ce d&#233;lai, le mineur comparait une premi&#232;re fois devant son juge avec, le cas &#233;ch&#233;ant, le plaignant qui peut &#234;tre reconnu victime par sa constitution de partie civile.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'issue de cette premi&#232;re audience, le juge des enfants statue sur la culpabilit&#233; du ou des mineurs, &#233;ventuellement sur l'action civile (versement de dommages et int&#233;r&#234;ts &#224; la victime), prononce une p&#233;riode de mise &#224; l'&#233;preuve &#233;ducative provisoire (MEJP) dont le terme est d&#233;j&#224; pr&#233;vu puisqu'il est remis au mineur et &#224; ses repr&#233;sentants l&#233;gaux une date de comparution pour la seconde audience (fix&#233;e dans un d&#233;lai de 6 &#224; 9 mois) lors de laquelle il est statu&#233; sur la sanction.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette ossature de droit commun est assortie d'exceptions comme l'audience unique qui d&#233;roge &#224; cette c&#233;sure du proc&#232;s p&#233;nal, ou comme l'ouverture d'une instruction devant le juge d'instruction qui reste obligatoire pour les crimes ou pour les dossiers complexes qui appellent des mesures d'enqu&#234;te et d'investigation.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_5653 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L370xH394/1318-3-e7d74.jpg?1693480367' width='370' height='394' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Autre innovation importante : la loi fixe enfin un &#226;ge de discernement. Ainsi, le mineur de 13 ans est pr&#233;sum&#233; non capable de discernement et donc pr&#233;sum&#233; irresponsable. Si le Procureur envisage des poursuites p&#233;nales &#224; son encontre, il devra rapporter la preuve de son discernement (on pense ici aux expertises).&lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;pit de cette irresponsabilit&#233; de principe, des mesures du champ de la protection de l'enfance pourront &#234;tre prises &#224; son &#233;gard si les conditions en sont r&#233;unies.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'inverse, le mineur de plus de 13 ans est pr&#233;sum&#233; discernant et donc responsable sur le plan p&#233;nal. Toutefois, rappelons que la preuve de son absence ou d'une alt&#233;ration de son discernement pourra &#234;tre rapport&#233;e pour exclure ou limiter sa responsabilit&#233; et surtout, que pour l'ensemble des mineurs, l'excuse de minorit&#233; qui r&#233;duit de moiti&#233; le quantum de la peine encourue pour les majeurs est toujours applicable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce texte &#233;tait attendu, son entr&#233;e en application dans un contexte de moyens contraints pour ne pas dire exsangues, particuli&#232;rement crainte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certains ont regrett&#233; vivement l'appellation m&#234;me du texte : de l'ordonnance relative &#224; l'enfance d&#233;linquante au code de justice p&#233;nale des mineurs, o&#249; est pass&#233; l'enfant ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Les termes de code de justice p&#233;nale ont pour certains une connotation r&#233;pressive.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rappelons toutefois que le texte a vocation &#224; s'appliquer aux enfants de 13 &#224; 18 ans (voir jusqu'&#224; 21 ans) si bien que l'emploi du terme mineur au lieu et place du mot enfant n'est pas totalement inadapt&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le terme de code d&#233;signe un recueil de lois, le terme justice est plut&#244;t rassurant.&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut effectivement consid&#233;rer que la r&#233;f&#233;rence &#224; la peine par le terme &#171; p&#233;nale &#187; marquerait un affichage r&#233;pressif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, le juriste n'a pas cette m&#234;me acception : le mot p&#233;nal est employ&#233; &#224; la diff&#233;rence de la mati&#232;re civile, ce qui correspond aux branches du droit priv&#233;, aux deux domaines de la justice judiciaire et aux deux fonctions du juge des enfants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; des termes, ce s&#233;quen&#231;age de la proc&#233;dure et son acc&#233;l&#233;ration marquent-ils un tournant r&#233;pressif au d&#233;triment du mineur et des principes essentiels de son jugement &#224; savoir la connaissance de sa personnalit&#233; et de son environnement, la primaut&#233; &#224; l'&#233;ducatif, le temps de l'&#233;ducatif et la sp&#233;cialisation de son juge, tels qu'ils &#233;taient rappel&#233;s dans le pr&#233;ambule de l'ordonnance du 2 f&#233;vrier 1945.&lt;br class='autobr' /&gt;
Votre auteur n'en croit rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord, ces principes sont rappel&#233;s dans l'article pr&#233;liminaire du CJPM.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certes, la qualit&#233; de r&#233;daction de l'ordonnance du 2 f&#233;vrier 1945 paraissait in&#233;galable et beaucoup s'&#233;tonnaient de vouloir changer ce qui fonctionnait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rappelons toutefois que l'ordonnance du 2 f&#233;vrier 1945 avec ses 90 modifications avait perdu sa lisibilit&#233;, sa coh&#233;rence. La qualit&#233; de sa r&#233;daction semblait ainsi moins &#233;vidente avec le temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le temps justement &#233;tait &#233;tir&#233; puisque presqu'aucun d&#233;lai n'&#233;tait impos&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La mise en examen n'avait aucun sens pour le mineur, qui, par le rendez-vous judiciaire, consid&#233;rait qu'il avait &#233;t&#233; jug&#233; alors qu'il n'en &#233;tait rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
La p&#233;riode qui s'ensuivait durant laquelle le juge des enfants (en sa qualit&#233; de juge d'instruction) pouvait effectuer des investigations sur les faits (ce qu'il ne faisait en pratique presque jamais) et sur la personnalit&#233;, &#233;tait en r&#233;alit&#233; du temps d'attente d'un jugement qui tardait &#224; venir du fait de l'engorgement des juridictions. Les dossiers s'accumulaient dans l'attente d'un jugement devant le Tribunal pour enfants, seul comp&#233;tent pour prononcer des peines, ou devant le juge des enfants qui pouvait prononcer les mesures &#233;ducatives (remise &#224; parents, admonestation) tant d&#233;cri&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mineur devenu majeur attendait son jugement pour des faits dont, soit il ne souvenait plus s'il avait persist&#233; dans son parcours d&#233;linquant, soit dont il attendait f&#233;brilement le jugement s'il &#233;tait d&#233;sistant. Ce syst&#232;me tournait quelque peu &#224; vide, et &#233;tait embolis&#233; notamment par le jugement des quelques d&#233;linquants les plus ancr&#233;s dont le jugement &#233;tait tenu par les d&#233;lais de la d&#233;tention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les inconv&#233;nients de ses avantages&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, mais d'aucuns diront que c'est la pratique de l'ordonnance du fait du manque de moyens dont nous souffrons tous qui est d&#233;cri&#233;e ici, mais non le texte en lui-m&#234;me, qui &#233;tait protecteur des enfants d&#233;linquants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Protecteur des enfants, sans doute, de leurs droits un peu moins : l'ordonnance de 1945 offrait au juge des enfants la possibilit&#233; d'instruire selon les principes de l'ordonnance et du code de proc&#233;dure p&#233;nale, mais &#233;galement, selon la proc&#233;dure &#171; officieuse &#187; dont le contenu non d&#233;fini offrait &#224; chaque juge la possibilit&#233; de d&#233;roger aux textes. Pas tr&#232;s rassurant pour un juriste&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, le vent de la Convention europ&#233;enne des droits de l'homme et de ses principes, notamment ceux de l'article&#8239;8 sur le proc&#232;s &#233;quitable et le tribunal impartial, a sonn&#233; le glas du juge des enfants omniscient du d&#233;but jusqu'&#224; la fin de la proc&#233;dure, celui qui met en examen, m&#232;ne l'enqu&#234;te, juge au fond et se charge du suivi des peines.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi, depuis 2011, le juge des enfants qui met en examen ne pouvait plus &#234;tre celui qui juge au fond ce qui obligeait les juridictions &#224; des casse-t&#234;te d'audiencement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec le CJPM, le mineur retrouve son juge du d&#233;but jusqu'&#224; la fin puisqu'il n'est plus question d'enqu&#234;te ici.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et c'est bien l&#224; le retour d'un principe essentiel de la justice des mineurs, celui d'un jugement par le juge qui conna&#238;t son parcours, sa personnalit&#233; et son environnement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors oui, le temps semble s'acc&#233;l&#233;rer avec le CJPM, mais dans l'int&#233;r&#234;t du mineur, qui inform&#233; de la prochaine date, sait ce qu'il a &#224; faire durant la p&#233;riode de mise &#224; l'&#233;preuve &#233;ducative. L'audience de sanction ne constitue pas le terme de la phase &#233;ducative : elle peut &#234;tre le d&#233;part d'une nouvelle phase plus longue et sans enjeu par le prononc&#233; d'une mesure &#233;ducative judiciaire sur plusieurs ann&#233;es et jusqu'aux 21 ans de l'int&#233;ress&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si le CJPM peut &#234;tre une occasion pour nous tous professionnels de l'enfance de retrouver du sens dans cette justice p&#233;nale des mineurs, par un cadencement lisible et rassurant pour le mineur, par un suivi &#233;ducatif au long cours et par la pr&#233;valence de ses droits y compris celui d'&#234;tre jug&#233; dans un d&#233;lai raisonnable, alors saisissons l'opportunit&#233; du CJPM. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Loi du 21 f&#233;vrier 2022 : quelle r&#233;forme pour l'adoption ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Loi-du-21-fevrier-2022-quelle-reforme-pour-l-adoption</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Loi-du-21-fevrier-2022-quelle-reforme-pour-l-adoption</guid>
		<dc:date>2022-04-25T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Enfance</dc:subject>
		<dc:subject>Adoption</dc:subject>
		<dc:subject>1316</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La grande loi qui organise l'adoption en France est la loi du 11 juillet 1966 qui cr&#233;e les deux r&#233;gimes d'adoption actuels : adoption simple et adoption pl&#233;ni&#232;re. Il y avait dans cette loi un certain souffle avec la cr&#233;ation d'une nouvelle filiation, la filiation adoptive. Depuis, pas de grande loi. &lt;br class='autobr' /&gt;
On a bien connu des ajustements rendus n&#233;cessaires par les &#233;volutions soci&#233;tales, notamment par la loi du 22 d&#233;cembre 1976 puis, sous l'&#233;gide de monsieur Mattei, par la loi du 5 juillet 1996, suivie d'une (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Adoption" rel="tag"&gt;Adoption&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1316-" rel="tag"&gt;1316&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La grande loi qui organise l'adoption en France est la loi du 11 juillet 1966 qui cr&#233;e les deux r&#233;gimes d'adoption actuels : adoption simple et adoption pl&#233;ni&#232;re. Il y avait dans cette loi un certain souffle avec la cr&#233;ation d'une nouvelle filiation, la filiation adoptive. Depuis, pas de grande loi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On a bien connu des ajustements rendus n&#233;cessaires par les &#233;volutions soci&#233;tales, notamment par la loi du 22 d&#233;cembre 1976 puis, sous l'&#233;gide de monsieur Mattei, par la loi du 5 juillet 1996, suivie d'une loi du 6 f&#233;vrier 2001 relative a&#768; l'adoption internationale, puis du 4 juillet 2005. Celle du 14 mars 2016 relative &#224; la protection de l'enfant ne traite pas de l'adoption, mais de son environnement, par la cr&#233;ation de la d&#233;claration de d&#233;laissement parental et la g&#233;n&#233;ralisation de commissions d'examen de la situation des enfants confi&#233;s &#224; l'ASE. &lt;br class='autobr' /&gt;
La loi n&#176; 2022-219 du 21 f&#233;vrier 2022 visant &#224; r&#233;former l'adoption fait suite au rapport remis, en 2019, par la d&#233;put&#233;e Monique Limon et la s&#233;natrice Corinne Imbert intitul&#233; &#171; &lt;i&gt;Vers une &#233;thique de l'adoption, donner une famille &#224; un enfant &lt;/i&gt; &#187;. Cette loi l&#233;galise des pratiques d&#233;j&#224; mises en &#339;uvre, car les services ASE, les conseils de famille et les tribunaux savent faire preuve de bon sens : par exemple, la prohibition de l'adoption entre fr&#232;res et s&#339;urs ou ascendants et descendants ou la fixation d'un &#233;cart d'&#226;ge entre adoptant et adopt&#233;. Tout cela est &#233;vident. Surtout que la loi pr&#233;voit qu'il peut &#234;tre d&#233;rog&#233; &#224; la r&#232;gle pos&#233;e pour de justes motifs. Ou encore l'organisation de pr&#233;parations &#224; l'adoption et de suivi. Tout cela se fait d&#233;j&#224;, mais devient une obligation l&#233;gale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Beaucoup de pr&#233;cisions et quelques innovations&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La nouvelle d&#233;finition de l'adoption simple (filiation qui s'ajoute &#224; la filiation d'origine) n'ajoute rien &#224; la situation ancienne, mais est plus claire. De m&#234;me la d&#233;finition de l'agr&#233;ment est pr&#233;cis&#233;e : il a pour finalit&#233; l'int&#233;r&#234;t des enfants qui peuvent &#234;tre adopt&#233;s. Il est d&#233;livr&#233;, lorsque la personne candidate &#224; l'adoption est en capacit&#233; de r&#233;pondre &#224; leurs besoins fondamentaux, physiques, intellectuels, sociaux et affectifs. Peut-il en &#234;tre autrement ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_5134 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L350xH391/juriste-e9767.jpg?1693480367' width='350' height='391' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; D'autres dispositions sont rendues n&#233;cessaires par les &#233;volutions de la soci&#233;t&#233; et du droit, notamment la loi de 2013 ouvrant le mariage aux couples de personnes de m&#234;me sexe. Il s'agit le plus souvent de simple r&#233;&#233;criture (dire les parents au lieu de p&#232;re et m&#232;re). &lt;br class='autobr' /&gt;
Plus grande nouveaut&#233;, cette loi ouvre l'adoption aux couples non mari&#233;s : il suffit d'&#234;tre pacs&#233;s ou concubins d&#232;s lors que les futurs adoptants justifient d'une communaut&#233; de vie d'au moins un an (contre deux actuellement) ou qu'ils sont &#226;g&#233;s l'un et l'autre de plus de 26 ans (contre 28 actuellement).&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques clarifications utiles : la possibilit&#233; pour les futurs adoptants de prendre les d&#233;cisions relatives &#224; l'autorit&#233; parentale, pour les actes usuels, pendant la p&#233;riode de placement en vue d'adoption qui peut durer plusieurs mois, voire une ann&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
On approuvera certaines s&#233;curit&#233;s : plus d'adoptions internationales directes ; plus de recueil d'enfant en vue d'adoption en France par des associations priv&#233;es (OAA)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le titre III souhaite renforcer le statut de pupille de l'&#233;tat. Le titre est prometteur, mais le contenu plus modeste : les voies de recours contre les d&#233;cisions du conseil de famille le concernant ne lui sont pas ouvertes. Si on fait un parall&#232;le avec l'assistance &#233;ducative, on constate que le juge des enfants doit entendre le mineur capable de discernement, que celui-ci peut relever appel et qu'il peut demander l'assistance d'un avocat. Rien de tel devant le conseil de famille. Bien plus, le tribunal peut se passer de son accord pour prononcer l'adoption d'un mineur de plus de 13 ans ou d'un majeur prot&#233;g&#233; hors d'&#233;tat d'y consentir personnellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#233;largir le champ de l'adoption&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cet enchev&#234;trement de dispositions qui ne concernent pas toutes l'adoption &#8211; ainsi les conditions d'admission comme pupille de l'&#233;tat ou la composition du conseil de famille auraient eu leur meilleure place dans la loi relative &#224; la protection des enfants publi&#233;e quinze jours avant (loi n&#176; 2021-140 du 7 f&#233;vrier 2022), &#8211; on peut cependant d&#233;celer deux pr&#233;occupations : augmenter le nombre d'enfants adoptables et d&#233;fendre la place des couples homosexuels.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;j&#224; le rapport Limon-Imbert affirmait cet objectif de &#171; &lt;i&gt;permettre aux enfants confi&#233;s a&#768; l'aide sociale a&#768; l'enfance d'acc&#233;der plus facilement a&#768; l'adoption&lt;/i&gt; &#187; (p. 21). Or ce n'est pas l'objectif premier de l'aide sociale &#224; l'enfance qui est, au contraire, d'aider les parents &#224; assumer leur r&#244;le. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;laissement, c'est l'&#233;chec de la protection de l'enfance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce sens la loi prescrit l'examen tous les six mois du statut des enfants de moins de trois ans confi&#233;s &#224; l'ASE par une commission pluridisciplinaire pour d&#233;tecter les situations de d&#233;laissement parental. On ne voit pas ce que &#231;a ajoute aux commissions pluridisciplinaires et pluri-institutionnelles d'examen de la situation des enfants confi&#233;s &#224; l'ASE (appel&#233;es CESSEC) pr&#233;vues par la loi de 2016.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;fendre la place des couples homosexuels : C'est dans ce sens qu'est revue la composition des conseils de famille des pupilles de l'&#233;tat. Le rapport Limon-Imbert affirmait : &#171; &lt;i&gt;S'agissant des conseils de famille, la question qui est revenue le plus r&#233;guli&#232;rement dans les auditions est celle du respect du principe de la&#239;cit&#233;, ou plus exactement du principe de neutralit&#233;, dans la mesure ou&#768; certaines associations familiales, d&#233;sign&#233;es par les UDAF, peuvent &#234;tre d'ob&#233;dience religieuse, ce qui pourrait induire un point de vue d&#233;favorable a&#768; certaines familles, notamment homoparentales &lt;/i&gt; &#187; (p. 38). Ayant fr&#233;quent&#233; plusieurs conseils de famille, nous ne partageons pas cette remarque pour le coup discriminatoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
La nouvelle loi pr&#233;voit la nomination au conseil de famille des pupilles de l'&#233;tat de deux membres d'associations familiales repr&#233;sentant la diversit&#233; des familles (on ne voit pas comment deux membres peuvent repr&#233;senter la diversit&#233; des familles !), ainsi qu'une personnalit&#233; qualifi&#233;e et son suppl&#233;ant comp&#233;tent en mati&#232;re d'&#233;thique et de lutte contre les discriminations. &lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin l'article 9, objet de d&#233;saccord entre l'Assembl&#233;e Nationale et le S&#233;nat permet l'adoption d'un enfant par la m&#232;re sociale en cas de s&#233;paration, contre l'avis de la m&#232;re biologique &#171; &lt;i&gt;&#192; titre exceptionnel, pour une dur&#233;e de trois ans &#224; compter de la promulgation de la pr&#233;sente loi, lorsque, sans motif l&#233;gitime, la m&#232;re inscrite dans l'acte de naissance de l'enfant refuse la reconnaissance conjointe,&#8230; la femme qui n'a pas accouch&#233; peut demander &#224; adopter l'enfant, sous r&#233;serve de rapporter la preuve du projet parental commun et de l'assistance m&#233;dicale &#224; la procr&#233;ation r&#233;alis&#233;e &#224; l'&#233;tranger avant la publication de la m&#234;me loi, dans les conditions pr&#233;vues par la loi &#233;trang&#232;re, sans que puisse lui &#234;tre oppos&#233;e l'absence de lien conjugal ni la condition de dur&#233;e d'accueil pr&#233;vue au premier alin&#233;a de l'article 345 du code civil. Le tribunal prononce l'adoption s'il estime que le refus de la reconnaissance conjointe est contraire &#224; l'int&#233;r&#234;t de l'enfant et si la protection de ce dernier l'exige. Il statue par une d&#233;cision sp&#233;cialement motiv&#233;e. L'adoption entra&#238;ne les m&#234;mes effets, droits et obligations qu'en mati&#232;re d'adoption de l'enfant du conjoint, du partenaire d'un pacte civil de solidarit&#233; ou du concubin.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
On aurait pu profiter de cette loi pour prendre en compte la demande de nombreux adopt&#233;s d'acc&#233;der &#224; la connaissance de leur origine. Ce sujet a &#233;t&#233; soigneusement oubli&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La v&#233;ritable r&#233;forme de l'adoption reste &#224; faire. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'adoption, effacement des parents d'origine ?</title>
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		<dc:subject>Adoption</dc:subject>
		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>1313</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'adoption a pour finalit&#233; de donner une filiation &#224; un enfant qui en est priv&#233;, et peut d&#232;s lors effacer compl&#232;tement les liens familiaux pr&#233;existants. L'arr&#234;t de la Grande Chambre de la Cour europ&#233;enne des droits de l'Homme du 10 d&#233;cembre 2021, dans l'affaire Abdi Ibrahim c/Norv&#232;ge (requ&#234;te n&#176;&#8239;15370/16), reconna&#238;t, malgr&#233; l'adoption, un timide droit de parole &#224; la m&#232;re de naissance. &lt;br class='autobr' /&gt;
Commen&#231;ons par rappeler les faits. La requ&#233;rante, ressortissante somalienne n&#233;e en 1993, fit l'objet d'un signalement concernant (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'adoption a pour finalit&#233; de donner une filiation &#224; un enfant qui en est priv&#233;, et peut d&#232;s lors effacer compl&#232;tement les liens familiaux pr&#233;existants. L'arr&#234;t de la Grande Chambre de la Cour europ&#233;enne des droits de l'Homme du 10 d&#233;cembre 2021, dans l'affaire Abdi Ibrahim c/Norv&#232;ge (requ&#234;te n&#176;&#8239;15370/16), reconna&#238;t, malgr&#233; l'adoption, un timide droit de parole &#224; la m&#232;re de naissance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Commen&#231;ons par rappeler les faits. La requ&#233;rante, ressortissante somalienne n&#233;e en 1993, fit l'objet d'un signalement concernant son fils n&#233; en 2009, de la part de l'&#233;tablissement parents-enfants qui les avait h&#233;berg&#233;s. Suite &#224; cela, l'enfant fut plac&#233; dans une famille d'accueil norv&#233;gienne et chr&#233;tienne, contrairement aux souhaits &#233;mis par la m&#232;re qui avait indiqu&#233; que son enfant devait &#234;tre confi&#233; soit &#224; des membres de sa famille &#233;largie, en l'occurrence des cousins, soit &#224; une famille d'accueil d'origine somalienne et/ou de culture musulmane.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 2010, la m&#232;re et l'enfant alors &#226;g&#233; d'un an furent autoris&#233;s &#224; se voir pendant deux heures quatre fois par an. En 2011 ce r&#233;gime fut ramen&#233; &#224; six visites d'une heure par an. Relevons qu'autoriser des visites de deux heures quatre fois par an, soit huit heures par an en 2010, pour un enfant &#226;g&#233; d'un an, puis six heures par an en 2011 ne permet ni de construire un v&#233;cu commun, ni d'&#233;tablir de liens d'attachement.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 2013, les autorit&#233;s engag&#232;rent une proc&#233;dure d'adoption.&lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#232;re forma un recours par lequel elle ne sollicitait pas le retour de son fils, celui-ci ayant d&#233;j&#224; pass&#233; beaucoup de temps dans la famille d'accueil et s'&#233;tant attach&#233; &#224; celle-ci, mais demandait un droit de visite afin que l'enfant p&#251;t conserver un lien avec ses racines culturelles et religieuses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle fut d&#233;bout&#233;e en 2015 par la Cour d'appel norv&#233;gienne qui autorisa l'adoption.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est dans ces conditions que la requ&#233;rante saisit la Cour europ&#233;enne des droits de l'Homme, qui estima, par arr&#234;t du 10 d&#233;cembre 2021 qu'il y avait violation de l'article 8 de la Convention (droit au respect de la vie priv&#233;e et familiale) car les circonstances ne justifiaient pas une rupture compl&#232;te et d&#233;finitive des liens entre la m&#232;re et son fils.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est remarquable de voir &#224; quel point la m&#232;re a fait preuve de t&#233;nacit&#233; et d'attachement &#224; son enfant en multipliant les recours au tribunal, en Cour d'appel et jusqu'&#224; la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme, et ce malgr&#233; des ressources modestes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment analysons-nous cette situation ? N'&#233;tant pas familiers des pratiques norv&#233;giennes, nos remarques et notre analyse s'appuient principalement sur notre exp&#233;rience de la protection sociale en France. Nous ignorons ce qui a fait estimer que l'enfant &#233;tait en danger aupr&#232;s de sa m&#232;re, et surtout qu'une s&#233;paration totale et d&#233;finitive devait s'en suivre. Dans son arr&#234;t, la Cour constate le manque d'&#233;l&#233;ments justifiant &#171; &lt;i&gt;une rupture compl&#232;te&lt;/i&gt; &#187; et irr&#233;m&#233;diable entre la m&#232;re biologique et son enfant, bien que celle-ci ait su faire preuve de d&#233;sint&#233;r&#234;t et de g&#233;n&#233;rosit&#233; en acceptant que l'enfant reste dans la famille d'accueil.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rappelons que l'adoption pl&#233;ni&#232;re est une n&#233;gation totale et d&#233;finitive des parents et plus largement de la famille de naissance : elle est irr&#233;vocable (art. 359 cm3 fran&#231;ais) ; elle &#171; &lt;i&gt;&#8239;conf&#232;re &#224; l'enfant une filiation qui se substitue &#224; sa filiation d'origine&#8239;&lt;/i&gt; &#187; (art 356 cm3).&lt;br class='autobr' /&gt;
Il nous parait que l'adoption pl&#233;ni&#232;re est ici une mesure disproportionn&#233;e, et, selon nous, contraire &#224; l'int&#233;r&#234;t &#224; long terme de l'enfant, priv&#233; d&#233;finitivement de son identit&#233; d'origine. Cette fiction juridique est donc contraire &#224; l'article&#8239;8 de la Convention internationale des droits de l'enfant qui stipule que &#171; &lt;i&gt;les &#201;tats parties s'engagent &#224; respecter le droit de l'enfant &#224; pr&#233;server son identit&#233;, y compris sa nationalit&#233;, son nom et ses relations familiales&#8239;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par l'arr&#234;t de la grande chambre du 10 d&#233;cembre 2021, la CEDH va dans ce sens en reconnaissant que la Norv&#232;ge a viol&#233; l'article&#8239;8 de la Convention (droit au respect de la vie priv&#233;e et familiale).&lt;br class='autobr' /&gt;
Remarquons &#233;galement que le principe de subsidiarit&#233; n'a pas &#233;t&#233; pris en compte au moment de la s&#233;paration, car &#171; &lt;i&gt;&#8239;la requ&#233;rante avait indiqu&#233; qu'il devait &#234;tre confi&#233; &#224; des cousins &#224; elle ou bien &#224; une famille somalienne ou musulmane&#8239;&lt;/i&gt; &#187;. Les autorit&#233;s norv&#233;giennes pr&#233;tendent avoir cherch&#233; en vain une famille d'accueil pr&#233;sentant des similitudes culturelles avec la requ&#233;rante, mais cela n'a pas &#233;t&#233; possible faute de parents d'accueil appartenant aux minorit&#233;s. Cela nous surprend toutefois &#233;tant donn&#233; que l'islam est la seconde religion pr&#233;sente en Norv&#232;ge.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui est nouveau dans cette affaire, c'est la reconnaissance de droits parentaux &#224; la m&#232;re de naissance, notamment dans sa capacit&#233; &#224; orienter l'&#233;ducation culturelle et religieuse de l'enfant, malgr&#233; l'adoption qui est cens&#233;e effacer la premi&#232;re filiation.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Cour reconna&#238;t donc dans une certaine mesure que les parents de naissance, ainsi que leurs droits, ne sont pas compl&#232;tement inexistants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; ces ajouts positifs, selon nous la Cour europ&#233;enne ne condamne pas assez fermement l'attitude des autorit&#233;s norv&#233;giennes. Le retrait de l'enfant nous para&#238;t d&#233;j&#224; discutable. En tous cas les preuves du danger et de l'absence de mesures de protection ou d'&#233;ducation plus appropri&#233;es ne sont pas clairement apport&#233;es. La Cour n'y fait qu'une br&#232;ve allusion, all&#233;guant que le danger n'est pas d&#233;montr&#233;, mais ne disant pas pour autant qu'il est suffisant pour justifier une rupture totale et d&#233;finitive. Or selon la Convention de La&#8239;Haye du 29 mai 1993, l'adoption doit r&#233;pondre au principe de subsidiarit&#233;, &#224; savoir &#234;tre appliqu&#233;e en dernier recours lorsqu'aucune autre mesure d'aide, notamment familiale, n'est suffisante.&lt;br class='autobr' /&gt;
La primaut&#233; des parents n'est que timidement invoqu&#233;e. La Cour &#233;crit que les autorit&#233;s ne sont pas tenues de placer un enfant dans une famille partageant son identit&#233; religieuse, ethnique, culturelle et linguistique ou celle de ses parents, m&#234;me si elles doivent prendre en compte ces facteurs. C'est bien s&#251;r vrai en droit, mais ce n'est pas &#233;thiquement souhaitable notamment du point de vue de la construction identitaire et de la sant&#233; mentale de l'enfant adopt&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notons que l'enfant n'existe pas dans la d&#233;cision : jamais son pr&#233;nom n'appara&#238;t. La Cour consid&#232;re le maintien des liens comme &#233;tant de l'int&#233;r&#234;t de la m&#232;re, alors que c'est aussi et d'abord celui de l'enfant. On constate &#224; nouveau que les adopt&#233;s sont les &#233;ternels absents. La notion d'int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur de l'enfant appara&#238;t telle une fiction juridique sans application pratique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notons aussi qu'aucune mesure n'est impos&#233;e au gouvernement norv&#233;gien. Finalement la d&#233;cision rel&#232;ve du pur d&#233;claratif sans action concr&#232;te contraignante. La Cour reconna&#238;t qu'il y a eu pr&#233;judice, mais pas au point de rendre effectives les demandes de la m&#232;re dans la vie et l'&#233;ducation de son enfant. Rien ne change, les liens m&#232;re-enfant sont d&#233;finitivement coup&#233;s, du moins en droit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin la Cour a dit que la Norv&#232;ge devait verser &#224; la requ&#233;rante 30 000&#8239;euros (EUR) pour frais et d&#233;pens. Elle rejette la demande de satisfaction &#233;quitable formul&#233;e par la requ&#233;rante. Ces 30 000&#8239;euros couvrent les frais de justice, mais qu'en est-il au final de la r&#233;paration symbolique relative &#224; la s&#233;paration d&#233;finitive entre la m&#232;re et son enfant, et &#224; la n&#233;gation des origines culturelles de l'enfant ?&lt;br class='autobr' /&gt;
En conclusion, l'adoption devrait avoir pour objectif de donner une famille &#224; un enfant qui n'en a pas, et non de supprimer une famille qui existe.&lt;br class='autobr' /&gt;
En reconnaissant des droits parentaux &#224; la m&#232;re biologique, l'arr&#234;t de la CEDH fait un timide pas en ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
Joohee Bourgain est autrice de &#171; &lt;i&gt;L'Adoption internationale, mythes et r&#233;alit&#233;s&lt;/i&gt; &#187; aux &#233;d. Anacaona, 2021.&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quel consentement du mineur &#224; l'acte sexuel ? </title>
		<link>https://www.lien-social.com/Quel-consentement-du-mineur-a-l-acte-sexuel</link>
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		<dc:subject>Protection judiciaire</dc:subject>
		<dc:subject>Justice</dc:subject>
		<dc:subject>1309</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Bien des avis controvers&#233;s ont &#233;t&#233; &#233;chang&#233;s sur une question particuli&#232;rement pol&#233;mique. L'analyse d'une juriste permet d'en mesurer toute la complexit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La minorit&#233; de la victime d'une infraction p&#233;nale est, en droit fran&#231;ais, tant&#244;t une condition d'existence de l'infraction (corruption de mineurs, d&#233;laissement de mineur), tant&#244;t une circonstance aggravante, c'est-&#224;-dire que l'infraction peut exister m&#234;me sans cette circonstance de minorit&#233; de la victime (par exemple, le meurtre, le viol). Dans ce dernier cas, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1309-" rel="tag"&gt;1309&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bien des avis controvers&#233;s ont &#233;t&#233; &#233;chang&#233;s sur une question particuli&#232;rement pol&#233;mique. L'analyse d'une juriste permet d'en mesurer toute la complexit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La minorit&#233; de la victime d'une infraction p&#233;nale est, en droit fran&#231;ais, tant&#244;t une condition d'existence de l'infraction (corruption de mineurs, d&#233;laissement de mineur), tant&#244;t une circonstance aggravante, c'est-&#224;-dire que l'infraction peut exister m&#234;me sans cette circonstance de minorit&#233; de la victime (par exemple, le meurtre, le viol). Dans ce dernier cas, le l&#233;gislateur a entendu accentuer la gravit&#233; de la r&#233;ponse apport&#233;e au comportement p&#233;nalement compr&#233;hensible de son auteur, en augmentant la peine encourue.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_4320 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L400xH368/capture_d_e_cran_2022-01-12_a_10.56.19-2841d.png?1693480367' width='400' height='368' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Ainsi, le viol est puni d'une peine de r&#233;clusion criminelle de 15 ans, lorsqu'il est commis sur une personne majeure ou sur une victime &#226;g&#233;e de 15 &#224; 18 ans (en l'absence d'autres circonstances aggravantes) et est puni de 20 ans de r&#233;clusion criminelle, lorsqu'il est commis sur un mineur de 15 ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le l&#233;gislateur a entendu signifier le poids de l'interdit brav&#233; par l'auteur d'un viol sur mineur de 15 ans, pour des raisons ais&#233;ment compr&#233;hensibles : atteinte &#224; l'innocence de l'enfance, exposition, confrontation &#224; une sexualit&#233; d'adulte alors qu'il n'en a ni la maturit&#233; physique, ni psychique, risque de retentissement encore plus important sur le devenir de cet enfant victime, et ce, dans toutes les dimensions de sa vie future&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
On pourrait ainsi dire que c'est parce que le mineur de 15 ans n'est pas en mesure de comprendre, discerner et donc de consentir &#224; un acte sexuel qui n'est pas de son &#226;ge, que le viol sur mineur de 15 ans est un crime encore plus grave que le viol sur mineur de plus de 15 ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais alors, s'il n'est pas en mesure de comprendre, il ne peut pas consentir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or justement, l'absence de consentement de la victime de l'acte sexuel est un &#233;l&#233;ment constitutif de l'infraction de viol. Il en est la d&#233;finition m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
S'il y a consentement, il n'y a pas viol. Mais quel consentement peut &#234;tre donn&#233; par un mineur ? Dans ce cas, pourquoi consacrer la minorit&#233; de 15 ans en tant que circonstance aggravante de l'infraction alors qu'en r&#233;alit&#233;, cette circonstance vient redonder avec un des &#233;l&#233;ments constitutifs. Le l&#233;gislateur et la Cour de cassation, gardienne de l'application de la loi dont le principe de l'interpr&#233;tation stricte de la loi p&#233;nale qui interdit toute extrapolation de celle-ci, ne s'y sont pas tromp&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a point de consentement lors&#173;que celui-ci est obtenu par violence, contrainte, menace ou surprise et la Cour de cassation a r&#233;guli&#232;rement rappel&#233; que la surprise ou la contrainte ne pouvaient r&#233;sulter du seul &#226;ge de la victime.&lt;br class='autobr' /&gt;
En l'absence de consentement, si l'auteur commet un acte de p&#233;n&#233;tration sexuelle ou orale, il s'agit d'un viol. Si l'auteur commet un acte sexuel sans p&#233;n&#233;tration, il s'agit d'une agression sexuelle, qui est un d&#233;lit, jug&#233; par le tribunal correctionnel lorsque l'auteur est majeur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce &#224; dire qu'il n'y a point d'infraction p&#233;nale d&#232;s lors que le mineur a consenti &#224; l'acte sexuel ou plus pr&#233;cis&#233;ment que le consentement &#224; cet acte n'a pas &#233;t&#233; obtenu par surprise, violence, menace ou contrainte ?&lt;br class='autobr' /&gt;
L'atteinte sexuelle trouve ici sa place. Pr&#233;vue par l'article&#8239;227-25 du code p&#233;nal, elle concerne d'une part, un majeur, d'autre part un mineur de 15 ans et vise &#224; interdire toute relation sexuelle consentie entre les deux protagonistes et est punie de 7 ans d'emprisonnement et 100 000&#8239;&#8364; d'amende.&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc, des relations sexuelles consenties entre deux mineurs ou des relations sexuelles consenties entre un majeur et un mineur &#226;g&#233; de plus de 15 ans ne tombent pas sous le coup de la loi p&#233;nale.&lt;br class='autobr' /&gt;
On comprend que le l&#233;gislateur ait voulu prot&#233;ger le mineur de 15 ans en d&#233;pit de son accord &#224; l'acte ou de sa non opposition &#224; celui-ci, ce qui est bien l'illustration que son consentement pose probl&#232;me en raison de son &#226;ge.&lt;br class='autobr' /&gt;
Question d&#233;licate qui a d'ailleurs con&#173;duit la haute juridiction et le l&#233;gislateur &#224; infl&#233;chir la position initiale en consid&#233;rant que la contrainte morale pouvait r&#233;sulter de la diff&#233;rence d'&#226;ge entre la victime et l'auteur et qu'elle n'avait pas besoin d'&#234;tre &#233;tablie avec pr&#233;cision.&lt;br class='autobr' /&gt;
Partant, se trouve toute la question de la relation d'ascendance, d'autorit&#233; entre l'auteur et la victime, qui met &#224; mal la capacit&#233; de s'opposer et donc la r&#233;elle capacit&#233; &#224; consentir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le l&#233;gislateur a tenu compte de cette complexit&#233;, en pr&#233;cisant davantage la notion de contrainte p&#233;nale, dans un premier temps, puis en retenant l'atteinte sexuelle commise sur les mineurs de plus de 15 ans (donc th&#233;oriquement consentants), d&#232;s lors qu'elle est commise par un ascendant ou une personne ayant sur la victime une autorit&#233; de droit ou de fait ou une personne abusant de l'autorit&#233; que lui conf&#232;rent ses fonctions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces relations sexuelles tombent sous le coup de la loi p&#233;nale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il en va diff&#233;remment des relations amoureuses entre les adolescents ayant moins de 5 ans d'&#233;cart, lesquelles ne sont pas prohib&#233;es en tant que telles. Ainsi, une relation entre un mineur &#226;g&#233; de 13 ans et un mineur &#226;g&#233; de 17 ans sera consid&#233;r&#233;e comme consentie, sauf preuve contraire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par ailleurs, depuis le 21 avril 2021, l'agression sexuelle ou le viol commis par un parent ou une personne de la famille, mais aussi par le partenaire d'un parent (&#233;poux, partenaire de Pacs, concubin) sont qualifi&#233;s d'incestueux. Il n'est plus besoin de rechercher si le mineur a donn&#233; son accord, ce qui revient &#224; dire que pour le mineur incestu&#233;, le consentement r&#233;el n'existe pas. En revanche, pour le majeur incestu&#233;, le consentement pourra exister et l'accusation devra rapporter la preuve de l'absence de consentement entre l'auteur et la victime pour que les actes puissent tomber sous le coup de la loi p&#233;nale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;dacteur fera l'&#233;conomie de la pr&#233;sentation de la prescription glissante en la mati&#232;re qui vient rajouter de la complexit&#233; &#224; un sujet d&#233;j&#224; fortement ardu.&lt;br class='autobr' /&gt;
On voit ici l'embarras du l&#233;gislateur qui veut tout &#224; la fois prot&#233;ger des r&#233;elles victimes de comportements de pr&#233;dateurs sexuels auxquels elles n'ont pas dit non (l'actualit&#233; litt&#233;raire et artistique en offre des exemples saisissants), tout en veillant &#224; ne pas fissurer l'ordre juridique &#233;tabli qui veut qu'est normalement p&#233;nalement r&#233;pr&#233;hensible l'acte sexuel non consenti.&lt;br class='autobr' /&gt;
La question est particuli&#232;rement sensible du c&#244;t&#233; des mineurs : &#224; quel &#226;ge et dans quelles conditions peut-on consentir &#224; un acte sexuel sachant que cette question d&#233;pend &#233;minemment des protagonistes en question, de leurs relations, maturit&#233; et comportements au moment de l'acte en cause ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Progressivement, le regard du juge ne s'arr&#234;te pas &#224; celles-ci, au moment de l'acte lui-m&#234;me, puisqu'il peut aussi &#234;tre tenu compte du contexte ant&#233;rieur, voir post&#233;rieur, de la relation d'emprise de l'un sur l'autre pour appr&#233;cier la l&#233;galit&#233; ou non de ce comportement. C'est le raisonnement inverse mais tout aussi opportun qui avait conduit le l&#233;gislateur de 1992 &#224; consacrer le viol entre &#233;poux. Le mariage, et donc le consentement &#224; celui-ci, n'interdit aucunement de se poser la question du consentement &#224; l'acte sexuel pr&#233;cis&#233;ment en cause.&lt;br class='autobr' /&gt;
La lecture de cet article n'a pas la pr&#233;tention d'offrir aux professionnels une pens&#233;e limpide et des r&#233;ponses &#224; toutes les questions en la mati&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Gageons que le EUREKA en la mati&#232;re n'est pas pour demain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais s'il met en &#233;vidence que la r&#233;fle&#173;xion est en marche, que la notion de consentement doit &#234;tre travaill&#233;e et observ&#233;e, y compris entre majeurs, que les relations d'emprise et de domination doivent &#234;tre mieux appr&#233;hend&#233;es par l'ensemble des professionnels du droit et du social, il y aura place &#224; un petit mais prometteur &#171; eureka &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;St&#233;phanie Le Bouffos est intervenue sur ce th&#232;me, lors des journ&#233;es d'&#233;tudes tenues &#224; Quimper des 9, 10 et 11 juin 2021, par la F&#233;d&#233;ration nationale des services sociaux sp&#233;cialis&#233;s&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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<item xml:lang="fr">
		<title>Seuils d'&#226;ge en proc&#233;dure p&#233;nale</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Seuils-d-age-en-procedure-penale</link>
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		<dc:subject>Protection judiciaire</dc:subject>
		<dc:subject>Justice</dc:subject>
		<dc:subject>1306</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il est des domaines o&#249; les croyances populaires sont telles, qu'elles conduisent &#224; faire douter jusqu'au professionnel. Il en est ainsi des questions de minorit&#233;, de responsabilit&#233; et de discernement. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192;compter de 13 ans, il sera responsable. Mineur, il ne risque rien. De ces deux assertions, aucune n'est exacte juridiquement. Pour se centrer sur le th&#232;me de cet &#233;crit, jusqu'&#224; pr&#233;sent, il n'&#233;tait pas exact de dire qu'avant ses 13 ans, le mineur n'&#233;tait pas responsable de ses actes, et qu'apr&#232;s ses 13 ans, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/80-Paroles-de-juristes" rel="directory"&gt;Paroles de juristes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Protection-judiciaire" rel="tag"&gt;Protection judiciaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Justice" rel="tag"&gt;Justice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1306-" rel="tag"&gt;1306&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il est des domaines o&#249; les croyances populaires sont telles, qu'elles conduisent &#224; faire douter jusqu'au professionnel. Il en est ainsi des questions de minorit&#233;, de responsabilit&#233; et de discernement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192;compter de 13 ans, il sera responsable. Mineur, il ne risque rien. De ces deux assertions, aucune n'est exacte juridiquement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour se centrer sur le th&#232;me de cet &#233;crit, jusqu'&#224; pr&#233;sent, il n'&#233;tait pas exact de dire qu'avant ses 13 ans, le mineur n'&#233;tait pas responsable de ses actes, et qu'apr&#232;s ses 13 ans, il le devenait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur le risque encouru, qui est bien autre chose que l'irresponsabilit&#233;, la loi pr&#233;voit le principe d'une att&#233;nuation de responsabilit&#233; pendant la minorit&#233;. Ce n'est pas que le mineur n'encourt rien, il encourt seulement moins. Cela se traduit par une diminution de la moiti&#233; de la peine encourue pour les majeurs, et encore faut-il rappeler que le juge peut aussi choisir de ne pas faire application de cette diminution de la peine encourue pour les mineurs de 16 &#224; 18 ans, par une motivation sp&#233;ciale.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_3986 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH575/capture_d_e_cran_2021-11-24_a_12.00.51-d7b98.png?1693464183' width='500' height='575' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;Mais avant, la question de la peine se pose la question de la responsabilit&#233;. A quel &#226;ge un enfant est-il responsable de ses actes sur le plan p&#233;nal ? La loi fran&#231;aise s'est bien gard&#233;e de d&#233;finir un tel seuil, en raison de la difficult&#233; de le fixer (7-8-10-13 ans ?) et par l'&#233;cueil de la notion m&#234;me, celui de la rigidit&#233; voire de l'arbitraire. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, &#224; la notion de seuil de responsabilit&#233; p&#233;nale &#233;tait pr&#233;f&#233;r&#233;e la notion de seuil de discernement. &#201;tait responsable p&#233;nalement, le mineur discernant, c'est-&#224;-dire celui qui &#233;tait en capacit&#233; de comprendre et d'appr&#233;hender les cons&#233;quences de ses actes. Il revenait au juge d'appr&#233;cier &lt;i&gt;in concreto&lt;/i&gt;, en fonction des &#233;l&#233;ments de l'esp&#232;ce, si le mineur en question &#233;tait discernant et donc responsable. Dans les faits, et en pratique, la question ne se posait r&#233;ellement que pour les mineurs &#226;g&#233;s de moins de 13 ans. R&#233;surgence de la croyance populaire ? Non, tout simplement, car le seuil de 13 ans, s'il n'est pas un seuil de responsabilit&#233; en tant que tel, conditionne la possibilit&#233; de certaines mesures. Le mineur &#226;g&#233; de 13 ans peut &#234;tre plac&#233; en garde &#224; vue, il peut &#234;tre plac&#233; sous contr&#244;le judiciaire voire en d&#233;tention provisoire sous certaines conditions, dans l'attente de son jugement. S'il est d&#233;clar&#233; coupable, il encourt certaines peines et des sanctions p&#233;nales.&lt;br class='autobr' /&gt;
A l'inverse, le mineur de 13 ans peut &#234;tre seulement plac&#233; en retenue, ne peut b&#233;n&#233;ficier que d'un accompagnement &#233;ducatif dans l'attente de son jugement, et encourt des sanctions &#233;ducatives, si la juridiction le d&#233;clare coupable de l'infraction qui lui est reproch&#233;e et donc l'estime discernant. Pour appr&#233;cier le discernement, des expertises psychologiques ou psychiatriques sont r&#233;guli&#232;rement ordonn&#233;es, &#224; charge pour l'expert de donner son avis, que le juge n'est pas tenu de suivre, sur la capacit&#233; du mineur d'appr&#233;cier ou non les cons&#233;quences de ses actes. T&#226;che ardue. Elle l'est d'autant plus lorsque l'expertise est ordonn&#233;e longtemps apr&#232;s les faits en question, ce qui n'est pas hypoth&#232;se rare en pratique ; on pense notamment aux agressions sexuelles ou viols d&#233;nonc&#233;s plusieurs ann&#233;es apr&#232;s les faits, la victime et a fortiori l'auteur devenu majeurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le code de justice p&#233;nale des mineurs (CJPM), qui est entr&#233; en vigueur le 30 septembre 2021, aurait pu &#234;tre l'occasion pour le l&#233;gislateur de fixer un seuil d'&#226;ge pour la responsabilit&#233; des mineurs. Les engagements internationaux de la France l'invitaient d'ailleurs &#224; cette innovation.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un syst&#232;me hybride qui a &#233;t&#233; retenu. L'article L.11-1 du CJPM pr&#233;voit que lorsqu'ils sont capables de discernement, les mineurs, au sens de l'article&#8239;388 du code civil, sont p&#233;nalement responsables des crimes, d&#233;lits ou contraventions dont ils sont reconnus coupables. Les mineurs de moins de 13 ans sont pr&#233;sum&#233;s ne pas &#234;tre capables de discernement. Les mineurs &#226;g&#233;s d'au moins 13 ans sont pr&#233;sum&#233;s capables de discernement. L'article&#8239;11-4 du CJPM prohibe le prononc&#233; d'une peine pour les mineurs de 13 ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, le nouveau texte pose une pr&#233;somption de non-discernement pour les mineurs de 13 ans, qui ne signifie pas que les mineurs de 13 ans ne seront jamais p&#233;nalement responsables. Ils pourront l'&#234;tre (et n'encourir que des sanctions &#233;ducatives s'ils sont d&#233;clar&#233;s coupables), si la partie poursuivante, le Procureur de la R&#233;publique rapporte la preuve que le mineur &#233;tait discernant au moment des faits, et ce, malgr&#233; son jeune &#226;ge. C'est encore l'expertise psychologique ou psychiatrique qui permettra au Procureur de rapporter cette preuve.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour le mineur de plus de 13 ans, on peut maintenant dire qu'il est responsable de ses actes, avec une att&#233;nuation de responsabilit&#233; (celle de tous les mineurs), sauf &#224; d&#233;montrer qu'il n'est pas capable de discernement. Car, quel que soit l'&#226;ge, pour le mineur atteint d'un trouble psychique au moment des faits de nature &#224; alt&#233;rer ou &#224; abolir son discernement, la juridiction prononcera une plus forte diminution de responsabilit&#233;, voire une irresponsabilit&#233; s'il est d&#233;montr&#233; que son discernement &#233;tait aboli au moment des faits. C'est l&#224;-encore l'expertise qui permettra d'&#233;clairer la juridiction sur cette question sans que celle-ci ne soit li&#233;e par l'avis de l'expert.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rappelons que l'expertise est obligatoire dans certains domaines (en mati&#232;re criminelle quelle que soit l'infraction, pour les infractions sexuelles criminelles ou correctionnelles). Elle peut &#234;tre ordonn&#233;e &#233;galement lorsque les &#233;l&#233;ments du dossier (comportement au moment des faits, au moment des auditions par les forces de police ou de gendarmerie) mettent en question le discernement et notamment l'existence d'un trouble psychique du mineur concern&#233;. Ainsi le discernement est une notion essentielle, il est la capacit&#233; de comprendre le sens et la port&#233;e de ses actes. Pourtant, on le sait, le mineur m&#234;me &#226;g&#233; de plus de 13 ans, n'est pas toujours en capacit&#233; d'appr&#233;hender l'exacte port&#233;e de ce son action, c'est m&#234;me souvent la caract&#233;ristique du mineur d&#233;linquant, d'&#234;tre dans l'agir plus que dans la pens&#233;e, agir dans l'impulsion sans r&#233;fl&#233;chir aux cons&#233;quences de son acte. L'immaturit&#233; psychique du mineur qui n'est pas l'absence de tout discernement, justifie la diminution de peines encourues pour les mineurs. Et parce que le mineur n'est pas un majeur, c'est un juge sp&#233;cialis&#233; qui va le juger, selon des textes et une proc&#233;dure sp&#233;cifiques, avec toujours le principe de la primaut&#233; de l'&#233;ducatif (c'est l'objet de la nouvelle mesure &#233;ducative judiciaire).&lt;br class='autobr' /&gt;
En grandissant, le discernement du mineur s'affine, sa capacit&#233; de compren&#173;dre le sens et la port&#233;e de ses actes, le bien et le mal, les cons&#233;quences pour soi et pour autrui se modulent au gr&#233; de sa maturit&#233;, pour atteindre le libre arbitre de la majorit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pour tenir compte de cette maturation que le l&#233;gislateur a aussi fix&#233; des seuils interm&#233;diaires (notamment celui de 16 ans) avec des mesures davantage coercitives que celles du mineur &#226;g&#233; de 13 &#224; 16 ans, notamment du point de vue du risque carc&#233;ral.&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;sum&#233;, on peut d&#233;sormais dire : &#171; &lt;i&gt;&#224; 13 ans, tu seras pr&#233;sum&#233; responsable de tes actes.&#8239;&lt;/i&gt; &#187; Tout est dans le pr&#233;sum&#233; et dans l'&#233;tendue de la responsabilit&#233;. Le droit n'aime gu&#232;re les raccourcis&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
St&#233;phanie Le Bouffos est intervenue sur le th&#232;me publi&#233; dans ce num&#233;ro de Lien Social, lors des journ&#233;es d'&#233;tudes tenues &#224; Quimper des 9, 10 et 11 juin 2021, par la F&#233;d&#233;ration nationale des services sociaux sp&#233;cialis&#233;s.&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le mineur face &#224; la justice</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Le-mineur-face-a-la-justice</link>
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		<dc:subject>Protection judiciaire</dc:subject>
		<dc:subject>Justice</dc:subject>
		<dc:subject>1304</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#171; &#192; 13 ans, tu peux &#234;tre entendu mais non tu ne peux toujours pas choisir ! &#187; Il est heureusement des domaines o&#249; le droit rejoint le bon sens. Le mineur acquiert progressivement des droits avant sa majorit&#233;. Pour autant, la capacit&#233; de les d&#233;fendre en justice ne conna&#238;t pas cette m&#234;me progressivit&#233; : le mineur est frapp&#233; d'une incapacit&#233; d'exercice de ses droits, il ne peut entreprendre une action en justice, ne peut &#233;mettre de pr&#233;tentions, ne peut user des voies de recours avant ses 18 ans. Ce sont ses (...)&lt;/p&gt;


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/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Protection-judiciaire" rel="tag"&gt;Protection judiciaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Justice" rel="tag"&gt;Justice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1304-" rel="tag"&gt;1304&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;&#192; 13 ans, tu peux &#234;tre entendu mais non tu ne peux toujours pas choisir !&#8239;&lt;/i&gt; &#187; Il est heureusement des domaines o&#249; le droit rejoint le bon sens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mineur acquiert progressivement des droits avant sa majorit&#233;. Pour autant, la capacit&#233; de les d&#233;fendre en justice ne conna&#238;t pas cette m&#234;me progressivit&#233; : le mineur est frapp&#233; d'une incapacit&#233; d'exercice de ses droits, il ne peut entreprendre une action en justice, ne peut &#233;mettre de pr&#233;tentions, ne peut user des voies de recours avant ses 18 ans. Ce sont ses repr&#233;sentants l&#233;gaux (ses parents) qui exercent ses droits pour lui. Lorsque ceux-ci en sont emp&#234;ch&#233;s, lorsque l'int&#233;r&#234;t du repr&#233;sentant l&#233;gal est en opposition avec celui de l'enfant, c'est un administrateur ad hoc qui va les exercer pour lui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour autant, l'enfant n'est pas compl&#232;tement absent de la proc&#233;dure civile avant ses 18 ans et il peut &#234;tre amen&#233; &#224; franchir la porte du tribunal avant sa majorit&#233;. En effet, s'il ne peut pas former des demandes ou formuler des pr&#233;tentions, l'enfant peut &#234;tre entendu en justice. On pense notamment aux instances devant le juge aux affaires familiales qui est le juge des modalit&#233;s d'exercice de l'autorit&#233; parentale sur les enfants de couple s&#233;par&#233; ; juge de la d&#233;l&#233;gation d'autorit&#233; parentale ; ou bien encore &#224; l'audition de l'enfant par le juge des tutelles lorsque les titulaires de l'autorit&#233; parentale ne peuvent plus l'exercer. Depuis 1993, l'enfant a le droit d'&#234;tre entendu dans toute proc&#233;dure le concernant. L'article&#8239;388-1 du code civil dispose que l'audition est de droit lorsque le mineur le demande. Aucune forme n'est requise pour cette demande. Le juge peut m&#234;me entendre le mineur d'office, il peut aussi d&#233;l&#233;guer un professionnel pour entendre le mineur. Le mineur peut &#234;tre entendu &#224; tout stade de la proc&#233;dure et m&#234;me pour la premi&#232;re fois, en cause d'appel. Mais le texte pr&#233;cise imm&#233;diatement que pour autant, cette audition ne rend pas le mineur partie &#224; la proc&#233;dure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les propos tenus par le mineur lors de son audition ne lient pas le juge. Ainsi, en mati&#232;re familiale, l'article&#8239;373-2-11 du code civil dispose d'ailleurs que ce dernier tient compte des sentiments exprim&#233;s par l'enfant mais, au m&#234;me titre que des accords pass&#233;s entre les parents, des r&#233;sultats des expertises et enqu&#234;tes sociales, de l'aptitude de chacun des parents &#224; respecter les droits de l'autre, de l'existence de violences au sein de la famille.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_3862 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L350xH400/capture_d_e_cran_2021-10-27_a_10.16.28-feafb.png?1693480367' width='350' height='400' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Le texte est assez taisant sur les modalit&#233;s concr&#232;tes de cette audition. Si le mineur peut &#234;tre assist&#233; d'un avocat, il ne b&#233;n&#233;ficie pas ipso facto de l'aide juridictionnelle, m&#234;me si des conventions en sens contraire existent entre les juridictions et les barreaux (comme sur le ressort de la Cour d'appel de Rennes o&#249; l'aide juridictionnelle est de droit pour le mineur).&lt;br class='autobr' /&gt;
Le silence du texte laisse toute latitude au juge pour appr&#233;cier et d&#233;terminer les modalit&#233;s concr&#232;tes de cette audition : par le juge ou son d&#233;l&#233;gataire ; dans son bureau ou en salle d'audience ; le juge seul ou avec l'assistance du greffier ; le mineur seul ou accompagn&#233; d'une personne de son choix ; le parent &#224; proximit&#233; (voir derri&#232;re la porte&#8230;) ou cantonn&#233; &#224; l'espace de la salle des pas perdus ; dans un temps ant&#233;rieur, concomitant ou post&#233;rieur &#224; l'audience de ses parents.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les juges sont form&#233;s &#224; l'audition des mineurs, les d&#233;l&#233;gataires en principe &#233;galement. Pour autant les pratiques des juridictions varient consid&#233;rablement dans le cadre souple de la loi. L'appr&#233;ciation qu'ils font des propos tenus par les mineurs &#233;galement. Or, les sentiments exprim&#233;s par les mineurs peuvent &#234;tre bien autre chose qu'une parole authentique. On pense notamment aux contextes d'emprise, de violences intra-familiales. L&#224; aussi, il faut compter sur la formation et l'expertise des professionnels pour discerner.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette audition donne lieu &#224; un compte rendu vers&#233; au contradictoire des parties.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le texte est d'ailleurs taisant sur celui-ci et le juge doit concilier l'int&#233;r&#234;t du mineur, sa protection et le principe du contradictoire qui veut que tous les &#233;l&#233;ments port&#233;s &#224; la connaissance du juge soient librement d&#233;battus par les parties. Ce compte rendu doit donc &#234;tre communiqu&#233; aux parties, qui doivent pouvoir formuler des observations sur celui-ci avant que le juge ne rende sa d&#233;cision. Il s'agit de garantir ici ce principe essentiel de proc&#233;dure qui est le principe du contradictoire mais qui peut entrer en tension avec la protection du mineur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le juge peut rejeter la demande d'audition m&#234;me lorsque le mineur le demande, lorsque le mineur n'est pas dot&#233; du discernement ou lorsqu'il a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; entendu ou lorsque l'ampleur du conflit est telle que cette situation le prive du discernement. Car seuls sont entendus les mineurs dot&#233;s du discernement. Le discernement peut &#234;tre d&#233;fini comme la capacit&#233; de discerner le bien ou le mal, ou encore l'aptitude &#224; comprendre ses actes. Le droit fran&#231;ais ne d&#233;finit pas d'&#226;ge au-del&#224; duquel le mineur est discernant. Cette question rel&#232;ve de l'appr&#233;ciation des juges et sp&#233;cialement, celle des juges du fond. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, les jurisprudences variaient selon les tribunaux et selon les cours d'appel. L'introduction dans le Code de justice p&#233;nale des mineurs (CJPM) d'un seuil d'&#226;ge (13 ans) en-dessous duquel le mineur est cens&#233; &#234;tre non discernant donc non responsable et au-dessus duquel, il est pr&#233;sum&#233; discernant et donc responsable, va peut-&#234;tre modifier la donne. Va-t-on pouvoir continuer &#224; consid&#233;rer comme actuellement devant les juridictions civiles que le mineur de 10 ans est discernant et peut donc &#234;tre entendu par le juge aux affaires familiales, alors qu'il ne l'est pas pour le juge p&#233;nal ? Ce serait d'un c&#244;t&#233; admettre qu'&#224; cet &#226;ge, il ne discerne pas le bien et le mal et ne mesure pas les cons&#233;quences de ses actes, tout en admettant qu'il puisse mesurer la port&#233;e de ses paroles et comprendre ce qui se joue dans la proc&#233;dure qui oppose ses parents devant le juge aux affaires familiales ? Pour sortir de cet &#233;cueil, certains proposent une diversit&#233; de discernement : le discernement du juge p&#233;nal ne serait pas le m&#234;me que celui devant le juge civil. &#192; voir ce que la jurisprudence, sinon la loi, viendront nous dire &#224; ce sujet&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;pit de ce questionnement li&#233; &#224; l'actualit&#233; l&#233;gislative et pour r&#233;sumer, les choses se pr&#233;sentent simplement : le mineur n'est pas partie &#224; la proc&#233;dure mais est entendu s'il est dot&#233; du discernement. S'il doit &#234;tre partie, ce sont ses repr&#233;sentants l&#233;gaux ou un administrateur ad hoc qui repr&#233;sentant ses int&#233;r&#234;ts. Cette pr&#233;sentation vient heurter la croyance populaire selon laquelle le mineur de 13 ans peut choisir o&#249; il va r&#233;sider. Comme nous venons de le voir, il n'en est rien, le mineur discernant est entendu et peut faire valoir ses sentiments sans pouvoir formuler de demandes, sentiments qui sont pris en consid&#233;ration par le juge au m&#234;me titre que d'autres &#233;l&#233;ments. Cette affirmation est sans doute nuanc&#233;e avec l'avanc&#233;e en &#226;ge du mineur discernant. Ainsi, le mineur de 16 ans qui fait valoir une opposition manifeste &#224; r&#233;sider chez l'un ou l'autre de ses parents verra sa parole prendre un autre poids. Et puis, cette pr&#233;sentation est boulevers&#233;e avec la proc&#233;dure en assistance &#233;ducative, proc&#233;dure civile, qui s'applique devant le juge des enfants dans laquelle le mineur, dot&#233; de discernement est partie &#224; la proc&#233;dure : il peut saisir le juge, former des demandes, interjeter appel des d&#233;cisions.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;i&gt;&#192; 13 ans, tu ne peux pas choisir ton lieu de r&#233;sidence mais tu peux contester la d&#233;cision de placement prise par le juge des enfants, notamment celle d'un placement chez l'un et l'autre de tes parents !&#8239;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
St&#233;phanie Le Bouffos est intervenue sur le th&#232;me publi&#233; dans ce num&#233;ro de Lien Social, lors des journ&#233;es d'&#233;tudes tenues &#224; Quimper des 9, 10 et 11 juin 2021, par la F&#233;d&#233;ration nationale des services sociaux sp&#233;cialis&#233;s.&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le mineur et son juge</title>
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		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Parentalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Justice</dc:subject>
		<dc:subject>1302</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Juge des enfants et Juge des affaires familiales sont les gardiens de l'int&#233;r&#234;t de l'enfant &#8230; diff&#233;remment. Explications. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le juge des enfants est sans nul doute le juge le plus connu des magistrats en charge de la famille. Pour autant, la plupart des d&#233;cisions rendues en application du droit de la famille ne sont pas rendues par ce juge, mais par le juge aux affaires familiales dont le travail repr&#233;sente la plus grande partie des d&#233;cisions rendues chaque ann&#233;e dans les juridictions en France (36 (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/80-Paroles-de-juristes" rel="directory"&gt;Paroles de juristes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Justice" rel="tag"&gt;Justice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1302-" rel="tag"&gt;1302&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Juge des enfants et Juge des affaires familiales sont les gardiens &lt;br class='autobr' /&gt;
de l'int&#233;r&#234;t de l'enfant &#8230; diff&#233;remment. Explications.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le juge des enfants est sans nul doute le juge le plus connu des magistrats en charge de la famille. Pour autant, la plupart des d&#233;cisions rendues en application du droit de la famille ne sont pas rendues par ce juge, mais par le juge aux affaires familiales dont le travail repr&#233;sente la plus grande partie des d&#233;cisions rendues chaque ann&#233;e dans les juridictions en France (36 % des affaires nouvelles dont est saisi le tribunal de grande instance-dans les chiffres cl&#233;s de la Justice 2019).&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceci &#233;tant, les domaines d'intervention du juge des enfants et du juge aux affaires familiales ne sont pas clairement identifi&#233;s par les familles et parfois par les professionnels eux-m&#234;mes. &#192; leur cr&#233;dit, reconnaissons la complexit&#233; du sujet. Les deux juges voient leurs comp&#233;tences li&#233;es &#224; l'autorit&#233; parentale. Le code civil nous en donne une d&#233;finition dans son article&#8239;371-1, &#171; &lt;i&gt;L'autorit&#233; parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalit&#233; l'int&#233;r&#234;t de l'enfant&#8239;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est parce que les titulaires de l'autorit&#233; parentale ne parviennent pas ou insuffisamment &#224; prot&#233;ger leur enfant, du danger auquel il est expos&#233; ou &#224; le pr&#233;server de conditions d'&#233;ducation gravement compromises que le juge des enfants va prendre des mesures d'assistance &#233;ducative. Son crit&#232;re d'intervention est le danger, avec l'obligation de le caract&#233;riser &#224; chaque fois qu'il rend une d&#233;cision et de motiver la mesure qu'il prend pour y rem&#233;dier tout en fixant la dur&#233;e de celle-ci. Le juge des enfants tente par ses d&#233;cisions de rem&#233;dier aux carences parentales mais il ne statue ni sur la titularit&#233; ni sur l'exercice de l'autorit&#233; parentale. Toutefois, certaines de ses d&#233;cisions vont avoir une incidence sur celle-ci. Par exemple, dans le cadre du placement, les actes usuels pourront &#234;tre pris par le service gardien, les actes non usuels continueront d'&#234;tre d&#233;cid&#233;s par les titulaires de l'autorit&#233; parentale. En cas de d&#233;saccord et s'il estime que la position des parents est contraire &#224; l'int&#233;r&#234;t de l'enfant ou encore en cas d'inertie de leur part, le juge des enfants pourra autoriser le service gardien &#224; passer un acte qui rel&#232;ve de l'exercice de l'autorit&#233; parentale (acte non usuel).&lt;br class='autobr' /&gt;
Le juge aux affaires familiales statue sur les modalit&#233;s d'exercice de l'autorit&#233; parentale des enfants de couples s&#233;par&#233;s : il octroie ou constate son exercice conjoint ou unilat&#233;ral, fixe la r&#233;sidence de l'enfant chez l'un et/ou chez l'autre, statue sur les droits de visite et d'h&#233;bergement du parent chez lequel l'enfant ne r&#233;side pas, fixe le montant de la part contributive &#224; l'entretien et &#224; l'&#233;ducation de l'enfant due par ce m&#234;me parent. Il r&#232;gle les questions qui lui sont soumises en veillant sp&#233;cifiquement &#224; la sauvegarde de l'int&#233;r&#234;t des enfants mineurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc, d'un c&#244;t&#233; le juge du danger et de la protection, de l'autre, le juge de l'int&#233;r&#234;t de l'enfant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le juge aux affaires familiales ne statue que sur ce qui est demand&#233; par les parties et seulement sur ce qui est demand&#233;. Il ne peut d'ailleurs intervenir qu'&#224; la condition d'avoir &#233;t&#233; saisi par les parties, ou par le Procureur de la R&#233;publique, ce qui est rare en pratique. Il va homologuer les conventions pass&#233;es entre les parties si elles sont conformes &#224; l'int&#233;r&#234;t de l'enfant, tenir compte de ces m&#234;mes conventions pass&#233;es pour prendre sa d&#233;cision. Il va rendre sa d&#233;cision apr&#232;s avoir entendu les parties (et pas le mineur, sauf en cas d'audition de ce dernier, ce qui ne lui conf&#232;re pas la qualit&#233; de partie) et il n'a pas vocation &#224; revoir les parties sauf &#224; ce qu'un &#233;l&#233;ment nouveau apparaisse post&#233;rieurement qui rendrait non conforme &#224; l'int&#233;r&#234;t de l'enfant, les modalit&#233;s actuelles. Rappelons enfin que les parties peuvent d&#233;roger au cadre d&#233;fini par le juge aux affaires familiales pr&#233;cis&#233; la plupart du temps &#171; &lt;i&gt;&#224; d&#233;faut de meilleurs accords entre les parties&lt;/i&gt; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le juge des enfants est saisi par les parties et en grande majorit&#233; par le Procureur de la R&#233;publique. Il peut m&#234;me se saisir d'office et statuer ultra petita, c'est-&#224;-dire au-del&#224; de ce qui lui est demand&#233;. Il peut revoir ses d&#233;cisions constamment et a vocation &#224; revoir r&#233;guli&#232;rement les situations et les familles, notamment les enfants qui sont parties &#224; la proc&#233;dure, d&#232;s lors que capables de discernement. Il peut d'ailleurs &#234;tre interpell&#233; au cours de la mesure qu'il a d&#233;cid&#233;, rendre des d&#233;cisions dans ce cadre. Sa d&#233;cision ne le dessaisit pas. Ses d&#233;cisions s'imposent &#224; tous et il peut occulter les accords que les parents passent ou ont pu passer &#224; l'&#233;gard de leur enfant, s'ils l'exposent &#224; un danger.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, les domaines respectifs sont clairs, m&#234;me s'il existe des zones de convergence (par l'application conjointe des principes &#233;l&#233;mentaires de la proc&#233;dure notamment le principe du contradictoire). Le l&#233;gislateur a d'ailleurs eu le souci de clarifier ces interventions conjointes en organisant la consultation du dossier du juge des enfants sur son autorisation, &#224; la demande du juge aux affaires familiales et la transmission des d&#233;cisions entre les deux juridictions, afin de faciliter l'information ou peut-&#234;tre d'&#233;viter des contradictions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais quelles contradictions me direz-vous d&#232;s lors que les domaines respectifs d'intervention sont clairement d&#233;finis ?&lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord, si l'enfant fait l'objet d'un placement (quel qu'il soit), c'est la d&#233;cision de placement qui va primer sur la d&#233;cision rendue par le juge aux affaires familiales, ce qui signifie que cette derni&#232;re est mise en sommeil, tant que le placement a cours, et qu'elle reprendra plein effet &#224; compter de la mainlev&#233;e du placement, quand bien m&#234;me une mesure de milieu ouvert serait ordonn&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ensuite, ce qui rend les limites d&#233;licates c'est notamment le fait que le juge des enfants peut prendre des mesures de placement chez l'un ou chez l'autre de ses parents d&#232;s lors qu'un danger est apparu depuis la d&#233;cision du juge aux affaires familiales et donc statuer sur les droits de visite et droits de visite et d'h&#233;bergement de l'autre parent et la part contributive.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et enfin, le fait que le danger peut tenir du contexte de conflit auquel l'enfant est expos&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les professionnels du domaine du droit ou du secteur m&#233;dico-social &#233;prouvent des difficult&#233;s avec cet &#233;l&#233;ment de danger, qui suscite r&#233;guli&#232;rement des r&#233;actions de rejet, de m&#233;pris, de d&#233;couragement, d'usure de leur part, comme si ce contexte &#233;tait plus d&#233;sesp&#233;rant que celui des autres ordres de danger. Il est assez tentant de dire que la r&#233;ponse &#224; celui-ci rel&#232;ve de la comp&#233;tence du juge aux affaires familiales, lequel par sa d&#233;cision, viendra pacifier les rapports intra-familiaux. Les professionnels voient bien ici l'utopie de cette d&#233;marche. Ici comme ailleurs, ne c&#233;dons pas aux raccourcis de pens&#233;e et &#224; la tentation de nommer sous le m&#234;me vocable des situations humaines tr&#232;s diff&#233;rentes. Car derri&#232;re le terme de conflit se cachent bien souvent des contextes de violences intra-familiales graves, par des violences psychologiques r&#233;p&#233;t&#233;es qui pr&#233;existaient ou pas &#224; la s&#233;paration du couple, dont la victime n'avait pas forc&#233;ment toutes les cl&#233;s de compr&#233;hension et dont les enfants sont les premi&#232;res victimes. Ne passons pas &#224; c&#244;t&#233; du danger et rappelons que le l&#233;gislateur de 2019 est d'ailleurs venu pr&#233;ciser dans son article&#8239;371-1 du code civil que l'autorit&#233; parentale s'exerce sans violence y compris psychologique.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
St&#233;phanie Le Bouffos est intervenue sur le th&#232;me publi&#233; dans ce num&#233;ro de Lien Social, lors des journ&#233;es d'&#233;tudes tenues &#224; Quimper des 9, 10 et 11 juin 2021, par la F&#233;d&#233;ration nationale des services sociaux sp&#233;cialis&#233;s.&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La d&#233;nonciation : acte de courage ou de malveillance ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/La-denonciation-acte-de-courage-ou-de-malveillance</link>
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		<dc:date>2020-11-02T15:57:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Justice</dc:subject>
		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>1278</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De toutes les sciences humaines, c'est le droit qui abreuve le moins le travail social. D&#233;crypter, familiariser et d&#233;mystifier cette approche n'est pas seulement une n&#233;cessit&#233;. C'est un atout pour l'action quotidienne. - - &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que certains h&#233;sitent &#224; d&#233;noncer des actes inacceptables, la d&#233;nonciation sert trop souvent &#224; d&#233;truire son prochain. Elle &#233;voque les heures noires de Vichy, alors que des millions d'hommes et de femmes ont &#233;t&#233; tu&#233;s, d&#233;port&#233;s ou tortur&#233;s sur d&#233;nonciation d'appartenances vraies ou (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Justice" rel="tag"&gt;Justice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Pratique-professionnelle" rel="tag"&gt;Pratique professionnelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1278-" rel="tag"&gt;1278&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De toutes les sciences humaines, c'est le droit qui abreuve le moins le travail social. D&#233;crypter, familiariser et d&#233;mystifier cette approche n'est pas seulement une n&#233;cessit&#233;. C'est un atout pour l'action quotidienne.
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; - -&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors que certains h&#233;sitent &#224; d&#233;noncer des actes inacceptables, la d&#233;nonciation sert trop souvent &#224; d&#233;truire son prochain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle &#233;voque les heures noires de Vichy, alors que des millions d'hommes et de femmes ont &#233;t&#233; tu&#233;s, d&#233;port&#233;s ou tortur&#233;s sur d&#233;nonciation d'appartenances vraies ou suppos&#233;es &#224; la religion juive, &#224; la R&#233;sistance, &#224; des origines ethniques, &#224; leurs id&#233;es ou leurs attirances sexuelles, ou sur leurs handicaps. Parall&#232;lement, ces actes criminels sont sortis du silence gr&#226;ce au courage de ceux qui les ont d&#233;nonc&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s guerre, les autorit&#233;s politiques ont voulu &#233;viter le d&#233;bat sur la d&#233;nonciation, au risque de recommencer un nouveau conflit. Mais plus de soixante-dix ans plus tard, cette question reste sensible et tr&#232;s floue dans l'&#226;me des Fran&#231;ais. En t&#233;moignent les d&#233;nonciations massives pendant le confinement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le terme d&#233;nonciation d&#233;signe toute transmission d'informations nominatives &#224; une autorit&#233; comp&#233;tente pour prendre une sanction contre la personne d&#233;sign&#233;e. Cette d&#233;finition peut &#234;tre &#233;tendue aux divulgations via les r&#233;seaux sociaux, mais je n'en parlerai pas ici. Il en va de m&#234;me du secret professionnel que j'&#233;voquerai ult&#233;rieurement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je commence avec la parole courageuse, celle qui d&#233;nonce &#224; une autorit&#233; des faits interdits ou dangereux, afin qu'elle y mette un terme. Parce que ces agissements agressent une personne, un animal, ou la biosph&#232;re, la d&#233;nonciation de ces faits est un acte courageux. C'est elle qui fait progresser les consciences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. La d&#233;nonciation des crimes&lt;/strong&gt; (quelle que soit la victime) ou des privations, mauvais traitements, agressions ou atteintes sexuelles contre un mineur ou contre une personne dite particuli&#232;rement vuln&#233;rable (art. 434-1 et 434-3 du CP)&lt;br class='autobr' /&gt;
La soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique ne peut organiser un contr&#244;le syst&#233;matique de la vie priv&#233;e des personnes. C'est pourquoi elle a besoin de citoyens qui prennent sur eux de d&#233;noncer l'inacceptable. Mais cette d&#233;nonciation doit &#234;tre une parole propre, expurg&#233;e de toute r&#233;f&#233;rence ou allusion &#224; des appartenances ou diagnostics m&#233;dicaux, etc. Elle ne doit porter que sur les faits (les actes) interdits par la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Le d&#233;lit d'omission de porter secours &#224; personne en p&#233;ril&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article 223-6 du CP oblige tout citoyen &#224; porter assistance aux personnes en p&#233;ril et aux victimes de crimes ou d'atteintes contre leur int&#233;grit&#233; corporelle. Tant qu'il n'y a pas de risque pour lui ni pour les tiers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le signalement au procureur de la R&#233;publique peut se r&#233;v&#233;ler insuffisant. Pour un viol, un m&#233;decin doit faire contr&#244;ler les maladies sexuellement transmissibles et les risques d'h&#233;morragie g&#233;nitale et faire aider la victime par un professionnel sp&#233;cialis&#233;. Un citoyen peut, s'il n'y a pas de danger pour lui, frapper &#224; la porte derri&#232;re-laquelle il a entendu des cris, aider la victime &#224; se relever, l'amener &#224; l'h&#244;pital.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
3. L'information pr&#233;occupante (art. L226-2-1 du CASF)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la d&#233;nonciation d'agissements mettant en danger un enfant sur les plans de sa s&#233;curit&#233;, de sa sant&#233;, de sa moralit&#233;, de son &#233;ducation ou de son d&#233;veloppement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle se fait aupr&#232;s de l'aide sociale &#224; l'enfance (ASE) ou du procureur de la R&#233;publique (qui en fait copie &#224; l'ASE). C'est la cellule d&#233;partementale de recueil des informations pr&#233;occupantes (CRIP) qui qualifie l'information et qui peut d&#233;cider que celle-ci est pr&#233;occupante au point de d&#233;clencher une &#233;valuation sociale. La CRIP engage la responsabilit&#233; du conseil d&#233;partemental lorsqu'elle qualifie de pr&#233;occupante une information qu'elle a re&#231;ue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les informations qui r&#233;v&#232;lent les appartenances ou la sant&#233; des personnes doivent dispara&#238;tre de toute transmission ou rapport informatis&#233;. M&#234;me si cela a &#233;t&#233; mentionn&#233; dans l'information pr&#233;occupante, il est interdit d'en tenir compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Peut-on communiquer le nom de l'auteur de l'information ? Quelle est la valeur de la d&#233;nonciation anonyme ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peur des repr&#233;sailles est compr&#233;hensible, car la vengeance existe. Pour autant, faut-il encourager la d&#233;nonciation anonyme ? Ce n'est pas ma conviction.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour la CADA (commission d'acc&#232;s aux documents administratifs), le nom des auteurs d'informations pr&#233;occupantes n'est pas communicable aux int&#233;ress&#233;s. Je pense &#224; l'inverse que tout citoyen a le droit de conna&#238;tre sur quel fondement l'administration instruit une &#233;valuation sociale. C'est un droit fondamental. Lorsqu'ils savent que leurs propos resteront anonymes, leurs auteurs peuvent avoir la tentation de travestir la v&#233;rit&#233;. Or d&#233;noncer l'information pr&#233;occupante est un acte grave qui engage la responsabilit&#233; de son auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. La d&#233;nonciation calomnieuse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le fait de d&#233;noncer &#224; la justice, au Conseil D&#233;partemental, &#224; l'employeur, etc. des faits qui n'ont jamais eu lieu, dans le but de nuire &#224; la personne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a souvent une confusion avec la diffamation, qui est un d&#233;lit de presse.&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;nonciation calomnieuse nuit &#224; celui qui sera, &#224; tort, enqu&#234;t&#233;, parfois licenci&#233; ou jug&#233;, qui pourra perdre son travail pour des actes qu'il n'a pas commis. Elle d&#233;stabilise toute la dynamique judiciaire. Le Code p&#233;nal la classe parmi les infractions contre l'&#201;tat.&lt;br class='autobr' /&gt;
On a vu des m&#232;res pr&#233;tendre que leur ex-conjoint aurait viol&#233; leur fille. Celle-ci subit alors un examen gyn&#233;cologique, avec l'id&#233;e que son p&#232;re pourrait l'avoir abus&#233;e. La calomnie est une maltraitance par procuration. Elle d&#233;truit les individus, les couples, les familles et l'&#201;tat de droit.&lt;br class='autobr' /&gt;
La parole devient, avec une facilit&#233; d&#233;concertante, une arme qui d&#233;stabilise et qui d&#233;truit, pour satisfaire des haines personnelles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus de 70 ans ont pass&#233; depuis que la d&#233;lation a engendr&#233; des millions de morts. Les d&#233;nonciateurs se sont fait oublier. Il est temps d'en parler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. La d&#233;lation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le fait de d&#233;noncer une personne de mani&#232;re contraire &#224; la morale ou &#224; l'&#233;thique. Dans mon propos, j'utiliserai le mot d&#233;lation pour d&#233;signer le fait de fournir des informations sur la sant&#233;, les origines ethniques, les opinions politiques, religieuses ou philosophiques, les appartenances syndicales ou l'orientation sexuelle. L'identit&#233; de genre a &#233;t&#233; ajout&#233;e r&#233;cemment. C'est l'intol&#233;rance qui dicte la d&#233;lation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le terme d&#233;lation fait imm&#233;diatement r&#233;f&#233;rence &#224; l'histoire, et c'est pour cela que je l'emploie (il n'est pas dans la loi). C'est pour &#233;viter la r&#233;p&#233;tition sordides du pass&#233; que la loi informatique et libert&#233;s du 6 janvier 1978 a pr&#233;vu de sanctionner lourdement la num&#233;risation de ces donn&#233;es. Ce principe est repris dans la loi du 20 juin 2018 sur la protection des donn&#233;es personnelles et le RGPD du 27 avril 2016.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_1662 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L424xH428/capture_d_e_cran_2020-10-13_a_11.35.30-abee9.png?1693476339' width='424' height='428' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;Contrairement &#224; une id&#233;e re&#231;ue, ces informations ne peuvent jamais &#234;tre partag&#233;es num&#233;riquement dans le secteur social. La loi ne pr&#233;voit aucune exception.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il en va des valeurs de la D&#233;mocratie. C'est le propre des &#201;tats autoritaires d'organiser la r&#233;pression &#224; partir des m&#339;urs, des origines ethniques, des opinions ou des religions.&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;nonciation permet de prot&#233;ger les victimes ou de cr&#233;er un trouble grave &#224; la tranquillit&#233; sociale. De la m&#234;me mani&#232;re, le silence sur la vie priv&#233;e prot&#232;ge la dignit&#233; de personnes comme il peut couvrir des faits inacceptables. Celui qui se tait et ne fait rien est coupable de non-d&#233;nonciation ou de non-assistance &#224; personne en p&#233;ril. La parole vraie, solidaire et organis&#233;e collectivement rend possible l'&#233;volution des consciences, dans une soci&#233;t&#233; qui doit travailler en profondeur &#224; la parole qui lib&#232;re contre celle qui d&#233;truit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La sexualit&#233;, le consentement et la loi</title>
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		<dc:subject>Violence</dc:subject>
		<dc:subject>Sexualit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>1280</dc:subject>

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&lt;p&gt;La sexualit&#233; d'aujourd'hui est-elle correctement pens&#233;e par le droit fran&#231;ais ? Pendant longtemps, le mariage ritualisait l'entr&#233;e dans la sexualit&#233;. Il validait l'union du couple par le clan familial, la soci&#233;t&#233;, voire l'&#201;glise. C'est ainsi que s'est construit notre droit fran&#231;ais au XIXe si&#232;cle, notamment celui de la &#64257;liation (1). Aujourd'hui, la relation sexuelle est surtout une question priv&#233;e, qui se passe de rituel devant le maire ou le pr&#234;tre. Elle est dict&#233;e par la libert&#233; individuelle et le droit ne (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/80-Paroles-de-juristes" rel="directory"&gt;Paroles de juristes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Violence" rel="tag"&gt;Violence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Sexualite-248" rel="tag"&gt;Sexualit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1280-" rel="tag"&gt;1280&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La sexualit&#233; d'aujourd'hui est-elle correctement pens&#233;e par le droit fran&#231;ais ? Pendant longtemps, le mariage ritualisait l'entr&#233;e dans la sexualit&#233;. Il validait l'union du couple par le clan familial, la soci&#233;t&#233;, voire l'&#201;glise. C'est ainsi que s'est construit notre droit fran&#231;ais au XIXe si&#232;cle, notamment celui de la &#64257;liation (1). Aujourd'hui, la relation sexuelle est surtout une question priv&#233;e, qui se passe de rituel devant le maire ou le pr&#234;tre. Elle est dict&#233;e par la libert&#233; individuelle et le droit ne s'en m&#234;le plus que pour en &#64257;xer les limites.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est dans le Code p&#233;nal que se trouve la liste des interdits que sont l'agression sexuelle et le viol (articles 222-22 et suivants). La relation sexuelle est p&#233;nalis&#233;e si elle est commise avec violence, contrainte, menace ou surprise, c'est-&#224;-dire contre la volont&#233;. Peu &#224; peu, depuis le nouveau Code p&#233;nal de 1992, la loi, suivant une jurisprudence longtemps timide, a &#233;volu&#233; dans le sens du droit de dire non. En 2006, elle a af&#64257;rm&#233; (2) que le viol peut &#234;tre constitu&#233; au sein d'un couple mari&#233;. La digue &#233;tait rompue : le mariage n'emportait plus le droit du mari sur le corps de sa femme. En 2018, la loi a apport&#233; des pr&#233;cisions notamment lorsqu'un lien de domination peut porter atteinte &#224; la s&#233;r&#233;nit&#233; du consentement. &lt;i&gt;Le consentement&lt;/i&gt;&#8230;ce terme n'existe pas dans la loi p&#233;nale. Ce terme a &#233;t&#233; vers&#233; dans l'actualit&#233; par l'ouvrage de Vanessa Springora paru en d&#233;cembre 2019 (&#201;d. Grasset).&lt;br class='autobr' /&gt;
En droit fran&#231;ais, la relation sexuelle est libre. Elle ne peut &#234;tre forc&#233;e physiquement ni psychiquement. Cela semble supposer qu'un consentement soit n&#233;cessaire avant toute relation. Alors que le rituel du mariage est sorti par la porte, celui du consentement pr&#233;alable arrive par la fen&#234;tre entrouverte, aux tentures closes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce concept ne me semble pas adapt&#233; &#224; la sexualit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que l'on me pardonne ce pr&#233;alable : que chacun, dans le secret de ses frissons, r&#233;&#64258;&#233;chisse &#224; sa sexualit&#233;. Est-il fr&#233;quent que la question du consentement soit pos&#233;e en ces termes ? Le mot consentement appartient essentiellement au registre du droit des contrats, &#233;labor&#233; au XIXe si&#232;cle. L'un propose un bien ou un service ; le contrat est constitu&#233; d&#232;s lors qu'il y a &#171; consentement libre et &#233;clair&#233; &#187;. Cela suppose que l'un propose et que l'autre consente. Emprunt&#233; au droit des contrats, ce concept fait du corps un bien et de la sexualit&#233; un service rendu au demandeur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas ainsi que la sexualit&#233; se passe. Le consentement ne donne aucun droit sur le corps de l'autre. La sexualit&#233; rel&#232;ve d'un &lt;i&gt;accord permanent&lt;/i&gt; tout au long de l'acte et donne &#224; chacun le droit d'arr&#234;ter &#224; tout moment ou de refuser certaines caresses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le consentement &#224; un bien suppose l'&#233;clairage pr&#233;alable du co-contractant, qui doit en conna&#238;tre exactement tous les &#233;l&#233;ments. Ce concept a le m&#233;rite d'exiger que chaque partenaire ait la maturit&#233; physique et psychique pour ressentir du d&#233;sir et du plaisir, ce qui exclut les enfants, mais interroge sur le premier rapport. Conna&#238;t-on par avance un acte fait de plaisir et de d&#233;sir ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Si une man&#339;uvre dite &#171; dolosive &#187; peut faire annuler un contrat, la s&#233;duction est-elle une man&#339;uvre immorale ? La drague emporte-t-elle consentement &#224; la sexualit&#233; ? Est-ce le r&#244;le du magistrat de v&#233;ri&#64257;er si chacun des partenaires &#233;tait dans la m&#234;me attente ? Le consentement est-il vici&#233; si l'un attend une relation amoureuse construite, et l'autre l'aventure d'un soir ? En un mot, est-ce bien le r&#244;le et la comp&#233;tence des magistrats de s'occuper de cela ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_1715 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH325/capture_d_e_cran_2020-10-26_a_16.34.52-6ca41.png?1693480367' width='500' height='325' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Prenons le cas de deux adolescents s'initiant &#224; leur premi&#232;re relation. Maladroit, pas du tout &#224; l'aise &#224; l'id&#233;e de proposer un pr&#233;servatif, l'un d'eux peut penser un peu pr&#233;matur&#233;ment que l'autre d&#233;sire comme lui une relation sexuelle alors que l'autre, dans son immaturit&#233;, ne voulait qu'un bisou. Ou une relation tendre. En tout cas, pas cette relation-l&#224;. Si l'un&#183;e est heureux&#183;se de sa premi&#232;re exp&#233;rience ; l'autre peut avoir un &lt;i&gt;ressenti&lt;/i&gt; de viol, parce que la relation n'ob&#233;issait pas &#224; son d&#233;sir, &#224; son imaginaire inexprim&#233;. Le premier n'est pas coupable car il n'a pas eu l'&lt;i&gt;intention&lt;/i&gt; de forcer l'autre ; il est responsable d'absence d'&lt;i&gt;attention&lt;/i&gt; &#224; l'autre. Par une relation forc&#233;e ou v&#233;cue comme forc&#233;e, l'acte qui se veut le plus &#233;panouissant peut basculer dans le crime. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le droit fran&#231;ais ne sait pas traiter les questions relatives au plaisir sexuel. Aujourd'hui, il est fait r&#233;f&#233;rence au droit des contrats pour initier, par le consentement, un nouveau rituel pour commencer un rapport. Les histoires salaces v&#233;hiculent aujourd'hui encore l'id&#233;e que la femme serait toujours un peu consentante, et que l'homme devrait la &#171; d&#233;niaiser &#187;, c'est-&#224;-dire lui faire acc&#233;der &#224; la &#171; connaissance &#187;. Mais depuis 2010, la femme en couple n'est plus pr&#233;sum&#233;e consentir aux d&#233;sirs de son conjoint. Elle a le droit de ne pas avoir envie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au XIXe si&#232;cle, la femme devait prouver qu'elle ne voulait pas le rapport sexuel au point de s'&#234;tre d&#233;battue. En 1 892, la Cour de cassation avait jug&#233; qu'une femme handicap&#233;e mentale, qui n'avait pas conscience de l'acte subi, n'avait pas &#233;t&#233; viol&#233;e car elle n'avait pas montr&#233; son refus. Depuis lors, que de chemin parcouru.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'actualit&#233;, notamment avec l'ouvrage de Vanessa Springora, t&#233;moigne de l'acuit&#233; de la question, et interroge sur les relations d'emprise. Elle soul&#232;ve les rideaux d'alc&#244;ves sordides aux r&#233;cits id&#233;alis&#233;s. Tiraill&#233;s entre deux injonctions, la sexualisation de leur corps et l'urgence de porter plainte, les jeunes cherchent de nouveaux rep&#232;res. La pornographie, transf&#233;r&#233;e de t&#233;l&#233;phone en t&#233;l&#233;phone, parfois m&#234;me aux jeunes enfants, v&#233;hicule l'image d'une violence extr&#234;me dominant/domin&#233;, loin de relations sereines o&#249; le respect mutuel et l'&#233;coute de l'autre seraient la r&#232;gle. Qu'en est-il de l'action des pouvoirs publics sur la prostitution, quand on compte 6 000 &#224; 7 000 prostitu&#233;-e-s mineur-e-s en France aujourd'hui ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le temps est venu d'installer la tendresse au c&#339;ur de la relation. Limiter l'approche de la sexualit&#233; &#224; son encadrement p&#233;nal, c'est ne l'appr&#233;hender qu'en termes n&#233;gatifs. Beaucoup de jeunes hommes expriment la crainte de se voir assigner en justice apr&#232;s une relation sexuelle. Il revient &#224; l'&#233;ducation de transmettre qu'en &#233;coutant leur partenaire, et en recherchant l'&#233;panouissement par les plaisirs partag&#233;s, ils ne risquent rien d'autre que la joie. Car l'&#233;panouissement par la sexualit&#233; rel&#232;ve de l'apprentissage et de la transmission.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Code civil dispose que les couples mari&#233;s se doivent mutuellement &#64257;d&#233;lit&#233;, secours et assistance ; imaginons qu'un jour il d&#233;cidera que les couples se doivent respect, &#233;coute et tendresse partag&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) L'enfant n&#233; d'un couple mari&#233; a pour p&#232;re le mari.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2)Loi du 4 avril 2006 renfor&#231;ant la pr&#233;vention et la r&#233;pression des violences au sein du couple ou commises contre les mineurs.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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