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	<title>Lien Social</title>
	<link>https://www.lien-social.com/</link>
	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>L'accompagnement en ESAT : &#201;changes de regards entre directeur &amp; psychologue du travail </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Myriam</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Un &#201;tablissement et service d'aide par le travail (Esat) permet &#224; des personnes reconnues travailleurs handicap&#233;s qui n'ont pas les capacit&#233;s pour acc&#233;der &#224; un emploi ordinaire ou en Entreprise Adapt&#233;e, d'exercer une activit&#233; professionnelle. L'accompagnement n'est pas sans poser la question du sens. &lt;br class='autobr' /&gt; L'accompagnement est central en Esat surtout que, dans l'attente de la validation de transformation des Esat le A aurait d&#251; passer de AIDE &#224; ACCOMPAGNEMENT. Cette notion souvent malmen&#233;e pose la question du (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Matie%CC%80re-a%CC%80-pense%CC%81es" rel="directory"&gt;Matie&#768;re a&#768; pense&#769;es&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_7696 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L283xH267/photo_map_1355_muriel_tre_ze_guet_bd-0437c.jpg?1705914193' width='283' height='267' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_7695 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L283xH270/photo_pap_1355_m._granval_laurentbd-78d96.jpg?1705914193' width='283' height='270' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un &#201;tablissement et service d'aide par le travail (Esat) permet &#224; des personnes reconnues travailleurs handicap&#233;s qui n'ont pas les capacit&#233;s pour acc&#233;der &#224; un emploi ordinaire ou en Entreprise Adapt&#233;e, d'exercer une activit&#233; professionnelle. L'accompagnement n'est pas sans poser la question du sens.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accompagnement est central en Esat surtout que, dans l'attente de la validation de transformation des Esat le A aurait d&#251; passer de AIDE &#224; ACCOMPAGNEMENT. Cette notion souvent malmen&#233;e pose la question du sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son &#233;tymologie imag&#233;e et tr&#232;s belle &#171; marcher avec un compagnon &#187; se conjugue &#224; plusieurs niveaux en fonction des lieux dans lesquels l'accompagnement se d&#233;cline. Il est omnipr&#233;sent, s'adapte et se d&#233;cline au fil des situations en empruntant des termes diff&#233;rents tels que &#171; Guider, tutorer ou soutenir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment accompagner ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accompagnement est questionn&#233; quotidiennement quand s'affrontent une logique commerciale, o&#249; le management devient central avec un souci d'exigence, et rentabilit&#233; avec une logique m&#233;dicosociale, o&#249; le care d&#233;fend des objectifs d'autonomie, de socialisation, d'insertion sociale et professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accompagnement doit se faire de fa&#231;on globale o&#249; l'&#233;coute, l'observation et les &#233;changes permettent &#224; l'ouvrier d'exister. L'accompagnement devient une forme d'aide &#224; la personne lui permettant de devenir acteur et auteur de sa vie au-del&#224; des obstacles qu'il doit traverser. Alors comment faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, cet accompagnement d&#233;pend du capitaine qui est aux commandes ! En effet, porter attention &#224; ses collaborateurs comme on souhaite qu'eux-m&#234;mes portent attention aux ouvriers, c'est montrer par l'exemple ce qu'il faut viser, ce que l'on peut obtenir et ressentir : c'est &#234;tre coh&#233;rent. C'est sur cette base de coh&#233;rence que l'accompagnement peut se d&#233;cliner pour d&#233;boucher sur :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;-Une posture &#233;thique&lt;/strong&gt; visant au respect de l'autonomie de la personne dans sa mani&#232;re de vivre. Une posture interrogeant constamment ce que le travailleur social tente de faire quand il accompagne. C'est une question r&#233;currente que tout accompagnant se pose, soit vis-&#224;-vis de l'institution qui mandate soit vis-&#224;-vis de la personne qui sollicite une aide. C'est par exemple, une r&#233;flexion constante vis-&#224;-vis des nouveaux publics accueillis. L'Esat ne devient-il pas &#224; lui seul un espace d'accueil s&#233;curisant permettant &#224; l'usager d'exprimer son identit&#233; ? L'activit&#233; &#171; travail &#187; n'en &#233;tant que secondaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;-Une conception de la relation &lt;/strong&gt; reposant sur une alliance qui prend en compte l'alt&#233;rit&#233;, et aussi l'asym&#233;trie, qui se met avec humilit&#233; &#224; l'&#233;cole de l'autre, loin des fantasmes de toute-puissance de celui suppos&#233; savoir. Dans un atelier la question de l'image professionnelle est explor&#233;e en accueillant des stagiaires. Les ouvriers eux-m&#234;mes expliquent, montrent et commentent l'activit&#233; renfor&#231;ant leur autonomie et confiance en eux. Ils organisent eux-m&#234;mes leurs plannings et leurs activit&#233;s. Depuis, les moniteurs ont appris &#224; laisser faire, et faire confiance.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;strong&gt;Cet accompagnement d&#233;pend du capitaine qui est aux commandes !&lt;/strong&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;-Une constante d'attitude int&#233;rieure personnelle&lt;/strong&gt; qui va s'ajuster selon les situations. La question de la limite de l'accompagnement renvoie aux fonctions de l'Esat. Et si l'&#233;tablissement ouvrait les portes &#224; cet accompagnement pour permettre aux moniteurs de franchir les limites de l'atelier lui-m&#234;me ? Un jour, un moniteur se demande s'il peut amener un ouvrier faire une randonn&#233;e pour interroger les notions de respects et de r&#233;sistance propre au travail. Le travail engag&#233; par les moniteurs d&#233;passe les murs de l'ESAT. N'est-ce pas &#231;a, aussi, un ESAT hors les murs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;-Un accueil global de la personne &lt;/strong&gt; qui ne se confond pas avec des techniques et qui met en avant &#233;coute, confiance, coop&#233;ration, confirmant la personne dans ce qu'elle est. Par exemple, spontan&#233;ment un &#233;change de r&#244;le entre ouvriers et moniteurs a vu le jour dans un atelier &#171; pour voir ce que &#231;a fait d'&#234;tre un moniteur &#187;. Cela montre bien que la personne n'est plus seulement au c&#339;ur de son accompagnement mais elle y participe ; c'est elle qui d&#233;cide, s'autod&#233;termine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, l'accompagnement est une mani&#232;re d'&#234;tre, favorisant la cr&#233;ativit&#233; de chacun et participant avec lui au d&#233;voilement du sens de ce qu'il vit et qu'il recherche en lui permettant de remanier ou d'enrichir son syst&#232;me de valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, &lt;strong&gt;le A de Esat devenant accompagnement prendrai tout son sens &lt;/strong&gt; et pourrait se juxtaposer &#224; cette aide propos&#233;e par les partenaires de l'&#233;tablissement. L'Esat devient un outil dans l'accompagnement.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7697 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L425xH567/esat_la_manade1_bd-98be9.jpg?1705914193' width='425' height='567' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;HR&gt;
&#192; Marseille, l'Esat La Manade accompagne 61 ouvriers. Si une minorit&#233; exprime la volont&#233; d'int&#233;grer le milieu ordinaire, l'&#233;quipe pluridisciplinaire exp&#233;rimente des outils pour r&#233;pondre &#224; ce d&#233;sir tout en pr&#233;servant un espace de travail prot&#233;g&#233;. Reportage du dossier de Lien social n&#176;1224 : &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/1224-Esat-o-Les-dangers-du-tout-inclusif&#034;&gt;Esat &#8226; Les dangers du tout inclusif&lt;/a&gt; &#169;Myriam L&#233;on
&lt;HR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La conception du management en question&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, cet accompagnement ne peut s'entendre que si le management est interrog&#233; de fa&#231;on constructive. Comme un chef d'orchestre qui rend hommage aux musiciens en baissant la baguette, un bon manager doit permettre aux &#233;quipes de jouer leurs partitions en toute confiance. Partageons ce regard pour en comprendre les contours :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;-Une conception d'un mode de management &lt;/strong&gt; qui a permis de r&#233;interroger une dynamique institutionnelle. Cela ne se d&#233;cr&#232;te pas, mais le facteur temps a permis de penser une approche de management par la confiance. Ce style vise &#224; cr&#233;er de solides liens de confiance entre le manager et les collaborateurs (usagers et salari&#233;s). La confiance doit &#234;tre gagn&#233;e r&#233;ciproquement entre le manager et les &#233;quipes. Une fois install&#233;e les personnes osent se confronter, prendre des d&#233;cisions, elles sont impliqu&#233;es favorisant une collaboration autonome et un engagement au travail : la comp&#233;tence manag&#233;riale en est d&#233;centralis&#233;e. Ce style de leadership permet de fixer un cap, de le tenir, d'&#234;tre un vrai booster pour la productivit&#233; et l'efficacit&#233; op&#233;rationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;-Pourquoi mettre en place ce management ? &lt;/strong&gt; Un collaborateur sera bien plus efficace, motiv&#233; et &#233;panoui s'il se sent confiant et encourag&#233; gr&#226;ce au manager qui observe, teste, construit avec. Cela permet d'am&#233;liorer le bien-&#234;tre au travail, diminuer le stress, l'absent&#233;isme agissant aussi sur la satisfaction au travail la motivation, l'engagement, le sentiment de fiert&#233; et d'appartenance, en permettant la cr&#233;ativit&#233; et l'innovation. Cette approche contribue &#224; am&#233;liorer la comp&#233;titivit&#233; de l'entreprise, son agilit&#233;, ainsi que l'engagement et l'&#233;panouissement collectif.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;strong&gt;Un bon manager doit permettre aux &#233;quipes de jouer leurs partitions en toute confiance.&lt;/strong&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;-Comment mettre en place ce management ?&lt;/strong&gt; Le manager n'est pas l&#224; pour d&#233;construire et reconstruire pour lui mais pour que l'organisation pense et &#233;volue avec ce qu'elle est, avec ces ressources et forces. L'apport et le soutien du collectif fait alors force de sens pour gagner la confiance de ses &#233;quipes. Cela n&#233;cessite de prendre le temps de construire sa place. Pour &#234;tre cr&#233;dible, respect&#233; et cr&#233;er une relation de confiance, le manager doit inspirer pour faire partager des valeurs de bienveillance, optimisme, exemplarit&#233;, &#233;quit&#233;, humilit&#233; et faire preuve d'&#233;coute, d'empathie, et d&#233;livrer des feedbacks bienveillants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;-Comment instaurer cette confiance ?&lt;/strong&gt; Le manager passe d'un simple manager de rouage &#224; un facilitateur pour transmettre les valeurs, donner du sens au travail et f&#233;d&#233;rer les &#233;quipes autour d'une vision commune &#224; travers des temps institutionnels vari&#233;s pour favoriser la confiance et l'empathie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;-Faire confiance &#224; ses &#233;quipes &lt;/strong&gt; est un pilier fondamental. Le facilitateur d&#233;l&#232;gue, responsabilise, favorise l'autonomie et r&#233;parti le pouvoir d&#233;cisionnel tout en &#233;tant &#224; l'&#233;coute des suggestions, pour favoriser la prise d'initiatives et permettre le droit &#224; l'erreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bref, ce r&#244;le consiste &#224; permettre l'&#233;mergence et la mise en place de strat&#233;gies de r&#233;ussite pour d&#233;finir et atteindre des objectifs communs. L'autorit&#233; abusive, le contr&#244;le permanent et le micro-management n'ont pas leur place et ne font que g&#233;n&#233;rer m&#233;fiance et suspicion ; n'est-ce pas une forme d'autoritarisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attention toutefois, il ne s'agit pas d'avoir une &#8220;confiance aveugle&#8221; ; il reste indispensable d'instaurer des outils de contr&#244;le et suivi et d'asseoir une autorit&#233;, une l&#233;gitimit&#233;, sans exc&#232;s. Il est important pour que ce type d'accompagnement soit efficace et p&#233;renne de l'int&#233;grer dans des valeurs et de l'inscrire dans une d&#233;marche d'am&#233;lioration continue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1)Cet article a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; &#224; deux t&#234;tes et quatre mains quant &#224; la fois Laurent GRANVAL y occupait le poste de directeur de l'ESAT La Prairie &#224; Pamiers et Muriel TREZEGUET celui de psychologue du travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'avenir du CHRS : le Centre d'Habitat et de Ressources Sociales ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/L-avenir-du-CHRS-le-Centre-d-Habitat-et-de-Ressources-Sociales</link>
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		<dc:date>2024-01-16T09:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>1353</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les centres d'h&#233;bergement se voient imposer des exigences accrues de &#171; r&#233;duire les dur&#233;es de s&#233;jour en acc&#233;l&#233;rant les sorties vers les solutions de logement &#187; (1) depuis le d&#233;ploiement de la politique du Logement d'abord. Face &#224; ce nouveau paradigme, comment les Centres d'H&#233;bergement et de R&#233;insertion Sociale (CHRS) peuvent-ils encore faire la preuve de leur pertinence ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#171; exclus du Logement d'abord &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le cadre de mon enqu&#234;te (2), je me suis int&#233;ress&#233; aux situations de r&#233;sidents qui souhaitent (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Matie%CC%80re-a%CC%80-pense%CC%81es" rel="directory"&gt;Matie&#768;re a&#768; pense&#769;es&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1353-" rel="tag"&gt;1353&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les centres d'h&#233;bergement se voient imposer des exigences accrues de &#171; r&#233;duire les dur&#233;es de s&#233;jour en acc&#233;l&#233;rant les sorties vers les solutions de logement &#187; (1) depuis le d&#233;ploiement de la politique du Logement d'abord. Face &#224; ce nouveau paradigme, comment les Centres d'H&#233;bergement et de R&#233;insertion Sociale (CHRS) peuvent-ils encore faire la preuve de leur pertinence ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#171; exclus du Logement d'abord &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre de mon enqu&#234;te (2), je me suis int&#233;ress&#233; aux situations de r&#233;sidents qui souhaitent se maintenir en CHRS et d&#233;veloppent des strat&#233;gies pour ne pas en partir. &#171; Quand on se sent bien quelque part, on se dit &#8220;Pourquoi on me pousse &#224; &#234;tre pire que je suis ?&#8221; &#187;, m'a dit l'un des enqu&#234;t&#233;s. Cet autre r&#233;sident va plus loin : &#171; Moi, je suis contre le Logement d'abord. Tenir un logement, &#231;a m'angoisserait trop. (&#8230;) J'ai d&#233;j&#224; fait &#231;a dans le pass&#233;, je sais que je suis pas capable. &#187; Ces r&#233;sidents s'approprient alors les lieux et &#171; font comme chez eux &#187;, bien que la norme du provisoire leur soit rappel&#233;e en permanence. D'un statut d'h&#233;berg&#233;s, ils passent &#224; un &#233;tat d'habitants de fait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout en restant tr&#232;s critiques sur l'accueil propos&#233; (toxicit&#233; de collectifs trop importants, b&#226;tis indignes, aspect coercitif des r&#232;glements, pression &#224; la sortie&#8230;), ces r&#233;sidents trouvent n&#233;anmoins en CHRS une satisfaction &#224; leurs besoins prioritaires, qu'ils ne trouveraient pas en logement. Parmi les facteurs les plus couramment relev&#233;s :
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; l'aspect soutenant du collectif, s'il est de petite taille ;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; la pr&#233;sence sur place des accompagnants sociaux ;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; une participation financi&#232;re adapt&#233;e &#224; leurs ressources r&#233;elles, mois par mois.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'enqu&#234;te a mis &#224; jour l'existence de personnes exclues du Logement d'abord, pour deux raisons : des blocages administratifs, emp&#234;chant d'acc&#233;der &#224; des ressources, ou le refus d'un logement par les personnes elles-m&#234;mes. Ces refus sont souvent le r&#233;sultat d'un &#171; d&#233;saccordage du moi &#187; (3) suite &#224; des parcours de vie alternant rue, prison, h&#244;pital, squat, foyer et, parfois, traumatisme d'une expulsion locative, sans relever pour autant d'une pathologie ou d'un handicap de nature m&#233;dicale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que faire, alors, de ces &#171; exclus du Logement d'abord &#187; puisqu'on leur refuse aujourd'hui la p&#233;rennit&#233; en CHRS ? Les r&#233;sidences sociales sont &#233;galement soumises &#224; la norme du provisoire. Les maisons-relais pourraient &#234;tre la solution, mais les crit&#232;res d'admission y sont, l&#224; encore, excluants. Face &#224; ce manque structurel, et pour ces publics particuliers, les CHRS ont un r&#244;le important &#224; jouer&#8230; &#224; condition de les repenser et de prendre au s&#233;rieux cet &#171; habiter &#187; non pr&#233;vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Norme du provisoire et mythe du &#171; tous ins&#233;rables &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi n&#176;&#8239;2007-290 a introduit le droit &#224; la continuit&#233; de l'h&#233;bergement. Malgr&#233; cette p&#233;rennit&#233; garantie par la loi, les r&#233;alit&#233;s de terrain sont toutes autres. &#171; Fluidit&#233; &#187; et &#171; acc&#232;s rapide au logement &#187; sont au coeur des Contrats Pluriannuels d'Objectifs et de Moyens de tous les CHRS. Cette logique de turnover, sous couvert d'objectifs humanistes, fait non seulement la preuve de son inefficience, mais est &#233;galement co&#251;teuse pour la soci&#233;t&#233; sur le long terme, en ramenant de force des personnes dans le milieu ouvert, sans qu'elles en aient les capacit&#233;s suffisantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les travailleurs sociaux ont parfaitement int&#233;rioris&#233; la logique du turnover et exercent une pression incessante &#224; la sortie, comme en t&#233;moigne avec amertume cet ex-h&#233;berg&#233; parti en logement : &#171; D&#233;ception d'avoir accept&#233; cet appart' et la peur de rester encore des mois [au CHRS]. Si j'&#233;tais persuad&#233; que j'avais le choix, que je pouvais prendre mon temps (...), j'aurais peut-&#234;tre dit que &#231;a ne me plaisait pas du tout &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les professionnels de CHRS ont souvent du mal &#224; se situer entre &#171; fonctions relais et fonctions asilaires &#187; (4) et se retrouvent polaris&#233;s sur la question du chez-soi en h&#233;bergement. Le p&#244;le &#171; hospitalit&#233; &#187; tend &#224; simuler un chez-soi par l'am&#233;lioration des b&#226;tis, la mise en place d'activit&#233;s, des r&#232;glements se rapprochant du milieu ouvert, une plus large participation des accueillis etc. Le p&#244;le &#171; coercition &#187; vise, lui, &#224; maintenir un chez-soi impossible : contrats de s&#233;jour &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e, interdits multiples, contr&#244;le des pr&#233;sences, intimit&#233; limit&#233;e, pouvoir de fin de prise en charge etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des r&#233;ponses au dilemme des travailleurs sociaux sont peut-&#234;tre &#224; chercher du c&#244;t&#233; du &#171; travail social palliatif &#187; (5), qui nous presse &#224; sortir de certaines croyances : &#171; Le mythe du &#8220;tout le monde est int&#233;grable&#8221; s'effrite peu &#224; peu. (...) Certaines personnes manquent cruellement de ressources et deviennent durablement d&#233;pendantes des dispositifs d'aide &#187; (6). Plut&#244;t qu'un travail g&#233;n&#233;rateur de capacit&#233;s est propos&#233; un travail social palliatif, au sens m&#233;dical du terme : soulager sans pouvoir gu&#233;rir. Cette approche ne vise ni &#224; l'activation ni &#224; l'encapacitation, mais au maintien et au r&#233;tablissement de la dignit&#233;. Plut&#244;t que d'accompagner la personne vers un objectif d'insertion, l'accompagnant social a pour r&#244;le de l'&#233;loigner d'un danger trop grand. En affirmant la n&#233;cessit&#233; d'un accompagnement &#233;ventuellement sans fin, cette approche remet au centre l'attention port&#233;e au bien-&#234;tre et aux besoins des personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le prisme de l'habitat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour certains publics et &#224; la marge, (&#8230;) permettre aux personnes un habitat plus durable &#187; pr&#233;conise la F&#233;d&#233;ration des Acteurs de la Solidarit&#233; (7). J'irai m&#234;me plus loin : le CHRS doit devenir un habitat &#224; part enti&#232;re en offrant la possibilit&#233; d'un chez-soi p&#233;renne. P&#233;rennit&#233; ne signifie pas forc&#233;ment &#171; pour toujours &#187;, en fonction des besoins et envies des personnes. Il s'agirait surtout de laisser le temps n&#233;cessaire, sans pression, pour reconstruire un &#171; vouloir agir &#187;, avant un &#233;ventuel &#171; pouvoir d'agir &#187;... mais aussi de garantir, si besoin, une protection &#224; vie aux plus en difficult&#233;, en reconnaissant leur d&#233;pendance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Raisonner en termes d'habitat invite &#224; imaginer une &#171; Couverture Habitat Universelle &#187; (8) ou &#171; un droit &#224; habiter, qui d&#233;passerait la distinction entre h&#233;bergement et logement [qui] deviendraient alors des supports, parmi d'autres &#224; inventer, de ce droit fondamental qui consiste &#224; pouvoir habiter dans des conditions d&#233;centes &#187; (9). La diff&#233;rence se ferait alors plut&#244;t entre habitat individuel ou collectif, ce qui ne serait pas incompatible avec la philosophie du Logement d'abord, avec un &#171; Logement d'abord regroup&#233; &#187; qui reste &#224; inventer.&lt;br class='autobr' /&gt;
En devenant des Centres d'Habitat p&#233;rennes, les CHRS seraient, de fait, des lieux d'insertion sociale, ce qui ne serait donc plus un objectif &#224; atteindre. Pour revisiter le sigle en vigueur, je rajoute la notion de &#171; Ressources Sociales &#187;, afin de d&#233;corr&#233;ler le toit de l'accompagnement social. Celui-ci ne doit plus &#234;tre une condition pour acc&#233;der &#224; l'habitat, mais une ressource pour permettre aux personnes de concr&#233;tiser leurs projets de vie, quels qu'ils soient. Ainsi, les travailleurs sociaux deviendraient personnes ressources &#224; disposition des habitants, au m&#234;me titre que le b&#226;ti, le collectif de pairs ou encore les activit&#233;s de m&#233;diation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Utopie ? Ce mod&#232;le existe d&#233;j&#224; dans d'autres pays. Ainsi, le centre d'h&#233;bergement Alppikatu (10), &#224; Helsinki, a &#233;t&#233; transform&#233; en un centre d'habitat collectif avec pr&#233;sence sur place de travailleurs sociaux 24h/24. Les habitants y ont le statut de locataires avec tous les droits qui y sont reli&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
P&#233;rennit&#233; des places, abandon de la pression &#224; la sortie, valorisation du mod&#232;le de l'habitat, acceptation de la d&#233;pendance&#8230; Voil&#224; quelques pistes pour imaginer le CHRS version &#171; Centre d'Habitat et de Ressources Sociales &#187;, afin de le rendre plus efficient, digne et bientraitant.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) Minist&#232;re de la coh&#233;sion des territoires (2018). Plan quinquennal pour le logement d'abord et la lutte contre le sans-abrisme (2018-2022).
(2) Sadin-Cesbron C. (2023). Habiter en CHRS. Faire comme chez soi quand on n'a pas de chez soi. &#201;r&#232;s.
(3) Laval C. (2009). Des psychologues sur le front de l'insertion. &#201;r&#232;s.
(4) Vidal-Naquet P. (2005). Le paradoxe de l'urgence sociale. Revue Projet (n&#176;184), p.10-17.
(5) Soulet M.H. (2007). La reconnaissance du travail social palliatif. D&#233;pendances (n&#176;33), p. 14-18.
(6) Zwick M. (2009). Les exclus de l'insertion. Reiso. [En ligne], consult&#233; sur &lt;a href=&#034;https://www.reiso.org/document/326&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.reiso.org/document/326&lt;/a&gt;
(7) F&#233;d&#233;ration des Acteurs de la Solidarit&#233; Auvergne Rh&#244;ne-Alpes (2023). CHRS et logement d'abord.
(8) Gardella E. (2023). La solidarit&#233; individualiste. L'assistance moderne aux sans-abris et ses pathologies. Economica.
(9) Gardella E., Arnaud A. (2018). Le sans-abrisme comme &#233;preuves d'habiter. Caract&#233;riser statistiquement et expliquer qualitativement le non-recours aux h&#233;bergements sociaux. Observatoire du Samusocial de Paris &amp; Observatoire National de la Pauvret&#233; et de l'Exclusion Sociale.
(10) &lt;a href=&#034;https://www.pelastusarmeija.fi/the-salvation-army/housing-first&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.pelastusarmeija.fi/the-salvation-army/housing-first&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Br&#251;leur de fronti&#232;res. Le praticien-chercheur au-del&#224; des &#233;vidences</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Bruleur-de-frontieres-Le-praticien-chercheur-au-dela-des-evidences</link>
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		<dc:date>2024-01-02T09:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>1352</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Par Mauro Almeida Cabral, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; et anthropologue &lt;br class='autobr' /&gt;
Le travail de l'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; semble vaciller sous le coup des injonctions technicistes et administratives. Dans ce cadre, de quelles mani&#232;res maintenir sa capacit&#233; d'&#233;tonnement et d'indignation face &#224; des pratiques d&#233;shumanisantes ? La complexit&#233; du m&#233;tier d'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; n'est plus &#224; d&#233;montrer et une litt&#233;rature abondante en t&#233;moigne. Par exemple, la clinique de la quotidiennet&#233; d&#233;crite par Joseph Rouzel (2014) illustre en quoi (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Matie%CC%80re-a%CC%80-pense%CC%81es" rel="directory"&gt;Matie&#768;re a&#768; pense&#769;es&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Recherche" rel="tag"&gt;Recherche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Pratique-professionnelle" rel="tag"&gt;Pratique professionnelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/1352-1721" rel="tag"&gt;1352&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Mauro Almeida Cabral, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; et anthropologue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail de l'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; semble vaciller sous le coup des injonctions technicistes et administratives. Dans ce cadre, de quelles mani&#232;res maintenir sa capacit&#233; d'&#233;tonnement et d'indignation face &#224; des pratiques d&#233;shumanisantes ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La complexit&#233; du m&#233;tier d'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; n'est plus &#224; d&#233;montrer et une litt&#233;rature abondante en t&#233;moigne. Par exemple, la clinique de la quotidiennet&#233; d&#233;crite par Joseph Rouzel (2014) illustre en quoi l'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; peut devenir &#171; un r&#233;v&#233;lateur de la sociopathologie de la vie quotidienne &#187; (Capul et Lemay, 1996) en affrontant constamment l'incertitude sur son terrain d'intervention. Pour Jean Brichaux (2008), &#171; l'&#233;ducateur doit d&#233;velopper sa capacit&#233; de r&#233;agir opportun&#233;ment devant une situation inattendue &#187;, ce qui requiert non seulement une grande capacit&#233; d'adaptation, mais laisse &#233;galement entrevoir qu'il s'agit d'un m&#233;tier ax&#233; sur l'humain qui ne saurait &#234;tre enferm&#233; dans une technicit&#233; (Fustier, 2009), bas&#233;e sur des algorithmes et d'autres formes de standardisations de la pratique professionnelle (Mintzberg, 1990).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La relation &#233;ducative : un leurre institutionnel ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette complexit&#233; se heurte toutefois &#224; un imaginaire politique et institutionnel qui a la f&#226;cheuse tendance &#224; sous-estimer les comp&#233;tences &lt;span class='spip_document_7652 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L350xH347/capture_d_e_cran_2023-12-19_a_09.53.47-ebf19.png?1704186183' width='350' height='347' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; de ceux qui sont pourtant &#171; dans une science de la relation &#233;tay&#233;e par le quotidien &#187; (Capul et Lemay, ibid.) depuis des d&#233;cennies. Entre les contrats pr&#233;caires et la difficile reconnaissance de leur sp&#233;cificit&#233; parmi la panoplie d'intervenants psychosociaux, beaucoup d'&#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s peinent &#224; se faire comprendre. Je souhaite bri&#232;vement aborder en quoi la posture de praticien-chercheur permet d'aller au-del&#224; des &#233;vidences &#224; travers une lecture alternative des ph&#233;nom&#232;nes sociaux et culturels, tout en mentionnant les risques &#233;ventuels qu'elle comporte.&lt;br class='autobr' /&gt;
La relation &#233;ducative comme paradigme premier est devenue une flamme vacillante qui &#233;touffe lentement sous le poids de ces imaginaires et d'une majorit&#233; de r&#232;glements d'ordre int&#233;rieur : &#171; dans les institutions, travailler &#224; l'&#233;panouissement des personnes devient une pr&#233;occupation secondaire, voire suspecte &#187;, rappelle Philippe Gaberan (2003). Ainsi, elle est r&#233;guli&#232;rement mise &#224; mal, parfois m&#234;me remise en question, alors qu'elle permet pourtant &#224; l'Autre de passer &#171; du vivre &#224; l'exister &#187; (ibid.). Par cons&#233;quent, face au micro management grandissant au sein de nombreuses institutions, la place pour la singularit&#233; s'estompe dangereusement et une logique de &#171; dossiers &#224; traiter &#187; s'installe progressivement (Depenne, 2017), avec son lot de mise &#224; distance, d'unification des pratiques et de r&#233;ification. Ainsi, au-del&#224; des risques psychosociaux encourus &#8211; fatigue de compassion, traumatismes vicariants et burn-out notamment &#8211;, beaucoup d'&#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s sont aux prises avec des organisations sociales qui semblent avoir oubli&#233; le pourquoi de leur existence premi&#232;re : l'Autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; des contraintes structurelles qui limitent fortement leurs marges de man&#339;uvre, peu d'&#233;ducateurs osent alors s'aventurer hors du cadre institu&#233;, aussi maltraitant soit-il parfois, craignant une temp&#234;te d'incompr&#233;hension de la part d'&#233;quipes socio&#233;ducatives pour lesquelles les r&#232;gles sont devenues quasi intouchables et/ou une avalanche de critiques provenant de sup&#233;rieurs hi&#233;rarchiques qui ne jurent qu'&#224; travers les proc&#233;dures internes &#233;tablies. D'ailleurs, David Graeber (2016) d&#233;nonce les ravages bureaucratiques en rappelant qu'&#171; aucune population dans l'histoire du monde n'a consacr&#233; autant de temps &#224; la paperasse &#187;. Avec une &#233;p&#233;e de Damocl&#232;s au-dessus de la t&#234;te, il est difficile de proposer des pratiques instituantes &#8211; et non institu&#233;es &#8211; qui font sauter le cadre et qui ont le m&#233;rite de tenter de rencontrer l'Autre dans sa singularit&#233;. L'accompagnement psycho&#233;ducatif avec ses enjeux d'&#233;mancipation et d'acceptation inconditionnelle de la personne (Rogers, 2005) est souvent vulgairement r&#233;duit &#224; la notion ali&#233;nante de suivi qui, d'apr&#232;s Maela Paul (2004), maintient la personne dans une logique de subordination. En quoi la posture de praticien-chercheur peut-elle &#234;tre un support pour maintenir sa capacit&#233; d'&#233;tonnement et d'indignation face &#224; des pratiques d&#233;shumanisantes ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les ressources de la transdisciplinarit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette posture, dont la pr&#233;occupation majeure est la rencontre de l'alt&#233;rit&#233; parfois radicale, a l'ambition de mieux consid&#233;rer les angles morts du quotidien &#224; travers un aller-retour constant entre la pratique et la recherche acad&#233;mique. Depuis quelques ann&#233;es, l'anthropologie m'aide &#224; comprendre autrement la complexit&#233; de mon terrain en le d&#233;construisant avec des r&#233;flexions ethnologiques et &#224; mieux me positionner sur l'&#233;chiquier organisationnel dans lequel j'interviens. La pratique de l'ethnographie, qui requiert une observation rigoureuse et une &#171; description dense &#187; (Geertz, 1998), m'ouvre les portes d'&#171; une exp&#233;rience du voir qui tente d'&#233;tablir un savoir &#187; (Laplantine, 2005). Ceci participe alors &#224; la &#171; fabrication d'un &#339;il nu &#187; (Nicolas, 2009) qui renforce le processus r&#233;flexif sur ma propre pratique &#224; travers un regard nouveau sur ma r&#233;alit&#233; d'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; et d'&#233;ducateur de rue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis donc d'avis que le m&#233;tissage des pratiques professionnelles permet de sortir des sentiers battus et de s'initier &#224; des savoirs diff&#233;rents &#224; travers des grilles d'analyse hybrides, prospectives et en constante &#233;volution. D&#232;s lors, adopter une telle posture vient importuner la repr&#233;sentation honteuse du &#171; simple &#187; &#233;ducateur et de l'&#233;ducateur &#171; simpliste &#187; aux yeux de beaucoup de corps de m&#233;tiers, d'employeurs et de bailleurs de fonds inclus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le praticien-chercheur et les rapports de forces&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette posture interroge &#233;videmment les lieux du pouvoir. La question du bouc &#233;missaire peut alors rapidement surgir en d&#233;signant le praticien-chercheur comme l'&#233;l&#233;ment perturbateur du syst&#232;me, alors m&#234;me qu'il donne &#224; voir les dysfonctionnements structurels et organisationnels afin d'en proposer une lecture analytique. En m&#234;me temps, il d&#233;range fortement l'imaginaire de certains puristes et il peut rencontrer des difficult&#233;s &#224; trouver sa place : ni vraiment praticien puisque chercheur, ni vraiment chercheur puisque praticien, il devient alors &#171; dangereux &#187; et &#171; impur &#187; d'apr&#232;s Mary Douglas (2001) vu qu'il ne peut &#234;tre clairement cat&#233;goris&#233;. Les directions peu &#233;thiques chercheront alors potentiellement &#224; s'en d&#233;barrasser dans une logique de purification institutionnelle. Quel sens donner alors &#224; une telle posture o&#249; le praticien-chercheur risque de subir dans son corps les violences qu'il d&#233;nonce ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; tous les d&#233;fis sous-jacents, remettre la focale sur la relation &#233;ducative et son horizontalit&#233; permet une plus juste pr&#233;sence professionnelle. &#202;tre impliqu&#233; sur son terrain et oser prendre la parole en public, ou encore embrasser le d&#233;fi d'&#233;crire sur et pour le social peut susciter de profondes inqui&#233;tudes chez certains employeurs. Mais n'est-ce pas l&#224; une mani&#232;re &#233;thique de rendre compte des &#171; paroles pr&#233;cieuses &#187; (M&#233;traux, 2007) auxquelles nous avons acc&#232;s et de tenter, en toute humilit&#233; et dans une perspective de co-construction, de rendre visible l'invisibilit&#233; v&#233;cue par les personnes qui nous font le don de leur monde subjectif au quotidien ? &#171; Nous sommes des emp&#234;cheurs de tourner en rond &#187;, rappelle Michael Singleton, et nous en payons parfois le prix fort dans &#171; nos &#187; organisations respectives. Injecter de la complexit&#233; dans le fleuve tranquille des certitudes a un co&#251;t. Devons-nous alors rappeler que nous rencontrons des &#234;tres humains singuliers en qu&#234;te de compr&#233;hension, et non des probl&#233;matiques &#224; r&#233;gler, et donc, &#224; &#233;liminer ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Je souhaite clore cette br&#232;ve r&#233;flexion en rendant un profond hommage &#224; feu Thierry Toussaint, &#233;ducateur et formateur d'une humanit&#233; et humilit&#233; hors pair. &#192; travers sa fameuse question &#171; au nom de quoi ? &#187;, il a marqu&#233; toute une s&#233;rie d'&#233;ducateurs en les encourageant &#224; adopter une posture de praticien-chercheur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Du management dans le travail social &#8226; Gouvernances et dynamiques</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Du-management-dans-le-travail-social-o-Gouvernances-et-dynamiques</link>
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		<dc:date>2023-11-22T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>analyse de pratiques</dc:subject>
		<dc:subject>violence institutionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>psychoth&#233;rapie institutionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>1350</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Par Marc Jablonski, , psychologue clinicien, co-dirigeant d'association &lt;br class='autobr' /&gt;
Le travail &#233;ducatif et social est en tension : turnover des &#233;quipes, difficult&#233;s de recrutement et recours croissant &#224; des int&#233;rimaires entravent les prises en charge. Des proc&#233;dures de contr&#244;le et des protocoles d'actions, guid&#233;s par des guides de &#171; bonnes pratiques &#187;, se concentrent sur des indicateurs de performance, parfois au d&#233;triment des pr&#233;occupations &#233;thiques des professionnel(le)s. Il est crucial de comprendre comment les (...)&lt;/p&gt;


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/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/analyse-de-pratiques" rel="tag"&gt;analyse de pratiques&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.lien-social.com/psychoterapie-institutionnelle" rel="tag"&gt;psychoth&#233;rapie institutionnelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1350-" rel="tag"&gt;1350&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Marc Jablonski, , psychologue clinicien, co-dirigeant d'association&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail &#233;ducatif et social est en tension : turnover des &#233;quipes, difficult&#233;s de recrutement et recours croissant &#224; des int&#233;rimaires entravent les prises en charge. Des proc&#233;dures de contr&#244;le et des protocoles d'actions, guid&#233;s par des guides de &#171; bonnes pratiques &#187;, se concentrent sur des indicateurs de performance, parfois au d&#233;triment des pr&#233;occupations &#233;thiques des professionnel(le)s. Il est crucial de comprendre comment les dynamiques institutionnelles et les pratiques de management contribuent &#224; l'&#233;mergence de violences manag&#233;riales &#171; ordinaires &#187;, nuisant in fine aux usagers de nos services. Cette lecture est tir&#233;e d'exp&#233;riences en protection de l'enfance dans des associations girondines d'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e et pr&#233;vention sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Politiques sociales et vis&#233;es normatives&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span class='spip_document_7542 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L400xH418/capture_d_e_cran_2023-11-20_a_11.25.30-4b457.png?1700694060' width='400' height='418' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Les &#233;tablissements socio-&#233;ducatifs ont &#233;volu&#233;, sous l'impulsion de l'&#201;tat, en introduisant des outils de gestion &#224; vis&#233;e performative. En passant d'une logique de moyens &#224; une de r&#233;sultats, il s'est dessin&#233; une focalisation sur la performance. Ceci soul&#232;ve des interrogations quant &#224; sa compatibilit&#233; avec les valeurs guidant le travail social. Les professionnel(le)s du secteur se retrouvent confront&#233;(e)s &#224; des exigences de performance en conflit avec ces valeurs essentielles (Saboune &amp; Goujon-Belghit, 2018) lorsque l'on travaille pour/avec des personnes &#171; vuln&#233;rables &#187; dans ce qui leur &#233;chappe. L'impact de ces choix politiques et orientations institutionnelles est ind&#233;niable. L'obsession de la performance peut conduire &#224; une d&#233;shumanisation des pratiques et engendrer un sentiment de perte de sens (Saboune &amp; Goujon-Belghit, 2018). Les recherches de Vander Borght (2003) soulignent les effets d&#233;l&#233;t&#232;res des politiques sociales centr&#233;es sur ces enjeux : violences institutionnelles et mal-&#234;tre des professionnel(le)s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Structures et dynamiques institutionnelles en p&#233;ril&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E. jaques (1976) distingue les organisations ad&#233;quates et paranog&#232;nes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les organisations ad&#233;quates ont une structure administrative saine o&#249; autorit&#233; et responsabilit&#233; sont partag&#233;es, favorisant la confiance et le travail collaboratif. Vander Borght (2003) d&#233;cline ces institutions comme &#171; normalement ou anormalement n&#233;vros&#233;es &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Les premi&#232;res ont un cadre suffisamment contenant pour surmonter les d&#233;fis propres &#224; leur fonctionnement ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Les secondes sont marqu&#233;es par une conscience des troubles, sans pouvoir s'en lib&#233;rer, avec une r&#233;currence des difficult&#233;s, des attitudes d'&#233;vitement, des plaintes incessantes, la constitution de clans et d'alliances &#171; ill&#233;gitimes &#187; (Caplow, 1984).&lt;br class='autobr' /&gt;
Les organisations paranog&#232;nes sont marqu&#233;es par un manque de confiance mutuelle. Les relations sont domin&#233;es par des enjeux de pouvoir et des rivalit&#233;s internes, pouvant engendrer des violences et troubler les interactions entre les professionnel(le)s (Jaques, 1976). La th&#233;orie du syst&#232;me ouvert des organisations (Rice 1963 ; Miller et RIice 1967) lit ces r&#233;actions parano&#239;des comme des sympt&#244;mes du dysfonctionnement (Kernberg 2021), par manque de structure administrative saine (DRH, DG, Etc.).&lt;br class='autobr' /&gt;
Les dirigeants, parfois form&#233;s &#224; &#234;tre &#171; un peu parano&#239;aques &#187; au dire d'une directrice d'un service de MJIE, peuvent contribuer &#224; ce climat. Ces institutions deviennent &#171; psychotisantes &#187;, avec exclusion et victimisation qui sont attendues comme craintes, et reposent sur l'emprise de sch&#233;mas psycho familiaux r&#233;els ou imaginaires (Vander Borght 2003). Exemple : une coll&#232;gue jug&#233;e par certains membres d'une &#233;quipe sur sa m&#226;choire &#171; trop carr&#233;e &#187;, cong&#233;di&#233;e par la direction dans le plus grand des silences, celui habituel lorsqu'un bouc &#233;missaire est ex&#233;cut&#233; et que l'on sait qu'un autre viendra.&lt;br class='autobr' /&gt;
Analyser les structures et dynamiques institutionnelles signifie comprendre comment chacun s'accorde aux enjeux pour former un groupe op&#233;rant. Un des noyaux de ces institutions, sont les directions qui ne font pas l'&#233;conomie d'une contamination d'enjeux performatifs sur leurs approches manag&#233;riales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une &#232;re manag&#233;rialiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines pratiques manag&#233;riales font les violences ordinaires et affectent la qualit&#233; de vie au travail. Des &#233;tudes ont montr&#233; l'impact n&#233;gatif des mod&#232;les de gestion ax&#233;s sur la performance, la rentabilit&#233; financi&#232;re et l'optimisation des co&#251;ts (Saboune et Goujon-Belghit, 2018), remettant en question les valeurs fondamentales du travail social comme la solidarit&#233;, l'&#233;quit&#233; et la tol&#233;rance (Saboune, 2022), &#233;galement &#224; l'endroit de ces acteurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces valeurs revendiqu&#233;es, telles que &#171; humanisme, respect de la personne, dignit&#233;... &#187;, renvoyant symboliquement aux fondateurs, assises de l'identit&#233; institutionnelle, peuvent s'estomper ou devenir superficielles face &#224; l'oppression de la performance d&#233;shumanisante et d&#233;subjectivante. Pris dans ces exigences, les cadres de direction, aliment&#233;s aussi par leurs propres structures internes, peuvent s'en trouver influenc&#233;s dans leur management. Exemple d'un cadre de direction &#224; un professionnel : &#171; si tu ne te sens pas bien tu peux toujours d&#233;missionner &#187;. Il est ici not&#233; une volont&#233; de ne pas entendre pour &#233;viter. Une telle approche peut contaminer un groupe comme pacte d&#233;n&#233;gatif : tous s'entendraient inconsciemment pour &#233;viter de reconnaitre et affronter les probl&#232;mes, favorisant ainsi leurs r&#233;p&#233;titions (Kaes, 2019).&lt;br class='autobr' /&gt;
Certaines directions adoptent donc des comportements pathog&#232;nes, violences ordinaires, d&#233;sengageant les professionnel(le)s et cr&#233;ant un climat de souffrance au travail : d&#233;valorisation des comp&#233;tences et contributions, contraintes excessives, manque de reconnaissance ou de soutien dans la r&#233;solution des probl&#232;mes, surcharge de travail (Saboune, 2022). Ce management peut r&#233;sulter des pressions de performances sur les directions et manageurs (Saboune et Goujon-Belghit, 2018).&lt;br class='autobr' /&gt;
Il se dessinerait aujourd'hui une &#232;re manag&#233;rialiste privil&#233;giant l'&#233;quilibre des budgets et la standardisation des financements (Auboin et al., 2012) et conduisant &#224; une standardisation des pratiques au d&#233;triment des valeurs humaines et animantes du travail social.&lt;br class='autobr' /&gt;
Outre leurs capacit&#233;s de gestions, ce sont le d&#233;ploiement de capacit&#233;s cognitives (raisonnement analytique), de comp&#233;tences sociales (communication) (Saboune, 2022) et de ressources psychologiques (optimisme, empathie&#8230;) des manageurs (Baron et al., 2013 ; Peterson et al., 2011) qui pourraient pr&#233;venir individuellement de cet exercice de la violence manag&#233;riale ordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des outils pyromanes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail &#233;ducatif, social et sanitaire est en crise &#224; tous les &#233;tages. Les orientations et directives donn&#233;es au centre op&#233;rationnel sont parfois paradoxales et d&#233;connect&#233;es des r&#233;alit&#233;s v&#233;cues par les professionnel(le)s. Les directions sont souvent engag&#233;es dans des t&#226;ches op&#233;ratoires, n&#233;gligeant l'importance d'un management de qualit&#233;. Les conseils d'administration souffrent de points aveugles concernant le mal-&#234;tre concret des professionnel(le)s du secteur, parfois aliment&#233;s par les directions susmentionn&#233;es. Les politiques sociales exigent toujours plus avec des ressources insuffisantes aux besoins.&lt;br class='autobr' /&gt;
Gouvernance, communication, exercice du pouvoir et discordances peuvent agir comme des outils pyromanes, contaminant l'ensemble du syst&#232;me, y compris les usagers. Les professionnel(le)s peuvent se sentir limit&#233;(e)s dans leur existence professionnelle, d&#233;saccord&#233;(e)s avec leurs comp&#233;tences, besoins et valeurs. Certain(e)s se r&#233;orientent avec succ&#232;s, tandis que d'autres s'&#233;puisent, luttent ou disparaissent sous l'effet entre autres des violences manag&#233;riales ordinaires ass&#233;n&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De la num&#233;risation de l'accompagnement (2&#232;me partie)</title>
		<link>https://www.lien-social.com/De-la-numerisation-de-l-accompagnement-2eme-partie</link>
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		<dc:date>2023-11-08T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Organisation</dc:subject>
		<dc:subject>Perte de sens</dc:subject>
		<dc:subject>burn out</dc:subject>
		<dc:subject>1349</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans cette deuxi&#232;me partie, nous sommes invit&#233;s &#224; poursuivre cette r&#233;flexion autour de la place du num&#233;rique dans le travail social. De ses usages et de ses effets. &lt;br class='autobr' /&gt; Le service social de l'Assurance Maladie s'inscrit plut&#244;t dans une structure organisationnelle de type technocratique (1), dirig&#233;e de fa&#231;on bureaucratique (2). Pour les managers de proximit&#233;, GAIA et GRC (3) sont des instruments d'observation, de suivi et de r&#233;gulation de l'activit&#233; des services. Dans une vis&#233;e d'adoption (4) de ces (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Matie%CC%80re-a%CC%80-pense%CC%81es" rel="directory"&gt;Matie&#768;re a&#768; pense&#769;es&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Organisation" rel="tag"&gt;Organisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Perte-de-sens" rel="tag"&gt;Perte de sens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/burn-out" rel="tag"&gt;burn out&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1349-" rel="tag"&gt;1349&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans cette deuxi&#232;me partie, nous sommes invit&#233;s &#224; poursuivre cette r&#233;flexion autour de la place du num&#233;rique dans le travail social. De ses usages et de ses effets.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_7505 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L451xH454/capture_d_e_cran_2023-11-06_a_11.04.59-fb70d.png?1699484465' width='451' height='454' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Le service social de l'Assurance Maladie s'inscrit plut&#244;t dans une structure organisationnelle de type technocratique (1), dirig&#233;e de fa&#231;on bureaucratique (2). Pour les managers de proximit&#233;, GAIA et GRC (3) sont des instruments d'observation, de suivi et de r&#233;gulation de l'activit&#233; des services. Dans une vis&#233;e d'adoption (4) de ces outils, ils s'investissent pour favoriser une acceptabilit&#233; sociale et pratique. Des groupes de travail, des informations r&#233;guli&#232;res et des supervisions sont des moyens de promouvoir, convaincre et favoriser l'appropriation d'un usage attendu des logiciels.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les managers de proximit&#233; ont une fonction d'encadrement technique d'&#233;quipes et de r&#233;gulation de l'activit&#233;. Ils sont notamment attendus et &#233;valu&#233;s sur le d&#233;ploiement d'une supervision efficace. Pour l'Institution, cette supervision s'effectue sur les &#233;l&#233;ments issus de GAIA. Ces temps d'entretiens participent &#224; la v&#233;rification de l'organisation individuelle de l'activit&#233; et de la pratique informatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Organisation individuelle de l'activit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les donn&#233;es visibles dans l'outil informatique sont la plupart du temps abord&#233;es comme une retranscription fid&#232;le du r&#233;el de la pratique des assistants sociaux. L'&#233;valuation des &#171; bonnes &#187; ou &#171; mauvaises &#187; pratiques s'&#233;tablit sur la qualit&#233; attendue de la saisie des dossiers sociaux. Des encouragements, conseils ou injonctions jalonneront l'entretien individuel de supervision.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les conditions de la reconnaissance d'un travail de qualit&#233; sont ici bouscul&#233;es puisqu'elles se fondent sur une activit&#233; amput&#233;e dont une partie, est pass&#233;e sous silence. L'&#233;crit professionnel qui occupe une place essentielle dans la formation des assistants sociaux est &#224; pr&#233;sent sculpt&#233; par une architecture logicielle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les logiciels ne permettent pas de distinguer la r&#233;alit&#233; du degr&#233; de complexit&#233; des situations et la quantit&#233; des d&#233;marches qu'elles n&#233;cessiteront. Pourtant, le nombre de situations en cours et l'agenda digitalis&#233; sont pris comme r&#233;f&#233;rence pour &#233;valuer la r&#233;partition de la charge de travail. Ces questions autour de la rationalisation de la r&#233;partition du travail sont fr&#233;quemment &#224; l'origine de plaintes ou de tensions interpersonnelles concernant ce sujet devenu sensible.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cadres ou professionnels de terrain sont mis face &#224; des questionnements sur leurs propres valeurs de m&#233;tier. De leurs r&#233;alit&#233;s distinctes, des incompr&#233;hensions de langage et d'objectifs viennent fragiliser le sens qu'ils souhaitent allouer &#224; leurs activit&#233;s. Ce d&#233;calage croissant des crit&#232;res de qualit&#233; du travail constitue un facteur d'&#233;tiolement du &#171; sentiment &#187; d'&#234;tre reconnu dans ses comp&#233;tences &#171; m&#233;tier &#187;. Signaux de souffrances tacites, la d&#233;fiance, le rejet ou encore la rationalisation peuvent s'&#233;riger en strat&#233;gies de d&#233;fense (5) contre l'&#233;mergence de conflits intrapsychiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Collectifs &#224; l'&#233;preuve du num&#233;rique&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce service social, historiquement et culturellement, des temps collectifs et individuels de r&#233;flexion sur le travail r&#233;el. L'intensification des t&#226;ches connexes pour r&#233;pondre aux exigences de saisie et d'atteinte des objectifs a cependant engag&#233; un glissement significatif du contenu de ces temps. Auparavant d&#233;di&#233;s aux &#233;changes de pratiques sur l'activit&#233; d'accompagnement ou l'organisation du travail, ils deviennent le lieu des rappels de proc&#233;dures, d'&#233;vocations d'incompr&#233;hensions ou de dysfonctionnements dans l'usage des logiciels informatiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;changes relevant d'une forme implicite d'entraide autour des situations de travail se d&#233;ploient autour de la machine &#224; caf&#233; ou de l'imprimante, dans un coin de couloir, entre deux coups de fil pass&#233; par le coll&#232;gue qui partage le bureau, ou encore, par une porte entreb&#226;ill&#233;e. Certes, ces &#233;changes informels contribuent &#224; maintenir le collectif actif, mais pour autant, cela ne signifie pas n&#233;cessairement qu'il soit &#171; vivant &#187;. Comme l'explique Yves CLOT (6), des espaces s&#233;curis&#233;s et d&#233;di&#233;s au dialogue, voire &#224; la controverse professionnelle sont source de d&#233;veloppement du pouvoir d'agir pour les collectifs et l'individu.&lt;br class='autobr' /&gt;
La vigilance quant &#224; la pr&#233;servation de la quantit&#233; et de la qualit&#233; de ces collectifs &#171; vivants &#187; rel&#232;ve en partie, d'une ambition institutionnelle, organisationnelle et manag&#233;riale. Les managers ont d'ailleurs pour la plupart cette conviction des effets b&#233;n&#233;fiques apport&#233;s par ces temps partag&#233;s. Toutefois, les tableaux de bord et rendus-compte participent &#224; entretenir une pens&#233;e construite sur un discours institutionnel portant sur le risque de voir dispara&#238;tre des postes si les chiffres ne justifient pas d'une activit&#233; performante, avec &#171; retour sur investissement &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La rh&#233;torique gestionnaire constitue la lie d'une ins&#233;curit&#233; du travail. Elle mobilise les efforts des managers dans une &#171; lutte &#187; engag&#233;e contre l'hypoth&#232;se d'une disparition annonc&#233;e. Le service social s'impose-t-il alors une quantophr&#233;nie (7) devenue indispensable &#224; sa survie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ni bon ni mauvais ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La num&#233;risation de l'accompagnement social pr&#233;sente des int&#233;r&#234;ts ind&#233;niables sur le plan organisationnel et de gestion de l'activit&#233;. Toutefois, les transformations digitales et les usages des NTIC (8) ne sont pas neutres. Le d&#233;veloppement de nos comportements face au num&#233;rique constitue un enjeu de sant&#233; au travail, mais &#233;galement de sant&#233; publique. Le temps d'aller au-del&#224; de r&#233;flexions se limitant &#224; l'utilisation ergonomique des outils num&#233;riques professionnels est venu. En effet, le risque pour la sant&#233; des travailleurs r&#233;side en partie dans les usages pratiques que l'on accorde ou non &#224; cet &#171; avatar &#187; du r&#233;el qu'ils permettent de livrer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Roland Gori le d&#233;crit bien &#171; En perdant la valeur propre au langage, &#224; la parole et au r&#233;cit, c'est le monde que nous perdons, le monde que nous avons en commun, et auquel nous substituons un monde virtuel &#187; (9).&lt;br class='autobr' /&gt;
La digitalisation peut autant se trouver au service de l'activit&#233; qu'&#224; l'inverse, produire des effets d&#233;l&#233;t&#232;res sur celle-ci.&lt;br class='autobr' /&gt;
En milieu professionnel, il s'agit de permettre l'octroi d'espaces de dialogue et d'&#233;laboration d'une clinique des usages &#171; m&#233;tiers &#187; et de leurs impacts. Ressorts de sens et de sant&#233; au travail, soutenir le pouvoir d'agir des professionnels face au num&#233;rique est probablement l'une des pistes &#224; explorer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) Elle vise &#224; conjuguer un pouvoir fort qui fait appel &#224; une Direction l&#233;gitim&#233;e par son degr&#233; d'expertise et ses connaissances en science de gestion, une gestion rationnelle du travail.
(2) Dans ce type de structure, les rapports humains sont r&#233;glement&#233;s et formalis&#233;s. Le pouvoir est rationnel et l&#233;gitim&#233; par l'ordre l&#233;gal que conf&#232;re le rang hi&#233;rarchique.
(3) Logiciels informatiques de suivis des dossiers.
(4) L'id&#233;e sous-tendue derri&#232;re cette notion d'adoption rejoint l'approche symbiotique expos&#233;e par Marc-Eric Bobillier-Chaumon. L'id&#233;al de l'atteinte d'une symbiose &#171; humain-technologie-contexte &#187; se traduit notamment par l'invitation &#224; une saisie directe pendant les visites &#224; domicile et les entretiens aupr&#232;s des assur&#233;s.
(5) En psychodynamique du travail de Christophe DEJOURS, la rationalisation est consid&#233;r&#233;e comme un m&#233;canisme de d&#233;fense. C'est un processus par lequel l'individu cherche &#224; donner une explication logique et morale &#224; ce qu'il fait.
(6) Yves CLOT est Professeur en psychologie du travail au CNAM et chaire de psychologie. Il est &#224; l'origine du d&#233;veloppement de la clinique de l'activit&#233;.
(7) En r&#233;f&#233;rence au terme utilis&#233; par le sociologue Vincent DE GAULEJAC dans son ouvrage &#171; la soci&#233;t&#233; malade de la gestion &#187;, &#233;dition seuil, 2 005.
(8) Nouvelles Technologies d'Information et de Communication.
(9) Citation issue de son ouvrage &#171; la dignit&#233; de penser &#187;, Actes Sud, 2013.&lt;HR&gt;
&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; BOBILLIER-CHAUMON &#201;ric et SARNIN Philippe,&lt;i&gt; Manuel de psychologie du travail et des organisations&lt;/i&gt;, 2&#232;me &#233;dition, Deboeck sup&#233;rieur, 2021, p331-333.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; DEJOURS Christophe, &lt;i&gt;Souffrance en France&lt;/i&gt;. &#201;dition du Seuil,1998.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; GOUDREAU Marjolaine (2014). &lt;i&gt;Le travail social &#224; l'&#233;preuve de l'id&#233;ologie manag&#233;riale. Entrevue avec Vincent de Gaulejac, professeur &#233;m&#233;rite &#224; l'universit&#233;&#769; Paris-Diderot. Nouvelles pratiques sociales&lt;/i&gt;. Volume 26, num&#233;ro 2, printemps 2014. &#201;ditions Universit&#233;&#769; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; MORIN Estelle (2008), &lt;i&gt;Sens du travail, sant&#233; mentale et engagement organisationnel, Sant&#233; psychologique, &#201;tude et recherche&lt;/i&gt;, IRSST, Rapport R-543.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Violences polici&#232;res, de quoi parle-t-on ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Violences-policieres-de-quoi-parle-t-on-11274</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Violences-policieres-de-quoi-parle-t-on-11274</guid>
		<dc:date>2023-10-25T14:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Violence</dc:subject>
		<dc:subject>Discrimination</dc:subject>
		<dc:subject>Banlieue</dc:subject>
		<dc:subject>Racisme</dc:subject>
		<dc:subject>1348</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;1983-2023. Quarante ans apr&#232;s la Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, notre soci&#233;t&#233; reste frapp&#233;e et endeuill&#233;e par des violences polici&#232;res. Il est important de comprendre les ressorts, afin d'y mettre un terme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Ludwig Maquet, formateur, responsable de rubriques &#224; Lien Social &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 15 octobre 1983, &#224; la suite d'une bavure polici&#232;re qui blesse Toumi Dja&#239;dja &#224; V&#233;nissieux, une marche pacifique d&#233;marre. De cet &#233;v&#233;nement aux d&#233;c&#232;s de Nahel Merzouk &#224; Nanterre, et de Mohamed Bendriss &#224; Marseille en (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;1983-2023. Quarante ans apr&#232;s la Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, notre soci&#233;t&#233; reste frapp&#233;e et endeuill&#233;e par des violences polici&#232;res. Il est important de comprendre les ressorts, afin d'y mettre un terme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Par Ludwig Maquet, formateur, responsable de rubriques &#224; &lt;i&gt;Lien Social&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;Le 15 octobre 1983, &#224; la suite d'une bavure polici&#232;re qui blesse Toumi Dja&#239;dja &#224; V&#233;nissieux, une marche pacifique d&#233;marre. De cet &#233;v&#233;nement aux d&#233;c&#232;s de Nahel Merzouk &#224; Nanterre, et de Mohamed Bendriss &#224; Marseille en 2023, les faits de violences polici&#232;res restent nombreux, interrogeant ainsi cette institution et son rapport &#224; la population. Comment comprendre ces violences polici&#232;res ? Les r&#233;fl&#233;chir pour que cessent les drames ? D'abord en interrogeant la notion de violence, mot prot&#233;iforme et polys&#233;mique employ&#233; &#224; tout va.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;finir la violence me semble une base primordiale, souvent oubli&#233;e sur les plateaux t&#233;l&#233; qui partent du postulat que seule la population face aux forces de l'ordre est violente. Or cela me para&#238;t important de contextualiser ce terme g&#233;n&#233;rique, ne serait-ce que pour rappeler que la violence n'est pas uniquement et premi&#232;rement celle d'une jeunesse d&#233;favoris&#233;e et que les violences polici&#232;res doivent elles aussi &#234;tre mises en lumi&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour le philosophe Yves Michaud, la violence est &#224; l'&#339;uvre quand, &lt;i&gt;&#171; dans une situation d'interaction, un ou plusieurs auteurs agissent de mani&#232;re directe ou indirecte, mass&#233;e ou distribu&#233;e, en portant atteinte &#224; un ou plusieurs autres &#224; des degr&#233;s variables, soit dans leur int&#233;grit&#233; physique, soit dans leur int&#233;grit&#233; morale, soit dans leurs possessions, soit dans leurs participations symboliques et culturelles &#187; &lt;/i&gt; (Michaud, 2012). &#192; travers le temps, l'espace et les relations humaines, elle a exist&#233; de la pr&#233;histoire &#224; nos jours et sa gestion est intimement li&#233;e &#224; la construction d'un &#201;tat. La violence serait en nous, selon Hobbes, avan&#231;ant sa th&#233;orie de l'&#233;tat de nature, arguant que &#171; l'homme est un loup pour l'homme &#187; et que le r&#244;le de &#171; l'&#201;tat-L&#233;viathan &#187; est de mettre fin aux conflits en instaurant un ordre social &#171; polic&#233; &#187; (Hobbes, 1 651). La mission premi&#232;re de tout syst&#232;me est d'ailleurs d'assurer la s&#233;curit&#233; des citoyens, ce pour quoi l'&#201;tat d&#233;tient le monopole du recours &#224; la force. L'&#201;tat instaure ainsi une violence institutionnelle l&#233;gitim&#233;e, mais se doit d'en ma&#238;triser l'usage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or les derni&#232;res d&#233;cennies ont vu les soci&#233;t&#233;s devenir de plus en plus r&#233;pressives, avec la punition comme passion contemporaine (Fassin, 2017). Il semble que discipliner, punir, instaurer un rapport de domination, territorialiser l'espace public et priv&#233;, les flux de circulation et parfois, exprimer une violence pure sont les diff&#233;rentes fonctions des violences polici&#232;res. Selon le rapport annuel 2022 de l'inspection g&#233;n&#233;rale de la police nationale (IGPN), 38 personnes ont trouv&#233; la mort et 66 ont &#233;t&#233; bless&#233;es &#224; l'issue d'une mission de police. En 2021, il y avait eu 37 d&#233;c&#232;s et 79 bless&#233;s. Jamais les policiers n'ont autant eu recours &#224; leur pistolet &#224; impulsion &#233;lectrique, utilis&#233; &#224; 2 699 reprises en 2022 (en hausse de 11&#8239;% par rapport &#224; 2021). D'apr&#232;s l'avocat Ari&#233; Alimi, bien que l'usage de la force soit corr&#233;l&#233; au pouvoir d'&#201;tat, ces violences restent largement impens&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
S'int&#233;resser aux violences polici&#232;res n&#233;cessite de cat&#233;goriser les actes d&#233;finis comme tels. Cela interroge, dans le sens o&#249; la police est amen&#233;e &#224; produire de la violence pour mener &#224; bien ses missions. Alors, quand parler de &#171; violences polici&#232;res &#187; ? Il semblerait que l'on puisse d&#233;finir comme des violences polici&#232;res &lt;i&gt;&#171; des actes tels que l'atteinte &#224; l'int&#233;grit&#233; physique ou les violences faites aux biens, une privation de libert&#233; arbitraire, un langage agressif, mena&#231;ant ou intimidant, des propos discriminatoires, mais aussi le comportement et l'attitude agressive des forces de police envers un citoyen &#187;&lt;/i&gt; (Policewatch, 2019).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un ph&#233;nom&#232;ne syst&#233;mique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour expliquer ces violences, la sociologue G&#233;raldine Bugnon identifie quatre types de facteurs (Bugnon, 2011) : individuels, organisationnels, environnementaux et ceux propres aux interactions sociales. D'autres approches questionnent les causes structurelles, dans une difficile reconnaissance de celles-ci par l'&#201;tat comme &#233;tant un ph&#233;nom&#232;ne syst&#233;mique. D&#232;s lors qu'il n'y a pas de reconnaissance, il n'y a pas de question &#224; se poser et pire, nous assistons &#224; des disqualifications, m&#234;me lorsque les violences sont document&#233;es (Alimi, 2023). Il est pourtant important de cat&#233;goriser et de construire une typologie des violences polici&#232;res afin de les saisir et de les rationaliser. D&#232;s lors, elles ne se comprendraient pas comme de banales &#171; erreurs &#187; mais au contraire comme &lt;i&gt;&#171; des cons&#233;quences de m&#233;caniques institu&#233;es, de proc&#233;dures l&#233;gales, de m&#233;thodes et de doctrines enseign&#233;es et encadr&#233;es par des &#233;coles et des administrations &#187; &lt;/i&gt; (Rigouste, 2012).&lt;br class='autobr' /&gt;
En outre, le rapport probl&#233;matique entre la police et les habitants des &#171; quartiers populaires &#187;, particuli&#232;rement les jeunes, est devenu central dans la compr&#233;hension des violences urbaines de ces derni&#232;res d&#233;cennies (Fassin, 2020). Contr&#244;les au faci&#232;s, injures racistes, accusations sans fondement, mensonges des policiers pour couvrir leurs abus de pouvoir constituent le quotidien des violences polici&#232;res dans les cit&#233;s, auxquelles s'ajoutent des violences plus invisibles. La politique du chiffre et du rendement engendre des comportements et des faits par des policiers qui, faute d'&#234;tre confront&#233;s &#224; des cas v&#233;ritables de d&#233;linquance, sont amen&#233;s, souvent pour remplir des quotas, &#224; faire des contr&#244;les qui peuvent ensuite mal se passer. Les &#171; mises &#224; mort &#187; par les forces de l'ordre ne sont que l'ultime manifestation de ces discriminations et humiliations rappelant aux victimes leur citoyennet&#233; de seconde classe.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7453 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH235/capture_d_e_cran_2023-10-24_a_07.48.52-7d66b.png?1698242461' width='500' height='235' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2005, les effectifs de la police ont &#233;t&#233; r&#233;duits de 10 000 hommes, en revanche le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur consacre toujours plus d'argent &#224; l'&#233;quipement. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#169;Aur&#233;lien Laudy/Union de Reims/Maxppp&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des cibles privil&#233;gi&#233;es ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pratiques polici&#232;res s'inscrivent dans les politiques qui les rendent possibles. Ces derni&#232;res visent moins &#224; prot&#233;ger l'ordre public qu'un certain ordre social et les cit&#233;s sont soumises &#224; une exception s&#233;curitaire o&#249; les pouvoirs et pr&#233;rogatives des policiers sont &#233;tendus avec une r&#233;duction du contr&#244;le d&#233;mocratique sur leurs actions (Fassin, 2011). Ces violences syst&#233;miques r&#233;sultent donc de d&#233;cisions d&#233;lib&#233;r&#233;es. Que l'on pense aux violences ethno-raciales dans les quartiers populaires, aux r&#233;pressions des manifestations politiques comme les Gilets jaunes ou les opposants &#224; la r&#233;forme des retraites, ou encore aux tirs sur les conducteurs qui refusent d'obtemp&#233;rer, l'&#201;tat est toujours &#224; la man&#339;uvre, s'abstrayant de ses propres lois (Alimi, 2023).&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans une soci&#233;t&#233; o&#249; le racisme continue de s'&#233;tendre, l'institution polici&#232;re n'est en rien pr&#233;serv&#233;e. Il y a bien une violence d'&#201;tat et un racisme institutionnel que la n&#233;gation des faits perp&#233;tue : en France, presque toutes les personnes tu&#233;es dans ces conditions sont des hommes noirs ou arabes, parfois aussi des gens du voyage (Fassin, 2020). Un pas a m&#234;me &#233;t&#233; franchi avec la contestation par la corporation de la d&#233;tention provisoire d'un policier &#224; la suite d'un passage &#224; tabac. La police est-elle en train d'obtenir un r&#233;gime d'exception au droit ? Apr&#232;s leur garde &#224; vue, les policiers incrimin&#233;s ont &#233;t&#233; accueillis par les applaudissements de leurs coll&#232;gues. Tenus par un des syndicats policiers majoritaires, Alliance, marqu&#233; tr&#232;s &#224; droite, les propos &#171; guerre contre les nuisibles &#187;, en disent long sur l'&#233;tat d'esprit de certains fonctionnaires de police.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelles pistes pour entamer un d&#233;bat sur la r&#233;duction des violences polici&#232;res ? D'abord, exiger une plus grande transparence. Les forces de l'ordre fran&#231;aises ne rendent publiques que tr&#232;s peu de donn&#233;es. La r&#233;alisation d'&#233;valuations ind&#233;pendantes des r&#233;formes s'av&#232;re difficile (Boutros, 2020). Il faudrait d&#233;passer les tentatives de r&#233;former le syst&#232;me, pour repenser profond&#233;ment la police. La r&#233;duction du port d'armes, la r&#233;vision des lois sur l'usage de la force, la refondation du contr&#244;le judiciaire de l'action polici&#232;re avec un organe d'enqu&#234;te ind&#233;pendant seraient des mesures essentielles pour s'assurer que l'action de la police soit soumise &#224; un r&#233;el contr&#244;le (Boutros, 2020). Par ailleurs, il est urgent de r&#233;tablir les conditions du dialogue : proposer des syst&#232;mes alternatifs pour la gestion des confits, recr&#233;er une police de proximit&#233;, former les forces de l'ordre &#224; la gestion du stress et &#224; d'autres approches. Bien &#233;videmment, investir dans les quartiers les plus d&#233;favoris&#233;s pour r&#233;duire, en amont, le besoin d'interventions polici&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis, il y a le droit. En raison d'un &#201;tat qui a laiss&#233; sa police s'autonomiser, ces violences ne cesseront que lorsque le droit s'appliquera r&#233;ellement (Alimi, 2023). Ainsi, il faudrait (re) donner la primaut&#233; &#224; la pr&#233;existence du droit sur le politique plut&#244;t que l'inverse. La situation exige de l'&#201;tat d'autres r&#233;ponses que la r&#233;pression et la criminalisation des r&#233;voltes. Les violences polici&#232;res doivent &#234;tre reconnues, jug&#233;es et condamn&#233;es. &#192; ce titre, en 2015, des adolescents du 12&#232;me arrondissement de Paris ont port&#233; plainte pour violence polici&#232;re et inaction de l'&#201;tat (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 2015). Lors du proc&#232;s en correctionnelle de quatre policiers en 2018, le procureur de la R&#233;publique pointera des &#171; dysfonctionnements graves &#187; dans le commissariat. En 2019, l'&#201;tat est attaqu&#233; pour harc&#232;lement discriminatoire et discrimination en raison de l'origine. Une premi&#232;re en France. La plus haute juridiction de l'ordre administratif fran&#231;ais, le Conseil d'&#201;tat a &#233;t&#233; saisi d'une requ&#234;te soumise en 2021 par six associations contre les contr&#244;les d'identit&#233; discriminatoires. Sa d&#233;cision a &#233;t&#233; de rejeter ce recours. Le cas contraire aurait pu contraindre le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur &#224; changer les pratiques polici&#232;res. Selon Me Antoine Lyon-Caen, &#171; &lt;i&gt;&#8239;cet arr&#234;t est lumi&#232;re et ombre. Lumi&#232;re : parce que le Conseil d'&#201;tat reconna&#238;t la pratique administrative des contr&#244;les d'identit&#233; discriminatoires et affirme qu'il s'agit d'une &#8220;m&#233;connaissance caract&#233;ris&#233;e de l'interdiction des pratiques discriminatoires&#8221;. Il est dor&#233;navant impossible de parler de cas isol&#233;s. Ombre : parce qu'en d&#233;pit du constat d'une discrimination collective caract&#233;ris&#233;e, la plus Haute juridiction administrative se consid&#232;re comme impuissante &#224; changer ce qu'elle tient pour une &#8220;politique publique&#8221;, rendant pourtant possible une telle discrimination raciale. L'action se poursuit &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7454 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH426/capture_d_e_cran_2023-10-24_a_07.54.58-d7b22.png?1698242462' width='500' height='426' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Extrait de &lt;i&gt;&#171; La Force de l'ordre &#187;&lt;/i&gt;, une adaptation en bande dessin&#233;e de l'enqu&#234;te r&#233;alis&#233;e pendant deux ans aupr&#232;s de policiers en banlieue parisienne. Tir&#233;e de l'essai de l'anthropologue Didier Fassin, ce r&#233;cit ethno-graphique nous plonge dans l'engrenage terrible de l'ennui, de la pression du chiffre et des &#233;ruptions de violence&#8230; &#169;&#201;ditions Delcourt&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;La France doit s'attaquer s&#233;rieusement aux probl&#232;mes de racisme et de discrimination raciale parmi les forces de l'ordre (Shamdasani, 2023). Plus g&#233;n&#233;ralement, il faut d&#233;noncer le racisme colonial, structurel, institutionnel ou syst&#233;mique dont fait preuve la police envers les jeunes hommes racis&#233;s des quartiers populaires. Plus largement, il faut se confronter &#224; un racisme d'&#201;tat qui frappe, sous des formes diverses, les personnes racis&#233;es en France, qu'elles soient fran&#231;aises ou &#233;trang&#232;res (Dhume, Gourdeau, 2 023). Au-del&#224; des violences polici&#232;res et de la radicalisation, il est urgent que les politiques s'int&#233;ressent enfin aux banlieues. Ceci afin de mettre en &#339;uvre le rapport &#171; Pour une r&#233;forme radicale de la politique de la Ville &#187;, qui se penche sur la question de la participation des habitants des quartiers populaires dans la politique de la ville (Bacqu&#233;, Mechmache, 2013).&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, la contestation est aussi dans la rue avec la tenue en septembre dernier de manifestations et de marches unitaires contre le racisme syst&#233;mique, les violences polici&#232;res et pour les libert&#233;s publiques. Il n'y aura pas de justice sociale sans lutte contre le racisme, sans politique publique pour les services publics. Les observateurs internationaux des droits humains et le Conseil de l'Europe s'alarment eux aussi d'un usage excessif de la force en France. Cela suffira-t-il &#224; enrayer l'engrenage des violences polici&#232;res ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Quoi qu'il en soit, les mesures &#224; envisager sont nombreuses pour que cessent les violences polici&#232;res et les morts. Tenter de les discerner, de les expliquer, d'&#233;mettre des solutions pour que cessent ces violences ne signifie pas opposer la police &#224; la population. La fracture est d&#233;j&#224; l&#224;. Mais c'est - au lieu de compter les d&#233;c&#232;s et les victimes, de criminaliser les mouvements sociaux et d'&#234;tre mis au banc des nations - tenter le mieux vivre ensemble et r&#233;soudre les injustices sociales. Il y a du travail. C'est une question de volont&#233; politique et de choix de soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;strong&gt;R&#233;f&#233;rences &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;&lt;i&gt; L'&#201;tat hors-la-loi, logiques des violences polici&#232;res&lt;/i&gt;, A. Alimi, &#201;d. La D&#233;couverte, 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &lt;i&gt;Comment r&#233;duire les violences polici&#232;res ?,&lt;/i&gt; Boutros M., &#201;d. La Vie des id&#233;es, 2020.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &lt;i&gt;Le constat m&#233;dical peut-il mettre &#224; l'&#233;preuve les fronti&#232;res de la force polici&#232;re l&#233;gitime ? &lt;/i&gt; Bugnon G., enqu&#234;te sur un dispositif m&#233;dico-l&#233;gal de d&#233;pistage des violences polici&#232;res, D&#233;viance et Soci&#233;t&#233;, vol. 35, n&#176;1, 2011, pp. 113-136.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &lt;i&gt;La violence&lt;/i&gt;, Michaud Y., &#201;d. PUF, Coll. Que sais-je, 2012&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &lt;i&gt;Du racisme d'&#201;tat en France ?&lt;/i&gt; Dhume, Dunezat, Gourdeau, Rabaud, &#201;d. Le Bord de l'Eau, 2020.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &lt;i&gt;Punir, une passion contemporaine&lt;/i&gt;, Didier Fassin, &#201;d. Seuil, 2017&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &lt;i&gt;La Force de l'ordre, une anthropologie de la police des quartiers&lt;/i&gt;, Didier Fassin, &#201;d. Seuil, 2011.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &lt;i&gt;La Force de l'ordre/Enqu&#234;te ethno-graphique&lt;/i&gt;, Didier Fassin, Fr&#233;d&#233;ric Debomy, Jake Raynal, &#201;d. Delcourt, 2020.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;&lt;i&gt; Introduction : enqu&#234;te sur un champ de bataille, La domination polici&#232;re. Une violence industrielle&lt;/i&gt;, Rigouste M. (dir), La Fabrique &#201;ditions, 2012, pp. 7-18.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&#8226; &lt;a href=&#034;http://www.universalis.fr/encyclopedie/leviathan-thomas-hobbes/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;www.universalis.fr/encyclopedie/leviathan-thomas-hobbes/&lt;/a&gt;
&#8226; &lt;a href=&#034;http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-monde-d-elodie/didier-fassin-souligne-une-evolution-de-la-police-de-relativement-bienveillante-a-extremement-agressive-et-stigmatisante_4182651.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-monde-d-elodie/didier-fassin-souligne-une-evolution-de-la-police-de-relativement-bienveillante-a-extremement-agressive-et-stigmatisante_4182651.html&lt;/a&gt;
&#8226; &lt;a href=&#034;http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-monde-d-elodie/didier-fassin-souligne-une-evolution-de-la-police-de-relativement-bienveillante-a-extremement-agressive-et-stigmatisante_4182651.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;www.nouvelobs.com/idees/20200607.OBS29799/l-echo-transatlantique-des-violences-policieres-par-didier-fassin.html&lt;/a&gt;
&#8226; &lt;a href=&#034;http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-monde-d-elodie/didier-fassin-souligne-une-evolution-de-la-police-de-relativement-bienveillante-a-extremement-agressive-et-stigmatisante_4182651.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/12/18/espece-de-libanais-de-merde-connards-sales-noirs-des-adolescents-portent-plainte-pour-violences-policieres_4834472_1653578.html&lt;/a&gt;
&#8226; &lt;a href=&#034;http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-monde-d-elodie/didier-fassin-souligne-une-evolution-de-la-police-de-relativement-bienveillante-a-extremement-agressive-et-stigmatisante_4182651.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;https://policewatch.be/page&lt;/a&gt;
&#8226; &lt;a href=&#034;http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-monde-d-elodie/didier-fassin-souligne-une-evolution-de-la-police-de-relativement-bienveillante-a-extremement-agressive-et-stigmatisante_4182651.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;www.interieur.gouv.fr/Publications/Rapports-de-l-IGPN/Rapport-annuel-d-activite-de-l-IGPN-2022&lt;/a&gt;
&#8226; &lt;a href=&#034;https://medias.vie-publique.fr/data_storage_s3/rapport/pdf/134000430.pdf&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;https://medias.vie-publique.fr/data_storage_s3/rapport/pdf/134000430.pdf&lt;/a&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De l'ombre &#224; la lumi&#232;re </title>
		<link>https://www.lien-social.com/De-l-ombre-a-la-lumiere</link>
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		<dc:date>2023-10-11T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Travail social</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;seaux sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>1347</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une fois n'est pas coutume, les mati&#232;res &#224; pens&#233;es rejoignent nos paroles de m&#233;tiers, dans une r&#233;flexion coh&#233;rente : comment sortir de l'ombre et se rendre visible ? Rester dans la discr&#233;tion ou bien &#234;tre sous le feu des projecteurs, lorsque cela est bien fait ? &lt;br class='autobr' /&gt; Par Virginie Rouchouse, assistante de service social, formatrice d'adultes et cr&#233;atrice du compte Instagram ParlonsSocial. &lt;br class='autobr' /&gt;
La visibilit&#233; : &#171; Qualit&#233; de ce qui est visible, perceptible facilement &#187; (1) ou &#171; Caract&#232;re de ce qui est perceptible (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Matie%CC%80re-a%CC%80-pense%CC%81es" rel="directory"&gt;Matie&#768;re a&#768; pense&#769;es&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Travail-social-186" rel="tag"&gt;Travail social&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Reseaux-sociaux" rel="tag"&gt;R&#233;seaux sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1347-" rel="tag"&gt;1347&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une fois n'est pas coutume, les mati&#232;res &#224; pens&#233;es rejoignent nos paroles de m&#233;tiers, dans une r&#233;flexion coh&#233;rente : comment sortir de l'ombre et se rendre visible ? Rester dans la discr&#233;tion ou bien &#234;tre sous le feu des projecteurs, lorsque cela est bien fait ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_7409 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L150xH150/photo_map_1347_v_rouchousse-cb550.png?1697061658' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Par Virginie Rouchouse, assistante de service social, formatrice d'adultes et cr&#233;atrice du compte Instagram ParlonsSocial.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;La visibilit&#233; : &lt;i&gt;&#171; Qualit&#233; de ce qui est visible, perceptible facilement &#187;&lt;/i&gt; (1) ou &lt;i&gt;&#171; Caract&#232;re de ce qui est perceptible par la vue, sensible &#224; l'&#339;il humain &#187;&lt;/i&gt; (2).&lt;br class='autobr' /&gt;
Le travail social est-il visible ? Perceptible facilement ? Vu par l'&#339;il humain ? Quand je lis ces d&#233;finitions de la visibilit&#233;, je rencontre des difficult&#233;s &#224; attribuer leurs caract&#233;ristiques au travail social&#8230; Difficilement saisissable, quantifiable, identifiable par un citoyen lambda n'ayant jamais pouss&#233; la porte d'un service socio-&#233;ducatif. Cette difficult&#233; d'identification de ce qui fait le travail social se poursuit parfois m&#234;me aupr&#232;s de ceux qui acc&#232;dent &#224; ces accompagnements&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Finalement, le propre du travail social ne serait-il pas plut&#244;t d'&#234;tre invisible ? Cette caract&#233;ristique insaisissable serait elle-m&#234;me ce qui en fait l'essence ? Sous le sceau des obligations de secret, de discr&#233;tion, de confidentialit&#233;, l'option choisie par le travail social semble plut&#244;t tendre vers l'invisibilit&#233;. Les devoirs d&#233;ontologiques de secret concernant l'accompagnement du public, de discr&#233;tion concernant le fonctionnement de nos institutions&#8230; semblent caract&#233;riser tous les aspects du travail social. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce contexte, comment faire (mieux) conna&#238;tre du grand public nos m&#233;tiers, leur importance, leur r&#233;alit&#233; ? Notre discr&#233;tion ne joue-t-elle pas contre nous ? N'emp&#234;cherait-elle pas l'&#233;volution des repr&#233;sentations de nos m&#233;tiers ? N'ent&#233;rine-t-elle pas les images d&#233;su&#232;tes, caricaturales v&#233;hicul&#233;es par certains m&#233;dias ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entre caricatures et invisibilit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail social manque cruellement de visibilit&#233;. Et lorsqu'il est visible &#224; grande &#233;chelle, il est plut&#244;t montr&#233; du doigt, voir caricatur&#233;, comme dans les reportages sur les violences au sein des &#233;tablissements de placement de l'Aide Sociale &#224; l'Enfance (et pas de la DDASS), ou soulign&#233; comme absent lors de drames &lt;i&gt;&#171; mais que font les services sociaux ? &#187;&lt;/i&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tous ces stigmates se rassemblent autour d'une repr&#233;sentation n&#233;gative du m&#233;tier, de ses missions, de son public et de ses professionnels. Ces images ne v&#233;hiculent pas la r&#233;alit&#233; complexe du travail social dans ses diff&#233;rentes facettes : autant dans ses difficult&#233;s, limites, que ses apports, victoires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Concernant la visibilit&#233; du travail social, un des m&#233;dias &#224; saisir est celui des fictions : films, t&#233;l&#233;films, s&#233;ries t&#233;l&#233;vis&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Prenons l'exemple de l'assistante sociale dans la majorit&#233; des fictions. Son intervention est souvent sous fond d'un ton de gravit&#233;, lorsqu'elle arrive ou que tout est mis en &#339;uvre pour qu'elle ne soit pas contact&#233;e. Elle est aussi r&#233;guli&#232;rement repr&#233;sent&#233;e par des st&#233;r&#233;otypes visuels (lunettes, tailleur, chignon, dossier). Sa mission est resserr&#233;e autour du placement des enfants, m&#234;me pas celles de la protection de l'enfance en globalit&#233;. La protection de l'enfance se r&#233;sume donc ici &#224; la mesure de placement, qu'elle semble d'ailleurs souvent d&#233;cider seule.&lt;br class='autobr' /&gt;
En dehors de ces personnages caricatur&#233;s, nous pouvons principalement parler d'invisibilit&#233; du travail social dans les fictions. Cette invisibilit&#233; est particuli&#232;rement incompr&#233;hensible lorsqu'elles se d&#233;roulent dans des &lt;span class='spip_document_7399 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L370xH239/capture_d_e_cran_2023-10-07_a_09.08.03-8cd23.png?1697061658' width='370' height='239' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; institutions o&#249; les services sociaux sont en r&#233;alit&#233; pr&#233;sents comme le milieu hospitalier et le milieu scolaire. Les assistantes sociales sont effac&#233;es par des internes en m&#233;decine, infirmi&#232;res, professeurs, conseillers principaux d'&#233;ducation (CPE) ; qui vont au-del&#224; de leurs missions pour englober celles du travail social. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cela est n&#233;gatif pour l'image de tous les m&#233;tiers : une infirmi&#232;re qui fait une m&#233;diation familiale, un m&#233;decin qui prot&#232;ge sous son aile un enfant, un professeur qui prend en charge un parent perdu&#8230; Cela vient donner dans l'imaginaire collectif des missions suppl&#233;mentaires &#224; ces m&#233;tiers, d&#233;j&#224; en tension et efface &#233;videmment aux yeux du grand public l'existence du travail social.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette absence alimente un climat de d&#233;nonciation d'un travail social mal fait, incomp&#233;tent, optionnel, inexistant, inutile.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet effacement de nos m&#233;tiers est-il d&#251; &#224; une m&#233;connaissance de nos m&#233;tiers par les sc&#233;naristes, producteurs, r&#233;alisateurs ; ou &#224; un d&#233;ni de la n&#233;cessit&#233; de nos r&#244;les dans la soci&#233;t&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Visibilit&#233; et attractivit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense que ce manque de repr&#233;sentation, de visibilit&#233; de nos m&#233;tiers du travail social affecte l'attractivit&#233; de notre secteur. Postes vacants, formations avec des promotions incompl&#232;tes, fins de carri&#232;re pr&#233;matur&#233;es : comment s'identifier &#224; un m&#233;tier invisible ou caricatur&#233; ? Il est temps d'agir pour cr&#233;er de nouvelles vocations, motivations &#224; rejoindre les rangs du travail social et &#224; y rester&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
De mon regard, cela passe par une mobilisation pour une visibilit&#233; du travail social qui soit juste, actualis&#233;e, r&#233;aliste, plus positive de nos m&#233;tiers, missions, publics.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui peut porter cette visibilit&#233;, parler du travail social ? Qui de mieux que les travailleurs sociaux pour porter cette visibilit&#233; ? Personne. Nous sommes les experts de nos m&#233;tiers, nous sommes plus que l&#233;gitimes pour en parler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les r&#233;seaux sociaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travail social, visibilit&#233;, r&#233;seaux sociaux : ces mots peuvent sembler difficiles &#224; faire cohabiter, et pourtant !&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en pensant &#224; ce manque de visibilit&#233; et d'attractivit&#233; de nos m&#233;tiers que j'ai cr&#233;&#233; un compte Instagram : ParlonsSocial. Le travail social notamment avec les &#233;ducateurs (ES et EJE) se fait une petite place sur les r&#233;seaux sociaux, par l'information, l'humour, le partage. Les assistantes sociales y sont plus rares, ce qui a renforc&#233; ma motivation dans ce projet. L'usage des r&#233;seaux sociaux par le travail social est critiqu&#233; par certains. Pour ma part, j'y vois un m&#233;dia, un canal de communication de notre &#233;poque que nous ne pouvons plus ignorer dans la soci&#233;t&#233; actuelle de l'image et du num&#233;rique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je cr&#233;e &#224; ma mani&#232;re une communaut&#233; de travail social. Mon d&#233;fi pour ce compte est tout d'abord de nous rendre visibles, mieux connus, moins antipathiques, de d&#233;construire les repr&#233;sentations, images dat&#233;es, n&#233;gatives... En publiant des contenus travaill&#233;s, je participe aussi &#224; d&#233;construire notre image. Je d&#233;montre que c'est un m&#233;tier certes humain, mais pas inn&#233; : avec ses comp&#233;tences, postures, au c&#339;ur de la professionnalit&#233; des travailleurs sociaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon but est aussi de nourrir la motivation des professionnels et &#233;tudiants. J'y partage ainsi mon exp&#233;rience, mes astuces, questionnements et axes de r&#233;flexion sur nos pratiques. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne r&#233;sous pas les difficult&#233;s de fond du travail social, mais je pose une pierre &#224; l'&#233;difice de la visibilit&#233; de nos m&#233;tiers.&lt;br class='autobr' /&gt;
La visibilit&#233; est une arme dans l'attractivit&#233; pour nos m&#233;tiers : qui a envie de faire un travail ennuyeux, compliqu&#233;, empreint de souffrance, de violence ? Je ne dis pas que cela ne fait pas partie de nos m&#233;tiers, mais ils ne se r&#233;duisent pas qu'&#224; cela ! La crise sanitaire li&#233;e &#224; la COVID a permis une visibilit&#233; du caract&#232;re essentiel de nos m&#233;tiers, aux c&#244;t&#233;s notamment de ceux de la sant&#233;, l'alimentaire, la s&#233;curit&#233;... En &#233;tant d&#233;sign&#233;s comme en premi&#232;re ligne, l'opinion publique a eu une opportunit&#233; de nous visualiser comme centraux au quotidien d'individus, contribuant au soin &#224; notre mani&#232;re. C'est cette image de m&#233;tiers essentiels que nous avons &#224; nourrir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Participons &#224; v&#233;hiculer une image plus positive, actuelle, r&#233;elle du travail social en s'engageant chacun pour la visibilit&#233; de nos m&#233;tiers, &#224; petite et plus grande &#233;chelle, sur les r&#233;seaux et ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) Larousse (2) Le Robert&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Usages et effets de la num&#233;risation de l'accompagnement en travail social premi&#232;re partie</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Usages-et-effets-de-la-numerisation-de-l-accompagnement-en-travail-social-premiere-partie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Usages-et-effets-de-la-numerisation-de-l-accompagnement-en-travail-social-premiere-partie</guid>
		<dc:date>2023-09-27T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Organisation</dc:subject>
		<dc:subject>Perte de sens</dc:subject>
		<dc:subject>1346</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le secteur m&#233;dico-social n'&#233;chappe pas &#224; la digitalisation. La multiplication des usages d'outils informatiques vient ind&#233;niablement interroger les &#233;carts entre le travail prescrit et le travail r&#233;el. Alors que la question du sens au travail constitue un enjeu majeur d'attractivit&#233; des m&#233;tiers, qu'en est-il des effets de ces usages ? &lt;br class='autobr' /&gt; Par Elen Mailfert, consultante et dirigeante du cabinet Dyadesens, sant&#233;-travail &lt;br class='autobr' /&gt;
Au sein du service social de l'Assurance Maladie (1), les logiciels GAIA (2) et GRC (3) (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Matie%CC%80re-a%CC%80-pense%CC%81es" rel="directory"&gt;Matie&#768;re a&#768; pense&#769;es&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Organisation" rel="tag"&gt;Organisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Perte-de-sens" rel="tag"&gt;Perte de sens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1346-" rel="tag"&gt;1346&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le secteur m&#233;dico-social n'&#233;chappe pas &#224; la digitalisation. La multiplication des usages d'outils informatiques vient ind&#233;niablement interroger les &#233;carts entre le travail prescrit et le travail r&#233;el. Alors que la question du sens au travail constitue un enjeu majeur d'attractivit&#233; des m&#233;tiers, qu'en est-il des effets de ces usages ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_7323 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L150xH150/photo_map_1346_elen_maifert-ac9ec.png?1695852058' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Par Elen Mailfert, consultante et dirigeante du cabinet Dyadesens, sant&#233;-travail&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein du service social de l'Assurance Maladie (1), les logiciels GAIA (2) et GRC (3) sont les instruments num&#233;riques quotidiens de m&#233;diatisation du travail des assistants sociaux et secr&#233;taires.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'informatisation du dossier social s'est progressivement d&#233;ploy&#233;e par une ambition de modernisation du service public. En parall&#232;le du d&#233;veloppement d'une culture d'am&#233;lioration de la qualit&#233; de service rendu, le discours institutionnel aupr&#232;s des professionnels des services sociaux, s'est appuy&#233; sur un paradigme vecteur de sens, au service des professionnels et des assur&#233;s. La tra&#231;abilit&#233; de l'activit&#233; et la digitalisation du dossier social seraient donc des moyens de garantir une continuit&#233; de service, de justifier de la plus-value et du r&#233;el de l'activit&#233; aupr&#232;s des Caisses Nationales qui &#171; budg&#233;tisent &#187; les taux de remplacement. &#192; la mani&#232;re d'un observatoire statistique, l'outil permettrait aussi d'analyser les donn&#233;es recueillies pour adapter l'offre de service au plus pr&#232;s des besoins. De m&#233;tiers issus des sciences molles, la rationalisation digitalis&#233;e permettrait-elle d'instituer le travail social au rang de sciences dures ?&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7324 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH334/binary-4437419_640_matie_re-7c37b.jpg?1695852058' width='500' height='334' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Digitalisation et r&#233;el de l'activit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les activit&#233;s d'un service social s'inscrivent dans des relations &#224; l'autre, un cadre professionnel, des contextes, missions et temporalit&#233;s donn&#233;es. Par essence, le r&#233;el de l'activit&#233; se compose d'un entrem&#234;lement de facteurs internes et externes, de subjectivit&#233;s et de pratiques professionnelles plurielles. Pour l'assistant social, GAIA est un moyen de suivre ses dossiers et de &#171; rendre compte &#187;. Un dossier social informatis&#233; est compl&#233;t&#233; par le professionnel qui en est r&#233;f&#233;rent. Il d&#233;pend d'une part, de son &#171; bon &#187; respect des recommandations institutionnelles de saisie des donn&#233;es et d'autre part, &#224; ce qu'il &#233;value comme &#171; pertinent &#187; de retranscrire de ses entretiens et d&#233;marches effectu&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet objectif de retranscription du r&#233;el de l'accompagnement social a contraint les d&#233;veloppeurs &#224; fragmenter et homog&#233;n&#233;iser les m&#233;thodologies d'intervention : probl&#233;matiques, objectifs contractualis&#233;s, plan d'aide, interventions&#8230; &#192; chaque onglet, une diversit&#233; de menus &#224; choix multiples se pr&#233;sente aux professionnels. Leurs clics rel&#232;vent d'une appr&#233;ciation pour s&#233;lectionner l'item paraissant le plus proche du r&#233;el.&lt;br class='autobr' /&gt;
En travail social, les subjectivit&#233;s et intersubjectivit&#233;s sont &#224; la fois des instruments, une mati&#232;re premi&#232;re constitutive de la relation d'aide et des effets de l'accompagnement. Travailler avec elles n&#233;cessite d'accepter la possibilit&#233; de ne pas en avoir la maitrise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'arranger avec le r&#233;el&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Invitant &#224; l'autocontr&#244;le, des protocoles et consignes de saisies obligatoires sont rappel&#233;s tous les mois. Le d&#233;veloppement de groupes d'utilisateurs locaux et nationaux d&#233;montre une Institution soucieuse de promouvoir une acceptation situ&#233;e (4) de l'outil. N&#233;anmoins, la remont&#233;e des incidents locaux jusqu'au niveau national reste lente et fastidieuse. Puis, la question de la faisabilit&#233; technique des rectificatifs vient ralentir, voir &#233;carter les possibilit&#233;s d'am&#233;lioration de l'outil. Alors, comme l'illustre la l&#233;gende grecque du&lt;i&gt; &#171; lit de Procuste (5) &#187;&lt;/i&gt;, les assistants sociaux doivent composer avec la complexit&#233; du r&#233;el et ces &#171; cases &#187; &#224; remplir. Fa&#231;onnages et arrangements avec la r&#233;alit&#233; sont ainsi discr&#232;tement, mais commun&#233;ment tol&#233;r&#233;s. Une &#171; tricherie &#187; collectivement admise pour atteindre les objectifs du service.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces pratiques viennent poser la question du &#171; sens &#187; de ce r&#233;el amput&#233;. L'outil informatique n'est plus v&#233;cu comme &#233;tant au service de l'activit&#233;, mais davantage comme une s&#233;rie de t&#226;ches contraintes et chronophages, au service d'un r&#233;el factice. Comme le souligne Yves Clot (6), &lt;i&gt;&#171; se reconnaitre dans son travail &#187;&lt;/i&gt; est source de sant&#233;. Pour ces m&#233;tiers &#224; fort engagement humain, l'&#233;tiolement du sens constitue un facteur de risque important de conflits intrapsychiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Intensification et acc&#233;l&#233;ration de l'activit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; des automatismes, &lt;i&gt;&#171; Nourrir la machine &#187; implique une &#171; gymnastique cognitive &#187;&lt;/i&gt; it&#233;rative qui n'est pas sans effet sur la charge mentale des professionnels : &lt;i&gt;&#171; Il faut cocher quoi l&#224; d&#233;j&#224;&#8230; ? &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; C'est quel intitul&#233; pour cette probl&#233;matique ?.. &#187;&lt;/i&gt;. Cela prend du temps. Un temps qui augmente avec le d&#233;veloppement croissant d'exigences de tra&#231;abilit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces t&#226;ches quantifiables par l'outil n'ont pas de dur&#233;e d&#233;finie et comptabilis&#233;e. Quelles places occupent-elles dans l'organisation du temps de travail ? Plages horaires durant lesquelles les activit&#233;s d'accompagnement sont mises en suspens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le temps de travail est rythm&#233; par des consultations et des saisies quotidiennes dans GAIA et la GRC. &#192; cela, les logiciels de pointage, de cong&#233;s, de droits sociaux ou encore l'intranet viennent agr&#233;menter la palette num&#233;rique qu'il faut appr&#233;hender. C'est autant de proc&#233;dures &#224; m&#233;moriser et &#224; manier. Parfois, certains items sont &#224; remplir deux fois, voire trois dans un autre logiciel. Les doublons de t&#226;ches sont fr&#233;quents avec cette perte de sens en toile de fond&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour une qualit&#233; de service rendu, la sollicitation d'un assur&#233; devra &#234;tre trait&#233;e dans les 48h. Via des logiciels, les secr&#233;taires veillent &#224; r&#233;pondre &#224; cet imp&#233;ratif. L'organisation de l'accueil t&#233;l&#233;phonique par demi-journ&#233;e les incite &#224; r&#233;pondre de fa&#231;on quasi imm&#233;diate pour &#233;viter un amoncellement de t&#226;ches. Pour y arriver, elles relancent les assistants sociaux pour obtenir des r&#233;ponses &#224; saisir dans leurs propres outils. Un climat d'urgence flotte r&#233;guli&#232;rement au sein du service jusqu'&#224; parfois m&#234;me, faire &#233;merger des tensions interpersonnelles. Pourtant, le traitement des sollicitations d&#233;pend de plusieurs variables : complexit&#233; de la demande, joignabilit&#233;, qualit&#233; des &#233;l&#233;ments recueillis&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Consid&#233;rer le travail social comme une activit&#233; de production &lt;i&gt;&#171; standardisable &#187;&lt;/i&gt; parait vain&#8230; du moins, sans occulter une part du r&#233;el de l'activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) Le service social de l'Assurance Maladie intervient dans des missions autour d'acc&#232;s aux soins, de pr&#233;vention de la perte d'autonomie et de la d&#233;sinsertion professionnelle.
(2) Gestion des Actions et Interventions en faveur des Assur&#233;s par le service social de l'Assurance Maladie.
(3) Gestion Relation Client.
(4) On peut d&#233;finir l'acceptation situ&#233;e comme la mise &#224; l'&#233;preuve de la technologie dans son contexte
d'usage r&#233;el qui permet d'&#233;valuer concr&#232;tement ses apports et ses limites, et de d&#233;finir ainsi son int&#233;r&#234;t par rapport &#224; l'activit&#233; et aux projets de l'individu. Marc-Eric Bobillier-Chaumon.
(5) Procuste, un brigand, attachait des voyageurs sur un lit et d&#233;coupait les membres qui d&#233;passaient. L'expression signifie donc qu'on ronge une &#339;uvre pour la rendre conforme.
(6) Yves CLOT est Professeur et Chaire en psychologie du travail au CNAM. Il est &#224; l'origine du d&#233;veloppement de la clinique de l'activit&#233;.&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>L'universit&#233; : entre scientificit&#233; et socialit&#233;</title>
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		<dc:subject>Sociologie</dc:subject>
		<dc:subject>1345</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tout syst&#232;me universitaire participerait plus ou moins &#224; la fois &#224; la production et &#224; la reproduction de l'ordre social. La formation universitaire aurait un impact sur la construction des soci&#233;t&#233;s en contribuant au d&#233;veloppement et au progr&#232;s de ces derni&#232;res. Qu'est-ce que l'universit&#233; aujourd'hui ? Essai de r&#233;flexion. &lt;br class='autobr' /&gt; L'universit&#233; est une forgerie o&#249; l'on forme et o&#249; l'on se forme &#224; la citoyennet&#233; dans son sens lato sensu : cohabitation, intercompr&#233;hension, vivre-ensemble, agir-ensemble, qui sont des (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Matie%CC%80re-a%CC%80-pense%CC%81es" rel="directory"&gt;Matie&#768;re a&#768; pense&#769;es&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Sociologie" rel="tag"&gt;Sociologie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1345-" rel="tag"&gt;1345&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tout syst&#232;me universitaire participerait plus ou moins &#224; la fois &#224; la production et &#224; la reproduction de l'ordre social. La formation universitaire aurait un impact sur la construction des soci&#233;t&#233;s en contribuant au d&#233;veloppement et au progr&#232;s de ces derni&#232;res. Qu'est-ce que l'universit&#233; aujourd'hui ? Essai de r&#233;flexion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_7279 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L150xH152/capture_d_e_cran_2023-09-12_a_11.39.52-1509f.png?1694642464' width='150' height='152' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; L'universit&#233; est une forgerie o&#249; l'on forme et o&#249; l'on se forme &#224; la citoyennet&#233; dans son sens lato sensu : cohabitation, intercompr&#233;hension, vivre-ensemble, agir-ensemble, qui sont des valeurs soci&#233;tales et humaines. Celles-ci ne d&#233;bouchent pas uniquement sur des savoirs &#224; enseigner, mais sur des savoir-faire, des savoirs en faire, des savoirs y faire et des savoir-&#234;tre &#224; apprendre et &#224; mettre en &#339;uvre. Cela &#233;tant dit, l'universit&#233; est un espace o&#249; se dialoguent l'alt&#233;rit&#233;, l'hospitalit&#233; et l'action sociale.&lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233;anmoins, les exigences programmatiques emp&#234;chent parfois d'exercer ce type de pratiques sociop&#233;dagogiques et &#233;thiques en raison de l'encadrement du programme et du manquement des moyens didactiques permettant de cultiver humainement l'esprit des form&#233;s. Ces contraintes am&#232;nent &#224; des dissonances sociales telles que la violence, le conflit, la m&#233;compr&#233;hension, le harc&#232;lement&#8230; Ces actes violents se g&#233;n&#232;rent lorsqu'il y a un d&#233;phasage entre ce qui s'enseigne et ce qui se produit socialement. Une sorte de schizophr&#233;nie socio-&#233;ducative, au sens m&#233;dical, qui affecte le &#171; form&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que doit l'universit&#233; &#224; la science et &#224; la soci&#233;t&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span class='spip_document_7278 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L370xH459/capture_d_e_cran_2023-09-12_a_11.39.36-8ce65.png?1694642464' width='370' height='459' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; En effet, les enseignants se trouvent parfois contraints d'un descriptif programmatique qui ne r&#233;pond pas, en gros, aux attentes effectives de leurs &#233;tudiants. Quant &#224; ces derniers, ils re&#231;oivent une s&#233;rie de cours qui n'alimentent pas v&#233;ritablement leur besoin et n'&#233;veillent pas leur d&#233;sir. Ce foss&#233; conduit &#224; des marasmes sociaux et &#233;ducatifs : les enseignants et les &#233;tudiants souffrent et les acteurs sociaux souffrent &#233;galement &#224; cause de l'absence d'une coordination entre l'institution, l'instance sociale et le besoin &#233;conomique. Une formation dans l'absolu, en effet, qui n'&#233;value que les savoirs acquis en soi sans cibler les attentes sociales. Conform&#233;ment &#224; ce constat, lors des consultations r&#233;gionales de L'UNESCO, des observations sont revenues comme un leitmotiv (Cabal, 1995 : 13).&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Le syst&#232;me universitaire est isol&#233; de la soci&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; L'expansion rapide a eu un impact n&#233;gatif sur la qualit&#233; des cours et des programmes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Les ressources disponibles, mais limit&#233;es ont &#233;t&#233; affect&#233;es &#224; peu de domaines.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; L'Universit&#233; a perdu son monopole de dispensatrice du savoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
La disjonction entre le monde universitaire et celui social exclut la r&#233;flexion sur les probl&#232;mes sociaux. Un essentialisme scientifique se distanciant du social. N&#233;anmoins, l'universit&#233; devrait pr&#233;parer l'&#233;tudiant &#224; &#234;tre un acteur social, qui, par ses actions, participe activement au progr&#232;s social. L'universit&#233; se doit donc, &#224; travers des dispositifs de formation, de r&#233;unir les conditions favorables et de favoriser la construction sociale. Dans cette optique. Il est temps de mettre l'accent sur le dynamisme de fonctionnement du syst&#232;me universitaire et plus pr&#233;cis&#233;ment l'&#233;valuation de la formation dans ce secteur. La prise en compte des conditions de formation des &#233;tudiants est indispensable et doit amener &#224; une r&#233;forme des programmes d'&#233;tudes. Par ailleurs, il ne s'agit pas seulement de d&#233;velopper chez l'&#233;tudiant un savoir au service de la soci&#233;t&#233;, mais surtout de le doter des strat&#233;gies &#233;ducatives et p&#233;dagogiques lui permettant de participer activement et positivement aux pr&#233;occupations de la soci&#233;t&#233;. Le passage de l'action individuelle &#224; celle collective constitue le c&#339;ur de la socialisation des apprentissages. L'enseignement/apprentissage - pour &#234;tre efficace - doit recourir &#224; un guidage et &#224; un ensemble de strat&#233;gies de r&#233;solutions de probl&#232;mes de la soci&#233;t&#233;. &#171; Les universit&#233;s n'&#233;voluent pas en vase clos ; en fait leurs probl&#232;mes sont en grande partie le reflet de notre monde mouvant. Pr&#233;parer, comme l'exigent leurs missions, les jeunes g&#233;n&#233;rations &#224; r&#233;pondre aux besoins de la soci&#233;t&#233; - en tenant compte de l'&#233;volution rapide des savoirs et des comp&#233;tences- exige un effort constant de r&#233;flexion sur les structures et les programmes mis en &#339;uvre et une capacit&#233; de s'adapter aux besoins nouveaux &#187; (ibid)&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est dans cette optique que nous inscrivons notre r&#233;flexion et articulons notre probl&#233;matique autour d'une s&#233;rie de questionnements pivots : quel est l'impact de la formation universitaire sur la construction des soci&#233;t&#233;s ? Comment renforcer le lien entre l'universit&#233; et la soci&#233;t&#233; ? Dans quelle mesure l'universit&#233; pourrait-elle contribuer &#224; entreprendre des actions face aux attentes de la soci&#233;t&#233; ? Comment tirer profit des r&#233;alit&#233;s sociales diverses en contexte universitaire ? Comment l'universit&#233; peut-elle contribuer au d&#233;veloppement et au progr&#232;s de la soci&#233;t&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces questions ont suscit&#233; l'int&#233;r&#234;t de bon nombre de chercheurs et de sp&#233;cialistes consid&#233;rant l'universit&#233; comme productrice de comp&#233;tences professionnelles et cr&#233;atrice d'innovation des strat&#233;gies de recherche efficaces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-on dire que l'insouciance sociale (fl&#233;aux) est la r&#233;sultante de l'impens&#233;e scientifique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le savoir occupe une place grandissante dans le processus de cr&#233;ation des soci&#233;t&#233;s. En ce sens, l'universit&#233; joue un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant dans la construction de l'apprentissage tout au long de la vie. La formation universitaire, dans cette perspective, contribue d'une mani&#232;re efficiente &#224; pr&#233;parer des citoyens comp&#233;tents et responsables en contexte professionnel. En effet, le progr&#232;s social et le d&#233;veloppement &#233;conomique sont conditionn&#233;s par la bonne production scientifique et la qualit&#233; de participation universitaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
La formation des enseignants &#224; la pratique de la classe, &#224; la relation p&#233;dagogique, au geste professionnel, etc. rapproche la r&#233;alit&#233; sociale de la situation didactique. En ce sens, l'enseignant invente des situations (simulation) ou transpose des faits sociaux (transfert) pour mettre l'apprenant dans &#171; le bain social &#187;. Celui-ci vient de la soci&#233;t&#233; et y revient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'universit&#233; est-elle au service de la soci&#233;t&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'universit&#233; est un lieu propice d'accroissement des connaissances. La production des savoirs et la mise en &#339;uvre des savoir-faire ainsi que leur renouvellement et leur transfert sont d&#233;pendants, pour une large part, du r&#244;le de l'universit&#233;, dont les finalit&#233;s sont : la r&#233;flexion, la critique et l'analyse (Achaibou, 2009 : 8). Le syst&#232;me universitaire en tant qu'institution assume une diversit&#233; de fonctions, dont l'une est la socialisation dans la mesure o&#249; elle permet aux &#233;tudiants de s'adapter aux besoins sociaux et de r&#233;pondre aux exigences du monde &#233;conomique. Selon Touraine : &#171; Tout syst&#232;me universitaire participe plus ou moins &#224; la fois &#224; la production et &#224; la reproduction de l'ordre social. Le premier r&#244;le est le plus important quand s'installe un type nouveau de soci&#233;t&#233;, d&#233;fini par un nouveau mod&#232;le de connaissances et un nouveau mod&#232;le culturel en m&#234;me temps que par un nouveau type d'accumulation et donc d'organisation &#233;conomique &#187; (1972 : 61).&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, l'appr&#233;hension sociale par l'universit&#233; consiste en la r&#233;solution de ses pr&#233;occupations telles que l'ignorance, la faim, la pauvret&#233; et les maladies. La soci&#233;t&#233; esp&#232;re que, par ces actions majeures, l'universit&#233; contribue au d&#233;veloppement social et &#233;conomique. Dans l'accomplissement de sa mission, cet &#233;tablissement d'enseignement sup&#233;rieur est cens&#233; offrir un savoir scientifique suffisant dont la soci&#233;t&#233; a besoin, tout en assurant la compl&#233;mentarit&#233; entre la scientificit&#233; et la socialit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
R&#233;f&#233;rences bibliographiques
Achaibou, M.&#8239;(2009). Du r&#244;le de l'universit&#233; aux prises de r&#244;les des universitaires. Dirassat Fi-Oloum El-Ijtimaia, 9 (1), pp. 7 - 23. &lt;a href=&#034;https://www.asjp.cerist.dz/en/article/131272&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.asjp.cerist.dz/en/article/131272&lt;/a&gt;
Borrero Cabal, A. (1995). &lt;i&gt;L'Universit&#233; aujourd'hui&lt;/i&gt;. Unesco.
Touraine, A. (1972). Universit&#233; et soci&#233;t&#233; aux Etats-Unis. Seuil.&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Les murs ont une m&#233;moire, ou les fant&#244;mes institutionnels</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Les-murs-ont-une-memoire-ou-les-fantomes-institutionnels</link>
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		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>psychoth&#233;rapie institutionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>1344</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;S'il y a un th&#232;me r&#233;current dans bien des institutions du social, c'est celui des fant&#244;mes. &#192; la mani&#232;re d'une mal&#233;diction qui poursuit l'institution, de l'&#233;tymologie &#171; mal dire &#187;, cette condamnation au malheur peut pourtant se r&#233;silier. &lt;br class='autobr' /&gt; Il s'agit de ces r&#233;p&#233;titions de sc&#233;narii au fil des d&#233;cennies : &#171; cette &#233;quipe est toujours en difficult&#233; depuis 30 ans &#187;, &#171; nous avons toujours eu des probl&#232;mes avec les jeunes de ce b&#226;timent &#187; et ce malgr&#233; le changement de personnel, de lieu de travail, de chefs de service (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Matie%CC%80re-a%CC%80-pense%CC%81es" rel="directory"&gt;Matie&#768;re a&#768; pense&#769;es&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/psychoterapie-institutionnelle" rel="tag"&gt;psychoth&#233;rapie institutionnelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1344-" rel="tag"&gt;1344&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;S'il y a un th&#232;me r&#233;current dans bien des institutions du social, c'est celui des fant&#244;mes. &#192; la mani&#232;re d'une mal&#233;diction qui poursuit l'institution, de l'&#233;tymologie &#171; mal dire &#187;, cette condamnation au malheur peut pourtant se r&#233;silier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_7191 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L470xH354/capture_d_e_cran_2023-08-22_a_11.51.58-a7aa7.png?1693463830' width='470' height='354' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Il s'agit de ces r&#233;p&#233;titions de sc&#233;narii au fil des d&#233;cennies : &#171; cette &#233;quipe est toujours en difficult&#233; depuis 30 ans &#187;, &#171; nous avons toujours eu des probl&#232;mes avec les jeunes de ce b&#226;timent &#187; et ce malgr&#233; le changement de personnel, de lieu de travail, de chefs de service ou de direction. Ou encore le fameux &#171; l'ancienne cheffe de service n'aurait jamais accord&#233; cela &#187;, de la part d'une salari&#233;e qui ne l'a jamais connue. Au point que certaines &#233;quipes pensent &#224; changer le nom du service afin de faire table rase du pass&#233; et briser la proph&#233;tie. Comme le &#171; name washing &#187; en politique ou dans les entreprises mais dans le but de casser le mauvais sort pour l'institution elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pass&#233; dans le pr&#233;sent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sont-ce des histoires d'envo&#251;tement ou de possession ? Les secrets, les fant&#244;mes, les &#171; cadavres dans le placard &#187; questionnent sur les origines, et les r&#232;gles implicites sont souvent mises en tension dans ces situations : il y a une danse &#224; saisir entre le &#171; dit &#187; et le &#171; fait &#187;. C'est souvent un leitmotiv dans les institutions : d'o&#249; vient-on ? Pourquoi cela fonctionne-t-il comme cela ? Sommes-nous libres de faire et penser ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelque chose de l'ordre du pass&#233; erre et se r&#233;p&#232;te sans but en dehors de sa propre p&#233;rennit&#233;. Souvent les fant&#244;mes expriment quelque chose de n&#233;gatif, de l'ordre du probl&#232;me tournant en boucle, une incarnation du pass&#233; bien pr&#233;sente.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;truire les b&#226;timents ou licencier le personnel ne semble pas contraindre certains fant&#244;mes qui paraissent roder, se jouer et s'incarner dans le personnel qui, parfois m&#234;me, n'est pas au courant du pass&#233; de l'institution. C'est tout de m&#234;me fort d'incarner quelque chose sans en avoir conscience. Le pass&#233; ne semble alors plus pass&#233;, il est pr&#233;sent dans les actes du quotidien. La r&#233;ponse n'est pas &#224; cet endroit ni dans les grandes th&#233;ories, mais dans ce que font machinalement les acteurs, ce qu'ils n'ont jamais fait, ce qu'ils pensent et ce qu'ils ne peuvent pas penser.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a une illusion &#224; courir apr&#232;s la nouveaut&#233;, nous pensons souvent faire du &#171; nouveau &#187; l&#224; o&#249; nous faisons en fait de &#171; l'ancien &#187;. Bien des &#233;quipes de direction d&#233;sirent cr&#233;er du renouveau tout en maintenant, sans le voir, des fonctionnements ancestraux qui participent aux probl&#232;mes dont elles essayent de s'extirper.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est question d'&#234;tre r&#233;ellement cr&#233;atif en proposant quelque chose qui bouscule plut&#244;t que de renforcer l'existant. Il est par exemple int&#233;ressant de constater de fortes d&#233;pendances au sein de l'institution et de se plaindre du manque d'autonomie des &#233;quipes.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en cela qu'il est utile de requestionner les bases en ayant un regard candide : qui fait quoi ? Comment ? Pourquoi ? &#192; propos des ordres, de l'argent, des r&#233;unions (nombre, sens, format, utilit&#233;). Notamment parce qu'on en arrive souvent &#224; se dire qu'il n'y a plus de sens &#224; ce que l'on fait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le conformisme d&#233;signe le processus par lequel les individus, confront&#233;s &#224; des normes sociales, vont s'adapter aux situations. Les travaux sur le conformisme et l'influence sociale nous montrent qu'il n'y a pas besoin d'entendre une r&#232;gle ni d'en avoir conscience pour l'appliquer et la transmettre de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration dans les familles ou entre coll&#232;gues. Il suffit de la voir appliquer pour la r&#233;p&#233;ter par mim&#233;tisme et se dire &#224; soi-m&#234;me que cela semble avoir toujours &#233;t&#233; comme cela.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le conformisme a des effets positifs car il vient renforcer l'encadrement, ce qui est s&#233;curisant. Il vient nourrir l'esprit de groupe, cr&#233;er une coh&#233;sion et renforce son identit&#233;. Il devient d&#233;licat de s'en d&#233;partir si nous voulons participer &#224; un projet collectif coh&#233;rent et sens&#233;. Mais le conformisme peut avoir comme effet n&#233;faste d'entraver la cr&#233;ativit&#233; et de donner l'impression de ne pas pouvoir sortir d'un labyrinthe d&#233;j&#224; trac&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'approche syst&#233;mique nous enseigne les r&#232;gles explicites et implicites dont il faut mesurer l'&#233;cart et le concept de l'&#233;quifinalit&#233; qui rattache le pr&#233;sent comme modificateur de l'impact du pass&#233;. Ce concept nous dit que le pass&#233; ne d&#233;termine pas le pr&#233;sent, mais ce qui peut l'expliquer tout au plus, ce serait les m&#233;canismes adaptatifs maintenus depuis l'&#233;poque.&lt;br class='autobr' /&gt;
Prenons l'exemple d'une nouvelle &#233;quipe, d'un nouveau directeur, mais d'un service comptable qui refuse de rembourser des d&#233;penses classiques de travailleurs sociaux sans l'aval de toute l'&#233;quipe de direction&#8230; Cas classique qui rend les travailleurs sociaux d&#233;pendants, dans l'incertitude de leurs finances personnelles et qui doivent accompagner des jeunes vers l'autonomie, pris dans des proc&#233;dures paternalistes et contr&#244;lantes. Si le nouveau cadre n'est pas red&#233;fini explicitement, on aura un entrem&#234;lement de volont&#233; d&#233;sincarn&#233;e et deux r&#232;gles en vigueur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Approche syst&#233;mique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous posons donc l'hypoth&#232;se qu'une action forte est d'agir dans le pr&#233;sent pour modifier le pass&#233; afin d'&#233;loigner la pr&#233;sence des fant&#244;mes. Il est int&#233;ressant de fermer certaines portes, mais d&#233;j&#224; de savoir jusqu'o&#249; les professionnels sont agis malgr&#233; eux par le pass&#233; dans ce qu'ils appliquent au quotidien, pensent et ne s'autorisent pas &#224; penser. &#171; On a toujours fait comme &#231;a &#187;, &#171; on n'a pas le droit &#187;, suivi de la fameuse r&#233;plique agac&#233;e du directeur &#171; mais qui est-ce ON ? &#187;. Ce &#171; on &#187; est traqu&#233;, mais existe-t-il vraiment ? Est-ce un alibi pour fonctionner chacun comme bon lui semble ?&lt;br class='autobr' /&gt;
L'incarnation des fant&#244;mes se niche parfois dans un point de management que l'on n'ose pas appliquer, des alliances qui perdurent ou des jeux relationnels toujours actifs qui p&#233;rennisent les soucis. Ils permettent &#224; des professionnels de maintenir des clivages ou une contre-culture permettant un contre-pouvoir historique. Tenter de briser cette dynamique peut avoir comme effet de la renforcer selon le principe d'hom&#233;ostasie qui nous dit que les forces se compensent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pierre Bourdieu, sociologue, nous &#233;claire dans Le mort saisit le vif . Les relations entre l'histoire r&#233;ifi&#233;e et l'histoire incorpor&#233;e (1). L'expression est juridique et d&#233;signe le passage, &#224; son d&#233;c&#232;s, des biens d'une personne &#224; ses h&#233;ritiers. Il diff&#233;rencie l'histoire &#224; l'&#233;tat objectiv&#233; (machines, monuments, th&#233;ories, coutumes,&#8239;etc.) et l'histoire &#224; l'&#233;tat incorpor&#233; (dispositions). Selon lui, reconna&#238;tre l'histoire n'est pas s'y soumettre, la libert&#233; ne consistant pas &#224; nier cette derni&#232;re, mais &#224; la conna&#238;tre pour agir en connaissance de cause. C'est bien &#224; travers les habitus (l'histoire &#224; l'&#233;tat incorpor&#233;) que Bourdieu nous rappelle combien nous sommes habit&#233;s par une histoire, dans nos corps, nos habits, nos fonctions, notre mani&#232;re d'&#234;tre et de penser. Nous nous identifions au professionnel de l'institution, nous ne le mimons pas, nous interpr&#233;tons un r&#244;le qui a &#233;t&#233; p&#233;tri de l'histoire de l'institution. Cela se traduit dans nos mots, nos gestes et nos postures, appelant &#224; la question de savoir si nous sommes vraiment libres d'&#234;tre le professionnel que nous d&#233;sirons dans l'institution. Ce qui meurt saisit le vivant de mani&#232;re instantan&#233;e, chercher en arri&#232;re ne servirait qu'&#224; chercher un coupable, l&#224; o&#249; il est plut&#244;t question de savoir non pas qui, mais comment une tradition se perp&#233;tue. Il existe une alliance entre les professionnels et cette histoire fant&#244;me, reste &#224; savoir comment ces fant&#244;mes se transmettent des professionnels aux enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Actes de la Recherche en Sciences Sociales, 1980, 32-33, pp. : 3 - 14.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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