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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Aujourd'hui, le travail social est-il toujours militant ?</title>
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		<dc:subject>1353</dc:subject>

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&lt;p&gt;C'est un marronnier vieux comme le travail social de se demander si ce dernier doit &#234;tre militant ou non. La r&#233;ponse pourrait &#234;tre sans &#233;quivoque &#171; oui &#187;. Mais militant de quoi, pour quoi, pour qui ? La r&#233;flexion demande des r&#233;ponses nuanc&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par St&#233;phane Rullac, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; et professeur en innovation sociale &#224; la Haute Ecole de Travail Social et de sant&#233; de Lausanne (HETSL/HES-SO). Le militantisme est un fondement essentiel de l'engagement des travailleurs sociaux, qui a contribu&#233; &#224; la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1353-" rel="tag"&gt;1353&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est un marronnier vieux comme le travail social de se demander si ce dernier doit &#234;tre militant ou non. La r&#233;ponse pourrait &#234;tre sans &#233;quivoque &#171; oui &#187;. Mais militant de quoi, pour quoi, pour qui ? La r&#233;flexion demande des r&#233;ponses nuanc&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par St&#233;phane Rullac, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; et professeur en innovation sociale &#224; la Haute Ecole de Travail Social et de sant&#233; de Lausanne (HETSL/HES-SO).&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le militantisme est un fondement essentiel de l'engagement des travailleurs sociaux, qui a contribu&#233; &#224; la cr&#233;ation des institutions et des m&#233;tiers qui ont accompagn&#233; l'essor de la soci&#233;t&#233; industrielle. Au tournant des 19&#232;me et 20&#232;me si&#232;cles, les pionniers ont puis&#233; leur force d'innovation dans leur engagement personnel, qu'il soit politique, religieux, social ou humaniste. Ainsi, les travailleurs sociaux d'aujourd'hui sont invit&#233;s &#224; cultiver ce m&#234;me type d'engagement pour respecter leur identit&#233; professionnelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;tymologie du terme &#171; militant &#187; provient du latin &#171; militia &#187;, signifiant &#171; service militaire &#187; ou &#171; m&#233;tier de soldat &#187;. Initialement associ&#233;e &#224; la promotion de positions religieuses et morales, la militance a rapidement &#233;t&#233; li&#233;e &#224; la r&#233;duction des souffrances de la classe ouvri&#232;re, au nom de valeurs politiques, chr&#233;tiennes et/ou syndicalistes. Dans les ann&#233;es 1960, le militantisme des travailleurs sociaux a &#233;volu&#233; pour devenir de plus en plus social, luttant contre les injustices. Le militantisme dont nous h&#233;ritons aujourd'hui est &#233;troitement li&#233; &#224; l'&#201;tat providence et &#224; notre mission de pr&#233;server les droits sociaux, voire de les augmenter si possible, tout en garantissant &#224; l'&#201;tat une forme de paix sociale et la continuit&#233; du syst&#232;me en place. Le travail social en France est d'ailleurs presque enti&#232;rement financ&#233; par les pouvoirs publics.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au 21&#232;me si&#232;cle, la soci&#233;t&#233; post-industrielle laisse une plan&#232;te exsangue et un syst&#232;me social polaris&#233; entre les tr&#232;s riches et les tr&#232;s pauvres. Si le militantisme doit continuer &#224; fonder l'engagement des travailleurs sociaux, il faut alors accepter que notre militance ne vise moins la continuit&#233; et la conservation des acquis sociaux, mais davantage la rupture dans une perspective radicale de d&#233;croissance et d'&#233;cologie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si le travailleur social doit rester un combattant, que devons-nous &#171; combattre &#187; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
De toute &#233;vidence, notre militantisme doit &#233;voluer. &#192; cet &#233;gard, la perspective du Travail Social Vert (TSV), propos&#233;e notamment par Lena Dominelli, est porteuse de notre militantisme du 21&#232;me si&#232;cle, en passant de la justice sociale &#224; la justice environnementale : &#171; Le but du TSV est d'&#339;uvrer pour la r&#233;forme des pouvoirs socio-politiques et &#233;conomiques qui ont un impact d&#233;l&#233;t&#232;re sur la qualit&#233; de vie des populations pr&#233;caris&#233;es et marginalis&#233;es, d'assurer des changements politiques et des changements sociaux actuels et futurs n&#233;cessaires &#224; l'am&#233;lioration du bien-&#234;tre des personnes et de la plan&#232;te, et de promouvoir le devoir de prendre soin des autres et le droit d'&#234;tre soign&#233; par les autres &#187; (1).&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette perspective, nos solutions h&#233;rit&#233;es du 20&#232;me si&#232;cle entretiennent les probl&#232;mes du 21&#232;me si&#232;cle. Si les travailleurs sociaux veulent continuer &#224; construire leur engagement professionnel sur la valeur du militantisme, l'enjeu est de taille, car il consiste &#224; r&#233;inventer les termes de notre combat professionnel.&lt;br class='autobr' /&gt;
En nous int&#233;grant dans les sources du probl&#232;me, il faut que nous contribuions &#224; trouver des solutions de rupture &#224; l'&#233;chelle de nos institutions et de nos territoires, au service de la durabilit&#233; &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Dominelli L. Green Social Work, Cambridge (MA), Polity Press, 2012, p. 25&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7676 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH263/capture_d_e_cran_2024-01-15_a_10.57.44-a7d9c.png?1705395739' width='500' height='263' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;HR&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Laurent Ott, philosophe social&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Un militantisme qui n'y croit plus : le Travail social &#224; l'&#232;re de l'anti-social.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'ai d&#233;couvert le secteur social, avant et apr&#232;s ma formation d'&#233;ducateur, dans les ann&#233;es 1980, celui-ci &#233;tait toujours empreint de la nostalgie &#171; du temps glorieux des pionniers &#187;. On &#233;voquait dans chaque structure, dans chaque institution, sur le ton du regret, l'&#233;nergie perdue des innovateurs sociaux de l'apr&#232;s-guerre. Il &#233;tait d&#233;j&#224; courant d&#232;s cette fin de si&#232;cle de d&#233;plorer &#171; la d&#233;politisation &#187; et la perte de l'esprit militant des travailleurs sociaux. On se plaisait &#224; fustiger le manque d'imagination des nouvelles g&#233;n&#233;rations, la peur du risque, la tendance &#224; la technocratie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui &#233;chappait &#224; ces nostalgiques, c'&#233;tait la r&#233;flexion sur les causes de ce qui avait chang&#233; et l'observation d'une r&#233;alit&#233; sociale (pourtant sous leurs yeux) totalement diff&#233;rente de celle qu'ils avaient connue. Nous avions chang&#233; d'&#232;re et ils ne s'en &#233;taient pas rendu-compte. Nous &#233;tions pass&#233;s d'une soci&#233;t&#233; des places assur&#233;es, des &#171; lendemains qui chantent, &#224; une soci&#233;t&#233; peu &#224; peu rong&#233;e par la pr&#233;carisation et l'anomie. Nous &#233;tions pass&#233;s, selon l'expression de V. de Gaulejac, &#171; de la lutte des classes, &#224; la lutte des places &#187;. Dans ce nouvel ordre soci&#233;tal, le Travail social tel qu'il avait &#233;t&#233; imagin&#233; durant &#171; les trente glorieuses &#187; avait perdu tout son sens ; &#224; quoi bon, en effet continuer &#224; &#171; ins&#233;rer &#187; dans une soci&#233;t&#233; qui &#171; d&#233;sins&#232;re &#187; &#224; grande vitesse, y compris les acteurs sociaux eux-m&#234;mes ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; la perte de sens, ce n'est pas le seul travail social qui &#233;tait en crise, c'est le sens du travail lui-m&#234;me qui commen&#231;ait &#224; s'&#233;roder. Quarante ans plus tard, la pr&#233;carisation successive de pans entiers de l'existence humaine et sociale a conduit &#224; un renversement complet de notre mani&#232;re de consid&#233;rer la place du travail dans nos vies. Exit le questionnement du jeune &#233;ducateur de la fin du XX&#232;me si&#232;cle, qui se demandait &#171; s'il &#233;tait assez bon pour exercer son travail &#187; ; dor&#233;navant, charg&#233;s de nous-m&#234;mes, nous sommes conduits &#224; nous demander &#171; si tel ou tel emploi, telle ou telle place, &#171; sont assez bons pour nous &#187;. Encombr&#233;s des soucis de notre propre s&#233;curit&#233;, de notre propre &#233;panouissement, de notre sant&#233; et de notre &#233;quilibre, appel&#233;s constamment &#224; nous prot&#233;ger, &#224; nous pr&#233;server, quel espace reste-t-il pour l'aventure de la relation, le risque de la rencontre et l'engagement humain et affectif ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui le mod&#232;le ancien du militantisme semble s'&#234;tre d&#233;plac&#233; de la soci&#233;t&#233; vers soi-m&#234;me. On nous enjoint d'&#234;tre &#224; nous-m&#234;mes notre propre combat, notre unique cause. C'est &#233;videmment pour mieux nous diviser, nous opposer, nous rendre impuissants et pour nous &#233;loigner des publics au moment o&#249; nous partageons avec eux la m&#234;me pr&#233;carit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; un tel changement culturel, il ne servira de rien de prolonger une nostalgie toxique ou de tenter de ranimer des mod&#232;les de militantisme qui ne sont plus du tout adapt&#233;s &#224; nos nouvelles r&#233;alit&#233;s. Appeler &#224; la r&#233;sistance, &#224; la vigilance, comme on le fait depuis le d&#233;but du XXIe si&#232;cle, dissimule mal un sentiment d'impuissance, ce qui, sans surprise, ne suscite pas beaucoup de victoires ni d'adh&#233;sion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous, acteurs sociaux, nous avons la responsabilit&#233; historique de d&#233;finir d'autres formes de militantisme qui s'affranchissent des mod&#232;les anciens. Nous ne militerons plus, nous ne nous engagerons plus au nom de nos croyances, de nos esp&#233;rances et de nos &#171; fois &#187; pass&#233;es. Nous ne sommes plus militants comme au si&#232;cle dernier, parce que nous croyons &#224; des transformations et &#233;volutions sociales, mais justement parce que nous n'y croyons plus. L'engagement, ce n'est plus un choix, une option, une distinction, c'est tout simplement une n&#233;cessit&#233; parce que la r&#233;alit&#233; que nous partageons avec nos publics est juste inacceptable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, c'est l'acte m&#234;me du social qui est devenu militant en soi. Rejoindre nos publics, faire alliance avec ces autres qu'on nous oppose, b&#226;tir du collectif, une communaut&#233; qui fasse soci&#233;t&#233; dans une soci&#233;t&#233; qui n'en est plus une, tel est notre combat, notre programme. Et nous avons pour nous la conscience simple et claire de la n&#233;cessit&#233;. Nous y parviendrons pour la seule raison que c'est in&#233;vitable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Autogestion en travail social : utopie ou possibilit&#233; ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Autogestion-en-travail-social-utopie-ou-possibilite</link>
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		<dc:subject>Organisation</dc:subject>
		<dc:subject>1352</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Face &#224; l'usure professionnelle, aux carcans des pratiques dict&#233;es par les protocoles et autres guides de bonnes pratiques visant le contr&#244;le social des populations, des solutions existent. Vous avez dit autogestion ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Jonathan Louli, travailleur social, formateur, dipl&#244;m&#233; en sociologie et anthropologie &lt;br class='autobr' /&gt;
L'autogestion en travail social : une n&#233;cessit&#233; L'&#233;ternel &#171; malaise &#187; dans nos m&#233;tiers, actualis&#233; par la crise du Covid, me semble avant tout aliment&#233; par les tensions vers l'industrialisation du (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Face &#224; l'usure professionnelle, aux carcans des pratiques dict&#233;es par les protocoles et autres guides de bonnes pratiques visant le contr&#244;le social des populations, des solutions existent. Vous avez dit autogestion ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Jonathan Louli, travailleur social, formateur, dipl&#244;m&#233; en sociologie et anthropologie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'autogestion en travail social : une n&#233;cessit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;ternel &#171; malaise &#187; dans nos m&#233;tiers, actualis&#233; par la crise du Covid, me semble avant tout aliment&#233; par les tensions vers l'industrialisation du travail social (1) : instrumentalisations &#233;conomiques et politiques des secteurs, formatages des pratiques par les technologies gestionnaires et num&#233;riques, &#171; taylorisation &#187; de l'activit&#233; (travail morcel&#233;, flux tendu&#8230;), sentiments d'exploitation et de perte de sens&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien qu'il ait diff&#233;rentes formes selon les lieux, le contexte d'industrialisation est constitu&#233; de processus et de d&#233;cisions qui s'appliquent sans aucune consultation des professionnel&#183;le&#183;s et personnes concern&#233;&#183;e&#183;s. Les fonctionnements des secteurs du travail social sont, comme le reste du monde du travail salari&#233;, fond&#233;s sur un d&#233;ni de d&#233;mocratie, en ceci que les pouvoirs de d&#233;cision sont concentr&#233;s dans certains &#233;chelons, non &#233;lus, du &#171; syst&#232;me hi&#233;rarchique &#187; comme dit le philosophe C. Castoriadis (2).&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce fait donne &#224; voir une contradiction majeure dans les pratiques de travail social : comment amener les personnes accompagn&#233;es &#224; d&#233;velopper leur autonomie et leur conscience de soi en s'adaptant &#224; leurs rythmes et besoins, tout en &#233;tant soi-m&#234;me, en tant que professionnel&#183;le, subordonn&#233; et d&#233;responsabilis&#233;&#183;e ? C'est &#224; cause de cette situation contradictoire que notre imaginaire est inquiet et ass&#233;ch&#233; concernant l'autonomie des personnes accompagn&#233;es, celle-ci &#233;tant souvent r&#233;duite &#224; la capacit&#233; &#224; se conformer aux attendus des normes de l'insertion.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'autogestion, en contribuant &#224; lib&#233;rer les pratiques et les id&#233;es de chacun&#183;e, peut permettre de d&#233;passer cette contradiction. Elle est &#224; la fois un but et un moyen, comme le synth&#233;tise l'association Autogestion : &#171; c'est avant tout la gestion par toutes et tous des affaires qui les concernent, de l'ensemble des d&#233;cisions qui r&#233;gissent leur vie. En un mot, l'autogestion, c'est la d&#233;mocratie &#187; (3). Dans le monde du travail, l'autogestion renvoie donc &#224; une horizontalit&#233; dans la prise de d&#233;cision, ou &#171; gestion d&#233;mocratique &#187; comme dit Castoriadis.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'autogestion renvoie &#224; l'id&#233;e que m&#234;me s'il peut y avoir division du travail, le point de vue de tout le monde doit compter dans les prises de d&#233;cision, surtout celui des salari&#233;&#183;e&#183;s qui r&#233;alisent le travail de terrain au &lt;span class='spip_document_7651 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L350xH360/capture_d_e_cran_2023-12-19_a_09.49.23-e67c3.png?1704186183' width='350' height='360' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; quotidien. Dans notre soci&#233;t&#233; o&#249; l'incertitude, les tensions et la complexit&#233; paraissent aller en s'accroissant, il est de plus en plus irrationnel et archa&#239;que que les pouvoirs de d&#233;cision soient concentr&#233;s entre les mains de quelques &#171; dirigeants &#187;, &#171; sachants &#187; ou autres bureaucrates qui, comme le dit encore Castoriadis, sont forc&#233;ment &#224; distance du travail concret avec les personnes. En somme, l'autogestion est, comme dit Yvon Bourdet, une &#171; concertation des autonomies &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'autogestion ne va pas de soi : elle n&#233;cessite tout d'abord que les informations n&#233;cessaires aux prises de d&#233;cisions soient partag&#233;es d&#233;mocratiquement et non confisqu&#233;es par les hi&#233;rarchies. Elle n&#233;cessite &#233;galement une forme d'&#233;ducation et de responsabilisation des personnes &#224; l'encontre de ce qui se fait actuellement. Enfin, si des &#233;quipes voire des &#233;tablissements fonctionnent d&#233;j&#224; en autogestion, l'utopie serait plut&#244;t dans une ouverture &#224; l'autogestion du monde institutionnel et politique&#8230; &#171; La libert&#233; c'est tr&#232;s difficile &#187;, comme l'admet Castoriadis. Mais la situation actuelle de nos secteurs professionnels et de nos publics ne l'est-elle pas davantage&#8230; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) jlouli.fr&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) &lt;a href=&#034;https://bit.ly/3tc2AdX&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://bit.ly/3tc2AdX&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) &lt;a href=&#034;https://autogestion.asso.fr/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://autogestion.asso.fr/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Ombeline Barberot, &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Autogestion.&lt;br class='autobr' /&gt;
5 ans que l'on retourne ce mot dans tous les sens dans notre association : dans notre vision, nos valeurs, aux portes ouvertes, en r&#233;union&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
On le critique, parfois, en se disant qu'on reproduit quand m&#234;me les sch&#233;mas dominants o&#249; celui qui sait le mieux parler gagne. Qu'il vaut mieux ne plus dire qu'on est un lieu autog&#233;r&#233;. Que les centaines d'heures de r&#233;unions pour penser &#224; un cadre s&#233;cure en &#233;vitant les syst&#232;mes pyramidaux nous &#233;puisent&#8230; Mais on s'y accroche, quand m&#234;me, en se disant qu'on ne doit pas l&#226;cher et qu'on doit toujours &#171; tendre &#224; &#187;, toujours &#171; aller vers &#187; cette &#171; utopie &#187;. Cette utopie o&#249; il n'y aurait pas de chefs, parce que les chefs&#8230; c'est nul.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, quand est venu le moment de cr&#233;er un h&#233;bergement d'urgence dans notre Tiers Lieu, &#233;videmment nous avons pens&#233; &#171; Autogestion &#187;. Comment faire autrement que de r&#233;fl&#233;chir &#224; une petite structure sociale o&#249; &#171; l'&#233;ducation et le vivre ensemble ne sont possibles que sous des formes r&#233;duites, relativement autonomes o&#249; l'&#233;mancipation individuelle passe par des exp&#233;riences collectives ma&#238;tris&#233;es et spontan&#233;ment &#233;valuables &#187; en suivant ainsi le mod&#232;le des Lieux de Vie et d'Accueil, eux-m&#234;mes reconnus par la loi 2002-2. Objectif qui devient bien plus palpable et indissociable quand on n'a pas de subventions, et peu de salari&#233;s. Il faut s'organiser, &#171; r&#233;unionner &#187; et agir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais en travail social, qui est le chef ? Peut-&#234;tre bien nous. Surtout en contexte interculturel o&#249; l'asym&#233;trie des positions est palpable. De fait, l'accueillant.e, le &#171; natif &#187; est chez lui et occupe une position dominante de par son statut, sa connaissance du territoire, de la langue et des dispositifs administratifs. Comme le dit Bolzman, le risque &#171; serait de croire que la relation &#224; l'autre est &#233;galitaire &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
De m&#234;me, en apportant des outils d'intelligence collective occidentalo-centr&#233;s afin de montrer (imposer ?) comment se pratiquerait l'autogestion, ne risquons-nous pas de basculer dans l'effet inverse ? En effet, les accueillis s'organisent pourtant tr&#232;s bien eux- m&#234;me, selon des processus traditionnels et leur propre gestion communautaire. Le plus &#226;g&#233; doit faire &#231;a, quant au plus jeune il fait &#231;a. Tout le monde est &#224; l'aise avec &#231;a. Alors, pourquoi vouloir imposer un tour de lessive pour que &#231;a soit plus d&#233;mocratique, participatif et autog&#233;r&#233; ? Parce que, peut-&#234;tre, que le plus &#226;g&#233; en a marre de toujours tout faire. Et peut-&#234;tre que &#171; la possibilit&#233; &#187; de pouvoir avoir acc&#232;s &#224; une autre mani&#232;re de faire est &#224; proposer&#8230; ou pas&#8230; Sydney Gaultier parle de l'exil comme d'un passage &#171; de la soci&#233;t&#233; de la norme &#187; (soci&#233;t&#233;s traditionnelles bas&#233;es sur l'interdit) &#224; &#171; la soci&#233;t&#233; des possibles &#187; (soci&#233;t&#233; individualiste bas&#233;e sur l'autonomie). Cette derni&#232;re pouvant cr&#233;er ce sentiment d'insuffisance au monde et de ne jamais &#234;tre &#224; la hauteur. Vigilance donc. Le passage par un travail interculturel en profondeur est indispensable pour une pratique qu'on veut la plus horizontale avec des publics immigr&#233;s et/ou exil&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors oui, je crois que c'est possible et m&#234;me souhaitable, et que c'est intrins&#232;quement li&#233; &#224; nos missions professionnelles afin que les individus reprennent ce fameux pouvoir d'agir. Mais cela ne sera possible que si les institutions tendent &#224; leur propre psychoth&#233;rapie et se renouvellent en cr&#233;ant des cadres singuliers, interm&#233;diaires, novateurs et s&#233;curisants qui s'&#233;loignent de l'uniformisation. Chaque accueilli.e pouvant trouver sa place dans le quotidien&#8230; comme la gouvernance. Ainsi ouvrirons-nous le champ des possibles pour atteindre une certaine &#171; utopie sociale &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Coll&#232;gue en difficult&#233; : comment faire ? &#187;</title>
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		<dc:subject>Relation</dc:subject>
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&lt;p&gt;Nous avons tous connus un coll&#232;gue en difficult&#233; au travail. Nous avons peut-&#234;tre &#233;t&#233; ce coll&#232;gue. L'aide que l'on nous a apport&#233; nous a aider. C'est l'affaire de tous et toutes d'&#234;tre attentif &#224; l'autre, car ce qu'il lui arrive peut nous arriver. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Alice Mass&#233;, formatrice en travail social &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Quand je te dis mes difficult&#233;s, je n'ai pas besoin que tu y trouves absolument une solution. M'&#233;couter, c'est suffisant parfois &#187;. Bien heureux, le coll&#232;gue qui m'a rappel&#233; par ces mots que la recherche constante de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Relation-456" rel="tag"&gt;Relation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1350-" rel="tag"&gt;1350&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous avons tous connus un coll&#232;gue en difficult&#233; au travail. Nous avons peut-&#234;tre &#233;t&#233; ce coll&#232;gue. L'aide que l'on nous a apport&#233; nous a aider. C'est l'affaire de tous et toutes d'&#234;tre attentif &#224; l'autre, car ce qu'il lui arrive peut nous arriver.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Alice Mass&#233;, formatrice en travail social&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand je te dis mes difficult&#233;s, je n'ai pas besoin que tu y trouves absolument une solution. M'&#233;couter, c'est suffisant parfois &#187;. Bien heureux, le coll&#232;gue qui m'a rappel&#233; par ces mots que la recherche constante de r&#233;ponse &#224; tout probl&#232;me n'&#233;tait pas n&#233;cessaire et m&#234;me parfois pas tr&#232;s saine !&lt;br class='autobr' /&gt;
Coll&#232;gue en difficult&#233; : comment faire ? Qu'on ne s'y trompe pas, je ne recommande pas de ne rien faire. Mais plut&#244;t d'agir de fa&#231;on un peu plus fine. Pourquoi ne pas valoriser une &#233;ni&#232;me fois l'&#233;coute active ? Cette derni&#232;re initi&#233;e par l'approche centr&#233;e sur la personne, d&#233;velopp&#233;e par Carl Rogers permet de repenser la qualit&#233; de la relation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Platon nous dit : &#171; Si on interroge les hommes en posant bien les bonnes questions, ils d&#233;couvrent d'eux-m&#234;mes la v&#233;rit&#233; sur chaque chose. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Joliment dit !&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour ma part, je dirai qu'&#233;couter activement son coll&#232;gue, c'est le regarder avec les oreilles, l'entendre avec les yeux et le voir avec le c&#339;ur. C'est le consid&#233;rer, lui, avant sa difficult&#233;, le resituer au c&#339;ur de son pouvoir d'agir.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;span class='spip_document_7541 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L400xH389/capture_d_e_cran_2023-11-20_a_11.20.12-b4881.png?1700694060' width='400' height='389' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; C'est faire comprendre &#224; celui qui se sent dans l'impasse que s'il peut provoquer chez moi cette attention fine &#224; son &#233;gard, &#224; un moment o&#249; je ne peux pas, o&#249; je ne voulais pas forc&#233;ment le faire, alors il a sans doute plus de ressources qu'il ne le croit !&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais nous ne sommes pas tous th&#233;rapeutes, install&#233;s dans un fauteuil et pr&#234;ts &#224; s'exercer &#224; la pratique de l'&#233;coute active. Je ne sais pas s'il s'agit d'une culture du travail social, acquise par des ann&#233;es d'exp&#233;rience et d&#233;velopp&#233;e dans des contextes parfois inconfortables, mais il me semble que la pratique de l'&#233;coute active dans notre domaine s'exprime dans les espaces infiniment riches et puissants, des interstices. L&#224; o&#249; l'informel permet de dire &#171; je n'y arrive pas, je n'y arrive plus. Je ne te laisse ni trop de place ni trop de temps pour l'entendre et risquer de me juger. Mais je le dis &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je terminerai cette parole de terrain par une r&#233;flexion bien plus pragmatique. J'invite les institutions &#224; envisager l'achat d'une machine &#224; caf&#233; qui mou son grain. Je m'explique : lorsque vous s&#233;lectionnez votre caf&#233;, le hasard bien heureux veut qu'un de vos coll&#232;gues arrive justement maintenant : il a la mine d&#233;confite, le teint morne. La machine se met soudainement &#224; produire une cacophonie assez affreuse o&#249; s'entrechoquent les grains de caf&#233; jusqu'&#224; l'&#233;clatement. C'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; ce moment-l&#224; que la confidence est permise, voire largement sugg&#233;r&#233;e par le robot. Le coll&#232;gue t&#233;moigne de son aveu de faiblesse, personne d'autre que vous ne l'entend face au miracle caf&#233;in&#233; et le temps consacr&#233; &#224; ce vacarme est si court que la r&#233;ponse par solution est impossible. La violence de l'&#233;v&#232;nement m&#233;canique n'est plus rien face au gouffre d'impuissance de votre pair. Ne reste qu'&#224; accueillir la plainte et &#224; lui faire une place au milieu du bruit terrible, mais annonciateur d'un premier r&#233;confort : une tasse bien chaude et bien cors&#233;e de caf&#233; (cette th&#233;orie ne fonctionne plus aussi bien avec le th&#233; malheureusement).&lt;br class='autobr' /&gt;
Si vous doutez de votre capacit&#233; &#224; aider, ne doutez plus de la machine &#224; caf&#233; : elle nous r&#233;serve d&#233;j&#224; beaucoup de potentialit&#233;s. Et m&#234;me quand elle ne fonctionne plus (soit une &#224; deux fois par semaine), son dysfonctionnement g&#233;n&#232;re un petit attroupement de coll&#232;gues curieux et agac&#233;s qui va vite s'orienter vers le plan B de l'informel et de l'entraide : &#171; Pause clope ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Vincent Pallard, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; en protection de l'enfance &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;J'ai toujours quelque chose &#224; &#233;crire lorsque l'on me demande de traiter un sujet en lien avec le travail social. Pourtant, lorsque l'on m'a demand&#233; de prendre position sur le th&#232;me &#171; Coll&#232;gue en difficult&#233; : comment faire ? &#187; : j'ai bugg&#233;. J'ai pris connaissance du sujet et suis rest&#233; devant ma page blanche pendant une heure. Un comble, parce que des situations de crise qui ont n&#233;cessit&#233; de l'&#233;lan de solidarit&#233;, j'en ai connu quelques-unes dans ma carri&#232;re ! Mais rien n'est sorti.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment estimer &#234;tre un bon &#233;ducateur si sur la base de cette simple question, j'en ai autant &#224; dire que sur la m&#233;canique des fluides ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors oui d'accord : &#171; solidarit&#233;, entraide, bienveillance, non-jugement, esprit d'&#233;quipe, soutien &#187;, bla-bla-bla. &#199;a, c'est du discours consensuel. On pourrait tous r&#233;pondre la m&#234;me chose, mais &#231;a n'est que du concept. Or l'&#233;ducateur n'est pas un simple &#234;tre de concept porteur d'une morale d&#233;contextualis&#233;e. Le travailleur social, c'est un &#233;lectron libre forg&#233; de terrain et d'action, g&#233;n&#233;rateur d'id&#233;es qui d&#233;passent, voire transcendent la notion de concept, pour &#233;pouser la singularit&#233; de l'instant qui guette le quotidien. Le concept pour moi, c'est la simplicit&#233;. Or les probl&#233;matiques du quotidien, qu'elles soient rencontr&#233;es au c&#244;t&#233; de l'usager ou du coll&#232;gue, ne sont pas lisses. Elles sont complexes, arborescentes. Elles ne doivent pas &#234;tre r&#233;duites &#224; des questions d'ordre limitatif ni inviter &#224; la bonne parole. Elles impliquent de l'engagement sur un concret pluriel et adaptatif.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a ne vous frise pas un tant soit peu les sourcils &#224; vous, lorsque vous &#234;tes en r&#233;union de COPIL pour red&#233;finir les axes du projet institutionnel et que, tr&#232;s vite, sont list&#233;es en paperboard des phrases de type : &#171; promouvoir la bienveillance &#187;, &#171; valoriser le pouvoir d'agir &#187;, &#171; favoriser la citoyennet&#233; &#187; ? Moi si. Parce que derri&#232;re des valeurs conformes et vaporeuses qui ne parlent &#224; personne d'autre qu'&#224; nous-m&#234;mes - si elles ne d&#233;passent pas le stade embryonnaire de l'id&#233;ologie - s'ensuivent des promesses d'engagement &#224; l'Autre qui n'ont pour principale fonction que de rassurer des enjeux d'ego. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment ce qui s'est pass&#233; lorsque j'ai paniqu&#233; face &#224; ma page blanche. J'ai tent&#233; de r&#233;pondre par du concept, parce que j'ai assimil&#233; la question &#224; travers le prisme du g&#233;n&#233;ral. La question que je me suis pos&#233;e n'appelait qu'une r&#233;ponse plate de ma part pour me rassurer sur le fait que j'ai r&#233;solument toujours &#233;t&#233; un bon coll&#232;gue. Alors que d'une, ce n'est pas possible, et que de deux, ce n'est pas &#224; moi de le d&#233;cr&#233;ter.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment aider un coll&#232;gue en difficult&#233; ? Dans l'absolu, en amont d'en conna&#238;tre les raisons, je n'en sais rien. De quelle difficult&#233; parlons-nous ? De quel coll&#232;gue ? Je me suis amus&#233; &#224; lister toutes les situations de ma carri&#232;re o&#249; j'ai estim&#233; &#234;tre &#224; la hauteur du besoin d'aide d'un acolyte de terrain. Et celles o&#249; j'ai estim&#233; ne pas l'&#234;tre. Pour mettre en relief des similitudes de postures et de r&#233;ponses, &#224; cette question qui n'est fondamentalement pas simple. Alors si je dois faire simple, je n'ai pas trouv&#233; de raison qui ne soit li&#233;e &#224; l'instinct de l'autre et &#224; l'intelligence de la relation, lorsque j'estime avoir &#233;t&#233; bon. Tout comme je ne vois pas autre chose que les contingences institutionnelles, des humeurs, des ego fragiles, et/ou encore des r&#233;sistances individuelles qui m'appartenaient, lorsque j'estime ne l'avoir pas &#233;t&#233;. Il n'existe aucune r&#233;ponse binaire dans le travail social. Et les questions qui les appellent r&#233;duisent l'essence de notre travail &#224; du joli bla-bla qui freine plus qu'il ne fait avancer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La machine &#224; caf&#233; : ragots ou &#233;changes professionnels ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/La-machine-a-cafe-ragots-ou-echanges-professionnels</link>
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		<dc:subject>Relation</dc:subject>
		<dc:subject>analyse de pratiques</dc:subject>
		<dc:subject>1349</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'odeur et le son caract&#233;ristique du caf&#233; qui coule est bien connu des travailleurs sociaux. Cela en serait presque caricatural si finalement, cet espace de pause &#233;tait bien plus riche que l'on ne le pense. Vous prendrez bien un petit caf&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Ludivine Spanneut, formatrice en travail social &lt;br class='autobr' /&gt;
Le caf&#233; n'est pas juste un breuvage mais contient une fonction socialisante incontestable. Nous faisons connaissance autour d'un premier caf&#233;. Nous nous invitons &#224; prendre un caf&#233; et l'on se r&#233;concilie autour (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/analyse-de-pratiques" rel="tag"&gt;analyse de pratiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1349-" rel="tag"&gt;1349&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'odeur et le son caract&#233;ristique du caf&#233; qui coule est bien connu des travailleurs sociaux. Cela en serait presque caricatural si finalement, cet espace de pause &#233;tait bien plus riche que l'on ne le pense. Vous prendrez bien un petit caf&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Ludivine Spanneut, formatrice en travail social&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le caf&#233; n'est pas juste un breuvage mais contient une fonction socialisante incontestable. Nous faisons connaissance autour d'un premier caf&#233;. Nous nous invitons &#224; prendre un caf&#233; et l'on se r&#233;concilie autour d'un caf&#233;. Parfois, on refait le monde. Il d&#233;lie les langues et permet de cr&#233;er des liens, c'est ce qu'il a de commun avec l'alcool avec de s&#233;rieux avantages sur ce dernier : il est autoris&#233;, voire indispensable, au travail et en formation. M&#234;me en cas d'exc&#232;s, nous nous souvenons de ce que l'on a dit ou fait le lendemain !&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;span class='spip_document_7506 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L420xH415/capture_d_e_cran_2023-11-06_a_11.07.07-7c135.png?1699484465' width='420' height='415' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Le caf&#233; a longtemps &#233;t&#233; le breuvage officiel du travailleur social, bien des citernes ont coul&#233; dans nos estomacs, pour rejoindre rapidement nos vessies. Mais je constate aujourd'hui que le caf&#233; a d&#251; faire de la place au th&#233; et &#224; la tisane parmi les travailleurs sociaux, qui fument beaucoup moins aussi. Lien de cause &#224; effet ? Moins de clopes, moins de caf&#233;, plus de tisane ? Autres temps, autres m&#339;urs ? Un peu de tout cela s&#251;rement. Mais ce qui reste immuable, est le fait que le lieu o&#249; se trouvent ces breuvages dans une institution quelle qu'elle soit, est un haut lieu de sociabilit&#233;. The &#171; place to be &#187;. Mais pas trop longtemps quand m&#234;me, juste pour une pause.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans mon EFTS (1), cet &#233;quipement se trouve dans une grande pi&#232;ce qui sert de lieu de pause, d'accueil, de travail, de repas, de documentation o&#249; on lit LIEN SOCIAL ! C'est un lieu de passage et d'&#233;changes. Quand je ne suis pas en cours, je m'y installe pour travailler au bout d'une longue table, avec vue panoramique sur l'ensemble de l'espace, juste en face de la machine &#224; caf&#233; et autres bouilloires. C'est un poste d'observation et d'interactions privil&#233;gi&#233;. Dans une d&#233;marche quasi ethno m&#233;thodologique, j'y observe le monde des &#233;tudiants. Je participe bien s&#251;r avec eux &#224; la construction de ce monde car nous sommes ensemble, en lien. Je mesure l'&#233;volution des m&#339;urs lorsque j'entends des jeunes &#233;tudiantes parler de leurs r&#232;gles et de leurs choix de protection, me r&#233;jouissant ainsi que ce ne soit plus un tabou pour elles comme cela l'a &#233;t&#233; pour les femmes de ma g&#233;n&#233;ration. Ici, les &#233;tudiants se croisent et discutent et les futurs chefs de service &#233;changent avec les futurs surveillants de nuit ou &#233;ducatrices qu'ils auront &#224; encadrer un jour.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces &#233;changes font tomber des pr&#233;jug&#233;s, participent &#224; la re-connaissance, et contribuent ainsi &#224; la construction de leurs identit&#233;s professionnelles respectives. Autant en parlant du dernier film vu au cin&#233;, que de l'otite du petit dernier ; en se donnant le mode d'emploi de ladite machine &#224; caf&#233; que les novices ou &#233;tudiants de passage ne ma&#238;trisent pas ; en parlant du cours, d'un formateur, ou avec lui, des difficult&#233;s rencontr&#233;es ; en &#233;tablissant des strat&#233;gies d'entraide ; en riant ou en r&#226;lant, parfois en pleurant, en s'engueulant ; en remplissant, en renversant, en essuyant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien plus qu'un caf&#233;, nous partageons nos joies et nos peines. Nous faisons l'&#233;tat des lieux des institutions, en s'autorisant &#224; donner nos avis, on s'insurge et on rit. Autour du caf&#233;, nous d&#233;couvrons certains &#233;tudiants de la m&#234;me promo, au-del&#224; des relations &#233;tablies en cours. Qu'une telle joue au foot, qu'un autre est papa solo. Que la formatrice qui semble si stricte est aussi tr&#232;s maladroite et capable d'en rire. Nous apprenons &#224; mieux se conna&#238;tre, &#224; vivre ensemble &#171; le social &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lieu des ragots et des &#233;changes s&#233;rieux, du futile autant que de l'utile, l'espace caf&#233;-th&#233;-tisane-chacun sa came- centre n&#233;vralgique des interactions dans une institution, est cet espace interstitiel qui contribue au sentiment de reconnaissance, d'appartenance &#224; un groupe, et au travail social.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) &#201;tablissement de formation en travail social&lt;HR&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Jean-Marie Vauchez, directeur EFTS, formateur &#224; l'&#233;cole de la protection de l'enfance, membre du haut conseil du travail social (HCTS)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans son livre, &lt;i&gt;Le cru et le cuit&lt;/i&gt;, le c&#233;l&#232;bre anthropologue s'int&#233;resse &#224; l'opposition entre ces deux &#233;tats de la mati&#232;re culinaire, et &#233;tablit qu'elle constitue une opposition fondamentale dans de nombreuses cultures. Pour illustrer son propos, L&#233;vi-Strauss analyse un grand nombre de mythes et de rites de diff&#233;rentes cultures du monde. Au fond, il pose cette question fondamentale : qu'est-ce qui, au travers du rituel des repas, fait soci&#233;t&#233; pour la race humaine ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Et pour nous autres &#233;ducs et travailleurs sociaux ? On ne mange pas si souvent ensemble, ou alors avec un groupe d'enfants ou d'adultes en difficult&#233;. Le repas est pour nous un vrai moment de boulot o&#249; nous pouvons transmettre des valeurs, observer les difficult&#233;s qui se manifestent et font sens petit &#224; petit ou encore imposer le respect des autres convives &#224; celui qui d&#233;borde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour nous autres, faire soci&#233;t&#233;, c'est faire &#233;quipe. Or, qu'est-ce qu'il reste ? La pause clope est confin&#233;e dans les ext&#233;rieurs de l'institution, pour les irr&#233;ductibles qui ne vapotent pas encore. Le petit coup de bistrot entre coll&#232;gues du soir, qui pouvait s'&#233;terniser&#8230; C'est peut-&#234;tre une impression de vieux con, mais j'ai l'impression que cela p&#233;riclite un peu. Reste la machine &#224; caf&#233; !&lt;br class='autobr' /&gt;
S'il faut chercher un lieu de socialisation dans l'institution, il ne faut pas aller plus loin que la machine &#224; caf&#233;. Parfois, elle est industrielle, bard&#233;e de tuyaux et d'extr&#233;mit&#233;s technologiques permettant de produire le nuage de lait indispensable &#224; certains ou l'expresso bien serr&#233;, parfois elle est toute simple avec son entartage perp&#233;tuel et ses filtres jamais l&#224; o&#249; il faut.&lt;br class='autobr' /&gt;
La machine &#224; caf&#233; est &#224; l'image de l'institution qui l'accueille, et si on voulait chercher un endroit o&#249; ceux qui en sont le c&#339;ur se retrouvent, alors le local de la machine &#224; caf&#233; est certainement celui-l&#224;. C'est le lieu o&#249; on peut faire soci&#233;t&#233;, c'est-&#224;-dire construire, entretenir et s'appuyer sur des solidarit&#233;s professionnelles de coll&#232;gues, de pairs, de compagnons d'aventures &#233;ducatives.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est autour de ce simple caf&#233; que l'on peut s'autoriser &#224; dire beaucoup de choses. Souvent, ce qui vient en premier, c'est ce qui fait mal. C'est cette petite vexation du chef qui a voulu asseoir son autorit&#233; en discr&#233;ditant l'&#233;duc ; c'est ce moment de vide o&#249; l'on n'a rien compris de ce qui se passait, submerg&#233; par une pathologie qui d&#233;rive un peu trop ou des comportements que l'on n'a pas su accueillir ; c'est cette situation qui a, bri&#232;vement fendu une br&#232;che entre les enjeux professionnels et certaines souffrances personnelles&#8230; La liste est longue ! Mais, plus timidement arrive parfois aussi le partage de petites joies. Ce moment de partage complice avec le/la coll&#232;gue lors de l'activit&#233; du jour que l'on va juste souligner d'un clin d'&#339;il complice ; cette minute o&#249; l'on s'est dit que pour untel, les choses basculaient, enfin dans le sens que l'on esp&#233;rait ; cette franche rigolade de l'autre jour o&#249;, on ne sait pas pourquoi, on &#233;tait bien ensemble !&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien s&#251;r, on va me r&#233;torquer que ce genre de lieux, c'est le lit des ragots et des racontars qui font le d&#233;sespoir des partisans du secret professionnel ; c'est vrai, mais pas tant que cela !&lt;br class='autobr' /&gt;
En 30 ans de m&#233;tier d'&#233;duc, le plus souvent en internat, je n'ai pas tellement connu de d&#233;rapages. Le plus souvent, les coll&#232;gues s'autodisciplinaient et &#233;vitaient de trop d&#233;river. La qualit&#233; des &#233;changes est le reflet de celle de l'ambiance de travail de l'institution. Maintenant que je suis dans une fonction d'encadrement, je mesure l'importance de ce genre d'endroit interstitiel pour que les &#233;quipes puissent prendre forme et qu'un autre type d'&#233;changes se noue entre les membres de l'&#233;quipe. Bien s&#251;r, personne ne ma&#238;trise r&#233;ellement ce qui s'y dit, mais c'est justement cela qui est la condition indispensable pour qu'une v&#233;ritable libert&#233; de parole existe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Acc&#232;s aux droits : quels enjeux ?</title>
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		<dc:subject>Aide sociale</dc:subject>
		<dc:subject>Citoyennet&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>1348</dc:subject>

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&lt;p&gt;Accompagner les personnes dans leurs d&#233;marches, les informer et les orienter vers les services adapt&#233;s en vue d'une enti&#232;re citoyennet&#233;, repose sur un enjeu majeur : l'acc&#232;s aux droits de toutes et tous, sans conditions. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Laurent Guenebaut, travailleur social, formateur et auteur (1) &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque la reconnaissance de la citoyennet&#233; passe par un professionnalisme humain &lt;br class='autobr' /&gt; Je me souviens de cette ann&#233;e 2002. Nos certitudes, nos postures de l'&#233;poque, s'effritaient, &#233;taient remises en question. Pire : (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Paroles-de-me%CC%81tiers" rel="directory"&gt;Paroles de me&#769;tiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Citoyennete" rel="tag"&gt;Citoyennet&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1348-" rel="tag"&gt;1348&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Accompagner les personnes dans leurs d&#233;marches, les informer et les orienter vers les services adapt&#233;s en vue d'une enti&#232;re citoyennet&#233;, repose sur un enjeu majeur : l'acc&#232;s aux droits de toutes et tous, sans conditions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Laurent Guenebaut, travailleur social, formateur et auteur (1)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Lorsque la reconnaissance de la citoyennet&#233; passe par un professionnalisme humain&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span class='spip_document_7461 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L350xH439/capture_d_e_cran_2023-10-24_a_08.51.47-d1629.png?1698242460' width='350' height='439' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Je me souviens de cette ann&#233;e 2002. Nos certitudes, nos postures de l'&#233;poque, s'effritaient, &#233;taient remises en question. Pire : &#233;valu&#233;es. L'hom&#233;ostasie d'antan n'&#233;tait plus ! Nous quittions l'amateurisme pour aller vers le professionnalisme. 2023, que reste-t-il de cette loi ? Une unique phrase, passe-partout, qui m'insupporte &lt;i&gt;&#171; Mettre la personne au centre de son projet &#187;&lt;/i&gt;. 20 ans plus tard, nous savons qu'il nous faut adapter notre accompagnement &#224; son projet. Cependant, le comment reste souvent encore trop approximatif ou inappropri&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour preuve, lorsqu'en qualit&#233; de jury, je demande au futur travailleur social &lt;i&gt;&#171; Comment accompagnez-vous la personne ? &#187;&lt;/i&gt;, alors, commence l'&#233;num&#233;ration de la liste des supports administratifs cr&#233;&#233;s par cette loi du 2&#8239;janvier 2002. Du contrat de s&#233;jour au conseil de la vie sociale en passant par la charte et ses douze points.&lt;br class='autobr' /&gt;
La loi nous donne pourtant une des cl&#233;s principales : la participation. Lorsque j'en demande le sens et le contenu, le silence demeure souvent la seule r&#233;ponse. Non, ce n'est pas faire faire une activit&#233; artistique aux personnes. Puis exposer leurs cr&#233;ations publiquement, comme dans un cirque ou un zoo, en affirmant que c'est extraordinaire, car ce sont des individus en difficult&#233;. Non, ce n'est pas leur demander de quelle couleur peindre les murs et en d&#233;cider autrement, au final.&lt;br class='autobr' /&gt;
La participation se d&#233;finit comme une notion juridique. Elle consid&#232;re l'usager comme Sujet de droit, identique au professionnel qui l'accompagne. L'enjeu majeur r&#233;side &#224; favoriser un contexte qui lui permette d'acc&#233;der &#224; la pleine reconnaissance de l'exercice de ses droits. Gandhi affirmait &lt;i&gt;&#171; Tout ce que vous dites sur moi sans moi, vous le dites contre moi &#187;&lt;/i&gt;. Ainsi, la seconde mise de notre questionnement initial renvoie &#224; la posture professionnelle. Accompagner, c'est faire une partie du chemin ensemble. Comment nous rencontrer dans nos diff&#233;rences, dans ce cadre balis&#233; par objectifs et des limites juridiques. L'inconditionnalit&#233; de notre regard, notre volont&#233; de permettre &#224; ce Sujet de droit, de d&#233;velopper des capacit&#233;s m&#234;mes partielles repr&#233;sentent une &#233;tape incontournable &#224; l'acc&#232;s aux droits des personnes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous devons dans notre relation r&#233;aliser deux postures simultan&#233;es : nous positionner au m&#234;me niveau que la personne. Nous lui reconnaissons sa l&#233;gitimit&#233; en sa qualit&#233; de personne &#224; part enti&#232;re. Osez croiser nos savoirs et nos pratiques, partager nos exp&#233;riences. reconna&#238;tre par exemple qu'elle sait, mieux que nous comment r&#233;agit son enfant dans un contexte pr&#233;cis. Partir de cette comp&#233;tence pour s'engager avec elle sur son chemin. Il nous faut, par ailleurs, oser cr&#233;er un lien de proximit&#233;. Oser nous refl&#233;ter dans le miroir d'autrui afin de cr&#233;er un ancrage relationnel.&lt;br class='autobr' /&gt;
La loi de 2002 affirme que le c&#339;ur de nos m&#233;tiers r&#233;side dans l'accueil et l'accompagnement. Le d&#233;cret du 6&#8239;mai 2017 donne une d&#233;finition du travail social : &lt;i&gt;&#171; Il vise &#224; permettre l'acc&#232;s des personnes &#224; l'ensemble des droits fondamentaux, &#224; faciliter leur inclusion sociale et &#224; exercer une pleine citoyennet&#233;. Dans un but d'&#233;mancipation, d'acc&#232;s &#224; l'autonomie, de protection et de participation des personnes. &#187;&lt;/i&gt; Ainsi, cet enjeu initial nous engage pleinement &#224; exercer un professionnalisme humain. Enfin, toute l'organisation de travail doit soutenir ce processus. &#192; l'inverse, l'acc&#232;s aux droits des personnes reste inaccessible et bafou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Petit trait&#233; du bien-&#234;tre au travail, Laurent Guenebaut, &#233;dition du Panth&#233;on, 2018&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Plume, assistante de service social en HUDA&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens de encore de cette liste des &#171; missions &#187; de l'assistante sociale apprise par c&#339;ur pour mon passage du dipl&#244;me. Parmi celles-ci : &#171; l'acc&#232;s aux droits &#187;. Apr&#232;s neuf ans de pratique &#171; de terrain &#187;, je serais tent&#233;e de le renommer le &#171; combat pour les droits &#187; des personnes que nous accompagnons.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un &#171; combat &#187; qui prend de multiples formes : combat pour s'y retrouver dans des droits en perp&#233;tuelle mutation, combat pour d&#233;fendre des droits en p&#233;ril voire en r&#233;gression, combat pour faire valoir des droits non respect&#233;s, combat pour cheminer avec chacun dans le labyrinthe l&#233;gislatif de l'acc&#232;s aux droits dans un contexte de complexification, d'opacit&#233;, de renforcement des logiques de contr&#244;le et de contrepartie et de d&#233;mat&#233;rialisation, et enfin combat pour informer et convaincre les personnes &#233;loign&#233;es de nos institutions de leur droit&#8230; d'avoir des droits.&lt;br class='autobr' /&gt;
En ce sens, le m&#233;tier de travailleur social, dans cette lutte quotidienne pour l'&#171; acc&#232;s aux droits &#187;, se doit de rev&#234;tir de multiples formes d'engagement, dans une posture de pers&#233;v&#233;rance et de non-renoncement. Veille sociale, militantisme et/ou collaboration avec des associations militantes et des sp&#233;cialistes du droit (avocats, juristes, rapports au d&#233;fenseur des droits), accompagnement physique dans les institutions, multiples mails/courriers/appels t&#233;l&#233;phoniques, mais aussi sensibilisation de chacun sur des droits non-connus, et/ou accompagnement dans le cheminement &#171; psychologique &#187; de l'acceptation que les droits sociaux sont&#8230; un devoir de la soci&#233;t&#233; envers tout individu fragilis&#233; dans son parcours de vie et non&#8230; une dette de la personne susceptible d'en b&#233;n&#233;ficier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que les discours gouvernementaux et officiels pr&#244;nent la &#171; lutte contre le non-recours &#187;, et le d&#233;veloppement de l'&#171; aller-vers &#187;, force est de constater que la r&#233;alit&#233; du terrain des professionnels du secteur en semble, souvent, tr&#232;s &#233;loign&#233;e : surcharge de travail, disparition progressive des logiques d'inconditionnalit&#233; et d'accueil, renforcement des logiques de contrepartie et de stigmatisation des &#171; usagers &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En neuf ans d'exp&#233;rience, combien ai-je vu de dossiers refus&#233;s pour des d&#233;tails ou &#171; perdus dans les m&#233;andres des institutions &#187; ? Combien de changements r&#233;glementaires qui ne font que complexifier les d&#233;marches ? Combien de personnes orient&#233;es vers les institutions et refoul&#233;es pour &#171; non-ma&#238;trise de la langue fran&#231;aise &#187;, refus des m&#233;decins d'accepter les Compl&#233;mentaires Sant&#233;s solidaires, ou autres pr&#233;textes plus ambigus/ill&#233;gaux les uns que les autres ? Combien d'heures &#224; tenter de batailler pour obtenir une r&#233;ponse et/ou une clarification &#224; propos d'un blocage administratif, sans possibilit&#233; d'avoir un interlocuteur direct &#224; qui s'adresser ? Sans oublier tous ces &#171; laiss&#233;s pour compte &#187; qui ont abandonn&#233; l'id&#233;e m&#234;me d'acc&#233;der &#224; leurs droits par d&#233;couragement, honte de demander de l'aide, refus des injonctions toujours plus fortes qui y sont associ&#233;es, ou des conditions d'accueil/accompagnement propos&#233;(e) s ?&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#171; arriv&#233;e &#187; de France Travail pour un contr&#244;le croissant des populations pr&#233;caires, le cheminement presque abouti de l'obligation d'activit&#233; pour obtenir le Revenu de Solidarit&#233; Active sont des exemples, parmi tant d'autres, que ce &#171; combat &#187; qui est le n&#244;tre doit se poursuivre, et m&#234;me&#8230; se renforcer !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Travail social et visibilit&#233; : comment sortir de l'ombre ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Travail-social-et-visibilite-comment-sortir-de-l-ombre</link>
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		<dc:subject>Recherche</dc:subject>
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&lt;p&gt;Il y a un constat r&#233;current &#224; nos professions : le manque de visibilit&#233;. Nous souffrons de ce manque de reconnaissance sociale et politique et nous peinons &#224; sortir de l'ombre quand il serait grand temps de mettre en lumi&#232;re notre utilit&#233; sociale. &lt;br class='autobr' /&gt; Par St&#233;phane Rullac, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; et professeur en innovation sociale &#224; la Haute &#201;cole de Travail Social et de sant&#233; de Lausanne (HETSL/HES-SO). &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour sortir de l'ombre, nous devons prendre conscience d'y &#234;tre plong&#233;s depuis le d&#233;but. Le Travail social (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Paroles-de-me%CC%81tiers" rel="directory"&gt;Paroles de me&#769;tiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Recherche" rel="tag"&gt;Recherche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1347-" rel="tag"&gt;1347&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a un constat r&#233;current &#224; nos professions : le manque de visibilit&#233;. Nous souffrons de ce manque de reconnaissance sociale et politique et nous peinons &#224; sortir de l'ombre quand il serait grand temps de mettre en lumi&#232;re notre utilit&#233; sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_7407 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L150xH146/photo_s_rullac_paroles_de_-26752.png?1697061658' width='150' height='146' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par St&#233;phane Rullac, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; et professeur en innovation sociale &#224; la Haute &#201;cole de Travail Social et de sant&#233; de Lausanne (HETSL/HES-SO).&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour sortir de l'ombre, nous devons prendre conscience d'y &#234;tre plong&#233;s depuis le d&#233;but. Le Travail social s'est historiquement cach&#233; pour vivre heureux, dans un entre soi confortable, compos&#233; d'autor&#233;f&#233;rences, partag&#233;es par ses membres r&#233;unis autour d'une pratique transmise par initiation. La manne de l'&#201;tat providence assurait notre train de vie et l'id&#233;ologie progressiste du 20e si&#232;cle assurait la rel&#232;ve des effectifs. H&#233;las, les caisses se vident aujourd'hui pour l'assistance, au profit de la r&#233;pression, et la norme du profit personnel rejette celle du partage solidaire. Le Travail social n'est plus dans l'air du temps du d&#233;but du 21e si&#232;cle. &#192; l'heure du n&#233;olib&#233;ralisme triomphant, les valeurs port&#233;es par ce champ professionnel ne parlent plus &#224; la jeunesse, comme le d&#233;montrent la faible attractivit&#233; du m&#233;tier et la difficult&#233; alarmante des &#233;coles &#224; &lt;span class='spip_document_7398 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L350xH466/capture_d_e_cran_2023-10-07_a_09.02.38-c73ee.png?1697061658' width='350' height='466' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; remplir leurs effectifs. Si rien ne change, le Travail social va passer de l'ombre au n&#233;ant. Il est temps de modifier notre rapport &#224; la soci&#233;t&#233;, au m&#233;tier et &#224; nous-m&#234;mes, pour survivre tout simplement. Si nous continuons ainsi, le m&#233;tier sera repris par le priv&#233; lucratif, comme l'a &#233;t&#233; le secteur des personnes &#226;g&#233;es, avec le r&#233;sultat que nous connaissons. &lt;br class='autobr' /&gt;
La fin du 20e si&#232;cle a connu une r&#233;volution de l'expertise en cr&#233;ant des disciplines universitaires pour soutenir des m&#233;tiers complexes, telles que les Sciences de l'&#233;ducation. Cette reconnaissance soutient le m&#233;tier concern&#233; par des r&#233;f&#233;rences construites scientifiquement et permet d'int&#233;grer le cercle ferm&#233; de l'Expertise, avec des professionnels form&#233;s selon le triptyque Licence/Master/Doctorat. Le Travail social au nom de sa culture de l'ombre n'a pas pris ce virage. Nous ne pouvons pas aujourd'hui revendiquer notre place &#224; la table des experts sociaux, qui participent &#224; r&#233;soudre les maux de la civilisation. Pire, nous restons dans la roue des autres Expertises qui pensent pour nous notre propre pratique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sortir de l'ombre, et ne pas tomber dans le n&#233;ant qui nous menace n&#233;cessite une r&#233;volution culturelle de la connaissance de notre champ professionnel. Si le d&#233;bat a fait rage &#224; ce sujet, le sujet semble enfin clos, devant le p&#233;ril imminent : l'Union Nationale des Acteurs de Formation et de Recherche en Intervention Sociale (UNAFORIS), qui repr&#233;sente une centaine d'&#201;coles de Formation de Travail Social (EFTS), vient de voter pour soutenir la cr&#233;ation d'une discipline Travail social ; la Chaire du Travail social au CNAM a organis&#233; en juin 2023 un colloque international pour soutenir une telle question ; le Haut Conseil du Travail Social (HCTS) pr&#233;pare un Livre blanc qui int&#232;gre cette perspective dans ses r&#233;flexions. La cr&#233;ation de cette discipline est aujourd'hui la bonne strat&#233;gie pour que le Travail social revendique sa &#171; science &#187; de la soci&#233;t&#233; et des accompagnements des personnes en difficult&#233;. Pourtant, l&#224; encore, le risque d'an&#233;antissement est proche, si les EFTS ne sont pas urgemment r&#233;form&#233;es pour int&#233;grer le champ acad&#233;mique, afin de participer pleinement &#224; la vie de la nouvelle discipline qui est avant tout la leur. Pour respecter notre outil de formation autonome, ces &#233;coles doivent devenir des Hautes &#201;coles dans un processus d'acad&#233;misation, comme le pratique depuis 20 ans la Suisse. Une universitarisation serait au contraire une dissolution de notre expertise, de notre reconnaissance et de notre existence. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout compte fait, le Travail social vit certainement un tournant majeur de son histoire, pour sa survie, qui passe par la mise en lumi&#232;re de son Expertise dans le champ acad&#233;mique et donc soci&#233;tal.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt; &lt;span class='spip_document_7408 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L200xH200/photo_max_dauphin_paroles_de-e71d7.png?1697061658' width='200' height='200' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Maxime Dauphin, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; et et doctorant en sciences de l'&#233;ducation.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;meutes urbaines du mois de juin 2023 ont fait &#233;merger le d&#233;litement de l'action &#233;tatique, r&#233;duit &#224; une fabrique de discours s&#233;curitaires et impuissante face &#224; un embrasement g&#233;n&#233;ralis&#233; &#224; tout le pays dans &#171; &lt;i&gt; des quartiers qui, rappelons-le, on ne parlait plus du tout avant ces &#233;meutes malgr&#233; les difficult&#233;s qui perdurent. &#187;&lt;/i&gt; (1)&lt;br class='autobr' /&gt;
La violence a vis&#233; tout particuli&#232;rement des lieux symboliques de l'&#201;tat social (m&#233;diath&#232;ques, CAF, centres sociaux, centres m&#233;dico-sociaux pour enfants autistes&#8230;), qui, selon le sociologue Renaud Epstein, dans un entretien accord&#233; &#224; M&#233;diapart (2) , s'explique par la rel&#233;gation de la politique de la ville &lt;i&gt;&#171; qui a domin&#233; l'espace politique et m&#233;diatique des ann&#233;es 1980 &#224; 2010 &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; a aujourd'hui disparu du d&#233;bat public. &#187;&lt;/i&gt; (3) , en atteste l'abandon du plan Borloo en 2018. &#192; la place &#233;merge la fabrique d'un discours s&#233;curitaire, construisant l'id&#233;e que les policiers seraient les urgentistes de la soci&#233;t&#233;, tout en ajoutant le couplet de la responsabilit&#233; parentale face aux mineurs &#233;meutiers. Dans l'euphorie du d&#233;bat politique, une alternative au tout s&#233;curitaire esquissait le portrait de l'invisible &lt;i&gt;&#171; qui recolle toujours les morceaux &#187;&lt;/i&gt; (4) : le r&#244;le du travail social dans la pr&#233;vention des risques sociaux et d'insertion des jeunes en voie de d&#233;saffiliation sociale. Seulement, la relative invisibilit&#233; du d&#233;bat est quelque part le miroir de la reconnaissance sociale d'un secteur tout entier, et quelque part sert &#224; la fabrique de discours antagonistes, exacerbant les tensions sociales comme &#224; Fr&#233;jus, o&#249; le Maire a amput&#233; des aides sociales et en particulier aux associations relevant du champ social. Le Forum R&#233;publicain, une association de citoyens, cr&#233;&#233;e au lendemain de l'&#233;lection du maire, questionne : &lt;i&gt;&#171; le fait que ces quartiers soient habit&#233;s par les populations les plus fragiles, le plus souvent d'origine &#233;trang&#232;re, ne fait qu'augmenter l'indiff&#233;rence dans laquelle la ville traite la question des centres sociaux &#187;&lt;/i&gt; (5).&lt;br class='autobr' /&gt;
L'exemple de Fr&#233;jus explique un tournant ultras&#233;curitaire par l'instrumentalisation discursive (la recherche du bouc &#233;missaire) des effets de l'impuissance en termes de politique de la ville, &#224; savoir la ghetto&#239;sation d'un quartier. Loin d'y rem&#233;dier, la dichotomie se renforce par l'h&#233;g&#233;monie du discours s&#233;curitaire, qui a pour principal effet d'amplifier le ph&#233;nom&#232;ne d'invisibilit&#233; des travailleurs sociaux (voire d'entrainer son absence par la fermeture d'un centre social). Pourtant, dans les quartiers, les missions de l'&#233;ducateur de pr&#233;vention ne se d&#233;finissent pas par opposition &#224; celle d'un policier, mais dans une mission bien sp&#233;cifique de m&#233;diation et de lien social, dans une soci&#233;t&#233; &#339;uvrant &#224; l'int&#233;gration et au vivre ensemble. De ce fait, sa visibilit&#233; se d&#233;voile dans une fabrique de discours &#233;mancipateurs du sujet inscrit dans un territoire dans sa complexit&#233;, c'est-&#224;-dire d&#233;pendant d'un interventionnisme &#233;tatique en mati&#232;re de coh&#233;sion sociale, mais aussi d'urbanisme, de transport et scolaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
La question est la suivante : comme Sisyphe remontant inlassablement son rocher (6), le travailleur social recolle d&#233;sesp&#233;r&#233;ment les m&#234;mes morceaux, ne serait-ce pas le temps de l'&#233;couter davantage ?&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt; (1) &lt;i&gt;Violences urbaines : entre col&#232;re, rupture du lien et manque de consid&#233;ration&lt;/i&gt; | Didier Dubasque : &lt;a href=&#034;https://bit.ly/3ETgdRu&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://bit.ly/3ETgdRu&lt;/a&gt; (2) &lt;i&gt;&#171; La politique de la ville a disparu de l'espace public &#187;&lt;/i&gt; | Mediapart &lt;a href=&#034;https://bit.ly/3ETsgOy&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://bit.ly/3ETsgOy&lt;/a&gt; (3) Didier Dubasque (2023), op cit. (4) Ibid. (5) Berteloot T. (2023) &lt;i&gt;&#192; Fr&#233;jus, les quartiers populaires log&#233;s &#224; la mauvaise enseigne&lt;/i&gt;, Lib&#233;ration, 13105, le mercredi 16 ao&#251;t 2023, p. 4
(6) &lt;i&gt;Sa&#252;l Karsz, le travail social, le n&#233;olib&#233;ralisme, la perte de sens et la &#171; chute de l'humain &#187;&lt;/i&gt; | Didier Dubasque
&lt;a href=&#034;https://bit.ly/46uXqHS&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://bit.ly/46uXqHS&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Approche, accroche, accompagnement : quelle traduction dans la relation d'aide ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Approche-accroche-accompagnement-quelle-traduction-dans-la-relation-d-aide</link>
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		<dc:date>2023-09-27T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Aller vers</dc:subject>
		<dc:subject>analyse de pratiques</dc:subject>
		<dc:subject>1346</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La relation d'aide n&#233;cessite la cr&#233;ation d'un lien de confiance qui participe &#224; l'apprivoisement mutuel. Approche, accroche, accompagnement, trois &#171; A &#187; de la relation de confiance revisit&#233;s, nous appelant &#224; faire le pas de c&#244;t&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Par Jonathan Louli, travailleur social, formateur, dipl&#244;m&#233; en sociologie et anthropologie &lt;br class='autobr' /&gt; L' accompagnement, je l'ai pratiqu&#233;, au cours de mes diff&#233;rentes activit&#233;s : accompagnement &#224; la toilette ou au repas d'adultes en situation de handicap quand j'&#233;tais animateur, (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La relation d'aide n&#233;cessite la cr&#233;ation d'un lien de confiance qui participe &#224; l'apprivoisement mutuel. Approche, accroche, accompagnement, trois &#171; A &#187; de la relation de confiance revisit&#233;s, nous appelant &#224; faire le pas de c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_7321 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L150xH173/photo_jonathan_louli_paroles-c5a8d.png?1695852058' width='150' height='173' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Par Jonathan Louli, travailleur social, formateur, dipl&#244;m&#233; en sociologie et anthropologie&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
L' accompagnement, je l'ai pratiqu&#233;, au cours de mes diff&#233;rentes activit&#233;s : accompagnement &#224; la toilette ou au repas d'adultes en situation de handicap quand j'&#233;tais animateur, accompagnement d'adolescents en pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e, accompagnement d'apprenant&#183;es lorsque je suis devenu formateur&#8230; Pourtant, quand j'y repense, j'ai bien l'impression que, d'une exp&#233;rience &#224; l'autre, j'ai fait des choses bien diff&#233;rentes, m&#234;me si elles avaient toutes le m&#234;me nom : accompagnement.
C'est que, bien qu'elle semble omnipr&#233;sente dans les m&#233;tiers du soin, du social, de l'&#233;ducatif, la notion d'accompagnement prend des significations diff&#233;rentes selon les contextes de travail, les usages, selon qui s'exprime&#8230; Il me semble que, pour &#233;tudier son sens dans nos activit&#233;s, il n'est plus suffisant d'en commenter l'&#233;tymologie comme on le fait classiquement. Il faut observer &#224; quelles pratiques concr&#232;tes, en lien avec quels contextes, la notion d'accompagnement renvoie.
En effet, n'y-a-t-il gu&#232;re qu'en ayant des conceptions plut&#244;t id&#233;alistes du &#171; travail social &#187; et de la &#171; relation &#187; qu'on les per&#231;oit comme avant tout fond&#233;s sur une &#171; approche &#187;, une &#171; accroche &#187;, une certaine authenticit&#233; ? La plupart du temps, ce qui d&#233;termine les modalit&#233;s et/ou les finalit&#233;s de l'accompagnement, n'est-ce pas avant tout les attaches institutionnelles des professionnel&#183;les, les dimensions formelles ou &#171; prescrites &#187; de leur activit&#233; ? Autrement dit : dans l'&#233;tat actuel de nos secteurs professionnels, la forme des accompagnements semble moins fa&#231;onn&#233;e par la pure &#171; relation &#187; avec les personnes, que par les objectifs &#233;nonc&#233;s par les financeurs-actionnaires et les hi&#233;rarchies, par les r&#232;glementations et les proc&#233;dures, par les fonctions professionnelles et les fiches de poste, &#233;ventuellement par les attentes des partenaires, etc.
Il faut prendre en compte, lorsqu'on parle de construire une relation ou un accompagnement, que dans le contexte actuel, les professionnel&#183;les sont structurellement assign&#233;s &#224; diverses mani&#232;res de faire, de penser, et diverses finalit&#233;s, qui sont ext&#233;rieures aux int&#233;r&#234;ts des personnes accompagn&#233;es, et parfois m&#234;me, tout &#224; fait oppos&#233;es. Nos secteurs professionnels sont en effet transform&#233;s par des processus qui &#233;voquent une v&#233;ritable industrialisation (1). Ces tendances influencent les accompagnements. Ils peuvent &#234;tre instrumentalis&#233;s &#224; des fins politiques, &#233;conomiques ou institutionnelles ; les pratiques d'accompagnement format&#233;es par les imp&#233;ratifs gestionnaires et les nouvelles technologies ; les professionnel&#183;les &lt;i&gt;prol&#233;taris&#233;&#183;es&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire exploit&#233;&#183;es et d&#233;poss&#233;d&#233;&#183;es du sens de leur travail.
Si on ne se contente pas d'une vision id&#233;aliste du &#171; travail social &#187; et qu'on tente une approche plus &#171; radicale &#187; de la r&#233;alit&#233;, il faut prendre acte que ce contexte d'industrialisation influence fortement la forme des accompagnements et des relations que l'on construit avec les personnes. La question que l'on doit donc continuellement se poser n'est pas de savoir comment construire une relation ou un accompagnement en soi, mais comment le faire dans ce contexte d&#233;termin&#233; : seul&#183;e ou &#224; plusieurs, contre les entraves et pressions, comment redonner davantage de poids aux int&#233;r&#234;ts des personnes accompagn&#233;es et des professionnel&#183;les ? Toujours se demander : ce que je fais, dans l'int&#233;r&#234;t de qui je le fais ? &lt;HR&gt;
(1) Jonathan Louli, (2022), &lt;i&gt;R&#233;sister &#224; l'industrialisation ? Vers une approche radicale du travail social&lt;/i&gt; in Revue Fran&#231;aise de Service Social, n&#176;&#8239;285, p.&#8239;59-65, accessible en ligne : &lt;a href=&#034;https://bit.ly/3PF73Ow&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://bit.ly/3PF73Ow&lt;/a&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.jlouli.fr/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.jlouli.fr/&lt;/a&gt;&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7322 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH500/ls_21_9_01-jiho-1d68c.jpg?1695852058' width='500' height='500' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt; &lt;span class='spip_document_7320 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L150xH140/photo_decodin_paroles-1485e.png?1695852058' width='150' height='140' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Par Michel Decodin, chef de service &#233;ducatif, auteur (1)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ce que les instituts de formation en travail social devraient en tout premier lieu enseigner &#224; leurs &#233;tudiants c'est une attitude de non-savoir. Cet aspect de la relation donne paradoxalement acc&#232;s aux doutes des personnes accompagn&#233;es. &#187;&lt;/i&gt; Extrait du livre &lt;i&gt;de l'impossible vers un possible&#8239;&lt;/i&gt;&#8239;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette approche du travail social permet d'accrocher les personnes accompagn&#233;es en toute humilit&#233;. Le travailleur social est un tisseur de lien. Le jeune et sa famille v&#233;rifient constamment la solidit&#233; du fil de la relation en mettant en &#233;chec les tentatives d'approche. Stigmatis&#233;s, bless&#233;s dans leur dignit&#233; &#224; devoir supporter la &#171; machine sociale &#187; et l'injonction du suivi &#233;ducatif. Ils revendiquent &#224; pouvoir &lt;i&gt;&#171; se faire seuls &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'empressement &#224; d&#233;finir un projet de vie pour des personnes d&#233;crites comme insuffisantes ou d&#233;ficientes est une approche &#224; la fois noble et risqu&#233;e. L'intervenant est per&#231;u au premier abord comme &#233;tant ill&#233;gitime, &#233;ph&#233;m&#232;re, donc pas aimable. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les fondations relationnelles sont de fait instables. Comment renverser la tendance de la m&#233;fiance, du d&#233;fi, de l'opposition ? Comment ne pas provoquer un vol de moineaux &#224; chaque tentative d'approche ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Il nous faut &#224; mon sens revoir notre fa&#231;on de faire pour redonner de la confiance pour agir &#224; ceux qui pensent ne plus en avoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les jeunes plac&#233;s sont avant tout &#171; d&#233;plac&#233;s &#187; de leur environnement familial et social. Malgr&#233; nos bonnes intentions, nous produisons l'inverse de ce que l'on veut insuffler, &#224; savoir de l'ins&#233;curit&#233;. Que se passe-t-il quand l'enfant n'est pas au domicile. Comment s'en sortent-ils sans leur toute-puissance illusoire ? &#192; l'inverse, pour l'absent de la famille parce que dans l'obligation de vivre ailleurs, l'inqui&#233;tude familiale est permanente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour avoir sculpt&#233; de nombreux projets de vie, &#233;ducatifs ou p&#233;dagogiques, je peux affirmer que penser le dessein d'autrui est d'abord lui permettre d'&#233;crire son propre sc&#233;nario. Le rendre auteur de sa vie et non acteur &#224; qui l'on assigne un r&#244;le &#224; jouer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les services sociaux en charge des mesures contraintes ou non doivent rechercher l'adh&#233;sion des personnes accompagn&#233;es et surtout tenir compte de leurs remarques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons en &#233;quipe, compris que les tensions professionnelles pouvaient &#234;tre amoindries par une simple d&#233;marche de pr&#233;sence et d'&#233;coute.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne rien proposer intentionnellement est d&#233;j&#224; une action &#233;ducative. &#201;viter le &#171; faire faire &#187; pour le &#171; faire avec &#187;, permet &#224; ceux qui doutent de retrouver des comp&#233;tences &#233;gar&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vais plus loin&#8230; Fomenter un manque permet &#224; l'autre d'essayer de le combler. Inversons les postures, pour entrevoir un principe d'&#233;galit&#233; qui rassure. Passer de sachant &#224; apprenant pour se laisser guider. Combien de savoir-faire ignorer par les &#233;quipes &#233;ducatives. Un seul exemple parmi d'autres. Une jeune adolescente se jouait de ceux qui passaient leur temps et leur &#233;nergie &#224; l'emp&#234;cher de fuguer. Le jour de son d&#233;part (officiel) elle s'est assise devant un piano dans une m&#233;diath&#232;que pour y jouer le pr&#233;lude de Bach&#8230; Une ann&#233;e de suivi &#233;ducatif pour d&#233;couvrir au sortir de la mesure de placement qu'elle s'&#233;tait &lt;i&gt;&#171; jou&#233;e &#187;&lt;/i&gt; de nous. Cette jeune nous a &#233;clair&#233;s sur le r&#233;ajustement de la notion de projet. Avant d'en &#233;tablir un &#171; tout beau &#187;, prenons le temps de d&#233;couvrir de quoi est constitu&#233; le terreau de ces familles soi-disant en &#171; friche &#187;, abandonn&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;S'imposer sans imposer&lt;/i&gt;&#8230; pourquoi ne pas prendre le temps de b&#226;tir une relation d&#233;nu&#233;e de toute intention pour mieux cerner celle d'autrui ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette prise de risque permet de rendre visible ce qui ne l'est plus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) &lt;i&gt;De l'impossible vers un possible&lt;/i&gt;, Michel Decodin, &#201;ditions VERONE, 2021&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment cultiver les petites victoires au quotidien ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Comment-cultiver-les-petites-victoires-au-quotidien</link>
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		<dc:date>2023-09-13T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>analyse de pratiques</dc:subject>
		<dc:subject>1345</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nos m&#233;tiers de la relation d'aide s'effectuent sur une temporalit&#233; parfois longue. Il est parfois difficile de voir les r&#233;sultats de notre investissement professionnel. Il est alors important de savoir cultiver les petites victoires du quotidien pour mettre du sens &#224; notre accompagnement, comme on cultive un jardin en semant pour l'avenir. &lt;br class='autobr' /&gt; Apriori, afin de cultiver les petites victoires au quotidien, il faut sans doute commencer par les voir. Si l'apparition des petites victoires n'est pas (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1345-" rel="tag"&gt;1345&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nos m&#233;tiers de la relation d'aide s'effectuent sur une temporalit&#233; parfois longue. Il est parfois difficile de voir les r&#233;sultats de notre investissement professionnel. Il est alors important de savoir cultiver les petites victoires du quotidien pour mettre du sens &#224; notre accompagnement, comme on cultive un jardin en semant pour l'avenir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_7264 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH122/capture_d_e_cran_2023-09-11_a_11.40.12-d7cc7.png?1694642465' width='500' height='122' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
Apriori, afin de cultiver les petites victoires au quotidien, il faut sans doute commencer par les voir. Si l'apparition des petites victoires n'est pas &#233;vidente, peut-&#234;tre faut-il alors ouvrir tous ses sens pour pouvoir les percevoir.
Lorsque j'entre dans mon bureau le matin, je suis saisie par une douce odeur sucr&#233;e. Elle vient d'un parfum d'int&#233;rieur que ma coll&#232;gue de bureau m'a offert. Cette odeur est le symbole d'une coop&#233;ration tranquille et harmonieuse qui fait de notre bureau un espace o&#249; il fait bon vivre. Avoir construit cet espace et cette relation est une victoire qui se rappelle &#224; moi quotidiennement, au milieu du monde du travail, bien souvent en tension.
Parfois, les signes des petites victoires sont ainsi subtils. Parfois, ils r&#233;sonnent fort. C'est le cas des applaudissements que j'ai entendu derni&#232;rement &#224; la fin d'un cours anim&#233; par une professionnelle pair aidante en sant&#233; mentale. Choisir cette intervention peut &#234;tre au &lt;span class='spip_document_7265 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L400xH409/capture_d_e_cran_2023-09-11_a_11.40.44-0d39e.png?1694642465' width='400' height='409' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; d&#233;triment d'une autre plus conceptuelle, est une prise de partie allant vers ce que je crois &#234;tre l'int&#233;r&#234;t des apprenants pour la rencontre avec les personnes concern&#233;es, tout au long de leur parcours de formation, y compris au sein de leur &#233;cole. Leurs applaudissements m'am&#232;nent &#224; penser qu'aborder la sant&#233; mentale dans un amphith&#233;&#226;tre apr&#232;s plus de 6h de cours peut &#234;tre passionnant. Victoire !
Mais &#224; qui appartiennent ces victoires ? Peut-on les partager ? Quand un apprenant que j'ai accompagn&#233; r&#233;ussit une &#233;preuve de certification, c'est une victoire. Bien souvent, on la savoure &#224; plusieurs. Mais en suis-je pour autant vainqueur ? Et bien non, cette note, c'est l'apprenant qui l'a d&#233;croch&#233;. C'est lui qui a gagn&#233; la bataille contre ses peurs, contre sa dyslexie et son stress envahissant. J'en suis le t&#233;moin heureux, &#224; la juste place. Une petite victoire se d&#233;guste, comme une bonne glace vanille pistache un soir d'&#233;t&#233; ; qu'on en soit le vainqueur direct, ou pas. Ce constat multiplie les chances de rep&#233;rer les victoires et de s'autoriser les r&#233;jouissances qu'elles apportent.
Je crois enfin important de redistribuer les effets des petites victoires. Un peu &#224; la mani&#232;re de Marcel Mauss : si la victoire est un don, je vais veiller &#224; ce qu'il circule. Pour cultiver les victoires, il faut pouvoir semer les graines qu'elles produisent. Dans la promotion d'accompagnants &#233;ducatif et social que j'accompagne cette ann&#233;e, les petites victoires se propagent, se multiplient, se contaminent entre les apprenants. C'est un groupe devenu une &#233;quipe qui partage l'envie de r&#233;ussir, la culture de &#171; la gagne &#187;. Venir en formation est une victoire quotidienne pour beaucoup d'entre eux. Une victoire sur leur histoire et leurs d&#233;tracteurs. C'est la construction progressive d'une victoire beaucoup plus grande : celle d'obtenir un dipl&#244;me. LA victoire, LA revanche. Pour ma part, je commence &#224; imaginer ces 20 glaces vanille pistache depuis ma place d'observatrice, attendant le juste d&#233;nouement, pr&#234;te &#224; semer pour l'avenir de tous ceux qui voudront y go&#251;ter.&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7263 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH120/capture_d_e_cran_2023-09-11_a_11.40.26-82850.png?1694642465' width='500' height='120' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;Tous les jours, quasiment &#224; la m&#234;me heure, autour de 8 h 52, c'est caf&#233;. Le caf&#233; c'est bien. D&#233;j&#224; &#231;a r&#233;chauffe, puis, c'est cens&#233; r&#233;veiller et rendre aimable ceux qui ne l'&#233;taient pas avant 8 h 52.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le caf&#233; c'est aussi l'endroit o&#249; l'on prend soin de ses coll&#232;gues, o&#249; l'on se demande comment &#231;a va, on s'enquiert, on s'inqui&#232;te, on s'enjaille. Tous les jours, &#224; 8 h 35, mon coll&#232;gue, appelons-le Yannick, fait couler le caf&#233;. Il aime &#231;a, il a sa technique, il mesure les cuillers et les demi-cuillers, il prend de l'eau filtr&#233;e dans la carafe. Mais tous les jours, le caf&#233; est trop fort. Alors certes, les corps se r&#233;veillent, les esprits font ce qu'ils peuvent pour &#234;tre aimable et malgr&#233; toute la bonne volont&#233; de Yannick, son caf&#233; ressemble plus &#224; une gifle soluble qu'&#224; une caresse matinale en tasse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis, nous nous mettons au travail, ceux qui n'&#233;taient pas d&#233;j&#224; en rendez-vous ou en r&#233;union s'y pr&#233;parent. Les t&#233;l&#233;phones et les claviers d'ordinateurs s'&#233;chauffent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'id&#233;al, nous aimerions obtenir des papiers pour les personnes que l'on accompagne, des prises en charge m&#233;dicales, un logement. Mais le fruit de notre travail ne se mesure pas comme &#231;a, il existe une tension certaine entre l'action quotidienne, sisyph&#233;enne des travailleurs sociaux et les jalons marquants de l'accompagnement, qui sont eux, beaucoup plus rares. Alors se pose la question des petites victoires. Bien s&#251;r qu'il y en a (un caf&#233; r&#233;ussi par exemple). Le travail sera fait, toujours. Mais le fait de travailler dans le manque de moyens, dans des conditions, qui, pour certains champs d'action, se d&#233;gradent consid&#233;rablement, vient cr&#233;er de la sid&#233;ration ; une certaine atonie dans la fa&#231;on dont on vient accueillir les nouvelles. Peut-&#234;tre sommes-nous condamn&#233;.e.s &#224; consid&#233;rer nos petites victoires comme des grandes ? Si on peut parfois pousser un grand ouf de soulagement lorsque l'on arrive &#224; finaliser un dossier d'ouverture de droit ou que l'on obtient enfin l'interlocuteur que l'on souhaitait dans une administration (sic), le jour merveilleux o&#249; une famille obtiendra ses papiers et la trajectoire de sa vie changera du tout au tout, la nouvelle sera accueillie du mieux que l'on peut, dans le flux ininterrompu du travail, business as usual comme ils disent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors il y a probablement une intuition &#224; suivre. Peut-&#234;tre que la victoire se fait &#224; chaque endroit o&#249; le travail s'interrompt ? Quand la vie s'infiltre de force. Quand on est oblig&#233; de lever les doigts du clavier, de poser le t&#233;l&#233;phone et peut-&#234;tre de nous autoriser &#224; r&#233;fl&#233;chir. C'est encore une des grandes sp&#233;cificit&#233;s de nos m&#233;tiers : lorsqu'elles ne virent pas &#224; la r&#233;unionite, nos instances sont de formidables et pr&#233;cieux espaces pour annoncer, dig&#233;rer et c&#233;l&#233;brer nos moments victorieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une des solutions serait donc d'encourager la cr&#233;ation d'espaces r&#233;flexifs, de supervision, d'intervision ou d'analyse des pratiques professionnelles, de d&#233;velopper des passerelles avec le monde acad&#233;mique, d'int&#233;grer les personnes que l'on accompagne &#224; cette r&#233;flexion. Se donner les moyens de prendre du recul, de d&#233;celer ce qui, dans le quotidien, fait victoire, petite comme grande. Comme au potager, si l'on doit r&#233;colter les fruits de nos cultures, la ressource la plus pr&#233;cieuse est vraisemblablement le temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et si, finalement, nous portions notre attention sur ce qui nous fait du bien ? Peu importe que le caf&#233; de Yannick soit r&#233;ussi ou non, qu'il se r&#234;ve en barista dessinant des fleurs dans la mousse de ses tasses, il arrive &#224; cr&#233;er un moment o&#249; les gens se parlent, partagent leur r&#233;flexion et leur souci de l'autre, d&#233;cident de faire communaut&#233; autour du care. Pour moi, regarder l&#224;, c'est regarder une des plus grandes victoires dans l'absurdit&#233; du monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Faut-il tout partager en &#233;quipe ?</title>
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		<dc:subject>D&#233;ontologie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;thique</dc:subject>
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		<dc:subject>1344</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La partage des informations en &#233;quipe est un socle en vue d'une coh&#233;rence, pour un accompagnement de qualit&#233;. Entre secret gard&#233; et tri de ce qui se r&#233;v&#232;le utile &#224; la situation, il n'est pas toujours simple de r&#233;pondre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Guillaume Thouvenin, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
En institution, chaque sc&#232;ne de vie est pass&#233;e au scanner du regard des adultes et peut devenir une information utile. Les observations &#233;ducatives se situent dans toutes les interactions. Le fait &#233;ducatif ne se cantonne pas aux &#233;quipes (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/analyse-de-pratiques" rel="tag"&gt;analyse de pratiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1344-" rel="tag"&gt;1344&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La partage des informations en &#233;quipe est un socle en vue d'une coh&#233;rence, pour un accompagnement de qualit&#233;. Entre secret gard&#233; et tri de ce qui se r&#233;v&#232;le utile &#224; la situation, il n'est pas toujours simple de r&#233;pondre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Guillaume Thouvenin, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En institution, chaque sc&#232;ne de vie est pass&#233;e au scanner du regard des adultes et peut devenir une information utile. Les observations &#233;ducatives se situent dans toutes les interactions. Le fait &#233;ducatif ne se cantonne pas aux &#233;quipes &#233;ducatives mais implique toutes les personnes qui sont en lien avec les enfants accueillis. &#192; l'image d'un village africain, l'&#233;ducation y est l'affaire de tous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour nous, &#233;ducateurs, les observations sont la mati&#232;re premi&#232;re de la r&#233;flexion d'&#233;quipe. Garder nos interpr&#233;tations pour soi serait st&#233;rile. Nous avons besoin de les partager, de les confronter pour les v&#233;rifier. Nous avons besoin d'un &#171; bouillonnement &#187; aliment&#233; par les observations crois&#233;es de toute une &#233;quipe, pour utiliser cette mati&#232;re premi&#232;re &#224; bon escient.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les enfants, eux, se savent observ&#233;s et doivent composer avec cette r&#233;alit&#233;. Ce partage d'observation est intrusif, mais n&#233;cessaire. C'est cette n&#233;cessit&#233; qui la rend l&#233;gitime et la distingue du simple voyeurisme. Nous prenons part &#224; cette intrusion, avec la l&#233;gitimit&#233; du m&#233;decin qui demande &#224; son patient de se d&#233;shabiller ; parce que nous sommes en &#171; confidentialit&#233; partag&#233;e &#187;. Dr&#244;le d'expression pour d&#233;crire ce qui est en r&#233;alit&#233; une absence de confidentialit&#233;, du point de vue des enfants. Mais nous aimons nous rappeler ce bel oxymore pour nous assurer du bien-fond&#233; de notre posture.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un soir, Leila (1), 15 ans, me rend un t&#233;l&#233;phone sans carte SIM. Le coup du deuxi&#232;me t&#233;l&#233;phone clandestin, un classique que tout &#233;ducateur de maison d'enfants &#224; caract&#232;re social (MECS) conna&#238;t. Je la confronte donc &#224; son subterfuge peu original, et la somme de me rendre la carte SIM. Sa r&#233;action est disproportionn&#233;e. Elle ne peut pas me la rendre, pleure, supplie&#8230; Cette carte SIM volatilis&#233;e cache quelque chose. Elle me r&#233;pond que sa &#171; r&#233;f&#233;rente va la tuer &#187;, et qu'elle veut bien me raconter, &#171; &#224; condition de ne rien lui dire &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En professionnel, je lui signifie l'irrecevabilit&#233; de sa demande. Ce dont elle a parfaitement conscience. C'est pr&#233;cis&#233;ment parce que sa demande est irrecevable qu'elle la formule. Elle qui, depuis toute petite, est entour&#233;e d'&#233;ducateurs &#171; qui parlent sur elle &#187;, aimerait b&#233;n&#233;ficier d'une vraie confidentialit&#233; pour une fois : d'une discussion qui n'appara&#238;t pas sur le cahier de transition.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'est jamais bon d'&#234;tre dans le secret avec un jeune : c'est une pente glissante. Leila aurait pu partir du bureau sans explication mais elle restait. Je me suis donc r&#233;sign&#233; &#224; acc&#233;der &#224; sa demande : je ne r&#233;p&#233;terai pas son histoire &#224; sa r&#233;f&#233;rente. &#199;a me vaudra peut-&#234;tre une f&#226;cherie avec ma coll&#232;gue plus tard. Tant pis. En r&#233;alit&#233;, elle se faisait harceler sur Snapchat. Le rapport avec la carte SIM ? Elle voulait la remettre &#224; son grand fr&#232;re, le temps de &#171; r&#233;gler &#231;a &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La situation &#233;tait pr&#233;occupante mais sans danger imminent qui justifie que je trahisse ma promesse. Je ne m'&#233;tais pas engag&#233; &#224; ne rien dire au chef de service qui a sembl&#233; comprendre mon dilemme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'ai pas de certitude sur la posture qu'il e&#251;t fallu que j'adopte, Leila ne m'a probablement pas dit toute la v&#233;rit&#233; et je me suis laiss&#233; manipuler. Mais elle a su trouver des ressources pour ne pas rester seule dans sa situation. J'ai pu en &#233;changer en r&#233;union. L&#224; est le plus important pour avoir une r&#233;ponse ad&#233;quate, et nous sommes intervenus. Faut-il tout partager ? La loi parfois nous y oblige, l'importance de l'information &#233;galement, et peut-&#234;tre que de petits secrets peuvent aussi rester au creux d'une oreille bienveillante, comme chez papa et maman.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; mon besoin de tout contr&#244;ler et de tout savoir, apr&#232;s le boulot, j'irai jouer aux Sim's. C'est un jeu extr&#234;mement satisfaisant. l&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;
Par Christine Maurey, assistante de service social en &#233;tablissement m&#233;dico-social&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;LA question peut para&#238;tre &#233;vidente. On r&#233;pond par oui ou par non ou &#231;a d&#233;pend des situations. Mais rien n'est &#233;vident dans cette question.&lt;br class='autobr' /&gt;
Entre ce que nous savons et le fait de travailler en &#233;quipe, nous sommes souvent tiraill&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au fait, c'est quoi une &#233;quipe ? Un groupe de professionnels ayant des formations proches, qui partagent un m&#234;me lieu de travail, le m&#234;me cadre institutionnel, le m&#234;me employeur, qui &#339;uvre dans une proximit&#233; quotidienne avec, normalement, la m&#234;me finalit&#233;, les m&#234;mes projets.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'on va plus loin : un groupe qui partage journellement des situations, des doutes, des questions, des d&#233;cisions, un secret professionnel !&lt;br class='autobr' /&gt;
Un groupe qui passe du temps, beaucoup de temps ensemble. Et quand on a du temps, on parle, on partage, c'est normal. L'humain est ainsi fait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors ? Pourquoi ne pas tout partager ? Ce serait si simple d'arr&#234;ter de se poser la question et de ne pas mettre de filtres et ce, sous pr&#233;texte du secret partag&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est tellement tentant en revenant de visite &#224; domicile par exemple de raconter aux coll&#232;gues un d&#233;tail croustillant, une anecdote concernant un propos, une attitude, un &#233;v&#232;nement v&#233;cu, et pourquoi pas, le style de d&#233;coration, les livres ou vid&#233;os qui tra&#238;nent&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Tellement tentant. MAIS ! Oui, il y a un grand &#171; mais &#187;. L'intimit&#233; &#233;voqu&#233;e dans un autre article (1), l'intimit&#233; et la vie de l'autre, celui pour lequel on travaille et que l'on est cens&#233; respecter, sont en jeu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224;, les gros mots l&#226;ch&#233;s : Intimit&#233;, Respect. Pourtant, on a tous &#233;t&#233;, &#224; un moment ou &#224; un autre, celui ou celle qui, revenant d'une visite &#224; domicile, a eu besoin de raconter &#224; sa coll&#232;gue le petit d&#233;tail qui nous a surpris ou fait rire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un jour, j'ai eu un &#233;lectrochoc lors d'une r&#233;union ext&#233;rieure pour un enfant. L'assistante de service social a fait rire tous les professionnels en d&#233;crivant des sous-v&#234;tements rouges &#171; affriolants &#187; qui s&#233;chaient sur le fil au domicile d'une famille. Pour moi, &#231;a allait trop loin.&lt;br class='autobr' /&gt;
On nous dit que nos &#233;crits doivent &#234;tre r&#233;fl&#233;chis et pouvoir &#234;tre lus par les personnes que nous accompagnons. Mais qu'en est-il de nos propos ? Si la personne avait &#233;t&#233; dans les murs et donc avait entendu, qu'aurait-elle pens&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Entre la blague qui ne pr&#234;te pas trop &#224; cons&#233;quence et le fait d'entretenir l'imaginaire collectif en rapportant des &#233;l&#233;ments qui n'ont rien &#224; voir avec l'enjeu de la situation, la marche est haute&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus grave et autre aspect : une enfant de l'&#233;tablissement dans lequel je travaillais, revient de week-end chez son p&#232;re en racontant des choses horribles. Des choses tellement laides que la psychologue vient en larmes dans mon bureau me les livrer. Nous avons fait ce qu'il fallait, tr&#232;s vite, pour prot&#233;ger cette enfant et ses fr&#232;res et s&#339;urs. Mais quant au contenu de ses r&#233;v&#233;lations, nous avons d&#233;cid&#233; d'en garder pour nous le caract&#232;re atroce. Pour les professionnels au quotidien, les images auraient &#233;t&#233; trop lourdes &#224; porter. L'essentiel a &#233;t&#233; dit, le reste, a &#233;t&#233; tu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, je ne suis pas meilleure que les autres. J'aime rire et parfois cela m'entra&#238;ne &#224; me moquer facilement. Mais je vous livre ici une astuce. En tout cas, celle que j'ai pr&#233;conis&#233;e &#224; mes stagiaires quand se posait la question des limites du partage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand quelque chose t'embarrasse, que tu ne sais pas si tu dois le dire, interroge-toi : est-ce que ces &#233;l&#233;ments que tu d&#233;tiens vont faire avancer la situation de la personne accompagn&#233;e ? Si oui, vas-y. Si tu es guid&#233; par d'autres intentions, tais-le et surtout, fais-toi confiance.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) Comment pr&#233;server l'intimit&#233; de la personne accompagn&#233;e, dans Lien Social n&#176; 1337 du 11 avril 2023.&lt;/div&gt;
		
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		<title>Comment faire face aux insultes des usagers ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Comment-faire-face-aux-insultes-des-usagers</link>
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		<dc:subject>Violence</dc:subject>
		<dc:subject>1341</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les insultes des usagers sont monnaie courante dans nos professions. Vieux marronnier, il n'y a pourtant pas de fatalit&#233; &#224; les subir, lorsque l'on peut les penser et y r&#233;pondre de mani&#232;re adapt&#233;e, sur le terrain, comme s'y pr&#233;parer en formation initiale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Ludivine Spanneut, formatrice en travail social &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment le sujet des insultes des usagers &#224; l'endroit des travailleurs sociaux est-il pris en compte, travaill&#233; dans le cadre de la formation ? Je dois dire qu'&#224; chaud, je me suis demand&#233; si (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Paroles-de-me%CC%81tiers" rel="directory"&gt;Paroles de me&#769;tiers&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Violence-391" rel="tag"&gt;Violence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1341-" rel="tag"&gt;1341&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les insultes des usagers sont monnaie courante dans nos professions. Vieux marronnier, il n'y a pourtant pas de fatalit&#233; &#224; les subir, lorsque l'on peut les penser et y r&#233;pondre de mani&#232;re adapt&#233;e, sur le terrain, comme s'y pr&#233;parer en formation initiale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Ludivine Spanneut, formatrice en travail social&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comment le sujet des insultes des usagers &#224; l'endroit des travailleurs sociaux est-il pris en compte, travaill&#233; dans le cadre de la formation ? Je dois dire qu'&#224; chaud, je me suis demand&#233; si j'aurais suffisamment de mati&#232;re &#224; apporter sur le sujet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parce que ce sujet n'est pas trait&#233; en tant que tel et isol&#233;ment en formation. Il rel&#232;ve plus largement du positionnement professionnel dans la relation d'aide. Il est travaill&#233; de fa&#231;on transversale, autant dans le cadre des domaines de comp&#233;tences &#171; c&#339;ur de m&#233;tier &#187; qu'au travers des cours relatifs &#224; la communication, au travail d'&#233;quipe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je remarque chez les travailleurs sociaux en formation initiale ou continue des r&#233;actions h&#233;t&#233;rog&#232;nes face aux insultes. Certains ont int&#233;gr&#233; le fait de se faire insulter comme &#171; un allant de soi &#187; faisant partie du job et ne les rel&#232;vent pas, plus, ou peu. D'autres au contraire r&#233;agissent, voire surr&#233;agissent, se mettant parfois au m&#234;me niveau que les personnes accueillies. D'autres encore attendent que ce soit l'institution qui sanctionne les personnes insultantes. Chacun interpr&#232;te subjectivement l'insulte - et y r&#233;agit - tout aussi subjectivement.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s lors, il est n&#233;cessaire qu'au cours de leur formation les &#233;tudiants prennent conscience que se faire insulter ne fait pas partie de la fiche de poste, mais qu'&#224; l'instar d'autres m&#233;tiers qui symbolisent &#171; la loi, l'&#201;tat &#187; pour les usagers, les travailleurs sociaux sont expos&#233;s &#224; ce risque ; que bien souvent lorsqu'ils re&#231;oivent une insulte de la part d'un usager, elle ne leur est pas destin&#233;e personnellement, mais destin&#233;e &#224; ce qu'ils repr&#233;sentent professionnellement et institutionnellement, et m&#234;me symboliquement, pour la personne. C'est un poncif de dire que chaque &#234;tre humain a un seuil de tol&#233;rance diff&#233;rent vis-&#224;-vis de ce qu'il interpr&#232;te comme &#233;tant insultant. Un cadre institutionnel r&#233;fl&#233;chi en &#233;quipe, et associant les usagers, doit donc &#234;tre pens&#233; pour contenir et border cette &#233;vidente subjectivit&#233;, pour que les travailleurs sociaux ne r&#233;agissent pas en tant que personne mais en tant que professionnel, et que chacun dans l'institution - usagers et travailleurs sociaux - se sente prot&#233;g&#233;. Lorsque les positionnements professionnels et institutionnels sont justes, coh&#233;rents, solides, alors ils sont &#171; pr&#233;ventifs &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En formation, nous travaillons donc &#171; les r&#233;ponses &#187; autour de la relation &#233;ducative, l'&#233;coute active, la communication non violente, la gestion des conflits, des &#233;motions&#8239;etc. Ces cours visent &#224; &#171; outiller &#187; les futurs professionnels pour qu'ils prennent aussi conscience de ce qui se joue dans leur relation &#224; l'usager. Il y a souvent derri&#232;re l'insulte une &#233;motion, col&#232;re, tristesse, d&#233;ception, d&#233;sarroi&#8239;etc. Une maman &#224; qui on annonce que son enfant va &#234;tre plac&#233; a le droit d'&#234;tre triste et en col&#232;re. Si elle m'insulte, ce n'est pas moi qu'elle insulte mais ce que je repr&#233;sente pour elle &#224; ce moment-l&#224; de notre relation. Il s'agit de d&#233;coder ce qui se cache derri&#232;re l'insulte pour acc&#233;der &#224; l'&#233;motion, l&#233;gitime pour la personne. &lt;span class='spip_document_7014 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L400xH452/capture_d_e_cran_2023-05-31_a_08.11.10-d9685.png?1693480847' width='400' height='452' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; C'est aussi au travailleur social, qui occupe la &#171; position haute &#187; dans la relation d'aide, d'amener la personne &#224; mettre des mots sur ses &#233;motions de la fa&#231;on la plus adapt&#233;e et apais&#233;e possible. Et parfois quand on ne ma&#238;trise pas les grands mots, la seule fa&#231;on d'exprimer ses &#233;motions c'est avec les gros mots.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Jean-Marie Vauchez, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;, membre du haut conseil du travail social (HCTS) et formateur &#224; l'&#233;cole de la protection de l'enfance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ta m&#232;re &#224; poil dans un bocal &#187;&lt;/i&gt;. Apr&#232;s 30 ans de m&#233;tier d'&#233;duc, s'il y a une insulte dont je devrais me souvenir, c'est bien celle-ci. C'&#233;tait l'&#233;poque des &#171; ta m&#232;re &#187;, que je n'entends plus gu&#232;re. Elle est nimb&#233;e de la nostalgie de mes premi&#232;res ann&#233;es d'&#233;duc et je n'en vois plus maintenant que les r&#233;sonances po&#233;tiques et les accents surr&#233;alistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Combien d'insultes en 30 ans de m&#233;tier ? beaucoup ! il y a celles qui fusent alors que la tension est &#224; son maximum et qui sonnent comme une alerte qu'il faut savoir d&#233;coder, rep&#233;rer avant d'agir en cons&#233;quence. Il y a celles prononc&#233;es avec un petit sourire en coin, sur le ton d'une gal&#233;jade phoc&#233;enne, qui tiennent plus de la connivence que de l'outrance. Il y a celles impr&#233;gn&#233;es de d&#233;dain et de suffisance, qui ne visent qu'&#224; rabaisser et humilier. Il y a encore celles qui sont le signe d'un trop-plein, d'une situation intenable.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 30 ans, j'ai appris &#224; les &#233;couter et &#224; tenir compte des mots qui les composent. Est-ce donc un hasard si le &#171; ta m&#232;re &#187; &#233;voque justement cette figure maternelle qui est tellement malmen&#233; ou malmenante pour celui qui la prononce ? Celle-l&#224; m&#234;me dont la fonction premi&#232;re serait justement d'apporter une s&#233;curit&#233; &#224; l'enfant, et qui lui fait autant d&#233;faut ? &#171; L'encul&#233; &#187; traduit de mani&#232;re, presque explicite le trouble des adolescents face aux &#233;motions qui les assaillent. Or, parfois, leurs propres corps donnent des signes troublants qui indiquent que leur sexualit&#233; n'est pas tourn&#233;e vers le sexe f&#233;minin de mani&#232;re aussi claire qu'ils ne le voudraient. Et lorsqu'on doit d&#233;fendre sa place dans la bande, quoi de mieux qu'un vocabulaire outrageusement viril&#8230; Bref, quand on a commenc&#233; &#224; entendre les mots qui sont derri&#232;re les insultes, on se prend rapidement au jeu !&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'&#233;cole d'&#233;duc, on m'a expliqu&#233; qu'il ne fallait pas prendre pour soi les insultes qu'on allait recevoir dans nos pratiques. On m'avait dit, s&#251;rement &#224; raison, que chaque &#233;duc devrait avoir lu Rouzel et plus particuli&#232;rement &lt;i&gt;&#171; le transfert dans la relation &#233;ducative &#187;&lt;/i&gt; (1). C'est un chouette bouquin o&#249; l'auteur explique que l'&#233;ducateur est un &#171; fonctionnaire &#187; c'est-&#224;-dire qu'il doit occuper une fonction pour la personne qu'il accompagne. Lorsqu'une insulte est prononc&#233;e &#224; l'endroit d'un &#233;ducateur, elle ne l'est pas tant &#224; la personne, mais &#224; ce qu'elle repr&#233;sente : lorsque j'incarne une fonction plut&#244;t centr&#233;e sur le besoin de limites et de cadre d'une personne, alors il est pr&#233;visible que je sois l'objet de sa frustration. En revanche, lorsque mon boulot est de contribuer &#224; la s&#233;curisation d'une personne qui a besoin d'&#234;tre rassur&#233;e, alors ma r&#233;ponse &#224; la m&#234;me insulte sera toute autre ! En prenant les choses ainsi, je peux recevoir des propos blessants sans me sentir atteint puisque je sais qu'ils ne s'adressent pas &#224; ma personne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; tout, il faut bien dire qu'une insulte, &#231;a fait mal ! C'est fait pour, d'ailleurs ! On peut bien avoir lu tout Rouzel, Freud et Lacan r&#233;unis que les mots touchent souvent l&#224; o&#249; l'on est le plus fragile. Winnicott, dans un bel article, disait que le m&#233;tier d'&#233;ducateur consiste &#224; survivre (2). Il nous encourage &#224; ne pas abdiquer de notre fonction d'&#233;ducateur en se laissant aller &#224; la vengeance. Parfois les mots simples ont du bon !!! Alors, si 30 ann&#233;es de pratiques servent &#224; quelque chose, je peux dire que je n'h&#233;site plus &#224; me mettre en retrait lorsque je me sens trop atteint.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) J. Rouzel, &lt;i&gt;Le transfert dans la relation &#233;ducative&lt;/i&gt;, &#233;d. Dunod.
(2) &lt;i&gt;Le placement en institution consid&#233;r&#233; comme th&#233;rapeutique, D&#233;privation et d&#233;linquance&lt;/i&gt;, &#233;d. Payot.&lt;/div&gt;
		
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