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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Lutte contre la pr&#233;carit&#233; alimentaire &#8226; Un enjeu pour le travail social</title>
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		<dc:subject>1353</dc:subject>

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&lt;p&gt;Alors que la pr&#233;carit&#233; alimentaire augmente, les travailleurs sociaux ont peu de prise pour agir sur cette probl&#233;matique essentielle. Face &#224; un syst&#232;me d'aide alimentaire &#224; bout de souffle, de plus en plus d'initiatives alternatives visent &#224; redonner du pouvoir d'agir aux personnes pr&#233;caires. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; 16 % de la population &#233;tait en situation de pr&#233;carit&#233; alimentaire en novembre 2022 &#187;, selon une enqu&#234;te du Credoc, publi&#233;e en septembre 2023. Le nombre de b&#233;n&#233;ficiaires de l'aide alimentaire a tripl&#233; en dix ans, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1353-" rel="tag"&gt;1353&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que la pr&#233;carit&#233; alimentaire augmente, les travailleurs sociaux ont peu de prise pour agir sur cette probl&#233;matique essentielle. Face &#224; un syst&#232;me d'aide alimentaire &#224; bout de souffle, de plus en plus d'initiatives alternatives visent &#224; redonner du pouvoir d'agir aux personnes pr&#233;caires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_7679 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH285/capture_d_e_cran_2024-01-15_a_11.18.25-f94b9.png?1705395739' width='500' height='285' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&#171; 16 % de la population &#233;tait en situation de pr&#233;carit&#233; alimentaire en novembre 2022 &#187;, selon une enqu&#234;te du Credoc, publi&#233;e en septembre 2023. Le nombre de b&#233;n&#233;ficiaires de l'aide alimentaire a tripl&#233; en dix ans, pour atteindre &#171; 2,4&#8239;millions de personnes en 2022 &#187;, rapporte l'&#233;tude &#171; Profils &#187; men&#233;e tous les deux ans par la f&#233;d&#233;ration fran&#231;aise des banques alimentaires (FFBA) aupr&#232;s des associations, des centres communaux d'action sociale (CCAS) et de leurs partenaires. Ce recours &#224; l'aide alimentaire s'est acc&#233;l&#233;r&#233; en 2022 sous l'effet de l'inflation, avec des prix alimentaires qui ont augment&#233; de 12 % en un an selon l'Insee, et m&#234;me de 20 % pour certains produits de base.
Face &#224; cet afflux, les grandes associations de l'aide alimentaire se retrouvent en difficult&#233; financi&#232;re. Les Restos du c&#339;ur, qui ont accueilli &#171; 200 000 personnes de plus en un an &#187;, ont alert&#233; en septembre 2023 sur un d&#233;ficit de 35&#8239;millions d'euros. Bien que cet appel ait &#233;t&#233; entendu, l'association a &#233;t&#233; contrainte de durcir ses crit&#232;res d'&#233;ligibilit&#233; : &#171; 150 000 personnes qui entraient dans le bar&#232;me de l'hiver dernier n'y entreront plus &#187;, expliquait Patrice Douet, pr&#233;sident des Restos du c&#339;ur au lancement de la campagne d'hiver.
En d&#233;pit des efforts faits par l'&#201;tat - &#171; 156 millions d'euros consacr&#233;s &#224; l'aide alimentaire en 2023, soit plus d'un doublement en trois ans &#187;, assure l'ancienne ministre des Solidarit&#233;s et des familles, Aurore Berg&#233; - toutes les associations d'aide alimentaire ont fait part de difficult&#233;s similaires. Certaines passent le message aux prescripteurs de filtrer davantage les personnes qu'ils leur adressent, d'autres trouvent une parade en jouant sur les quantit&#233;s distribu&#233;es : &#171; Une maman avec deux enfants repartira avec quatre briques de lait plut&#244;t que six, regrette Jean Stellitano, secr&#233;taire national du Secours populaire. Ces restrictions sont mal v&#233;cues par les b&#233;n&#233;voles, en col&#232;re et frustr&#233;s. &#187;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7678 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH307/capture_d_e_cran_2024-01-15_a_11.19.13-c6f9c.png?1705395739' width='500' height='307' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;strong&gt;Humanitaire ou action sociale ?&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Pour prendre en compte l'inflation, certains CCAS ont revu leurs bar&#232;mes et relev&#233; le seuil du &#171; reste &#224; vivre &#187; pour &#233;largir la cible des personnes &#233;ligibles aux aides facultatives. Si la demande d'aide alimentaire peut constituer une accroche pour engager un accompagnement social global, &#171; il n'est pas normal que des personnes d&#233;pendent de cette aide pendant des ann&#233;es et n'arrivent pas &#224; en sortir &#187;, souligne B&#233;n&#233;dicte Bonzi, anthropologue auteure d'une enqu&#234;te sur l'aide alimentaire (&lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/ecrire/?exec=article&amp;id_article=11399#&#034;&gt;voir interview&lt;/a&gt;). Ce recours massif r&#233;interroge la fonction de cette aide : &#171; La vocation des associations humanitaires n'est pas de permettre aux gens de finir le mois, l'&#201;tat doit prendre des mesures pour leur permettre d'acheter eux-m&#234;mes leur alimentation afin que nous puissions recentrer notre aide vers les plus d&#233;munis &#187;, estime Jean Stellitano.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les distributions de colis ou de repas ne devraient concerner qu'une minorit&#233; de personnes pr&#233;caires, elles sont adapt&#233;es &#224; celles vivant dans la rue ou aux demandeurs d'asile sans aucun droit, estime C&#233;line Parant, directrice du CCAS de Toul (Meurthe-et-Moselle). Nous distribuons des bons alimentaires pour des situations d'urgence, une rupture de droits, un RSA qui n'est pas tomb&#233;. S'il existe un manque durable de ressources, cela ne rel&#232;ve pas de l'humanitaire mais de l'action sociale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour un droit &#224; l'alimentation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les effets pervers du syst&#232;me d'aide alimentaire sont bien connus : il ne permet pas de choisir ce que l'on mange, m&#234;me si les &#233;piceries sociales, pour leur part, y contribuent. De plus, la qualit&#233; nutritionnelle des produits laisse souvent &#224; d&#233;sirer : bien que les banques alimentaires soient d&#233;sormais autoris&#233;es &#224; compl&#233;ter les dons par des achats en propre, les produits frais, primeurs et viande restent insuffisants du fait de leur co&#251;t. Et enfin, ce syst&#232;me d'aide est stigmatisant au point que &#171; une personne sur deux en situation de pr&#233;carit&#233; alimentaire n'y recourt pas &#187;, r&#233;v&#232;le l'&#233;tude du Credoc de septembre&#8239;2023. Les principaux freins ? &#171; la honte (35&#8239;%) et l'id&#233;e qu'elles n'y ont pas droit (35&#8239;%) &#187;. &#171; Il n'existe pas de droit en mati&#232;re alimentaire, il s'agit d'un secours ponctuel tr&#232;s stigmatisant, pour lequel le budget des personnes est pass&#233; au peigne fin. &#192; l'inverse, l'aide au logement vers&#233;e par la caisse d'allocations familiales (CAF) constitue un droit, on peut l'obtenir en montrant son avis d'imposition et ce n'est pas stigmatisant, compare C&#233;line Parant. S'il existait un droit &#224; l'alimentation &#231;a serait diff&#233;rent, il n'y aurait plus ces jugements et cette culpabilit&#233; : &#8220;vous ne savez pas cuisiner&#8221;, &#8220;vous mangez mal&#8221;. &#187; Pour garantir un droit &#224; l'alimentation, la notion de &#171; s&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation &#187; fait son chemin.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7677 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH307/capture_d_e_cran_2024-01-15_a_11.18.57-c755e.png?1705395740' width='500' height='307' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alternatives aux dons alimentaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus en plus d'initiatives se d&#233;veloppent, parfois accompagn&#233;es par des travailleurs sociaux, pour permettre un acc&#232;s &#224; une alimentation choisie et de qualit&#233;, proposer des alternatives aux dons alimentaires et redonner du pouvoir d'agir aux personnes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plusieurs exp&#233;rimentations privil&#233;gient une aide mon&#233;taire fl&#233;ch&#233;e sur l'alimentaire. C'est le cas du projet &#171; Passerelle &#187; men&#233; &#224; Montreuil (Seine-Saint-Denis) en 2022 avec l'Arm&#233;e du Salut aupr&#232;s de deux cents m&#233;nages pr&#233;caires (840 personnes) vivant dans des quartiers prioritaires, rep&#233;r&#233;s par des associations de proximit&#233;. Plus de la moiti&#233; rencontrait des probl&#232;mes d'endettement, de sant&#233;, des risques de d&#233;pression (indicateur OMS) et moins de 20 % recouraient &#224; l'aide alimentaire. L'action combinait une aide mon&#233;taire de 63 euros mensuels par personne pendant quatre mois et un accompagnement social individualis&#233; pour &#171; identifier les besoins et am&#233;liorer l'acc&#232;s aux droits &#187;. Bilan, ce soutien financier leur a permis de &#171; couvrir au moins la moiti&#233; de leurs d&#233;penses alimentaires &#187;, a eu des effets sur &#171; la qualit&#233; et la quantit&#233; &#187; des achats, et dans une moindre mesure sur l'endettement. L'accompagnement social a eu un effet &#171; remobilisateur &#187; sur le moral des familles, et plusieurs d'entre elles ont pu &#234;tre orient&#233;es vers une prise en charge adapt&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le conseil d&#233;partemental de Seine-Saint-Denis s'est inspir&#233; de cette exp&#233;rience pour mettre en place en 2024 un &#171; ch&#232;que alimentation durable &#187; coupl&#233; &#224; des actions sur la sant&#233; et la nutrition. &#171; Il s'agit d'un transfert mon&#233;taire de 50&#8239;euros mensuels par personne du foyer, major&#233; de 50&#8239;% pour les achats de produits &#8220;durables&#8221; ou r&#233;alis&#233;s dans des commerces labellis&#233;s &#187;, explique Romain Dhainaut, charg&#233; de mission au programme alimentaire territorial (PAT). Ce ch&#232;que alimentation, financ&#233; par le programme &#171; mieux manger pour tous &#187;, sera d&#233;ploy&#233; dans quatre communes aupr&#232;s de mille trois cents personnes pendant six mois. Les femmes enceintes et m&#232;res de jeunes enfants, les personnes &#226;g&#233;es, les &#233;tudiants, et les habitants de quartiers prioritaires constituent le public cible. Les listes de b&#233;n&#233;ficiaires seront &#233;tablies par les circonscriptions sociales, la PMI et les CCAS. &#171; Des associations locales assureront des ateliers sant&#233; nutrition. Le but est de faire changer les habitudes alimentaires en amenant les personnes vers des tiers-lieux alimentaires, &#233;piceries solidaires, fermes urbaines, et sessions de sensibilisation &#187;, ajoute le charg&#233; de mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;seaux d'achats group&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les initiatives d'achats alimentaires group&#233;s, popularis&#233;s par l'association vers un r&#233;seau d'achat en commun (VRAC) sont en plein essor. Dans le quartier Stalingrad dans le 19&#232;me arrondissement parisien, des habitantes ont cr&#233;&#233; le collectif &#171; &#212; bons l&#233;gumes &#187; avec l'aide du centre social Espace 19 Tanger, le soutien financier de la Ville et de l'agence r&#233;gionale de sant&#233; (ARS). &#171; Il s'agit d'un groupement d'achats de produits de qualit&#233; et en circuit court. Nous avons rencontr&#233; les fournisseurs et nous organisons une vente par mois au centre social pour une quarantaine de clients, explique une membre active. Nous proposons trois tarifs au choix : le co&#251;t r&#233;el, - 30 % ou +10 %. Et nous organisons un atelier cuisine avec ce qui reste. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
En Lorraine, l'exp&#233;rimentation &#171; de la dignit&#233; dans les assiettes &#187;, initi&#233;e par ATD-Quart-monde en 2017 et soutenue par le PAT, a donn&#233; naissance &#224; l'association Emplettes et cagettes, forte aujourd'hui de mille adh&#233;rents. &#171; Elle est ouverte &#224; tout le monde sans conditions de ressources, mais 80&#8239;% des adh&#233;rents s'estiment en pr&#233;carit&#233;, ils ont du mal &#224; boucler les fins de mois &#187;, constate C&#233;line Parant, qui en tant que directrice du CCAS y oriente des usagers avec un &#171; bon d&#233;couverte &#187; de 10 euros. Une fois par mois, l'association ach&#232;te fruits, l&#233;gumes, &#339;ufs, lait, lentilles&#8230; &#224; des producteurs locaux &#224; un tarif n&#233;goci&#233; r&#233;serv&#233; aux collectivit&#233;s. &#171; Ce n'est pas forc&#233;ment moins cher que du hard discount mais de bien meilleure qualit&#233; &#187;, d'apr&#232;s les retours des adh&#233;rents. &#171; Par rapport &#224; la logique de don, c'est plus respectueux de la dignit&#233; des personnes, de leurs choix, de leurs habitudes alimentaires. On sort du contr&#244;le budg&#233;taire pour aller vers l'autonomisation. Et puis il y a le volet participatif car le fonctionnement repose sur les b&#233;n&#233;voles adh&#233;rents, cela leur donne une utilit&#233; sociale et une capacit&#233; d'action. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
En Seine-Saint-Denis, l'intercommunalit&#233; a mandat&#233; une association locale pour cr&#233;er trois groupements d'achats avec les habitants : &#171; Elle a recrut&#233; une salari&#233;e pour coordonner les commandes et les distributions &#224; Aubervilliers, Stains et Saint-Denis &#187;, explique Lauriane Gabelle, cheffe du PAT de Plaine Commune.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, pour permettre aux personnes les plus pr&#233;caires - sans-domicile, h&#233;berg&#233;es &#224; l'h&#244;tel, ou m&#234;me &#233;tudiants - de mieux se nourrir, la cr&#233;ation de &#171; tiers-lieux alimentaires &#187; mettant &#224; disposition des cuisines partag&#233;es, a &#233;t&#233; soutenue au niveau national par un financement du plan de lutte contre la pauvret&#233;. On peut citer le tiers-lieux &#171; l'Archipel &#187;, &#224; Villeurbanne (Rh&#244;ne), ou les &#171; Relais Popotes &#187; &#224; Bordeaux &lt;a href=&#034;http://www.lien-social.com/Autonomisation-o-Cuisines-partagees-et-tiers-lieux-alimentaires&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;(voir reportage)&lt;/a&gt;. Autant d'initiatives o&#249; les travailleurs sociaux ne sont jamais tr&#232;s loin.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&#192; lire : &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/-1260-&#034;&gt;Aide alimentaire. La part du pauvre, in Lien Social, n&#176; 1260, octobre 2019&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Circuits courts et solidaires&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour proposer une aide alimentaire de qualit&#233; et en circuit court, plusieurs collectivit&#233;s ont converti leurs jardins municipaux en potagers. C'est le cas de la ville de Nantes, o&#249; vingt-cinq &#171; potagers solidaires &#187; ont permis de r&#233;colter dix-neuf tonnes de l&#233;gumes distribu&#233;s &#224; mille deux cents familles d&#233;favoris&#233;es et aux associations d'aide alimentaire. Et cet &#233;t&#233;, des ateliers cuisine ouverts &#224; tous, suivis de repas partag&#233;s ont &#233;galement &#233;t&#233; organis&#233;s dans les jardins. La ville de Besan&#231;on (Doubs) s'en est inspir&#233;e et exp&#233;rimente depuis le printemps un &#171; jardin nourricier &#187; de 2 000 m2 au beau milieu de l'Orangerie municipale o&#249; la collectivit&#233; cultive les plantes d'ornement. Cette production mara&#238;ch&#232;re en permaculture est destin&#233;e exclusivement aux b&#233;n&#233;ficiaires du r&#233;seau de la Banque alimentaire du d&#233;partement.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien avec B&#233;n&#233;dicte Bonzi - Aide alimentaire &#8226; Un syst&#232;me &#224; bout de souffle</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Entretien-avec-Benedicte-Bonzi-Aide-alimentaire-o-Un-systeme-a-bout-de-souffle</link>
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		<dc:date>2024-01-16T09:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>1353</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entretien avec B&#233;n&#233;dicte Bonzi, Docteure en anthropologie sociale, ancienne &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e, elle a pass&#233; cinq ans en immersion aux Restos du c&#339;ur, et en a tir&#233; un livre sur le syst&#232;me de l'aide alimentaire (1). &lt;br class='autobr' /&gt;
En quoi le syst&#232;me d'aide alimentaire est-il maltraitant ? &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est surtout le syst&#232;me alimentaire lui-m&#234;me qui est maltraitant, car il ne permet pas &#224; tout le monde de se nourrir, alors que la production est suffisante et m&#234;me exc&#233;dentaire. C'est cette r&#233;partition in&#233;galitaire qui est (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1353-" rel="tag"&gt;1353&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_7681 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L250xH294/capture_d_e_cran_2024-01-15_a_11.25.41-226be.png?1705395739' width='250' height='294' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt; Entretien avec&lt;strong&gt; B&#233;n&#233;dicte Bonzi&lt;/strong&gt;, Docteure en anthropologie sociale, ancienne &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e, elle a pass&#233; cinq ans en immersion aux Restos du c&#339;ur, et en a tir&#233; un livre sur le syst&#232;me de l'aide alimentaire (1).&lt;HR&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;En quoi le syst&#232;me d'aide alimentaire est-il maltraitant ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est surtout le syst&#232;me alimentaire lui-m&#234;me qui est maltraitant, car il ne permet pas &#224; tout le monde de se nourrir, alors que la production est suffisante et m&#234;me exc&#233;dentaire. C'est cette r&#233;partition in&#233;galitaire qui est violente et qui rend l'aide alimentaire indispensable aujourd'hui pour &#233;viter des &#233;meutes de la faim.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'un c&#244;t&#233;, on surproduit sans payer correctement les agriculteurs, et de l'autre on &#233;coule les surplus via l'aide alimentaire. Et la loi de 2016 contre le gaspillage alimentaire a aggrav&#233; ce cercle vicieux en d&#233;fiscalisant les dons d'invendus : cela permet aux grandes surfaces de gagner de l'argent en se d&#233;barrassant de produits &#224; date courte ou ab&#238;m&#233;s qu'elles ne peuvent plus vendre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc on a cr&#233;&#233; un march&#233; de la faim. Ensuite, l'aide alimentaire fait ce qu'elle peut avec les moyens qu'on lui donne. Elle repr&#233;sente la seule fa&#231;on de se nourrir pour des millions de personnes, mais les produits r&#233;cup&#233;r&#233;s ne r&#233;pondent pas aux besoins nutritionnels des b&#233;n&#233;ficiaires. L'&#201;tat d&#233;l&#232;gue cette mission &#224; des associations et des b&#233;n&#233;voles sans leur donner les moyens de proposer une nourriture de qualit&#233; et en quantit&#233; suffisante.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelles sont les cons&#233;quences pour les b&#233;n&#233;ficiaires de l'aide alimentaire ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cela a un impact physique sur leur sant&#233;. Le manque d'aliments frais, de vitamines, et l'exc&#232;s de produits transform&#233;s, sucr&#233;s, de viennoiseries, engendre davantage d'ob&#233;sit&#233;, d'an&#233;mie, de maladies cardiovasculaires et de probl&#232;mes dentaires. Car ce n'est pas un recours ponctuel, les gens en d&#233;pendent souvent pendant des ann&#233;es et n'en sortent pas. Et puis il y a un impact psychologique, le fait d'accepter ce qui n'est plus consommable par d'autres provoque une baisse de l'estime de soi, un sentiment de honte. &#202;tre r&#233;guli&#232;rement contr&#244;l&#233; sur son budget et sur les produits qu'on prend est humiliant. Et puis il y a toujours la crainte de manquer si le camion de distribution n'arrive pas, de ne pas pouvoir manger du tout.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'en est-il des travailleurs sociaux qui les accompagnent ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ils doivent r&#233;pondre &#224; une urgence, ils bricolent avec ce qu'ils ont et r&#233;sistent avec les personnes accompagn&#233;es en r&#233;clamant autre chose. Ils sont pris dans l'injonction de sortir des gens de la pauvret&#233; sans avoir les moyens de le faire. C'est difficile de tenir dans ces conditions et il y a beaucoup de turn-over.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment r&#233;former ce syst&#232;me ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e du collectif &#171; pour une S&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation &#187; est de garantir un droit &#224; l'alimentation en cr&#233;ant une nouvelle branche de s&#233;curit&#233; sociale. Gr&#226;ce &#224; des cotisations, chacun recevrait 150&#8239;euros par mois pour une nourriture conventionn&#233;e, r&#233;pondant &#224; des crit&#232;res de qualit&#233; et de respect de l'environnement, et dont la production serait prise en charge. Cela permettrait de remettre de la d&#233;mocratie dans l'alimentation.&lt;br class='autobr' /&gt;
On voit d'ores et d&#233;j&#224; des exp&#233;rimentations de caisses communes alimentaires, comme &#224; Montpellier, o&#249; chacun cotise selon ses moyens, et des syst&#232;mes d'achats group&#233;s qui prennent de l'ampleur. Cela permet aux personnes, m&#234;me avec peu de moyens, de reprendre le pouvoir sur leur alimentation, et aux travailleurs sociaux de retrouver du sens &#224; leur m&#233;tier en accompagnant ces initiatives.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) La France qui a faim. Le don &#224; l'&#233;preuve des violences alimentaires, &#201;d. du Seuil, 2023.&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Autonomisation &#8226; Cuisines partag&#233;es et tiers-lieux alimentaires </title>
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		<dc:subject>1353</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les &#171; Relais-popotes &#187; &#224; Bordeaux, et &#171; l'Archipel &#187; &#224; Villeurbanne, mettent des cuisines &#224; disposition des personnes pr&#233;caires et mal log&#233;es. Ces initiatives participent au &#171; mieux manger &#187; et permettent la cr&#233;ation de liens sociaux dans des lieux ouverts. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tous les jours, la Maison des familles de Bordeaux pr&#234;te sa cuisine &#224; des familles sans-abri h&#233;berg&#233;es &#224; l'h&#244;tel, vivant en squat, ou dans un logement insalubre. Cet espace parents-enfants est l'un des dix &#171; Relais-popotes &#187; cr&#233;&#233;s par le centre communal (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les &#171; Relais-popotes &#187; &#224; Bordeaux, et &#171; l'Archipel &#187; &#224; Villeurbanne, mettent des cuisines &#224; disposition des personnes pr&#233;caires et mal log&#233;es. Ces initiatives participent au &#171; mieux manger &#187; et permettent la cr&#233;ation de liens sociaux dans des lieux ouverts.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tous les jours, la Maison des familles de Bordeaux pr&#234;te sa cuisine &#224; des familles sans-abri h&#233;berg&#233;es &#224; l'h&#244;tel, vivant en squat, ou dans un logement insalubre. Cet espace parents-enfants est l'un des dix &#171; Relais-popotes &#187; cr&#233;&#233;s par le centre communal d'action sociale (CCAS) de Bordeaux depuis 2016 et r&#233;activ&#233;s depuis deux ans. &#171; Ce sont des associations - caf&#233; associatif, accueil de jour, centre d'animation, maison des jeunes - qui mettent &#224; disposition leur cuisine certains jours &#187;, explique Caroline Vilbert, charg&#233;e d'animer le dispositif. Cette initiative a &#233;t&#233; lanc&#233;e dans le cadre du plan national de r&#233;duction des nuit&#233;es h&#244;teli&#232;res (2 015) qui visait &#224; am&#233;liorer la qualit&#233; de l'alimentation pour les personnes log&#233;es &#224; l'h&#244;tel. Aucun justificatif ou prescription ne sont requis pour acc&#233;der aux Relais-popotes. Le public est inform&#233; par des affiches, la maison des solidarit&#233;s, le 115, ou les associations de distribution alimentaire. &#171; Les gens m'appellent directement ou bien leur assistante de service social. Je leur explique le fonctionnement, leur montre le lieu, et ensuite ils peuvent revenir sans moi aux horaires d'ouverture. On estime que cent &#224; cent-cinquante personnes utilisent les Relais-popotes &#187;, ajoute l'animatrice. Hommes seuls, m&#232;res de famille, cela va des personnes sans papiers aux &#233;tudiants mal-log&#233;s. Chacun apporte sa nourriture et peut puiser dans les produits de base et condiments mis &#224; disposition. Les repas cuisin&#233;s peuvent &#234;tre mang&#233;s sur place ou emport&#233;s dans des bo&#238;tes. &#171; Cela leur revient moins cher que d'acheter des plats cuisin&#233;s industriels &#187;, note Caroline Vilbert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cuisine et parentalit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tous les Relais-popotes constituent des lieux ressource o&#249; les gens peuvent revenir pour d'autres activit&#233;s &#187;, appr&#233;cie l'animatrice. C'est le cas de la Maison des familles : &#171; La plupart des usagers nous ont connu parce que nous sommes un Relais-Popote, qui constitue une porte d'entr&#233;e importante, observe Karine Schoumaker, la responsable. Ce sont des m&#232;res en grande pr&#233;carit&#233; et souvent tr&#232;s isol&#233;es qui cherchent avant tout &#224; nourrir leur enfant et r&#233;pondre &#224; ses besoins primaires. Ensuite seulement nous pouvons leur proposer d'autres activit&#233;s autour de la parentalit&#233; : groupe de parole, m&#233;diation animale, jeux en famille, etc. &#187; La cuisine &#233;tant petite, les familles s'y succ&#232;dent entre 11&#8239;heures et 16 h 30. La plupart viennent avec des colis alimentaires &#171; et parfois des produits qu'elles ne connaissent pas et ne savent pas cuisiner, car dans beaucoup de pays l'alimentation transform&#233;e n'existe pas &#187;. Des ateliers organis&#233;s avec une nutritionniste ont d&#251; r&#233;pondre &#224; ce d&#233;fi : &#171; comment cuisiner un repas app&#233;tissant avec le contenu d'un colis alimentaire ? &#187; et aussi &#171; Comment pr&#233;parer un repas correct dans une chambre d'h&#244;tel ? &#187; La nutritionniste a donc apport&#233; des menus r&#233;alisables avec une bouilloire et un micro-onde. Le mieux-manger se transmet aussi par mim&#233;tisme : &#171; Au d&#233;but les familles faisaient beaucoup de friture, puis en nous voyant cuisiner elles se sont mises &#224; changer leurs habitudes &#187;. Les &#171; tables-ouvertes &#187; organis&#233;es chaque semaine &#224; la Maison des familles repr&#233;sentent un bon moyen pour engager le dialogue. Mais cette accroche fonctionne plus ou moins bien selon les cultures. &#171; Au d&#233;but, nous avions beaucoup de familles albanaises qui cuisinaient puis repartaient. Petit &#224; petit, les m&#232;res ont fait manger les enfants, puis les maris, mais elles ne venaient pas s'asseoir aux tables-ouvertes car en Albanie hommes et femmes ne mangent pas ensemble. Alors nous leur avons expliqu&#233; la culture fran&#231;aise du partage autour du repas &#187;, relate Karine Schoumaker.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7680 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH278/capture_d_e_cran_2024-01-15_a_11.23.21-4e319.png?1705395739' width='500' height='278' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;strong&gt;Ateliers cuisine et num&#233;rique&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la lutte contre la pr&#233;carit&#233; alimentaire, le dispositif Relais-Popotes vise aussi &#224; rompre l'isolement. C'est pourquoi Caroline Vilbert, l'animatrice organise r&#233;guli&#232;rement des ateliers cuisine collectifs : &#171; Les personnes s'inscrivent, je fais les courses, nous cuisinons et mangeons ensemble, r&#233;sume-t-elle. C'est un moment convivial, elles sortent de leurs probl&#232;mes quotidiens, certaines proposent des recettes, il y a une bonne ambiance. La cuisine constitue un pr&#233;texte pour &#234;tre ensemble et discuter. Et comme je ne suis pas assistante de service social, les gens se sentent libres, il n'y a pas d'enjeu &#187;. Mais au besoin, l'accompagnement social n'est pas loin puisque la plupart des ateliers cuisine ont lieu dans le service d'accueil de jour du CCAS, l'un des dix Relais-popotes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour &#233;largir son action, Relais-Popotes a nou&#233; un partenariat original avec Emma&#252;s Connect autour d'un parcours &#171; cuisine et num&#233;rique &#187; en six s&#233;ances : &#171; Il s'agit d'apprendre les bases du num&#233;rique et de la cuisine : chercher une recette sur internet, la mettre en page, l'&#233;diter et la r&#233;aliser. Et nous terminons en d&#233;gustant ce que nous avons pr&#233;par&#233; ! &#187;, appr&#233;cie Caroline Vilbert. Une mani&#232;re habile et conviviale d'amener vers une formation au num&#233;rique. Des participants &#233;taient des habitu&#233;s de l'accueil de jour du CCAS et deux autres ont &#233;t&#233; orient&#233;s par le restaurant solidaire &#171; Marie Curry &#187;, qui valorise les talents culinaires des femmes issues de l'immigration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Archipel, tiers-lieu ouvert &#224; tous&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; deux pas du centre de Villeurbanne, &#171; L'Archipel &#187;, un tiers-lieu alimentaire et social ouvert en mai&#8239;2023, a pour objectif de r&#233;pondre aux besoins des publics en situation de pr&#233;carit&#233; alimentaire. &#171; Le but &#233;tait d'avoir un lieu mixte, avec diff&#233;rentes fonctions, &#224; la fois un lieu ressource pour les personnes en pr&#233;carit&#233; mais &#233;galement un lieu convivial et accueillant, ouvert au public &#187;, expliquait Pierre Mercier directeur de l'association Le Mas au d&#233;but du projet. Les Restos du c&#339;ur disposent de leur propre cuisine et servent chaque soir cent quatre-vingts repas sur place. L'association Le Mas g&#232;re &#171; La Cantina &#187;, qui compte trois cuisines partag&#233;es de 30&#8239;m2 destin&#233;es &#224; des familles h&#233;berg&#233;es &#224; l'h&#244;tel, des machines &#224; laver et un espace caf&#233;. Une cinquantaine de familles utilisent les cuisines, r&#233;servables trois demi-journ&#233;es par semaine. Elles viennent souvent accompagn&#233;es de leurs enfants, peuvent pr&#233;parer plusieurs repas d'avance et manger sur place. Les produits secs d'&#233;picerie sont &#224; disposition, le lieu est g&#233;r&#233; par trois salari&#233;s et un r&#233;seau de b&#233;n&#233;voles. &#171; Petit &#224; petit des habitants ou salari&#233;s du quartier investissent le caf&#233; ouvert au public. L'objectif est de cr&#233;er un lieu de convivialit&#233; ouvert &#224; tous, avec des soir&#233;es culturelles, projections, d&#233;bats, coorganis&#233;s par les utilisateurs &#187;, indique Judith Le Mauff, coordinatrice de la Cantina. Cela se met en place : journ&#233;es &#171; sant&#233; &#187;, soir&#233;es &#224; th&#232;mes, animations lors de la F&#234;te du livre de jeunesse, ateliers cuisine ou bricolage organis&#233;s par des partenaires. Des associations et services sociaux de la ville proposent &#233;galement des permanences d'acc&#232;s aux droits. De plus, des projets d'ateliers pour enfants et d'am&#233;nagement de l'espace ext&#233;rieur sont en cours. L'&#233;quipement et le fonctionnement de L'Archipel ont &#233;t&#233; financ&#233;s par la Ville, le collectif Entreprise des possibles, le Plan national de lutte contre la pauvret&#233; et France Relance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce type d'initiatives qui se d&#233;veloppent dans plusieurs villes montrent comment l'action sociale peut s'emparer de la question alimentaire des plus pr&#233;caires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien avec Alexandre Le Cl&#232;ve &#8226; Pr&#233;carit&#233; et emprises</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Entretien-avec-Alexandre-Le-Cleve-o-Precarite-et-emprises</link>
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		<dc:subject>Logement</dc:subject>
		<dc:subject>Gens du voyage</dc:subject>
		<dc:subject>Pr&#233;carit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Mal logement</dc:subject>
		<dc:subject>1352</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour permettre l'accompagnement social des habitants des bidonvilles, la s&#233;curisation de leurs lieux de vie passe par la lutte contre une fragilit&#233; multifactorielle. &lt;br class='autobr' /&gt; Entretien avec Alexandre Le Cl&#232;ve, co-fondateur de l'association Trajectoire, juriste et intervenant social sur les terrains, avant de contribuer &#224; la r&#233;flexion et la recherche de solutions pour r&#233;sorber les bidonvilles. &lt;br class='autobr' /&gt; Au-del&#224; des &#233;vacuations &#224; r&#233;p&#233;tition, quels sont selon vous les principaux freins &#224; l'accompagnement social dans (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour permettre l'accompagnement social des habitants des bidonvilles, la s&#233;curisation de leurs lieux de vie passe par la lutte contre une fragilit&#233; multifactorielle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_7649 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L250xH258/capture_d_e_cran_2023-12-19_a_09.34.35-30905.png?1704186186' width='250' height='258' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt; Entretien avec &lt;strong&gt;Alexandre Le Cl&#232;ve&lt;/strong&gt;, co-fondateur de l'association Trajectoire, juriste et intervenant social sur les terrains, avant de contribuer &#224; la r&#233;flexion et la recherche de solutions pour r&#233;sorber les bidonvilles.&lt;HR&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;
Au-del&#224; des &#233;vacuations &#224; r&#233;p&#233;tition, quels sont selon vous les principaux freins &#224; l'accompagnement social dans ces bidonvilles ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D'abord le travail social doit prendre en compte deux dimensions : une individuelle &#8211; le parcours de chaque personne &#8211; et une collective &#8211; les rapports de solidarit&#233; et de force. Ensuite, &#171; l'aller-vers &#187; doit entrer davantage dans les cultures, pour aller voir chacune des familles sur le terrain. Enfin, il faut sortir de l'approche culturaliste qui a conduit &#224; la mise en place de nombreux dispositifs d'accompagnement sp&#233;cifiques pour les &#171; Roms &#187;. L'objectif doit &#234;tre d'orienter ces habitants vers le droit commun, et &#231;a continue de bloquer. En tant qu'Europ&#233;ens de l'Est, ils ont en th&#233;orie les m&#234;mes droits que tout citoyen europ&#233;en. En r&#233;alit&#233;, ils rencontrent de grosses difficult&#233;s pour y acc&#233;der : obtenir une domiciliation administrative, communiquer avec les organismes sociaux&#8230; Tr&#232;s peu d'entre eux ont pour r&#233;f&#233;rents des travailleurs sociaux de secteur.&lt;br class='autobr' /&gt;
S'ajoutent des ph&#233;nom&#232;nes d'emprise qui viennent emp&#234;cher les possibilit&#233;s d'insertion.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelles formes d'emprise ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avant, les familles pouvaient choisir un terrain, elles s'y regroupaient entre membres d'un m&#234;me clan ce qui favorisait des rapports de solidarit&#233;s naturels. Aujourd'hui, de moins en moins de fonciers sont disponibles. Les familles arrivent donc par d&#233;faut sur des terrains d&#233;j&#224; occup&#233;s, dont l'organisation est tr&#232;s souvent g&#233;r&#233;e par des marchands sommeil.. Le droit d'entr&#233;e varie de 200 &#224; 300&#8239;euros selon la caravane ou la cabane. Cela existe sur presque tous les terrains, avec des syst&#232;mes de dettes et de taux d'int&#233;r&#234;ts. D'autres formes d'emprise existent : interm&#233;diaires avec les organismes sociaux, avec les employeurs, des pasteurs &#233;vang&#233;listes&#8230; En outre, certains terrains sont li&#233;s aux r&#233;seaux de traite : exploitation sexuelle, mendicit&#233; forc&#233;e, vols&#8230; Les travailleurs sociaux doivent essayer d'&#234;tre clairvoyants pour ne pas se laisser instrumentaliser, pas facile quand on intervient pour ne nombreuses familles et qu'on doit &#224; la fois g&#233;rer des urgences humanitaires et des accompagnements plus longs. Il faut aussi &#233;viter de passer par des personnes qui se proposent de traduire et en font souvent un business.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Est-ce un fonctionnement inh&#233;rent &#224; ces populations ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Non, ces m&#233;canismes ne sont pas culturels. Ils d&#233;coulent des politiques publiques qui ont pr&#233;caris&#233; ces populations et de la d&#233;faillance de certains gros op&#233;rateurs de l'accompagnement social . La justice et les forces de l'ordre devraient agir et prendre en compte ces victimes d'emprise ou de traite des &#234;tres humains. Il faut aussi permettre une stabilisation des familles sur des terrains s&#233;curis&#233;s et une contractualisation sous forme de bail avec les propri&#233;taires. D&#232;s lors, le travail social peut vraiment commencer son accompagnement, en d&#233;ployant un &#233;ventail de solutions en fonction des familles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Expulsion &#8226; L'&#233;ternel recommencement </title>
		<link>https://www.lien-social.com/Expulsion-o-L-eternel-recommencement</link>
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		<dc:subject>Logement</dc:subject>
		<dc:subject>Gens du voyage</dc:subject>
		<dc:subject>Pr&#233;carit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Mal logement</dc:subject>
		<dc:subject>1352</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; Marseille, l'expulsion de cent quatre-vingts personnes le 30 octobre 2023, veille de la tr&#234;ve hivernale, rappelle les m&#233;thodes employ&#233;es avant les instructions visant la r&#233;sorption des bidonvilles. Les associations regrettent un manque d'anticipation et la rupture du dialogue, pourtant bien engag&#233;, avec le pr&#233;c&#233;dent pr&#233;fet &#224; l'&#233;galit&#233; des chances. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les cabanes de planches longent une all&#233;e centrale large d'une dizaine de m&#232;tres et longue d'une centaine. Au milieu, l'&#171; avenue &#187; se scinde en deux &#171; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Mal-logement" rel="tag"&gt;Mal logement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/1352-1721" rel="tag"&gt;1352&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Marseille, l'expulsion de cent quatre-vingts personnes le 30 octobre 2023, veille de la tr&#234;ve hivernale, rappelle les m&#233;thodes employ&#233;es avant les instructions visant la r&#233;sorption des bidonvilles. Les associations regrettent un manque d'anticipation et la rupture du dialogue, pourtant bien engag&#233;, avec le pr&#233;c&#233;dent pr&#233;fet &#224; l'&#233;galit&#233; des chances.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les cabanes de planches longent une all&#233;e centrale large d'une dizaine de m&#232;tres et longue d'une centaine. Au milieu, l'&#171; avenue &#187; se scinde en deux &#171; ruelles &#187; cernant un &#238;lot central d'habitations. Depuis le 30 octobre, environ cent cinquante personnes cohabitent dans ce bidonville abrit&#233; de la pluie et des regards, dans un hangar. Elles l'ont investi apr&#232;s avoir &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;es de quatre b&#226;timents occup&#233;s depuis le 20 juin 2022 et vou&#233;s &#224; &#234;tre d&#233;molis. Sur cent quatre-vingts personnes, seuls onze adultes et quinze enfants ont profit&#233; de la mise &#224; l'abri &#224; l'h&#244;tel. Les autres se sont r&#233;fugi&#233;es sous un autre hangar, situ&#233; non loin du pr&#233;c&#233;dent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cinq semaines plus tard, en ce mercredi apr&#232;s-midi, le &#171; village &#187; de bric et de broc s'active dans un concert de marteaux, de meuleuses et de visseuses. Des gar&#231;ons jouent au foot, d'autres poussent une voiture &#224; p&#233;dales, une fille s'essaye au skate. Des femmes lavent le linge dans des grandes bassines. Des hommes poursuivent la construction d'abris de fortune. D'autres trient les montagnes de d&#233;chets r&#233;cup&#233;r&#233;s dans les rues de Marseille. La vie a repris son cours, l'&#233;vacuation la veille de la tr&#234;ve hivernale et des vacances de la Toussaint ne semble plus faire pol&#233;mique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Nous sommes des Tziganes, nous avons l'habitude de tout recommencer &#224; z&#233;ro&lt;/i&gt;, assure un p&#232;re de famille sous couvert d'anonymat. &lt;i&gt;L&#224;, tout va bien. Le pr&#233;fet &#224; l'&#233;galit&#233; des chances nous a dit de venir ici, nous avons l'accord du propri&#233;taire, c'est m&#234;me le gardien qui nous a ouvert les portes. Nos enfants ont pu poursuivre leur scolarit&#233;, c'est l'essentiel. &#187;&lt;/i&gt; &#192; la question &lt;i&gt;&#171; comment as-tu v&#233;cu l'&#233;vacuation ? &#187;&lt;/i&gt;, une pr&#233;adolescente abonde &#224; grand renfort de Google translate : &lt;i&gt;&#171; je vais &#224; l'&#233;cole&#8239;&lt;/i&gt; &#187;. Un discours univoque, m&#234;me si un &#233;l&#232;ve de 3&#232;me d&#233;plore timidement : &lt;i&gt;&#171; avant, nous avions plus de place et moins de bruit &#187;&lt;/i&gt;. &#192; 14 ans, il a d&#233;j&#224; v&#233;cu cinq expulsions. &#192; chaque fois, il assiste &#224; la reconstruction du bidonville un peu plus loin dans les quartiers nord. &lt;i&gt;&#171; Il faut une journ&#233;e pour construire une maison&lt;/i&gt;, explique-t-il avec fiert&#233;. &lt;i&gt;Les familles s'entraident ; en une semaine, nous &#233;tions install&#233;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7648 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH206/capture_d_e_cran_2023-12-19_a_09.30.17-b900f.png?1704186186' width='500' height='206' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Peu de familles ont accept&#233; l'h&#233;bergement &#224; l'h&#244;tel, car cette solution ne r&#233;pond pas aux besoins du ferraillage, tri des encombrants ramass&#233;s dans la rue, activit&#233; essentielle &#224; l'&#233;conomie des m&#233;nages.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Manque d'anticipation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'&#233;lectricit&#233; et le raccordement &#224; l'eau, deux associations militantes sont intervenues en urgence, Solidarit&#233;s international et Just. Pour l'instant, les habitants du bidonville doivent se partager un unique w.-c. et, avec l'hiver, le raccordement &#233;lectrique risque d'&#234;tre mis &#224; mal par les chauffages. &lt;i&gt;&#171; Cette &#233;vacuation a mobilis&#233; les forces de l'ordre, deux associations pour accompagner les habitants, un cr&#233;dit exceptionnel pour des mises &#224; l'abri &#224; l'h&#244;tel, tout &#231;a pour que finalement les gens s'installent dans un hangar&lt;/i&gt;, d&#233;plore Jean R&#233;gis Rooijakers, coordinateur de Just, dont les r&#233;gisseurs sociaux s&#233;curisent les squats et les bidonvilles. &lt;i&gt;&#199;a interroge sur la vision d'une politique de r&#233;sorption des bidonvilles. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;venues le 17&#8239;octobre, les associations d&#233;plorent un manque d'anticipation. Le pr&#233;c&#233;dent pr&#233;fet &#224; l'&#233;galit&#233; des chances avait amorc&#233; un dialogue avec un collectif inter-associatif qui permettait la pr&#233;paration. De plus, face &#224; la crise de l'h&#233;bergement et du logement &#224; Marseille, le repr&#233;sentant de l'&#201;tat s'int&#233;ressait aux exp&#233;riences de contractualisation d'occupations temporaires avec des baux pr&#233;caires (1). Mais passer de la clandestinit&#233; des squats &#224; une mise &#224; l'abri encadr&#233;e, &#231;a s'organise dans le temps. &lt;i&gt;&#171; Depuis des ann&#233;es, les m&#234;mes familles se d&#233;placent de hangar en hangar et restent dans le m&#234;me secteur, il faudrait vraiment qu'on le prenne en compte pour r&#233;fl&#233;chir un cadre juridique &#187;&lt;/i&gt;, remarque le coordinateur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Directrice de service du p&#244;le pauvret&#233; et inclusion sociale du Groupe association d&#233;partementale pour le d&#233;veloppement des actions de pr&#233;vention des Bouches-du-Rh&#244;ne (ADDAP 13), Clotilde Bertrand chapeaute une &#233;quipe de huit professionnels, &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s, intervenants sociaux et infirmi&#232;res, mandat&#233;e par l'&#201;tat dans le cadre de la r&#233;sorption des bidonvilles. Leur r&#244;le consiste &#224; faire de l'aller-vers, apporter une veille sanitaire et sociale, puis accompagner les familles dans leur projet d'insertion, avec aussi une mission de protection de l'enfance. &lt;i&gt;&#171; Concernant les personnes &#233;vacu&#233;es, nous continuons d'accompagner celles qui nous sollicitent, m&#234;me si pour l'instant nous n'assurons pas de pr&#233;sence sociale. &#199;a va &#234;tre un peu plus compliqu&#233;, nous avons un peu perdu la confiance des habitants. Dans ces circonstances, nous sommes porteurs de la mauvaise nouvelle, donc ils pensent que nous sommes du c&#244;t&#233; du pr&#233;fet. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'association m&#233;diterran&#233;enne pour l'insertion par le logement (Ampil), l'autre association mandat&#233;e par l'&#201;tat qui accompagne quatre cents m&#233;nages sur trente sites &#224; Marseille, l'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; r&#233;f&#233;rent du site a d&#251; expliquer l'imminence de l'expulsion &#224; des familles incr&#233;dules. Puis il a v&#233;cu &#224; leur c&#244;t&#233; l'&#233;vacuation. Depuis, il attend la fin de l'installation du groupe pour reprendre ses interventions. Comme les six intervenants sociaux de son &#233;quipe - conseiller en insertion professionnelle, travailleurs sociaux ou faisant fonction -, son accompagnement orient&#233; emploi englobe les besoins primaires, l'acc&#232;s au droit commun, les cours de fran&#231;ais&#8230; avec pour objectif de sortir d'une logique de survie pour entrer dans une logique d'insertion. Les &#233;vacuations mal pr&#233;par&#233;es n'aident pas, le maintien dans l'ill&#233;galit&#233; du squat non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B&#233;b&#233;s dormant dans le coffre de la voiture&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Cet hiver, l'&#201;tat r&#233;duit les places d'h&#233;bergement d'urgence, je vois des b&#233;b&#233;s dormir dans des coffres de voiture,&lt;/i&gt; alerte Marc Allio, directeur de l'Ampil, pr&#233;sente dans les bidonvilles depuis trente ans. &lt;i&gt;Quand il pleut, il vaut mieux &#234;tre dans un bidonville qu'&#224; la rue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour r&#233;pondre aux besoins, il faudrait multiplier les petites unit&#233;s et investir sur l'&#233;ducation. Travaillons &#224; la recherche d'un &#233;quilibre qui allie les contraintes des propri&#233;taires et des personnes sans-abri. J'esp&#232;re qu'un jour, nous n'accompagnerons plus des &#233;vacuations, mais des d&#233;m&#233;nagements. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En attendant, les familles s'approprient un nouvel espace, persuad&#233;es d'&#234;tre prot&#233;g&#233;es par un accord tacite avec le propri&#233;taire et l'&#201;tat. Le pr&#233;fet &#224; l'&#233;galit&#233; des chances analyse la situation autrement : &lt;i&gt;&#171; L'&#233;vacuation a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e avec les partenaires institutionnels et associatifs associ&#233;s &#224; la strat&#233;gie d&#233;partementale. Le caract&#232;re pr&#233;caire et temporaire de l'occupation &#233;tait connu &#224; la fois des occupants, mais aussi des partenaires associatifs et des collectivit&#233;s. Les personnes &#233;vacu&#233;es peuvent avoir connaissance de lieux potentiellement vides et faire le choix de les occuper, quand bien m&#234;me cette occupation peut &#234;tre illicite. &#187;&lt;/i&gt; Baux pr&#233;caires et occupation temporaire manquent encore au vocabulaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) &#192; lire dans &lt;i&gt;Lien Social&lt;/i&gt; n&#176;1304 : Occupation temporaire. Remplir les vides, et dans &lt;i&gt;Lien Social&lt;/i&gt; n&#176;&#8239;1324 : Droit d'asile. Un CADA autog&#233;r&#233; fait jurisprudence.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un village d'insertion &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'historique club de pr&#233;vention des Bouches-du-Rh&#244;ne Addap13 porte la cr&#233;ation d'un village d'insertion pour les populations des bidonvilles. Avec un budget de 1,4&#8239;million d'euros, il devrait &#233;merger dans les quartiers nord en 2024. &lt;i&gt;&#171; L'&#201;tat et la ville ont fait preuve d'une politique volontariste pour trouver un terrain&lt;/i&gt;, affirme Clotilde Bertrand. &lt;i&gt;&#199;a c'est fait en toute transparence du c&#244;t&#233; associatif, moins du c&#244;t&#233; des habitants, donc notre travail consiste &#224; pr&#233;senter le projet et voir comment il peut s'int&#233;grer &#224; ce quartier. &#187;&lt;/i&gt; Les accompagnements devraient durer deux ans, le temps n&#233;cessaire &#224; la constitution d'un dossier complet. Avec environ un millier d'habitants dans les bidonvilles marseillais, cette r&#233;ponse ne peut cependant pas constituer l'alpha et l'om&#233;ga d'une politique de r&#233;sorption.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;sorption des bidonvilles &#8226; Une volont&#233; &#224; consolider</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Resorption-des-bidonvilles-o-Une-volonte-a-consolider-11386</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Resorption-des-bidonvilles-o-Une-volonte-a-consolider-11386</guid>
		<dc:date>2024-01-02T09:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Logement</dc:subject>
		<dc:subject>Gens du voyage</dc:subject>
		<dc:subject>Pr&#233;carit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Mal logement</dc:subject>
		<dc:subject>1352</dc:subject>

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&lt;p&gt;En 2018, l'insertion des populations migrantes originaires d'Europe de l'Est vivant en bidonvilles a pris un virage, du moins dans les intentions politiques. Tout comme les d&#233;cideurs, le travail social doit sortir d'une approche culturaliste pour accompagner les &#171; Roms &#187; vers le droit commun. Cinq ans plus tard sonne l'heure du premier bilan. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant des d&#233;cennies en France, des migrants &#233;conomiques venus d'Europe de l'Est ont pris l'habitude d'habiter dans des caravanes pour pouvoir bouger. Ce (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 2018, l'insertion des populations migrantes originaires d'Europe de l'Est vivant en bidonvilles a pris un virage, du moins dans les intentions politiques. Tout comme les d&#233;cideurs, le travail social doit sortir d'une approche culturaliste pour accompagner les &#171; Roms &#187; vers le droit commun. Cinq ans plus tard sonne l'heure du premier bilan.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pendant des d&#233;cennies en France, des migrants &#233;conomiques venus d'Europe de l'Est ont pris l'habitude d'habiter dans des caravanes pour pouvoir bouger. Ce nomadisme par n&#233;cessit&#233;, loin d'&#234;tre culturel, r&#233;sulte d'expulsions &#224; r&#233;p&#233;tition. En 2010, cette politique &#171; de la patate chaude &#187; s'exprimait sans complexe dans la bouche du pr&#233;sident Nicolas Sarkozy lors de son discours dit &#171; de Grenoble &#187;, avec un appel &#224; &lt;i&gt;&#171; mettre un terme aux implantations sauvages de campements de Roms &#187;&lt;/i&gt;. Ce prisme freinait s&#233;rieusement tous les efforts d'insertion. Puis l'instruction minist&#233;rielle du 28&#8239;janvier 2018 a impuls&#233; un changement d'approche. Une logique de &#171; r&#233;sorption des bidonvilles &#187; doit supplanter celle de &#171; d&#233;mant&#232;lement des campements illicites &#187;. On ne parle plus de &#171; Roms &#187; mais de &#171; citoyens europ&#233;ens &#187; et &#171; d'habitants pr&#233;caires &#187;. Les expulsions sont appel&#233;es &#224; devenir l'exception et ces lieux de vie indignes &#224; dispara&#238;tre progressivement gr&#226;ce &#224; l'accompagnement social de leurs habitants. Cinq ans plus tard, les bidonvilles n'ont pas disparu du paysage de nos m&#233;tropoles. Faut-il en conclure que l'accompagnement social de leurs habitants vers le logement, le travail et l'&#233;cole est un &#233;chec ?&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7647 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH268/capture_d_e_cran_2023-12-19_a_09.10.19-71f63.png?1704186185' width='500' height='268' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'instruction de 2018, 3000 personnes auraient quitt&#233; les bidonvilles pour une solution d&#233;cente de logement. Plus de 11 000 personnes y vivent toujours dans des conditions pr&#233;caires (1).&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#244;le de conviction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Directeur de la mission r&#233;sorption des bidonvilles cr&#233;&#233;e elle aussi en 2018 au niveau de la direction interminist&#233;rielle &#224; l'h&#233;bergement et &#224; l'acc&#232;s au logement (DIHAL), Manuel Demougeot porte ce changement de paradigme au niveau national. Une politique complexe pas toujours entendue par certaines pr&#233;fectures ou mairies&#8230; et par beaucoup de riverains. &lt;i&gt;&#171; Nous avons un r&#244;le d'entra&#238;nement et de conviction &#187;&lt;/i&gt;, souligne le directeur, d&#233;cid&#233; &#224; persuader les sceptiques en finan&#231;ant des exemples qui fonctionnent. Son service veut faire comprendre qu'&#171; en construisant des solutions &#224; moyen et long terme, on &#233;vite le cycle de reproduction des probl&#232;mes et les habitants finissent par trouver leur place &#187;. Il s'agit de ne plus tout miser sur les espaces temporaires d'insertion : &lt;i&gt;&#171; Cela peut constituer une r&#233;ponse transitoire mais en aucun cas l'unique solution d'habitat pour cette population. Il faut un panel de propositions (intercalaire, logement direct&#8230;) et travailler dans le sens du droit commun. &#187;&lt;/i&gt; Comme le pr&#233;cise Manuel Demougeot, le d&#233;fi est de faire &#233;voluer les pratiques d'accompagnement pour sortir des dispositifs sp&#233;cifiques aux populations &#171; roms &#187; - en d&#233;pit d'un cadre r&#233;glementaire europ&#233;en allant dans ce sens - et de mieux prendre en compte l'emprise et ses cons&#233;quences.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cet &#233;lan, la mission de r&#233;sorption des bidonvilles de la DIHAL a lanc&#233; une start-up d'&#201;tat pour d&#233;velopper un outil num&#233;rique d&#233;di&#233; : la plateforme r&#233;sorption-bidonvilles. Cet espace interactif a pour but de mettre en synergie tous les acteurs concern&#233;s : pour partager informations et ressources utiles &#224; l'action, probl&#233;matiques et bonnes pratiques. Concr&#232;tement, il centralise des cartes mises &#224; jour des sites recens&#233;s, des donn&#233;es chiffr&#233;es, de la documentation, un journal d'intervention, un espace d'entraide, un forum d'&#233;changes, etc. Sur les 2 000 utilisateurs (dont la moiti&#233; vraiment actifs), 40&#8239;% seraient issus des associations de l'accompagnement social. S'y croisent donc virtuellement de nombreux travailleurs sociaux mais aussi des agents des services pilotes de l'&#201;tat (Pr&#233;fet, Direction d&#233;partementale de l'emploi, du travail et des solidarit&#233;s) ou d'autres services publics (&#201;ducation nationale, emploi, forces de l'ordre, pompiers&#8230;), des repr&#233;sentants des collectivit&#233;s et des collectifs militants.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7646 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH216/capture_d_e_cran_2023-12-19_a_09.10.35-fb3b5.png?1704186186' width='500' height='216' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce notamment &#224; l'action de l'ONG Solidarit&#233;s international, la moiti&#233; des sites sont raccord&#233;s &#224; l'eau. Avec le ramassage des d&#233;chets et l'installation de toilettes, c'est la premi&#232;re &#233;tape de la s&#233;curisation sanitaire des conditions de vie&#8230; Pas encore garantie par toutes les mairies (1).&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nouveaux acteurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux nouveaux acteurs op&#233;rationnels ont aid&#233; &#224; changer la donne. L'ONG Solidarit&#233;s international a notamment contribu&#233; &#224; raccorder de nombreux sites &#224; l'eau, fluide indispensable pour s&#233;curiser les conditions de vie des habitants. Autre acteur devenu incontournable, l'association Trajectoires appuie les acteurs publics et associatifs dans la mise en place de politiques d'insertion de ces populations habitant en squats et bidonvilles. Ses t&#234;tes pensantes contribuent &#224; plus de pertinence dans la fa&#231;on de rechercher des solutions. Les co-fondateurs de Trajectoires, le sociologue Olivier Peyroux et le juriste Alexandre Le Cl&#232;ve (voir entretien p.&#8239;24), ont ainsi d&#233;fendu le changement de s&#233;mantique de &#171; campement illicite &#187;, &#224; &#171; bidonville &#187;.&lt;i&gt; &#171; Le terme &#8220;Campement illicite&#8221; renvoie &#224; une notion de mobilit&#233;, renfor&#231;ant la croyance que ces populations sont nomades, donc de passage et expulsables. &#034;&#8239;Bidonville&#034; &#187; marque une inscription sur le territoire de ces populations en grande pr&#233;carit&#233; : une r&#233;alit&#233; que les pouvoirs publics doivent prendre en compte en sortant d'une vision court-termiste &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;taille Alexandre Le Cl&#232;ve.&lt;br class='autobr' /&gt;
Actuellement, la douzaine de professionnels de Trajectoires r&#233;partis en France m&#232;nent des diagnostics et coordonnent les missions de r&#233;sorption des bidonvilles dans plusieurs d&#233;partements. La Loire-Atlantique arrive en t&#234;te, avec une soixantaine de sites habit&#233;s par plus de deux mille six-cents personnes, concentr&#233;s dans la m&#233;tropole de Nantes. Ce territoire est aussi le plus favorable &#224; l'action. &lt;i&gt;&#171; Les quatre acteurs principaux, d&#233;partement, &#201;tat, m&#233;tropole et communes travaillent ensemble. &#199;a avance, tout le monde parle sant&#233;, &#233;cole, protection de l'enfance, conditions de vie&#8230; &#187;&lt;/i&gt;, salut Fabrice Corbineau, salari&#233; de Trajectoires. Travailleur social form&#233; &#224; la coordination de projet, il pilote la feuille de route &#224; l'&#233;chelle du d&#233;partement, &#233;paul&#233; par deux coll&#232;gues. Une phase de recherche-action a r&#233;v&#233;l&#233; que &lt;i&gt;&#171; certains terrains &#233;taient tr&#232;s investis par les associations et d'autres, d&#233;laiss&#233;s &#187;&lt;/i&gt;. C'est pourquoi la mission &#171; r&#233;f&#233;rence-m&#233;diation-gestion &#187; (RMG) lanc&#233;e en janvier 2021 veut toucher la totalit&#233; des sites de l'agglom&#233;ration. L'objectif est de stabiliser les habitants sur les terrains, s&#233;curiser leurs conditions de vie puis de contractualiser avec chacun d'eux. &lt;i&gt;&#171; C'est l&#224; o&#249; &#231;a coince &#187;&lt;/i&gt;, nuance Fabrice Corbineau. Sur quinze communes qui s'&#233;taient engag&#233;es, treize projets de contractualisation restent toujours &#224; l'arr&#234;t. &lt;i&gt;&#171; Nous n'arrivons pas &#224; passer ce cap pourtant indispensable &#224; la mise en place d'un accompagnement social et d'un travail avec les personnes sur leur propre projection vers un logement. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;diation et droit commun&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, dans l'agglom&#233;ration nantaise, des m&#233;diateurs sociaux de diverses associations se d&#233;placent quotidiennement sur les bidonvilles, o&#249; ils croisent aussi leurs homologues m&#233;diateurs sant&#233; ou encore scolaires. &lt;i&gt;&#171; Tout notre travail consiste &#224; cr&#233;er un lien de confiance avec les habitants et &#224; essayer de porter un regard &#224; 360&#176; et objectiv&#233; sur leurs situations &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;crit Fiona Furaut, coordinatrice des trois m&#233;diateurs sociaux engag&#233;s par l'association Les Forges. Sur le terrain, ils d&#233;livrent un premier niveau d'information et d'orientation, identifient et font remonter les besoins techniques (raccordement &#224; l'eau et &#224; l'&#233;lectricit&#233; pour &#233;viter les branchements sauvages et les risques d'incendie, ramassage des d&#233;chets, toilettes, infestation, etc.) ou d'acc&#232;s aux droits et aux aides. Ils assurent aussi la m&#233;diation avec l'environnement, notamment les riverains m&#233;contents, pour tenter de cr&#233;er du dialogue et de d&#233;samorcer d'&#233;ventuels conflits. &lt;i&gt;&#171; Il s'agit d'un vrai travail de poup&#233;e russe et de partenariat avec tous les acteurs, notamment les services municipaux comme les centres communaux d'action sociale (CCAS). &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Nous travaillons avec les habitants et les partenaires, sans nous substituer aux uns ou aux autres&lt;/i&gt;, d&#233;crit David Dumeau, roumanophone et m&#233;diateur dans les bidonvilles de Bordeaux depuis 2011. &lt;i&gt;La m&#233;diation permet d'acculturer les services de droit commun, afin qu'ils appr&#233;hendent mieux un public qui aujourd'hui peut les mettre en difficult&#233;. &#192; l'interface, nous travaillons &#224; notre disparition. &#187; &lt;/i&gt; Actuellement, il coordonne l'&#233;quipe des six m&#233;diateurs du groupement d'int&#233;r&#234;t public (GIP) M&#233;diation, missionn&#233; dans les bidonvilles et les squats de l'agglom&#233;ration bordelaise aupr&#232;s d'une file active de deux mille personnes. Tout comme l'association les Forges &#224; Nantes, en tant que membre de France m&#233;diation, le GIP inscrit son action dans un cadre d&#233;ontologique et d&#233;fend la reconnaissance de la m&#233;diation comme m&#233;tier &#224; part enti&#232;re du travail social. C'est la garantie d'une certaine posture d'intervention : &lt;i&gt;&#171; Pour faire &#233;merger le projet des gens, notamment en termes de logement, nous nous mettons en position d'&#233;coute active et de reformulation sans jugement. Nous savons l'&#233;cart de r&#233;alit&#233; entre la vie en bidonville et celle dans un parc social et ses contraintes. Certaines familles adh&#232;rent &#224; cet objectif de logement p&#233;renne, d'autres cherchent seulement un h&#233;bergement temporaire sur le territoire fran&#231;ais le temps d'un emploi saisonnier. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Grenoble, l'acc&#232;s au logement social semble plus fluide qu'ailleurs, que ce soit en acc&#232;s direct ou via des mesures d'accompagnement social. &lt;i&gt;&#171; Mais aujourd'hui, quand une famille entre en appartement, une autre prend sa place. Si bien que le nombre d'habitants sur les terrains ne baisse pas &#187;&lt;/i&gt;, constate Sibille Volluet, l'une des deux travailleuses sociales employ&#233;es par Grenoble m&#233;tropole pour une action d'aller-vers aupr&#232;s de quelque cent cinquante personnes vivant en bidonvilles ou squats. Pour une r&#233;sorption plus durable de ces lieux de vie indignes, la Collectivit&#233; compte elle aussi sur un financement de la Dihal et un travail de diagnostic avec Trajectoires. Responsable au niveau de la m&#233;tropole de l'unit&#233; inclusion qui porte cette mission, Sonia Bernard assure que l'intention est bien de &lt;i&gt;&#171; contractualiser pour emp&#234;cher les r&#233;installations et engager les personnes dans une d&#233;marche d'insertion. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Nous sommes sur des logiques et des temporalit&#233;s diff&#233;rentes entre les habitants qui voudraient des actions rapides et les d&#233;lais de concertation et de prise de d&#233;cision politique &#187;&lt;/i&gt;, confie pour sa part Adeline Cerutti, la coordinatrice de Trajectoires dans le Val-de-Marne. Dans ce d&#233;partement de la r&#233;gion parisienne, hormis une action pilote sur un site situ&#233; &#224; Ivry, trop peu de mairies sont parties prenantes. Au contraire, depuis cet &#233;t&#233;, les d&#233;mant&#232;lements vont bon train autour de la future capitale olympique.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;(1) S&#233;rie photo Ioana et la jupe rouge sur la vie d'une jeune habitante d'un bidonville de l'agglom&#233;ration nantaise. Plus d'information sur le site de l'auteure : &lt;a href=&#034;https://url-r.fr/riPiv&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://url-r.fr/riPiv&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;HR&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;strong&gt;Les bidonvilles en France m&#233;tropolitaine &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; 11 200 ressortissants europ&#233;ens (majoritairement Roumains et Bulgares), dont 3 900 mineurs, habitent dans 240 bidonvilles.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 55 % sont connect&#233;s &#224; un r&#233;seau d'eau.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 2022&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; 20 d&#233;partements ont b&#233;n&#233;fici&#233; du budget de plus de 8,4 millions d'euros d&#233;di&#233;s &#224; la r&#233;sorption des bidonvilles.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 17 sites ont &#233;t&#233; r&#233;sorb&#233;s.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 1 256 personnes ont acc&#233;d&#233; &#224; une solution longue dur&#233;e en logement, logement accompagn&#233; ou h&#233;bergement.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 14 espaces d'insertion ou d'accompagnement.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Source : &#201;tats des lieux 2023 et bilan des actions de r&#233;sorption de bidonvilles, DIHAL. Disponible sur &lt;a href=&#034;https://urlr.me/bjDg9&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://urlr.me/bjDg9&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt; &lt;HR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &lt;span class='spip_document_7656 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L295xH468/platz_couverture-6fb79.jpg?1704186186' width='295' height='468' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt; Un polar dans la &#171; platz &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On est quelques-uns &#224; penser que la mort de L&#233;on pourrait &#234;tre instrumentalis&#233;e pour stopper la politique de r&#233;sorption des bidonvilles sous l'angle social &#187;.&lt;/i&gt; Travailleur social d&#233;prim&#233;, S&#233;bastien Marillac est le h&#233;ros du roman Platz (1). Dans ce polar sur fond de politique de r&#233;sorption des bidonvilles, tout est tir&#233; d'une r&#233;alit&#233; exp&#233;riment&#233;e par l'auteur, Sacha Vergne, sauf le meurtre de l'habitant d'un bidonville au c&#339;ur de l'intrigue. Sous pseudonyme, le professionnel partage sa connaissance des &#171; platz &#187; - terrain dans la langue rom - et de certaines d&#233;rives du social. Employ&#233; par un gros op&#233;rateur des dispositifs &#171; roms &#187;, son h&#233;ros se lance autant dans une enqu&#234;te pour retrouver le meurtrier de l'homme qu'il a un jour accompagn&#233; que dans une qu&#234;te de sens sur son m&#233;tier. Au fil de l'intrigue, il comprend qu'il n'est qu'un interm&#233;diaire de &#171; l'op&#233;ratisation &#187; de sa structure. &lt;i&gt;&#171; J'en avais marre d'entendre certains acteurs distiller cette petite musique, &#8220;roms, regardez tous les moyens qu'on met et pourtant vous &#234;tes difficiles &#224; int&#233;grer&#8221;, comme pour justifier qu'on laisse les gens se pr&#233;cariser au lieu de remettre en cause son fonctionnement &#187;&lt;/i&gt;, confie l'auteur. Il a mis la fiction au service de cette d&#233;nonciation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Platz, Sacha Vergne, &#201;d. Conspiration, 2022.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien avec Florence Delorme et Abdel Bendriss - Formation &#8226; Une p&#233;dagogie adapt&#233;e</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Entretien-avec-Florence-Delorme-et-Abdel-Bendriss-Formation-o-Une-pedagogie-adaptee</link>
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		<dc:date>2023-11-22T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Travailleur social</dc:subject>
		<dc:subject>AMP</dc:subject>
		<dc:subject>Auxiliaire de vie sociale</dc:subject>
		<dc:subject>1350</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Des promos h&#233;t&#233;rog&#232;nes, des niveaux in&#233;gaux, des candidats qui manquent &#224; l'appel. De quelles fa&#231;ons les centres de formation ajustent-ils leur p&#233;dagogie aux apprenants ? &lt;br class='autobr' /&gt; Entretien avec Florence Delorme, formatrice d'accompagnants &#233;ducatifs et sociaux (AES) et Abdel Bendriss, directeur des formations &#224; l'association r&#233;gionale pour la formation, la recherche et l'innovation en pratiques sociales (Arfrips) de Lyon. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'o&#249; viennent vos &#233;tudiants AES ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Leur profil a beaucoup &#233;volu&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Travailleur-social" rel="tag"&gt;Travailleur social&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/AMP" rel="tag"&gt;AMP&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Auxiliaire-de-vie-sociale" rel="tag"&gt;Auxiliaire de vie sociale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1350-" rel="tag"&gt;1350&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des promos h&#233;t&#233;rog&#232;nes, des niveaux in&#233;gaux, des candidats qui manquent &#224; l'appel. De quelles fa&#231;ons les centres de formation ajustent-ils leur p&#233;dagogie aux apprenants ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_7546 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L250xH253/capture_d_e_cran_2023-11-20_a_13.06.24-69962.png?1700694059' width='250' height='253' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt; Entretien avec Florence Delorme, formatrice d'accompagnants &#233;ducatifs et sociaux (AES) et Abdel Bendriss, directeur des formations &#224; l'association r&#233;gionale pour la formation, la recherche et l'innovation en pratiques sociales (Arfrips) de Lyon.
&lt;HR&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;D'o&#249; viennent vos &#233;tudiants AES ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Leur profil a beaucoup &#233;volu&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es. Les anciens aides m&#233;dico-psychologiques (AMP) cherchaient surtout la reconnaissance professionnelle d'une pratique d&#233;j&#224; effective. Aujourd'hui, nous avons beaucoup plus d'&#233;tudiants qui d&#233;couvrent le m&#233;tier. Les pr&#233;requis ne sont donc plus les m&#234;mes. Les &#233;tablissements de formation manquent de candidats depuis plusieurs ann&#233;es. L'Arfrips compte trois promos de dix &#224; quinze apprenants, contre une trentaine auparavant. &#192; Villefranche-sur-Sa&#244;ne (Rh&#244;ne), nous travaillons avec un public orient&#233; par P&#244;le emploi qui peut rencontrer davantage de difficult&#233;s &#224; trouver un stage ainsi que des probl&#232;mes de mobilit&#233;. &#192; Lyon, les deux tiers des personnes de la promotion sont en contrat d'apprentissage ou d&#233;j&#224; en contrat professionnel avec un employeur. C'est le cas des personnels de cuisine, d'entretien ou de lingerie, par exemple, qui d&#233;sirent changer de poste et travailler aupr&#232;s des r&#233;sidents. Enfin, &#224; Valence (Dr&#244;me), nous avons une troisi&#232;me promotion avec essentiellement des voies directes aussi.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment adaptez-vous votre p&#233;dagogie &#224; ce public ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'organisation de la formation en blocs de comp&#233;tences (&lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/accompagnants-educatifs-et-sociaux-o-Les-petites-mains-du-quotidien&#034;&gt;voir encadr&#233;&lt;/a&gt;) nous permet de valider point par point les diff&#233;rents aspects du m&#233;tier. Mais notre p&#233;dagogie laisse la plus grande part &#224; la vari&#233;t&#233; des approches et des contenus, &#224; la r&#233;flexion collective, &#224; la parole dans un espace s&#233;cure, au lien avec l'exp&#233;rience. C'est capital pour des personnes parfois en difficult&#233; dans les apprentissages. Nous tentons aussi de diversifier les outils p&#233;dagogiques car beaucoup d'apprenants rencontrent des difficult&#233;s en lecture. Nous privil&#233;gions des extraits de chapitres ou des petits textes plut&#244;t que des livres entiers. Nous utilisons &#233;galement des ressources audio-visuelles vari&#233;es. Nous travaillons en &#233;troite collaboration avec les terrains de stages et proposons des m&#233;diations en cas de difficult&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les petites tailles des promotions nous permettent de mettre en place un accompagnement adapt&#233; et individualis&#233; pour celles et ceux qui rencontrent des difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'est-ce qui explique le faible nombre de candidats ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;carisation de la vie de la jeunesse, les situations de reconversion professionnelle, les contraintes de vie familiale, avec notamment des budgets mobilit&#233; en forte hausse ces derni&#232;res ann&#233;es, rendent plus difficiles les parcours de formation, tant en contrat de professionnalisation que d'apprentissage ou qu'en voie directe. Les salaires ne sont pas suffisamment attractifs, l'avancement dans les &#233;chelons trop lent. De plus, le d&#233;calage avec les professions m&#233;dicales s'accentue depuis le S&#233;gur, ce qui peut amener certains &#224; s'orienter plut&#244;t vers la formation d'aide-soignant. La reconnaissance symbolique, la valorisation sociale de ces m&#233;tiers ou encore l'identification claire des missions font parfois d&#233;faut. C'est aussi devenu un m&#233;tier plus dur avec davantage d'exigences. Toutefois, ceux qui se lancent, y trouvent en g&#233;n&#233;ral leur compte. Nous avons de nombreux retours tr&#232;s positifs de la part des jurys qui rencontrent ces professionnels en fin de parcours. Beaucoup louent leur authenticit&#233;, leur pr&#233;sence, leur engagement professionnel et leurs qualit&#233;s relationnelles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Protection de l'enfance &#8226; Les AES en renfort ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Protection-de-l-enfance-o-Les-AES-en-renfort</link>
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		<dc:subject>Travailleur social</dc:subject>
		<dc:subject>AMP</dc:subject>
		<dc:subject>Auxiliaire de vie sociale</dc:subject>
		<dc:subject>1350</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De plus en plus de maisons d'enfants &#224; caract&#232;re social choisissent d'embaucher des accompagnants &#233;ducatifs et sociaux sur des postes d'&#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s rest&#233;s vacants. C'est le cas de l'association Samuel Vincent &#224; Vauvert, pr&#232;s de N&#238;mes (Gard). &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Sarah est une &#233;ducatrice formidable. Elle est toujours disponible pour discuter. M&#234;me quand elle ne travaille pas, elle pense &#224; nous. On peut compter sur elle. Elle est seulement un peu stress&#233;e parfois, mais ce n'est pas &#233;tonnant avec tout le travail qu'on (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Travailleur-social" rel="tag"&gt;Travailleur social&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/AMP" rel="tag"&gt;AMP&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Auxiliaire-de-vie-sociale" rel="tag"&gt;Auxiliaire de vie sociale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1350-" rel="tag"&gt;1350&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De plus en plus de maisons d'enfants &#224; caract&#232;re social choisissent d'embaucher des accompagnants &#233;ducatifs et sociaux sur des postes d'&#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s rest&#233;s vacants. C'est le cas de l'association Samuel Vincent &#224; Vauvert, pr&#232;s de N&#238;mes (Gard).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Sarah est une &#233;ducatrice formidable. Elle est toujours disponible pour discuter. M&#234;me quand elle ne travaille pas, elle pense &#224; nous. On peut compter sur elle. Elle est seulement un peu stress&#233;e parfois, mais ce n'est pas &#233;tonnant avec tout le travail qu'on lui demande &#187;&lt;/i&gt;, lance le jeune Ilian (1), 14 ans, lorsqu'il rentre du coll&#232;ge pour sa pause de midi. Sarah Gascuel est accompagnante &#233;ducative et sociale (AES) et travaille depuis trois ans au sein de la maison d'enfants &#224; caract&#232;re social (MECS) de Vauvert. Ici, les enfants ont tous leurs chouchous et leurs t&#234;tes dont ils parlent tr&#232;s spontan&#233;ment. Mais aucun ne fait de diff&#233;rence entre AES, moniteur-&#233;ducateur ou &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;. &lt;i&gt;&#171; D&#232;s que nous les s&#233;curisons, nous sommes reconnus dans notre fonction &#233;ducative. S'ils savent que je ne suis pas &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e, cela ne les emp&#234;che pas de me demander autant qu'&#224; mes coll&#232;gues. Parfois, lorsqu'ils sont contrari&#233;s, ils me lancent des piques du style : &#8220;t'as pas ton bac&#8221;, mais cela reste rare &#187;&lt;/i&gt;, raconte Sarah.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur ce, la fr&#234;le Chlo&#233;, 11 ans, rentre agit&#233;e. Elle apprend qu'elle sera priv&#233;e d'une demi-heure de t&#233;l&#233;phone en raison d'une altercation avec une autre &#233;ducatrice la veille. La fillette se d&#233;fend bec et ongles : &lt;i&gt;&#171; C'est injuste. Je lui ai juste dit que je ne l'aimais pas &#187;&lt;/i&gt;, proteste-t-elle. Sarah reprend pos&#233;ment les &#233;v&#233;nements de la veille. &lt;i&gt;&#171; Ta mani&#232;re de nous parler n'est pas adapt&#233;e. Tu nous prends de haut, &#231;a s'appelle de l'insolence.&#8239;&lt;/i&gt; &#187; Mais Chlo&#233; n'en d&#233;mord pas. Elle en veut beaucoup &#224; l'&#233;ducatrice &#224; l'origine de la punition et se met &#224; pleurer. Apr&#232;s avoir ressass&#233; longuement ces m&#234;mes litanies, elle finira par dire tout le bien qu'elle pense des &#233;ducateurs. &lt;i&gt;&#171; Je ne pourrais pas faire leur m&#233;tier. M'occuper de tant d'enfants ! D&#233;j&#224; deux, &#231;a ferait trop pour moi. Ils doivent travaillent tard, parfois jusqu'&#224; 23 heures. En plus, ils sont mal pay&#233;s. Vraiment, ils ont beaucoup de m&#233;rite&lt;/i&gt;, reconna&#238;t-elle. &lt;i&gt;Quand Sarah est arriv&#233;e, j'ai &#233;crit une lettre pour qu'elle soit embauch&#233;e en CDI. &#187;&lt;/i&gt; Ilian encha&#238;ne :&lt;i&gt; &#171; ils ne font pas ce m&#233;tier pour l'argent, &#231;a se voit. Ils ont envie qu'on r&#233;ussisse. Ils organisent des s&#233;jours avec nous, alors qu'ils ne sont pas oblig&#233;s de le faire &#187;&lt;/i&gt;. Les adultes &#233;coutent et n'en reviennent pas ! Car au quotidien, ce n'est pas toujours le m&#234;me son de cloche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Form&#233;s pour prendre soin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sarah a longtemps exerc&#233; comme &#171; faisant fonction &#187; d'aide-soignante dans un &#233;tablissement d'h&#233;bergement pour personnes &#226;g&#233;es (Ehpad) avec un simple BEP sanitaire et social. Ensuite, elle a voulu se reconvertir dans l'action &#233;ducative. Elle s'est inscrite en formation d'AES et a d&#233;croch&#233; son dipl&#244;me en 2019. &lt;i&gt;&#171; C'est au cours d'un stage d'immersion dans une maison d'enfants &#224; caract&#232;re social (MECS) que j'ai eu le d&#233;clic. J'ai &#233;t&#233; touch&#233;e par la sensibilit&#233;, la pertinence de ces enfants. J'ai eu envie de les aider &#224; grandir, &#224; apprendre les codes sociaux, &#224; devenir autonomes. &#187; &lt;/i&gt; Pour Sarah, le petit plus des AES est l'importance qu'ils accordent aux soins. &lt;i&gt;&#171; Par notre formation, nous avons un &#339;il plus vigilant sur tout ce qui concerne l'hygi&#232;ne, l'alimentation ou le suivi m&#233;dical. Nous sommes plus attentifs &#224; un nez qui coule, &#224; des ongles trop longs ou &#224; des poux par exemple. Dans le domaine du prendre soin, nous avons des savoir-faire qui manquent aux moniteurs-&#233;ducateurs. Sur d'autres aspects, comme les lois, les &#233;crits professionnels ou le projet personnalis&#233; en revanche, nous sommes moins bien form&#233;s qu'eux. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sarah a d'abord &#233;t&#233; embauch&#233;e comme ma&#238;tresse de maison, faute de poste d'AES au sein de l'association. En 2020, le d&#233;tachement d'une &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e sur une mission de coordinatrice a permis la cr&#233;ation de ce poste. Depuis, l'association a reproduit ce m&#234;me mod&#232;le sur une autre MECS. Le chef de service, Fabrice Carreau, est ravi de ces recrutements. &lt;i&gt;&#171; Les AES ont souvent un parcours de vie plus riche que les &#233;ducateurs qui sortent de l'&#233;cole. Ils sont plus &#226;g&#233;s, plus m&#251;rs et certains ont eu des parcours difficiles qui les ont endurcis&lt;/i&gt;, appr&#233;cie-t-il. &lt;i&gt;Cela constitue un v&#233;ritable atout dans nos prises en charge quotidiennes. Ils ont une volont&#233; d&#233;cupl&#233;e de bien faire, m&#234;me s'ils manquent parfois de confiance en eux par rapport aux &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis un an, la MECS de Vauvert s'est install&#233;e dans une petite maison de ville &#224; l'ambiance familiale. Six enfants de 9 &#224; 16 ans y vivent. Au premier &#233;tage, on trouve une cuisine ouverte sur un salon &#224; la d&#233;co moderne et donnant sur un petit jardin orn&#233; d'oliviers. Chacun a une chambre individuelle &#224; l'&#233;tage. L'&#233;quipe compte cinq &#233;ducateurs et deux apprentis : l'un en formation de moniteur-&#233;ducateur, l'autre d'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;. Actuellement, le groupe accueille aussi Virginie Munoz, stagiaire AES, en reconversion professionnelle apr&#232;s un parcours dans le pr&#234;t-&#224;-porter et l'immobilier. Elle d&#233;couvre le travail aupr&#232;s d'enfants. &lt;i&gt;&#171; J'ai toujours eu la fibre sociale mais je me suis lanc&#233;e dans une vie de famille jeune. Maintenant que mes enfants sont grands, je peux enfin r&#233;aliser ce projet. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7545 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH248/capture_d_e_cran_2023-11-20_a_11.47.49-78b63.png?1700694059' width='500' height='248' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Petites r&#233;compenses du quotidien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au quotidien, le travail en MECS demande beaucoup de patience et d'engagement. Sarah dit vivre des tensions permanentes. Elle finit tard le soir, travaille un week-end sur deux et parfois se retrouve seule &#224; g&#233;rer un groupe de six enfants. &lt;i&gt;&#171; Nos &#233;motions sont mises &#224; rude &#233;preuve parfois. Certains conflits peuvent provoquer de la col&#232;re et de la peine. Les enfants n'ont de cesse de se comparer entre eux et de crier &#224; l'injustice. Ils savent aussi tr&#232;s bien sur quel bouton appuyer pour nous faire r&#233;agir. Pour prendre de la distance, nous avons les r&#233;unions d'analyse des pratiques et une psychologue &#224; laquelle nous confier. &#187; &lt;/i&gt; Mais &#233;tonnamment, les moments qu'elle appr&#233;hende le plus ne sont pas ceux o&#249; elle se retrouve seule. &#171; &lt;i&gt;&#8239;En g&#233;n&#233;ral, &#231;a se passe mieux quand nous sommes seuls, car les enfants se retiennent ou quand &#231;a d&#233;borde, les plus grands temp&#232;rent. C'est surtout quand nous som&lt;/i&gt;mes plusieurs &#233;ducateurs, que les conflits ont tendance &#224; s'envenimer. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont les moments de partage parfois tr&#232;s riches avec ces enfants qui la font tenir le coup, mais aussi les mots r&#233;confortants de certains anciens.&lt;i&gt; &#171; Je croise r&#233;guli&#232;rement une jeune fille qui a v&#233;cu au foyer, travaille aujourd'hui &#224; Intermarch&#233; et me remercie maintenant. &#8220;C'est gr&#226;ce &#224; toi que j'ai fait les bons choix&#8221;&lt;/i&gt;, me dit-elle. &lt;i&gt;Cela fait chaud au c&#339;ur et me rend fi&#232;re. Pour d'autres, c'est plus compliqu&#233;. Les projets que nous mettons en place ne marchent pas toujours. C'est &#231;a le plus dur ! Mais on ne peut pas faire de projets sans adh&#233;sion. &#187;&lt;/i&gt; Plus tard, Sarah se verrait bien travailler dans le m&#233;dico-social aupr&#232;s d'enfants pour profiter de meilleures conditions de travail : des ratios d'encadrement plus confortables, des horaires en journ&#233;e, pas de week-ends&#8230; Mais pour l'instant, la plupart de ces &#233;tablissements ferment encore leurs portes aux AES. Cependant, aujourd'hui, elle appr&#233;cie son travail aupr&#232;s d'enfants si attachants, &#224; fleur de peau et authentiques. Avec parfois une bonne dose d'humour en plus ! &#171; Le reportage va passer sur France 3 ? &#187;, m'interroge Ilian en repartant au coll&#232;ge. Il est un peu d&#233;&#231;u par ma r&#233;ponse. &lt;i&gt;&#171; Au moins, vous pourriez mettre une photo de Sarah en grand sur la couverture en maillot de bain !, sugg&#232;re-t-il alors. Vous direz qu'elle fait de la natation avec nous ! &#187; &lt;/i&gt; Touch&#233;e par autant de t&#233;moignages d'affection, la star du jour savoure.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) Pour pr&#233;server l'anonymat des enfants, les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Accompagnants &#233;ducatifs et sociaux &#8226; Les petites mains du quotidien</title>
		<link>https://www.lien-social.com/accompagnants-educatifs-et-sociaux-o-Les-petites-mains-du-quotidien</link>
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		<dc:subject>Travailleur social</dc:subject>
		<dc:subject>AMP</dc:subject>
		<dc:subject>Auxiliaire de vie sociale</dc:subject>
		<dc:subject>1350</dc:subject>

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&lt;p&gt;Cr&#233;&#233; en 2016, le dipl&#244;me d'accompagnant &#233;ducatif et social (AES) a regroup&#233; trois types d'intervenants sociaux de premier niveau : aides m&#233;dico-psychologique (AMP) travaillant surtout en institution, auxiliaires de vie sociales (AVS) intervenant &#224; domicile et auxiliaires de vie scolaire. Sept ans plus tard, quel bilan pour cette r&#233;forme ? &lt;br class='autobr' /&gt; Des techniciens de l'observation fine, des sp&#233;cialistes du quotidien et de la relation, une premi&#232;re marche dans les m&#233;tiers du social&#8230; c'est ainsi que les (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1350-" rel="tag"&gt;1350&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cr&#233;&#233; en 2016, le dipl&#244;me d'accompagnant &#233;ducatif et social (AES) a regroup&#233; trois types d'intervenants sociaux de premier niveau : aides m&#233;dico-psychologique (AMP) travaillant surtout en institution, auxiliaires de vie sociales (AVS) intervenant &#224; domicile et auxiliaires de vie scolaire. Sept ans plus tard, quel bilan pour cette r&#233;forme ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_7543 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH303/capture_d_e_cran_2023-11-20_a_11.28.37-4671f.png?1700694059' width='500' height='303' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
Des techniciens de l'observation fine, des sp&#233;cialistes du quotidien et de la relation, une premi&#232;re marche dans les m&#233;tiers du social&#8230; c'est ainsi que les formateurs qualifient les accompagnants &#233;ducatifs et sociaux (AES). Form&#233;s pour intervenir aupr&#232;s de tout type de public en difficult&#233;, de la petite enfance jusqu'&#224; l'&#233;tablissement d'h&#233;bergement pour personnes &#226;g&#233;es d&#233;pendantes (Ehpad), ces professionnels travaillent majoritairement dans les structures collectives aupr&#232;s d'adultes handicap&#233;s ou de personnes &#226;g&#233;es. Leur cr&#233;neau sont les temps du quotidien : lever, coucher, repas, toilette, activit&#233;s de loisir ou de vie sociale. Mais on les trouve aussi de plus en plus dans les maisons d'enfants &#224; caract&#232;re social (MECS), les centres d'h&#233;bergement et de r&#233;insertion sociale (CHRS) et certains &#233;tablissements m&#233;dico-sociaux pour enfants o&#249; ils occupent souvent des postes d'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; ou de moniteur-&#233;ducateur rest&#233;s vacants.
D'autres AES interviennent dans les services d'aide &#224; domicile aupr&#232;s de personnes en situation de handicap ou en perte d'autonomie ou au sein des &#233;coles, coll&#232;ges et lyc&#233;es. Certains se lancent m&#234;me dans l'aventure du travail en lib&#233;ral.
En 2016, l'objectif &#233;tait de regrouper plusieurs m&#233;tiers demandant des comp&#233;tences semblables, mais portant des appellations diff&#233;rentes. Pour les auxiliaires de vie scolaire, il s'agissait aussi de proposer une formation plus compl&#232;te que les 60&#8239;heures d'adaptation &#224; l'emploi requises pour acc&#233;der &#224; ce type de poste. La r&#233;forme a voulu ouvrir ce type de formations &#224; un public plus large, en cr&#233;ant des fili&#232;res en voie directe, financ&#233;es par les collectivit&#233;s territoriales et accessibles aux personnes sans emploi. Auparavant, les aides m&#233;dico-psychologique (AMP) &#233;taient souvent d&#233;j&#224; en poste et form&#233;s en cours d'emploi.
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un taux d'embauche tr&#232;s &#233;lev&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entr&#233;e en formation d'AES n'exige aucun pr&#233;requis. La s&#233;lection consiste en un simple entretien de motivation. La formation dure un an en voie directe et aboutit &#224; un dipl&#244;me d'&#201;tat de niveau 3. Au d&#233;part, les AES en formation devaient choisir une sp&#233;cialit&#233; parmi trois propos&#233;es : accompagnement &#224; domicile, en institution ou en &#233;ducation inclusive (&#233;cole, cr&#232;che, centre a&#233;r&#233;). La grande majorit&#233; d'entre eux restaient positionn&#233;s sur le travail en &#233;tablissement, largement avant le domicile et le scolaire. Mais ces trois sp&#233;cialit&#233;s ont disparu en 2021 lors d'une nouvelle r&#233;forme du dipl&#244;me. Celle-ci a orient&#233; la formation vers davantage de pratiques de nursing et ouvert des passerelles vers le m&#233;tier d'aide-soignant (niveau 4) pour ceux qui souhaitent s'orienter vers les soins. Si certains optent pour cette voie, d'autres continuent avec une formation de moniteur-&#233;ducateur ou d'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le taux d'emploi des nouveaux dipl&#244;m&#233;s avoisine les 100&#8239;%. Beaucoup sont directement embauch&#233;s &#224; l'issue de leur stage. Dans certains secteurs comme celui du handicap adulte qui compte beaucoup de postes d'AES, les chefs d'&#233;tablissements peinent &#224; recruter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Profils multifacettes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2021, ils &#233;taient plus de 10 000 &#233;tudiants inscrits dans les diff&#233;rents centres de formation (88&#8239;% de femmes). Pr&#232;s de 6 400 nouveaux dipl&#244;m&#233;s arrivaient sur le march&#233; du travail cette m&#234;me ann&#233;e. Dans les promotions, on rencontre des personnes de tout &#226;ge et de tout horizon avec des niveaux d'&#233;tude pouvant aller du BEPC au Master 2. &lt;i&gt;&#171; Nos stagiaires ont entre 18 et 62 ans. Nous formons aussi bien des jeunes qui sortent de l'&#233;cole que des personnes avec un parcours de vie tr&#232;s riche ayant longtemps occup&#233; un emploi alimentaire qui viennent ici renouer avec un projet &#187;&lt;/i&gt;, explique Sun-Mi Guichard, formatrice &#224; l'institut de formation des m&#233;tiers &#233;ducatifs (IFME) de N&#238;mes. &#192; l'image de Laurent qui a toujours travaill&#233; en usine avant de se reconvertir &#224; 44 ans. &lt;i&gt;&#171; Au moment du Covid, je me suis beaucoup interrog&#233; sur ma vie. Je voulais exercer un m&#233;tier passion. Le travail avec les enfants m'a toujours int&#233;ress&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Aujourd'hui, il intervient en MECS et a pour projet de s'engager dans une VAE de moniteur-&#233;ducateur. Autre exemple de parcours h&#233;t&#233;roclite, celui de Cindy qui apr&#232;s un Master 2 en Politiques sociales, a tout d'abord travaill&#233; comme chef d'&#233;quipe d'une entreprise de nettoyage, avant de se lancer dans cette formation. &lt;i&gt;&#171; Ce qui me plaisait dans le m&#233;nage &#233;tait le relationnel. Au d&#233;part, je voulais travailler en centre d'h&#233;bergement et de r&#233;insertion sociale (CHRS). Puis j'ai d&#233;couvert le secteur du handicap. Aujourd'hui, je travaille en service d'aide et d'accompagnement &#224; domicile aupr&#232;s d'adultes en situation de handicap. J'interviens &#224; la maison dans les t&#226;ches de vie quotidienne, je fais aussi des accompagnements aux loisirs, aux rendez-vous m&#233;dicaux... Je suis multit&#226;che : tant&#244;t psy, tant&#244;t aide-soignante, tant&#244;t esth&#233;ticienne &#187;&lt;/i&gt;, t&#233;moigne-t-elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Le public qui se pr&#233;sente dans ces formations est souvent tr&#232;s h&#233;t&#233;rog&#232;ne : il peut y avoir des personnes tr&#232;s &#233;loign&#233;es de l'emploi avec des parcours scolaires difficiles, d'autres orient&#233;es par P&#244;le emploi ou des primo-arrivants en France &#187;&lt;/i&gt;, indique Ludwig Maquet, qui a form&#233; des AES en maison familiale rurale (MFR). Lydie, par exemple, est arriv&#233;e du Gabon o&#249; elle travaillait dans la vente, voici sept ans. Elle s'est form&#233;e &#224; l'IRTS de Montpellier pour pouvoir intervenir en milieu scolaire. &lt;i&gt;&#171; Ce qui me plait dans ce m&#233;tier, c'est sortir les personnes de leur isolement, leur donner envie de r&#234;ver &#224; nouveau, leur redonner confiance en elles &#187;&lt;/i&gt;, t&#233;moigne-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7544 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH288/capture_d_e_cran_2023-11-20_a_11.29.31-13e05.png?1700694060' width='500' height='288' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;strong&gt;Place singuli&#232;re dans les &#233;quipes&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Si leur place au plus pr&#232;s des usagers dans la vie quotidienne est reconnue par tous, c'est parfois dans la r&#233;flexion autour des pratiques, la compr&#233;hension de certaines pathologies ou la r&#233;daction des rapports et projets que les AES peuvent rencontrer des difficult&#233;s. En effet, leur formation ne les pr&#233;pare pas toujours &#224; toutes les situations rencontr&#233;es. &lt;i&gt;&#171; Dans l'approche de la maladie mentale par exemple, leur formation demeure tr&#232;s succincte. C'est &#224; nous de rester vigilants et de ne pas leur demander la m&#234;me chose qu'&#224; un &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; &#187;&lt;/i&gt;, estime Thierry Martin, directeur d'un foyer de vie dans l'Eure qui emploie plusieurs AES. &lt;i&gt;&#171; Souvent, ils me disent avoir l'impression d'effectuer le m&#234;me travail qu'un &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;. Je leur r&#233;ponds toujours : &#8220;vous faites peut-&#234;tre les m&#234;mes choses mais pas de la m&#234;me mani&#232;re. Vous n'avez pas le m&#234;me recul, les m&#234;mes r&#233;flexions, les m&#234;mes observations qu'un professionnel form&#233; sur trois ans&#8221; &#187;&lt;/i&gt;, ajoute Isabelle Gros, cheffe de service en &#233;tablissement et service d'aide par le travail (ESAT) et formatrice &#224; l'IRTS de Montpellier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur le terrain, certains AES disent parfois rencontrer des difficult&#233;s pour se faire entendre. &lt;i&gt;&#171; Lorsque nous remarquons une douleur chez un r&#233;sident, notre ressenti n'est pas toujours pris en compte du c&#244;t&#233; m&#233;dical&lt;/i&gt;, t&#233;moigne Sarah, qui travaille depuis vingt-trois ans dans un foyer de vie pour adultes atteints de lourds handicaps.&lt;i&gt; Certains r&#233;sidents ne parlent pas et nous nous battons pour qu'ils soient entendus. Quand ce n'est pas le cas, &#231;a nous &#233;nerve, nous nous sentons faibles. &#187;&lt;/i&gt; Si la plupart des cadres saluent les qualit&#233;s personnelles de ces professionnels, certains s'inqui&#232;tent des cons&#233;quences &#224; long terme de leurs remplacements d'&#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s. &#192; l'image de Vincent Meynier, directeur adjoint d'un CHRS dans le Gard, qui y voit aussi une volont&#233; politique de museler la profession. &lt;i&gt;&#171; Moins les professionnels sont qualifi&#233;s, moins ils auront tendance &#224; questionner les politiques publiques. Aujourd'hui, les politiques veulent des gens qui ex&#233;cutent et non qui r&#233;fl&#233;chissent. Nous nous dirigeons de plus en plus vers une d&#233;qualification du travail social. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Manque de candidats&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les candidatures d'AES manquent. &lt;i&gt;&#171; Pendant trois ans, nous n'en avions plus aucune sur notre &#233;tablissement. &#199;a repart tout juste &#187;&lt;/i&gt;, t&#233;moigne Cyril Aptel, chef de service d'une maison d'accueil sp&#233;cialis&#233;e (MAS) &#224; Montpellier. Plusieurs directeurs et formateurs partagent ce sentiment. Les &#233;coles peinent &#224; remplir les places disponibles et se retrouvent parfois avec des promos &#224; moiti&#233; vides. &lt;i&gt;&#171; Cette d&#233;saffection est encore plus massive depuis le Covid. Notre rapport au travail semble avoir chang&#233; depuis quelques ann&#233;es. Ces m&#233;tiers ne sont plus suffisamment attractifs. Nous observons une p&#233;nurie importante dans tous les secteurs &#187;&lt;/i&gt;, souligne H&#233;l&#233;na Martin, responsable des formations AES &#224; l'IRTS de Montpellier. Applaudis hier au moment du Covid, les professionnels exer&#231;ant les m&#233;tiers de l'ombre ont vite retrouv&#233; les t&#233;n&#232;bres au lendemain des confinements. &lt;i&gt;&#171; Ces m&#233;tiers n'attirent pas les jeunes, les conditions de travail sont difficiles : amplitudes horaires allant du lever au coucher, horaires d&#233;coup&#233;s, travail week-ends et jours f&#233;ri&#233;s, salaires faibles, manque de reconnaissance,&lt;/i&gt; r&#233;sume Anne Lauseig, fondatrice du Collectif la Force invisible des aides &#224; domicile, qui lutte pour la reconnaissance de ces m&#233;tiers. &lt;i&gt;On nous prend pour des femmes de m&#233;nage, ce que nous ne sommes pas ! Nous cr&#233;ons du lien social. Il faut des comp&#233;tences relationnelles pour exercer ce m&#233;tier. Effectuer une toilette pour une personnes &#226;g&#233;e ou handicap&#233;e, accepter des corps meurtris, savoir r&#233;agir &#224; la d&#233;tresse, n'est pas donn&#233; &#224; tout le monde ! &#187; &lt;/i&gt; Mais d'autres saluent tout de m&#234;me les avanc&#233;es de ces derni&#232;res ann&#233;es, &#224; l'image de Cindy. &lt;i&gt;&#171; Depuis le S&#233;gur, mon salaire a augment&#233; de 300&#8239;euros. Je n'ai plus d'horaires coup&#233;s, mes d&#233;placements me sont tr&#232;s bien rembours&#233;s et du mat&#233;riel de plus en plus performant nous &#233;vite le port de charges lourdes. J'entends beaucoup de coll&#232;gues se plaindre du temps partiel, or il s'agit souvent d'un choix. Compte-tenu du nombre de postes vacants, si on le souhaite, on trouve facilement un CDI &#224; temps complet. &#187;&lt;/i&gt; Un certain nombre d'AES optent volontairement pour le travail en int&#233;rim apr&#232;s leur dipl&#244;me, ce qui leur permet de percevoir un salaire plus important en fin de mois et de b&#233;n&#233;ficier de davantage de latitude au niveau des horaires et de l'organisation de leur vie priv&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quoi qu'il en soit, les AES n'&#233;chappent pas &#224; la crise des vocations qui s&#233;vit dans tous les m&#233;tiers du sanitaire et du social ces derni&#232;res ann&#233;es. Ce qui am&#232;ne &#224; s'interroger sur les raisons profondes de cette &#233;volution. Car une chose est s&#251;re, avec le vieillissement de la population dans les ann&#233;es &#224; venir, les besoins en AES ne peuvent que s'amplifier.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une formation ax&#233;e sur la pratique&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec 840 h de pratique (deux ou trois stages de 8 &#224; 16 semaines en g&#233;n&#233;ral) et 546 h th&#233;oriques, la formation d'AES fait la part belle &#224; la pratique sur le terrain. La th&#233;orie s'articule autour de cinq blocs de comp&#233;tences :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Accompagnement de la personne dans les actes essentiels de la vie quotidienne (112 h).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Respect de la personne, des r&#232;gles d'hygi&#232;ne et de s&#233;curit&#233; (91 h).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Accompagnement &#224; la vie sociale et relationnelle (105 h).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Positionnement en tant que travailleur social dans son contexte d'intervention (147 h).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Travail en &#233;quipe pluriprofessionnelle, gestion des risques et traitement des informations li&#233;es &#224; l'accompagnement de la personne (91 h).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Entretien avec Fran&#231;ois Le Yondre &#8226; Sport et insertion, la dimension politique</title>
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		<dc:date>2023-11-08T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Insertion</dc:subject>
		<dc:subject>Sport</dc:subject>
		<dc:subject>1349</dc:subject>

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&lt;p&gt;Certains programmes visent la responsabilisation individuelle de la personne en difficult&#233;. Quand d'autres mettent l'accent sur son bien-&#234;tre et son &#233;mancipation. &lt;br class='autobr' /&gt; Entretien avec Fran&#231;ois Le Yondre, chercheur en sociologie du sport. Son travail porte sur les usages des pratiques sportives en direction des publics en situation de pr&#233;carit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Comment a &#233;volu&#233; le &#171; sport-insertion &#187; ces derni&#232;res ann&#233;es ? &lt;br class='autobr' /&gt;
L'usage du sport dans le cadre des politiques d'insertion s'est &#224; la fois densifi&#233; et diversifi&#233;. &#192; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Insertion" rel="tag"&gt;Insertion&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Certains programmes visent la responsabilisation individuelle de la personne en difficult&#233;. Quand d'autres mettent l'accent sur son bien-&#234;tre et son &#233;mancipation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_7511 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L250xH332/capture_d_e_cran_2023-11-06_a_13.31.52-7b64f.png?1699484464' width='250' height='332' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt; Entretien avec &lt;strong&gt;Fran&#231;ois Le Yondre&lt;/strong&gt;, chercheur en sociologie du sport. Son travail porte sur les usages des pratiques sportives en direction des publics en situation de pr&#233;carit&#233;.&lt;HR&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;
Comment a &#233;volu&#233; le &#171; sport-insertion &#187; ces derni&#232;res ann&#233;es ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'usage du sport dans le cadre des politiques d'insertion s'est &#224; la fois densifi&#233; et diversifi&#233;. &#192; partir des ann&#233;es 1980, on a commenc&#233; &#224; penser le sport comme un outil pertinent, notamment pour les jeunes des banlieues. &#192; partir des ann&#233;es 2000, le public s'est diversifi&#233;. On a vu fleurir des dispositifs destin&#233;s aux ch&#244;meurs de longue dur&#233;e, aux personnes en pr&#233;carit&#233;, plus r&#233;cemment aux r&#233;fugi&#233;s. D&#233;sormais, il existe une grande diversit&#233; de pratiques du sport dans les politiques sociales. On assiste &#224; la structuration d'un r&#233;seau d'acteurs autour du concept de &#171; socio-sport &#187; revendiqu&#233; comme un domaine &#224; part enti&#232;re avec ses m&#233;thodes et sa p&#233;dagogie. Il englobe notamment la lutte contre les in&#233;galit&#233;s, l'&#233;ducation par le sport, l'insertion sociale et professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Selon vos recherches, quels effets produisent ces dispositifs sur les publics marginalis&#233;s ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ils sont nombreux. J'ai identifi&#233; par exemple des effets sur le rapport au temps. L'inactivit&#233; prolong&#233;e apporte une souffrance li&#233;e au temps vide, la raret&#233; des relations sociales rend toute d&#233;marche difficile. L'engagement dans un programme sportif r&#233;gulier permet de reconstruire un agenda et de r&#233;inscrire le corps dans une routine. Pour cela, il faut que l'activit&#233; soit r&#233;guli&#232;re et pr&#233;visible. La recherche peut servir &#224; affiner les conditions de pratique par rapport aux objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quels sont les dispositifs en direction des publics &#233;loign&#233;s de l'emploi ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a des d&#233;marches &#233;ducatives qui utilisent le sport pour d&#233;velopper les comp&#233;tences sociales utiles dans le monde professionnel, comme le respect des r&#232;gles ou le travail en &#233;quipe, et organisent des rencontres sportives avec des employeurs. D'autres programmes mettent l'accent sur les aptitudes physiques pour reconstruire une employabilit&#233; corporelle. Des dispositifs &#224; destination de personnes en structure sociale privil&#233;gient une logique de soin et misent sur le sport pour retrouver bien-&#234;tre et sociabilit&#233;. Tous ces dispositifs reposent sur des logiques politiques et des visions du ch&#244;mage assez diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le recours au sport dans le travail social n'est donc pas neutre ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas parce que l'outil utilis&#233; est le sport que la dimension politique dispara&#238;t. Cette dimension se niche dans les conditions de pratiques et les objectifs fix&#233;s. Par exemple, lorsqu'on propose des activit&#233;s d'endurance &#224; des b&#233;n&#233;ficiaires du RSA pour contrer un laisser-aller suppos&#233;, dans un cadre plus ou moins contraint, en y associant des objectifs de responsabilisation et d'engagement, il y a l'id&#233;e de redressement moral et corporel. Cela revient &#224; mettre l'accent sur la responsabilit&#233; individuelle de la personne, &#224; individualiser le traitement d'une question sociale. &#192; l'inverse, on peut choisir de leur proposer ces m&#234;mes activit&#233;s avec un objectif de bien-&#234;tre, de plaisir, et d'acc&#232;s &#224; la pratique sportive. De m&#234;me, dans la politique d'accueil des migrants par le sport en Europe (1), on d&#233;c&#232;le trois axes diff&#233;rents selon les pays : le soin apr&#232;s un parcours traumatisant, l'int&#233;gration culturelle, ou l'&#233;panouissement et le plaisir. Si on &#233;lude la dimension politique des programmes sportifs, si on ne se pose pas la question, on risque de relayer des sch&#233;mas et un traitement politiques avec lesquels on n'est pas d'accord.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) Th&#232;se de Julien Puech&lt;/div&gt;
		
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