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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>EHPAD &#8226; La bourse ou la vie </title>
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		<dc:subject>Personne &#226;g&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>1275</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les 7 300 maisons de retraite m&#233;dicalis&#233;es ont d&#251; affronter la crise du Covid-19 sans arme et avec une arm&#233;e clairsem&#233;e. En col&#232;re et &#233;chaud&#233; par les promesses non tenues suite au drame de la canicule de 2003, le secteur en appelle &#224; une solidarit&#233; nationale &#224; la hauteur des besoins d'une population vieillissante. &lt;br class='autobr' /&gt;
En France, la moiti&#233; des personnes d&#233;c&#233;d&#233;es du coronavirus r&#233;sidaient dans des &#233;tablissements d'h&#233;bergement pour personnes &#226;g&#233;es d&#233;pendantes(Ehpad). Cette surmortalit&#233; rel&#232;ve de la nature d'un (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1275-" rel="tag"&gt;1275&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les 7 300 maisons de retraite m&#233;dicalis&#233;es ont d&#251; affronter la crise du Covid-19 sans arme et avec une arm&#233;e clairsem&#233;e. En col&#232;re et &#233;chaud&#233; par les promesses non tenues suite au drame de la canicule de 2003, le secteur en appelle &#224; une solidarit&#233; nationale &#224; la hauteur des besoins d'une population vieillissante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En France, la moiti&#233; des personnes d&#233;c&#233;d&#233;es du coronavirus r&#233;sidaient dans des &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/-1208-&#034;&gt;&#233;tablissements d'h&#233;bergement pour personnes &#226;g&#233;es d&#233;pendantes&lt;/a&gt;(Ehpad). Cette surmortalit&#233; rel&#232;ve de la nature d'un virus &#226;giste qui tue majoritairement les plus de 65 ans, 93 % des morts selon Sant&#233; publique France. Elle d&#233;coule &#233;galement d'une d&#233;faillance de l'&#201;tat qui n'a su fournir ni masques ni tests, ce qui a provoqu&#233; la contamination des r&#233;sidents par leurs soignants. Enfin, les urgences d&#233;bord&#233;es ont tri&#233; les patients prioritaires selon &#171; une &#233;chelle de la fragilit&#233; clinique &#187; et les plus de 80 ans tr&#232;s d&#233;pendants sont en bas de l'&#233;chelle. Dans ce contexte, les &#233;quipes ont d&#251; lutter seules contre l'&#233;pid&#233;mie dans des &#233;tablissements aux dysfonctionnements syst&#233;miques. D&#233;j&#224; en 2003, la canicule avait entra&#238;n&#233; des milliers de morts dans ces institutions. Les maisons de retraite m&#233;dicalis&#233;es avaient alors b&#233;n&#233;fici&#233; d'un rafraichissement du b&#226;ti mais les &#233;quipes d&#233;noncent aujourd'hui des cadences d'enfer dans des &#233;crins dor&#233;s. 80 % des plus de 80 ans finissent leurs jours &#224; domicile, peut-on pour autant n&#233;gliger ces a&#238;n&#233;s trop fragiles pour &#233;viter l'Ehpad ? La loi Grand &#226;ge envisag&#233;e pour 2019 a &#233;t&#233; report&#233;e &#224; 2020. La crise du Covid-19 va-t-elle rappeler au gouvernement qu'il y a urgence ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Mars 2018, alors que depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e un mouvement de gr&#232;ve nationale secoue les Ehpad, Caroline Fiat est re&#231;ue par Agn&#232;s Buzyn, alors ministre des Solidarit&#233;s et de la Sant&#233;. L'aide soignante et d&#233;put&#233;e France insoumise vient de r&#233;aliser, avec Monique Iborra, d&#233;put&#233;e En Marche, un rapport d'information sur les Ehpad. Au vu de leur enqu&#234;te, elle explique l'urgence de doubler le nombre de soignants au pied du lit. Avec un effectif de six pour dix r&#233;sidents, chaque personne &#226;g&#233;e doit se satisfaire d'une heure trente de soin sur une journ&#233;e. La femme de terrain traduit : une toilette protocolaire : vingt cinq minutes, six changes : quarante minutes, trois aides alimentaires trente minutes. L'accompagnement se r&#233;sume donc &#224; ces gestes techniques et d&#233;borde d&#233;j&#224; de cinq minutes. Droite dans son budget, la ministre renvoie &#224; une r&#233;organisation des t&#226;ches et du management&#8230; &#171; &lt;i&gt;C'est insupportable, la puissance publique consid&#232;re qu'il y a les gens s&#233;rieux d'un c&#244;t&#233;, et ce pour lesquels on fait animation macram&#233; de temps en temps, c'est &#224; dire les personnes &#226;g&#233;es, celles en situation de handicap et les professionnels qui les accompagnent &lt;/i&gt; &#187;, s'insurge Pascal Champvert, pr&#233;sident de l'Association des directeurs au service des personnes &#226;g&#233;es (AD-PA). La col&#232;re des professionnels du secteur traduit une frustration qui enfle depuis 2006. &#192; l'&#233;poque, le plan &#171; Solidarit&#233; grand &#226;ge &#187; promettait un taux d'encadrement de huit professionnels pour dix r&#233;sidents d'ici 2012.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_1987 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH388/dossier1275-d2065.png?1694312073' width='500' height='388' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En 2020, le sous-effectif perdure, voire s'aggrave du fait des difficult&#233;s de recrutement. Les rapports (1) se succ&#232;dent, dressent ce m&#234;me constat, pr&#233;conisent des solutions et finissent au placard. Loin des arbitrages budg&#233;taires, sur le terrain, des personnes souffrent. &#171; &lt;i&gt;Il y a tellement de travail que quand dans un couloir, vous croisez une personne &#226;g&#233;e en demande, c'est difficile de ne pas la percevoir comme une emmerdeuse qui va encore vous retarder&lt;/i&gt;, regrette Marie-H&#233;l&#232;ne Rudel, infirmi&#232;re dans un Ehpad public pendant douze ans.&lt;i&gt; En d&#233;tricotant m&#233;ticuleusement le service public, l'&#201;tat impose ces cadences. Une semaine avant l'arriv&#233;e du virus, les personnels soignants &#233;taient dans la rue. Ils manifestaient depuis des mois pour demander non pas des augmentations de salaire mais des recrutements.&lt;/i&gt; &#187; R&#233;cemment sortie, une salve de livres sur les Ehpad d&#233;cortique une maltraitance institutionnelle (2). Aide m&#233;dico-psychologique, infirmi&#232;re et m&#234;me un directeur d'Ehpad commercial, t&#233;moignent d'un exercice en mode d&#233;grad&#233; au quotidien. R&#233;duites au minimum, les &#233;quipes p&#226;tissent de la moindre absence. Or les arr&#234;ts maladie et les accidents du travail sont fr&#233;quents vu la p&#233;nibilit&#233; du travail tant psychologique que physique. Dans ce contexte, les toilettes sont exp&#233;di&#233;es, les repas aval&#233;s, les changes restent souill&#233;s et les couch&#233;s pr&#233;cipit&#233;s. La souffrance des professionnels rend difficile la bienveillance et acc&#233;l&#232;re les effets d&#233;l&#233;t&#232;res du vieillissement. &#171; Le manque de personnel g&#233;n&#232;re une augmentation de la d&#233;pendance, constate Sandrine Ossart, aide-soignante depuis vingt six ans et repr&#233;sentante CGT sant&#233; action sociale. Quand un r&#233;sident marche trop lentement, on ne va plus l'accompagner &#224; son rythme mais le mettre dans un fauteuil pour gagner du temps. Auparavant, sur quatre-vingt r&#233;sidents, quinze &#233;taient en fauteuil, aujourd'hui ils sont soixante. &#187; Le syst&#232;me de financement des Ehpad encourage une s&#233;lection des plus d&#233;pendants : ces profils rapportent le plus de subventions. &#171; &lt;i&gt;Cette r&#232;gle de tarification de l'&#201;tat pose un probl&#232;me en terme de pr&#233;vention&lt;/i&gt;, d&#233;plore Romain Gizolme directeur de l'AD-PA. &lt;i&gt;Plus vous accueillez des personnes handicap&#233;es et malades, plus vous obtenez de l'argent, donc il n'y a aucun int&#233;r&#234;t &#224; aider une vieille dame pour qu'elle continue &#224; marcher et puisse aller aux toilettes seule. Ce syst&#232;me compl&#232;tement fou ne prend pas en compte la base de notre travail, le maintien de l'autonomie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_1988 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH306/jiho-lachaise-cbb4f.png?1694312073' width='500' height='306' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les maisons de retraite devraient &#234;tre des lieux de vie, mais surm&#233;dicalis&#233;es, leurs r&#233;sidents deviennent des objets de soin. Ils absorbent presque syst&#233;matiquement des calmants. Une mani&#232;re de soigner le malheur aux frais de la s&#233;curit&#233; sociale, contrairement aux activit&#233;s physiques, ludiques, culturelles&#8230; Laiss&#233;e &#224; la charge des gestionnaires d'&#233;tablissement, l'animation ne constitue pas une priorit&#233;. On compte en moyenne un animateur pour soixante-quatre personnes, avec un budget de 0,18 euros par r&#233;sident et par jour. &#171; &lt;i&gt;Les postes de m&#233;decin, d'infirmi&#232;re, d'aides soignantes sont financ&#233;s par l'argent public&lt;/i&gt;, explique Bernard Hervy, pr&#233;sident du Groupement national des animateurs en g&#233;rontologie (GAG). &lt;i&gt;Depuis vingt ans, je demande une prise en charge au moins partielle de l'animation par la tarification autonomie parce que nous participons &#224; l'envie de vivre. Apr&#232;s la canicule, c'&#233;tait pr&#233;vu mais Bercy a estim&#233; que &#231;a co&#251;terait trop cher. &lt;/i&gt; &#187; Depuis 2003, ce secteur &#224; 80 % f&#233;minin s'est pourtant professionnalis&#233; avec la cr&#233;ation d'un dipl&#244;me d'animation sociale. Pendant le confinement, les animatrices ont mis en place des visionistes quasiment dans tous les Ehpad. &#171; &lt;i&gt;On partait de loin. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, dans la plupart des &#233;tablissements, le wifi &#233;tait r&#233;serv&#233; aux choses s&#233;rieuses, la gestion et les soins. La crise d&#233;montre une &#233;volution consid&#233;rable, en particulier des m&#233;decins coordonnateurs. Ils ont vu les r&#233;sidents crever d'ennui et ont demand&#233; au gestionnaire d'agir. Actuellement, on compte en g&#233;n&#233;ral une animatrice par &#233;tablissement : si elle s'absente, il ne se passe plus rien. De plus en plus de voix s'&#233;l&#232;vent pour demander un ratio d'un pour trente, nous sommes pr&#234;ts, &#224; condition que ce soit financ&#233; et contr&#244;l&#233;, pour &#233;viter qu'une aide-soignante ne se retrouve charg&#233;e de l'animation. &lt;/i&gt; &#187; En attendant, le GAG s'emploie &#224; lutter contre une r&#233;alit&#233; : un r&#233;sident d'Ehpad peut rester assis sans rien faire jusqu'&#224; 8 h 30 par jour.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;0,50 euros la tartine de pain&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour que l'entr&#233;e en maison de retraite ne devienne pas une mise entre parenth&#232;ses de la vie, les soignants demandent la possibilit&#233; de prendre le temps d'&#233;changer, d'&#233;couter, de se promener, de r&#233;aliser un brushing&#8230; tout simplement de vivre avec les r&#233;sidents. Pour les financeurs, l'essentiel tient &#224; la pr&#233;paration des m&#233;dicaments, la r&#233;alisation des pansements, l'aide aux repas, la toilette, des t&#226;ches de base qui ne suffisent pas &#224; faire un lieu de vie. &#171; &lt;i&gt;Dans mon Ehpad de 84 places, r&#233;parties sur trois &#233;tages, on est trois le matin pour 28 r&#233;sidents dans l'unit&#233; Alzheimer et deux l'apr&#232;s-midi&lt;/i&gt;, raconte Sandrine Ossart, aide-soignante titulaire d'un dipl&#244;me d'assistante de soins en g&#233;rontologie (ASG).&lt;i&gt; En th&#233;orie, nous devons proposer des activit&#233;s th&#233;rapeutiques. Dans la r&#233;alit&#233;, on n'y arrive pas, on passe notre temps &#224; former des gens, des int&#233;rimaires, qui ne resteront que peu de temps. Il faudrait qu'on puisse accompagner les r&#233;sidents dans leurs envies. Avant, l'&#233;quipe s'organisait avec ses propres v&#233;hicules pour sortir voir une course de chevaux, se faire un restaurant. Une dynamique de groupe existait, cette &#233;nergie a disparu.&lt;/i&gt; &#187; Pas &#233;tonnant, quand la syndicaliste a d&#251; r&#233;cemment se battre contre une directive demandant de facturer 0,50 euros, la tartine aux r&#233;sidents qui en prenaient plus de deux au petit d&#233;jeuner. &#171; &lt;i&gt; Les r&#233;sidents paient quand m&#234;me 2 300 euros par mois en moyenne. Apr&#232;s avoir &#233;puis&#233; les &#233;conomies sur les soignants, l'Arm&#233;e du Salut, responsable de l'&#233;tablissement, s'attaque aux repas. Les cr&#233;dits sont allou&#233;s pour cinq ans donc la directrice explique qu'on ne peut pas tout d&#233;penser. Mais si le budget repas est &#233;puis&#233;, l'Agence r&#233;gionale de sant&#233; (ARS) d&#233;bloquera des fonds sp&#233;cifiques, surtout que nous ne manquerons pas d'alerter la presse pour expliquer que nous ne pouvons plus nourrir les r&#233;sidents faute de financement. Nos directions sont dans la complaisance, on a l'impression qu'ils ne se battent pas contre ce syst&#232;me.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle que soit la structure juridique des Ehpad, publics (42 %), priv&#233;s non lucratif (associatifs) (32 %), ou priv&#233;s lucratifs (26 %), les ARS prennent en charge le co&#251;t du personnel m&#233;dical. Orient&#233;s &#171; &lt;i&gt;qualit&#233; de vie&lt;/i&gt; &#187;, les d&#233;partements versent 10 % du budget des maisons de retraite. Le reste &#224; charge de 60 %, dont s'acquitte le r&#233;sident, couvre les frais du b&#226;timent, la restauration, l'administration, l'entretien et l'animation. En avril 2019, le rapport Libault &#233;valuait &#224; 1 850 euros le reste &#224; charge mensuel moyen pour un r&#233;sident, un co&#251;t bien trop &#233;lev&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;i&gt; Il a fait une estimation des besoins d'accompagnement de la perte d'autonomie, du domicile jusqu'&#224; la fin de vie&lt;/i&gt;, appr&#233;cie Claudette Brialix, pr&#233;sidente de la F&#233;d&#233;ration nationale des associations et amis de personnes &#226;g&#233;es et de leurs familles. &lt;i&gt;Pour d&#233;marrer, il faut six milliards, et tendre vers les neuf milliards d'ici 2030. Alors quand Agn&#232;s Buzyn d&#233;bloque trois cent cinquante millions, on est loin du compte, surtout quand on divise cette somme par 7 300 Ehpad. Le Pr&#233;sident pr&#233;tend que l'argent n'existe pas mais quand il a d&#233;cid&#233; de supprimer l'imp&#244;t sur la fortune, soit quatre milliards, il n'a pas h&#233;sit&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Pour surmonter la crise du Covid-19, il a m&#234;me annonc&#233; un plan de relance de cent milliards. La fili&#232;re du grand &#226;ge souhaite qu'au mois cinq milliards soient consacr&#233;s au recrutement de professionnels pour les Ehpad et les services &#224; domicile.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;1) Rapport d'information des d&#233;put&#233;es Iborra et Fiat (mars 2018), Rapport concertation grand &#226;ge de Libault (mars 2019),&lt;br class='autobr' /&gt;
Rapport La situation des Ehpad en 2017 de la Caisse nationale &lt;br class='autobr' /&gt;
de solidarit&#233; pour l'autonomie (avril 2019).&lt;br class='autobr' /&gt;
2) Tu verras maman, tu seras bien, Jean Arvelin (&#201;d.XO, 2019), Ehpad, une honte fran&#231;aise, Anne-Sophie Pelletier (&#201;d. Plon, 2019), J'ai rendu mon uniforme, Mathilde Basset (&#201;d. du Rocher, 2019), Jamais maman ne serait morte sans me pr&#233;venir, Marie H&#233;l&#232;ne Rudel (&#201;d. Les Perseides, 2020).&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le confinement d'un &#233;ducateur finement concern&#233;</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Le-confinement-d-un-educateur-finement-concerne</link>
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		<dc:subject>&#201;ducateur sp&#233;cialis&#233;</dc:subject>
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		<dc:subject>1275</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Louis &#224; 7ans, il est arriv&#233; depuis quatre ans au foyer d'observation, l&#224; ou normalement les enfants restent en moyenne entre 6 et 18 mois. &lt;br class='autobr' /&gt;
Oui mais, voil&#224;, Louis a des troubles tr&#232;s importants. Il fait des cr9ises, il mord, tape, crie, pince, tire les cheveux, insulte &#224; longueur de journ&#233;e. Nous mettons alors, nous &#233;ducateurs, tout ce qui est en notre possible pour apaiser cet enfant. Temps individuels rep&#233;r&#233;s, chambre individuelle privil&#233;gi&#233;e, pr&#233;sence d'un adulte suppl&#233;mentaire. Puis les (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Autisme" rel="tag"&gt;Autisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1275-" rel="tag"&gt;1275&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Louis &#224; 7ans, il est arriv&#233; depuis quatre ans au foyer d'observation, l&#224; ou normalement les enfants restent en moyenne entre 6 et 18 mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui mais, voil&#224;, Louis a des troubles tr&#232;s importants. Il fait des cr9ises, il mord, tape, crie, pince, tire les cheveux, insulte &#224; longueur de journ&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous mettons alors, nous &#233;ducateurs, &lt;br class='autobr' /&gt;
tout ce qui est en notre possible pour apaiser cet enfant. Temps individuels rep&#233;r&#233;s, chambre individuelle privil&#233;gi&#233;e, pr&#233;sence d'un adulte suppl&#233;mentaire. Puis les orientations, d'abord m&#233;dicales avec la mise en place d'un h&#244;pital de jour, &#233;ducatives ensuite, avec la pr&#233;sence d'une famille d'accueil afin qu'il ait des &lt;br class='autobr' /&gt;
temps hors collectif n&#233;cessaires &#224; son d&#233;veloppement, mais aussi avec le travail en partenariat avec une association qui l'accompagne sur des temps de loisirs seul et une multitude d'autres choses&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les ann&#233;es passent. Le comportement de Louis reste difficile, mais le maillage &#233;ducatif que nous avons mis en place tient &#224; peu pr&#232;s. Le peu de lien avec la famille fonctionne, les divers lieux, o&#249; il se rend, tiennent bon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis un jour, le confinement arrive. La famille d'accueil s'arr&#234;te, l'h&#244;pital de jour r&#233;duit ses heures de pr&#233;sence, l'&#233;cole dispara&#238;t m&#234;me si celle-ci &lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tait compliqu&#233;e. Louis va de plus en plus mal au fil des semaines, sa pr&#233;sence au milieu d'autres enfants lui est insupportable. Il fait des crises, tous les jours, plusieurs fois par jour. Il nous frappe, de plus en plus fort et surtout il s'attaque aux autres enfants qu'il &lt;br class='autobr' /&gt;
met &#224; mal quotidiennement. Les autres n'en peuvent plus. Et ils nous le disent&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; On ne peut jamais rien faire quand il est l&#224;, parce que tous les &#233;ducateurs s'occupent de lui &#187; &#171; il m'a encore frapp&#233; &#187;. Les enfants sont tr&#232;s mal en sa pr&#233;sence et ne savent pas ce qu'il va leur arriver.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les jours passent, le comportement devient tr&#232;s inqui&#233;tant. Nous interpellons l'h&#244;pital, sans obtenir de r&#233;action particuli&#232;re, mais aussi l'ASE qui ne trouve pas de solution non plus. Maintenant, cela fait quatre ans que nous essuyons les pl&#226;tres, que nous tentons tout ce que nous pouvons pour permettre &#224; cet enfant d'aller le mieux possible et voil&#224; que, devant nos yeux, il sombre &#224; nouveau&#8230; C'est difficile de voir le bateau couler devant ses yeux, lorsque nous l'avons &#171; r&#233;par&#233; &#187; et &#171; remis &#224; l'eau &#187; tant de fois.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai parfois, en tant qu'&#233;ducateur, la sombre vision que nous sommes coll&#233;s &#224; cette soci&#233;t&#233; de l'imm&#233;diatet&#233; et que nous en oublions de prendre des d&#233;cisions sur la dur&#233;e. Comment r&#233;ussir &#224; prot&#233;ger cet enfant ? Avons-nous tout fait pour l'aider ? Je pense que nous devrions avoir une id&#233;e globale de ce qui va arriver &#224; ce petit gar&#231;on pour le reste de son enfance. Cela m'exasp&#232;re qu'on ne trouve pas de place en h&#244;pital psy du fait de son &#226;ge, pas d'hospitalisation possible lorsqu'il touche le fond. Qu'attendons-nous ? Qu'il grandisse avec tout ce mal &#234;tre ? Et apr&#232;s ? Je ne suis pas comp&#233;tent dans la prise en charge d'un enfant qui montre de tels comportements dans un dispositif tel que le foyer. Ce n'est tout simplement pas sa place.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai la certitude de savoir ce qui permettrait &#224; cet enfant d'&#234;tre bien et de pouvoir grandir dans les meilleures conditions m&#234;me si les meilleures solutions qu'on pourrait trouver ne seraient pas toujours parfaites. Mais, on se heurte l&#224; encore au plus gros fl&#233;au du travail social, le partenariat/r&#233;seau. Chacun dans notre coin, nous n'arriverons &#224; rien pour des cas aussi sp&#233;cifiques que celui-ci. Qu'on se mette autour d'une table, nous les &#233;ducateurs qui vivent au quotidien avec lui, ainsi que les cadres qui dirigent et doivent prendre des d&#233;cisions. Arr&#234;tons d'attendre que les maux prennent une telle dimension et qu'il devienne impossible de les accompagner.&lt;br class='autobr' /&gt;
La loi de 2007 a maintenant treize ans et je ne vois pas sur le terrain o&#249; se trouvent tant la diversit&#233; d'accueil que l'enfant au centre du projet etc. On peut bien faire autant que l'on veut de Projets personnels individualis&#233;s ou Projets pour l'enfant ou autres sigles, mais rien ne tout cela ne permettra aux enfants un quotidien plus heureux. Qu'on sorte enfin du cadre, nous les &#233;ducateurs, afin de pouvoir faire rentrer ceux qui n'y ont pas leur place.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; force de faire les choses &#224; moiti&#233;, on va finir par croire que les &#233;ducateurs sont comme les chats, ils ont sept vies&#8230;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Je me souviens&#8230; &#187;</title>
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		<dc:subject>SDF</dc:subject>
		<dc:subject>Mort</dc:subject>
		<dc:subject>1275</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Hommage &#224; Tony, rencontr&#233; en service Lits Halte Soins Sant&#233; &#201;crit le 29.03.2019, &#224; l'occasion de l'atelier &#171; Je me souviens &#187;, organis&#233; lors de la journ&#233;e du festival du Livre social de l'IRTS Parmentier IDF &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Je me souviens&#8230; &#187; &#171; Je me souviens &#187; &#8230;De qui ? De quoi ? &#8230;De toi, de ton d&#233;part&#8230; &#8230;Du jour o&#249; tu as d&#251; partir quitter le service d'h&#233;bergement dans lequel tu avais &#233;t&#233; accueilli &#8230;Accueilli en tant que &#171; SDF, ayant besoin de soins &#187; Juste quelques mois, le temps de te remettre sur pieds &#8230;pour mieux te remettre (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Espace-du-lecteur" rel="directory"&gt;Espace du lecteur (acc&#232;s libre) &lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Hommage &#224; Tony, rencontr&#233; en service Lits Halte Soins Sant&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;crit le 29.03.2019, &#224; l'occasion de l'atelier &#171; Je me souviens &#187;, organis&#233; lors de la journ&#233;e du festival du Livre social de l'IRTS Parmentier IDF&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Je me souviens&#8230; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Je me souviens &#187; &#8230;De qui ? De quoi ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230;De toi, de ton d&#233;part&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230;Du jour o&#249; tu as d&#251; partir&lt;br class='autobr' /&gt;
quitter le service d'h&#233;bergement dans lequel tu avais &#233;t&#233; accueilli&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230;Accueilli en tant que &#171; SDF, ayant besoin de soins &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Juste quelques mois, le temps de te remettre sur pieds&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230;pour mieux te remettre dehors, d&#232;s que tu irais mieux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens&#8230; De ton d&#233;part&lt;br class='autobr' /&gt;
Du jour o&#249; je t'ai vu partir&#8230; impuissante&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Partir&#8230; Retourner &#224; la rue,&lt;br class='autobr' /&gt;
Retrouver ta condition de &#171; SDF &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens de Toi,&lt;br class='autobr' /&gt;
Toi, le &#171; SDF &#187;, ce &#171; rebus &#187; que la soci&#233;t&#233; a fait de toi&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230;Mais surtout de toi, Tony, l'homme que tu es,&lt;br class='autobr' /&gt;
Celui qui a marqu&#233; ma vie professionnelle et personnelle &#224; tout jamais &#8230;La plus belle des rencontres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens de Toi car je ne t'oublierai jamais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis la professionnelle qui n'a rien pu faire pour t'aider&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu es l'&#171; usager &#187; que la soci&#233;t&#233; a fait de toi&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230;Mais toi et moi savons, l'un comme l'autre,&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'au-del&#224; de nos statuts,&lt;br class='autobr' /&gt;
Se trouvent deux &#234;tres humains qui se sont attach&#233;s l'Un &#224; l'Autre, qui s'Aiment&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230;pas de l'amour, juste de l'affection&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce mot qu'&#171; on ne dit pas &#187;,&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui n'a pas sa place dans notre soci&#233;t&#233; sans c&#339;ur&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu es parti&#8230; Je me souviens de toi,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230;Et je sais que tu te souviens de moi&lt;br class='autobr' /&gt;
Et je sais, au fond de moi,&lt;br class='autobr' /&gt;
Que chacun de mes pas, dans ma pratique professionnelle,&lt;br class='autobr' /&gt;
Reste guid&#233; par le souvenir de notre Rencontre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens&#8230; de Toi, Tony&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230; Et je ne t'oublierai pas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dans les yeux de Soirafina</title>
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		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>1275</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La dame &#233;tait venue tous nous chercher, ce matin. Tous, c'est ma m&#232;re, mon beau-p&#232;re, mes deux fr&#232;res et mes trois s&#339;urs. Elle avait d&#251; venir avec une deuxi&#232;me voiture pour qu'on puisse tous monter. Mon fr&#232;re Fanzddine &#233;tait tout excit&#233;, il n'arr&#234;tait pas de sourire et de regarder par la fen&#234;tre. On ne monte pas souvent dans une voiture, alors c'&#233;tait comme un jour tr&#232;s sp&#233;cial. La dame souriait, elle aussi. Elle avait mis des lunettes de soleil. Elle semblait de bonne humeur et lan&#231;ait parfois des petits (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La dame &#233;tait venue tous nous chercher, ce matin. Tous, c'est ma m&#232;re, mon beau-p&#232;re, mes deux fr&#232;res et mes trois s&#339;urs. Elle avait d&#251; venir avec une deuxi&#232;me voiture pour qu'on puisse tous monter. Mon fr&#232;re Fanzddine &#233;tait tout excit&#233;, il n'arr&#234;tait pas de sourire et de regarder par la fen&#234;tre. On ne monte pas souvent dans une voiture, alors c'&#233;tait comme un jour tr&#232;s sp&#233;cial. La dame souriait, elle aussi. Elle avait mis des lunettes de soleil. Elle semblait de bonne humeur et lan&#231;ait parfois des petits coups d'&#339;il &#224; mon p&#232;re. Elle semblait avoir envie de parler, l&#226;chait par-&lt;br class='autobr' /&gt;
fois des phrases comme si elle n'avait pas pu les retenir, m&#234;me si on ne comprenait pas vraiment. Elle s'est arr&#234;t&#233;e devant une boulangerie. Elle parlait avec des gestes pour se faire comprendre de Papa qui, apr&#232;s une h&#233;sitation, a fini par hocher la t&#234;te. Elle est revenue rapidement, avec de gros sachets dans les mains. Elle nous a fait un clin d'&#339;il &#224; tous les trois, avant de reprendre le volant. La voiture s'est arr&#234;t&#233;e plus loin. La dame a dit quelque chose et le ton de sa voix &#233;tait si joyeux que j'ai hoch&#233; la t&#234;te. Ma m&#232;re et mes autres fr&#232;res et s&#339;urs &#233;taient d&#233;j&#224; install&#233;s autour d'une table avec la deuxi&#232;me dame, aussi noire que moi, qui &#233;tait tr&#232;s belle avec son foulard multicolore dans les cheveux et ses boucles d'oreille dor&#233;es. Elle nous a demand&#233;, dans notre langue, de nous asseoir avec eux. Elle nous a expliqu&#233; que nous allions prendre le petit d&#233;jeuner ensemble.&lt;br class='autobr' /&gt;
La dame est revenue avec des petits pains sucr&#233;s. Elle nous a montr&#233; comment faire du chocolat &#224; boire avec les diff&#233;rentes poudres : le cacao, le lait, m&#233;lang&#233;s avec de l'eau chaude. Madame Boucles d'Oreille a pos&#233; les petits pains sur des assiettes mais personne n'osait se servir. Elle a fini par en tendre un &#224; ma petite s&#339;ur. Lorsque tout le monde fut servi, la dame s'est enfin assise, &#224; c&#244;t&#233; de moi. Elle m'a souri en me posant une question, je crois qu'elle voulait savoir si j'aimais les pains. Alors, j'ai dit oui. Je buvais mon lait, en la regardant. Elle avait l'air contente d'&#234;tre avec nous. Mais, elle semblait fatigu&#233;e aussi. Un pli barrait son front, comme si elle r&#233;fl&#233;chissait sans cesse &#224; quelque chose.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle a regard&#233; mon bracelet en tissu et m'a dit qu'il &#233;tait tr&#232;s joli. Elle s'est adress&#233;e &#224; Madame Boucles d'Oreille, pour pouvoir nous parler. Madame Boucles d'Oreille traduisait, au fur et &#224; mesure, les mots qui sortaient de sa bouche. Elle disait qu'elle &#233;tait heureuse de partager ce moment avec nous. Que ce rendez-vous &#233;tait important, puisqu'on allait discuter de ce qu'on ferait ensemble. Elle a parl&#233; d'un papier &#224; signer, de son chef qui allait venir. Elle a dit de ne pas s'inqui&#233;ter. Elle a parl&#233; aussi des tests que nous avons pass&#233; pour pouvoir aller &#224; l'&#233;cole. Charifou a dit que c'&#233;tait tr&#232;s dur, j'ai hoch&#233; la t&#234;te. Les questions &#233;taient tr&#232;s difficiles, et j'ai pens&#233; tr&#232;s fort que si c'&#233;tait &#231;a, l'&#233;cole, ce serait trop dur. Elle m'a regard&#233; comme si elle m'avait entendu et elle a dit que c'&#233;tait juste pour trouver une classe qui nous irait bien. Quelque chose en moi se rassura. Ensuite, elle est sortie et est revenue avec des caisses dans les bras, qu'elle a &#233;tal&#233;es dans un coin de la pi&#232;ce. Elle a appel&#233; Dhoifati, ma plus petite s&#339;ur, et Fanzddine. Dans les caisses, il y avait des jouets ! Elle a expliqu&#233; &#224; Papa, par Madame Boucles d'Oreille, que les enfants pouvaient jouer pendant le rendez-vous.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'Entretien&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un grand homme est alors arriv&#233;, avec des papiers &#224; la main. Il nous a dit bonjour et s'est assis &#224; c&#244;t&#233; de la dame. Il avait des lunettes toutes rondes, aussi rondes que son cr&#226;ne chauve et sa t&#234;te toute rid&#233;e. Il me faisait penser &#224; une tortue. Son gros ventre le rendait immense. Lorsqu'il a commenc&#233; &#224; parler, l'ambiance d&#233;tendue a disparue tout &#224; coup. J'ai m&#234;me senti que la dame, assise &#224; c&#244;t&#233; de moi, se redressait sur sa chaise. Elle ne souriait plus et regardait l'homme presque avec m&#233;fiance. L'homme parlait en courtes phrases, pour se faire traduire par Madame Boucles d'Oreille, qui &#233;tait tr&#232;s concentr&#233;e. Il se pr&#233;senta comme le chef et nous demanda &#224; tous nos pr&#233;noms. Il essayait de rire, de temps en temps, mais cela sonnait faux. Il &#233;tait tr&#232;s concentr&#233; sur son papier, a expliqu&#233; que c'&#233;tait la loi de le signer, que nous devions d&#233;finir des &#171; objectifs &#187;. Et il a utilis&#233; plein de mots compliqu&#233;s que Madame Boucles d'Oreille semblait avoir du mal &#224; traduire. Je ne comprenais pas bien. Il a fini par dire qu'il laissait la jeune dame parler puisqu'elle nous connaissait mieux. Elle a expliqu&#233;, en reprenant son sourire, que chaque enfant &#233;tait important et qu'elle allait aider tout le monde, pour nous trouver une &#233;cole, pour aider Dhoifati &#224; avoir son extrait de naissance. Elle a dit que des associations pouvaient nous aider pour manger mais qu'eux ne pouvaient pas nous donner d'argent. Je me suis dit que c'&#233;tait faux, parce que la premi&#232;re fois qu'elle est venue &#224; la fruit &#224; pain &#224; manger pour le soir. Peut-&#234;tre qu'elle n'avait pas vraiment le droit de le faire ? La dame a continu&#233; en disant qu'elle n'avait pas de baguette magique, mais qu'elle allait tout faire pour nous aider. Elle nous a demand&#233; si nous avions des questions, et que m&#234;me les enfants maison, elle a donn&#233; des sous &#224; Maman, lorsqu'elle a vu que nous n'avions qu'un pouvaient en poser. Personne n'a os&#233; parler. Charifou riait parce qu'il &#233;tait un peu g&#234;n&#233;. Le chef s'est mis alors &#224; dire plein de choses un peu m&#233;chantes, que si les parents ne nous donnaient pas assez &#224; manger ou ne s'occupaient pas bien de nous, il pouvait &#233;crire au Juge pour qu'on soit enlev&#233;s de la famille. J'ai vu Papa serrer les dents et dire oui avec la t&#234;te. La dame, &#224; c&#244;t&#233; de moi, fron&#231;ait fort les sourcils en regardant le chef, elle ne semblait pas contente du tout qu'il dise &#231;a. Elle a rajout&#233; qu'il n'y avait pas de raison &#224; ce que &#231;a arrive. Le chef a paru f&#226;ch&#233;, mais j'&#233;tais contente qu'elle ne soit &lt;br class='autobr' /&gt;
pas d'accord avec l'Homme- Tortue. Ensuite, on a tous sign&#233; les feuilles de papier : c'&#233;tait rigolo de mettre nos signatures les unes &#224; c&#244;t&#233; des autres. Puis le chef est parti et la jeune dame &#224; c&#244;t&#233; de moi a retrouv&#233; son vrai sourire. Elle a demand&#233; &#224; Madame Boucles d'Oreille de nous dire que tout s'&#233;tait bien pass&#233;, qu'elle nous remerciait d'&#234;tre venus jusqu'ici. Elle a dit aussi qu'elle allait essayer de nous amener &#224; la plage et qu'elle nous appelait bient&#244;t pour donner des nouvelles des &#233;coles. Elle a pass&#233; sa main dans les cheveux de Fanzddine. Elle m'a dit &#224; bient&#244;t, en me regardant droit dans les yeux et j'ai cru voir un peu de tristesse dans son sourire. Mais je ne comprenais pas bien pourquoi. Elle nous a regard&#233; partir et je lui ai dit au revoir en souriant tr&#232;s fort, pour qu'elle ne soit plus triste. Sur le bout de la langue, j'avais encore le go&#251;t du chocolat chaud.&lt;br class='autobr' /&gt;
J e les regardais s'&#233;loigner avec un n&#339;ud dans le ventre. Ils rentraient chez eux, dans ce logement en t&#244;le d'une seule pi&#232;ce, au fond des champs de bananiers. Je les ai imagin&#233;s, un instant, serr&#233;s les uns contre les autres, &#224; la nuit tomb&#233;e. J'ai pens&#233; &#224; l'espoir de ces deux parents qui ont pris le risque de d&#233;fier l'oc&#233;an indien sur une embarcation de fortune, pour un avenir meilleur. Je suis remont&#233;e &#224; mon bureau, comme vid&#233;e d'&#233;nergie, &#233;cras&#233;e par l'impuissance. J'ai relanc&#233; par mail le service charg&#233; de la scolarisation des enfants nouvellement arriv&#233;s, esp&#233;rant sans trop y croire que quelqu'un me r&#233;ponde dans la semaine, puis j'ai gliss&#233; les Projets Personnalis&#233;s d'Accompagnement que nous venions de signer dans le dossier. Le regard souriant de Soirafina ne cessait de r&#233;appara&#238;tre devant mes yeux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Th&#233;&#226;tre &#8226; Dans le secret, la po&#233;sie afghane</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Theatre-o-Dans-le-secret-la-poesie-afghane</link>
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		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Femme</dc:subject>
		<dc:subject>1275</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Mon corps m'appartient, d'autres le martyrisent. &#187; Je hurle, spectacle documentaire, musical et po&#233;tique de la Soupe- Cie devait se jouer cet &#233;t&#233; au Festival d'Avignon. Que son annulation ne laisse pas s'&#233;teindre la voix de ces femmes afghanes qui produisent des po&#233;sies. &#171; Le vieux bouc m'a vol&#233; un baiser, comme un chien d&#233;vore de la viande. &#187; Po&#233;sie de l'urgence, de l'instant, les landays - &#171; petit serpent venimeux &#187; en langue pashtoune - sont des cris de femmes qui tentent de se mettre debout. &#171; Quand tu (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1275-" rel="tag"&gt;1275&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1830 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH667/img_20200928_103704-e1d14.jpg?1694312074' width='500' height='667' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Mon corps m'appartient, d'autres le martyrisent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;strong&gt; Je hurle&lt;/strong&gt;, spectacle documentaire, musical et po&#233;tique de la Soupe- Cie devait se jouer cet &#233;t&#233; au Festival d'Avignon. Que son annulation ne laisse pas s'&#233;teindre la voix de ces femmes afghanes qui produisent des po&#233;sies. &#171; &lt;i&gt;Le vieux bouc m'a vol&#233; un baiser, comme un chien d&#233;vore de la viande.&lt;/i&gt; &#187; Po&#233;sie de l'urgence, de l'instant, les landays - &#171; &lt;i&gt;petit serpent venimeux&lt;/i&gt; &#187; en langue pashtoune - sont des cris de femmes qui tentent de se mettre debout. &#171; &lt;i&gt; Quand tu es une femme en Afghanistan, tu n'es rien, tu ex&#233;cutes.&lt;/i&gt; &#187; Instrument de r&#233;bellion, le landay est une forme &#224; deux vers, facile &#224; m&#233;moriser et &#224; v&#233;hiculer. On le r&#233;cite, on l'apprend, on le r&#233;p&#232;te. Il doit &#234;tre accrocheur. &#171; &lt;i&gt;Tu m'interdis d'&#234;tre m&#233;decin, un jour tu seras malade. &lt;/i&gt; &#187; Ces po&#233;sies se transmettent dans des cercles litt&#233;raires clandestins, comme celui de Mirman Bahir (La Tendance des dames), &#224; Kaboul. Dans le plus grand secret, ces po&#233;tesses (&#233;tudiantes, m&#232;res de famille, c&#233;libataires&#8230;) s'adonnent &#224; leur passion, &#233;crire et lire de la po&#233;sie. Dans ces satires sociales, elles d&#233;noncent le sort r&#233;serv&#233; aux femmes. &#201;crire est un acte de courage. Sayd Bahodine Majrouh, po&#232;te, militant, assassin&#233; en 1988, a recueilli ces po&#232;mes. Dans son livre Le suicide et le chant, il a rassembl&#233; ces chants improvis&#233;s qui composent un instant d'&#233;motion. &#171; &lt;i&gt;Que ce rocher m'&#233;crase de son poids, Mais que jamais ne m'effleure la main d'un vieux mari.&lt;/i&gt; &#187; Transmis oralement, les landays survivent parce qu'ils n'appartiennent &#224; personne. Aujourd'hui les femmes utilisent leurs t&#233;l&#233;phones portables pour les r&#233;citer anonymement, les enregistrer sur la bo&#238;te vocale de Mirman Bahir qui a cr&#233;&#233; une hotline pour les collecter. &#171; &lt;i&gt;En secret je br&#251;le, en secret je pleure, je suis la femme pashtoune qui ne peut d&#233;voiler son amour.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Je hurle, un spectacle de La Soupe compagnie, mise en sc&#232;ne Eric Dominecone, &lt;br class='autobr' /&gt;
En tourn&#233;e d&#232;s que cela sera possible &#224; nouveau. &lt;a href=&#034;http://www.lasoupecompagnie.com/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.lasoupecompagnie.com/&lt;/a&gt; L'&#233;loquence des femmes, &lt;br class='autobr' /&gt;
Reportage de Bastien Renouil et Katia Clarens, Diffus&#233; en replay sur Arte jusqu'au 10 juin 2021&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Docu &#8226; Apr&#232;s l'exil, la Normandie</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Docu-o-Apres-l-exil-la-Normandie</link>
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		<dc:date>2020-11-02T15:57:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Immigration</dc:subject>
		<dc:subject>1275</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Rien ne poussait ces deux-l&#224; &#224; se rencontrer. Alhassane, 17 ans, vient d'arriver en France apr&#232;s plusieurs ann&#233;es d'un long p&#233;riple depuis son pays natal, la Guin&#233;e Conakry. Louka, 13 ans, vit en pleine campagne normande. Mais la famille de Louka a ouvert sa porte &#224; Alhassane. Et avec elle, la possibilit&#233; d'une amiti&#233; nouvelle. De cette famille, on ne saura rien, ou presque. La cam&#233;ra suit uniquement l'improbable et tendre duo, tr&#232;s souvent en ext&#233;rieur, donnant &#224; voir l'immensit&#233; des champs et des (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1275-" rel="tag"&gt;1275&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1858 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L250xH375/green-boys-affiche-logos-partenaires_-_copie-378c5.jpg?1694312074' width='250' height='375' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Rien ne poussait ces deux-l&#224; &#224; se rencontrer. Alhassane, 17 ans, vient d'arriver en France apr&#232;s plusieurs ann&#233;es d'un long p&#233;riple depuis son pays natal, la Guin&#233;e Conakry. Louka, 13 ans, vit en pleine campagne normande. Mais la famille de Louka a ouvert sa porte &#224; Alhassane. Et avec elle, la possibilit&#233; d'une amiti&#233; nouvelle. De cette famille, on ne saura rien, ou presque. La cam&#233;ra suit uniquement l'improbable et tendre duo, tr&#232;s souvent en ext&#233;rieur, donnant &#224; voir l'immensit&#233; des champs et des plages.&lt;br class='autobr' /&gt;
Green boys livre le r&#233;cit d'un apprentissage mutuel : Louka apprend &#224; confectionner un toit de cabane circulaire et &#224; comprendre le parcours migratoire des personnes qui, comme Alhassane, sont parties faute de pouvoir vivre dignement chez elles. Alhassane d&#233;couvre des mots dans cette langue fran&#231;aise qui n'est pas la sienne, apprend &#224; siffler entre ses mains, attraper un crabe sans se faire pincer, vivre dans cette nouvelle soci&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; ces sc&#232;nes champ&#234;tres et maritimes, l&#233;g&#232;res comme le sont les jeux d'enfants, succ&#232;de le r&#233;cit d'Alhassane, en voix off dans sa langue maternelle. Avec lui, la r&#233;alit&#233; du parcours et de l'accueil des jeunes migrants en France &#233;merge. L'Aide sociale &#224; l'enfance, et ses &#233;valuations de minorit&#233; souvent d&#233;cri&#233;es, est &#233;voqu&#233;e rapidement mais fermement : &#171; &lt;i&gt;On te juge comme si tu avais fait de la violence. Des fois, ils vont m&#234;me te pi&#233;ger. Dire que tu es grand, que tu ne r&#233;fl&#233;chis pas comme un enfant&lt;/i&gt; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puissante et singuli&#232;re, l'amiti&#233; entre Louka et Alhassane fera immanquablement &#233;cho &#224; des milliers d'autres, au sein de familles qui, elles aussi, ont ouvert leurs portes &#224; des exil&#233;s, dans d'autres campagnes et d'autres villes de France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Green boys, film documentaire d'Ariane Doublet. Sortie nationale le 6 mai 2020 en VOD&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;700&#034; height=&#034;394&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/78LqfLbbOHY&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour ou contre le projet individuel ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Pour-ou-contre-le-projet-individuel</link>
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		<dc:date>2020-11-02T15:56:57Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>Projet individuel</dc:subject>
		<dc:subject>1275</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Initi&#233; par la loi de 2002 pour le secteur m&#233;dico-social et par celle de 2007 pour la protection de l'enfance, le projet individuel s'est g&#233;n&#233;ralis&#233;. Que les travailleurs sociaux se le soient appropri&#233; ou qu'il soit devenu un document protocolaire et formaliste, il m&#233;rite d'&#234;tre interrog&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Laurent Ott, philosophe social (1) &lt;br class='autobr' /&gt;
Le projet individualis&#233; est &#233;nonc&#233; comme une &#233;vidence, un point d'arriv&#233;e, une sorte de destination finale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet id&#233;al sans passion est en fait un mixte entre une croyance, une (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1275-" rel="tag"&gt;1275&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Initi&#233; par la loi de 2002 pour le secteur m&#233;dico-social et par celle de 2007 pour la protection de l'enfance, le projet individuel s'est g&#233;n&#233;ralis&#233;. Que les travailleurs sociaux se le soient appropri&#233; ou qu'il soit devenu un document protocolaire et formaliste, il m&#233;rite d'&#234;tre interrog&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Laurent Ott, philosophe social (1)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le projet individualis&#233; est &#233;nonc&#233; comme une &#233;vidence, un point d'arriv&#233;e, une sorte de destination finale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet id&#233;al sans passion est en fait un mixte entre une croyance, une injonction et une r&#233;duction. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une croyance n'autorisant pas &#224; croire &#224; autre chose : quelle autre boussole, les &#233;quipes, acteurs sociaux, institutions et politique sociales pourraient-elles avoir qui serait plus pr&#233;cise et plus l&#233;gitime qu'un projet pens&#233; pour r&#233;pondre aux besoins sp&#233;cifiques des individus ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Une injonction, car il ne peut pas &#234;tre un outil parmi d'autres ; il est L'OUTIL, l'alpha et l'Om&#233;ga, juste par d&#233;finition. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une r&#233;duction, car il ne permet plus de penser autrement : exit les exp&#233;riences, aventures et exp&#233;rimentations, qu'elles soient &#233;ducatives, collectives ou communautaires. Le travail social est d&#233;sormais consign&#233; dans un document unique.&lt;br class='autobr' /&gt;
En P&#233;dagogie sociale, nous connaissons les pi&#232;ges de l'individualisme et de l'individualisation des proc&#233;dures qui m&#232;nent &#224; l'impuissance : impuissance des acteurs &#224; se saisir de leur m&#233;tier et &#224; augmenter leurs marges de cr&#233;ativit&#233;, d'initiatives et de pouvoir d'agir ; impuissance des b&#233;n&#233;ficiaires, renvoy&#233;s &#224; eux-m&#234;mes, &#224; leurs &#171; besoins &#187; et &#224; leur projet obligatoire, au nom d'un id&#233;al de mobilisation personnel et d'autonomisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus un probl&#232;me social devient massif, plus il devient envahissant et destructeur, plus on tend &#224; en individualiser le traitement et les proc&#233;dures. Il n'y a plus de ch&#244;mage, il y a des probl&#232;mes d'employabilit&#233; ; plus d'&#233;chec de l'&#201;cole, mais des d&#233;crocheurs et des d&#233;crochages, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'individualisation est un double leurre, d'une part parce qu'elle renvoie une probl&#233;matique soci&#233;tale &#224; un individu qui n'a pas prise sur &lt;br class='autobr' /&gt;
elle, et d'autre part parce qu'elle prive de toute compr&#233;hension globale des enjeux. On nous vend l'individualisation, la personnalisation des projets &#233;ducatifs et sociaux comme une pratique respectueuse des diff&#233;rences de chacun, alors qu'en r&#233;alit&#233; elles nient toutes les diff&#233;rences. Rien ne ressemble plus &#224; un projet individualis&#233;&#8230; qu'un autre, menant tout droit &#224; la standardisation en chaine des objectifs, des moyens, et des proc&#233;dures d'accompagnement social. L'individualisation, on le sait depuis Sartre, m&#232;ne &#224; la s&#233;rialisation, c'est &#224; dire &#224; la conception (et la fabrication) d'individus s&#233;riels, interchangeables, &#233;quivalents entre eux et parfaitement normalis&#233;s. Dans nos pratiques, inspir&#233;es des grands p&#233;dagogues sociaux (Freinet, Freire, Korczak, Radlinska), nous opposons la notion de &#171; personnalisation &#187; &#224; celle de d'individualisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement au langage institutionnel courant qui m&#233;lange ces deux termes, nous d&#233;finissons la personne comme le produit d'un croisement d'influences, li&#233;es &#224; la petite et la grande histoire de tout un chacun. La personne est forc&#233;ment le produit forc&#233;ment inachev&#233; de la synth&#232;se et du conflit d'influences soci&#233;tales, familiales, culturelles, plurielles. D&#232;s lors, l'objectif et la particularit&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
de toute entreprise socio-&#233;ducative visent &#224; favoriser la conscience de cette diversit&#233; et de cette multiplicit&#233;, chez toute personne. Cela passe par l'appropriation et l'utilisation, par le sujet, de tous les moyens d'expression artistique, sociale et politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette exp&#233;rience, cette pratique m&#234;me de la vie sociale, s'ancrent et se d&#233;roulent dans un collectif ou un ensemble de collectifs, ins&#233;parables du sujet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Seul un travail social de type communautaire rend possible une telle entreprise et cela passe par la cr&#233;ation et l'organisation de collectifs directement dans les milieux de vie &#171; naturels &#187; des personnes et des groupes. l&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;i&gt;(1) A publi&#233;, Philosophie de la pr&#233;carit&#233;. Sortir de l'impuissance, &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;ditions Chroniques Sociales, 2019.&lt;/i&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Christine Maurey , assistante sociale en &#233;tablissement m&#233;dico-social&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes de bons petits soldats. Nous appliquons les politiques sociales qui nous sont demand&#233;s d'appliquer et souvent pire, nous les l&#233;gitimons et leur trouvons des justifications.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y eu un tel conditionnement &#224; la notion de projet, &#233;mergeante &#224; partir des ann&#233;es 70, que lorsqu'il s'est agi d'y accoler le mot personnalis&#233; ou individualis&#233;, pas de m&#233;fiance. Au contraire nous sommes partis &#224; fond dans cette injonction en oubliant peut-&#234;tre l'essentiel.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'o&#249; sort cette notion de projet personnalis&#233;, association presque contradictoire ? Que vient-elle servir ? Il faut faire soci&#233;t&#233; et pendant ce temps des dizaines des lois sortent avec une seule vis&#233;e : mettre l'usager au c&#339;ur du syst&#232;me ? Que ce soit dans le domaine de la sant&#233;, du handicap, du social, toutes les lois convergent vers le m&#234;me but : rendre acteur la personne.&lt;br class='autobr' /&gt;
En ce qui concerne l'offre sociale et m&#233;dicosociale, c'est la loi 2002-2 qui vient combler les lacunes des lois de 75, en y ajoutant cette notion d'usager au c&#339;ur du syst&#232;me. Mais que ce soit le malade ou l'usager du social ou m&#233;dicosocial, sous la belle id&#233;e de le rendre acteur, on le rend responsable de ce qui lui arrive&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je d&#233;montrais dans mon &#233;tude sur la scolarisation des enfants handicap&#233;s en milieu ordinaire que la responsabilit&#233; de l'&#233;chec ou la r&#233;ussite de la scolarit&#233; de l'enfant retombait non plus sur une institution qu'elle soit &#233;tatique, territoriale ou autre mais bien sur la personne : l'enseignant, l'enseignant sp&#233;cialis&#233;, le r&#233;&#233;ducateur, le parent et enfin bien pire, l'enfant lui-m&#234;me&#8230; S'il ne r&#233;ussit pas quand m&#234;me avec tout ce qu'on a mis en place pour lui ! &lt;br class='autobr' /&gt;
En fait, qu'en est-il de toutes ces belles lois, ces belles paroles ? &#199;a fait longtemps que la logique de &#171; marchandisation &#187; d&#233;nonc&#233;e par Michel Chaudi&#232;re est en route. Longtemps que les logiques d'&#233;conomie de march&#233; s'int&#233;ressent &#224; la d&#233;pendance et au m&#233;dicosocial. Faut-il rappeler ces maisons d'enfants &#224; caract&#232;re social rachet&#233;es par des fonds de pension am&#233;ricains et transform&#233;es en maisons de retraite luxueuses ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le but est de rentabiliser, donc fermer ces institutions qui co&#251;tent si chers, cr&#233;er des services prestataires, individualiser pour faire avec moins de moyens. Le PPA en est l'excuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_1824 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:52px;'&gt;&lt;a href='https://www.lien-social.com/IMG/pdf/guide_widgets_cle_vacances.pdf' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L52xH52/pdf-39070.png?1693464305' width='52' height='52' alt='PDF' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Or, aujourd'hui, c'est le sens m&#234;me du projet qui est d&#233;tourn&#233;. L'origine latine du mot projet est &#171; j&lt;i&gt;eter en avant&lt;/i&gt; &#187;. Sur un plan philosophique, il s'agit de &#171; &lt;i&gt;sortir de soi&lt;/i&gt; &#187;. Fichte le d&#233;crivait comme &#171; &lt;i&gt;aller vers l'autre&lt;/i&gt; &#187;. Mais pour grandir, l'enfant a besoin de se reconna&#238;tre dans l'autre, d'&#234;tre avec des pairs et pas simplement enferm&#233; dans un processus individualis&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le projet pour l'homme a un gros d&#233;faut. C'est qu'il a un d&#233;but, un milieu et une fin. S'il y a bien quelque chose qui n'est jamais fini, c'est l'homme. Concevoir et r&#233;aliser, facile pour les plans d'une maison, mais pour l'homme, pour l'enfant ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Tous ensemble donc, derri&#232;re ce projet personnalis&#233;, surtout si au bout du bout, &#231;a co&#251;te moins cher. Mais qu'en tire l'enfant, le jeune, sa famille ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Peut-&#234;tre la rencontre, la parole de la famille, du jeune, s'il tant est qu'il soit l&#224; ? Une invitation &#224; &#233;couter (pardon &#224; participer) &#224; une r&#233;union une fois par an ? Une signature au bas d'un papier ? Un moment d'&#233;change ?&lt;br class='autobr' /&gt;
En m&#234;me temps contester le projet personnalis&#233; aujourd'hui, c'est comme contester la notion de situation de handicap, on se fait lyncher.&lt;br class='autobr' /&gt;
La plus belle preuve du leurre de cette notion de projet est l'impossible application du PPA en Ehpad ? Pas le temps de faire les soins &#233;l&#233;mentaires et il faudrait &#233;crire ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand on n'est pas gondol&#233; de rire &#224; cette id&#233;e, on en pleure&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La protection de l'enfance au d&#233;fi des identit&#233;s migratoires</title>
		<link>https://www.lien-social.com/La-protection-de-l-enfance-au-defi-des-identites-migratoires</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Immigration</dc:subject>
		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>1275</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Je parle de millions d'hommes arrach&#233;s &#224; leurs dieux, &#224; leur terre, &#224; leurs habitudes. De millions d'hommes &#224; qui on a inculqu&#233; savamment la peur, le complexe d'inf&#233;riorit&#233;, l'agenouillement, le larbinisme. &#187; Aim&#233; C&#233;saire &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces hommes et ces femmes ont eu des enfants, et leur protection, pour ceux qui ont migr&#233; en France, a &#233;t&#233; l'objet de ma recherche. Mon m&#233;tier a consist&#233; &#224; les accompagner vers un devenir adulte, d&#233;gag&#233; de souffrances potentielles, trop lourdes &#224; porter. Une tentative pour qu'ils puissent (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Matie%CC%80re-a%CC%80-pense%CC%81es" rel="directory"&gt;Matie&#768;re a&#768; pense&#769;es&lt;/a&gt;

/ 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Je parle de millions d'hommes arrach&#233;s &#224; leurs dieux, &#224; leur terre, &#224; leurs habitudes. De millions d'hommes &#224; qui on a inculqu&#233; savamment la peur, le complexe d'inf&#233;riorit&#233;, l'agenouillement, le larbinisme. &#187; Aim&#233; C&#233;saire&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces hommes et ces femmes ont eu des enfants, et leur protection, pour ceux qui ont migr&#233; en France, a &#233;t&#233; l'objet de ma recherche. Mon m&#233;tier a consist&#233; &#224; les accompagner vers un devenir adulte, d&#233;gag&#233; de souffrances potentielles, trop lourdes &#224; porter. Une tentative pour qu'ils puissent grandir dans un contexte o&#249; la bienveillance serait la cl&#233; de vo&#251;te de la r&#233;alisation de soi, qui permet le voyage vers l'autre. Quel est ce soi dont on parle ? Ce soi, toujours interpell&#233; dans le rapport &#224; l'autre, Paul Ricoeur (1) en a dessin&#233; les contours. Franz Fanon (2), Aim&#233;e C&#233;saire (3), ont color&#233; l'individuel du collectif qui fabrique les identit&#233;s. Le voyage, ou plut&#244;t l'exil, qui implique souvent la contrainte autour de laquelle tout se fige, nous interpelle bruyamment pour penser le m&#233;tissage. La porte s'ouvre, se ferme, d&#233;finit l'espace cl&#244;t d'un monde, avec au-dedans de lui toute la s&#233;curit&#233; psychique qui invite, dans le meilleur des cas, &#224; l'entreb&#226;illement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le choc des cultures&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;J'ai travaill&#233; pendant 25 ans dans le secteur judiciaire, autour du concept de danger potentiel ou av&#233;r&#233; sur enfant. Une majorit&#233; de familles, sans qu'il ne soit possible pour des raisons &#233;thiques de les mettre en chiffres, appartenaient &#224; des syst&#232;mes culturels traditionnels (4) (Afrique de l'Ouest et de l'Est, Inde, Maghreb&#8230;). Comment penser le danger, qui touche le mineur, dont la famille a les pieds ici et la t&#234;te ailleurs, comme me l'ont dit tant de familles accompagn&#233;es ? Je me souviens de ce p&#232;re ha&#239;tien m'expliquant que, dans son pays, ce sont les ouragans qui d&#233;finissent le danger, n&#233;cessitant de se r&#233;fugier sur les toits. Un coup de ceinture, pour que l'enfant marche droit (5), n'avait, en cela, rien de comparable. En d&#233;but de carri&#232;re, je me suis vue proposer &#224; une famille Malienne, sonink&#233;, de syst&#232;me traditionnel, une colonie de vacances pour son fils, afin qu'il apprenne la collectivit&#233; ! J'ignorais simplement qu'au sein de leur village d'appartenance r&#233;cemment quitt&#233;, le groupe est la norme en mati&#232;re d'&#233;ducation de l'enfant. C'est l'individualisme de notre soci&#233;t&#233; qui &#233;tait d&#233;concertant, &#224; travers la comp&#233;titivit&#233; &#224; l'&#233;cole, le suivi psychologique en face &#224; face avec l'enfant, les places et r&#244;les de chacun au sein de la famille. Tout cela relevait pour eux, de l'inconnu, de l'exotisme. Pire encore, cela occasionnait, faute de compr&#233;hension des valeurs de notre syst&#232;me, des blocages, des rejets, des refus de collaboration. &#171; &lt;i&gt;Que la France prenne mon fils, et qu'elle s'en occupe, je le lui donne &lt;/i&gt; &#187; m'a dit un jour un p&#232;re africain. Au rendez-vous de la peur, on se retrouve tous, quand ce qui fonde le sens de notre &#234;tre au monde est bafou&#233;, non reconnu dans notre diff&#233;rence. Se rejouent alors des sc&#233;narios indicibles qui parfois interpellent les identit&#233;s ancestrales, au regard de la citation d'Aim&#233; C&#233;saire. Entre le voyage et l'exil, la question du retour est essentielle. J'ai fait un voyage d'&#233;tudes au Mali, pour une validation par les villageois des questions th&#233;oriques de l'ethnopsychologie clinique. J'y ai v&#233;cu, de l'int&#233;rieur, le d&#233;calage des cultures, et ai pu d&#233;gager les constructions de mes identit&#233;s (6), au contact de l'autre. Lorsque dormant sur le toit d'une maison dogon, j'ai &#233;t&#233; r&#233;veill&#233;e en sursaut par une cigogne virevoltant au-dessus de ma t&#234;te, je me suis sentie seule, d&#233;sempar&#233;e face aux rires des femmes lev&#233;es bien avant l'aube pour aller chercher de l'eau au puits, &#224; quelques kilom&#232;tres de l&#224;. Quand j'ai pos&#233; mon matelas dans la cour au centre des maisons (le Ka) et que j'ai observ&#233; les enfants toute la nuit circuler, jouer, manger ce qui tra&#238;nait &#224; terre, j'ai pens&#233; aux carences &#233;ducatives dont on parle tant dans nos m&#233;tiers.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Changer de paradigme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ma pratique professionnelle m'est apparue, au retour, totalement inadapt&#233;e, voir non respectueuse de la dignit&#233; de l'homme. Ces identit&#233;s &#233;taient les leurs, et j'assumais les miennes. La question &#233;tait bien d'identifier, de nommer les sp&#233;cificit&#233;s culturelles, toujours en mouvement, jamais fig&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai construit une m&#233;thodologie d'approche pour ces familles, que j'ai exp&#233;riment&#233;e ensuite avec les identit&#233;s plurielles, y compris fran&#231;aises (par le biais notamment des sectes, des mariniers, des ferrailleurs). Le processus de radicalisation interpellait les magistrats sur le plan &#233;ducatif. Les pr&#233;misses de suivis de cet ordre ont &#233;t&#233; amorc&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette recherche-action, nourrie d'apports th&#233;oriques, chaque fois renouvel&#233;s, a &#233;t&#233; une premi&#232;re &#233;tape, incontournable. La seconde m'a rapidement montr&#233; qu'il &#233;tait impossible de ma&#238;triser les savoirs culturels dans leur ensemble. &#192; l'image de mon v&#233;cu au Mali avec les villageois, j'ai propos&#233; une posture (7) o&#249; l'&#233;change &#233;tait au c&#339;ur de l'entretien, dans un processus de reconnaissance des identit&#233;s (les miennes, les leurs). Cette d&#233;marche a permis de construire une passerelle entre les mondes. A partir de l'&#233;coute culturelle active, j'ai ainsi tent&#233; de r&#233;pondre &#224; l'objectif souhait&#233; en termes de changement potentiel &#233;ducatif. La p&#233;dophilie, l'exploitation des femmes, ont &#233;t&#233; trait&#233;es en consid&#233;rant l'universel, dans le respect des lois concomitantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1825 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:52px;'&gt;&lt;a href='https://www.lien-social.com/IMG/pdf/guide_widgets_cle_vacances-2.pdf' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L52xH52/pdf-39070.png?1693464305' width='52' height='52' alt='PDF' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Les contextes (relations politiques entre le pays d'accueil et le pays d'origine, vie rurale ou citadine), les habitus (8) (mani&#232;res d'&#234;tre et de pens&#233;e), et les &#233;volutions potentielles de l'identit&#233;, ont fait l'objet d'&#233;laboration commune. Zina, originaire du Maghreb, adolescente atteinte de d&#233;pression suivait les prescriptions de l'iman, et, dans le m&#234;me temps celles de son m&#233;decin traitant.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'interviens d&#233;sormais en tant que formatrice (&#233;coles de travail social, institutions) pour transmettre, d&#233;battre, et poursuivre la r&#233;flexion autour des migrations actuelles (Roms, r&#233;fugi&#233;s, enfants des rues et leur protection). En s'appuyant sur l'ethnographie (9), on cherche, on d&#233;crit, on &#233;labore, on reconna&#238;t l'autre comme diff&#233;rent et &#233;gal dans l'humanit&#233; qui nous rassemble. On tente de construire un chemin du vivre ensemble m&#233;tiss&#233;, en ouvrant les portes de l'accueil.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) P. Ricoeur, Soi-m&#234;me comme un autre, Paris, Seuil, 1990&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) F. Fanon, Peau noire, masque blanc, Paris, Seuil, 1971&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) A. C&#233;saire, Discours sur le colonialisme, Paris, Pr&#233;sence africaine, 1955&lt;br class='autobr' /&gt;
(4) Un syst&#232;me traditionnel est compos&#233; de faits historiques, sociaux, culturels qui se transmettent &#224; travers les groupes constitu&#233;s et les g&#233;n&#233;rations.&lt;br class='autobr' /&gt;
(5) Il n'est pas question de justifier la maltraitance, mais de la replacer dans une repr&#233;sentation et un contexte&lt;br class='autobr' /&gt;
(6) G. Devereux, De l'angoisse &#224; la m&#233;thode, Flammarion, 1980/2012&lt;br class='autobr' /&gt;
(7) le concept d'empathie de Carl Rogers a &#233;t&#233; enrichi d'apports et de ressentis culturels.&lt;br class='autobr' /&gt;
(8) P. Bourdieu, Les h&#233;ritiers, &#201;d de Minuit, 1979&lt;br class='autobr' /&gt;
(9) En r&#233;f&#233;rence &#224; l'&#339;uvre d'Annie Ernaux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;*Jocelyne Allain Vovard a travaill&#233; comme assistante de service social au sein de l'association Olga Spitzer, avant d'obtenir un DESS de psychologie clinique enrichi de sp&#233;cialit&#233;s relatives &#224; l'ethnopsychiatrie, dont elle a nourri sa pratique. Elle a publi&#233; Protection de l'enfance et migrations ; accompagner la construction des identit&#233;s &#201;d. Chronique Sociale (2018) &#8212; vovard.jocelyne@wanadoo.fr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Formation &#8226; La crise des vocations</title>
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		<dc:subject>Personne &#226;g&#233;e</dc:subject>
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&lt;p&gt;Malgr&#233; un taux de ch&#244;mage important, les Ehpad peinent &#224; recruter. Pour attirer de nouvelles vocations, il faudra &#224; la fois am&#233;liorer les conditions de travail, organiser la formation et offrir des perspectives d'avenir. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Accompagnement des ain&#233;s d&#233;pendants repr&#233;sente 353 000 postes &#224; pourvoir dans les quatre ans. Or les professions &#8211; d'aide-soignant et d'accompagnateur &#233;ducatif et social, les deux principaux m&#233;tiers du secteur &#8211; ne suscitent pas l'enthousiasme. En six ans, les candidatures aux concours (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Malgr&#233; un taux de ch&#244;mage important, les Ehpad peinent &#224; recruter. Pour attirer de nouvelles vocations, il faudra &#224; la fois am&#233;liorer les conditions de travail, organiser la formation et offrir des perspectives d'avenir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Accompagnement des ain&#233;s d&#233;pendants repr&#233;sente 353 000 postes &#224; pourvoir dans les quatre ans. Or les professions &#8211; d'aide-soignant et d'accompagnateur &#233;ducatif et social, les deux principaux m&#233;tiers du secteur &#8211; ne suscitent pas l'enthousiasme. En six ans, les candidatures aux concours d'acc&#232;s &#224; ces deux m&#233;tiers ont baiss&#233; d'un quart. En octobre 2019, la ministre du Travail de l'&#233;poque, Myriam El Khomri, a m&#234;me propos&#233; un &#171; &lt;i&gt;plan de mobilisation nationale en faveur de l'attractivit&#233; des m&#233;tiers du grand-&#226;ge &lt;/i&gt; &#187;. La premi&#232;re mesure mise en ouvre pour attirer de nouvelles recrues : lever la s&#233;lection du concours. &#171; &lt;i&gt;C'est une bonne chose parce que cette &#233;preuve pouvait impressionner des gens qui avaient pourtant le profil de bons professionnels&lt;/i&gt;, pense Guillaume Gontard, pr&#233;sident de la F&#233;d&#233;ration des associations d'aides-soignants. &lt;i&gt;Pour autant, il ne faut pas que &#231;a devienne un choix professionnel par d&#233;faut, ce m&#233;tier demande des qualit&#233;s humaines. La difficult&#233;, c'est que l'aide-soignant constitue un maillon du soin rarement maitre des d&#233;cisions, on subit l'influence des familles, de la direction. Les soignants qui essaient de faire un travail remarquable ne sont jamais remarqu&#233;s. Si je dis qu'il faudrait r&#233;parer le fauteuil roulant d'un r&#233;sident et que ce n'est jamais fait, c'est frustrant. Si la parole du soignant est &#233;cout&#233;e &#231;a change la dynamique, &#231;a am&#232;ne des r&#233;ponses aux probl&#232;mes. Pour motiver de nouvelles recrues, il faudrait surtout suffisamment d'agents de service hospitalier, d'aide-soignants et d'aide m&#233;dico-psychologiques. &lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
En 2009, Guillaume Gontard entre dans un Ehpad public sans formation, il fait fonction d'aide-soignant. Dipl&#244;m&#233; en 2014, il assure d&#233;sormais des remplacements. Il travaille dans le public, le priv&#233; non lucratif et le commercial. &#171; &lt;i&gt;Partout, il y a le pire et le meilleur, &#231;a d&#233;pend du projet d'&#233;tablissement et du directeur. Quand je ne m'y retrouve pas, je ne reviens pas. Ce m&#233;tier me plait et je vais continuer m&#234;me si j'ai attrap&#233; le Covid.&lt;/i&gt; &#187; Aide-soignante form&#233;e comme assistante de soin en g&#233;rontologie, Sandrine Ossart a elle aussi contract&#233; le virus comme, elle le craint, de nombreux coll&#232;gues. Face &#224; la crise du recrutement, la syndicaliste CGT redoute l'embauche de plus en plus fr&#233;quente de personnels non qualifi&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s 26 ans d'anciennet&#233;, je touche 1 726 euros par mois. Les gens ne sont pas dupes, ils savent qu'on travaille un week-end et un jour f&#233;ri&#233; sur deux. &#192; l'usine, la paie est la m&#234;me et on ne ram&#232;ne pas ses douleurs physiques et psychiques &#224; la maison. Nous accompagnons la fin de vie, absorbons des ressentis, c'est dr&#244;lement difficile, parce qu'il y a forc&#233;ment des r&#233;sidents qu'on affectionne. Et en plus, c'est dur physiquement. De nombreux soignants partent en invalidit&#233; avant 50 ans. Nous voyons arriver des personnes sans qualification alors que notre travail demande beaucoup d'observation pour rep&#233;rer une fracture apr&#232;s une chute, une perte d'app&#233;tit, une baisse de moral. Une escarre met six heures &#224; se former, deux mois &#224; gu&#233;rir. Tout &#231;a, &#231;a s'apprend.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le sens du m&#233;tier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La plupart des soignants sont port&#233;s par un besoin de r&#233;parer, de s'occuper des gens, d'apporter un peu de chaleur. Ils t&#233;moignent du c&#244;t&#233; gratifiant de ce m&#233;tier quand ils trouvent la possibilit&#233; de partager des moments de vie. Cette vocation les aide &#224; tenir, &#224; continuer de chercher du sens &#224; leur m&#233;tier. Parfois, c'est encore possible. &#171; Dans certains &#233;tablissements cela se passe bien quand la direction ne fait pas que de la gestion, mais de l'accompagnement humain, constate Claude Brialix, pr&#233;sidente de la F&#233;d&#233;ration nationale des associations et amis de personnes &#226;g&#233;es et de leurs familles (FNAPAEF). M&#234;me l&#224;, je pense qu'il faudrait faire un effort au niveau de l'ergonomie du mat&#233;riel, des syst&#232;mes pour lever les malades, les transporter. La Silver Economie pourrait apporter des innovations pour faciliter et lib&#233;rer du temps de soignants mais il ne faut pas tomber dans Les Temps Modernes avec la machine &#224; manger et le petit animal &#233;lectronique. &#187; Plus ou moins sophistiqu&#233;s, des robots existent d&#233;j&#224; pour accompagner les personnes &#226;g&#233;es dans des maisons de retraite au Pays-Bas ou en Belgique. Cette solution se situe aux antipodes des recommandations de R&#233;gis Aubry, g&#233;rontologue membre du Comit&#233; consultatif national d'&#233;thique (CCNE). &#171; La fin de vie est un moment o&#249; il est essentiel de pouvoir parler. Travailler dans un Ehpad, c'est &#234;tre pr&#234;t &#224; entendre ce qui envahit la conscience de certains r&#233;sidents, des peurs, des repr&#233;sentations, l'angoisse et la mort. Il faut accompagner les personnes dans leur cheminement existentiel. Sans pr&#233;paration &#224; cette question de l'attente de la mort, des syst&#232;mes de d&#233;fense se mettent en place pour &#233;viter le sujet. Or l'&#233;coute de la souffrance d'autrui, c'est un soin fondamental. Il y a donc un paradoxe &#224; ne pas former, &#224; ne pas valoriser des professionnels envoy&#233;s au casse-pipe. L'accompagnement des personnes dans leur questionnement autour de ces situations devrait constituer un enjeu tr&#232;s fort de la formation. Je plaide pour que des &#233;quipes mobiles &#233;thiques interviennent aupr&#232;s des professionnels des Ehpad pour les former autour de ces questions. L'analyse de situation, l'apprentissage de la r&#233;flexion &#233;thique peut &#234;tre structurant pour ces professionnels, aidant pour les r&#233;sidents et all&#233;ger le fardeau des soignants. La comp&#233;tence &#224; acqu&#233;rir n'est pas un savoir m&#233;dical mais un savoir r&#233;flexif, &#231;a fait appel &#224; de nouvelles modalit&#233;s. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette formation philosophique et psychologique, le professeur l'envisage aupr&#232;s de professionnels d&#233;j&#224; en poste. Le probl&#232;me du recrutement reste donc entier. O&#249; trouver plus de 300 000 personnes ? &#171; D&#233;j&#224;, on peut augmenter les ratios de personnel en recrutant &#224; plein temps des animateurs ou des psychologues actuellement &#224; temps partiel, sugg&#232;re Romain Gizolme de l'AD-PA. Il y a aussi ces professionnels inexistants dans nos &#233;tablissements dont nous aurions bien besoin : des psychomotriciens et des assistants de service social. Ensuite, il faut recruter, puis former. Des r&#233;gions seraient pr&#234;tes &#224; s'engager sur des cr&#233;dits pour aider des gens &#224; trouver un emploi, puis se former en interne. Ils pourraient commencer au premier grade, agent de service hospitalier, puis si ce travail leur plait, passer les dipl&#244;mes d'aide-soignant, d'infirmier, de cadre de sant&#233;. &#199;a pourrait &#234;tre un levier de coh&#233;sion sociale, permettre d'am&#233;liorer le quotidien des personnes &#226;g&#233;es et offrir un d&#233;bouch&#233; aux personnes sans emploi. &#187; Pour y parvenir, l'&#201;tat doit investir, une logique &#224; moyen terme qui coince du c&#244;t&#233; de Bercy depuis des ann&#233;es. La balle est d&#233;sormais dans le camp du minist&#232;re de la Sant&#233;. Le 20 mai, Olivier Veran reconnaissait que le gouvernement n'&#233;tait all&#233; &#171; ni assez vite, ni assez fort &#187; et annon&#231;ait un &#171; S&#233;gur de la Sant&#233; &#187; men&#233; par Nicole Notat, ancienne secr&#233;taire nationale de la CFDT. La concertation avec les professionnels du soin et des Ehpad d&#233;marr&#233;e le 25 mai devrait d&#233;boucher, promet le ministre, sur une revalorisation des salaires &#224; l'h&#244;pital et dans les Ehpad. Les conclusions de cette concertation sont attendues mi-juillet. Les petites mains des Ehpad, premi&#232;res de corv&#233;e du soin, esp&#232;rent ne pas &#234;tre d&#233;&#231;ues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1828 spip_documents spip_documents_center'&gt;&lt;a href='https://www.lien-social.com/IMG/pdf/guide_widgets_cle_vacances-1-2.pdf' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L52xH52/pdf-39070.png?1693464305' width='52' height='52' alt='PDF' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien avec J&#233;r&#244;me Pellissier &#8226; Changer de regard</title>
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		<dc:subject>Personne &#226;g&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>1275</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le regard que nous portons sur les personnes &#226;g&#233;es, d&#233;valorisant ou condescendant, a des r&#233;percussions sur leur vuln&#233;rabilit&#233;. Il entra&#238;ne aussi une non-reconnaissance des professionnels qui les accompagnent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle est la repr&#233;sentation des personnes &#226;g&#233;es dans notre soci&#233;t&#233; ; celle-ci peut-elle les rendre vuln&#233;rables ? &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est peu dire que notre soci&#233;t&#233; porte sur la vieillesse et sur les vieilles personnes un regard tr&#232;s n&#233;gatif. Mais encore faut-il pr&#233;ciser plusieurs points. Pour &#233;viter toute nostalgie, (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le regard que nous portons sur les personnes &#226;g&#233;es, d&#233;valorisant ou condescendant, a des r&#233;percussions sur leur vuln&#233;rabilit&#233;. Il entra&#238;ne aussi une non-reconnaissance des professionnels qui les accompagnent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2140 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH142/capture_d_e_cran_2021-01-12_a_11.46.19-a5b81.png?1694312074' width='500' height='142' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelle est la repr&#233;sentation des personnes &#226;g&#233;es dans notre soci&#233;t&#233; ; celle-ci peut-elle les rendre vuln&#233;rables ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est peu dire que notre soci&#233;t&#233; porte sur la vieillesse et sur les vieilles personnes un regard tr&#232;s n&#233;gatif. Mais encore faut-il pr&#233;ciser plusieurs points. Pour &#233;viter toute nostalgie, rappeler qu'aucune &#233;poque ne brille par une vision uniquement positive de ces personnes. Certes, on associait souvent vieillesse avec sagesse, mais tout autant avec g&#226;tisme &#8211; sans compter que les personnes tr&#232;s &#226;g&#233;es &#233;taient rares et constituaient donc des exceptions remarquables. Mais ce qui est marquant d&#233;sormais : quasiment plus de vision positive, beaucoup de visions n&#233;gatives. &#192; commencer par celle qui associe vieillesse, maladie et mort. &#192; la diff&#233;rence de jadis, les personnes tr&#232;s &#226;g&#233;es, d&#233;sormais nombreuses, ne sont plus vues comme celles ayant &#233;chapp&#233; aux maladies et &#224; la mort, mais comme celles qui sont plus malades et qui vont bient&#244;t mourir. Tr&#232;s grande diff&#233;rence&#8230;Ajoutons que la valorisation des &#171; seniors &#187;, des nombreux retrait&#233;s actifs et en forme, se fait souvent au d&#233;triment des personnes les plus &#226;g&#233;es : les &#171; vrais vieux &#187; deviennent alors forc&#233;ment associ&#233;s &#224; ceux qui ne &#171; font plus jeunes &#187;, sont &#171; d&#233;pendants &#187;, voire tous per&#231;us comme &#171; Alzheimer &#187; !&lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi les cons&#233;quences de cette vision n&#233;gative : des attitudes, au niveau social et politique, comme au niveau familial, qui oscillent entre rejet, paternalisme, condescendance, infantilisation&#8230; M&#234;me quand elles sont bienveillantes, beaucoup d'attitudes li&#233;es aux personnes tr&#232;s &#226;g&#233;es consistent en effet &#224; penser et &#224; parler &#224; leur place.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'invisibilisation des personnes &#226;g&#233;es contribue-t-elle &#224; celle des professionnels qui les accompagnent et avec quelles cons&#233;quences ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Oui, il existe un cumul de d&#233;valorisation pour les personnes qui prennent soin des plus &#226;g&#233;s d'entre nous : d&#233;valoris&#233;es parce que ce sont majoritairement des femmes ; d&#233;valoris&#233;es parce qu'elles prennent soin (care) alors que soigner (cure) est mieux consid&#233;r&#233; ; d&#233;valoris&#233;es enfin &#224; cause de l'&#226;ge des personnes accompagn&#233;es. Ce n'est gu&#232;re &#233;tonnant : la peur et le m&#233;pris pour une population d&#233;teignent sur celles et ceux qui en prennent soin.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment proposer un nouveau mod&#232;le d'accompagnement pour les personnes &#226;g&#233;es d&#233;pendantes ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aucun ne sera efficace, pertinent, s'il ne porte justement que sur ce sujet pr&#233;cis, que sur cette population pr&#233;cise, s&#233;par&#233;e des autres. Il est indispensable, si l'on veut lutter contre l'&#226;gisme, de cesser de cr&#233;er de telles cat&#233;gories, d'&#226;ge ou de statut (&#171; d&#233;pendants &#187; !) : si une personne malade a besoin de soins, c'est parce qu'elle est malade, quel que soit son &#226;ge ; si une personne en situation de handicap a besoin d'aides, c'est parce qu'elle subit un handicap, quel que soit son &#226;ge, etc. L'&#226;ge constitue un crit&#232;re totalement inint&#233;ressant en ces affaires et qui conduit in&#233;vitablement aux discriminations et aux politiques s&#233;gr&#233;gatives.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut donc avant tout r&#233;inscrire le soin dans le cadre du &lt;i&gt;prendre-soin&lt;/i&gt;, revaloriser les m&#233;tiers du prendre-soin &#224; leur juste valeur (le travail d'une aide-soignante dans un &#233;tablissement d'h&#233;bergement pour personnes &#226;g&#233;es d&#233;pendantes (Ehpad) accueillant des personnes atteintes de maladie d'Alzheimer a autant de valeur que celui d'un chirurgien ou d'un dentiste), et prendre soin des personnes (malades, handicap&#233;es, fragiles, etc.) en fonction de leurs besoins, et non de leur &#226;ge.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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