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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Raccrochage scolaire &#8226; Une passerelle vers l'avenir</title>
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		<dc:date>2020-11-02T15:54:31Z</dc:date>
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		<dc:subject>Protection de l'enfance</dc:subject>
		<dc:subject>1270</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; Paris, le dispositif de remobilisation &#171; la Passerelle &#187;, remet en selle 85 % des d&#233;crocheurs accompagn&#233;s. Au programme : prises en charge individualis&#233;es, sans limite de dur&#233;e, m&#233;thodes p&#233;dagogiques innovantes et &#233;ducateurs form&#233;s &#224; ces outils. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Nous avons cr&#233;&#233; la Passerelle en 2014 pour prendre en charge les ados d&#233;scolaris&#233;s de la maison d'enfants &#224; caract&#232;re social (Mecs) Sainte-Th&#233;r&#232;se et &#233;viter leur errance, explique Julien Pautot, chef de service des deux structures g&#233;r&#233;es par Apprentis d'Auteuil. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1270-" rel="tag"&gt;1270&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Paris, le dispositif de remobilisation &#171; la Passerelle &#187;, remet en selle 85 % des d&#233;crocheurs accompagn&#233;s. Au programme : prises en charge individualis&#233;es, sans limite de dur&#233;e, m&#233;thodes p&#233;dagogiques innovantes et &#233;ducateurs form&#233;s &#224; ces outils.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous avons cr&#233;&#233; la Passerelle en 2014 pour prendre en charge les ados d&#233;scolaris&#233;s de la maison d'enfants &#224; caract&#232;re social (Mecs) Sainte-Th&#233;r&#232;se et &#233;viter leur errance&lt;/i&gt;, explique Julien Pautot, chef de service des deux structures g&#233;r&#233;es par Apprentis d'Auteuil. &lt;i&gt;Puis le dispositif a &#233;t&#233; ouvert &#224; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/-1279-&#034;&gt;d'autres d&#233;crocheurs&lt;/a&gt; orient&#233;s par l'Aide sociale &#224; l'enfance (ASE) de Paris, notre financeur&lt;/i&gt; &#187;. Objectif ? Les remobiliser et les remettre &#224; niveau gr&#226;ce &#224; divers ateliers pour les r&#233;inscrire dans une scolarit&#233;. Quand le jeune est en d&#233;but de d&#233;crochage l'&#233;quipe fait de la pr&#233;vention : &#171; &lt;i&gt;Nos &#233;ducateurs interviennent au coll&#232;ge aupr&#232;s du jeune et des professeurs puis trouvent des solutions pour que l'&#233;l&#232;ve puisse rester en classe&lt;/i&gt; &#187;. Mais la plupart ont d&#233;j&#224; quitt&#233; l'&#233;cole, parfois depuis trois ans. Ce dispositif en entr&#233;es et sorties permanentes est con&#231;u pour huit jeunes de 11 &#224; 17 ans (1). &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce matin-l&#224;, dans le local pr&#232;s de Montparnasse ils devraient &#234;tre cinq mais deux manquent &#224; l'appel. La journ&#233;e commence &#224; 9 heures par un temps d'&#233;change rituel : &#171; &lt;i&gt;Chacun peut raconter rapidement sa soir&#233;e ou ses soucis du matin avant de se rendre disponible pour les apprentissages&lt;/i&gt; &#187;, explique Ingrid Defoy, &#233;ducatrice. &lt;br class='autobr' /&gt;
Puis, un atelier &#171; dict&#233;e &#187; est anim&#233; par son coll&#232;gue Aubin des Mazery, tandis qu'Ingrid se pr&#234;te &#224; l'exercice au m&#234;me titre que les jeunes. Pendant la correction, chacun &#233;pelle son texte et &#233;voque ses doutes : &#171; &lt;i&gt;Nous les aidons &#224; se poser les bonnes questions pour qu'ils puissent se corriger seuls &lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise l'&#233;ducateur. Abdenour, apr&#232;s six mois &#224; la Passerelle, ne fait presque plus de fautes. Naomi, qui vient d'arriver, se perd entre singulier, pluriel, pronoms et conjugaisons. &#171; &lt;i&gt;Nous allons reprendre les bases ensemble&lt;/i&gt; &#187;, la rassure Ingrid. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_1616 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L493xH335/capture_d_e_cran_2020-10-01_a_14.24.05-e2a2d.png?1693476273' width='493' height='335' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Curiosit&#233; stimul&#233;e &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ici, les emplois du temps des jeunes sont diff&#233;renci&#233;s selon leurs besoins et alternent entre ateliers individuels et collectifs. Outre les mati&#232;res scolaires, l'&#233;quipe les fait travailler sur le conte, leur propose des lectures, des s&#233;ances &#171; ouverture au monde &#187;, pour d&#233;velopper leur curiosit&#233; et leur culture g&#233;n&#233;rale. &#171; &lt;i&gt;Les ateliers biographiques avec des outils comme le socio-g&#233;nogramme, les mandalas ou la &#171; fl&#232;che de vie &#187;, les aident &#224; mieux se conna&#238;tre, &#224; identifier leurs ressources et les &#233;v&#233;nements d&#233;clencheurs du d&#233;crochage &lt;/i&gt; &#187;, compl&#232;te l'&#233;ducatrice. Ses causes peuvent &#234;tre multiples : des probl&#232;mes sociaux ou familiaux, des difficult&#233;s purement scolaires, l'inadaptation aux r&#232;gles de vie ou le rapport au groupe. &lt;br class='autobr' /&gt;
La matin&#233;e se poursuit par un atelier &#171; philo &#187; &#224; partir de la fable &#171; &lt;i&gt; La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf &lt;/i&gt; &#187;. Il s'agit de formuler des questions soulev&#233;es par le texte et d'en d&#233;battre. Abdenour propose : &#171; &lt;i&gt;Faut-il se contenter de ce qu'on a ou viser plus haut ? Est-on pr&#234;t &#224; se battre pour avoir ce qu'on veut ? &lt;/i&gt; &#187; Les &#233;ducateurs essaient de faire participer Naomi : &#171; &lt;i&gt;Moi j'ai tendance &#224; vouloir tout tout de suite, sinon je baisse les bras&lt;/i&gt; &#187;, reconna&#238;t-elle finalement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant ce temps, le troisi&#232;me &#233;ducateur, Geoffroy de Marolles, anime un atelier individuel de pr&#233;paration de g&#226;teaux avec Andy, un jeune en phase d'observation : &#171; &lt;i&gt;En d&#233;but de prise en charge on observe comment il s'organise, s'il respecte les consignes, s'il a confiance en lui, son attitude face &#224; l'effort, comment il s'ins&#232;re dans un groupe, etc.&lt;/i&gt;, explique-t-il. &lt;i&gt;On lui fait expliciter ses strat&#233;gies et son rapport au travail : s'il s'y met facilement, s'il sait demander de l'aide, s'il est concentr&#233;&#8230; Tout cela nous permet de d&#233;finir avec lui des objectifs r&#233;alisables pour le mois suivant. &lt;/i&gt; &#187; La prise en charge s'effectue par s&#233;quences de six semaines, renouvelables autant que n&#233;cessaire. Les objectifs sont r&#233;ajust&#233;s &#224; chaque s&#233;quence et partag&#233;s avec les r&#233;f&#233;rents ext&#233;rieurs du jeune : &#171; &lt;i&gt; Au d&#233;but il s'agit de venir &#224; l'heure, de rester concentr&#233; ou de g&#233;rer ses &#233;motions, puis on &#233;volue vers des objectifs plus scolaires&lt;/i&gt; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_1615 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L490xH332/capture_d_e_cran_2020-10-01_a_14.24.24-0e6b5.png?1693476273' width='490' height='332' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;P&#233;dagogie institutionnelle &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la cr&#233;ation de la structure, il a fallu d&#233;finir le profil des intervenants : formateurs, conseillers en insertion, instituteurs ? &#171; &lt;i&gt;Nous avons pr&#233;f&#233;r&#233; des &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s qui connaissent bien ce public, savent cr&#233;er du lien, travailler sur l'estime de soi et le savoir-&#234;tre, les premi&#232;res cl&#233;s de la remobilisation&lt;/i&gt; &#187;, explique le chef de service. Ces derniers ne sont pas enseignants mais ils se forment r&#233;guli&#232;rement &#224; la p&#233;dagogie : &#171; &lt;i&gt;Ils participent six jours par an &#224; la recherche-action d'Apprentis d'Auteuil sur le d&#233;crochage scolaire qui r&#233;unit tous les professionnels travaillant avec ce public, dont des enseignants, pour &#233;changer sur leurs m&#233;thodes et mettre au point de nouveaux outils p&#233;dagogiques.&lt;/i&gt; &#187; La Passerelle s'inspire beaucoup de la p&#233;dagogie institutionnelle (2) : le conseil de coop&#233;ration est l'instance collective o&#249; se d&#233;cide le programme de la semaine, la r&#233;partition des t&#226;ches et les emplois du temps individuels. C'est aussi le lieu de r&#232;glement des conflits o&#249; se d&#233;cident les &#171; r&#233;parations &#187; en cas de non-respect des r&#232;gles. &#171; &lt;i&gt;Nous ne nous positionnons pas comme des sachants, nous nous mettons au m&#234;me niveau que les jeunes et nous essayons de les responsabiliser au maximum, de les rendre acteurs&lt;/i&gt; &#187;, explique Aubin. Les courses et la pr&#233;paration des repas font partie des apprentissages. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le dispositif repose sur l'adh&#233;sion du jeune et doit lui donner envie de rester : &#171; &lt;i&gt;Nous proposons un cadre bienveillant, un cocon s&#233;curisant, nous partageons les repas du midi, durant lesquels les &#233;ducateurs sont tr&#232;s disponibles et soutenants&lt;/i&gt;, indique le chef de service. &lt;i&gt;Ce qui les accroche, c'est le lien avec l'adulte, une p&#233;dagogie diff&#233;rente et individualis&#233;e &lt;/i&gt; &#187;. Abdenour confirme : &#171; &lt;i&gt;J'apprends plus de choses ici qu'au coll&#232;ge, les &#233;ducateurs prennent le temps d'expliquer et c'est plus int&#233;ressant, ils sont p&#233;dagogues et on s'entend bien avec eux&lt;/i&gt; &#187;. Le projet doit aussi &#234;tre port&#233; par la famille et les r&#233;f&#233;rents ext&#233;rieurs &#233;troitement associ&#233;s. Autre point fort ? &#171; &lt;i&gt;Nous leur laissons le temps, il n'y pas de date couperet, l'important est d'abord qu'ils se sentent bien et reprennent confiance en eux&lt;/i&gt; &#187;, ajoute le responsable. Les jeunes restent trois &#224; six mois en moyenne, certains y passent un an ou reviennent plusieurs fois. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; quel moment s'arr&#234;te la prise en charge ? &#171; &lt;i&gt;Quand les jeunes ont repris confiance, ce sont eux qui demandent &#224; retourner en cours. &#192; ce moment-l&#224; nous cherchons vite un &#233;tablissement ou une orientation avant que la motivation ne retombe &lt;/i&gt; &#187;, explique Ingrid. L'&#233;quipe a cr&#233;&#233; un outil pour situer le jeune sur les savoirs de base (maths, fran&#231;ais), mais aussi la socialisation, les comp&#233;tences transversales, l'&#233;panouissement personnel : &#171; &lt;i&gt;Ces indicateurs de remobilisation sont des &#233;l&#233;ments objectifs &#224; communiquer aux professeurs avant d'envisager un retour de l'&#233;l&#232;ve&lt;/i&gt; &#187;, ajoute-t-elle. Ce retour peut s'effectuer tr&#232;s progressivement : &#171; &lt;i&gt;&#224; mi-temps ou un seul jour par semaine au d&#233;but et apr&#232;s la reprise on continue &#224; rencontrer les professeurs toutes les semaines pour que &#231;a tienne&lt;/i&gt; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur soixante-quinze jeunes accompagn&#233;s en quatre ans, 85 % ont repris une scolarit&#233;, dont une partie en orientation professionnelle. Mais de tels dispositifs sont trop rares : &#171; &lt;i&gt;&#192; Paris, hors ASE, il n'existe pas grand-chose avant 16 ans alors que le d&#233;crochage est en constante progression&lt;/i&gt; &#187;, constate le chef de service.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Douze en file active. &lt;br class='autobr' /&gt;
(2) &#201;labor&#233;e par C&#233;lestin Freinet, Fernand Oury et Raymond Fonvieille &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien avec Catherine Laval &#8226; Vers une &#171; Neurologisation &#187; de la psychiatrie ?</title>
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		<dc:date>2020-03-31T09:18:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Psychiatrie</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Catherine Laval, p&#233;dopsychiatre dans le secteur du 19&#232;me arrondissement de Paris, d&#233;nonce une marchandisation de la p&#233;dopsychiatrie et une mainmise des neurosciences sur la discipline. &lt;br class='autobr' /&gt;
Actuellement, les listes d'attente en centres m&#233;dico-psychologiques (CMP) s'allongent et les familles se tournent vers le lib&#233;ral. Craignez-vous &#224; terme la disparition du service public ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La politique actuelle en CMP consiste &#224; faire du chiffre car l'enveloppe budg&#233;taire est corr&#233;l&#233;e &#224; la file active. Mais en faisant (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Catherine Laval, p&#233;dopsychiatre dans le secteur du 19&#232;me arrondissement de Paris, d&#233;nonce une marchandisation de la p&#233;dopsychiatrie et une mainmise des neurosciences sur la discipline.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actuellement, les listes d'attente en centres m&#233;dico-psychologiques (CMP) s'allongent et les familles se tournent vers le lib&#233;ral. Craignez-vous &#224; terme la disparition du service public ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique actuelle en CMP consiste &#224; faire du chiffre car l'enveloppe budg&#233;taire est corr&#233;l&#233;e &#224; la file active. Mais en faisant du chiffre, on ne peut r&#233;aliser un travail de qualit&#233;. Actuellement, on s'oriente vers des mutations profondes du syst&#232;me. On en voit les pr&#233;mices dans le m&#233;dico-social. En Nouvelle-Aquitaine, l'Agence r&#233;gionale de sant&#233; (ARS) a adress&#233; en novembre dernier un document aux centres m&#233;dico-psycho-p&#233;dagogiques (CMPP) qui les incite &#224; faire &#233;voluer leurs modes de prise en charge. On veut les transformer en plateformes d'orientation et de coordination n'effectuant plus que des bilans et des diagnostics. Le travail de r&#233;&#233;ducation se ferait surtout au sein des &#233;coles. M&#234;me si je suis pour l'inclusion scolaire, celle-ci ne doit pas s'imposer &#224; tout prix. Aujourd'hui on enl&#232;ve des moyens aux &#233;tablissements m&#233;dico-sociaux pour que les &#233;l&#232;ves restent &#224; l'&#233;cole tout le temps mais cela risque de mettre &#224; mal nos petits patients, les autres &#233;l&#232;ves et les professeurs. Par ailleurs, la maison d&#233;partementale des personnes handicap&#233;es (MDPH) commence &#224; financer des prises en charges &#233;ducatives et param&#233;dicales en lib&#233;ral. Le souci, c'est qu'en envoyant l'enfant vers plein d'endroits diff&#233;rents on perd le travail de r&#233;flexion collective qui fait la force d'une &#233;quipe pluridisciplinaire en CMP. En enlevant des moyens, on fait en sorte que le service public ne puisse plus assumer ses missions pour, &#224; la fin, dire qu'il est obsol&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec la mont&#233;e en puissance des neurosciences, certains de vos coll&#232;gues d&#233;noncent une &#171; neurologisation &#187; de la psychiatrie. Qu'en pensez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me semble que l'on se dirige effectivement vers une biologisation croissante de notre discipline. J'ai choisi la p&#233;dopsychiatrie parce qu'on pensait encore l'enfant dans sa globalit&#233; et non seulement en termes de &#171; neurones &#224; r&#233;parer &#187;. Je ne remets pas en cause qu'il puisse exister une influence neuronale dans certaines pathologies mais il faut aussi prendre en consid&#233;ration l'environnement social, l'histoire familiale et le contexte scolaire. Les enfants sont des &#234;tres en d&#233;veloppement, ils vont tr&#232;s vite tr&#232;s mal et tr&#232;s vite beaucoup mieux. Si l'on se pr&#233;cipite sur un diagnostic, on risque de figer les choses. Actuellement, on tend vers &#231;a. On n'essaie plus de comprendre ce qui se passe dans l'histoire de l'enfant, on se contente de prescrire des m&#233;dicaments ou des r&#233;&#233;ducations. Je crains qu'on veuille &#224; terme sortir la p&#233;dopsychiatrie du champ de la psychiatrie et l'int&#233;grer &#224; la neurop&#233;diatrie, comme aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est, selon vous, le r&#244;le sp&#233;cifique d'un &#233;ducateur ou d'un assistant de service social en CMP ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ducateur, de par sa formation, est plus sensible au travail &#224; l'ext&#233;rieur, aux relations avec les &#233;coles, les familles, les partenaires. Par rapport &#224; l'infirmier, il est d&#233;tach&#233; de la vision m&#233;dicale du soin. Il sera parfois plus &#224; l'aise pour travailler en r&#233;seau avec des associations de quartier ou sur les orientations. Mais tout d&#233;pend de la personnalit&#233; de chacun. Quand je travaillais en CMP, mon bras droit &#233;tait l'assistante de service social du service. La partie sociale et familiale est &#233;minemment importante dans ce travail. Si l'enfant vit dans des conditions de logement indignes, si sa m&#232;re d&#233;prime, s'il n'a pas &#224; manger &#224; la maison, comment voulez-vous qu'il aille mieux ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Reportage &#8226; &#201;ducateur en p&#233;dopsychiatrie</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1270-Reportage-o-Educateur-en-pedopsychiatrie</link>
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		<dc:date>2020-03-31T09:17:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Psychiatrie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducateur sp&#233;cialis&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>1270</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Plut&#244;t rares en psychiatrie, les &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s travaillent surtout dans les services infanto-juv&#233;niles. Rencontre avec Guilhem Sabatier du Centre m&#233;dico-psychologique pour enfants et adolescents (CMPEA) d'Uz&#232;s (Gard). &lt;br class='autobr' /&gt;
Nich&#233; dans un petit coin du grand parc de l'h&#244;pital du Mas Careiron, le centre m&#233;dico-psychologique pour enfants et adolescents (CMPEA) d'Uz&#232;s jouit d'un cadre bucolique et paisible avec un acc&#232;s ind&#233;pendant du reste de l'h&#244;pital. Install&#233;e dans une ancienne maison de fonction, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1270-" rel="tag"&gt;1270&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Plut&#244;t rares en psychiatrie, les &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s travaillent surtout dans les services infanto-juv&#233;niles. Rencontre avec Guilhem Sabatier du Centre m&#233;dico-psychologique pour enfants et adolescents (CMPEA) d'Uz&#232;s (Gard).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nich&#233; dans un petit coin du grand parc de l'h&#244;pital du Mas Careiron, le centre m&#233;dico-psychologique pour enfants et adolescents (CMPEA) d'Uz&#232;s jouit d'un cadre bucolique et paisible avec un acc&#232;s ind&#233;pendant du reste de l'h&#244;pital. Install&#233;e dans une ancienne maison de fonction, l'&#233;quipe prend en charge des enfants de 0 &#224; 16 ans pr&#233;sentant des difficult&#233;s multiples (anxi&#233;t&#233;, inhibition, d&#233;pression, agitation, retard du d&#233;veloppement&#8230;) dans un bassin de population tr&#232;s rural. &lt;i&gt;&#171; Nous travaillons essentiellement &#224; partir de m&#233;diations : loisirs cr&#233;atifs, jeux de Lego, Playmobil, jeux de soci&#233;t&#233;, jeux moteurs, sorties en ville,&#8239;etc. Nous nous adaptons &#224; chaque enfant. Notre premi&#232;re mission est de l'aider &#224; se sentir plus s&#233;cure, &#224; mieux g&#233;rer ses peurs, &#224; trouver lui-m&#234;me des solutions &#224; ses difficult&#233;s. Pour cela, nous nous appuyons essentiellement sur la cr&#233;ation d'un lien de confiance avec lui &#187;&lt;/i&gt;, explique Guilhem Sabatier, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; au CMPEA depuis dix ans. Avec sa coll&#232;gue infirmi&#232;re, ils suivent plusieurs enfants et adolescents qu'ils voient en g&#233;n&#233;ral une heure par semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le p&#233;dopsychiatre re&#231;oit toutes les premi&#232;res demandes. Il &#233;value la situation et peut orienter, lors d'une synth&#232;se en &#233;quipe, vers un compl&#233;ment de bilan ou une prise en charge. Tout comme les autres membres de l'&#233;quipe pluridisciplinaire, l'&#233;ducateur peut, lui aussi, &#234;tre sollicit&#233; pour un bilan. &lt;i&gt;&#171; En quatre ou cinq s&#233;ances, je fais le tour d'horizon des capacit&#233;s de l'enfant : rep&#233;rage dans le temps et l'espace, niveau de langage, capacit&#233;s relationnelles, facult&#233;s d'attention et de concentration, compr&#233;hension de consignes&lt;/i&gt;,&#8239;etc., explique-t-il. &lt;i&gt;&#192; l'issue du bilan, je fais une restitution &#224; l'&#233;quipe et &#224; la famille. Ensuite, nous &#233;laborons un projet de soins individualis&#233; en &#233;quipe. &#187; &lt;/i&gt; Parfois l'accompagnement n&#233;cessite un travail familial compl&#233;mentaire. &lt;i&gt;&#171; Il arrive que les sympt&#244;mes de l'enfant soient li&#233;s &#224; des difficult&#233;s familiales. Dans ce cas, nous faisons de la guidance parentale. Sans ce travail, le groupe familial reste en souffrance et l'enfant ne peut pas &#233;voluer au mieux. L'alliance parentale est essentielle, elle nous permet d'aborder ce qui fonctionne bien &#224; la maison et ce qu'il faut chercher &#224; am&#233;liorer &#187;&lt;/i&gt;, explique Guilhem Sabatier. Les prises en charge se font en individuel ou en petit groupe de quatre &#224; cinq enfants. Depuis peu, l'&#233;quipe d&#233;veloppe aussi l'accueil de bin&#244;mes d'enfants aux profils compl&#233;mentaires. &lt;i&gt;&#171; Ce travail a une valeur th&#233;rapeutique particuli&#232;re car les enfants peuvent travailler leurs probl&#233;matiques dans une dimension d'horizontalit&#233; en s'appuyant l'un sur l'autre. Mais il permet aussi de r&#233;pondre &#224; davantage d'enfants et de faire face &#224; une demande toujours plus forte &#187;&lt;/i&gt;, explique l'&#233;ducateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2176 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH358/screenshot_27-b8744.png?1693476273' width='500' height='358' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous recevons des enfants de plus en plus jeunes, d&#232;s l'&#226;ge de 2 ou 3 ans gr&#226;ce &#224; un meilleur rep&#233;rage des troubles dans les cr&#232;ches et les &#233;coles. Nous rencontrons aussi de plus en plus d'adolescents en difficult&#233; dans leur milieu familial. Il arrive fr&#233;quemment que nous fassions appel aux services sociaux pour un soutien compl&#233;mentaire &#187;&lt;/i&gt;, relate l'&#233;ducateur. &lt;i&gt;&#171; Alors qu'auparavant, nous avions surtout &#224; faire &#224; des difficult&#233;s passag&#232;res, nous sommes aujourd'hui face &#224; des profils beaucoup plus lourds avec des suivis sociaux ou judiciaires, de plus en plus de refus scolaires, des hospitalisations pour crises suicidaires, des consommations de stup&#233;fiants chez des adolescents de plus en plus jeunes, d&#232;s 12/13 ans&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, compl&#232;te Angelina Colomar, cadre socio-&#233;ducative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces situations, le travail en &#233;quipe pluridisciplinaire prend toute sa valeur car chaque sp&#233;cialit&#233; apporte son expertise : l'assistante de service social travaille sur les aspects sociaux (logement, scolarisation, acc&#232;s aux loisirs&#8230;) ; les psychologues sur des psychoth&#233;rapies ; la p&#233;dopsychiatre assure l'accompagnement global de la famille et, si n&#233;cessaire, la mise en place d'un traitement pour des troubles anxieux ou de l'humeur par exemple ; la psychomotricienne &#233;value le d&#233;veloppement moteur de l'enfant. Il arrive que plusieurs professionnels travaillent ensemble sur une m&#234;me situation, ce qui permet un travail de r&#233;flexion et d'articulation commun. Selon la cadre, l'&#233;ducateur et l'infirmier ont des profils compl&#233;mentaires. &lt;i&gt;&#171; La fa&#231;on de faire de l'un impr&#232;gne l'autre et inversement. L'&#233;ducateur est plus sur une conception du &#698;marcher &#224; c&#244;t&#233;&#698; pour aider l'enfant &#224; retrouver sa place dans la soci&#233;t&#233;. L'infirmier, quant &#224; lui, axe davantage son travail sur le &#698;prendre soin&#698; en lien avec le corps. &#187;&lt;/i&gt; Mais d'un point de vue ext&#233;rieur, on a bien du mal &#224; diff&#233;rencier qui est qui en les voyant travailler ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau des d&#233;lais d'attente pour un premier rendez-vous, le CMPEA d'Uz&#232;s faisait jusque-l&#224; plut&#244;t figure d'exception. Mais le d&#233;part en cong&#233; maternit&#233; (non remplac&#233;) de l'un des deux p&#233;dopsychiatres a chang&#233; la donne. &lt;i&gt;&#171; Alors que nous n'avions que deux mois d'attente, les d&#233;lais s'allongent aujourd'hui &#187;&lt;/i&gt;, regrette Angelina Colomar. Certaines situations sont accueillies de mani&#232;re prioritaire : maltraitances ou atteintes sexuelles, tentatives de suicide, troubles du d&#233;veloppement s&#233;v&#232;res,&#8239;etc. La possibilit&#233; de soins en lib&#233;ral reste une alternative mais elle s'av&#232;re souvent trop on&#233;reuse pour des familles qui doivent prendre leur mal en patience. &lt;i&gt;&#171; C'est difficile de dire &#224; des parents que nous avons un d&#233;lai d'attente lors de leur premi&#232;re demande de rendez-vous. Surtout quand on sait que franchir le pas pour aller vers la psychiatrie leur demande parfois un effort tr&#232;s important &#187;&lt;/i&gt;, reconna&#238;t l'&#233;ducateur. En plus de quarante ans de carri&#232;re, Angelina Colomar a suivi toutes les transformations successives de la p&#233;dopsychiatrie. &lt;i&gt;&#171; J'ai commenc&#233; en 1979 au Vinatier &#224; Lyon. C'&#233;tait les d&#233;buts de la sectorisation et de la mise en place des CMP et des h&#244;pitaux de jour dans les quartiers. On &#233;tait sur l'ext&#233;riorisation des services, on &#233;laborait de nouveaux projets. Il r&#233;gnait un vent de libert&#233;. Tout &#233;tait possible. On pouvait partir en s&#233;jour tr&#232;s facilement avec les enfants. Aujourd'hui on revient en arri&#232;re, mais diff&#233;remment, &lt;/i&gt; &#233;voque-t-elle. &lt;i&gt;Les s&#233;jours ne sont plus possibles faute de moyens ou parce que consid&#233;r&#233;s trop risqu&#233;s. Des services sont rassembl&#233;s et rapatri&#233;s intra-muros, ce qui nous &#233;loigne des populations rurales et pose la question de l'accessibilit&#233; des soins. &#187;&lt;/i&gt; Mais malgr&#233; ce contexte actuel tr&#232;s incertain, le travail d'&#233;ducateur en CMP reste d'une grande richesse comme en t&#233;moigne Guilhem Sabatier. &lt;i&gt;&#171; On ne s'ennuie jamais ici. Il n'y a pas de redondance, les supports varient sans cesse, les situations aussi. On peut rencontrer sur une m&#234;me journ&#233;e des tout petits, des ados, des parents. Il y a un c&#244;t&#233; tr&#232;s dynamisant qui nous oblige &#224; d&#233;velopper des tr&#233;sors de cr&#233;ativit&#233;. Puis c'est aussi tr&#232;s valorisant de travailler avec des enfants en pleine construction. &#199;a fait plaisir de les voir progresser et aller mieux. &#187;&lt;/i&gt; Un travail prenant donc mais tout aussi passionnant que l'ensemble des soignants cherche &#224; prot&#233;ger aujourd'hui. Pour que petits et grands puissent continuer &#224; profiter de cette bouff&#233;e d'oxyg&#232;ne que repr&#233;sente le CMP pour nombre d'entre eux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>P&#233;do-psychiatrie &#8226; Un secteur asphyxi&#233;</title>
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		<dc:subject>Psychiatrie</dc:subject>
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&lt;p&gt;Une demande en forte augmentation d'un c&#244;t&#233;, des baisses d'effectifs et des fusions de services de l'autre&#8230; les professionnels de la p&#233;dopsychiatrie se trouvent confront&#233;s &#224; un dilemme : comment faire plus avec moins ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; C'est devenu un syst&#232;me sans t&#234;te &#187;, d&#233;nonce Sandrine Deloche, p&#233;dopsychiatre dans l'intersecteur du 14e arrondissement de Paris. &#171; Les autorit&#233;s sont de plus en plus &#233;loign&#233;es des r&#233;alit&#233;s du terrain. Il y a une m&#233;connaissance gravissime de ce que l'on fait au quotidien. Les moyens et les (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une demande en forte augmentation d'un c&#244;t&#233;, des baisses d'effectifs et des fusions de services de l'autre&#8230; les professionnels de la p&#233;dopsychiatrie se trouvent confront&#233;s &#224; un dilemme : comment faire plus avec moins ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; C'est devenu un syst&#232;me sans t&#234;te &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;nonce Sandrine Deloche, p&#233;dopsychiatre dans l'intersecteur du 14e arrondissement de Paris. &lt;i&gt;&#171; Les autorit&#233;s sont de plus en plus &#233;loign&#233;es des r&#233;alit&#233;s du terrain. Il y a une m&#233;connaissance gravissime de ce que l'on fait au quotidien. Les moyens et les directives que l'on nous donne correspondent de moins en moins aux besoins r&#233;els. &#187;&lt;/i&gt; Depuis plusieurs ann&#233;es, la p&#233;dopsychiatrie subit de plein fouet des restructurations entam&#233;es dans l'optique de ma&#238;trise des d&#233;penses. La tendance est au regroupement des structures, &#224; la mutualisation des moyens avec des r&#233;ductions d'effectifs &#224; la cl&#233;. Mais en m&#234;me temps, la demande ne cesse d'augmenter : plus 22&#8239;% en 15 ans, selon un rapport de l'Inspection g&#233;n&#233;rale des affaires sociales (Igas) de 2018 (1) qui explique cette &#233;volution par un meilleur rep&#233;rage des troubles, des facteurs socio-&#233;conomiques et soci&#233;taux ou encore une moindre tol&#233;rance des &#233;carts vis-&#224;-vis de la norme. Par cons&#233;quent, les d&#233;lais d'attente dans les centres m&#233;dico-psychologiques (CMP) pour enfants et adolescents s'allongent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pivots de la politique de secteur ancr&#233;s dans les quartiers au plus pr&#232;s de la population, se retrouvent aujourd'hui submerg&#233;s de demandes et parfois relocalis&#233;s de force dans des lieux &#233;loign&#233;s. &lt;i&gt;&#171; Nous allons vers la destruction du secteur. Notre CMP doit d&#233;m&#233;nager dans un immense b&#226;timent que nous partagerons avec des structures pour des patients adultes chroniques. On fait exactement le contraire de ce qu'il faut. Un enfant n'a pas &#224; &#234;tre confront&#233; de cette mani&#232;re &#224; des malades chroniques. Il faut pouvoir l'accueillir dans des lieux contenants, conviviaux et &#224; taille humaine &#187;&lt;/i&gt;, s'indigne Sandrine Deloche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2174 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L435xH331/screenshot_25-ee201.png?1693476273' width='435' height='331' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des missions du CMP consiste &#224; accueillir les demandes des familles, &#224; &#233;valuer les troubles puis &#224; orienter l'enfant vers d'autres dispositifs si n&#233;cessaire (hospitalisation compl&#232;te, h&#244;pital de jour, m&#233;dico-social&#8230;). Les CMP sont donc sollicit&#233;s en premi&#232;re instance lorsqu'un enfant montre des signes de mal-&#234;tre.&lt;i&gt; &#171; Aujourd'hui, nous en sommes &#224; plus d'un an d'attente au niveau des premi&#232;res demandes. En banlieue, on va m&#234;me jusqu'&#224; un an et demi &#187;&lt;/i&gt;, explique Gilles Davaine, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; au CMP Flandres dans le 19e arrondissement de Paris. &lt;i&gt;&#171; Nous sommes arriv&#233;s &#224; un point o&#249; nous avons d&#233;cid&#233; de ne plus accueillir les nouvelles demandes. Nous consid&#233;rons que cela ne sert &#224; rien de recevoir des familles pour leur dire que nous ne pouvons pas les prendre en charge. Donc, nous gardons leurs coordonn&#233;es, leur disons que nous les rappellerons dans un an ou nous les orientons vers le lib&#233;ral. &#187;&lt;/i&gt; Allons-nous donc vers un syst&#232;me &#224; deux vitesses : rapide et efficace pour les plus fortun&#233;s, beaucoup plus lent et laborieux pour les autres ? &lt;i&gt;&#171; Il faudrait doubler les effectifs, pour pouvoir assurer correctement nos missions de service public &#187;&lt;/i&gt;, affirme l'&#233;ducateur. Alors pour raccourcir les listes d'attente, l'Igas pr&#233;conise la mise en place de strat&#233;gies. Sur ce th&#232;me, les CMP infanto-juv&#233;niles de Seine-et-Marne ont r&#233;alis&#233; une exp&#233;rimentation. Ils ont r&#233;ussi &#224; r&#233;duire les d&#233;lais d'attente en proposant des cr&#233;neaux quotidiens d'accueil des nouvelles demandes et en r&#233;ajustant le d&#233;coupage g&#233;ographique des secteurs, ce qui a permis d'&#233;quilibrer les temps d'attente plus ou moins importants selon les endroits. Mais passer davantage de temps sur les accueils en enl&#232;ve forc&#233;ment aux suivis. Aussi, des situations sont prioritaires : les enfants jeunes avec des troubles du spectre autistique, les adolescents en crise&#8230; Ce qui ne fait que retarder encore un peu plus l'accueil de ceux d&#233;j&#224; inscrits sur liste d'attente depuis un moment. Avec le risque de voir des troubles non trait&#233;s s'aggraver avec le temps. &lt;i&gt;&#171; Il y a aussi une augmentation des demandes complexes qui n&#233;cessitent l'intervention de plusieurs professionnels et ce parfois sur plusieurs ann&#233;es &#187;&lt;/i&gt;, affirme Gilles Davaine. En effet, avec la r&#233;duction des places en h&#244;pital de jour, des enfants aux pathologies lourdes se retrouvent aujourd'hui pris en charge par les CMP, parfois simplement une heure par semaine. Ces structures finiront-elles par limiter leurs suivis aux situations les plus pr&#233;occupantes ? Le rapport de l'Igas en tout cas, pr&#233;conise une priorisation des demandes d'enfants &#171; dont le diagnostic et la prise en charge n&#233;cessitent une &#233;quipe pluridisciplinaire, polyvalente &#187; et renvoie les enfants aux troubles &#171; simples ou l&#233;gers &#187; vers les professionnels de sant&#233; de premier recours (m&#233;decins g&#233;n&#233;ralistes, p&#233;diatres, professionnels param&#233;dicaux lib&#233;raux, centres de PMI,&#8239;etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du soignant au gestionnaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble des professionnels des centres m&#233;dico-psychologiques se disent aujourd'hui asphyxi&#233;s par des t&#226;ches administratives qui grignotent toujours plus de temps sur leur mission premi&#232;re d'accompagnement et de soins. Dans le cadre du Recueil d'informations m&#233;dicalis&#233;es en psychiatrie (RIM-P), l'administration leur demande de saisir l'ensemble de leur activit&#233; : entretiens, prises en charges individuelles ou groupales, r&#233;unions, visites &#224; domicile, m&#234;me les &#233;changes t&#233;l&#233;phoniques ! D&#233;sormais, il faut tout tracer : les demandes, les observations, les actes r&#233;alis&#233;s. Les financeurs utilisent ensuite ces donn&#233;es pour le calcul des budgets. Mais ce syst&#232;me incite les &#233;tablissements &#224; gonfler artificiellement leurs chiffres pour ne pas perdre leurs subventions. &lt;i&gt;&#171; Tout le monde triche &#187;&lt;/i&gt;, nous confie un &#233;ducateur en p&#233;dopsychiatrie. Dans un communiqu&#233; du 6 d&#233;cembre 2019, le collectif du &#171; Printemps de la Psychiatrie &#187; appelle &#224; une gr&#232;ve des donn&#233;es informatiques pour sortir des logiques de rentabilit&#233; et d&#233;fendre des soins de qualit&#233;. Les p&#233;dopsychiatres plus particuli&#232;rement se disent submerg&#233;s par de plus en plus de t&#226;ches administratives chronophages qui r&#233;duisent le temps pass&#233; aupr&#232;s des enfants. Par ailleurs, l'administration incite les services &#224; raccourcir les prises en charge pour faire de la place aux nouveaux. Trois semaines en hospitalisation &#224; temps plein, un ou deux ans en h&#244;pital de jour (quand il y a de la place), quelques mois en CMP&#8230; puis il faut rapidement orienter ailleurs, souvent vers le m&#233;dico-social o&#249; les d&#233;lais d'attente peuvent aussi d&#233;passer plusieurs ann&#233;es.&lt;i&gt; &#171; Seules des prises en charge plus courtes et s'appuyant davantage sur le secteur lib&#233;ral, pourraient permettre aux centres de d&#233;gager des moyens pour accompagner un plus grand nombre d'enfants &#187;&lt;/i&gt;, stipule l'Igas. Certains soignants d&#233;noncent un basculement dans la culture du r&#233;sultat. &lt;i&gt;&#171; On nous demande de plus en plus des effets visibles &#224; court terme &#187;&lt;/i&gt;, t&#233;moigne un &#233;ducateur. &lt;i&gt;&#171; Nous sommes pass&#233;s du soin &#224; la personne au traitement des sympt&#244;mes. Aujourd'hui on ne fait que traiter la crise. On ne se pose plus la question de l'individu, on le rentre dans des grilles et on applique des proc&#233;dures. On n'essaie pas de comprendre ce qui se passe, on agit directement. C'est une r&#233;gression sans nom &#187;&lt;/i&gt;, estime pour sa part Serge Klopp, infirmier et membre du &#171; Printemps de la Psychiatrie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le malaise des professionnels&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein des structures, le malaise des professionnels grandit. Les arr&#234;ts maladie se multiplient, les d&#233;parts aussi. Certains choisissent de s'installer en secteur lib&#233;ral, plus attractif financi&#232;rement : infirmiers, orthophonistes, p&#233;dopsychiatres, mais aussi de plus en plus d'&#233;ducateurs. D'autres nous disent avoir l'impression qu'on cherche &#224; leur confisquer des outils qui fonctionnent pour leur en imposer d'autres pour de seules raisons &#233;conomiques. &#192; cela s'ajoute un manque cruel de p&#233;dopsychiatres sur le march&#233; du travail. De nombreux postes restent aujourd'hui vacants, plus particuli&#232;rement en r&#233;gion. Les effectifs ont baiss&#233; de moiti&#233; entre 2007 et 2016. En 2016, 74&#8239;% des p&#233;dopsychiatres avaient plus de 60 ans. Ils seront donc bient&#244;t &#224; la retraite ou le sont d&#233;j&#224;. La France ne compte que quatre p&#233;dopsychiatres en moyenne pour 100 000 habitants &#226;g&#233;s de 0 &#224; 20 ans (contre trois cent quatre-vingt-treize psychologues pour ce m&#234;me &#233;chantillon). Quatorze d&#233;partements n'ont aucun p&#233;dopsychiatre. Il arrive donc que certains services ferment non par mesure d'&#233;conomie, mais faute de pouvoir recruter un m&#233;decin. Ces derniers occupent une place centrale et souvent d&#233;licate, une place charni&#232;re entre l'administration et les &#233;quipes de terrain. Ils doivent parfois appliquer des d&#233;cisions qu'ils n'approuvent pas. Martin Pavelka, p&#233;dopsychiatre dans l'Essonne, en t&#233;moigne. Son CMP a &#233;t&#233; d&#233;plac&#233; de fa&#231;on arbitraire d'un lieu central &#224; Chilly-Mazarin vers une zone industrielle voisine, pas tr&#232;s &#233;loign&#233;e en voiture mais non desservie par les transports en commun. Pour s'y rendre &#224; pied, il faut traverser une autoroute, une nationale et une ligne ferroviaire.&lt;i&gt; &#171; Nous sommes dans un nouveau syst&#232;me manag&#233;rial qui applique des directives de l'Agence r&#233;gionale de sant&#233; (ARS) impos&#233;es de mani&#232;re autoritaire, sans aucune concertation avec les &#233;quipes et ce pour des raisons souvent &#233;conomiques et au d&#233;triment des usagers &#187;&lt;/i&gt;, fustige la p&#233;dopsychiatre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2175 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L395xH182/screenshot_26-94c60.png?1693476274' width='395' height='182' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Gr&#232;ve de la p&#233;dopsychiatrie du 19&#232;me arrondissement &#224; Paris le 17 avril 2019.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sortir du marasme, un collectif de quatorze associations repr&#233;sentant les usagers, les familles, les &#233;tablissements et services a lanc&#233; en d&#233;cembre dernier un plaidoyer pour am&#233;liorer la prise en charge des probl&#232;mes de sant&#233; mentale en France (2). Il r&#233;clame la formation de davantage de p&#233;dopsychiatres pour pallier leur manque, il propose aussi de d&#233;velopper les &#233;quipes mobiles qui viendraient en appui aux structures du social, du m&#233;dico-social et de l'&#201;ducation nationale. Autre id&#233;e : l'extension &#224; tout le territoire du Pass Sant&#233; Jeunes, un dispositif exp&#233;riment&#233; dans trois r&#233;gions qui pr&#233;voit le remboursement d'un certain nombre de consultations psychologiques en lib&#233;ral pour les adolescents en souffrance. L'Igas, quant &#224; elle, sugg&#232;re de renforcer l'attractivit&#233; salariale du secteur public pour faciliter les recrutements, ce qui constitue &#233;galement l'une des premi&#232;res revendications des collectifs de soignants. Elle met aussi en perspective une possible mutualisation des moyens avec les centres m&#233;dico-psycho-p&#233;dagogiques (CMPP) et sugg&#232;re la mise en place d'une &lt;i&gt;&#171; plateforme de gestion partag&#233;e des demandes d'admission, des premiers accueils et des pr&#233;-orientations. &#187;&lt;/i&gt; Enfin, le gouvernement affirme reconduire son appel &#224; projets pour renforcer l'offre de soins en p&#233;dopsychiatrie, tout comme son fonds d'innovation destin&#233; &#224; &lt;i&gt;&#171; valoriser de nouvelles pratiques organisationnelles &#187;&lt;/i&gt;. Ces deux dispositifs lanc&#233;s en 2019 et dot&#233;s au total de 30&#8239;millions d'euros seront reconduits en 2020. Cela suffira-t-il &#224; calmer les esprits ? Rien n'est moins s&#251;r&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) &#201;valuation du fonctionnement des centres d'action m&#233;dico-sociale pr&#233;coce (CAMSP), des centres m&#233;dico-psycho-p&#233;dagogiques (CMPP) et des centres m&#233;dico-psychologiques de psychiatrie infanto-juv&#233;nile (CMP-IJ).&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Plaidoyer et propositions sur la sant&#233; mentale.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Th&#233;&#226;tre &#8226; Pr&#233;sences spectaculaires</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1270-Theatre-o-Presences-spectaculaires</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Th&#233;&#226;tre</dc:subject>
		<dc:subject>1270</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Qu'est-ce que le th&#233;&#226;tre ? &#187;, lance un vieil homme. &#192; l'ext&#233;rieur du b&#226;timent, le public &#233;coute son discours. &#171; Je me demande surtout ce que nous venons y chercher ? Entrer au th&#233;&#226;tre c'est prendre le risque, bien humain, de s'interroger. &#187; Il invite ensuite les spectateurs &#224; passer de &#171; l'autre c&#244;t&#233; &#187;. Le voyage commence par une travers&#233;e dans un tunnel d'o&#249; surgissent dans un brouillard de tr&#232;s vieilles personnes inqui&#233;tantes. Belle entr&#233;e en mati&#232;re pour d&#233;couvrir Alice, de l'Autre c&#244;t&#233;, une variation autour (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Qu'est-ce que le th&#233;&#226;tre ? &#187;&lt;/i&gt;, lance un vieil homme. &#192; l'ext&#233;rieur du b&#226;timent, le public &#233;coute son discours. &lt;i&gt;&#171; Je me demande surtout ce que nous venons y chercher ? Entrer au th&#233;&#226;tre c'est prendre le risque, bien humain, de s'interroger. &#187;&lt;/i&gt; Il invite ensuite les spectateurs &#224; passer de &lt;i&gt;&#171; l'autre c&#244;t&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Le voyage commence par une travers&#233;e dans un tunnel d'o&#249; surgissent dans un brouillard de tr&#232;s vieilles personnes inqui&#233;tantes. Belle entr&#233;e en mati&#232;re pour d&#233;couvrir &lt;i&gt;Alice, de l'Autre c&#244;t&#233;&lt;/i&gt;, une variation autour de D&lt;i&gt;e l'autre c&#244;t&#233; du miroir&lt;/i&gt; de Lewis Caroll qui fait suite &#224; Alice au pays des merveilles. Nous voil&#224; &#224; l'int&#233;rieur de la salle du th&#233;&#226;tre, transport&#233;s&#8230; dans le salon d'un &#233;tablissement d'h&#233;bergement pour personnes &#226;g&#233;es d&#233;pendantes (Ehpad). Une partie d'&#233;checs absurde s'amorce. Alice accomplit un &#233;trange voyage : de pion, elle devient reine apr&#232;s avoir crois&#233; les pi&#232;ces du jeu d'&#233;checs compos&#233;s de cinq vieillards. La mort proche rode. La compagnie th&#233;&#226;trale brestoise D&#233;r&#233;zo d&#233;fend la transversalit&#233; en aiguisant son &lt;i&gt;&#171; &#234;tre ici &#187;&lt;/i&gt;. Pour le metteur en sc&#232;ne Charlie Windelschmidt, &lt;i&gt;&#171; l'art n'a pas de place, c'est-&#224;-dire qu'il peut &#234;tre partout. &#187;&lt;/i&gt; Ici au th&#233;&#226;tre, l&#224; dans un Ehpad. Ici et l&#224; se nourrissent mutuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2173 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L287xH213/screenshot_24-953da.png?1693476274' width='287' height='213' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son exp&#233;rience de th&#233;&#226;tre forain contemporain lui permet aussi toutes les audaces dont celle d'investir pendant dix jours l'EHPAD de Lanmeur (29) &#224; la demande du service culturel de l'&#233;tablissement. &lt;i&gt;&#171; Monsieur Gros Coco &#187;&lt;/i&gt; s'incruste &#224; tous les &#233;tages et services de la structure. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Il a permis d'interroger les r&#233;sidents, les professionnels, de remettre en cause le fonctionnement, de d&#233;cloisonner &#187;&lt;/i&gt;, constate S&#233;bastien Portier, chef du service culturel. Par chance, cette joyeuse immersion th&#233;&#226;trale a &#233;t&#233; film&#233;e (1). Le th&#233;&#226;tre intrigue, questionne. En mai, lors des repr&#233;sentations &#224; Brest, les r&#233;sidents iront voir cette &lt;i&gt;&#171; Alice &#187;&lt;/i&gt; et traverseront &#224; leur tour, &#171; l'autre c&#244;t&#233; du miroir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Voir la vid&#233;o sur Vimeo : &lt;a href=&#034;https://vimeo.com/343665256&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://vimeo.com/343665256&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Alice, de l'Autre c&#244;t&#233;, d'apr&#232;s Lewis Carroll, mise en sc&#232;ne Charlie Windelschmidt. Dur&#233;e : 1 h 30. &lt;br class='autobr' /&gt;
En tourn&#233;e du 15&#8239;avril au 9&#8239;mai au Th&#233;&#226;tre de la Temp&#234;te &#224; Paris ; du 12 au 14&#8239;mai au Quartz &#224; Brest (29). &lt;br class='autobr' /&gt;
Plus d'infos sur : &lt;a href=&#034;http://www.derezo.com&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.derezo.com&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cin&#233; &#8226; Le politique et l'utopie</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1270-Cine-o-Le-politique-et-l-utopie</link>
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		<dc:date>2020-03-31T09:14:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Logement</dc:subject>
		<dc:subject>Coh&#233;sion sociale</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>1270</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Laboratoire social innovant, exp&#233;rience utopique, fabrique de biens communs, effervescence cr&#233;ative li&#233;e &#224; l'urgence&#8230; L'enthousiasme est au rendez-vous lorsque les 3,4 hectares de l'ancien h&#244;pital Saint-Vincent de Paul, dans le 14e arrondissement de Paris, ferm&#233;s depuis 2012, sont exp&#233;rimentalement d&#233;di&#233;es &#224; l'h&#233;bergement d'urgence et &#224; l'innovation sociale. De 2015 &#224; 2017, dans les locaux des Grands Voisins, six-cents places d'h&#233;bergement seront occup&#233;es sous la houlette de l'association Aurore, et deux cent (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Laboratoire social innovant, exp&#233;rience utopique, fabrique de biens communs, effervescence cr&#233;ative li&#233;e &#224; l'urgence&#8230; L'enthousiasme est au rendez-vous lorsque les 3,4 hectares de l'ancien h&#244;pital Saint-Vincent de Paul, dans le 14e arrondissement de Paris, ferm&#233;s depuis 2012, sont exp&#233;rimentalement d&#233;di&#233;es &#224; l'h&#233;bergement d'urgence et &#224; l'innovation sociale. De 2015 &#224; 2017, dans les locaux des Grands Voisins, six-cents places d'h&#233;bergement seront occup&#233;es sous la houlette de l'association Aurore, et deux cent cinquante associations, startups, artisans et artistes s'y installent. March&#233; bio, alphab&#233;tisation, cours de danse orientale ou d'italien, atelier d'arts graphiques, cr&#233;ation th&#233;&#226;trale, radio interne, shiatsu, brocante, atelier signes et potagers, on trouve tout sur le site. &lt;br class='autobr' /&gt;
Kac&#233;kode, groupe de rock issu des foyers d'h&#233;bergement des Grands Voisins, s'y produit, jusqu'&#224; leur premier CD et un concert m&#233;morable &#224; la mairie d'arrondissement. Quelques fils rouges - Ma&#235;l l'artiste mauritanien, Adrien le luthier, Kamel le m&#233;diateur&#8230; - nous servent de guides dans cette exp&#233;rience collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2172 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L437xH659/screenshot_23-2-1e062.png?1693476274' width='437' height='659' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las, le (la) politique n'est jamais loin. Avant l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, Hollande y d&#233;barque avec sa ministre Myriam El Khomri pour quelques annonces ; deux ans plus tard, ce sera &#201;douard Philippe et Nicolas Hulot, ce qui entra&#238;nera quelques d&#233;bats sur l'instrumentalisation de l'endroit. Et surtout, n'emp&#234;chera pas une fin d'exp&#233;rience marqu&#233;e par les difficult&#233;s de relogement : subventions coup&#233;es, contrats aid&#233;s supprim&#233;s, r&#233;ductions ph&#233;nom&#233;nales sur le budget de l'h&#233;bergement d'urgence&#8230; L&#224;, apparaissent violemment les limites de l'innovation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La saison 2 s'ouvre, avec travaux de d&#233;molition et de r&#233;habilitation puis, en 2023 en principe, fin des gros chantiers et livraison des premiers logements d'un &#233;coquartier. Bobo ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les Grands Voisins, la cit&#233; r&#234;v&#233;e, documentaire de Bastien Simon&lt;br class='autobr' /&gt;
96'- Belgique, France&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sortie le 1er avril avec un dispositif innovant : la plateforme &lt;br class='autobr' /&gt;
25eheure.com qui permet de visionner le film en ligne aux m&#234;mes horaires que les s&#233;ances en salle, dans un p&#233;rim&#232;tre g&#233;ographique autour du cin&#233;ma qui s'est engag&#233; &#224; le programmer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voir aussi Lien Social n&#176;&#8239;1232/1 233 du 26&#8239;juin 2018, pp. 28-33.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'angoisse d&#233;cupl&#233;e des plus fragiles</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1270-L-angoisse-decuplee-des-plus-fragiles</link>
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		<dc:date>2020-03-31T09:13:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>Maladie</dc:subject>
		<dc:subject>1270</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je ne suis pas infirmi&#232;re, mais aujourd'hui j'irai travailler, comme dans les jours &#224; venir. Les uniformes ce n'est pas notre truc, d'ailleurs je n'aurai pas de masque, ni de blouse. &lt;br class='autobr' /&gt;
Vous savez je m'occupe des invisibles, ceux que la soci&#233;t&#233; refuse de voir et de prendre en compte 365 jours de l'ann&#233;e. Les cas soc, les enfants de cas soc, les clodos, les fous, les sans-papiers, les handicap&#233;s, ceux qui fraudent les aides de l'&#201;tat, ceux qui sont fain&#233;ants, oui tout ceux-l&#224;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce matin, je vais rassurer (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Espace-du-lecteur" rel="directory"&gt;Espace du lecteur (acc&#232;s libre) &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Pratique-professionnelle" rel="tag"&gt;Pratique professionnelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Maladie" rel="tag"&gt;Maladie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1270-" rel="tag"&gt;1270&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je ne suis pas infirmi&#232;re, mais aujourd'hui j'irai travailler, comme dans les jours &#224; venir. Les uniformes ce n'est pas notre truc, d'ailleurs je n'aurai pas de masque, ni de blouse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous savez je m'occupe des invisibles, ceux que la soci&#233;t&#233; refuse de voir et de prendre en compte 365 jours de l'ann&#233;e. Les cas soc, les enfants de cas soc, les clodos, les fous, les sans-papiers, les handicap&#233;s, ceux qui fraudent les aides de l'&#201;tat, ceux qui sont fain&#233;ants, oui tout ceux-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce matin, je vais rassurer tous ces jeunes qui ont quitt&#233; l'Afrique en voyant leurs parents de faire assassiner. Je vais les rassurer en leur expliquant que non, ici nous ne sommes pas en guerre. Au Mali, oui, nous sommes en guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui il va falloir &#233;ponger toutes les angoisses de ces personnes d&#233;j&#224; fragiles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, il faudra expliquer aux sans-abris qu'ils doivent rester confiner.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faudra g&#233;rer des groupes de 10 enfants avec des troubles divers et vari&#233;s qui enverront voler les jeux de carte &#224; la quatorzi&#232;me partie de Uno.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faudra penser &#224; cette famille de quatre enfants dans 42&#8239;m&#178; au 6e &#233;tage, dans la banlieue du nord.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faudra prendre la voiture en urgence pour s&#233;parer cette bagarre en appartement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faudra contacter les psychologues par t&#233;l&#233;phone pour nous aider &#224; apaiser des angoisses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faudra aussi continuer de rendre visite &#224; ces jeunes de 16 ans seuls &#224; l'h&#244;tel. Oui, le Conseil g&#233;n&#233;ral a trouv&#233; que c'&#233;tait moins cher, et si on peut faire des &#233;conomies sur le dos des enfants, allons-y.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faudra leur demander de ne pas se coller dans le canap&#233;, pendant qu'ils regardent Netflix.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faudra contenir l'angoisse de ces jeunes qui sont sous le coup d'une &#171; obligation de quitter le territoire fran&#231;ais &#187; et qui voient le pays se transformer en Etat militaire. La peur de sortir, m&#234;me pour faire des courses vitales, la vraie peur, celle qui met des sueurs et la boule au ventre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faudra penser &#224; ces enfants, qui redoutent chaque soir de rentrer de l'&#233;cole, car ils savent qu'ils prendront des coups. Il faudra y penser, car d&#233;sormais &#231;a sera tous les soirs. Il y aura des drames.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra expliquer aux jeunes qu'ils ne peuvent pas faire un footing &#224; deux mais qu'on nous laisse vivre &#224; douze dans une maison. Il faudra entendre qu'ils ne comprennent pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors oui, il faudra r&#233;inventer les rapports humains, les aider &#224; poser les t&#233;l&#233;phones pour d&#233;couvrir les jeux de soci&#233;t&#233;. Mais d'abord, on doit leur expliquer qu'ils n'ont plus le droit de voir leur famille. Parce que l'activit&#233; les aide chaque jour &#224; supporter leurs histoires. Le vide va les rendre fou. La solitude va les tuer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc ce soir je repars travailler, jusqu'&#224; 23&#8239;heures, avec un spray aux huiles essentielles, et notre inventivit&#233;, nos seuls outils.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Du baume au c&#339;ur</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1270-Du-baume-au-coeur</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/1270-Du-baume-au-coeur</guid>
		<dc:date>2020-03-31T09:12:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Parentalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Maladie</dc:subject>
		<dc:subject>1270</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qu'est-ce que tu fais Manon ? &#8211; Je regarde le parc. Confin&#233;e sur le balcon d'un m&#232;tre carr&#233;, sa poup&#233;e dans les bras, Manon regarde le parc, en effet. Temps magnifique, feuilles qui bruissent dans le vent et pas un chat, enfin si, un chat alangui sur le toboggan. En trois mois, Manon a vu les feuilles, les fleurs, les insectes d&#233;bouler dans son espace visuel. Ses parents eux, sont rest&#233;s bloqu&#233;s dans le virtuel. Avant, avant la catastrophe du 12 mars &#224; vingt heures, elle &#233;tait, comme ils sont (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qu'est-ce que tu fais Manon ? &#8211; Je regarde le parc. Confin&#233;e sur le balcon d'un m&#232;tre carr&#233;, sa poup&#233;e dans les bras, Manon regarde le parc, en effet. Temps magnifique, feuilles qui bruissent dans le vent et pas un chat, enfin si, un chat alangui sur le toboggan. En trois mois, Manon a vu les feuilles, les fleurs, les insectes d&#233;bouler dans son espace visuel. Ses parents eux, sont rest&#233;s bloqu&#233;s dans le virtuel. Avant, avant la catastrophe du 12 mars &#224; vingt heures, elle &#233;tait, comme ils sont devenus, le nez dans une tablette quand papa et maman ne la regardaient pas. S'ils la surprenaient, elle se faisait houspiller, file dehors, mets un manteau, vas respirer l'air pur plut&#244;t que de t'abrutir devant des jeux vid&#233;o.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, elle sait bien que la catastrophe ce n'est pas l'allocution, la catastrophe personne ne l'a vue venir. La catastrophe m&#234;me pas peur, elle est loin au-del&#224; des fronti&#232;res dans un pays qu'elle ne conna&#238;t m&#234;me pas. Et le 12, bling &#231;a lui tombe dessus, elle ne pourra plus mettre le nez dehors &#224; partir du 16. Le 13, oui elle pourra encore, dernier jour d'&#233;cole, le virus doit &#234;tre coinc&#233; &#224; la fronti&#232;re ou retenu par des imp&#233;ratifs qui lui &#233;chappent. Sacr&#233; 12 qui reste grav&#233;. Et puis, y'a eu ce fameux 16 o&#249; Manon entend que c'est la guerre. Le pr&#233;sident est sur l'&#233;cran, ses parents sont devant. Ce jour-l&#224; tout a bascul&#233;. Ses parents, m&#233;dus&#233;s, lui ont laiss&#233; un go&#251;t amer dans le c&#339;ur. Elle n'a pas pos&#233; de questions. La gravit&#233; venait de lui tomber dessus, adieu l'insouciance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, &#8211; le dehors &#8211; lui manque. Elle voudrait revenir en arri&#232;re pour se fabriquer un trop de souvenirs qu'elle pourrait rappeler &#224; elle en cas de besoin urgent, parce que l&#224;, c'est urgent l'appel du dehors. Du haut de son balcon minuscule, elle r&#234;ve &#224; des jours meilleurs. Des jours faits de jeux, de cache-cache, de roulades dans l'herbe, de cris d'enfants autour d'elle et m&#234;me d'engueulades de maman, car elle n'est pas rentr&#233;e tout de suite d&#232;s qu'elle l'a appel&#233;e. Ho oui, revenir avec une robe tach&#233;e de vert et de boue, les cheveux &#233;bouriff&#233;s, les ongles sales, les joues rouges et sauter dans un bain br&#251;lant. Retrouver l'avant dont elle n'a pas su profiter car d&#233;pos&#233; sur un plateau nomm&#233; toujours. Trois mois, &#224; l'&#226;ge de raison, c'est comment dire ? Plus jamais. Maintenant, elle se r&#233;fugie sur le balcon pendant que ses parents restent bloqu&#233;s sur l'&#233;cran des nouvelles. Elle ne les houspille pas non, elle a peur, peur d'&#224; peu pr&#232;s tout. Un microbe destructeur se d&#233;ploie en halo autour de leur petite vie. Tout s'est &#233;tr&#233;ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Planqu&#233;e sur son balcon, elle &#233;chappe &#224; l'humeur maussade de la maisonn&#233;e. Tristesse, silence, yeux vides, gestes m&#233;caniques ordonn&#233;s et bien huil&#233;s encombrent le dedans. L'ennui s'installe, s'incruste, &#233;touffe la vie, c'est &#231;a qui les d&#233;truit. Le Coronavirus n'est pas rentr&#233; chez eux, l'id&#233;e d'&#234;tre contamin&#233;s a &#233;t&#233; la plus forte et s'est insinu&#233;e vicieusement dans l'&#226;me de ses parents qui s'affaissent de jour en jour. Elle assiste &#224; leur d&#233;gringolade et refuse de s'effondrer avec eux. Elle les observe depuis dehors au travers de la vitre. Elle entrouvre la porte du balcon, s'approche doucement du canap&#233;, se plante bien en face d'eux, la poup&#233;e bien cal&#233;e dans le creux de ses bras. Quelques pens&#233;es flottent en elle, mais les mots se coincent, h&#233;sitent, sont inaudibles. Une petite larme d&#233;gouline le long de sa joue. Ce qu'on vit tous les trois, c'est pire que le virus. Vous deux sur l'&#233;cran et moi sur le balcon avec, pour compagnie, mon unique poup&#233;e. Quel chercheur pour nous prot&#233;ger contre le chagrin qui embar&#173;rasse nos vies ? Papa, maman j'ai besoin de vous maintenant pour r&#234;ver &#224; demain. Elle se l&#232;ve soudain, fouille dans les CD et en d&#233;couvre un, entendu chez ses grands-parents. Sa mam&#233; disait toujours que les chansons lui donnaient du baume au c&#339;ur. Manon ne comprenait pas trop ce que &#231;a voulait dire, mais elle se retrouvait dans les bras de sa mam&#233; qui la faisait tourner, tourner, tourner, jusqu'aux &#233;clats de rire en fredonnant avec Tr&#233;net qui hurlait derri&#232;re elles : Y'a de la joie, bonjour, bonjour les hirondelles Y'a de la joie dans le ciel par dessus les toits Y'a de la joie et du soleil dans les ruelles Ya de la joie partout, y'a de la joie Elle glisse le CD dans la platine, tourne le bouton du son au maximum, et se met &#224; tourner, tourner, tourner avec sa poup&#233;e, en qu&#234;te d'&#233;clats de rire et de bras qui la serrent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;nigme de la rencontre</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1270-L-enigme-de-la-rencontre</link>
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		<dc:date>2020-03-31T09:11:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Relation</dc:subject>
		<dc:subject>Handicap&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>1270</dc:subject>

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&lt;p&gt;Je me suis attard&#233;e dans une institution, plus de vingt ans, et je n'ai pas vu le temps passer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mon premier travail, aupr&#232;s de jeunes d&#233;linquants, suscite ma curiosit&#233;. Comment d&#233;couvrir ce petit quelque chose commun entre nous ? Comment nous rencontrer, alors que je per&#231;ois seulement ce qui nous s&#233;pare ? Seules l'&#233;coute et la confiance me guident pour les accompagner. Je suis jeune alors, sans formation, et le lien &#224; l'autre me pr&#233;occupe d&#233;j&#224;. Je d&#233;cide de me former, pour devenir &#233;ducatrice et (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je me suis attard&#233;e dans une institution, plus de vingt ans, et je n'ai pas vu le temps passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon premier travail, aupr&#232;s de jeunes d&#233;linquants, suscite ma curiosit&#233;. Comment d&#233;couvrir ce petit quelque chose commun entre nous ? Comment nous rencontrer, alors que je per&#231;ois seulement ce qui nous s&#233;pare ? Seules l'&#233;coute et la confiance me guident pour les accompagner. Je suis jeune alors, sans formation, et le lien &#224; l'autre me pr&#233;occupe d&#233;j&#224;. Je d&#233;cide de me former, pour devenir &#233;ducatrice et quelques ann&#233;es plus tard art th&#233;rapeute. Je change d'institution. Et, au fil des ans, les liens tricot&#233;s modifient mon regard. Les livres me donnent des pistes, &#233;videmment, mais ce sont les rencontres qui consolident ma posture. Je constate, en fin de carri&#232;re, que sans la personne accueillie, sans les parents des enfants handicap&#233;s, la th&#233;orie reste des mots, &#233;trangement, d&#233;nu&#233;s de sens. Qu'en est-il de l'exp&#233;rience ? Je ne suis pas seule &#224; faire le trajet de la rencontre, il faut &#234;tre deux et j'ai tant &#224; apprendre. Que se passe-t-il au moment de l'accueil ? Quand la confiance na&#238;t-elle ? Y'a-t-il des recettes ? Non, aucune, si ce n'est le temps, le temps accord&#233; &#224; chacun, celui de construire des liens suffisamment solides pour que la confiance puisse s'y loger en toute tranquillit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis de nombreuses ann&#233;es ces id&#233;es cheminent en moi ! Mes propres mots suffiront-ils &#224; transmettre la richesse et l'intensit&#233; de ces rencontres ? Je ne veux pas &#234;tre seule &#224; offrir mon point de vue. Je donne la parole aux parents pour que leurs mots, et ceux que je pr&#234;te &#224; leurs enfants, se glissent entre les miens. C'est une histoire de chemins qui se croisent et enrichissent mon plaisir d'&#234;tre au monde, en me d&#233;voilant chaque jour un peu plus et en recevant &#224; l'envi des personnes rencontr&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Il faut toujours un adulte en plus pour grandir, pour ne pas &#234;tre enferm&#233; dans l'amour qu'il y a entre les parents et les enfants. &#187;&lt;/i&gt; (2) Des images de l'arriv&#233;e d'Antoine suspendent mes pens&#233;es pr&#233;sentes. Il y a quelques mois, dans la salle que je partage avec ma&#238;tre Pierre, surtout en son absence, &#8211; au fond du couloir quand je tourne &#224; la droite du bocal &#8211;, je suis avec un enfant et nous tentons, ensemble, de d&#233;brouiller des morceaux de son histoire. Une grande feuille, des pinceaux, des couleurs, de l'eau, de la lumi&#232;re et le lien qui nous unit depuis tant d'ann&#233;es. Soudain, un cri fort, strident, inhabituel, s'interpose entre nous et brouille notre relation. Moi qui n'interromps sous aucun pr&#233;texte une s&#233;ance de peinture, j'ouvre la porte et me trouve nez &#224; nez avec une famille, et surtout un enfant qui semble jubiler de hurler. Et sans trop r&#233;fl&#233;chir, je lance &lt;i&gt;&#171; Non, c'est interdit de crier comme &#231;a &#187;&lt;/i&gt;, avant de lui dire &lt;i&gt;&#171; Bonjour, je m'appelle Monique, c'est toi Antoine ? &#187;&lt;/i&gt; Je serre les mains des parents, l'enfant s'arr&#234;te de crier, je lui d&#233;croche un large sourire. L'accroche a op&#233;r&#233; tout de suite, il n'a jamais plus cri&#233; en ma pr&#233;sence. Il est revenu chaque jour, rassur&#233;, je ne le l&#226;cherai pas. Sa m&#232;re, un an plus tard, m'a dit &#171; &lt;i&gt;&#8239;C'est incroyable comme vous le rassurez ! &#187;&lt;/i&gt; Jamais je n'aurais pu pr&#233;voir les b&#233;n&#233;fices d'une telle rencontre. En disant &#171; non &#187; &#224; ses d&#233;bordements, il s'est accroch&#233;. Je l'ai attrap&#233; l&#224; o&#249; il avait besoin d'&#234;tre tenu. Nos premi&#232;res &#233;motions visibles ont &#233;clair&#233; le lien qui nous a unis les semaines, les mois et les ann&#233;es qui ont suivi. Et du c&#244;t&#233; d'Herv&#233;, le papa d'Antoine, comment l'a-t-il v&#233;cu ? &lt;i&gt;&#171; Je me souviens encore de notre premier rendez-vous, o&#249; nous avons rencontr&#233; tous les trois sa future &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e. Ce jour-l&#224; il a appris le &#171; Non &#187; ! Nous f&#251;mes ravis ! Et Antoine avait tr&#232;s bien compris que cela n'allait pas &#234;tre pareil qu'&#224; la maison&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'accompagnais ma grande fille &#224; l'&#233;cole les lundis, mardis, jeudis et vendredis car cela me tenait &#224; c&#339;ur. C'&#233;tait l'occasion de lui donner un peu de temps, de partager ces petits moments qui font que votre journ&#233;e d&#233;marre bien. Je me sentais comme les autres papas, et avais la sensation d'un peu de normalit&#233; dans cette vie parfois compliqu&#233;e &#224; g&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2171 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L348xH312/screenshot_22-2-dd66c.png?1693476274' width='348' height='312' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il m'est vite apparu qu'il &#233;tait &#233;galement important d'accompagner Antoine &#224; son &#171; &#233;cole &#187; le mercredi matin, je voulais lui donner &#233;galement ce petit moment, lui montrer que j'&#233;tais &#224; c&#244;t&#233; de lui. Ce fut toujours un petit rituel, il adorait que je l'accompagne. La veille je lui en parlais en lui souhaitant bonne nuit, il &#233;tait tout excit&#233; &#224; l'id&#233;e d'&#234;tre le lendemain matin. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'&#233;tais fier d'emmener mon fils &#224; son I.M.P., et le voyage en voiture, bien qu'assez court, &#233;tait un vrai moment d'&#233;change et de joie. Ce pouvait &#234;tre l'occasion de faire l'andouille sur une bonne musique pour rire ensemble, ou tout simplement tenter de lui apprendre le rouge et le vert des feux de circulation. Arriv&#233;s &#224; destination, Antoine manifestait quasi toujours une frustration du fait que j'allais le laisser. Il &#233;tait toujours accueilli par Monique qui, avec un grand sourire et quelques mots de bienvenue, et parfois d'humour, le r&#233;confortait imm&#233;diatement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens encore d'un dimanche matin o&#249; le thermom&#232;tre indiquait une temp&#233;rature bien trop n&#233;gative pour sortir, o&#249; nous sommes sortis dans le parc bordant notre logement. Antoine ne parle pas, mais avec le temps s'installe une communication que peu de personnes peuvent comprendre. Elle est faite de regards, gestes, et mimiques parfois fines. J'avais bien s&#251;r obtenu son &#171; Oui ! &#187; pour y aller. Le sol &#233;tait recouvert d'une neige gel&#233;e, nous &#233;tions les seuls et il &#233;tait assez difficile d'avancer sur ce sol glac&#233; ! C'est assez &#233;tonnant, mais au-del&#224; du plaisir qu'Antoine a pu avoir de voir la neige et de profiter du bon air, cela m'a donn&#233; beaucoup de force de nous voir tous les deux dehors dans ces conditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antoine nous dope en &#233;nergie, et nous pousse &#224; nous d&#233;passer un peu plus tous les jours. Antoine a &#233;galement pu tester le Tandem Ski lors de deux sorties, il adore. Instants magiques de pouvoir skier &#224; c&#244;t&#233; de lui&#8230; Je compte passer mon brevet de pilote d'ici quelques temps &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Belle histoire de r&#233;silience suite &#224; un s&#233;isme ! Instants magiques, &#233;nergie, force, adore, merci Antoine, chang&#233; le regard, plaisir, beaut&#233;, sourire, enchantement, pr&#233;cieux, &#233;panouissement, vie normale, bons moments, source de richesse&#8230; Oui, tous ces mots jalonnent les &#233;crits des parents d'Antoine. J'entends : la Vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce petit bonhomme est envelopp&#233; d'une famille, &#224; la fois consciente des impossibles de leur fils mais surtout, soucieuse de combler les manques en trouvailles inventives qui accompagneront Antoine vers la d&#233;couverte de sensations fortes que nombre de petits gar&#231;ons de huit ans aiment ressentir. Ils transmettent le plaisir de vivre ensemble en am&#233;nageant un environnement dans lequel chacun trouvera ainsi une place &#233;quitable ; une tentative d'&#233;quilibre devant l'injustice. Pas de &lt;i&gt;&#171; Pourquoi nous ? &#187;&lt;/i&gt;, mais plut&#244;t un &lt;i&gt;&#171; Comment continuer au mieux ? &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont pas les seuls parents qui m'&#233;carquillent les yeux face au myst&#232;re de ce souffle de vie. Ils sont nombreux, malgr&#233; la petite touche de tristesse ind&#233;l&#233;bile, &#224; se maintenir sur le haut de la vague, solides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Monique Eyraud Garnier est l'auteure d'un livre d&#233;crivant la magie de la rencontre : Chemins crois&#233;s, &#201;d. La pens&#233;e vagabonde, 2019, (189 p. &#8211; 19,50 &#8364;)&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Rois et Reine Arnaud Desplechin, &#201;d. Deno&#235;l, 2005 (R&#233;plique d'Isma&#235;l &#224; Elias).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>O&#249; en sommes-nous de notre engagement ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1270-Ou-en-sommes-nous-de-notre-engagement</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>&#201;thique</dc:subject>
		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>1270</dc:subject>

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&lt;p&gt;On les voudrait neutres et impartiaux. Il se battent pourtant au quotidien contre l'injustice et l'exclusion. L'engagement est au c&#339;ur de l'action des travailleurs sociaux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les 7 et 8 octobre 1999, Lien Social organisait deux journ&#233;es d'&#233;tude autour du th&#232;me : &#171; les travailleurs sociaux doivent-ils &#234;tre des militants ? &#187; Consult&#233;s &#224; l'issue des d&#233;bats, les participants r&#233;pondirent &#224; la question par un oui franc et massif avec 67,30&#8239;% (11,7&#8239;% se pronon&#231;ant contre). &lt;br class='autobr' /&gt;
A vingt ans de distance, l'engagement se (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On les voudrait neutres et impartiaux. Il se battent pourtant au quotidien contre l'injustice et l'exclusion. L'engagement est au c&#339;ur de l'action des travailleurs sociaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les 7 et 8 octobre 1999, Lien Social organisait deux journ&#233;es d'&#233;tude autour du th&#232;me : &lt;i&gt;&#171; les travailleurs sociaux doivent-ils &#234;tre des militants ? &#187;&lt;/i&gt; Consult&#233;s &#224; l'issue des d&#233;bats, les participants r&#233;pondirent &#224; la question par un oui franc et massif avec 67,30&#8239;% (11,7&#8239;% se pronon&#231;ant contre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A vingt ans de distance, l'engagement se serait-il perdu en route ? Le 28 janvier dernier, l'ITES de Brest relan&#231;ait le d&#233;bat (1). C'est &#224; Erick Schwartz qu'est revenu la mission de resituer le cheminement d'un secteur dont il monta, un &#224; un, les &#233;chelons depuis le poste d'&#233;ducateur jusqu'&#224; celui de Directeur g&#233;n&#233;ral. Il a donc connu, jusqu'au milieu des ann&#233;es 1980, ce temps des b&#226;tisseurs h&#233;ro&#239;ques o&#249; des militants passionn&#233;s &#233;voluaient dans un contexte encore en pleine construction. Puis, vint l'&#233;poque de la maturit&#233; qui s'&#233;tala jusqu'aux ann&#233;es 2000, marqu&#233;e par la revendication d'une identit&#233; et d'une professionnalisation dans une action sociale encore g&#233;n&#233;reuse. Ses 45 ann&#233;es de carri&#232;re se termin&#232;rent dans une soci&#233;t&#233; soucieuse de r&#233;duire ses d&#233;penses sociales, imposant une mod&#233;lisation verrouill&#233;e par des protocoles, des &#233;valuations, des projets individualis&#233;s et autres r&#233;f&#233;rentiels. Et c'est bien cette technologisation envahissante, enjoignant le travailleur social &#224; d&#233;montrer la l&#233;gitimit&#233; budg&#233;taire de son action quotidienne, qui ne tarda pas &#224; &#234;tre mise en accusation par la salle. Plusieurs t&#233;moignages &#233;voqueront une marge de man&#339;uvre se r&#233;tr&#233;cissant comme peau de chagrin et une cr&#233;ativit&#233; s'appauvrissant, au rythme de la contagion d'un nouveau paradigme r&#233;duisant de plus en plus le profil de poste du travailleur social aux seules comp&#233;tences de gestionnaire de processus et de technicien de dispositif !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2170 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH664/screenshot_21-2-42bb6.png?1693476274' width='500' height='664' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment r&#233;ussir &#224; d&#233;montrer notre utilit&#233; sociale et &#224; rendre visible ce qui est agi et v&#233;cu trop souvent &#224; bas bruit ? C&#233;line Le Texier, &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e en pr&#233;vention, le reconna&#238;tra : nous ne savons pas communiquer sur nos pratiques, peut-&#234;tre parce chaque accompagnement est con&#231;u dans une rencontre &#224; la fois unique et singuli&#232;re, non r&#233;plicable. Jean-Marie Vauchez, Pr&#233;sident de l'Organisation Nationale des Educateurs Sp&#233;cialis&#233;s fera la d&#233;monstration de cette carence des mots pour r&#233;ussir &#224; formaliser nos d&#233;marches. Ainsi, comment convaincre un gestionnaire de renoncer &#224; installer un self dans une collectivit&#233; d'enfants, en lieu et place d'un adulte &#224; chaque table ? Certes la diminution du nombre de professionnels judicieusement dispos&#233;s dans l'espace pour assurer la fluidit&#233; de la circulation permet une belle &#233;conomie budg&#233;taire. La seule victime sera la relation du professionnel avec les enfants, participant au repas avec eux. Un d&#233;tail ! Jean-Fran&#231;ois Gaspar, assistant de service social belge avant de devenir sociologue, a avanc&#233; plusieurs r&#233;ponses possibles &#224; cette incompr&#233;hension. Le travail social se d&#233;finit trop souvent par ce qu'il n'est pas, plut&#244;t que de le faire &#224; travers ce qu'il est. Son champ conceptuel s'abreuve aux sources des sciences humaines, sans n'avoir jamais r&#233;ussi &#224; constituer le sien propre. La r&#233;duction ensuite de son action au registre du compassionnel, au d&#233;triment d'un savoir-faire rarement valoris&#233; : qui n'a pas entendu l'apitoiement d'un tiers apprenant la nature de nos professions ? Et puis, sans doute, il y a cette trop fr&#233;quente incorporation par les professionnels eux-m&#234;mes du discr&#233;dit de ces &#171; &lt;i&gt;cas soc'&lt;/i&gt; profiteurs et fain&#233;ants, v&#233;hicul&#233; par une opinion publique stigmatisant l'assistanat. Par contagion, la l&#233;gitimit&#233; du travail s'en trouve min&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que la demande sociale grandissante accroit la charge mentale des professionnels, en m&#234;me temps que s'amplifie la d&#233;ficience d'image et d'attractivit&#233; du secteur, reconna&#238;t Gilles Alli&#232;res adjoint &#224; la Direction de l'ITES. Il conc&#232;de tout autant combien le travail social peine &#224; d&#233;montrer son efficience. Mais, il refuse la pr&#233;tention &#224; vouloir pour autant le r&#233;enchanter, pr&#233;f&#233;rant montrer ce qu'il r&#233;ussit. Car, malgr&#233; les contraintes et la mise &#224; mal de ses acteurs, les professionnels d&#233;montrent en permanence leur vitalit&#233; et leur cr&#233;ativit&#233;. Bien s&#251;r, il est r&#233;volu ce temps o&#249; Fabrice Pineau, responsable de service de l'association Don Bosco, pouvait entra&#238;ner derri&#232;re lui avec un autre &#233;ducateur douze ados, sur quatorze VTT dans une exp&#233;dition de quinze nuits &#224; la belle &#233;toile. Cela se passait en 1998. Pourtant, il continue &#224; y croire : &lt;i&gt;&#171; on ne peut intervenir aupr&#232;s de personnes en difficult&#233;, c'est &#224; dire les soutenir, les porter un peu, les relever parfois, sans implication et engagement individuel &#187;&lt;/i&gt;. Ne trouve-t-on pas en &#171; Ribinad &#187; le digne h&#233;ritier de cet esprit d'aventure ? Ce s&#233;jour de rupture, qu'est venue pr&#233;senter Sophie Laridon sa responsable de service, organise des randonn&#233;es sur le chemin de Compostelle avec des adolescents en grande difficult&#233;. Accompagn&#233;s par un adulte marchant &#224; leurs c&#244;t&#233;s sur qui ils peuvent compter et pour qui ils comptent, ces jeunes &#233;prouvent &#224; ses c&#244;t&#233;s satisfactions et frustrations, fiert&#233; et souffrance, reconstruisant une estime de soi perdue parfois depuis si longtemps. Le faire ensemble et le faire avec, ADN de la profession, se perp&#233;tuent ici comme ailleurs, malgr&#233; les obstacles dress&#233;s par une technocratie gestionnaire en attente de toujours plus de r&#233;sultats comptables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'ADN du travail social&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; chaque instant que l'engagement se d&#233;ploie au service des plus fragiles, &#224; travers l'ing&#233;niosit&#233;, la virtuosit&#233; et la subtilit&#233; mises en &#339;uvre pour aller vers l'autre, comme le d&#233;montrera Agn&#232;s Paya, Educatrice technique sp&#233;cialis&#233;e aupr&#232;s d'un public porteur de handicap : &lt;i&gt;&#171; si vous venez travailler dans le secteur sans cet engagement et que vous vous positionnez en tant que technicien, je pense qu'il vous faudra trouver des strat&#233;gies contre l'usure au travail &#187;&lt;/i&gt;. Et cela commence d&#232;s la formation, &#224; l'image de ces maraudes auxquelles participent chaque mercredi soir des &#233;tudiants de l'ITES, comme l'&#233;voquera Lola Thieull&#233;, elle-m&#234;me en formation. Chacun(e) s'y engage comme une &#233;vidence, sans bruit, ni publicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question de l'engagement est une &#233;vidence, affirmera Didier Dubasque, Assistant de service social et membre du Haut Conseil en Travail Social (HCTS). Les travailleurs sociaux sont farouchement attach&#233;s &#224; l'&#233;thique et &#224; la d&#233;ontologie qui les guident en permanence. C'est &#224; chaque instant, qu'ils s'appuient sur les valeurs humanistes (respect, &#233;coute, autonomie, libert&#233;, libre arbitre, dignit&#233;), sur les droits de l'homme individuels et collectifs (passant notamment par une discr&#233;tion, une confidentialit&#233; ou un secret professionnel qui contrecarrent le contr&#244;le social auquel on voudrait bien les r&#233;duire), mais aussi sur les valeurs d&#233;mocratiques de justice sociale, de protection des personnes et de respect de la diversit&#233;. C'est justement cette implication qui les conduit &#224; combattre quotidiennement pour d&#233;ployer ces &#171; capabilit&#233;s &#187; (Amartya Sen) qui, comme l'a rappel&#233; Sylvie Rogel Directrice g&#233;n&#233;rale de la Sauvegarde du Finist&#232;re, ne se limitent pas &#224; d&#233;velopper des comp&#233;tences individuelles, mais &#233;galement &#224; promouvoir les opportunit&#233;s soci&#233;tales permettant de favoriser l'insertion des publics les plus fragilis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'engagement des travailleurs sociaux : &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'en est-il aujourd'hui ? Forum de l'Institut de formation &lt;br class='autobr' /&gt;
au travail &#233;ducatif et social, &lt;a href=&#034;https://bit.ly/3aMMZ5L&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://bit.ly/3aMMZ5L&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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