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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Le travailleur social doit-il toujours ob&#233;ir &#224; sa hi&#233;rarchie ?</title>
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&lt;p&gt;&#171; J'aime la r&#232;gle qui corrige l'&#233;motion. J'aime l'&#233;motion qui corrige la r&#232;gle &#187;, affirmait Georges Braque. Le cadre pos&#233; par la hi&#233;rarchie offre au travailleur social une triangulation utile et n&#233;cessaire. Pour autant, la cr&#233;ativit&#233; est fille du pas de c&#244;t&#233; et de l'indocilit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Didier Dubasque, assistant de service social, membre du Haut conseil du travail social &lt;br class='autobr' /&gt;
Il arrive que certains professionnels mettent en &#339;uvre le principe d'ob&#233;issance inconditionnelle &#224; leur &#233;thique et &#224; leur vision de la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Paroles-de-me%CC%81tiers" rel="directory"&gt;Paroles de me&#769;tiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Pratique-professionnelle" rel="tag"&gt;Pratique professionnelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1265-" rel="tag"&gt;1265&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; J'aime la r&#232;gle qui corrige l'&#233;motion. J'aime l'&#233;motion qui corrige la r&#232;gle &#187;, affirmait Georges Braque. Le cadre pos&#233; par la hi&#233;rarchie offre au travailleur social une triangulation utile et n&#233;cessaire. Pour autant, la cr&#233;ativit&#233; est fille du pas de c&#244;t&#233; et de l'indocilit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Didier Dubasque, assistant de service social, membre du Haut conseil du travail social&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il arrive que certains professionnels mettent en &#339;uvre le principe d'ob&#233;issance inconditionnelle &#224; leur &#233;thique et &#224; leur vision de la situation. Tout cela au risque de d&#233;sob&#233;ir sans &#233;tat d'&#226;me &#224; leur hi&#233;rarchie. Ce qui, parfois, n'est pas sans certains stress, ni tensions. Le principe de d&#233;sob&#233;issance est, pour eux, &#233;rig&#233; comme valeur fondamentale de l'autonomie du travailleur social mettant l'int&#233;r&#234;t de l'enfant avant tout. Peut-on &#233;lever ce comportement en principe intangible ? Je ne le crois pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je ne pense pas qu'il faille toujours ob&#233;ir &#224; sa hi&#233;rarchie, je suis convaincu qu'il faut la respecter. Comment ? En lui expliquant clairement pourquoi et comment il est &#233;thiquement ou juridiquement impossible d'ob&#233;ir &#224; tel ou tel ordre donn&#233;. D&#233;sob&#233;ir exige de la m&#233;thode mais aussi de la ruse. Je m'explique. Sur l'aspect juridique l'argument &#224; utiliser dans la fonction publique est inscrit dans la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires qui dispose d'un paragraphe consacr&#233; &#224; l'obligation de d&#233;sob&#233;issance &lt;i&gt;&#171; dans le cas o&#249; l'ordre donn&#233; est manifestement ill&#233;gal et de nature &#224; compromettre gravement un int&#233;r&#234;t public &#187;&lt;/i&gt;. Admirez la pr&#233;cision : il faut d&#233;montrer qu'il y a ill&#233;galit&#233; et (en m&#234;me temps) une grave compromission de l'int&#233;r&#234;t public&#8230; Un concept difficile &#224; &#233;valuer mais qui offre des marges de man&#339;uvre &#224; celui qui d&#233;nonce un ordre ill&#233;gal. De m&#234;me, tout agent a le droit de se retirer d'une situation de travail pr&#233;sentant un danger grave et imminent pour sa vie ou pour sa sant&#233; : l&#224; aussi, il s'agit d'une d&#233;sob&#233;issance reconnue d'ailleurs par les textes, tant dans la Fonction publique que dans le Code du travail. Cette utilisation reste n&#233;anmoins d&#233;licate, avec le risque de voir son emploi menac&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sob&#233;ir, c'est agir, c'est prendre des risques dans une soci&#233;t&#233; ou plus personne ou presque n'accepte de le faire. Pourtant &lt;i&gt;&#171; d&#233;sob&#233;ir devient une affirmation d'humanit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, nous explique le philosophe Fr&#233;d&#233;ric Gros. Encore plus dans le champ de travail social : &lt;i&gt;&#171; Rien ne doit aller de soi : ni les certitudes apprises, ni les conventions sociales, ni les injustices &#233;conomiques, ni les convictions morales &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors comment d&#233;sob&#233;ir lorsque cela s'av&#232;re n&#233;cessaire ? Si possible ne pas le faire seul : le pot de fer (l'institution et sa hi&#233;rarchie) gagne toujours contre le pot de terre (le travailleur social). Toujours ? Pas si s&#251;r. J'ai en t&#234;te une remarquable action de d&#233;sob&#233;issance de coll&#232;gues assistantes de service social de secteur qui, collectivement, ont refus&#233; de mettre en &#339;uvre une consigne donn&#233;e. Dans un courrier argument&#233;, les signataires &#8212; plus de cinquante -, ont expliqu&#233; pourquoi elles ne pouvaient pas mettre en &#339;uvre ce que la hi&#233;rarchie leur demandait. Elles se sont appuy&#233;es sur la d&#233;finition de leur profession, leurs missions au sein de l'institution, les principes &#233;thiques et d&#233;ontologiques non respect&#233;s et enfin sur les cons&#233;quences de l'acte qu'on leur demandait de poser. Tout cela en deux ou trois pages. Face &#224; cela, la hi&#233;rarchie &#233;tait revenue sur sa demande en expliquant que les arguments oppos&#233;s &#233;taient recevables. Elle ne s'&#233;tait pas sentie menac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme et la fa&#231;on d'exprimer et d'annoncer son refus d'ob&#233;ir me paraissent essentielles pour s'engager dans cette voie. Cela restera toujours n&#233;cessaire dans une soci&#233;t&#233; o&#249; le conformisme et le &#171; pr&#234;t &#224; penser &#187; vont &#224; l'encontre m&#234;me des pratiques du travail social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Didier Dubasque vient de publier Comprendre et ma&#238;triser les exc&#232;s de la soci&#233;t&#233; num&#233;rique, &#201;d. EHESP&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2143 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH489/screenshot_2-4-ca67e.png?1693670394' width='500' height='489' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par J&#233;r&#244;me Beaury, formateur &#224; l'IRTS de Caen&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Je n'ai plus peur des dimanches soir &#187;&lt;/i&gt;, slame Grand Corps Malade. Quand Ma&#233;va, 11 ans, rentre de son week-end pass&#233; dans sa famille, c'est aupr&#232;s de C&#233;dric, &#233;tudiant en troisi&#232;me ann&#233;e d'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;, qu'elle se tourne. Il entend ses peurs, ses inqui&#233;tudes et la rassure. C'est alors qu'elle veut un c&#226;lin, ce qui semblerait &#224; cet instant pr&#233;cis la d&#233;monstration congruente de la sinc&#233;rit&#233; des mots qu'il emploie. Mais &lt;i&gt;&#171; bonne nuit, demain &#231;a ira mieux &#187;&lt;/i&gt;, sera sa seule r&#233;ponse. Elle n'adoucira pas les larmes de l'enfant. Il faut dire qu'&#224; la derni&#232;re r&#233;union d'&#233;quipe, le chef de service avait tranch&#233; sur la question de la proximit&#233; envers le public accueilli : &#171; &lt;i&gt;&#8239;Nous sommes l&#224; pour travailler, pas pour aimer les jeunes plac&#233;s au risque de leur faire vivre de nouvelles d&#233;ceptions lorsqu'ils nous quitteront &#187;&lt;/i&gt;. C&#233;dric a tout &#224; apprendre et reste respectueux de la hi&#233;rarchie et de ses d&#233;cisions&#8230; Il ne voit donc que cette injonction ce dimanche soir et non toute cette confiance que Ma&#233;va lui renvoie pourtant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi s'agit-il en fait ? Si le Code du Travail, les projets d'&#233;tablissements et autres r&#232;glements int&#233;rieurs pr&#233;voient ce lien de subordination ainsi que les dispositions en cas de manquement &#224; la r&#232;gle, existe-t-il un mode d'emploi afin de r&#233;pondre &#224; la situation de Ma&#233;va ? Je ne saurais dire &#224; C&#233;dric ce qu'il aurait d&#251; faire, mais je peux assur&#233;ment lui pr&#233;ciser ce que j'aurais fait. D&#233;sob&#233;ir&#8230; C'est &#233;videmment le propre des r&#232;gles, elles sont faites pour &#234;tre contourn&#233;es, mais pas n'importe quand, ni comment ! Ni l'abus de pouvoir, ni l'abus d'indiscipline ne sauraient constituer une solution. Le travailleur social &#233;volue aupr&#232;s de personnes en difficult&#233; et c'est d'ailleurs l'une des richesses de notre m&#233;tier. Pr&#233;server cette richesse, c'est sauvegarder les valeurs qui nous animent tant. Le n'importe quand renvoie alors &#224; notre libre-arbitre et c'est l&#224; que les choses se g&#226;tent&#8230; Car en effet, le &#171; bon sens &#187; n'est commun qu'&#224; ce qu'il &#233;veille en nous, ce &#224; quoi il fait &#233;cho &#224; nos exp&#233;riences, notre vision, notre capacit&#233; &#224; voir, comprendre, d&#233;cider &#224; un instant pr&#233;cis en d&#233;pit de tout le sens qui r&#233;side dans la r&#232;gle. S'arr&#234;ter &#224; un feu rouge en plein milieu du d&#233;sert sur une ligne droite a-t-il du sens ? Quant &#224; la hi&#233;rarchie, &#224; travers ses positions, elle est garante de la s&#233;curit&#233; et de la responsabilit&#233; de chaque salari&#233;. On ne saurait donc en faire fi. Prendre des risques pour des consid&#233;rations &#233;thiques n'est-il pas la meilleure raison de transgresser la r&#232;gle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si d&#233;sob&#233;ir servait &#224; faire bouger le cadre ? Car, ne pas mettre de sens &#224; la d&#233;sob&#233;issance justifierait la punition. Alors que d&#233;montrer l'absurdit&#233; d'une r&#232;gle l&#233;gitimerait la transgression. Si tout cela n'est affaire que de de sens, peut-&#234;tre que d&#233;sob&#233;issance et subordination vont de pair, mais dans quelle mesure alors ? D&#232;s lors o&#249; l'une et l'autre sont accompagn&#233;es. Dire &#171; non &#187; &#224; un enfant n'a de sens que si on lui explique le pourquoi. Et s'il n'est pas d'accord avec ses parents, il doit s'autoriser &#224; leur en expliquer les raisons ! La valeur c'est le courage ! On peut d'ailleurs se demander si les r&#232;gles sont &#233;crites avant qu'une situation n'arrive ou apr&#232;s. Log&#233;s derri&#232;re nos plumes, nous ne risquons pas de contredire nos &#233;motions sollicit&#233;es par des bras tendus. Si une r&#232;gle venait &#224; bousculer nos valeurs et les raisons de nos choix professionnels, cela devrait chahuter la r&#232;gle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'oublions jamais toutefois de requestionner nos certitudes : car, pr&#233;parer au mieux les lundis de ces jeunes plac&#233;s en qu&#234;te d'espoir doit rester le propre de notre m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;J&#233;r&#244;me Beaury a publi&#233; (sous le pseudonyme de Pierre Duhamel) Le bal des aimants ou le parcours d'un enfant plac&#233;, &#201;d. L'Harmattan, 2017.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Qui ne dit mot&#8230;</title>
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&lt;p&gt;Des mots, un trop plein de nouveaux mots, voil&#224; une urgence du moment qu'on a du mal &#224; percevoir, d&#233;bord&#233;s par des sujets de pr&#233;occupation apparemment plus d&#233;cisifs. Et pourtant&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
La langue du travail social glisse, mute, inexorablement. De nouveaux mots s'y inoculent depuis quelques ann&#233;es, s'invitant &#224; nos bouches et occupant nos pens&#233;es. De nouveaux mots qui, en conquistadors, viennent s'emparer du terrain des anciens, ceux install&#233;s, ceux qui &#171; faisaient culture &#187;, les rel&#233;guant parfois au rang de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1265-" rel="tag"&gt;1265&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des mots, un trop plein de nouveaux mots, voil&#224; une urgence du moment qu'on a du mal &#224; percevoir, d&#233;bord&#233;s par des sujets de pr&#233;occupation apparemment plus d&#233;cisifs. Et pourtant&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La langue du travail social glisse, mute, inexorablement. De nouveaux mots s'y inoculent depuis quelques ann&#233;es, s'invitant &#224; nos bouches et occupant nos pens&#233;es. De nouveaux mots qui, en conquistadors, viennent s'emparer du terrain des anciens, ceux install&#233;s, ceux qui &#171; faisaient culture &#187;, les rel&#233;guant parfois au rang de figures du pass&#233;. Il est toujours &#233;tonnant de constater comment certains de ces mots ont fait leur place sans qu'on ait eu la vigilance d'en questionner l'usage avant de leur ouvrir toutes grandes les portes de notre langage quotidien. C&#233;der &#224; cette r&#233;flexion, c'e&#251;t &#233;t&#233; probablement courir le risque de passer pour &#171; fini &#187;, de se faire taxer de d&#233;fenseur d'une vision obsol&#232;te ; mais ne pas y c&#233;der, c'&#233;tait laisser le champ libre &#224; ceux qui, parce qu'ils sont en position de dire ce qu'est ou doit &#234;tre le social, imposent leurs mots aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mots, quels sont-ils ? On &#233;vitera l'inventaire &#224; la Pr&#233;vert, sauf &#224; rechercher un effet choc. &#192; titre d'exemple, sans exhaustivit&#233; ni focalisation sur eux, en voil&#224; quelques-uns jet&#233;s p&#234;le-m&#234;le : &#171; dispositif &#187;, &#171; d&#233;marche qualit&#233; &#187;, &#171; strat&#233;gie &#187;, &#171; normes de bonnes pratiques &#187;, &#171; gouvernance &#187;, &#171; diagnostic &#187;, &#171; charte de communication &#187;, &#171; management &#187;. Accoler tous ces mots cr&#233;e sans aucun doute un amalgame contestable en ce qu'il r&#233;unit en une classe de choses, des choses qui n'ont en r&#233;alit&#233; pas (toujours) de rapport entre elles, si ce n'est celui que produit artificiellement l'auteur : le propos est en cela pol&#233;mique. Anglicisme, consonance technique, vocabulaire du monde de l'entreprise, terminologie de l'action publique&#8230; tous ces mots connaissent des destin&#233;es diff&#233;rentes, ne d&#233;signent pas les m&#234;mes choses ni n'appartiennent aux m&#234;mes domaines de r&#233;f&#233;rence. Pas plus sont-ils employ&#233;s uniform&#233;ment par les acteurs du secteur ; au contraire, leur usage fluctue d'un professionnel &#224; l'autre, en fonction de conditions sociales (place occup&#233;e dans l'organisation, domaine d'intervention, formation suivie&#8230;) et en fonction des dispositions des individus (niveau d'&#233;tudes, cat&#233;gorie sociale d'appartenance, anciennet&#233;&#8230;). Conscient de cet &#233;cueil, et n'ayant pas pour ambition de proc&#233;der &#224; leur examen individuel, on d&#233;calera le propos en reconnaissant qu'au-del&#224; de leurs diff&#233;rences, ces mots ont bien quelque chose de commun : ce sont des mots qui p&#232;sent et qui p&#232;sent lourd pour certains. Ils p&#232;sent en ce sens qu'ils ont r&#233;ussi &#224; s'imposer aux structures sociales et mentales du secteur. Au point que, sans dire que tout le monde les emploie, chacun a une id&#233;e minimale de ce qu'ils signifient, pour les c&#244;toyer dans l'exercice professionnel, pour les voir &#233;crits dans les documents officiels, pour les &#233;tudier en formation. Ce qui ne veut pas dire que ces nouveaux mots aient supplant&#233; les anciens, que les mots qui comptaient ne comptent plus. Non. Sans avoir la na&#239;vet&#233; de croire &#224; une p&#233;riode de concorde g&#233;n&#233;rale, l'&#233;quipage de mots qui s'est construit au cours de l'histoire du travail social et qui, avec les sp&#233;cificit&#233;s li&#233;es &#224; chaque profession, &#233;tait globalement partag&#233; dans une culture socio-clinique commune, pr&#233;vaut toujours. Mais ils sont aujourd'hui concurrenc&#233;s par des termes issus d'un autre univers, celui que Michel Chauvi&#232;re qualifie de &#171; marchand-communicationnel (1) &#187; qui, en affichant l'ambition d'un meilleur service rendu, a des incidences sensibles sur la mani&#232;re d'envisager l'action sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#231;a donne des mots qui cohabitent, parfois dans des tensions difficiles &#224; tenir entre les professionnels quand ce n'est pas &#224; l'int&#233;rieur d'eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quiconque a r&#233;sist&#233; &#224; l'&#233;preuve du temps dans le social depuis une trentaine d'ann&#233;es mesure bien que le panorama des mots n'est plus tout &#224; fait le m&#234;me. C'est tout un univers s&#233;mantique qui, &#224; marche forc&#233;e, a fait son trou, sauf en quelques endroits prot&#233;g&#233;s o&#249; survivent encore quelques poches de r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2144 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH267/screenshot_3-4-75152.png?1693670394' width='500' height='267' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on se comprenne bien, la langue est par nature mouvante, &#233;volutive, parce qu'elle est vivante, s'actualisant au fur et &#224; mesure des &#233;changes et des rapports sociaux. Il est donc tout &#224; fait ordinaire que les mots d'aujourd'hui ne soient pas les m&#234;mes que ceux d'hier. Dans cette optique, on ne saurait se r&#233;soudre &#224; d&#233;fendre une vision p&#233;trifi&#233;e de la langue. Il s'agirait davantage de comprendre pourquoi et comment les changements s'op&#232;rent, &#224; la lumi&#232;re de quelles conditions et surtout ce qu'ils traduisent. L'enjeu d&#233;passe la simple ergoterie sur les mots qui pourrait para&#238;tre futile : on voit dans ces changements de terminologie le produit d'une lutte, une lutte pour les mots. Et cette lutte est plus importante qu'il n'y para&#238;t car les mots charrient avec eux bien plus que ce que leur valeur faciale signifie. Ils portent des repr&#233;sentations du monde qui ne sont jamais neutres, qui sont l'expression de points de vue situ&#233;s socialement et qui en cela peuvent s'opposer &#224; d'autres. Cette &#233;vidence, qui n'a d'&#233;vidence que l'apparence tant on m&#233;conna&#238;t cette id&#233;e dans l'exercice du langage, exprime bien que l'activit&#233; qui consiste &#224; nommer la r&#233;alit&#233; est hautement symbolique. &lt;i&gt;&#171; Quand il s'agit du monde social, les mots font les choses, parce qu'ils font le consensus sur l'existence et le sens des choses, le sens commun, la doxa accept&#233;e par tous comme allant de soi (2). &#187; &lt;/i&gt; Dans ces conditions, c'est en philologue qu'il faudrait arpenter les mots des travailleurs sociaux, pour saisir leurs &#233;volutions &#224; travers le temps, les mots influents &#224; chaque p&#233;riode, leur rattachement &#224; telle ou telle sph&#232;re de pens&#233;e&#8230; et qui refl&#232;tent autant de mani&#232;res de dire et penser leur action donc autant de visions et de divisions possibles. Mais c'est &#233;galement en sceptique qu'il conviendrait de se pr&#233;senter face &#224; eux. Pas en rejetant par principe tout apport nouveau, car cela reviendrait &#224; adopter une position de repli, ferm&#233;e et sourde au monde. Douter, pr&#233;ciser, d&#233;construire, en un mot prendre le temps de la r&#233;flexion et de la confrontation, voil&#224; la position &#224; tenir, quitte &#224; devoir s'opposer. C'est l'enjeu pour conserver une certaine autonomie face &#224; d'autres secteurs aux pr&#233;tentions h&#233;g&#233;moniques et dont les mots, si on n'y est pas attentif, risquent d'imposer leur repr&#233;sentation du monde. &lt;i&gt;&#171; Les mots peuvent &#234;tre comme de minuscules doses d'arsenic : on les avale sans y prendre garde, ils semblent ne faire aucun effet, et voil&#224; qu'apr&#232;s quelque temps l'effet toxique se fait sentir (3). &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mettre des mots sur les mots, ne pas abandonner le terrain des mots &#224; ceux qui savent les manier et qui sont en position d'&#234;tre entendus, parce qu'occupant les positions dominantes, c'&#233;tait un des sens que Pierre Bourdieu donnait &#224; son &#233;criture : &lt;i&gt;&#171; J'&#233;cris pour que les gens, et d'abord ceux qui ont la parole [&#8230;], ne puissent plus produire, &#224; propos du monde social, du bruit qui a les apparences de la musique (4). &#187;&lt;/i&gt; Dans cette veine, on a la conviction qu'il faut lutter pour les mots, qu'il faut s'en occuper urgemment. Non pas en nostalgiques apeur&#233;s que le monde connu s'&#233;croule, mais en travailleurs sociaux lucides sur le fait que ce sont nos mani&#232;res de penser, nos valeurs et nos id&#233;aux qui sont engag&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne saurait dire ce qu'il convient de dire ; mais ne rien dire serait d'une certaine fa&#231;on consentir. &#201;videmment, on pourra toujours nous objecter d'avoir contribu&#233; &#224; produire, &#224; propos du travail social, un bruit de plus&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Chauvi&#232;re Michel, Le travail social dans l'action publique. Sociologie d'une qualification controvers&#233;e, Dunod, Paris, 2004, pp 134-150.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Bourdieu Pierre, &#192; propos de la famille comme cat&#233;gorie r&#233;alis&#233;e. ARSS, vol. 100, d&#233;cembre 1993, pp 32-36.&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) Klemperer Victor, LTI, la langue du IIIe&#8239;Reich, Albin Michel, col. Agora, Paris, 1996, p 40.&lt;br class='autobr' /&gt;
(4) Bourdieu Pierre L'art de r&#233;sister aux paroles, entretien avec Didier Eribon publi&#233; initialement dans Lib&#233;ration les 3 et 4 novembre 1979 et repris dans Questions de sociologie, Les &#233;ditions de Minuit, Paris, 2002, pp 10-18.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Housing first : vers une r&#233;ponse globale ?</title>
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		<dc:subject>CHRS</dc:subject>
		<dc:subject>Maladie mentale</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Ma premi&#232;re rencontre avec F&#233;lix remonte &#224; 2001. J'&#233;tais alors &#233;ducatrice sur le foyer de post cure d'un Centre de soins sp&#233;cialis&#233;s aux toxicomanes &#224; Paris. &#192; sa sortie de prison, il avait int&#233;gr&#233; une chambre d'h&#244;tel, puis le foyer de postcure o&#249; je travaillais alors. Je me souviens d'un homme silencieux et distant. Quasi mutique, il nous d&#233;visageait en silence pendant les entretiens. Il ne se liait pas d'avantage avec les autres r&#233;sidents. C'&#233;tait, en revanche, un grand amateur de caf&#233;. Je n'ai pas eu (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ma premi&#232;re rencontre avec F&#233;lix remonte &#224; 2001. J'&#233;tais alors &#233;ducatrice sur le foyer de post cure d'un Centre de soins sp&#233;cialis&#233;s aux toxicomanes &#224; Paris. &#192; sa sortie de prison, il avait int&#233;gr&#233; une chambre d'h&#244;tel, puis le foyer de postcure o&#249; je travaillais alors. Je me souviens d'un homme silencieux et distant. Quasi mutique, il nous d&#233;visageait en silence pendant les entretiens. Il ne se liait pas d'avantage avec les autres r&#233;sidents. C'&#233;tait, en revanche, un grand amateur de caf&#233;. Je n'ai pas eu l'occasion d'apprendre &#224; le connaitre. Il a d&#233;cid&#233; de lui-m&#234;me de partir sans explication. Je l'ai retrouv&#233;, quelques ann&#233;es plus tard, dans le m&#234;me centre, devenu centre de soins, d'accompagnement et de pr&#233;vention en addictologie (CSAPA), dans le service d'appartement th&#233;rapeutique, &#224; la demande du m&#233;decin psychiatre qui continuait de le suivre depuis son entr&#233;e dans notre &#233;tablissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la vie de F&#233;lix, je n'ai que peu d'&#233;l&#233;ments. Il semblait &#233;luder les questions trop personnelles. Les seuls &#233;l&#233;ments que je poss&#233;dais : il avait un grand parcours de rue, connu la prison et percevait une Allocation aux adultes handicap&#233;s (AAH). Il avait apparemment consomm&#233; du cannabis, de l'alcool et de l'h&#233;ro&#239;ne par le pass&#233;. Il ne s'&#233;panchait pas sur le sujet. Mais nous n'avons jamais constat&#233; d'&#233;l&#233;ments qui auraient pu nous laisser penser &#224; des consommations, encore moins &#224; une addiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#233;lix refusait de voir un psychologue, il avait le &#171; docteur C. &#187;, son psychiatre auquel il avait accord&#233; sa confiance. Il le rencontrait tous les quinze jours pour son traitement de substitution et ne souhaitait aucun autre traitement. En entrant sur le service d'appartement th&#233;rapeutique, il s'engageait &#224; me rencontrer une fois par semaine et &#224; trouver un emploi. Son m&#233;decin &#233;tait dubitatif sur cette perspective et, effectivement, assez rapidement, je d&#233;cidais d'arr&#234;ter de lui parler projet professionnel. Lors de ma premi&#232;re visite &#224; domicile, je fus surprise de trouver son sac de couchage sur le canap&#233; convertible. Je pris l'initiative de r&#233;cup&#233;rer draps, couette et oreiller et d&#233;cidais de lui faire son lit &#224; l'occasion d'une visite &#224; domicile. Tout en m'aff&#233;rant, je lui vantais le confort d'un lit douillet. Pour toute r&#233;ponse, j'eus le droit &#224; un &#233;clat de rire. Je pris l'habitude de retrouver le sac de couchage sur le clic clac ainsi qu'&#224; une longue s&#233;rie de rires. Envisager des activit&#233;s ? Rire. Proposer une am&#233;lioration du logement ? Rire. Pour les entretiens, F&#233;lix &#233;tait r&#233;gl&#233; comme une horloge : chaque mardi matin, je le rencontrais, &#224; mon bureau ou chez lui. Aucune d&#233;rogation possible &#224; cette r&#232;gle pour lui. Lorsque je devais d&#233;caler un rendez-vous, il opposait &#224; chaque proposition un refus pour cause de rendez-vous ext&#233;rieurs. Intrigu&#233;s, nous tentions avec son psychiatre d'en savoir plus. Il nous a fallu du temps pour comprendre que F&#233;lix, pourtant tr&#232;s solitaire, avait un r&#233;seau de socialisation bien &#224; lui. C'est &#224; l'occasion d'un remplacement aux Restos du C&#339;ur que je le croisais un soir. Lorsqu'il me vit, il me lan&#231;a un : &#171; Bonjour Madame Vander Elst &#187;, de son ton habituel, au rythme hach&#233;, puis &#233;clata d'un rire sonore. Il mangea en silence, ponctu&#233; par quelques rires soudains lorsqu'il levait la t&#234;te pour me regarder, sans piper mot &#224; ses voisins, aucun lien avec les autres personnes attabl&#233;es qui, pour la plupart, semblaient se connaitre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2149 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH547/screenshot_8-2-5a820.png?1693670395' width='500' height='547' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extr&#234;mement ritualis&#233;, il avait organis&#233; ses journ&#233;es du temps o&#249; il &#233;tait &#224; la rue. &#192; jour fixe et heure fixe, il se rendait dans diff&#233;rentes associations en fonction de ses besoins : prendre une douche, laver son linge, boire un caf&#233;, d&#233;jeuner, diner. La fin de la prise en charge se profilait et nous n'avions aucune solution d'h&#233;bergement malgr&#233; tous les documents que je remplissais &#224; la h&#226;te pour qu'il puisse acc&#233;der &#224; un logement autonome. F&#233;lix ne supportant pas la collectivit&#233; et ne pr&#233;sentant aucun projet autre qu'un logement, les possibilit&#233;s de lui trouver un h&#233;bergement &#233;taient tr&#232;s minces. Comme si ce n'&#233;tait pas assez, l'absence de traitement psychiatrique constituait un autre frein &#224; son relogement. F&#233;lix n'&#233;tait pas d&#233;lirant, mais il avait tous les sympt&#244;mes d'une pathologie psychiatrique : il &#233;tait extr&#234;mement ritualis&#233; et pas seulement dans l'organisation de son quotidien, il avait un lien &#224; l'autre extr&#234;mement distanci&#233; et disons, des id&#233;es assez particuli&#232;res, des &#171; bizarreries &#187; ainsi que des troubles du langage qui se caract&#233;risaient par un mutisme partiel. La fin de prise en charge sonna au d&#233;but de l'automne et F&#233;lix, sans un mot, prit son sac de couchage : direction la rue. N&#233;anmoins, tous les mardis, toujours ponctuel, il frappait &#224; la porte de mon bureau. Je tentais d&#233;sesp&#233;r&#233;ment de lui trouver un logement, aid&#233;e par son psychiatre. Il dormait o&#249; il pouvait, le plus souvent dans des cages d'escalier avec son sac de couchage, parfois dans des halls d'h&#244;pitaux, au pire dehors dans des parcs. Il ne se plaignait pas, il avait pass&#233; ses vingt derni&#232;res ann&#233;es de cette mani&#232;re. Mais son &#233;tat physique se d&#233;gradait. Au bout de six mois de d&#233;marches, il int&#233;gra enfin un logement situ&#233; &#224; c&#244;t&#233; de notre centre, dans une maison relais. &#192; ce jour, F&#233;lix n'a jamais particip&#233; &#224; aucune des activit&#233;s collectives propos&#233;es. Il vit toujours dans son studio et se rend avec une r&#233;gularit&#233; d'horloger &#224; ses rendez-vous chez son psychiatre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire de ces personnes qui, pourtant autonomes, m&#234;me si cette autonomie ne rev&#234;t pas une forme conventionnelle, ne rentrent pas dans les &#171; clous &#187; des exigences des structures d'h&#233;bergement ? Ces exigences, souvent l&#233;gitimes au regard du cadre de r&#233;glementation des &#233;tablissements qui ob&#233;it &#224; des commandes politiques, peuvent &#234;tre v&#233;cues comme des contraintes : contraintes aux soins (traitements m&#233;dicamenteux non souhait&#233;s), contraintes sociales (pr&#233;carisation en termes de logement, de droits aux prestations sociales, exigence de projet professionnel), mais aussi contraintes l&#233;gales (mise en place de mesures de protection type curatelle ou tutelle). &#192; ces contraintes, certaines personnes pr&#233;f&#232;rent la rue. Pour les travailleurs sociaux aussi, ces situations sont difficiles. Elles demandent plus de travail de partenariat, de connaissances des structures locales sp&#233;cialis&#233;es, plus de souplesse aussi dans l'accompagnement, ce qui conduit parfois &#224; d&#233;roger &#224; quelques r&#232;gles institutionnelles. Elles renvoient &#233;galement &#224; un sentiment d'inefficacit&#233;, d'&#233;chec lorsque l'issue du s&#233;jour est un retour &#224; la case d&#233;part : la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentation est grande alors de se d&#233;sinvestir et de renvoyer la personne &#224; son manque d'adh&#233;sion &#171; aux soins &#187; tels qu'on les con&#231;oit dans une certaine &#171; normalit&#233; &#187;. En raison de l'inad&#233;quation des modes d'accueil pour une population en incapacit&#233; d'entrer dans le processus d'int&#233;gration sociale ou professionnelle attendue, le dispositif Housing first est porteur d'espoir : l'espoir d'un soin (presque) sans contrainte. Sans la contrainte de devoir motiver sa demande par un projet, professionnel par exemple, ou de r&#233;pondre &#224; des attentes institutionnelles trop coercitives au regard du parcours de la personne. Envisager l'acc&#232;s &#224; un h&#233;bergement avec un degr&#233; minimal de contraintes non fond&#233;es du point de vue social, &#233;ducatif, th&#233;rapeutique revient &#224; placer la personne au centre de l'accompagnement, en respectant ses besoins, ses d&#233;sirs, mais aussi &#224; consid&#233;rer l'h&#233;bergement comme une composante essentielle au soin : gage de stabilit&#233; pour les uns, espoir de r&#233;tablissement pour les autres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une souffrance sans issue</title>
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		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Souffrance</dc:subject>
		<dc:subject>Suicide</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;En ce mois de novembre, une de nos coll&#232;gues s'est suicid&#233;e. Apr&#232;s un reclassement d&#251; &#224; un grand mal-&#234;tre en maison d'enfants &#224; caract&#232;re social (Mecs), elle venait de d&#233;barquer dans notre gigantesque service d'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e et de soins &#224; domicile (Sessad), esp&#233;rant s&#251;rement y trouver de la ressource, du sens. Son geste fatal nous questionne tous. Voici le texte qu'il m'a inspir&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle est partie sans faire de bruit. Elle est partie comme tant d'autres avant, comme combien d'autres apr&#232;s ? Elle est (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1265-" rel="tag"&gt;1265&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En ce mois de novembre, une de nos coll&#232;gues s'est suicid&#233;e. Apr&#232;s un reclassement d&#251; &#224; un grand mal-&#234;tre en maison d'enfants &#224; caract&#232;re social (Mecs), elle venait de d&#233;barquer dans notre gigantesque service d'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e et de soins &#224; domicile (Sessad), esp&#233;rant s&#251;rement y trouver de la ressource, du sens. Son geste fatal nous questionne tous. Voici le texte qu'il m'a inspir&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est partie sans faire de bruit. Elle est partie comme tant d'autres avant, comme combien d'autres apr&#232;s ? Elle est partie laissant ceux qui restent avec leurs questions, ce qu'ils ont dit, pas dit, fait, pas fait&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l&#224;-haut, se posent-ils la question ? Se posent-ils des questions ? Se demandent-ils s'ils ont une part de responsabilit&#233; ? Se cachent-ils derri&#232;re &#171; &#199;a s'est pass&#233; en dehors du travail &#187; ? Se demandent-ils ce qu'il en aurait &#233;t&#233; si nous avions eu des espaces d'analyses, des espaces de convivialit&#233;, des espaces d'humanit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne la connaissais pas, juste crois&#233;e dans les couloirs, &#233;chang&#233; quelques mots entre deux dossiers,&lt;br class='autobr' /&gt;
Et pourtant&#8230; Pourtant son geste r&#233;sonne, r&#233;sonne grave. Est-il vraiment l'heure de s'interroger sur la qualit&#233; de vie au travail ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi parle-t-on ? &#192; tous ces gens en qu&#234;te de sens&#8230; &#224; tous ces travailleurs qui cherchent comment tenir ? Comment continuer &#224; faire leur travail correctement ? &#192; tous ceux qui d&#233;j&#224; pensent &#224; s'enfuir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'heure est grave. Et ce n'est en nous disant que c'est pire ailleurs, que &#231;a vient de plus haut, que nous n'avons pas le choix&#8230; que nous irons mieux. La responsabilit&#233; de l'institution, comme celle d'une famille, est avant tout de prendre soin des siens. Pas de suivre machinalement les injonctions. Qu'en est-il de l'&#233;thique de notre institution ? Un comit&#233; en place et c'est tout ? Qu'en est-il des valeurs ? Un slogan &#224; coller sur les voitures et c'est tout ? Quelle est cette machine qui nous broie ? Qui broie jusqu'&#224; nos &#233;lans les uns envers les autres, parce que trop press&#233;s, trop pr&#233;occup&#233;s&#8230; qui broie nos espaces de convivialit&#233;, nos petits fours &#224; la sortie des r&#233;unions, capables de nous faire d&#233;compresser tous ensemble&#8230; Quelle est cette machine qui broie nos espaces de pens&#233;e parce que jug&#233;s trop co&#251;teux ? Quelle est cette machine qui fait de nous des remplisseurs de cases, des applicateurs de protocoles, des travailleurs sociaux asociaux ? C'est quoi ce monde ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai peur du jour o&#249; quand quelqu'un tombera, personne ne s'arr&#234;tera pour l'aider &#224; se relever parce que trop press&#233;, trop pr&#233;occup&#233;, trop apeur&#233; ; du jour o&#249; ils seront tellement nombreux &#224; tomber qu'on ne pourra plus s'arr&#234;ter, plus avancer. C'est quoi ce monde ? O&#249; ils ne comprennent pas que le bien-&#234;tre au travail c'est primordial ; que si on ne prend pas soin des soignants, ils ne peuvent plus soigner ; que si on ne prend pas soin des &#233;ducateurs, des instituteurs, ils ne peuvent plus accompagner ; si on ne prend pas soin des chefs, ils ne peuvent plus soutenir ; si on ne prend pas soin des secr&#233;taires, elles ne peuvent plus transmettre ; si on ne prend pas soin des agents de nettoyage, ils ne peuvent plus rendre accueillant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment font-ils pour ne pas comprendre que le travail social a besoin d'humains bien dans leur peau, bien dans leur institution, bien dans leur &#233;quipe ? &#192; besoin d'humains ? C'est quoi ce monde qu'elle a choisi de quitter ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Parler aux murs</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1265-Parler-aux-murs</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>1265</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je suis les murs, les &#171; f'n&#234;tres &#187; et les portes. Je suis &#233;pais, j'ai des barreaux et des serrures. Je suis l&#224; pour garder &#224; vue, parfois &#224; vie. Garder &#224; vue, pas forc&#233;ment en Vie, les p'tits les grands et les vieux. Garder toute la mis&#232;re, toute la souffrance et toute l'errance surtout depuis la fin de la guerre. Tous les monstres, toutes les folies qui ne peuvent se fondre dans la foule hyst&#233;rique d'un pays en d&#233;combres, &#224; reconstruire. Depuis que j'existe je contiens le danger, enveloppe la (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis les murs, les &#171; f'n&#234;tres &#187; et les portes. Je suis &#233;pais, j'ai des barreaux et des serrures. Je suis l&#224; pour garder &#224; vue, parfois &#224; vie. Garder &#224; vue, pas forc&#233;ment en Vie, les p'tits les grands et les vieux. Garder toute la mis&#232;re, toute la souffrance et toute l'errance surtout depuis la fin de la guerre. Tous les monstres, toutes les folies qui ne peuvent se fondre dans la foule hyst&#233;rique d'un pays en d&#233;combres, &#224; reconstruire. Depuis que j'existe je contiens le danger, enveloppe la maltraitance ou isole du froid, de la d&#233;ch&#233;ance. Je rassemble sur un m&#234;me sol, ceux que l'on d&#233;signe fous, d&#233;biles, clochards, voyous, vagabonds, indigents. En ces temps, j'&#233;tais l'&#233;tablissement des incurables, l'asile, l'hospice. J'&#233;tais la DASS, j'&#233;tais le bagne. Je suis devenu le centre, le foyer, la pouponni&#232;re, la maison d'enfants, la maison de retraite, l'h&#244;pital psychiatrique, le centre de r&#233;tention. Je suis les murs, les fen&#234;tres et les portes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir des ann&#233;es 70, on me repeint, me d&#233;charge du Salut et du poids des barreaux pour recueillir. Recueillir parfois &#224; vie, des p'tits, des grands, des vieux et surtout des &#171; naufrag&#233;s &#187;. Au c&#244;t&#233; des soutanes, de nouveaux porteurs de cl&#233;s montent et descendent mes escaliers. Ceux-l&#224; ne croyaient pas trop en Dieu mais plut&#244;t en l'Autre. Ils pensaient le &#171; sujet &#187;, se voyaient &#224; chaque pas en &#171; semeurs de graines &#187;. J'entendais leur nom telles des arcanes sortir de la bouche des recueillis : &#233;ducateur, assistant social, psychologue, psychiatre. Un peu plus chaleureux que moi, ces hommes et ces femmes proposaient &#224; la soci&#233;t&#233;, d&#233;j&#224; reconstruite et consommatrice, de nommer le semblable avant l'intol&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis les portes, les f'n&#234;tres et les murs. Dans les ann&#233;es 90, on me modernise. J'existe alors pour accueillir. Accueillir des p'tits, des jeunes, des adultes, la courbure des vies &#226;g&#233;es. Des architectes ravalent mon int&#233;rieur, estompent mes stigmates du pass&#233;. Ils planquent mes moulures sous des faux plafonds, &#233;tirent des c&#226;bles dans toutes mes entrailles. Mes espaces collectifs, pour dormir, se laver, se soulager, deviennent priv&#233;s, lieux d'intimit&#233;. Les derni&#232;res cornettes, &#224; l'heure de la retraite, referment leur missel pour servir comme jadis au presbyt&#232;re. Les porteurs de cl&#233;s, eux, ne veulent plus seulement ouvrir et fermer des portes. Ils veulent devenir le mur sur lequel l'Autre projettera son lent deux mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis les f'n&#234;tres, les portes et les murs. &#192; l'or&#233;e de l'an 2000, on me rebaptise &#171; lieu de vie &#187;. Je suis color&#233;, vivant, m&#234;me mobile. Je ne retiens plus rien ni personne et la soci&#233;t&#233; en dette m'accorde d&#233;sormais du cr&#233;dit. Je n'ai plus &#224; &#171; contentionner &#187; la diff&#233;rence, sauf sur ordonnance. Ma fonction est de d&#233;fendre sans condition le droit &#224; l'existence, &#224; la citoyennet&#233;. De soutenir chaque jour, l'action, de professionnels de l'accompagnement, pour que les pas ou les roues de ceux qui me touchent trouvent le chemin d'une soci&#233;t&#233; ouverte. Ouverte &#224; la diff&#233;rence, consciente qu'&#224; tout moment, elle pourrait avoir besoin de pousser la porte d'une r&#233;alit&#233; aux murs color&#233;s, aux f'n&#234;tres sans barreau, dont on lui confie la cl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Contact : vaucellek@gmail.com&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cin&#233; &#8226; Destin de femmes </title>
		<link>https://www.lien-social.com/Cine-o-Destin-de-femmes</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>1265</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Enceinte, Samia marche seule dans la M&#233;dina de Casablanca ; Abla tient une minuscule &#233;choppe de p&#226;tisserie dans sa maison o&#249; elle vit seule avec sa fille. Adam, premier long m&#233;trage de la r&#233;alisatrice Maryam Touzani, filme la rencontre de ces deux femmes. Huis clos f&#233;minin aux images puissantes, sobres. Elles prennent leur temps, s'attardent sur les peaux, les regards, les visages. Mais derri&#232;re le calme apparent des travaux domestiques, derri&#232;re les gestes du quotidien, derri&#232;re les mains qui (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Enceinte, Samia marche seule dans la M&#233;dina de Casablanca ; Abla tient une minuscule &#233;choppe de p&#226;tisserie dans sa maison o&#249; elle vit seule avec sa fille. &lt;i&gt;Adam&lt;/i&gt;, premier long m&#233;trage de la r&#233;alisatrice Maryam Touzani, filme la rencontre de ces deux femmes. Huis clos f&#233;minin aux images puissantes, sobres. Elles prennent leur temps, s'attardent sur les peaux, les regards, les visages. Mais derri&#232;re le calme apparent des travaux domestiques, derri&#232;re les gestes du quotidien, derri&#232;re les mains qui p&#233;trissent, malaxent, lavent, derri&#232;re les silences faute de pouvoir dire, se terrent une douleur visc&#233;rale, des questions de vie et de mort pour ces deux solitudes barricad&#233;es, prisonni&#232;res de leur destin dans une soci&#233;t&#233; o&#249; elles n'ont pas d'espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2150 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L453xH260/screenshot_9-3-b27b7.png?1693670395' width='453' height='260' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux femmes, magnifiquement incarn&#233;es par les actrices Lubna Azabal et Nisrin Erradi, partagent l'exp&#233;rience de la maternit&#233;, impossible pour l'une, essentielle pour l'autre ; de la mort, &#233;chappatoire pour l'une, prison pour l'autre. &lt;i&gt;&#171; La mort n'appartient pas aux femmes &#187;&lt;/i&gt;, dit Abla. &lt;i&gt;&#171; Peu de choses nous appartiennent &#187;&lt;/i&gt;, rench&#233;rit Samia. &lt;i&gt;&#171; Ce film est n&#233; d'une vraie rencontre,&lt;/i&gt; explique Maryam Touzani, &lt;i&gt;douloureuse mais inspirante, qui a laiss&#233; en moi des traces ind&#233;l&#233;biles &#187;&lt;/i&gt;. Une rencontre avec une femme enceinte d'un homme lui promettant le mariage avant de la quitter dans un Maroc qui imm&#233;diatement la condamne. &lt;i&gt;&#171; Elle esp&#233;rait accoucher en cachette et donner son enfant pour revenir dans son village&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, raconte la r&#233;alisatrice. Elle n'imaginait pas porter cette histoire pendant tant d'ann&#233;es, la voir se r&#233;veiller au moment de sa propre maternit&#233; au point de ressentir l'urgence d'en faire un film.&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;600&#034; height=&#034;300&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/qmP2E4g7Xx8&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Adam, un film de Maryam Touzani &#8211; 98 minutes.&lt;br class='autobr' /&gt;
S&#233;lection officielle Un certain regard au Festival de Cannes,&lt;br class='autobr' /&gt;
Sortie le 5 f&#233;vrier 2020&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Expo &#8226; Images en trois temps</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1265-Expo-o-Images-en-trois-temps</link>
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		<dc:date>2020-01-21T10:21:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Immigration</dc:subject>
		<dc:subject>Humanitaire</dc:subject>
		<dc:subject>1265</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comment couvrir la &#171; jungle &#187; ? Un sujet, trois approches photographiques sur la situation des r&#233;fugi&#233;s et des exil&#233;s install&#233;s dans un bidonville aux abords de la ville de Calais, avant son d&#233;mant&#232;lement en octobre&#8239;2016. L'exposition Calais &#8211; t&#233;moigner de la &#171; jungle &#187;, interroge, &#224; travers une pluralit&#233; de documents, les r&#244;les, les statuts et les fonctions des images qu'elles soient journalistiques, documentaires ou amateurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 2015, la constitution d'un grand bidonville, surnomm&#233; la &#171; jungle &#187;, (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment couvrir la &#171; jungle &#187; ? Un sujet, trois approches photographiques sur la situation des r&#233;fugi&#233;s et des exil&#233;s install&#233;s dans un bidonville aux abords de la ville de Calais, avant son d&#233;mant&#232;lement en octobre&#8239;2016. L'exposition&lt;i&gt; Calais &#8211; t&#233;moigner de la &#171; jungle &#187;&lt;/i&gt;, interroge, &#224; travers une pluralit&#233; de documents, les r&#244;les, les statuts et les fonctions des images qu'elles soient journalistiques, documentaires ou amateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2151 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L459xH233/screenshot_10-3-60848.png?1693670395' width='459' height='233' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2015, la constitution d'un grand bidonville, surnomm&#233; la &#171; jungle &#187;, accroit l'int&#233;r&#234;t des m&#233;dias. Avec ses journalistes, photographes et reporters vid&#233;o, l'Agence France-Presse (AFP) a &#233;t&#233; un des acteurs principaux sur le terrain. Ces clich&#233;s &#8211; effectu&#233;s dans l'urgence qui doivent &#234;tre &lt;i&gt;&#171; lisibles en une fraction de seconde &#187;&lt;/i&gt;, selon Tom Holert, critique d'art &#8211;, ont &#233;t&#233; diffus&#233;s par les m&#233;dias du monde entier. &#192; ces images qui n'ont cess&#233; de se succ&#233;der les unes aux les autres, le travail de Bruno Serralongue d&#233;fend la mise &#224; distance de l'&#233;v&#233;nement en ne perdant jamais de vue &lt;i&gt;&#171; la fragilit&#233;, l'inhumanit&#233; de cette situation &#187;&lt;/i&gt;. Face au flux ininterrompu des photos de presse, l'artiste choisit le temps et la lenteur. De 2006 &#224; 2018, il r&#233;alise, avec sa chambre photographique, une s&#233;rie documentaire &lt;i&gt;Calais &lt;/i&gt; qui montre la vie quotidienne et sociale des personnes exil&#233;es. Enfin, les photographies des anciens habitants de la &#171; jungle &#187; prises le plus souvent avec un t&#233;l&#233;phone portable, outil essentiel et existentiel pour toute personne en exil, deviennent archives. Elles contribueront, sans aucun doute, &#224; alimenter notre m&#233;moire collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Calais. T&#233;moigner de la &#171; jungle &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Exposition jusqu'au 24&#8239;f&#233;vrier 2020, de 11&#8239;h &#224; 21&#8239;h. &lt;br class='autobr' /&gt;
Galerie de photographies - Centre Pompidou, Paris. &lt;br class='autobr' /&gt;
Entr&#233;e libre. Plus d'infos sur &lt;a href=&#034;http://www.centrepompidou.fr&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.centrepompidou.fr&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Logement d'abord &#8226; Nexity, bailleur social ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Logement-d-abord-o-Nexity-bailleur-social</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Logement-d-abord-o-Nexity-bailleur-social</guid>
		<dc:date>2020-01-21T10:19:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Logement</dc:subject>
		<dc:subject>1265</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'habitat tr&#232;s social vient de trouver un partenaire inattendu : Nexity, gros promoteur immobilier. Pour se lancer, le groupe c&#244;t&#233; en bourse se dote d'une filiale &#224; but non lucratif et multiplie les conventions avec le monde associatif. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le plan quinquennal du gouvernement pour le Logement d'abord p&#234;che par l'insuffisance de logements &#224; tr&#232;s faible loyer, constate Florent Gueguen, directeur de la F&#233;d&#233;ration des acteurs de la solidarit&#233; (FAS). Du coup, nous passons des alliances avec ceux qui (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'habitat tr&#232;s social vient de trouver un partenaire inattendu : Nexity, gros promoteur immobilier. Pour se lancer, le groupe c&#244;t&#233; en bourse se dote d'une filiale &#224; but non lucratif et multiplie les conventions avec le monde associatif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le plan quinquennal du gouvernement pour le Logement d'abord p&#234;che par l'insuffisance de logements &#224; tr&#232;s faible loyer, &lt;/i&gt; constate Florent Gueguen, directeur de la F&#233;d&#233;ration des acteurs de la solidarit&#233; (FAS). &lt;i&gt;Du coup, nous passons des alliances avec ceux qui s'engagent &#224; en fournir, notamment les promoteurs et les gestionnaires immobiliers. &#187;&lt;/i&gt; En 2017, l'&#201;tat s'est fix&#233; pour objectif de cr&#233;er dix mille places en pension de famille et quarante mille en interm&#233;diation locative (115&#8239;% d'augmentation). Apr&#232;s deux ans, ce programme ambitieux se r&#233;v&#232;le surtout poussif. Alors quand, en 2018, le premier groupe immobilier fran&#231;ais, Nexity, s'engage &#224; produire mille places en pension de famille et &#224; louer mille appartements en interm&#233;diation locative par an, le monde du social joue le jeu du rapprochement. &lt;i&gt;&#171; On a besoin d'alli&#233;s pour acc&#233;l&#233;rer le logement des m&#233;nages en difficult&#233; et consolider le mod&#232;le &#233;conomique des associations qui ont du mal &#224; tenir,&lt;/i&gt; r&#233;sume Florent Gueguen.&lt;i&gt; &#199;a ne rel&#232;ve pas de la m&#234;me philosophie que les contrats &#224; impact social qui font reposer l'action sociale sur des investissements priv&#233;s avec des taux de r&#233;mun&#233;ration important, un syst&#232;me qui, au final, coute plus cher &#224; l'&#201;tat que s'il investissait directement dans l'action. L&#224;, notre partenariat est assez simple, Nexity nous informe de ses projets, &#224; nous de trouver un op&#233;rateur social pour g&#233;rer la structure ou l'accompagnement dans le logement. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mettre en confiance ses nouveaux partenaires, le constructeur a cr&#233;&#233; une filiale d&#233;di&#233;e : Nexity non profit. &lt;i&gt;&#171; En 2018, j'ai pass&#233; la moiti&#233; de mon temps &#224; rencontrer le monde associatif pour pr&#233;senter la d&#233;marche, j'appr&#233;hendais un peu &#233;tant conscient que nous repr&#233;sentons le diable,&lt;/i&gt; explique Christian Dubois, promoteur immobilier devenu directeur g&#233;n&#233;ral de Nexity non profit. &lt;i&gt;En fait nous avons &#233;t&#233; accueilli &#224; bras ouvert. Nous avons aujourd'hui des accords avec plus de 80&#8239;% du monde associatif li&#233; au logement. Nous avons d&#233;cid&#233; de mettre nos savoir-faire au service des op&#233;rateurs du logement tr&#232;s social, associations et &#201;tat, afin de permettre d'aller un peu plus vite, un peu mieux, pour aider ces acteurs &#224; r&#233;aliser leurs objectifs, loger les plus d&#233;munis. En plus, les incidences sont positives pour notre responsabilit&#233; sociale de l'entreprise&lt;/i&gt; (RSE) &lt;i&gt;et cela suscite un sentiment de fiert&#233; chez nos collaborateurs &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous repr&#233;sentons le diable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ex-ministre du logement, Emmanuelle Cosse, a travaill&#233; au c&#244;t&#233; du promoteur pour d&#233;terminer ses modalit&#233;s d'interventions dans le logement tr&#232;s social. &lt;i&gt;&#171; Pour moi, la lutte contre le mal logement ne rel&#232;ve pas seulement de la responsabilit&#233; du monde associatif ou social, mais de l'ensemble des acteurs de l'immobilier,&lt;/i&gt; affirme celle qui est d&#233;sormais pr&#233;sidente de Coallia Habitat, association d'insertion par le logement. &lt;i&gt;Je les ai donc interrog&#233;s sur leur capacit&#233; &#224; produire &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Les-pensions-de-famille-une-solution-pour-des-personnes-en-difficulte&#034;&gt;des pensions de familles&lt;/a&gt;. Ce dispositif est tr&#232;s compliqu&#233; &#224; d&#233;velopper, parce qu'on en a besoin en c&#339;ur de m&#233;tropole, des zones tendues o&#249; le foncier est tr&#232;s cher alors qu'il faut proposer des loyers o&#249; le reste &#224; charge apr&#232;s APL n'exc&#232;de pas 50 euros. Sur des op&#233;rations immobili&#232;res de plus de mille logements, il est facile de trouver 1 000&#8239;m2 pour installer une pension de famille et, inclure une petite op&#233;ration dans une tr&#232;s grosse, permet de lisser une partie des co&#251;ts. D&#233;sormais d&#232;s que, dans le cadre de la loi solidarit&#233; au renouvellement urbain (SRU), le plan local d'urbanisme impose un quota de logements sociaux, la pension de famille est envisag&#233;e. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2142 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH325/screenshot_1-2-51921.png?1693670395' width='500' height='325' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendu &#224; prix co&#251;tant &#224; un bailleur social, cette petite structure offre au r&#233;sident d'&#234;tre locataire en titre de son logement et d'y vivre aussi longtemps qu'il le d&#233;sire. L'accompagnement social et la gestion reposent sur une structure locale. Le montant du loyer fait l'objet d'un accord tripartite entre le promoteur, le bailleur et l'association pour &#233;viter toute possibilit&#233; de marge. Directeur de la Fondation Abb&#233; Pierre, Christophe Robert a &#233;t&#233; consult&#233; d&#232;s le d&#233;part. &lt;i&gt;&#171; J'ai eu la m&#234;me posture qu'avec les associations qui viennent nous voir, on leur pr&#233;cise ce qui nous semble manquer et les r&#233;ponses les mieux adapt&#233;es. Apr&#232;s, il nous importe que ces pensions de famille soient de qualit&#233;, nous avons donc mis l'accent sur les minimums requis pour une vraie coordination entre le projet social et immobilier. Ensuite, ils font leur boulot. Normalement les bailleurs sociaux devraient jouer ce r&#244;le, mais ils ne le font pas assez. La responsabilit&#233; de l'&#201;tat se limite &#224; fixer des objectifs et &#224; financer la construction et la gestion. Nexity ne met pas de l'argent de sa poche dans cette op&#233;ration. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le promoteur, le bailleur et l'association&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, pour le promoteur il s'agit d'une classique vente en l'&#233;tat futur d'ach&#232;vement (VEFA). Le conventionnement tr&#232;s social du b&#226;timent permet &#224; l'acheteur de b&#233;n&#233;ficier d'un pr&#234;t locatif aid&#233; d'int&#233;gration (PLAI) et de subventions. La premi&#232;re pension de famille ainsi construite devrait ouvrir en 2020 &#224; La Ciotat, petite ville baln&#233;aire proche de Marseille. Soci&#233;t&#233; du Groupe habitat en r&#233;gion, deuxi&#232;me acteur HLM priv&#233; en France, Erilia se porte acqu&#233;reuse du b&#226;timent, soit dix-huit studios de 27 &#224; 34&#8239;m2 et des espaces communs. &lt;i&gt;&#171; Le co&#251;t pr&#233;visionnel de cette op&#233;ration s'&#233;l&#232;ve &#224; 1 251 050 euros,&lt;/i&gt; d&#233;taille Nathalie Calise, directrice de la communication du bailleur social. &lt;i&gt;Nous allons toucher une subvention de l'&#201;tat pour la cr&#233;ation de PLAI de 176 000&#8239;euros, contracter un emprunt &#224; la Caisse des d&#233;p&#244;ts et consignations de 970 000 euros, et compl&#233;ter avec un financement de la fondation Abb&#233; Pierre de 105 000,00 euros. Le loyer sera de 350 euros par mois touch&#233; par l'association ciotadenne gestionnaire, &#224; laquelle Erilia facture un loyer global. &#187;&lt;/i&gt; L'association locale, Station lumi&#232;re, d&#233;j&#224; charg&#233;e d'un CHRS et de deux accueils de jour, va ainsi pouvoir compl&#233;ter son offre de dispositifs d'insertion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nexity non profit s'engage &#233;galement dans une vaste op&#233;ration de sensibilisation des collaborateurs en organisant des visites de pensions de famille. L'objectif est, qu'&#224; leur tour, ils persuadent les propri&#233;taires de logements vacants de mettre leur bien en interm&#233;diation locative. Ce dispositif &#171; bretelle et ceinture &#187; garantit le paiement du loyer, la remise en &#233;tat du bien et, si n&#233;cessaire, la m&#233;diation avec le voisinage. La possibilit&#233; d'organiser l'occupation temporaire des terrains o&#249; le promoteur n'a pas encore lanc&#233; ses op&#233;rations est &#233;galement envisag&#233;e. &lt;i&gt;&#171; Il y a dix ans, les grands groupes priv&#233;s n'imaginaient pas ces possibilit&#233;s,&lt;/i&gt; constate Emmanuelle Cosse. &lt;i&gt;L'obligation RSE pousse les entreprises &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; ce qu'elles peuvent faire. De plus en plus de salari&#233;s demandent des comptes sur l'action de leur boite dans la lutte contre la grande pauvret&#233; ou pour l'environnement. Ces entreprises qui gagnent de l'argent peuvent avoir un impact social fort sur une partie de leur activit&#233;. Mais avec ce gouvernement, il faut faire attention &#224; ne pas laisser penser que le priv&#233; va faire &#224; la place de l'&#201;tat. &#187;&lt;/i&gt; L'id&#233;e semble pourtant bien en marche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Microcr&#233;dit &#8226; &#192; l'&#233;preuve sociale</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Microcredit-o-A-l-epreuve-sociale-7463</link>
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		<dc:subject>Pauvret&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Pr&#233;carit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>1265</dc:subject>

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&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 2000, les travailleurs sociaux peuvent proposer des microcr&#233;dits personnels accompagn&#233;s. Si ce nouvel outil se d&#233;clare en faveur de l'inclusion, il reste cependant dans une logique bancaire d'endettement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Roger, 49 ans, vient de contracter un nouveau microcr&#233;dit personnel pour payer les r&#233;parations de la voiture qui lui sert &#224; aller au travail, apr&#232;s un pr&#233;c&#233;dent qui lui avait servi &#224; financer les obs&#232;ques de la m&#232;re de ses trois enfants. &#171; Les banques que j'&#233;tais all&#233;es voir (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 2000, les travailleurs sociaux peuvent proposer des microcr&#233;dits personnels accompagn&#233;s. Si ce nouvel outil se d&#233;clare en faveur de l'inclusion, il reste cependant dans une logique bancaire d'endettement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Roger, 49 ans, vient de contracter un nouveau microcr&#233;dit personnel pour payer les r&#233;parations de la voiture qui lui sert &#224; aller au travail, apr&#232;s un pr&#233;c&#233;dent qui lui avait servi &#224; financer les obs&#232;ques de la m&#232;re de ses trois enfants. &lt;i&gt;&#171; Les banques que j'&#233;tais all&#233;es voir n'avaient pas &#233;t&#233; sensibles &#224; ma situation. Avec le microcr&#233;dit, j'ai trouv&#233; un vrai support et j'ai senti des humains en face de moi &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;crit ce p&#232;re de famille aux revenus corrects mais aux fins de mois difficiles, entre ses frais de d&#233;placements et les &#233;tudes de ses plus grands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurence, pour sa part au RSA, en est elle &#224; son troisi&#232;me microcr&#233;dit personnel. Pour de l'&#233;lectrom&#233;nager, des v&#233;los puis l'ameublement de son logement. &lt;i&gt;&#171; Cela m'a permis de maintenir mes conditions de vie sans me mettre dans le rouge, sans couler &#187;&lt;/i&gt;, confie cette m&#232;re c&#233;libataire de 46 ans, fi&#232;re de dire qu'elle est &lt;i&gt;&#171; fiable &#187; &lt;/i&gt; puisque qu'elle a rembours&#233; &#224; chaque fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le microcr&#233;dit personnel accompagn&#233; (MCPA) est le petit fr&#232;re du microcr&#233;dit lanc&#233; au Bangladesh par le Prix Nobel de la paix Muhammad Yunus pour soutenir des projets de microentreprises. Le cr&#233;ateur de la Grameen Bank et chantre du social business, pense que les pauvres peuvent lutter eux-m&#234;mes contre leur pauvret&#233; si on leur permet d'acc&#233;der &#224; un capital. L'id&#233;e fait pol&#233;mique puisqu'elle sous-entend que les pauvres repr&#233;sentent un march&#233;. Pour revenir &#224; nos fronti&#232;res, le microcr&#233;dit est tout autant l'h&#233;ritier des Monts de pi&#233;t&#233; permettant depuis le XIV&#232;me si&#232;cle &#224; des Fran&#231;ais de confier leurs couvertures au printemps contre quelques pi&#232;ces, en esp&#233;rant pouvoir les r&#233;cup&#233;rer &#224; l'hiver. Le microcr&#233;dit personnel a d'ailleurs &#233;t&#233; exp&#233;riment&#233; d&#232;s la fin des ann&#233;es 90 par les cr&#233;dits municipaux comme ceux de Nantes et de Bordeaux, porteurs des pr&#234;ts sur gage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2005, la loi de Coh&#233;sion sociale a formalis&#233; le cadre de ce qui a d'abord &#233;t&#233; appel&#233; le &#171; microcr&#233;dit personnel garanti &#187;, dans le but de le g&#233;n&#233;raliser &#224; toutes les personnes exclues des pr&#234;ts &#171; classiques &#187; du fait de leurs faibles ressources. Le principe : une somme est pr&#234;t&#233;e par une banque &#224; un faible taux d'int&#233;r&#234;t dans le cadre d'une convention avec une structure sociale (parfois missionn&#233;e comme plateforme, la mutualisation &#233;tant encourag&#233;e). Les impay&#233;s sont port&#233;s &#224; 50&#8239;% par l'&#233;tablissement de cr&#233;dit et &#224; 50&#8239;% par un Fonds de coh&#233;sion sociale, g&#233;r&#233; par la Caisse des d&#233;p&#244;ts et consignations. Mais surtout, l'emprunteur est accompagn&#233; par un intervenant social tout au long du remboursement de ses &#233;ch&#233;ances. Un produit bancaire hybride donc, &#224; cheval entre le march&#233; et la solidarit&#233;, promu comme une action sociale non stigmatisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2145 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH356/screenshot_4-4-e5c29.png?1693670395' width='500' height='356' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carole Marthey, charg&#233;e de mission &#224; l'union d&#233;partementale des associations familiales (UDAF) de Haute-Sa&#244;ne, instruit les demandes pour les personnes suivies par des prescripteurs de tout le d&#233;partement. Les demandes de microcr&#233;dits concernent surtout des projets li&#233;s &#224; la mobilit&#233;, principal frein &#224; l'emploi en zone rurale. &lt;i&gt;&#171; Cela permet de briser un cercle vicieux : d&#233;bloquer les situations de personnes pr&#233;caires qui, sans permis de conduire ou v&#233;hicule, ne peuvent pas acc&#233;der &#224; l'emploi ou s'y maintenir. Nous avons quelques impay&#233;s, mais globalement &#231;a fonctionne bien. L'enjeu est de bien &#233;valuer la situation budg&#233;taire de l'emprunteur &#224; l'instant T avant de se lancer &#187;&lt;/i&gt;, explique l'intervenante sociale, aussi sp&#233;cialis&#233;e sur le surendettement. Les UDAF, avec une quarantaine de structures impliqu&#233;es dans le microcr&#233;dit sur les 99 que compte la France, est l'un des principaux acteurs du microcr&#233;dit personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2148 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L454xH379/screenshot_7-3-2c632.png?1693670395' width='454' height='379' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s la Banque de France, charg&#233;e de la promotion du microcr&#233;dit, son utilisation est en de&#231;&#224; des ambitions. &lt;i&gt;&#171; Le microcr&#233;dit, personnel ou professionnel, constitue un formidable levier d'inclusion mais demeure insuffisamment diffus&#233;. Pour que cette solution permette &#224; celles et ceux qui en ont besoin de trouver un financement &#224; leur projet, il faut encore mieux la faire connaitre aux particuliers, aux entrepreneurs et aux intervenants sociaux &#187;&lt;/i&gt;, appuie St&#233;phane Tourte, directeur des particuliers de la Banque de France. Cette derni&#232;re multiplie des actions d'information en r&#233;unissant localement les acteurs concern&#233;s, qu'ils soient prescripteurs, accompagnateurs ou financeurs. Ainsi en novembre dernier, 50 personnes se sont r&#233;unies &#224; Grenoble &#224; l'invitation de la Banque de France, dont de nombreux professionnels du centre communal d'action sociale (CCAS), Cr&#233;sus, l'Adie, Cr&#233;a-Sol et du Cr&#233;dit Agricole. En 2018, les &#233;missaires de la Banque de France ont rencontr&#233; au total plus de 15 000 travailleurs sociaux et les microcr&#233;dits personnels auraient progress&#233; de 5&#8239;%. La Banque de France esp&#232;re que le d&#233;ploiement des &#171; Points conseils budgets &#187; (PCB) lanc&#233;s dans le cadre du plan de lutte contre la pauvret&#233;, pour lesquels elle forme aussi des intervenants sociaux, contribuera &#224; la dynamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2147 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L447xH503/screenshot_6-4-514bc.png?1693670395' width='447' height='503' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Udaf 70 pratique le microcr&#233;dit depuis 10 ans. &lt;i&gt;&#171; Le r&#233;seau s'est bien appropri&#233; l'outil. Nous avons de moins en moins de demandes hors crit&#232;res. Et plus du tout de r&#233;ticences des intervenants sociaux, au contraire ils veulent parfois l'enclencher trop vite &#187;&lt;/i&gt;, constate la charg&#233;e de mission de l'Udaf 70 Carole Marthey. Marl&#232;ne Fontan, assistante de service social au CCAS de Tarbes, charg&#233;e des microcr&#233;dits depuis le lancement d'une convention avec la Caisse d'&#233;pargne en 2009, constate elle aussi une appropriation progressive. Les 72 personnes qu'elle a re&#231;ues cette ann&#233;e avaient &#233;t&#233; orient&#233;es en interne par ses coll&#232;gues, mais aussi par le D&#233;partement, la MDPH ou la CAF.&lt;i&gt; &#171; Au d&#233;part c'&#233;tait d&#233;licat d'analyser les relev&#233;s de comptes, ce n'est pas dans nos g&#234;nes d'assistante sociale de proposer du cr&#233;dit ! Mais &#224; pr&#233;sent mes partenaires et moi sommes persuad&#233;s de son utilit&#233;, dans certains cas bien cadr&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, confie l'assistante sociale. Il n'y a pourtant que 300 CCAS sur les quelque 4000 adh&#233;rents &#224; l'Unccass qui pratiquent le microcr&#233;dit. &lt;i&gt;&#171; L'organisation est tr&#232;s diff&#233;rente selon les territoires et les choix politiques des villes &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;crit Fr&#233;d&#233;ric Bodo, responsable des politiques sociales &#224; l'Unccass.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Manque d'engagement des banques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de l'outil d&#233;pend aussi des priorit&#233;s des banques, dont l'ADN reste de gagner de l'argent. &lt;i&gt;&#171; Actuellement notre plus gros souci est que les banques jouent de moins en moins le jeu, ce qui bloque nos travailleurs sociaux &#187;,&lt;/i&gt; pointe Fabien Tocqu&#233;, coordinateur du p&#244;le &#233;conomie &#224; l'UNAF, relayant une inqui&#233;tude g&#233;n&#233;rale. &lt;i&gt;&#171; Avec les faibles taux d'int&#233;r&#234;t des microcr&#233;dits personnels, elle perdent de l'argent &#224; chaque dossier. Auparavant, elles le faisaient dans le cadre de leur d&#233;marche responsabilit&#233; soci&#233;tale des entreprises (RSE) pour valoriser leur image. Sauf que depuis quelques temps, les banques disent ne pas se porter tr&#232;s bien et referment doucement mais s&#251;rement le robinet. &#187; &lt;/i&gt; Les r&#232;glements europ&#233;ens dits de B&#226;le et leurs normes prudentielles sur les risques de cr&#233;dit n'encouragent pas &#224; consolider ce type d'exp&#233;rimentation. Les banques mutualistes qui avaient internalis&#233; un service microcr&#233;dit, comme les Points passerelles du Cr&#233;dit Agricole ou Parcours confiance de la Caisse d'&#233;pargne, sont moins actives. Hormis les cr&#233;dits municipaux, les &#233;tablissements bancaires tendent &#224; devenir m&#233;c&#232;nes de structures de l'&#233;conomie sociale et solidaire dont c'est la sp&#233;cialit&#233;, comme Cr&#233;a-Sol, qui d&#233;fend son ambition d'&#234;tre leader du microcr&#233;dit en France. Il partage d&#233;j&#224; le haut du classement avec l'Adie (Cr&#233;a-Sol se positionnant davantage sur le personnel et l'Adie plus sur le professionnel). &lt;i&gt;&#171; En France, on compte trois millions de personnes en grande difficult&#233; financi&#232;re pour lesquelles le microcr&#233;dit pourrait potentiellement constituer une solution et seulement 17 000 qui en contractent un chaque ann&#233;e. Il faut qu'on informe davantage les personnes qui y ont droit pour qu'elles osent passer la porte &#187;&lt;/i&gt;, pense Bruno Breville, le directeur g&#233;n&#233;ral de Cr&#233;a-Sol. Pourtant, cet organisme de microfinance, principalement soutenu par la Banque Postale a r&#233;cemment mont&#233; ses taux d'int&#233;r&#234;t &#224; 6&#8239;%. Cette augmentation interroge sur la tension qui existe entre taux acceptable pour les personnes et recherche de rentabilit&#233; des banques. Le directeur assure que &lt;i&gt;&#171; c'est provisoire, dans le but de maintenir un &#233;quilibre et non de gagner de l'argent &#187; et que &#171; les personnes ne sont pas forc&#233;ment sensibles au taux si leur projet est soutenu. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;chec de l'inclusion bancaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des banques qui ne jouent plus le jeu, cela rappelle certains glissements de la microfinance dans les pays du Sud et appelle &#224; la vigilance. &lt;i&gt;&#171; Bien s&#251;r, un microcr&#233;dit personnel c'est mille fois mieux qu'un cr&#233;dit revolving mais en aucun cas une solution miracle. Cela participe d'un syst&#232;me qui veut cr&#233;er de la richesse en poussant &#224; recourir au cr&#233;dit, dans une logique d'endettement. Et cela met &#224; mal deux autres &#233;conomies indispensables : celle de la redistribution &#8211; par les aides sociales et les subventions venant de l'&#201;tat &#8211; et celle de la solidarit&#233; &#8211; par l'&#233;change entre pairs &#187;&lt;/i&gt;, met en garde Bruno Lasnier, coordinateur du Mouvement de l'&#233;conomie solidaire (MES). Ce dernier d&#233;fend l'id&#233;e que la logique de march&#233; ne doit pas prendre le dessus sur les deux autres dimensions, pour bien rester dans les valeurs de l'&#233;conomie sociale et solidaire. Il d&#233;nonce la tendance du social business &#224; financiariser la pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2146 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L460xH417/screenshot_5-4-651c7.png?1693670395' width='460' height='417' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Muhammad Yunus, inventeur du microcr&#233;dit et du social business, voudrait allier impact social et rentabilit&#233; &#233;conomique dans une approche qui privatise les actions de lutte contre la pauvret&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, les cons&#233;quences du d&#233;sengagement des banques sont contraires &#224; l'esprit de la loi de coh&#233;sion sociale de 2005, modifi&#233;e par celle de 2010 relative au cr&#233;dit &#224; la consommation. Elle visait en effet l'inclusion bancaire : apr&#232;s avoir prouv&#233; sa capacit&#233; &#224; rembourser un microcr&#233;dit, la personne devait pouvoir contracter un cr&#233;dit classique dans sa banque. &lt;i&gt;&#171; Dans ce but, nous travaillons au maximum avec la banque d'origine de la personne. Nous collaborons donc avec une dizaine de banques &#187;&lt;/i&gt;, insiste Ana&#239;s Martin, conseill&#232;re microcr&#233;dit &#224; l'Udaf 79. Mais globalement, les structures sociales voient se resserrer leurs partenaires bancaires. &lt;i&gt;&#171; Et les personnes multiplient les microcr&#233;dits. C'est le signe d'un &#233;chec &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;plore Fabien Tocqu&#233; de l'UNAF. Roger, deux microcr&#233;dits et sa&lt;i&gt; &#171; crainte du regard des banquiers &#187;&lt;/i&gt;, ou Laurence, trois microcr&#233;dits et sa &lt;i&gt;&#171; peur d'&#233;chouer &#187;&lt;/i&gt;, sont encore loin d'oser retourner dans une banque &#171; normale &#187; pour demander un pr&#234;t.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Reportage &#8226; Vigilance sur l'outil</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1265-Reportage-o-Vigilance-sur-l-outil</link>
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		<dc:date>2020-01-21T10:06:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Pauvret&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Pr&#233;carit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>1265</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour l'intervenant social qui instruit un microcr&#233;dit social, l'enjeu est d'analyser sa pertinence au vu de la situation budg&#233;taire de la personne accompagn&#233;e : pour lui donner une vraie chance. Exercice avec le &#171; conseil solidaire &#187; du centre communal d'action sociale de Nantes, pionnier en la mati&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce vendredi matin comme tous les matins, une permanence &#171; conseil solidaire &#187; se tient au centre communal d'action sociale de Nantes. C'est au tour de Clara Simo d'accueillir les personnes qui se (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour l'intervenant social qui instruit un microcr&#233;dit social, l'enjeu est d'analyser sa pertinence au vu de la situation budg&#233;taire de la personne accompagn&#233;e : pour lui donner une vraie chance. Exercice avec le &#171; conseil solidaire &#187; du centre communal d'action sociale de Nantes, pionnier en la mati&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce vendredi matin comme tous les matins, une permanence &#171; conseil solidaire &#187; se tient au centre communal d'action sociale de Nantes. C'est au tour de Clara Simo d'accueillir les personnes qui se pr&#233;sentent pour faire le point sur leurs difficult&#233;s budg&#233;taires et s'informer de leurs droits. &lt;i&gt;&#171; Les demandes concernent tr&#232;s majoritairement le microcr&#233;dit. Les personnes se pr&#233;sentent directement apr&#232;s en avoir entendu parler par le bouche &#224; oreille ou orient&#233;es par un r&#233;f&#233;rent social, une association ou m&#234;me par leur banque &#187;&lt;/i&gt;, explique l'intervenante sociale, conseill&#232;re en &#233;conomie sociale et familiale (cesf) de formation, en attente derri&#232;re un bureau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son premier &#171; client &#187; est un jeune homme qui met pour la premi&#232;re fois les pieds au CCAS. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Je viens d'arriver &#224; Nantes et j'ai besoin d'argent pour meubler mon logement, mais ma demande de cr&#233;dit aupr&#232;s d'un organisme priv&#233; a &#233;t&#233; refus&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, explique-t-il, avant de l&#226;cher qu'il a des bons revenus mais des comptes &#224; l'&#233;tranger et qu'il est &#171; fich&#233; &#187;. Trop de points flous, les feux sont rouges. Le jeune homme en reste l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arrive ensuite une dame d'un certain &#226;ge, elle aussi sur la pointe des pieds, m&#234;me si ce n'est pas la premi&#232;re fois qu'elle fait la d&#233;marche. &lt;i&gt;&#171; La derni&#232;re fois, je voulais aider ma fille &#224; payer son mariage, &#231;a n'a pas abouti. Cette fois c'est pour meubler mon nouveau logement &#187;&lt;/i&gt;, explique-t-elle &#224; son tour. La retrait&#233;e confie avec &#233;motion : &lt;i&gt;&#171; j'ai finalement pris un cr&#233;dit renouvelable, je ne regrette pas car cela m'a permis de participer au bonheur de ma fille unique. Mais je veux absolument en sortir pour ne pas tomber dans le cercle vicieux de cette r&#233;serve o&#249; l'on peut sans cesse piocher. &#187;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#171; Votre situation budg&#233;taire a l'air saine, nous pourrions mettre en place &#224; la fois un pr&#234;t stabilit&#233; pour solder votre cr&#233;ance et un microcr&#233;dit de quelques centaines d'euros pour votre projet &#187;&lt;/i&gt;, propose la conseill&#232;re. Elle lui donne rendez-vous pour un entretien quelques jours plus tard, le temps de r&#233;unir tous les justificatifs n&#233;cessaires pour instruire la demande. Les feux sont verts, m&#234;me si tout reste &#224; valider. La dame repart sourire aux l&#232;vres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur le fil de l'endettement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Notre r&#244;le consiste &#224; &#233;tudier la demande pour voir s'il est possible d'y r&#233;pondre favorablement sans d&#233;stabiliser le budget de la personne, au vu de son &#171; reste &#224; vivre &#187; et en survolant l'ensemble de sa situation familiale, en lien si besoin avec son r&#233;f&#233;rent social. Puis si le microcr&#233;dit est valid&#233;, de suivre le remboursement pour qu'il se passe au mieux &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;sume Clara Simo. Quand elle commence &#224; travailler au CCAS au d&#233;but des ann&#233;es 2010, la ville de Nantes m&#232;ne une politique volontariste pour d&#233;velopper le microcr&#233;dit suite &#224; la signature d'une charte avec une petite dizaine de banques. Clara Simo est l'une des premi&#232;res travailleuses sociales missionn&#233;es, en plus des agents administratifs qui s'en occupaient jusque l&#224;. Au d&#233;part un peu perturb&#233;e de devoir jouer les banqui&#232;res en faisant signer elle-m&#234;me le pr&#234;t, elle est aujourd'hui r&#244;d&#233;e &#224; ce dispositif, comme l'ensemble de ses coll&#232;gues d&#233;di&#233;es &#224; l'accompagnement socio-budg&#233;taire. Elle pr&#233;vient : &lt;i&gt;&#171; ce n'est qu'un outil parmi d'autres et surtout pas une fin en soi. Car &#231;a reste un cr&#233;dit, avec un fichage au fichier des incidents de remboursements des cr&#233;dits aux particuliers&lt;/i&gt; (FCIP) &lt;i&gt;&#224; la cl&#233; si on ne parvient pas &#224; le solder. Nous regardons toujours au pr&#233;alable s'il n'y a pas d'autres pistes envisageables, comme par exemple une aide coup de pouce, un pr&#234;t CAF, un accompagnement budg&#233;taire plus approfondi ou un dossier de surendettement. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clara Simo et ses coll&#232;gues participent r&#233;guli&#232;rement &#224; des permanences &#171; Point Conseil Budget &#187; sur les quartiers, en partenariat avec l'Agir pour l'int&#233;gration bancaire (APIB) et Cr&#233;sus Pays de la Loire, association soutenant juridiquement les personnes surendett&#233;es. &lt;i&gt;&#171; C'est tout le r&#244;le du travailleur social : mettre son professionnalisme au service d'une &#233;valuation globale pour soutenir le projet sans provoquer un surendettement. Et si les intervenants sociaux ne sont pas en capacit&#233; d'entrer dans la finesse des chiffres, il y a ensuite un deuxi&#232;me filtre : celui de la banque pr&#234;teuse &#187;&lt;/i&gt;, analyse St&#233;phane Briaud de Cr&#233;sus Pays de la Loire, lui aussi dans certains cas prescripteur de microcr&#233;dits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Relation ternaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Historiquement, le partenaire bancaire du CCAS de Nantes est le cr&#233;dit municipal de Nantes, connu pour son service de pr&#234;t sur gage. Ils ont exp&#233;riment&#233; ensemble le microcr&#233;dit social &#224; la fin des ann&#233;es 90, avant m&#234;me la loi de coh&#233;sion qui l'a formalis&#233;. Apr&#232;s une p&#233;riode d'ouverture &#224; d'autres banques, le CCAS travaille de nouveau presque exclusivement avec le Cr&#233;dit municipal de Nantes et son taux &#224; 3,5&#8239;%. &lt;i&gt;&#171; Il s'av&#232;re difficile de trouver des banques engag&#233;es, avec une vraie qualit&#233; d'&#233;coute et des taux acceptables &#187;&lt;/i&gt;, constate Emmanuelle Eug&#233;nie, coordinatrice du service Conseil solidaire du CCAS. Ce dernier a r&#233;cemment arr&#234;t&#233; sa convention avec Cr&#233;a-Sol suite &#224; la mont&#233;e de ses taux d'int&#233;r&#234;t &#224; 6&#8239;%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les locaux du centre-ville du Cr&#233;dit Municipal de Nantes, &#171; &#233;tablissement public de cr&#233;dit &#224; vocation sociale &#187;, des agents bancaires cette fois, &#233;tudient les demandes transmises par les intervenants sociaux du CCAS de Nantes, mais aussi d'Angers ou de Bordeaux, des Udaf, des missions locales, de Cr&#233;sus ou encore des b&#233;n&#233;voles de la Croix rouge, du Secours catholique ou des Restaurants du c&#339;ur. Ils d&#233;cortiquent l'ensemble des revenus, relev&#233;s de comptes, v&#233;rifient qu'il n'y ait pas de fichage pour ch&#232;que en bois ou impay&#233;s&#8230; et lisent avec attention la fiche de liaison. &lt;i&gt;&#171; Cette fiche nous transmet tout le ressenti du travailleur social ou du b&#233;n&#233;vole, avec l'argumentaire du projet de voiture, d'ameublement ou de formation. Eux ont la personne devant eux, nous les documents et les chiffres &#187;&lt;/i&gt;, explique la charg&#233;e d'op&#233;ration bancaire Isabelle Bourdon, qui n'h&#233;site pas &#224; contacter le travailleur social si besoin, notamment pour expliquer un refus. Elle reconna&#238;t que sa connaissance de la r&#233;glementation bancaire la rend tr&#232;s prudente. &lt;i&gt;&#171; Dans la formule microcr&#233;dit personnel accompagn&#233;, le dernier mot &#224; une grande importance. Pas de microcr&#233;dit possible sans l'accompagnement s&#233;curisant de l'emprunteur par une structure sociale. C'est eux la garantie, non au sens bancaire mais bien au sens social &#187;&lt;/i&gt;, est persuad&#233; S&#233;bastien Royer, banquier responsable du service &#233;conomie sociale et solidaire du Cr&#233;dit municipal de Nantes. L'&#233;tablissement a sign&#233; 590 microcr&#233;dits dans tout le Grand Ouest en 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CCAS de Nantes a quant &#224; lui &#233;t&#233; r&#233;cemment labellis&#233; &#171; Point Conseil Budget &#187; par l'&#201;tat, ce qui consolide encore sa mission de pr&#233;vention du surendettement et d'&#233;ducation budg&#233;taire. Son nouveau d&#233;fi : persuader des b&#233;n&#233;ficiaires de se lancer dans la micro-&#233;pargne accompagn&#233;e. Une convention entre la ville de Nantes et le Cr&#233;dit municipal propose en effet depuis 2017 de d&#233;poser &#224; partir de 1&#8239;euro, avec un taux &#233;quivalent &#224; celui du livret A, mais avec un abondement municipal (25&#8239;% de la somme plac&#233;e avec un plafond de 250&#8239;euros) et surtout un accompagnement social. &lt;i&gt;&#171; Pour l'instant, nous accompagnons tr&#232;s peu de micro-&#233;pargnants&#8230; Il est difficile de se projeter sur le long terme avec des revenus al&#233;atoires &#187;&lt;/i&gt;, constatent les conseill&#232;res solidaires. Pour &#234;tre convaincantes, il faudrait d'abord qu'elles soient convaincues.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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