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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>S'attaquer au tabou de la p&#233;dophilie</title>
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		<dc:subject>Abus sexuel</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Dans le cadre d'un &#171; stage projet &#187;, trois &#233;tudiantes ont con&#231;u une conf&#233;rence consacr&#233;e &#224; un public d&#233;laiss&#233; : les auteurs de violences sexuelles sur mineur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous voulions choisir un sujet innovant et &#171; nous mettre &#224; place de &#187;, afin de prendre connaissance des caract&#233;ristiques de la personne, mais aussi des accompagnements dont elle peut b&#233;n&#233;ficier. Identifiant les besoins et les attentes aupr&#232;s des professionnels du territoire, nous n'avons pu que constater le vide existant pour les personnes (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Espace-du-lecteur" rel="directory"&gt;Espace du lecteur (acc&#232;s libre) &lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le cadre d'un &#171; stage projet &#187;, trois &#233;tudiantes ont con&#231;u une conf&#233;rence consacr&#233;e &#224; un public d&#233;laiss&#233; : les auteurs de violences sexuelles sur mineur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous voulions choisir un sujet innovant et &#171; nous mettre &#224; place de &#187;, afin de prendre connaissance des caract&#233;ristiques de la personne, mais aussi des accompagnements dont elle peut b&#233;n&#233;ficier. Identifiant les besoins et les attentes aupr&#232;s des professionnels du territoire, nous n'avons pu que constater le vide existant pour les personnes p&#233;dophiles. Au niveau national, il existe bien l'association L'ange Bleu et au niveau international le site internet appel&#233; PedoHelp. En r&#233;gion Nouvelle-Aquitaine, on retrouve une seule unit&#233; nomm&#233;e &#201;quipe ressource d'information, d'orientation et de soutien ainsi qu'un Centre Ressource aupr&#232;s des intervenants d'auteurs de violences sexuelles (ERIOS-CRIAVS). Notre projet avait pour ambition de sensibiliser les professionnels et futurs professionnels du social, m&#233;dico-social, m&#233;dical et du judiciaire &#224; cette population. Nous souhaitions r&#233;aliser un court-m&#233;trage comportant des t&#233;moignages et faire intervenir des professionnels de l'unit&#233; ERIOS-CRIAVS et du barreau. Nous nous sommes rendues compte que la location d'une salle et la r&#233;alisation audio-visuelle allaient &#234;tre on&#233;reuses. Pour nous auto-financer, nous avons mis en place une cagnotte en ligne, mais cela n'a pas &#233;t&#233; suffisant. Nous avons alors d&#233;march&#233; des commer&#231;ants de Bordeaux. Mais il a &#233;t&#233; difficile d'avoir des retours, sans doute en lien avec le sujet abord&#233;. Nous nous sommes r&#233;ajust&#233;es en nous tournant vers les professionnels du barreau susceptibles de d&#233;fendre des victimes mais aussi des auteurs de violences sexuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est arriv&#233; le jour de la conf&#233;rence. Nous avons d'abord visionn&#233; le court-m&#233;trage que nous avions r&#233;alis&#233; pr&#233;sentant trois t&#233;moignages choisis sur le site internet de l'Ange bleu (avec l'accord de Madame Bennari, sa pr&#233;sidente). Le premier retra&#231;ait le cheminement d'un adolescent de 15 ans vers la p&#233;dopornographie ; le second pr&#233;sentait un homme emprisonn&#233; pour avoir agress&#233; sexuellement sa fille. Le dernier &#233;voquait l'attirance d'un adulte envers les enfants, interrogeant la p&#233;dophilie, ses cons&#233;quences, ainsi que la vision globale du monde sur les personnes vivant ces pulsions. Dans un second temps, une psychologue clinicienne d'ERIOS-CRIAVS a apport&#233; des &#233;l&#233;ments th&#233;oriques : les diff&#233;rents profils et leur probl&#233;matique (on parle majoritairement d'hommes adultes, mais dans 4 % des cas des femmes sont &#233;galement auteures, tout autant que des mineurs dans 25 % des cas). Elle a &#233;galement abord&#233; l'&#233;valuation des risques de passages &#224; l'acte, la fa&#231;on de mener un entretien et les modalit&#233;s d'accompagnement. Un avocat a ensuite apport&#233; des &#233;l&#233;ments l&#233;gislatifs tant sur la d&#233;fense des victimes que sur celle des auteurs de violences sexuelles sur mineur, faisant le point sur les peines encourues pour une personne ayant commis des actes sexuels sur mineur ou d&#233;tenant des photos ou des vid&#233;os &#224; caract&#232;res p&#233;dopornographiques. Puis, est venu le moment du d&#233;bat. La n&#233;cessit&#233; de prise en charge de soin par le biais de th&#233;rapies, le fait de ne pas rester fig&#233; sur un &#171; profil type &#187; a fait consensus. Une question a port&#233; sur &#171; l'h&#233;ritage &#187; de ce trouble. Un participant a &#233;voqu&#233; comment, dans certains cas, les auteurs de violences sexuelles sur mineur ont eux-m&#234;mes subis ces actes. Il a d&#233;velopp&#233; les actions &#224; r&#233;aliser, au quotidien, afin d'&#233;viter que l'enfant reproduise le sch&#233;ma de ce qu'il a subi. La pr&#233;vention a aussi &#233;t&#233; abord&#233;e. Quelques associations font intervenir ERIOS-CRIAVS pour former les salari&#233;s &#224; recevoir la parole d'une personne p&#233;dophile et &#224; savoir vers qui l'orienter. En France, il y existe peu de structures avec des professionnels sp&#233;cialis&#233;s dans ces troubles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous sommes interrog&#233;s sur la r&#233;pression et surtout sur l'efficacit&#233; de la prison pour soigner. En effet, pr&#233;sente avant et apr&#232;s l'enfermement, l'injonction de soin ne l'est pas durant la peine. De ce fait, l'auteur ne b&#233;n&#233;ficie pas du suivi d'un sp&#233;cialiste pour traiter sa probl&#233;matique. Le traitement m&#233;dical administr&#233; est-il r&#233;ellement efficient, quand on sait que la castration chimique n'enl&#232;ve pas les d&#233;sirs, ni la libido.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, cette conf&#233;rence, nous a permis de faire du lien avec notre futur m&#233;tier d'&#233;ducatrices sp&#233;cialis&#233;es. Notre formation nous am&#232;ne r&#233;guli&#232;rement &#224; d&#233;construire les pr&#233;jug&#233;s inculqu&#233;s par la soci&#233;t&#233;. Nous nous sommes saisies de ce stage pour chercher nous-m&#234;mes &#224; faire &#233;voluer nos repr&#233;sentations. Nous retenons que l'important dans un sujet tel que celui-ci, qui peut &#171; bousculer &#187; est de communiquer sur nos ressentis, sur ce que nous apprenons et sur ce qui nous heurte. Pour mener un entretien ou accueillir la parole d'un auteur de violence sexuelle sur mineur, il est n&#233;cessaire de le consid&#233;rer en tant que personne et non pas comme p&#233;dophile. En effet, au-del&#224; d'avoir des troubles de la relation &#224; l'autre, ce sont des personnes &#224; part enti&#232;re. Le but est de prendre en compte ce qu'elles disent, sans &#233;mettre de jugement et de rester dans de la bienveillance. Cela peut para&#238;tre surprenant, car les mots de celle ou celui qui est atteint de troubles p&#233;dophiles peuvent nous renvoyer des choses en tant qu'humain. Apr&#232;s cette conf&#233;rence, le tabou de la p&#233;dophilie n'a pas &#233;t&#233; remis en cause, chacun &#233;tant conscient du degr&#233; de sensibilit&#233; de ce sujet. Nous avons cependant relev&#233;, gr&#226;ce aux discussions avec la psychologue de ERIOS-CRIAVS, qu'utiliser le terme &#171; auteur de violence sexuelle sur mineur &#187; &#233;tait plus entendable que &#171; p&#233;dophile &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La premi&#232;re rencontre</title>
		<link>https://www.lien-social.com/La-premiere-rencontre</link>
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		<dc:date>2020-01-07T08:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>1264</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De toi &#224; moi&#8230; Notre premi&#232;re rencontre sera dans la rue, oblig&#233;e pour toi car plac&#233;, d&#233;plac&#233;, replac&#233;&#8230; en institution car pas tout &#224; fait comme il faudrait&#8230; Derri&#232;re un bureau, les barreaux, en bin&#244;me, seul. Apr&#232;s un coup de fil, par hasard, pour un entretien d'admission. Toi tu seras un adulte, un enfant, un adolescent, une femme, un homme, un trans&#8230; De toi &#224; moi et de moi &#224; toi. La premi&#232;re rencontre moment si particulier, conditionn&#233; par l'impossible ambition de se voir &#233;duquer&#8230; Moment empreint de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1264-" rel="tag"&gt;1264&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De toi &#224; moi&#8230; Notre premi&#232;re rencontre sera dans la rue, oblig&#233;e pour toi car plac&#233;, d&#233;plac&#233;, replac&#233;&#8230; en institution car pas tout &#224; fait comme il faudrait&#8230; Derri&#232;re un bureau, les barreaux, en bin&#244;me, seul. Apr&#232;s un coup de fil, par hasard, pour un entretien d'admission. Toi tu seras un adulte, un enfant, un adolescent, une femme, un homme, un trans&#8230; De toi &#224; moi et de moi &#224; toi. La premi&#232;re rencontre moment si particulier, conditionn&#233; par l'impossible ambition de se voir &#233;duquer&#8230; Moment empreint de domination, de repr&#233;sentations, de toi contre moi, de moi par rapport &#224; toi&#8230; De pas envie pour toi, d'espoir de trop d'espoir aussi, parfois, de : &lt;i&gt;&#171; Tu vas m'&#233;duquer toi ? &#187; &#171; Non&#8230; enfin&#8230; j'sais pas, t'en penses quoi toi ? Si on s'&#233;duquait ensemble ? &#187;&lt;/i&gt; De toi &#224; moi et de moi &#224; toi. Peut-&#234;tre qu'on sera toi comme moi des acteurs de ce moment si particulier et que ni toi ni moi ne bougerons de notre r&#244;le&#8230; Normal pour toi, facile pour moi, je n'aurais qu'&#224; dire que tu es trop&#8230; ou pas assez&#8230; que nous ne sommes pas en capacit&#233; de t'accueillir&#8230; Peu de chances d'une rencontre. Mais en nous rapprochant, je pense que&#8230; De toi &#224; moi. Tu as l'air terroris&#233;, stress&#233;, inquiet, je te d&#233;range, tu souffles, tu souffles un grand coup, tu souffres sans doute. Il s'en passe des choses chez toi&#8230; De moi &#224; toi. Moi aussi, j'ai peur parfois, tu m'intriques, j'ai de la peine, tu me touches, je ne te comprends pas parfois aussi, tu me fatigues d&#233;j&#224;, je suis content, on m'a beaucoup parl&#233; de toi&#8230; Quoi qu'il en soit pour toi, &#224; moi d'&#234;tre au clair avec&#8230; moi, parce que je te dois &#231;a. De moi vers vous. &lt;i&gt;&#171; Professionnel de la relation &#187;&lt;/i&gt; ne sous-entend pas hygi&#233;niste des &#233;motions&#8230; &#192; quoi bon faire une rencontre sans &#233;motion&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.educspeparlonsen.blogspot.com&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.educspeparlonsen.blogspot.com&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Th&#233;&#226;tre &#8226; Ballon &#233;mancipateur</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1264-Theatre-o-Ballon-emancipateur</link>
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		<dc:date>2020-01-07T08:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Th&#233;&#226;tre</dc:subject>
		<dc:subject>1264</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;t&#233; 1968, &#224; Reims, une kermesse organise un match &#171; exhibition &#187; de football f&#233;minin. Voir des filles en short, taper dans un ballon, le succ&#232;s semble assur&#233;. Crampons aux pieds, la quinzaine de femmes cr&#233;ent la surprise : elles jouent bien, s'imposent sur le terrain en d&#233;fiant les &#171; Retourne &#224; la vaisselle &#187; et autres quolibets de spectateurs phallocrates. L'aventure ne s'arr&#234;te pas l&#224;. &#171; Vous nous avez mis un ballon dans les pieds, maintenant on veut continuer. &#187; Ainsi d&#233;bute l'&#233;pop&#233;e de la premi&#232;re (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Theatre" rel="tag"&gt;Th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1264-" rel="tag"&gt;1264&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'&#233;t&#233; 1968, &#224; Reims, une kermesse organise un match &#171; exhibition &#187; de football f&#233;minin. Voir des filles en short, taper dans un ballon, le succ&#232;s semble assur&#233;. Crampons aux pieds, la quinzaine de femmes cr&#233;ent la surprise : elles jouent bien, s'imposent sur le terrain en d&#233;fiant les &lt;i&gt;&#171; Retourne &#224; la vaisselle &#187;&lt;/i&gt; et autres quolibets de spectateurs phallocrates. L'aventure ne s'arr&#234;te pas l&#224;. &lt;i&gt;&#171; Vous nous avez mis un ballon dans les pieds, maintenant on veut continuer. &#187;&lt;/i&gt; Ainsi d&#233;bute l'&#233;pop&#233;e de la premi&#232;re &#233;quipe de football f&#233;minin en France. Et dix ans plus tard, en 1978, elles gagnent la Coupe du monde, &#224; Taipei (Taiwan).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2200 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L345xH217/screenshot_18-3-c81c3.png?1694026863' width='345' height='217' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire vraie des &#171; Filles de Reims &#187; a &#233;t&#233; relat&#233;e dans un documentaire radiophonique1. Aujourd'hui, l'auteure et metteuse en sc&#232;ne, Pauline Bureau, qui puise toujours son inspiration dans des faits r&#233;els dans lesquels des femmes sont au centre du r&#233;cit, s'en empare avec jubilation. Sur sc&#232;ne, elle convoque le sensible et le collectif en dirigeant ses com&#233;diennes et com&#233;diens comme un entra&#238;neur sportif. Chacune et chacun avec ses sp&#233;cificit&#233;s s'empare de l'aire de jeu, o&#249; les mots rebondissent et vont droit au but. Port&#233;es par des actrices, aux corps, aux tailles et aux poids diff&#233;rents, &lt;i&gt;F&#233;minines &lt;/i&gt; donne &#224; voir &lt;i&gt;&#171; la transpiration, la course, le d&#233;passement de soi, l'agressivit&#233;, le combat sur le terrain &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette com&#233;die douce, fable moderne ancr&#233;e dans notre &#233;poque, parle de football bien s&#251;r, et aussi du mouvement social et de ses gr&#232;ves, du combat et des revendications des femmes, des violences conjugales, de solidarit&#233;&#8230; Son &#233;criture finement cisel&#233;e, sa mise en sc&#232;ne dynamique et joyeuse portent avec un r&#233;el enthousiasme, l'&#233;mancipation, le collectif et le social. Ces joueuses, en courant derri&#232;re un ballon, font bouger les lignes, tant dans les familles que dans le monde du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Les filles de Reims, premi&#232;res footballerines en &#233;quipe &lt;br class='autobr' /&gt;
de France, documentaire radiophonique de Perrine Kervran &lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;alis&#233; par Charlotte Roux, 2011. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; (r&#233;) &#233;couter sur &lt;a href=&#034;http://www.franceculture.fr&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.franceculture.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#233;minines, texte et mise en sc&#232;ne de Pauline Bureau,&lt;br class='autobr' /&gt;
En tourn&#233;e jusqu'en mars&#8239;2020 dans toute la France&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus d'informations sur : &lt;a href=&#034;http://www.part-des-anges.com&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.part-des-anges.com&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Th&#233;&#226;tre &#8226; Lettre ouverte</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1264-Theatre-o-Lettre-ouverte</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/1264-Theatre-o-Lettre-ouverte</guid>
		<dc:date>2020-01-07T08:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Th&#233;&#226;tre</dc:subject>
		<dc:subject>1264</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Tu es rentr&#233; dans l'atelier avec ce petit reste de confiance que l'on t'avait laiss&#233;. &#187; Lors d'un atelier d'&#233;criture dans un lyc&#233;e, Thissa d'Avila Bensalah, auteure et metteuse en sc&#232;ne, rencontre le jeune Idir. Les onze jours d'atelier ont fait ressurgir, chez le lyc&#233;en, une m&#233;moire traumatique, celle d'un viol au sein de sa famille. &#171; On t'a pris par la main, on n'a eu de cesse de t'apprivoiser&#8230; Le p&#233;rilleux chemin vers nous, tu l'as fait. Respect&#233; sur ton terrain, tu l'as accept&#233;. &#187; Mais leur &#233;change (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1264-" rel="tag"&gt;1264&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Tu es rentr&#233; dans l'atelier avec ce petit reste de confiance que l'on t'avait laiss&#233;. &#187; &lt;/i&gt; Lors d'un atelier d'&#233;criture dans un lyc&#233;e, Thissa d'Avila Bensalah, auteure et metteuse en sc&#232;ne, rencontre le jeune Idir. Les onze jours d'atelier ont fait ressurgir, chez le lyc&#233;en, une m&#233;moire traumatique, celle d'un viol au sein de sa famille. &lt;i&gt;&#171; On t'a pris par la main, on n'a eu de cesse de t'apprivoiser&#8230; Le p&#233;rilleux chemin vers nous, tu l'as fait. Respect&#233; sur ton terrain, tu l'as accept&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Mais leur &#233;change s'arr&#234;te brutalement. Victime et survivant d'un syst&#232;me patriarcal, Idir rejettera, au final, la main tendue, la possible aide en prof&#233;rant une menace de mort &#224; l'encontre de celle qui a su l'&#233;couter, l'accompagner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2201 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L336xH206/screenshot_19-3-441cd.png?1694026863' width='336' height='206' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire ? L'artiste choisit de ne pas porter plainte, utilise l'&#233;criture - la sienne - pour lui &#233;crire une lettre ouverte - certes fictive - et la porter sur sc&#232;ne. &lt;i&gt;Escape game - Pourquoi je n'ai pas port&#233; plainte&lt;/i&gt;, relate cette histoire. &lt;i&gt;&#171; Cette chose, d'humanit&#233; d&#233;ni&#233;e, il me faut d&#233;sormais la crier, tenter de l'ausculter, lui donner un sens public. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce monologue, confession utile et salvatrice, d&#233;nonce l'&#233;tat de d&#233;labrement des institutions &#233;ducative, judiciaires, qui ne r&#233;pondent plus. Po&#233;tique et politique, puissant et alarmant, ce spectacle alerte sur la d&#233;faillance de la soci&#233;t&#233;. Le th&#233;&#226;tre devient &lt;i&gt;&#171; l'endroit possible n&#233;cessaire et urgent de reconnexion de ce dialogue &#187;&lt;/i&gt;. Sur sc&#232;ne, la tr&#232;s engag&#233;e Thissa d'Avila Bensalah fait entendre son chant sans ranc&#339;ur, ni col&#232;re, ni vengeance. Seule une tristesse pointe quand elle confie : &lt;i&gt;&#171; J'ai mal &#224; mon m&#233;tier &#187;&lt;/i&gt;. Avec douceur, bienveillance et sensibilit&#233;, elle expurge le choc du traumatisme v&#233;cu, cette menace de mort prof&#233;r&#233;e par un jeune qui, lui, a terriblement mal &#224; sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Escape Game - Pourquoi je n'ai pas port&#233; plainte &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte, mise en sc&#232;ne et jeu Thissa d'Avila Bensalah, musique La Louise, Gis&#232;le Pape et Pauline Gardel - Dur&#233;e 1h. &lt;br class='autobr' /&gt;
En tourn&#233;e : 16 et 17/01 &#224; Rethel (08), 24/01 &#224; Chelles (77), 31/01 &#224; Troyes (10), 14/02 &#224; Hom&#233;court (54).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Reportage &#8226; Urgence durable</title>
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		<dc:subject>Service de proximit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Violences conjugales</dc:subject>
		<dc:subject>1264</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Modulable et d&#233;montable, le centre d'h&#233;bergement d'urgence Bastion de Bercy accueille et accompagne trois cent huit personnes, gr&#226;ce &#224; une autorisation d'occupation temporaire de sept ans accord&#233;e par la ville de Paris. &lt;br class='autobr' /&gt;
Trente-cinq familles (soit cent huit personnes), cent femmes et autant d'hommes isol&#233;s, occupent les deux b&#226;timents modulables qui composent le centre d'h&#233;bergement d'urgence (CHU) Bastion de Bercy dans le 12e arrondissement, g&#233;r&#233; par l'association Aurore depuis d&#233;cembre 2017. Les (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1264-" rel="tag"&gt;1264&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Modulable et d&#233;montable, le centre d'h&#233;bergement d'urgence Bastion de Bercy accueille et accompagne trois cent huit personnes, gr&#226;ce &#224; une autorisation d'occupation temporaire de sept ans accord&#233;e par la ville de Paris.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Trente-cinq familles (soit cent huit personnes), cent femmes et autant d'hommes isol&#233;s, occupent les deux b&#226;timents modulables qui composent le centre d'h&#233;bergement d'urgence (CHU) Bastion de Bercy dans le 12e arrondissement, g&#233;r&#233; par l'association Aurore depuis d&#233;cembre 2017. Les r&#233;sidents &#8211; de z&#233;ro &#224; 87 ans &#8211; occupent des espaces r&#233;serv&#233;s aux familles, aux femmes ou aux hommes. Les personnes isol&#233;es b&#233;n&#233;ficient d'une chambre individuelle de 9&#8239;m2, les familles d'un espace de 18&#8239;m2, comptant deux pi&#232;ces. Au rez-de-chauss&#233;e, &#224; c&#244;t&#233; de la salle de restauration, des espaces de travail sont ouverts &#224; des associations culturelles ou sociales. En tout, 4 800&#8239;m2 de modulaires m&#233;talliques empil&#233;s, &#233;volutifs et d&#233;montables, entourent une grande pelouse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe pluridisciplinaire de trente-sept professionnels (1) qui assure une pr&#233;sence jour et nuit, a les missions habituelles d'un CHU : accueil inconditionnel des personnes sans abri, en situation de d&#233;tresse sociale, m&#233;dicale et/ou psychique, orient&#233;es par le service int&#233;gr&#233; d'accueil et d'orientation (SIAO) et accompagnement social et &#233;ducatif personnalis&#233;. Si elle privil&#233;gie l'acc&#232;s au droit commun, l'&#233;quipe accueille aussi des permanences de partenaires pour faciliter les d&#233;marches des r&#233;sidents et favoriser l'acc&#232;s aux soins : Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) ; centre de PMI ; &#201;quipe mobile psychiatrie pr&#233;carit&#233; (EMPP) pour des entretiens psychologiques ou psychiatriques de premi&#232;re intention ; association Bouchec qui propose la m&#234;me &#233;coute aux r&#233;sidents romanophones ; mission Interface du Samu social qui fait le lien entre les r&#233;sidents vieillissants &#8211; souvent en mauvaise sant&#233; &#8211;, et les maisons de retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2211 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH189/screenshot_24-2-9185e.png?1694000416' width='500' height='189' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Paris, le b&#226;ti est cher. Afin de mieux r&#233;partir l'offre d'h&#233;bergement sur son territoire, la mairie de Paris et celle d'arrondissement ont mis &#224; disposition de l'association Aurore, reconnue pour son expertise dans le logement temporaire, un terrain pour l'installation du CHU, qu'elles ont co-financ&#233;e avec le soutien de la Caisse des d&#233;p&#244;ts et consignations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La structure, pos&#233;e sur une butte &#8211;&lt;i&gt; Le bastion de Bercy&lt;/i&gt; &#8211;, class&#233;e monument historique car faisant partie de l'enceinte de Thiers, fait fronti&#232;re entre deux portes de Paris et le p&#233;riph&#233;rique. Un lieu pour l'instant assez isol&#233; (m&#234;me s'il deviendra bient&#244;t une zone d'&#233;conomie mixte). Contrairement &#224; son grand fr&#232;re, le CHU La Promesse de l'Aube, install&#233; un an plus t&#244;t &#224; la lisi&#232;re du Bois du Boulogne dans le tr&#232;s hupp&#233; 16e arrondissement, Bastion de Bercy n'a pas rencontr&#233; de souci de voisinage. &lt;i&gt;&#171; Ce ne sont ni les m&#234;mes enjeux, ni le m&#234;me &#233;lectorat &#187;&lt;/i&gt;, observe Corentin Bourgeaux, le chef de service de la structure. La mairie de Paris a facilit&#233; l'implantation du CHU, pr&#233;parant par exemple en amont la scolarisation des enfants aupr&#232;s du rectorat et des directeurs d'&#233;tablissements scolaires. &lt;i&gt;&#171; Plus de trois cents personnes qui arrivent sur un territoire dont une partie qui ne parle pas Fran&#231;ais, ce n'est pas rien, &#231;a se pr&#233;pare &#187;&lt;/i&gt;, observe le chef de service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CHU temporaire constitue-t-il une solution contre le sans abrisme ? &lt;i&gt;&#171; Oui et non,&lt;/i&gt; r&#233;pond-il. &lt;i&gt;Plut&#244;t que de mettre les personnes &#224; la rue, mieux vaudrait &#233;viter les expulsions gr&#226;ce &#224; un accompagnement social en lien avec les bailleurs ; cr&#233;er des places en centres d'h&#233;bergement et de r&#233;insertion sociale (CHRS) (qui ont vu leur dotation baisser) pour fluidifier la sortie des CHU ; construire du logement social, voire tr&#232;s social accessible (m&#234;me si la Direction r&#233;gionale et interd&#233;partementale de l'h&#233;bergement et du logement (DRIHL) fait des efforts pour g&#233;rer la p&#233;nurie) et mettre r&#233;ellement en place le plan Logement d'abord. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2210 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH403/screenshot_23-3-76dcf.png?1694000417' width='500' height='403' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;F&#234;te de la musique au CHU Bastion de Bercy.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vocation des CHU est d'accueillir sur un temps court, de constituer un passage et non un lieu de vie p&#233;renne. Or ils re&#231;oivent de plus en plus de personnes en situation sociale et sanitaire d&#233;grad&#233;e ayant besoin d'un accompagnement long. Ces s&#233;jours peuvent leur convenir &#224; condition qu'elles puissent ensuite b&#233;n&#233;ficier d'une autre solution adapt&#233;e (du CHRS au logement de droit commun). Le CHU ne peut pas constituer une solution sur le long terme, surtout pour les familles &#8211; dont beaucoup rel&#232;vent du logement social &#8211; ; la vie en collectivit&#233; peut avoir des effets pervers sur leur autonomie : l'interdiction de cuisiner par exemple ne permet pas de partager un repas en famille. Au bout d'un moment, ces parents cuisinent en cachette et culpabilisent. D'ailleurs leur situation interroge Corentin Bourgeaux : &lt;i&gt;&#171; Comment faire famille dans un espace de 18&#8239;m2, les conditions sont-elles propices pour &#233;lever un enfant ? Comment &#234;tre parent sous le regard des travailleurs sociaux, des autres r&#233;sidents parfois tr&#232;s abim&#233;s par la vie &#224; la rue et/ou souffrant de troubles psychiatriques ? Comment g&#233;rer l'attente avec les familles ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#233;quipe est &#233;toff&#233;e, elle reste insuffisante pour l'accompagnement social. Chaque professionnel suit plus de trente situations dans une structure tr&#232;s importante qui, &#8211; pour donner un ordre d'id&#233;e &#8211;, a servi 84 000 repas en 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, en 2019, neuf familles et quarante-six personnes isol&#233;es ont quitt&#233; le CHU pour gagner un CHRS ou un logement social et cent personnes isol&#233;es ont rejoint une structure d'h&#233;bergement p&#233;renne. Une belle victoire qui, pour Corentin Bourgeaux, reste cependant &lt;i&gt;&#171; insuffisante du fait des dispositifs satur&#233;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Directrice, chef de service, travailleurs sociaux, &#233;ducatrice de jeunes enfants, conseiller d'insertion professionnelle, coordinatrice d'activit&#233;s, animateur, accompagnants &#233;ducatifs et sociaux, veilleurs de nuit, agents de maintenance et d'entretien.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Bibliographie&lt;br class='autobr' /&gt;
Belleville au c&#339;ur, Christian Page, &#201;loi Audoin-Rouzeau, &#201;d. Slatkine &amp; Cie, 2018. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le quotidien d'un homme qui a v&#233;cu &#224; la rue durant trois ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'abomination des expulsions locatives, Jean-Fran&#231;ois Chalot, &#201;d. Atelier du Scorpion Brun, 2018.&lt;br class='autobr' /&gt;
T&#233;moignages de personnes expuls&#233;es et de travailleurs sociaux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>&#171; Entr'Elles &#187;, un lieu d'accueil et d'&#233;coute</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1264-Entr-Elles-un-lieu-d-accueil-et-d-ecoute</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Femme</dc:subject>
		<dc:subject>Violences conjugales</dc:subject>
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&lt;p&gt;Depuis 2018, le Samu social de l'Oise a renforc&#233; sa mission d'accueil, d'&#233;coute, d'accompagnement et d'orientation des femmes victimes de toute forme de violence, avec ou sans leur (s) enfant (s), en embauchant des professionnelles form&#233;es &#224; ces probl&#233;matiques. &lt;br class='autobr' /&gt;
Maelys, 25 ans, se pr&#233;sente pour la deuxi&#232;me fois dans la structure. Elle a v&#233;cu en couple une ann&#233;e avec un jeune homme de 21 ans et l'a quitt&#233; &#224; plusieurs reprises, suite &#224; des violences psychologiques, verbales, &#233;conomiques et physiques. Elle ne (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1264-" rel="tag"&gt;1264&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis 2018, le Samu social de l'Oise a renforc&#233; sa mission d'accueil, d'&#233;coute, d'accompagnement et d'orientation des femmes victimes de toute forme de violence, avec ou sans leur (s) enfant (s), en embauchant des professionnelles form&#233;es &#224; ces probl&#233;matiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Maelys, 25 ans, se pr&#233;sente pour la deuxi&#232;me fois dans la structure. Elle a v&#233;cu en couple une ann&#233;e avec un jeune homme de 21 ans et l'a quitt&#233; &#224; plusieurs reprises, suite &#224; des violences psychologiques, verbales, &#233;conomiques et physiques. Elle ne comprend pas pourquoi elle reprend chaque fois la vie commune. Tout comme sa famille &#224; qui elle n'ose plus parler. Elle vient &#224; nouveau de le quitter. Le d&#233;p&#244;t de cette troisi&#232;me plainte a &#233;t&#233; particuli&#232;rement &#233;prouvant, elle s'est sentie jug&#233;e quand on lui a dit : &lt;i&gt;&#171; Si vous repartez vivre avec lui, vous &#234;tes responsable &#187;&lt;/i&gt;. Elle pense avoir eu un d&#233;clic, quand elle a vu la haine dans les yeux de son concubin : elle a vraiment cru qu'il allait la tuer. Depuis, il ne cesse de la harceler de messages lui promettant de changer, l'assurant qu'il prend un traitement pour se calmer. Elle ne le comprend pas : il lui dit qu'il l'aime et, en m&#234;me temps, il la frappe. Au deuxi&#232;me entretien, elle annonce sa d&#233;cision de quitter la ville o&#249; ils ont v&#233;cu. Elle sent qu'elle doit s'&#233;loigner. Seule une mise &#224; distance la prot&#232;gera de son amour pour lui. Elle vient dans ce lieu d'accueil pour b&#233;n&#233;ficier d'une &#233;coute, se reconstruire et ne plus subir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme pour Maelys, les professionnelles accueillent les femmes l&#224; o&#249; elles se situent dans le cycle des violences. La moiti&#233; d'entre elles n'ayant pas conscience de ce qu'elles vivent, il est important de les aider &#224; rep&#233;rer ces comportements abusifs. Elles refoulent ce qui les fait souffrir pour se prot&#233;ger de leur r&#233;alit&#233; insoutenable. C'est le climat de confiance qui se tisse entre elles et l'&#233;quipe qui va leur permettre de progresser dans leur r&#233;flexion et de comprendre comment elles se situent face &#224; leur agresseur, au danger et &#224; la s&#233;paration tant redout&#233;e, d&#233;cision douloureuse qui n&#233;cessite du temps. Les victimes ont &#233;t&#233; maintenues par leur conjoint dans un &#233;tat de soumission. Elles ont &#233;t&#233; objectalis&#233;es. Elles sont d&#233;sappropri&#233;es de leur parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accompagnement consiste alors &#224; faciliter une parole singuli&#232;re leur permettant de se resituer en tant que sujet pensant, condition pour retrouver l'estime de soi et faire le deuil de la famille id&#233;ale, du compagnon pour qui elles &#233;prouvent des sentiments m&#234;l&#233;s d'amour et de haine. Lors des premiers entretiens, une &#233;valuation psychosociale de la situation et des violences subies est men&#233;e. Cette &#233;tape permet de poser des mots et d'exprimer les &#233;motions. Les victimes parlent d'anxi&#233;t&#233;, de d&#233;pression mais elles ne sont pas toujours conscientes d'avoir &#233;t&#233; manipul&#233;es. Pour les aider &#224; ne pas rester en surface, une &#233;coute fond&#233;e sur une &#233;thique analytique leur est propos&#233;e, permettant la cr&#233;ation d'espaces de r&#233;flexion. Nombre de ces femmes pr&#233;sentent un syndrome post-traumatique avec pens&#233;es r&#233;currentes et m&#234;me parfois des &#233;tats de confusion, une fatigue extr&#234;me g&#233;n&#233;rant des carences &#233;ducatives, des id&#233;es suicidaires avec de possibles passages &#224; l'acte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2196 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH550/screenshot_17-3-a0ee2.png?1694026864' width='500' height='550' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces temps d'accueil et de soutien psychologique aideront les femmes dans le parcours th&#233;rapeutique que nous leur conseillons d'entreprendre. Pour autant, l'emprise peut perdurer m&#234;me apr&#232;s plusieurs mois de s&#233;paration. Honorine, 30 ans, a revu son ex-compagnon. Il lui dit souffrir de la s&#233;paration et lui demande de reprendre la vie commune. Elle est attrist&#233;e, en plein doute car elle l'aime encore malgr&#233; les violences qu'elle a subies. Anna, 40 ans, peu volubile, marqu&#233;e par vingt ans de violences conjugales, explique que son ex-mari l'a aussi relanc&#233;e. Elles parlent alors de leurs peurs, de leurs doutes : &lt;i&gt;&#171; Ils veulent changer, mais le peuvent-ils ? &#187;&lt;/i&gt; Une parabole permet d'expliciter cette confusion : un scorpion demande &#224; une grenouille de traverser la rivi&#232;re sur son dos. &lt;i&gt;&#171; J'ai chang&#233;&lt;/i&gt;, dit-il.&lt;i&gt; Je ne te piquerai pas. &#187;&lt;/i&gt; La grenouille le croit, elle le porte. En plein milieu, il la pique. &lt;i&gt;&#171; Mais, on va mourir tous les deux ! &#187;&lt;/i&gt;, dit-elle. Il lui r&#233;pond : &lt;i&gt;&#171; C'est ma structure, c'est malgr&#233; moi &#187;&lt;/i&gt;. Ces femmes ont un long chemin &#224; mener. S'&#233;tant totalement oubli&#233;es, elles doivent se reconstruire en tenant compte de leur d&#233;sir, en r&#233;apprenant &#224; s'estimer et &#224; se respecter. Elles doivent revisiter leur lien &#224; l'autre, ne plus chercher &#224; se r&#233;assurer &#224; travers l'autre mais en elles. N'ayant, pour beaucoup, pas &#233;t&#233; respect&#233;es par l'un de leurs parents, elles acceptent l'inacceptable, recherchent inconsciemment des hommes entretenant le m&#234;me type de relation et fuient les hommes &#171; respectueux &#187;, qualifi&#233;s de faibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Changer ses repr&#233;sentations demande du temps. Ce n'est donc pas juste une &#233;coute dans l'urgence que nous leur proposons mais un accompagnement dans la dur&#233;e. Ces femmes sont non seulement victimes de violences conjugales, mais aussi disqualifi&#233;es par leur conjoint dans leur r&#244;le de m&#232;re ou elles assurent seules l'&#233;ducation des enfants. Elles ont besoin d'&#234;tre soutenues. Des groupes de parole de m&#232;res leur permettent de r&#233;fl&#233;chir sur leur mani&#232;re d'&#234;tre parent, en lien avec leur propre histoire. Une autre aide est apport&#233;e aux enfants par une &#233;coute sp&#233;cifique, en tant que victimes de maltraitance. Ainsi, quelques jours apr&#232;s avoir &#233;t&#233; re&#231;ue une premi&#232;re fois, Rabia revient avec ses enfants. L'a&#238;n&#233;, &#226;g&#233; de 4 ans, demande &#224; la professionnelle de lui crayonner un bonhomme &#171; m&#233;chant &#187;. Questionn&#233;, l'enfant porte ses mains &#224; son cou en simulant la sc&#232;ne d'&#233;tranglement subie par sa m&#232;re en disant : &lt;i&gt;&#171; Papa a fait mal &#224; maman &#187;&lt;/i&gt;. Cette nuit-l&#224;, les bruits l'ont r&#233;veill&#233;. Il est all&#233; dans la chambre de sa m&#232;re et a assist&#233; &#224; la sc&#232;ne, faisant fuir monsieur. R&#233;alisant la vision cauchemardesque qu'a eu son fils, Madame s'est mise &#224; pleurer. Nous l'avons rassur&#233;e lui expliquant l'importance pour son fils d'exprimer ce qu'il a vu. Nous avons rappel&#233; qu'il &#233;tait interdit de faire du mal et que sa maman avait pr&#233;venu la police. Tous deux vont pouvoir b&#233;n&#233;ficier d'un suivi psychologique. L'&#233;coute propos&#233;e aux enfants est un moyen de lever les malentendus, de donner du sens et de relancer la dynamique du d&#233;sir. Il convient de restituer &#224; l'enfant l'authenticit&#233; de son histoire, la v&#233;rit&#233; de ce qu'il a vu ou &#233;prouv&#233; dans son corps. Ce n'est qu'&#224; partir de l&#224; qu'il peut se construire et organiser sa pens&#233;e. L'essentiel de notre travail est de cr&#233;er, &#224; travers des entretiens individualis&#233;s ou de groupes de parole, un cadre s&#233;curisant permettant la libre circulation de la parole et la mise en mots des difficult&#233;s, afin d'aider les femmes &#224; se reconstruire et les enfants &#224; poursuivre leur &#233;volution sans que les traumatismes v&#233;cus s'enkystent. Ces actions permettent de faciliter l'expression des violences vues, entendues ; des &#233;motions douloureuses encore enfouies et ainsi apaiser les angoisses et traumas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les combats que ces femmes ont &#224; mener pour se reconstruire (judiciaire, administratif, professionnel, insertion sociale, &#233;ducation de leurs enfants&#8230;) ne peut se faire qu'avec l'aide d'un r&#233;seau respectueux et performant, notamment les associations de soutien aux femmes, la gendarmerie, la police nationale, les services sociaux, les h&#244;pitaux, les partenaires financiers&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>H&#233;bergement d'urgence &#8226; Temp&#234;te sur le 115</title>
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&lt;p&gt;Des dizaines de milliers de personnes vivent dans la rue, faute de places d'h&#233;bergement et de logements &#224; co&#251;t abordable en nombre suffisant. En face d'elles, les travailleurs sociaux du dispositif d'urgence doivent trier, prioriser, pour g&#233;rer la p&#233;nurie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Vivre &#224; la rue constitue une torture pour les personnes concern&#233;es. Une torture qui gagne les acteurs sociaux, amen&#233;s &#224; trier celles qui pourront dormir sous un toit. &lt;br class='autobr' /&gt;
En octobre, le pr&#233;fet du Rh&#244;ne annon&#231;ait des restrictions drastiques des crit&#232;res (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des dizaines de milliers de personnes vivent dans la rue, faute de places d'h&#233;bergement et de logements &#224; co&#251;t abordable en nombre suffisant. En face d'elles, les travailleurs sociaux du dispositif d'urgence doivent trier, prioriser, pour g&#233;rer la p&#233;nurie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vivre &#224; la rue constitue une torture pour les personnes concern&#233;es. Une torture qui gagne les acteurs sociaux, amen&#233;s &#224; trier celles qui pourront dormir sous un toit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre, le pr&#233;fet du Rh&#244;ne annon&#231;ait des restrictions drastiques des crit&#232;res de l'h&#233;bergement d'urgence pour le &#171; fluidifier &#187;. Il serait d&#233;sormais r&#233;serv&#233; en priorit&#233; aux femmes enceintes d'au moins six mois, aux adultes accompagn&#233;s d'un enfant de moins d'un an et aux personnes souffrant d'une maladie grave. En sus, une mise &#224; l'abri limit&#233;e &#224; deux mois avec remise &#224; la rue des personnes ne correspondant plus aux crit&#232;res de vuln&#233;rabilit&#233; ou ne relevant pas de l'insertion. Des mesures allant &#224; l'encontre des principes d'inconditionnalit&#233; et de continuit&#233; de l'h&#233;bergement inscrites dans le Code de l'action sociale et des familles. &#192; la suite d'une gr&#232;ve rassemblant 75&#8239;% des professionnels de l'urgence sociale, initi&#233;e par le collectif &#171; H&#233;bergement en danger &#187;, le ministre de la Ville et du Logement a demand&#233; au Pr&#233;fet de &#171; sursoir &#187; aux mesures annonc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Toulouse (Haute-Garonne), la Pr&#233;fecture demande au 115 de r&#233;server les places d'h&#244;tel aux familles sans abri prises en charge depuis plusieurs mois, &#224; celles avec un b&#233;b&#233; de six mois maximum et aux femmes enceintes &#224; partir du huiti&#232;me mois de grossesse. &lt;i&gt;&#171; Face &#224; ces injonctions, que faire alors qu'il n'existe pas de CHU Familles, si ce n'est chercher des solutions de d&#233;brouille &#187;&lt;/i&gt;, s'insurge Annabelle Quilllet, travailleuse sociale, membre du Groupement pour la d&#233;fense du travail social (GPS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nos intervenants doivent prioriser : choisir entre plusieurs femmes enceintes, celle qui pourra dormir sous un toit, ce qui suscite col&#232;re et d&#233;sespoir. Une femme s'est accroch&#233;e &#224; la fen&#234;tre de notre camion, c'&#233;tait insupportable pour elle comme pour nous &#187;&lt;/i&gt;, illustre pour sa part Simon Bichet, responsable de la maraude de France terre d'asile qui intervient dans les campements improvis&#233;s et les rues de Paris aupr&#232;s des migrants primo-arrivants sans domicile fixe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manque de places en centres d'h&#233;bergement d'urgence (CHU), malgr&#233; une petite augmentation (6 000 places hivernales p&#233;rennis&#233;es au sortir de l'hiver dernier) et de logements sociaux ; bond des expulsions locatives avec le concours de la force publique (pr&#232;s de 3&#8239;% de hausse en 2019 et 41&#8239;% en dix ans) ; baisse des dotations aux centres d'h&#233;bergement et de r&#233;insertion sociale (CHRS) freinant l'accueil de personnes sortant des CHU ; saturation du dispositif h&#244;telier. Tous les acteurs de la solidarit&#233; des grandes villes alertent : le nombre de familles, de jeunes dont la prise en charge par l'Aide sociale &#224; l'enfance (ASE) a pris fin &#224; leur majorit&#233;, de personnes &#226;g&#233;es, en situation de handicap ou souffrant de troubles psychiatriques vivant &#224; la rue, augmente. &lt;i&gt;&#171; Dans notre d&#233;partement et &#224; Paris, s'ajoutent &#224; ces publics des m&#232;res en grande pr&#233;carit&#233; remises &#224; la rue avec leur b&#233;b&#233; &#224; peine sorties de la maternit&#233;, sans solution d'h&#233;bergement,&lt;/i&gt; d&#233;plore Maxence Delaporte, directeur op&#233;rationnel du 115 en Seine-Saint-Denis. &lt;i&gt;Le 18 novembre, sur trois mille huit cents appels re&#231;us, trois cent quarante-deux personnes &#8211; dont 287 en famille &#8211; n'ont pas eu de solution. &#187;&lt;/i&gt; Le Dispositif national hivernal pr&#233;voit l'ouverture de seulement 14 000 places sur l'ensemble du territoire du 1er novembre au 31 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2203 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L428xH220/screenshot_20-3-e4cb2.png?1694000417' width='428' height='220' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le gouvernement s'est engag&#233; a &#233;vacuer tous les campements parisiens (comme ici Porte d'Aubervilliers) avant la fin de l'ann&#233;e en promettant un h&#233;bergement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Or, d&#233;noncent pr&#232;s d'une trentaine d'associations en fin d'ann&#233;e, apr&#232;s 59 &#233;vacuations en 4 ans, le &#171; cycle infernal &#187; : campements, &#233;vacuations et harc&#232;lements policiers, ne m&#232;nent qu'au retour &#224; la rue des personnes dans une errance plus grande encore.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re enqu&#234;te nationale consacr&#233;e aux personnes sans domicile fixe (vivant dans la rue, en h&#233;bergement pr&#233;caire ou d'urgence) date de 2012. Elle en recence 140 000 et signale d&#233;j&#224; une explosion de 50&#8239;% en dix ans. Depuis, nul n'est en mesure de pr&#233;ciser combien la France compte de personnes priv&#233;es de toit. &lt;i&gt;&#171; Nous les estimons &#224; 200 000, les chiffres ayant augment&#233; depuis la crise de l'accueil li&#233;e &#224; la migration avec un fort d&#233;veloppement des campements et des squats &#187;&lt;/i&gt;, &#233;nonce Florent Gueguen, directeur g&#233;n&#233;ral de la F&#233;d&#233;ration des acteurs de la solidarit&#233; (FAS). Lorsqu'un public a enfin une place d'h&#233;bergement, c'est au d&#233;triment d'un autre. Le 16 septembre, son association et d'autres agissant contre l'exclusion, poussaient un &#171; coup de gueule &#187; et lan&#231;aient le manifeste &#171; Ensemble, agissons contre le sans abrisme ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Accompagnement impossible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conditions de travail d&#233;grad&#233;es, &#233;quipe en souffrance, circulaire Collomb qui permettait le contr&#244;le des personnes h&#233;berg&#233;es&#8230; Autant de raisons qui, en 2018, ont pouss&#233; Sarah Urien, &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e, &#224; quitter son poste en CHU &#224; Toulouse. Elle a travaill&#233; six ans dans des structures accueillant des hommes aux profils tr&#232;s vari&#233;s, souvent en grande difficult&#233;, accueillis sur deux sites de trente-neuf et cinquante et une places, par la suite regroup&#233;es sur un seul site &#171; inadapt&#233; et insalubre &#187;. L'hiver, avec le plan &#171; Grand Froid &#187;, l'&#233;quipe a d&#251; accueillir jusqu'&#224; cent-cinquante personnes avec un ratio accompagnants/r&#233;sidents de plus en plus bas. &lt;i&gt;&#171; Le CHU est aujourd'hui consid&#233;r&#233; comme un simple lieu de mise &#224; l'abri alors que l'accueil inconditionnel peut permettre &#224; des personnes tr&#232;s abim&#233;es qui ne se sentent pas pr&#234;tes &#224; rejoindre une structure d'insertion, de b&#233;n&#233;ficier d'un accompagnement social de qualit&#233;&lt;/i&gt;, &#233;voque-t-elle. &lt;i&gt;Accompagnement que, d&#233;bord&#233;s, nous ne pouvions plus assurer. Malheureusement, cette &#233;volution vers des structures regroup&#233;es pour rationaliser les co&#251;ts est de plus en plus fr&#233;quente. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2207 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH536/screenshot_22-3-bd133.png?1694000417' width='500' height='536' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation dramatique des personnes sans-abri inqui&#232;te jusque dans les rangs du Parlement. En mars 2019, Nicolas D&#233;moulin, d&#233;put&#233; (LREM), rendait un rapport sur l'h&#233;bergement d'urgence &#224; la commission des affaires &#233;conomiques et sociales ; en juin, les s&#233;nateurs Guillaume Arnell (RDSE) et Jean-Marie Morisset (LR) publiaient un rapport d'information (1). Le premier, insiste sur le fait que le Plan Logement d'abord &#8211; il a l'ambition de diminuer de mani&#232;re significative le nombre de personnes sans abri d'ici 2022 &#8211; ne peut fonctionner qu'avec un accompagnement social et la construction de logements. Le second, pr&#244;ne la cr&#233;ation d'un statut unique de centre d'h&#233;bergement qui permettrait de rationnaliser l'offre et de simplifier le pilotage des dispositifs. La Fas qui a contribu&#233; &#224; son &#233;laboration avec l'&#201;tat, adh&#232;re aux principes du plan Logement d'abord : permettre aux personnes sans domicile, y compris celles sans abri, d'acc&#233;der directement au logement sans passer par le parcours en escalier de l'h&#233;bergement d'urgence ; acc&#233;l&#233;rer les sorties vers le logement autonome avec un accompagnement social. &lt;i&gt;&#171; Cependant pour r&#233;aliser ce plan, lanc&#233; en 2017, il faut doubler les logements tr&#232;s sociaux pour sortir du passage par l'h&#233;bergement &#187;&lt;/i&gt;, pointe Florent Gueguen. Le deuxi&#232;me volet de Logement d'abord, qui concerne l'accompagnement social dans le logement est mal financ&#233;. &lt;i&gt;&#171; Le gouvernement a annonc&#233; une enveloppe de quinze millions d'euros (largement pr&#233;lev&#233;s sur les fonds des bailleurs sociaux), insuffisante pour mener &#224; bien une v&#233;ritable strat&#233;gie. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin pour que Logement d'abord fonctionne, les associations estiment n&#233;cessaire d'accorder des titres de s&#233;jour aux nombreuses personnes coinc&#233;es &#224; l'h&#244;tel depuis de nombreuses ann&#233;es du fait d'une situation administrative pr&#233;caire. Les adultes ne peuvent pas travailler, b&#233;n&#233;ficier des prestations sociales ni d'un logement. Point positif en revanche pour la FAS : l'annonce de production de 10 000 places en pensions de famille et de 40 000 en logements en interm&#233;diation locative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;vention des expulsions locatives constitue aussi un objectif de Logement d'abord. &lt;i&gt;&#171; Dans le cadre d'&#233;changes au sein de la Commission d&#233;partementale de coordination des actions de pr&#233;vention des expulsions locatives (CCAPEX), le Groupe de recherche acc&#232;s aide au logement (Graal) a propos&#233; d'organiser des m&#233;diations entre locataires et bailleurs priv&#233;s pour &#233;viter le recours &#224; un jugement d'expulsion &#187;&lt;/i&gt;, explique C&#233;line Herbain, coordinatrice Logement d'abord &#224; la M&#233;tropole Europ&#233;enne de Lille (MEL). &lt;i&gt;Nous soutenons cette action avec l'&#201;tat et nous projetons avec le Graal d'en r&#233;aliser une &#233;valuation globale, int&#233;grant la notion de co&#251;ts &#233;vit&#233;s. &#187;&lt;/i&gt; L'accompagnement du Graal peut aller jusqu'&#224; la signature d'une convention tripartite entre lui, le bailleur et le locataire. Pendant six mois, l'association peut prendre en charge une partie du loyer si le locataire s'engage &#224; adh&#233;rer &#224; un programme d'accompagnement social. En contrepartie, le bailleur suspend la proc&#233;dure d'expulsion le temps qu'une solution de maintien dans le logement soit trouv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Urbanisme transitoire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'h&#233;bergement d'urgence rel&#232;ve de l'&#201;tat, des villes bougent pour cr&#233;er des places temporaires dans des lieux vacants. Ainsi, sous l'impulsion et avec le soutien de l'Agence intercalaire, cr&#233;&#233;e par le Collectif d'entraide et d'innovation sociale (Cedis) (2), la ville de Toulouse avec l'&#201;tat, les acteurs de la solidarit&#233; et les bailleurs, mobilise des locaux inoccup&#233;s. &lt;i&gt;&#171; Une r&#233;sidence &#233;tudiante auparavant d&#233;saffect&#233;e appartenant &#224; l'arm&#233;e accueille aujourd'hui deux cent vingt personnes. Ce centre d'h&#233;bergement est port&#233; par les associations Espoir et France Horizon Occitanie et la ville propose aux r&#233;sidents un dispositif d'acc&#232;s &#224; l'emploi &#187;&lt;/i&gt;, illustre Thomas Couderette, co-fondateur du Cedis. La pr&#233;fecture de l'H&#233;rault a sollicit&#233; l'Agence intercalaire pour la mise en place du m&#234;me dispositif &#224; Montpellier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2205 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH375/screenshot_21-3-d43a2.png?1694000418' width='500' height='375' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En novembre, le campement de la porte d'Aubervilliers &#224; Paris comptait plus de 2 000 personnes. Lors de son &#233;vacuation le 28 novembre, le pr&#233;fet d'Ile-de-France annon&#231;ait la mise &#224; l'abri des familles et de 200 &#224; 300 hommes isol&#233;s.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26 ao&#251;t, la ville de Paris a sign&#233; une &#171; charte en faveur du d&#233;veloppement de l'occupation temporaire comme outil au service du territoire parisien &#187; avec une quinzaine d'acteurs publics et priv&#233;s pour d&#233;velopper des projets d'urbanisme temporaire, tels le CHU Bastion de Bercy &#224; Paris (&lt;i&gt;Voir article p.22&lt;/i&gt;). Si les acteurs de la solidarit&#233; saluent ce type d'exp&#233;rience, ils ne manquent pas de rappeler que seuls des moyens suffisants permettraient de mettre fin &#224; la situation indigne de la vie &#224; la rue. Selon le collectif Les morts de la rue, elle a entra&#238;n&#233; six cent douze morts en 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) H&#233;bergement d'urgence : renforcer le pilotage pour mieux ma&#238;triser les financements.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Structur&#233;e en coop&#233;rative, elle a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e par le Cedis, collectif citoyen et militant, qui propose des solutions d'inclusion sociale con&#231;ues avec les acteurs associatifs et institutionnels.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Avons-nous toujours besoin du travail d'&#233;quipe ?</title>
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		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>1264</dc:subject>

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&lt;p&gt;Parce qu'elle peut &#224; la fois contrarier l'action individuelle et la soutenir, l'&#233;quipe peut &#234;tre v&#233;cue tour &#224; tour comme aidante et/ou frustrante. Comment est-elle v&#233;cue sur le terrain ? Quel r&#244;le joue-t-elle ? Quel pouvoir a-t-elle ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Marie-Odile et Didier, &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s, membres du collectif Avenir &#201;ducs &lt;br class='autobr' /&gt;
Le travail d'&#233;quipe est probablement n&#233;cessaire puisqu'il serait un formidable antidote aux effets destructeurs de l'individualisme. Il combattrait un isolement professionnel que renforcent (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Parce qu'elle peut &#224; la fois contrarier l'action individuelle et la soutenir, l'&#233;quipe peut &#234;tre v&#233;cue tour &#224; tour comme aidante et/ou frustrante. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment est-elle v&#233;cue sur le terrain ? Quel r&#244;le joue-t-elle ? Quel pouvoir a-t-elle ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Marie-Odile et Didier, &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s, membres du collectif Avenir &#201;ducs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le travail d'&#233;quipe est probablement n&#233;cessaire puisqu'il serait un formidable antidote aux effets destructeurs de l'individualisme. Il combattrait un isolement professionnel que renforcent le travail &#224; distance et la d&#233;sinstitutionalisation. Mais, de quel travail d'&#233;quipe est-il question ? Paul Fustier &#233;nonce deux modalit&#233;s techniques du travail de l'&#233;quipe : le travail sur le projet institutionnel qui &lt;i&gt;&#171; met en mouvement l'organisateur inconscient qui sous-tend les pratiques professionnelles &#187;&lt;/i&gt; (1) et l'analyse du dispositif dont font partie &lt;i&gt;&#171; l'ensemble des espace-temps qui organisent la pr&#233;sence des usagers et la vie des professionnels (des entretiens, des r&#233;unions, &#233;ventuellement des repas, en internat des moments de coucher et des moments de lever), ainsi que les coutumes et rituels (le moment du caf&#233;, les dix minutes pass&#233;es au d&#233;but de chaque journ&#233;e dans le bureau de la secr&#233;taire&#8230;) &#187;&lt;/i&gt; (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail autour du projet institutionnel a singuli&#232;rement &#233;volu&#233; depuis l'apparition des recommandations de bonnes pratiques qui insistent sur la dimension organisationnelle, avec une description des proc&#233;dures mises en &#339;uvre au nom des droits des personnes accueillies. Le projet institutionnel n'est plus, demeure un projet d'&#233;tablissement &#224; l'ambition moindre et probablement peu propice &#224; un travail d'&#233;quipe synonyme de libert&#233; et de plaisir de penser ensemble. Pour s'en convaincre, il suffit de consulter l'article&#8239;12 de la loi du 2 janvier 2002 r&#233;novant l'action sociale et m&#233;dico-sociale pr&#233;voyant que &lt;i&gt;&#171; pour chaque &#233;tablissement ou service, il est &#233;labor&#233; un projet d'&#233;tablissement ou de service, qui d&#233;finit ses objectifs, en mati&#232;re de coordination, de coop&#233;ration et d'&#233;valuation des activit&#233;s et de la qualit&#233; des prestations, ainsi que ses modalit&#233;s d'organisation et de fonctionnement &#187;&lt;/i&gt;. En est exclue une compr&#233;hension de &lt;i&gt;&#171; ces m&#233;canismes qui &#698;subjectivisent&#698; le dispositif en en faisant peut-&#234;tre un morceau de la personne plac&#233; &#224; l'ext&#233;rieur de la personne &#187;&lt;/i&gt; (1). Quand la rationalit&#233; &#233;conomique et l'efficacit&#233; gestionnaire dominent, l'inconscient et la complexit&#233; ne sont pas bienvenus. De m&#234;me, peuvent &#234;tre proscrits les interstices, les communs (secr&#233;tariat, couloir, cour,&#8239;etc.) qui font office de sas, ni dedans ni dehors, les moments conviviaux. Les proc&#233;dures prennent le pas sur les rites, et avec eux, &lt;i&gt;&#171; le pouvoir qui leur appartient d'agir sur le r&#233;el en agissant sur la repr&#233;sentation du r&#233;el &#187;&lt;/i&gt; (2). Emp&#234;ch&#233; ici ou l&#224;, sous surveillance, de plus en plus contr&#244;l&#233;, le travail d'&#233;quipe d&#233;veloppe de nouvelles strat&#233;gies : des professionnels d'une m&#234;me institution se r&#233;unissent en dehors des heures de travail pour ainsi disposer d'une libert&#233; de pens&#233;e ou de f&#234;te ; d'autres construisent au travail et en dehors du travail des projets collectifs ; des ateliers d'&#233;criture m&#234;lent professionnalit&#233; et intimit&#233; ; des mises en sc&#232;ne th&#233;&#226;trales r&#233;unissent des personnes accueillies et des professionnels&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces exp&#233;riences, dans l'institution ou en dehors, montrent que nous avons toujours besoin du travail d'&#233;quipe, mais sous de nouvelles formes, pour &#233;chapper &#224; la tyrannie de la nouvelle gestion publique, des recommandations de bonnes pratiques et autres proc&#233;dures ali&#233;nantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Le travail d'&#233;quipe en institution. Clinique de l'institution, m&#233;dico-sociale et psychiatrique, &#201;d. Dunod, 1999.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Les rites comme acte d'institution, Pierre Bourdieu in Actes de la recherche en sciences sociales, 1982, Vol. 43. Rites et f&#233;tiches, pp. 58 &#8211; 63.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2194 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH538/screenshot_15-3-a7fb7.png?1694026864' width='500' height='538' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Christine Maurey, assistante de service social dans le champ du handicap&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Probablement non. C'est beaucoup plus simple de travailler seul. Il faut juste que la charge ne soit pas trop lourde. C'est ce que je me dis quand je bosse dans mon jardin. D&#232;s que c'est difficile, je dois faire appel &#224; quelqu'un. C'est d&#233;sagr&#233;able parfois de devoir demander de l'aide&#8230; En revanche, pratiquement tous les matins, en p&#233;n&#233;trant dans mon lieu de travail, cette institution d&#233;di&#233;e aux enfants en panne sur le plan sensoriel, je me dis que, seule, on n'est finalement pas grand-chose. On arrive &#224; peu et surtout, on risque de se tromper dans la finalit&#233; et le sens qu'on donne &#224; son travail. Est-ce que je dis cela en le pensant vraiment ou parce que j'arrive en fin de carri&#232;re ? Plus j'avance, moins je sais faire seule ou plut&#244;t plus j'aime faire avec les autres ? Parce que je pense davantage au r&#233;sultat pour l'enfant qu'&#224; ma propre satisfaction ? Ou bien parce que je go&#251;te davantage le savoir-faire de l'autre que le mien que je connais bien ? Je me fais confiance, donc je m'ouvre &#224; l'autre et en m&#234;me temps, quand je doute, l'&#233;quipe n'est-elle pas l&#224; pour me rassurer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas longtemps, un ancien &#233;l&#232;ve &#226;g&#233; de 32 ans t&#233;l&#233;phone et demande &#224; me parler. &#199;a fiche un coup de vieux ! &lt;i&gt;&#171; Maman dit toujours que tu nous as sauv&#233;s, que c'est gr&#226;ce &#224; toi qu'elle a pu s'en sortir, tu te rappelles que mon p&#232;re &#233;tait violent ? &#187;&lt;/i&gt;. Sensible aux compliments, comme tout humain, j'avoue ressentir de la satisfaction &#224; entendre le jeune me faire ce retour. Je me souviens bien de ce petit gar&#231;on que j'avais nomm&#233; Djamel dans mon bouquin. Mais, j'ai surtout le souvenir de m'&#234;tre affront&#233;e &#224; l'&#233;quipe et d'avoir travaill&#233; un peu seule contre tous. Et au final, j'en garde un go&#251;t amer : le danger d'avancer en solo ne serait-il pas justement la tentation de la gratification personnelle ? C'est relativement facile de s'en contenter, voire de la rechercher et on a besoin de cela aussi, non ? &#192; l'inverse, cette ann&#233;e, il m'a &#233;t&#233; donn&#233; de mesurer la port&#233;e du travail en &#233;quipe. Une situation douloureuse et violente s'est pos&#233;e &#224; nous : la situation malheureusement pas rare d'un jeune gar&#231;on victime d'abus sexuels d'un &#171; tonton &#187;. Nous avons avanc&#233; ensemble, en &#233;quipe, &#224; coup de discussions anim&#233;es, de coups de gueule, d'&#233;crits compliqu&#233;s &#224; faire, de confrontations avec d'autres services, de col&#232;res et/ou &#233;motions nous submergeant parfois. Mais malgr&#233; cela ou gr&#226;ce &#224; cela, nous avons r&#233;ussi &#224; prot&#233;ger un enfant et un pr&#233;dateur est en prison. Il est relativement difficile de quantifier nos r&#233;ussites, d'&#233;valuer le positif dans nos m&#233;tiers dits du &#171; social &#187;. Mais il y a une seule chose dont je suis certaine au bout de ces trente ann&#233;es de travail en &#233;quipe, c'est que toute cette mosa&#239;que de fonctions, toute cette conjugaison de professionnels, toutes ces humanit&#233;s rassembl&#233;es, permettent de cr&#233;er un puzzle riche et puissant, surtout s'adaptant au plus juste du projet d'accompagnement d'une personne. C'est bien la somme des id&#233;es et au final, les d&#233;cisions communes prises qui am&#232;nent un contexte soignant lui permettant de se sentir bien et donc d'&#233;voluer. Certes c'est difficile mais n&#233;cessaire. Je citerai Christine Vander Borght, psychologue : &lt;i&gt;&#171; Le travailler ensemble n'est pas un fait de nature : c'est une construction sociale, une cr&#233;ation contextuelle et culturelle des rapports &#224; autrui, une conqu&#234;te sur le fratricide et la loi du plus fort &#187;&lt;/i&gt;. J'ai l'habitude de dire : &lt;i&gt;&#171; Mettons-nous autour d'une table, on sera moins b&#234;te &#224; plusieurs que seul &#187;&lt;/i&gt;. Mais si, mais si, je le pense vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Elle a publi&#233; Chroniques d'une assistante sociale en milieu m&#233;dico-social, &#201;d. L'Harmattan, 2016. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Violences conjugales : int&#233;grer la complexit&#233;</title>
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		<dc:date>2020-01-07T07:58:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Femme</dc:subject>
		<dc:subject>Violences conjugales</dc:subject>
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&lt;p&gt;La mobilisation contre les f&#233;minicides vient de conna&#238;tre une notable acc&#233;l&#233;ration. Comment le travail social peut-il prendre sa part dans l'accompagnement des femmes victimes ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Mardi 19 novembre 2019, tribunal de Nevers, le pr&#233;venu reconna&#238;t tout : il frappait sa compagne, lui br&#251;lait la plante des pieds avec un briquet, la mena&#231;ait d'un couteau sous la gorge ou lui plaquait des oreillers sur le visage pour l'&#233;touffer, d&#233;chirait ses v&#234;tements, jetait les plats qu'elle achetait et lui faisait manger (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La mobilisation contre les f&#233;minicides vient de conna&#238;tre une notable acc&#233;l&#233;ration. Comment le travail social peut-il prendre sa part dans l'accompagnement des femmes victimes ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mardi 19 novembre 2019, tribunal de Nevers, le pr&#233;venu reconna&#238;t tout : il frappait sa compagne, lui br&#251;lait la plante des pieds avec un briquet, la mena&#231;ait d'un couteau sous la gorge ou lui plaquait des oreillers sur le visage pour l'&#233;touffer, d&#233;chirait ses v&#234;tements, jetait les plats qu'elle achetait et lui faisait manger des croquettes pour chat. Il nie juste lui avoir enfonc&#233; le visage dans la cuvette des toilettes. On est rassur&#233; ! Devant un aussi insupportable d&#233;chainement de violence, on ne peut qu'&#234;tre atterr&#233; par la mansu&#233;tude de la justice : un an de prison avec sursis. Bien s&#251;r, l'incarc&#233;ration est loin d'&#234;tre la solution. Cette violence masculine n&#233;cessite une prise en compte bien plus globale qui ne doit pas se limiter aux cas particuliers. C'est toute la culture patriarcale qu'il faut remettre en cause : l'&#233;galit&#233; homme/femme qui est encore loin d'&#234;tre acquise, dans les faits comme dans les repr&#233;sentations ; les rapports de genre qui privil&#233;gient encore l'agressivit&#233; virile chez les uns et la passivit&#233; soumise chez les autres ; la gestion des &#233;motions qui, longtemps n&#233;glig&#233;es, explosent quand elles sont trop comprim&#233;es ; le droit de chacun (e) &#224; contr&#244;ler ses relations affectives sans avoir &#224; rendre de comptes &#224; l'autre ; le rejet de toute violence dans la r&#233;gulation des conflits au sein de la famille&#8239;etc. Convenons qu'il s'agit l&#224; d'un chantier titanesque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il faudra du temps. Les difficult&#233;s rencontr&#233;es par le l&#233;gislateur pour faire enfin entrer dans la loi la simple d&#233;nonciation des violences &#233;ducatives ordinaires subies par les enfants d&#233;montrent les puissants freins qui perdurent. Mais, m&#234;me si elle n'est encore qu'&#224; ses pr&#233;misses, l'&#233;volution des mentalit&#233;s chemine. La preuve ? La puissante mobilisation contre les f&#233;minicides de la fin 2019 et son impact soci&#233;tal. Une facette de cette probl&#233;matique est toutefois peu comment&#233;e. &#192; tort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une d&#233;fense paradoxale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi 19 novembre 2019, tribunal de Caen, un homme de 32 ans conteste une partie des faits qui lui sont reproch&#233;s. La m&#232;re, la s&#339;ur et l'assistante de service social de sa victime t&#233;moignent pourtant de sa brutalit&#233; : il lui a fractur&#233; la clavicule, s'en prenant aussi &#224; leur enfant de cinq ans. Et l&#224;, surprise, il re&#231;oit le soutien inattendu de son souffre-douleur qui accuse les t&#233;moins de son calvaire&#8230; d'avoir menti ! Les juges n'ont pas cru cette &#233;tonnante plaidoirie, condamnant l'agresseur &#224; un an d'incarc&#233;ration, dont six mois avec sursis. Cette r&#233;alit&#233;-l&#224;, elle existe aussi. Les travailleurs sociaux en sont souvent t&#233;moins. Il est juste de r&#233;prouver la passivit&#233; trop fr&#233;quente du corps social face aux violences faites aux femmes. Jamais, de tels actes ne doivent &#234;tre banalis&#233;s. Mais, qu'il est d&#233;stabilisant, parfois de se faire rabrouer par la victime elle-m&#234;me prenant la d&#233;fense de son bourreau ! Il est l&#233;gitime de reprocher certaines carences dans la protection que devraient apporter les forces de l'ordre. Mais, policiers et gendarmes peuvent aussi &#234;tre d&#233;contenanc&#233;s d'intervenir r&#233;guli&#232;rement pour les m&#234;mes appels &#224; l'aide de femmes revenant syst&#233;matiquement chez leur tortionnaire. Il est fond&#233; de critiquer l'inefficacit&#233; des dispositifs de mise &#224; l'abri qui n'agissent pas assez vite, ni comme il le faudrait. Mais, combien on peut &#234;tre d&#233;courag&#233;s, parfois, face &#224; certaines femmes victimes de violences conjugales, d&#233;cidant finalement de rejoindre leur pers&#233;cuteur. De telles circonstances laissent bien des professionnels d&#233;sarm&#233;s et impuissants. Reconna&#238;tre cette r&#233;alit&#233;, ce n'est pas faire le jeu des violences conjugales. C'est au contraire se donner les moyens de d&#233;coder les m&#233;canismes &#224; l'&#339;uvre, en entrant dans la complexit&#233; de l'&#226;me humaine qui est bien moins simpliste qu'on ne le croit trop souvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les m&#233;canismes de l'ali&#233;nation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26 novembre, &#201;va t&#233;moigne dans &lt;i&gt;Ouest France&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; On &#233;tait ensemble depuis trois semaines la premi&#232;re fois qu'il m'a frapp&#233;e. Je n'avais pas le droit de travailler, de passer mon permis. Il cherchait &#224; m'isoler, me couper de mes proches, notamment ma m&#232;re. J'ai eu le nez cass&#233; cinq fois. J'ai fait de la chirurgie r&#233;paratrice. Il a &#233;t&#233; condamn&#233; une premi&#232;re fois. Je l'ai attendu &#224; sa sortie de prison. &#187;&lt;/i&gt; Comment comprendre que l'on puisse accepter de se faire frapper, d&#232;s les premi&#232;res semaines d'une relation amoureuse ? Que l'on puisse se faire casser r&#233;guli&#232;rement le nez ? Que l'on aille attendre son tourmenteur &#224; sa sortie de prison ? Plusieurs interpr&#233;tations sont possibles. L'emprise, tout d'abord, cette v&#233;ritable mainmise sur l'esprit que l'on trouve chez ces adeptes des sectes amen&#233;s &#224; croire aux pires absurdit&#233;s et &#224; subir la toute puissance du gourou. Le syndrome de Stockholm, ensuite, ce m&#233;canisme complexe d'identification et de survie qui s'empare parfois d'otages d&#233;veloppant une contagion &#233;motionnelle et une empathie &#224; l'&#233;gard de leurs ge&#244;liers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'identification &#224; l'agresseur, encore, concept psychanalytique expliquant comment la personne pers&#233;cut&#233;e se sacrifie pour garder une relation d'amour avec l'adulte coupable. Cet amour reste central dans la compr&#233;hension de cet attachement mortif&#232;re : l'homme violent ne se comporte pas en permanence d'une mani&#232;re agressive, il regrette son geste, implore le pardon, promet de s'amender ; ce qui peut inciter sa compagne &#224; croire en sa r&#233;mission possible et &#224; vouloir le sauver. Ne n&#233;gligeons pas la reproduction interg&#233;n&#233;rationnelle, l'adulte dupliquant les violences conjugales dont il a &#233;t&#233; t&#233;moin toute son enfance, persuad&#233; que c'est l&#224; la norme. Enfin, il ne faut pas occulter la puissance d'un registre patriarcal encore bien ancr&#233; dans les consciences des hommes comme des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2195 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH636/screenshot_16-8337a.png?1694026865' width='500' height='636' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout professionnel peut donc &#234;tre confront&#233; &#224; une multitude de situations de femmes victimes de violence conjugale : depuis celle qui, pour les raisons qui viennent d'&#234;tre &#233;voqu&#233;es, reste psychologiquement prisonni&#232;re de son conjoint violent, jusqu'&#224; celle qui s'empare activement des relais mis &#224; sa disposition, en passant par celle qui reste pour les enfants, parce qu'elle est terroris&#233;e par les menaces de mort si elle s'en va, parce qu'elle ne dispose d'aucune autonomie financi&#232;re, parce qu'elle se heurte &#224; la complicit&#233; d'un entourage faisant pression sur elle pour ne pas quitter son conjoint, mais aussi celle qui ne r&#233;ussit pas &#224; se d&#233;tacher de l'amour qu'elle ressent pour son agresseur. Il faut faire avec tout cela, quand on accompagne des victimes auxquelles il faudra parfois quatre ou cinq tentatives pour r&#233;ussir &#224; mettre un terme d&#233;finitif &#224; la relation. Entre une femme pr&#234;te &#224; se sauver d'une menace mortelle et une autre qui s'enferme dans le d&#233;ni, voire qui d&#233;fend celui qui la bat, il y a un long continuum indispensable de respecter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi la proposition du lever du secret professionnel des intervenants qui y sont soumis est une tr&#232;s mauvaise bonne id&#233;e. On en comprend les intentions initiales : intervenir &#224; temps pour &#233;viter le geste fatal. Le risque, c'est que la victime refuse de se confier, craignant d'&#234;tre trahie et de voir son agresseur d&#233;nonc&#233; contre son gr&#233;. On sera alors face &#224; un double &#233;chec : outre ses d&#233;n&#233;gations possibles face aux enqu&#234;teurs, elle n'aura plus confiance en de potentiels confidents. La seule voie qui soit efficace, ce n'est pas de lui faire violence une fois de plus, c'est de l'accompagner le temps qu'il faudra et se saisir du moment propice o&#249; elle se sentira pr&#234;te&#8230; et surtout ne pas la l&#226;cher. l&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien avec &#201;douard Gardella &#8226; Ma rue, ma vie</title>
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		<dc:date>2020-01-07T07:58:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Service de proximit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Violences conjugales</dc:subject>
		<dc:subject>1264</dc:subject>

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&lt;p&gt;Une minorit&#233; de personnes sans abri refuse l'h&#233;bergement d'urgence, pr&#233;f&#233;rant dormir dans la rue. Les raisons ? Des accueils inadapt&#233;s mais aussi le d&#233;sir de rester l&#224; o&#249; sont leurs attaches. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour quelles raisons des personnes pr&#233;f&#232;rent la rue &#224; un centre d'h&#233;bergement d'urgence et avec quelles cons&#233;quences ? &lt;br class='autobr' /&gt;
L'analyse du refus d'h&#233;bergement d'urgence s'est longtemps concentr&#233;e sur le recueil des critiques que les personnes sans abri formulent &#224; l'encontre de ces &#233;tablissements : principalement le manque (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une minorit&#233; de personnes sans abri refuse l'h&#233;bergement d'urgence, pr&#233;f&#233;rant dormir dans la rue. Les raisons ? Des accueils inadapt&#233;s mais aussi le d&#233;sir de rester l&#224; o&#249; sont leurs attaches.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2212 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH153/screenshot_25-2-45256.png?1694000418' width='500' height='153' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour quelles raisons des personnes pr&#233;f&#232;rent la rue &#224; un centre d'h&#233;bergement d'urgence et avec quelles cons&#233;quences ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse du refus d'h&#233;bergement d'urgence s'est longtemps concentr&#233;e sur le recueil des critiques que les personnes sans abri formulent &#224; l'encontre de ces &#233;tablissements : principalement le manque d'intimit&#233;, de s&#233;curit&#233;, de stabilit&#233;, d'autonomie et de propret&#233;. Ce recueil est, politiquement, extr&#234;mement important, en vue de la production d'habitats d&#233;cents pour tous. Mais sociologiquement, il reste insuffisant pour comprendre la sp&#233;cificit&#233; de ces refus, puisque les personnes qui vont en h&#233;bergement d'urgence partagent aussi ces critiques. On arrive donc au constat suivant : critiquer n'est pas refuser. L'enqu&#234;te montre alors que la sp&#233;cificit&#233; de ces personnes est d'avoir nou&#233; des relations dans les espaces publics o&#249; elles vivent ; elles s'y sont attach&#233;es. Ces relations peuvent concerner d'autres sans-abri, des passants r&#233;guliers, des habitants du quartier ou encore des commer&#231;ants. Les personnes priv&#233;es d'abri se retrouvent ainsi int&#233;gr&#233;es &#224; un milieu o&#249; elles ont pris des habitudes et o&#249; finalement, elles habitent. Mais ce faisant, elles s'exposent &#224; une d&#233;gradation de leur &#233;tat de sant&#233;, physique et psychique, jug&#233;e scandaleuse d'un point de vue de justice sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces personnes sont-elles &#233;galement en rupture de la soci&#233;t&#233; en g&#233;n&#233;ral ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat de cette enqu&#234;te men&#233;e aupr&#232;s des personnes sans abri qui refusent les h&#233;bergements d'urgence est important, en ce qu'il conteste une repr&#233;sentation dominante des situations de sans-abrisme en particulier et d'exclusion en g&#233;n&#233;ral. Cette repr&#233;sentation dominante fait de ces personnes, des atomes isol&#233;s, &#171; d&#233;socialis&#233;s &#187; ou &#171; en rupture de liens sociaux &#187; ; comme si des individus pouvaient litt&#233;ralement se retrouver en dehors de la soci&#233;t&#233;. Sociologiquement, ces analyses n'ont aucun sens. Elles ne permettent pas de comprendre pourquoi ces personnes refusent les h&#233;bergements d'urgence. Elles peuvent &#234;tre en rupture par rapport &#224; certains groupes (profession, famille) mais int&#233;gr&#233;es &#224; d'autres groupes et attach&#233;es &#224; d'autres relations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De quelle mani&#232;re les politiques sociales peuvent-elles prendre en compte cette r&#233;alit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques sociales peuvent se saisir de cette r&#233;alit&#233; dans une logique de pr&#233;vention et de r&#233;paration. L'analyse statistique montre que tous les sans-abri n'ont pas la m&#234;me probabilit&#233; de se retrouver &#224; habiter l'espace public et &#224; ainsi refuser les h&#233;bergements d'urgence. Ce sont plut&#244;t en effet des personnes non prioritaires dans l'acc&#232;s aux h&#233;bergements de meilleure qualit&#233; (les h&#233;bergements d'insertion), en raison de leur &#233;loignement vis-&#224;-vis des crit&#232;res d'autonomie d&#233;finis par les professionnels. Dans le processus les conduisant &#224; s'installer, il faut souligner l'importance des exp&#233;riences n&#233;gatives en h&#233;bergement social. Il s'agit donc de r&#233;fl&#233;chir, dans une logique de pr&#233;vention, aux pratiques de s&#233;lection mises en &#339;uvre dans les h&#233;bergements sociaux de meilleure qualit&#233;. Mais pour les personnes d&#233;j&#224; install&#233;es &#224; la rue, il est n&#233;cessaire d'envisager de nouvelles mani&#232;res de r&#233;parer la situation. Il s'agirait de r&#233;fl&#233;chir avec elles et les professionnels qui leur viennent en aide, &#224; la fa&#231;on de tenir compte de ces relations dans le passage de la rue &#224; un h&#233;bergement ou &#224; un logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Auteur du rapport Le sans-abrisme comme &#233;preuve d'habiter, avec Amandine Arnaud, &#233;pid&#233;miologiste de l'Observatoire du Samu social de Paris, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;galement publi&#233; : Comprendre le refus d'h&#233;bergement d'urgence par les sans-abri, in M&#233;tropololitiques, 2019. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; lire sur : &lt;a href=&#034;https://bit.ly/2Ccn6gs&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://bit.ly/2Ccn6gs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sciences sociales et le sans-abrisme, ouvrage collectif, &#201;d. Presses de l'universit&#233; de Saint-Etienne, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'urgence sociale en action. Ethnographie du Samu social de Paris, avec Daniel Cefa&#239;, &#201;d. La D&#233;couverte, 2012.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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