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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Psychotraumatisme &#8226; Des unit&#233;s d&#233;di&#233;es</title>
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		<dc:subject>Psychiatrie</dc:subject>
		<dc:subject>Psychoth&#233;rapie</dc:subject>
		<dc:subject>1261</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le gouvernement a lanc&#233; en novembre 2017 un vaste plan pour renforcer la prise en charge du psychotraumatisme. Il pr&#233;voit notamment la cr&#233;ation de dix centres de soins r&#233;gionaux dans lesquels s'inscrit la nouvelle unit&#233; de psychotrauma du Centre hospitalier de Montfavet (Vaucluse). &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est-ce qu'un psychotraumatisme ? Le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM V) parle de troubles de stress post-traumatique. Ils font suite &#224; l'exposition &#224; une situation dramatique : guerre, (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le gouvernement a lanc&#233; en novembre 2017 un vaste plan pour renforcer la prise en charge du psychotraumatisme. Il pr&#233;voit notamment la cr&#233;ation de dix centres de soins r&#233;gionaux dans lesquels s'inscrit la nouvelle unit&#233; de psychotrauma du Centre hospitalier de Montfavet (Vaucluse).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'un psychotraumatisme ? Le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM V) parle de troubles de stress post-traumatique. Ils font suite &#224; l'exposition &#224; une situation dramatique : guerre, attentats, catastrophes naturelles, agressions physiques ou sexuelles, harc&#232;lement,&#8239;etc. On &#233;voque le terme de traumatisme lorsque ces &#233;v&#233;nements engendrent une souffrance psychique importante, des syndromes de r&#233;p&#233;tition (le trauma revient par flashs ou cauchemars), une tendance &#224; l'&#233;vitement (on fait tout pour ne pas y penser), des troubles psychiques (d&#233;pression, anxi&#233;t&#233;, id&#233;es suicidaires&#8230;), une tendance au repli et &#224; la d&#233;socialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traiter l'urgence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France introduit les premi&#232;res cellules d'urgence m&#233;dico-psychologiques (CUMP) en 1995 &#224; la suite des attentats du RER B de la station Saint-Michel &#224; Paris. Des unit&#233;s &#171; virtuelles &#187; mises en place ponctuellement &#224; la suite d'&#233;v&#232;nements dramatiques (attentats terroristes, &#233;v&#232;nements climatiques, tremblements de terre, crash d'avion,&#8239;etc.). D&#233;clench&#233;es par le Samu, elles sont constitu&#233;es de psychologues et d'infirmiers (parfois d'&#233;ducateurs) qui prennent en charge les victimes apr&#232;s la catastrophe et dans les jours qui suivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Vaucluse, soixante-dix volontaires peuvent &#234;tre appel&#233;s &#224; tout moment. &lt;i&gt;&#171; On pratique le &#698;defusing&#698;, c'est-&#224;-dire qu'on fait atterrir les gens&lt;/i&gt;, explique le psychiatre Olivier Fossard, responsable de l'unit&#233; psychotrauma du Centre hospitalier de Montfavet (CHM) et coordinateur adjoint de la CUMP 84. &lt;i&gt;On va les entourer d'une couverture, les toucher, leur donner du caf&#233;, les appeler par leur nom,&#8239;etc. Puis, quelques jours plus tard, on passe au debriefing. Ils vont alors pouvoir raconter ce qu'ils ont v&#233;cu et parler de leurs &#233;motions. &#187;&lt;/i&gt; Apr&#232;s ces interventions post-imm&#233;diates qui ont pour but d'apaiser les premi&#232;res &#233;motions tr&#232;s vives, les CUMP passent le relais aux unit&#233;s de psychotraumatisme, dans lesquelles un travail sur le long terme peut se mettre en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; de psychotrauma du Centre hospitalier de Montfavet (CHM) s'inscrit dans le dispositif des dix centres r&#233;gionaux lanc&#233;s dans le cadre du plan interminist&#233;riel d'aide aux victimes (avec les h&#244;pitaux de Nice et de Marseille pour la r&#233;gion Paca/Corse). C'est une petite &#233;quipe compos&#233;e d'un psychiatre, de deux infirmi&#232;res et d'une psychologue. D'autres professionnels interviennent ponctuellement de mani&#232;re b&#233;n&#233;vole. L'&#233;quipe prend aussi en charge des patients d&#233;j&#224; suivis au sein de l'h&#244;pital pour d'autres troubles. &lt;i&gt;&#171; Il y a trois ans, nous avons men&#233; une enqu&#234;te en interne, qui a montr&#233; que 72&#8239;% des patients hospitalis&#233;s avaient v&#233;cu un traumatisme&lt;/i&gt;, explique le Dr Fossard. &lt;i&gt;Parmi eux, 50&#8239;% ont v&#233;cu au moins deux traumas successifs. Dans ce cas, on parle de traumas complexes. &#187;&lt;/i&gt; Selon ce psychiatre, certains patients se retrouvent hospitalis&#233;s de longues ann&#233;es avec l'&#233;tiquette &#171; bipolaire &#187;, &#171; schizophr&#232;ne &#187; ou &#171; d&#233;pressif &#187;, alors qu'au d&#233;part ils sont simplement victimes d'un empilement de traumas non rep&#233;r&#233;s et non trait&#233;s. On retrouve notamment beaucoup d'agressions sexuelles dans l'enfance aux cons&#233;quences souvent d&#233;sastreuses sur l'&#233;quilibre psychique. &lt;i&gt;&#171; Poser le diagnostic d'un traumatisme est th&#233;rapeutique dans ces situations. Donner &#224; un patient l'id&#233;e que ses troubles viennent d'un &#233;v&#232;nement dont il a &#233;t&#233; victime, ce n'est pas la m&#234;me chose que d'avoir des troubles incompr&#233;hensibles. &#199;a donne du sens et lui permet de comprendre ce qui lui arrive. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le Dr Fossard, il n'existe pas de traitement chimique efficace pour traiter le traumatisme. Son &#233;quipe utilise surtout des techniques psychoth&#233;rapeutiques, comme l'EMDR (1), l'hypnose ou des th&#233;rapies cognitivo-comportementales mais aussi une m&#233;thode peu connue : l'Image mentale th&#233;rapeutique. Lors de ces s&#233;ances, le th&#233;rapeute demande &#224; la personne de fermer les yeux et de se rem&#233;morer le traumatisme. Il prend alors en compte ce qu'elle dit de son exp&#233;rience (le verbal), ce que montre son corps (le corporel) et ce qu'elle exprime en termes d'&#233;prouv&#233;s (l'&#233;motionnel). Il arrive que des traumatismes anciens ressurgissent bien des ann&#233;es d'apr&#232;s. &lt;i&gt;&#171; J'ai re&#231;u en consultation une dame de 84 ans pour un viol subi &#224; l'&#226;ge de 10 ans,&lt;/i&gt; illustre Olivier Fossard. &lt;i&gt;Pour le psychisme, le temps n'existe pas. L'&#233;motion reste intacte. Elle est &#224; l'int&#233;rieur et elle fait des d&#233;g&#226;ts. C'est &#224; nous d'aller la chercher. &#187;&lt;/i&gt; Pour le m&#233;decin, traiter un traumatisme demande une position active. &lt;i&gt;&#171; On ne peut pas se limiter &#224; une &#233;coute flottante, &#233;largie, comme dans la tradition psychanalytique. Pendant des ann&#233;es, nous nous sommes content&#233;s de ce travail qui n'a pas r&#233;solu les probl&#232;mes. Nous devons &#234;tre plus incisifs. Je dis aux soignants : &#698;N'&#233;coutez pas, soyez curieux !&#698; Lorsqu'on a une question, il faut la poser, car elle va amener la personne l&#224; o&#249; elle souffre. &#192; l'h&#244;pital, on traite la souffrance, on ne fait pas de philosophie ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Soigner les auteurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de l'unit&#233; psychotrauma, le CHM dispose aussi d'une unit&#233; de victimologie qui a ouvert ses portes il y a une vingtaine d'ann&#233;es. Le Centre Joseph Grasset prend en charge les victimes d'accidents, de violences physiques ou sexuelles, mais &#233;galement les agresseurs. Cela repr&#233;sente environ quatre cents personnes suivies (adolescents &#224; partir de 14 ans et adultes), la moiti&#233; &#233;tant des victimes et l'autre des agresseurs. Ces derniers viennent souvent dans le cas d'une injonction de soins li&#233;e &#224; une condamnation p&#233;nale, et parfois dans le seul but d'obtenir un justificatif qu'on leur r&#233;clame.&lt;i&gt; &#171; Quand les auteurs ne s'investissement pas dans ce travail, on peut refuser de fournir ce certificat&lt;/i&gt;, explique Marie-No&#235;lle Petit, psychiatre, chef de p&#244;le au CHM et responsable de ce service. &lt;i&gt;Nous leur expliquons qu'eux sont dans l'obligation de se soigner, mais pas nous ! Mais nous arrivons quand m&#234;me &#224; &#234;tre dans une vraie rencontre avec un grand nombre de patients. &#187;&lt;/i&gt; Il arrive fr&#233;quemment que ces auteurs de violences r&#233;v&#232;lent au cours des entretiens un pass&#233; dans lequel ils ont d'abord &#233;t&#233; eux-m&#234;mes victimes de violences. Certains parviennent alors &#224; s'inscrire dans une r&#233;elle d&#233;marche th&#233;rapeutique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; propose des th&#233;rapies individuelles et des th&#233;rapies de groupe, comme celles destin&#233;es aux auteurs d'abus sexuels sur mineur, de violences conjugales et des ateliers de groupe destin&#233;s aux victimes. &lt;i&gt;&#171; Nous travaillons beaucoup en r&#233;seau, notamment avec les associations d'aide aux victimes, les psychologues de la police, les psychiatres lib&#233;raux, les services d'addictologie, les &#233;ducateurs de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), l'&#201;ducation nationale. Nous avons &#233;galement une juriste qui permet de faire l'interface avec les services de justice &#187;&lt;/i&gt;, explique Dr Petit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, dans ses nouvelles missions l'unit&#233; de psychotrauma a &#233;galement un r&#244;le de formation aupr&#232;s des professionnels susceptibles de recevoir les victimes (police, services sociaux, psychiatrie, soins g&#233;n&#233;raux,&#8239;etc.). L'optique de cette d&#233;marche est de les sensibiliser &#224; cette probl&#233;matique pour une identification plus facile des victimes et une meilleure prise en charge par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Contact : Unit&#233; de victimologie et de psychiatrie l&#233;gale Joseph Grasset &#8211; T&#233;l. 04 90 03 89 11&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) D&#233;sensibilisation et retraitement par le mouvement des yeux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Comment faire face aux violences institutionnelles ?</title>
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&lt;p&gt;D&#232;s 1991, Stanislas Tomkiewicz et Pascal Vivet d&#233;non&#231;aient la maltraitance qui se d&#233;ploie au c&#339;ur des institutions charg&#233;es de prot&#233;ger les populations vuln&#233;rables qu'elles accueillent (1). O&#249; en sommes-nous de cette r&#233;flexion ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Michel Defrance, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;, directeur d'institut th&#233;rapeutique, &#233;ducatif et p&#233;dagogique (ITEP), retrait&#233;, &#171; conteur d'institution &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les termes de violence et d'institution &#233;voquent de nombreuses repr&#233;sentations. Les violences effectives ou ressenties, inacceptables pour (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s 1991, Stanislas Tomkiewicz et Pascal Vivet d&#233;non&#231;aient la maltraitance qui se d&#233;ploie au c&#339;ur des institutions charg&#233;es de prot&#233;ger les populations vuln&#233;rables qu'elles accueillent (1). O&#249; en sommes-nous de cette r&#233;flexion ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Michel Defrance, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;, directeur d'institut th&#233;rapeutique, &#233;ducatif et p&#233;dagogique (ITEP), retrait&#233;, &#171; conteur d'institution &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les termes de violence et d'institution &#233;voquent de nombreuses repr&#233;sentations. Les violences effectives ou ressenties, inacceptables pour certains, ou simples contraintes &#224; subir pour d'autres. L'institution &#233;voque soit l'&#233;tablissement ou le service, soit la direction mais rarement une organisation qui proc&#232;de de valeurs, concepts, projets rassemblant des &#171; militants &#187; agissant ensemble pour une cause commune. Les violences institutionnelles sont des r&#233;actions &#224; l'encontre de ce qui s'oppose : refus d'adh&#233;rer ou d'ob&#233;ir, r&#233;sistance qu'il conviendrait de faire plier par la force physique ou psychique. Elles surgissent surtout face aux agressions dont les professionnels peuvent &#234;tre victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la symptomatique oppositionnelle, la r&#233;activit&#233; &#233;motionnelle exacerb&#233;e des jeunes s'expriment, quelles attitudes, quels consensus d'intervention, quelles r&#233;f&#233;rences th&#233;oriques viennent donner sens aux pratiques ? Les &#233;quipes sont interrog&#233;es dans leurs capacit&#233;s &#224; &#233;laborer leurs r&#233;ponses et les directions dans leurs facult&#233;s &#224; mettre en place et soutenir les &#233;changes, faire vivre les controverses, s&#233;curiser les espaces de parole, animer, conduire ces &#233;laborations interdisciplinaires, mais aussi dans leur capacit&#233; &#224; soutenir les personnes affect&#233;es par ces &#233;v&#232;nements violents. En situation d'&#234;tre insult&#233;s, menac&#233;s, bouscul&#233;s, rarement frapp&#233;s, les professionnels ne sont pas tous &#233;motionnellement capables de r&#233;agir &#171; &#224; bon escient &#187; avec le recul suffisant, la ma&#238;trise n&#233;cessaire pour ne pas r&#233;pondre en miroir. C'est bien gr&#226;ce au travail collectif de r&#233;flexion, de respect mutuel, d'entraide, que les coll&#232;gues ne se sentiront pas seuls face &#224; leurs &#233;motions et que leur &#171; s&#233;curit&#233; d'intervenir &#187; sera suffisante. On peut intervenir &#224; plusieurs ou se trouver malheureusement trop souvent isol&#233; face &#224; un jeune, mais alors faire en sorte que celui-ci per&#231;oive que derri&#232;re son &#233;duc il y a tous les autres&#8230; Ne pas donner &#224; penser que l'on agit en son nom propre &#8211; ce qui pourrait &#234;tre arbitraire &#8211;, mais au nom de l'institution&#8230; Les jeunes sont d'autant plus r&#233;actifs qu'ils se sentent injustement trait&#233;s, insuffisamment pris en compte ou encore incompris&#8230; La pr&#233;vention des comportements &#233;ducatifs irrespectueux passe par une attention de tous les instants &#224; chacun d'entre eux. Qu'ils se rendent insupportables pour &#233;vacuer l'insupportable en eux devrait &#234;tre compris et assum&#233; par des professionnels form&#233;s &#224; ces relations &#171; rugueuses &#187; qui avant de s'engager dans ces m&#233;tiers de la relation &#224; forte exposition &#233;motionnelle devraient en mesurer les risques, les accepter et s'y pr&#233;parer&#8230; &#171; Je n'ai pas choisi ce m&#233;tier pour me faire insulter. &#187; Certes, mais un pompier n'exerce pas non plus pour se faire br&#251;ler&#8230; &#202;tre &#233;ducateur a toujours &#233;t&#233; un exercice p&#233;rilleux qui suppose force morale, conviction et engagement. Les jeunes dont nous nous occupons ont besoin de notre affection et de la fermet&#233; de nos exigences pour se sentir reconnus. Ce sont des postures &#224; &#233;laborer inlassablement pour ne pas laisser notre r&#233;activit&#233; &#233;motionnelle, notre crainte seules guider nos interventions. Maintenir &#171; ouvert &#187; un acc&#232;s lucide &#224; ses affects passe par l'acceptation d'un &#171; travail sur soi &#187; exigeant pour g&#233;rer les atteintes narcissiques que ces situations nous font conna&#238;tre&#8230; La formation initiale et continue, une vie institutionnelle riche d'&#233;changes et d'&#233;laborations communes, de solidarit&#233;, d'humour, ainsi que des espaces de repli r&#233;flexifs comme l'analyse des pratiques et les journ&#233;es d'&#233;tude en &#171; intra &#187; sont les principaux leviers de pr&#233;vention des violences institutionnelles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Aimer mal, ch&#226;tier bien : enqu&#234;tes sur les violences dans les institutions pour enfants et adolescents, &#201;d Seuil.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2236 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L299xH264/screenshot_36-c3a69.png?1694056723' width='299' height='264' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par J&#233;r&#244;me Bouts, travailleur social, directeur g&#233;n&#233;ral d'association&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Christophe a 60 ans, il part &#224; la retraite apr&#232;s trente-cinq ann&#233;es de bons et loyaux services dans une maison d'enfants &#224; caract&#232;re social (MECS). D'abord agent technique, il n'a jamais ferm&#233; la porte de sa cuisine aux adolescents. Il m'explique avoir eu deux carri&#232;res : la seconde a commenc&#233; lorsque un directeur a d&#233;cid&#233; de le reconna&#238;tre comme &#233;ducateur technique alors qu'il exer&#231;ait d&#233;j&#224; depuis des ann&#233;es, de fait, une fonction &#233;ducative. Cette d&#233;cision a chang&#233; sa vie professionnelle, laissant derri&#232;re lui ce qu'il ressentait comme une violence de l'institution &#224; son &#233;gard, un d&#233;faut de gratitude. Le philosophe et enseignant &#201;ric Fiat nous explique qu'il faut inverser la pyramide de Maslow. Il propose la primaut&#233; d'un besoin de reconnaissance pour s'accomplir &#224; ceux des besoins physiologiques. &lt;i&gt;&#171; Je suis&lt;/i&gt; moi &lt;i&gt;par la gr&#226;ce&lt;/i&gt; de toi&#8239;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;, nous dit-il encore. L'institution justement est cens&#233;e proposer l'articulation entre les individus qui la composent et la dimension collective ; garantissant &#224; chacun d'&#234;tre reconnu mais aussi limit&#233; dans sa subjectivit&#233; au service de nos missions sociales et m&#233;dico-sociales. Il appara&#238;t pour nous que les violences institutionnelles naissent lorsque nous ne recherchons pas cet &#233;quilibre. &#192; une &#233;poque o&#249; l'on tend &#224; nous imposer une logique de d&#233;sinstitutionnalisation, c'est au contraire le lieu institutionnel qui permet la confrontation (versus affrontement). Les conflits apparaissent lorsque cet &#233;quilibre est rompu. Ils doivent &#234;tre trait&#233;s en tant que tels, sans &#234;tre confondus dans la gestion des institutions avec la logique de conflictualit&#233; n&#233;cessaire &#224; des confrontations porteuses de co-constructions. D'une autre fa&#231;on, quand le p&#233;dopsychiatre Philippe Jeammet nous explique que nous sommes essentiellement guid&#233;s par nos &#233;motions, c'est justement l'institution qui propose un cadre de droit susceptible de les canaliser vers la cr&#233;ativit&#233; plut&#244;t que vers la destructivit&#233;. Ainsi les violences dans les institutions arrivent lorsqu'il manque l'institutionnalisation des pratiques, lorsque celles-ci ne sont pas r&#233;f&#233;r&#233;es &#224; des conceptions suffisamment partag&#233;es et arr&#234;t&#233;es ensemble. Les pratiques ne disent en effet rien ou pas grand-chose du sens qu'on y met et c'est un lieu commun que de dire que les personnes souffrent professionnellement &#224; partir du moment o&#249; elles ne per&#231;oivent plus le sens de leur pratique. &#192; l'image de ces institutions r&#233;duites &#224; donner des directives &#224; la place de directions. Ce refuge dans l'op&#233;ratoire (les proc&#233;dures) est symptomatique de cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il m'appara&#238;t que les institutions doivent faire un effort de d&#233;finition des objets qui les occupent, sans quoi le sens ne peut plus ni &#234;tre garanti ni gu&#232;re rappel&#233;. Il s'agit de se mettre d'accord suffisamment sur les &#171; &#233;vidences &#187; qui pr&#233;sident &#224; nos missions. Parmi mille autres exemples, on peut d&#233;finir ensemble ce qu'est l'&#233;ducation : il s'agit bien d'une question de transmission de valeurs (des r&#232;gles, des normes, des usages) qui s'oppose &#224; toute id&#233;e de domination. Cela donne une direction, permet des protocoles qui offrent un espace de possibles r&#233;f&#233;r&#233;s et garantis par l'institution, ses cadres mais aussi par ceux qui en comprennent le sens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre jeune retrait&#233; Christophe, donc, nous dit avoir pu exercer sa pratique professionnelle librement dans son institution. Pour reprendre Reynald Brizais &lt;i&gt;&#171; professionnel ni libre ni d&#233;termin&#233;, il a &#233;t&#233; libre de choisir parmi des possibles institutionnels qu'il n'avait pas compl&#232;tement choisis &#187;&lt;/i&gt;. Nous savons que les adolescents accompagn&#233;s durant toutes ces ann&#233;es auront b&#233;n&#233;fici&#233; de ce cadre recherch&#233; de non-violence institutionnelle !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quartiers de rel&#233;gation : pertinence et limites de l'exemplarit&#233;</title>
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		<dc:subject>&#201;thique</dc:subject>
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&lt;p&gt;Les r&#233;ussites de certains jeunes de banlieue sont souvent c&#233;l&#233;br&#233;es pour d&#233;montrer l'efficacit&#233; des politiques men&#233;es. Mais un succ&#232;s individuel ne peut &#234;tre g&#233;n&#233;ralis&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'initiative du minist&#232;re de la Coh&#233;sion des territoires et des Relations avec les collectivit&#233;s territoriales, des &#171; paQte &#187; (Pacte avec les quartiers pour toutes les entreprises) sont ici et l&#224; promus&#8230; Face au fatalisme ou d&#233;couragement au regard du peu d'effets concrets d'une politique de la ville pourtant bien ancienne (&#171; Rapport (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les r&#233;ussites de certains jeunes de banlieue sont souvent c&#233;l&#233;br&#233;es pour d&#233;montrer l'efficacit&#233; des politiques men&#233;es. Mais un succ&#232;s individuel ne peut &#234;tre g&#233;n&#233;ralis&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'initiative du minist&#232;re de la Coh&#233;sion des territoires et des Relations avec les collectivit&#233;s territoriales, des &#171; paQte &#187; (Pacte avec les quartiers pour toutes les entreprises) sont ici et l&#224; promus&#8230; Face au fatalisme ou d&#233;couragement au regard du peu d'effets concrets d'une politique de la ville pourtant bien ancienne (&#171; Rapport Dubedout &#187;, 1983), il faut bien donner un peu de visibilit&#233; &#224; ce type d'initiative o&#249; se combinent la responsabilit&#233; sociale/soci&#233;tale de l'entreprise (RSE), elle-m&#234;me issue de la vieille id&#233;e de &#171; l'entreprise citoyenne &#187;, et les politiques sociales en particulier d'&#233;ducation et d'insertion. Qu'en penser sinon du bien en &#233;vacuant pragmatiquement la r&#233;currente critique du &lt;i&gt;&#171; social washing &#187;&lt;/i&gt;, celle du soup&#231;on &#233;pidermique vis-&#224;-vis d'entreprises s'aspergeant de l'eau b&#233;nite de la philanthropie et des bons sentiments ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme disent les Anglo-Saxons, &lt;i&gt;&#171; Damned if you do, damned if you don't ! &#187;&lt;/i&gt; Apr&#232;s tout, si l'engagement d'entreprises permet &#224; des/quelques jeunes d'acc&#233;der &#224; l'emploi dans des conditions satisfaisantes, eux qui sont coupables d'une assignation r&#233;sidentielle dans les quartiers qui &#171; ne font pas bien sur les CV &#187;, pourquoi s'en priver ? tout en &#233;tant conscient que, bien &#233;videmment, le cancer des espaces d'excentricit&#233; spatiale devenus d'excentricit&#233; sociale ne sera pas soign&#233; par l'aspirine de ces dispositifs que les pessimistes caract&#233;riseront comme un empl&#226;tre sur une jambe de bois. &#192; ce pessimisme, largement fond&#233; sur le constat de l'enkystement des quartiers et de leurs surnum&#233;raires, &#233;galement sur celui de l'accentuation des in&#233;galit&#233;s, ce n'est pas &#234;tre na&#239;f que de r&#233;pondre, &#224; ce stade et en oeuvrant pour bien plus, par la &#171; strat&#233;gie du colibri &#187; (S. Millet) : c'est simplement parier, tenter une r&#233;ponse &#224; la question kantienne &#171; Que puis-je esp&#233;rer ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des manifestations de promotions de ces paQte, il est habituel que l'on s'appuie sur l'exposition de parcours de r&#233;ussite individuelle des habitants de QPV (quartiers prioritaires de la ville). Quoique la question p&#233;dagogique et philosophique de l'effet sur soi de l'exp&#233;rience de l'autre soit discut&#233;e, posons l'hypoth&#232;se d'une pertinence de cette r&#233;ussite &lt;i&gt;individuelle &lt;/i&gt; via son potentiel d'exemplarit&#233;, un facteur valable d'ailleurs pour tous les champs, qu'il s'agisse d'insertion professionnelle, d'inclusion sociale, de soci&#233;tal ou de politique. Pour ce dernier, le niveau de d&#233;fiance des Fran&#231;ais est tel vis-&#224;-vis des &#233;lites, institutions et corps interm&#233;diaires (cf. l'enqu&#234;te &#171; Fractures fran&#231;aises 2019 &#187; d'IPSOS titrant &lt;i&gt;La d&#233;fiance vis-&#224;-vis des dirigeants et des institutions atteint des sommets&lt;/i&gt;) que, tr&#232;s clairement, la coh&#233;rence entre ce qui est dit et ce qui permet de le dire devient discriminant. C'est l'effet-Cahuzac des &#171; yeux dans les yeux &#187; : bien plus qu'un simple traumatisme d&#233;mocratique, une trahison existentielle. En d'autres termes et ici, l'exposition d'un parcours de r&#233;ussite peut &#234;tre incitatif parce que r&#233;ellement v&#233;cu (&#171; Il ou elle est d'ici &#187;) et, &#224; cette condition, probablement positif dans ses effets. Toutefois quelqu'un qui s'est &#233;lev&#233; (r&#233;ussite) est un funambule qui marche sur une cr&#234;te avec un ab&#238;me de chaque c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier est &#171; la culpabilit&#233; de l'origine de classe &#187; : fille ou fils d'ouvrier, conform&#233;ment aux incitations/injonctions familiales, on a bien travaill&#233; &#224; l'&#233;cole (&lt;i&gt;&#171; et tu auras un bon m&#233;tier &#187;&lt;/i&gt;) puis progress&#233; dans l'&#233;chelle sociale jusqu'&#224; ne plus pratiquer les modes de vie de sa famille (qui le reprochera : &lt;i&gt;&#171; Tu n'es plus comme nous ! &#187;&lt;/i&gt;) et s'en sentir coupable. Le second ab&#238;me correspond &#224; l'&#233;go&#239;sme du winner. Autrement dit, raisonner en disant &lt;i&gt;&#171; Moi, je m'en suis sorti. Ceux qui ne r&#233;ussissent pas n'ont &#224; s'en prendre qu'&#224; eux-m&#234;mes &#187;&lt;/i&gt;, fa&#231;on de s'attribuer &#224; son b&#233;n&#233;fice exclusif une victoire sur tous les d&#233;terminants socio&#233;conomiques et d&#233;monstration que &lt;i&gt;&#171; le discours m&#233;ritocratique permet aux gagnants du syst&#232;me de stigmatiser les perdants &#187;&lt;/i&gt; (T. Piketty). Cela correspond &#233;galement &#224; ce que l'on appelle la &#171; norme d'internalit&#233; &#187;, &#224; savoir le report sur la personne de la responsabilit&#233; de d&#233;terminants qui lui sont ext&#233;rieurs, psychologisation de probl&#232;mes &#233;conomiques et soci&#233;taux, glissement bien connu du ch&#244;meur responsable au ch&#244;meur coupable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2237 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH667/screenshot_37-947c6.png?1694056724' width='500' height='667' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question de la r&#233;ussite toujours &lt;i&gt;individuelle &lt;/i&gt; mais dont on esp&#232;re des effets collectifs pose deux probl&#232;mes&#8230; &#224; vrai dire assez complexes. Le premier est celui de la r&#233;silience, ou, &lt;i&gt;&#171; Pourquoi certains s'en sortent dans les pires conditions alors que d'autres s'effondrent ? &#187;&lt;/i&gt; Le second probl&#232;me est celui de l'appr&#233;ciation (on dit &#171; &#233;valuation &#187; dans les politiques publiques) de ce qui permet ou non cette r&#233;ussite. Autant j'ai peu de r&#233;ponses aujourd'hui au premier probl&#232;me sinon le hasard (mais peut-&#234;tre les avanc&#233;es de l'&#233;pig&#233;n&#233;tique nous &#233;claireront-elles), autant le second probl&#232;me me permet d'avancer que, d&#233;cid&#233;ment, une vie n'entre pas dans les cellules d'&lt;i&gt;Excel&lt;/i&gt;. Dans toute trajectoire de vie, il y a des bifurcations, ces moments inattendus o&#249; la courbe modifie sa trajectoire et part dans un autre sens. La complexit&#233; c'est cela : pas un A sur B qui donnerait m&#233;caniquement C (pas plus qu'elle n'est compatible avec la b&#234;tise &#224; pleurer d'un &lt;i&gt;homo oeconomicus&lt;/i&gt; parfaitement rationnel) mais un A sur B qui donne C', le prime &#233;tant l'indication de l'al&#233;atoire, &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; de la libert&#233; de l'individu.&lt;br class='autobr' /&gt;
En d'autres termes, une r&#233;ussite individuelle est sans doute le fruit d'une volont&#233; et d'effort (effort&#8230; voil&#224; un mot absent du d&#233;bat public qui m&#233;riterait un peu d'attention) mais elle ne se met en branle qu'&#224; partir du moment o&#249; l'individu a rencontr&#233; et v&#233;cu une situation qui l'a stimul&#233; : une rencontre, un amour, un d&#233;c&#232;s, une &#233;motion&#8230; D&#232;s lors, pour celles et ceux en charge d'accompagner des personnes pour les &#171; &#233;lever &#187; (de la simple socialisation ou insertion &#224; la promotion sociale), l'al&#233;atoire, l'incertitude n'est pas un danger mais, comme nous le dit Morin, &#171; une chance &#224; saisir &#187;. Comment la saisir ? En multipliant les &lt;i&gt;situations &lt;/i&gt; (moments o&#249; le spectateur devient acteur) qui pourront &#234;tre des opportunit&#233;s de bifurcation (&#171; exp&#233;rimentations &#187; dans les politiques publiques). Il faut, comme dans&lt;i&gt; le Cercle des po&#232;tes disparus&lt;/i&gt;, faire monter sur les tables pour que le monde soit vu diff&#233;remment, pour se d&#233;barrasser des &#339;ill&#232;res de l'enkystement dans un quartier qui peut &#234;tre un lieu pathog&#232;ne, souvent un espace de socialisation endogamique, entropique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s'&#233;lever, pour se socialiser, pour trouver sa place dans la soci&#233;t&#233;, le concept central est bien celui d'alt&#233;rit&#233; : reconna&#238;tre l'Autre comme sujet diff&#233;rent de moi et jouissant des m&#234;mes droits que moi. Dans les quartiers o&#249; aujourd'hui je vais (Vaulx-en-Velin&#8230;) et o&#249;, plus jeune sociologue, j'allais (les HVS, DSQ, ZUS, GPV&#8230;), j'observais et j'observe des replis endogamiques, communautaires, g&#233;n&#233;rationnels, ce &#171; temps des tribus &#187; dont parle Maffesoli. Or qui ne conna&#238;t pas ne peut pas reconna&#238;tre. De la sorte, la promotion de la r&#233;ussite individuelle sur la base du postulat de la valeur d'exemplarit&#233; est probablement une tactique &#224; tenter, n&#233;cessaire et insuffisante, dont l'int&#233;r&#234;t est d'&#234;tre adoss&#233;e &#224; une strat&#233;gie de quasi-d&#233;bauche de &lt;i&gt;situations &lt;/i&gt; d'interconnaissance, &#224; vrai dire d'inter-tout (g&#233;n&#233;rationnel, culturel, social&#8230;), c'est-&#224;-dire produisant &#224; la fois l'alt&#233;rit&#233;, base de la coh&#233;sion sociale, la n&#233;guentropie (vs entropie) et le d&#233;senclavement (pas que celui du hard de l'ANRU : celui des esprits). &lt;i&gt;&#171; Il est temps de rallumer les &#233;toiles &#187;&lt;/i&gt; &#233;crivait Apollinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Il vient de publier Une histoire des missions locales, &#201;d. Apog&#233;e.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Majeurs prot&#233;g&#233;s &#8226; Service minimum</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Protection de l'enfance</dc:subject>
		<dc:subject>1261</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;2016, 2018, 2019, les rapports se succ&#232;dent et pointent les dysfonctionnements des mesures de protection des majeurs. Apr&#232;s la r&#233;forme de 2007, celle de 2019 ne r&#233;pond toujours pas au besoin d'une prise en charge globale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Menue mais tonique, la dame d&#233;barque en plein repas de rue pour crier son sentiment d'abandon. Elle vit dans un studio aux murs rendus l&#233;preux par un d&#233;g&#226;t des eaux. Son propri&#233;taire est un marchand de sommeil bien connu &#224; Noailles, quartier pauvre du centre de Marseille o&#249; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1261-" rel="tag"&gt;1261&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;2016, 2018, 2019, les rapports se succ&#232;dent et pointent les dysfonctionnements des mesures de protection des majeurs. Apr&#232;s la r&#233;forme de 2007, celle de 2019 ne r&#233;pond toujours pas au besoin d'une prise en charge globale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Menue mais tonique, la dame d&#233;barque en plein repas de rue pour crier son sentiment d'abandon. Elle vit dans un studio aux murs rendus l&#233;preux par un d&#233;g&#226;t des eaux. Son propri&#233;taire est un marchand de sommeil bien connu &#224; Noailles, quartier pauvre du centre de Marseille o&#249; l'effondrement de deux immeubles a fait huit morts le 5 novembre 2018. Voisine du lieu du drame, Mme&#8239;V. a peur. Au del&#224; de l'insalubrit&#233; de son appartement, il s'av&#232;re qu'elle n'a ni drap ni serviette et dort sur un canap&#233; au sommier d&#233;fonc&#233;. &#199;a ne semble pas la d&#233;ranger, pour tout ce qui rel&#232;ve du mat&#233;riel, loyer, assurance, linge de maison&#8230; elle renvoie vers sa &lt;i&gt;&#171; gentille tutrice &#187;&lt;/i&gt;. Plac&#233;e sous curatelle renforc&#233;e, elle fr&#233;quente assid&#251;ment les permanences de l'association de mandataires judiciaires. Sa curatrice ne voit donc pas la n&#233;cessit&#233; de se rendre chez elle. Un gain de temps, alors qu'elle assure le suivi de soixante-cinq majeurs prot&#233;g&#233;s. La loi lui impose pourtant une visite &#224; domicile par mois. &lt;i&gt;&#171; Avec en moyenne deux heures par visite, &#231;a repr&#233;sente 130&#8239;heures&lt;/i&gt;, r&#233;sume Christiane Covo, responsable de service &#224; l'Association tut&#233;laire de protection de Marseille. &lt;i&gt;Nous nous appuyons sur le droit commun, mais, comme les services sont satur&#233;s, ils renvoient les majeurs prot&#233;g&#233;s vers nous, qui n'avons pas les moyens d'assurer l'accompagnement social. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;n&#233;ralement, la protection permet une am&#233;lioration de la vie, la r&#233;sorption des dettes, le maintien &#224; domicile, le soulagement d'&#233;chapper &#224; la paperasse&#8230; mais ce cadre de vie prive aussi de nombreuses libert&#233;s. Appliqu&#233;e depuis 2009, la r&#233;forme de 2007 visait &#224; d&#233;velopper l'autonomie et l'expression du choix des personnes. Malgr&#233; cette volont&#233;, les mainlev&#233;es de protection stagnent &#224; 2&#8239;% (1). Or ces mesures ne se limitent pas aux vieillards s&#233;niles, la moiti&#233; des prot&#233;g&#233;s ont moins de 60 ans. Et les juges ont la main lourde avec 53,6&#8239;% de tutelles, dans lesquelles le tuteur se substitue au majeur, et 42,5&#8239;% de curatelles renforc&#233;es, dans lesquelles le curateur accompagne tous les actes de la vie civile (2). &lt;i&gt;&#171; Au niveau juridique, il existe un arsenal qui permet de laisser plus de pouvoir aux gens, mais les lois ne sont pas appliqu&#233;es&lt;/i&gt;, constate Pauline Rhenter, sociologue, juriste et fondatrice de Paddup, association de d&#233;fense des droits des usagers de la psychiatrie &#224; Marseille. &lt;i&gt;C'est plus compliqu&#233; d'&#234;tre dans l'accompagnement &#224; la prise de d&#233;cision que dans le mandat de faire &#224; la place. Dans le monde du handicap, on n'imagine pas une am&#233;lioration possible. De toute fa&#231;on, les mandataires n'ont pas le temps d'apprendre aux gens &#224; g&#233;rer leur budget, leurs choix de vie, il faudrait un accompagnement social qui autorise la prise de risque. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2238 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L416xH382/screenshot_38-2c0fc.png?1694056724' width='416' height='382' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#169; nuvolanevicata-fotolia&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assistant de service social dans le XVIIe arrondissement de Paris, Mael Goeppert re&#231;oit r&#233;guli&#232;rement des majeurs prot&#233;g&#233;s dans son service d'accueil inconditionnel. &lt;i&gt;&#171; D&#232;s qu'une personne annonce qu'elle est sous protection, tout se ferme, on la renvoie vers son mandataire. On consid&#232;re que ce n'est plus notre affaire, alors que justement la personne est stabilis&#233;e, un travail peut se faire. G&#233;n&#233;ralement les coll&#232;gues acceptent de mener un accompagnement avec le curateur, mais s'il n'est pas disponible ils abandonnent la situation. Les fonctions vitales sont prot&#233;g&#233;es, le loyer est pay&#233;, le professionnel ne court donc pas de risque. Parfois, la personne n'a concr&#232;tement rien &#224; manger, mais sa parole n'est plus entendue. C'est une vision archa&#239;que du &#698;fou, une mani&#232;re de maintenir la personne dans la cit&#233; en l'oubliant. Au vu de la violence qui l'impacte pour au moins cinq ans, je r&#233;fl&#233;chis avant de faire une demande de protection. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assistante de service social dans un service psychiatrique &#224; Paris, Alison Fayol doit &#233;valuer la n&#233;cessit&#233; d'une mesure d&#232;s qu'une personne est hospitalis&#233;e. &lt;i&gt;&#171; L'&#233;valuation s'appuie sur le diagnostic m&#233;dical, mais aussi sur la capacit&#233; de compr&#233;hension, celle de r&#233;aliser soi-m&#234;me des d&#233;marches administratives, de prot&#233;ger ses biens immobiliers et son argent. Cela prend du temps, parce que parfois l'&#233;tat de sant&#233; s'am&#233;liore au cours de l'hospitalisation, il faut observer l'autonomie une fois stabilis&#233;e. On rencontre &#233;galement les proches, la famille, on cherche tous les &#233;l&#233;ments possibles sur l'environnement de la personne, comment elle vit, quelles sont ses difficult&#233;s, notamment financi&#232;res. &#187;&lt;/i&gt; Quand l'alt&#233;ration des facult&#233;s le justifie, l'&#233;quipe &#233;tudie la mesure la plus adapt&#233;e : curatelle simple, curatelle am&#233;nag&#233;e, curatelle renforc&#233;e, au pire tutelle et, dans l'urgence, une sauvegarde de justice en attendant la d&#233;cision du juge. Ensuite le curateur ou le tuteur devient un partenaire indispensable, mais souvent difficile &#224; joindre. &lt;i&gt;&#171; Partie prenante de l'accompagnement social au sens large, il ne fait cependant pas tout &#224; fait du travail social. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2239 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH484/screenshot_39-39bbe.png?1694056724' width='500' height='484' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conseill&#232;re en &#233;conomie sociale familiale, M&#233;lissa Badiou passe le Certificat national de comp&#233;tence de mandataire judiciaire &#224; la protection des majeurs en 2012. Pendant trois ans, elle exerce dans une des trois associations tut&#233;laires marseillaises. &lt;i&gt;&#171; C'est a priori superint&#233;ressant parce que nous suivons sur le long terme les personnes dans tous les aspects de leur vie : social, m&#233;dical et patrimonial. Mais avec soixante &#224; soixante-dix suivis sur tout le d&#233;partement, j'avais l'impression de faire de l'abattage. Je n'en voyais certaines qu'une fois par an. J'ai fini par d&#233;missionner parce que j'avais l'impression de mal faire mon travail. &#187;&lt;/i&gt; En 2018, dans son rapport de mission interminist&#233;rielle (1), l'avocate Anne Caron D&#233;glise d&#233;plore un syst&#232;me qui enferme &lt;i&gt;&#171; durablement un nombre important de personnes sans r&#233;elle possibilit&#233; d'&#233;volution&#8230; Ce constat est d'autant plus pr&#233;occupant que le crit&#232;re d'entr&#233;e dans un r&#233;gime de protection est fortement discut&#233;, l'&#233;valuation des alt&#233;rations des facult&#233;s personnelles ne prenant pas v&#233;ritablement en consid&#233;ration les facteurs environnementaux et les possibilit&#233;s d'&#233;volution, voire de r&#233;tablissement, de la personne si elle est soutenue &#187;&lt;/i&gt;. Elle pr&#233;conise une piste d'am&#233;lioration : &lt;i&gt;&#171; la construction d'un accompagnement des personnes les plus vuln&#233;rables dans une logique de parcours individualis&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Suite &#224; ce travail, le gouvernement a annonc&#233; haut et fort l'ouverture du droit de vote et du mariage aux majeurs prot&#233;g&#233;s&#8230; Une &#233;volution qui n'apporte pas de solution, mais ne co&#251;te pas un rond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Rapport de mission interminist&#233;rielle : L'&#233;volution de la protection juridique des personnes, reconna&#238;tre, soutenir et prot&#233;ger les personnes les plus vuln&#233;rables, Anne Caron Deglise, septembre 2018.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Rapport sur les droits fondamentaux des majeurs prot&#233;g&#233;s des d&#233;put&#233;s Caroline Abadie et Aur&#233;lien Pradi&#233;, juin 2019.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Reportage &#8226; Prot&#233;ger, g&#233;rer, accompagner&#8230; sans baguette magique</title>
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		<dc:date>2019-11-12T11:56:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Protection de l'enfance</dc:subject>
		<dc:subject>1261</dc:subject>

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&lt;p&gt;Bas&#233;e dans le centre-ville de Marseille, l'Association tut&#233;laire de protection M&#233;diterran&#233;e accompagne 1 800 majeurs prot&#233;g&#233;s. Elle a ouvert ses portes &#224; Lien Social pour partager une journ&#233;e ordinaire de mandataire judiciaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mercredi 18 septembre, 8 h 30, la permanence de l'Association tut&#233;laire de protection M&#233;diterran&#233;e (ATP 13) ouvre dans une demi-heure. D&#233;j&#224; quatre personnes patientent devant la porte. Elles connaissent la r&#232;gle, premier arriv&#233;, premier servi. Derri&#232;re son bureau vitr&#233;, l'agent (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1261-" rel="tag"&gt;1261&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bas&#233;e dans le centre-ville de Marseille, l'Association tut&#233;laire de protection M&#233;diterran&#233;e accompagne 1 800 majeurs prot&#233;g&#233;s. Elle a ouvert ses portes &#224; Lien Social pour partager une journ&#233;e ordinaire de mandataire judiciaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mercredi 18 septembre, 8 h 30, la permanence de l'Association tut&#233;laire de protection M&#233;diterran&#233;e (ATP 13) ouvre dans une demi-heure. D&#233;j&#224; quatre personnes patientent devant la porte. Elles connaissent la r&#232;gle, premier arriv&#233;, premier servi. Derri&#232;re son bureau vitr&#233;, l'agent d'accueil s'appr&#234;te, tout sourire, &#224; &#233;couter les demandes des majeurs prot&#233;g&#233;s, &#224; informer au mieux et, surtout, &#224; faire patienter dans l'attente de leur mandataire judiciaire &#224; la protection des majeurs (MJPM). &lt;i&gt;&#171; Actuellement, c'est plut&#244;t calme, tout le monde rentre de vacances. Mais il y a des moments, o&#249; &#231;a peut &#234;tre difficile. Pendant l'&#233;t&#233;, les psychiatres r&#233;duisent les doses de m&#233;dicaments &#224; cause de la chaleur, du coup c'est tendu, et puis plus tard il y a les f&#234;tes de No&#235;l qui renvoient les personnes &#224; leur isolement, l&#224; c'est dur. &#187;&lt;/i&gt; Alors que le groupe grossit tranquillement devant la porte, les MJPM de permanence convergent vers la salle d'attente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 h 00, le vaste hall s'anime avec l'arriv&#233;e d'une quinzaine de personnes. Une fois leurs prot&#233;g&#233;s rep&#233;r&#233;s, les MJPM les invitent &#224; les suivre vers l'un des huit boxes d&#233;di&#233;s aux entretiens individuels. Venu en dehors du jour de permanence de sa MJPM, un monsieur peine &#224; se faire comprendre. Il tend une carte de transport, et finit par expliquer qu'il veut la recharger. Apr&#232;s un coup d'&#339;il sur son dossier, elle lui annonce que c'est impossible car il n'a plus rien sur son compte, et l'invite &#224; revenir la semaine prochaine quand il aura re&#231;u son ch&#232;que. Vient le tour d'un jeune homme particuli&#232;rement anxieux portant une minerve. Sa mise &#224; l'abri en centre d'h&#233;bergement et de r&#233;insertion sociale (CHRS) prend fin le lendemain. Il est cens&#233; appeler le 115, mais peine &#224; s'exprimer, il mime sa peur de la nuit dehors. En l'absence de sa mandataire, une autre tente de l'aider, pendant une heure elle n&#233;gocie avec le 115, le Service int&#233;gr&#233; de l'accueil et de l'orientation (SIAO), le CHRS, sans succ&#232;s. Il repart avec la consigne de rappeler le 115 &#224; 20&#8239;heures Malgr&#233; sa grande vuln&#233;rabilit&#233;, avec 2&#8239;euros sur son compte, il risque fort de se retrouver &#224; la rue. Li&#233;e &#224; un r&#233;cent transfert de dossier, cette situation reste exceptionnelle. D'ordinaire, aux permanences de l'ATP 13, les besoins s'expriment d'abord en euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10&#8239;heures, Sonia (1) vient chercher une rallonge de son argent de vie pour payer sa carte de bus. &lt;i&gt;&#171; Je n'ai jamais su g&#233;rer mon budget. Quand je suis stress&#233;e, je d&#233;pense. J'ai eu jusqu'&#224; 30 000&#8239;euros de dettes. Sans protection, je crois que je n'aurais plus d'appartement. &#187;&lt;/i&gt; Plac&#233;e sous curatelle renforc&#233;e, la quinquag&#233;naire reste tr&#232;s autonome dans ses d&#233;marches. Elle appr&#233;cie cependant de faire viser son dossier de renouvellement de CMU par sa curatrice. La conversation embraie sur son d&#233;sir d'un abonnement t&#233;l&#233;phonique avec Internet. &lt;i&gt;&#171; Allez vous renseigner chez votre op&#233;rateur, puis la semaine prochaine nous am&#233;nagerons votre budget en int&#233;grant les pr&#233;l&#232;vements automatiques pour votre carte de transport et votre mobile. Attention, vous ne pouvez pas prendre un forfait &#224; 30&#8239;euros alors que vous touchez 490&#8239;euros par mois, et il va falloir mettre de l'argent de c&#244;t&#233; au cas o&#249; votre mesure de protection serait lev&#233;e, vos facult&#233;s mentales ou physiques ne justifient plus cette mesure. &#187;&lt;/i&gt; Sonia rappelle son addiction au shoping avant de se retirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assistante de service social de formation, G&#233;raldine Tamagno poursuit avec un tout autre profil, pourtant plac&#233; sous le m&#234;me r&#233;gime de protection. Accompagn&#233;e d'une aide &#224; domicile, la femme &#233;maci&#233;e annonce avec un grand sourire qu'elle a un copain, et encha&#238;ne sur &lt;i&gt;&#171; Mon papa est mort, je vais h&#233;riter &#187;. &#171; Ah, mais vous n'avez plus de contact avec votre famille, comment le savez-vous ? &#187; &#8211; &#171; Je l'ai vu &#224; la t&#233;l&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Grace &#224; Google image, sa curatrice tente d'expliquer : &lt;i&gt;&#171; Regardez, votre p&#232;re a un nom tr&#232;s commun, ce n'est peut-&#234;tre pas lui, il va falloir attendre une confirmation officielle avant de s'occuper de l'h&#233;ritage. &#187;&lt;/i&gt; Il y a plus urgent, madame a encore perdu sa carte d'invalidit&#233; et sa carte SIM. La semaine derni&#232;re, c'&#233;taient ses cl&#233;s. Face &#224; cette quadrag&#233;naire compl&#233;tement d&#233;connect&#233;e, la mandatrice aimerait mettre en place une int&#233;gration en famille gouvernante, un logement individuel avec un espace collectif et un accompagnement aux t&#226;ches quotidiennes. En attendant, G&#233;raldine rappelle &#224; l'aide &#224; domicile qu'elle doit pr&#233;parer les repas de sa prot&#233;g&#233;e qui maigrit &#224; vu d'&#339;il. &lt;i&gt;&#171; Non, &#231;a ne fait pas partie de mes missions, je suis juste l&#224; pour l'accompagner dans ses d&#233;marches. &#187;&lt;/i&gt; Pas contente, la curatrice annonce qu'elle va organiser une visite &#224; domicile et se rapprocher du service d'aide &#224; domicile pour &#233;claircir cette histoire. Quant au &#171; copain &#187;, il passe en jugement dans les prochains jours car il abusait de sa prot&#233;g&#233;e et la frappait. &lt;i&gt;&#171; J'ai fini par la convaincre de porter plainte, et l&#224;, &#231;a va me bloquer l'apr&#232;s midi au tribunal. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La matin&#233;e se poursuit avec un trentenaire diagnostiqu&#233; schizophr&#232;ne qui, apr&#232;s avoir saccag&#233; son appartement, se retrouve en famille gouvernante et veut b&#233;n&#233;ficier d'un service d'accompagnement &#224; la vie sociale (SAVS). &lt;i&gt;&#171; Je l'ai exp&#233;riment&#233;, cela me permet de r&#233;duire les risques de p&#233;ter les plombs. &#187;&lt;/i&gt; Il est donc venu avec un certificat m&#233;dical &#224; joindre &#224; son dossier de demande de prise en charge par la Maison d&#233;partementale des personnes handicap&#233;es (MDPH). &lt;i&gt;&#171; Comme vous &#234;tes tr&#232;s autonome, je vous laisse le remplir et on se revoie la semaine prochaine. Bien s&#251;r, s'il y avait urgence je le remplirais avec vous. &#187;&lt;/i&gt; La discussion s'oriente alors sur son budget et sa demande d'argent pour son vestiaire. &lt;i&gt;&#171; Actuellement, il vous reste &#224; la fin du mois 150&#8239;euros, &#231;a me semble beaucoup. En plus, l'Allocation aux adultes handicap&#233;s (AAH) augmente bient&#244;t, vous toucherez 900&#8239;euros. On pourrait passer de 50 &#224; 60&#8239;euros d'argent de vie par semaine, &#233;pargner 50&#8239;euros par mois et augmenter la somme que vous versez &#224; votre m&#232;re pour rembourser votre dette. R&#233;fl&#233;chissez-y. Pour votre vestiaire, vous avez 1 447&#8239;euros de c&#244;t&#233;, je vous vire 150&#8239;euros que vous pourrez toucher dans une semaine. &#187;&lt;/i&gt; Avant de quitter Marseille pour assurer ses suivis en Arles, &#224; une heure et demie de route, la mandataire judiciaire &#224; la protection des majeurs re&#231;oit un monsieur qui dit en avoir pour deux minutes. En fait, il veut demander une mainlev&#233;e. &lt;i&gt;&#171; Avant, j'avais un enfant &#224; charge, alors je ne voulais pas de probl&#232;me, mais sinc&#232;rement l&#224; je suis fad&#233;. &#187;&lt;/i&gt; La mandatrice lui explique les d&#233;marches, le passage devant un expert psychiatre, et la demande au juge des tutelles. En 2013, il a &#233;cop&#233; d'une mesure de dix ans, d'ordinaire elle doit &#234;tre r&#233;examin&#233; tous les cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Soixante-cinq suivis par mandataire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14&#8239;heures, l'&#233;quipe s'active dans l'open space pour traiter des affaires courantes. &lt;i&gt;&#171; Nous croulons sous l'administratif&lt;/i&gt;, explique Lucie Charlet, mandataire depuis vingt-et-un an. &lt;i&gt;Normalement, nous devrions faire du travail social, en fait nous n'en avons pas le temps, c'est tr&#232;s frustrant. &#187;&lt;/i&gt; Les vingt-huit MJPM sont r&#233;parties en quatre services chapeaut&#233;s par une responsable second&#233;e d'un assistant. Majoritairement titulaires d'un dipl&#244;me de conseill&#232;re en &#233;conomie sociale familiale (Cesf), elles ont &#233;galement suivi une formation de 350&#8239;heures et effectu&#233; dix semaines de stage pour obtenir le certificat national de comp&#233;tences de mandataire &#224; la protection des majeurs. Ce m&#233;tier requiert des comp&#233;tences financi&#232;res, juridiques et sociales. Th&#233;oriquement, leur mission consiste &#224; prot&#233;ger les biens et/ou la personne du majeur prot&#233;g&#233;. Au-del&#224; de pr&#233;venir le surendettement, la spoliation ou la maltraitance, l'objectif fix&#233; par la loi est l'accompagnement dans les actes de la vie civile, &#171; faire avec &#187; pour les mesures de curatelle, &#171; faire pour &#187; en cas de tutelle. Quelle que soit la situation, elles sont cens&#233;es favoriser l'autonomie. Pas &#233;vident quand chacune accompagne soixante-cinq personnes&#8230; le tout pour un salaire mensuel de 1 300&#8239;euros en d&#233;but de carri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oc&#233;ane Tuil g&#232;re une commande de vestiaire pour un couple entr&#233; en &#201;tablissement d'h&#233;bergement pour personnes &#226;g&#233;es d&#233;pendantes (Ehpad) en 2018.&lt;i&gt; &#171; Normalement, j'ai des formulaires pr&#233;remplis, mais l&#224; j'adapte les achats au fait qu'il sortira bient&#244;t. Il y a quelques mois, le couple a exprim&#233; le d&#233;sir de revenir dans la maison dont il est propri&#233;taire. Le monsieur avait fait un AVC mais il va mieux, donc j'ai demand&#233; au directeur de l'Ehpad ce qu'il en pensait. D'apr&#232;s lui c'&#233;tait impossible, mais comme ce couple rapporte 6 000&#8239;euros par mois &#224; l'&#233;tablissement, j'ai fait intervenir un expert psychiatre. Maintenant, je pr&#233;pare leur retour au domicile. J'ai fait appel &#224; une ergoth&#233;rapeute pour adapter la maison, il faut aussi que je mette en place une &#233;quipe d'intervention : kin&#233;, infirmi&#232;re, aide &#224; domicile. Et je fais une demande de Prestation de compensation du handicap (PCH) aggrav&#233;. Tout devrait rouler pour novembre. &#187;&lt;/i&gt; Son bureau est jonch&#233; de petits tas de papiers : une lettre d'huissier, des documents &#224; envoyer &#224; une mutuelle, un dossier de surendettement pour la Banque de France, un certificat m&#233;dical pour ouvrir des droits, un courrier de signalement pour la pr&#233;fecture, une carte SIM, une fiche de paie, des factures &#224; r&#233;gler&#8230; &lt;i&gt;&#171; Je suis partie quinze jours en vacances et apr&#232;s trois semaines je me remets &#224; peine du courrier &#224; trier. &#187;&lt;/i&gt; D&#233;s l'obtention de son dipl&#244;me de Cesf en 2017, Oc&#233;ane a choisi d'int&#233;grer l'ATP13. &lt;i&gt;&#171; Ce qui me pla&#238;t c'est la pluridisciplinarit&#233; et la coordination des partenaires. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 h 30, Isabelle Naddei tente de s'extraire d'un imbroglio.&lt;i&gt; &#171; Je dois ouvrir une curatelle, mais le monsieur est en Ehpad, incapable de parler ou de signer quoi que ce soit. &#187;&lt;/i&gt; Ancienne responsable administrative &#224; l'ATP, elle a assist&#233; pendant dix ans des assistantes de service social avant de devenir elle-m&#234;me mandatrice en 2009. Elle vient de consacrer sa journ&#233;e &#224; un dossier impossible. &lt;i&gt;&#171; Il faut envoyer la voiture du monsieur &#224; la casse, fournir sa carte de mutuelle&#8230; tout le monde me demande des trucs et je n'ai qu'une photocopie de carte d'identit&#233; et ses relev&#233;s de compte. Il y en a d&#233;j&#224; pour 4 300&#8239;euros de dettes &#224; l'Ehpad. &#187;&lt;/i&gt; Elle parvient finalement &#224; joindre le psychiatre qui a r&#233;alis&#233; l'expertise en avril 2019. Surpris de la d&#233;cision du juge alors qu'il avait diagnostiqu&#233; une d&#233;mence chronique, il accepte de revoir la personne d&#232;s dimanche afin que sa curatrice puisse demander une aggravation de protection et ainsi devenir sa tutrice. Isabelle assure quatre-vingts suivis, car elle s'occupe de personnes plac&#233;es en institution, r&#233;unies sur un m&#234;me lieu. Si la moyenne d'&#226;ge des prot&#233;g&#233;s de l'ATP13 &#233;tait de 65 ans en 2018, elle compte dans sa file active de nombreux jeunes majeurs sortant d'institut m&#233;dico-&#233;ducatif (IME). Elle risque donc de les suivre pendant longtemps. &lt;i&gt;&#171; J'en ai vu deux sortir de leur mesure de protection. De l'un, je n'ai plus jamais entendu parler, l'autre est revenue trois ans plus tard endett&#233;e et avec deux enfants. &#187;&lt;/i&gt; Sur le papier, les mandataires judiciaires &#224; la protection des majeurs doivent accompagner vers l'autonomie. Sur le terrain, elles g&#232;rent des situations complexes sans &#234;tre des magiciennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Entretien avec Val&#233;ry Montourcy &#8226; Majeurs en danger</title>
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		<dc:subject>Protection de l'enfance</dc:subject>
		<dc:subject>1261</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Insuffisamment accompagn&#233;s, les majeurs prot&#233;g&#233;s peuvent devenir la proie de personnes malveillantes, capables de leur nuire sans trop de risque. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 2018, vous avez contribu&#233; au rapport sur l'&#233;volution de la protection juridique des majeurs, que pensez-vous de la r&#233;forme de 2019 ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Des effets d'annonce pour se donner bonne conscience. Deux exemples : les droits de vote et de mariage. Auparavant, le premier &#233;tait maintenu par le juge des tutelles d&#232;s lors que le majeur vuln&#233;rable en faisait la (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Insuffisamment accompagn&#233;s, les majeurs prot&#233;g&#233;s peuvent devenir la proie de personnes malveillantes, capables de leur nuire sans trop de risque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2240 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH143/screenshot_40-a286a.png?1694056724' width='500' height='143' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 2018, vous avez contribu&#233; au rapport sur l'&#233;volution de la protection juridique des majeurs, que pensez-vous de la r&#233;forme de 2019 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des effets d'annonce pour se donner bonne conscience. Deux exemples : les droits de vote et de mariage. Auparavant, le premier &#233;tait maintenu par le juge des tutelles d&#232;s lors que le majeur vuln&#233;rable en faisait la demande. Pour le second, le juge auditionnait les futurs mari&#233;s afin de s'assurer qu'un pr&#233;dateur n'abuserait pas du patrimoine du majeur alt&#233;r&#233;. L'ouverture au mariage sans contr&#244;le va faire fleurir les abus de faiblesse. D'autant plus que nos gouvernants ne dotent pas la justice des moyens financiers et humains pour prot&#233;ger v&#233;ritablement les majeurs vuln&#233;rables. &#192; Paris, chacun des douze juges des tutelles g&#232;re 2 500 &#224; 3 000 dossiers. Les mandataires judiciaires &#224; la protection des majeurs (MJPM) sont sous l'eau, en nombre insuffisant, sous-r&#233;mun&#233;r&#233;s, avec de trop faibles possibilit&#233;s de d&#233;l&#233;gation, de sorte que leur quotidien rel&#232;ve de la gestion financi&#232;re plus que de l'accompagnement dans l'autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'en est-il de la mise en &#339;uvre des mesures d'assistance sociale personnalis&#233;e (Masp) ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles concernent les personnes qui ont un probl&#232;me de gestion des prestations sociales, pour lesquelles les difficult&#233;s de fin de mois commencent le 10. Avant la r&#233;forme de 2007, elles &#233;taient souvent plac&#233;es sous protection judiciaire, pour raison sociale et non m&#233;dicale. Rappelant que seule une cause m&#233;dicale pouvait justifier une curatelle ou une tutelle, la loi de 2007 a mis, en grande partie, fin &#224; cette pratique. La MASP est alors pr&#233;sent&#233;e comme une alternative aux mesures de protection judiciaire. Elle consiste &#224; passer un contrat avec une assistante de service social charg&#233;e d'accompagner la gestion des allocations. Si les clauses du contrat ne sont pas respect&#233;es, le texte pr&#233;voit de passer &#224; une mesure d'assistance judiciaire (MAJ), plus encadrante. En cas d'&#233;chec, une curatelle ou une tutelle peuvent alors &#234;tre envisag&#233;es. La MASP met l'accent sur l'autonomie et la p&#233;dagogie, mais, faute de budget, cette alternative n'a jamais eu d'effectivit&#233; v&#233;ritable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles politiques conduire pour am&#233;liorer l'accompagnement des majeurs prot&#233;g&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les besoins exponentiels, les man&#173;dataires restent en sous-effectif et manquent de moyens. G&#233;rer le patrimoine, la sant&#233;, les deniers, les audiences au tribunal, les visites &#224; domicile, doit &#234;tre un travail d'&#233;quipe. La cr&#233;ation d'un ordre national des mandataires judiciaires, incluant lib&#233;raux et associatifs, est urgente, pour &#233;laborer un code de d&#233;ontologie, sanctionner les entorses aux r&#232;gles, d&#233;velopper des bonnes pratiques, des outils communs, des synergies. Les experts psychiatres devraient mieux ma&#238;triser les degr&#233;s de mesures de protection. La pr&#233;sence de l'avocat au c&#244;t&#233; du majeur devrait &#234;tre obligatoire. Or, par mesure d'&#233;conomie, les gouvernements tendent &#224; favoriser la d&#233;judiciarisation, les habilitations familiales sans contr&#244;le, alors m&#234;me que les spoliations se d&#233;roulent le plus souvent dans le cercle des proches. Les pouvoirs publics privil&#233;gient les donn&#233;es budg&#233;taires &#224; l'humain, ce qui conduit &#224; un d&#233;laissement des majeurs vuln&#233;rables.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quelles mutations pour le m&#233;tier d'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Quelles-mutations-pour-le-metier-d-educateur-specialise</link>
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		<dc:date>2019-11-12T11:54:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;ducateur sp&#233;cialis&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>1261</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ap&#233;ro entre &#233;ducs. Lui, 42 ans, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;, souhaite changer, &#233;voluer. Trop cher pour les employeurs, et pas assez exp&#233;riment&#233; et/ou dipl&#244;m&#233; pour des postes &#224; responsabilit&#233;s. Coinc&#233;. Elle, a pass&#233; sa validation des acquis de l'exp&#233;rience (VAE) d'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; afin, entre autres, d'am&#233;liorer son quotidien. Mais on lui pr&#233;f&#233;rera un moniteur &#233;ducateur moins pay&#233;, avec r&#233;duction des missions envers le public&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Cela questionne, non ? En effet, dans le contexte actuel de lib&#233;ralisation sauvage du (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ap&#233;ro entre &#233;ducs. Lui, 42 ans, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;, souhaite changer, &#233;voluer. Trop cher pour les employeurs, et pas assez exp&#233;riment&#233; et/ou dipl&#244;m&#233; pour des postes &#224; responsabilit&#233;s. Coinc&#233;. Elle, a pass&#233; sa validation des acquis de l'exp&#233;rience (VAE) d'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; afin, entre autres, d'am&#233;liorer son quotidien. Mais on lui pr&#233;f&#233;rera un moniteur &#233;ducateur moins pay&#233;, avec r&#233;duction des missions envers le public&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela questionne, non ? En effet, dans le contexte actuel de lib&#233;ralisation sauvage du travail social, de perte de sens, de baisse d'inscriptions aux dipl&#244;mes, le m&#233;tier d'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; doit-il changer de paradigme ? Un bref retour historique me semble n&#233;cessaire, afin de rappeler que si le dipl&#244;me d'Etat d'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; est cr&#233;&#233; officiellement par d&#233;cret du 22 f&#233;vrier 1967, afin de sp&#233;cialiser sa fonction, les origines du m&#233;tier remontent bien avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, en 1 638, saint-Vincent-de-Paul ouvre l'&#339;uvre des &#171; enfants trouv&#233;s &#187;, dont l'&#201;tat prendra le relais en 1670, avant que bien plus tard la loi de 1904 cr&#233;e le service des enfants assist&#233;s. Ant&#233;rieurement, en 1795, le docteur Pinel lib&#232;re les fous de leurs cha&#238;nes, donnant naissance &#224; la psychiatrie moderne. C'est avec la Seconde Guerre mondiale qu'est donn&#233;e l'occasion de s'occuper de l'enfance en danger et d&#233;linquante. Renon&#231;ant aux bagnes d'enfants qui perdureront toutefois quelque temps, c'est bien la loi de 1942 et la cr&#233;ation de la premi&#232;re &#233;cole par l'abb&#233; Plaquevent et l'ordonnance de 1945 qui jetteront les bases de l'aide &#233;ducative. D'hier &#224; aujourd'hui, l'arbre de la profession est grand et a subi maints &#233;lagages. Et il se trouve &#234;tre toujours en qu&#234;te d'identit&#233; professionnelle, tant le champ du social est vaste et diversifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit pour l'&#233;ducateur de dispenser ses actes, en s'adaptant aux particularismes des populations accompagn&#233;es, avec une m&#234;me approche fondatrice d'une identit&#233; commune : &lt;i&gt;&#171; la rencontre &#233;ducative, le bricolage, les petits rien du quotidien, et le savoir-faire &#187;&lt;/i&gt;. Car c'est bien un &lt;i&gt;&#171; art de l'ordinaire &#187;&lt;/i&gt; dont il est question, coupl&#233; &#224; la complexit&#233; des situations que l'on transforme en &lt;i&gt;&#171; acte &#233;ducatif cr&#233;atif&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, et dont &lt;i&gt;&#171; le haut degr&#233; de complexit&#233; de cette pratique constitue tout l'int&#233;r&#234;t et l'attrait &#187;&lt;/i&gt; (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, alors, d'o&#249; viendrait ce glissement de fonction entam&#233; depuis plusieurs ann&#233;es ? &#192; l'instar des services publics, le travail social souffre du mod&#232;le &#233;conomique capitaliste. N'ayons pas peur des mots. L'&#201;tat providence n'est plus depuis longtemps, il faut d&#233;sormais &#233;conomiser et en appeler au b&#233;n&#233;volat, et oui, le m&#233;tier d'&#233;ducateur n'y &#233;chappe pas. R&#233;cemment, sur un post Facebook, un &#233;ducateur demandait des dons afin de construire un projet peinture avec de jeunes mineurs non accompagn&#233;s, un autre avait besoin de chaussures de foot, quand on ne demande pas carr&#233;ment que des b&#233;n&#233;voles accompagnent des jeunes dans leurs d&#233;marches. De nombreux employeurs recrutent &#224; moindre co&#251;t, r&#233;duisent les co&#251;ts salariaux, eux-m&#234;mes victimes de budgets &#224; la baisse. La r&#233;mun&#233;ration et les conditions de travail ne semblent plus faire tant d'&#233;mules, en t&#233;moigne le nombre d'&#233;tudiants, en baisse de 10&#8239;% en cinq ans, &lt;i&gt;&#171; ce qui s'explique en partie par un recul du nombre d'inscrits en premi&#232;re ann&#233;e depuis plusieurs ann&#233;es &#187;&lt;/i&gt;, moins de candidats &#224; l'entr&#233;e en formation et plus d'&#233;tudiants qui abandonnent, recense la Drees (2) en 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce constat existe depuis plusieurs ann&#233;es : d&#233;j&#224; entre 2009 et 2014 le nombre d'&#233;tudiants dans la fili&#232;re pr&#233;parant au dipl&#244;me d'&#201;tat a recul&#233; de 3,5&#8239;%. Il est par ailleurs constat&#233; une hausse des formations aux fonctions d'encadrement tandis qu'augmentent d'autres fili&#232;res de m&#233;tiers &#233;ducatifs. A.&#8239;Mvogo, directeur des &#233;tudes &#224; l'IRTS Parmentier (3), le souligne &#233;galement : &lt;i&gt;&#171; Cette baisse des effectifs, je la constate encore plus en cours de formation avec des &#233;tudiants qui d&#233;crochent, soit parce qu'ils sont trop jeunes &#8211; en 2010, la moyenne d'&#226;ge &#233;tait de 25 ans, elle est de 21 ans aujourd'hui, avec une grande partie des &#233;tudiants sortant du bac et ayant une id&#233;e assez &#233;loign&#233;e de ces m&#233;tiers &#8211;, soit parce que leur projet professionnel n'est pas assez m&#251;r &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2241 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH611/screenshot_41-566a7.png?1694056725' width='500' height='611' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre raison possible &#224; cette tendance : la &#171; concurrence &#187; d'un certain nombre de formations universitaires. Les fonctions de l'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; sont elles aussi revues, avec plus de missions de coordination &#233;loign&#233;es du public et moins d'accompagnement. Les &#171; faisant fonction &#187; semblent nombreux, bien que le ph&#233;nom&#232;ne soit difficile &#224; quantifier. En 2010, les chiffres recueillis par l'Organisation nationale des &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s (Ones) aupr&#232;s de professionnels du milieu socio-&#233;ducatif soulignaient que pr&#232;s de 60&#8239;% des r&#233;pondants indiquaient que leurs &#233;quipes comprenaient une &#224; six personnes non dipl&#244;m&#233;es en travail social occupant une &#171; fonction &#233;ducative &#187; ou &#171; socio-&#233;ducative &#187;. Cela provoque &#224; terme un appauvrissement de la r&#233;flexion et des pratiques, qui renforce &lt;i&gt;&#171; une perte de sens du travail qui contribue au d&#233;part des professionnels dipl&#244;m&#233;s &#187;&lt;/i&gt; avec un risque de d&#233;qualification des &#233;quipes (4), brouillant donc l'image du m&#233;tier, dans un contexte de tension li&#233; &#224; l'emploi. Ce m&#233;tier de la relation d'aide est aussi percut&#233; par la violence, la souffrance au travail. Cette violence est aujourd'hui corr&#233;l&#233;e aux risques psychosociaux en travail social dont les facteurs sont mis en avant par nombres de recherches, et dont les cons&#233;quences sont d&#233;sastreuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors courage, fuyons ? Certains n&#8216;h&#233;sitent plus &#224; franchir le pas du lib&#233;ral ou du mercenariat int&#233;rimaire, en avant toute vers la marchandisation du travail social. Oui, Le d&#233;sengagement de l'&#201;tat provoque un travail social &#224; plusieurs vitesses, comme l'affirme M. Chauvi&#232;re : &lt;i&gt;&#171; On assiste &#224; un changement du mod&#232;le &#233;conomique du service social sur lequel on peut faire du profit &#187;&lt;/i&gt; et qui casse toute forme de collectif. Alors changement de paradigme ? Nonobstant ces constats, il ne s'agit pas de tomber dans la sinistrose, mais bien de soulever que de nombreux professionnels font face, agissent au quotidien avec &#233;thique et valeurs humanistes. De nombreux &#233;tudiants s'engagent encore avec motivation et sens, refusant de se r&#233;fugier derri&#232;re un &#233;cran dans la relation avec les personnes, ayant la volont&#233; d'&#233;prouver la clinique du quotidien. Certes, le m&#233;tier bouge, en lien avec l'&#233;volution soci&#233;tale, avec une crise des institutions sociales, de nouveaux d&#233;fis, et il ne s'agit pas de rester arc-bout&#233; sur des pratiques d'action sous pr&#233;texte que &#171; c'&#233;tait mieux avant &#187;. Au contraire, cela devrait nous amener &#224; penser notre m&#233;tier au futur pour r&#233;pondre aux enjeux d'aujourd'hui et de demain, en toute connaissance du pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faisons vivre une p&#233;dagogie sociale dans mais aussi hors les murs, hors institution, comme le d&#233;crit L. Ott (5). Mais le contexte actuel n'augure rien de bon. Il ne tient qu'&#224; nous d'en appeler &#224; ce qui fait la sp&#233;cificit&#233; de notre m&#233;tier et de le d&#233;fendre. Ah oui, j'allais oublier, depuis janvier 2019, les candidats &#224; la formation au DEES doivent s'inscrire sur Parcoursup&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Recension La part sensible de l'acte de Jo&#235;lle Libois, Lien Social n&#176;1183&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Leslie Yankan (DREES), 13 900 &#233;tudiants en formation d'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; en 2017, &#201;tudes et R&#233;sultats, n&#176;1104, Drees, f&#233;vrier 2019.&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) &lt;a href=&#034;https://bit.ly/35GjzVc&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://bit.ly/35GjzVc&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
(4) &lt;a href=&#034;https://bit.ly/33FHwtX&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://bit.ly/33FHwtX&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
(5) L. Ott, Entr&#233;es en p&#233;dagogies sociales, &#201;d. Le social en fabrique, 2019&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Du directeur au manager : une d&#233;rive</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1261-Du-directeur-au-manager-une-derive</link>
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		<dc:date>2019-11-12T11:50:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Direction</dc:subject>
		<dc:subject>1261</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'art de diriger, longtemps source de cr&#233;ativit&#233;, est de plus en plus r&#233;duit &#224; l'application de normes et de techniques. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le titre de directeur appara&#238;t encore dans les offres d'emploi du secteur m&#233;dico-social mais il r&#233;gresse. Le titre de responsable, la fonction de chef de service ou d'adjoint de direction y apparaissent de plus en plus fr&#233;quentes. Les salaires impos&#233;s (puisque conventionnellement non n&#233;gociables, sauf exception subissent les effets des mesures d'&#233;conomies attendues en compensation du (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'art de diriger, longtemps source de cr&#233;ativit&#233;, est de plus en plus r&#233;duit &#224; l'application de normes et de techniques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le titre de directeur appara&#238;t encore dans les offres d'emploi du secteur m&#233;dico-social mais il r&#233;gresse. Le titre de responsable, la fonction de chef de service ou d'adjoint de direction y apparaissent de plus en plus fr&#233;quentes. Les salaires impos&#233;s (puisque conventionnellement non n&#233;gociables, sauf exception subissent les effets des mesures d'&#233;conomies attendues en compensation du d&#233;veloppement de si&#232;ges de plus en plus fournis en sp&#233;cialistes et garants du respect de normes elles-m&#234;mes de plus en plus intrusives. Ces normes se trouvent disposer d'un nombre croissant de sources d'inspiration. L'appareil bureaucratique sature nos organisations (et nos intelligences, brouill&#233;es et fatigu&#233;es) de r&#232;gles de fonctionnement et de conduite (chartes manag&#233;riales et autres codes de bonne conduite, mod&#232;le induit par les valeurs affich&#233;es par l'employeur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le champ, lui-m&#234;me tr&#232;s prolifique, semble aspirer au contr&#244;le des actes produits par des managers, con&#231;us comme de possibles figures de l'excellence et de l'aboutissement concret d'une technologie de la ma&#238;trise de soi et de la reproduction des id&#233;es et des mod&#232;les la plus fid&#232;le qu'il soit possible de manifester dans un espace social contr&#244;l&#233;. Les managers sont plac&#233;s dans l'obligation de s'aligner ou &#224; d&#233;faut de quitter l'organisation. Le march&#233; de l'emploi des cadres de direction semble avoir atteint un point d'&#233;quilibre le plus souvent d&#233;favorable : plus de candidats, moins de postes, des salaries &#224; la baisse ou une charge de travail &#224; la hausse. L'exercice de ces fonctions de direction pour des &#233;tablissements de plus de dix salari&#233;s suppose la d&#233;tention d'un titre de niveau I inscrit au R&#233;pertoire national des certifications professionnelles (RNCP), comme le pr&#233;voit le d&#233;cret n&#176;&#8239;2007-221 du 19 f&#233;vrier 2007. Il faut bien consid&#233;rer que m&#234;me si le titre de directeur se trouve de moins en moins attribu&#233;, le niveau I est toujours exig&#233;. L'&#233;cart entre les ressources et le contenu des missions tend donc &#224; s'accro&#238;tre au regard de ce qui appara&#238;t de plus en plus fr&#233;quemment comme une tendance &#224; transformer la fonction en coquille vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;volution peut amener celui qui la subit &#224; une perte de savoirs et de savoir-faire, &#224; une d&#233;qualification de fait et &#224; une perte de chance de trouver un autre emploi. L'int&#233;r&#234;t du travail de directeur proc&#232;de en grande partie de la possibilit&#233; laiss&#233;e &#224; celui qui l'exerce d'&#339;uvrer plus que de souffrir du travail. La dimension artistique du travail de direction r&#233;gresse au profit d'une technique qui se d&#233;cline d&#233;sormais sous des aspects de plus en plus vari&#233;s, mobilisant tous les compartiments d'une activit&#233; qui se doit d'&#234;tre la plus pr&#233;visible et la plus normalis&#233;e possible. Des strat&#233;gies d'&#233;vitement peuvent &#234;tre mises en place, mais elles ne r&#233;sistent pas aux effets d'une surveillance de plus en plus compl&#232;te de l'activit&#233; par des outils num&#233;riques et par les professionnels en cours de socialisation dans des pratiques professionnelles impos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi une histoire de g&#233;n&#233;ration et l'habitus n'est pas &#233;tranger &#224; l'id&#233;e que l'on peut &#234;tre amen&#233; &#224; se faire et la pratique que l'on peut avoir de la fonction de direction. Le simple manager en devenir peut &#234;tre charg&#233; de relayer une pens&#233;e qui lui est &#233;trang&#232;re et contraint au soutien d'actions que sa propre personnalit&#233;, sa propre exp&#233;rience, sa seule subjectivit&#233; n'auraient jamais initi&#233;es sans la pression au conformisme, &#224; l'ob&#233;issance ou la peur de l'isolement et de la perte d'emploi. Cela ne lui serait pas venu &#224; l'id&#233;e mais il peut &#234;tre amen&#233;, par faiblesse, fragilit&#233; ou simple effet d'une dissonance cognitive &#224; adopter les pratiques et les id&#233;es qu'il n'aurait jamais imagin&#233;es, avant de s'y ali&#233;ner peu &#224; peu, &#224; force de pratique et de fr&#233;quentation. Celui qui peut encore &#234;tre nomm&#233; directeur par les salari&#233;s les plus anciens n'a plus de pouvoirs de direction : il ne dispose plus de l'autonomie requise pour pouvoir l'exercer dans de bonne conditions, il est contraint par des chartes, des normes, des &#171; bonnes pratiques &#171; des mod&#232;les issus d'une de ces &#171; formations &#171; dont le seul objectif consiste &#224; r&#233;duire autant que possible les effets de la personnalit&#233; sur la pratique, dans sa forme tout autant que dans sa &#171; technique &#187;,&#8239;raison ultime de tout bon &#171; manager &#171; en qu&#234;te de reconnaissance ou tout simplement d'emploi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Cin&#233; &#8226; Hugo en banlieue</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1261-Cine-o-Hugo-en-banlieue</link>
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		<dc:date>2019-11-12T11:49:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Banlieue</dc:subject>
		<dc:subject>1261</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; IL n'y a ni mauvaises herbes ni mauvais hommes. Il n'y a que de mauvais cultivateurs. &#187; Avec son film, les Mis&#233;rables, le r&#233;alisateur Ladj Ly convoque puissamment cette phrase de Victor Hugo. L'&#233;crivain y parle de l'ortie : &#171; Avec quelque peine qu'on prendrait, l'ortie serait utile ; on la n&#233;glige, elle devient nuisible. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les Mis&#233;rables, les barres des cit&#233;s de Montfermeil (Seine-Saint-Denis) laiss&#233;es &#224; l'abandon se transforment en champ d'orties. Un &#233;quilibre pr&#233;caire, en tension, tient sur les (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/OEil-et-oreille" rel="directory"&gt;&#338;il et oreille&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1261-" rel="tag"&gt;1261&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; IL n'y a ni mauvaises herbes ni mauvais hommes. Il n'y a que de mauvais cultivateurs. &#187;&lt;/i&gt; Avec son film, les Mis&#233;rables, le r&#233;alisateur Ladj Ly convoque puissamment cette phrase de Victor Hugo. L'&#233;crivain y parle de l'ortie : &lt;i&gt;&#171; Avec quelque peine qu'on prendrait, l'ortie serait utile ; on la n&#233;glige, elle devient nuisible. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2243 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L483xH646/screenshot_43-7499b.png?1693642078' width='483' height='646' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les Mis&#233;rables, les barres des cit&#233;s de Montfermeil (Seine-Saint-Denis) laiss&#233;es &#224; l'abandon se transforment en champ d'orties. Un &#233;quilibre pr&#233;caire, en tension, tient sur les rapports de forces d'une soci&#233;t&#233; o&#249; tout se construit en parall&#232;le : la municipalit&#233;, la banque, le commerce&#8230; Et Ladj Ly alerte sans concession sur la violence surgie de cet abandon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;alisateur ach&#232;te sa premi&#232;re cam&#233;ra &#224; 17 ans, entre dans le collectif artistique Kourtrajm&#233; (court-m&#233;trage en verlan), et filme son quartier, la cit&#233; des Bosquets, notamment pendant les r&#233;voltes urbaines de 2005 dont il t&#233;moigne avec le documentaire &lt;i&gt;365 jours &#224; Clichy-Montfermeil&lt;/i&gt;. Il pratique le &lt;i&gt;&#171; copwatch &#187;&lt;/i&gt;, surveillance de la police, en filmant leurs interventions jusqu'&#224; la bavure. Il en tire son premier court-m&#233;trage qui inspire son film les Mis&#233;rables. &#192; ses yeux, habitants comme policiers, parfois issus des m&#234;mes quartiers, partagent la m&#234;me mis&#232;re. C'est la force du film, de ne pas tomber dans un manich&#233;isme simplificateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ladj Ly s'inscrit dans la filiation de &lt;i&gt;la Haine&lt;/i&gt;, qui lui a donn&#233; envie de faire du cin&#233;ma, avec une distinction majeure : Mathieu Kassovitz disait que son film &lt;i&gt;&#171; &#233;tait contre les flics &#187;&lt;/i&gt;. Les Mis&#233;rables part du regard d'un jeune flic nouvellement arriv&#233; sur le quartier. Les vrais coupables, pour Ladj Ly, sont ailleurs. Ce cri d'alarme s'adresse avant tout aux politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les Mis&#233;rables, un film de Ladj Ly, 103 mn &lt;br class='autobr' /&gt;
Sortie le 20&#8239;novembre&lt;br class='autobr' /&gt;
Prix du jury au Festival de Cannes&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Docu &#8226; Hermine en transparence</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1261-Docu-o-Hermine-en-transparence</link>
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		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Justice</dc:subject>
		<dc:subject>1261</dc:subject>

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&lt;p&gt;Dura lex sed lex. Dans son apparat, sa th&#233;&#226;tralit&#233;, sa part incompressible de subjectivit&#233;, la gestion de ses &#233;motions, sa violence l&#233;gale, la Justice ressemble &#224; une machine infernale dans laquelle mieux vaut ne jamais glisser un orteil sous peine d'en ressortir essor&#233;, voire broy&#233;, selon les termes m&#234;mes d'une magistrate, exhortant &#224; davantage de conciliation et de m&#233;diation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Lourde responsabilit&#233; en effet que celle de juger son semblable : une bonne vingtaine de magistrats de toutes juridictions (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1261-" rel="tag"&gt;1261&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dura lex sed lex&lt;/i&gt;. Dans son apparat, sa th&#233;&#226;tralit&#233;, sa part incompressible de subjectivit&#233;, la gestion de ses &#233;motions, sa violence l&#233;gale, la Justice ressemble &#224; une machine infernale dans laquelle mieux vaut ne jamais glisser un orteil sous peine d'en ressortir essor&#233;, voire broy&#233;, selon les termes m&#234;mes d'une magistrate, exhortant &#224; davantage de conciliation et de m&#233;diation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lourde responsabilit&#233; en effet que celle de juger son semblable : une bonne vingtaine de magistrats de toutes juridictions civiles et p&#233;nales tentent, avec une certaine humilit&#233;, de raconter leur pratique du m&#233;tier, dans toute sa complexit&#233;. Tribunal de grande instance (juge des enfants et juge aux affaires familiales compris), cour d'appel, cour d'Assises, cour de Cassation, Cour europ&#233;enne des droits de l'homme (CEDH), Cour p&#233;nale internationale, le r&#233;alisateur nous emm&#232;ne partout, passant aussi par l'&#201;cole de la magistrature. Portes ouvertes, donc, y compris dans les zones sombres ? Justice de classe &#8211; forte avec les faibles, faible avec les forts &#8211;, justice d'abattage, justice coloniale dans certains d&#233;partements, justice sous pression(s), justice marqu&#233;e par l'erreur&#8230; Ces aspects sont bri&#232;vement esquiss&#233;s. De fait, malgr&#233; quelques boursouflures - redondances, images longuement all&#233;goriques, ton global plut&#244;t polic&#233; et m&#234;me si on n'y voit aucune audience, le documentaire reste passionnant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2242 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH224/screenshot_42-ad8fc.png?1694056726' width='500' height='224' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;D&#233;lits flagrants&lt;/i&gt; (1994) et &lt;i&gt;10e chambre, instants d'audience&lt;/i&gt; (2004), le grand Depardon s'&#233;tait lui aussi approch&#233;, avec finesse, de la chose jug&#233;e. D&#233;sormais, les nouveaux palais de justice &#8211; dont celui de Paris &#8211; veulent changer le visage de l'institution, consid&#233;r&#233;e comme un service public plus qu'une violence d'&#201;tat. Ici, elle se montre dans tous ses &#233;tats, dans sa dramaturgie et son humanit&#233; parfois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Rendre la justice, documentaire de Robert Salis, co-&#233;crit avec Jean-Christophe Hullin, Pr&#233;sident de cour d'assises.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sortie nationale le 13&#8239;novembre&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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