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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Le travail social collectif est-il l'avenir de l'action sociale ?</title>
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		<dc:subject>Travail social</dc:subject>
		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>1258</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le travail social collectif &#224; l'ambition de redonner du pouvoir d'agir aux personnes accompagn&#233;es. Quand il est appliqu&#233; aux professionnels, dans la co-construction de leur action, il peut se montrer tout autant &#233;mancipateur. &lt;br class='autobr' /&gt;
par Par Sylvie Kowalczuk, assistante sociale en polyvalence de secteur en milieu rural &lt;br class='autobr' /&gt;
Il &#233;tait une fois, un secteur rural, triste, obscur, abandonn&#233;. Il ressemblait &#224; une fin du monde du travail social. Il &#233;tait une fois des usagers r&#233;sign&#233;s, &#233;paules courb&#233;es, paupi&#232;res (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Paroles-de-me%CC%81tiers" rel="directory"&gt;Paroles de me&#769;tiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Pratique-professionnelle" rel="tag"&gt;Pratique professionnelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1258-" rel="tag"&gt;1258&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le travail social collectif &#224; l'ambition de redonner du pouvoir d'agir aux personnes accompagn&#233;es. Quand il est appliqu&#233; aux professionnels, dans la co-construction de leur action, il peut se montrer tout autant &#233;mancipateur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;par Par Sylvie Kowalczuk, assistante sociale en polyvalence de secteur en milieu rural&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait une fois, un secteur rural, triste, obscur, abandonn&#233;. Il ressemblait &#224; une fin du monde du travail social. Il &#233;tait une fois des usagers r&#233;sign&#233;s, &#233;paules courb&#233;es, paupi&#232;res tombantes, l&#232;vres soud&#233;es, regards &#233;teints. Il &#233;tait une fois une assistante sociale d&#233;&#231;ue, au bord de l'implosion, en surcharge d'un travail qui l'&#233;loignait du public en d&#233;tresse, fait d'injonctions contradictoires et de conflit de loyaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce travail prenait la forme de formidables logiciels aux promesses chim&#233;riques de gain de temps, d'efficacit&#233;. Afin de se prot&#233;ger, elle laissa un automate prendre possession de son corps et alimenter les logiciels, cocher les cases, scanner, photocopier, cliquer. L'automate faisait le travail demand&#233; sans conviction mais ce n'&#233;tait pas ce qu'on lui demandait. Les usagers d&#233;filaient dans le bureau de l'automate et repartaient apr&#232;s avoir &#233;t&#233; coch&#233;s, cas&#233;s, encod&#233;s, encadr&#233;s, prescrits, format&#233;s, int&#233;gr&#233;s, d&#233;sint&#233;gr&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assistante sociale regarda sa bo&#238;te &#224; outils abandonn&#233;e depuis plusieurs ann&#233;es. Elle l'ouvrit. Sous l'ISAP et une &#233;coute d&#233;su&#232;te, elle aper&#231;ut une forme oubli&#233;e. Elle tira dessus mais la forme r&#233;sista. Elle tira encore, la forme c&#233;da. C'&#233;tait l'ISIC, telle une flamme en veille. Un jour, cette flamme s'&#233;claira, rayonnant dans le bureau de l'assistante sociale, &#233;blouissant l'automate qui luttait pour se maintenir en poste. Mais plus les jours passaient, plus les usagers voyaient cette flamme et plus l'automate s'effritait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assistante sociale aper&#231;ut alors une infime issue qu'elle partagea avec les usagers, qui eux aussi perdaient leur lumi&#232;re. Elle proposa des rencontres r&#233;guli&#232;res pour travailler sur cette petite flamme qu'ils pourraient faire grandir &#224; leur mani&#232;re. L'ISIC : intervention sociale d'int&#233;r&#234;t collectif balbutiait ses premiers mots et ressemblait &#224; une ISIC : interaction sociale d'illumination collective ! Une petite f&#233;e &#224; elle toute seule !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les usagers assidus, motiv&#233;s, participaient, l&#226;chaient prise, se mobilisaient, agissaient&#8230; L'assistante sociale retrouvait le go&#251;t de ses convictions profondes, troquant sa veste de bureaucrate viss&#233;e &#224; son ordinateur pour celle plus juste de facilitateur. Elle retrouvait avec d&#233;lectation le go&#251;t des entretiens non directifs, des langages corporels et &#233;motionnels, des interactions humaines. Elle oubliait les grilles d'entretien pour retrouver la relation d'aide. Ce petit monde baignait dans un espace des possibles, ouvrant des voies de progression extraordinaires. Les usagers ressemblaient &#224; des acteurs d&#233;sireux d'&#233;changer, d'exp&#233;rimenter, de prendre des risques, port&#233;s par une estime de soi gonfl&#233;e &#224; bloc. Leurs &#233;paules s'&#233;largirent, leurs paupi&#232;res devinrent plus l&#233;g&#232;res, leurs l&#232;vres se mirent &#224; bouger, &#224; sourire et &#224; rire. L'assistante sociale explosait de joie, de projets nouveaux, d'envie de soulever des montagnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle d&#251; se plier en quatre pour nourrir r&#233;guli&#232;rement la machine num&#233;rique parce qu'il n'&#233;tait pas possible de faire autrement. Mais accompagner les personnes dans un espace de pure humanit&#233;, telle une bulle d'oxyg&#232;ne, leur permit &#224; tous de rebondir, d'aller vers l'ext&#233;rieur, se rendre visibles, utiles, devenir des citoyens &#224; part enti&#232;re, avec l'espoir fou de changer le monde, d'abord du petit secteur rural exsangue &#224; soigner, puis d'aller plus loin encore, parce que l'humanit&#233; a la facult&#233; extraordinaire de s'adapter pour s'&#233;panouir. Question de survie. Entre la toile num&#233;rique et la marchandisation du social, l'ISIC joue un r&#244;le salvateur. Face &#224; la d&#233;shumanisation, &lt;i&gt;privil&#233;gions la rencontre essentielle&lt;/i&gt; selon Rogers !.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Oubliez tout ce que vous savez sur les assistantes sociales &lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#201;ditions Chapitre.com&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2288 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH514/screenshot_1-5-d881e.png?1694025258' width='500' height='514' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Maxime Dauphin , &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; en protection de l'enfance et doctorant au laboratoire EXPERICE &#224; Paris 8&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;union institutionnelle bien particuli&#232;re a eu lieu au Centre d&#233;partemental Enfance et Famille (C.D.E.F.) d'Eysines en d&#233;but du mois de mai 2 019. L'&#233;quipe de direction y explique aux deux cent cinquante membres du personnel pr&#233;sents sa volont&#233; de refonder l'&#233;tablissement dans son contenu. Dans un bref communiqu&#233;, elle expose ce qui s'apparente aux &#201;tats g&#233;n&#233;raux du CDEF ou l'art et la mani&#232;re de repenser l'action collective : &lt;i&gt;&#171; Nous savons pouvoir compter sur les &#233;nergies vives qui constituent la communaut&#233; professionnelle du CDEF. C'est ensemble que nous construirons le futur de notre bel &#233;tablissement, car les moyens allou&#233;s ne prennent sens que dans leur incarnation par vous, par nous, par nous tous. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce faire, elle nous propose d'interagir par le biais d'une plateforme num&#233;rique interactive donnant l'avis de chacun sur sa perception de la refondation, une d&#233;marche audacieuse car participative autour d'un pouvoir d'agir &#224; l'&#233;chelle collective. La vis&#233;e appara&#238;t donc &#233;mancipatoire, car c'est au travers de l'action collective que r&#233;side cette tentative de r&#233;appropriation d'un outil de travail qui, dans le domaine du travail social, se concentre sur l'acte &#233;ducatif. Le premier atelier se penche sur les grandes valeurs cardinales qui vont d&#233;couler de cette structure nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours d'une consultation men&#233;e aupr&#232;s des participants, 29&#8239;% placent la (re) humanisation comme valeur incontournable, 18&#8239;% votent pour la s&#233;curit&#233; et 12&#8239;% pour la r&#233;activit&#233;. Au cours de la d&#233;lib&#233;ration, &#171; l'amour du m&#233;tier &#187; narr&#233; par un &#233;ducateur suscite une &#233;motion unanimement partag&#233;e, ramenant &#224; toute cette dimension de l'&#233;thique de conviction telle que d&#233;finie par Weber (1), mais aussi de l'&#233;thique de responsabilit&#233; se manifestant &#224; travers la volont&#233; coll&#233;giale de ne pas s&#233;parer les fratries. Une telle orientation recentre chaque professionnel sur sa capacit&#233; &#224; prendre des responsabilit&#233;s dans la d&#233;fense d'un int&#233;r&#234;t &#224; l'&#233;chelle collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons un atelier propos&#233; autour de la question : &lt;i&gt;&#171; Quelle type d'approche pour l'organisation des &#233;tablissements ? &#187;&lt;/i&gt; o&#249; l'option est propos&#233;e de choisir entre le territoire, le type de public ou les missions. Il s'ensuit des d&#233;bats haletants entre partisans des diff&#233;rentes approches dont celle des missions, un &#233;ducateur proposant la r&#233;partition en six microstructures r&#233;parties entre l'&#233;tablissement ressource pour l'une, l'accueil des 0 &#224; 21 ans dans une logique d'urgence pour l'autre, la troisi&#232;me &#233;tant destin&#233;e aux mineurs non accompagn&#233;s, la quatri&#232;me aux enfants de 0 &#224; 10 ans, la cinqui&#232;me aux pr&#233;adolescents de 10 &#224; 13 ans et la sixi&#232;me &#233;tant r&#233;serv&#233;e &#224; la pouponni&#232;re. J'assiste donc &#224; l'&#233;mergence d'une nouvelle donne, celle d'un &#171; faire instituant &#187;, diam&#233;tralement oppos&#233; &#224; la repr&#233;sentation d'une institution monolithique, &#233;voqu&#233;e par le reportage du 16 janvier 2019 sur France 3, o&#249; l'on montrait des enfants semblant &#234;tre livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes et des &#233;ducateurs d&#233;pass&#233;s et parfois maltraitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet &#233;gard, Marcuse nous rappelle qu'une pratique, vid&#233;e de sa substance cr&#233;atrice, produit une pens&#233;e op&#233;rationnelle (2). Cette d&#233;rive consiste &#224; ne pas prendre du recul dans sa pratique, &#224; d&#233;nigrer l'existant, en l'occurrence l'enfant, mais aussi &#224; se montrer dans l'incapacit&#233; de penser le cadre global dans son ensemble. L'int&#233;r&#234;t d'une intervention sociale &#224; l'&#233;chelle collective, comme a pu l'&#234;tre cette r&#233;union institutionnelle, d&#233;note une dimension de (re) construction &#233;thique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une volont&#233; de co-construction donc, posant les fondations d'un CDEF (r&#233;) humanis&#233; par ce processus de r&#233;flexivit&#233; commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Weber M. Le savant et le politique, &#201;ditions 10/18, Paris, 1996&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Marcuse H. L'homme unidimensionnel, Les &#233;ditions de minuit, Paris, 1968&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien avec Patrick Belissen &#8226; &#171; Notre int&#233;gration passe par la reconnaissance de notre identit&#233; &#187;</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1258-Entretien-avec-Patrick-Belissen-o-Notre-integration-passe-par-la-reconnaissance-de-notre-identite</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Petite enfance</dc:subject>
		<dc:subject>1258</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il arrive trop souvent que l'on parle &#224; la place des personnes porteuses de handicap, comme si elles n'&#233;taient pas capables de le faire elles-m&#234;mes. Lien Social donne la parole &#224; un d&#233;fenseur du Peuple des Sourds qui revendique sa condition. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi vous d&#233;signez-vous comme sourd, un mot que l'on pourrait consid&#233;rer comme stigmatisant ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Les mots que l'on utilise ne sont jamais innocents. Et la fa&#231;on dont une personne se nomme est essentielle pour l'image qu'elle se fait d'elle-m&#234;me. Quand j'&#233;tais (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1258-" rel="tag"&gt;1258&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il arrive trop souvent que l'on parle &#224; la place des personnes porteuses de handicap, comme si elles n'&#233;taient pas capables de le faire elles-m&#234;mes. Lien Social donne la parole &#224; un d&#233;fenseur du Peuple des Sourds qui revendique sa condition.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2289 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH170/screenshot_2-7-8256e.png?1693611555' width='500' height='170' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi vous d&#233;signez-vous comme sourd, un mot que l'on pourrait consid&#233;rer comme stigmatisant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mots que l'on utilise ne sont jamais innocents. Et la fa&#231;on dont une personne se nomme est essentielle pour l'image qu'elle se fait d'elle-m&#234;me. Quand j'&#233;tais enfant, je me pr&#233;sentais comme malentendant, donc en situation de manque. J'en avais honte. Je n'ai jamais &#233;t&#233; habitu&#233; &#224; affirmer : &#171; je suis sourd &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, revendiquer cet &#233;tat renvoie &#224; une autre repr&#233;sentation de soi-m&#234;me. Parler de culture et de communaut&#233; des sourds et promouvoir la langue des signes, c'est oser affirmer son identit&#233;. Quand nous avons commenc&#233; &#224; &#233;voquer la notion de &#171; peuple &#187; des sourds, elle &#233;tait peu utilis&#233;e. Elle s'est depuis propag&#233;e rapidement et a &#233;t&#233; facilement adopt&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles revendications portez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis une dizaine d'ann&#233;es, nous avons fait une gr&#232;ve de la faim en 2008, men&#233; une marche entre Paris et Milan en 2013 et publi&#233; notre livre en 2018, autour de trois revendications principales. La premi&#232;re consiste &#224; demander l'inscription de la langue des signes dans l'article 2 de la Constitution, en tant que langue nationale. Il ne s'agit pas de le faire au m&#234;me titre que les langues r&#233;gionales, car notre forme linguistique est avant tout une version gestuelle du fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre seconde demande porte sur la cr&#233;ation d'un Observatoire des affaires sourdes constitu&#233; non de m&#233;decins ou de r&#233;&#233;ducateurs, mais de personnes connaissant de l'int&#233;rieur la r&#233;alit&#233; de la surdit&#233;. Nous voulons d&#233;solidariser notre culture du monde m&#233;dical qui l'enferme toujours dans un registre de soins et de handicap. Cet observatoire aurait pour mission de donner son avis sur les politiques publiques men&#233;es en notre direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, nous r&#233;clamons que l'&#201;tat fran&#231;ais reconnaisse que l'interdiction de la langue des signes et la d&#233;cision d'imposer l'oralit&#233;, les orientations prises par le congr&#232;s de Milan en 1880, furent une erreur et une injustice. Nous voulons qu'il pr&#233;sente des excuses officielles, comme l'a fait le gouvernement australien &#224; l'intention des aborig&#232;nes. Il est temps que cela soit affirm&#233; officiellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel regard portez-vous sur l'action des travailleurs sociaux &#224; l'&#233;gard des sourds ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si je me garderais bien de g&#233;n&#233;raliser, il y a encore beaucoup de professionnels qui v&#233;hiculent des id&#233;es pr&#233;con&#231;ues sur notre communaut&#233;, persuad&#233;s que la r&#233;&#233;ducation de l'audition et l'acquisition de l'oralisation constituent les seules solutions &#224; nous proposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand notre livre collectif a &#233;t&#233; publi&#233;, j'ai adress&#233; un mail &#224; l'Institut de jeunes sourds o&#249; j'avais suivi une partie de ma scolarit&#233;, en proposant de venir le pr&#233;senter devant des &#233;l&#232;ves et les parents qui seraient int&#233;ress&#233;s. Une amie sp&#233;cialiste de la litt&#233;rature &#233;crite par des sourds pouvait m'accompagner. La r&#233;ponse de la directrice a &#233;t&#233; n&#233;gative. Tout juste m'a-t-elle assur&#233; que lorsqu'il y aurait une session organis&#233;e sur ce th&#232;me, il serait fait appel &#224; un expert de la surdit&#233; et que je serai alors convi&#233; comme t&#233;moin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois de plus, ce qui a &#233;t&#233; pr&#233;f&#233;r&#233;, c'est de parler sur nous plut&#244;t que de dialoguer avec nous. Je constate que les non-sp&#233;cialistes sont souvent plus sociables. Quand je me rends dans un magasin, j'ai &#224; faire &#224; un vendeur qui tente de communiquer avec moi, comme il le peut, par &#233;crit ou par mime. Sans rien conna&#238;tre de la langue des signes, il se montre plus dans le dialogue que certains intervenants qui veulent tout ignorer de notre culture, attendant que nous venions vers la leur, sans faire l'effort du moindre pas vers la n&#244;tre. Heureusement, la situation est aujourd'hui en train de changer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai connu une &#233;poque o&#249; il n'y avait de cours de langue des signes que dans trois ou quatre grandes villes. Aujourd'hui, on en trouve un peu partout, fr&#233;quent&#233;s par des sourds, mais aussi par des entendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2290 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH531/screenshot_3-7-99946.png?1693611556' width='500' height='531' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; vouloir privil&#233;gier votre propre culture, ne risquez-vous pas de vous enfermer dans un ghetto ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pense trop souvent que les sourds veulent rester entre eux. Alors que notre d&#233;sir le plus fort est bien de trouver une place, comme tout le monde, dans la soci&#233;t&#233;. Mais cela ne peut se faire en niant notre diff&#233;rence, comme on l'a fait pendant si longtemps. Il faut d'abord que l'on reconnaisse notre identit&#233; sp&#233;cifique. Cela ne rel&#232;ve pas d'un rapport affectif &#224; notre langue. C'est avant tout une question d'&#233;quilibre et de bien-&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a jamais d'ad&#233;quation entre l'investissement consenti, pendant parfois de longues ann&#233;es, pour apprendre &#224; parler et les r&#233;sultats obtenus dans notre vie sociale. Nous payons tr&#232;s cher, sans obtenir de r&#233;sultats probants quant &#224; notre int&#233;gration. Je constate d'ailleurs parmi mes amis que ce sont justement celles et ceux qui ont fait le plus d'efforts dans ce sens qui sont aujourd'hui le plus en difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains sourds se font retirer leurs implants cochl&#233;aires, en affirmant qu'il leur procure bien plus de troubles psychologiques et physiques que de b&#233;n&#233;fices. L'enjeu n'est donc pas de vivre repli&#233;s sur nous-m&#234;mes, mais de r&#233;ussir enfin &#224; vivre en ad&#233;quation avec ce que nous sommes, tout simplement. Il est temps de r&#233;agir face &#224; la pression sociale qui cherche &#224; nous imposer nos choix de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La solution ne serait-elle pas dans le bilinguisme : langue des signes + oralit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je parlerais plut&#244;t de biculturalit&#233; que de bilinguisme, car l'acquisition de l'oralit&#233; ce n'est pas comme apprendre une autre langue. Cet apprentissage constitue une &#233;preuve de tous les instants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'&#233;tais enfant, j'ai &#233;t&#233; entra&#238;n&#233; &#224; ces exercices consistant &#224; essayer de me faire comprendre des entendants. Quand je me rendais dans une boulangerie et que je pronon&#231;ais une phrase pour demander une baguette de pain, il m'arrivait que l'on m'en tende deux. De m&#234;me, quand je faisais le choix d'un plat sur une carte de restaurant et que je l'&#233;pelais le plus distinctement possible, on m'en apportait un autre ! M&#234;me apr&#232;s des ann&#233;es de r&#233;&#233;ducation orthophoniste, nous ne b&#233;n&#233;ficierons jamais du feed-back qu'apporte cette audition qui permet de moduler la prononciation des mots et de mesurer son exactitude par l'autocontr&#244;le de ce que l'on dit. Nous ne sommes jamais assur&#233;s que nous avons bien prononc&#233; notre phrase et que notre parole a &#233;t&#233; bien comprise. Ce que nous pouvons acqu&#233;rir &#224; l'&#233;crit &#8211; et cette ressource constitue pour nous un support important pour transmettre nos messages &#8211;, nous ne pourrons jamais l'obtenir &#224; l'oral. Notre communication est fond&#233;e sur le visuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est pourquoi la technologie contemporaine, avec les derni&#232;res versions des Iphones, nous est si pr&#233;cieuse. Nous disposons l&#224; de relais formidables pour &#233;changer avec le reste du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels conseils auriez-vous envie de donner aux lecteurs de Lien Social ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De regarder les sourds comme des &#234;tres humains, diff&#233;rents certes mais appartenant &#224; la m&#234;me esp&#232;ce qu'eux. Nous ne venons pas d'une autre plan&#232;te. Si nous n'entendons pas, par contre, nous poss&#233;dons des yeux. Si nous avons certes un rapport diff&#233;rent au monde, cela n'en r&#233;duit pas pour autant la richesse. Le probl&#232;me que cela nous pose dans notre vie sociale d&#233;pend pour beaucoup de l'ouverture d'esprit des entendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis avec la traduction d'un interpr&#232;te de la Langue des signes par Jacques Tr&#233;mintin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Paroles de sourds Patrick Belissen, Philippe Ang&#232;le, Nadia Chemoun, Ode Punsola, Jacques Sangla et Jeanine Verg&#232;s, &#233;d. La D&#233;couverte, 2018 (LS n&#176;1248).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Petite enfance &#8226; Pas de b&#233;b&#233;s en bo&#238;te</title>
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		<dc:date>2019-10-01T07:15:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Petite enfance</dc:subject>
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&lt;p&gt;D'ici &#224; f&#233;vrier 2020, le gouvernement r&#233;formera les modes d'accueil de la Petite enfance par ordonnances. Son objectif affich&#233; : simplifier leurs normes, garantir un accompagnement de qualit&#233; et favoriser le d&#233;veloppement de l'offre. Si les professionnels saluent des avanc&#233;es, certaines mesures les inqui&#232;tent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin. Apr&#232;s une phase de concertation entre septembre 2018 et janvier 2019, le 17 mai, la Direction g&#233;n&#233;rale de la coh&#233;sion sociale (DGCS) a d&#233;voil&#233; le projet de r&#233;forme des modes d'accueil (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D'ici &#224; f&#233;vrier 2020, le gouvernement r&#233;formera les modes d'accueil de la Petite enfance par ordonnances. Son objectif affich&#233; : simplifier leurs normes, garantir un accompagnement de qualit&#233; et favoriser le d&#233;veloppement de l'offre. Si les professionnels saluent des avanc&#233;es, certaines mesures les inqui&#232;tent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Enfin. Apr&#232;s une phase de concertation entre septembre 2018 et janvier 2019, le 17 mai, la Direction g&#233;n&#233;rale de la coh&#233;sion sociale (DGCS) a d&#233;voil&#233; le projet de r&#233;forme des modes d'accueil collectifs et individuels (1) de la Petite enfance par ordonnances en application de la loi &#171; Pour un &#201;tat au service d'une soci&#233;t&#233; de confiance &#187; (dite loi Essoc) du 10 ao&#251;t 2018. Un document longtemps attendu par les associations de professionnels de la Petite enfance inquiets d'un contenu incertain. &lt;i&gt;&#171; D'autant que nous avons &#233;t&#233; autoris&#233;s &#224; participer &#224; un seul groupe de travail sur quatre &#187;&lt;/i&gt;, regrette Julie Marty Pichon, pr&#233;sidente de la F&#233;d&#233;ration nationale des &#233;ducateurs de jeunes enfants (FNEJE). Elle salue certaines propositions, telle l'inscription dans la loi de la mise en &#339;uvre de la charte nationale du jeune enfant et la g&#233;n&#233;ralisation de projets d'accueil &#224; tous les &#233;tablissements d'accueil de jeunes enfants (EAJE), aux maisons d'assistantes maternelles (MAM) et aux assistantes maternelles ind&#233;pendantes. &#171; Constitu&#233;e de &#698;dix principes pour grandir en toute confiance&#698;, et inspir&#233;e du rapport de Sylviane Giampino (2), pr&#233;sidente du Conseil de l'enfance et de l'adolescence, elle offre un d&#233;but de r&#233;f&#233;rentiel commun. &#187; Appr&#233;ci&#233;e aussi l'introduction de temps d'analyses des pratiques (2&#8239;heures par an pour les assistantes maternelles, 6&#8239;heures pour les personnels d'EAJE), m&#234;me si elle en demande &#171; au moins le double &#187;. Act&#233;, le maintien du ratio 60/40, soit 60&#8239;% de personnel titulaire d'un dipl&#244;me de niveau V et 40&#8239;% de personnel hautement qualifi&#233; (pu&#233;ricultrices, auxiliaires de pu&#233;riculture, &#233;ducateurs de jeunes enfants, infirmiers). Cependant, le collectif Pas de b&#233;b&#233;s &#224; la consigne demande le retour &#224; un ratio 50/50 associ&#233; &#224; un plan de formation initiale et continue permettant son augmentation progressive. Salu&#233;s aussi la possibilit&#233; pour les assistantes maternelles d'acc&#233;der &#224; la m&#233;decine du travail ; la g&#233;n&#233;ralisation du recours &#224; un &#171; r&#233;f&#233;rent en sant&#233; &#187; &#224; tous les modes d'accueil ou encore le pilotage du d&#233;veloppement local de l'offre d'accueil confi&#233; &#224; des comit&#233;s d&#233;partementaux de services aux familles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2291 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH248/screenshot_4-7-8b121.png?1693611556' width='500' height='248' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;D'autres points du projet en revanche inqui&#232;tent. Ainsi, la possibilit&#233; d'accueillir des enfants en surnombre en fonction des heures d'accueil disponibles en EAJE. &lt;i&gt;&#171; Nous souhaitons le voir limit&#233; &#224; 110&#8239;% de l&#8250;effectif certains jours en respectant un taux de 100&#8239;% sur la semaine &#187;&lt;/i&gt;, insiste &#201;milie Philippe, une des porte-parole de Pas de b&#233;b&#233;s &#224; la consigne, &#233;ducatrice de jeunes enfants. Inqui&#233;tante aussi la r&#233;duction des surfaces d'accueil dans les villes &#224; forte pression fonci&#232;re : elle passerait de 7&#8239;m2 par enfant &#224; 5,5&#8239;m2. Or les jeunes enfants ont besoin d'un espace suffisant pour d&#233;velopper toutes leurs app&#233;tences motrices, surtout s'ils vivent dans un petit logement. Pr&#233;occupante encore une capacit&#233; d'accueil en microcr&#232;che qui pourrait passer de dix &#224; seize enfants et leur cr&#233;ation privil&#233;gi&#233;e &#224; celle d'EAJE de droit commun. Tout comme l'autorisation donn&#233;e aux assistantes maternelles en MAM d'accueillir jusqu'&#224; six enfants (contre quatre aujourd'hui) pour assurer les remplacements ou encore la possibilit&#233; pour un professionnel de cr&#232;che d'accueillir seul quatre enfants pendant deux heures le matin ou le soir pour prolonger les heures d'accueil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'accueil &#171; occasionnel &#187; &#8211; les haltes garderies &#8211;, le collectif rappelle qu'il doit &#234;tre pens&#233; pour l'enfant, dans un accord partag&#233; entre la famille et la structure (ou l'assistante maternelle). Il s'oppose &#224; une disposition pouvant se traduire r&#233;guli&#232;rement par la pratique d'un ratio d'un adulte pour six b&#233;b&#233;s, ne permettant plus de r&#233;pondre &#224; l'exigence de qualit&#233; et de s&#233;curit&#233; de l'accueil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2292 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH383/screenshot_5-7-0da5f.png?1693611557' width='500' height='383' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Manifestation nationale &#224; l'appel du collectif Pas de b&#233;b&#233;s &#224; la consigne le 23 mai &#224; Metz. / &#169; DR&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans &#234;tre hostile &#224; l'exp&#233;rimentation d'un guichet unique pour les porteurs de projet qui a l'objectif de &#171; simplifier et acc&#233;l&#233;rer les proc&#233;dures d'autorisation &#187; de cr&#233;ation de modes d'accueil, il souhaite voir pr&#233;server les comp&#233;tences de la PMI en mati&#232;re de sant&#233;, de d&#233;veloppement du jeune enfant et d'adaptation du mode d'accueil &#224; ces enjeux en coordination avec la Caisse d'allocations familiales (CAF).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le document de la DGCS propose aussi de diversifier les modalit&#233;s d'acc&#232;s aux fonctions de direction mais l'explicite peu, si ce n'est la r&#233;f&#233;rence &#224; l'ouverture d'une concertation sur la question des passerelles professionnelles. Pas de b&#233;b&#233;s &#224; la consigne insiste sur la n&#233;cessit&#233; de garantir la qualit&#233; de professionnels de la Petite enfance exp&#233;riment&#233;s &#224; la direction des EAJE (pu&#233;ricultrices, EJE), form&#233;s &#224; la gestion et &#224; l'encadrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que la DGCS soumette ce document &#224; la consultation ne le rassure pas suffisamment. &lt;i&gt;&#171; Nous n'avons eu aucun rendez-vous avec Christelle Dubos, secr&#233;taire d'&#201;tat aupr&#232;s de la ministre des Solidarit&#233;s et de la Sant&#233; et avec la DGCS apr&#232;s celui du 23 mai, jour de notre derni&#232;re mobilisation&lt;/i&gt;, pointe &#201;milie Philippe. &lt;i&gt;Nous n'avons &#224; ce stade aucune garantie de conna&#238;tre les propositions retenues avant de d&#233;couvrir le projet d'ordonnance r&#233;dig&#233;. Il devrait &#234;tre communiqu&#233; en octobre. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet de r&#233;forme s'inscrit dans la Strat&#233;gie nationale de pr&#233;vention et de lutte contre la pauvret&#233;, pr&#233;sent&#233;e par Emmanuel Macron en septembre 2018. La petite enfance et &lt;i&gt;&#171; l'&#233;galit&#233; des chances d&#232;s les premiers pas pour rompre la reproduction de la pauvret&#233; &#187;&lt;/i&gt; en constituent une priorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2293 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L424xH295/screenshot_6-7-4fa79.png?1693611557' width='424' height='295' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une &#233;tude de l'Ined consacr&#233;e aux in&#233;galit&#233;s dans le d&#233;veloppement du langage de l'enfant de deux ans, sugg&#232;re qu'un mode de garde collectif de qualit&#233; est b&#233;n&#233;fique pour le d&#233;veloppement cognitif, surtout pour l'enfant n&#233; dans une famille plus d&#233;favoris&#233;e. / &#169; TIM SOMERSET-maxppp&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sus de la promesse de 30 000 places suppl&#233;mentaires en accueil collectif et plus de 1 000 en relais d'assistantes maternelles, elle vise &#224; renforcer la qualit&#233; de l'accueil avec un plan de formation continue pour 600 000 professionnels, ainsi qu'un nouveau r&#233;f&#233;rentiel favorisant l'apprentissage de la langue fran&#231;aise par les tout-petits avec le programme Parler bambin. L'Unaf en cette rentr&#233;e s'inqui&#232;te que seules 2 000 places ont &#233;t&#233; finalement cr&#233;&#233;es cette ann&#233;e. &lt;i&gt;&#171; Faites le compte, 2 000 fois cinq ne fera jamais 30 000 &#187;&lt;/i&gt; lan&#231;ait le 9 septembre Monique Dupuy, sa repr&#233;sentante, lors du point d'&#233;tape de la Strat&#233;gie pauvret&#233; fait par le Collectif Alerte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette Strat&#233;gie envisage &#233;galement un bonus &#171; Territoires &#187; pour que le reste &#224; charge des communes de &#171; territoires fragiles &#187; ne d&#233;passe pas 10&#8239;%. Enfin, un tiers payant, pris en charge par la Caf, permettra aux familles d'utiliser des modes d'accueil individuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2294 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH348/screenshot_7-6-c502e.png?1693611557' width='500' height='348' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les professionnels jugent inadapt&#233; de r&#233;pondre &#224; la p&#233;nurie de places d'accueil dans les structures de la Petite enfance, en scolarisant davantage d'enfants en maternelle d&#232;s l'&#226;ge de deux ans. &lt;i&gt;&#171; En toute petite section, une institutrice et un agent territorial sp&#233;cialis&#233; dans les &#233;coles maternelles (Atsem) se retrouvent avec dix-huit enfants de moins de trois ans parfois sans exp&#233;rience de la collectivit&#233;, en pleine phase d'opposition et ne ma&#238;trisant pas les r&#232;gles sociales &#187;&lt;/i&gt;, observe Emilie Lackhamk&#233;o, directrice adjointe de la cr&#232;che AVIP &#192; petits pas. L&#8216;enfant doit suivre un programme alors que la cr&#232;che le suit lui. &#192; deux ans, il ne peut pas encore se concentrer. &lt;i&gt;&#171; &#192; la cr&#232;che, il apprend peu &#224; peu &#224; le faire, nous ne le pla&#231;ons jamais en position d'&#233;chec, alors qu'&#224; la maternelle il risque de recevoir un smiley boudeur s'il rate un exercice. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La FNEJE pr&#233;conise plut&#244;t l'ouverture de haltes-garderies et de jardins d'enfants en mettant en place des passerelles avec l'&#233;cole. Elle demande &#224; l'&#201;tat de soutenir la cr&#233;ation de places en cr&#232;che dans les communes en fonction des naissances. Les acteurs de la Petite enfance restent mobilis&#233;s pour que la simplification des normes n'entra&#238;ne pas une baisse de la qualit&#233; d'accueil des enfants et une d&#233;gradation des conditions de travail des professionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Un cadre plus simple pour une offre d'accueil plus riche. Travaux de simplification du cadre normatif applicable aux modes d'accueil du jeune enfant.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) D&#233;veloppement du jeune enfant &#8211; Modes d'accueil, formation des professionnels, 2016.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Parler bambin&#8230; &#187; ou pas ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1258-Parler-bambin-ou-pas</link>
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		<dc:subject>Petite enfance</dc:subject>
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&lt;p&gt;Savoir parler en entrant &#224; l'&#233;cole. Telle est l'ambition du programme national Parler Bambin. Exp&#233;riment&#233; dans des &#233;tablissements d'accueil de jeunes enfants (EAJE) &#224; Grenoble (Is&#232;re) en 2008, il en concernera 235 d'ici &#224; 2021. Un &#171; programme de renforcement langagier &#187; pour les petits &#226;g&#233;s de 3 &#224; 36 mois en pr&#233;vention de l'&#233;chec scolaire. Men&#233; par le laboratoire Cogni-sciences de l'IUFM de Grenoble et une &#233;quipe de chercheurs, il a fait l'objet d'une &#233;valuation scientifique &#224; petite &#233;chelle. Celle-ci souligne (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Savoir parler en entrant &#224; l'&#233;cole. Telle est l'ambition du programme national &lt;i&gt;Parler Bambin&lt;/i&gt;. Exp&#233;riment&#233; dans des &#233;tablissements d'accueil de jeunes enfants (EAJE) &#224; Grenoble (Is&#232;re) en 2008, il en concernera 235 d'ici &#224; 2021. Un &lt;i&gt;&#171; programme de renforcement langagier &#187;&lt;/i&gt; pour les petits &#226;g&#233;s de 3 &#224; 36 mois en pr&#233;vention de l'&#233;chec scolaire. Men&#233; par le laboratoire Cogni-sciences de l'IUFM de Grenoble et une &#233;quipe de chercheurs, il a fait l'objet d'une &#233;valuation scientifique &#224; petite &#233;chelle. Celle-ci souligne une tr&#232;s forte adh&#233;sion des parents et des professionnels au programme et des effets tr&#232;s positifs sur les performances verbales des jeunes enfants, particuli&#232;rement ceux d'origine modeste avec un niveau de langage plus faible du fait d'une stimulation moindre dans les familles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce programme, l'acquisition du langage prend une place centrale dans la pratique des professionnels. Ils sollicitent l'enfant dans diff&#233;rents contextes tout au long de la journ&#233;e pour mobiliser son attention et engager la conversation. Ils prennent du temps individuellement au quotidien, surtout en faveur de l'enfant dont le langage semble se d&#233;velopper plus lentement, animent des ateliers quotidiens avec des supports et int&#232;grent les parents &#224; l'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un enthousiasme que le Collectif Pas de b&#233;b&#233; &#224; la consigne ne partage pas. Il cite une &#233;tude ind&#233;pendante (1), men&#233;e sur trois ans, qui conclut que le dispositif n'a pas am&#233;lior&#233; significativement les comp&#233;tences langagi&#232;res des enfants. Il rappelle l'importance de soutenir toutes les dimensions d'&#233;tayage de son d&#233;veloppement (cognitif, affectif, moteur,&#8239;etc.) sans privil&#233;gier l'une au d&#233;triment des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julie Marty Pichon, pr&#233;sidente de la F&#233;d&#233;&#173;ration nationale des &#233;ducateurs de jeunes (FNEJE) est encore plus s&#233;v&#232;re : &lt;i&gt;&#171; Ce programme part du principe que des enfants &#8212; notamment les habitants des quartiers populaires et ceux issus de familles &#233;trang&#232;res &#8212; sont plus vuln&#233;rables et qu'il faut r&#233;parer &#231;a rapidement. Or, la question du langage se construit entre 0 et 6 ans et tous les enfants parleront, nous sommes des &#234;tres sociaux. Ceux n&#233;s dans une famille avec une autre langue parleront fran&#231;ais d&#232;s qu'ils auront un bon ancrage dans la langue maternelle. &#187;&lt;/i&gt; Avec l'aide et le soutien de professionnels et de leurs parents, d'&#233;changes, de lecture d'histoires, de comptines et&#8230; du temps dont ils ont besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Accompagnement et &#233;valuation d'un dispositif d'aide au d&#233;veloppement du langage dans les multi-accueils municipaux de la ville de Nantes. Centre de recherche en &#233;ducation de l'Universit&#233; de Nantes, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; lire &#8226; Le programme Parler bambin : enjeux et controverses, Patrick Ben Soussan, Sylvie Rayna, &#201;d. &#201;r&#232;s, 2018&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Reportage &#8226; Une cr&#232;che VIP </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Petite enfance</dc:subject>
		<dc:subject>1258</dc:subject>

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&lt;p&gt;La cr&#232;che parisienne &#192; petits pas r&#233;serve la moiti&#233; de ses places &#224; des parents sans emploi, accompagn&#233;s dans leur recherche par une charg&#233;e d'insertion de l'&#233;quipe. En parall&#232;le, ses coll&#232;gues veillent au d&#233;veloppement et &#224; l'&#233;panouissement des enfants. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;LIAS (1), 20 mois, a des yeux gris ensommeill&#233;s. &#192; la fin de la sieste, il d&#233;pose son doudou dans son casier jaune, prend place &#224; une petite table, met son bavoir et regarde avec int&#233;r&#234;t le plateau de compotes et biscuits. &#192; petits pas, une cr&#232;che &#224; vocation (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La cr&#232;che parisienne &#192; petits pas r&#233;serve la moiti&#233; de ses places &#224; des parents sans emploi, accompagn&#233;s dans leur recherche par une charg&#233;e d'insertion de l'&#233;quipe. En parall&#232;le, ses coll&#232;gues veillent au d&#233;veloppement et &#224; l'&#233;panouissement des enfants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#201;LIAS (1), 20 mois, a des yeux gris ensommeill&#233;s. &#192; la fin de la sieste, il d&#233;pose son doudou dans son casier jaune, prend place &#224; une petite table, met son bavoir et regarde avec int&#233;r&#234;t le plateau de compotes et biscuits. &#192; petits pas, une cr&#232;che &#224; vocation d'insertion professionnelle (AVIP) qui accueille cinquante-huit enfants &#226;g&#233;s de 0 &#224; 3 ans, attribue la moiti&#233; de ses places &#224; des parents &#224; la recherche d'une activit&#233; professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Institut d'&#233;ducation et des pratiques citoyennes (IEPC) a ouvert les portes de cette cr&#232;che en 2015 dans le XVIIIe arrondissement parisien &#224; la demande des travailleurs sociaux pour r&#233;pondre aux besoins de parents &#8211; souvent des femmes isol&#233;es, vivant en h&#244;tel ou en logement insalubre &#8211; &#224; la recherche d'un mode de garde pour d&#233;crocher une formation ou un emploi. Des parents dont les principaux freins &#224; l'emploi &#233;taient lev&#233;s (addiction, non ma&#238;trise de la langue fran&#231;aise, sans domicile fixe).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2296 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L430xH285/screenshot_9-6-06ba4.png?1693611557' width='430' height='285' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Activit&#233; sensorielle dans l'igloo sons et lumi&#232;res. / &#169; A petits pas&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe compte dix-huit professionnelles dipl&#244;m&#233;es (&#233;ducatrices de jeunes enfants (EJE), auxiliaires de pu&#233;ricultrice, titulaires du CAP accompagnement &#233;ducatif Petite enfance), une psychomotricienne et une psychologue &#224; temps partiel et, enfin &#8211; l&#224; r&#233;side son originalit&#233; &#8211;, une charg&#233;e d'insertion. &lt;i&gt;&#171; Quand nous proposons une place &#224; une personne sans emploi orient&#233;e par un travailleur social, son enfant b&#233;n&#233;ficie d'une semaine d'adaptation. &#192; la fin de cette p&#233;riode, elle signe un contrat de trois mois, renouvelable une fois. Elle s'engage &#224; chercher activement une formation et/ou un emploi, &#224; &#234;tre ponctuelle et active dans sa recherche &#187;&lt;/i&gt;, explique Vanessa Math&#233;, la directrice. Deux fois par semaine, la charg&#233;e d'insertion la soutient dans sa recherche d'emploi (r&#233;daction de CV, pr&#233;paration aux entretiens,&#8239;etc.), en lien avec son conseiller P&#244;le emploi, la mission locale et si n&#233;cessaire son assistant de service social r&#233;f&#233;rent. Elle l'aide aussi &#224; reprendre confiance en elle. Et les r&#233;sultats sont au rendez-vous : &#224; la fin du contrat, 90&#8239;% des parents accompagn&#233;s ont rejoint une formation r&#233;mun&#233;r&#233;e ou d&#233;croch&#233; un contrat de travail. Ainsi Nelly, maman de Fatou, 18 mois, sans emploi &#224; son arriv&#233;e &#224; la cr&#232;che, vivait avec sa fille &#224; l'h&#244;tel. Comme elles ne s'&#233;taient jamais s&#233;par&#233;es, la semaine d'adaptation a &#233;t&#233; rude pour toutes les deux. Fatou a b&#233;n&#233;fici&#233; d'une r&#233;f&#233;rente dans son groupe d'&#226;ge, un point de rep&#232;re attentif durant toute la p&#233;riode d'accompagnement de sa m&#232;re. Nelly a pu suivre une formation et signer un CDI dans la restauration collective. La cr&#232;che, ouverte du lundi au vendredi de 7&#8239;heures &#224; 19&#8239;heures, lui a permis d'assurer un travail aux horaires d&#233;cal&#233;s. Aujourd'hui, gr&#226;ce &#224; l'aide de l'assistante de service social, m&#232;re et fille vivent dans un logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il donne de bons r&#233;sultats, l'accompagnement socio-professionnel par la charg&#233;e d'insertion ne va pourtant pas de soi. &lt;i&gt;&#171; Au d&#233;part, les mamans concern&#233;es arrivent souvent &#224; la cr&#232;che en pyjama, elles ne respectent ni les horaires ni l'obligation de pr&#233;sence de l'enfant cinq jours par semaine&lt;/i&gt;, observe &#201;milie Lackhamkeo, directrice adjointe. &lt;i&gt;Puis, au fil des jours, nous voyons leur visage et leur regard changer. Elles d&#233;posent l'enfant habill&#233;es avec &#233;l&#233;gance, maquill&#233;es, press&#233;es car attendues en formation ou au travail, elles t&#233;l&#233;phonent en cas de retard et accordent plus de temps aux transmissions en fin de journ&#233;e. &#187;&lt;/i&gt; L'enfant qui ressent cette mise en mouvement, se d&#233;tend et vient plus volontiers &#224; la cr&#232;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2295 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH396/screenshot_8-5-b9140.png?1693611558' width='500' height='396' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#8216;&#233;quipe assure aussi un soutien aux parents, tous milieux sociaux et culturels confondus, qui se sentent souvent d&#233;munis face &#224; leur enfant qui s'oppose, jette les objets au sol ou refuse de dormir. Elle les rassure, les d&#233;culpabilise, les guide dans les stades du d&#233;veloppement de l&#8216;enfant. &lt;i&gt;&#171; S'ils favorisent l'&#233;panouissement de l'enfant d&#232;s le plus jeune &#226;ge, nos m&#233;tiers souffrent pourtant d'un manque de reconnaissance, contrairement &#224; celui d'instituteur par exemple. Les gens pensent que nous passons notre temps &#224; jouer avec les enfants alors que nous leur apprenons &#224; int&#233;grer les r&#232;gles, &#224; prendre confiance en eux, en leur expliquant par exemple qu'ils ont le droit de s'exprimer, de dire non ou encore de dormir en cas de fatigue. Nous les aidons aussi &#224; se faire comprendre par leurs pairs et par les adutes et nous adaptons les activit&#233;s &#224; leur d&#233;velopemement. &#187;&lt;/i&gt; Une mission de pr&#233;vention pr&#233;coce des in&#233;galit&#233;s sociales passionnante mais qui r&#233;clame un encadrement suffisant, des personnels dipl&#244;m&#233;s et de la reconnaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Microstructures &#8226; Chacun cherche sa place</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1258-Microstructures-o-Chacun-cherche-sa-place</link>
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		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Protection de l'enfance</dc:subject>
		<dc:subject>1258</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre aux besoins des mineurs d&#233;sign&#233;s comme &#171; incasables &#187;, des microstructures ont vu le jour au d&#233;but de la d&#233;cennie 2010. Concilier le dedans et le dehors est le credo des accueils &#233;ducatifs et th&#233;rapeutiques parisiens, une exp&#233;rimentation qui vient d'&#234;tre p&#233;rennis&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Solutions d'accueil en &#233;checs r&#233;p&#233;t&#233;s. Explosion de toutes les cases propos&#233;es. Syst&#232;me &#224; court de r&#233;ponses. Les professionnels de la protection de l'enfance se retrouvent en plein d&#233;sarroi face &#224; des jeunes d&#233;crits comme &#171; en grande (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre aux besoins des mineurs d&#233;sign&#233;s comme &#171; incasables &#187;, des microstructures ont vu le jour au d&#233;but de la d&#233;cennie 2010. Concilier le dedans et le dehors est le credo des accueils &#233;ducatifs et th&#233;rapeutiques parisiens, une exp&#233;rimentation qui vient d'&#234;tre p&#233;rennis&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Solutions d'accueil en &#233;checs r&#233;p&#233;t&#233;s. Explosion de toutes les cases propos&#233;es. Syst&#232;me &#224; court de r&#233;ponses. Les professionnels de la protection de l'enfance se retrouvent en plein d&#233;sarroi face &#224; des jeunes d&#233;crits comme &#171; en grande difficult&#233; &#187;, &#171; incasables &#187; ou en &#171; difficult&#233;s multiples &#187;. Tous les ingr&#233;dients pour une recette dangereuse : des solutions d'urgence qui durent et des mineurs, parfois tr&#232;s jeunes, dans des h&#244;tels o&#249; se relaient 24&#8239;heures sur 24 des &#233;ducateurs int&#233;rimaires avec des projets &#233;ducatifs quasi inexistants. Au final, des jeunes d&#233;laiss&#233;s et des factures astronomiques pour la collectivit&#233;, notamment &#224; Paris. L'aide &#224; ces adolescents difficiles met au d&#233;fi les intervenants, les obligent &#224; de nouvelles formes d'accueil. Des &#171; micro structures &#187; apparaissent alors : des internats &#224; tout petit effectif et ratio &#233;ducatif renforc&#233;, int&#233;gr&#233;s dans un r&#233;seau partenarial associant les champs socio-&#233;ducatif et la p&#233;dopsychiatrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2011, Paris lance un appel &#224; projets pour cr&#233;er ou transformer des places d'accueil afin de r&#233;pondre aux jeunes en grande souffrance manifestant d'importants troubles du comportement. La fondation La vie au grand air/Priorit&#233; enfance propose alors un projet. Ce dernier ouvre ses portes en 2013 pour cinq ann&#233;es d'exp&#233;rimentation au bout desquelles les accueils &#233;ducatifs et th&#233;rapeutiques de Paris (AETP) sont p&#233;rennis&#233;s. Chacun des trois pavillons (deux &#224; Ivry et un &#224; Paris XVe) accueille six jeunes, &#226;g&#233;s de 9 &#224; 18 ans, voire 21 ans, aupr&#232;s desquels interviennent en journ&#233;e une ma&#238;tresse de maison, et par rotation de 7&#8239;heures &#224; 22&#8239;heures, 7 &#233;ducateurs relay&#233;s par un veilleur de nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un accueil de jour situ&#233; dans le XIVe arrondissement de Paris, &#224; deux pas des locaux administratifs du service, relie jeunes et &#233;ducateurs des trois sites. Difficile d'ouvrir la porte&#8230; comme toutes les portes ou presque du pavillon voisin. Et pour cause, portes et murs p&#226;tissent des coups de pieds et de poings ; des planches de bois colmatent les trous. Les jeunes accueillis aux AETP &lt;i&gt;&#171; mettent &#224; l'&#233;preuve la relation &#187;&lt;/i&gt;, rel&#232;ve le chef du service, Lakhdar Khiri. Le directeur de la structure, Bruno Mouchard, rappelle que plus personne ne veut des jeunes accueillis ici. &lt;i&gt;&#171; Il sont pluri-exclus. Exclus de l'&#233;cole, du monde de l'insertion, exclus de leur famille, des lieux de placement. Certains sont m&#234;me exclus de l'h&#244;pital psychiatrique ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes arrivent d&#233;scolaris&#233;s. L'accueil de jour permet une remobilisation scolaire avec l'intervention d'une professeure des &#233;coles d&#233;tach&#233;e de l'&#201;ducation nationale. De fait, les fondamentaux manquent &#224; ces jeunes, comme en t&#233;moignent les panneaux aux murs reprenant les conjugaisons des verbes &#171; &#234;tre &#187; et &#171; avoir &#187;. La grande majorit&#233; des jeunes (90&#8239;%) ont un retard scolaire li&#233; &#224; des ruptures de parcours et des troubles de l'apprentissage. Certains reprennent une scolarit&#233; modul&#233;e sur quelques heures ou quelques jours par semaine. Quelques-uns suivent une scolarit&#233; &#224; temps plein, mais pour les autres l'accueil de jour va &#234;tre un point d'ancrage. D'autant qu'il faut parfois attendre un an pour avoir une place adapt&#233;e, par exemple en institut m&#233;dico-&#233;ducatif (IME). Reste enfin ceux &#224; la scolarit&#233; fluctuante, ponctu&#233;e de p&#233;riodes d'exclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enseignante, les six &#233;ducateurs, la psychologue et une art th&#233;rapeute animent ce &lt;i&gt;&#171; plateau technique &#233;ducatif, p&#233;dagogique et th&#233;rapeutique &#187;&lt;/i&gt;, comme le d&#233;finit Lakhdar Khiri, &lt;i&gt;&#171; pens&#233; pour des jeunes qui sont en d&#233;ficit d'accompagnement pendant la journ&#233;e &#187;&lt;/i&gt;. Atelier de CV, boxe, apprentissage scolaire, cuisine ou d&#233;marches administratives, l'important c'est de &lt;i&gt;&#171; garder le lien &#187;&lt;/i&gt;. Quoi qu'il arrive. Les &lt;i&gt;&#171; jeunes ont des probl&#232;mes cognitifs et de comportement, mais aussi des difficult&#233;s de socialisation. La collectivit&#233; va leur poser des probl&#232;mes, par exemple &#224; la cantine scolaire &#187;&lt;/i&gt;, explique Bruno Mouchard. Mais aussi dans la structure. &lt;i&gt;&#171; Les jeunes font exploser le collectif ou bien c'est le collectif qui les fait flamber &#187;&lt;/i&gt;, comme l'explique le directeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2298 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH574/screenshot_10-6-c99c1.png?1694025259' width='500' height='574' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zo&#233; (1), aujourd'hui &#226;g&#233;e de 17 ans, est arriv&#233;e &#224; 14 ans dans la structure qui accueille 75&#8239;% de gar&#231;ons. Elle fait partie de ces jeunes qui ont pouss&#233; l'&#233;quipe &#224; ses limites. Comme le veut la proc&#233;dure, son admission a &#233;t&#233; discut&#233;e en commission appel&#233;e &#171; cas complexes &#187; de l'Aide sociale &#224; l'enfance (ASE) de Paris, commission pluridisciplinaire r&#233;unissant le r&#233;seau des microstructures. Plac&#233;e une dizaine d'ann&#233;es en famille d'accueil depuis l'&#226;ge de 3 ans apr&#232;s des ann&#233;es d'errance avec sa m&#232;re, Zo&#233; est exclue du coll&#232;ge en raison de son comportement. Bient&#244;t elle est exclue de son lieu de placement. Une famille d'accueil relais se dit pr&#234;te &#224; l'accueillir &#224; Paris le week-end et une place en section d'enseignement g&#233;n&#233;ral et professionnel adapt&#233; est trouv&#233;e (Segpa). Un dispositif bien construit. &lt;i&gt;&#171; Rien n'a tenu &#187;&lt;/i&gt;, raconte Bruno Mouchard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein du pavillon des AETP, Zo&#233; a des probl&#232;mes avec le groupe, multiplie les fugues et se met en danger. &lt;i&gt;&#171; Sans &#233;ducation sexuelle, explique le directeur, et avec les r&#233;seaux sociaux qui leur ouvrent des champs de relation qui nous &#233;chappent totalement, les risques sont multipli&#233;s &#187;&lt;/i&gt;. Zo&#233; risque aussi d'entra&#238;ner d'autres jeunes&#8230; Arrive un moment o&#249; se pose la question de son maintien dans la structure. Plut&#244;t qu'une fin de prise en charge, l'&#233;quipe opte pour une adaptation et une solution singuli&#232;re : poursuivre l'accompagnement au sein de l'accueil de jour, mais sortir du collectif&#8230; et piloter depuis l'institution un h&#233;bergement en appart-h&#244;tel avec des int&#233;rimaires de nuit. Un dr&#244;le de retour en arri&#232;re qui d&#233;montre les limites du syst&#232;me, m&#234;me le plus exp&#233;rimental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous voyons au quotidien qu'aucune solution n'est p&#233;renne. &#199;a marche un temps, puis il faut tout repenser. On r&#233;ajuste en permanence. &#187; &#171; Le ma&#238;tre-mot, pour garantir une continuit&#233; relationnelle avec le jeune, c'est souplesse &#187;&lt;/i&gt;, expliquent de concert Bruno Mouchard et Lakhdar Khiri. &lt;i&gt;&#171; Quand un jeune veut vraiment partir on ne l'en emp&#234;che pas physiquement, on essaye de discuter, mais s'il veut partir, il partira. Quitte &#224; passer par la fen&#234;tre et se mettre en danger. Il faut alors tenir de notre c&#244;t&#233;, maintenir le lien, par exemple en envoyant des SMS, en allant le chercher s'il le faut. C'est lui permettre de revenir, de lui dire qu'il a sa place. Certains ne tiennent qu'avec un pied dehors et un pied dedans. Il faut l'accepter &#187;&lt;/i&gt;, explique le directeur des AETP. Le recours &#224; l'appart-h&#244;tel sans rupture institutionnelle a permis d'en prendre conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Six jeunes sont actuellement accueillis dans ce cadre en attendant la cr&#233;ation prochaine d'une &#233;quipe d&#233;di&#233;e et la constitution d'un parc d'appartements. L'&#233;quipe &#233;ducative module au quotidien les r&#233;ponses en fonction de la personne et du moment qu'elle traverse. Ce qui ne va pas sans une certaine fatigue et un &lt;i&gt;turn over&lt;/i&gt; que la structure tente de contenir par des formations, des r&#233;gulations et des soutiens informels. &lt;i&gt;&#171; Les &#233;quipes aussi ont besoin de r&#233;ponses &#187;&lt;/i&gt;, explique le chef de service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La commission &#171; cas complexes &#187; repr&#233;sente justement une occasion de discuter sur les difficult&#233;s de l'accompagnement avec l'&#233;quipe mobile en p&#233;dopsychiatrie sp&#233;cialis&#233;e pour les enfants accompagn&#233;s par l'ASE de Paris. Avec 85&#8239;% des jeunes qui ont une notification de la Maison d&#233;partementale des personnes handicap&#233;es (MDPH) et 36&#8239;% qui ont un traitement chronique, la p&#233;dopsychiatrie est cruciale pour les AETP et tous les jeunes accueillis b&#233;n&#233;ficient d'un suivi psychoth&#233;rapeutique, au moins en interne, m&#234;me si le service privil&#233;gie le suivi &#224; l'ext&#233;rieur, avec 65&#8239;% des jeunes suivis en CMP. &lt;i&gt;&#171; La question du psycho-trauma est pr&#233;pond&#233;rante quand on sait que 80&#8239;% des jeunes ont subi ou assist&#233; &#224; des s&#233;vices sexuels &#187;&lt;/i&gt;, souligne Bruno Mouchard. L'&#233;quipe mobile soutient les &#233;ducateurs par son expertise et ses conseils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle peut &#233;galement intervenir aupr&#232;s de jeunes pour qui l'accompagnement psychologique ou psychiatrique pose probl&#232;me. L&#224; encore, tout d&#233;pend du besoin et de l'&#233;valuation des possibles. Pour un jeune, un protocole transitoire de rencontre avec le bin&#244;me &#233;ducateur-p&#233;dopsychiatre de l'&#233;quipe mobile &#224; l'accueil de jour associatif permet d'avancer &#224; tout petits pas. Pour un autre, il a fallu aller &#224; sa rencontre sur son lieu d'h&#233;bergement. Le plus souvent, l'intervention de l'&#233;quipe mobile se fait aupr&#232;s de l'&#233;quipe. L'enjeu est de r&#233;fl&#233;chir avant la crise, la contourner, la diff&#233;rer. D'ouvrir des espaces de &lt;i&gt;&#171; d&#233;senfermement relationnel &#187;&lt;/i&gt;, comme l'explique le directeur, qui constate un moindre recours aux urgences psychiatriques gr&#226;ce &#224; cet &#233;tayage ext&#233;rieur. Malgr&#233; ses errements et ses errances, Zo&#233; n'a jamais coup&#233; les ponts. Aujourd'hui, l'&#233;quipe travaille avec elle sur la demande de contrat jeune majeur. La r&#233;flexion porte sur un ailleurs possible pour elle, pour construire sa vie d'adulte. Une marche &#224; ne pas louper.C&#233;line Loriente&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Pr&#233;nom modifi&#233;.	&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Et personne ne pleure</title>
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		<dc:subject>Protection de l'enfance</dc:subject>
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		<dc:subject>1258</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les travailleurs sociaux sont souvent spectateurs des moments heureux comme des drames v&#233;cus par les usagers qu'ils accompagnent, t&#233;moins des naissances, mais aussi des morts qui surviennent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a sans doute pas de mois id&#233;al pour se rendre &#224; un enterrement, mais personnellement, je les vis plus mal les jours ensoleill&#233;s. La couleur du ciel, la chaleur du soleil sur la peau, les odeurs de pelouse tondue ne sont pas raccord avec la tristesse. &lt;br class='autobr' /&gt;
En m&#234;me temps, je suis tr&#232;s g&#234;n&#233;e car l'assistance (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Echos-du-terrain" rel="directory"&gt;&#201;chos du terrain (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1258-" rel="tag"&gt;1258&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les travailleurs sociaux sont souvent spectateurs des moments heureux comme des drames v&#233;cus par les usagers qu'ils accompagnent, t&#233;moins des naissances, mais aussi des morts qui surviennent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il n'y a sans doute pas de mois id&#233;al pour se rendre &#224; un enterrement, mais personnellement, je les vis plus mal les jours ensoleill&#233;s. La couleur du ciel, la chaleur du soleil sur la peau, les odeurs de pelouse tondue ne sont pas raccord avec la tristesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, je suis tr&#232;s g&#234;n&#233;e car l'assistance n'est pas vraiment triste, et Marion, 12 ans, fille de la d&#233;funte, non plus. Je l'accompagne ce jour &#224; l'enterrement de sa m&#232;re, au terme de deux ans d'accompagnement social, marqu&#233; par les ravages de son addiction chronique &#224; l'alcool. Le p&#232;re de Marion est pr&#233;sent et sobre ; au moins aujourd'hui. Je suis soulag&#233;e de le constater car j'ai d&#233;j&#224; accompagn&#233; une jeune ado dans les m&#234;mes circonstances funestes, mais l&#224;, quasiment toute l'assistance avait rendu hommage &#224; sa m&#232;re en se pr&#233;sentant ivre morte &#224; l'&#233;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, je reconnais quelques vieilles connaissances du quartier mais, matin aidant, tout le monde est &#224; peu pr&#232;s &#224; jeun. Je me suis longuement demand&#233; si ma venue &#233;tait judicieuse ; j'avais quand m&#234;me organis&#233; un an plus t&#244;t le placement de leur fille en famille d'accueil. Mais, que je le veuille ou non, Marion et son p&#232;re m'avaient donn&#233; une place importante dans leur vie et ils comptent sur moi aujourd'hui. De fa&#231;on surr&#233;aliste &#224; mes yeux, le p&#232;re de Marion me pr&#233;sente aux personnes pr&#233;sentes : &lt;i&gt;&#171; C'est l'assistante sociale de la petite ! &#187;&lt;/i&gt; Et on me sourit en retour. Mais personne ne pleure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mort de cette femme est accueillie avec une forme de sagesse populaire &lt;i&gt;&#171; Elle sera mieux maintenant &#187;, &#171; Elle est d&#233;livr&#233;e de ses souffrances&#8239;&lt;/i&gt; &#187; &#8211; comme s'il n'y avait jamais eu d'espoir, juste un compte &#224; rebours. Elle &#233;tait une figure du quartier, dans un immeuble particuli&#232;rement &#233;thylique. Sur deux &#233;tages, trois m&#232;res de famille s'alcoolisaient ensemble, pendant que les enfants &#233;taient en freelance dans le quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous enterrons la m&#232;re de Marion, une du trio est d&#233;j&#224; morte ; l'autre en sursis. Aucune n'a atteint la cinquantaine. Marion est une fillette vive, intelligente, un peu roublarde, et elle a toujours prot&#233;g&#233; sa m&#232;re. Elle ne s'est jamais plainte mais des signes ext&#233;rieurs viennent inqui&#233;ter l'&#233;cole : ses v&#234;tements sont sales, odorants ; son hygi&#232;ne corporelle pose probl&#232;me et en cette fin de primaire, les moqueries deviennent pr&#233;gnantes. Lorsque je contacte sa m&#232;re la premi&#232;re fois pour l'informer des inqui&#233;tudes de l'&#233;cole, l'accueil est glacial et exp&#233;ditif : circulez. Ne disposant pas d'&#233;l&#233;ments justifiant d'agir contre la volont&#233; des parents, j'ai rang&#233; ce dossier. Quelques mois plus tard, l'&#233;cole nous signale que la m&#232;re de Marion s'est alcoolis&#233;e massivement le soir de la f&#234;te de l'&#233;cole (et je me demande, encore une fois, quand les &#233;coles comprendront que la vente d'alcool leur fait r&#233;colter plus d'emmerdes que d'argent pour la coop&#233;rative scolaire). Le danger rep&#233;r&#233; nous permet de d&#233;clencher une &#233;valuation sociale officielle, et je finis un soir d'&#233;t&#233; devant la porte de son logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je frappe, un roquet se met &#224; hurler, elle m'ouvre. Je suis assaillie par l'odeur f&#233;tide du logement et je constate que plusieurs petits animaux vivent dans la pi&#232;ce de vie : chien, chats, hamsters. Voil&#224; donc l'origine de l'odeur des fringues de la petite. Marion est l&#224;, souriante, s'agitant autour de sa m&#232;re, physiquement ravag&#233;e par l'alcool. Elle a d&#251; &#234;tre une femme coquette, car elle a pos&#233; sur son corps d&#233;charn&#233; des attributs de f&#233;minit&#233;, bijoux et serre-t&#234;te. Cela lui donne un air de momie &#233;gyptienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2299 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH685/screenshot_11-5-e3c74.png?1694025259' width='500' height='685' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle me raconte sa vie d'avant, quand elle travaillait, avant &#171; la maladie &#187;. Je suis l&#224; pour parler du signalement de l'&#233;cole, dont je relis les &#233;l&#233;ments devant la m&#232;re de famille. Elle s'insurge : elle ne boit pas ! Elle suinte l'alcool par tous les pores mais je sais que le d&#233;ni est une r&#233;alit&#233;, quand bien m&#234;me cela d&#233;fie toute logique de pens&#233;e. La porte du logement s'ouvre : un homme p&#233;n&#232;tre dans l'appartement et se fige en me voyant. C'est le p&#232;re de Marion. Le couple est officiellement s&#233;par&#233; mais j'ai d'autres probl&#232;mes &#224; r&#233;gler qu'une fraude &#224; la CAF et lui explique les raisons de ma venue. Allant de surprise en surprise, il nomme les difficult&#233;s de sa femme &#224; prendre en charge au quotidien sa fille et sa propre incapacit&#233; &#224; assurer lui-m&#234;me. Il souffre d'une addiction &#224; l'alcool, qu'il ne nie pas. Je finis par comprendre qu'il vit r&#233;ellement ailleurs mais qu'il vient tous les jours &lt;i&gt;&#171; voir si &#231;a va &#187;&lt;/i&gt;. En septembre, l'entr&#233;e de Marion au coll&#232;ge priv&#233; du quartier la stigmatise encore plus. Tr&#232;s rapidement &#224; la Toussaint, l'&#233;quipe enseignante alerte le p&#232;re sur les probl&#232;mes d'hygi&#232;ne de Marion et son apparente fatigue, qui l'emp&#234;che de suivre correctement les enseignements. Le p&#232;re sollicite le service social et vient nous livrer son d&#233;sarroi. Le coll&#232;ge lui propose un internat mais son salaire d'ouvrier ne lui permet pas de le financer. Il sollicite le D&#233;partement pour une aide financi&#232;re, impossible pour un internat priv&#233;. Et surtout, il n'en a pas parl&#233; &#224; son ex-femme. Qui se persuade que tout va bien. Le p&#232;re convainc finalement la m&#232;re d'essayer l'internat en novembre et d&#233;cembre, et la met &#224; contribution pour le financement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience est peu concluante pour Marion, qui est totalement rejet&#233;e par les p&#233;pettes de l'internat. Ses notes ne d&#233;collent pas et les profs soulignent qu'un redoublement du CM2 aurait sans doute &#233;t&#233; souhaitable. Z&#233;ro sur toute la ligne, Marion r&#233;int&#232;gre son domicile tous les soirs et sait d&#233;j&#224; qu'un redoublement de sixi&#232;me se profile. Mais elle ne se plaint pas, jamais. L'&#233;tat de sant&#233; de sa m&#232;re d&#233;gringole, ce que je constate au cours de nos rencontres r&#233;guli&#232;res. En r&#233;union d'&#233;quipe, je viens livrer mes inqui&#233;tudes : le p&#232;re qui fait ce qu'il peut mais reconna&#238;t &#234;tre incapable d'&#233;lever sa fille ; la m&#232;re et son addiction massive qu'elle d&#233;nie ; et Marion, qui donne l'image d'une gamine que rien ne touche. Une bombe &#224; retardement. Le minuteur s'enclenche finalement au printemps. Marion, jeune pr&#233;-ado, a commenc&#233; &#224; se mettre gravement en danger devenant la proie potentielle de tous les cingl&#233;s du quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le couple, enfin le p&#232;re, sollicite une mesure de protection pour sa fille et se r&#233;sout &#224; accepter un placement en famille d'accueil. Mais nous avons besoin de la signature des deux parents. C'est &#224; ce moment-l&#224; que je prends conscience que la maman n'est pas seulement alcoolis&#233;e du matin au soir mais qu'elle fr&#244;le parfois la d&#233;mence. Nous avons rendez-vous pour signer le contrat d'accueil de sa fille puis dix minutes apr&#232;s elle me demande pourquoi je suis l&#224;. Je lui r&#233;explique et elle se met &#224; hurler, &#224; pleurer. Puis elle s&#232;che ses larmes et signe le document. J'ai l'impression d'&#234;tre au-dessus d'un nid de coucou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marion s'installe avec une aisance d&#233;concertante dans cette famille d'accueil et dans un nouveau coll&#232;ge rural. Elle m'envoie r&#233;guli&#232;rement des photos d'elle sur ma bo&#238;te mail, pour me montrer toutes ses nouvelles tenues. Six mois apr&#232;s son placement, je l'invite &#224; d&#233;jeuner. Elle est plus assur&#233;e, plus mature. Une chouette gamine. Je tente de rester en contact avec sa maman, car Marion me le demande express&#233;ment. Mais j'avoue qu'apr&#232;s quelques refus, je passe &#224; autre chose. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques mois apr&#232;s, je suis contact&#233;e par les urgences du CHU. La m&#232;re de Marion a &#233;t&#233; hospitalis&#233;e en urgence, son pronostic vital est engag&#233;. Elle meurt. Et personne ne pleure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Julien pr&#233;sident !</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1258-Julien-president</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Usager</dc:subject>
		<dc:subject>Handicap&#233;s</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Outre le fait d'&#234;tre travailleur d'&#201;tablissement d'aide par le travail (ESAT), Julien (2) est &#233;galement pr&#233;sident du Conseil de vie sociale (CVS) pour trois ans. Tr&#232;s impliqu&#233; dans tous les actes li&#233;s &#224; son r&#244;le (3), il endosse la responsabilit&#233; et l'habit en faisant le choix syst&#233;matique du costume-cravate. En CVS, il introduit les s&#233;ances, donne la parole aux repr&#233;sentants des diff&#233;rents coll&#232;ges, rappelle le cadre, cl&#244;t. Il se positionne, argumente, exprime ses accords, ses d&#233;saccords en fonction de ce qui (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Espace-du-lecteur" rel="directory"&gt;Espace du lecteur (acc&#232;s libre) &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Usager" rel="tag"&gt;Usager&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Handicapes" rel="tag"&gt;Handicap&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1258-" rel="tag"&gt;1258&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Outre le fait d'&#234;tre travailleur d'&#201;tablissement d'aide par le travail (ESAT), Julien (2) est &#233;galement pr&#233;sident du Conseil de vie sociale (CVS) pour trois ans. Tr&#232;s impliqu&#233; dans tous les actes li&#233;s &#224; son r&#244;le (3), il endosse la responsabilit&#233; et l'habit en faisant le choix syst&#233;matique du costume-cravate. En CVS, il introduit les s&#233;ances, donne la parole aux repr&#233;sentants des diff&#233;rents coll&#232;ges, rappelle le cadre, cl&#244;t. Il se positionne, argumente, exprime ses accords, ses d&#233;saccords en fonction de ce qui se dit, et ce, quelle que soit la fonction de celui qui parle. Il s'active avec ses coll&#232;gues &#233;lus pour la cr&#233;ation d'un trombinoscope afin de permettre aux ouvriers de l'ESAT de savoir vers quels repr&#233;sentants adresser leurs questions. Il est &#224; l'initiative d'une charte des d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus en rendant l'outil accessible &#224; ceux qui ne savent pas ou peu lire. Il obtient de la direction des tableaux d'affichage dans les salles de d&#233;tente pour diffuser l'information. Il organise des permanences pour recueillir les id&#233;es, dol&#233;ances et revendications. Dans tous les moments institutionnels importants, Julien prend la parole apr&#232;s le directeur. Son discours commence toujours par &lt;i&gt;&#171; En tant que pr&#233;sident du CVS&#8230; &#187;&lt;/i&gt; : il s'adapte, est opportun avec des mots et des phrases simples. Sa voix porte haut ! Il sait faire r&#233;f&#233;rence au collectif et rendre &#224; C&#233;sar ce qui appartient &#224; C&#233;sar, qu'il s'agisse de ses coll&#232;gues &#233;lus ou repr&#233;sent&#233;s, ou du personnel de l'ESAT. Avec l'&#233;nergie personnelle qui l'anime en situation, Julien agit et s'exprime en homme libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dynamique institutionnelle s'est progressivement organis&#233;e en d&#233;veloppant une d&#233;marche de r&#233;flexion, de participation, de co-&#233;laboration, voire d'intelligence citoyenne entre les professionnels de l'ESAT (travailleurs handicap&#233;s et personnels), et avec quelques grandes actions men&#233;es sur la p&#233;riode : engager des achats pour l'am&#233;lioration de la vie quotidienne sur l'ESAT/r&#233;fl&#233;chir aux conditions d'une bonne utilisation des vestiaires/d&#233;velopper une meilleure convivialit&#233; au moment des repas/etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, lorsque en 2016, un Institut r&#233;gional de formation sanitaire et sociale a contact&#233; nos services pour intervenir &#224; l'occasion d'une journ&#233;e de r&#233;flexion sur la citoyennet&#233; qui allait r&#233;unir plusieurs fili&#232;res d'&#233;tudiants, nous avons fait le pari de proposer aux travailleurs &#233;lus au CVS d'intervenir. Il y a, bien &#233;videmment, eu des doutes de leur part&#8230; Une fois leur d&#233;cision prise, il y a eu &#233;galement besoin d'un peu d'aide pour s'organiser : par la mise en forme de ce que ces hommes et femmes souhaitaient exprimer ; par la cr&#233;ation d'un &lt;i&gt;power point&lt;/i&gt; qui allait servir de rep&#232;re en cas de perte de m&#233;moire ou d'un trop plein d'&#233;motion ; par la possibilit&#233; de faire des choix pour savoir qui &#171; parlerait au micro &#187;, dans quel ordre et pour pr&#233;senter quoi, puis de l'entra&#238;nement afin que chacun puisse ma&#238;triser son texte dans le respect des temps impartis par les organisateurs du colloque ; par du soutien pour que tous puissent d&#233;passer leurs incertitudes et gagner en pouvoir sur leur vie en se sentant pr&#234;ts &#224; intervenir et r&#233;pondre aux questions des &#233;tudiants et de leurs enseignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces travailleurs d'ESAT ont relev&#233; le d&#233;fi avec prestance, en s'exprimant dans un haut lieu d'&#233;tude et de savoirs : un amphith&#233;&#226;tre accueillant des &#233;tudiants, des formateurs et un grand nombre d'associations invit&#233;es&#8230; Ils ont &#233;t&#233; efficaces, se sont exprim&#233;s clairement, ont suscit&#233; l'int&#233;r&#234;t en posant des mots sur qui ils &#233;taient, sur leur mission, sur ce qu'ils faisaient et pourquoi. Ils ont surpris par la pertinence de leurs r&#233;ponses et par leur engagement&#8230; Mais pas seulement : en fin d'intervention, Julien a souhait&#233; reprendre le micro. Avec beaucoup de s&#233;rieux et une voix &#171; portant haut et fort &#187;, il a remerci&#233; l'assembl&#233;e et ajout&#233; : &lt;i&gt;&#171; En tant que pr&#233;sident du CVS&#8230; j'esp&#232;re avec mes coll&#232;gues que ce que nous vous avons expliqu&#233;, va vous apprendre &#224; bien faire votre m&#233;tier d'&#233;ducateur&#8230; plus tard&#8230; quand vous aurez votre dipl&#244;me. &#187;&lt;/i&gt; Quelle surprise ! Y compris pour nous ! Le propos de Julien a fait mouche, touch&#233;, fait sourire et m&#234;me rire l'assistance&#8230; Avec, toutefois, un changement de paradigme quant &#224; la question du handicap, qui &#224; ce moment-l&#224; ne pouvait absolument plus s'envisager sur le versant du d&#233;ficit, mais plut&#244;t du c&#244;t&#233; de l'alt&#233;rit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec une &#233;volution des repr&#233;sentations autant pour les intervenants (des personnes en situation de handicap, actrices dans un dispositif d'enseignement) que pour les futurs travailleurs sociaux (dans une exp&#233;rience en situation)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec, en cet instant T, un espace singulier dans lequel pouvait se jouer l'acceptation de la dimension de l'&#234;tre unique, diff&#233;rent, distinct dans son identit&#233; personnelle et sociale : une personne cens&#233;e &#234;tre b&#233;n&#233;ficiaire de l'action des travailleurs sociaux avait collabor&#233; activement &#224; l'exercice de leur d&#233;marche formative en ne se laissant pas enfermer dans (ou par) le handicap et la fragilit&#233;, en renvoyant l'Autre &#224; sa propre vuln&#233;rabilit&#233; (un m&#233;tier &#224; apprendre&#8230; un futur dipl&#244;me &#224; valider). Dans un rapport de sujet &#224; sujet sur lequel doivent en principe reposer nos m&#233;tiers et nos pratiques. Plus de deux ans apr&#232;s : au retour d'une prestation dans le cadre d'une activit&#233; de production de l'ESAT sur lequel Julien travaille il nous fait savoir qu'une &lt;i&gt;&#171; femme l'a reconnu &#187; (&#8230;) &#171; Elle est venue lui parler de quand il avait expliqu&#233; le CVS avec ses coll&#232;gues &#224; l'&#233;cole d'&#233;ducateurs &#187; (&#8230;) &#171; &#192; ce moment-l&#224;, elle faisait ses &#233;tudes &#187; (&#8230;) &#171; Maintenant, elle travaille sur la maison de retraite (4) &#187;&lt;/i&gt;. Il exprime avec ses mots une tr&#232;s grande satisfaction car celle-ci lui aurait dit que cette intervention &lt;i&gt;&#171; lui avait appris beaucoup de choses pour son m&#233;tier &#187;&lt;/i&gt;. Avec le sentiment d'avoir eu une parole qui a compt&#233;, qui a eu de la valeur, Julien a raison d'&#234;tre fier ! Pourrions-nous alors conclure en relevant qu'accompagnant, accompagn&#233;, peuvent devenir deux individus capables de cr&#233;er dans une relation d'alt&#233;rit&#233; f&#233;conde, respectueuse des diff&#233;rences, dans un positionnement d'acteurs responsables ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Si 3 travailleurs sociaux ont plus particuli&#232;rement soutenu ces &#233;lus pour la pr&#233;paration de leur intervention, la question des droits et de l'alt&#233;rit&#233; correspond &#224; une d&#233;marche d&#233;velopp&#233;e dans leurs services respectifs (un ESAT un Foyer d'h&#233;bergement et un Service d'accompagnement &#224; la vie sociale avec un Conseil de vie sociale commun), afin de d&#233;velopper participation, citoyennet&#233;, inclusion qui, selon G. ZRIBI &#171; implique un processus humain, psychologique, social et mat&#233;riel, dans lequel, des choix r&#233;els de vie, la fluidit&#233; et l'ouverture des champs (d'&#233;ducation, de vie, de travail&#8230;), la normalisation de l'existence, les apprentissages pratiques et les liens socio-relationnels sont conjugu&#233;s pour proposer un continuum de solutions adapt&#233;es, plurielles, &#233;volutives &#187;. (Lien social, Juin 2019, pp. 32-33).&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Le pr&#233;nom est anonymis&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) Julien a pu et su dynamiser un groupe d'&#233;lus qui s'est saisi des pistes propos&#233;es en une formation, pour am&#233;liorer le fonctionnement et la dynamique du CVS et de l'&#233;tablissement. Pour assurer son mandat, il a &#233;galement fait le choix d'effectuer une autre formation de type &#171; expression en public &#187; pour am&#233;liorer ses savoir-faire.&lt;br class='autobr' /&gt;
(4) Une &#233;quipe de l'ESAT intervient 5 matin&#233;es par semaine dans un EHPAD pour faire le m&#233;nage dans les chambres et studios des personnes &#226;g&#233;es accueillies.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Cin&#233; &#8226; Du fond de l'oc&#233;an</title>
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		<dc:subject>Prison</dc:subject>
		<dc:subject>1258</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'Atlantique, bel oc&#233;an, inqui&#233;tant, attirant, mortel. &#192; ses pieds, Dakar et sa banlieue bouillonnante y envoient mourir ses jeunes hommes. Ils partent dans l'espoir d'un ailleurs meilleur, fuient leur soci&#233;t&#233; corrompue. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans son film Atlantique, Grand Prix du Festival de Cannes, la r&#233;alisatrice Mati Diop, dont c'est le premier long m&#233;trage, filme la migration &#224; contrechamp. Elle raconte l'autre c&#244;t&#233; de l'Oc&#233;an, l&#224; o&#249; restent les femmes apr&#232;s le d&#233;part des hommes. Fragile pirogue face au monstre d'eau, la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/OEil-et-oreille" rel="directory"&gt;&#338;il et oreille&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1258-" rel="tag"&gt;1258&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Atlantique, bel oc&#233;an, inqui&#233;tant, attirant, mortel. &#192; ses pieds, Dakar et sa banlieue bouillonnante y envoient mourir ses jeunes hommes. Ils partent dans l'espoir d'un ailleurs meilleur, fuient leur soci&#233;t&#233; corrompue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son film &lt;i&gt;Atlantique&lt;/i&gt;, Grand Prix du Festival de Cannes, la r&#233;alisatrice Mati Diop, dont c'est le premier long m&#233;trage, filme la migration &#224; contrechamp. Elle raconte l'autre c&#244;t&#233; de l'Oc&#233;an, l&#224; o&#249; restent les femmes apr&#232;s le d&#233;part des hommes. Fragile pirogue face au monstre d'eau, la mort guette. La vie des femmes continue, marqu&#233;e, poss&#233;d&#233;e par cette absence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; J'ai voulu &#233;crire un film de fant&#244;mes &#187;&lt;/i&gt;, explique la r&#233;alisatrice, qui fait le choix d'un r&#233;cit fantastique, po&#233;tique, &#233;trange. Selon elle, &#224; l'image de l'ambiance sombre qui r&#233;gnait au d&#233;but des ann&#233;es 2000 lorsque des milliers de jeunes quittaient le S&#233;n&#233;gal par la mer pour tenter de rejoindre l'Espagne avec pour leitmotiv &#171; Barcelone ou la Mort &#187;. Mati Diop t&#233;moigne de cette p&#233;riode au travers du regard des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2300 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH269/screenshot_12-6-91fb6.png?1694025260' width='500' height='269' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des femmes qu'elle filme comme poss&#233;d&#233;es par leur compagnon disparu, habit&#233;es par leur qu&#234;te de justice sociale. Car &lt;i&gt;Atlantique &lt;/i&gt; raconte aussi une belle histoire d'amour, &lt;i&gt;&#171; un amour impossible, &#224; l'&#232;re du capitalisme sauvage &#187;&lt;/i&gt;, dit Mati Diop. Un amour &#233;mancipateur, pour l'h&#233;ro&#239;ne Ada. L'espoir dans ceux qui restent, la r&#233;alisatrice l'a puis&#233; dans le mouvement de la jeunesse s&#233;n&#233;galaise &#171; Y'en a marre &#187; qui, en 2012, quelques mois apr&#232;s le printemps arabe, exigeait un changement de r&#233;gime et &lt;i&gt;&#171; tournait la page sombre de Barcelone ou la Mort&lt;/i&gt;, raconte-t-elle. &lt;i&gt;Ce r&#233;veil citoyen m'a marqu&#233;e car symboliquement il nous rappelait que la jeunesse s&#233;n&#233;galaise n'avait pas enti&#232;rement disparu. &#187;&lt;/i&gt; Elle ajoute : &lt;i&gt;&#171; Pour moi, il n'y avait pas les morts en mer d'un c&#244;t&#233; et les jeunes en marche de l'autre. Les vivants portaient en eux les disparus. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Atlantique, un film de Mati Diop, production Les Films du bal, 1 h 46. Sortie nationale le 2 octobre.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Th&#233;&#226;tre &#8226; Entre fiction et r&#233;el</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1258-Theatre-o-Entre-fiction-et-reel</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Immigration</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#171; Que peut-on faire ensemble ? Quand des hommes et des femmes sont r&#233;unis et n'ont pas choisi d'&#234;tre ensemble ? &#187; Tel est le questionnement de Val&#233;rie Durin, autrice et metteuse en sc&#232;ne, lorsqu'elle anime des ateliers th&#233;&#226;tre en milieu carc&#233;ral. De son exp&#233;rience de pratique th&#233;&#226;trale en prison qui lui a permis, au fil des ans, de recueillir les paroles de femmes et d'hommes enferm&#233;s, elle a &#233;crit Num&#233;ros d'&#233;crou (1). Sa onzi&#232;me cr&#233;ation, jou&#233;e par la troupe amateur d'Auxerre Les Pr&#233;tendants, raconte un (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1258-" rel="tag"&gt;1258&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Que peut-on faire ensemble ? Quand des hommes et des femmes sont r&#233;unis et n'ont pas choisi d'&#234;tre ensemble ? &#187;&lt;/i&gt; Tel est le questionnement de Val&#233;rie Durin, autrice et metteuse en sc&#232;ne, lorsqu'elle anime des ateliers th&#233;&#226;tre en milieu carc&#233;ral. De son exp&#233;rience de pratique th&#233;&#226;trale en prison qui lui a permis, au fil des ans, de recueillir les paroles de femmes et d'hommes enferm&#233;s, elle a &#233;crit Num&#233;ros d'&#233;crou (1). Sa onzi&#232;me cr&#233;ation, jou&#233;e par la troupe amateur d'Auxerre Les Pr&#233;tendants, raconte un atelier th&#233;&#226;tre dans une prison en s'inspirant de faits r&#233;els. &lt;i&gt;&#171; Les quinze com&#233;diens incarnent les personnes d&#233;tenues que j'ai rencontr&#233;es. Ils ne sont personnellement pas li&#233;s au monde carc&#233;ral, il s'agit d'une fiction. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2301 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L359xH208/screenshot_13-5-c6a39.png?1694025260' width='359' height='208' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; J'aimerais vous proposer une pi&#232;ce sur le quotidien carc&#233;ral &#187;&lt;/i&gt;, lance Catherine, l'intervenante th&#233;&#226;tre dans la pi&#232;ce. &lt;i&gt;&#171; &#199;a va int&#233;resser qui ? &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;agit Bertrand. A&#239;cha se rebelle : &lt;i&gt;&#171; On est en prison, on cause de prison, faut r&#233;fl&#233;chir sur la prison&#8230; On n'en sort pas&#8230; En prison, je passe mon temps &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; la haine. Il n'y a que la haine qui me tient &#187;&lt;/i&gt;. Sur le plateau nu, des chaises, une bande son faite de bruits de cl&#233;s et de portes qui s'ouvrent et se referment, et ces huit femmes et sept hommes qui r&#233;inventent la vie. Conflits, peurs, injustices, col&#232;res, frustrations, amour, sexualit&#233;&#8230;, r&#233;v&#232;lent les conditions de l'incarc&#233;ration et d&#233;noncent l'administration p&#233;nitentiaire comme une machine &#224; broyer les &#234;tres. D'un go&#251;ter partag&#233; &#224; la castagne entre deux d&#233;tenues, de confidences aux cris de col&#232;re ou de haine, Num&#233;ros d'&#233;crou plonge le spectateur dans l'univers impitoyable de la d&#233;tention. La pratique th&#233;&#226;trale devient alors une soupape &#224; survie. &lt;i&gt;&#171; On n'est plus des hommes. On n'est plus des femmes. On n'est que ce que l'on a fait. &#187;&lt;/i&gt; Un cri d&#233;chirant profond&#233;ment humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Le num&#233;ro d'&#233;crou est le num&#233;ro d'enregistrement d'une personne incarc&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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