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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Th&#233;&#226;tre &#8226; Mon fr&#232;re est handicap&#233;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Fratrie</dc:subject>
		<dc:subject>1256</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans un d&#233;cor de bric et de broc r&#233;alis&#233; en palettes, le narrateur lance : &#171; &#192; quoi sert un fr&#232;re handicap&#233; ? &#187; Sur sc&#232;ne, un fouillis de paperasse, de post-it et autres feuilles griffonn&#233;es envahit murs et tables. Un amoncellement, savamment orchestr&#233; &#8211; duquel d&#233;passe un num&#233;ro de Lien social ! &#8211;, signifie que la recherche a &#233;t&#233; longue. L'acteur-auteur Thierry Combe (compagnie Pocket Th&#233;&#226;tre) invente une &#171; prise de parole sur le handicap &#187; tr&#232;s document&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Incisive, percutante, dr&#244;le, provocante, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/OEil-et-oreille" rel="directory"&gt;&#338;il et oreille&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1256-" rel="tag"&gt;1256&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans un d&#233;cor de bric et de broc r&#233;alis&#233; en palettes, le narrateur lance : &lt;i&gt;&#171; &#192; quoi sert un fr&#232;re handicap&#233; ? &#187;&lt;/i&gt; Sur sc&#232;ne, un fouillis de paperasse, de post-it et autres feuilles griffonn&#233;es envahit murs et tables. Un amoncellement, savamment orchestr&#233; &#8211; duquel d&#233;passe un num&#233;ro de &lt;i&gt;Lien social&lt;/i&gt; ! &#8211;, signifie que la recherche a &#233;t&#233; longue. L'acteur-auteur Thierry Combe (compagnie Pocket Th&#233;&#226;tre) invente une &lt;i&gt;&#171; prise de parole sur le handicap &#187;&lt;/i&gt; tr&#232;s document&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Incisive, percutante, dr&#244;le, provocante, &#233;mouvante, l'&#233;criture est sublim&#233;e par le jeu de l'acteur. Seul sur sc&#232;ne, il convoque avec lucidit&#233;, tendresse, humour et pudeur, une dizaine de personnages, dont Jean-Pierre, le fr&#232;re a&#238;n&#233; aux &lt;i&gt;&#171; chaussures orthop&#233;diques &#187;&lt;/i&gt; et &#224; la &lt;i&gt;&#171; d&#233;ficience intellectuelle &#187;&lt;/i&gt;. Ils apparaissent en un va-et-vient permanent, &#233;tonnant, stimulant. Thierry Combe croque, en chacun d'eux, une part de v&#233;rit&#233;. De l'annonce du handicap &#224; la f&#234;te d'anniversaire au foyer de vie, du regard des amis &#224; la complicit&#233; fraternelle, les situations s'encha&#238;nent. Quand Jean-Pierre essaie avec difficult&#233; de monter une marche, le com&#233;dien regarde le public. &lt;i&gt;&#171; J'ai mis une marche dans la zone du handicap au lieu d'un plan inclin&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2326 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH335/screenshot_33-2-6812e.png?1693640266' width='500' height='335' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#169; H&#233;l&#232;ne Dodet&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le spectacle r&#233;v&#232;le toutes sortes d'aberrations o&#249; la question du handicap n'est pas dans la bien-pensance. Entre fiction et r&#233;alit&#233;, Thierry Combe s'amuse des conventions th&#233;&#226;trales et interroge les regards multiples sur le handicap, sans tabou. Remu&#233;, chahut&#233;, boulevers&#233;, le spectateur oscille entre rires et larmes. Le com&#233;dien conclut : &lt;i&gt;&#171; Je n'ai pas respect&#233; le timing. Est-ce possible sur le sujet du handicap ? &#187;&lt;/i&gt; Ce spectacle, intime et universel, r&#233;serve bien d'autres surprises, comme celle de la m&#233;taphore de la tartelette aux fraises&#8230; Ne pas en dire davantage. Seulement aller d&#233;couvrir ce &lt;i&gt;Jean-Pierre, Lui, Moi,&lt;/i&gt; enchanteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jean-Pierre, Lui, Moi, &#233;criture et jeu Thierry Combe, sous l'&#339;il ext&#233;rieur de Nathalie Pernette et de Patrice Jouffroy. En tourn&#233;e dans toute la France | &lt;a href=&#034;http://www.pockettheatre.fr&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.pockettheatre.fr&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; On est tous d'accord pour &#234;tre d'accord &#187;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>1256</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a des processus &#233;tranges qui am&#232;nent des personnes issues d'un groupe &#224; produire la m&#234;me chose contre laquelle elles pensent se battre tous les jours. &#171; On est tous d'accord pour &#234;tre d'accord &#187;, une sorte de consensus de la non-remise en question de nos convictions, de la non-discussion sur des sujets qui, de faits, sont ok. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ceci est un t&#233;moignage concernant la vie dans une &#233;quipe &#171; soignante &#187; qui, parce ce que ses membres sont tous d'accord pour &#234;tre d'accord, vous fait enfouir sous une chape (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a des processus &#233;tranges qui am&#232;nent des personnes issues d'un groupe &#224; produire la m&#234;me chose contre laquelle elles pensent se battre tous les jours. &lt;i&gt;&#171; On est tous d'accord pour &#234;tre d'accord &#187;&lt;/i&gt;, une sorte de consensus de la non-remise en question de nos convictions, de la non-discussion sur des sujets qui, de faits, sont ok.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci est un t&#233;moignage concernant la vie dans une &#233;quipe &#171; soignante &#187; qui, parce ce que ses membres sont tous d'accord pour &#234;tre d'accord, vous fait enfouir sous une chape de b&#233;ton votre id&#233;e diff&#233;rente, votre besoin d'ouverture ; vous fait &#233;craser votre remise en question de l'ordre &#233;tabli, comme on &#233;crase sous son pied un insecte qui rentre dans la maison. S'offrent &#224; vous deux possibilit&#233;s : ou bien vous choisissez d'&#234;tre d'accord pour &#234;tre d'accord ou bien vous tentez de maintenir en vie votre libre pens&#233;e au risque de finir par tenter de maintenir en vie le simple fait de penser. L'&#233;quipe pr&#233;f&#232;re rester entre elle. Ce consensus qui fait son unit&#233; la rassure, la prot&#232;ge d'un ext&#233;rieur qui est le plus souvent mena&#231;ant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'institution au sens large est v&#233;n&#233;r&#233;e dans tout ce qu'elle apporte de positif, les plus de huit semaines de cong&#233;s par an, la confiance donn&#233;e au salari&#233; sur les horaires effectu&#233;s, la souplesse accord&#233;e sur l'emploi du temps, un enfant malade &#224; garder, ses offres de cin&#233;ma &#224; moindre co&#251;t&#8230; La partie intouchable. Les personnes qui incarnent cette institution, celles-l&#224; m&#234;mes qui tentent d'y apporter du changement, parfois positif, parfois n&#233;gatif, sont des menaces. Toutes, ou presque. Elles sont fourbes et malintentionn&#233;es, se dit l'&#233;quipe. Elles veulent d&#233;truire notre &#233;quilibre. Si elles proposent quelque chose qui semble &#234;tre b&#233;n&#233;fique au premier coup d'&#339;il pour les salari&#233;s, l'&#233;quipe redouble sa m&#233;fiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, elle ne compte que sur elle-m&#234;me. Elle voit le monde changer autour d'elle, les institutions &#233;voluer. Elle s'en inqui&#232;te et prend du temps pour en parler, c'&#233;tait mieux avant. Tout le monde est d'accord, alors cela lui confirme qu'elle a raison de continuer &#224; faire face &#224; tous ces changements, ces id&#233;es, ces pratiques nouvelles qui pourraient bien la mettre en p&#233;ril, la diviser, lui imposer vicieusement, petit &#224; petit, des &#233;l&#233;ments nouveaux en son sein, qui ne seraient, peut-&#234;tre, pas d'accord pour &#234;tre tous d'accord&#8230; Alors le syst&#232;me se renforce, les d&#233;fenses font force. Ce fonctionnement devenu quasi naturel donne une raison d'&#234;tre &#224; l'&#233;quipe et &#224; chacun de ses membres qui, par la m&#233;fiance, &#171; r&#233;siste &#187;, par la plainte, existe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Cin&#233; &#8226; Une clinique r&#233;sistante </title>
		<link>https://www.lien-social.com/1256-Cine-o-Une-clinique-resistante</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Psychiatrie</dc:subject>
		<dc:subject>1256</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Seconde Guerre mondiale. Dans tous les h&#244;pitaux psychiatriques de l'Hexagone, les intern&#233;s souffrent de froid et de malnutrition. En 1942, au seul congr&#232;s tenu pendant l'Occupation, le Docteur Balvet, directeur de l'h&#244;pital de Saint-Alban (Loz&#232;re), d&#233;nonce les terribles conditions asilaires (sous l'autorit&#233; du gouvernement de Vichy, 45 000 personnes intern&#233;es en HP mourront, souvent abandonn&#233;es &#224; leur sort). Progressiste, il g&#232;re un lieu sans contention, ouvert sur le monde, dont la vie au quotidien se (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Seconde Guerre mondiale. Dans tous les h&#244;pitaux psychiatriques de l'Hexagone, les intern&#233;s souffrent de froid et de malnutrition. En 1942, au seul congr&#232;s tenu pendant l'Occupation, le Docteur Balvet, directeur de l'h&#244;pital de Saint-Alban (Loz&#232;re), d&#233;nonce les terribles conditions asilaires (sous l'autorit&#233; du gouvernement de Vichy, 45 000 personnes intern&#233;es en HP mourront, souvent abandonn&#233;es &#224; leur sort). Progressiste, il g&#232;re un lieu sans contention, ouvert sur le monde, dont la vie au quotidien se d&#233;cline en travail &#224; la ferme, en ateliers ou &#224; l'imprimerie (naissance de l'ergoth&#233;rapie), en veill&#233;es culturelles, en excursions&#8230; Deux ans auparavant, il a embauch&#233; un certain Fran&#231;ois Tosquelles, psychiatre r&#233;fugi&#233; de la guerre d'Espagne, condamn&#233; &#224; mort par le r&#233;gime franquiste. Pendant cette p&#233;riode trouble, l'institution se fait r&#233;sistante, accueillant des Juifs et des r&#233;fugi&#233;s politiques. En t&#233;moigne une note des Renseignements g&#233;n&#233;raux du 29&#8239;avril 1942 : &lt;i&gt;&#171; Dr Toscal&#232;s&lt;/i&gt; [sic] &lt;i&gt;aurait une influence des plus n&#233;fastes sur tout le personnel de l'h&#244;pital. Tendances nettement r&#233;volutionnaires et antinationales&#8230;&lt;/i&gt; [suivent cinq noms] &lt;i&gt;Tous ces hommes employ&#233;s &#224; l'asile de Saint-Alban auraient une action des plus louches parmi le personnel. &#187;&lt;/i&gt; Ambiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alisatrice &#8211; dont le pr&#233;c&#233;dent film, &lt;i&gt;Le sous-bois des Insens&#233;s&lt;/i&gt;, avait suivi le parcours de Jean Oury &#224; la clinique de La Borde (LS n&#176;&#8239;1242) &#8211; exploite avec finesse le contenu d'une quarantaine de bobines tourn&#233;es &#224; l'&#233;poque par les infirmiers. Ici, la psychiatrie institutionnelle prend forme ; on y fr&#233;quente de grands noms, dont Bonnaf&#233;, Dubuffet &#8211; qui invente l&#224; le terme d'&lt;i&gt;art brut&lt;/i&gt; &#8211; Frantz Fanon ou &#201;luard&#8230; La vie y bat son plein : th&#233;&#226;tre, &#233;criture, club autofinanc&#233;, etc. Au vu de l'&#233;tat de la psychiatrie aujourd'hui, un film qui pourrait servir d'id&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les heures heureuses, documentaire de Martine Deyres, 1h16. Sortie nationale en automne&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>H&#233;berger pour prot&#233;ger</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1256-Heberger-pour-proteger</link>
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		<dc:date>2019-09-03T07:42:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Violences conjugales</dc:subject>
		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>1256</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Deux assistantes sociales &#339;uvrant aupr&#232;s de femmes victimes de violences relatent ici les difficult&#233;s qu'elles rencontrent. Et appellent &#224; un accompagnement mieux coordonn&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#201;tat, les d&#233;partements et certaines communes m&#232;nent des campagnes de sensibilisation pour informer, lib&#233;rer et accueillir la parole des victimes de violences familiales. Cette mobilisation am&#232;ne ces femmes &#224; s'adresser aux Centres m&#233;dicosociaux. Ces personnes que re&#231;oivent de plus en plus fr&#233;quemment les travailleurs sociaux se (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Pratique-professionnelle" rel="tag"&gt;Pratique professionnelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1256-" rel="tag"&gt;1256&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Deux assistantes sociales &#339;uvrant aupr&#232;s de femmes victimes de violences relatent ici les difficult&#233;s qu'elles rencontrent. Et appellent &#224; un accompagnement mieux coordonn&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#201;tat, les d&#233;partements et certaines communes m&#232;nent des campagnes de sensibilisation pour informer, lib&#233;rer et accueillir la parole des victimes de violences familiales. Cette mobilisation am&#232;ne ces femmes &#224; s'adresser aux Centres m&#233;dicosociaux. Ces personnes que re&#231;oivent de plus en plus fr&#233;quemment les travailleurs sociaux se trouvent dans une situation de grande vuln&#233;rabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action men&#233;e aupr&#232;s d'elles consiste &#224; accueillir leur parole, &#224; nommer les violences et &#224; les soutenir dans la reconnaissance de leur v&#233;cu et de leur traumatisme. Les professionnelles peuvent aussi les accompagner dans le d&#233;p&#244;t d'une plainte. Ce qui entra&#238;ne la n&#233;cessit&#233; de chercher avec elles une solution d'h&#233;bergement. En effet, la victime qui porte plainte peut se trouver en danger en revenant &#224; son domicile et &#233;prouver une telle terreur que tout retour chez elle est inenvisageable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lucette, Ga&#235;lle, H&#233;l&#232;ne&#8230; seule ou avec des enfants : leurs histoires de vie sont similaires. Elles ont toutes subi des violences familiales. Pour ne prendre que l'exemple de Ga&#235;lle, cette jeune femme &#226;g&#233;e de vingt ans, enceinte de sept mois, se pr&#233;sente avec sa valise au Centre m&#233;dicosocial un matin, suite &#224; une rupture d'h&#233;bergement. Elle est alors re&#231;ue en urgence par une assistante sociale. Sans ressources, elle a fui la ville o&#249; elle vivait en couple, suite aux agressions subies. Ayant quitt&#233; le domicile conjugal, sa mise &#224; l'abri ne s'est pas av&#233;r&#233;e possible par l'association &#171; Solidarit&#233;s Femmes &#187;. Madame a &#233;t&#233; r&#233;orient&#233;e dans un premier temps vers le 115, qui n'avait aucune solution &#224; proposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assistante sociale a pu obtenir des financements, au jour le jour, pour des nuits en auberge de jeunesse. Cet accueil ne pouvant &#234;tre prolong&#233;, la seule solution propos&#233;e a &#233;t&#233; une admission provisoire &#224; l'h&#244;pital, la laissant dans une ins&#233;curit&#233; totale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Re&#231;ues par les services sociaux de secteur, ces femmes alertent sur leurs situations. C'est dans l'urgence d'un &#233;pisode plus violent que les autres que le d&#233;part du domicile et la s&#233;paration avec l'agresseur se concr&#233;tisent. Elles ont souvent rompu les liens familiaux ou amicaux, leur conjoint les ayant isol&#233;es de leurs r&#233;seaux. Cette situation de pr&#233;carit&#233; physique et psychique les plonge dans un &#233;tat de choc qui n&#233;cessite une mise &#224; l'abri imm&#233;diate, dans un endroit s&#233;cure pour faire face &#224; leur situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; cette seule condition que leur prise de recul est possible, leur permettant ainsi d'entreprendre les d&#233;marches n&#233;cessaires. Bien s&#251;r, devant les faits relat&#233;s, nous nous mobilisons sur des recherches de solutions alternatives. Quand nous nous retrouvons avec des femmes en danger sans aucune possibilit&#233; d'accueil, nous sommes amen&#233;es &#224; rechercher un financement pour quelques nuits d'h&#244;tel que nous tentons de n&#233;gocier aupr&#232;s du d&#233;partement et des mairies ; &#224; prendre contact avec les h&#244;tels pour savoir s'ils ont de la place et s'ils acceptent un paiement diff&#233;r&#233; ; &#224; rechercher un h&#233;bergement dans des lieux &#233;loign&#233;s quand nous ne trouvons pas d'autres solutions (camping, auberge de jeunesse&#8230;). Ces d&#233;marches n'aboutissent pas forc&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre le fait que ce sont l&#224; trop souvent des d&#233;pannages qui ne sont pas adapt&#233;s et ne sont en aucun cas des solutions offrant un cadre s&#233;curisant, les associations ne sont plus en mesure de r&#233;pondre favorablement &#224; un h&#233;bergement ou &#224; une mise &#224; l'abri imm&#233;diate par l'interm&#233;diaire de nuit&#233;es d'h&#244;tel. En effet, le budget allou&#233; par l'&#201;tat &#224; cet effet a &#233;t&#233; divis&#233; par deux pour l'ann&#233;e 2018 et devrait rester &#224; ce niveau en 2019. De m&#234;me, le dispositif du contingent pr&#233;fectoral devant permettre un relogement prioritaire et dans des d&#233;lais courts ne remplit plus son r&#244;le, aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2325 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH252/screenshot_32-2-5d01a.png?1693640266' width='500' height='252' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une inad&#233;quation entre d'un c&#244;t&#233; les besoins rep&#233;r&#233;s de mise &#224; l'abri et de relogement et de l'autre les possibilit&#233;s de les concr&#233;tiser. Cela s'explique sans doute par l'hypoth&#232;se d'une augmentation importante du nombre de femmes victimes de violences sollicitant de l'aide. Ce constat est observ&#233; depuis environ quatre ans. Les travailleurs sociaux, qui re&#231;oivent ces victimes, n'ont plus de solutions ad&#233;quates &#224; proposer en termes de mise &#224; l'abri et de relogement. Cette absence de protection renforce la situation d'ins&#233;curit&#233; dans laquelle se trouvent ces femmes et ne leur permet pas de se projeter sur un &#171; apr&#232;s &#187;. Cette posture d'impuissance est de plus en plus difficile &#224; vivre pour les professionnels. Comment ne pas se sentir dans une incoh&#233;rence totale, voire une trahison envers ces victimes quand, d'une part, nous suscitons des r&#233;v&#233;lations, et que, d'autre part, nous sommes souvent incapables de les prot&#233;ger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, Lucette a d&#251; attendre huit mois avant d'obtenir une proposition de relogement social au titre du contingent pr&#233;fectoral. Durant cette p&#233;riode, elle a &#233;t&#233; h&#233;berg&#233;e dans la famille proche o&#249; elle a &#233;t&#233; &#224; nouveau victime de violences familiales. Elle a fini par partir en urgence, pour &#234;tre h&#233;berg&#233;e de fa&#231;on tr&#232;s pr&#233;caire par une personne qu'elle ne connaissait pas vraiment et qui avait, elle-m&#234;me, d'importantes difficult&#233;s sociales. Ces parcours d'h&#233;bergements chaotiques ne font qu'aggraver les angoisses et le stress des victimes et rendent difficile tout accompagnement social. En effet, des femmes en &#233;tat de survie psychique et physique, tr&#232;s fragilis&#233;es sur un plan psychologique, social et financier ne sont pas toujours disponibles &#224; l'aide qui peut leur &#234;tre propos&#233;e. Et l'absence de moyens permettant de les prot&#233;ger renforce encore plus l'ins&#233;curit&#233; face &#224; ce qu'elles vivent. Nous nous souvenons de ces femmes partag&#233;es entre la peur de se faire de nouveau agresser et la peur de se retrouver &#224; la rue avec leurs enfants, qui retournent au domicile de leurs agresseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, il y aurait des solutions possibles en mati&#232;re d'h&#233;bergement ou de logement pour r&#233;pondre &#224; ces urgences. La disparit&#233; des situations de violences familiales n&#233;cessiterait d'avoir un panel de possibilit&#233;s : nuits d'h&#244;tel, CHRS Solidarit&#233;s Femmes, acc&#232;s en urgence &#224; un logement HLM, cr&#233;ation d'une maison d'accueil, logement d'urgence g&#233;r&#233; par les mairies,&#8239;etc. Toutes ces solutions n&#233;cessitent une r&#233;elle volont&#233; des pouvoirs publics pour les financer. La journ&#233;e organis&#233;e par la MIPROF en novembre &#224; Paris intitul&#233;e &lt;i&gt;&#171; Une action coordonn&#233;e pour une protection des victimes &#187;&lt;/i&gt; met l'accent sur la formation des professionnelles pour accueillir et faciliter la parole des victimes de violences familiales. Pouvoir &#233;couter ces personnes dans de bonnes conditions est une premi&#232;re &#233;tape, mais ces r&#233;v&#233;lations ne seraient-elles pas facilit&#233;es si un h&#233;bergement pouvait leur &#234;tre assur&#233; au pr&#233;alable ? Parler, oui, mais apr&#232;s&#8230; que proposer &#224; ces femmes qui vivent toujours avec leurs agresseurs faute de solution alternative ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une action coordonn&#233;e de l'&#201;tat, des collectivit&#233;s locales, des acteurs de terrain s'impose aujourd'hui, pour assurer une mise &#224; l'abri avec un accompagnement global et coordonn&#233; des professionnels qui seraient sur place, premiers pas vers un processus de r&#233;paration.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Auteurs-de-violences-conjugales-o-Punir-et-soigner&#034;&gt;&#192; lire Dossier &#171; Auteurs de violences conjugales : punir et soigner &#187; n&#176;1290&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Avan&#231;ons&#8230; Pas &#224; pas&#8230; Mais pas &#224; reculons !</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Avancons-Pas-a-pas-Mais-pas-a-reculons</link>
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		<dc:subject>D&#233;ontologie</dc:subject>
		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>1256</dc:subject>

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&lt;p&gt;Triste constat : En relisant des Lien Social datant d'il y a cinq ans d&#233;j&#224;, je r&#233;alise que les choses n'ont globalement pas &#233;volu&#233; vers le mieux mais qu'elles ont bel et bien empir&#233; ! Il y &#233;tait question de suicides de travailleurs sociaux, &#233;puis&#233;s de faire face &#224; des hi&#233;rarchies plus int&#233;ress&#233;es par les CPOMs et les budgets que par le bien-&#234;tre des usagers et des professionnels ; le bien-&#234;tre de la structure en somme&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a quelques mois les travailleurs sociaux de l'Aide sociale &#224; l'enfance &#233;taient en (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1256-" rel="tag"&gt;1256&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Triste constat : En relisant des &lt;i&gt;Lien Social&lt;/i&gt; datant d'il y a cinq ans d&#233;j&#224;, je r&#233;alise que les choses n'ont globalement pas &#233;volu&#233; vers le mieux mais qu'elles ont bel et bien empir&#233; ! Il y &#233;tait question de suicides de travailleurs sociaux, &#233;puis&#233;s de faire face &#224; des hi&#233;rarchies plus int&#233;ress&#233;es par les CPOMs et les budgets que par le bien-&#234;tre des usagers et des professionnels ; le bien-&#234;tre de la structure en somme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques mois les travailleurs sociaux de l'Aide sociale &#224; l'enfance &#233;taient en manifestation (face &#224; un mur de CRS prot&#233;geant les Assises de ces terroristes !), pour d&#233;noncer eux aussi, des situations de plus en plus complexes &#224; g&#233;rer dans ce genre de contexte. Une psychologue de ce service s'est carr&#233;ment vu r&#233;pondre par sa direction : &lt;i&gt;&#171; Nous ne sommes pas l&#224; pour faire de l'humain ici. &#187;&lt;/i&gt; Un comble !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cause de cette r&#233;action ? La situation de jeunes migrants, traumatis&#233;s par leurs parcours et qui, exprimant une certaine violence, mettent forc&#233;ment &#224; mal une soci&#233;t&#233; qui s'&#233;loigne de plus en plus de l'humain, effectivement ! La travailleuse sociale r&#233;f&#233;rente de ces jeunes a &#233;t&#233; accus&#233;e par sa hi&#233;rarchie de trop en faire ! Interlocutrice privil&#233;gi&#233;e, elle &#233;tait en effet la seule personne de confiance vers qui ces jeunes ont os&#233; se tourner&#8230; Pour parer &#224; ce manque de distance professionnelle, les jeunes ont &#233;t&#233; chang&#233;s de service et il a &#233;t&#233; interdit &#224; la r&#233;f&#233;rente d&#233;bout&#233;e de prendre contact avec les nouveaux r&#233;f&#233;rents pour r&#233;aliser une passation digne d'un travail &#233;ducatif bienveillant et constructif&#8230; Il en est l&#224; le travail social aujourd'hui. Plut&#244;t que de soutenir des personnes en difficult&#233; on les &#233;loigne plus encore, et sans h&#233;siter &#224; brimer les personnes qui osent leur venir en aide. Quand bien m&#234;me cela serait leur travail ! J'invite au soutien de ces personnes courageuses qui r&#233;sistent &#224; faire de l'humain une priorit&#233;, envers et contre des pr&#233;rogatives parfois abjectes. Au diable la juste distance quand des personnes traumatis&#233;es ont besoin d'une vraie main tendue au lieu de discours administratifs incoh&#233;rents et hypocrites !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre &lt;i&gt;Lien Social&lt;/i&gt; datant lui aussi d'il y a &#224; peu pr&#232;s cinq ans, un &#233;ducateur en formation nous invitait &#224; la remise en question de nos m&#233;tiers du travail social : sommes-nous l&#224; pour couvrir et faire respecter un syst&#232;me de plus en plus discutable, ou sommes-nous l&#224; au contraire pour remettre tout &#231;a en cause ? Pour nous battre pour les valeurs qui nous tiennent &#224; c&#339;ur face &#224; l'ogre immonde et barbare qu'est devenu notre gouvernement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un appel a &#233;t&#233; lanc&#233; il y a peu par quelques centaines de scientifiques et artistes, pour inciter le gouvernement fran&#231;ais &#224; faire de l'&#233;cologie une r&#233;elle priorit&#233;. Aur&#233;lien Barrau, un des scientifiques &#224; l'initiative de cet appel, nous pr&#233;vient. D'ici trente ans, le nombre de r&#233;fugi&#233;s climatiques sera 2000 fois plus important en nombre, que celui que nous laissons l&#226;chement mourir en mer ou p&#233;rir &#224; nos fronti&#232;res ! Il dit encore que si notre fa&#231;on d'accueillir (ou plut&#244;t de non-accueillir) ces gens n'est pas plus humaine et respectueuse que celle dont nous faisons preuve aujourd'hui, c'est une guerre que nous essuierons ! Laisserons-nous un monde en guerre &#224; nos enfants ou nous battrons-nous comme des b&#234;tes pour ne plus accepter l'inadmissible r&#233;alit&#233; que nous cautionnons chaque jour en allant travailler dans ce genre de conditions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe &#233;norm&#233;ment d'initiatives, de projets, d'id&#233;es voire d'associations qui militent d'ores et d&#233;j&#224; et qui proposent des choses diff&#233;rentes, et qui vont &#224; l'encontre du syst&#232;me &#233;tabli. L'espoir est l&#224; ! Je pense qu'il est temps de sortir des rouages infernaux des institutions pour proposer nous aussi ce qu'il y a de vie, ce qu'il y a de beau en nos c&#339;urs et que nos conditions de travail ne permettent plus d'exprimer. La travailleuse sociale dont je parlais plus haut est par exemple devenue h&#233;bergeuse solidaire. Au diable la distance professionnelle quand elle ne nous permet plus d' &lt;i&gt;&#171; Oser le verbe aimer en &#233;ducation sp&#233;cialis&#233; &#187;&lt;/i&gt; (Philippe Gaberan). Cela ne sera pas facile de sortir d'un cadre qui nous prot&#232;ge aussi bien professionnellement que personnellement, mais il est peut-&#234;tre important de revenir au c&#339;ur de notre m&#233;tier, au c&#339;ur du lien social, pour pouvoir construire une nouvelle d&#233;marche d'aide, plus proche des r&#233;alit&#233;s de terrain que des chiffres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Travail social &#8226; De l'engagement au combat</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1256-Travail-social-o-De-l-engagement-au-combat</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>D&#233;ontologie</dc:subject>
		<dc:subject>Travail social</dc:subject>
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&lt;p&gt;En choisissant d'accompagner les populations les plus fragiles, le travailleur social s'engage dans un m&#233;tier exigeant. Trait d'union entre la soci&#233;t&#233; et ses marges, il a pour mission de permettre le lien, de ne laisser personne sur le bord de la route. Alors, quand les politiques publiques se d&#233;solidarisent, quelles postures peut-il, doit-il adopter ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Les travailleurs sociaux doivent-ils &#234;tre des militants ? Fin 1999, ce sujet avait fait l'objet d'un colloque organis&#233; par Lien Social &#224; Toulouse (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En choisissant d'accompagner les populations les plus fragiles, le travailleur social s'engage dans un m&#233;tier exigeant. Trait d'union entre la soci&#233;t&#233; et ses marges, il a pour mission de permettre le lien, de ne laisser personne sur le bord de la route. Alors, quand les politiques publiques se d&#233;solidarisent, quelles postures peut-il, doit-il adopter ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les travailleurs sociaux doivent-ils &#234;tre des militants ? Fin 1999, ce sujet avait fait l'objet d'un colloque organis&#233; par &lt;i&gt;Lien Social&lt;/i&gt; &#224; Toulouse (1). Vingt ans plus tard, la question reste pol&#233;mique. En d&#233;cembre 2018, les sociologues Nicolas Duvoux et Pauline Mutuel mettent franchement les pieds dans le plat avec une &#233;tude (2) r&#233;alis&#233;e en Seine-Saint-Denis pour l'Observatoire de l'exp&#233;rimentation et de l'innovation locales, d&#233;pendant de la Fondation Jean Jaur&#232;s. Cette recherche r&#233;v&#232;le que &lt;i&gt;&#171; deux repr&#233;sentations de la profession dans ses relations au public semblent se rencontrer : le travail social comme militantisme, issu d'une motivation &#224; combattre les injustices, ou le travail social comme carri&#232;re professionnelle vou&#233;e &#224; &#233;voluer. Il ressort aussi de l'&#233;tude une approche g&#233;n&#233;rationnelle de l'activit&#233;, d'une part une culture militante et de la souplesse, d'autre part une technicisation de l'intervention sociale avec une connaissance des textes normatifs. &#187;&lt;/i&gt; Cependant, ces deux approches du m&#233;tier reposent sur un socle commun de valeurs, la d&#233;fense de l'usager et du m&#233;tier. Les travailleurs sociaux partagent &#233;galement un malaise, le sentiment de devenir des ex&#233;cutants, de voir d&#233;cliner l'accompagnement social au profit d'une approche de guichet et d'appliquer des dispositifs pansements qui ne traitent pas les origines des sympt&#244;mes profonds. Bref, militants ou pas, ils se rejoignent sur l'&#233;tat des lieux. D&#232;s lors, ce constat est-il un terreau de r&#233;sistance ou de perte de sens ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Combats collectifs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but mars 2019, la Commission de mobilisation du travail social d'&#206;le-de-France recensait cinquante-sept jours de gr&#232;ve depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Des gens se bougent, maintenant il faut trouver comment militer ensemble, c'est pour &#231;a que nous sommes en lien avec d'autres collectifs&lt;/i&gt;, explique Thibault Nachin, &#233;ducateur de rue depuis trois ans et pilier de cette coordination. &lt;i&gt;Nous constatons tous les jours les in&#233;galit&#233;s du syst&#232;me, nous ne pouvons pas nous satisfaire de constats, nous contenter de subir les politiques. Nous devons essayer de dire quand nous estimons qu'elles vont &#224; l'encontre des publics que nous accompagnons. Au quotidien, nous cherchons des marges de man&#339;uvre, sauf qu'avec une r&#233;ponse individuelle au bout d'un moment tu te fais d&#233;border, et elles se restreignent de plus en plus. Il y a besoin de passer &#224; un combat collectif. Au-travers de ce militantisme, on lutte contre la r&#233;signation g&#233;n&#233;rale. &#187;&lt;/i&gt; Ainsi de Marseille &#224; Lille, d'Angers &#224; Toulouse, des collectifs fleurissent pour trouver des moyens de r&#233;sister dans une profession qui, souvent, culpabilise d'arr&#234;ter le travail et d'abandonner les personnes qu'elle accompagne. M&#234;me les syndicats, en perte de l&#233;gitimit&#233; et de repr&#233;sentativit&#233;, retrouvent parfois leur force de frappe. &#192; Saint-Brieuc en Bretagne, le Centre d&#233;partemental de l'enfance et de la famille se lance le 13 mai dans une gr&#232;ve illimit&#233;e. Six mois auparavant, la CGT a fait son apparition dans les murs. &lt;i&gt;&#171; Les premiers jours nous &#233;tions dans de la revendication syndicale pure sur les conditions de travail suite &#224; dix-huit mois de d&#233;gradation&lt;/i&gt;, raconte Florence Dudouit, &#233;ducatrice depuis vingt ans et d&#233;l&#233;gu&#233;e du personnel. &lt;i&gt;Apr&#232;s quatre jours de mobilisation, nous avons retrouv&#233; cette culture d'&#233;tablissement qui s'&#233;tait perdue : se raconter dans sa pratique, &#233;changer avec les coll&#232;gues, remettre de la parole l&#224; o&#249; il n'y en avait plus parce que tout le monde essaie de survivre dans son petit pr&#233; carr&#233;. Nous avons recentr&#233; nos revendications sur les conditions d'accueil des enfants. Aujourd'hui, les &#233;ducateurs d&#233;barquent dans l'urgence et sont confront&#233;s &#224; l'agressivit&#233; de gamins soumis &#224; une violence institutionnelle, il n'y a plus ce temps de transmission et d'&#233;laboration. Cette tourmente-l&#224;, il fallait la stopper, pour redonner du sens &#224; notre travail. Chacun a pu s'exprimer pour proposer des solutions. &#187;&lt;/i&gt; Huit jours plus tard, le conseil d&#233;partemental c&#232;de sur l'ensemble des revendications, notamment vingt-trois d&#233;parts vers des structures adapt&#233;es, et la cr&#233;ation d'une unit&#233; d'urgence suppl&#233;mentaire pour faire passer les effectifs de neuf &#224; six enfants. Soutenus par la direction et les chefs de service, les agents restent vigilants sur l'application de ces promesses chiffr&#233;es &#224; un million d'euros. &lt;i&gt;&#171; Cette grande souffrance a f&#233;d&#233;r&#233;, maintenant &#224; nous, syndicalistes, de maintenir, entretenir et faire vivre cet &#233;lan. On rallumera le feu si besoin. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2322 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH411/screenshot_29-2-d3ea9.png?1693570421' width='500' height='411' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'Association nationale des assistants de service social (Anas) juge le clivage entre jeunes et anciens caricatural, elle veut rompre avec une vision sacrificielle du m&#233;tier. Il est fini le temps o&#249; les assistantes de service social (ASS), compl&#233;tement d&#233;vou&#233;es, renon&#231;aient &#224; leur vie personnelle. Dans une soci&#233;t&#233; qui a &#233;volu&#233;, d'autres formes d'engagement existent. En revanche, Joran Le Gall, ASS depuis dix ans et pr&#233;sident de l'Anas, consid&#232;re la d&#233;sob&#233;issance comme un fondement du m&#233;tier. &lt;i&gt;&#171; Elle fait partie de notre travail, mais on n'en parle pas alors qu'avant elle s'assumait collectivement. La commande institutionnelle consiste &#224; faire entrer les gens dans des cases, c'est impossible. Reste &#224; s'octroyer des marges de man&#339;uvre, or on s'autorise moins &#224; d&#233;sob&#233;ir. Il y a un boulevard pour r&#233;duire notre travail &#224; de l'administratif, les institutions appellent &#224; cela, et si on se laisse faire il sera compliqu&#233; de retrouver nos marges. En 2017, j'ai organis&#233; un boycott des statistiques dans mon service, il suffisait de le d&#233;cider pour que &#231;a se passe. Certaines &#233;quipes se complaisent aussi dans la plainte, sans revendication, sans solution et sans chercher &#224; interroger la pratique avec une r&#233;flexion clinique. Les fondatrices de la profession mettaient en garde contre cette posture un peu blas&#233;e &#224; force d'&#234;tre confront&#233; &#224; des situations difficiles o&#249; l'on se sent impuissant. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sister aux injonctions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inqui&#233;tante rigidification des institutions qui ne travaillent plus avec la vision des professionnels, mais avec celles des pilotages, de la commande institutionnelle, des financeurs abime aussi l'engagement au travail. Or la rationalisation des co&#251;ts par la mutualisation des services provoque la disparition des petites structures capables d'affirmer des postures militantes. Directeur d'un centre d'accueil de demandeurs d'asile (Cada) entre 2002 et 2013, Jean-Marie Boutiflat a r&#233;sist&#233; aux injonctions du pr&#233;fet en refusant de mettre les &#233;trangers d&#233;bout&#233;s de leur demande d'asile &#224; la rue sans solution. Son association a donc perdu ses subventions et d&#251; licencier douze salari&#233;s qui accompagnaient quatre-vingt-dix personnes. &lt;i&gt;&#171; J'ai une culture de la n&#233;gociation mais je suis jusqu'au boutiste lorsqu'il s'agit de d&#233;fendre l'int&#233;r&#234;t de la personne. Un travailleur social ne peut pas devenir un auxiliaire de la pr&#233;fecture, toute mon &#233;quipe partageait cette philosophie. Je suis assez effar&#233; du manque de conscience politique de certains travailleurs sociaux, qui cherchent juste un boulot pour vivre correctement. Aller au-del&#224; de l'exercice au quotidien du travail, avoir une conscience et une curiosit&#233;, a certes un co&#251;t. De plus, on constate une h&#233;g&#233;monie des op&#233;rateurs aux forts int&#233;r&#234;ts en termes de financements. Ces entreprises associatives ne se fondent pas sur l'&#233;thique. &#187;&lt;/i&gt; Pour r&#233;veiller les esprits, le militant de carri&#232;re a, jusqu'&#224; la retraite, donn&#233; des cours &#224; l'&#233;cole des travailleurs sociaux d'Orl&#233;ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2321 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L438xH255/screenshot_28-2-f1ed1.png?1693570421' width='438' height='255' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La marche des professionnels de la Protection de l'enfance, partie d'Angers pour protester contre sa mise &#224; mal dans le d&#233;partement, arrive le 4 juillet 2017 &#224; Paris. Elle a marqu&#233; les esprits des travailleurs sociaux par le positionnement fort pris par les marcheurs. / &#169; M. Langlet&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Directeur de l'Institut r&#233;gional des travailleurs sociaux Paca-Corse, Fran&#231;ois Sentis aborde le militantisme sous l'angle de la participation des personnes concern&#233;es. &lt;i&gt;&#171; Le travailleur social pouvait se reposer sur un cadre institutionnel contenant dans lequel il s'inscrivait, l&#224; il doit adh&#233;rer &#224; la cause des personnes vuln&#233;rables aupr&#232;s desquelles il intervient. Si son ambition est uniquement celle d'un r&#233;gulateur social, &#231;a va &#234;tre difficile. &#187;&lt;/i&gt; Cependant, le docteur en sciences de l'&#233;ducation se pr&#233;sente comme un tenant du cadre et se tient loin de la d&#233;sob&#233;issance &lt;i&gt;&#171; qui peut mettre en difficult&#233; tous les acteurs sur des responsabilit&#233;s p&#233;nales et civiles &#187;. &#171; Nous nous fixons pour objectif de former des acteurs intelligents dans le champ de la recherche contributive, capables de d&#233;construire des repr&#233;sentations st&#233;r&#233;otyp&#233;es. L'id&#233;e est que les institutions soient en mesure de faire conna&#238;tre &#224; l'opinion publique les difficult&#233;s qu'elles rencontrent en qualit&#233; d'acteurs subventionn&#233;s port&#233;s par des politiques publiques. Il faut cr&#233;er des &#233;mergences &#224; partir des terrains, repenser l'intervention collective, la fa&#231;on dont les personnes peuvent s'organiser pour faire savoir leur condition. Je pr&#244;ne un militantisme argument&#233;, scientifique, qui permette de faire bouger les lois. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Laurent Puech, ASS et fondateur du site secretpro.fr, le travailleur social se doit de r&#233;fl&#233;chir, de mettre des mots sur des signes, de donner du sens &#224; une pratique. &lt;i&gt;&#171; Si ce sont des simples r&#233;gulateurs de dossiers, ce ne sont plus des travailleurs sociaux m&#234;me s'ils en ont le titre. D&#233;noncer le syst&#232;me gestionnaire qui impose des injonctions paradoxales ou maltraitantes tient du militantisme. Le fait de ne pas les appliquer constitue une forme d'engagement dans sa pratique. Tous les professionnels doivent &#234;tre engag&#233;s, pas forc&#233;ment militants. On peut &#234;tre ultramilitant sans avoir pens&#233; grand-chose soi-m&#234;me, si on a un militantisme id&#233;ologique. L'engagement repose sur une exigence intellectuelle. &#187;&lt;/i&gt; Pour le pr&#233;sident de l'Organisation nationale des &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s (Ones), Jean-Marie Vauchez, le militantisme rev&#234;t forc&#233;ment une forme id&#233;ologique. &lt;i&gt;&#171; Quand j'aborde ce sujet, notamment avec des jeunes professionnels, je leur dis que dans l'activit&#233; professionnelle c'est emb&#234;tant. Quand vous accompagnez une personne, l'avis ou les repr&#233;sentations personnelles n'ont pas &#224; prendre le dessus. Or le militant a des convictions et les transcrit dans son action. Lors d'une commission charg&#233;e d'&#233;tablir si les carences d'une famille sont telles qu'elles n&#233;cessitent de lancer une proc&#233;dure pour d&#233;laissement parental, si vous avez une vision militante familialiste, vous allez laisser tomber la question de l'int&#233;r&#234;t de l'enfant. Le militantisme doit &#234;tre mani&#233; avec beaucoup de pincettes. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, Christine Ponsin, &#233;ducatrice et juriste, voit dans les fondements militants de sa structure les piliers de son action. Chef de service dans un petit Cada marseillais, elle observe une situation qui se d&#233;grade, de plus en plus tendue du c&#244;t&#233; de la loi et dans les rapports &#224; l'&#201;tat. &lt;i&gt;&#171; Moi, j'ai un directeur et un conseil d'administration qui me permettent de rester dans l'engagement. Cette force en interne me permet d'affirmer que la seule consigne valable c'est la loi, et encore, depuis la Seconde Guerre mondiale, m&#234;me les fonctionnaires ont le droit de d&#233;sob&#233;ir en cas de loi manifestement ill&#233;gale. Actuellement, il y a une confusion entre loi et consignes. La loi reste l'accueil inconditionnel et elle n'est pas respect&#233;e. Le Code de l'action sociale des familles n'a pas chang&#233;, mais on accepte de plus en plus un tri entre les personnes vuln&#233;rables parce qu'il n'y a pas d'argent pour tout le monde. &#187;&lt;/i&gt; Face &#224; ces r&#233;alit&#233;s, engag&#233; ou militant, le travailleur social peut difficilement exercer son m&#233;tier sans r&#233;sister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2320 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L221xH360/screenshot_27-3-644e8.png?1693570421' width='221' height='360' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;(1) Les 7 et 8 octobre 1999, les 365 acteurs sociaux pr&#233;sents &#224; ce colloque ont &#233;t&#233; invit&#233;s &#224; r&#233;pondre &#224; cette question. L'analyse&lt;br class='autobr' /&gt;
des r&#233;sultats, publi&#233;e dans le n&#176;&#8239;526 de Lien Social, est consultable en ligne sur &lt;a href=&#034;http://www.lien-social.com&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.lien-social.com&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Poser un regard diff&#233;rent sur le travail social.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Reportage &#8226; La &#171; solidar&#233;sistance &#187; s'organise &#224; Marseille</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1256-Reportage-o-La-solidaresistance-s-organise-a-Marseille</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/1256-Reportage-o-La-solidaresistance-s-organise-a-Marseille</guid>
		<dc:date>2019-09-03T07:41:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;ontologie</dc:subject>
		<dc:subject>Travail social</dc:subject>
		<dc:subject>1256</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lass&#233;s d'&#234;tre corset&#233;s, des travailleurs sociaux exercent hors les murs dans des espaces &#224; la marge de la l&#233;galit&#233;. &#192; Marseille, ce ph&#233;nom&#232;ne s'accompagne de la construction d'un plaidoyer par un groupe de professionnels d&#233;sireux de d&#233;fendre l'action du m&#233;dicosocial au sein des institutions. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Mon militantisme m'a amen&#233; &#224; passer le concours d'assistante du service social, explique Fadela (1). Par mon parcours de migrante, j'ai conserv&#233; un sentiment de culpabilit&#233;, pourquoi moi et pas les autres ? Dans mon pays (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Travail-social-186" rel="tag"&gt;Travail social&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1256-" rel="tag"&gt;1256&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lass&#233;s d'&#234;tre corset&#233;s, des travailleurs sociaux exercent hors les murs dans des espaces &#224; la marge de la l&#233;galit&#233;. &#192; Marseille, ce ph&#233;nom&#232;ne s'accompagne de la construction d'un plaidoyer par un groupe de professionnels d&#233;sireux de d&#233;fendre l'action du m&#233;dicosocial au sein des institutions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Mon militantisme m'a amen&#233; &#224; passer le concours d'assistante du service social&lt;/i&gt;, explique Fadela (1). &lt;i&gt;Par mon parcours de migrante, j'ai conserv&#233; un sentiment de culpabilit&#233;, pourquoi moi et pas les autres ? Dans mon pays d'origine, 95&#8239;% des gens d&#233;sirent partir. &#187;&lt;/i&gt; Il y a douze ans, elle fait donc son entr&#233;e &#224; l'Institut m&#233;diterran&#233;en de formation et recherche en travail social de Marseille (IMF). &lt;i&gt;&#171; J'ai rencontr&#233; deux ou trois professeurs tr&#232;s militants, dont une adh&#233;rente de l'Association nationale des assistants de service social (Anas). Elle m'a conseill&#233; de ne pas trop affirmer mes convictions si je voulais int&#233;grer les services et agir de l'int&#233;rieur. &#187;&lt;/i&gt; La discr&#233;tion de Fadela lui permet en effet d'exercer dans une structure d'accompagnement social &#224; l'insertion, mais &#231;a ne lui suffit pas. Du coup, elle participe activement &#224; la cr&#233;ation de la Maison du peuple, un squat ouvert depuis le 1er juin 2019 dans un ancien local de P&#244;le emploi vacant depuis un an. Situ&#233; au c&#339;ur de Marseille, cet espace veut devenir un centre social autog&#233;r&#233; et un lieu de convergence des combats pour lutter contre le syst&#232;me. Avec deux coll&#232;gues, dont l'une travaille &#224; la Caisse d'allocations familiales (Caf), l'assistante de service social organise des permanences trois jours par semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce vendredi 7 juin, elle pr&#233;pare le caf&#233; en attendant que les &#171; gardiens &#187; du squat se r&#233;veillent. Peu &#224; peu, ils la rejoignent autour de la table du petit d&#233;jeuner. Tous ont des questions, souvent tr&#232;s pr&#233;cises. L'un d'eux donne des cours d'alphab&#233;tisation &#224; des personnes &#233;trang&#232;res. Il cherche &#224; d&#233;m&#234;ler la situation d'une de ses stagiaires. &lt;i&gt;&#171; Elle a &#233;t&#233; envoy&#233;e en formation par P&#244;le emploi alors qu'elle n'a aucune ressource, ni r&#233;el logement, pr&#233;cise le jeune homme. J'aimerais au moins lui obtenir la gratuit&#233; des transports pour &#233;viter qu'elle ne se mette en danger pour assister &#224; mes cours. &#187;&lt;/i&gt; &#201;tonn&#233;e qu'elle n'ait pas sign&#233; un contrat d'engagement r&#233;ciproque et obtenu le RSA, Fadela commence par conseiller de l'orienter vers une ASS de secteur, or ses horaires de cours sont peu compatibles avec cette d&#233;marche. &lt;i&gt;&#171; Qu'elle vienne me voir, je lui remplirais au moins un dossier pour le Service int&#233;gr&#233; de l'accueil et de l'orientation (SIAO). Je prends ses documents et je le fais depuis mon bureau, l&#224; je fais entrer la pratique militante dans le travail. Et j'ai v&#233;rifi&#233;, si elle b&#233;n&#233;ficie de la CMU, elle peut obtenir 75&#8239;% de r&#233;duction pour ses titres de transport, 100&#8239;% avec le RSA. &#187;&lt;/i&gt; La professionnelle a sur elle diff&#233;rents formulaires Cerfa afin de lancer certaines proc&#233;dures. Elle distille aussi des conseils aux militants souvent d&#233;munis face aux questions de personnes &#233;trang&#232;res. &lt;i&gt;&#171; Les ressortissants europ&#233;ens ont le droit de circulation mais pas syst&#233;matiquement d'installation. S'ils veulent rester, il leur faut, dans les trois mois suivant leur entr&#233;e sur le territoire, se d&#233;clarer &#224; la mairie. Pass&#233; ce d&#233;lai, tout se complique. &#187;&lt;/i&gt; Cette nouvelle permanence professionnelle, sans &#234;tre institutionnelle, fait rapidement parler d'elle dans une ville aux services sociaux trop souvent engorg&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sidents impliqu&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est justement pour apporter une r&#233;ponse aux familles de migrants avec enfant et aux mineurs isol&#233;s &#233;trangers laiss&#233;s &#224; la rue par une syst&#232;me d'accueil satur&#233; qu'un autre squat a ouvert le 18 d&#233;cembre 2018 dans le quartier Saint-Just, en face du conseil d&#233;partemental. Les activistes de diff&#233;rents collectifs ont r&#233;quisitionn&#233; un ancien foyer du dioc&#232;se. &#201;trange hasard, l'Institut m&#233;diterran&#233;en de formation et recherche en travail social de Marseille vient de signer une promesse de vente dans l'objectif d'y d&#233;m&#233;nager &#224; la rentr&#233;e 2019. Ce projet est mis en suspens par l'arriv&#233;e rapide de quatre cents hommes, femmes et enfants. &#201;ducateur sp&#233;cialis&#233; et bricoleur, Mami embarque quelques outils et se rend sur place d&#232;s le premier jour pour voir s'il y a besoin d'un coup de main. Sept mois plus tard, il assure une permanence quasiment tous les jours. &lt;i&gt;&#171; J'y ai trouv&#233; ce que je cherchais, une dynamique d'entraide avec des r&#233;sidents compl&#233;tement impliqu&#233;s dans le fonctionnement. J'y remplis un r&#244;le que je ne voulais pas avoir, je pose le cadre et parfois je gueule. Je ne fais aucun accompagnement mais de la relation au quotidien en essayant de faciliter la participation au fonctionnement du site. &#187;&lt;/i&gt; Auparavant, il a &#233;t&#233; &#233;ducateur de rue &#224; Paris et &#224; Marseille, puis il a fait une exp&#233;rience de neuf mois en maison d'enfants &#224; caract&#232;re social (Mecs). &lt;i&gt;&#171; J'ai vu de l'int&#233;rieur le fonctionnement de cette institution dont je croisais souvent les jeunes sortants dans mon travail de rue. J'ai arr&#234;t&#233; parce que les dysfonctionnements me d&#233;plaisaient trop. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2323 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH423/screenshot_30-2-88fd8.png?1693570422' width='500' height='423' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le 18 d&#233;cembre 2018, diff&#233;rents collectifs r&#233;quisitionnent un ancien foyer du dioc&#232;se de Marseille. Le b&#226;timent fait face au si&#232;ge du conseil d&#233;partemental des Bouches-du-Rh&#244;ne pr&#233;sid&#233; par Martine Vassal (LR). / &#169; David Rossi - Maxppp&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#194;g&#233; de 52 ans, Mami a un temps pens&#233; arr&#234;ter le m&#233;tier. Il a ouvert un snack, mont&#233; une bo&#238;te de r&#233;novation d'appartements, puis sa fibre sociale a repris le dessus m&#234;me s'il n'accepte plus les compromis. &lt;i&gt;&#171; Je ne comprends pas, &#224; Saint-Just, je re&#231;ois des femmes seules avec des nouveau-n&#233;s de moins d'un mois, parfois &#226;g&#233;s de seulement trois jours. Elles sont pass&#233;es par des structures d'h&#233;bergement et ces associations cens&#233;es &#339;uvrer contre l'exclusion des personnes en difficult&#233;s les ont mises dehors. L&#224;, je suis en col&#232;re contre ces soi-disant travailleurs sociaux qui devraient prot&#233;ger et non exclure. C'est venu doucement, insidieusement, mais aujourd'hui ces professionnels sont d&#233;pass&#233;s, ils ne savent plus comment et quoi faire. Il y a aussi la peur de perdre une source de revenus. Progressivement, ils sont devenus des travailleurs, ils ont perdu l'aspect social de leur mission. &#192; force de ne pas avoir de solutions &#224; proposer, ils n'accompagnent plus les gens, ils g&#232;rent les flux. &#187;&lt;/i&gt; L'&#233;ducateur est d'autant plus en col&#232;re que, d&#233;but avril, il a vu d&#233;barquer &#224; Saint-Just des travailleurs sociaux mandat&#233;s par les autorit&#233;s pour vider les lieux, sans avoir de solution de relogement au-del&#224; de quelques jours d'h&#244;tel&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Construire une r&#233;sistance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;viter cette perte de sens, le collectif marseillais Le social br&#251;le tente depuis l'&#233;t&#233; 2018 de r&#233;unir les travailleurs du social pour &lt;i&gt;&#171; partager, alerter, mobiliser, solidar&#233;sister, replacer l'Humain au centre de notre pratique. &#187;&lt;/i&gt; R&#233;unissant des professionnels issus de tous horizons, le groupe se mobilise et construit peu &#224; peu une r&#233;sistance. &lt;i&gt;&#171; Dans le travail social, il y a un militantisme invisible parce qu'il se passe en interne&lt;/i&gt;, constate Audrey, &#233;ducatrice en accueil de jour. &lt;i&gt;On est isol&#233; et on craque. On rentre en conflit avec la direction. On ne peut pas continuer sur cette voie, avec des familles et des enfants &#224; la rue. On est en r&#233;sistance permanente, on essaie d'intervenir au mieux. On partage tous les m&#234;mes constats, on a besoin de sortir de notre isolement et de donner de la visibilit&#233; &#224; nos difficult&#233;s. &#187;&lt;/i&gt; Tout en pr&#233;parant un comit&#233; d'accueil aux tr&#232;s institutionnelles Assises de la protection de l'enfance, le collectif d&#233;plore d'en &#234;tre r&#233;duit &#224; ces modes d'actions. &lt;i&gt;&#171; Normalement &#231;a ne devrait pas &#234;tre le probl&#232;me des salari&#233;s. Les associations ne s'engagent plus, c'est le choix des organisations de ne pas remettre en question les directives des tutelles. &#187;&lt;/i&gt; Partout en France, le militantisme se traduit en actes. Parfois pour d&#233;noncer l'ill&#233;galit&#233; du non-accueil, des travailleurs sociaux n'h&#233;sitent pas &#224; se mettre aux marges de la loi. Le 8 novembre 2019, lors de ses Journ&#233;es nationales d'&#233;tude (2), l'Anas va tenter de r&#233;unir ces diff&#233;rents courants pour qu'ils t&#233;moignent de leurs actions et puissent en inspirer de nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Les t&#233;moins ont choisi de pr&#233;server leur anonymat.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Accueillir, rencontrer, accompagner. De l'acc&#232;s aux droits, &#224; la promotion de la personne.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien avec Fran&#231;is Lebon &#8226; &#171; Je n'oppose pas le salariat et le militantisme &#187;</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1256-Entretien-avec-Francis-Lebon-o-Je-n-oppose-pas-le-salariat-et-le-militantisme</link>
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		<dc:date>2019-09-03T07:41:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;ontologie</dc:subject>
		<dc:subject>Travail social</dc:subject>
		<dc:subject>1256</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Des associations appliquent les politiques publiques sans se poser de questions, d'autres r&#233;sistent, d'autres encore n&#233;gocient. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle distinction faites-vous entre l'engagement et le militantisme ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le militantisme se d&#233;finit comme un engagement pour une cause. Engag&#233; tout court, &#231;a peut vouloir dire tout et n'importe quoi, on est engag&#233; dans le travail, dans un couple... il s'agit d'un mot assez neutre. Les milieux de l'animation, de l'&#233;ducation populaire et du travail social sont souvent port&#233;s par (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Deontologie" rel="tag"&gt;D&#233;ontologie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Travail-social-186" rel="tag"&gt;Travail social&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1256-" rel="tag"&gt;1256&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des associations appliquent les politiques publiques sans se poser de questions, d'autres r&#233;sistent, d'autres encore n&#233;gocient.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2324 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH150/screenshot_31-2-7d586.png?1693640266' width='500' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle distinction faites-vous entre l'engagement et le militantisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le militantisme se d&#233;finit comme un engagement pour une cause. Engag&#233; tout court, &#231;a peut vouloir dire tout et n'importe quoi, on est engag&#233; dans le travail, dans un couple... il s'agit d'un mot assez neutre. Les milieux de l'animation, de l'&#233;ducation populaire et du travail social sont souvent port&#233;s par des structures associatives, et qui dit association dit cause. Ceci dit, les professionnels y adh&#232;rent de mani&#232;re tr&#232;s diverse, voire pas du tout. Dans le travail social, il y a cette polarit&#233; entre des personnes tr&#232;s engag&#233;es voire politis&#233;es, et celles qui sont l&#224; parce que c'est leur m&#233;tier, point. Accompagner des r&#233;fugi&#233;s n'implique pas n&#233;cessairement d'&#234;tre militant. Une m&#234;me activit&#233; peut pour certains repr&#233;senter un travail comme un autre, et pour d'autres supposer une intention politique. On a l'impression qu'ils font la m&#234;me chose, mais ils n'ont pas le m&#234;me point de vue sur leur action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-on &#234;tre &#224; la fois salari&#233; et militant dans une structure ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'oppose pas le salariat et le militantisme. On peut arriver dans une structure parce qu'il faut bien travailler et se politiser petit &#224; petit &#224; cause du travail demand&#233;. Il y aussi des gens qui ont professionnalis&#233; leur militantisme. Ceux qui l'acqui&#232;rent en route, et ceux pour qui les enjeux politiques ne viennent pas percuter leur routine professionnelle. L'engagement va se limiter au champ professionnel sans aller interpeller l'espace politique. On peut aussi tout politiser. Quand, &#224; la base, on n'est pas politis&#233; par son entourage familial ou autre, on arrive dans les univers professionnels sans bagage militant, il faut le temps de comprendre, puis de s'int&#233;resser. Dans ce type d'univers, c'est rare de ne pas croiser &#224; un moment, pendant la formation ou par la suite, des formes d'engagements militants. &#192; la fac, pendant ma formation en carri&#232;res sociales, j'ai d&#233;barqu&#233; dans des cours o&#249; on nous disait : &lt;i&gt;&#171; On va faire de vous des militants &#187;&lt;/i&gt;, et &#231;a ne me parlait pas du tout. Maintenant je comprends pourquoi on me l'a dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le militantisme induit-il une forme de combat, de r&#233;sistance ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour certains, il suffit d'&#234;tre dans une forme associative pour ne pas faire comme les autres. C'est une croyance extr&#234;mement forte, port&#233;e par les cadres qui ont fait leur carri&#232;re dans cet univers. Ils d&#233;fendent une conception diff&#233;rente des entreprises du CAC 40, mais objectivement &#231;a ne suffit pas pour &#234;tre militant, et parfois il n'y a pas tant de diff&#233;rences que &#231;a, notamment sur les conditions de travail. Les salari&#233;s du monde associatif ont m&#234;me tendance &#224; dire que c'est pire qu'ailleurs. C'est en contradiction avec l'id&#233;e de faire autrement, mais on le justifie en brandissant les causes d&#233;fendues. L'employ&#233; est cens&#233; accepter des conditions de travail d&#233;grad&#233;es par militantisme, en revanche s'il ne suit pas une consigne par conviction, &#231;a peut poser probl&#232;me. Les petites associations tr&#232;s militantes, aux engagements forts et qui tentent de s'opposer &#224; la politique d'&#201;tat, restent tr&#232;s marginales. On peut distinguer trois cat&#233;gories : les associations qui appliquent les politiques publiques sans se poser de questions, celles militantes relativement rares qui r&#233;sistent, et celles interm&#233;diaires qui n&#233;gocient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Informations sociales, 2018 / 1-2, n&#176; 196 &#8211; 197.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quelles sont les valeurs &#224; pr&#233;server dans le travail social ?</title>
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&lt;p&gt;La d&#233;rive technologiste pr&#233;tend nous imposer (et r&#233;ussit trop souvent &#224; le faire) ses protocoles, ses projets individualis&#233;s, ses r&#233;f&#233;rentiels, ses proc&#233;dures, ses &#233;valuations normatives&#8230; Le travail social peut lui r&#233;sister en r&#233;affirmant son &#233;thique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Didier Dubasque, assistant social, membre du Haut Conseil du travail social (1) &lt;br class='autobr' /&gt;
De quoi parlons-nous vraiment ? La valeur est &#171; ce en quoi une personne est digne d'estime &#187;. C'est aussi le montant de ce qui peut &#234;tre &#233;chang&#233;, donn&#233; ou vendu. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Paroles-de-me%CC%81tiers" rel="directory"&gt;Paroles de me&#769;tiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1256-" rel="tag"&gt;1256&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;rive technologiste pr&#233;tend nous imposer (et r&#233;ussit trop souvent &#224; le faire) ses protocoles, ses projets individualis&#233;s, ses r&#233;f&#233;rentiels, ses proc&#233;dures, ses &#233;valuations normatives&#8230; Le travail social peut lui r&#233;sister en r&#233;affirmant son &#233;thique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Didier Dubasque, assistant social, membre du Haut Conseil du travail social (1) &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De quoi parlons-nous vraiment ? La valeur est &lt;i&gt;&#171; ce en quoi une personne est digne d'estime &#187;&lt;/i&gt;. C'est aussi le montant de ce qui peut &#234;tre &#233;chang&#233;, donn&#233; ou vendu. S'agit-il de la valeur du professionnel en tant que sujet ? De mesurer voire de quantifier l'acte qu'il pose ? S'agit-il d'un id&#233;al professionnel &#224; atteindre ? La question est embarrassante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En demandant quelles valeurs pr&#233;server, nous insinuons que nous pouvons nous d&#233;faire de certaines pour ne garder que celles qui comptent vraiment. Faut-il &#233;tablir une hi&#233;rarchie ? Lorsque j'interviens aupr&#232;s d'&#233;tudiants, travailleurs sociaux de demain, je m'appuie sur un pr&#233;suppos&#233;. Ils ont choisi majoritairement de s'engager dans des m&#233;tiers d'aide parce qu'ils ont des valeurs &#224; l'image de ce directeur commercial, &#201;ric, qui, &#224; quarante-quatre ans, a fait le choix d'abandonner un travail tr&#232;s r&#233;mun&#233;rateur pour devenir travailleur social. &lt;i&gt;&#171; Je souhaite une vie plus sens&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, dit-il. Sans doute aussi une vie qui lui permet de porter les valeurs qui sont les siennes. Il faut nous entendre sur ce qui fait valeur en travail social. La d&#233;finition du travail social peut nous aider, notamment celle r&#233;dig&#233;e par un groupe de travail de son Haut Conseil. Le travail social &lt;i&gt;&#171; se fonde sur la relation &#224; l'autre, dans sa singularit&#233; et le respect de sa dignit&#233; &#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; Il s'inscrit historiquement dans les valeurs r&#233;publicaines, le respect des droits de l'homme et du citoyen et la Constitution. Les principes de solidarit&#233;, de justice sociale, de la&#239;cit&#233;, de responsabilit&#233; collective, et le respect des diff&#233;rences, des diversit&#233;s, de l'alt&#233;rit&#233; sont au c&#339;ur du travail social. &#187;&lt;/i&gt; Reconna&#238;tre l'autre en tant que sujet singulier digne de respect, voil&#224; un trait du travail social qui porte des valeurs : le respect, la dignit&#233;, la reconnaissance, la singularit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes aussi attach&#233;s aux principes de Libert&#233;, d'&#201;galit&#233; et de Fraternit&#233;. La justice sociale, les Droits de l'homme, le respect des diff&#233;rences, de la diversit&#233; et de l'alt&#233;rit&#233;. Vous retireriez laquelle ? Les valeurs portent le sens. Qu'elles soient humanistes, morales, r&#233;publicaines, ou fond&#233;es sur le droit, nous en &#233;tablissons une hi&#233;rarchie en fonction de ce qui nous a marqu&#233;. La formation nous aide en cela. Je n'&#233;tais plus le m&#234;me apr&#232;s trois ann&#233;es d'&#233;tudes qu'avant d'y entrer. Pourquoi ? Parce que l'on m'avait non seulement transmis un savoir, mais aussi parce que mes valeurs initiales avaient &#233;t&#233; mises &#224; rude &#233;preuve pendant ma formation, notamment lors des stages. Elles avaient &#233;volu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous faisons aussi face &#224; un s&#233;rieux dilemme : certaines de nos valeurs sont malmen&#233;es, souvent interpr&#233;t&#233;es dans des objectifs peu avouables. &#192; l'image de ces entreprises qui mettent en avant leur &#233;thique pour mieux vendre leurs produits, les valeurs du travail social sont parfois mises en avant et masquent de douloureuses r&#233;alit&#233;s. Le manque de moyens, les organisations d&#233;faillantes, la perte du sens de l'action, voil&#224; autant de r&#233;alit&#233;s qui mettent &#224; mal nos valeurs. Il s'agit de tenir bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure, en deux mots, faisons un pas de c&#244;t&#233;. J'ai envie de vous sugg&#233;rer cette phrase du duc de la Rochefoucauld (1613-1680), auteur d'une maxime int&#233;ressante que je soumets &#224; votre r&#233;flexion : &lt;i&gt;&#171; La parfaite valeur est de faire sans t&#233;moins ce qu'on serait capable de faire devant tout le monde &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crivait-il. Cette valeur universelle est-elle aussi &#224; pr&#233;server ? Vous avez trois heures pour rendre votre copie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) A publi&#233; D&#233;velopper et r&#233;ussir l'intervention sociale d'int&#233;r&#234;t collectif, EHESP, 2010.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2318 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH468/screenshot_25-3-176fd.png?1693640267' width='500' height='468' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Gabrielle, Jean-Marc et Didier, &#233;ducatrice et &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s du collectif Avenir Educs (1) &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour tenter de r&#233;pondre &#224; cette question essentielle pour les travailleurs sociaux, nous supposons qu'&#224; c&#244;t&#233; des valeurs vit la valeur dont sont r&#233;v&#233;latrices les notions d'&#233;valuation ou d'utilit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bien distinguer le singulier du pluriel, la valeur et les valeurs, et ainsi penser l'avenir, nous citerons le philosophe Andr&#233; Gorz, d&#233;fenseur d'une utopie concr&#232;te : &lt;i&gt;&#171; Ce qui n'est pas monnayable n'a pas de statut dans l'&#233;conomie capitaliste. Donc l'amour, l'affection, la solidarit&#233;, le soin pris de la nature, tout le qualitatif est &#233;limin&#233; par la rationalit&#233; de la valeur, la dictature de la valeur &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail social subit de plus en plus une tyrannie du chiffre, une quantophr&#233;nie aux accents binaires, une souverainet&#233; num&#233;rique qui, sous couvert de neutralit&#233; technologique, impose des mani&#232;res de faire et d'&#234;tre. Le travailleur social serait un acteur rationnel priv&#233; de toute subjectivit&#233;, dou&#233; d'une neutralit&#233; immat&#233;rielle aux accents inhumains. Or l'engagement dans la relation &#233;ducative mobilise des &#233;motions, des affects, du d&#233;sir, un peu voire beaucoup d'amour, du transfert et du contre-transfert pour employer des termes psychanalytiques d&#233;sormais vertement critiqu&#233;s par le nouvel ordre algorithmique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est plus de d&#233;bat autour de la distance puisque, gr&#226;ce aux nouvelles technologies, r&#232;gnent la proximit&#233;, l'intimit&#233;, l'imm&#233;diatet&#233;, &#224; d&#233;faut de solidarit&#233;. Or peut-il y avoir une perspective d'&#233;ducation, d'&#233;mancipation sans solidarit&#233;, c'est-dire sans travail d'&#233;quipe et en &#233;quipe, sans subjectivation, c'est-&#224;-dire cette possibilit&#233; de dire &#171; je &#187;, de parler, d'agir en tant que sujet ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conserver notre capacit&#233; d'&#233;tonnement favorise la singularit&#233; mais permet &#233;galement l'&#233;tonnement de l'autre : c'est ainsi que vit la cr&#233;ativit&#233;. La rencontre est chaque fois singuli&#232;re, parfois d&#233;routante, quelquefois rat&#233;e. Faute de temps, de disponibilit&#233;, d'envie. Cependant les valeurs du travail social ne suffisent pas pour faire travail social ! On retrouve ces m&#234;mes valeurs pour l&#233;gitimer aujourd'hui les entreprises sociales et solidaires, les investissements sociaux, les logiques de d&#233;sinstitutionnalisation. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'exception toutefois de la question de l'&#233;galit&#233;, comme valeur et comme principe, pourtant fondamentale pour le travail social !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire vivre les valeurs du travail social, il est essentiel de ne pas oublier la dimension politique du travail social, de ne pas oublier l'action sociale, les droits-cr&#233;ances, les institutions. Sans elles, les valeurs deviennent flottantes, bien pensantes, charitables&#8230; des vitrines pour mieux exposer et servir des logiques concurrentielles. Tout ce qui est social n'est pas travail social ! Il ne peut y avoir en effet de valeurs en travail social lorsque celles-ci sont d&#233;sincarn&#233;es. Ce qui fait toute la teneur du travail social et par l&#224;-m&#234;me une composante essentielle de sa valeur, c'est la vaillance des travailleurs sociaux, inscrits dans une relation &#233;ducative, dans une relation d'accompagnement, toujours incertaine, jamais proc&#233;durale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;fendre valeureusement cet &#171; &#234;tre avec &#187; d'une relation, qu'elle soit &#233;ducative, de soin, de formation, d'accompagnement social, ne cherche pas &#224; promouvoir une quelconque vaillance personnelle. Elle affirme au contraire que cet indispensable engagement de soi, au c&#339;ur du travail social, a besoin de se penser, de se d&#233;velopper et de se contenir au sein d'un collectif et d'une institution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Le Collectif a particip&#233; &#224; l'ouvrage Debout pour nos m&#233;tiers du social, Ed. &#233;r&#232;s (2018)&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Gorz Andr&#233;, Penser l'avenir. Entretien avec Fran&#231;ois Noudelman, Paris, La D&#233;couverte, 2019&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Des &#233;ducateurs &#224; la bonne place mais surtout pas &#224; la &#171; bonne distance &#187;</title>
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&lt;p&gt;On entend tr&#232;s souvent dire que l'&#233;ducateur doit maintenir une distance professionnelle avec les personnes qu'il accompagne, m&#234;me quand il s'agit d'enfants ou d'adolescents. Pour cela, il doit contr&#244;ler ses &#233;motions et limiter son implication affective. S'il n'y arrive pas, il risque de se le voir reprocher par ses coll&#232;gues ou par ses sup&#233;rieurs, qui ne manquent pas d'id&#233;es lorsqu'il s'agit d'expliquer pourquoi la bonne distance serait si importante. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, &#224; y regarder d'un peu plus pr&#232;s &#8211; ce que je (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Matie%CC%80re-a%CC%80-pense%CC%81es" rel="directory"&gt;Matie&#768;re a&#768; pense&#769;es&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On entend tr&#232;s souvent dire que l'&#233;ducateur doit maintenir une distance professionnelle avec les personnes qu'il accompagne, m&#234;me quand il s'agit d'enfants ou d'adolescents. Pour cela, il doit contr&#244;ler ses &#233;motions et limiter son implication affective. S'il n'y arrive pas, il risque de se le voir reprocher par ses coll&#232;gues ou par ses sup&#233;rieurs, qui ne manquent pas d'id&#233;es lorsqu'il s'agit d'expliquer pourquoi la bonne distance serait si importante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, &#224; y regarder d'un peu plus pr&#232;s &#8211; ce que je propose de faire dans mon dernier livre &#8211; ces id&#233;es ne sont pas aussi &#233;videntes qu'il y para&#238;t : et si la bonne distance n'&#233;tait pas une bonne id&#233;e ? Un certain nombre de travaux de recherche s'int&#233;ressent &#224; ce que les jeunes attendent des &#233;ducateurs dans diff&#233;rents contextes d'intervention. Les r&#233;sultats sont clairs : ils recherchent du soutien, m&#234;me lorsqu'il s'agit des prises en charge davantage bas&#233;es sur le contr&#244;le comme c'est le cas avec les adolescents pris en charge par la justice. Plus pr&#233;cis&#233;ment, les jeunes &#233;voquent aussi bien l'aide mat&#233;rielle qu'une forme d'aide qui est beaucoup plus affective : &#234;tre &#233;cout&#233;s, &#234;tre accept&#233;s, recevoir de l'attention, entrer en intimit&#233;, cr&#233;er un lien durable&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soutien vient donc &#233;galement satisfaire un besoin d'affection. Des &#233;tudes quantitatives viennent d'ailleurs confirmer que les comportements de soutien de ce type produisent bien des effets positifs &#224; court, moyen et long terme. La th&#233;orie de l'attachement permet d'interpr&#233;ter les comportements de soutien de l'&#233;ducateur comme &#233;tant des comportements de &lt;i&gt;caregiving&lt;/i&gt;. Ces comportements visent &#224; fournir un soutien mat&#233;riel et informationnel, encourager l'expression et le d&#233;voilement de l'autre, montrer de l'int&#233;r&#234;t et valider ce qu'il pense ou ressent, montrer que l'on a confiance en sa capacit&#233; &#224; avancer et &#224; grandir, montrer l'estime et l'amour qu'on lui porte, montrer que l'on est fiable, que l'on respecte son besoin d'autonomie et que l'on reste disponible si besoin&#8230; Selon cette conception, soutenir autrui est donc &#233;minemment affectif et la &#171; bonne distance &#187; ne para&#238;t ni possible ni souhaitable dans la relation &#233;ducative. En s'inspirant de cette approche th&#233;orique, on peut d&#233;finir la relation &#233;ducative comme &lt;i&gt;&#171; une relation asym&#233;trique o&#249; l'adulte se montre sensible et disponible, o&#249; il se sent responsable du d&#233;veloppement de l'enfant et o&#249; il lui fournit aide et soutien, en particulier sur le plan &#233;motionnel, tout en se pr&#233;occupant de la mani&#232;re dont l'enfant re&#231;oit ce soutien &#187;&lt;/i&gt; (Virat, 2019). Pour soutenir la construction d'une relation de ce type, est-il n&#233;cessaire d'aimer les enfants et adolescents que l'on accompagne ? C'est l'hypoth&#232;se qui peut &#234;tre faite si l'on caract&#233;rise l'amour &#233;ducatif comme un amour compassionnel, ou altruiste, c'est-&#224;-dire &lt;i&gt;&#171; une attitude centr&#233;e sur la pr&#233;occupation, la sollicitude et la tendresse, ainsi qu'une tendance &#224; soutenir, aider et comprendre les autres &#187;&lt;/i&gt; (Sprecher &amp; Fehr, 2005). En utilisant une &#233;chelle de mesure de l'amour compassionnel, il a &#233;t&#233; possible d'observer un lien entre l'amour des &#233;ducateurs de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) et la qualit&#233; de la relation &#233;ducative avec les adolescents suivis par la PJJ (Virat, 2018).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En aimant les enfants et adolescents qu'ils accompagnent, les &#233;ducateurs semblent bien susceptibles d'influencer positivement leur d&#233;veloppement et leur socialisation. Parlant de relation &#233;ducative, Fernand Deligny &#233;crivait dans &lt;i&gt;Les vagabonds efficaces : &#171; Les aider, pas les aimer &#187;&lt;/i&gt;. Mais il y a erreur : aider, c'est aussi aimer. Bien s&#251;r, il ne s'agit pas de n'importe quelle forme d'amour. Ni amour romantique ni amiti&#233;, l'amour compassionnel est centr&#233; sur le bien d'autrui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2319 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L499xH239/screenshot_26-3-f1e76.png?1693640267' width='499' height='239' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan cognitif, l'amour mobilise d'importantes ressources d'attention, m&#234;me hors des temps d'interaction avec les jeunes. Sur le plan comportemental, cela conduit &#224; se rendre disponible et &#224; mettre en &#339;uvre un grand nombre de comportements de soutien. Surtout, l'amour est aussi une attitude engageante sur le plan &#233;motionnel, qui implique de ressentir du plaisir &#224; passer du temps avec les jeunes accompagn&#233;s et d'&#234;tre affect&#233; par leurs r&#233;ussites ou leurs &#233;checs. Cette forme d'amour est relativement incompatible avec des d&#233;sirs &#233;go&#239;stes et implique une grande sensibilit&#233; aux besoins des jeunes, y compris leurs besoin d'autonomie : le risque d'&#234;tre intrusif ou fusionnel diminue quand on aime de la sorte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, chercher &#224; d&#233;velopper ce type de lien affectif impose d'&#234;tre &#224; la bonne place plut&#244;t qu'&#224; la &#171; bonne distance &#187; ! Pour y parvenir, les professionnels ne sont pas seuls. En effet, leur implication est aussi d&#233;pendante du contexte de travail. Un soutien important de la part des coll&#232;gues et de la hi&#233;rarchie, y compris sur le plan &#233;motionnel, mais &#233;galement la reconnaissance par l'institution du travail accompli ou encore une organisation du travail attentive aux enjeux relationnels favorisent l'implication affective des professionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, c'est l'id&#233;e m&#234;me de neutralit&#233; qui para&#238;t curieuse dans le contexte de la relation &#233;ducative. En effet, la relation &#233;ducative s'appuie sur l'engagement personnel et authentique de l'&#233;ducateur, qui s'exprime notamment par un certain d&#233;voilement de soi. Paul Fustier (2005) &#233;voque &#224; ce propos une forme de don particuli&#232;re, le don de priv&#233; (raconter des &#233;l&#233;ments de sa vie personnelle), qui contribue, avec le don de temps (travailler un peu plus que pr&#233;vu) et le don d'&#233;motions (montrer ce que l'on ressent), &#224; construire la relation &#233;ducative. Un jeune r&#233;sumait cela ainsi lors d'un entretien r&#233;cent : &lt;i&gt;&#171; Mon &#233;ducatrice, c'est pas seulement une &#233;ducatrice ; elle s'int&#233;resse &#224; moi mais elle me parle aussi d'elle. &#187;&lt;/i&gt; Des recherches quantitatives ont confirm&#233; que le d&#233;voilement des &#233;ducateurs pouvait contribuer &#224; &#233;tablir des relations affectives avec les jeunes. Que dire alors de la neutralit&#233;, qui s'impose &#224; un certain nombre d'&#233;ducateurs parce qu'ils exercent dans la fonction publique ? Tout d&#233;pend de ce que l'on entend par l&#224;. Tant qu'il s'agit &#171; d'agir de fa&#231;on &#233;gale avec toutes les personnes accompagn&#233;es &#187;, comme le formule la loi Le Pors, il n'y a rien de probl&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, dans certaines administrations, la neutralit&#233; se d&#233;cline &#233;galement en une interdiction de manifester ses opinions et ses croyances, sans doute par crainte du dogmatisme et du pros&#233;lytisme de la part de certains &#233;ducateurs, en particulier en mati&#232;re d'opinions politiques ou religieuses. Plut&#244;t que d'en venir &#224; une interdiction stricte du d&#233;voilement de soi, on peut faire l'hypoth&#232;se qu'une attitude de l'&#233;ducateur tourn&#233;e vers la nuance, le doute et la prise de recul avec ses propres croyances, opinions et ressentis soit plus &#224; m&#234;me de limiter les risques. Dans une perspective &#233;ducative, s'il faut finalement mettre une distance quelque part, c'est plut&#244;t avec ses propres certitudes (Favre, 2016) qu'avec les jeunes que l'on accompagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Favre, Daniel (2016). &#201;duquer &#224; l'incertitude. Paris : Dunod.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fustier, Paul (2005). Le lien d'accompagnement : entre don et contrat salarial. Paris : Dunod.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sprecher,&#8239;S., &amp; Fehr, B.&#8239;(2005). Compassionate love for close others and humanity. Journal of Social and Personal Relationships, 22 (5), 629 &#8211; 651.&lt;br class='autobr' /&gt;
Virat, Mael (2018). Amour, relation &#233;ducative et d&#233;linquance. L'amour compassionnel des &#233;ducateurs accompagnant les adolescents suivis par la Protection judiciaire de la jeunesse. Soci&#233;t&#233;s et jeunesses en difficult&#233;, 20.&lt;br class='autobr' /&gt;
Virat, Mael (2019). Quand les profs aiment les &#233;l&#232;ves. Psychologie de la relation &#233;ducative. Paris : Odile Jacob.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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