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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Handicap &#8226; La fin des IME ?</title>
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		<dc:subject>Institution</dc:subject>
		<dc:subject>1249</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les familles d'enfants souffrant de handicaps graves et les professionnels s'alarment des menaces de fermeture qui planent sur les institutions m&#233;dico-sociales au nom d'une politique pr&#233;tendument tourn&#233;e vers l'inclusion. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les arguments en faveur de l'inclusion des enfants lourdement handicap&#233;s masquent en r&#233;alit&#233; un choix &#233;conomique visant &#224; remplacer les &#233;tablissements m&#233;dico-sociaux par des plates-formes d&#233;sincarn&#233;es de services et de prestations &#187;, d&#233;nonce le collectif d'Une Maison &#224; l'Autre. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Tribune-des-resistances" rel="directory"&gt;Tribune des r&#233;sistances&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1249-" rel="tag"&gt;1249&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les familles d'enfants souffrant de handicaps graves et les professionnels s'alarment des menaces de fermeture qui planent sur les institutions m&#233;dico-sociales au nom d'une politique pr&#233;tendument tourn&#233;e vers l'inclusion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les arguments en faveur de l'inclusion des enfants lourdement handicap&#233;s masquent en r&#233;alit&#233; un choix &#233;conomique visant &#224; remplacer les &#233;tablissements m&#233;dico-sociaux par des plates-formes d&#233;sincarn&#233;es de services et de prestations &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;nonce le collectif d'Une Maison &#224; l'Autre. Constitu&#233; de parents, de professionnels et de chercheurs, il est n&#233; &#224; l'institut m&#233;dico-&#233;ducatif (IME) Andr&#233; Coudrier &#224; Saint-Germain-les-Arpajon (Essonne). D&#233;but f&#233;vrier, il a lanc&#233; la p&#233;tition : &lt;i&gt;&#171; Urgence handicap : danger ! &#187;&lt;/i&gt; (1), rejoint par de nombreuses associations de tout le territoire et soutenu par d'autres collectifs (Avenir &#201;ducs, Inter-r&#233;gionale des formateurs en travail social (IR), etc.). Les p&#233;titionnaires consid&#232;rent ces &#233;tablissements comme d'indispensables lieux de vie, de diagnostic, d'&#233;ducation et de soins. Le collectif affirme que les professionnels offrent &#224; chaque enfant au quotidien les conditions d'une vie digne, accompagn&#233;e et durable, en co-construction avec les familles. Christiane Henry, qui en est membre, prend l'exemple de l'IME Andr&#233; Coudrier adapt&#233; aux enfants lourdement handicap&#233;s. Il comprend un externat et un internat s&#233;quentiel ; l'&#233;quipe accueille quarante-quatre enfants. Chacun a sa chambre et vient quand il le souhaite. L'&#233;tablissement m&#232;ne un v&#233;ritable travail d'inclusion sociale : chaque enfant fr&#233;quente l'&#233;cole ordinaire &#224; temps partiel selon ses possibilit&#233;s, ne serait-ce qu'une heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vive inqui&#233;tude&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici d&#233;j&#224; quatre ans que le collectif s'inqui&#232;te des menaces qui planent sur les &#233;tablissements m&#233;dico-sociaux et qu'il r&#233;fl&#233;chit avec le sociologue Michel Chauvi&#232;re &#224; &#233;laborer des arguments pour l'&#233;viter. &lt;i&gt;&#171; Nous sommes tr&#232;s inquiets, nous avons interpell&#233; le Premier ministre, la ministre des Solidarit&#233;s et de la Sant&#233; et la secr&#233;taire d'&#201;tat charg&#233;e des Personnes handicap&#233;es. Les dossiers avancent tr&#232;s vite dans les agences r&#233;gionales de sant&#233;. Les nouvelles normes de gestion impos&#233;es (CPOM, Serafin-PH) r&#233;duisent &#224; des actes tarif&#233;s leur &#233;thique, leur clinique et la totalit&#233; de leur accompagnement &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;plore Christiane Henry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2412 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH312/screenshot_4-10-ae45b.png?1694404020' width='500' height='312' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le collectif a &#233;crit aux ministres, secr&#233;taire d'&#201;tat et &#233;lus locaux pour leur proposer un &#233;change et une visite de l'IME. Seuls les maires et s&#233;nateurs de l'Essonne ont r&#233;pondu pr&#233;sents et le soutiennent. &lt;i&gt;&#171; C&#244;t&#233; gouvernement, nous n'avons re&#231;u que des lettres bateau ne donnant aucune r&#233;ponse concr&#232;te &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;nonce S&#233;verine Perez, m&#232;re de Pablo, 16 ans, polyhandicap&#233; et grand &#233;pileptique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le collectif juge important de viser l'inclusion scolaire de chaque enfant, il souligne que l'&#233;cole n'est pas adapt&#233;e &#224; tous et notamment &#224; ceux polyhandicap&#233;s. Chacun a besoin d'une palette de propositions qui lui conviennent tout au long de sa vie et droit au libre choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233; en f&#233;vrier, via le rapport de Catalina Devandas, l'ONU a engag&#233; l'&#201;tat fran&#231;ais &#224; une scolarisation totale de tous les enfants accueillis en IME, estimant que ce placement constitue &lt;i&gt;&#171; une forme courante de privation de libert&#233; &#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; Cette accusation est inacceptable et injurieuse&lt;/i&gt;, bondit S&#233;verine Perez. &lt;i&gt;La rapporteuse se permet de juger nos choix sans conna&#238;tre la r&#233;alit&#233; de la vie quotidienne de nos enfants. Pour la plupart d'entre eux, passer cinq heures par jour dans une classe de trente &#233;l&#232;ves constituerait une maltraitance. &#187;&lt;/i&gt; Et de s'interroger : &lt;i&gt;&#171; Qui peut croire que les familles pourront s'occuper de leur enfant 7 jours sur 7 et 24 h sur 24 ? Cela va engendrer de la pr&#233;carit&#233; &#8211; car l'un des parents devra arr&#234;ter de travailler &#8211;, de la fatigue et des risques de maltraitance. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) &lt;a href=&#034;https://bit.ly/2HK4MQx&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://bit.ly/2HK4MQx&lt;/a&gt; &#8212; Au 4 avril, elle avait d&#233;j&#224; recueilli pr&#232;s de 13 000 signatures.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Mineurs isol&#233;s &#8226; Fich&#233;s avant d'&#234;tre prot&#233;g&#233;s</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1249-Mineurs-isoles-o-Fiches-avant-d-etre-proteges</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Protection de l'enfance</dc:subject>
		<dc:subject>Mineur &#233;tranger</dc:subject>
		<dc:subject>1249</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La cr&#233;ation d'un fichier biom&#233;trique des mineurs non accompagn&#233;s officialise un changement de paradigme d&#233;j&#224; bien visible dans les pratiques : un mineur isol&#233; n'est plus un enfant en danger mais un migrant &#224; contr&#244;ler. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'au 31 janvier, officiellement, un mineur non accompagn&#233; (MNA) &#233;tait consid&#233;r&#233; comme un enfant en danger. Il devait donc &#234;tre pris en charge par l'aide sociale &#224; l'enfance. &#199;a c'&#233;tait avant. Entr&#233; en vigueur par d&#233;cret le 1er f&#233;vrier, l'article&#8239;51 de la loi du 10 septembre 2018 sur (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1249-" rel="tag"&gt;1249&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La cr&#233;ation d'un fichier biom&#233;trique des mineurs non accompagn&#233;s officialise un changement de paradigme d&#233;j&#224; bien visible dans les pratiques : un mineur isol&#233; n'est plus un enfant en danger mais un migrant &#224; contr&#244;ler.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jusqu'au 31 janvier, officiellement, un mineur non accompagn&#233; (MNA) &#233;tait consid&#233;r&#233; comme un enfant en danger. Il devait donc &#234;tre pris en charge par l'aide sociale &#224; l'enfance. &#199;a c'&#233;tait avant. Entr&#233; en vigueur par d&#233;cret le 1er f&#233;vrier, l'article&#8239;51 de la loi du 10 septembre 2018 sur l'asile et l'immigration pr&#233;voit que &lt;i&gt;&#171; les empreintes digitales ainsi qu'une photographie des ressortissants &#233;trangers se d&#233;clarant mineurs priv&#233;s temporairement ou d&#233;finitivement de la protection de leur famille puissent &#234;tre relev&#233;es, m&#233;moris&#233;es et faire l'objet d'un traitement automatis&#233; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Officiellement, le but est de faciliter le travail des conseils d&#233;partementaux en luttant contre les fausses d&#233;clarations de minorit&#233;. Concr&#232;tement, pour b&#233;n&#233;ficier d'une protection les jeunes ont l'obligation de faire enregistrer leur nom, empreintes et photo dans un fichier national. S'ils refusent, ils sont d&#233;bout&#233;s de l'aide sociale &#224; l'enfance. Ainsi, une fois fich&#233;s, s'ils ne sont pas reconnus mineurs &#224; Paris, ils ne pourront plus tenter leur chance &#224; Marseille, comme c'est le cas aujourd'hui. D&#233;clar&#233;s majeurs, ils pourront m&#234;me se voir remettre une obligation de quitter le territoire sans saisine du juge des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour justifier la cr&#233;ation de ce fichier d'&#171; Appui &#224; l'&#233;valuation de la minorit&#233; &#187; (AEM), le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur part d'un constat : &lt;i&gt;&#171; en 2017, sur 54 000 &#233;valuations men&#233;es en France, seules 17 000 ont conclu &#224; la minorit&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Le postulat est que ce taux de rejet vient du nombre de demandes infond&#233;es, et voit dans ce dispositif une mani&#232;re de &lt;i&gt;&#171; garantir la protection de l'enfance &#187;&lt;/i&gt; et d'emp&#234;cher le nomadisme des jeunes entre les d&#233;partements. &lt;i&gt;&#171; Cette loi cr&#233;e une forme de dublinage intraterritorial&lt;/i&gt;, constate Jean-Fran&#231;ois Martini, juriste au Gisti. &lt;i&gt;On cherche &#224; emp&#234;cher les jeunes de se tourner vers des d&#233;partements plus respectueux des conventions internationales. Aujourd'hui, je serais bien en peine d'orienter vers un d&#233;partement qui a des bonnes pratiques, tous se sont align&#233;s sur un principe de rejet des demandes. Mais certains sont plus proc&#233;duriers, et engagent des poursuites contre les jeunes d&#233;bout&#233;s pour usurpation d'identit&#233; ou faux et usage de faux. D'autres continuent de mettre &#224; l'abri dans l'attente de l'&#233;valuation, alors que souvent les jeunes sont livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes dans la rue. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2414 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH202/screenshot_10-7-7058d.png?1694185133' width='500' height='202' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La crise de l'accueil, un choix politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mesure est appr&#233;ci&#233;e par l'Assembl&#233;e des d&#233;partements de France (ADF). En novembre 2018, son pr&#233;sident a clairement exprim&#233; le souhait de d&#233;l&#233;guer &#224; l'&#201;tat la premi&#232;re partie de l'accueil de ces jeunes arrivant en France, &#224; savoir &lt;i&gt;&#171; leur mise &#224; l'abri dans l'urgence ainsi que l'&#233;valuation de leur minorit&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Avec la cr&#233;ation de ce fichier d'&#171; Appui &#224; l'&#233;valuation de la minorit&#233; &#187;, le gouvernement r&#233;pond en partie, via les pr&#233;fectures, &#224; cette demande. De leur c&#244;t&#233;, en novembre 2018, dans un communiqu&#233; commun dix associations de d&#233;fense des droits des &#233;trangers et les organismes repr&#233;sentant les travailleurs sociaux d&#233;noncent une mesure du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur, &lt;i&gt;&#171; qui permettra aux d&#233;partements de remettre en cause encore plus ais&#233;ment la minorit&#233; des enfants qui sollicitent une protection et facilitera leur &#233;loignement du territoire, sans &#233;gard pour le respect de leur vie priv&#233;e et leur droit &#224; une protection. Ces mineurs sont ainsi consid&#233;r&#233;s d'abord comme des migrants &#224; expulser plut&#244;t que comme des enfants &#224; prot&#233;ger &#187;. &#171; Nous &#233;tions pr&#234;ts &#224; appuyer les d&#233;partements dans une demande d'aide accrue aupr&#232;s de l'&#201;tat afin qu'ils puissent assurer la prise en charge des MNA dans de meilleures conditions&lt;/i&gt;, d&#233;plore Jean-Fran&#231;ois Martini, &lt;i&gt;mais le probl&#232;me n'est pas qu'une question de charge financi&#232;re, la crise de l'accueil est aussi un choix tr&#232;s politique. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un dispositif dissuasif&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Paris, en 2016 et 2017, la moiti&#233; des d&#233;cisions administratives de non-reconnaissance de minorit&#233; ont &#233;t&#233; infirm&#233;es par le juge, qui a ordonn&#233; &#224; l'aide sociale &#224; l'enfance d'admettre ces enfants (1). D&#233;nonc&#233; par le d&#233;fenseur des droits, ce fichage syst&#233;matique accentue le traitement &#224; charge des mineurs isol&#233;s &#233;trangers. Emmen&#233;es par l'Unicef, dix-neuf organisations dont l'Uniopss, le Syndicat de la magistrature, la Cimade et la F&#233;d&#233;ration des acteurs de la solidarit&#233; ont d'ailleurs d&#233;pos&#233;, aupr&#232;s du Conseil d'&#201;tat, un r&#233;f&#233;r&#233; et une requ&#234;te en annulation contre ce d&#233;cret. Une question prioritaire de constitutionnalit&#233; vise &#233;galement cet article de la loi Asile et Immigration. L'objectif est d'&lt;i&gt;&#171; obtenir rapidement la suspension de ce texte, et &#224; terme, son annulation &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cisent dans un communiqu&#233; les requ&#233;rants. Pour l'instant, la cr&#233;ation de ce fichier biom&#233;trique n'est mise en oeuvre que sur trois territoires tests : l'Is&#232;re, l'Essonne et le Bas-Rhin. En r&#233;gion parisienne, l'exp&#233;rimentation produit un premier effet, seuls 62 jeunes sur 150 ont r&#233;pondu &#224; la convocation d'&#233;valuation de leur minorit&#233;. En Auvergne-Rh&#244;ne-Alpes, le dispositif s'av&#232;re &#233;galement dissuasif. &lt;i&gt;&#171; En Is&#232;re, les associations constatent une diminution du nombre de jeunes qui demandent la protection&lt;/i&gt;, explique Marie Lambert-Muyard, &lt;i&gt;conseill&#232;re technique Enfance, famille, jeunesse &#224; l'Uniopss. L'&#201;tat va r&#233;pondre que c'est parce qu'ils &#233;taient majeurs, nous pensons qu'ils refusent de prendre le risque de se faire ficher. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2413 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH322/screenshot_11-6-9d0ea.png?1694185134' width='500' height='322' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Manifestation &#224; Paris le 23 novembre 2018 devant la Croix-Rouge, qui g&#232;re le dispositif d'&#233;valuation des mineurs isol&#233;s &#233;trangers (DEMIE), pour protester contre ses m&#233;thodes qui rejettent environ 70% des demandes de protection. / &#169; M. Langlet&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous sommes tr&#232;s inquiets de voir la pr&#233;fecture s'immiscer dans la proc&#233;dure d'&#233;valuation&lt;/i&gt;, rench&#233;rit Violaine Husson,&lt;i&gt; de la Cimade. Normalement, &#231;a doit &#234;tre fait par une &#233;quipe pluridisciplinaire form&#233;e, l&#224; on en est loin. &#199;a va rendre invisibles les jeunes, du coup nous allons avoir encore plus de difficult&#233;s &#224; les rencontrer. Cette porte ouverte &#224; tous les types d'exploitation est compl&#232;tement contraire &#224; l'int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur de l'enfant, qui est, pourtant, une valeur constitutionnelle. &#187;&lt;/i&gt; Dans un premier temps, les jeunes peuvent encore se tourner vers des d&#233;partements ne pratiquant pas l'AEM, mais le d&#233;cret va s'&#233;tendre &#224; l'ensemble de la France en avril. Son application est laiss&#233;e &#224; l'appr&#233;ciation des d&#233;partements. Ainsi la Seine-Saint-Denis et Paris, ceux qui re&#231;oivent aujourd'hui le plus de MNA, refusent de mettre en place ce fichage, arguant que le contr&#244;le de l'immigration ne rel&#232;ve pas de leur pr&#233;rogative. Le m&#234;me dilemme se pose pour les professionnels de l'aide sociale &#224; l'enfance. Avec ce nouveau syst&#232;me, les travailleurs sociaux seront sens&#233;s orienter des jeunes vers des cellules pr&#233;fectorales. &lt;i&gt;&#171; Ils vont donc devenir des r&#233;gulateurs de l'immigration alors que ce n'est ni leur r&#244;le ni leur formation&lt;/i&gt;, souligne Marie Lambert-Muyard. J&lt;i&gt;usqu'&#224; pr&#233;sent la pr&#233;fecture pouvait &#234;tre saisie pour v&#233;rifier la validit&#233; des pi&#232;ces d'identit&#233;, mais le r&#233;sultat de l'&#233;valuation de minorit&#233; ne lui &#233;tait jamais transmis. D&#233;sormais, toutes les personnes se pr&#233;sentant comme mineur isol&#233; seront r&#233;pertori&#233;es. &#187;&lt;/i&gt; Ce fichier national pourra &#234;tre crois&#233; avec celui qui recense l'ensemble des &#233;trangers pr&#233;sents sur le territoire, et celui de Visabio (voir encadr&#233;). France terre de fichage ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Rapport sur les MNA cor&#233;alis&#233; par les inspections g&#233;n&#233;rales de l'administration, des affaires sociales et de la justice publi&#233; en f&#233;vrier 2018.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Faut-il accepter une invitation ou un cadeau d'un usager ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1249-Faut-il-accepter-une-invitation-ou-un-cadeau-d-un-usager</link>
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		<dc:date>2019-04-16T07:25:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Usager</dc:subject>
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&lt;p&gt;Un proverbe africain affirme &#171; La main qui donne est toujours au-dessus de celle qui re&#231;oit. &#187; Pour compenser cette position dominante dans laquelle se positionne de fait la posture d'accompagnement, certains usagers posent des gestes de remerciement comme autant de contre-dons. Comment r&#233;agir ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Charline Olivier, assistante sociale accompagnant des sortants de d&#233;tention (1) &lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'ai jamais pu refuser la d&#233;gustation d'un mets app&#233;tissant et parfum&#233;. &#192; 5 ans, &#224; 20 ans, ou 40 ans ; professionnelle, (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un proverbe africain affirme &#171; La main qui donne est toujours au-dessus de celle qui re&#231;oit. &#187; Pour compenser cette position dominante dans laquelle se positionne de fait la posture d'accompagnement, certains usagers posent des gestes de remerciement comme autant de contre-dons. Comment r&#233;agir ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Charline Olivier, assistante sociale accompagnant des sortants de d&#233;tention (1)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai jamais pu refuser la d&#233;gustation d'un mets app&#233;tissant et parfum&#233;. &#192; 5 ans, &#224; 20 ans, ou 40 ans ; professionnelle, touriste ou de passage ; &#224; 10&#8239;heures, 13&#8239;heures ou 17&#8239;heures ; peu importe l'&#226;ge, le statut ou l'heure, je suis gourmande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel n'a pas &#233;t&#233; mon supplice en formation lorsqu'il a &#233;t&#233; question de la posture professionnelle &#224; adopter face aux dons des usagers. J'ai bien retenu qu'il me faudrait adopter une juste distance, sans attendre en retour toute forme de r&#233;tribution car l'assistant de service social &lt;i&gt;&#171; ne peut accepter des personnes ressortissant de son champ d'activit&#233; professionnelle une r&#233;mun&#233;ration pour services rendus &#187;&lt;/i&gt; tel que l'&#233;nonce l'article&#8239;8 du Code de D&#233;ontologie. Tout le d&#233;bat porte ensuite sur le sens du mot &#171; r&#233;mun&#233;ration &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il para&#238;t &#233;vident &#224; tous que nous ne pouvons pas accepter un billet de 10&#8239;euros gliss&#233; au creux de la main par une personne &#226;g&#233;e qui vous per&#231;oit avec tendresse comme un de ses petits-enfants, pouvons-nous alors accepter le joli collier fait de la main d'une femme accompagn&#233;e, apr&#232;s des mois de tourmente en raison de sa pathologie ? Pouvons-nous le porter sur notre peau et ainsi cr&#233;er un lien d'intimit&#233; ? Pouvons-nous sans r&#233;serve repartir apr&#232;s ce rendez-vous au domicile, avec des bo&#238;tes en plastique renfermant une savoureuse cuisine ha&#239;tienne cuisin&#233;e longuement pour vous et votre famille ? Peut-on vraiment refuser &#224; une famille afghane ce sachet d'amandes recouvertes de sucre, diaboliquement savoureuses ? Personnellement, je n'y suis jamais parvenue et je me suis longtemps sentie honteuse de mes faiblesses face &#224; certains de mes pairs professionnels qui pouvaient refuser sans sourciller tout don au nom de l'ind&#233;pendance fondamentale &#224; garantir dans la relation travailleur social/usager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en explorant le Code de D&#233;ontologie de l'ANAS que j'ai trouv&#233; finalement la l&#233;gitimit&#233; d'accepter de recevoir quelque chose issue de la main de l'autre. L'article&#8239;1 pr&#244;ne comme pierre angulaire de l'exercice du travail social que &lt;i&gt;&#171; le respect de la personne fonde, en toutes circonstances, l'intervention professionnelle de l'assistant de service social &#187;&lt;/i&gt;. Combin&#233; &#224; l'article&#8239;7 qui pr&#233;cise que l'assistant de service social doit &lt;i&gt;&#171; disposer de l'autonomie n&#233;cessaire pour choisir la forme de ses interventions et les moyens &#224; employer &#187;&lt;/i&gt;, je revendique aujourd'hui, fi&#232;rement cette fois, que m'appliquer &#224; d&#233;guster les mets pr&#233;par&#233;s par mes h&#244;tes lors des visites &#224; domicile est un des moyens professionnels &#224; ma disposition pour entrer en relation avec des individus et leur signifier du respect. S'il faut pour cela reprendre une deuxi&#232;me fois de ces courgettes marin&#233;es &#224; l'huile et une part de rago&#251;t &#224; la kurde, alors qu'il est 16 h 30, j'en suis, au nom de mes valeurs professionnelles. Tant pis pour l'&#233;quilibre alimentaire, il ne me restera plus qu'&#224; trouver une recette lointaine avec quatre autres fruits ou l&#233;gumes pour satisfaire aux besoins de la journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Charline Olivier est aussi l'auteure de Derri&#232;re les murs : surveiller, punir, r&#233;ins&#233;rer ? La place du travail social en prison, &#233;d. &#233;r&#232;s, 2018.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2418 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH489/screenshot_12-7-c66dc.png?1694404021' width='500' height='489' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Ludwig Maquet, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; (1)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a bien longtemps, dans une gala&#173;xie tr&#232;s lointaine&#8230; Jour d'&#233;t&#233;, camp famille. Madame sort son billet, veut nous payer un coup. G&#234;n&#233;s, nous refusons. Frustration, vexation. C'&#233;tait son don &#224; elle. Bien des ann&#233;es plus tard, monsieur apprenant son statut de r&#233;fugi&#233; me tombe dans les bras &#224; coups de mercis. Accolades, partage, don d'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; partir d'&#233;l&#233;ments de compr&#233;hension, &#224; savoir : la relation d'aide et d'accompagnement dans un cadre contractuel, &#233;thique et d&#233;ontologique, le don/contre-don et la rencontre, que peut s'expliquer en partie ce qui se joue dans ces invitations, dans ces cadeaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Tremblay, la relation d'aide serait cette d&#233;marche qui permet &#224; une ou des personnes d'acqu&#233;rir des apprentissages en vue de r&#233;pondre &#224; des besoins et / ou &#224; des difficult&#233;s et qui se construit sur le lien de confiance &#224; cr&#233;er, par des aptitudes relationnelles. Cette relation est subordonn&#233;e &#224; l'accompagnement, entendu comme p&#233;dagogie de l'existence adapt&#233;e &#224; la personne, dans une d&#233;marche p&#233;ripat&#233;ticienne de cheminer ensemble dans un apprivoisement commun. Il s'agit de faire avec dans la r&#233;ciprocit&#233; et non &#224; la place de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce titre se jouent des &#233;changes &#233;clair&#233;s d'un concept clef dans nos m&#233;tiers : le don/contre-don, qui forge une relation paradoxale entre un usager et un professionnel du social. Il se formerait, selon Fleurdorge, un acte d'&#233;change et de reconnaissance dans l'interaction. Dans ce cas-l&#224; un acte repr&#233;sentatif &#224; valeur symbolique. Il est vrai que les relations sont cens&#233;es &#234;tre contractualis&#233;es, mais, comme le rappelle Fustier, elles peuvent &#234;tre, lorsque se cr&#233;e un lien &lt;i&gt;&#171; personnel et subjectif &#187;&lt;/i&gt;, infiltr&#233;es par un &#233;change de dons/contre-dons, donnant lieu &#224; un &lt;i&gt;&#171; m&#233;tissage du lien &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette singularit&#233; relationnelle, il est important de s'interroger sur cette circulation de ces &#171; objets-cadeaux &#187;, qui est en relation avec la nature des liens qui lient deux personnes aux statuts diff&#233;rents et esquissent les contours d'une figure oblative (Fleurdorge). Ce don de l'usager est &#233;conomie de l'&#233;change et l'&#233;thique professionnelle doit venir baliser ces transactions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, selon Mauss, cet &#233;change, enten&#173;du comme &#171; don / contre-don &#187; serait illimit&#233; dans une obligation triple : donner, recevoir, rendre, en d&#233;s&#233;quilibre constant malgr&#233; la production de lien social. Fustier rappelle d'ailleurs qu'en r&#233;alit&#233; beaucoup d'actes en apparence contractualis&#233;s sont en fait &#171; m&#233;tiss&#233;s &#187;, infiltr&#233;s par l'&#233;change de dons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Visiblement interminable, l'&#233;change n'effacerait pas la dette mais l'alimenterait au contraire. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de r&#233;fl&#233;chir &#224; ce qui se joue dans la relation &#233;ducative o&#249; les interactions et les &#233;changes sont li&#233;s. Reli&#233;s les uns aux autres, ces rapides &#233;l&#233;ments r&#233;flexifs prennent sens, nous permettant, dans notre cadre contractuel, de nous poser les bonnes questions. Pourquoi et pour quoi donne-t-on ? Pourquoi faut-il accepter les dons, les cadeaux ? Pourquoi ne peut-on pas les rendre ? Qui suis-je pour l'autre et qui est-il pour moi ? Car certes nous avons des techniques &#171; &#233;ducatives &#187;, mais ne pourrait-on pas, tout en en ayant conscience, se laisser aller &#224; la rencontre ? Grandir ensemble, au plus proche des r&#233;els, dans le partage ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la question pos&#233;e, je r&#233;pondrai au vu de cette r&#233;flexion, qu'un cadeau ne se refuse pas. Finalement, le cadeau serait peut-&#234;tre de se laisser aller &#224; la rencontre de l'autre, de soi, sans domination ni pouvoir. C'est en cela que &lt;i&gt;&#171; la rencontre essentielle &#187;&lt;/i&gt;, selon Carl Roger, pourra alors avoir lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Ludwig Maquet est aussi l'auteur de Violences, Risques Psychosociaux et travail social, &#233;d. Le social en fabrique, 2018&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Travail en commissariat &#8226; D&#233;licate alliance</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1249-Travail-en-commissariat-o-Delicate-alliance</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/1249-Travail-en-commissariat-o-Delicate-alliance</guid>
		<dc:date>2019-04-16T07:25:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Assistante sociale</dc:subject>
		<dc:subject>1249</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les intervenants sociaux aupr&#232;s des forces de l'ordre sont des passerelles entre monde judiciaire et monde social. Rencontre en Loire-Atlantique avec deux assistantes sociales, l'une en commissariat et l'autre en gendarmerie, accompagnant des victimes de violences intrafamiliales. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme tous les mercredis matin &#224; 8 h 30, B&#233;atrice Dugast, assistante sociale, p&#233;n&#232;tre dans la gendarmerie de Vertou (Loire-Atlantique) pour sa permanence hebdomadaire. Elle fait le tour de bises de la brigade, seule (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les intervenants sociaux aupr&#232;s des forces de l'ordre sont des passerelles entre monde judiciaire et monde social. Rencontre en Loire-Atlantique avec deux assistantes sociales, l'une en commissariat et l'autre en gendarmerie, accompagnant des victimes de violences intrafamiliales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme tous les mercredis matin &#224; 8 h 30, B&#233;atrice Dugast, assistante sociale, p&#233;n&#232;tre dans la gendarmerie de Vertou (Loire-Atlantique) pour sa permanence hebdomadaire. Elle fait le tour de bises de la brigade, seule travailleuse en civil au milieu des uniformes bleus. &lt;i&gt;&#171; Nous sommes contents de la voir arriver. Nous, qui connaissons mal le volet social, savons qu'avec elle les personnes en d&#233;tresse sont bien prises en compte &#187;&lt;/i&gt;, assure le major St&#233;phane Loir, &#224; l'heure du caf&#233;. Le lieutenant Vincent Vrignaud, chef de la brigade, compl&#232;te : &lt;i&gt;&#171; Nos approches compl&#233;mentaires permettent un traitement global du probl&#232;me, en aidant notamment la victime de violences conjugales &#224; quitter son domicile. Cela &#233;vite que nous soyons oblig&#233;s d'y retourner r&#233;guli&#232;rement. &#187;&lt;/i&gt; B&#233;atrice Dugast commence sa s&#233;rie d'entretiens matinaux avec une femme suivie depuis plusieurs mois : &lt;i&gt;&#171; Heureusement qu'il y a &#224; la force de la gendarmerie et l'accompagnement de l'assistante sociale pour m'aider &#224; m'en sortir. &#187; &#171; C'est un vrai travail de liaison, qui varie en fonction des &#233;quipes. Usant mais passionnant ! &#187;&lt;/i&gt;, confie B&#233;atrice Dugast, qui alterne depuis 2011 des permanences dans une vingtaine de brigades r&#233;parties sur un vaste territoire allant de l'agglom&#233;ration nantaise &#224; la c&#244;te. Elle et son homologue, charg&#233;e d'autant de brigades, passent &#233;norm&#233;ment de temps sur la route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au commissariat Waldeck-Rousseau &#224; Nantes, l'assistante sociale Nathalie Jamier re&#231;oit, depuis 2013, en un lieu bien identifi&#233; : au sein du &#171; bureau de l'aide aux victimes &#187; situ&#233; au bout du hall d'accueil du plus grand h&#244;tel de police de Loire-Atlantique. Elle y travaille quotidiennement au c&#244;t&#233; d'une psychologue et d'une polici&#232;re, rare et pr&#233;cieux trin&#244;me collaborant pour accompagner les victimes. Une femme &#8211; inqui&#232;te de la pression que continue d'exercer son ex-conjoint pervers narcissique sur leur fils adoptif &#8211; se pr&#233;sente. &lt;i&gt;&#171; Elle m'a &#233;norm&#233;ment aid&#233;e &#224; d&#233;coder les m&#233;canismes de violence morale que je subissais et &#224; m'en prot&#233;ger &#187;&lt;/i&gt;, t&#233;moigne cette femme en reconstruction, pr&#233;cisant pour autant &lt;i&gt;&#171; ne pas avoir le courage de porter plainte &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;atrice Dugast et Nathalie Jamier sont deux des quatre assistantes sociales intervenant dans des commissariats et gendarmeries de Loire-Atlantique. Elles sont employ&#233;es par le conseil d&#233;partemental dans le cadre d'une action lanc&#233;e en 2001 en convention avec les forces de l'ordre, jusque-l&#224; bien souvent d&#233;munies devant les personnes en d&#233;tresse. Dans les faits et devant l'ampleur de la t&#226;che, le conseil d&#233;partemental a choisi de resserrer l'accompagnement de ses professionnelles sur un public prioritaire : les victimes de violences intrafamiliales. La grande majorit&#233; &#233;tant des violences conjugales ou des conflits de couple ; une moindre proportion des maltraitances de parents sur leurs enfants ou inversement. &lt;i&gt;&#171; Mes coll&#232;gues ont d&#233;velopp&#233; une v&#233;ritable expertise sur ces violences. Elle aide les institutions avec lesquelles elles travaillent en proximit&#233; &#8211; qui leur orientent l'essentiel des personnes suivies. Elles apportent aussi un soutien technique &#224; distance aux professionnels ext&#233;rieurs &#187;&lt;/i&gt;, souligne Denis Bauchet, cadre au conseil d&#233;partemental. Lui-m&#234;me soutient les intervenantes en favorisant le partage de leurs pratiques et en veillant &#224; leurs conditions de travail, quitte &#224; jouer l'interface en cas d'incompr&#233;hension, voire de tension, avec les forces de l'ordre. Ayant b&#233;n&#233;fici&#233; d'une formation avec l'association nationale d'intervention sociale en commissariat et gendarmerie avec laquelle elles restent en r&#233;seau, les professionnelles b&#233;n&#233;ficient aussi de la supervision d'une psychologue une fois par mois pour g&#233;rer la charge &#233;motionnelle de leur mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2419 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH304/screenshot_13-6-e829a.png?1694404021' width='500' height='304' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut de la subtilit&#233; pour amener &#224; une premi&#232;re rencontre au commissariat ou &#224; la gendarmerie, dans les esprits davantage synonymes de r&#233;pression que de protection. &lt;i&gt;&#171; Au t&#233;l&#233;phone, je pr&#233;cise bien que je travaille aupr&#232;s de gendarmes qui s'inqui&#232;tent pour elle&#8230; mais que le rendez-vous aura lieu avec moi dans un bureau porte close et que je suis une assistante sociale soumise au secret professionnel &#187;&lt;/i&gt;, explique B&#233;atrice Dugast. Une fois en face-&#224;-face, elle d&#233;cortique les histoires et ravive les m&#233;moires. &lt;i&gt;&#171; La grande diff&#233;rence avec les gendarmes est que pour &#233;valuer une situation, nous ne travaillons pas avec des faits et des preuves mais avec la parole des gens. &#187;&lt;/i&gt; Il s'agit de mettre des mots sur la violence v&#233;cue par ces personnes, issues de tous les milieux socioprofessionnels, et de rechercher des solutions avec elles. &lt;i&gt;&#171; Notre objectif est que la personne reprenne confiance en elle. Qu'elle sorte du syst&#232;me d'emprise et qu'elle d&#233;veloppe ses propres strat&#233;gies de protection. Nous l'accompagnons dans ses d&#233;marches &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;sume Nathalie Jamier. Parfois il est urgent d'agir pour &#233;viter le pire. L'assistante sociale sait alors quels contacts activer pour essayer de trouver une place en s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sensibilisation g&#233;n&#233;rale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me &#233;coute et m&#234;me &#233;thique pour les deux intervenantes, malgr&#233; des contextes de travail diff&#233;rents. Elles insistent sur le fait qu'elles interviennent &#171; en dehors de toute proc&#233;dure &#187;, m&#234;me si elles la connaissent suffisamment pour pouvoir donner aux personnes des informations sur leurs droits civiques et p&#233;naux. Quand elle le sent opportun, B&#233;atrice Dugast fait venir un gendarme de confiance en fin d'entretien pour enclencher un premier pas vers le judiciaire. &lt;i&gt;&#171; Nous intervenons en amont de la plainte, que nous pouvons aider &#224; pr&#233;parer si la personne le souhaite ou en ressent le besoin pour se reconstruire. Mais ce n'est en aucun cas une fin en soi, d'autant que certaines plaintes n'ont aucune chance d'aboutir &#187;&lt;/i&gt;, explique Nathalie Jamier, qui a elle la possibilit&#233; de proposer aux personnes des entretiens en bin&#244;me avec sa coll&#232;gue polici&#232;re du bureau de l'aide aux victimes, soumise &#224; la m&#234;me confidentialit&#233;. Les informations &#233;ventuellement transmises aux autres policiers pour faire avancer une affaire ne le sont que par la personne elle-m&#234;me, ou par les intervenantes si elles ont son aval.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; &#199;a a &#233;t&#233; tout un combat pour avoir un bureau s&#233;par&#233; &#187;&lt;/i&gt;, souffle Nathalie Jamier, contente de s'&#234;tre faite comprendre apr&#232;s cinq ans dans cette institution, o&#249; elle est arriv&#233;e apr&#232;s une exp&#233;rience en psychiatrie puis en service social de secteur. &lt;i&gt;&#171; C'est un sacr&#233; d&#233;fi de se faire accepter ! &#187;&lt;/i&gt;, assure elle aussi B&#233;atrice Dugast, qui l'a relev&#233; avec l'envie de renouveler sa pratique, apr&#232;s plus de vingt ans en service social de secteur et en protection de l'enfance. Si dans certaines brigades cette derni&#232;re est consid&#233;r&#233;e comme &#171; un joker &#187; et m&#234;me &#171; une coll&#232;gue &#187;, dans d'autres elle est encore regard&#233;e comme une intruse. Idem pour Nathalie Jamier au commissariat de Nantes. L&#224; o&#249; elles interviennent les mentalit&#233;s &#233;voluent peu &#224; peu, les r&#233;flexes changent. &lt;i&gt;&#171; Cela a particip&#233; &#224; une sensibilisation et m&#234;me une formation g&#233;n&#233;rale de la brigade &#187;&lt;/i&gt;, confirme le lieutenant Vincent Vrignaud. &lt;i&gt;&#171; Nous aussi avons &#233;volu&#233; dans nos pr&#233;jug&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, met au point Nathalie Jamier, qui sait que la bonne volont&#233; de certains policiers est frein&#233;e par &lt;i&gt;&#171; une surcharge de travail, bloquant toute la cha&#238;ne, de l'enqu&#234;te jusqu'aux tribunaux &#187;&lt;/i&gt;. C'est en tout cas ensemble que les professionnels avanceront dans la lutte contre les violences, comme l'encourage cette lettre d'une victime, remerciant &#224; la fois le chef de brigade et l'assistante sociale : &lt;i&gt;&#171; Gr&#226;ce &#224; votre &#233;coute et votre professionnalisme, vous m'avez permis de sortir du secret et de la honte. Ce fut le d&#233;but de ma deuxi&#232;me vie &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Justice des mineurs &#8226; L'ordonnance de 45 malmen&#233;e </title>
		<link>https://www.lien-social.com/1249-Justice-des-mineurs-o-L-ordonnance-de-45-malmenee</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/1249-Justice-des-mineurs-o-L-ordonnance-de-45-malmenee</guid>
		<dc:date>2019-04-16T07:25:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;linquance</dc:subject>
		<dc:subject>Justice</dc:subject>
		<dc:subject>1249</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; r&#233;vis&#233;e une quarantaine de fois, l'ordonnance du 2 f&#233;vrier 1945 est soumise &#224; une nouvelle r&#233;forme. La ministre de la Justice a d&#233;cid&#233; d'agir par ordonnances, sans consulter les praticiens qui travaillent au quotidien avec les adolescents concern&#233;s. Gen&#232;se, actualit&#233; et devenir de cet acte historique fondateur de la politique p&#233;nale contemporaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
On distingue traditionnellement trois mod&#232;les de politique p&#233;nale des mineurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier rel&#232;ve d'une approche disciplinaire : c'est le registre du droit (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#233;j&#224; r&#233;vis&#233;e une quarantaine de fois, l'ordonnance du 2 f&#233;vrier 1945 est soumise &#224; une nouvelle r&#233;forme. La ministre de la Justice a d&#233;cid&#233; d'agir par ordonnances, sans consulter les praticiens qui travaillent au quotidien avec les adolescents concern&#233;s. Gen&#232;se, actualit&#233; et devenir de cet acte historique fondateur de la politique p&#233;nale contemporaine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On distingue traditionnellement trois mod&#232;les de politique p&#233;nale des mineurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier rel&#232;ve d'une approche disciplinaire : c'est le registre du droit de correction paternelle. Jusqu'en 1935, le p&#232;re de famille a d&#233;tenu le pouvoir exorbitant de faire enfermer son enfant sur simple r&#233;quisition d'une &#171; lettre de cachet &#187; sous l'Ancien R&#233;gime ou du procureur apr&#232;s la R&#233;volution. Pourtant, d&#232;s 1810, le Code p&#233;nal introduit la notion de discernement, &#233;tablissant ainsi pour la premi&#232;re fois une distinction de traitement entre mineurs et majeurs. La loi de 1820 pr&#233;voit des quartiers d'enfermement distincts, celle de 1850 officialise l'existence de colonies p&#233;nitentiaires agricoles cens&#233;es assurer la r&#233;&#233;ducation des mineurs au comportement d&#233;viant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second mod&#232;le, dit protectionnel, interpr&#232;te les actes de d&#233;linquance du mineur comme autant de sympt&#244;mes de sa mise en danger. Les magistrats, les psychologues et les &#233;ducateurs se penchent sur sa personnalit&#233;. Ce qui compte avant tout n'est pas tant l'acte pos&#233; que la d&#233;marche d'amendement ayant d'autant plus de possibilit&#233;s d'aboutir que l'identit&#233; de l'adolescent n'est pas fig&#233;e, b&#233;n&#233;ficiant d'une large marge de progression. La soci&#233;t&#233; doit autant se prot&#233;ger du d&#233;linquant que le soigner. Ce mod&#232;le trouve son application dans l'ordonnance du 2 f&#233;vrier 1945.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2420 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L394xH282/screenshot_14-5-6f7e4.png?1694404021' width='394' height='282' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois f&#233;es notamment se sont pench&#233;es sur le berceau de cette ordonnance. En tout premier, Alexis Danan, le c&#233;l&#232;bre journaliste de Paris soir qui mena tout au long des ann&#233;es 1930 des campagnes de presse pour d&#233;noncer le traitement r&#233;serv&#233; &#224; l'enfance irr&#233;guli&#232;re en g&#233;n&#233;ral et les bagnes d'enfants en particulier. La seconde marraine, bien moins recommandable, est cette loi sur l'enfance d&#233;linquante en date du 27 juillet 1942 &#233;dict&#233;e par le r&#233;gime de Vichy. Certaines de ses dispositions venant d'un r&#233;gime totalitaire sont &#233;tonnantes. Ainsi, de la pr&#233;conisation du caract&#232;re exceptionnel de l'incarc&#233;ration du mineur durant l'instruction, qui ne doit pas &#234;tre une habitude et &#234;tre d&#251;ment motiv&#233;e de la constitution de tribunaux sp&#233;cialis&#233;s pour enfants et adolescents ; de la cr&#233;ation de centres d'observation privil&#233;giant des mesures de protection et de redressement qui prennent le pas sur la traditionnelle politique r&#233;pressive. Troisi&#232;me facteur favorisant, l'exp&#233;rience concentrationnaire de nombre de membres du personnel politique qui arrive au pouvoir &#224; la Lib&#233;ration. Leur v&#233;cu personnel et leur ambition humaniste d&#233;cupl&#233;e par l'horreur nazie leur interdisent de reproduire le fonctionnement des bagnes d'enfants tels qu'ils avaient s&#233;vi avant-guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conjonction de nombre de circonstances, l'ordonnance promulgu&#233;e le 2 f&#233;vrier 1945 affirme avec force dans son pr&#233;ambule : &lt;i&gt;&#171; Il est peu de probl&#232;mes aussi graves que ceux qui concernent la protection de l'enfance, et, parmi eux, ceux qui ont trait au sort de l'enfance traduite en justice. La France n'est pas assez riche d'enfants pour qu'elle ait le droit de n&#233;gliger tout ce qui peut en faire des &#234;tres sains. La guerre et les bouleversements d'ordre mat&#233;riel et moral qu'elle a provoqu&#233;s ont accru dans des proportions inqui&#233;tantes la d&#233;linquance juv&#233;nile. La question de l'enfance coupable est une des plus urgentes de l'&#233;poque pr&#233;sente. [&#8230;] D&#233;sormais, tous les mineurs jusqu'&#224; l'&#226;ge de dix-huit ans auxquels est imput&#233;e une infraction &#224; la loi p&#233;nale ne seront d&#233;f&#233;r&#233;s qu'aux juridictions pour enfants. Ils ne pourront faire l'objet que de mesures de protection, d'&#233;ducation ou de r&#233;forme, en vertu d'un r&#233;gime d'irresponsabilit&#233; p&#233;nale qui n'est susceptible de d&#233;rogation qu'&#224; titre exceptionnel et par d&#233;cision motiv&#233;e. &#187;&lt;/i&gt; (1)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Changement de paradigme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le tournant des ann&#233;es 1980, un troisi&#232;me mod&#232;le tend &#224; s'imposer, fond&#233; sur le paradigme situationnel et responsabiliste. Ce seraient les circonstances qui provoqueraient le crime. Il faudrait donc les transformer, afin de rendre tout passage &#224; l'acte impossible ou difficile, risqu&#233; ou peu rentable. D'o&#249; le surinvestissement des dispositifs de contr&#244;le (avec l'exemple embl&#233;matique de la vid&#233;o de surveillance), au d&#233;triment de tout le travail relationnel avec les personnes susceptibles de transgresser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2421 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH540/screenshot_15-5-4742e.png?1694404021' width='500' height='540' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Centre &#233;ducatif renforc&#233; (Cer) de l'association Sillage &#224; Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), propose aux jeunes une alternative &#224; l'incarc&#233;ration (lire reportage pages 25 &#224; 27). / &#169; Sillage&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enfant n'est pas &#233;pargn&#233; : il n'est plus consid&#233;r&#233; comme un &#234;tre marqu&#233; par le manque et l'immaturit&#233; ne lui permettant pas de conduire et d'assumer son projet de vie, mais comme comptable des actes pos&#233;s dont il doit rendre compte. La justice ne s'adresse plus qu'&#224; des justiciables individuels, libres de toute contrainte sociale et d&#233;finis par la seule responsabilit&#233; de leurs comportements, la coercition et le rappel &#224; la loi apparaissant seuls &#224; m&#234;me de permettre de les normaliser. La posture infractionnelle n'est plus consid&#233;r&#233;e comme une r&#233;sultante, mais comme la source de la rupture d'&#233;quilibre. D'o&#249; la multiplication des r&#233;formes qui ont toutes mis l'accent sur une plus grande r&#233;pression, les moyens financiers consacr&#233;s &#224; l'enfermement ass&#233;chant les cr&#233;dits permettant une intervention en pr&#233;vention aupr&#232;s de la famille, en amont du passage &#224; l'acte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Expos&#233; des motifs de l'ordonnance du 2 f&#233;vrier 1945.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Reportage &#8226; La d&#233;linquance est-elle soluble dans la mer ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1249-Reportage-o-La-delinquance-est-elle-soluble-dans-la-mer</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/1249-Reportage-o-La-delinquance-est-elle-soluble-dans-la-mer</guid>
		<dc:date>2019-04-16T07:25:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;linquance</dc:subject>
		<dc:subject>Justice</dc:subject>
		<dc:subject>1249</dc:subject>

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&lt;p&gt;Pour les adeptes d'une plus grande r&#233;pression comme pour les autres, les centres &#233;ducatifs renforc&#233;s (CER) co&#251;tent trop cher. Pourtant, &#224; Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) celui de l'association Sillage embarque avec succ&#232;s des jeunes d&#233;linquants sur ses bateaux depuis 20 ans. &lt;br class='autobr' /&gt;
Youssef &#233;tait impliqu&#233; dans un trafic de cannabis. Esteban a commis de nombreux cambriolages. Lassana est sous contr&#244;le judiciaire apr&#232;s s'&#234;tre battu contre un autre jeune longtemps rest&#233; dans le coma. Quant &#224; Mehdi, il est accus&#233; (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour les adeptes d'une plus grande r&#233;pression comme pour les autres, les centres &#233;ducatifs renforc&#233;s (CER) co&#251;tent trop cher. Pourtant, &#224; Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) celui de l'association Sillage embarque avec succ&#232;s des jeunes d&#233;linquants sur ses bateaux depuis 20 ans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Youssef &#233;tait impliqu&#233; dans un trafic de cannabis. Esteban a commis de nombreux cambriolages. Lassana est sous contr&#244;le judiciaire apr&#232;s s'&#234;tre battu contre un autre jeune longtemps rest&#233; dans le coma. Quant &#224; Mehdi, il est accus&#233; de viol. Les quatre gar&#231;ons, &#226;g&#233;s de 15 &#224; 17 ans, se sont vu proposer un choix tr&#232;s clair : l'incarc&#233;ration ou l'embarquement sur le bateau de l'association Sillage, un centre &#233;ducatif renforc&#233; (CER). Certains mineurs pr&#233;f&#232;rent purger leur peine que de tenter l'aventure. Ces quatre-l&#224; ont accept&#233; le d&#233;fi de monter &#224; bord. &lt;i&gt;&#171; Tous les jeunes, quel que soit leur parcours, leur origine, leurs infractions p&#233;nales, m&#233;ritent qu'on s'occupe d'eux. Ils ne sont pas condamn&#233;s &#224; rester dans la d&#233;linquance. Si l'on se donne les moyens de les accompagner au mieux, il est possible de les aider &#224; s'en sortir &#187;&lt;/i&gt;, affirme Jacques Lambert, le pr&#233;sident de l'association. &#201;cartons d'embl&#233;e le fantasme d'une agr&#233;able croisi&#232;re offerte &#224; des d&#233;linquants, aux frais du contribuable. La vie sur ces bateaux n'est pas de tout repos, elle ne rel&#232;ve ni du loisir, ni d'une partie de plaisir. La rudesse de la navigation (notamment en plein hiver), les contraintes de la mer (ce sont les horaires de mar&#233;e, la m&#233;t&#233;o et les dur&#233;es de travers&#233;e qui imposent leur loi, non les humains), mais aussi les exigences de la vie dans un espace confin&#233; (14 m x 4 m pour quatre mineurs et deux adultes) : les conditions sont r&#233;unies pour confronter des jeunes sans rep&#232;res et sans limites &#224; un cadre &#224; la fois suffisamment d&#233;stabilisant et restructurant pour leur permettre de progresser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2422 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH540/screenshot_15-6-8f34c.png?1694404022' width='500' height='540' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; bord, la navigation impose de multiples man&#339;u&#173;vres : hisser et abattre les voiles, les r&#233;duire ou les border, virer de bord, proc&#233;der &#224; la prise ou au l&#226;cher de ris, empanner, choquer une &#233;coute, gr&#233;er, d&#233;gr&#233;er le spi, hisser la grand-voile ou le g&#233;nois, naviguer vent arri&#232;re, grand largue, de travers, prendre son quart, tenir son cap. Pour ce faire, l'&#233;quipier utilise des winchs, des n&#339;uds marins, des drisses, des ris, des cordages, des bittes, des enrouleurs, les aussi&#232;res, des haubans, des harnais, etc. Autant de termes &#233;nigmatiques pour le lecteur non initi&#233;, comme pour le jeune embarquant pour la premi&#232;re fois sur un voilier. Sauf, qu'il ne s'agit pas l&#224; d'abstractions : chaque membre de l'&#233;quipage doit se familiariser rapidement avec ce vocabulaire et son utilisation quand il participe aux man&#339;uvres qui permettent la navigation. Ce n'est plus : &lt;i&gt;&#171; Attends, je finis mon pet ! &#187;&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;&#171; J'arrive, je termine ma partie &#187;&lt;/i&gt;. C'est : &lt;i&gt;&#171; Tout le monde sur le pont, chacun sait ce qu'il a &#224; faire. &#187;&lt;/i&gt; Toute erreur peut s'av&#233;rer potentiellement fatale, provoquant le vol plan&#233; d'un objet non amarr&#233;, le choc contre la b&#244;me au moment o&#249; le bateau vire de bord, la chute d'un homme &#224; la mer, une avarie, voire, dans le pire des cas, le chavirement. Un skipper professionnel aguerri, connaissant parfaitement les proc&#233;dures &#224; suivre, assure la s&#233;curit&#233;, second&#233; par un &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; amarin&#233;. Reste cette pouss&#233;e d'adr&#233;naline quand le fr&#234;le esquif se trouve pris dans une houle provoquant des creux de trois m&#232;tres de haut, quand il prend une vague de plein fouet faisant g&#233;mir l'embarcation et inondant le pont de paquets de mer, quand il se confronte au changement brusque d'un vent produisant de violentes rafales. Les risques ne sont pas seulement th&#233;oriques, ils obligent &#224; une discipline et &#224; un respect des r&#232;gles qui conditionnent la survie. Et c'est justement les dangers induits par la l&#233;g&#232;ret&#233;, l'incons&#233;quence et la distraction dans les comportements qui contribuent &#224; faire progresser et &#233;voluer des jeunes d&#233;linquants tant habitu&#233;s &#224; agir dans la toute-puissance, dans le refus des contraintes et l'intol&#233;rance &#224; la moindre frustration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2423 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L420xH520/screenshot_17-60dcd.png?1694404023' width='420' height='520' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parcourir 10 000 miles par an, c'est l'&#233;quivalent de ce que voguent les grands bateaux de course&#8230; Le projet &#233;ducatif se fonde sur la socialisation qu'imposent ces navigations hauturi&#232;res pouvant durer jusqu'&#224; cinq jours. Bien s&#251;r, les bateaux font r&#233;guli&#232;rement escale dans les diff&#233;rents ports de la c&#244;te atlantique entre le nord de la Grande-Bretagne et le sud du Portugal. Cela permet d'avitailler le bateau (carburant, eau, etc.), de faire les lessives, de se laver et d'assurer des courses alimentaires. Mais, pas seulement. Toucher terre, c'est aussi se rendre sur des spots : Portsmouth et son mus&#233;e de la Royal Navy ; Bilbao et son c&#233;l&#232;bre stade de l'Atletico coupl&#233; &#224; la visite du mus&#233;e d'art moderne de Guggenheim ; Morgat et sa randonn&#233;e de 20 km ; Gomera dans les Canaries et son stage de plong&#233;e permettant d'acc&#233;der au niveau 1 ; Pornichet o&#249; le jeune passe le Brevet de s&#233;curit&#233; routi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une vie r&#233;gl&#233;e et r&#233;gul&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun doit tenir un livret de bord et y consigner le d&#233;roulement de sa session &#224; travers les &#233;tapes du parcours de navigation. &#192; chaque passation d'&#233;quipe, il co-&#233;value avec son &#233;ducateur les comp&#233;tences maritimes acquises, commen&#231;ant par le niveau &#171; mousse &#187; (phase d'initiation) jusqu'&#224; &#171; marin confirm&#233; &#187; (qui peut naviguer sans pr&#233;sence de l'adulte), en passant par &#171; aspirant matelot &#187;, &#171; matelot &#187;, &#171; marin &#187;. Mais la co-&#233;valuation porte aussi sur son degr&#233; d'int&#233;gration des r&#232;gles de vie commune, son investissement dans le quotidien ou encore son rapport aux autres jeunes et aux adultes. Sont ainsi mesur&#233;s autant sa mobilisation face aux efforts que son degr&#233; de restauration de l'estime de soi, sa capacit&#233; au vivre ensemble ou encore sa progression dans la sublimation de ses pulsions. Bien s&#251;r, les jeunes sont parfois tent&#233;s de fuguer, se mettant en qu&#234;te de ce shit dont ils ont pourtant &#233;t&#233; sevr&#233;s depuis leur arriv&#233;e ou posant des actes d&#233;lictueux. Il arrive que l'&#233;quipe aille chercher un ou plusieurs d'entre eux, plac&#233;s en garde &#224; vue dans les locaux de la Gendarmerie fran&#231;aise, de la Guardia civil espagnole ou de la Guarda Nacional portuguaise ou qu'elle fasse intervenir les forces de l'ordre sur le bateau. Les juges des enfants peuvent dans les cas les plus graves r&#233;voquer le sursis. Il peut incarc&#233;rer le fautif. Cela fait int&#233;gralement partie de la d&#233;marche &#233;ducative. Il serait illusoire et na&#239;f de croire que des probl&#233;matiques aussi lourdes puissent &#234;tre r&#233;solues en quelques semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2424 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH516/screenshot_18-5-0377b.png?1694404023' width='500' height='516' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant dire que les professionnels sont soumis &#224; rude &#233;preuve, ils doivent parfois g&#233;rer la crise d'un jeune toute la nuit (pendant que les autres dorment) et malgr&#233; tout assurer la journ&#233;e qui suit. &#201;volution des m&#339;urs, ce n'est pas tant la consommation de schit ou la limitation du tabac les plus complexes &#224; g&#233;rer. &lt;i&gt;&#171; Nous nous montrons tr&#232;s strict quant &#224; l'utilisation des t&#233;l&#233;phones. Les jeunes qui embarquent sur Sillage sont au m&#234;me titre que tous ceux de leur g&#233;n&#233;ration accros &#224; leur smartphone. Ils communiquent avec leurs pairs et leur famille, peuvent surfer sur internet et &#234;tre r&#233;actifs sur les r&#233;seaux sociaux. Quand ils arrivent, nous leur confisquons leur appareil. Ils ne peuvent l'utiliser que vingt minutes par semaine &#187;&lt;/i&gt;, explique Marc Labrune, directeur de Sillage. L'acc&#232;s &#224; internet est possible, mais am&#233;nag&#233; et contr&#244;l&#233; &#224; partir d'un ordinateur portable mis &#224; disposition &#224; l'int&#233;rieur du carr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2425 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L432xH309/screenshot_19-5-31bff.png?1694404023' width='432' height='309' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'efficacit&#233; &#224; l'&#233;preuve du quotitien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), l'organisme de tutelle des CER, exerce un contr&#244;le financier strict du budget de Sillage. Certes, le co&#251;t pour le contribuable est &#233;lev&#233; &#8211; le prix de journ&#233;e moyen de ces dispositifs s'&#233;l&#232;ve &#224; 480 euros. Au regard du personnel employ&#233; (un peu plus de onze &#233;quivalents temps plein pour huit mineurs), de la difficult&#233; du travail engag&#233; et des r&#233;sultats escompt&#233;s (la persistance ult&#233;rieure de la d&#233;linquance repr&#233;sentant un co&#251;t bien sup&#233;rieur), le jeu en vaut la chandelle. Mais, la PJJ est tout autant garant du projet &#233;ducatif. Le dernier audit r&#233;alis&#233; a conclu &#224; une pleine satisfaction quant &#224; la prestation r&#233;alis&#233;e : 80 % des mineurs embarqu&#233;s vont jusqu'au bout de leur session. Certaines ann&#233;es, le taux de remplissage d&#233;passe m&#234;me la barre des 100 % ! L'explication est simple : tenant compte des fugues possibles et probables, l'administration attend que soient effectivement r&#233;alis&#233;es 1 766 journ&#233;es par enfant et par an, un chiffre inf&#233;rieur &#224; ce qui devrait se faire au regard des capacit&#233;s d'accueil. La r&#233;activit&#233; de l'&#233;quipe pour r&#233;cup&#233;rer les jeunes en fuite ou leur remplacement tout aussi rapide, en cas de mainlev&#233;e de la mesure de placement par le magistrat, font que le nombre de journ&#233;es effectu&#233;es d&#233;passent parfois les 1 800. Le succ&#232;s de l'association ne se d&#233;ment pas au fil du temps, les candidatures en amont de chaque session &#233;tant le plus souvent quatre &#224; cinq fois sup&#233;rieures au nombre de places disponibles. Au terme de leur s&#233;jour sur Sillage, que sont devenus Youssef, Esteban, Lassana et Mehdi, apr&#232;s leur session ? Trois d'entre eux ont r&#233;int&#233;gr&#233; leur famille ou un foyer et engag&#233; une formation en apprentissage ou en lyc&#233;e technique. Un seul a &#233;t&#233; incarc&#233;r&#233;, suite &#224; une r&#233;cidive.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Entretien avec Jean-Pierre Rosenczveig &#8226; &#171; Faire une &#233;conomie de r&#233;forme : appliquer la loi ! &#187;</title>
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		<dc:subject>D&#233;linquance</dc:subject>
		<dc:subject>Justice</dc:subject>
		<dc:subject>1249</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Observateur vigilant de l'&#233;volution de la justice des mineurs, Jean-Pierre Rosenczveig nous livre son point de vue sur les projets de r&#233;forme en cours. &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;linquance juv&#233;nile a-t-elle mu&#233; &#224; tel point qu'il devienne urgent de modifier la loi ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Non. Depuis trente ans, la d&#233;linquance juv&#233;nile a cru quantitativement mais dans une moindre proportion que celle des adultes. Loin d'exploser, elle se tasse, voire baisse. C'est bien plus dans la d&#233;linquance dite de rue, qu'elle se manifeste. Qualitativement, (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Observateur vigilant de l'&#233;volution de la justice des mineurs, Jean-Pierre Rosenczveig nous livre son point de vue sur les projets de r&#233;forme en cours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2427 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH156/screenshot_20-5-7ef8d.png?1694404023' width='500' height='156' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;linquance juv&#233;nile a-t-elle mu&#233; &#224; tel point qu'il devienne urgent de modifier la loi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non. Depuis trente ans, la d&#233;linquance juv&#233;nile a cru quantitativement mais dans une moindre proportion que celle des adultes. Loin d'exploser, elle se tasse, voire baisse. C'est bien plus dans la d&#233;linquance dite de rue, qu'elle se manifeste. Qualitativement, la d&#233;linquance juv&#233;nile reste majoritairement le fait de gar&#231;ons de 14 &#224; 17 ans, mais parfois bien plus jeunes. Si elle recouvre essentiellement des actes d'appropriation, la violence y est plus souvent associ&#233;e que par le pass&#233;. Plusieurs raisons peuvent expliquer ces comportements : la crise d'adolescence et la toute-puissance de certains jeunes en carence de pr&#233;sence adulte responsable, des probl&#232;mes psychologiques &#8211; sinon psychiatriques &#8211;, la d&#233;sesp&#233;rance de certains qui estiment n'avoir aucune chance de s'en sortir dignement par les voies ordinaires et donc en r&#233;bellion sociale, sinon en &#171; Intifada &#187; contre les ennemis venus d'ailleurs. Enfin, des jeunes livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes, sans projet, sans rep&#232;re, disponibles pour se laisser app&#226;ter par des trafiquants de drogue ou des pr&#233;dicateurs leur faisant miroiter un statut, de l'argent sinon la gloire ou un id&#233;al. Ces jeunes certes en pleine recherche de leur personnalit&#233; peuvent n&#233;anmoins se montrer dangereux. Tous souffrent d'une protection parentale qui a du mal &#224; s'exercer et d'une angoisse li&#233;e non seulement au doute, mais &#224; une situation en berne d'avenir. Au fond rien de nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'instrument juridique est-il si peu adapt&#233; qu'il faille le changer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non. Une Justice inefficace ? Aujourd'hui le parquet, inform&#233; par la police, r&#233;agit imm&#233;diatement et le taux de classement sans suite s'&#233;l&#232;ve &#224; 6&#8239;% (40 &#224; 60&#8239;% en 1980) contre 12 pour les adultes. Une justice lente ? Depuis 1992, le procureur traite 65&#8239;% de la d&#233;linquance juv&#233;nile. Il fixe dans l'agenda du juge des enfants les rendez-vous aux fins de mise en examen. Il peut demander un jugement &#224; bref d&#233;lai. Au sortir de la garde &#224; vue, il ne se prive pas de faire d&#233;f&#233;rer devant un juge, avec demande de mandat de d&#233;p&#244;t, et/ou de saisir directement le tribunal pour enfants pour un mineur d&#233;j&#224; connu afin qu'une peine de prison soit prononc&#233;e &#224; la premi&#232;re audience disponible. Entre-temps, le jeune pourra &#234;tre plac&#233; en centre &#233;ducatif ferm&#233; ou incarc&#233;r&#233;. On a donc introduit le quasi-flagrant d&#233;lit. Des juges laxistes ? La peine encourue, certes moindre que pour un adulte (elle est divis&#233;e par deux), demeure cependant &#233;lev&#233;e : dix-huit mois de prison pour vol simple de t&#233;l&#233;phone, cinq ans pour un vol avec bousculade. L'ordonnance de 1 945 autorise les juges &#224; sanctionner exceptionnellement. En cas d'&#233;chec des mesures &#233;ducatives, ils ne se privent pas &#224; prononcer une peine. Cette exception est presque de 40 &#224; 45&#8239;% ! En 2017, pour environ 56 800 mineurs jug&#233;s on trouve 5 249 peines de prison ferme, 13 000 peines de prison avec sursis simple ou mise &#224; l'&#233;preuve, 3 100 amendes, 4 600 travaux d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral (TIG) et environ 20 000 mesures de r&#233;paration. Depuis trois ans, le nombre de mineurs incarc&#233;r&#233;s a augment&#233; de 12&#8239;%. Ils sont 820 en prison auxquels s'ajoutent les 1 500 s&#233;journant en CEF ou encore en centre &#233;ducatif renforc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui justifie la diff&#233;rence de traitement judiciaire entre un mineur et un majeur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jeune d&#233;linquant est plus que quelqu'un de moins de 18 ans qui viole la loi. C'est une jeune personne inscrite dans une s&#233;quence de vie o&#249; elle est en permanence potentiellement en conflit avec la loi. Par-del&#224; les actes, c'est &#224; cette s&#233;quence de vie qu'il faut s'attacher. On prend pr&#233;texte de ces jeunes qui commettent quarante d&#233;lits, pour accuser la justice d'&#233;chouer face &#224; la r&#233;it&#233;ration. Seulement 6&#8239;% environ d'entre eux multiplient de tels passages &#224; l'acte. Il va falloir les d&#233;crocher de ce mode de vie, tout en sachant qu'on ne remonte pas en quelques mois une pente descendue sur une dizaine d'ann&#233;es ! Il faut s'attaquer au fond des probl&#232;mes : combattre leur sentiment de toute-puissance, les convaincre de repeser un ordre qu'ils tiennent pour injuste, restaurer leur estime de soi, leur permettre de retrouver du sens &#224; la vie, de croire en eux, mais aussi aux autres. Ce travail &#233;ducatif et psychologique &#224; mener peut aller au-del&#224; de la majorit&#233;. L&#224; encore les chiffres tiennent lieu de juge de paix : dans 85&#8239;% des cas un mineur d&#233;linquant ne l'est plus &#224; sa majorit&#233; &#224; condition d'avoir &#233;t&#233; suivi (Rapport Lecerf, s&#233;nateur UMP, 2011).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi cette pr&#233;cipitation du Gouvernement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre 2018, apr&#232;s l'agression d'une enseignante avec un pistolet factice, la ministre de la Justice a d&#233;montr&#233; que la justice avait fait son travail. Mais, &#224; la surprise g&#233;n&#233;rale, elle a rajout&#233; dans le m&#234;me souffle : &lt;i&gt;&#171; Je proposerai une r&#233;forme de l'ordonnance du 2 f&#233;vrier 1945. &#187;&lt;/i&gt; Et, en janvier 2019, sans pr&#233;venir quiconque, elle d&#233;pose un amendement &#224; la Loi Justice pour obtenir l'autorisation de l&#233;gif&#233;rer par ordonnances. Alors qu'elle pr&#233;tendait vouloir en conserver les principes fondamentaux en ne se livrant qu'&#224; un simple toilettage, elle annonce une transformation de fond par l'&#233;laboration d'un Code de la justice p&#233;nale des mineurs. Sa mesure phare voudrait que le juge des enfants se prononce dans le mois sur la culpabilit&#233; et sur des mesures &#233;ducatives ou d'ordre public, puis plus tard, dans les six mois, sur la peine. Cette c&#233;sure n'est pas utilis&#233;e aujourd'hui, car d'une trop d'une grande complexit&#233; et lourdeur &#224; manier. Les victimes elles-m&#234;mes n'y gagnent rien. Il leur faut du temps pour chiffrer leur demande. Et o&#249; est l'urgence pour le gouvernement de l&#233;gif&#233;rer ? Une r&#233;forme sur un tel sujet doit &#234;tre consensuelle pour avoir une chance de s'inscrire dans les faits et la dur&#233;e. Pour cela il faut du d&#233;bat&#8230; avant et non apr&#232;s. C'est l&#224; l'occasion de d&#233;tourner l'attention de la carence flagrante de moyens d&#233;di&#233;s aux mesures &#233;ducatives, alors que la prison, elle, fonctionne en permanence. Les cr&#233;dits sont r&#233;serv&#233;s &#224; des CEF &#224; 700&#8239;euros par jour et par mineur qui accueillent seulement 1 600 jeunes chaque ann&#233;e, mais on n&#233;glige le milieu ouvert qui concerne l'immense majorit&#233; des mineurs suivis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, quel est l'&#233;tat du dispositif actuel ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet de r&#233;forme l&#233;gislative laisse enti&#232;re la question majeure : la justice viole l'article&#8239;12-3 de l'ordonnance de 1945 qui exige que dans les cinq jours une mesure &#233;ducative de milieu ouvert soit attribu&#233;e, sous-entendu mise en &#339;uvre. Certaines ne le seront qu'au bout de plusieurs mois, d'autres jamais. Ne perdons donc pas d'&#233;nergie et appliquons la loi avant de la changer ! La loi du 12 mars 2012 invitait &#224; une r&#233;volution culturelle et des pratiques : g&#233;rer l'urgence. &#192; la diff&#233;rence de l'ASE ou de l'h&#244;pital, la Protection judiciaire de la jeunesse reste incapable de mettre en place des protocoles pour intervenir rapidement et prioriser les situations &#224; traiter. Et le m&#234;me &#233;ducateur suit toujours vingt-cinq situations, donc il ne les suit pas. Pour prot&#233;ger la soci&#233;t&#233; et garantir au mieux la s&#233;curit&#233;, il faut certes combattre la r&#233;it&#233;ration, mais aussi pr&#233;venir, faire en sorte que les non-d&#233;linquants ne le deviennent pas. Or, force est d'observer que tous les voyants sont au rouge, laissant craindre &#224; bref d&#233;lai une explosion des situations faute de traitement en temps utile. Alors que la premi&#232;re ligne de protection des enfants est familiale, tous les pans du dispositif de proximit&#233; susceptibles d'aider les parents sont en crise. Le Service social scolaire et le Service de promotion de la sant&#233; en faveur des &#233;l&#232;ves sont toujours exsangues, la p&#233;dopsychiatrie souvent inexistante, la p&#233;diatrie souffre, la PMI &#8211; m&#233;decine de quartier facilement accessible &#8211; r&#233;gresse et dans dix-sept d&#233;partements la Pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e n'existe d&#233;j&#224; plus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que pourrait proposer une r&#233;forme ambitieuse de l'enfance d&#233;linquante ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quitte &#224; aller vers des r&#233;formes utiles, il faudrait &#233;tendre le champ de l'ordonnance de 1 945 aux jeunes majeurs, mobiliser la soci&#233;t&#233; civile pour compl&#233;ter la force d'intervention des travailleurs sociaux, mettre fin au monopole public sur les mesures de libert&#233; surveill&#233;e, garantir sur la dur&#233;e une coh&#233;rence dans la d&#233;fense des enfants ou encore mettre en place sur les territoires des instances de r&#233;gulation pour les cas les plus difficiles. Un code concentr&#233; sur la justice p&#233;nale des mineurs comme il est propos&#233; enferme dans une vision &#233;triqu&#233;e. Quant &#224; codifier, autant avancer vers un code de l'enfance qui s'attache au statut de l'enfant &#8211; ses droits et libert&#233;s &#8211; d'o&#249; d&#233;coulent tout logiquement ses responsabilit&#233;s disciplinaire, civile et p&#233;nale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lettre ouverte &#224; Monsieur le Pr&#233;sident</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1249-Lettre-ouverte-a-Monsieur-le-President</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Exclusion</dc:subject>
		<dc:subject>1249</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Monsieur le Pr&#233;sident &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes quelques familles Roms de nationalit&#233; roumaine install&#233;es depuis six ans dans des bidonvilles sur le territoire du Val Maubu&#233;e et plus pr&#233;cis&#233;ment sur la commune de Champs-sur-Marne (77). En tout, nous sommes environ 500 personnes &#224; vivre dans des conditions particuli&#232;rement difficiles, mais qui nous sont impos&#233;es, de fait, par la n&#233;cessit&#233; qui est la n&#244;tre de vouloir vivre et travailler en France et permettre ainsi de donner &#224; nos enfants des perspectives pour un (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Monsieur le Pr&#233;sident&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes quelques familles Roms de nationalit&#233; roumaine install&#233;es depuis six ans dans des bidonvilles sur le territoire du Val Maubu&#233;e et plus pr&#233;cis&#233;ment sur la commune de Champs-sur-Marne (77). En tout, nous sommes environ 500 personnes &#224; vivre dans des conditions particuli&#232;rement difficiles, mais qui nous sont impos&#233;es, de fait, par la n&#233;cessit&#233; qui est la n&#244;tre de vouloir vivre et travailler en France et permettre ainsi de donner &#224; nos enfants des perspectives pour un avenir meilleur. Comme vous pouvez vous en douter, cette situation d'une grande pr&#233;carit&#233; est renforc&#233;e par le fait que le propri&#233;taire (EPA Marne) des terrains sur lesquels nous sommes install&#233;s, ainsi que la collectivit&#233; locale de Champs-sur-Marne, ont engag&#233; &#224; notre encontre des d&#233;marches administratives ou judiciaires aux fins de nous contraindre &#224; quitter ces lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin de la tr&#234;ve hivernale risque de signer une fois encore la fin de notre bidonville. Toutes les familles concern&#233;es seront jet&#233;es &#224; la rue, sans qu'aucun diagnostic ni r&#233;flexion sur des solutions alternatives dignes et stables n'aient pu avoir lieu. Et pourtant un certain nombre de nos enfants sont scolaris&#233;s, malgr&#233; les barri&#232;res &#233;rig&#233;es par les &#233;lus locaux et certains d'entre nous ont aujourd'hui un travail et parfois en CDI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant ces six ann&#233;es, nous avons d&#251; subir environ 80 expulsions (demand&#233;es par le propri&#233;taire ou la mairie, et ex&#233;cut&#233;es par le pr&#233;fet), qui n'ont fait qu'aggraver la pr&#233;carit&#233; de notre situation et ont aussi co&#251;t&#233; cher &#224; la collectivit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons, avec le collectif qui nous accompagne, pris bonne note de votre volont&#233; de r&#233;soudre ces situations d'habitat indigne, en particulier par la mise en place de strat&#233;gies territoriales et la recherche de solutions p&#233;rennes et adapt&#233;es pr&#233;vues par l'instruction du 25&#8239;janvier 2018. Nous avons donc entam&#233; ensemble une r&#233;flexion qui nous a conduits &#224; la fois &#224; nous questionner sur notre volont&#233; de poursuivre notre vie ici, mais aussi sur la recherche de solutions constructives, et sur les conditions n&#233;cessaires &#224; la mise en &#339;uvre de projets de cette nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes aujourd'hui parfaitement conscients des difficult&#233;s que de tels projets peuvent poser, mais notre souhait de pouvoir mener, ici, une vie normale, apr&#232;s des ann&#233;es de cette immense pr&#233;carit&#233;, veut montrer notre d&#233;termination dans cette d&#233;marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous permettons &#233;galement de vous rappeler que les conditions de vie qui nous sont faites dans notre pays d'origine ainsi que les discriminations dont notre communaut&#233; est victime ne peuvent en aucun cas nous inciter &#224; retourner vivre en Roumanie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, ces ann&#233;es nous ont aussi permis de nous cr&#233;er une vie sociale sur le secteur, et d'y avoir des relations riches avec nombre de ses habitants. Notre objectif n'est pas de vivre de la mendicit&#233; ou de l'assistanat, pas plus que nous ne souhaitons &#234;tre un poids pour l'&#233;conomie de votre pays. Nous d&#233;sirons par-dessus tout trouver les moyens de devenir autonomes en la mati&#232;re. Cela n&#233;cessite certes un peu de temps, mais surtout un minimum de stabilit&#233; et de s&#233;curisation de nos lieux de vies. &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, oui, monsieur le Pr&#233;sident, nous souhaitons nous installer durablement en France, comme l'ont fait avant nous des centaines de milliers d'immigrants, qui contribuent aujourd'hui &#224; la grandeur et la richesse de votre pays. Nous voulons comme eux, bien que moins nombreux, apporter notre contribution &#224; la richesse de votre pays et vivre en harmonie avec la population fran&#231;aise. Si notre propos n'est pas de vous demander de r&#233;gler la situation de chacun d'entre nous, il appara&#238;t cependant que votre action et les d&#233;cisions que vous pourriez prendre peuvent, plus que toute autre, contribuer &#224; trouver ensemble une solution globale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi nous vous demandons dans l'imm&#233;diat, et pour permettre &#224; tous de construire et d'organiser l'avenir, de d&#233;cr&#233;ter un moratoire sur les expulsions afin que nous puissions avec les pouvoirs publics &#224; tous les niveaux mettre en place des projets s&#233;rieux et humains. D'inviter les acteurs locaux (&#233;lus, administrations, associations, collectifs et des repr&#233;sentants des habitants de bidonvilles et de squats) &#224; se r&#233;unir pour que des initiatives puissent voir le jour et permettent de construire localement des solutions p&#233;rennes et humaines. Nous savons &#233;galement que des cr&#233;dits ont &#233;t&#233; mobilis&#233;s pour aider &#224; la mise en &#339;uvre de solutions de ce type et nous vous en remercions et appelons &#224; en mobiliser davantage pour acc&#233;l&#233;rer la dynamique de r&#233;sorption des bidonvilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous restons &#224; votre disposition pour d&#233;velopper plus amplement ces questions si vous le souhaitez. Nous restons en attente de vos d&#233;cisions et mettons tous nos espoirs dans votre volont&#233; de voir ces questions trouver enfin des solutions humaines et pertinentes pour nous et nos enfants. Dans l'attente, nous vous prions d'agr&#233;er, monsieur le Pr&#233;sident, l'expression de notre plus haute consid&#233;ration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Faire le trottoir&#8230;</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1249-Faire-le-trottoir</link>
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		<dc:date>2019-04-16T07:25:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>1249</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est faire une pause, s'extraire du service. Se d&#233;caler de ces jeunes gluants, &#233;nervants, attachants, d&#233;goulinants, int&#233;ressants, violents, provocants&#8230;. S'extraire d'un quotidien qui va vite, o&#249; il faut penser rapidement et r&#233;agir lentement. Faire le trottoir c'est sortir et souvent c'est aussi rencontrer. Ces autres professionnels qui s'extraient sur le trottoir, ceux qui soufflent, ceux qui r&#233;fl&#233;chissent, ceux qui rient, ceux qui r&#226;lent, ceux qui ont envie de pleurer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Faire le trottoir c'est prendre le (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est faire une pause, s'extraire du service. Se d&#233;caler de ces jeunes gluants, &#233;nervants, attachants, d&#233;goulinants, int&#233;ressants, violents, provocants&#8230;. S'extraire d'un quotidien qui va vite, o&#249; il faut penser rapidement et r&#233;agir lentement. Faire le trottoir c'est sortir et souvent c'est aussi rencontrer. Ces autres professionnels qui s'extraient sur le trottoir, ceux qui soufflent, ceux qui r&#233;fl&#233;chissent, ceux qui rient, ceux qui r&#226;lent, ceux qui ont envie de pleurer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire le trottoir c'est prendre le temps de discuter, d'&#233;changer, pour rendre ce trottoir encore meilleur, plus savoureux. Etre sur le trottoir c'est aussi &#234;tre disponible pour ces anciens qui ont besoin de nous faire part de leurs projets, de leurs avanc&#233;es. Besoin de v&#233;rifier que nous sommes encore et toujours l&#224;, pr&#233;sents pour soutenir, encourager, contenir, rassurer. Ils ont besoin de nous trouver sur le trottoir pour mesurer le chemin parcouru et repartir nous laissant seul sur le trottoir. Mon passage sur le trottoir se fait souvent avec un caf&#233;, caf&#233; sablier, le caf&#233; s'&#233;puise dans la tasse annon&#231;ant la fin du moment pour moi et pour ces autres rencontr&#233;s au bon vouloir du trottoir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Expo &#8226; Univers singuliers</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1249-Expo-o-Univers-singuliers</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Exposition</dc:subject>
		<dc:subject>1249</dc:subject>

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&lt;p&gt;Des corps allong&#233;s, endormis, sur les pav&#233;s parisiens, racontent &#224; eux seuls la solitude, l'&#233;puisement des sans-abri. Au fil de ses p&#233;r&#233;grinations dans la ville, le graphiste Marc Prudent photographie les marginaux et les laiss&#233;s-pour-compte. Des foules de bonhommes, personnages sans bras en bois flott&#233;, du sculpteur Marc Bourlier, s'agglutinent dans des casiers tableaux. Dans un myst&#233;rieux fouillis, les dessins au crayon de Marcel Katuchevski luttent contre l'effacement d'une m&#233;moire. Des silhouettes (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Des corps allong&#233;s, endormis, sur les pav&#233;s parisiens, racontent &#224; eux seuls la solitude, l'&#233;puisement des sans-abri. Au fil de ses p&#233;r&#233;grinations dans la ville, le graphiste Marc Prudent photographie les marginaux et les laiss&#233;s-pour-compte. Des foules de bonhommes, personnages sans bras en bois flott&#233;, du sculpteur Marc Bourlier, s'agglutinent dans des casiers tableaux. Dans un myst&#233;rieux fouillis, les dessins au crayon de Marcel Katuchevski luttent contre l'effacement d'une m&#233;moire. Des silhouettes fantomatiques, des visages horrifi&#233;s sortent de magmas &#233;clat&#233;s, de cataclysmes de l'horreur. Po&#233;tique, le court-m&#233;trage d'animation de Jean-Pierre Jeunet et Romain Segaud &lt;i&gt;Deux escargots s'en vont&lt;/i&gt; (1) s'inspire de l'&#339;uvre de l'artiste singulier Jephan de Villiers. Un dr&#244;le de bestiaire insolite et joyeux compos&#233; de petites bestioles faites de mat&#233;riaux collect&#233;s dans la nature, qui r&#233;citent le po&#232;me &lt;i&gt;Chanson des escargots qui vont &#224; l'enterrement&lt;/i&gt; de Jacques Pr&#233;vert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2428 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L452xH249/screenshot_21-5-8c02d.png?1694404024' width='452' height='249' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Centre abb&#233; Pierre - Emma&#252;s, &#224; Esteville (Seine-Maritime), accueille pendant trois mois la sixi&#232;me &#233;dition de l'exposition &lt;i&gt;Le G&#233;nie des Modestes&lt;/i&gt;. S&#233;lectionn&#233;es par Martine Lusardy, directrice de La Halle Saint-Pierre &#224; Paris, les &#339;uvres de Pierre Amourette, Marc Bourlier, Pascal Hecker, Ir&#232;ne Mathias, Marcel Katuchevski, Marc Prudent, Jean-Pierre Jeunet et Romain Segaud, s'inscrivent dans la filiation des arts brut et singulier. Ces artistes inventent des univers singuliers et r&#233;v&#232;lent des mondes int&#233;rieurs, des utopies ou des r&#234;ves. Par la cr&#233;ation artistique, &lt;i&gt;Le G&#233;nie des modestes&lt;/i&gt; d&#233;cline le message de simplicit&#233; et de g&#233;n&#233;rosit&#233; de l'abb&#233; Pierre et du mouvement Emma&#252;s. Des &#339;uvres surprenantes, accessibles &#224; tous, qui laissent une place importante &#224; la spontan&#233;it&#233; et aux &#233;motions. Il y a bien du g&#233;nie dans la modestie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) &#192; visionner sur Youtube.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le G&#233;nie des Modestes, exposition temporaire dans la filiation de l'art brut du 1er avril au 30 juin 2019, tous les jours de 10h &#224; 18h&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.centre-abbe-pierre-emmaus.org&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.centre-abbe-pierre-emmaus.org&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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