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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>B&#233;n&#233;voles face &#224; l'intol&#233;rable</title>
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		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Protection de l'enfance</dc:subject>
		<dc:subject>1248</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Evangeline Masson Diez m&#232;ne une recherche sur l'h&#233;bergement priv&#233; de jeunes isol&#233;s &#233;trangers. Un ultra b&#233;n&#233;volat ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Quel parall&#232;le faites-vous entre le recours au b&#233;n&#233;volat qui se d&#233;veloppe dans certains d&#233;partements pour l'accueil de mineurs non accompagn&#233;s (MNA) et les initiatives priv&#233;es que vous &#233;tudiez ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont deux choses tr&#232;s diff&#233;rentes. L'intervention des familles d'accueil b&#233;n&#233;voles est encadr&#233;e par le d&#233;partement : d&#233;dommagement financier, accueil limit&#233; dans le temps, travailleur social d&#233;di&#233;&#8230; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1248-" rel="tag"&gt;1248&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Evangeline Masson Diez m&#232;ne une recherche sur l'h&#233;bergement priv&#233; de jeunes isol&#233;s &#233;trangers. Un ultra b&#233;n&#233;volat ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2415 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH142/capture_d_ecran_2021-02-01_a_10.56.51-fa0cc.png?1694427099' width='500' height='142' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel parall&#232;le faites-vous entre le recours au b&#233;n&#233;volat qui se d&#233;veloppe dans certains d&#233;partements pour l'accueil de mineurs non accompagn&#233;s (MNA) et les initiatives priv&#233;es que vous &#233;tudiez ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont deux choses tr&#232;s diff&#233;rentes. L'intervention des familles d'accueil b&#233;n&#233;voles est encadr&#233;e par le d&#233;partement : d&#233;dommagement financier, accueil limit&#233; dans le temps, travailleur social d&#233;di&#233;&#8230; Cette solution, encore marginale, pr&#233;sente certes un avantage &#233;conomique pour les d&#233;partements, mais il y a aussi un d&#233;ficit d'assistants familiaux et une difficult&#233; &#224; en recruter. Ces personnes qui se mobilisent b&#233;n&#233;volement ne se seraient jamais positionn&#233;es comme assistant familial. Elles ont un m&#233;tier qu'elles souhaitent conserver. D'un autre c&#244;t&#233;, pour le jeune, il y a un avantage &#224; vivre dans un cadre agr&#233;able, &#224; acqu&#233;rir des codes via la vie quotidienne d'une famille fran&#231;aise. Mais cela concerne des jeunes pris en charge par l'ASE. Les h&#233;bergeurs priv&#233;s auxquels je m'int&#233;resse se mobilisent pour l'accueil de jeunes migrants &#224; la rue non reconnus mineurs et donc sans aucune prise en charge. Leur action s'inscrit en marge de l'action publique, dont ils d&#233;noncent les failles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous parlez d'h&#233;bergement &#171; priv&#233; &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;bergement &#171; priv&#233; &#187; ou &#171; solidaire &#187;, car les personnes que j'ai rencontr&#233;es lors de mon enqu&#234;te, men&#233;e notamment au sein d'un des collectifs parisiens qui ont &#233;merg&#233; &#224; partir de l'&#233;t&#233; 2015, rejettent l'expression d'h&#233;bergement &#171; citoyen &#187;, mot qui renvoie trop &#224; une position au sein de la soci&#233;t&#233;, notamment au droit de vote, excluant de fait certaines personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment analysez-vous ce processus d'engagement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui s'engagent r&#233;agissent &#224; un intol&#233;rable. Ils s'opposent, par l'action, &#224; une politique jug&#233;e insoutenable et &#224; des associations et des professionnels de l'intervention sociale jug&#233;s trop mous. De plus, le mode d'action permet d'agir facilement : pas d'entretien avant d'acc&#233;der au public, ni de charte ou de contrat d'engagements &#224; signer. L'action se passe l&#224;, au coin de la rue. Les r&#233;seaux sociaux font office d'affiliation : on s'inscrit. Dans la foul&#233;e on peut tout de suite faire quelque chose : apporter trois paires de chaussures, des couvertures ou trois kilos de fruits, vu que tout est bon &#224; prendre dans l'urgence. En 2016, on signalait sur la page Facebook du collectif local son accord pour h&#233;berger un jeune et dans les trois heures un jeune arrive. M&#234;me un matelas par terre &#233;tait pr&#233;f&#233;rable &#224; la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que disent les jeunes de cet accueil ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains jeunes se saisissent des opportunit&#233;s offertes par ces particuliers et c'est d'ailleurs parfois bien difficile de passer ensuite &#224; des dispositifs d'accueil en foyer ou m&#234;me en famille d'accueil. Pour autant, &#231;a ne convient pas &#224; tout le monde. Pour certains jeunes, il y a l'&#233;tonnement de voir des Fran&#231;ais pr&#234;ts &#224; les aider alors qu'on les a pr&#233;par&#233;s au contraire, et celui de voir que peu de personnes issues de la diaspora de leurs pays d'origine sont mobilis&#233;es pour eux. L'&#233;tonnement et l'embarras aussi de se retrouver le plus souvent h&#233;berg&#233; par une femme. Si elle est relativement jeune et c&#233;libataire, cela peut para&#238;tre louche pour la famille du jeune, qui pr&#233;f&#233;ra taire les conditions de son accueil. De fait, pr&#232;s de 80&#8239;% des h&#233;bergeurs priv&#233;s sont des femmes &#226;g&#233;es de 25 &#224; 39 ans, ayant des m&#233;tiers le plus souvent intellectuels et/ou artistiques. Cet h&#233;bergement est aussi tu face aux institutions, au risque pour le jeune de ne plus &#234;tre consid&#233;r&#233; comme isol&#233; ou non accompagn&#233;. La premi&#232;re nuit, c'est l'inconnu. Ensuite il y a ceux qui vont avoir les cl&#233;s et ceux qui vont devoir s'occuper dans la journ&#233;e car ils ne peuvent rester seuls dans l'appartement. Le sentiment de d&#233;ranger, de risquer d'&#234;tre accus&#233; en cas de probl&#232;me n'est pas confortable. Et il y a ce besoin de contact humain des h&#233;bergeurs. M&#234;me si les personnes qui coordonnent les programmes pr&#233;cisent qu'il faut &#233;viter de solliciter les jeunes sur leur parcours, les h&#233;bergeurs ont envie de conna&#238;tre l'histoire de ceux qu'ils accueillent. Or, le syst&#232;me reposant sur un roulement pour &#233;viter la saturation des places d'accueil, c'est un &#233;ternel recommencement pour les jeunes. Et parfois un &#171; choc moral &#187; pour les h&#233;bergeurs, qui prennent conscience du v&#233;cu de ces jeunes. Comme les dispositifs officiels, ces collectifs se trouvent satur&#233;s rapidement et cherchent sans cesse des places.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2416 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH206/capture_d_ecran_2021-02-01_a_10.57.16-d664d.png?1694427099' width='500' height='206' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'en pensent les intervenants sociaux du secteur associatif que vous avez interrog&#233;s dans votre enqu&#234;te ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les intervenants classiques du secteur associatif, cette solution permet certes d'&#233;viter la rue, mais elle invisibilise aussi la question et emp&#234;che de faire bouger les lignes. En somme cet engagement est vu comme allant paradoxalement &#224; l'encontre du politique. De plus, ces intervenants s'interrogent sur le fait que les h&#233;bergeurs ne sont soumis &#224; aucun contr&#244;le ni encadrement. Si aucun incident n'a &#233;t&#233; rapport&#233;, ils s'interrogent sur le rapport de d&#233;pendance voire d'exploitation entre h&#233;bergeurs et h&#233;berg&#233;s. Quels sont les rapports de pouvoir au sein de ces h&#233;bergements priv&#233;s ? Il est impossible pour les jeunes de critiquer cet accueil mais certains ont pr&#233;f&#233;r&#233; retourner en squat. En m&#234;me temps ces acteurs qui doutent font aussi appel &#224; ces collectifs pour &#233;viter la rue &#224; des jeunes non reconnus mineurs. Ils sont dans une forme d'ambigu&#239;t&#233; vis-&#224;-vis de cet h&#233;bergement priv&#233;. Il reste que b&#233;n&#233;ficier de ces aides priv&#233;es d&#233;pend totalement du feeling du &#171; b&#233;n&#233;vole &#187; ou de &#171; l'aidant &#187;, comme je propose de les appeler, puisque certains refusent le nom de &#171; b&#233;n&#233;vole &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les h&#233;bergeurs priv&#233;s ne se consid&#232;rent pas comme des b&#233;n&#233;voles ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les h&#233;bergeurs priv&#233;s revendiquent une nouvelle forme d'engagement, plus souple, plus r&#233;actif par rapport &#224; du b&#233;n&#233;volat encadr&#233; par des associations. C'est clairement per&#231;u comme deux choses tr&#232;s diff&#233;rentes. Dans les collectifs, on est capable d'organiser en 48&#8239;heures un repas pour deux cents personnes. Les gens ont le sentiment de pouvoir d&#233;placer des montagnes. Il y a un esprit d'aventurier. Un c&#244;t&#233; na&#239;f qui fait aussi que &#231;a marche. Mais il y a un revers. Au bout d'un certain temps, on mesure de l'&#233;puisement, certains arr&#234;tent, d'autres passent &#224; une phase plus radicale, plus politique d'engagement mais en arr&#234;tant l'h&#233;bergement et il y a un d&#233;ficit de temps partag&#233; entre ces aidants, ce qui emp&#234;che le sentiment d'appartenance &#224; un groupe et surtout une vision globale de l'action sur le long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce que des travailleurs sociaux sont impliqu&#233;s &#224; titre personnel dans ces collectifs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela reste rare et tabou. Ils basculent lorsque ce qu'on leur demande de faire devient insoutenable au regard de leur &#233;thique professionnelle ; ils ont alors le sentiment d'&#234;tre enfin utiles. Pour autant, le sentiment d'outrepasser la d&#233;ontologie reste difficile &#224; assumer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Je te vouvoie ou je te tutoie ?</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Usager</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Dans le travail social, on peut tutoyer autant par m&#233;pris que par volont&#233; de proximit&#233;. On peut vouvoyer autant par respect que par volont&#233; de mettre &#224; distance. On peut aussi se faire la bise ou se saluer de loin. Tout est affaire de personnalit&#233;, de principe et d'intensit&#233; du lien. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Vincent Pallard , moniteur-&#233;ducateur en MAS prenant en charge les troubles psychotiques (1) &lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne sais pas pour toi, coll&#232;gue, mais je ne pensais pas me sentir si d&#233;stabilis&#233; dans la relation avec toi ou nos (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1248-" rel="tag"&gt;1248&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le travail social, on peut tutoyer autant par m&#233;pris que par volont&#233; de proximit&#233;. On peut vouvoyer autant par respect que par volont&#233; de mettre &#224; distance. On peut aussi se faire la bise ou se saluer de loin. Tout est affaire de personnalit&#233;, de principe et d'intensit&#233; du lien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Vincent Pallard , moniteur-&#233;ducateur en MAS prenant en charge les troubles psychotiques (1)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas pour toi, coll&#232;gue, mais je ne pensais pas me sentir si d&#233;stabilis&#233; dans la relation avec toi ou nos collaborateurs. &lt;i&gt;&#171; Se rencontrer &#187;&lt;/i&gt;, ce seuil impr&#233;cis de l'entre-soi, comporte comme un espace de tension quasi indicible. Bonjour, salut, Tu, Vous, la main, la bise ? Et combien de bises ? C'est na&#239;f mais j'&#233;tais charg&#233; de repr&#233;sentations immanentes au secteur d'activit&#233; lui-m&#234;me, qui m'amenaient &#224; concevoir la relation plus d&#233;lest&#233;e de l'h&#233;ritage socio-culturel de notre d&#233;corum. &#171; Social &#187; sous-tendait chez moi une &#233;vidence de l'amicalit&#233;. &#171; Travailler dans le social &#187; : cette expression m'&#233;voquait une dimension corporative de la profession qui me chuchotait tacitement une pratique de la camaraderie. J'ai pr&#233;jug&#233; que dans le social on avait le &#171; TU &#187; au bord des l&#232;vres et que de l&#224; d&#233;coulait la proximit&#233; du rapport humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'ambigu&#239;t&#233; de la rencontre r&#233;side m&#234;me dans sa d&#233;finition : la rencontre, c'est une entrevue formelle, un engagement de comp&#233;tition ou un &lt;i&gt;&#171; choc &#187;&lt;/i&gt;, un &lt;i&gt;&#171; heurt &#187;&lt;/i&gt; ! Tu le sens, toi, le malaise de l'&#233;volution sociolinguistique ? D'autant que l'on sait bien que cette rencontre s'op&#232;re en fait chaque jour au travers du prisme d'une relation soumise &#224; deux subjectivit&#233;s en mouvement perp&#233;tuel qui, oui, s'entrechoquent l'une l'autre. Alors, si ta v&#233;rit&#233; et la mienne entrent en r&#233;sonance, en collision, il est probable que cette pr&#233;sum&#233;e proximit&#233; enfant&#233;e par mes croyances soit en fait une &#233;preuve pour le besoin de distance de nos individualit&#233;s. Se dire &lt;i&gt;&#171; tu &#187;&lt;/i&gt; semblerait nous inclure dans nos espaces respectifs quand se dire &lt;i&gt;&#171; vous &#187;&lt;/i&gt; reviendrait &#224; nous pr&#233;munir contre nos intimit&#233;s. De plus, notre int&#233;riorit&#233; est en cela inconstante qu'elle peut aussi moduler la fa&#231;on de s'apostropher d'un jour &#224; un autre. Car si je te claque la bise aujourd'hui, rien ne me garantit que demain tes humeurs ne te pousseront pas &#224; hocher la t&#234;te, au bout du couloir. Rien ne t'assure qu'au lendemain d'une r&#233;union houleuse je te serrerai la main aussi enthousiasm&#233; que la veille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dynamique affective est aussi &#224; l'&#339;uvre dans nos inter&#173;actions professionnel&#173;les. Et toi, ch&#232;re coll&#232;gue &#233;duc'que j'ai tutoy&#233;e, salu&#233;e, bis&#233;e jusqu'&#224; ce que tu ne deviennes cheffe de service, quel instinct t'a amen&#233;e &#224; r&#233;actualiser nos rapports par un bonjour &#233;l&#233;mentaire ? Est-ce &#224; dire qu'il te faut t'immuniser contre les enjeux de notre passif affectif au prix du r&#233;confort du p&#233;rim&#232;tre hi&#233;rarchique ? Ou est-ce que le syst&#232;me pyramidal nous impose une notice de la relation au salari&#233; ? Toi aussi, tu vouvoyais ton sup&#233;rieur et te voil&#224; maintenant &#224; tutoyer ses bonjours. Le choix du pronom nominal est-il une question de statut, de fonction, de classe ? J'ai pourtant tutoy&#233; et empoign&#233; chaleureusement mes anciens directeur et chef de service sans jamais faire montre d'insubordination, tu sais. Et paradoxalement, il m'est arriv&#233; de riposter avec impertinence aux injonctions coercitives de ma nouvelle directrice, en d&#233;pit du vouvoiement et du respect de son patronyme. Je tutoie la psychologue qui me bise en retour, sans pour autant oser la rencontre pendant notre pause clope. J'appelle la psychiatre &#171; docteur &#187; sans pouvoir lui serrer la main, pourtant il nous arrive de marcher sur le fil de la fami&#173;liarit&#233;. Il nous arrive m&#234;me de nous engueuler !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans quelle mesure le &lt;i&gt;&#171; tu &#187;&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;&#171; vous &#187;&lt;/i&gt;, le contact psychique cristallisent-ils le respect, la politesse, l'hostilit&#233; ou l'irr&#233;v&#233;rence ? C'est d'autant plus &#233;trange qu'au del&#224; de la fonction il est plus courant de biser notre coll&#232;gue femme, vouvoyer notre a&#238;n&#233;, et de se tutoyer la pince entre mecs&#8230; &#199;a te choque, toi, si je te dis que je fais la bise au veilleur de nuit et que je serre la main &#224; l'assistante sociale quinquag&#233;naire ? &lt;br class='autobr' /&gt;
D'ailleurs, maintenant que j'y pense, t'ai-je offens&#233; en te tutoyant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Vincent Pallard est l'auteur de Chroniques d'un &#233;ducateur devenu usager, L'Harmattan (2018)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2405 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH481/capture_d_ecran_2021-01-31_a_12.28.33-2926d.png?1694427100' width='500' height='481' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Maxime Dauphin, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; en protection de l'enfance et doctorant au laboratoire Experice &#224; Paris 8&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le tutoiement est une pratique courante en protection de l'enfance. Pour autant, elle prend toute sa signification dans l'agir du quotidien et la d&#233;rive consistant &#224; banaliser le lien remet parfois en cause la posture professionnelle de l'&#233;ducateur. Cet usage ne peut se concilier qu'avec une approche &#233;thique de la relation &#233;ducative. Pour corroborer cette analyse, je vais me fier &#224; mon exp&#233;rience professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque je fis la rencontre de Paul, il me parla un jour de sa sid&#233;ration face &#224; l'usage excessif de la pratique de l'&#233;crit de la part d'&#233;ducateurs, qu'il nommait &lt;i&gt;&#171; greffiers &#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; On choisit de se confier plus &#224; certains &#233;ducs et on s'amuse &#224; dire n'importe quoi &#224; table, rien que pour les voir &#233;crire comme des greffiers apr&#232;s. &#187;&lt;/i&gt; Ces &lt;i&gt;&#171; greffiers &#187;&lt;/i&gt; &#233;crivaient autant &lt;i&gt;&#171; pour se rassurer professionnellement &#187;&lt;/i&gt;, voire &lt;i&gt;&#171; ne rien oublier des informations de la journ&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, que pour faciliter la communication entre professionnels. Il y avait une logique rationnelle dans leur argumentaire, mais en aucun cas l'incidence dans la relation &#233;ducative n'&#233;tait abord&#233;e. Une des cons&#233;quences &#233;tant que ce jeune, ainsi que certains autres, ont arr&#234;t&#233; de parler aux &#233;ducateurs ou du moins de se confier &#224; eux. Paul n'h&#233;sita pas m&#234;me &#224; en vouvoyer certains&#8230; Les &#233;ducateurs se trouv&#232;rent ainsi d&#233;sempar&#233;s devant ce type de r&#233;action, mais pr&#233;f&#233;r&#232;rent garder leur fonctionnement plut&#244;t que d'amorcer un questionnement &#233;thique sur la pratique de l'&#233;crit. En r&#233;action, des &#233;ducateurs se mirent &#224; vouvoyer Paul, m'amenant &#224; s&#233;rieusement questionner une protocolisation de l'acte de relationnel (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La posture professionnelle se retrouve li&#233;e &#224; cette pratique de l'&#233;crit, devenant, dans ce genre de circonstance, une technique participant &#224; cette qu&#234;te de la v&#233;rit&#233;, de l'aveu, produite sur l'enfant. La parabole du &lt;i&gt;&#171; greffier &#187;&lt;/i&gt; peut renvoyer &#224; une conception panoptique, voire techniciste du travail &#233;ducatif, occultant la dimension affective que je vais &#233;noncer au travers la narration d'une seconde exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque j'ai rencontr&#233; Oumar, c'&#233;tait &#224; l'occasion de l'ouverture d'un des services accueillant des Mineurs non accompagn&#233;s. Loin d'&#234;tre au clair de ce que pouvait repr&#233;senter sa prise en charge au travers de ce vaste dispositif de la protection de l'enfance, il vint vers moi et me posa alors cette question : &lt;i&gt;&#171; Tu vas me trouver une &#233;cole ? &#187;&lt;/i&gt; La d&#233;charge affective &#233;tait telle que l'usage du tutoiement s'imposait naturellement. Cependant, il ne devait pas &#234;tre un effet miroir devant l'urgence de sa pr&#233;occupation, qui sonnait presque comme une injonction. En r&#233;ponse donc, je pris le temps de me pr&#233;senter : &lt;i&gt;&#171; Bonjour Oumar, je me pr&#233;sente, je m'appelle Maxime Dauphin, je suis ton &#233;ducateur r&#233;f&#233;rent. Ne t'inqui&#232;te pas pour l'&#233;cole, je vais faire les d&#233;marches n&#233;cessaires. En attendant nous allons apprendre &#224; nous conna&#238;tre. &#187;&lt;/i&gt; Confront&#233; aux angoisses massives d'un MNA autour de ce triptyque qu'est le champ scolaire, de la sant&#233; et de l'administratif, l'&#233;ducateur doit chercher &#224; employer un certain cadre humanisant et contenant &lt;i&gt;&#171; psychiquement &#187;&lt;/i&gt;. L'usage du tutoiement permet, de plus, d'y corr&#233;ler une dimension affective que l'on pr&#234;te singuli&#232;rement voire culturellement &#224; l'&#233;ducation d'un enfant. Ainsi, concernant la probl&#233;matique des MNA, le tutoiement conforte une reconnaissance l&#233;gale de la minorit&#233; pour des jeunes vivant dans l'angoisse de la suspicion d'&#234;tre majeur (&#233;valuation sociale, test osseux). Loin des codes d'usa&#173;ges et d'une temporalit&#233; institutionnelle, l'agir du quotidien renverse en quelque sorte tout ce processus de normalisation, car c'est en d&#233;nouant les &lt;i&gt;&#171; n&#339;uds &#187;&lt;/i&gt; d'Oumar qu'un travail &#233;ducatif peut s'exercer autour de la prise en compte de la souffrance sociale du jeune et d'une r&#233;flexivit&#233; face &#224; la complexit&#233; de la situation de l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) &#201;mission France Culture du 21 f&#233;vrier 2018 : Entendez vous l'&#233;co ? &#192; votre sant&#233; : les malades du capitalisme&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Protection de l'enfance &#8226; Le b&#233;n&#233;volat en plein essor</title>
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		<dc:date>2019-04-02T07:40:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Protection de l'enfance</dc:subject>
		<dc:subject>1248</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le b&#233;n&#233;volat se d&#233;veloppe en protection de l'enfance. Le mouvement historique de professionnalisation du secteur a pu faire oublier ses racines plong&#233;es dans le b&#233;n&#233;volat. Sa r&#233;surgence actuelle est-elle un retour aux sources ou un appui opportun dans un contexte d'aust&#233;rit&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le b&#233;n&#233;volat a le vent en poupe. Il fleurit dans les discours politiques. Il symbolise cette &#171; soci&#233;t&#233; de l'engagement &#187; consacr&#233;e par le rapport de mai 2018 &#171; Pour une politique de vie associative ambitieuse et le d&#233;veloppement (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le b&#233;n&#233;volat se d&#233;veloppe en protection de l'enfance. Le mouvement historique de professionnalisation du secteur a pu faire oublier ses racines plong&#233;es dans le b&#233;n&#233;volat. Sa r&#233;surgence actuelle est-elle un retour aux sources ou un appui opportun dans un contexte d'aust&#233;rit&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le b&#233;n&#233;volat a le vent en poupe. Il fleurit dans les discours politiques. Il symbolise cette &lt;i&gt;&#171; soci&#233;t&#233; de l'engagement &#187;&lt;/i&gt; consacr&#233;e par le rapport de mai 2018 &lt;i&gt;&#171; Pour une politique de vie associative ambitieuse et le d&#233;veloppement d'une soci&#233;t&#233; de l'engagement &#187;&lt;/i&gt;, issu de la concertation men&#233;e dans le cadre du chantier &lt;i&gt;&#171; Vie associative &#187;&lt;/i&gt; lanc&#233;e &#224; l'automne 2017 par le Premier ministre. Selon une enqu&#234;te de la Fonda (1), 90&#8239;% des 22&#8239;millions de b&#233;n&#233;voles de plus de 18 ans exercent leur activit&#233; dans une association. Dans un contexte de crise entre mouvement associatif et pouvoir politique &#8211; notamment avec la suppression des emplois aid&#233;s &#8211; le rapport public place les associations comme &lt;i&gt;&#171; le lieu premier de l'engagement et une &#233;cole permanente de la citoyennet&#233; et de l'&#233;mancipation &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; actrices de la vitalit&#233; d&#233;mocratique [&#8230;] de la solidarit&#233; de proximit&#233;, et de la solidarit&#233; internationale, actrices de la lutte contre l'exclusion, la pauvret&#233; et les in&#233;galit&#233;s. Elles constituent un lieu d'acquisition de comp&#233;tences individuelles et collectives &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, il est soulign&#233; que les &lt;i&gt;&#171; associations ne sont pas seulement le lieu d'engagement des b&#233;n&#233;voles mais des espaces hybrides o&#249; cohabitent salari&#233;s experts, b&#233;n&#233;voles et volontaires &#187;&lt;/i&gt;. La CNAPE (Convention nationale des associations de protection de l'enfance) publiait en mai 2018 un rapport intitul&#233; : &lt;i&gt;&#171; L'engagement b&#233;n&#233;vole, une ressource-cl&#233; &#224; promouvoir dans les associations au b&#233;n&#233;fice des enfants et des jeunes. &#187; &lt;/i&gt; Un signe fort que l'acceptation de b&#233;n&#233;voles dans le champ de la protection de l'enfance a fait son chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2409 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH337/capture_d_ecran_2021-02-01_a_10.20.12-3cc10.png?1694427100' width='500' height='337' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chacun &#224; sa place&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le b&#233;n&#233;volat est dans l'ADN des associations, l'intervention en protection de l'enfance s'est construite sur un mouvement de professionnalisation, en particulier avec la cr&#233;ation du dipl&#244;me d'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; puis des nouveaux dipl&#244;mes mobilis&#233;s dans l'accompagnement des jeunes et des familles, &#224; domicile ou lors d'un placement. Pour Jean-Marie Vauchez, &#233;ducateur, pr&#233;sident de l'Organisation nationale des &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s (ONES) et coordinateur p&#233;dagogique &#224; l'&#201;cole de la protection de l'enfance, s'il est &lt;i&gt;&#171; difficile d'&#234;tre contre la bonne volont&#233; de donner de son temps, le recours au b&#233;n&#233;volat entre n&#233;anmoins en r&#233;sonance avec le fait que de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale plus on est en proximit&#233; avec l'enfant et moins on est form&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Et d'alerter d'embl&#233;e sur la d&#233;rive possible d'un &lt;i&gt;&#171; b&#233;n&#233;volat cache-mis&#232;re &#187;&lt;/i&gt;. Il admet cependant l'int&#233;r&#234;t de le poser en alternative circonscrite &#224; certains domaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marcel Jaeger, membre du Haut Conseil du travail social (HCTS), note que la question du b&#233;n&#233;volat reste sensible par crainte de voir les b&#233;n&#233;voles se substituer aux professionnels : un non-sens selon lui. D'autant que &lt;i&gt;&#171; les fronti&#232;res s'effacent. D'une part les professionnels sont parfois eux-m&#234;mes dans des formes d'engagement, dans et hors travail. Ensuite, le b&#233;n&#233;volat s'inscrit davantage dans des processus de formation &#187;&lt;/i&gt;. Pour lui, le b&#233;n&#233;volat apporte aussi une possibilit&#233; de transformation des pratiques des professionnels. Arnaud Gallais, directeur g&#233;n&#233;ral de l'association Enfant Pr&#233;sent qui accompagne des familles en structures multi-accueil pr&#233;ventives, le rejoint. &lt;i&gt;&#171; Le b&#233;n&#233;vole a un rapport diff&#233;rent avec les personnes accompagn&#233;es. Il introduit un autre type de relation, plus naturel, il n'applique pas de technique d'entretien. &#187;&lt;/i&gt; Il souligne que le b&#233;n&#233;vole n'a pas acc&#232;s aux m&#234;mes informations que les travaileurs sociaux : &lt;i&gt;&#171; Son objectif n'est pas de travailler sur la situation mais de s'int&#233;resser &#224; la personne, en faisant abstraction justement de ce qui fait qu'elle est accompagn&#233;e. Il ne se pose pas la question de la finalit&#233; de l'action et entre plus facilement dans une relation de proximit&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Par cette posture, l'apport du b&#233;n&#233;vole est, selon lui, compl&#233;mentaire au travail des professionnels et interroge les techniques d'accompagnement. &lt;i&gt;&#171; D'un autre c&#244;t&#233;, c'est une personne qui donne de son temps, qui vient en plus. Les fonctions sur lesquelles on doit compter sont forc&#233;ment salari&#233;es. &#187;&lt;/i&gt; La plupart des acteurs semblent en fait s'accorder sur l'int&#233;r&#234;t d'ouvrir davantage l'intervention en protection de l'enfance au b&#233;n&#233;volat, &#224; condition que chacun reste &#224; sa place. Les actions les plus courantes se concentrent sur le soutien scolaire et les projets d'animation. Le parrainage, lui, se d&#233;veloppe &#224; travers des partenariats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2410 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L300xH223/capture_d_ecran_2021-02-01_a_10.23.02-104da.png?1694427100' width='300' height='223' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Malgr&#233; ce consensus apparent, la mise en place de ce b&#233;n&#233;volat ne va pas forc&#233;ment de soi. Le pr&#233;sident de la Sauvegarde du Finist&#232;re, Roger Abalain, se souvient de la r&#233;sistance premi&#232;re des travailleurs sociaux, voyant d'un &#339;il plut&#244;t m&#233;fiant la mise en lien des enfants et jeunes en difficult&#233; avec des b&#233;n&#233;voles. Cette r&#233;sistance inaugura une p&#233;riode de concertation aboutissant &#224; la d&#233;limitation d'un cadre : le b&#233;n&#233;vole retenu adh&#232;re &#224; l'association, signe une convention d'engagements r&#233;ciproques et conna&#238;t, via sa fiche de mission, ce qu'il peut faire, avec quels moyens et en articulation avec quel travailleur social. &lt;i&gt;&#171; Personne ne doit marcher sur personne &#187;&lt;/i&gt;, explique Jean-Pierre Alexandre, administrateur charg&#233; notamment du b&#233;n&#233;volat &#224; la Sauvegarde Finist&#232;re. &lt;i&gt;&#171; Le b&#233;n&#233;vole doit avoir conscience des personnes &#224; qui il s'adresse, tout en sachant qu'il ne lui appartient pas d'engager de travail &#233;ducatif ni de s'enqu&#233;rir des probl&#233;matiques &#224; l'origine de l'accompagnement en protection de l'enfance &#187;&lt;/i&gt;, souligne Roger Abalain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la conceptualisation de la place du b&#233;n&#233;vole avance avec la mise en place d'outils comme des contrats d'engagements r&#233;ciproques ou des chartes du b&#233;n&#233;volat, voire des journ&#233;es de formation, la mise en &#339;uvre de ce b&#233;n&#233;volat d'intervention n'est pas simple. Entre octobre 2016 et janvier 2019, la Sauvegarde Finist&#232;re a eu trente-cinq contacts pour finalement une dizaine de b&#233;n&#233;voles actifs, essentiellement dans le domaine de l'accompagnement scolaire. La plupart sont des &#233;tudiants en psycho de la fac toute proche dont l'engagement, li&#233; &#224; la n&#233;cessit&#233; d'acqu&#233;rir des exp&#233;riences en lien avec leur cursus, d&#233;passe rarement l'ann&#233;e scolaire. La permanence des liens, probl&#232;me r&#233;current en protection de l'enfance, est, l&#224; encore, fragilis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;oise est depuis vingt ans &#224; la retraite et b&#233;n&#233;vole &#224; Enfant Pr&#233;sent, association qu'elle a connue depuis son poste de responsable d'&#233;quipe &#224; l'Aide sociale &#224; l'Enfance (ASE) de Paris. L'une de ses premi&#232;res missions &#233;tait d'amener les assistantes maternelles de l'association au mus&#233;e. &lt;i&gt;&#171; Pour certaines, c'&#233;tait la toute premi&#232;re fois qu'elles y entraient. &#187;&lt;/i&gt; Puis elle se rend utile en fonction des besoins et de ses possibilit&#233;s au fil du temps. &lt;i&gt;&#171; J'adorais mon travail. Je joue un peu les prolongations, mais en restant &#224; ma place, et je me sens tr&#232;s favoris&#233;e d'avoir pu rester &#187;&lt;/i&gt; explique-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le b&#233;n&#233;volat, une bouff&#233;e d'air&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Sylvie Stephan, directrice de l'Institut de Formation au Travail Educatif et Social, un des &#233;tablissements de la Sauvegarde Finist&#232;re, le b&#233;n&#233;volat traverse d&#233;sormais tous les cycles de formation. Il fait son entr&#233;e par l'exp&#233;rience des stagiaires : &lt;i&gt;&#171; On travaille avec eux &#224; cr&#233;er un regard r&#233;flexif. Comment d&#233;finir leur professionnalit&#233; de demain en lien avec des b&#233;n&#233;voles ? C'est bien souvent l'occasion de faire un pas de c&#244;t&#233; pour r&#233;fl&#233;chir &#224; l'accompagnement et &#224; la mani&#232;re de l'aborder en tant que futur professionnel &#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; Le b&#233;n&#233;volat dans la protection de l'enfance, c'est int&#233;ressant parce que &#231;a donne une bouff&#233;e d'air&lt;/i&gt;, explique L&#233;o Mathey, le pr&#233;sident de REPAIRS ! 75, association d&#233;partementale d'entraide des personnes accueillies en protection de l'enfance (Adepape) de Paris. &lt;i&gt;Quand on est accompagn&#233;, on n'a affaire qu'&#224; des personnes qui sont certes l&#224; pour nous aider mais qui sont pay&#233;es pour cela. &#187;&lt;/i&gt; Tout en soulignant la compl&#233;mentarit&#233; des deux approches et se m&#233;fiant d'un d&#233;tournement possible du b&#233;n&#233;volat &#224; des fins budg&#233;taires, il pointe l'int&#233;r&#234;t de &lt;i&gt;&#171; sortir des enjeux de postures professionnelles &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pairs aidants am&#232;nent une nouvelle donne dans la mixit&#233; des intervenants en travail social et &lt;i&gt;&#171; participent du renouvellement des actions de solidarit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, note Marcel Jaeger. &#192; REPAIRS ! les membres actifs de l'association s'investissent eux aussi &#224; titre b&#233;n&#233;vole, notamment aupr&#232;s des 15-21 ans, afin de soutenir les sortants de la protection de l'enfance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'&#233;mulation par les pairs, c'est donner l'occasion aux jeunes accompagn&#233;s de se projeter dans des figures positives, qui ont pass&#233; le moment difficile qu'ils sont en train de vivre &#187;&lt;/i&gt;, souligne L&#233;o Mathey, qui rel&#232;ve que ces jeunes accompagn&#233;s aussi devraient pouvoir s'engager. &lt;i&gt;&#171; L'insertion, qui est l'enjeu majeur des sortants de l'ASE, passe par l'empowerment. Et se sentir utile c'est une mani&#232;re d'avoir du pouvoir, qui se cultive tr&#232;s t&#244;t. Je vois beaucoup de jeunes qui voudraient s'engager mais les gouvernances hyper-hi&#233;rarchis&#233;es des associations n'y sont pas tr&#232;s propices. On voit souvent le jeune comme le probl&#232;me alors qu'il peut aussi &#234;tre la solution &#187;&lt;/i&gt;, explique le pr&#233;sident de REPAIRS ! 75. L'association se porte au-devant des jeunes dans les structures, en proposant de prendre en main par exemple l'organisation des conseils de vie sociale, souvent peu investis par manque de temps, ou lors de ce qu'ils appellent &#171; les pieds sous la table &#187;, repas organis&#233;s avec les jeunes des &#233;tablissements pour des discussions &#224; b&#226;tons rompus, sans langue de bois. L'association REPAIRS ! va &#234;tre pour certains le lieu d'un engagement possible. Faire participer la soci&#233;t&#233; civile &#224; la protection de l'enfance s'inscrit dans un contexte lexical propre &#224; l'&#233;conomie sociale et solidaire, dont commence timidement &#224; se revendiquer la protection de l'enfance. Ce glissement doit &#234;tre bien ma&#238;tris&#233; afin de ne pas verser dans le tout-&#233;conomique qui l'&#233;loignerait de ses missions premi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;br class='autobr' /&gt;
(1) &lt;i&gt;Men&#233;e par Lionel Prouteau du Laboratoire d'&#233;conomie et de management de Nantes Atlantique et du Centre de recherche sur les associations (CRA) pour La Fonda : B&#233;n&#233;volat et b&#233;n&#233;voles en France en 2017. &#201;tat des lieux et tendances, octobre 2018.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Parrainage &#8226; Nouveau partenaire de l'insertion</title>
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		<dc:subject>Protection de l'enfance</dc:subject>
		<dc:subject>1248</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le parrainage socioprofessionnel appara&#238;t comme une solution pour soutenir la sortie de l'ASE et le passage &#224; l'&#226;ge adulte. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le parrainage de proximit&#233; conna&#238;t depuis quelques ann&#233;es une visibilit&#233; nouvelle et une forme de reconnaissance. Le projet de loi sur la protection de l'enfance finalement adopt&#233;e en 2016 proposait d'en faire un outil. La crainte de la confusion entre parrainage et projet d'adoption n'a s&#251;rement pas permis d'aller jusqu'&#224; l'adoption de cette mesure, mais le parrainage se fait une (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le parrainage socioprofessionnel appara&#238;t comme une solution pour soutenir la sortie de l'ASE et le passage &#224; l'&#226;ge adulte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le parrainage de proximit&#233; conna&#238;t depuis quelques ann&#233;es une visibilit&#233; nouvelle et une forme de reconnaissance. Le projet de loi sur la protection de l'enfance finalement adopt&#233;e en 2016 proposait d'en faire un outil. La crainte de la confusion entre parrainage et projet d'adoption n'a s&#251;rement pas permis d'aller jusqu'&#224; l'adoption de cette mesure, mais le parrainage se fait une place en protection de l'enfance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Marie Vauchez se montre prudent quant au p&#233;rim&#232;tre d'action des parrains, &lt;i&gt;&#171; il doit &#234;tre cadr&#233; par des professionnels &#187;&lt;/i&gt;. Il reconna&#238;t cependant que cela peut offrir &lt;i&gt;&#171; des opportunit&#233;s int&#233;ressantes, notamment pour les enfants qui n'ont pas de perspectives de retour en famille &#224; court terme, en leur permettant de sortir de l'institution &#187;&lt;/i&gt;. Cet avis est partag&#233; par des anciens de la protection de l'enfance, puisque l'association REPAIRS ! a conclu une convention de partenariat avec l'association Parrains par mille. &lt;i&gt;&#171; Le parrainage, c'est la possibilit&#233; d'ouvrir de nouvelles affiliations, de compter sur et compter pour quelqu'un &#187;&lt;/i&gt;, explique L&#233;o Mathey, le pr&#233;sident de REPAIRS ! 75. Ce dernier souligne aussi qu'il doit &#234;tre encadr&#233; pour s'assurer des bonnes intentions des personnes et s'inscrire en ad&#233;quation avec les besoins de l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'association d'entraide s'int&#233;resse tout particuli&#232;rement &#224; la sortie de la protection de l'enfance, identifi&#233;e comme un moment particuli&#232;rement sensible dans le parcours des jeunes accompagn&#233;s. Fouzy Mathey Kikadidi, membre de REPAIRS ! 75 et vice-pr&#233;sidente de REPAIRS ! 94 a d'ailleurs pr&#233;sid&#233; un groupe de travail &#233;tablissant un document de r&#233;f&#233;rence &lt;i&gt;&#171; Accompagner les sorties de l'Aide sociale &#224; l'enfance &#187;&lt;/i&gt; dans le cadre de la mise en &#339;uvre des engagements de la strat&#233;gie pauvret&#233; (1). Les nouvelles propositions de Parrains par mille autour du parrainage socioprofessionnel tombent &#224; pic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1990, Parrains par mille organise du parrainage de proximit&#233; pour des enfants et jeunes majeurs de familles isol&#233;es autour d'activit&#233;s et sorties culturelles ou de loisirs. Ces derni&#232;res ann&#233;es, l'association a op&#233;r&#233; une &#233;volution tendant &#224; clarifier les objectifs de ces actions. &#192; ce parrainage &#171; socioculturel &#187; des origines s'ajoutent du parrainage &#171; scolaire &#187; et du parrainage &#171; socio-professionnel &#187; pour les 16-21 ans accompagn&#233;s en protection de l'enfance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'&#233;ducatrice de l'ASE m'a propos&#233; de rencontrer Parrains par mille parce que j'allais partir en foyer jeune travailleur et que mon contrat jeune majeur sera bient&#244;t fini, pour qu'on puisse m'aider dans mes d&#233;marches &#187;&lt;/i&gt;, explique Abdoul Kadri, 20 ans. &lt;i&gt;&#171; Ce matin, Nicolas m'a accompagn&#233; &#224; la pr&#233;fecture pour mes papiers. Il me rassure, car je suis vite stress&#233;. Je suis sans famille ni vrais amis &#224; Paris, alors c'est un peu un grand fr&#232;re pour moi. Il m'a donn&#233; des contacts pour chercher un job d'&#233;t&#233; et va m'&#233;pauler pour trouver un patron pour une formation en alternance. &#187;&lt;/i&gt; Au-del&#224; de l'aspect pratique, Nicolas, parrain &#226;g&#233; de 30 ans, partage beaucoup de moments informels avec son filleul qui l'aident &#224; rompre sa solitude : des sorties au cin&#233;ma, &#224; l'op&#233;ra, de l'escalade ou des diners &#224; la maison.&lt;i&gt; &#171; On regarde le profil des parrains et les besoins des jeunes. C'est ce qui compte le plus. Tous les parrains sont dans la vie active ou fra&#238;chement retrait&#233;s, mais on ne va pas forc&#233;ment mettre en contact des parrains qui travaillent dans le secteur vers lequel s'oriente le jeune, car l'aspect social compte autant que le volet professionnel &#187;&lt;/i&gt;, explique Anne-Sol&#232;ne Taillardat, responsable de l'antenne &#206;le-de-France de l'association.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2411 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L350xH208/capture_d_ecran_2021-02-01_a_10.41.39-20275.png?1694427100' width='350' height='208' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; Notre force c'est bien notre expertise en mati&#232;re de parrainage de proximit&#233; d&#233;ploy&#233;e dans une optique d'insertion des jeunes. On n'est pas du tout dans du coaching professionnel. On mise sur la relation de confiance &#224; l'adulte pour pouvoir se projeter et les coups de main pour prendre son envol &#187;&lt;/i&gt;, compl&#232;te Delphine Chaix, directrice de l'association. Le parrain peut ouvrir un r&#233;seau pr&#233;cieux pour ces jeunes pour d&#233;crocher des stages ou des premi&#232;res exp&#233;riences qui reposent souvent sur les connaissances de la famille. Les &#233;quipes &#233;ducatives n'ont pas la possibilit&#233; d'apporter ce suivi. Les parrains vont aussi &#234;tre &#224; m&#234;me de conseiller les jeunes sur les codes du monde du travail : se pr&#233;senter, faire un CV.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Formation exig&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis un an que la formule est mise en place, cinquante parrainages socioprofessionnels ont &#233;t&#233; mis en place par Parrains par mille en &#206;le-de-France, repr&#233;sentant en fait le tiers des parrainages sur l'ann&#233;e dans la r&#233;gion. &lt;i&gt;&#171; On a commenc&#233; en janvier 2018 avec le d&#233;partement de Paris et on s'&#233;tend petit &#224; petit,&lt;/i&gt; explique la directrice de l'association. &lt;i&gt;On n'a jamais eu un accueil aussi positif de nos partenaires ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs d&#233;partements d'&#206;le-de-France sont d'ores et d&#233;j&#224; conquis. Et les antennes associatives de Loire-Atlantique et du Vaucluse sont en phase de d&#233;ploiement. Alors que l'association recevait environ 40 candidats au parrainage, c'est 20 personnes par semaine qui se proposent aujourd'hui. Un succ&#232;s qui permet de maintenir une haute exigence. La rencontre avec le parrain, y compris par la psychologue du service, vise &#224; s'assurer que la personne est ici &#224; sa place. Un casier judiciaire, une attestation de responsabilit&#233; civile et une convention d'engagements viennent compl&#233;ter la d&#233;marche. Vient ensuite une demi-journ&#233;e de formation sp&#233;cifiquement con&#231;ue pour le parrainage socioprofessionnel. Contrairement aux autres formes de parrainage de l'association, celui-ci s'adresse uniquement &#224; des jeunes accompagn&#233;s en protection de l'enfance. &lt;i&gt;&#171; On familiarise les futurs parrains avec le secteur de la protection de l'enfance : les mesures, les acteurs, les profils des filleuls, tout ce qui permet de comprendre dans quel environnement &#233;voluent les jeunes &#187;&lt;/i&gt;, explique Delphine Chaix. &lt;i&gt;&#171; On les alerte aussi sur les contraintes particuli&#232;res dans lesquelles se trouvent les jeunes et de la n&#233;cessit&#233; de travailler en harmonie avec les &#233;ducateurs de l'ASE pour ne pas compromettre le contrat jeune majeur. Alors qu'il peut &#234;tre tentant de revisiter le projet du jeune, cela pourrait mettre en p&#233;ril son accompagnement &#187;&lt;/i&gt;, explique Anne-Sol&#232;ne Taillardat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, des &#233;changes r&#233;guliers avec tous les protagonistes permettent de s'assurer que la relation s'engage dans le bon sens. &lt;i&gt;&#171; L'objectif n'est pas de se focaliser uniquement sur le professionnel. Discuter au caf&#233; ou en se baladant est aussi important pour certains jeunes. Voire plus pour certains. Ce qui ne convient pas &#224; tous les parrains. Il faut donc faire se rencontrer des filleuls et des parrains qui ont les m&#234;mes attentes &#187;&lt;/i&gt;, explique la responsable de l'antenne &#206;le-de-France. L'enjeu, soulign&#233; par l'association, est de s&#233;curiser le parcours du jeune au regard du contrat pass&#233; avec l'ASE &#224; la majorit&#233;, tout en permettant de penser l'apr&#232;s, de se projeter &#224; plus long terme. &lt;i&gt;&#171; Rencontrer Nicolas a chang&#233; beaucoup de choses. Le rencontrer avant m'aurait peut-&#234;tre &#233;vit&#233; quelques mauvais choix&#8230; &#187;&lt;/i&gt;, rapporte Abdoul Kadri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;br class='autobr' /&gt;
(1)	&lt;i&gt;Aide sociale &#224; l'enfance : pour en finir avec les sorites s&#232;ches, 14 f&#233;vrier 2019, D&#233;l&#233;gation interminist&#233;rielle &#224; la pr&#233;vention et &#224; la lutte contre la pauvret&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Embarquement imm&#233;diat dans la rencontre : destination aemo</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1248-Embarquement-immediat-dans-la-rencontre-destination-aemo</link>
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		<dc:date>2019-04-02T07:40:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Aemo</dc:subject>
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&lt;p&gt;Par R&#233;gis Nowak, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;, formateur &#224; l'IRTS Aquitaine &lt;br class='autobr' /&gt;
S'embarquer dans une aventure &#233;ducative dont on ne conna&#238;t jamais la finalit&#233;, se faire embarquer dans une relation transf&#233;rentielle par un exc&#232;s d'empathie ou une trop forte propension &#224; la culpabilit&#233; constituent le point de d&#233;part de la clinique &#233;ducative. &#171; Je me suis fait embarquer &#187;, peut-on entendre r&#233;guli&#232;rement en r&#233;union : la rencontre &#233;ducative en AEMO se produit souvent ainsi, par cette contingence qui vient souvent nous d&#233;ranger (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par R&#233;gis Nowak, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;, formateur &#224; l'IRTS Aquitaine&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;S'embarquer dans une aventure &#233;ducative dont on ne conna&#238;t jamais la finalit&#233;, se faire embarquer dans une relation transf&#233;rentielle par un exc&#232;s d'empathie ou une trop forte propension &#224; la culpabilit&#233; constituent le point de d&#233;part de la clinique &#233;ducative.&lt;i&gt; &#171; Je me suis fait embarquer &#187;&lt;/i&gt;, peut-on entendre r&#233;guli&#232;rement en r&#233;union : la rencontre &#233;ducative en AEMO se produit souvent ainsi, par cette contingence qui vient souvent nous d&#233;ranger et nous embarquer dans ce que Freud appelle l'inqui&#233;tante &#233;tranget&#233;. Il y a neuf ans, je m'embarque dans l'aventure de la rencontre avec cet adolescent maltrait&#233;, carenc&#233; en tous points, d&#233;linquant, violent et livr&#233; &#224; lui-m&#234;me. Math&#233;o, un jeune Gitan espagnol &#226;g&#233; de 13 ans dont la personnalit&#233; explosive et impr&#233;visible met en &#233;chec toutes les pr&#233;c&#233;dentes tentatives de prise en charge. Sa violence et son intol&#233;rance face &#224; la frustration sont syst&#233;matiquement rep&#233;r&#233;s par les diff&#233;rents travailleurs sociaux qui l'ont accompagn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait un mois que j'interviens en AEMO, lorsque j'arrive dans cette cit&#233; de la p&#233;riph&#233;rie Nord de Bordeaux o&#249; Math&#233;o r&#233;side avec sa m&#232;re et son fr&#232;re cadet. C'est au d&#233;but des ann&#233;es 60 que ces cinq barres d'immeubles au nom &#233;vocateur de nature, &#171; les acacias et les bleuets &#187;, ont &#233;t&#233; construites. Ses habitants les ont depuis rebaptis&#233;es &#171; Chicago &#187; : un nom tout aussi &#233;vocateur que le pr&#233;c&#233;dent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En arrivant dans ce quartier &#171; ghetto&#239;s&#233; &#187; et consid&#233;r&#233; comme le plus paup&#233;ris&#233; d'Aquitaine, j'avoue m'&#234;tre demand&#233; ce que je faisais ici, avec ma besace sur l'&#233;paule, remplie du jugement d'assistance &#233;ducative et de mes bonnes intentions&#8230; Ah oui ! je viens rencontrer Math&#233;o. Ce jour-l&#224;, il est introuvable. J'&#233;prouve alors un certain soulagement et n'insiste pas pour le chercher dans le quartier. Je devais syst&#233;matiquement faire cet effort pour pouvoir le rencontrer, demander o&#249; il &#233;tait, ne pas le trouver, redemander sans succ&#232;s, puis repartir &#224; mon v&#233;hicule pour finalement le croiser fortuitement. Dans un tel contexte, la mise en place de la relation et le travail de lien sont apparus biais&#233;s. Ainsi, sans jamais savoir ce qui m'attendait et non sans une certaine appr&#233;hension, je n'ai pas eu d'autres choix que de proposer ma pr&#233;sence pour me laisser embarquer dans sa r&#233;alit&#233; et ses nombreuses demandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ont r&#233;guli&#232;rement eu le m&#234;me objet : aller manger au fast-food voisin, de l'autre c&#244;t&#233; de la voie ferr&#233;e, dans ce centre commercial qui semble lui amener sur un plateau ce &lt;i&gt;&#171; plus de jouir &#187;&lt;/i&gt; dont parle Lacan. Dans une telle situation de carences &#233;ducatives on imagine ais&#233;ment le sens que peut prendre ce signifiant. Manger un hamburger constitue ce plus de jouir dont on imagine qu'il compense un manque, alimentaire mais surtout affectif, une perte qui s'est produite du c&#244;t&#233; maternel. N&#233;anmoins la cause de son d&#233;sir appara&#238;t comme le mouvement par lequel Math&#233;o se pr&#233;sente &#224; moi. Ses demandes syst&#233;matiques r&#233;clamaient que j'y apporte des r&#233;ponses. La question de l'ordre symbolique devant s'op&#233;rer pour Math&#233;o, j'ai pu refuser l'achat du hamburger. La frustration &#233;tant insupportable pour lui et ayant sans doute ressenti mon ambivalence face &#224; la r&#233;ponse que je devais lui apporter, Math&#233;o a test&#233; mes limites au point qu'un jour il a refus&#233; de sortir de la voiture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les premiers temps de nos rencontres, Math&#233;o a ainsi multipli&#233; les provocations (jamais les intimidations) envers moi mais aussi envers l'ext&#233;rieur, laissant entrevoir que le plus de jouir agissait partout. La liste &#233;tait suffisamment longue pour que je sois mis &#224; l'&#233;preuve par cette inqui&#233;tante &#233;tranget&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentation est devenue grande d'espacer les rendez-vous, d'abandonner les visites. La question de mon &#233;puisement, de mon d&#233;sir pour ce jeune s'est alors pos&#233;e. La mise en sc&#232;ne de la relation est alors devenue obligatoire et n&#233;cessaire pour qu'une limite se mette en action et que le lien se normalise un tant soit peu. Les demandes de fast-food toujours r&#233;currentes, j'ai tenu le discours du &lt;i&gt;&#171; oui mais &#187;. &#171; Ok pour l'achat du hamburger/frites, mais on se retrouve devant le fast-food. &#187;&lt;/i&gt; Math&#233;o a pu s'y conformer. Au fil des rencontres, ce bricolage relationnel s'est mis en place et m'a permis d'amorcer certains accompagnements sur l'ext&#233;rieur (hormis le fast-food).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que nous devions rencontrer le proviseur d'un coll&#232;ge susceptible de l'accueillir dans une classe d'int&#233;gration gens du voyage, un impr&#233;vu surgit. Nous &#233;tions un vendredi matin, jour de march&#233;. Math&#233;o avait rep&#233;r&#233; un &#233;leveur de poulets et souhaitait qu'on s'y arr&#234;te afin que je lui en ach&#232;te un, pour l'entra&#238;ner aux combats, qui sont fr&#233;quents dans son quartier. Encore une fois, j'adopte la m&#233;thode du &lt;i&gt;&#171; oui mais &#187;&lt;/i&gt;, puis, le rendez-vous honor&#233; avec le proviseur, l'impensable se produit : attendri par le comportement enfantin de Math&#233;o face aux coquelets, je sors de ma poche les 2,60&#8239;&#8364; et lui en ach&#232;te un. O&#249; &#233;tait donc pass&#233;e cette distance &#233;ducative dont on nous met r&#233;guli&#232;rement en garde ? La culpabilit&#233; m'envahit et se renforce lorsque, de retour au bureau, je fais part de cet &#233;v&#233;nement &#224; mes coll&#232;gues, qui me r&#233;torquent : &lt;i&gt;&#171; Tu t'es fait embarquer, bienvenu en AEMO ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, &#224; y regarder de plus pr&#232;s, un tournant semble s'&#234;tre op&#233;r&#233; dans ma relation avec Math&#233;o. L'&#233;change par le don entre en jeu dans cette affaire, pour s'engager dans ce qu'Alain Caill&#233; appelle la socialit&#233; primaire, un espace-temps dans lequel le &#171; venir en aide &#187; se fait spontan&#233;ment et sans fonction particuli&#232;re. Alors que la personnalit&#233; d&#233;construite et carenc&#233;e de Math&#233;o le poussait &#224; me consid&#233;rer comme un pourvoyeur de biens (en l'occurrence de hamburgers), il semble qu'&#224; travers ma personne, il ait pu ressentir l'espoir (au demeurant illusoire) de retrouver la figure id&#233;ale de l'imago maternelle perdue. En effet, le comportement de Math&#233;o n'&#233;tait plus aussi provocateur et impr&#233;visible que par le pass&#233;, en ma pr&#233;sence. Il pouvait dans certaines circonstances prendre ma d&#233;fense ou valoriser le fait que je pouvais donner une r&#233;ponse positive &#224; ses demandes. Cette valorisation narcissique laisse &#224; penser qu'il s'agit de ce que Marcel Mauss a d&#233;crit comme un contre-don. Ce n'est qu'apr&#232;s coup que j'ai r&#233;alis&#233; qu'il y avait eu Rencontre, que c'est &#224; partir de cet instant inattendu que ma relation avec Math&#233;o venait de prendre une autre dimension. Celle o&#249; les notions de limite, d'&#233;tayage &#233;ducatif et d'identification pouvaient alors s'entrevoir. Ce surgissement dans le r&#233;el de Math&#233;o, ce non familier survenu dans ma quotidiennet&#233; professionnelle a permis qu'un accompagnement &#233;ducatif s'installe, bien que l'ordre symbolique soit tr&#232;s certainement forclos pour Math&#233;o. Mais l&#224; n'est pas le propos, car malgr&#233; l'irrationalit&#233; de sa situation, la rencontre a bien eu lieu. Elle n'intervient jamais l&#224; o&#249; on l'attend, car souvent inattendue, impr&#233;vue, surprenante, d&#233;concertante, parfois incontr&#244;lable tant elle est guid&#233;e par des forces inconscientes. L'histoire du jeune coq constitue pour ma part le point de rencontre avec Math&#233;o, alors m&#234;me que j'ai longtemps consid&#233;r&#233; cela comme une erreur. C'est justement ce &#171; d&#233;rapage &#187; affectif qui a permis qu'il me per&#231;oive autrement. Ce basculement a permis qu'un lien de confiance, si minime soit-il, puisse s'installer. En somme le point de d&#233;part de tout travail &#233;ducatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon r&#233;cit constitue &#224; n'en pas douter, le fondement de ce qui m'anime encore aujourd'hui et qui, me semble-t-il, devrait animer tout travailleur social dans l'exercice de sa pratique professionnelle : se laisser surprendre par la rencontre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Docu &#8226; Des ronds-points aux mille visages</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1248-Docu-o-Des-ronds-points-aux-mille-visages</link>
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		<dc:date>2019-04-02T07:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>1248</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;DANS leurs yeux, la honte priv&#233;e transform&#233;e en col&#232;re publique. Ils se racontent &#224; Fran&#231;ois Ruffin, parti en road-movie de la Picardie jusqu'&#224; Montpellier pour une tourn&#233;e des ronds-points squatt&#233;s, disait-on, par &#171; des fachos &#187;. &#171; Je vais aller voir, on verra bien si ce n'est que des fachos &#187; lance-t-il. Il accepte d'&#234;tre suivi par Gilles Perret et sa cam&#233;ra. Dans leur documentaire J'veux du soleil, le journaliste devenu homme politique et le cin&#233;aste donnent la parole aux gilets jaunes. Et l'insulte (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/OEil-et-oreille" rel="directory"&gt;&#338;il et oreille&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1248-" rel="tag"&gt;1248&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;DANS leurs yeux, la honte priv&#233;e transform&#233;e en col&#232;re publique. Ils se racontent &#224; Fran&#231;ois Ruffin, parti en road-movie de la Picardie jusqu'&#224; Montpellier pour une tourn&#233;e des ronds-points squatt&#233;s, disait-on, par &lt;i&gt;&#171; des fachos &#187;. &#171; Je vais aller voir, on verra bien si ce n'est que des fachos &#187; &lt;/i&gt; lance-t-il. Il accepte d'&#234;tre suivi par Gilles Perret et sa cam&#233;ra. Dans leur documentaire &lt;i&gt;J'veux du soleil&lt;/i&gt;, le journaliste devenu homme politique et le cin&#233;aste donnent la parole aux gilets jaunes. Et l'insulte s'efface face &#224; la r&#233;alit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Glaner dans les poubelles, attendre trois jours sans manger jusqu'&#224; la pizza offerte par l'employeur, cumuler les bons cadeaux pour faire ses courses&#8230; Ne pas pouvoir payer la cantine, le fuel, le loyer&#8230; Ils d&#233;taillent leur lutte contre la mis&#232;re. Une mis&#232;re qui ne semble plus retenue par aucun dispositif public, ni aucun accompagnement social. Tous racontent la solitude, le manque de soutien. Une jeune femme qui ne survit pas avec l'allocation adulte handicap&#233;e s'&#233;touffe de col&#232;re en racontant comment son d&#233;put&#233; LREM lui a expliqu&#233; qu'elle devait trouver du travail&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2397 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH283/capture_d_ecran_2021-01-28_a_14.10.58-27625.png?1693503131' width='500' height='283' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les ronds-points, ils ont &#233;chang&#233; et d&#233;couvert qu'ils n'&#233;taient pas seuls, que d'autres vivaient les m&#234;mes gal&#232;res. M&#234;me dans le secteur social&#8230; Plusieurs auxiliaires de vie t&#233;moignent de leurs difficult&#233;s &#224; survivre. Ainsi, Carole, petite dame &#233;nergique, qui pique des plots pour organiser le blocage du p&#233;age. &lt;i&gt;&#171; Qu'est-ce qui fait que vous, auxiliaire de vie, vous vous livrez &#224; la d&#233;linquance ? &#187;&lt;/i&gt;, questionne, provoc, Fran&#231;ois Ruffin. &lt;i&gt;&#171; Ce n'est pas de la d&#233;linquance, c'est une reprise du pouvoir &#187;&lt;/i&gt;, affirme-t-elle joyeuse. Car derri&#232;re le r&#233;cit des gal&#232;res, il y a l'espoir soulev&#233; par le mouvement voire un nouveau go&#251;t pour la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'veux du soleil, documentaire de Gilles Perret &lt;br class='autobr' /&gt;
et Fran&#231;ois Ruffin, 1 h 10 | sortie le 3 avril.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Protection de l'enfance &#8226; En marche arri&#232;re</title>
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		<dc:date>2019-04-02T07:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Protection de l'enfance</dc:subject>
		<dc:subject>1248</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La fermeture annonc&#233;e du foyer d'enfants La Farandole &#224; Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) en juillet mobilise les salari&#233;s, une intersyndicale et des &#233;lus. Au programme : une p&#233;tition et une demande de moratoire. &lt;br class='autobr' /&gt;
En plein centre-ville, abrit&#233; dans une belle b&#226;tisse en pierre, le foyer La Farandole accueille vingt enfants plac&#233;s sur d&#233;cision judiciaire ou administrative en moyens et longs s&#233;jours (de six mois &#224; trois ans). Des enfants, &#226;g&#233;s de six &#224; quatorze-ans, scolaris&#233;s et int&#233;gr&#233;s &#224; la ville, gr&#226;ce (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Tribune-des-resistances" rel="directory"&gt;Tribune des r&#233;sistances&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La fermeture annonc&#233;e du foyer d'enfants La Farandole &#224; Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) en juillet mobilise les salari&#233;s, une intersyndicale et des &#233;lus. Au programme : une p&#233;tition et une demande de moratoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En plein centre-ville, abrit&#233; dans une belle b&#226;tisse en pierre, le foyer La Farandole accueille vingt enfants plac&#233;s sur d&#233;cision judiciaire ou administrative en moyens et longs s&#233;jours (de six mois &#224; trois ans). Des enfants, &#226;g&#233;s de six &#224; quatorze-ans, scolaris&#233;s et int&#233;gr&#233;s &#224; la ville, gr&#226;ce &#224; un tr&#232;s riche r&#233;seau de partenaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 30 janvier, suite &#224; une lettre de cadrage du conseil d&#233;partemental (CD) &#8211; et sous couvert d'un projet d'&#233;tablissement &#8211;, le conseil d'administration (CA) du Centre d&#233;partemental Enfants et Familles (CDEF), qui g&#232;re le foyer, annonce sa fermeture en juillet. Les raisons invoqu&#233;es ? La volont&#233; du conseil d&#233;partemental de se recentrer sur l'accueil d'urgence des mineurs et des fratries. S'ils ne contestent pas cette n&#233;cessit&#233;, des acteurs de la protection de l'enfance ne comprennent pas en quoi elle doit entra&#238;ner la fermeture de La Farandole. &#171; &lt;i&gt; Le CD a pr&#233;tendu que ce foyer n'&#233;tait plus aux normes avec un loyer trop &#233;lev&#233; &#187;&lt;/i&gt;, conteste Yasmina Sellou, salari&#233;e du CDEF, membre du CA et syndiqu&#233;e &#224; la CGT. Il a aussi annonc&#233; la r&#233;orientation des jeunes vers le foyer de Villepinte, g&#233;r&#233; par le CDEF. &lt;i&gt;&#171; Inexact&lt;/i&gt;, r&#233;torque un salari&#233; de La Farandole. &lt;i&gt;Ce foyer, d&#233;j&#224; en sureffectif, va accueillir des mineurs en urgence et passer de soixante &#224; quatre-vingts lits, il n'a donc pas de places pour nos jeunes. &#187;&lt;/i&gt; En r&#233;alit&#233;, chaque &#233;ducateur r&#233;f&#233;rent de l'Aide sociale &#224; l'enfance a re&#231;u un courrier lui demandant de trouver une solution de r&#233;orientation pour les jeunes vers une structure associative. Pour le salari&#233; de La Farandole, il s'agit l&#224; d'un mauvais choix : &lt;i&gt;&#171; Les associations ont ordre de privil&#233;gier les placements &#224; domicile, elles ne peuvent donc pas proposer de l'accueil &#224; moyen et long terme comme nous le faisons,&lt;/i&gt; alerte-t-il. &lt;i&gt;Nos jeunes risquent de se retrouver en accueil d'urgence le temps qu'une place se lib&#232;re dans le secteur associatif. &#187;&lt;/i&gt; Pour Yasmina Sellou cette option met &#224; mal la mission de service public du CDEF et a des raisons purement budg&#233;taires : &#171; Le CD &lt;i&gt;nous assure que la prise en charge associative sera moins ch&#232;re que la n&#244;tre (250 &#8364; par jour) pour le m&#234;me travail, nous n'y croyons pas. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2404 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH373/capture_d_ecran_2021-01-28_a_14.29.15-a5585.png?1694427101' width='500' height='373' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rupture de parcours&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fermeture de La Farandole entra&#238;nerait une rupture dans le projet de vie des enfants. Ses vingt-trois salari&#233;s et la majorit&#233; des agents du CDEF la refusent. &lt;i&gt;&#171; Des projets coh&#233;rents propos&#233;s par l'&#233;quipe au conseil d'administration, tenant notamment compte de l'accueil des fratries, n'ont pas &#233;t&#233; retenus sous pr&#233;texte de locaux inadapt&#233;s alors que la Farandole re&#231;oit d&#233;j&#224; des fratries &#187;&lt;/i&gt;, regrette Yasmina Sellou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des microstructures comme ce foyer risquent la fermeture au profit d'&#233;tablissements plus grands. Un vrai retour en arri&#232;re. &lt;i&gt;&#171; Nous nous battons contre cela et r&#233;clamons un moratoire, souligne le salari&#233;. Pour que la marchandisation du secteur de la protection de l'enfance et ses cons&#233;quences d&#233;sastreuses pour les enfants ne l'emportent pas. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au 14 mars, une p&#233;tition en ligne comptait pr&#232;s de 2 500 signataires. Un collectif de soutien et de partenaires se mobilise (mairie de Saint-Denis, juge des enfants, structures de soins, etc.) et demandent au pr&#233;sident du Conseil d'administration du CDEF de revenir sur sa d&#233;cision. Le 30 janvier, une manifestation a rassembl&#233; pr&#232;s de deux cents personnes, dont deux vice-pr&#233;sidents du CD, un ancien vice-pr&#233;sident charg&#233; de l'enfance et de la famille, des enfants accueillis devenus adultes ainsi que l'intersyndicale au grand complet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Handicap &#8226; En route vers l'emploi ordinaire</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1248-Handicap-o-En-route-vers-l-emploi-ordinaire</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Travail prot&#233;g&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>1248</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avec une r&#233;forme des entreprises adapt&#233;es et de l'obligation d'emploi des travailleurs handicap&#233;s, la loi du 5 septembre souhaite favoriser l'emploi direct en milieu ordinaire de travail. Elle redessine le r&#244;le du secteur adapt&#233; et prot&#233;g&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;forme de l'obligation d'emploi des travailleurs handicap&#233;s (OETH) et du cadre juridique des entreprises adapt&#233;es (EA), pr&#233;vue par la loi &#171; Avenir professionnel &#187; du 5 septembre 2018 (1), vise &#224; augmenter le taux d'emploi des personnes handicap&#233;es, qui plafonne &#224; (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec une r&#233;forme des entreprises adapt&#233;es et de l'obligation d'emploi des travailleurs handicap&#233;s, la loi du 5 septembre souhaite favoriser l'emploi direct en milieu ordinaire de travail. Elle redessine le r&#244;le du secteur adapt&#233; et prot&#233;g&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;forme de l'obligation d'emploi des travailleurs handicap&#233;s (OETH) et du cadre juridique des entreprises adapt&#233;es (EA), pr&#233;vue par la loi &lt;i&gt;&#171; Avenir professionnel &#187;&lt;/i&gt; du 5 septembre 2018 (1), vise &#224; augmenter le taux d'emploi des personnes handicap&#233;es, qui plafonne &#224; 3,4&#8239;% dans le secteur priv&#233;. Le gouvernement souhaite que ces entreprises et les &#233;tablissements et services d'aide par le travail (&#201;sat) jouent davantage un r&#244;le de passerelle vers l'entreprise classique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La r&#233;forme des entreprises adapt&#233;es intervient suite &#224; l'engagement national &lt;/i&gt; &#034;Cap vers l'entreprise inclusive&#034;, &lt;i&gt;sign&#233; en juillet dernier entre le minist&#232;re du Travail et les acteurs du secteur, dans lequel l'Union nationale des entreprises adapt&#233;es (Unea) a jou&#233; un r&#244;le moteur&lt;/i&gt;, explique Sylvain Couthier, &lt;i&gt;son d&#233;l&#233;gu&#233; r&#233;gional. Il fixe l'objectif de 40 000 emplois suppl&#233;mentaires d'ici &#224; 2022, soit un doublement des effectifs, et une aide de l'&#201;tat de 500&#8239;millions d'euros d'ici quatre ans, contre 370&#8239;millions actuellement. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, 800 entreprises adapt&#233;es &#233;voluent dans le champ concurrentiel, emploient des salari&#233;s handicap&#233;s sous contrat de droit commun, et per&#231;oivent 20&#8239;% d'aides publiques. Alors qu'un minimum de 80&#8239;% de salari&#233;s handicap&#233;s &#233;tait jusqu'ici exig&#233;, cette proportion sera ramen&#233;e de 55&#8239;% &#224; 75&#8239;% pour les nouvelles structures. Autre nouveaut&#233; : l'EA doit proposer &#224; ses salari&#233;s &lt;i&gt;&#171; un accompagnement sp&#233;cifique destin&#233; &#224; favoriser la r&#233;alisation de leur projet professionnel, la valorisation de leurs comp&#233;tences et leur mobilit&#233; dans l'entreprise ou vers l'ext&#233;rieur &#187;, pr&#233;cise une instruction de la D&#233;l&#233;gation g&#233;n&#233;rale &#224; l'emploi et &#224; la formation professionnelle (DGEFP) du 21 f&#233;vrier. Elle pourra mettre un salari&#233; handicap&#233; &#224; disposition d'une autre entreprise et pour faciliter son int&#233;gration lui facturer une &#171; prestation d'appui &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi pr&#233;voit par ailleurs trois dispositifs exp&#233;rimentaux pour aider les EA &#224; cr&#233;er ces 40 000 emplois. Le premier, op&#233;rationnel depuis janvier, est le &lt;i&gt;&#171; CDD tremplin &#187;&lt;/i&gt;, de 4 &#224; 24 mois, assorti d'une formation et d'un objectif de 30&#8239;% de sorties vers un emploi durable. &lt;i&gt;&#171; Cette mission de formation et d'accompagnement vers un autre emploi est une petite r&#233;volution pour les entreprises adapt&#233;es, qui jusqu'ici n'avaient pas ce r&#244;le de passerelle &#187;&lt;/i&gt;, souligne Sylvain Couthier, qui en dirige deux. Il a demand&#233; l'agr&#233;ment CDD tremplin pour son entreprise Num&#233;rique EA, &lt;i&gt;&#171; car nous pourrons embaucher et former des d&#233;veloppeurs, graphistes, qui trouveront facilement des d&#233;bouch&#233;s &#224; l'issue &#187;&lt;/i&gt;. Il ne l'a pas r&#233;clam&#233; pour sa deuxi&#232;me, ATF Ga&#239;a, &lt;i&gt;&#171; faute de structure RH suffisante en terme d'accompagnement &#187;&lt;/i&gt;. Les Directions r&#233;gionales des entreprises, de la concurrence, du travail et de l'emploi (Direccte) demandent que les profils de CDD tremplins deviennent rapidement employables : &lt;i&gt;&#171; Nous avons recrut&#233; une infographiste et une assistante commerciale, d&#233;j&#224; qualifi&#233;es, mais qui avaient quitt&#233; le monde professionnel et que nous allons remettre &#224; niveau &#187;&lt;/i&gt;, explique Claire Sala-Angeli, responsable RH de l'entreprise adapt&#233;e Les papillons de jour, qui g&#232;re trois agences de communication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vers l'inclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux autres dispositifs qui doivent faciliter la mise &#224; l'emploi sont l'entreprise adapt&#233;e &#171; de travail temporaire &#187;, qui proposera &#224; des travailleurs handicap&#233;s des missions d'int&#233;rim en entreprise classique, et enfin l'entreprise &#171; pro-inclusive &#187;, inspir&#233;e du mod&#232;le allemand, qui vise la parit&#233; avec 50&#8239;% de travailleurs handicap&#233;s. Enfin, la loi a act&#233; le remplacement des deux aides financi&#232;res existantes (aide au poste et subvention sp&#233;cifique) par une seule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des &#201;sat, pas de r&#233;forme &#224; proprement parler, mais une injonction &#224; aller plus loin vers l'inclusion. &lt;i&gt;&#171; Il existe d&#233;j&#224; des dispositifs &#034;hors-murs&#034; des &#201;sat de transition qui servent de tremplin vers le milieu ordinaire, mais le gouvernement leur demande d'aller plus loin&lt;/i&gt;, indique V&#233;ronique Covin, directrice du p&#244;le d&#233;veloppement de l'Adapt. &lt;i&gt;En s'appuyant par exemple sur le dispositif &#034;d'emploi accompagn&#233;&#034;, qui pourrait prendre le relais du &#034;hors-murs&#034; pour assurer un suivi dans la dur&#233;e en milieu ordinaire &#187;&lt;/i&gt;. Le Gepso, qui repr&#233;sente les &#201;sat et les entreprises adapt&#233;es du secteur public, d&#233;fend la plus-value sociale des premiers : &lt;i&gt;&#171; Il ne faut pas opposer l'&#201;sat et l'emploi en milieu ordinaire, car travailler en &#201;sat est en soi une insertion sociale pour des personnes qui sinon resteraient chez elles, souligne V&#233;ronique Dupr&#233;, responsable de la commission travail prot&#233;g&#233;. Ils ont une utilit&#233; sociale pour ces personnes et contribuent &#224; la cr&#233;ation de richesse &#233;conomique &#187;&lt;/i&gt;. Andicat, association de directeurs d'&#201;sat, est plus s&#233;v&#232;re : &lt;i&gt;&#171; On voit des Agences r&#233;gionales de sant&#233; (ARS) qui leur imposent un objectif chiffr&#233; de sorties vers le milieu ordinaire sous peine de baisse de cr&#233;dits : on est dans le d&#233;ni du handicap, cette vision de l'inclusion est path&#233;tiquement volontariste &#187;&lt;/i&gt;, s'insurge G&#233;rard Zribi, d&#233;l&#233;gu&#233; national. Il souligne qu'en l'absence de structures sp&#233;cialis&#233;es leur public atteint de troubles mentaux et psychiques n'aurait pas de travail, comme c'est le cas dans les pays qui ont ferm&#233; ces structures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2403 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L350xH377/capture_d_ecran_2021-01-28_a_14.43.16-fb258.png?1694177023' width='350' height='377' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;Les directeurs d'&#201;sat sont d'autant plus remont&#233;s que la r&#233;forme de l'OETH, pr&#233;vue par la loi du 5 septembre, et applicable au 1er janvier 2020, porte un s&#233;rieux coup de canif au secteur. Elle pr&#233;voit que seul l'emploi direct de salari&#233;s handicap&#233;s par une entreprise sera pris en compte pour remplir son obligation d'emploi de 6&#8239;%. L'emploi &#171; indirect &#187;, via des contrats de sous-traitance ou de prestation de service avec le secteur adapt&#233; et prot&#233;g&#233;, ne pourra plus servir &#224; atteindre le seuil de 6&#8239;%. Ces d&#233;penses de sous-traitance pourront seulement &#234;tre partiellement d&#233;duites de la contribution Agefiph pour les entreprises ne remplissant pas leur obligation. Les modalit&#233;s de cette &lt;i&gt;&#171; valorisation de la sous-traitance &#187; &lt;/i&gt; seront d&#233;finies par d&#233;cret &lt;i&gt;&#171; suivant un objectif de neutralit&#233; financi&#232;re par rapport &#224; l'existant &#187;&lt;/i&gt;, a pr&#233;cis&#233; le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;forme va rendre le secteur beaucoup moins attractif pour les donneurs d'ordre, puisqu'il ne leur servira plus &#224; remplir leur obligation d'emploi, craignent les associations. Elles redoutent que cela ne mette en difficult&#233; un certain nombre d'&#233;tablissements pour lesquels l'ancien dispositif apportait une compensation par rapport &#224; la concurrence d'entreprises ordinaires. Pour Andicat, 50&#8239;% des &#201;sat pourraient &#234;tre impact&#233;s par des baisses de commandes. &lt;i&gt;&#171; Surtout parmi les activit&#233;s de fourniture et de sous-traitance, celles avec une moindre valeur ajout&#233;e et concernant les travailleurs les plus en difficult&#233; &#187;&lt;/i&gt;, ajoute V&#233;ronique Dupr&#233;, du Gepso. &lt;i&gt;&#171; S'il veut que les entreprises adapt&#233;es cr&#233;ent 40 000 emplois, le gouvernement doit maintenir un syst&#232;me incitatif dans les modalit&#233;s qu'il va fixer par d&#233;cret &#187;&lt;/i&gt;, abonde Sylvain Couthier. Les derni&#232;res propositions, avec une d&#233;duction &#224; 30&#8239;% et un syst&#232;me de plafond, sont jug&#233;es insuffisantes par les f&#233;d&#233;rations du secteur. &lt;i&gt;&#171; L'emploi direct en milieu ordinaire ne doit pas se faire au d&#233;triment des publics accueillis en structures sp&#233;cialis&#233;es &#187;&lt;/i&gt;, poursuit G&#233;rard Zribi. &lt;i&gt;&#171; On peut toutefois esp&#233;rer que certains donneurs d'ordre, partenaires d'&#201;sat, qui ont pris cet engagement soci&#233;tal, s'y tiendront &#187;&lt;/i&gt;, indique V&#233;ronique Covin de l'Adapt et que, comme le souhaite l'Unea : &lt;i&gt;&#171; des clauses sociales dans les appels d'offres permettront aux entreprises adapt&#233;es de faire valoir leur singularit&#233; et leur engagement soci&#233;tal par rapport &#224; la concurrence &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;br class='autobr' /&gt;
(1) Loi 2018-771 &#171; Pour la libert&#233; de choisir son avenir professionnel &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Th&#233;&#226;tre &#8226; Spectacle &#224; installer partout</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1248-Theatre-o-Spectacle-a-installer-partout</link>
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		<dc:date>2019-04-02T07:39:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Th&#233;&#226;tre</dc:subject>
		<dc:subject>1248</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;TRENTE femmes de Sevran (93) se sont confi&#233;es aux dictaphones de la compagnie La part des anges, sur une proposition du Th&#233;&#226;tre de la Poudrerie. La metteuse en sc&#232;ne Pauline Bureau et ses com&#233;diennes ont choisi et adapt&#233; deux r&#233;cits qui donnent lieu &#224; autant de courtes pi&#232;ces : Cet &#233;t&#233; et la Rencontre. Un sac fix&#233; sur ses genoux, la premi&#232;re femme &#8211; une m&#232;re de famille &#8211; ne le l&#226;che pas. Elle s'y accroche. &#171; Quand j'ai rencontr&#233; mon mari&#8230;, il me paraissait normal&#8230; Je me suis dit c'est le bon. &#187; Les phrases (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/OEil-et-oreille" rel="directory"&gt;&#338;il et oreille&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;TRENTE femmes de Sevran (93) se sont confi&#233;es aux dictaphones de la compagnie La part des anges, sur une proposition du Th&#233;&#226;tre de la Poudrerie. La metteuse en sc&#232;ne Pauline Bureau et ses com&#233;diennes ont choisi et adapt&#233; deux r&#233;cits qui donnent lieu &#224; autant de courtes pi&#232;ces : &lt;i&gt;Cet &#233;t&#233;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;la Rencontre&lt;/i&gt;. Un sac fix&#233; sur ses genoux, la premi&#232;re femme &#8211; une m&#232;re de famille &#8211; ne le l&#226;che pas. Elle s'y accroche. &lt;i&gt;&#171; Quand j'ai rencontr&#233; mon mari&#8230;, il me paraissait normal&#8230; Je me suis dit c'est le bon. &#187;&lt;/i&gt; Les phrases restent suspendues, notre &#233;coute aussi. &lt;i&gt;&#171; Il buvait beaucoup. &#187;&lt;/i&gt; Sa vie d&#233;file : la maltraitance, l'impossible divorce, le cancer&#8230; &lt;i&gt;&#171; Je vais boire un peu. &#187;&lt;/i&gt; Quelques gorg&#233;es d'eau plus tard, son envie de raconter demeure intacte. &lt;i&gt;&#171; Il ne vit plus &#224; la maison. &#187;&lt;/i&gt; Devenue combattante, elle se reconstruit enfin. &lt;i&gt;&#171; &#199;a se r&#233;pare avec le temps. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2396 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH213/capture_d_ecran_2021-01-28_a_14.17.48-2b576.png?1694427101' width='500' height='213' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet &#233;t&#233;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;la Rencontre&lt;/i&gt;, forme th&#233;&#226;tre l&#233;g&#232;re, se joue &#224; domicile (appartements, &#233;coles, structures culturelles, etc.). La metteuse en sc&#232;ne a retravaill&#233; les deux portraits en respectant, au mot pr&#232;s, rythmes, h&#233;sitations, syntaxes. Interm&#232;de musical. La deuxi&#232;me femme &#8211; une directrice de cr&#232;che &#8211;, confie ses doutes, ses questionnements sur son travail : &lt;i&gt;&#171; Moi, &#233;ducatrice d'enfants, qu'est-ce que je vais transmettre ? &#187;&lt;/i&gt; Son rythme est rapide. Elle analyse : &lt;i&gt;&#171; On apprend qu'on ne peut pas r&#233;parer, mais que l'important c'est d'&#234;tre l&#224;. &#187;&lt;/i&gt; Au milieu des spectateurs, les deux com&#233;diennes s'appuient sur leurs regards si proches, jouent avec cette proximit&#233;, les embarquent dans ces deux histoires de femmes r&#233;silientes qui se r&#233;pondent et deviennent universelles en r&#233;sonnant en chacun de nous. &lt;i&gt;&#171; Laisse-toi aller et puis regarde ce qui se passe. Accepte la rencontre. M&#234;me et surtout si elle te change. &#187;&lt;/i&gt; Du th&#233;&#226;tre social, utile et salutaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;t&#233; et La rencontre, mise en sc&#232;ne Pauline Bureau, avec Sonia Floire et Sabrina Baldassarra. &lt;br class='autobr' /&gt;
Prochaine repr&#233;sentation le 10 mai &#224; la Maison d'arr&#234;t de femmes de Caen | &lt;a href=&#034;http://www.part-des-anges.com&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.part-des-anges.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Mal logement &#8226; Arr&#234;t&#233; de p&#233;ril sur la sant&#233; mentale</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Mal-logement-o-Arrete-de-peril-sur-la-sante-mentale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Mal-logement-o-Arrete-de-peril-sur-la-sante-mentale</guid>
		<dc:date>2019-04-01T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Logement</dc:subject>
		<dc:subject>1248</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#192; Marseille, apr&#232;s l'effondrement des immeubles, l'incurie municipale tourne &#224; la crise de sant&#233; publique. Et la population se fissure. &lt;br class='autobr' /&gt;
Huit morts, deux cent immeubles &#233;vacu&#233;s, deux mille d&#233;log&#233;s... Marseille traverse un traumatisme collectif. Le 5 novembre 2018, 9 heures, deux immeubles s'&#233;croulent en plein centre ville. Huit corps sont exhum&#233;s des d&#233;combres. Suite &#224; ce drame, les Marseillais subissent une avalanche d'arr&#234;t&#233;s de p&#233;ril, deux cent en quatre mois, autant que pendant les quatre ann&#233;es (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Decryptage" rel="directory"&gt;D&#233;cryptage&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Logement" rel="tag"&gt;Logement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1248-" rel="tag"&gt;1248&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Marseille, apr&#232;s l'effondrement des immeubles, l'incurie municipale tourne &#224; la crise de sant&#233; publique. Et la population se fissure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1137 spip_documents'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH506/1248-decryptage-ac4df.png?1694427101' width='500' height='506' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Huit morts, deux cent immeubles &#233;vacu&#233;s, deux mille d&#233;log&#233;s... Marseille traverse un traumatisme collectif. Le 5 novembre 2018, 9 heures, deux immeubles s'&#233;croulent en plein centre ville. Huit corps sont exhum&#233;s des d&#233;combres. Suite &#224; ce drame, les Marseillais subissent une avalanche d'arr&#234;t&#233;s de p&#233;ril, deux cent en quatre mois, autant que pendant les quatre ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes. Une vague d'&#233;vacuation touche tout le centre ville. Apr&#232;s des ann&#233;es de laxisme, la municipalit&#233; c&#232;de &#224; la panique, et d&#233;loge sans m&#233;nagement. Du jour au lendemain, 2 000 personnes se retrouvent dans une trentaine d'h&#244;tels diss&#233;min&#233;s dans la ville ; les plus chanceux atterrissent chez des amis. En g&#233;n&#233;ral, les &#233;vacu&#233;s ont eu une heure pour faire leur bagage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engag&#233;e depuis longtemps dans l'action sur les effets d&#233;l&#233;t&#232;res du mal logement sur la sant&#233;, M&#233;decins du Monde d&#233;nonce une crise de sant&#233; publique minor&#233;e par la ville. &lt;i&gt;&#171; Les personnes sont &#233;vacu&#233;es, sans prise en consid&#233;ration de leur &#233;tat somatique ou mental&lt;/i&gt;, constate B&#233;atrice Stambul, psychiatre &#224; la retraite et d&#233;l&#233;gu&#233;e r&#233;gionale de MDM. &lt;i&gt;Beaucoup sont partis sans leurs ordonnances, j'ai rencontr&#233; un homme qui s'&#233;vanouissait r&#233;guli&#232;rement. Il pensait que c'&#233;tait li&#233; au stress, mais il &#233;tait aussi diab&#233;tique et en rupture de traitement. &#187;&lt;/i&gt; Pour constituer une cellule de crise, les services sociaux de la ville ont &#233;t&#233; renforc&#233;s par des travailleurs sociaux de la Croix-Rouge, puis de Soliha sp&#233;cialiste de l'acc&#232;s et du maintien dans le logement, avant de se tourner vers France Horizon. &lt;br class='autobr' /&gt;
Leurs &#233;quipes, d&#233;bord&#233;es et sans solution, se retrouvent face &#224; un public qui voit son environnement s'effondrer, se retrouve d&#233;pouill&#233; de tout et&#8230; p&#232;te les plombs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Dans les histoires traumatiques, chaque nouveau traumatisme rejoue le traumatisme primaire, il peut aussi y avoir des pathologies qui se d&#233;clarent suite au choc, or l'Agence r&#233;gionale de la sant&#233; n'a pas pris la mesure de la catastrophe, et la cellule d'urgence m&#233;dicopsychologique n'a pas re&#231;u de moyens suppl&#233;mentaires&lt;/i&gt;, explique la psychiatre &#224; la retraite. &lt;i&gt;Depuis fin d&#233;cembre, nous tentons donc de mettre en place une &#233;quipe psy b&#233;n&#233;vole pour aller vers les personnes les plus isol&#233;es. Quand on est &#224; un euro pr&#232;s, et qu'on se retrouve &#224; l'h&#244;tel, on perd ses ressources. Comment faire avec les enfants, comment se d&#233;placer alors qu'on est excentr&#233; ? Tout devient stressant. &#187;&lt;/i&gt; Avant la mobilisation des humanitaires et du corps m&#233;dical, une coordination de psychologues et psychanalystes a &#233;merg&#233; dans l'urgence pour proposer des groupes de paroles et des s&#233;ances individuelles. Toujours du b&#233;n&#233;volat, faute de r&#233;ponse des pouvoirs publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette catastrophe choque les Marseillais, elle ne les &#233;tonne pas. La population constate au quotidien l'incurie des propri&#233;taires et de la mairie. Cinq jours apr&#232;s l'effondrement, dix mille personnes manifestaient pour d&#233;noncer l'inaction d'une municipalit&#233; qui fait le lit des marchands de sommeil. En 2015, le rapport Nicol &#233;valuait &#224; 40 000 le nombre de logements indignes &#224; Marseille. Dans le centre ville, le taux de pauvret&#233; s'&#233;l&#232;ve &#224; 30% quand celui des logements sociaux stagne &#224; 5%. Cette volont&#233; politique de chasser les pauvres du c&#339;ur de la cit&#233; affecte depuis longtemps la sant&#233; des plus pr&#233;caires. Elle a fini par tuer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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