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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Emploi &#8226; L'utopie gagne du terrain</title>
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&lt;p&gt;Adopt&#233;e en novembre 2016, la loi &#171; Territoire z&#233;ro ch&#244;meur de longue dur&#233;e &#187; a d&#233;j&#224; permis la cr&#233;ation de pr&#232;s de onze entreprises &#224; but d'emploi sur dix territoires. Pour permettre d'&#233;tendre ce programme exp&#233;rimental, il faut &#224; nouveau voter une loi. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand, en 2014, Laurent Grandguillaume porte le projet de loi &#171; Territoires z&#233;ro ch&#244;meur de longue dur&#233;e &#187; devant l'Assembl&#233;e, le d&#233;put&#233; PS est soutenu par&#8230; quatre coll&#232;gues. Son projet vise &#224; proposer, sur des territoires pr&#233;d&#233;finis, un emploi en CDI aux ch&#244;meurs (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1247-" rel="tag"&gt;1247&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Adopt&#233;e en novembre 2016, la loi &#171; Territoire z&#233;ro ch&#244;meur de longue dur&#233;e &#187; a d&#233;j&#224; permis la cr&#233;ation de pr&#232;s de onze entreprises &#224; but d'emploi sur dix territoires. Pour permettre d'&#233;tendre ce programme exp&#233;rimental, il faut &#224; nouveau voter une loi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand, en 2014, Laurent Grandguillaume porte le projet de loi &#171; Territoires z&#233;ro ch&#244;meur de longue dur&#233;e &#187; devant l'Assembl&#233;e, le d&#233;put&#233; PS est soutenu par&#8230; quatre coll&#232;gues. Son projet vise &#224; proposer, sur des territoires pr&#233;d&#233;finis, un emploi en CDI aux ch&#244;meurs en s'appuyant sur les ressources locales. Il obtient toutefois son adoption &#224; l'unanimit&#233; en 2016. Trois ans plus tard, les dix territoires lanc&#233;s dans l'exp&#233;rimentation ont cr&#233;&#233; pr&#232;s de huit cents emplois en CDI &#224; temps choisi, r&#233;mun&#233;r&#233;s au Smic. L'id&#233;e, d'abord balay&#233;e comme une utopie, fait ses preuves. Par cons&#233;quent, le porteur du projet initi&#233; par ATD Quart Monde peut s'appuyer sur un groupe de 142 parlementaires pour soutenir une loi d'extension du programme exp&#233;rimental. En septembre 2018, Emmanuel Macron a m&#234;me inscrit son ouverture &#224; de nouveaux territoires dans sa strat&#233;gie de lutte contre la pauvret&#233;. En m&#234;me temps, le minist&#232;re du Travail annonce une baisse de 1 000 euros des dotations annuelles accord&#233;es &#224; ce programme, soit 17 000&#8239;euros par salari&#233; au lieu de 18 000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette exp&#233;rience pour r&#233;sorber le ch&#244;mage de plus d'un an n&#233;cessite un cadre l&#233;gal, car elle d&#233;roge &#224; un certain nombre de r&#232;gles. Son principe de base suppose de r&#233;affecter les co&#251;ts li&#233;s au ch&#244;mage pour aider &#224; financer des emplois. En 1995, une premi&#232;re tentative d'utiliser des enveloppes d&#233;di&#233;es au RMI pour recruter les b&#233;n&#233;ficiaires s'&#233;tait vu retoquer car la loi ne permettait pas ce genre de transfert. Il aura fallu attendre vingt ans pour l'autoriser. Ensuite, les entreprises &#224; but d'emploi (EBE) recrutent des ch&#244;meurs domicili&#233;s sur le territoire depuis plus de six mois, une forme de discrimination qui rompt avec l'&#233;galit&#233; territoriale, mais qui vise &#224; &#233;viter les d&#233;m&#233;nagements opportunistes. Autre d&#233;rogation, les entreprises ainsi cr&#233;&#233;es doivent se consacrer &#224; des activit&#233;s non concurrentielles, donc par essence non rentables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre janvier et juin 2017, les dix territoires retenus ont mont&#233; onze EBE. Elles b&#233;n&#233;ficient pendant cinq ans d'une prise en charge de deux tiers d'un Smic pour chaque salari&#233;. Le premier d&#233;fi &#224; surmonter est donc de d&#233;gager suffisamment de revenu d'activit&#233; pour couvrir le reste &#224; charge. Pour leur cr&#233;ation, ces entreprises sont accompagn&#233;es par des comit&#233;s locaux. Ces instances territoriales r&#233;unissent tous les niveaux de l'administration, les acteurs &#233;conomiques locaux, les organismes li&#233;s &#224; l'emploi, les accompagnateurs sociaux et des personnes au ch&#244;mage. Ce maillon indispensable &#224; la synergie du territoire doit identifier les ch&#244;meurs de longue dur&#233;e d&#233;sireux d'int&#233;grer le programme et les activit&#233;s socialement utiles non concurrentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Jouques, ce long travail souvent b&#233;n&#233;vole a d&#233;but&#233; d&#232;s avril 2015. Situ&#233; au nord-est des Bouches-du-Rh&#244;ne, loin des bassins d'emplois, ce village de 4 400 habitants se d&#233;bat &#224; l'&#233;poque avec un taux de ch&#244;mage &#224; 20&#8239;%. &lt;i&gt;&#171; L'entreprise Elan Jouques compte actuellement 48 salari&#233;s dont la moiti&#233; ont choisi un plein-temps&lt;/i&gt;, raconte Ludwig Rouault, directeur de l'EBE depuis ao&#251;t 2018. &lt;i&gt;Cinquante-quatre personnes ont int&#233;gr&#233; l'entreprise, six ont pu rejoindre d'autres entreprises. Parall&#232;lement, l'animation de la file d'attente par le comit&#233; local a permis &#224; plus de cinquante personnes de retrouver un emploi classique. Actuellement, il reste une vingtaine de personnes en file d'attente. Notre objectif est de poursuivre notre d&#233;veloppement pour recruter dix &#224; quinze personnes par an, mais cr&#233;er du chiffre d'affaires sur du non-concurrentiel reste compliqu&#233;, aujourd'hui on est incapable d'&#234;tre autonome. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2465 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH267/screenshot_1-8-52e76.png?1693499108' width='500' height='267' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Diffus&#233; dimanche 17 mars sur M6 dans Zone interdite, le documentaire Objectif z&#233;ro ch&#244;meur, visible en replay, suit pendant trois ans l'exp&#233;rience de la commune de Maul&#233;on dans les Deux-S&#232;vres, qui s'est engag&#233;e dans l'exp&#233;rimentation z&#233;ro ch&#244;meur de longue dur&#233;e. / &#169; L. Bognonnet&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elan Jouques d&#233;veloppe cinq p&#244;les d'activit&#233;s : tourisme, recyclerie, multi services, fabrication de toilettes s&#232;ches et de mobiliers &#224; base de palettes, agroforesterie. Tous les salari&#233;s sont polyvalents et peuvent s'adapter &#224; la charge de travail dans l'un ou l'autre des p&#244;les. &lt;i&gt;&#171; Depuis le d&#233;part, le but est d'offrir des actions utiles que les entreprises ne veulent pas faire parce qu'elles ne sont pas vraiment rentables&lt;/i&gt;, explique Claude Masset, adjointe &#224; l'emploi de la mairie et pilote du projet. &lt;i&gt;C'est du lien social, du service &#224; la population, de l'aide aux entreprises. On va mettre en place une conciergerie pour centraliser les demandes, en fonction nous orienterons vers des professionnels du territoire ou prendrons les missions qu'ils refusent en interne. On va &#233;galement faire de la mise &#224; disposition de personnel pour les travaux saisonniers li&#233;s &#224; l'agriculture, Elan est en capacit&#233; de r&#233;pondre au coup par coup dans l'urgence. Cela pourrait permettre aux tr&#232;s petites entreprises locales d'augmenter leur charge de travail et, pourquoi pas, d'&#234;tre en capacit&#233; de d&#233;baucher des salari&#233;s de l'EBE. &#187;&lt;/i&gt; Elan Jouques est devenue la plus grosse entreprise du territoire, mais elle est encore loin de d&#233;velopper un chiffre d'affaires suffisant. Cette ann&#233;e, elle va devoir faire face &#224; une baisse de dotation d'environ 35 000&#8239;euros, et le versement par le d&#233;partement des RSA &#233;conomis&#233;s en 2017 et 2018, environ 15 000&#8239;euros, ne va pas suffire &#224; compenser la perte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Recrutement inconditionnel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Aujourd'hui, toutes les EBE d&#233;gagent du chiffre d'affaires&lt;/i&gt;, constate Laurent Grandguillaume, pr&#233;sident de l'association Territoires z&#233;ro ch&#244;meur de longue dur&#233;e, &lt;i&gt;mais aucune ne peut couvrir les salaires, ce n'est d'ailleurs pas ce qui est demand&#233; dans la loi. Elle pr&#233;voit une mont&#233;e progressive des b&#233;n&#233;fices et une d&#233;gressivit&#233; de l'aide, mais on n'a jamais dit que toutes les entreprises seraient &#224; l'&#233;quilibre au bout de cinq ans. S'il faut encore une queue de financement pour &#233;quilibrer le syst&#232;me, &#231;a coutera toujours moins cher que le ch&#244;mage longue dur&#233;e. &#187;&lt;/i&gt; Cent soixante nouveaux territoires se disent volontaires pour int&#233;grer le programme, cinquante ont d&#233;j&#224; cr&#233;&#233; un comit&#233; local. Cette nouvelle vague devrait b&#233;n&#233;ficier de l'exp&#233;rience des pionniers. &lt;i&gt;&#171; Nous sommes l&#224; pour les accompagner en amont pour qu'ils soient pr&#234;ts au moment opportun&lt;/i&gt;, pr&#233;cise l'ambassadeur de l'exp&#233;rimentation. &lt;i&gt;Ce n'est pas un dispositif descendant que l'on peut dupliquer, on peut s'inspirer des m&#234;mes principes, poser quelques cadres mais ensuite chaque territoire doit trouver sa voie. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La difficult&#233; r&#233;currente repose sur le management. Certaines entreprises sont pass&#233;es de z&#233;ro &#224; cent salari&#233;s en moins de deux ans. L'enthousiasme des salari&#233;s ne suffit pas toujours &#224; faire tourner une bo&#238;te. &#192; Jouques, le nouveau directeur ne vient pas de l'&#233;conomie sociale et solidaire, mais du commerce. &lt;i&gt;&#171; Au d&#233;but &#231;a faisait petite famille, maintenant ils sont presque cinquante, j'ai choisi de nommer des responsables de p&#244;le qui sont pay&#233;s 10&#8239;% de plus que le Smic&lt;/i&gt;, raconte Ludwig Rouault. &lt;i&gt;Apr&#232;s on essaie de conserver cette ambiance o&#249; tout le monde &#233;change et cherche &#224; d&#233;velopper l'activit&#233; ensemble. &#187;&lt;/i&gt; Le dirigeant souhaite &#224; la fois d&#233;velopper l'activit&#233; de l'entreprise et l'employabilit&#233; de ses salari&#233;s. Pour lui, le programme ouvre plusieurs possibilit&#233;s, et l'entreprise &#224; but d'emploi n'est qu'un outil. &lt;i&gt;&#171; Pour l'instant, on reste dans l'id&#233;e d'int&#233;grer des ch&#244;meurs, de les former si n&#233;cessaire, et de les aider &#224; r&#233;int&#233;grer le march&#233; du travail classique, donc qu'ils sortent du programme. On peut aussi p&#233;renniser les activit&#233;s, afin qu'elles deviennent des entreprises ind&#233;pendantes. &#187;&lt;/i&gt; En tout cas, Laurent Grandguillaume restera vigilant, la n&#233;cessit&#233; de d&#233;gager des b&#233;n&#233;fices ne peut en aucun cas induire une s&#233;lection &#224; l'embauche. Par essence, le programme &#171; Z&#233;ro ch&#244;meur de longue dur&#233;e &#187; doit b&#233;n&#233;ficier &#224; tous ceux qui le d&#233;sirent. Partant de ce principe, il est confiant : sa proposition de loi d'extension des territoires sera adopt&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Quelle place pour les parents face aux professionnels ?</title>
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		<dc:subject>Usager</dc:subject>
		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
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&lt;p&gt;Ils sont soup&#231;onn&#233;s, remis en cause, vilipend&#233;s. En m&#234;me temps, on leur demande de se mobiliser, de r&#233;agir et d'&#234;tre pr&#233;sents aupr&#232;s de leurs enfants. Certains n'y arrivent pas ou se montrent nocifs, quand d'autres font ce qu'ils peuvent, meurtris d'&#234;tre critiqu&#233;s par des intervenants pas plus efficients. &lt;br class='autobr' /&gt;
par Laurent Ott, Philosophe social engag&#233; dans une action de d&#233;veloppement social communautaire &lt;br class='autobr' /&gt;
C' est une des caract&#233;ristiques de la vague de pr&#233;carisation qui s'abat sur notre soci&#233;t&#233; et sur notre (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1247-" rel="tag"&gt;1247&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ils sont soup&#231;onn&#233;s, remis en cause, vilipend&#233;s. En m&#234;me temps, on leur demande de se mobiliser, de r&#233;agir et d'&#234;tre pr&#233;sents aupr&#232;s de leurs enfants. Certains n'y arrivent pas ou se montrent nocifs, quand d'autres font ce qu'ils peuvent, meurtris d'&#234;tre critiqu&#233;s par des intervenants pas plus efficients.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;par Laurent Ott, Philosophe social engag&#233; dans une action de d&#233;veloppement social communautaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C' est une des caract&#233;ristiques de la vague de pr&#233;carisation qui s'abat sur notre soci&#233;t&#233; et sur notre secteur que de nous confronter &#224; des injonctions contradictoires. D'un c&#244;t&#233;, on assigne des places aux gens, on leur enjoint de les occuper avec de plus en plus de performance et de comp&#233;tence, et, d'un autre c&#244;t&#233;, on fait l'&#233;loge de l'&#233;mancipation, de la mobilit&#233; et de la transformation. Les parents ne sont pas seulement pi&#233;g&#233;s par le jeu des institutions, ou lentement d&#233;poss&#233;d&#233;s de leurs privil&#232;ges parentaux comme on en ose quelquefois la critique. Ils sont juste ali&#233;n&#233;s, car on a fait d'eux des parents et uniquement des parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avez-vous d&#233;j&#224; remarqu&#233; dans les r&#233;unions partenariales cet instant de g&#234;ne o&#249; les professionnels et acteurs sociaux, &#233;ducatifs ou m&#233;dicaux se pr&#233;sentent avec plein de titres et de fonctions, et o&#249; on termine toujours par la pauvre personne, qui ne sera que &#171; parent &#187;, et encore m&#234;me &#171; parent de&#8230; &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#202;tre parent, n'&#234;tre que parent c'est se retrouver enferm&#233; dans une identit&#233; privative de toutes les autres. La parentalit&#233; c'est le r&#233;sultat de la pr&#233;carisation de la famille ; c'est la r&#233;duction dans une personne seule de ce qu'on attendait de tout un milieu. La parentalit&#233; n'est ni un destin naturel ni un id&#233;al en soi. C'est quelque chose qui se construit depuis la soci&#233;t&#233;, depuis les institutions et qui isole les personnes qui y sont assign&#233;es en les incitant &#224; se retrancher de la vie publique, de la vie tout court. Car qui a vraiment besoin de parents comp&#233;tents ? Qui croit encore que la solution des probl&#232;mes de l'enfance passera par le fait de remettre les parents &#224; la bonne place, ou de leur faire acqu&#233;rir des comp&#233;tences ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, les enfants ont besoin de vivre aux c&#244;t&#233;s d'adultes, c'est-&#224;-dire de personnes disposant et exer&#231;ant une vie compl&#232;te, dans les domaines &#233;conomiques, politiques, culturels, sociaux, affectifs&#8230; En r&#233;alit&#233; les enfants ont besoin qu'on leur donne envie de grandir, et de s'impliquer dans une soci&#233;t&#233; o&#249; les enjeux de survie et de n&#233;cessaires transformations n'ont jamais &#233;t&#233; aussi forts et urgents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la participation des parents doit &#234;tre mise en cause dans tous les mots de l'&#233;nonc&#233;. Aujourd'hui face &#224; l'inacceptable de la pr&#233;carisation des milieux populaires, comme des acteurs sociaux, la participation n'est pas plus un enjeu qu'une simple adaptation. Il faut changer, inventer, transformer, d&#233;truire en un mot les vestiges et les pratiques d'un autre temps qui ne nous conviennent plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est bien la r&#233;duction de la question de la famille &#224; la parentalit&#233; ; la r&#233;duction de la parentalit&#233; &#224; la question &#233;ducative, qui devraient tout autant nous inciter &#224; nous insurger. &#192; l'inverse d'un enfermement dans des hypoth&#233;tiques fonctions, ce sont bel et bien vers la construction de nouveaux milieux &#233;ducatifs, de communaut&#233;s de vie et d'&#233;ducation, que nous devrions tendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Parents professionnels : un nouveau partage de la relation &#233;ducative, Laurent Ott, &#201;d. &#233;r&#232;s&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2466 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH606/screenshot_2-10-eb49f.png?1694654244' width='500' height='606' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;par J&#233;r&#244;me Bouts, travailleur social, directeur g&#233;n&#233;ral d'association&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est des choix s&#233;mantiques qui, tout &#224; fait fond&#233;s au d&#233;part, du moins le croit-on, nous enferment et enferment ceux-l&#224; m&#234;mes qu'ils &#233;taient cens&#233;s affranchir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, tout d'abord, pas d'ambigu&#239;t&#233; : la question ici n'est pas la place de la famille en protection de l'enfance. La question de la famille, en effet, est inh&#233;rente &#224;&#8230; la protection de l'enfant. J'&#233;crivais il y a plus de vingt ans : &lt;i&gt;&#171; Dans ces situations de danger patent, c'est &#224; partir des lieux de placement que l'on peut le mieux travailler la question de la famille. Car en effet c'est m&#233;canique : moins la place de la famille aura &#233;t&#233; incluse dans le projet pour l'enfant, plus les d&#233;parts du lieu de placement, vers sa famille ou pas, seront difficiles voire catastrophiques&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Mais je r&#233;siste &#224; la formulation : participation de la famille. Je ne suis pas sans savoir que l'on partait de loin en 2002 concernant la place de la famille dans les projets de la plupart de nos &#233;tablissements et services. Mais aujourd'hui ce terme est surann&#233; et, dans notre psych&#233; collective, participe &#224; maintenir les familles en satellite de l'&#233;ducation de leurs propres enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je prenais part r&#233;cemment &#224; une commission de travail sur la question de la participation des b&#233;n&#233;ficiaires &#224; la formation des travailleurs sociaux. Un homme, ancien &#171; sans-domicile fixe &#187;, a pris la parole. Il nous expliquait que d'apr&#232;s lui la loi 2002-2, en repla&#231;ant les usagers au centre, les maintenait dans un statut d'objet de discussions. Il souhaitait, lui, &#234;tre sujet autour de la table (de r&#233;unions) et non plus au centre de ces discussions tenues pour lui. Ainsi le choix des mots, aussi justes &#233;taient-ils au d&#233;part, tendait &#224; maintenir durablement &#224; l'&#233;cart les usagers en les pla&#231;ant au centre des d&#233;bats !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus r&#233;cemment, aux assises de la protection de l'enfance &#224; Nantes, dont le th&#232;me &#233;tait &#171; Dans la famille &#8220;jeprot&#232;gelenfant&#8221; je voudrais&#8230; Tous ceux qui r&#233;pondent &#224; ses besoins &#187;, Serge Escots (anthropologie clinique) nous exhortait &#224; r&#233;fl&#233;chir sur le choix des mots. Il prenait en exemple l'expression &#171; parents toxiques &#187; largement usit&#233;e, qui positionnait fondamentalement les parents consid&#233;r&#233;s comme toxiques ; formule &#171; discr&#233;ditante &#187; les r&#233;duisant &#224; un &#233;tat de &#171; toxique &#187;. Il nous montrait l'insistance du poids s&#233;mantique sur les pens&#233;es et donc sur les pratiques des professionnels. Il pr&#233;conisait en l'occurrence l'utilisation de la formulation &#171; parents emp&#234;ch&#233;s &#187;, moins s&#233;v&#232;re (et moins toxique !) et susceptible d'une invitation &#224; lever les emp&#234;chements &#224; l'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne minore pas l'obligation de protection &#224; l'&#339;uvre en protection de l'enfance. Je n'ai pas une approche na&#239;ve donc ni davantage familialiste. N&#233;anmoins, &#224; l'instar de Serge Escots et ses &#171; parents toxiques &#187;, je propose d'abandonner la formule &#171; la participation des familles &#187;. Il y a urgence !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on en effet seulement participer de l'&#233;ducation de son propre enfant ? On participe &#224; un jeu, une loterie, une kermesse, pas de l'&#233;ducation de son enfant ! Ce poids s&#233;mantique vu plus haut p&#232;se sur les pens&#233;es et les pratiques en renvoyant ici je crois la question de la famille, de la filiation &#224; une place optionnelle, satel&#173;litaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pr&#233;conise donc un renversement s&#233;mantique en parlant de la participation des institutions. Car enfin, si l'on regarde bien et de toutes fa&#231;ons, ce sont les services sociaux et autres institutions qui participent &#224; la vie des familles et aux histoires de famille. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces familles en seraient positionn&#233;es tout &#224; fait autrement dans nos psych&#233;s et dans nos pratiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Addictions &#8226; Aux soins des m&#232;res</title>
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		<dc:subject>Parentalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Toxicomanie</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#192; Roubaix, un centre th&#233;rapeutique r&#233;sidentiel d'un nouveau genre a r&#233;cemment ouvert ses portes. R&#233;serv&#233; aux m&#232;res ayant des probl&#233;matiques li&#233;es aux addictions, Lucine se situe au croisement de la protection de l'enfance et de l'addictologie, impliquant un travail partenarial entre deux secteurs aux cultures professionnelles parfois &#233;loign&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Tu commences &#224; avoir faim ? Maman va te pr&#233;parer &#231;a. &#187; Dans son berceau, Ethan (1), tout juste un mois, commence &#224; s'agiter. &#201;lodie s'active pour lui pr&#233;parer le (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1247-" rel="tag"&gt;1247&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Roubaix, un centre th&#233;rapeutique r&#233;sidentiel d'un nouveau genre a r&#233;cemment ouvert ses portes. R&#233;serv&#233; aux m&#232;res ayant des probl&#233;matiques li&#233;es aux addictions, Lucine se situe au croisement de la protection de l'enfance et de l'addictologie, impliquant un travail partenarial entre deux secteurs aux cultures professionnelles parfois &#233;loign&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Tu commences &#224; avoir faim ? Maman va te pr&#233;parer &#231;a. &#187;&lt;/i&gt; Dans son berceau, Ethan (1), tout juste un mois, commence &#224; s'agiter. &#201;lodie s'active pour lui pr&#233;parer le biberon. Dans la studette flambant neuve, tout est pr&#233;vu pour le nourrisson et la maman : lit adulte et lit b&#233;b&#233;, table &#224; langer, jouets, kitchenette, sanitaires priv&#233;s,&#8239;etc. Une dizaine de minutes plus tard, Ethan s'endort sur les derni&#232;res gouttes de son biberon, au creux des bras de sa m&#232;re. Rien ne laisserait penser qu'il y a quelques mois l'addiction &#224; l'h&#233;ro&#239;ne et la coca&#239;ne contre laquelle luttait &#201;lodie hantait sa vie au point de mettre en danger celle de l'enfant qu'elle portait. La grossesse a agi comme un d&#233;clic : &lt;i&gt;&#171; Quand on m'a dit que ma conso pouvait tuer Ethan, &#231;a a eu un gros impact sur moi. &#187;&lt;/i&gt; &#201;lodie d&#233;cide alors d'entamer une cure durant sa grossesse. Elle est hospitalis&#233;e durant un mois et une semaine &#224; La Crois&#233;e, unit&#233; d'hospitalisation d&#233;pendant de la clinique d'addictologie de Lille. L'assistante sociale qui l'accompagne lui parle de Lucine, un tout nouveau centre th&#233;rapeutique r&#233;sidentiel (CTR) r&#233;serv&#233; aux femmes enceintes ou maman d'enfants de 0 &#224; 3 ans ayant des probl&#233;matiques li&#233;es aux addictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un coup de c&#339;ur : &lt;i&gt;&#171; Quand je suis venue la premi&#232;re fois, je suis rest&#233;e bouche b&#233;e. J'ai dit oui tout de suite ! Ici c'est tr&#232;s sain, on peut se ressourcer, se retrouver avec notre enfant. &#187;&lt;/i&gt; D&#232;s la sortie de la maternit&#233;, &#201;lodie et Ethan int&#232;grent donc Lucine. &lt;i&gt;&#171; Quand elles ont vu mon dossier, les responsables de la PMI &#233;taient sceptiques mais elles ont su trouver les bons mots, elles m'ont fait confiance. &#192; la maternit&#233;, elles m'ont dit : &#034;On vous fait confiance, on ne transmet pas d'information pr&#233;occupante pour Ethan.&#034; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raccroch&#233; au p&#244;le addictologie de la Sauvegarde du Nord et financ&#233; par l'Agence r&#233;gionale de Sant&#233;, Lucine, dont les espaces constell&#233;s de jouets pour b&#233;b&#233; pourraient faire croire le contraire, est bien un CTR et non un centre maternel. &lt;i&gt;&#171; Nous sommes dans le cadre d'une d&#233;marche de soin volontaire&lt;/i&gt;, indique Peggy Medved, cheffe de service. &lt;i&gt;La porte d'entr&#233;e, c'est la maman, son souhait de travailler vis-&#224;-vis de son rapport aux diff&#233;rents produits et d'exp&#233;rimenter un temps avec son enfant en dehors des consommations, dans un lieu collectif et s&#233;cure. Nous sommes dans une logique diff&#233;rente d'un centre maternel, o&#249; la porte d'entr&#233;e est l'enfant. Le travail se fait sur trois axes : la femme qui vient en d&#233;marche de soin, la relation m&#232;re/enfant, et l'enfant. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;marche volontaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette entr&#233;e permet de rassurer ces femmes qui ont souvent peur d'&#234;tre jug&#233;es par les professionnels de la protection de l'enfance. Au point, parfois, de cacher leurs probl&#233;matiques d'addiction et donc de s'emp&#234;cher l'entr&#233;e dans une d&#233;marche de soin, par crainte de voir leur enfant plac&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sylvie, dont le petit Ousmane accueilli &#224; Lucine est le quatri&#232;me enfant, reconna&#238;t : &lt;i&gt;&#171; On a peur d'en parler, pour ma premi&#232;re, je ne l'ai pas fait. Et je sais qu'elle a eu un manque&lt;/i&gt; [d&#251; au sevrage du b&#233;b&#233; &#224; la naissance, ndlr] &lt;i&gt;mais on se sent jug&#233;e : quand on a l'&#233;tiquette &#034;toxico&#034; &#231;a ne passe pas. Alors on n'ose pas parler, parce qu'on se dit : &#034;assistante sociale, placement, tribunal&#8230;&#034; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2469 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH178/screenshot_5-10-f929b.png?1694236883' width='500' height='178' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#233;d&#233;ric Brzozowski, directeur du p&#244;le addictologie &#224; la Sauvegarde du Nord, compl&#232;te : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Les femmes ont du mal &#224; &#233;voquer leurs difficult&#233;s d'addiction, par crainte du jugement social, mais aussi du jugement au sens premier du terme, celui de la protection de l'enfance, qui va juger s'il y a un danger ou pas pour l'enfant. Elles ont du mal &#224; d&#233;voiler leurs addictions et souvent on arrive au point de rupture : elles ne peuvent plus faire face et la machine de la protection de l'enfance s'enclenche. &#187;&lt;/i&gt; Or, quand la m&#232;re est accompagn&#233;e bien en amont de la naissance et la sortie de maternit&#233; correctement anticip&#233;e, des alternatives au placement &#233;mergent. Une exp&#233;rience d'accompagnement d&#232;s la grossesse des usag&#232;res de drogue, men&#233;e au centre hospitalier de Montpellier, a pr&#233;sent&#233; des r&#233;sultats &#233;difiants : le taux de placement des nouveau-n&#233;s est pass&#233; de 60&#8239;% &#224; 4&#8239;% en dix ans (2). De quoi &#234;tre convaincu que les secteurs de la protection de l'enfance et de l'addictologie doivent travailler de concert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce travail intersectoriel ne va pas de soi. Les professionnels de l'addictologie sont charg&#233;s d'accompagner la personne addicte, ceux de l'Aide sociale &#224; l'Enfance (ASE) de prot&#233;ger l'enfant. Les premiers ne travaillent que sur volontariat de la personne accompagn&#233;e, au contraire des deuxi&#232;mes. Deux regards sur la personne &#224; accompagner et &#224; prot&#233;ger, deux cultures professionnelles diff&#233;rentes qui, parfois, viennent se bousculer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Se faire confiance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, avant l'ouverture de Lucine, il a fallu se rencontrer, communiquer, baliser les secteurs d'intervention et surtout se faire confiance. &lt;i&gt;&#171; Nous avons eu d'abord une p&#233;riode de mise en r&#233;seau : nous avons rencontr&#233; la Direction Enfance/Famille du territoire, les Unit&#233; territoriales de pr&#233;vention et d'action sociale (UTPAS) et les PMI ; et dans un deuxi&#232;me temps, les agents sur site &#187;&lt;/i&gt;, indique Peggy Medved. La question des rapports d'&#233;valuation, outil courant pour les professionnels de l'ASE, a rapidement &#233;t&#233; mise sur la table. &lt;i&gt;&#171; D'embl&#233;e, j'ai insist&#233; sur le fait que nous ne ferions pas de rapport &#233;crit. Notre position, c'est la d&#233;marche de soin de la femme, et le c&#244;t&#233; volontaire de cette d&#233;marche. Si on sous-entend un rapport au juge, ce n'est plus uniquement volontaire et le travail possible avec les mamans autour des addictions serait moins authentique. En revanche, j'ai invit&#233; les agents &#224; venir sur Lucine autant de fois que n&#233;cessaire pour avoir assez d'&#233;l&#233;ments utiles &#224; la r&#233;daction de leur rapport. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une absence de rapport qui a pu dans un premier temps questionner les professionnels de l'ASE, qui voient avant tout l'enfant &#224; prot&#233;ger. &lt;i&gt;&#171; Nous allons agir comme n'importe quel citoyen&lt;/i&gt;, rassure Peggy Medved. &lt;i&gt;Si la sant&#233;, la s&#233;curit&#233; ou le bien-&#234;tre de l'enfant est menac&#233;, nous ferons une Information pr&#233;occupante. Ce discours est tenu aux mamans accueillies, et cela d&#232;s la sollicitation. &#187;&lt;/i&gt; Cette absence de rapport permet de travailler diff&#233;remment : &lt;i&gt;&#171; On s&#233;curise les femmes car elles savent qu'on ne porte pas de jugement&lt;/i&gt;, souligne Carole, &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e r&#233;cemment dipl&#244;m&#233;e. &lt;i&gt;On est plus sur du soutien. On va travailler sur la parentalit&#233;, mais sans qu'intervienne ce levier du placement de l'enfant. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2468 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH275/screenshot_4-11-e97b2.png?1694236883' width='500' height='275' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sabrina, l'une des personnes accueillies, Peggy Medved, cheffe de service, Carole, &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e, et Gabriel, le fils de Sabrina. / &#169; Rozenne le Berre&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;ducateurs ne rendront donc pas de compte &#224; l'ASE sur le parcours de soin des femmes et, notamment, s'il y a une envie ou une reprise de contact avec le produit. Renaud, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; : &lt;i&gt;&#171; Si on avait dit aux mamans qu'on le dirait, si elles reconsommaient, &#231;a n'aurait pas march&#233;. Notre d&#233;marche, c'est que les mamans soient en capacit&#233; de le dire elles-m&#234;mes aux professionnelles de l'ASE si elles se sentent en difficult&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Carole croit aussi en la n&#233;cessit&#233; de formation en addictologie des agents de secteur pour casser les pr&#233;jug&#233;s ou les repr&#233;sentations : ainsi, dans un processus de soin rarement lin&#233;aire, il arrive que les personnes consomment &#224; nouveau sans que cet acte soit le signe d'un &#233;chec de l'ensemble de la d&#233;marche de sevrage et de stabilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet accompagnement par des professionnels de l'addictologie semble porter ses fruits. &lt;i&gt;&#171; Ici, si l'une de nous a des envies de consommation, si &#231;a lui remplit l'esprit, elle a le droit de le dire&lt;/i&gt;, confirme &#201;lodie. &lt;i&gt;Mais ce n'est pas mon cas. Moi &#231;a m'est compl&#232;tement sorti de la t&#234;te, parce que je suis super bien encadr&#233;e. &#187;&lt;/i&gt; L'encadrement contenant a aussi pour effet de rassurer les services de protection de l'enfance. Ainsi, Sylvie est arriv&#233;e sans Ousmane, plac&#233; en pouponni&#232;re &#224; sa naissance. Gr&#226;ce au travail men&#233; &#224; Lucine, elle a pu le r&#233;cup&#233;rer pr&#232;s d'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autour d'&#201;lodie, de Sylvie et de Sabrina (pour une capacit&#233; totale de cinq mamans &#224; Lucine), s'active au quotidien une &#233;quipe pluridisciplinaire compos&#233;e de trois &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s, une &#233;ducatrice de jeunes enfants (EJE) et un infirmier. Une psychologue et un m&#233;decin interviennent sur un temps correspondant &#224; 0,2 &#233;quivalent temps plein. &lt;i&gt;&#171; Les infirmiers sont rentr&#233;s dans le champ de l'addicto, historiquement occup&#233; par des &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s, au moment de l'apparition des traitements de substitution. On a donc d&#233;j&#224; l'exp&#233;rience d'int&#233;grer des coll&#232;gues d'autres secteurs dans une &#233;quipe&lt;/i&gt;, explique Fr&#233;d&#233;ric Brzozowski. &lt;i&gt;Ces professionnels viennent interpeller l'&#233;quipe sur une focale que les coll&#232;gues n'ont pas, c'est une richesse. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2467 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH302/screenshot_3-10-a3eac.png?1694236883' width='500' height='302' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sabrina et Enzo, dans le salon collectif. / &#169; Rozenne le Berre&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Je suis rep&#233;r&#233;e tr&#232;s vite par les mamans de par ma formation diff&#233;rente&lt;/i&gt;, confirme Anne-Sophie, l'EJE de Lucine. &lt;i&gt;Quand les personnes ou les coll&#232;gues ont une question sp&#233;cifique par rapport &#224; un enfant, ils vont se tourner vers moi parce que j'ai un autre regard. Et le fait que je vienne du secteur du handicap m'a permis d'affiner l'observation des enfants. Dans l'autre sens, j'arrive parfois &#224; mes limites en termes de compr&#233;hension de l'addictologie. On &#233;change beaucoup entre coll&#232;gues. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rayons du soleil r&#233;chauffent maintenant la cour ext&#233;rieure. &#201;lodie sort avec Ethan, Sabrina avec Enzo, son petit dernier, et Gabriel, trois ans, qui est plac&#233; et lui rend visite cet apr&#232;s-midi. Enzo rigole franchement dans sa poussette sous le regard de son grand fr&#232;re. &lt;i&gt;&#171; Les enfants sont plus toniques&lt;/i&gt;, se r&#233;jouit Sylvie. &lt;i&gt;Mon petit &#224; la pouponni&#232;re il &#233;tait triste, je ne le reconnaissais plus ! Ce serait bien qu'il y ait plus de lieux comme &#231;a. Moi j'ai gal&#233;r&#233; : les rues, les prisons, je m'en veux pour mes enfants, je ne souhaite &#224; personne de vivre &#231;a. Ici j'arrive &#224; me reconstruire. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) &lt;a href=&#034;https://bit.ly/2SJUykd&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://bit.ly/2SJUykd&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Interg&#233;n&#233;rationnel &#8226; Vivre ensemble, une utopie ?</title>
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		<dc:subject>Personne &#226;g&#233;e</dc:subject>
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&lt;p&gt;La solitude frappe plus fort &#224; un &#226;ge avanc&#233;. L'entr&#233;e dans un Ehpad ne la rompt pas toujours et le maintien &#224; domicile peut rapidement prendre la forme d'un isolement total. Dans ce contexte, les projets d'habitats interg&#233;n&#233;rationnels pourraient-ils ouvrir une troisi&#232;me voie ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;fi qu'offrent les seniors &#224; nos soci&#233;t&#233;s occidentales contemporaines est de taille : en 2050, un tiers de la population fran&#231;aise aura plus de soixante ans. En parall&#232;le, les structures familiales se sont transform&#233;es. La (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1247-" rel="tag"&gt;1247&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La solitude frappe plus fort &#224; un &#226;ge avanc&#233;. L'entr&#233;e dans un Ehpad ne la rompt pas toujours et le maintien &#224; domicile peut rapidement prendre la forme d'un isolement total. Dans ce contexte, les projets d'habitats interg&#233;n&#233;rationnels pourraient-ils ouvrir une troisi&#232;me voie ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;fi qu'offrent les seniors &#224; nos soci&#233;t&#233;s occidentales contemporaines est de taille : en 2050, un tiers de la population fran&#231;aise aura plus de soixante ans. En parall&#232;le, les structures familiales se sont transform&#233;es. La famille indivise, mod&#232;le o&#249; plus de deux g&#233;n&#233;rations vivent sous le m&#234;me toit, n'est plus. &lt;i&gt;&#171; &#192; partir des ann&#233;es 1950, la transformation des modes de production agricole fait exploser le mod&#232;le artisanal, explique Michel Bill&#233;, sociologue. La m&#233;canisation va disqualifier les savoirs et les exp&#233;riences des anciens. En parall&#232;le, on construit en ville pour loger les personnes issues de l'exode rural. Ne restent &#224; la ferme que ceux qui ont repris l'exploitation et les vieux, pour qui l'on ouvre alors les premi&#232;res maisons de retraite. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accompagnement des personnes &#226;g&#233;es en perte d'autonomie s'&#233;chappe du cadre familial et se professionnalise autour de deux p&#244;les principaux : le maintien &#224; domicile et les h&#233;bergements collectifs, &#201;tablissement d'h&#233;bergement pour personnes &#226;g&#233;es d&#233;pendantes (Ehpad) en t&#234;te. Mais ces derniers, min&#233;s par diff&#233;rents t&#233;moignages d&#233;voilant le mal-&#234;tre des professionnels et des r&#233;sidents, sont loin d'&#234;tre pl&#233;biscit&#233;s : plus de 90&#8239;% des personnes &#226;g&#233;es de plus de 60 ans vivent &#224; domicile et l'immense majorit&#233; d'entre elles souhaite continuer &#224; le faire le plus longtemps possible (1). Quand vivre chez soi n'est plus possible, des troisi&#232;mes voies se dessinent, l'habitat inclusif en t&#234;te (&lt;i&gt;voir LS n&#176;1223&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2471 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L498xH431/screenshot_7-8-55037.png?1694654244' width='498' height='431' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mod&#232;les interg&#233;n&#233;rationnels ont &#233;galement le vent en poupe : colocations, r&#233;sidences voire quartiers interg&#233;n&#233;rationnels apparaissent un peu partout en France, marquant la prise de conscience collective de la n&#233;cessit&#233; de retisser des liens. &lt;i&gt;&#171; Les liens interg&#233;n&#233;rationnels se d&#233;litent, poursuit Michel Bill&#233;, il faut des projets volontaires pour les reb&#226;tir. L'habitat interg&#233;n&#233;rationnel peut alors appara&#238;tre comme une r&#233;ponse, depuis qu'il a disparu comme une r&#233;alit&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais de quoi parle-t-on exactement &#224; l'&#233;vocation de l'habitat interg&#233;n&#233;rationnel ? Les r&#233;alit&#233;s sont diverses. La colocation, dont plusieurs organisations comme Ensemble2g&#233;n&#233;rations ou Untoit2g&#233;n&#233;rations se sont empar&#233;es, met en lien une personne &#226;g&#233;e avec un &#233;tudiant. En &#233;change de quelques services et de sa pr&#233;sence pour lutter contre la solitude du senior qui l'accueille chez lui, il b&#233;n&#233;ficie d'un loyer gratuit ou mod&#233;r&#233;. Cette formule, la plus classique du genre, vient d'&#234;tre s&#233;curis&#233;e et encadr&#233;e par la loi Elan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2470 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH260/screenshot_6-10-eb8e8.png?1694654244' width='500' height='260' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais depuis une dizaine d'ann&#233;es d'autres mod&#232;les se d&#233;veloppent : les r&#233;sidences interg&#233;n&#233;rationnelles. Ces immeubles accueillent des personnes de toutes g&#233;n&#233;rations. En soi, comme n'importe quel immeuble. Sauf que l'architecture du lieu a &#233;t&#233; pens&#233;e pour favoriser le lien social : des salles communes permettent la rencontre et le d&#233;veloppement d'activit&#233;s, des logements sont sp&#233;cialement adapt&#233;s aux personnes d&#233;pendantes, des associations d'habitants organisent des clubs de bricolage, jardinage, sport ou proposent la mutualisation d'outils, des chartes de vivre-ensemble sont sign&#233;es par les habitants et, souvent, un professionnel est charg&#233; du d&#233;veloppement du lien social et interg&#233;n&#233;rationnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interg&#233;n&#233;rationnel et plus globalement la mixit&#233; sociale peuvent aussi se d&#233;velopper &#224; l'&#233;chelle du quartier. &#192; Lille, le quartier Humanicit&#233; regroupe un h&#244;pital, une r&#233;sidence &#233;tudiante, un Service d'accompagnement m&#233;dico-social pour adultes handicap&#233;s, un Institut m&#233;dico-&#233;ducatif, un Ehpad, une cr&#232;che, une blanchisserie fonctionnant en atelier d'insertion, des logements sociaux et des logements priv&#233;s classiques. Une m&#233;diatrice sociale est charg&#233;e d'accompagner habitants et r&#233;sidents dans le d&#233;veloppement de projets favorisant le lien social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2472 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH425/screenshot_8-7-2e7b3.png?1694654245' width='500' height='425' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus r&#233;cemment, une nouveaut&#233; inspir&#233;e en partie de mod&#232;les hollandais et scandinaves est apparue : la colocation &#233;tudiante au sein des Ehpad, notamment d&#233;velopp&#233;e &#224; Tours, Montpellier et Brest. Dans les trois villes, la formule est similaire : un loyer &#224; faible co&#251;t est propos&#233; aux &#233;tudiants, en &#233;change de quelques heures de b&#233;n&#233;volat par semaine aupr&#232;s des r&#233;sidents. &lt;i&gt;&#171; L'un des objectifs &#233;tait de lutter contre l'isolement des personnes &#226;g&#233;es&lt;/i&gt;, indique Annie Yague, &lt;i&gt;vice-pr&#233;sidente du centre communal d'action sociale et adjointe aux affaires sociales &#224; la ville de Montpellier. On peut vivre dans un Ehpad, &#234;tre en permanence entour&#233; de personnes qui s'occupent de nous mais &#234;tre tr&#232;s seul. Avec ce projet, les r&#233;sidents ont un contact direct avec des personnes &#233;trang&#232;res &#224; la r&#233;sidence, qui ne portent pas de blouse, qui arrivent avec leur fra&#238;cheur et leurs envies. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Interg&#233;n&#233;rationnel en Ehpad&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Montpellier, onze &#233;tudiants ont int&#233;gr&#233; le projet &#224; la rentr&#233;e de septembre 2018. Les effectifs devraient &#234;tre doubl&#233;s l'ann&#233;e prochaine. Chacun d'eux propose des activit&#233;s aux r&#233;sidents : musique, cin&#233;ma, cr&#233;ation de murs v&#233;g&#233;taux, communication par Skype, lecture de journaux,&#8239;etc. &lt;i&gt;&#171; Il y a eu aussi un effet qu'on n'avait pas anticip&#233;, sourit Annie Yague. Des r&#233;sidents se sont mis &#224; proposer des activit&#233;s aux &#233;tudiants, comme des cours de tricot ! &#187;&lt;/i&gt; Le projet a re&#231;u le Territoria d'Or, prix r&#233;compensant les projets innovants facilement reproductibles dans d'autres villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2473 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH382/screenshot_9-8-d8905.png?1694654245' width='500' height='382' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels sont les b&#233;n&#233;fices de ces projets ? Pour ce qui est de la cohabitation &#233;tudiant/senior, en institution ou &#224; domicile, on pense d'embl&#233;e &#224; la lutte contre la solitude, du c&#244;t&#233; des seniors, et &#224; l'acc&#232;s &#224; un logement &#224; un prix abordable, du c&#244;t&#233; des jeunes. De fait, les chiffres viennent corroborer ces hypoth&#232;ses : plus d'une personne de plus de soixante ans sur dix se sent seule &#171; tous les jours ou souvent &#187; et 300 000 d'entre elles sont en &#233;tat de mort sociale : elles n'ont plus aucun contact avec des proches (2). La pr&#233;sence d'un &#233;tudiant au quotidien pour ces personnes isol&#233;es ne peut, dans ces conditions, qu'appara&#238;tre comme b&#233;n&#233;fique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des &#233;tudiants, 20&#8239;% d'entre eux vivent au dessous du seuil de pauvret&#233;, et le loyer repr&#233;sente 54&#8239;% de leur budget (3). Une part qui diminue consid&#233;rablement, voire dispara&#238;t compl&#232;tement, en cas de colocation interg&#233;n&#233;rationnelle. Mais l'isolement social des &#233;tudiants est une r&#233;alit&#233; &#224; ne pas n&#233;gliger. Selon une &#233;tude de la Fondation de France (4), plus de deux millions de jeunes sont isol&#233;s ou socialement vuln&#233;rables. Peut-&#234;tre que la lutte contre la solitude via la cohabitation se joue finalement, et toutes proportions gard&#233;es, des deux c&#244;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Croiser les cultures professionnelles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pouss&#233;e de ces projets et la vari&#233;t&#233; des formes qu'ils rev&#234;tent ne sont pas sans cons&#233;quences sur le travail social. Si jeunes et vieux se rencontrent, les professionnels qui les accompagnent sont amen&#233;s &#224; travailler ensemble. Des ateliers sont ainsi anim&#233;s conjointement entre professionnels de la g&#233;riatrie et de la p&#233;diatrie &#224; l'Ehpad P&#233;an (Paris), qui accueille une cr&#232;che au sein de ses locaux depuis 1991.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2474 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L427xH276/screenshot_10-8-95a8c.png?1694654245' width='427' height='276' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Atelier p&#226;tisserie &#224; la r&#233;sidence interg&#233;n&#233;rationnelle de Mouans, pr&#232;s de Cannes. / &#169; R&#233;cipro-Cit&#233;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein des r&#233;sidences interg&#233;n&#233;rationnelles, professionnels du social, du m&#233;dical, du service &#224; la personne, de l'habitat et de l'animation se croisent. Si jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es 2000 la question du vieillissement de la population restait cantonn&#233;e au secteur m&#233;dico-social, de nouveaux acteurs font leur apparition, venant, ind&#233;niablement, bousculer les cultures professionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouveaux partenaires donc, mais aussi nouveaux m&#233;tiers. Recipro-cit&#233;, entreprise d'ing&#233;nierie sociale qui s'est sp&#233;cialis&#233;e dans la cr&#233;ation de r&#233;sidences interg&#233;n&#233;rationnelles, emploie des professionnels sp&#233;cialement form&#233;s pour travailler au sein de ces lieux sp&#233;cifiques, sur des postes de &#171; gestionnaire-animateur &#187;. Dans d'autres entreprises du secteur, ces professionnels sont nomm&#233;s &#171; m&#233;diateur &#187;, &#171; coordinateur &#187; ou encore &#171; animateur &#187;. Ils effectuent un travail hybride, &#224; la fronti&#232;re entre l'animation, l'&#233;ducation et la coordination de projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il ne suffit pas de mettre les jeunes et les vieux ensemble pour que &#231;a marche&lt;/i&gt;, indique Catherine Bergeret-Amselek, coordinatrice de l'ouvrage &lt;i&gt;Vivre ensemble, jeunes et vieux&lt;/i&gt; (Er&#232;s, 2015). &lt;i&gt;La diff&#233;rence de g&#233;n&#233;ration peut &#234;tre un obstacle &#224; la fluidit&#233; des relations. Les actions interg&#233;n&#233;rationnelles sont des solutions salvatrices pour briser la solitude, &#224; condition qu'il y ait un m&#233;diateur. &#187;&lt;/i&gt; La r&#233;flexion sur la place, la formation et l'action de ces professionnels amen&#233;s &#224; occuper cette position de m&#233;diateurs est encore balbutiante. L'habitat interg&#233;n&#233;rationnel constitue, de fait, un terrain o&#249; de nombreuses exp&#233;rimentations sont possibles, notamment pour les professionnels du secteur social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) &lt;a href=&#034;https://bit.ly/2XAUruT&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://bit.ly/2XAUruT&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Solitude et isolement quand on a plus de soixante ans en France en 2017, &#233;tude r&#233;alis&#233;e par l'institut CSA pour les Petits Fr&#232;res des pauvres&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) Enqu&#234;te sur le co&#251;t de la vie &#233;tudiante, unef 2017&lt;br class='autobr' /&gt;
(4) Jeune et sans amis : quand la solitude frappe les 15-30 ans, 2017&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Location interg&#233;n&#233;rationnelle &#8226; Viens chez moi, j'habite dans un Ehpad</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1247-Location-intergenerationnelle-o-Viens-chez-moi-j-habite-dans-un-Ehpad</link>
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		<dc:date>2019-03-19T08:50:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Personne &#226;g&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>1247</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; Brest, trois &#233;tudiants ont &#233;t&#233; s&#233;lectionn&#233;s pour int&#233;grer Louise et compagnie, une colocation attenante &#224; un Ehpad. En &#233;change d'un loyer d&#233;fiant toute concurrence, ils sont pr&#233;sents quelques heures par semaine aupr&#232;s des r&#233;sidents. &lt;br class='autobr' /&gt;
La salle principale de la r&#233;sidence ressemble &#224; celle d'un Ehpad classique : quelques r&#233;sidents install&#233;s &#224; des tables sont en pleine partie de Triominos, d'autres, pour la plupart en fauteuil roulant, captiv&#233;s par la t&#233;l&#233;vision. Il est 17&#8239;heures, un cr&#233;neau libre entre la fin (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1247-" rel="tag"&gt;1247&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Brest, trois &#233;tudiants ont &#233;t&#233; s&#233;lectionn&#233;s pour int&#233;grer Louise et compagnie, une colocation attenante &#224; un Ehpad. En &#233;change d'un loyer d&#233;fiant toute concurrence, ils sont pr&#233;sents quelques heures par semaine aupr&#232;s des r&#233;sidents.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La salle principale de la r&#233;sidence ressemble &#224; celle d'un Ehpad classique : quelques r&#233;sidents install&#233;s &#224; des tables sont en pleine partie de Triominos, d'autres, pour la plupart en fauteuil roulant, captiv&#233;s par la t&#233;l&#233;vision. Il est 17&#8239;heures, un cr&#233;neau libre entre la fin des activit&#233;s de l'apr&#232;s-midi et le d&#233;but du repas. Un moment qui de temps libre se mue parfois en temps creux. &lt;i&gt;&#171; Avant le repas, il y a plus de d&#233;ambulations, de personnes perdues&lt;/i&gt;, explique Morgane Dimofski, responsable d'animation. &lt;i&gt;C'est pour cela qu'on mobilise les &#233;tudiants sur ces temps o&#249; on a besoin d'eux. &#187;&lt;/i&gt; Les &#233;tudiants ? Ils sont trois &#8211; Olympe, Andr&#233;a et Beno&#238;t &#8211; &#224; &#234;tre pr&#233;sents trois heures par semaine aupr&#232;s des r&#233;sidents. Tous trois sont colocataires et r&#233;sident dans un logement meubl&#233; attenant &#224; l'Ehpad. En &#233;change de ces heures de b&#233;n&#233;volat hebdomadaire, ils b&#233;n&#233;ficient d'un loyer mensuel tr&#232;s mod&#233;r&#233; : 222&#8239;&#8364;, montant potentiellement diminu&#233; par une aide au logement. Un projet de colocation solidaire et interg&#233;n&#233;rationnelle, conduit pour la seconde fois cette ann&#233;e au sein de la r&#233;sidence Louise Le Roux de Brest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2475 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH254/screenshot_11-7-a5cc5.png?1694654245' width='500' height='254' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le temps creux apr&#232;s la fin des activit&#233;s et le d&#233;but du repas, entre 17 heures et 18h30, est propice aux moments d'&#233;changes &lt;br class='autobr' /&gt;
entre &#233;tudiants et r&#233;sidents. / &#169; Rozenne le Berre&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'origine, il y a un logement vaquant : un ancien appartement de fonction du directeur de l'Ehpad. La directrice, &#233;paul&#233;e par un stagiaire, cogite pour trouver une destin&#233;e &#224; ce logement. Int&#233;ress&#233;s par les projets interg&#233;n&#233;rationnels, ils se documentent sur ce qui se fait &#224; l'&#233;tranger puis d&#233;cident d'ouvrir la premi&#232;re colocation &#233;tudiants/seniors de Bretagne. &#192; la rentr&#233;e 2017, &lt;i&gt;Louise et compagnie&lt;/i&gt; accueille ses premiers &#233;tudiants. Le logement, enti&#232;rement r&#233;nov&#233; et meubl&#233;, comporte un jardin privatif et une entr&#233;e s&#233;par&#233;e de la r&#233;sidence : &lt;i&gt;&#171; Certains r&#233;sidents sont parfois d&#233;sorient&#233;s, sortent de leur chambre la nuit&#8230; Avec ce logement dans le b&#226;timent mais dont l'entr&#233;e est ind&#233;pendante de l'Ehpad, l'intimit&#233; des &#233;tudiants est pr&#233;serv&#233;e. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andrea a fait partie de l'aventure d&#232;s le d&#233;but : &lt;i&gt;&#171; Je devais &#233;tudier &#224; Rennes, mais les loyers &#233;taient trop chers. J'ai donc d&#251; aller &#224; Brest. Mais &#224; la mi-ao&#251;t, je n'avais toujours pas de logement. Une amie de ma m&#232;re m'a envoy&#233; un article sur Louise et compagnie. J'ai candidat&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Beno&#238;t a lui aussi &#233;t&#233; int&#233;ress&#233; par le faible loyer : &lt;i&gt;&#171; J'ai des amis log&#233;s au Crous qui vivent dans 9m&#178;. Moi je paie moins cher et j'ai beaucoup mieux ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; On est contents de les avoir &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t &#233;conomique n'a toutefois pas &#233;t&#233; la seule motivation de ces candidatures : &#171; &lt;i&gt;&#8239;On voit du monde, &#231;a fait une exp&#233;rience, j'ai vraiment du plaisir &#224; y aller. Les r&#233;sidents sont contents de nous voir, ils aiment bien raconter leur vie. Nous on commence notre vie d'adulte, eux ont d&#233;j&#224; fait leur vie, ils ont envie de nous apprendre des choses ! &#187;&lt;/i&gt;. M&#234;me son de cloche du c&#244;t&#233; d'Andr&#233;a : &lt;i&gt;&#171; Je suis en fac de psycho, j'aime ce qui est en lien avec le social, et comme je m'occupe d&#233;j&#224; de mes grands-parents j'&#233;tais rod&#233;e ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voil&#224; donc install&#233;e &#224; la table de Jeanne, Jeannine et Marguerite, plong&#233;es dans leur jeu, entre deux parties, on apprendra qu'&lt;i&gt;&#171; ils sont sympas, on est contents de les avoir &#187;&lt;/i&gt;. &#201;videmment, les &#233;tudiants leur font penser &#224; leurs petits-enfants&#8230; voire leurs arri&#232;re-petits-enfants. L'une en a bient&#244;t onze, l'autre attend le dix-huiti&#232;me. Andr&#233;a, pr&#233;sente depuis l'ann&#233;e derni&#232;re, fait d&#233;sormais partie de leur quotidien : &lt;i&gt;&#171; Andr&#233;a, c'est plus une nouvelle t&#234;te ! Mais c'est une jolie t&#234;te ! Il y a un nouveau aussi, il est mignon. Comment il s'appelle d&#233;j&#224; ? Je cherche&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2476 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH509/screenshot_12-8-e45f7.png?1694654245' width='500' height='509' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les &#233;tudiants apportent un vrai lien, de la transmission, de la vie&lt;/i&gt;, explique Morgane. &lt;i&gt;Ils apportent des visages nouveaux, les r&#233;sidents voient d'autres personnes que nous. Il n'y a pas forc&#233;ment besoin d'autre chose, ils adorent le lien avec les jeunes. &#187;&lt;/i&gt; Le temps entre 17&#8239;heures et 18 h 30 &#233;tant peu propice au d&#233;veloppement d'une r&#233;elle activit&#233; p&#233;dagogique, les &#233;tudiants jouent &#224; des jeux de soci&#233;t&#233; ou discutent avec les r&#233;sidents. &lt;i&gt;&#171; Peut-&#234;tre qu'on devrait davantage proposer des activit&#233;s qui viennent de nous, reconna&#238;t Andr&#233;a. Mais m&#234;me si ces trois heures nous tiennent &#224; c&#339;ur, nous sommes pr&#233;occup&#233;s par nos cours, et ce n'est pas notre m&#233;tier. &#187;&lt;/i&gt; Pour Morgane, le plus important n'est pas ici mais dans l'&#233;change et les liens qui se nouent entre &#233;tudiants et r&#233;sidents : &lt;i&gt;&#171; Une &#233;tudiante &#233;tait en difficult&#233; face &#224; une dame qui r&#233;p&#233;tait les m&#234;mes choses en boucle. Elle me disait qu'elle ne savait pas trop quoi faire. Je lui ai r&#233;pondu que simplement &#234;tre l&#224;, &#233;changer avec elle, c'&#233;tait d&#233;j&#224; beaucoup. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des &#233;tudiants, l'exp&#233;rience est enrichissante, professionnellement et personnellement. Andr&#233;a est &#233;tudiante en psychologie et aimerait travailler en protection de l'enfance ou devenir professeure des &#233;coles : &#171; &lt;i&gt;&#8239;&#199;a apporte beaucoup pour notre projet professionnel, &#231;a a renforc&#233; ma confiance en moi, mes capacit&#233;s en animation. Morgane, le premier mois, nous apprend comment g&#233;rer les activit&#233;s, en fonction des pathologies aussi. Et nous on lui apporte aussi, puisqu'on lui enl&#232;ve un poids : quand on prend en charge une activit&#233; elle peut s'occuper d'autres r&#233;sidents. &#187;&lt;/i&gt; De fait, l'&#233;quipe de professionnels charg&#233;s de l'animation n'est compos&#233;e que de deux personnes. Pour proposer des activit&#233;s de qualit&#233; aux 85 r&#233;sidents, l'apport des &#233;tudiants et d'une &#233;quipe de b&#233;n&#233;voles n'est pas de trop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Contact : R&#233;sidence personnes &#226;g&#233;es Louise Le Roux&lt;br class='autobr' /&gt;
20, rue de Maissin &#8211; 29200 Brest&lt;br class='autobr' /&gt;
ehpad-louise-le-roux@ccas-brest.fr / 02 98 05 64 00&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien avec Natha&#235;l Torres &#8226; Entre Ehpad et aide &#224; domicile</title>
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		<dc:date>2019-03-19T08:50:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Personne &#226;g&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>1247</dc:subject>

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&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 2010, le nombre de r&#233;sidences interg&#233;n&#233;rationnelles explose. Elles marquent l'arriv&#233;e de nouveaux acteurs aupr&#232;s de personnes &#226;g&#233;es, un terrain historiquement occup&#233; par les professionnels du secteur m&#233;dico-social. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand et comment la question de l'habitat interg&#233;n&#233;rationnel appara&#238;t-elle dans les politiques publiques ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette question prend davantage de place dans les agendas politiques &#224; partir des ann&#233;es 2000, du fait de trois facteurs principaux que j'appelle les &#171; 3D &#187;. D'abord, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1247-" rel="tag"&gt;1247&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 2010, le nombre de r&#233;sidences interg&#233;n&#233;rationnelles explose. Elles marquent l'arriv&#233;e de nouveaux acteurs aupr&#232;s de personnes &#226;g&#233;es, un terrain historiquement occup&#233; par les professionnels du secteur m&#233;dico-social.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2477 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH163/screenshot_13-7-f9364.png?1694654246' width='500' height='163' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand et comment la question de l'habitat interg&#233;n&#233;rationnel appara&#238;t-elle dans les politiques publiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question prend davantage de place dans les agendas politiques &#224; partir des ann&#233;es 2000, du fait de trois facteurs principaux que j'appelle les &#171; 3D &#187;. D'abord, la &lt;i&gt;diffusion&lt;/i&gt; de la probl&#233;matique : une &#233;tude de l'Insee, maintes fois reprise ensuite, indique qu'un habitant sur trois aura plus de soixante ans en 2050. Ensuite, la &lt;i&gt;d&#233;sp&#233;cialisation &lt;/i&gt; : des acteurs nouveaux, et notamment ceux de l'habitat, se sentent l&#233;gitimes pour s'approprier le sujet et agir. On prend conscience que le vieillissement de la population est un sujet de soci&#233;t&#233; qui concerne le transport, l'habitat, l'&#233;conomie et non plus seulement les secteurs de la sant&#233; et de la g&#233;rontologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la &lt;i&gt;d&#233;sinstitutionnalisation &lt;/i&gt; : un effet repoussoir des Ehpad, de plus en plus per&#231;us comme des mouroirs, combin&#233; &#224; une red&#233;couverte des solidarit&#233;s familiales et de voisinage, dans un contexte de &#171; crise de l'&#201;tat-providence &#187;, pose la question de la mani&#232;re dont l'environnement de proximit&#233; peut favoriser le maintien &#224; domicile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#171; 3D &#187; concourent &#224; ce que l'habitat, et non plus seulement l'h&#233;bergement en institution, devienne un r&#233;f&#233;rentiel dans la mani&#232;re dont la soci&#233;t&#233; envisage de faire face au vieillissement de la population (1). Aujourd'hui le monde du logement HLM s'inqui&#232;te en toute l&#233;gitimit&#233; de la question du vieillissement de la population. S'emparant du sujet, les bailleurs sociaux multiplient par exemple les innovations, services, labels, &#224; destination des personnes &#226;g&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sous quelles formes se d&#233;ploient ces projets ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res op&#233;rations d'actions interg&#233;n&#233;rationnelles, d&#232;s les ann&#233;es 1990, ont lieu au sein d'h&#233;bergements m&#233;dico-sociaux. Des Ehpad souhaitent lutter contre leur image s&#233;gr&#233;gative en accueillant des enfants. L'interg&#233;n&#233;rationnel appara&#238;t ensuite dans l'habitat avec la cohabitation interg&#233;n&#233;rationnelle [le fait qu'un senior accueille un jeune sous son toit, souvent un &#233;tudiant, ndlr] &#224; partir de 2004, inspir&#233;e d'exp&#233;riences espagnoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; la loi d'adaptation de la soci&#233;t&#233; au vieillissement en 2015, on ne va parler, timidement, que de la formule de la cohabitation interg&#233;n&#233;rationnelle dans les politiques publiques. La loi de 2015 et son d&#233;cret d'application autorisent les organismes de logements sociaux &#224; fl&#233;cher des logements adapt&#233;s pour personnes &#226;g&#233;es dans l'habitat social, imagin&#233;s notamment pour des projets de r&#233;sidences interg&#233;n&#233;rationnelles. La pratique &#233;tait courante, mais cette loi vient la s&#233;curiser juridiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment fonctionnent ces r&#233;sidences ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le postulat de base, c'est qu'on est dans le secteur de l'habitat et pas dans celui de l'h&#233;bergement. Ce sont les acteurs de l'habitat qui s'emparent de cette question, avec leur propre perspective qui &#233;vacue le plus souvent la probl&#233;matique m&#233;dico-sociale et celle de la d&#233;pendance. On va parler de loger des &#171; personnes &#226;g&#233;es autonomes &#187;, en laissant les personnes &#226;g&#233;es d&#233;pendantes au secteur m&#233;dico-social. Ici, on va s'int&#233;resser avant tout &#224; la probl&#233;matique de l'isolement, du lien social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; formule-type &#187; est une r&#233;sidence HLM int&#233;grant une offre d'animation, des services &#224; domicile, des logements adapt&#233;s pour personnes &#226;g&#233;es et des espaces communs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les acteurs professionnels en pr&#233;sence ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du logement des personnes &#226;g&#233;es a &#233;t&#233; pendant longtemps structur&#233;e autour des deux p&#244;les &#171; traditionnels &#187; de l'h&#233;bergement en structures m&#233;dico-sociales d'un c&#244;t&#233; et du maintien &#224; domicile de l'autre. L'habitat interg&#233;n&#233;rationnel et les diff&#233;rentes formes d'habitats dits interm&#233;diaires &#224; destination des personnes &#226;g&#233;es s'ins&#232;rent conceptuellement entre ces deux p&#244;les. Plusieurs &#233;tablissements sont logiquement toujours aujourd'hui parties prenantes de projets r&#233;sidentiels interg&#233;n&#233;rationnels. De leur c&#244;t&#233;, les associations d'aide &#224; la personne et de soins &#224; domicile trouvent en revanche tout &#224; fait leur compte dans des projets qui font la part belle au maintien &#224; domicile. On retrouve des repr&#233;sentants de l'un ou l'autre des deux p&#244;les &#171; traditionnels &#187; de l'action g&#233;rontologique dans 13&#8239;% des projets que j'ai &#233;tudi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le principal acteur est le bailleur social, pr&#233;sent dans 86&#8239;% des projets. Viennent ensuite les collectivit&#233;s, notamment &#224; travers leurs Centres communaux d'action sociale (CCAS), pr&#233;sentes dans 39&#8239;% des projets. Les professionnels du CCAS vont intervenir sur des visites de courtoisie, de l'aide &#224; l'entr&#233;e dans les lieux, des entretiens annuels, de l'animation,&#8239;etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant des services propos&#233;s : les services d'animation sont ceux que l'on retrouve le plus souvent. Suivent les services de gardiennage, les services &#224; la personne, les services d'insertion sociale et les services li&#233;s &#224; un &#233;tablissement m&#233;dico-social : la possibilit&#233; d'aller se nourrir dans un Ehpad voisin, par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Suffit-il de faire habiter diff&#233;rentes g&#233;n&#233;rations ensemble pour cr&#233;er du lien ou cela n&#233;cessite-t-il forc&#233;ment l'implication de professionnels ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais r&#233;pondre par un contre-exemple : dans une r&#233;sidence que j'ai &#233;tudi&#233;e, le projet avait &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; aux seniors avec un angle &#171; seniors &#187;, c'est-&#224;-dire en focalisant sur les caract&#233;ristiques du projet qui leur &#233;taient destin&#233;es sp&#233;cifiquement, bien qu'au d&#233;part la dimension interg&#233;n&#233;rationnelle soit au c&#339;ur du projet. Une animatrice, d&#233;pendant de la mairie, est charg&#233;e de proposer des animations pour tous. Celle-ci m'explique qu'il est tr&#232;s compliqu&#233; de d&#233;velopper des projets interg&#233;n&#233;rationnels, que la salle d'animation n'est occup&#233;e que par les personnes &#226;g&#233;es, que les seniors et les jeunes ne se supportent pas. Elle n'est pas form&#233;e aux d&#233;marches interg&#233;n&#233;rationnelles et me dit que c'est plus simple de regrouper les seniors entre eux. Elle consacre du temps &#224; ceux qui ont du temps, donc les personnes &#226;g&#233;es, et les jeunes ne viennent pas aux activit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a parfois une dissonance entre le contenu des chartes de voisinage &#233;crites pour les projets r&#233;sidentiels interg&#233;n&#233;rationnels et la r&#233;alit&#233;. La solidarit&#233; de voisinage tant esp&#233;r&#233;e &#8211; comme fondement de relations interg&#233;n&#233;rationnelles &#8211; ne se d&#233;cr&#232;te pas, elle se vit. Le dispositif d'habitat interg&#233;n&#233;rationnel &#171; Chers Voisins &#187; d&#233;velopp&#233; par R&#233;cipro-Cit&#233; et Sollar repose sur une &#171; Gestion-Animation &#187; participative. Le projet, les activit&#233;s (ex. : jardins partag&#233;s, balades, repas collectifs, yoga, loisirs cr&#233;atifs, friperie solidaire, couture, bricolage,&#8239;etc.) sont construits avec et par les habitants. Le gestionnaire-animateur veille &#224; la dimension interg&#233;n&#233;rationnelle du projet et la solidarit&#233; s'ancre sur une dynamique collaborative et des actions concr&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les enjeux &#224; venir concernant cet habitat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une certaine immaturit&#233;, conceptuelle et op&#233;rationnelle de l'habitat interg&#233;n&#233;rationnel. Il y a encore beaucoup de bricolage et des professionnels form&#233;s font d&#233;faut. Cette professionnalisation ne doit pas se limiter &#224; l'existence d'acteurs professionnels d&#233;di&#233;s et sp&#233;cialistes. Les CCAS par exemple, souvent impliqu&#233;s, pourraient d&#233;velopper des outils d'ing&#233;nierie sociale adapt&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On commence &#224; avoir des retours d'exp&#233;rience sur la mani&#232;re dont on peut penser et faire fonctionner l'habitat interg&#233;n&#233;rationnel. Profitons-en pour gagner en r&#233;flexivit&#233; et en efficacit&#233;. Il en est de la mixit&#233; g&#233;n&#233;rationnelle comme de la mixit&#233; sociale : il ne suffit pas de mettre les gens ensemble pour que ce soit vertueux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Voir sur ce sujet les travaux de Dominique Argoud, Ma&#238;tre de conf&#233;rence en sciences de l'&#233;ducation &#224; l'Universit&#233; Paris-Est Cr&#233;teil.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Accueillir l'h&#233;ritage identitaire</title>
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		<dc:date>2019-03-19T08:50:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Racisme</dc:subject>
		<dc:subject>1247</dc:subject>

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&lt;p&gt;Face &#224; la mont&#233;e des fantasmes identitaires, Daniel Derivois en appelle &#224; renoncer aux cat&#233;gories antagonistes qui opposent les &#234;tres humains entre eux, au profit d'un autre paradigme : la principale valeur que nous partageons, notre m&#234;me Humanit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nos a&#238;n&#233;s nous ont laiss&#233; un h&#233;ritage identitaire en noir et blanc qui traverse notre monde. Ce d&#233;guisement ontologique (1) nous met face &#224; un traumatisme identitaire mutuel de longue dur&#233;e qui nous coupe de notre Humanit&#233; commune. Ce traumatisme est mutuel (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1247-" rel="tag"&gt;1247&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Face &#224; la mont&#233;e des fantasmes identitaires, Daniel Derivois en appelle &#224; renoncer aux cat&#233;gories antagonistes qui opposent les &#234;tres humains entre eux, au profit d'un autre paradigme : la principale valeur que nous partageons, notre m&#234;me Humanit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nos a&#238;n&#233;s nous ont laiss&#233; un h&#233;ritage identitaire en noir et blanc qui traverse notre monde. Ce d&#233;guisement ontologique (1) nous met face &#224; un traumatisme identitaire mutuel de longue dur&#233;e qui nous coupe de notre Humanit&#233; commune. Ce traumatisme est mutuel car la pens&#233;e binaire nous am&#232;ne &#224; percevoir l'autre comme la source de nos malheurs. Ce traumatisme partag&#233; se rep&#232;re dans les effets &#224; long terme de l'esclavage, de la colonisation, des guerres mondiales et des g&#233;nocides, sur la construction identitaire des peuples du monde, ainsi que dans les attentats terroristes qui continuent d'alt&#233;rer les relations entre ces peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cet h&#233;ritage, nos institutions socio-judiciaires, &#233;ducatives et sanitaires sont des interfaces entre les usagers (enfants, adolescents, familles) et le monde. Les professionnels y sont confront&#233;s aux questionnements des enfants, tout en accueillant l'h&#233;ritage traumatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce traumatisme engendre des r&#233;actions collectives et individuelles qu'il est possible de penser avec le concept de r&#233;silience, d&#233;signant les strat&#233;gies utilis&#233;es par un individu, un groupe ou une communaut&#233; pour faire face &#224; ce qui a &#233;t&#233; v&#233;cu (2). Habituellement utilis&#233; pour les atteintes corporelles et psychiques, il sert ici &#224; penser le traumatisme caus&#233; par les attaques et menaces identitaires car quand le corps ou le psychisme est agress&#233;, c'est toute l'identit&#233; individuelle et collective qui est &#233;branl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fonctionnement en miroir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, on observe un &#233;ventail de positionnements qui vont du fantasme d'identit&#233;s r&#233;silientes au processus de r&#233;silience identitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2478 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH241/screenshot_14-6-0ff4a.png?1694654246' width='500' height='241' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fantasme d'identit&#233;s r&#233;silientes repose sur les replis identitaires nourris par l'id&#233;ologie raciale. Il est soutenu par trois erreurs sur l'identit&#233; (3) : croire qu'elle renvoie &#224; l'histoire, &#224; la m&#233;moire, aux racines ; confondre l'identification administrative et la production du sens de sa vie ; croire que l'identit&#233; est fixe et stable. Le Nazisme, le Fascisme et le L&#233;ninisme en sont des symboles forts. Les crispations identitaires actuelles en sont des d&#233;clinaisons. Nous sommes tous faits de la m&#234;me p&#226;te humaine, de la m&#234;me &#171; mati&#232;re spirituelle &#187; (4) tout en &#233;tant fondamentalement frapp&#233;s de diversit&#233; : c'est le fondement de la r&#233;silience identitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fantasme d'identit&#233;s r&#233;silientes est port&#233; par la peur de se perdre tandis que la r&#233;silience identitaire rel&#232;ve de l'aventure du vivre ensemble avec soi-m&#234;me et avec les autres. Il s'agit, non pas de r&#233;citer aveugl&#233;ment les identit&#233;s h&#233;rit&#233;es mais de mettre en r&#233;cit l'h&#233;ritage identitaire, le transformer au contact de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre ces deux tendances, des mouvements comme la N&#233;gritude, l'Arabit&#233; ont &#233;t&#233; des tentatives de r&#233;sistance identitaires, mais elles restent des attitudes r&#233;actionnaires, en miroir, sur le m&#234;me mod&#232;le qu'ils veulent combattre. En s'attaquant &#224; l'ethnocentrisme des cultures dominantes, ces mouvements cr&#233;ent un ethnocentrisme invers&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est de m&#234;me du m&#233;tissage, qui tombe dans le pi&#232;ge d'une vision raciale du monde. Etymologiquement, le m&#233;tissage d&#233;signait les croisements entre vari&#233;t&#233;s v&#233;g&#233;tales ou animales (5). Ce glissement du v&#233;g&#233;tal, de l'animal &#224; l'humain rappelle le Code noir de Colbert qui r&#233;gissait l'esclavage et organisait le commerce des esclaves au m&#234;me titre que du b&#233;tail. En d&#233;pit du message d'espoir qu'il veut porter, l'&#233;loge du m&#233;tissage risque de v&#233;hiculer les restes du racisme &#8211; sauf &#224; d&#233;construire le signifi&#233; derri&#232;re le signifiant. En d&#233;finissant une cat&#233;gorie de m&#233;tis, on risque de poursuivre la classification et la hi&#233;rarchie des humains selon le ph&#233;notype. Les sujets dits m&#233;tis porteraient alors le lourd h&#233;ritage du traumatisme identitaire mutuel de longue dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Refuser le raisonnement binaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons chang&#233; d'&#233;poque. Le nationalisme qui d&#233;fend des territoires identitaires montre d&#233;sormais ses limites. Le courant postcolonial pour tenter d'&#233;laborer les effets de la colonisation a &#233;chou&#233;, tout comme le mouvement r&#233;cent de d&#233;colonial. Opposer d&#233;colonisation &#224; colonisation, comme on essaie d'opposer d&#233;radicalisation &#224; radicalisation, c'est s'enfermer dans l'impasse de la pens&#233;e binaire, source de traumatisme identitaire mutuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons sortir de la logique dominant/domin&#233;. Cette attitude se r&#233;p&#232;te aujourd'hui encore dans des milieux professionnels qui accompagnent des populations migrantes ou marginalis&#233;es. Les mineurs non accompagn&#233;s en sont un analyseur. Cela g&#233;n&#232;re culpabilit&#233; et col&#232;re chez les accompagnateurs et les b&#233;n&#233;ficiaires de l'aide. Ce n'est pas dans l'affrontement des uns contre les autres que nous allons retrouver une issue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2479 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH536/screenshot_15-7-81f44.png?1694654246' width='500' height='536' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes d&#233;sormais dans le moment mondialit&#233; o&#249; il faut aller au-del&#224; des dichotomies, Occident/Orient ; Blanc/Noir ; Dominant/Domin&#233;, et du d&#233;guisement ontologique pour entrer dans le processus de r&#233;silience identitaire. Ce processus se base sur l'Humanit&#233; comme r&#233;f&#233;rentiel. Les professionnels font d&#233;sormais face &#224; un d&#233;fi : faire l'inventaire de l'h&#233;ritage identitaire dans leurs postures pour mieux accompagner les citoyens dans un processus de r&#233;silience. Ils devraient : se former &#224; l'Histoire globale et l'anthropologie ; tenir compte des traces de l'Histoire collective dans l'expression des histoires singuli&#232;res des patients et dans les leurs ; analyser leur contre-transfert individuel et collectif par la g&#233;ohistoire de la rencontre ; amener les patients &#224; faire l'inventaire de leur h&#233;ritage identitaire ; mobiliser des &#233;motions positives pour lutter contre l'exclusion issue des restes de l'id&#233;ologie raciale. Au moment du retour du refoul&#233; des grands traumatismes de l'Histoire identitaire se dessine la possibilit&#233; d'un apr&#232;s-coup de la r&#233;silience qui consiste &#224; refaire psychiquement le chemin traumatique pour retrouver notre Humanit&#233; commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde est &#224; la fois dans un parcours traumatique et de r&#233;silience. Les fractures coloniales ou &#171; m&#233;tisses &#187; (6) t&#233;moignent de celles de l'humanit&#233;. Nous avons aussi l'Humanit&#233; en h&#233;ritage. En prendre soin est une priorit&#233; pour la sant&#233; globale du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;daniel.derivois@u-bourgogne.fr&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Depestre, R. (1989). Bonjour et adieu &#224; la n&#233;gritude. Seghers.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Ungar, M. (2008). Resilience across cultures. British Journal of Social Work 38, 218&#8211;235&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) Kaufmann, (2014). Identit&#233;s : la bombe &#224; retardement. Textuel&lt;br class='autobr' /&gt;
(4) Fourquet, F. (2018). Penser la longue dur&#233;e. La D&#233;couverte&lt;br class='autobr' /&gt;
(5) Giguere, H. (2012). &#171; Les &#233;tudes europ&#233;ennes sur les processus de m&#233;tissage. &#187; in Gagnon, D., et Gigu&#232;re, H. L'identit&#233; m&#233;tisse en question, Qu&#233;bec, Presses de l'Universit&#233; de Laval&lt;br class='autobr' /&gt;
(6) Chaussoy, R. (2018). Fractures m&#233;tisses en contexte postcolonial. Th&#232;se de doctorat. Paris 13&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Fatigu&#233;, fatigu&#233;&#8230; mais toujours debout (disaient les chansons)&#8230;</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Fatigue-fatigue-mais-toujours-debout-disaient-les-chansons</link>
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		<dc:subject>Usure professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>1247</dc:subject>

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&lt;p&gt;Fatigu&#233;. Je suis fatigu&#233;. Pas encore en burn-out, ce &#171; syndr&#244;me d'&#233;puisement professionnel &#187;, li&#233; &#224; la rencontre entre une personne et une situation de travail d&#233;grad&#233;e, v&#233;ritable effondrement psychique et physique, mais fatigu&#233;, oui. Par des ann&#233;es d'internat aux horaires variables, irr&#233;guli&#232;res, faites de changements, de remplacements, d'heures suppl&#233;mentaires, de turn-over d'&#233;quipe, o&#249; parfois le rythme biologique ne suis plus la cadence. Et j'avoue, oui, apr&#232;s plusieurs ann&#233;es d'accueil d'urgence (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1247-" rel="tag"&gt;1247&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fatigu&#233;. Je suis fatigu&#233;. Pas encore en burn-out, ce &#171; syndr&#244;me d'&#233;puisement professionnel &#187;, li&#233; &#224; la rencontre entre une personne et une situation de travail d&#233;grad&#233;e, v&#233;ritable effondrement psychique et physique, mais fatigu&#233;, oui. Par des ann&#233;es d'internat aux horaires variables, irr&#233;guli&#232;res, faites de changements, de remplacements, d'heures suppl&#233;mentaires, de turn-over d'&#233;quipe, o&#249; parfois le rythme biologique ne suis plus la cadence. Et j'avoue, oui, apr&#232;s plusieurs ann&#233;es d'accueil d'urgence adolescents, aux profils divers, aux probl&#233;matiques exacerb&#233;es et aig&#252;es, que la violence subie laisse des traces, li&#233;es &#224; de la destructuration organisationnelle. On l'encaisse, on la met au travail, mais elle reste bien pr&#233;sente. On le sait pourtant que cette violence est inh&#233;rente, que l'on travaille avec les populations &#224;-en risque. C'est le jeu, comme dirait l'autre, mais &#224; un moment ou &#224; un autre, basta ! Et &#224; l'heure o&#249; les risques psychosociaux sont av&#233;r&#233;s dans le travail social, il est utile de savoir reconna&#238;tre ses signaux d'alarme, sans culpabilit&#233;, avant de tomber en souffrance au travail, d'&#234;tre v&#233;ritablement &#171; cram&#233; &#187; au sens litt&#233;ral du terme. Parce qu'il faut durer dans le m&#233;tier, et endurer. Mais parfois la situation s'emballe, comme en cet &#233;t&#233; 2018, o&#249; des gouttes d'eau font d&#233;border le vase sans doute d&#233;j&#224; bien plein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, depuis plusieurs mois ont lieu des ph&#233;nom&#232;nes de violences, verbales, physiques, symboliques et mat&#233;riellles, li&#233;s &#224; plusieurs facteurs. Les jeunes, qui sont en opposition de principe aux adultes, d&#251; fait de leurs probl&#233;matiques (dont la d&#233;ficience intellectuelle pour certains) et de l'effet de groupe, et un turn-over important dans l'&#233;quipe qui ne permet pas la stabilit&#233; et la coh&#233;rence dans le temps. Que puis-je en dire ? Sans &#234;tre exhaustif, des faits : un langage hypersexu&#233;, inadapt&#233; : il faut dire que les ados rivalisent de sens po&#233;tique, ont un langage soutenu et distingu&#233;, &#233;loquent, manient les mots formidablement bien. On le sait bien pourtant que les &lt;i&gt;&#171; ados sont insupportables, lourds, menteurs, violents, stupides (&#8230;) mais que ce sont nos enfants &#187;&lt;/i&gt; (1) ! D'ailleurs, j'ai pu une nouvelle fois apprendre que je pouvais l&#233;cher les couilles d'une ado, &lt;i&gt;&#171; L&#232;che mes couilles &#187;&lt;/i&gt;, ou lui sucer la B&#8230; &lt;i&gt;&#171; Suce ma bite &#187;&lt;/i&gt; mais non merci, &#231;a ne me dit rien ! etc. Et cela, li&#233; &#224; des mises en danger de certains jeunes aux probl&#233;matiques sexuelles (agressions sexuelles r&#233;p&#233;t&#233;es par exemple).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce langage, ce mode de communication est aussi violent dans les propos renvoy&#233;s aux &#233;ducateurs. Insultes, aggressivit&#233; verbale et physique, oppositions r&#233;currentes contre l'adulte sont le quotidien au sein d'un groupe de jeunes soud&#233;s contre l'autorit&#233;. Cet &#233;t&#233; j'ai pris &#233;galement des coups de poings au visage, un &#339;uf &#233;clat&#233; sur ma t&#234;te, d&#251; m'opposer et contenir physiquement des jeunes, entre autres. Les jeunes semblent faire &#171; leur loi &#187; tant ils d&#233;fient les r&#232;gles. Et font comme si l'adulte n'&#233;tait pas l&#224;. D'ailleurs, ils rendent inexistant l'adulte, attaquent le lien quasi syst&#233;matiquement, sont herm&#233;tiques aux critiques et aux refus ou &#224; la frustration. Ils n'en font qu'&#224; leur t&#234;te. Ils sont exigeants de sorties consum&#233;ristes, et pour certain&#183;e&#183;s peuvent se montrer violent&#183;e&#183;s, m&#234;me physiquement, envers les adultes encadrants. Entre les mises en danger sur l'ext&#233;rieur, les comportements d&#233;viants au sein de la structure et les difficult&#233;s &#224; tenir le cadre (d&#251; particuli&#232;rement au renouvellement r&#233;gulier de l'&#233;quipe &#8211; et ses cons&#233;quences), l'ambiance et le contexte de travail se trouvent &#234;tre tr&#232;s difficile, empreint d'agressivit&#233;s et de violences. Le groupe de jeunes est en opposition aux adultes. Ils ont pris le pouvoir sur la structure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc remarqu&#233;, entre autres, certains faits et cons&#233;quences li&#233;s &#224; ce contexte : violences donc, turn-over important, d&#233;parts et remplacements qui occasionnent (en cons&#233;quence) de la destructuration dans l'&#233;quipe, dans l'organisation du travail, dans la coh&#233;rence de l'&#233;quipe. Dans ce contexte, le groupe de jeunes fait subir leurs lois et les effets de groupe sont &#224; l'&#339;uvre. Fatigue, &#233;puisement professionnel, lassitude, remplacements sont alors les cons&#233;quences n&#233;fastes et se doivent d'&#234;tre pris en compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ces constats, une question s'impose. De quelles mani&#232;res g&#233;rer le groupe afin de retisser le lien en vu d'un r&#233;el travail &#233;ducatif ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;t&#233;, il aura fallu reprendre le contr&#244;le de la situation en actant, dans un premier temps, des positionnements forts et des d&#233;cisions &#224; tenir face aux jeunes. Mais pas trop non plus, afin d'&#234;tre en mesure d'assurer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, tenir le cadre, le r&#232;glement, le faire respecter en assumant le conflit, le &#171; non &#187;, s'opposer m&#234;me physiquement afin d'obtenir du respect des personnes et des lieux. Tout cela ne peut &#234;tre r&#233;alisable qu'avec des moyens humains &#224; la hauteur, de la coh&#233;rence dans l'espace et le temps. D'un autre c&#244;t&#233;, il nous faut r&#233;investir la clinique du quotidien, ces &#171; corridors &#187; au jour le jour. Mais &#233;galement (re) tisser le lien avec les jeunes car c'est bien le lien social, le partage de l'exp&#233;rience commune qui favorise aussi le respect, le cadre contenant. Cela passe aussi par de la relation individuelle afin de casser la mauvaise dynamique de groupe, la cr&#233;ation d'outil individualis&#233;,&#8239;etc., et de la coh&#233;rence &#233;ducative, de la congruence n&#233;cessaire &#224; l'exercice de nos missions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que c'est bien beau tout cela. Savoir que de nouveaux coll&#232;gues vont arriver, que le groupe de jeunes va &#233;voluer &#224; la suite de d&#233;parts, que l'on va nous permettre de r&#233;cup&#233;rer, comme une ritournelle, que j'ai d&#233;j&#224; trop entendue. Alors je vais m'occuper un peu de moi. Souffler, dire stop. Car la relation d'aide suppose d'&#234;tre soi-m&#234;me en &#233;tat de (sup) porter, de tenir compte de ses forces et de ses limites, de prendre du recul, donc de se refroidir lorsque l'on surchauffe. Nous faisons des m&#233;tiers formidables, beaux, porteurs de valeurs humanistes, progressistes, battues en br&#232;ches. Allez, ne pleurez pas, je n'oublie pas pour autant tous les beaux moments v&#233;cus jusque-l&#224;. Il faut le souligner dans ce contexte. Ces rires fous &#224; table, ce g&#226;teau encore fumant, ces camps endiabl&#233;s, ces bobos &#224; soigner, cet apprentissage r&#233;ussi, cette montagne vaincue, ce p&#232;re qui tente de s'en sortir, ce chantier r&#233;alis&#233;,&#8239;etc. Tous ces souvenirs qui nous font encore y croire, qui nous rappellent aussi pourquoi nous avons choisi ces m&#233;tiers de l'humain. Ces m&#233;tiers, nous y sommes engag&#233;s, nous les d&#233;fendons corps et &#226;me afin de venir en aide aux plus fragilis&#233;s, dans un contexte ultralib&#233;ral o&#249; tout s'ach&#232;te et tout se vend, sauf que l'humain n'est pas une marchandise. Non, tout n'est pas noir. De commissions en collectifs, des groupements de travailleurs naissent partout pour d&#233;fendre nos m&#233;tiers, nos valeurs, les publics accompagn&#233;s, car l&#224; o&#249; il y a de la lutte, il y a de l'espoir ! Car tiens, au fait, la protection de l'enfance voit ses budgets diminuer, tout comme le 119 bient&#244;t aux abonn&#233;s absents. Et on nous pond des plans pauvret&#233; ! Quel cynisme, quel m&#233;pris ! Alors oui, aujourd'hui, le fantassin du social est fatigu&#233;, il a besoin de r&#233;cup&#233;rer pour pouvoir retourner un jour aux tranch&#233;es. Mais je reste &lt;i&gt;&#171; debout pour nos m&#233;tiers du travail social ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) E. Liebig, Les ados sont insupportables, mais ce sont nos enfants ! Broch&#233;, 2009&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Docu &#8226; L'un n'allant pas sans l'autre</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>1247</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une chaise vide, l'un&#183;e apr&#232;s l'autre, les acteurs et actrices, face cam&#233;ra, s'assoient et passent du masculin au f&#233;minin ou vice versa. Une improvisation propos&#233;e par le metteur en sc&#232;ne Didier Ruiz lors des r&#233;p&#233;titions de son spectacle Trans (m&#233;s enll&#224;) (lire LS 1244). Avec concentration ou jubilation, ils et elles ex&#233;cutent l'exercice. L'appr&#233;hension est palpable. Ainsi d&#233;bute le beau documentaire L'un vers l'autre de St&#233;phane Mercurio. &#171; Filmer Didier Ruiz au travail avec ses com&#233;diens, des personnes (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1247-" rel="tag"&gt;1247&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une chaise vide, l'un&#183;e apr&#232;s l'autre, les acteurs et actrices, face cam&#233;ra, s'assoient et passent du masculin au f&#233;minin ou vice versa. Une improvisation propos&#233;e par le metteur en sc&#232;ne Didier Ruiz lors des r&#233;p&#233;titions de son spectacle Trans (m&#233;s enll&#224;) (lire LS 1244). Avec concentration ou jubilation, ils et elles ex&#233;cutent l'exercice. L'appr&#233;hension est palpable. Ainsi d&#233;bute le beau documentaire L'un vers l'autre de St&#233;phane Mercurio. &lt;i&gt;&#171; Filmer Didier Ruiz au travail avec ses com&#233;diens, des personnes trans, c'est suivre une aventure collective. &#187;&lt;/i&gt; Pour la troisi&#232;me fois, la r&#233;alisatrice capte le travail du metteur en sc&#232;ne. Film de th&#233;&#226;tre, L'un vers l'autre saisit le processus de cr&#233;ation du spectacle, capte avec sensibilit&#233; et humanit&#233; le surgissement de la parole de ces com&#233;dien&#183;nes singulier&#183;es. Dans ce voyage, &lt;i&gt;&#171; les questions sur le f&#233;minin, le masculin, la norme, la libert&#233;, les arch&#233;types, la transgression, la sexualit&#233; nous assaillent et font basculer toutes nos certitudes. &#187;&lt;/i&gt; Sur le plateau, l'intime se r&#233;v&#232;le. Avec pudeur, le th&#233;&#226;tre lib&#232;re la parole des com&#233;dien&#183;nes. &lt;i&gt;&#171; Je suis ce que je veux &#234;tre, confie Danny. Mon apparence n'est pas un mensonge. &#187;&lt;/i&gt; Indissociables le spectacle &lt;i&gt;Trans &lt;/i&gt; et le film &lt;i&gt;L'un vers l'autre&lt;/i&gt; contribuent &#224; tordre le cou aux st&#233;r&#233;otypes et aux clich&#233;s. Puissent-ils permettre de changer les mentalit&#233;s. Au soir de la premi&#232;re repr&#233;sentation, dans les coulisses, les sept acteurs complices respirent en cercle main dans la main &#224; l'unisson. Ra&#249;l entre en sc&#232;ne. &lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait un matin d'&#233;t&#233;. La cane avait h&#226;te de voir ses petits&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Le spectacle commence par la m&#233;taphore de l'histoire du vilain petit canard. L&#224; sept &#171; vilains petits canards &#187; racontent leur transition qui les a fait devenir de magnifiques cygnes. &lt;i&gt;&#171; Jamais il n'aurait r&#234;v&#233; pouvoir &#234;tre aussi heureux. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2480 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L453xH254/screenshot_16-4-331c9.png?1693503131' width='453' height='254' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'un vers l'autre, film r&#233;alis&#233; par St&#233;phane Mercurio, sur la cr&#233;ation de Trans (m&#233;s enll&#224;). Dur&#233;e 56'. Coproduction ISKRA et La G&#233;n&#233;rale de Production&lt;br class='autobr' /&gt;
Diffusion sur France 3 dans l'&#233;mission Libre Court, vendredi 29 mars 2019 vers 0h30.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Cin&#233; &#8226; Vents d'exil</title>
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		<dc:date>2019-03-19T08:50:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>1247</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le meltem est un vent d'&#233;t&#233; soufflant parfois dangereusement entre la Gr&#232;ce et la Turquie. C'est aussi un pr&#233;nom f&#233;minin turc, que Elena, jeune femme franco-grecque, a h&#233;rit&#233; d'anc&#234;tres d'Asie mineure. Identit&#233;s plurielles. Mais entre Gr&#232;ce et Turquie, se trouve aussi Lesbos, capitale Mytil&#232;ne, charmante &#238;le touristique, un peu moins depuis que, ces derni&#232;res ann&#233;es, elle est devenue lieu de passage obligatoire pour migrants en exil. &lt;br class='autobr' /&gt;
Venant de Paris, Elena, donc, y d&#233;barque, affubl&#233;e de ses deux potes de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/OEil-et-oreille" rel="directory"&gt;&#338;il et oreille&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1247-" rel="tag"&gt;1247&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le meltem est un vent d'&#233;t&#233; soufflant parfois dangereusement entre la Gr&#232;ce et la Turquie. C'est aussi un pr&#233;nom f&#233;minin turc, que Elena, jeune femme franco-grecque, a h&#233;rit&#233; d'anc&#234;tres d'Asie mineure. Identit&#233;s plurielles. Mais entre Gr&#232;ce et Turquie, se trouve aussi Lesbos, capitale Mytil&#232;ne, charmante &#238;le touristique, un peu moins depuis que, ces derni&#232;res ann&#233;es, elle est devenue lieu de passage obligatoire pour migrants en exil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2481 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH155/screenshot_17-5-2e6b8.png?1694654246' width='500' height='155' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Venant de Paris, Elena, donc, y d&#233;barque, affubl&#233;e de ses deux potes de banlieue Nassim et Sekou avec qui elle a un projet de food truck. Elle vient vendre la maison de sa m&#232;re r&#233;cemment d&#233;c&#233;d&#233;e, et r&#233;gler quelques comptes avec son p&#232;re, Manos, scientifique collecteur d'ADN actuellement occup&#233; &#224; identifier les corps noy&#233;s. L'&#238;le paradisiaque s'est mu&#233;e en gigantesque camping, et en cauchemar dans lequel un p&#234;cheur peut, le matin, dans son filet, agripper un corps d'enfant mort. Dans cette tension occup&#233;e aussi par la qu&#234;te d'identit&#233; d'Elena, les trois jeunes gens vont rencontrer un birdwatcher, car Lesbos voit aussi migrer les oiseaux. Et Elyas, jeune r&#233;fugi&#233; syrien qui, d&#233;sesp&#233;r&#233;ment, recherche sa m&#232;re. Malheureusement, ici aussi, le d&#233;lit de solidarit&#233; existe, et aider un migrant, c'est &#234;tre un passeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec &lt;i&gt;Meltem&lt;/i&gt;, la complexit&#233; du sentiment d'appartenance des jeunes issus de l'immigration est puissamment appr&#233;hend&#233;e, de m&#234;me que sont &#233;voqu&#233;s ces terribles transits &#8211; pr&#232;s d'un demi-million de migrants sont pass&#233;s en moins d'un an sur cette &#238;le de 86 000 habitants &#8211; dans l'indiff&#233;rence occidentale. Oscillant entre drame et com&#233;die (la tchatche de Nassim et Sekou aidant), ce film sombre et doux fait, une nouvelle fois, entrer les migrants dans le champ cin&#233;matographique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Meltem, film de Basile Doganis. Avec Lamine Cissokho, Daphn&#233; Patakia, Rabah Na&#239;t Oufella. 1h27. Sortie le 13 mars.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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