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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Lieu habit&#233; &#8226; Sans toit, pas sans droit</title>
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		<dc:subject>SDF</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Depuis janvier&#8239;2017, le respect du &#171; lieu habit&#233; &#187; est inscrit dans la loi. L'&#233;vacuation d'un campement de fortune n&#233;cessite donc une d&#233;cision de justice. De m&#234;me, les biens d'une personne sans abri ne devraient pas &#234;tre jet&#233;s. Un cadre l&#233;gal encore trop th&#233;orique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Marseille, mardi 22&#8239;janvier, 6&#176;. Devant la plateforme d'accueil des demandeurs d'asile, la police accompagn&#233;e d'&#233;boueurs jette les matelas, les couvertures et les duvets, d'une quinzaine de personnes exil&#233;es s'abritant sous une halle ouverte &#224; tous (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1245-" rel="tag"&gt;1245&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis janvier&#8239;2017, le respect du &#171; lieu habit&#233; &#187; est inscrit dans la loi. L'&#233;vacuation d'un campement de fortune n&#233;cessite donc une d&#233;cision de justice. De m&#234;me, les biens d'une personne sans abri ne devraient pas &#234;tre jet&#233;s. Un cadre l&#233;gal encore trop th&#233;orique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Marseille, mardi 22&#8239;janvier, 6&#176;. Devant la plateforme d'accueil des demandeurs d'asile, la police accompagn&#233;e d'&#233;boueurs jette les matelas, les couvertures et les duvets, d'une quinzaine de personnes exil&#233;es s'abritant sous une halle ouverte &#224; tous les vents. Cette entreprise de nettoyage z&#233;l&#233;e n'&#233;pargne pas non plus les quelques vivres et effets personnels de ces laiss&#233;s-pour-compte de la politique d'accueil des migrants. Avant la nuit et la chute des temp&#233;ratures au-dessous de z&#233;ro, les associations d'aide aux sans-abri parviennent &#224; redistribuer le n&#233;cessaire pour limiter le froid. Elles organisent &#233;galement une collecte de sac &#224; dos afin de faciliter la protection des v&#234;tements, des papiers, des m&#233;dicaments, des souvenirs&#8230; Partout en France, ces sc&#232;nes sont r&#233;currentes. Faute de r&#233;sorber la mis&#232;re, les pouvoirs publics tentent de l'invisibiliser. L'arriv&#233;e &#224; la pr&#233;sidence d'Emmanuel Macron a accentu&#233; cette strat&#233;gie qui consiste &#224; emp&#234;cher et &#224; d&#233;truire tout &#171; point de fixation &#187; de personnes dans l'espace public. La traque aux campements de fortune touche en particulier les exil&#233;s, mais s'&#233;tend &#224; l'ensemble des sans-abri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;t&#233;, les Robins des rues ont saisi le d&#233;fenseur des droits suite &#224; la destruction de tentes dans le XVIIe arrondissement de Paris. Cette association fait des maraudes aupr&#232;s des SDF s&#233;dentaris&#233;s dans les XVIIe, XVIIIe et XIXe arrondissements de Paris. &lt;i&gt;&#171; La s&#233;dentarit&#233; est une lutte qui permet d'am&#233;liorer ses conditions de vie&lt;/i&gt;, explique Pierre Mouton, maraudeur des Robins des rues. &lt;i&gt;Il faut commencer par se faire accepter par le quartier, avant de s'&#233;quiper pour se prot&#233;ger, puis gagner une certaine intimit&#233; avec une tente ou une cabane. La stabilit&#233; dans la rue doit s'observer comme un temps qui permet de se prot&#233;ger, de se reconstruire, de pr&#233;parer quelque chose et de se relancer. C'est une &#233;tape dans un parcours r&#233;sidentiel chaotique. &#187;&lt;/i&gt; Pour les professionnels comme pour les b&#233;n&#233;voles, cette phase est essentielle dans l'aller vers et l'&#233;tablissement d'une relation de confiance. &#192; chaque descente de police ou de riverains malveillants, c'est tout leur travail qui passe &#224; la benne en m&#234;me temps que les affaires des sans-abri. Alors, la Fondation Abb&#233; Pierre, les Enfants du Canal, les Robins des rues, l'Auberge des Migrants&#8230; en appellent &#224; la loi en s'appuyant sur les travaux de juristes (voir encadr&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2495 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH206/screenshot_18-6-6afbd.png?1694633700' width='500' height='206' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La s&#233;dentarit&#233; est une lutte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 29&#8239;janvier 2017, la loi &#233;galit&#233; et citoyennet&#233; instaure la notion de &#171; lieu habit&#233; &#187; qui englobe les espaces non pr&#233;vus comme local d'habitation. Cette r&#232;gle s'applique aux bidonvilles, comme &#224; l'occupation d'un endroit isol&#233;. Une tente, un abri, des cartons, un matelas, ou m&#234;me des affaires par terre mat&#233;rialisent la r&#233;sidence. Leur pr&#233;sence r&#233;currente suffit &#224; consid&#233;rer que cet espace est un domicile. Il y a donc un d&#233;lit d'installation dans l'espace public, mais pass&#233; 48&#8239;heures, la flagrance n'est plus possible, comme pour un squat. D&#232;s lors pour expulser l&#233;galement une personne, le propri&#233;taire, la municipalit&#233; quand le lieu habit&#233; se trouve sur la voie publique, doit saisir le tribunal de grande instance, qui, apr&#232;s un constat d'huissier, prend sa d&#233;cision. Si la proc&#233;dure d'expulsion est engag&#233;e, un huissier remet l'avis aux personnes concern&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2496 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L458xH210/screenshot_19-6-d1461.png?1694633700' width='458' height='210' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En janvier 2018, &#224; Calais, des associations ont port&#233; plainte pour des destructions de tentes et duvets des personnes exil&#233;es. / &#169; Johan Ben Azzouz-maxppp&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour freiner les policiers ou les voisins tent&#233;s d'agir en mode cow-boys, les Robins des rues distribuent des affichettes rappelant le cadre l&#233;gal et les peines encourues en cas d'expulsion sans d&#233;cision de justice : trois ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende. &lt;i&gt;&#171; Pour un propri&#233;taire ou un syndic, c'est dissuasif de savoir que virer sans aucune proc&#233;dure la personne qui squate en bas de l'immeuble, &#231;a peut co&#251;ter cher&lt;/i&gt;, observe Pierre Mouton. &lt;i&gt;Pour les policiers, ce ne sera pas le commissaire qui portera la responsabilit&#233;, mais l'agent qui sera incrimin&#233;. Donc &#231;a les fait r&#233;fl&#233;chir. On nous a relat&#233; que des policiers arriv&#233;s pour essayer d'intimider les gens ont dit &#034;on reviendra plus tard&#034;, apr&#232;s avoir lu l'affiche. Parfois, &#231;a se passe mal malgr&#233; tout, les forces de l'ordre prennent l'initiative d'arracher des tentes et de virer les occupants sans pr&#233;venir personne, pas m&#234;me la mairie. Alors, on saisit le d&#233;fenseur des droits et nous informons les mairies et les commissariats de notre action. On est dans un rapport de dissuasion, les institutions n'aiment pas &#234;tre la cible du d&#233;fenseur des droits. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;30 000 euros d'amende&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les affaires des sans-abri, les pouvoirs publics invoquent la notion de d&#233;chets ou mat&#233;riaux insalubres d&#233;pos&#233;s sur la voie publique pour les embarquer. Si en th&#233;orie une tente et ce qui se trouve &#224; l'int&#233;rieur ne peuvent &#234;tre saisis, consid&#233;r&#233;s comme encombrant par le service propret&#233;, le mobilier, les matelas ou les cartons passent &#224; la benne. Les objets, liquides ou aliments peuvent &#234;tre jet&#233;s pour des raisons d'hygi&#232;ne. L&#224; encore, pour les associations de maraudes, il est n&#233;cessaire de n&#233;gocier. &#192; Paris, la mairie les pr&#233;vient des interventions de la police et des services propret&#233;. &lt;i&gt;&#171; Quand les personnes sont l&#224;, il est interdit de prendre leurs affaires&lt;/i&gt;, affirme Pierre Mouton. &lt;i&gt;La direction de la propret&#233; et de l'environnement doit demander de mettre de c&#244;t&#233; ce que l'on souhaite conserver avant de nettoyer. &#199;a se passe comme &#231;a dans le cadre des op&#233;rations concert&#233;es entre la mairie et une sorte de coordination inter-associative. Quand on n'est pas pr&#233;venu, les gens peuvent &#234;tre aller travailler, prendre une douche, voir leur travailleur social, et ils ne peuvent pas tout prendre avec eux. En leur absence, leurs biens sont consid&#233;r&#233;s comme abandonn&#233;s. On a donc fait une deuxi&#232;me affiche qui informe des jours et heures de passage des services de nettoyage et on n&#233;gocie actuellement avec la mairie du XIXe, pour faire respecter les affaires portant une affichette &#034;Ceci n'est pas abandonn&#233;&#034;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Calais, les expulsions avec confiscation d'effets personnels par la police sont quotidiennes. &lt;i&gt;&#171; Ils sont envoy&#233;s &#224; une ressourcerie pour &#234;tre tri&#233;s et s&#233;ch&#233;s&lt;/i&gt;, d&#233;crit Bastien Rolland de la Cabane juridique.&lt;i&gt; Les exil&#233;s sont sens&#233;s pouvoir les r&#233;cup&#233;rer apr&#232;s trois jours et pendant cinq jours. Cela permet &#224; la pr&#233;fecture de dire &#034;Vous voyez on ne vole rien, on les ramasse parce que les migrants les abandonnent&#034;. Mais en r&#233;alit&#233; la plupart des affaires, notamment les tentes, sont rendues inutilisables et la ressourcerie accumule une tonne de d&#233;chet &#187;&lt;/i&gt; Le 15&#8239;janvier 2018, les associations ont tent&#233; une plainte contre X pour destruction et d&#233;gradation d'un bien appartenant &#224; autrui, en l'occurrence les tentes estampill&#233;s de leur logo. Ce syst&#232;me de d&#233;fense fonctionne bien en Belgique, en France la plainte a &#233;t&#233; class&#233;e sans suite. Mieux, le rapport du d&#233;fenseur des droits sorti en d&#233;cembre&#8239;2018 (1) souligne le d&#233;tournement de dispositifs l&#233;gaux au profit de la r&#233;pression. Or il reste difficile d'inciter une personne migrante &#224; porter plainte, m&#234;me si elle est dans son droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Exil&#233;s et droits fondamentaux, trois ans apr&#232;s le rapport Calais&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Groupe d'entraide mutuelle &#8226; Un potager &#224; soigner</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1245-Groupe-d-entraide-mutuelle-o-Un-potager-a-soigner</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Maladie mentale</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; communautaire</dc:subject>
		<dc:subject>1245</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; Marseille, le groupe d'entraide mutuelle les Nomades C&#233;lestes d&#233;veloppe un projet de jardin th&#233;rapeutique et d'insertion. Objectif : inclure un public en souffrance psychique et en situation de pr&#233;carit&#233; dans le tissu socio-&#233;conomique et associatif local en participant &#224; un v&#233;ritable projet d'agro&#233;cologie urbaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet &#233;t&#233;, les adh&#233;rents du groupe d'entraide mutuelle (GEM) les Nomades C&#233;lestes ont pris go&#251;t aux courgettes bio. Depuis le mois de f&#233;vrier, ces personnes en souffrance psychique et en situation (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Marseille, le groupe d'entraide mutuelle les Nomades C&#233;lestes d&#233;veloppe un projet de jardin th&#233;rapeutique et d'insertion. Objectif : inclure un public en souffrance psychique et en situation de pr&#233;carit&#233; dans le tissu socio-&#233;conomique et associatif local en participant &#224; un v&#233;ritable projet d'agro&#233;cologie urbaine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cet &#233;t&#233;, les adh&#233;rents du groupe d'entraide mutuelle (GEM) les Nomades C&#233;lestes ont pris go&#251;t aux courgettes bio. Depuis le mois de f&#233;vrier, ces personnes en souffrance psychique et en situation de pr&#233;carit&#233; cultivent leur potager et se r&#233;galent du fruit de leur r&#233;colte. Inattendu dans ce quartier prioritaire &#171; la Belle de Mai &#187; &#224; Marseille, ce nouveau mode de vie est rendu possible suite au d&#233;part des &#171; S&#339;urs victimes du Sacr&#233; C&#339;ur de J&#233;sus &#187; du couvent Levat o&#249; elles vivaient en autarcie depuis 1843. En 2017, la mairie s'est port&#233;e acqu&#233;reuse du domaine, comprenant un parc d'1,7 hectare, puis l'a confi&#233; &#224; une association artistique pour trois ans. En contrepartie du gardiennage et de l'entretien des b&#226;timents, Juxtapoz peut d&#232;s lors y d&#233;velopper une cit&#233; d'artistes en proposant des ateliers bon march&#233; (7&#8239;euros du m&#232;tre carr&#233;). Dans ce quartier du 3e arrondissement proche du centre-ville mais sinistr&#233;, les habitants ont rapidement et fermement exprim&#233; leurs attentes en termes de mise &#224; disposition du jardin Levat au public. La municipalit&#233; a entendu cette volont&#233; de partager le seul espace vert du secteur, elle organise un comit&#233; de gestion et lance un appel &#224; projet &#224; destination des riverains souhaitant proposer des usages temporaires du jardin jusqu'en 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2497 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH159/screenshot_20-6-99519.png?1693798989' width='500' height='159' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Situ&#233; &#224; dix minutes &#224; pied, le GEM se saisit de cette opportunit&#233; pour r&#233;pondre &#224; une demande des adh&#233;rents : sortir &#224; la campagne pour s'&#233;vader du centre-ville de Marseille. Les plus motiv&#233;s font d&#233;j&#224; des tentatives de v&#233;g&#233;talisation dans les 10&#8239;m2 de la cour du local. Le public demande &#233;galement des produits frais pour le repas communautaire hebdomadaire et les ateliers cuisine. Les besoins exprim&#233;s aux Nomades C&#233;lestes rejoignent ceux des divers projets pr&#233;sent&#233;s au comit&#233; de Gestion du Jardin Levat. Dans l'ensemble, les citadins veulent cultiver leur jardin pour d&#233;gager une production mara&#238;ch&#232;re de qualit&#233; tout en cr&#233;ant du lien entre les acteurs et les habitants du quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'&#233;vader du centre-ville&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un bout de parc est donc mis en gestion partag&#233;e avec des parcelles ouvertes facilitant les ponts entre les diff&#233;rents groupes de jardiniers. &lt;i&gt;&#171; Le potager devient un outil&lt;/i&gt;, explique Lorraine Molinelli, animatrice aux Nomades C&#233;lestes. &lt;i&gt;Il permet de proposer une activit&#233; en dehors de notre local, qui a tendance &#224; devenir un cocon trop contenant. &#187;&lt;/i&gt; Le lopin de terre de 200&#8239;m2 est entretenu les lundis et mardis apr&#232;s-midi, le mercredi toute la journ&#233;e avec l'aide d'un jardinier professionnel, et le vendredi matin. &lt;i&gt;&#171; Les adh&#233;rents s'y rendent pour d&#233;sherber, arroser et r&#233;colter&lt;/i&gt;, raconte Lorraine. &lt;i&gt;Souvent &#231;a leur rappelle leur enfance, un pass&#233; positif, ou &#231;a leur vide la t&#234;te. En plus, il y a du r&#233;sultat, &#231;a pousse vite. L'autre objectif est de faire se croiser les publics, notamment en incitant les adh&#233;rents &#224; animer des ateliers avec les enfants. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce dernier point, la sauce peine &#224; prendre, certains vont m&#234;me jusqu'&#224; &#233;viter les jours o&#249; les minots et leur trop-plein d'&#233;nergie d&#233;barquent. Le mercredi 30&#8239;mai, les Nomades C&#233;lestes re&#231;oivent les &#233;l&#232;ves d'une &#233;cole primaire voisine. Deux animateurs du GEM, un &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; et une &#233;tudiante en deuxi&#232;me ann&#233;e d'ES, se chargent donc des vingt-quatre &#233;coliers. Pendant qu'un groupe d&#233;couvre la biodiversit&#233; de l'agriculture urbaine, l'autre plante des l&#233;gumes. Au m&#234;me moment, une &#233;quipe de l'association de recherche en psychiatrie et en &#233;pid&#233;miologie Arpsydemio s'occupe de sa parcelle qui jouxte celle des Nomades. &#201;manation de l'h&#244;pital psychiatrique &#201;douard Toulouse, cette association lutte contre la stigmatisation des personnes en souffrance psychique et pour leur insertion. Deux &#233;ducatrices, Isabelle No&#235;l et Roxane Hamelin, participent au d&#233;sherbage et &#224; l'arrosage. &lt;i&gt;&#171; Ici, on se pose, on s'appuie sur l'activit&#233; pour accompagner, notre objectif c'est le retour &#224; l'emploi. Notre accompagnement se fait dans le respect du rythme de chacun, sans limite dans le temps. &#187;&lt;/i&gt; En ce d&#233;but de printemps, l'abondance de pluies suivies d'&#233;claircies impose de passer tous les jours mais les b&#233;n&#233;ficiaires arrachent les mauvaises herbes sans rechigner. Le fruit de leurs efforts se voit r&#233;compenser par une production tout en saveurs et en odeurs. &lt;i&gt;&#171; Je r&#234;vais d'avoir un potager, j'adore parce que je vois que &#231;a pousse, que &#231;a sent bon&lt;/i&gt;, explique Nathalie, qui jardine au couvent Levat depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e. &lt;i&gt;Actuellement, je fabrique un h&#244;tel &#224; insectes, je fais quelque chose de cr&#233;atif pour la plan&#232;te. Alors que je suis tr&#232;s d&#233;pressive, &#231;a me fait du bien &#224; la t&#234;te. J'ai m&#234;me r&#233;duit ma consommation de m&#233;dicaments pour pouvoir me lever le matin et rejoindre les autres pour jardiner. On est une bonne &#233;quipe, on apprend &#224; se conna&#238;tre, c'est que de la bienveillance. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2498 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH330/screenshot_21-6-edd4e.png?1693798990' width='500' height='330' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Lison Cotto sait que les adh&#233;rents des Nomades C&#233;lestes s'occuperont du potager pendant son absence, &#171; &#231;a leur tient &#224; coeur &#187;. / &#169; Myriam L&#233;on&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; Nomades C&#233;lestes, les enfants sont si heureux qu'ils ne remarquent pas les premi&#232;res gouttes de pluie. L'institutrice s'attend &#224; un sauve-qui-peut, mais rien ne se passe. En toute discr&#233;tion, Faridun (1) sarcle, &#233;claircie, butte pendant que les enfants s'activent de leur c&#244;t&#233;. Ces gestes le ram&#232;nent en Afghanistan o&#249; il travaillait dans les cultures. Intimid&#233; par l'essaim d'&#233;coliers, le connaisseur n'ose d'abord pas intervenir, m&#234;me quand il les voit essayer sans succ&#232;s de pr&#233;parer la terre pour leurs plantations. Il suffit alors d'inciter un peu le jeune Afghan pour qu'il leur montre comment a&#233;rer le terrain et creuser leurs sillons. La rencontre se fait au rythme de la nature, sans pr&#233;cipitation. Il en va de m&#234;me pour la participation. Le lundi 2&#8239;juillet, Lison Cotto se retrouve seule &#224; s'occuper du potager. Les horaires d'ouverture du GEM, 8 h 30 &#224; 17 h 30, imposent un entretien sous le soleil exactement, alors que les habitants du quartier privil&#233;gient la fra&#238;cheur de la soir&#233;e. Terrass&#233;s par la chaleur, les adh&#233;rents sont tous rest&#233;s &#224; l'ombre. &lt;i&gt;&#171; J'essaie de leur dire que, m&#234;me s'ils ne jardinent pas, ils peuvent venir profiter de l'espace pour faire les activit&#233;s qui les branchent comme jouer aux cartes dans le parc sous les arbres. &#187;&lt;/i&gt; &#201;tudiante &#224; Toulouse, Lison a choisi de faire son stage de neuf mois dans un GEM pour d&#233;couvrir un fonctionnement moins hi&#233;rarchis&#233; entre b&#233;n&#233;ficiaires et professionnels. &lt;i&gt;&#171; &#192; Marseille, il y a un espace de r&#233;flexion tr&#232;s int&#233;ressant sur la psychiatrie. &#192; Toulouse, cette approche est r&#233;serv&#233;e aux cercles militants, je n'aurais pas trouv&#233; cet aspect &#224; la fois institutionnel et alternatif. &#187;&lt;/i&gt; En attendant, elle arrose et r&#233;colte une cagette de douze kilos de courgettes, pommes de terre, oignons, basilic&#8230; Tout est pes&#233; et r&#233;pertori&#233; avant de servir au repas communautaire du vendredi. Il est &#233;galement pr&#233;vu dans le projet sp&#233;cifique de l'association les Nomades C&#233;lestes de d&#233;gager une partie de la production pour des manifestations avec les habitants du quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rencontre et participation sans pr&#233;cipitation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un budget de 18 945&#8239;euros la premi&#232;re ann&#233;e et de 21 650&#8239;euros la deuxi&#232;me, l'objectif de ce projet est de favoriser le r&#233;tablissement sanitaire et social en renfor&#231;ant le pouvoir d'agir des personnes en situation de souffrance psychique et de pr&#233;carit&#233;. Il s'agit de garantir une activit&#233; th&#233;rapeutique de mara&#238;chage urbain aux adh&#233;rents du groupe d'entraide mutuelle et aux b&#233;n&#233;ficiaires des structures partenaires (2). Tous peuvent &#234;tre form&#233;s au mara&#238;chage urbain bio et aux techniques de la permaculture. L'adh&#233;sion &#224; l'activit&#233; varie en fonction du temps et des humeurs. Tous les adh&#233;rents sont fiers de parler de leur jardin, m&#234;me s'ils ne trouvent pas toujours l'&#233;nergie de l'entretenir. &lt;i&gt;&#171; J'ai l'impression que si je cr&#233;e une n&#233;cessit&#233;, des gens vont naturellement se proposer pour s'en occuper&lt;/i&gt;, imagine Lison Cotto. &lt;i&gt;L&#224;, ils savent que, de toute fa&#231;on, je suis l&#224; pour arroser alors ils se d&#233;chargent, mais ils y tiennent, donc quand je partirai en vacances ils vont s'organiser. &#187;&lt;/i&gt; En effet le mercredi 18&#8239;juillet, une semaine avant son d&#233;part, un adh&#233;rent offre ses services pour poursuivre l'activit&#233; potager alors qu'animateurs et jardiniers seront en cong&#233;s. &lt;i&gt;&#171; Il propose m&#234;me d'encadrer les personnes d&#233;sireuses de continuer &#224; s'occuper du potager pendant la fermeture estivale du GEM, appr&#233;cie l'&#233;ducatrice en formation en voyant l'outil d'autonomisation commencer &#224; porter ses fruits. Hier, quatre ou cinq adh&#233;rents m'ont accompagn&#233;e juste pour profiter de la verdure, ils se sont balad&#233;s dans le parc avant de s'installer pour discuter. M&#234;me les moins branch&#233;s au d&#233;part commencent &#224; accrocher. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2499 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH351/screenshot_22-6-9509c.png?1693798990' width='500' height='351' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hadji (1) a lui tout de suite adh&#233;r&#233; au projet. Il a d'ailleurs la particularit&#233; d'avoir &#233;t&#233; orient&#233; par un accueil de jour sans jamais &#234;tre pass&#233; par le GEM. &lt;i&gt;&#171; Il y a deux mois, les gens de la Fondation abb&#233; Pierre m'ont dit qu'il y avait du travail pour moi ici, raconte le trentenaire. Depuis, je viens toutes les semaines et c'est super.&#8239;&lt;/i&gt; &#187; Ce matin, il &#233;tait au rendez-vous &#224; 8&#8239;heures. V&#234;tu d'un bleu de travail et d'un chapeau de paille, l'Alg&#233;rien qui s'occupait du grand potager familial au pays assiste Benoit Liotard, le jardinier professionnel membre de l'association le Paysan urbain. Il renforce les tuteurs, arrache les mauvaises herbes, paille, arrose&#8230; et d&#233;couvre de nouveaux l&#233;gumes comme le chou rave. Ce matin, Hadji a pu partager sa passion avec Pauline (1), une &#233;tudiante du Centre de formation au r&#233;tablissement (Cofor). Tandis qu'il s'affaire, un duo s'installe dans un coin du potager. &#201;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e au service d'accompagnement m&#233;dico-social pour adultes handicap&#233;s (Samsah) La Racine, Nathalie Ducasse a r&#233;ussi &#224; faire sortir Jean-Fran&#231;ois (1), qui, tr&#232;s blanc, ne semble pas prendre souvent l'air. Il a m&#234;me d&#251; marcher un bon kilom&#232;tre avant de franchir le porche du couvent Levat et d&#233;couvrir ce parc rempli d'&#339;uvres d'art. En effet, une trentaine d'artistes exposent dans cet espace ouvert au public les mercredis, vendredis, samedis et dimanches. Fatigu&#233;, Jean-Fran&#231;ois sourit n&#233;anmoins quand on lui demande &lt;i&gt;&#171; Qu'est-ce qu'il a pr&#233;f&#233;r&#233; ? &#187;&lt;/i&gt;. Il indique une fresque murale monumentale. L'id&#233;e de revenir pour cultiver la terre ne le s&#233;duit pas encore, mais avant de partir il caresse doucement le velours violet d'un artichaut mont&#233; en fleur. Dans un sourire, il glisse &#224; l'&#233;ducatrice : &lt;i&gt;&#171; J'aimerais bien revenir. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) L'association Mouvement et Action pour le R&#233;tablissement Sanitaire et Social (MARSS), JUST et Le Lieu de R&#233;pit (recherche d'alternative &#224; la psychiatrie), l'association Solidarit&#233; R&#233;habilitation, les Centres m&#233;dico-psychologiques de la Belle de Mai (3e arrdt) et de la rue Pressens&#233; (1er arrdt) du CHU &#201;douard Toulouse, le COFOR (centre de formation au r&#233;tablissement).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Colonies de vacances &#8226; Un id&#233;al &#224; s&#233;curiser</title>
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&lt;p&gt;De moins en moins fr&#233;quent&#233;es, les colonies de vacances ne jouent plus la carte de la mixit&#233; sociale. Elles deviennent un produit. Pour &#233;viter que le secteur du tourisme ne les d&#233;vore, la r&#233;sistance s'organise. &lt;br class='autobr' /&gt;
Que sont les jolies colonies de vacances devenues ? &#192; quel moment les colons, toutes cat&#233;gories sociales m&#233;lang&#233;es, ont-ils moins r&#234;v&#233; ensemble autour d'un feu de bois ? 1 052 538 d'entre eux ont profit&#233; de s&#233;jours collectifs propos&#233;s sur les temps de vacances (1) en 2017-2018, soit 14&#8239;% de moins (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1245-" rel="tag"&gt;1245&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De moins en moins fr&#233;quent&#233;es, les colonies de vacances ne jouent plus la carte de la mixit&#233; sociale. Elles deviennent un produit. Pour &#233;viter que le secteur du tourisme ne les d&#233;vore, la r&#233;sistance s'organise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Que sont les jolies colonies de vacances devenues ? &#192; quel moment les colons, toutes cat&#233;gories sociales m&#233;lang&#233;es, ont-ils moins r&#234;v&#233; ensemble autour d'un feu de bois ? 1 052 538 d'entre eux ont profit&#233; de s&#233;jours collectifs propos&#233;s sur les temps de vacances (1) en 2017-2018, soit 14&#8239;% de moins qu'en 2009-2010. Une fr&#233;quentation qui chute depuis les ann&#233;es 80. Un d&#233;samour avant tout li&#233; &#224; des raisons financi&#232;res : le co&#251;t d'un s&#233;jour d'une semaine varie entre 500 et 2 000&#8239;euros selon qu'associations ou op&#233;rateurs priv&#233;s l'organisent. Les enfants de familles modestes partent avec les premi&#232;res, aid&#233;s par la Caisse d'allocations familiales (Caf), ceux des familles ais&#233;es avec les seconds. Les enfants des classes moyennes, hormis ceux dont les parents b&#233;n&#233;ficient d'un comit&#233; d'entreprise (CE) proposant des tarifs abordables, restent sur la touche. &lt;i&gt;&#171; Longtemps les colonies de vacances ont offert une r&#233;elle mixit&#233; sociale, les politiques publiques permettant aux associations d'&#233;ducation populaire et aux collectivit&#233;s de les organiser sans soucis financiers &#187;&lt;/i&gt;, &#233;voque Patrice Weisheimer, cosecr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du Syndicat &#233;ducation populaire (SEP - Unsa). Mais dans les ann&#233;es 80, le secteur se marchandise et propose des activit&#233;s haut de gamme &#8211; d&#233;couverte du deltaplane ou du surf &#224; l'autre bout du monde&#8230; &#8211;, accessibles aux seules familles ais&#233;es. Les collectivit&#233;s territoriales et les associations n'arrivent plus &#224; financer des normes de plus en plus drastiques et un encadrement sp&#233;cialis&#233;. Municipalit&#233;s et CE vendent leur patrimoine et recourent &#224; des op&#233;rateurs priv&#233;s. La mont&#233;e en gamme des activit&#233;s devient un facteur de diff&#233;renciation et de s&#233;paration : s&#233;jours pour filles, pour gar&#231;ons, pour groupes sociaux diff&#233;rents. Les mixit&#233;s disparaissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2500 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH361/screenshot_23-5-cb901.png?1693715144' width='500' height='361' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce chamboulement s'ajoute le changement des mod&#232;les familiaux : &lt;i&gt;&#171; De nombreux parents vivent s&#233;par&#233;s, chacun passe un seul mois d'&#233;t&#233; avec son enfant et ne souhaite alors pas l'inscrire en colo &#187;&lt;/i&gt;, observe Anne Carayon, directrice g&#233;n&#233;rale de la Jeunesse au plein air (JPA). Des parents qui n'ont pas forc&#233;ment fr&#233;quent&#233; les colos et qui les connaissent mal. La perception des vacances et les pratiques de loisirs ont aussi &#233;volu&#233; : les familles n'envisagent plus un d&#233;part de trois semaines durant l'&#233;t&#233;, pr&#233;f&#233;rant des minis&#233;jours dans l'ann&#233;e. De plus, depuis les ann&#233;es 2000, les politiques publiques et la Caf privil&#233;gient le financement des centres de loisirs. Les m&#233;dias ont aussi leur part de responsabilit&#233; dans cette chute de fr&#233;quentation : ils ont surm&#233;diatis&#233; des accidents et des abus sexuels, qui restent tr&#232;s rares, sans valoriser la richesse des colonies de vacances. Pourtant, elles sont au c&#339;ur de l'&#233;ducation populaire : &lt;i&gt;&#171; Elles offrent aux enfants et aux jeunes l'une des rares occasions de vivre ensemble 24&#8239;heures sur 24, de partager une chambre, les t&#226;ches quotidiennes li&#233;es &#224; l'organisation du s&#233;jour et des activit&#233;s. Des moments intenses, servis par un projet p&#233;dagogique qui favorise le pouvoir d'agir, pr&#233;cieux pour l'apprentissage de l'alt&#233;rit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, vante Patrice Weisheimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2501 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH231/screenshot_24-4-3ce07.png?1693715144' width='500' height='231' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2013, suite au rapport de Jean-Michel M&#233;nard (d&#233;put&#233; PS) (2) pointant le non-d&#233;part en vacances de trois millions d'enfants et d'adolescents, l'&#201;tat souhaite redonner du souffle aux colos : &lt;i&gt;&#171; Nous avons lanc&#233; des dispositifs tel #g&#233;n&#233;rationcampscolos, des campagnes grand public, sensibilis&#233; parents et enseignants sur leur int&#233;r&#234;t &#233;ducatif et compl&#233;mentaire &#224; l'&#233;cole ainsi que sur les aides existantes &#187;&lt;/i&gt;, &#233;nonce Mathias Lamarque, sous-directeur de l'&#233;ducation populaire &#224; la Direction de la Jeunesse, de l'&#233;ducation populaire et de la vie associative (DJEPVA). S'il rel&#232;ve &#233;videmment la baisse de fr&#233;quentation des colos, il nuance leur absence de mixit&#233; sociale : &lt;i&gt;&#171; Aucune &#233;tude nationale n'appuie ce constat. En permettant la rencontre entre enfants et jeunes qui ne se connaissent pas, les colos sont par nature facteur de mixit&#233; sociale. &#187;&lt;/i&gt; La DJEPVA ne poss&#232;de pas de statistiques sur ce th&#232;me. &lt;i&gt;&#171; Des chercheurs ont r&#233;alis&#233; un rapport, cependant il porte sur une centaine de s&#233;jours et ne nous semble pas repr&#233;sentatif au point de permettre une g&#233;n&#233;ralisation, poursuit-il. Certes les aides sont moins importantes, les CE et les collectivit&#233;s pr&#233;f&#232;rent aussi soutenir le d&#233;part familial, mais des op&#233;rateurs tels la Ligue de l'enseignement ou l'Union fran&#231;aise des centres de vacances (UFCV) proposent une offre suffisamment vaste pour que chacun s'y retrouve. &#187;&lt;/i&gt; L'objectif du minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale et de la Jeunesse ? Permettre &#224; davantage d'enfants de partir. &lt;i&gt;&#171; La mixit&#233; sociale constitue l'un des objectifs des colos mais pas le seul, il s'agit avant tout de s&#233;jours &#233;ducatifs &#187;&lt;/i&gt;, soutient Mathias Lamarque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ins&#233;curit&#233; juridique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour qu'un plus grand nombre d'enfants, notamment issus des classes moyennes, les fr&#233;quentent, la DJEPVA travaille avec la branche Famille et les prescripteurs. Objectifs ? Mieux conna&#238;tre le champ, voir les projets qui marchent, y compris ceux issus de petites structures, accompagner au mieux les d&#233;parts en colos malgr&#233; un budget contraint des familles. Elle &#233;tudie aussi les mod&#232;les, les leviers &#233;conomiques qui fonctionnent pour accompagner les op&#233;rateurs dans la s&#233;curisation de leurs activit&#233;s. &lt;i&gt;&#171; Nous travaillons avec nombre d'associations membres de la JPA, de l'Union nationale des associations de tourisme (Unat) ou de l'Union nationale des organisations de s&#233;jours &#233;ducatifs, linguistiques et de formation en langues (Unosel) &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Mathias Lamarque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2502 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L433xH259/screenshot_25-4-44426.png?1693715144' width='433' height='259' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La colo est un lieu id&#233;al pour la rencontre et la mixit&#233; pour lesquelles Evasoleil milite. Des outils, une grande pr&#233;paration des &#233;quipes vont permettre la r&#233;ussite de cette rencontre. / evasoleil&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, en 2018, la directive europ&#233;enne Travel a failli transformer les colonies de vacances en activit&#233;s de tourisme. Sous la pression des associations, Jean-Michel Blanquer, ministre de l'&#201;ducation nationale et de la Jeunesse, annonce en mai que cette directive ne s'appliquera pas aux associations agr&#233;&#233;es. &lt;i&gt;&#171; Cependant, le secteur reste en ins&#233;curit&#233; juridique, les op&#233;rateurs priv&#233;s pourraient attaquer en justice les associations organisatrices de colonies de vacances pour concurrence d&#233;loyale&lt;/i&gt;, alerte Patrice Weisheimer. &lt;i&gt;En accord avec le Comit&#233; pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d'&#233;ducation populaire (Cnajep) et la JPA, nous demandons a minima &#224; l'&#201;tat de requalifier les colonies de vacances en service d'int&#233;r&#234;t &#233;conomique g&#233;n&#233;ral (SIEG) pour les s&#233;curiser sur le long terme. L'id&#233;al serait m&#234;me d'aller jusqu'&#224; une qualification de SIEG &#171; Financement public sous forme de compensations d'obligations de service public &#187;, conform&#233;ment d'ailleurs aux pr&#233;conisations du Conseil sup&#233;rieur de l'&#201;ducation de 2018. Cela permettrait ainsi de rendre obligatoire le financement public des colos. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2503 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH339/screenshot_26-4-d37f7.png?1693715145' width='500' height='339' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'accompagnement de l'&#233;quipe est indispensable, il ne suffit pas de r&#233;unir des enfants d'horizons diff&#233;rents dans un m&#234;me lieu pour que la mixit&#233; prenne vie. Les espaces rassemblent. / evasoleil&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'op&#233;ration &lt;i&gt;&#171; Aux colos citoyens ! &#187;&lt;/i&gt; en juillet 2017, la JPA avait invit&#233; les &#233;lus &#224; se d&#233;placer dans un accueil collectif de mineurs (ACM) &#8211; dont les colos font partie &#8211; de leur territoire pour d&#233;couvrir leur r&#244;le essentiel dans l'&#233;mergence d'une appartenance commune et la construction d'une soci&#233;t&#233; plus ouverte. Elle demande aussi &#224; l'&#201;tat de soutenir les colos ayant gard&#233; un patrimoine ; milite pour l'ouverture d'un &#171; compte &#233;pargne colos &#187; sur le mod&#232;le des ch&#232;ques vacances pour les parents des classes moyennes ; appelle &#224; la cr&#233;ation d'un fonds national de solidarit&#233; aliment&#233; par une taxe sur l'h&#244;tellerie de luxe. Enfin, elle souhaite que les associations pr&#233;sentent davantage les ACM dans le cadre scolaire. &lt;i&gt;&#171; L'&#201;tat doit affirmer une volont&#233; politique vis-&#224;-vis des colos pour les mettre au service d'un projet de soci&#233;t&#233;, construire du vivre-ensemble, former les citoyens de demain capables de s'engager, plus mobiles car habitu&#233;s &#224; voyager, plus sociables et plus ouverts gr&#226;ce &#224; l'exp&#233;rience de la rencontre avec d'autres&lt;/i&gt;, soutient Anne Carayon. &lt;i&gt;Nous demandons une politique forte qui permette &#224; davantage d'enfants de partir, avec des actes, des textes, des &#233;changes entre l'&#201;ducation nationale et les colos, des directives fortes vers les recteurs. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Enjeu de soci&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nombre d'acteurs, le d&#233;clin des colos appelle un renouveau des mixit&#233;s. D&#233;fi que rel&#232;ve l'&#233;ducation populaire. &lt;i&gt;&#171; On peut faire des colos formidables avec trois bouts de ficelle, un bon projet p&#233;dagogique, un encadrement de qualit&#233;, comme le prouvent par exemple les Scouts et Guides de France, qui proposent des activit&#233;s simples li&#233;es &#224; la nature &#187;&lt;/i&gt;, illustre Patrice Weisheimer. Ce mouvement, branche catholique de la F&#233;d&#233;ration fran&#231;aise du scoutisme, qui accueille des enfants avec ou sans croyance, de toutes cat&#233;gories sociales, en situation de handicap, d'autres venus des quartiers prioritaires de la Politique de la ville (QPV), suscite l'engouement. Il compte 85 000 adh&#233;rents en 2019 contre 65 000 dix ans plus t&#244;t. De son c&#244;t&#233;, Evasoleil, qui re&#231;oit chaque &#233;t&#233; 500 enfants &#226;g&#233;s de six &#224; dix-sept ans &#224; Montalivet (Gironde) (3), favorise la mixit&#233; g&#233;ographique en proposant une convention aux Caf du territoire pour un coup de pouce financier aux familles modestes. Ces enfants et ceux relevant de la protection de l'enfance constituent un tiers du public. Les colons issus des classes moyennes repr&#233;sentent le second tiers des effectifs. &lt;i&gt;&#171; Le co&#251;t du s&#233;jour s'&#233;l&#232;ve &#224; 600&#8239;euros par semaine, un tarif &#233;lev&#233; pour des parents ne percevant pas d'aide&lt;/i&gt;, &#233;voque Laure Riffart, codirectrice de l'association. &lt;i&gt;Cependant, ils se d&#233;m&#232;nent pour que l'enfant puisse partir, privil&#233;giant le s&#233;jour court d'une semaine. Certains le r&#232;glent en mensualit&#233;s, d'autres renoncent &#224; leurs vacances pour permettre le d&#233;part de l'enfant, une autre partie re&#231;oit l'aide d'un CE. &#187;&lt;/i&gt; Enfin, les enfants de familles ais&#233;es constituent le dernier tiers des effectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2504 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH271/screenshot_27-4-8c79a.png?1693715145' width='500' height='271' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si au d&#233;part l'association d&#233;fendait la co-construction du s&#233;jour entre enfants et animateurs, elle a ajout&#233; la question de la mixit&#233; sociale &#224; ses objectifs : elle a constat&#233; qu'accueillir des publics diff&#233;rents ne suffit pas pour qu'ils se m&#233;langent. Au d&#233;but du s&#233;jour, elle voit des tabl&#233;es de filles, de gar&#231;ons, de mineurs non accompagn&#233;s qui pr&#233;f&#232;rent &#233;changer entre eux. Elle les incite &#224; trouver le moyen de se rencontrer, ce qui prend parfois quatre jours sur un s&#233;jour souvent court. Chaque &#233;t&#233;, elle accueille une demi-douzaine d'enfants en situation de handicap sans encadrement suppl&#233;mentaire pour &#233;viter de les stigmatiser. Elle pr&#233;pare leur s&#233;jour en amont avec les familles, ils b&#233;n&#233;ficient d'un r&#233;f&#233;rent, et le directeur soutient les animateurs qui, relativement jeunes (entre 17 et 25 ans), peuvent se sentir d&#233;munis. Pour permettre une mixit&#233; de genre &#233;quilibr&#233;e, elle propose des activit&#233;s qui attirent davantage les filles (&#233;quitation) et d'autres les gar&#231;ons (surf, multisports). Il s'agit surtout d'un pr&#233;texte pour qu'ils se rencontrent dans les activit&#233;s de la vie quotidienne et dans celles qu'ils organisent ensemble (une soir&#233;e danse par exemple). Gr&#226;ce aux assembl&#233;es quotidiennes, chacun des quatre groupes d'&#226;ge g&#232;re le s&#233;jour en quasi-autonomie (budget, probl&#232;mes de groupe, recherche de consensus) avec l'accompagnement des animateurs. Pour favoriser la mixit&#233; entre petits et grands, un conseil de village va na&#238;tre avec un repr&#233;sentant des diff&#233;rents groupes pour discuter au quotidien du fonctionnement du s&#233;jour et des projets &#224; mener.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ind&#233;pendante, Evasoleil ne per&#231;oit aucune subvention. Gr&#226;ce &#224; l'argent revers&#233; par le moteur de recherche solidaire Lilo, elle accueille gratuitement quatre enfants sans abri ou vivant en h&#244;tel social, orient&#233;s par l'association Interm&#232;des Robinson. Si le droit aux vacances est inscrit dans la Convention internationale des droits de l'enfant (Cide), une &#233;tude r&#233;alis&#233;e par la Direction g&#233;n&#233;rale des entreprises (DGE) en 2017 souligne que 17&#8239;% des moins de quinze ans ne partent pas. Une bonne raison pour redonner du souffle et de la mixit&#233; aux colos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) S&#233;jours non sp&#233;cifiques de moins de 5 jours, d'au moins 5 jours et sp&#233;cifiques (sportifs, linguistiques,&#8239;etc.) Les mini-camps propos&#233;s par les accueils de loisirs et de scoutisme n'en font pas partie.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Rapport de la mission parlementaire sur l'accessibilit&#233; des jeunes aux s&#233;jours collectifs et aux loisirs.&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) &#192; visionner : L'&#233;t&#233; leur appartient, film documentaire d'Olivier Pillot, Laura Milienne, Production Evasoleil / LMNOP, 2018, 12 &#8364;. Pour le commander : info@evasoleil.com&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Colo atypique &#8226; La vie est belle &#224; la Maison de Courcelles</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1245-Colo-atypique-o-La-vie-est-belle-a-la-Maison-de-Courcelles</link>
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		<dc:date>2019-02-19T10:47:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Animateur</dc:subject>
		<dc:subject>1245</dc:subject>

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&lt;p&gt;La Maison de Courcelles &#224; Saint-Loup-sur-Aujon (Haute-Marne) souffle ses quarante bougies. La libert&#233; de l'enfant et les mixit&#233;s constituent les points essentiels de sa philosophie. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; En vacances, un enfant doit pouvoir vivre &#224; son rythme, choisir ce qu'il souhaite faire, quand et avec qui. Il a aussi le droit de ne rien faire. &#187; Telle est la devise de la Maison de Courcelles. Dans une vaste propri&#233;t&#233; du XIXe&#8239;si&#232;cle, entour&#233;e de pr&#233;s, d'une for&#234;t avec la rivi&#232;re de l'Aujon coulant &#224; ses pieds, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1245-" rel="tag"&gt;1245&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Maison de Courcelles &#224; Saint-Loup-sur-Aujon (Haute-Marne) souffle ses quarante bougies. La libert&#233; de l'enfant et les mixit&#233;s constituent les points essentiels de sa philosophie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2505 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH104/screenshot_28-3-d2cc9.png?1693715145' width='500' height='104' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; En vacances, un enfant doit pouvoir vivre &#224; son rythme, choisir ce qu'il souhaite faire, quand et avec qui. Il a aussi le droit de ne rien faire. &#187;&lt;/i&gt; Telle est la devise de la Maison de Courcelles. Dans une vaste propri&#233;t&#233; du XIXe&#8239;si&#232;cle, entour&#233;e de pr&#233;s, d'une for&#234;t avec la rivi&#232;re de l'Aujon coulant &#224; ses pieds, l'&#233;quipe (1) dispose de 114 lits. Elle accueille chaque ann&#233;e 500 enfants en colos, 80 classes de d&#233;couverte et environ 400 journ&#233;es d'accueil de loisirs. Des enfants de tout le territoire, des artistes en r&#233;sidence, des associations de proximit&#233;, bref un beau m&#233;lange. &#192; la disposition des enfants, quatre espaces avec des animateurs o&#249; se rendre librement : ateliers du cirque et de la sc&#232;ne dans une belle chapelle ; salle de bricolage ; ludoth&#232;que &#8211; biblioth&#232;que et village de trappeur l'&#233;t&#233;. L'enfant a aussi la possibilit&#233; de monter son projet avec le soutien des animateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2506 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH425/screenshot_29-3-4c5ef.png?1693715145' width='500' height='425' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la Maison de Courcelles, la question de la mixit&#233; sociale s'est pos&#233;e d&#232;s 1979. &lt;i&gt;&#171; Les documents de l'&#233;poque t&#233;moignent de la volont&#233; d'embaucher des animateurs &#171; de couleur &#187;, en situation de handicap ou proches de la retraite pour mixer les &#233;quipes, &#233;viter l'entre-soi &#187;&lt;/i&gt;, rapporte Louis Letor&#233;, le directeur. Le sujet refait surface dans les ann&#233;es 2000 face &#224; la n&#233;cessit&#233; de s&#233;curiser les activit&#233;s. L'&#233;quipe va-t-elle prendre le virage de la consommation de masse au risque de s&#233;parer les publics ou continuer &#224; chercher la mixit&#233; avec ses diff&#233;rents partenaires ? Elle choisit la seconde option. &lt;i&gt;&#171; Faisons du sens et de la p&#233;dagogie, l'&#233;conomique suivra &#187;&lt;/i&gt;, parie le pr&#233;sident de l'&#233;poque. Pourtant, en 2016, alors qu'elle veille aux mixit&#233;s, l'&#233;quipe ressent un &#171; &#233;lectrochoc &#187; &#224; la lecture du rapport de chercheurs ayant &#233;valu&#233; le dispositif #g&#233;n&#233;rationcampscolos (lire p.29). Il pointe un manque de mixit&#233; dans les colonies de vacances, la n&#233;cessit&#233; de m&#233;langer classes sociales, territoires et enfants vivant des r&#233;alit&#233;s diff&#233;rentes. &lt;i&gt;&#171; Pour favoriser la rencontre entre urbains et ruraux nous avons d&#233;cid&#233; de confier l'accueil des centres de loisirs (avec des enfants des villages voisins, ruraux) et celui des colos (avec ceux venus des villes) &#224; une seule &#233;quipe. Nous avons obtenu un agr&#233;ment de l'&#201;tat pour qu'une directrice, Mathilde Ortie-Skrodzka, la g&#232;re &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise le directeur. Les animateurs cr&#233;ent des passerelles entre les enfants : les colons de l'atelier cirque invitent par exemple les classes de d&#233;couverte pour le spectacle ; durant les jeux collectifs, tous se rencontrent, apprennent &#224; g&#233;rer les conflits, &#224; chercher le consensus. Pour reconstituer la mixit&#233; d'un village, La Maison de Courcelles a r&#233;nov&#233; un four &#224; pain, embauch&#233; un boulanger qui travaille sur place avec des farines de qualit&#233;. Les enfants discutent librement avec lui, tout comme ils se baladent dans les cuisines et participent &#224; la confection des repas. Ils rencontrent aussi les producteurs bio de la r&#233;gion, l'association ayant choisi les circuits courts. L'alimentation permettant la s&#233;curit&#233; affective, l'&#233;quipe tient compte des divers r&#233;gimes &#8211; cultuel, v&#233;g&#233;tarien, vegan,&#8239;etc. &#8211; pour n'exclure aucun enfant. En sus de sa ruche p&#233;dagogique, elle proposera bient&#244;t un jardin p&#233;dagogique, source de rencontres et d'&#233;changes, anim&#233;s par un mara&#238;cher du village. Son travail avec un centre d'accueil de demandeurs d'asile (Cada) voisin, g&#233;r&#233; par France Terre d'asile, permet &#224; des enfants issus des migrations de partager des vacances avec d'autres. Leurs parents donnent d'ailleurs un coup de main pour le bricolage ou la ma&#231;onnerie, ils c&#244;toient ainsi les enfants et participent &#224; toutes les manifestations festives. Pour permettre une mixit&#233; suppl&#233;mentaire, tout le personnel (agent d'entretien, de maintenance, cuisinier,&#8239;etc.) participe aux r&#233;unions p&#233;dagogiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2507 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH361/screenshot_30-3-333aa.png?1693715146' width='500' height='361' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les enfants s'initient aux arts du cirque et de la jonglerie dans la chapelle. / Sandrine Moulas&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2015, La Maison de Courcelles a pu &#233;toffer son &#233;quipe avec quatre professionnels de l'animation suppl&#233;mentaires pour mieux accompagner les enfants et les b&#233;n&#233;voles. Face &#224; la forte demande, le produit d'exploitation de l'association a bondi de 20&#8239;%. &lt;i&gt;&#171; La mixit&#233; ne fait pas fuir le public comme le pr&#233;tendent certains &#187;&lt;/i&gt;, sourit Louis Letor&#233;. En revanche, l'&#233;quipe n'a pas encore trouv&#233; la recette pour une r&#233;elle mixit&#233; des &#233;quipes d'animation, malgr&#233; une longue r&#233;flexion sur ce sujet. &lt;i&gt;&#171; Les animateurs viennent de milieux similaires que nous pourrions qualifier de &#171; bobos &#187; pour aller vite. Ils vivent dans la r&#233;gion, &#224; Paris ou connaissent nos r&#233;seaux &#187;&lt;/i&gt;, constate Mathilde Ortie-Skrodzka. &lt;i&gt;&#171; Nous n'avons pas d'animateurs issus des quartiers, pourtant pr&#233;sents dans les centres de formation au Brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur (BAFA). &#187;&lt;/i&gt; Si l'&#233;quipe embauche parfois des jeunes non dipl&#244;m&#233;s (r&#233;sidente en Cada, anciens colons,&#8239;etc.) comme le permettent les textes (2), cela reste rare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2508 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L349xH541/screenshot_31-3-3648d.png?1693715146' width='349' height='541' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2015, elle a aussi travaill&#233; la question du genre avec le sp&#233;cialiste Yves Raibaud : toilettes, douches collectives et chambres sont mixtes. Chaque enfant choisit les jeux et les d&#233;guisements qui lui plaisent sans aucune assignation au sexe. En projet aussi, la mixit&#233; p&#233;dagogique sur des classes avec des p&#233;dagogies diff&#233;rentes (traditionnelle, Montessori, etc.). Bref, de vraies mixit&#233;s r&#233;fl&#233;chies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#192; visionner : &#192; la maison de Courcelles, documentaire de Myriam Tadesse, tourn&#233; &#224; hauteur d'enfants. Sortie pr&#233;vue en 2019.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Quinze salari&#233;s (onze &#233;quivalent temps plein) et quatre personnes en contrat d'insertion accompagn&#233;es et form&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Les op&#233;rateurs ont la possibilit&#233; d'accueillir 20 % d'animateurs non titulaires du Bafa et 50 % de stagiaires.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les mots, ma ni&#232;ce, les mots&#8230;</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1245-Les-mots-ma-niece-les-mots</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Handicap&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>1245</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je suis monitrice &#233;ducatrice dans un foyer d'h&#233;bergement. Mon travail est d'accompagner des personnes handicap&#233;es. Oui, des personnes handicap&#233;es et non pas des personnes en situation de handicap ou des personnes porteuses de handicap&#8230; Situation de handicap ? Porteur de handicap ? &#199;a veut dire quoi, &#231;a ? Je m'explique&#8230; Hier soir, en discutant de ces &#171; notions &#187;, ma ni&#232;ce (10 ans et la plus intelligente ni&#232;ce du monde) me dit quelque chose comme : &#171; Tia (mon petit nom, entre nous) pourquoi &#231;a t'&#233;nerve (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Espace-du-lecteur" rel="directory"&gt;Espace du lecteur (acc&#232;s libre) &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Handicapes" rel="tag"&gt;Handicap&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1245-" rel="tag"&gt;1245&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis monitrice &#233;ducatrice dans un foyer d'h&#233;bergement. Mon travail est d'accompagner des personnes handicap&#233;es. Oui, des personnes handicap&#233;es et non pas des personnes en situation de handicap ou des personnes porteuses de handicap&#8230; Situation de handicap ? Porteur de handicap ? &#199;a veut dire quoi, &#231;a ? Je m'explique&#8230; Hier soir, en discutant de ces &#171; notions &#187;, ma ni&#232;ce (10 ans et la plus intelligente ni&#232;ce du monde) me dit quelque chose comme : &lt;i&gt;&#171; Tia (mon petit nom, entre nous) pourquoi &#231;a t'&#233;nerve que les gens disent : personnes en situation de handicap ? C'est juste des mots&#8230; &#187;&lt;/i&gt; &#8211; Oui, ma ch&#233;rie, c'est juste des mots&#8230; mais des mots qui cachent une grande peur de ce (ceux ?) qui n'est pas dans la norme. On ne dit pas qu'une personne noire est en situation de &#171; noiritude &#187;, ni d'une personne blanche qu'elle est en situation de &#171; blanchitude &#187; (&#231;a marche avec toutes les couleurs de peau, hein, mais je vais pas toutes les citer non plus). On ne dit pas d'une personne h&#233;t&#233;rosexuelle ou homosexuelle ou bisexuelle (ou autre) qu'elle est en situation d'h&#233;t&#233;rosexualit&#233; ou homosexualit&#233; ou bisexualit&#233;&#8230; Une personne &#226;g&#233;e n'est pas nomm&#233;e comme une personne en situation d'&#226;ge avanc&#233;, si ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait qu'est-ce que &#231;a veut dire, &#234;tre une personne en situation de handicap ? &#199;a veut dire que c'est une situation pour un temps donn&#233; ? &#199;a veut dire que demain, elle se r&#233;veillera, elle aura une petite vie bien rang&#233;e et elle sera &#171; normale &#187; ? &#199;a veut dire que comme pour les personnes en situation de pr&#233;carit&#233; &#231;a peut finir par s'arranger ? Et qu'en est-il alors des personnes &#171; porteuses de handicap &#187; ? Portent-elles leur handicap comme on porte un sac de courses ? Peuvent-elles le poser quand il s'av&#232;re trop lourd, quand elles sont fatigu&#233;es de vivre avec ? Ou est-ce que ce handicap est port&#233; tel un fardeau, tellement lourd sur les &#233;paules ? Cette id&#233;e de porteur de handicap laisse supposer que l'on peut aussi le d&#233;poser quelque part&#8230; Le ranger dans un coin et ne plus y penser&#8230; l'oublier&#8230; le laisser &#224; quelqu'un d'autre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de moi l'id&#233;e que le handicap d&#233;finit la personne, qu'il n'y a pas d'&#171; &#233;volution &#187;. Mais le handicap reste pr&#233;sent et reste une casserole &#224; tra&#238;ner, quelque chose avec quoi une personne devra vivre et &#171; grandir &#187;, quelque chose qui peut aussi faire sa force ! &#201;videment que le handicap ne fait pas l'identit&#233; de la personne. Mais je trouve que dire que ces personnes sont en &#171; situation de handicap &#187; pour nous faire moins peur, minimise ce qu'elles vivent au quotidien, ce qu'elles voient dans le regard des &#226;mes bien-pensantes qui trouvent des mots compliqu&#233;s pour des choses simples. Celles-l&#224; m&#234;mes qui pr&#233;f&#232;reraient que les personnes qui s'occupent de ces &#171; situations &#187; le fassent mieux avec moins de moyens (mais ceci est un autre d&#233;bat).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La crise de la dizaine</title>
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		<dc:subject>Travail social</dc:subject>
		<dc:subject>1245</dc:subject>

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&lt;p&gt;Combien de fois ai-je entendu des &#233;ducs prononcer ces mots : &#171; Je voudrais faire une reconversion, mais je ne sais pas en quoi&#8230; &#187; Moi, personnellement, j'aimerais me reconvertir en chat, faire la feignasse tout le jour et tra&#238;ner la nuit, mais quelqu'un m'a dit que ce n'&#233;tait pas possible. Plus s&#233;rieusement, c'est terrible, cette crise de la reconversion, n'est-ce pas ? Nous avons suivi une formation durant trois ann&#233;es (deux reconnues &#8211; cela fait tr&#232;s peu de temps qu'on reconna&#238;t la formation &#224; sa (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Combien de fois ai-je entendu des &#233;ducs prononcer ces mots : &lt;i&gt;&#171; Je voudrais faire une reconversion, mais je ne sais pas en quoi&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Moi, personnellement, j'aimerais me reconvertir en chat, faire la feignasse tout le jour et tra&#238;ner la nuit, mais quelqu'un m'a dit que ce n'&#233;tait pas possible. Plus s&#233;rieusement, c'est terrible, cette crise de la reconversion, n'est-ce pas ? Nous avons suivi une formation durant trois ann&#233;es (deux reconnues &#8211; cela fait tr&#232;s peu de temps qu'on reconna&#238;t la formation &#224; sa juste valeur) aussi diversifi&#233;e que passionnante, nous avons &#233;t&#233; dipl&#244;m&#233;s, c'&#233;tait une fiert&#233;. Nous n'imaginions pas faire autre chose, c'&#233;tait &#231;a notre m&#233;tier. Et je m'entends dire, na&#239;ve comme j'&#233;tais : &#171; Je pourrai travailler avec plein de publics diff&#233;rents, il n'y aura jamais d'usure professionnelle &#187;. Faux ! Tu commences dans un domaine et tu y restes ! &#201;duc, c'est un peu comme un m&#233;tier de la t&#233;l&#233;, on te colle des &#233;tiquettes&#8230; Quand tu es animateur de &lt;i&gt;Touche pas &#224; mon poste&lt;/i&gt;, on t'imagine mal pr&#233;senter le 20&#8239;heures sur France 2. Eh bien nous, c'est un peu pareil ! Lorsqu'on se fait dix ans dans l'insertion par le logement, on ne t'imagine pas aupr&#232;s d'enfants en IME.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On fait partie des rares boulots o&#249;, si l'on veut progresser, il faut accepter de perdre en salaire (changement de convention, non reprise de l'anciennet&#233;). Attention, lorsque je dis &#171; progresser &#187; j'entends &lt;i&gt;&#233;voluer&lt;/i&gt;, pas forc&#233;ment monter dans l'organigramme. En effet, &#224; mon sens, l'&#233;volution n'est pas que promotion. Nous avons le droit de ne pas vouloir prendre l'escalier, pour aller dans les &#233;tages, on peut aussi souhaiter changer de b&#226;timent. Mais, dans le b&#226;timent d'&#224; c&#244;t&#233;, on ne reconna&#238;t pas souvent que tu as travaill&#233; avant, ailleurs, et que tu as acquis des comp&#233;tences, un savoir-faire, un savoir-&#234;tre. On ne cherche pas de personnes qualifi&#233;es, comp&#233;tentes, exp&#233;riment&#233;es, on recherche des salari&#233;s pas chers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en revenir &#224; ce d&#233;sir, &#224; cette volont&#233;, &#224; ce besoin de faire autre chose, d'o&#249; vient-il ? Quel est le mal qui nous a piqu&#233;s, nous les &#233;ducs de dix ans et plus ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce vraiment &#224; cause de notre travail, et que de notre travail ? &lt;i&gt;&#171; Pourtant vous avez vachement plus de vacances que les autres &#187;&lt;/i&gt;&#8230; mais ta gueule ! Pour une part, je dirais que oui. Accompagner, soutenir, &#233;couter, rassurer, demande une &#233;nergie certaine, mais que nous n'avons pas toujours, en tout cas pas tous les jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dois reconna&#238;tre que parfois, &#224; 9&#8239;heures, dans mon bureau ferm&#233;, l'odeur de tabac froid et l'haleine &#233;thylique me fout un peu la gerbe. Je ne serais pas contre un petit stage en parfumerie. Je dois reconna&#238;tre que parfois, lorsque je vais &#224; domicile dans un appartement encombr&#233; de d&#233;tritus et autres l&#233;gumes pourris gisants sur le sol (&lt;i&gt;&#171; Ah bah, tu vois, je t'avais bien dit que les pauvres mangeaient quand m&#234;me des l&#233;gumes &#187;&lt;/i&gt;) j'aimerais &#234;tre agent immobilier sur M6. Je dois reconna&#238;tre que lorsque je remplis une demande de logement pour un F6 sur une grande m&#233;tropole, j'aimerais &#234;tre une f&#233;e dot&#233;e d'une baguette magique. Oui, parfois, mon travail me fatigue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sachez qu'il n'y a pas que &#231;a. Les conditions de travail me fatiguent, pire elles me d&#233;couragent. &lt;i&gt;&#171; Ah bah, &#231;a y est, on y vient, la grognasse se plaint, qu'elle aille bosser en Inde, elle la ram&#232;nera moins ! &#187;&lt;/i&gt; En 2012, j'accompagnais une vingtaine de personnes/familles, cela pouvait aller jusqu'&#224; 25. Aujourd'hui, j'accompagne 50 personnes/familles, sans que cela semble choquer quiconque. Lorsque je vois des coll&#232;gues d&#233;valu&#233;&#183;es, non reconnu&#183;es, ni&#233;&#183;es, je perd espoir. Lorsque j'observe des professionnels fuir ce champ du social parce qu'ils ne r&#233;sistent plus aux pressions, je m'incline et je pleure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la phrase : &lt;i&gt;&#171; Je voudrais faire une reconversion &#187;&lt;/i&gt;, il faut entendre Je suis &#233;puis&#233;&#183;e, je ne suis pas soutenu&#183;e. Combien de fois entendons-nous &lt;i&gt;&#171; C'est un beau m&#233;tier, moi je ne pourrais pas le faire. &#187;&lt;/i&gt; Oui c'est un beau m&#233;tier, mais nous manquons cruellement de reconnaissance. La mobilit&#233; professionnelle est quasi inexistante. Nos conditions de travail se d&#233;gradent, et si nous ne sommes pas content&#183;es. nous n'avons qu'&#224; partir ! Mais partir o&#249; ? Les postes &#224; pourvoir sont les remplacements de coll&#232;gues qui n'ont eu d'autre choix que de jeter l'&#233;ponge, dans des institutions en crise. En attendant les professionnels s'&#233;puisent, les personnes continuent &#224; se pr&#233;cariser. Nombreuses sont celles laiss&#233;es sur le bas-c&#244;t&#233;. Je crois que ce qui est le plus insupportable pour un travailleur social ; c'est de ne pouvoir r&#233;aliser la mission pour laquelle il a &#233;t&#233; embauch&#233;. On ne fait pas ce m&#233;tier pour l'argent, nous le savons tous, on le fait par conviction, on le fait par humanisme, mais lorsque nos associations deviennent des entreprises du social, des pantins anim&#233;s par les budgets, alors l'humanit&#233; s'&#233;teint. Quel professionnel n'a pas entendu qu'il faisait de la r&#233;sistance au changement ? R&#233;sister &#224; l'appauvrissement de notre m&#233;tier, r&#233;sister &#224; l'accroissement des in&#233;galit&#233;s, c'est peut-&#234;tre r&#233;sister au changement, en effet&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous voulons partir, c'est pour ne plus cautionner. Si nous voulons partir, c'est parce qu'en dix ans tout a chavir&#233;. Si nous nous partons, c'est parce qu'on ne nous retient pas&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Cher Lien Social</title>
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		<dc:subject>Travail social</dc:subject>
		<dc:subject>1245</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Et l'usage du mot &#171; cher &#187; est &#224; entendre ici au sens propre du terme puisque cela fait trente ans que je chemine avec toi. Un compagnonnage entretenu non seulement par la lecture des quelques pages du jeudi, mais aussi par le souvenir d'une histoire partag&#233;e qui agite encore ma m&#233;moire d'&#233;duc et mes cogitations c&#233;r&#233;brales. Nous nous sommes tant aim&#233;s toi et moi&#8230; et tant de fois disput&#233;s aussi. Je m'&#233;tais jur&#233; de ne plus prendre la plume mais en amour les promesses n'ob&#233;issent pas &#224; la raison. Alors, je (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Et l'usage du mot &#171; cher &#187; est &#224; entendre ici au sens propre du terme puisque cela fait trente ans que je chemine avec toi. Un compagnonnage entretenu non seulement par la lecture des quelques pages du jeudi, mais aussi par le souvenir d'une histoire partag&#233;e qui agite encore ma m&#233;moire d'&#233;duc et mes cogitations c&#233;r&#233;brales. Nous nous sommes tant aim&#233;s toi et moi&#8230; et tant de fois disput&#233;s aussi. Je m'&#233;tais jur&#233; de ne plus prendre la plume mais en amour les promesses n'ob&#233;issent pas &#224; la raison. Alors, je t'&#233;cris encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je t'&#233;cris, cher &lt;i&gt;Lien Social&lt;/i&gt;, parce que j'ai aim&#233; ton &#171; Pi&#232;ge &#224; convictions &#187;. La formule est belle ! Elle sent l'esprit du&lt;i&gt; Canard Encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt;. Elle est dans le ton de ton impertinence. Et &#224; ce propos, je ne crois pas que tu aies ressuscit&#233; Fran&#231;ois Tosquelles par hasard, en livrant un extrait d'un article publi&#233; dans le num&#233;ro&#8239;16 de LS, du 2 f&#233;vrier 1989 dans lequel il alertait sur &#171; cette &#233;pid&#233;mie de normose &#187;. Je l'ai repris, en 2004, au tout d&#233;but de &lt;i&gt;La relation &#233;ducative&lt;/i&gt; : l'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e ne sert ni &#224; gu&#233;rir ni &#224; normoser&#8230; elle sert &#224; aider une personne rendue vuln&#233;rable par la singularit&#233; de son parcours de vie &#224; trouver encore du sens &#224; &#234;tre-l&#224;. Je ne m'en suis jamais cach&#233; ; je dois l'essentiel de ce que je suis pour une bonne part &#224; LS, aux rencontres, aux &#233;v&#233;nements et aux occasions offertes de penser nos m&#233;tiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en revenir &#224; &lt;i&gt;Pi&#232;ge &#224; convictions&lt;/i&gt;, ce dossier, qui ne dit pas en &#234;tre un, est le bienvenu. Combien de fois ces derniers temps n'ai-je pas r&#234;v&#233; que tes articles reviennent &#224; notre job plut&#244;t que de taper sans fin sur la d&#233;route du politique et la faillite budg&#233;taire de l'action sociale. Si nous sommes autant disqualifi&#233;s voire m&#233;pris&#233;s dans le regard des politiques et de l'opinion publique, c'est d'abord en raison de notre incapacit&#233; &#224; faire valoir la complexit&#233; de nos m&#233;tiers. Il est fort juste le propos de Ludwig Maquet par lequel il affirme : &lt;i&gt;&#171; r&#233;fl&#233;chir la violence institutionnelle, c'est d'abord penser la violence dans sa globalit&#233; par une approche pluridisciplinaire des sciences humaines qui permet d'en d&#233;finir les contours. &#187;&lt;/i&gt; Cet appel &#224; l'exigence d'un haut niveau de savoir dans l'exercice des m&#233;tiers ne doit pas rester lettre morte. Le risque d'un recours &#224; la violence est consubstantiel &#224; la relation &#233;ducative ; &#234;tre en position d'aider une personne en situation de vuln&#233;rabilit&#233; expose l'accompagnant, qu'il soit parent ou professionnel, &#224; des pulsions de destruction, de d&#233;voration, de castration. Les mythes fondateurs en parlent d&#233;j&#224; ! La le&#231;on freudienne y puise son ressort conceptuel. L'adulte qui maltraite un enfant c&#232;de &#224; un m&#233;canisme que vient entretenir un d&#233;faut de formation, un d&#233;ficit de contenance institutionnelle, des fragilit&#233;s personnelles, et bien souvent les trois combin&#233;s ensemble. Ce n'est ni excuser ni pardonner que de comprendre ; contrairement &#224; ce qu'a pu dire l'un des premiers ministres de notre R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tienne Liebig et Ludwig Maquet se rejoignent lorsqu'ils pointent tous deux les responsabilit&#233;s de la hi&#233;rarchie. Et, lorsqu'&#201;tienne Liebig d&#233;nonce &#171; l'incomp&#233;tence de ses cadres, incapables de former, g&#233;rer ou virer le personnel pathog&#232;ne &#187;, je peux dire, apr&#232;s avoir occup&#233; sept ans les fonctions de directeur, qu'il n'est pas chose ais&#233;e de savoir ou de pouvoir &#171; former, g&#233;rer ou virer un personnel pathog&#232;ne &#187; ; que le &#171; savoir-faire &#233;quipe &#187; qui &#233;tait d&#233;j&#224; une comp&#233;tence difficile &#224; acqu&#233;rir il y a quarante ans, vire, dans certaines situations, &#224; la mission impossible. Enfin, &#201;tienne Liebig vient d'une certaine mani&#232;re r&#233;activer la mauvaise conscience de nombreux professionnels lorsqu'il affirme, avec raison, que la nuit en institution est l'instant de tous les dangers, et qu'il est suicidaire pour nos m&#233;tiers d'avoir d&#233;l&#233;gu&#233; ce temps d'accompagnement essentiel &#224; des &#171; veilleurs de nuit &#187;. Non pas qu'ils soient incapables de le faire ! Mais alors, et puisqu'il est peu probable que le secteur revienne sur une &#233;volution d&#233;sormais garantie par les conventions collectives de travail, acceptons a minima que ces professionnels-l&#224; soient pleinement reconnus et associ&#233;s &#224; un travail &#233;ducatif et de soin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il y aurait tant &#224; dire encore&#8230; Ni criminelle ni irr&#233;prochable, la protection de l'enfance est seulement perfectible. Je l'ai dit dans un post sur mon site et les r&#233;seaux sociaux ; parce que je ne me r&#233;sous pas &#224; laisser Internet devenir une poubelle, et parce que je m'efforce d'acquitter ma dette contract&#233;e &#224; l'&#233;gard d'un m&#233;tier re&#231;u en h&#233;ritage. Et si j'avais un v&#339;u &#224; &#233;mettre, bien que nous ne soyons plus au 1er janvier, c'est que &lt;i&gt;LS &lt;/i&gt; perp&#233;tue cette exigence de penser et pas seulement de dire nos m&#233;tiers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Affectueusement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Philippe Gaberan &#233;ducateur en internat et r&#233;dacteur &#224; Lien Social depuis 1990, a multipli&#233; les reportages, analyses, portraits tout en &#233;tant chaque jeudi pendant 20 ans le voisin de chronique de Jean Cartry. Il a particip&#233; &#224; tous les colloques de Lien Social dont les mythiques &#201;tats G&#233;n&#233;raux des &#201;ducateurs (3 000 participants 1992). Docteur en sciences de l'&#201;ducation, directeur de l'ETES de Marvejols puis directeur adjoint &#224; l'IFRASS de Toulouse, il m&#232;ne d&#233;sormais une activit&#233; de conseil, formation et soutien aux &#233;quipes.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Rapport &#8226; Qui veut la mixit&#233; sociale ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1245-Rapport-o-Qui-veut-la-mixite-sociale</link>
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		<dc:subject>Animateur</dc:subject>
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&lt;p&gt;Dans un rapport remis en 2016 au minist&#232;re de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, un groupe de neuf chercheurs pointe l'absence de mixit&#233; sociale dans les colos. &lt;br class='autobr' /&gt;
En mai 2015, un groupe de neuf chercheurs issus de diverses disciplines des sciences sociales r&#233;pond &#224; un appel d'offres de la Direction de la Jeunesse, de l'&#233;ducation populaire et de la vie associative (DJEPVA) pour &#233;valuer le dispositif minist&#233;riel #g&#233;n&#233;rationcampscolos. Dans cette p&#233;riode post attentats, l'&#201;tat souhaite relancer les (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans un rapport remis en 2016 au minist&#232;re de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, un groupe de neuf chercheurs pointe l'absence de mixit&#233; sociale dans les colos.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En mai 2015, un groupe de neuf chercheurs issus de diverses disciplines des sciences sociales r&#233;pond &#224; un appel d'offres de la Direction de la Jeunesse, de l'&#233;ducation populaire et de la vie associative (DJEPVA) pour &#233;valuer le dispositif minist&#233;riel #g&#233;n&#233;rationcampscolos. Dans cette p&#233;riode post attentats, l'&#201;tat souhaite relancer les colonies de vacances mais aussi recr&#233;er du lien social et de la citoyennet&#233; notamment avec les populations qui se sentent rel&#233;gu&#233;es. Constatant que les questions de l'&#233;tude portent sur l'aspect qualitatif, le groupe d&#233;cide de travailler aussi la question de la mixit&#233; sociale d'autant que cela fait partie de l'appel d'offres. Son analyse socio-historique montre une &#233;volution dans la construction des colos : &#224; l'&#233;poque de leur &#226;ge d'or &#8211; apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale &#8211; les parents de toutes classes sociales y envoient leurs enfants pour qu'ils repren&#173;nent des forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette &#233;poque existe aussi la volont&#233; commune de reconstruire la soci&#233;t&#233;. D&#232;s l'&#233;t&#233; 1963, les effectifs des colos pour les enfants de six &#224; douze ans baissent, compens&#233;s par l'arriv&#233;e de nouvelles formes de s&#233;jours (maternels, petites vacances, pour ados, &#224; l'&#233;tranger,&#8239;etc.). En 1979, une r&#233;union au Secr&#233;tariat d'&#201;tat charg&#233; de la Jeunesse et des Sports portant sur la r&#233;novation des b&#226;timents pose le principe d'une rentabilit&#233; des s&#233;jours. La fr&#233;quentation des colos commence &#224; chuter, et cela se voit. Cette p&#233;riode correspond aussi &#224; l'&#233;mergence du n&#233;olib&#233;ralisme, du tourisme de masse, de sa marchandisation. Impact&#233;s, les acteurs du champ des colos entrent dans l'activisme, les comit&#233;s d'entreprise vendent leur patrimoine et lancent des appels d'offres. &lt;i&gt;&#171; Tout le monde adopte une approche du tourisme n&#233;olib&#233;rale avec des gros op&#233;rateurs soutenus par l'Union nationale des associations de tourisme et de plein air (UNAT) &#187;&lt;/i&gt;, observe Jean-Marie Bataille, p&#233;dagogue. Les associations ne b&#233;n&#233;ficient plus, comme auparavant, de la mise &#224; disposition de personnel de l'&#201;ducation nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;paration des publics par l'activit&#233; et la d&#233;rive vers le tourisme impac&#173;tent les facteurs favorisant les colos : la CAF soutient les s&#233;jours famille, les villes consid&#232;rent qu'il s'agit d'activit&#233;s de tourisme et qu'elles n'ont pas &#224; les financer. Dans le m&#234;me temps, les s&#233;jours ferm&#233;s pullulent : s&#233;jours sani&#173;&#173;taires pour les enfants malades (l'Assurance maladie assure leur prise en charge mais la fratrie ne peut pas les accompagner) ; s&#233;jours adapt&#233;s pour les enfants en situation de handicap ; programme Ville Vie Vacances (VVV) pour les jeunes issus des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) ; s&#233;jour pour enfants de famille ais&#233;es.&lt;i&gt; &#171; O&#249; ces gosses et ces ados se rencontrent-ils ? &#187;&lt;/i&gt;, interroge le groupe de chercheurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Alors que le manque de mixit&#233; sociale dans les colonies sautait aux yeux, nous n'en avions pas conscience&lt;/i&gt;, rapporte Jean-Marie Bataille. &lt;i&gt;Aujourd'hui le secteur des colos concerne plut&#244;t un public riche, blanc, en bonne sant&#233; et ne vivant pas dans un quartier populaire. &#187;&lt;/i&gt; La DJEPVA refuse le rapport, estimant qu'il ne correspond pas au cahier des charges. &lt;i&gt;&#171; La recherche de mixit&#233; sociale constituait un &#233;l&#233;ment parmi d'autres &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Mathias Lamarque, le sous-directeur. &lt;i&gt;&#171; Les prescripteurs voulaient que nous enlevions la dimension socio-historique et le r&#244;le jou&#233; par l'UNAT &#187;&lt;/i&gt;, avance pour sa part Jean-Marie Bataille. La Maison d'&#233;dition Le Social en Fabrique qu'il dirige le publie int&#233;gralement (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aventure a donn&#233; naissance au Collectif Camps Colos, constitu&#233; d'acteurs sensibles &#224; la mixit&#233; sociale, soucieux d'y r&#233;fl&#233;chir et de comprendre les m&#233;canismes qui la permettent. &lt;i&gt;&#171; Nous avons par exemple mis en avant le &#171; travail de fronti&#232;re &#187;, c'est-&#224;-dire la fa&#231;on dont les groupes s&#233;par&#233;s peuvent se m&#234;ler et agir ensemble. Les associations d'&#233;ducation populaire agissent sur ce th&#232;me m&#234;me si leur savoir-faire m&#233;rite d'&#234;tre consolid&#233;&lt;/i&gt;, &#233;nonce Jean-Marie Bataille. &lt;i&gt;La mixit&#233; des s&#233;jours n&#233;cessite des projets p&#233;dagogiques qui favorisent la rencontre entre enfants, comme ceux des associations Eva Soleil ou de La Maison de Courcelles par exemple. Il s'agit de r&#233;fl&#233;chir aux conditions d'un accueil universel dans lequel le m&#233;lange devient la norme, comme chez les Scouts et les Guides de France. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, la DJEPVA a r&#233;pondu favorablement &#224; la demande de rencontre du Collectif Camps Colos &lt;i&gt;&#171; avec l'id&#233;e de construire ensemble malgr&#233; le d&#233;saccord sur le rapport &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Mathias Lamarque. Elle travaille aussi avec Jeunesse en plein air (JPA), l'UNAT et la majorit&#233; des organisateurs de s&#233;jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Des s&#233;parations aux rencontres en camps et colos. &#201;d. Le social en fabrique&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cin&#233;-concert &#8226; Chemins de migration</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1245-Cine-concert-o-Chemins-de-migration</link>
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		<dc:date>2019-02-19T10:47:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>1245</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au centre la projection, de chaque c&#244;t&#233; le musicien Emmanuel Mailly et le photographe Elie Blanchard. Dans la salle noire, le public assiste &#224; Rodeo Ranger, un cin&#233; concert narratif, essai documentaire o&#249; les sons et les images sont fabriqu&#233;s en direct. Ces Fragments d'une travers&#233;e retracent le dangereux p&#233;riple de deux adolescents guin&#233;ens qui ont pris tous les risques pour rejoindre l'Europe. Mamadou et Thierno ont parcouru des milliers de kilom&#232;tres, travers&#233; la M&#233;diterran&#233;e, ont surv&#233;cu &#224; toutes (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/OEil-et-oreille" rel="directory"&gt;&#338;il et oreille&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1245-" rel="tag"&gt;1245&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au centre la projection, de chaque c&#244;t&#233; le musicien Emmanuel Mailly et le photographe Elie Blanchard. Dans la salle noire, le public assiste &#224; &lt;i&gt;Rodeo Ranger&lt;/i&gt;, un cin&#233; concert narratif, essai documentaire o&#249; les sons et les images sont fabriqu&#233;s en direct. Ces Fragments d'une travers&#233;e retracent le dangereux p&#233;riple de deux adolescents guin&#233;ens qui ont pris tous les risques pour rejoindre l'Europe. Mamadou et Thierno ont parcouru des milliers de kilom&#232;tres, travers&#233; la M&#233;diterran&#233;e, ont surv&#233;cu &#224; toutes les difficult&#233;s. Militants pour la d&#233;fense des migrants, les deux artistes ont rencontr&#233;, en 2015, ces deux mineurs non accompagn&#233;s (MNA), avec une dizaine d'autres, &#224; Chauny, un village de l'Aisne, pris en charge par l'association locale La Boussole, puis ont recueilli leurs r&#233;cits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2509 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L480xH225/screenshot_32-3-f79a0.png?1694633701' width='480' height='225' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;&#233; en 2016 et toujours en tourn&#233;e, ce spectacle, en refaisant les chemins de la migration, offre un autre regard sur le parcours des migrants. La musique exp&#233;rimentale et les tirages papier aux couleurs pass&#233;es se r&#233;pondent dans un incessant va-et-vient. Emmanuel Mailly, &#171; po&#232;te bruitiste &#187;, sculpte une partition sonore, &#224; l'aide d'objets d&#233;tourn&#233;s, de guitare arrang&#233;e ou de trompette dialoguant avec la centaine de photos d'Elie Blanchard. Des paysages, un avion dans le ciel, la mer, un Zodiac sur l'eau avec une vingtaine de personnes &#224; bord, des corps dans l'eau qui se d&#233;battent, et puis la ville, le train, autant d'images qui prennent vie sous le trembl&#233; des mains du photographe qui les d&#233;placent sous une cam&#233;ra. Les photographies deviennent film. &lt;i&gt;Rodeo Ranger&lt;/i&gt; immerge le spectateur dans le cauchemar, la d&#233;tresse et aussi l'espoir de ces jeunes migrants mineurs aux parcours de vie fragment&#233;s. Apr&#232;s ce cin&#233; concert, performance &#233;mouvante, poignante et secouante, l'&#233;change avec le public apaise les &#233;motions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Rodeo Ranger, Fragments d'une travers&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
Cin&#233; concert par Emmanuel Mailly &amp; Elie Blanchard. Dur&#233;e 45'.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tourn&#233;e : 23 mai &#224; Laon (02) et &#224; programmer dans des structures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Contact diffusion : Gommette Production &#8212; 09 81 49 92 22 &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.gommette-production.com&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.gommette-production.com&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Film &#8226; Gu&#233;rir de l'absence</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1245-Film-o-Guerir-de-l-absence</link>
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		<dc:date>2019-02-19T10:47:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>1245</dc:subject>

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&lt;p&gt;La place du p&#232;re. Le manque de p&#232;re. Dans un village peul du nord-est du S&#233;n&#233;gal, un jeune homme dit longuement, avec peu de mots, au revoir &#224; sa m&#232;re, pour qui il est impensable de remettre en question les choix de celui qui fut son mari. Il n'en est pas de m&#234;me pour son fils, bien d&#233;cid&#233; &#224; retrouver et demander quelque explication &#224; l'homme qui, parti il y a plus de vingt ans dans un pays voisin, n'a jamais donn&#233; de nouvelles, n'est jamais subvenu aux besoins de ceux qu'il a laiss&#233;s. Ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/OEil-et-oreille" rel="directory"&gt;&#338;il et oreille&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1245-" rel="tag"&gt;1245&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La place du p&#232;re. Le manque de p&#232;re. Dans un village peul du nord-est du S&#233;n&#233;gal, un jeune homme dit longuement, avec peu de mots, au revoir &#224; sa m&#232;re, pour qui il est impensable de remettre en question les choix de celui qui fut son mari. Il n'en est pas de m&#234;me pour son fils, bien d&#233;cid&#233; &#224; retrouver et demander quelque explication &#224; l'homme qui, parti il y a plus de vingt ans dans un pays voisin, n'a jamais donn&#233; de nouvelles, n'est jamais subvenu aux besoins de ceux qu'il a laiss&#233;s. Ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e, le gar&#231;on l'avait ainsi attendu, avec sa s&#339;ur, &#224; la gare routi&#232;re du village, &#224; l'occasion d'un jour d&#233;di&#233; au retour des p&#232;res &#233;migr&#233;s : en vain. Peu &#224; peu, l'attente et la d&#233;ception sont devenues obsession. Outil puissant, le cin&#233;ma permet au jeune homme de reprendre &#8211; laborieusement, douloureusement &#8211; contact avec son p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2510 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L477xH151/screenshot_33-3-ae68e.png?1694633701' width='477' height='151' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fils d&#233;barque dans la nouvelle famille du p&#232;re, s'y installe pour six semaines. Il veut comprendre. S'installe alors un jeu roublard, sensible, o&#249; les silences ont toute leur place, ou toute m&#233;taphore est bonne &#224; prendre pour exprimer l'indicible. Quand l'homme trop longtemps absent tripote pendant de longues minutes ses t&#233;l&#233;phones portables ou son chapelet, ou quand il se r&#233;fugie derri&#232;re un humour inattendu, presque d&#233;plac&#233;, un morceau de v&#233;rit&#233;, de franchise peut poindre. La cam&#233;ra prend alors le temps d'une longue interview d&#233;licate, transporte ses questions jusqu'aux membres de la nouvelle famille, ose tout, mais si doucement. Et le fils ne rentrera pas bredouille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Transgressant de belle mani&#232;re l'ordre patriarcal &#233;tabli en rendant public une intimit&#233; d&#233;rangeante, obstin&#233; dans sa qu&#234;te de r&#233;ponses, le jeune r&#233;alisateur met en lumi&#232;re une question cruciale et la livre aux jeunes g&#233;n&#233;rations, si souvent concern&#233;es par le manque de p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Rencontrer mon p&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
Un film fran&#231;ais d'Alassane Diago. Dur&#233;e 1h50. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sortie en salles le 20 f&#233;vrier&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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