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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Dehors</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>1243</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'autre Moix &lt;br class='autobr' /&gt;
Roi de la m&#233;taphore, de la p&#233;riphrase et de l'anaphore, Yann Moix s'en prend &#224; tous ceux qui pers&#233;cutent ces r&#233;fugi&#233;s dormant sous la pluie et dans le froid, subissant les exactions de policiers qui les gazent, les matraquent et lac&#232;rent leurs tentes. Il les admoneste, il les &#233;trille, ces politiques qui ne savent opposer que cynisme et veulerie face &#224; ces hommes, ces femmes et ces enfants qui ont surv&#233;cu &#224; l'horreur des naufrages, &#224; l'&#233;puisement des marches, au surpeuplement des camps, &#224; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1243-" rel="tag"&gt;1243&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L101xH150/arton7835-73329.png?1694003477' width='101' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'autre Moix&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roi de la m&#233;taphore, de la p&#233;riphrase et de l'anaphore, Yann Moix s'en prend &#224; tous ceux qui pers&#233;cutent ces r&#233;fugi&#233;s dormant sous la pluie et dans le froid, subissant les exactions de policiers qui les gazent, les matraquent et lac&#232;rent leurs tentes. Il les admoneste, il les &#233;trille, ces politiques qui ne savent opposer que cynisme et veulerie face &#224; ces hommes, ces femmes et ces enfants qui ont surv&#233;cu &#224; l'horreur des naufrages, &#224; l'&#233;puisement des marches, au surpeuplement des camps, &#224; l'avidit&#233; des passeurs, &#224; l'insalubrit&#233; des squats, aux ascensions impensables, aux passages &#224; tabac, aux exactions miliciennes, aux captivit&#233;s crapuleuses, aux viols r&#233;p&#233;t&#233;s, aux sc&#232;nes irracontables, aux errances, aux cris. Il se montre f&#233;roce et inflexible contre cet &#201;tat qui n'est pas dans la d&#233;mission, car il se donne pour mission de les faire dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2586 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L408xH607/screenshot_49-3-eed3e.png?1694003477' width='408' height='607' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'insurge contre ces autorit&#233;s qui trichent sur les squelettes, biaisent sur les ossatures, chipotent sur les carnations, ergotent sur les dentures, afin de contester des &#233;tats de minorit&#233; et rejeter &#224; la rue. Il fustige ces commissions qui trient, s&#233;lectionnent et distinguent entre celui qui a tout perdu et celui qui n'a plus rien &#224; perdre, condamnant par avance cet autre qui a eu le toupet de ne pas mourir sous la torture ou ne pas se noyer dans la froidure des flots. Il condamne cette Europe qui pr&#233;f&#232;re &#234;tre immunitaire qu'humanitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il fait aussi l'&#233;loge de ces justes, simples gens qui n'ont presque rien et qui pourtant commettent l'inexpugnable d&#233;lit de leur venir en aide, estimant ne pas avoir plus le choix de les accueillir que les r&#233;fugi&#233;s n'en ont de fuir. Une r&#233;volte l&#233;gitime, contagieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dehors&lt;br class='autobr' /&gt;
Yann Moix, &#233;d. Grasset, 2018 (363 p. &#8212; 20&#8239;&#8364;)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fr&#232;res migrants </title>
		<link>https://www.lien-social.com/1243-Une-question-de-devenir</link>
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		<dc:date>2021-07-28T10:12:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>1243</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une question de devenir &lt;br class='autobr' /&gt;
M&#233;t&#232;ques cong&#233;nitaux, apatrides spontan&#233;s, intouchables ou parias immanents d&#233;chus de toute appartenance, des milliers de personnes p&#233;rissent et d&#233;p&#233;rissent en bordure des villes et des &#201;tats de droit. Est-ce du lyrisme, de la po&#233;sie ou une pure &#233;motion ? Patrick Chamoiseau nous livre ici un texte magnifique, v&#233;ritable hymne &#224; l'humanit&#233;. Na&#239;fs volontaires, nous pensions avoir atteint un inalt&#233;rable degr&#233; de s&#233;r&#233;nit&#233;, la barbarie &#233;tant d'un autre temps, explique-t-il. Les morts (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1243-" rel="tag"&gt;1243&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L105xH150/arton7833-ee34b.png?1694003477' width='105' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une question de devenir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;t&#232;ques cong&#233;nitaux, apatrides spontan&#233;s, intouchables ou parias immanents d&#233;chus de toute appartenance, des milliers de personnes p&#233;rissent et d&#233;p&#233;rissent en bordure des villes et des &#201;tats de droit. Est-ce du lyrisme, de la po&#233;sie ou une pure &#233;motion ? Patrick Chamoiseau nous livre ici un texte magnifique, v&#233;ritable hymne &#224; l'humanit&#233;. Na&#239;fs volontaires, nous pensions avoir atteint un inalt&#233;rable degr&#233; de s&#233;r&#233;nit&#233;, la barbarie &#233;tant d'un autre temps, explique-t-il. Les morts massives en M&#233;diterran&#233;e nous ont dessill&#233; les yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2585 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L455xH653/screenshot_48-3-9702d.png?1694003477' width='455' height='653' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que bien des pays pauvres recueillent tant bien que mal des migrations massives, les &#201;tats-nations d'Europe, qui ont pourtant tant bris&#233; de fronti&#232;res, tant conquis et domin&#233;, arguent de leur identit&#233; menac&#233;e par des hordes dissolvantes, pour pr&#233;f&#233;rer dire &#224; la vie qu'elle ne saurait passer. Mais l'homme camp&#233; sur son seuil qui ne reconna&#238;t pas et qui veut faire dispara&#238;tre celui qui vient est d&#233;j&#224; mort &#224; lui-m&#234;me. Tout au contraire, s'&#233;mouvoir du reflet de soi dans les mis&#232;res qu'autrui &#233;prouve et y fonder sa compassion, cela revient un peu &#224; se soutenir soi-m&#234;me. Accueillir le migrant qui vient, qui reste, qui part, sans exigence, c'est honorer du devenir en eux. Face &#224; l'aide re&#231;ue, il ne saurait d&#233;cevoir les attentes de celui qui la lui accorde, car le seul d&#233;sir de celui-ci est qu'il advienne au mieux et se r&#233;alise comme il peut. Accepter l'opacit&#233; de l'Autre, l'impr&#233;visibilit&#233; de ses choix, de sa nature r&#233;elle, c'est renoncer &#224; le dominer. Sa diff&#233;rence, son exp&#233;rience ne sont pas quelque chose qui me menace. C'est le mouvement d'un autre devenir dans lequel il m'est possible de puiser (ou de refuser de puiser) une part de mon propre devenir. Mais la victime est en nous, tout comme le bourreau, conclut l'auteur, invitant chacun &#224; faire le choix de sa posture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Fr&#232;res migrants&lt;br class='autobr' /&gt;
Patrick Chamoiseau, &#233;d. du Seuil, 2017 (137 p. &#8211; 12&#8239;&#8364;)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Expo &#8226; M&#233;moire tsigane</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1243-Expo-o-Memoire-tsigane</link>
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		<dc:date>2019-01-22T11:12:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Discrimination</dc:subject>
		<dc:subject>1243</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Petite par sa taille et dense dans son contenu, l'exposition-dossier L'internement des Nomades, une histoire fran&#231;aise (1940-1946) accueillie au M&#233;morial de la Shoah, &#233;claire une part m&#233;connue de l'histoire tragique des Tsiganes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au tournant du xxe&#8239;si&#232;cle, les populations itin&#233;rantes, qu'elles soient gitane, manouche, y&#233;niche, sinti, rom subissent de plus en plus de contr&#244;les. L'administration fran&#231;aise institue le carnet anthropom&#233;trique individuel d'identit&#233; obligatoire d&#232;s l'&#226;ge de 13 ans (loi du 16 (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/OEil-et-oreille" rel="directory"&gt;&#338;il et oreille&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1243-" rel="tag"&gt;1243&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Petite par sa taille et dense dans son contenu, l'exposition-dossier &lt;i&gt;L'internement des Nomades, une histoire fran&#231;aise&lt;/i&gt; (1940-1946) accueillie au M&#233;morial de la Shoah, &#233;claire une part m&#233;connue de l'histoire tragique des Tsiganes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au tournant du xxe&#8239;si&#232;cle, les populations itin&#233;rantes, qu'elles soient gitane, manouche, y&#233;niche, sinti, rom subissent de plus en plus de contr&#244;les. L'administration fran&#231;aise institue le carnet anthropom&#233;trique individuel d'identit&#233; obligatoire d&#232;s l'&#226;ge de 13 ans (loi du 16&#8239;juillet 1912). Cette logique de fichage d&#233;ploy&#233;e par la R&#233;publique tend &#224; assimiler ces personnes sans r&#233;sidence fixe &#224; une population per&#231;ue comme dangereuse, voire criminelle, qu'il s'agit d'identifier, d'encadrer et de r&#233;primer. Ces familles sont rejet&#233;es, humili&#233;es, voire pers&#233;cut&#233;es, au seul motif qu'elles sont Tsiganes ; on disait alors &#171; Nomades &#187;, aujourd'hui on les nomme &#171; Gens du voyage &#187;. Durant la Seconde Guerre mondiale, tous les Nomades circulant en France sont assign&#233;s &#224; r&#233;sidence sous la surveillance de la police ou intern&#233;s dans des camps, le d&#233;cret du 6&#8239;avril 1940 leur interdisant de circuler sur l'ensemble du territoire m&#233;tropolitain. Les autorit&#233;s fran&#231;aises administrent alors une trentaine de camps, o&#249; s&#233;journent un peu plus de 6 500 Tsiganes. D'octobre&#8239;1940 &#224; mai&#8239;1946, le constat est partout identique. En zone occup&#233;e ou libre, la vie quotidienne dans les camps est &#233;prouvante et r&#233;v&#232;le des conditions sanitaires d&#233;plorables, avec une forte mortalit&#233; infantile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2528 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L456xH262/screenshot_15-8-079fc.png?1694003477' width='456' height='262' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers des photographies, des t&#233;moignages, des archives, le visiteur d&#233;couvre la cr&#233;ation des camps, l'exclusion et la pers&#233;cution de ces familles nomades qui pr&#233;f&#232;rent s'appeler les &#171; Voyageurs &#187;. Cette exposition rappelle la n&#233;cessit&#233; de se souvenir, de restaurer dans le respect des victimes une m&#233;moire presque perdue, pour continuer &#224; vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'internement des Nomades, une histoire fran&#231;aise (1940-1946) Exposition jusqu'au 17&#8239;mars 2019 au M&#233;morial de la Shoah &#224; Paris. Entr&#233;e libre et gratuite.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour en savoir plus : expo-nomades.memorialdelashoah.org&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Film &#8226; Tranches de vie en IME</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1243-Film-o-Tranches-de-vie-en-IME</link>
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		<dc:date>2019-01-22T11:11:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>1243</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Touchant, burlesque, po&#233;tique, Dans la terrible jungle d&#233;voile, entre documentaire et fiction, la vie quotidienne de quinze adolescents d&#233;ficients visuels multihandicap&#233;s qui vivent &#224; l'institut m&#233;dico-&#233;ducatif La p&#233;pini&#232;re &#224; Loos (Nord). Deux jeunes cin&#233;astes ont pos&#233; leur cam&#233;ra dans son grand domaine arbor&#233;. Les jeunes h&#233;ros chantent, dansent, travaillent dans les ateliers horticulture, espaces verts, conditionnement,&#8239;etc. Le film nous fait partager les confidences en duo sur l'amour, les fringues et (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Touchant, burlesque, po&#233;tique, &lt;i&gt;Dans la terrible jungle&lt;/i&gt; d&#233;voile, entre documentaire et fiction, la vie quotidienne de quinze adolescents d&#233;ficients visuels multihandicap&#233;s qui vivent &#224; l'institut m&#233;dico-&#233;ducatif La p&#233;pini&#232;re &#224; Loos (Nord). Deux jeunes cin&#233;astes ont pos&#233; leur cam&#233;ra dans son grand domaine arbor&#233;. Les jeunes h&#233;ros chantent, dansent, travaillent dans les ateliers horticulture, espaces verts, conditionnement,&#8239;etc. Le film nous fait partager les confidences en duo sur l'amour, les fringues et l'avenir qui doit composer avec le handicap ; des r&#233;p&#233;titions du groupe de musique en salle ou dans l'herbe particuli&#232;rement savoureuses ; un d&#233;bat franc sur la vie collective avec les &#233;ducateurs. Il nous montre aussi une impressionnante crise d'angoisse de Ga&#235;l, cadr&#233;e et accompagn&#233;e par Eric Glorieux, moniteur de l'atelier Espaces verts. La musique est omnipr&#233;sente : Hugo chante &lt;i&gt;Toujours debout&lt;/i&gt; de Renaud, accompagn&#233;e par Oph&#233;lie aux percussions sur un sac plastique flottant au vent. Dans l'eau de la piscine, elle entonne &lt;i&gt;La femme chocolat&lt;/i&gt; d'Olivia Ruiz, battant la mesure avec ses jambes comme une sir&#232;ne rock. M&#233;d&#233;ric lit une histoire invent&#233;e, assis sur son fauteuil roulant &#233;lectrique au milieu d'un sentier. Les h&#233;ros sont parfois v&#234;tus en costume de Superman. Le spectateur d&#233;m&#234;le difficilement le r&#233;el et la fiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2527 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L454xH233/screenshot_14-7-a41ed.png?1694003477' width='454' height='233' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sept adolescents et quatre professionnels ont particip&#233; au Festival de Cannes en 2018, re&#231;u une standing ovation du public et des professionnels. &lt;i&gt;&#171; Lors d'un cocktail, ils discutaient avec les gens du m&#233;tier, comme des acteurs et non comme des personnes handicap&#233;es&lt;/i&gt;, &#233;voque Richard Huet, cadre de direction.&lt;i&gt; Une v&#233;ritable valorisation des r&#244;les sociaux, concept qu&#233;b&#233;cois qui nous tient &#224; c&#339;ur. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans la terrible jungle | Caroline Cappelle, Ombline Ley, Macalube Films, 1h30. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sent&#233; au Festival de Cannes dans le cadre de la s&#233;lection de l'Association du cin&#233;ma ind&#233;pendant pour sa diffusion (Acid)&lt;br class='autobr' /&gt;
Sortie le 13 f&#233;vrier&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'image du travailleur social</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1243-L-image-du-travailleur-social</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/1243-L-image-du-travailleur-social</guid>
		<dc:date>2019-01-22T11:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Travail social</dc:subject>
		<dc:subject>Travailleur social</dc:subject>
		<dc:subject>1243</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qui n'a pas entendu les clich&#233;s sur les travailleurs sociaux ? Du &#171; hippy-je-m'en-foutiste &#187; &#224; la &#171; psychorigide-en-tailleur-et-chignon &#187;, de la &#171; voleuse d'enfants &#187; au &#171; tiroir-caisse-pour-les-fain&#233;ants &#187; ? Avec notre image, c'est aussi celle des usagers qui est &#233;gratign&#233;e. Difficile de faire bouger les lignes tant ces repr&#233;sentations restent ancr&#233;es dans l'imaginaire collectif. Dommage que nous soyons les seuls &#224; savoir que la profession de travailleur social &#171; vise &#224; permettre l'acc&#232;s des personnes &#224; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Espace-du-lecteur" rel="directory"&gt;Espace du lecteur (acc&#232;s libre) &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Travail-social-186" rel="tag"&gt;Travail social&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Travailleur-social" rel="tag"&gt;Travailleur social&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1243-" rel="tag"&gt;1243&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qui n'a pas entendu les clich&#233;s sur les travailleurs sociaux ? Du &#171; hippy-je-m'en-foutiste &#187; &#224; la &#171; psychorigide-en-tailleur-et-chignon &#187;, de la &#171; voleuse d'enfants &#187; au &#171; tiroir-caisse-pour-les-fain&#233;ants &#187; ? Avec notre image, c'est aussi celle des usagers qui est &#233;gratign&#233;e. Difficile de faire bouger les lignes tant ces repr&#233;sentations restent ancr&#233;es dans l'imaginaire collectif. Dommage que nous soyons les seuls &#224; savoir que la profession de travailleur social &lt;i&gt;&#171; vise &#224; permettre l'acc&#232;s des personnes &#224; l'ensemble des droits fondamentaux, &#224; faciliter leur inclusion sociale et &#224; exercer leur pleine citoyennet&#233; &#187;&lt;/i&gt; (Code de l'action sociale et des familles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer un tel d&#233;calage entre la r&#233;alit&#233; et l'imaginaire ? Quand nos missions visent &#224; lutter contre toutes les formes d'exclusion, &#224; accompagner la protection de l'enfance et des adultes vuln&#233;rables, &#224; mener vers l'inclusion sociale et / ou professionnelle&#8230; ? Est-ce que le &#171; hippy-je-m'en-foutiste &#187; n'est pas au final un travailleur social assez large d'esprit et form&#233; au non-jugement, acceptant de comprendre, dans une posture humaniste, l'humain en d&#233;tresse qui se pr&#233;sente &#224; lui, pour travailler avec lui sur la r&#233;solution de sa probl&#233;matique ? Alors, oui ! il se contrefout de sa race, de sa couleur, de ses opinions politiques, de sa religion ou de sa nationalit&#233;. En revanche, il sera attach&#233; au respect, &#224; la bienveillance, au secret professionnel. Est-ce que la &#171; psychorigide &#187; n'est pas au fond la repr&#233;sentation symbolique des proc&#233;dures parfois n&#233;cessaires, qui r&#233;gissent nos professions, et surtout le cadre dans lequel nous &#233;voluons, permettant ainsi une large &#233;quit&#233; dans le traitement des demandes ? Alors oui ! l'assistant social est issu d'une formation r&#233;glement&#233;e, r&#233;gie par le Code de l'action sociale et des familles, justifiant ainsi d'une professionnalisation rassurante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que le &#171; tiroir-caisse-dispendieux &#187; ne refl&#233;terait pas la tendance actuelle &#224; prendre les b&#233;n&#233;ficiaires des minima sociaux pour les fautifs de leur propre pr&#233;carit&#233;, dans un contexte de r&#233;cession ? Il fut un temps o&#249; la pauvret&#233; inspirait de l'empathie et une attitude plus juste face &#224; la souffrance d'autrui. L&#233;on Bourgeois, dans son essai sur la solidarit&#233;, insiste sur le fait que la solidarit&#233; est un devoir humain pour sa propre survie et qu'elle doit &#234;tre &#233;tablie par l'&#201;tat dans sa responsabilit&#233; &#224; faire vivre les citoyens entre eux dans la justice et la s&#233;curit&#233;. Alors, oui ! les travailleurs sociaux seraient des vecteurs essentiels du r&#233;tablissement de cette s&#233;curit&#233; et de cette justice sociale. Qu'en est-il de la voleuse d'enfants ? Sujet sensible et ambivalent qui r&#233;sonne en chacun d'entre nous. Lorsqu'un cas de maltraitance est relat&#233; dans les faits divers, on se demande &#171; ce que font les services sociaux &#187; ! Lorsqu'un enfant est confi&#233; &#224; l'ASE, on trouve les services sociaux &#171; sans c&#339;ur &#187; ! Faut-il rappeler que seul le juge des enfants est habilit&#233; &#224; confier un enfant &#224; l'ASE, et que cette d&#233;cision arrive quand toutes les autres solutions ont &#233;t&#233; travaill&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Obstacle &#224; la pr&#233;vention&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux restrictions budg&#233;taires, les missions de pr&#233;vention, pr&#233;sentes dans les perspectives, diminuent sur le terrain : manque de personnel, de moyens&#8230; Le travailleur social exprime souvent un travail dans l'urgence excluant ainsi tout accompagnement social efficace. Pourtant, on peut ais&#233;ment penser que l'&#233;conomie passe par la pr&#233;vention. Par exemple le suivi d'un enfant en AED co&#251;te moins cher qu'un placement en famille d'accueil, sans compter la charge &#233;motionnelle pour tous les protagonistes. De m&#234;me, laisser du temps aux travailleurs sociaux pour faire du collectif, et mettre en place un v&#233;ritable accompagnement social au lieu de les enfermer dans des prescriptions standardis&#233;es niant la qualit&#233; unique de la personne accompagn&#233;e, permettrait &#233;galement de faire des &#233;conomies. Comme l'affirme Yann le Boss&#233; : &lt;i&gt;&#171; nous consid&#233;rons que les prescriptions qui ne tiennent aucun compte des enjeux sp&#233;cifiques de l'ensemble des acteurs sont vou&#233;es &#224; l'&#233;chec &#187;&lt;/i&gt; (Soutenir sans prescrire, &#233;ditions Ardis). Laissez les t&#226;ches administratives &#224; la fili&#232;re administrative qui comme son nom l'indique est comp&#233;tente en la mati&#232;re, car jusqu'&#224; preuve du contraire, contrairement &#224; l'accompagnement social, cliquer sur des onglets ou cocher des cases n'a jamais ins&#233;r&#233; personne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlons le m&#234;me langage avec nos d&#233;cideurs : prenons l'exemple d'un groupe constitu&#233; sur l'estime de soi. Trois personnes &#233;taient b&#233;n&#233;ficiaires du RSA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'issue du groupe, gr&#226;ce au travail de l'intervention sociale d'int&#233;r&#234;t collectif (ISIC) et de l'&#233;quipe pluridisciplinaire, les trois b&#233;n&#233;ficiaires du RSA ont obtenu un travail, alors m&#234;me que ce n'&#233;tait pas l'objectif premier de l'intervention. Ainsi avons-nous pu calculer 17 280&#8239;euros d'&#233;conomies sur 12 mois. Autrement dit, quand 100 travailleurs sociaux parviennent &#224; travailler avec l'usager sur une sortie positive du dispositif RSA, ces travailleurs sociaux r&#233;unis font 1 728 000&#8239;euros d'&#233;conomies !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dois-je pr&#233;ciser que nous sommes 1,2&#8239;million de travailleurs sociaux, dont 33 500 assistants sociaux ? Dommage d'aller chercher ailleurs ce que nous avons sous le nez ! Certains r&#233;torqueront que, compte tenu du contexte &#233;conomique, d'autres b&#233;n&#233;ficiaires du RSA entrent chaque ann&#233;e dans ce dispositif, mais les comp&#233;tences du travailleur social &#224; en limiter l'impact psychologique en accompagnant la personne vers un mieux-&#234;tre, une insertion sociale et / ou professionnelle est bien r&#233;elle, et limite ainsi l'impact sur les finances publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'ISIC est un formidable outil d'am&#233;lioration, l'intervention sociale d'aide &#224; la personne (ISAP), qui occupe la majeure partie de notre temps, permet &#233;galement d'obtenir de bons r&#233;sultats qu'il serait utile d'&#233;valuer et de faire partager ! Mais la pr&#233;vention passe aussi par le r&#233;ajustement de l'image v&#233;hicul&#233;e aupr&#232;s de la population. Car qui pourrait esp&#233;rer &#234;tre aid&#233; efficacement par un &#171; je-m'en-foutiste &#187; ou une &#171; psychorigide &#187; ? De m&#234;me, dans les repr&#233;sentations des &#233;tudiants susceptibles d'aspirer &#224; cette profession, qui pourrait s'enorgueillir de vouloir devenir un &#171; tiroir-caisse &#187; ou une &#171; voleuse d'enfant &#187; ? Quand est-ce que les employeurs vont arr&#234;ter de nous voir comme une charge budg&#233;taire, mais plut&#244;t comme un &#233;norme potentiel de changement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cachez ces travailleurs sociaux que je ne saurais voir ! Pourquoi ne pas communiquer sur les carri&#232;res dans le travail social ? Arr&#234;tons de voir en nous des professions qui d&#233;pensent mais plut&#244;t des travailleurs sociaux qui r&#233;ussissent ! Parfois, cela est usant, parce que la mis&#232;re humaine n'est plus un concept, mais un tsunami qu'on se prend en pleine figure ! Mais on ne l&#226;che rien ! Et, &#224; c&#244;t&#233;, il y a de merveilleuses histoires de vie, des rencontres humaines uniques, des pers&#233;v&#233;rances exemplaires qui vous regonflent pour un tour ! On devrait s'emparer des m&#233;dias pour expliquer notre m&#233;tier, et partager avec le grand public les r&#233;ussites obtenues avec l'usager ! Travailler sur l'image, c'est travailler sur la pr&#233;vention. Trouvons les moyens de changer cette image aupr&#232;s de la population afin : d'amener les personnes en d&#233;tresse &#224; venir pousser la porte de notre bureau, de remplir les instituts de formation de futurs coll&#232;gues motiv&#233;s et fiers, de convaincre nos employeurs de la plus-value de nos comp&#233;tences dans leur gestion comptable des probl&#233;matiques sociales. Le travailleur social a ceci d'extraordinaire qu'il a la merveilleuse facult&#233; de ne rien l&#226;cher, une cr&#233;ativit&#233; &#224; toute &#233;preuve. Alors je lance un appel !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tournons un film, imaginons des sketchs, montons sur sc&#232;ne, &#233;crivons, partageons nos exp&#233;riences, exprimons-nous ! Montrons-nous ! Faisons en sorte que le travailleur social soit enfin identifi&#233; comme une personne ressource tant pour les employeurs que pour les usagers. C'est &#224; nous qu'il incombe de changer notre image. Ne nous prenons pas au s&#233;rieux et fon&#231;ons !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#202;tre ou para&#238;tre engag&#233; ?</title>
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		<dc:subject>1243</dc:subject>

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&lt;p&gt;Dans L'identit&#233; de l'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; (1972), Paul Fustier d&#233;crivait d&#233;j&#224; deux mod&#232;les de professionnels : les charismatiques et les technocrates. Les premiers, appel&#233;s mod&#232;le &#171; amour-vocation &#187;, assuraient le primat du don de soi, de la nature sacrificielle de notre m&#233;tier. Ils se vouaient corps et &#226;me &#224; leur travail. Les technocrates, eux, attachaient de l'importance &#224; l'aspect technique de la fonction comme une action de professionnels disposant d'un savoir-faire. Ces deux mod&#232;les pouss&#233;s &#224; l'extr&#234;me de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1243-" rel="tag"&gt;1243&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;L'identit&#233; de l'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;&lt;/i&gt; (1972), Paul Fustier d&#233;crivait d&#233;j&#224; deux mod&#232;les de professionnels : les charismatiques et les technocrates. Les premiers, appel&#233;s mod&#232;le &#171; amour-vocation &#187;, assuraient le primat du don de soi, de la nature sacrificielle de notre m&#233;tier. Ils se vouaient corps et &#226;me &#224; leur travail. Les technocrates, eux, attachaient de l'importance &#224; l'aspect technique de la fonction comme une action de professionnels disposant d'un savoir-faire. Ces deux mod&#232;les pouss&#233;s &#224; l'extr&#234;me de leurs sp&#233;cificit&#233;s d&#233;peignent une confrontation qui demeure aujourd'hui, bien que plus nuanc&#233;e. Actuellement, la professionnalisation des m&#233;tiers du travail social et l'&#233;volution du cadre l&#233;gislatif ont sonn&#233; le glas du mod&#232;le vocation au profit d'une technicisation triomphante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'engagement d'un professionnel moderne, h&#233;ritier du mod&#232;le charismatique, attachera de l'importance &#224; son implication, &#224; ne pas compter ses heures, &#224; sa disponibilit&#233; profuse pour l'usager. Les autres se positionneront comme des professionnels de droits promulguant une juste distance avec l'usager. Ils chercheront &#224; prodiguer une prise en charge adapt&#233;e, voire aseptis&#233;e, se reposant sur leur savoir-faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'engagement, m&#234;me sinc&#232;re, des deux mod&#232;les sera per&#231;u comme une forme de para&#238;tre pour l'autre. Le poison de l'engagement est qu'il ne se mesure et n'est reconnu que par ceux qui partagent une vision analogue &#224; la n&#244;tre. Au fond, ne sommes-nous pas les h&#233;ritiers des deux mod&#232;les ? La complexit&#233; d'Edgar Morin invite &#224; transcender certaines visions cloisonn&#233;es. Je fais par ailleurs un petit apart&#233; concernant les inquisiteurs de l'engagement. Ils seraient tent&#233;s, sous pr&#233;texte de leur anciennet&#233; et parcours, de s'octroyer le droit de mesurer, d'adouber ceux qui seraient de vrais engag&#233;s, des profanes. Il en est de m&#234;me de ceux qui font une fixation sur l'&#233;thique et l'humilit&#233;. Ils ont tendance &#224; s'approprier une notion et l'invoquent comme un rempart &#224; leur propre faille. Je sais d'exp&#233;rience qu'une personne qui commence toutes ses phrases par &#171; En toute humilit&#233; &#187;, que la seule parcelle d'humilit&#233; dont elle dispose s'ancre dans le discours. Il en est de m&#234;me des personnes qui invoquent l'&#233;thique et l'engagement &#224; tout rompre quitte &#224; les d&#233;naturer. L'&#171; &#234;tre &#187; engag&#233; ne se mesure que par soi. C'est un rapport intime avec nous-m&#234;mes. Qui renvoie &#224; la question de la sacrosainte &#233;thique. Un professionnel en perte de sens ; qui se prend de plein fouet les logiques rationnalisantes qui envahissent notre secteur ; qui, par m&#233;canisme de d&#233;fense, agit en se d&#233;sengageant pour pr&#233;server une part de lui-m&#234;me ; peut-il &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un professionnel manquant d'engagement ? N'y a-t-il pas, parfois, une preuve criante d'engagement dans l'acte de se d&#233;sengager ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'engagement est-il un point continu qui s'obtient comme un dipl&#244;me ou est-ce un processus en constante &#233;volution ? Dans nos parcours professionnels, avons-nous toujours &#233;t&#233; engag&#233;s avec la m&#234;me intensit&#233; ou de mani&#232;re fluctuante en fonction de notre disponibilit&#233; &#224; l'&#234;tre ? Pour m'autoriser &#224; la provocation, je pense que nous sommes tous des &#234;tres du &#171; para&#238;tre &#187; engag&#233;. Nous rev&#234;tons les habits phares du social que sont l'engagement, l'&#233;thique, l'humilit&#233; comme des indispensables, des crit&#232;res d'appartenance. Nous jouons &#224; para&#238;tre pour &#234;tre des initi&#233;s. Seul le para&#238;tre se voit, se juge, se jauge&#8230; l'&#234;tre engag&#233;, l'&#234;tre &#233;thique, l'&#234;tre humble se vit, s'inscrit dans l'action et ne s'&#233;prouve qu'en soi et avec soi au service de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlons donc de cet autre, l'usager que l'on per&#231;oit trop souvent sous son seul aspect dysfonctionnant. Il est per&#231;u comme un &#234;tre qui n&#233;cessite notre savoir-faire et &#234;tre, d&#233;pendant de notre engagement, investissement et disponibilit&#233;. De mon point de vue, le v&#233;ritable changement de paradigme dans notre secteur s'op&#233;rera lorsque nous ferons le deuil d'un travail social agissant seul sur des usagers objetis&#233;s. Interrogeons-nous les comp&#233;tences, l'expertise dont ils disposent ? Interrogeons-nous l'engagement dont ils peuvent faire preuve pour leur propre situation ? Peut-&#234;tre que le vide g&#233;n&#233;r&#233; par ce type de questionnements permettrait de lib&#233;rer un espace qu'ils pourraient investir ? L'engagement et le savoir sont-ils uniquement l'apanage des travailleurs sociaux providentiels ? Je travaille dans le cadre de la protection judiciaire de l'enfance. Je reconnais alors le savoir et l'expertise des parents concernant leur propre histoire et fonctionnement familial. J'ai vu na&#238;tre des engagements sans pareil lorsque l'on parvient &#224; mobiliser la question du sens aupr&#232;s des familles. Un engagement qui leur est propre qui se nourrit de leurs r&#233;flexions venant supplanter ma compassion ali&#233;nante et mon savoir &#171; omnipotent &#187;&#8230; Ainsi, &#224; travers la production de cet &#233;crit, je donne &#224; lire mon para&#238;tre engag&#233;. Mon &#171; &#234;tre &#187; engag&#233; vit en moi, il &#233;volue, parfois s'effondre. Il est un processus complexe dont il faut prendre soin&#8230; Au fond, il m'appartient.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Entretien avec Ren&#233; Dutrey &#8226; &#171; Faire du Logement d'abord sans logement, &#231;a ne peut pas fonctionner &#187;</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1243-Entretien-avec-Rene-Dutrey-o-Faire-du-Logement-d-abord-sans-logement-ca-ne-peut-pas-fonctionner</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>SDF</dc:subject>
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&lt;p&gt;Ren&#233; Dutrey a observ&#233;, pendant huit mois, la mise en place du Logement d'abord dans quatorze territoires s&#233;lectionn&#233;s lors de l'appel &#224; manifestation d'int&#233;r&#234;t. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment la nouvelle orientation strat&#233;gique de l'&#201;tat se traduit-elle sur le terrain ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Des acteurs qui ne se parlaient plus se reparlent car c'est une politique qui repose sur le partenariat. &#199;a a permis &#231;a. Apr&#232;s, nous observons des mesures compl&#232;tement contradictoires, comme la baisse de 5&#8239;% sur la construction de logement social en 2018, des (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ren&#233; Dutrey a observ&#233;, pendant huit mois, la mise en place du Logement d'abord dans quatorze territoires s&#233;lectionn&#233;s lors de l'appel &#224; manifestation d'int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2524 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH198/screenshot_11-8-e78d3.png?1694003477' width='500' height='198' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment la nouvelle orientation strat&#233;gique de l'&#201;tat se traduit-elle sur le terrain ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des acteurs qui ne se parlaient plus se reparlent car c'est une politique qui repose sur le partenariat. &#199;a a permis &#231;a. Apr&#232;s, nous observons des mesures compl&#232;tement contradictoires, comme la baisse de 5&#8239;% sur la construction de logement social en 2018, des allocations personnalis&#233;es au logement (APL) ou des moyens destin&#233;s aux centres d'h&#233;bergement et r&#233;insertion sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'offre d'h&#233;bergement des CHRS doit muter pour se rapprocher le plus possible d'un logement, un espace physique et social dans lequel on a de l'intimit&#233;, on peut recevoir et un espace stabilis&#233; par le droit, pas dispara&#238;tre. Aujourd'hui, le drame, c'est que l'h&#233;bergement r&#233;cup&#232;re tous les dysfonctionnements des autres politiques : logement, asile, psychiatrie. Ce n'est pas le budget de l'h&#233;bergement qui explose, ce sont toutes les autres politiques qui dysfonctionnent et se rabattent sur l'h&#233;bergement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est le frein principal &#224; la mise en &#339;uvre d'une politique du Logement d'abord ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les moyens ne sont pas au rendez-vous. Faire du Logement d'abord sans logement, &#231;a ne peut pas fonctionner. Cette orientation suppose un investissement dans un premier temps, pour permettre une &#233;conomie dans un deuxi&#232;me temps. C'est une vision &#224; long terme. Si on oublie tout discours humaniste et droits fondamentaux, le co&#251;t pour la soci&#233;t&#233; d'une personne en errance est estim&#233; &#224; 20 000&#8239;euros par an, celui d'un b&#233;n&#233;ficiaire du Logement d'abord &#224; 9 000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avez-vous identifi&#233; des leviers pour mobiliser le parc priv&#233; &#224; des fins sociales ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les propri&#233;taires sont souvent moins durs que les bailleurs sociaux par rapport &#224; l'entr&#233;e dans leur parc, et le syst&#232;me de la sous-location avec l'interm&#233;diation locative (IML) les prot&#232;ge. Il y a l'association qui veille, le loyer est garanti m&#234;me si le logement est vacant, et c'est d&#233;fiscalis&#233; &#224; 80&#8239;%. Mais le syst&#232;me de l'IML est m&#233;connu des propri&#233;taires, seule la cible militante est touch&#233;e. Louer son bien &#224; une association agr&#233;&#233;e IML reste compliqu&#233; et les avocats fiscalistes sont meilleurs pour monter un plan offshore &#224; l'&#233;tranger que pour inciter &#224; confier un bien &#224; une association. M&#234;me si &#231;a permet de r&#233;duire ses imp&#244;ts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans notre rapport de 2015, nous proposions la cr&#233;ation d'un guichet unique avec des simulateurs pour proposer l'offre la mieux adapt&#233;e &#224; la situation du propri&#233;taire bailleur, professionnaliser l'IML.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on veut que la mobilisation du parc priv&#233; d&#233;colle, il ne faut pas miser sur la charit&#233; des gens, mais sur l'efficacit&#233; financi&#232;re et fiscale. Il y a eu 3 000 captations dans le cadre du Logement d'abord cette ann&#233;e, il y a trois ans nous avions &#233;valu&#233; les besoins &#224; 40 000. &#199;a demande une intervention sur le priv&#233; pour cr&#233;er une offre de loyers qui ne soit pas compl&#232;tement d&#233;connect&#233;e du niveau des revenus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Handicap, entretien Val&#233;rie Delattre &#8226; Quand l'arch&#233;ologie nous &#233;claire</title>
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		<dc:subject>Handicap&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>1243</dc:subject>

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&lt;p&gt;Quelle &#233;tait la place des personnes handicap&#233;es dans les soci&#233;t&#233;s qui nous ont pr&#233;c&#233;d&#233;s ? Une arch&#233;ologue apporte un point de vue original sur cette question. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment vous est-il venu l'id&#233;e d'associer l'arch&#233;ologie et l'&#233;tude du handicap ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a une quinzaine d'ann&#233;es, j'ai rencontr&#233; Ryad Salem, un champion paralympique en rugby et basket fauteuil. Sa fa&#231;on d&#233;cal&#233;e de consid&#233;rer le handicap, sans pathos ni commis&#233;ration m'a beaucoup int&#233;ress&#233;e. Un jour, en apprenant mon m&#233;tier, il m'a demand&#233; : &#171; &#199;a se (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quelle &#233;tait la place des personnes handicap&#233;es dans les soci&#233;t&#233;s qui nous ont pr&#233;c&#233;d&#233;s ? Une arch&#233;ologue apporte un point de vue original sur cette question.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2525 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH162/screenshot_12-9-24716.png?1694003478' width='500' height='162' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment vous est-il venu l'id&#233;e d'associer l'arch&#233;ologie et l'&#233;tude du handicap ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une quinzaine d'ann&#233;es, j'ai rencontr&#233; Ryad Salem, un champion paralympique en rugby et basket fauteuil. Sa fa&#231;on d&#233;cal&#233;e de consid&#233;rer le handicap, sans pathos ni commis&#233;ration m'a beaucoup int&#233;ress&#233;e. Un jour, en apprenant mon m&#233;tier, il m'a demand&#233; : &lt;i&gt;&#171; &#199;a se passait comment avant pour les gens amput&#233;s des deux jambes comme moi ? &#187;&lt;/i&gt; J'&#233;tais alors bien en panne pour lui r&#233;pondre. Avec cette question, il m'avait lanc&#233; un d&#233;fi et au fil du temps c'est devenu une vraie th&#233;matique de recherche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment l'arch&#233;ologie peut-elle nous &#233;clairer sur la place des personnes handicap&#233;es dans les soci&#233;t&#233;s historiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je travaille plus particuli&#232;rement sur l'arch&#233;ologie fun&#233;raire. J'observe le squelette, la mati&#232;re osseuse. &#192; partir de l&#224;, on peut faire un diagnostic r&#233;trospectif sur toutes les maladies invalidantes avec incidence osseuse. Puis j'&#233;tudie le contexte culturel. Une tombe nous renseigne sur la place du d&#233;funt dans sa communaut&#233;. Au-del&#224; du corps, il y a les objets diss&#233;min&#233;s autour, l'orientation de la tombe (t&#234;te &#224; l'ouest, au nord,&#8230;), la localisation (dans un cimeti&#232;re, &#224; c&#244;t&#233;, isol&#233;e),&#8239;etc. On a ainsi acc&#232;s &#224; des indices tr&#232;s parlants du comportement d'un groupe &#224; l'&#233;gard de la diff&#233;rence de l'un des leurs. La place du corps &#171; diff&#233;rent &#187; dans le monde des morts est le reflet de sa place dans le monde des vivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jusqu'o&#249; peut-on remonter ainsi et faire des hypoth&#232;ses ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant qu'on a des s&#233;pultures, c'est-&#224;-dire jusqu'&#224; N&#233;andertal ! On a trouv&#233; des tombes de personnes handicap&#233;es qui datent de plus de 100 000 ans. Au-del&#224;, il y a aussi des vestiges humains isol&#233;s. Le plus ancien que j'ai retrouv&#233; date d'il y a 1,5&#8239;million d'ann&#233;es. C'est une mandibule compl&#232;tement &#233;dent&#233;e d'un hominid&#233;. L'examen des os montre que l'individu a surv&#233;cu plusieurs ann&#233;es &#224; l'&#233;dentement. Il a donc d&#251; &#234;tre aid&#233; au niveau de la mastication pour survivre. C'est l'exemple le plus ancien qui atteste d'une forme de prise en charge du handicap.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au fil de l'histoire, le handicap a tant&#244;t &#233;t&#233; trait&#233; avec empathie, tant&#244;t rejet&#233;. Pouvez-vous donner des exemples ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau des tombes, hormis quelques tr&#232;s rares exceptions, l'inclusion topographique des corps &#171; diff&#233;rents &#187; est quasi syst&#233;matique. Le fait d'&#234;tre handicap&#233; ou disgraci&#233; n'entra&#238;nait donc pas de mise &#224; l'&#233;cart &#224; ce niveau. Le rapport au handicap &#233;tait beaucoup plus direct. Les amputations, paralysies, tr&#233;panations &#233;taient quasi quotidiennes et n'entra&#238;naient pas de rejet. Globalement, on peut observer beaucoup de solidarit&#233; et de bienveillance dont attestent notamment toutes les proth&#232;ses fabriqu&#233;es pour faciliter la vie des personnes handicap&#233;es. Mais il y a eu aussi des pratiques eug&#233;niques. Selon les textes, dans la Gr&#232;ce antique, on exposait les nouveaux-n&#233;s difformes en dehors du village et on les laissait mourir. Et, pourtant, les n&#233;cropoles grecques antiques sont remplies d'adultes handicap&#233;s de naissance. Il est donc fort probable que l'eug&#233;nisme grec rel&#232;ve du mythe. Dans mes recherches, je n'ai pas trouv&#233; d'exemples de pratiques d'extermination massive de personnes invalides, comme cela a pu &#234;tre le cas pendant le nazisme. Le handicap est un curseur de soci&#233;t&#233;. Quand la soci&#233;t&#233; va bien, &#231;a va bien pour les plus faibles : les pauvres, les malades, les handicap&#233;s. Quand il y a une guerre, une &#233;pid&#233;mie, les vuln&#233;rables deviennent des bouches inutiles. C'est ce qui va cr&#233;er les ph&#233;nom&#232;nes de rejet et de mendicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2526 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH642/screenshot_13-8-f75a4.png?1694003478' width='500' height='642' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous critiquez notre conception contemporaine du handicap comme une moins-value, alors que des exemples historiques montrent qu'il n'en a pas toujours &#233;t&#233; ainsi.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, au fil de l'histoire, le handicap a parfois &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; comme une punition des Dieux, parfois comme une gr&#226;ce divine. Les c&#233;ramiques des Mochicas sont tr&#232;s parlantes &#224; ce niveau. C'est un peuple de p&#234;cheurs et d'agriculteurs p&#233;ruviens qui ont v&#233;cu entre le d&#233;but de notre &#232;re et l'an 1000. Ils consid&#233;raient les personnes handicap&#233;es comme des intercesseurs entre le monde des vivants et le monde des morts. La plupart devenaient des chamanes, puisqu'on les consid&#233;rait investis d'une comp&#233;tence particuli&#232;re au seul pr&#233;texte de leur diff&#233;rence. &#192; tel point que les parents n'h&#233;sitaient pas &#224; mutiler leurs enfants pour qu'ils aient un destin heureux. Les c&#233;ramiques des Mochicas regorgent de portraits de borgnes, d'amput&#233;s, de bossus, parce que c'&#233;taient des personnes importantes pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, vous dites qu'historiquement le handicap &#233;tait davantage repr&#233;sent&#233; &#224; travers les arts qu'il ne l'est aujourd'hui &#224; travers les m&#233;dias, o&#249; seul 0,63&#8239;% des individus visibles &#224; l'&#233;cran ont un handicap.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous vous promenez dans le Louvre, vous trouverez nombre de portraits d'infirmes et de handicap&#233;s : sur des bibles, des mosa&#239;ques, des enluminures, des vases,&#8239;etc. Avant, le handicap &#233;tait pr&#233;sent partout. Il y avait une proximit&#233; qui n'existe plus aujourd'hui. Au XVIIIe si&#232;cle, on a commenc&#233; &#224; regrouper les personnes handicap&#233;es par pathologie au pr&#233;texte de les &#233;duquer. Du coup on les a extraites du quotidien. Les premiers instituts pour sourds et pour aveugles ont eu pour cons&#233;quence n&#233;gative de cr&#233;er des cat&#233;gories et de marginaliser le handicap. Au XIXe si&#232;cle avec l'industrialisation et la course &#224; la rentabilit&#233;, cette tendance s'est accentu&#233;e. Aujourd'hui, le handicap est devenu totalement invisible. En France, on est dans une logique o&#249; l'on &#233;dicte des lois &#171; en faveur &#187; des personnes handicap&#233;es. Ce terme est terrible, je trouve. On con&#231;oit des espaces publics pour les gens &#171; valides &#187;, et seulement ensuite on va les &#171; adapter &#187;. On fabrique des rampes, des toilettes accessibles, parfois il faut contourner le b&#226;timent, passer par le local poubelle, pour pouvoir entrer. Dans les pays anglo-saxons, &#224; Malte par exemple, on suit une autre logique : on construit d'embl&#233;e des espaces accessibles &#224; tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans votre livre, vous &#233;voquez l'histoire de la compensation du handicap et ses &#233;volutions r&#233;centes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les amputations existent depuis fort longtemps. &#192; chaque accident, chaque fracture, la gangr&#232;ne pouvait arriver tr&#232;s vite. Il fallait donc se s&#233;parer rapidement d'un membre purulent. Mais, de fa&#231;on concomitante, on trouve aussi tr&#232;s t&#244;t des appareillages : des b&#226;tons qu'on fixait avec une lani&#232;re, une fourche en m&#233;tal,&#8230; tout un tas de syst&#232;mes pour r&#233;parer l'homme ab&#238;m&#233;, pour lui rendre son int&#233;grit&#233; corporelle. Les &#201;gyptiens appelaient cela la compl&#233;tude. Aujourd'hui qu'on est arriv&#233; au summum des compensations, on tente d'augmenter l'homme. On rajoute des membres, on tente d'augmenter ses capacit&#233;s cognitives,&#8239;etc. Ce sont les pr&#233;mices du transhumanisme. Et cela ne concerne plus uniquement le handicap, mais possiblement tout le monde. C'est une tendance inqui&#233;tante. Il faudra bien encadrer ces pratiques d'un point de vue &#233;thique pour &#233;viter les d&#233;rives.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Logement d'abord &#8226; De bonnes intentions, sans financement</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1243-Logement-d-abord-o-De-bonnes-intentions-sans-financement</link>
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		<dc:subject>SDF</dc:subject>
		<dc:subject>Logement</dc:subject>
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&lt;p&gt;Apr&#232;s une phase exp&#233;rimentale, le principe du Logement d'abord devrait s'&#233;tendre &#224; l'ensemble du territoire fran&#231;ais et concerner toute personne sans abri. La volont&#233; gouvernementale affich&#233;e se heurte cependant &#224; des freins. Si les &#233;quipes de travailleurs m&#233;dicosociaux s'adaptent volontiers &#224; la pratique de la visite &#224; domicile, le parc locatif social et priv&#233; ne suffit toujours pas &#224; r&#233;pondre aux besoins. &lt;br class='autobr' /&gt;
Plus d'un an apr&#232;s le discours d'Emmanuel Macron &#224; Toulouse, au cours duquel le pr&#233;sident de la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1243-" rel="tag"&gt;1243&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s une phase exp&#233;rimentale, le principe du Logement d'abord devrait s'&#233;tendre &#224; l'ensemble du territoire fran&#231;ais et concerner toute personne sans abri. La volont&#233; gouvernementale affich&#233;e se heurte cependant &#224; des freins. Si les &#233;quipes de travailleurs m&#233;dicosociaux s'adaptent volontiers &#224; la pratique de la visite &#224; domicile, le parc locatif social et priv&#233; ne suffit toujours pas &#224; r&#233;pondre aux besoins.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Plus d'un an apr&#232;s le discours d'Emmanuel Macron &#224; Toulouse, au cours duquel le pr&#233;sident de la R&#233;publique avait fix&#233; le Logement d'abord comme une orientation strat&#233;gique de son quinquennat avec la cr&#233;ation de 50 000 places suppl&#233;mentaires (10 000 en pension de famille et 40 000 en interm&#233;diation locative), les acteurs de terrain d&#233;noncent un effet d'annonce dans le seul but de r&#233;aliser des &#233;conomies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous d&#233;fendons l'approche du Logement d'abord aupr&#232;s des diff&#233;rents gouvernements depuis longtemps&lt;/i&gt;, souligne Manuel Domergue, directeur des &#233;tudes &#224; la Fondation Abb&#233; Pierre. &lt;i&gt;Nos demandes ont &#233;t&#233; reprises et port&#233;es par la D&#233;l&#233;gation interminist&#233;rielle &#224; l'h&#233;bergement et &#224; l'acc&#232;s au logement (Dihal). Le probl&#232;me est que l'affichage est positif, mais la mise en &#339;uvre n'est pas financ&#233;e, et entre en contradiction avec des politiques structurelles comme la baisse de 1,5&#8239;milliard d'euros pour les bailleurs sociaux. De m&#234;me, les centres d'h&#233;bergement et de r&#233;insertion sociale (CHRS) sont pr&#234;ts &#224; jouer le jeu, m&#234;me si &#231;a leur dit &#8220;ce que vous faites depuis des ann&#233;es ne fonctionne pas&#8221; mais si on leur retire leurs financements, &#231;a ne fonctionne plus du tout. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les financeurs cherchent &#224; se d&#233;sengager de l'accompagnement, rench&#233;rit une directrice de CHRS. Ils fustigent le parcours en escalier et l'h&#233;bergement pour justifier la baisse des subventions sur le travail m&#233;dicosocial qui permet l'acc&#232;s au logement. Pourtant, il y a des gens pour qui le collectif est contraignant, d'autres pour qui il est constructif &#224; un moment de leur parcours. C'est pour &#231;a que la plupart des CHRS se sont adapt&#233;s au travail dans des logements individuels dispatch&#233;s sur le territoire, ou dans le &#8220;hors les murs&#8221;. Mais l&#224;, ce qui est demand&#233; c'est la d&#233;sinstitutionnalisation totale, le bail direct sans r&#233;el accompagnement. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis une trentaine d'ann&#233;es, la gestion de la p&#233;nurie de logement a entra&#238;n&#233; des filtres p&#233;nalisant les populations les plus pauvres et les plus marginalis&#233;es. Ces exclus de l'offre locative sont contraints de se tourner vers l'h&#233;bergement d'urgence, avant d'obtenir une place de stabilisation, puis enfin un chez-soi. &#192; chaque &#233;tape, leur &#171; capacit&#233; &#224; habiter &#187; fait l'objet de contr&#244;le. Le Logement d'abord est cens&#233; mettre un terme &#224; ce long cheminement, en proposant sans attendre un appartement assorti d'un accompagnement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'un &#233;largissement du dispositif &#171; Un chez-soi d'abord &#187;, recherche-action d&#233;di&#233;e aux personnes en grande pr&#233;carit&#233; atteintes de troubles psychiatriques s&#233;v&#232;res. Lanc&#233;e en 2011 &#224; Lille, Marseille, Paris et Toulouse, l'exp&#233;rimentation a d&#233;montr&#233; son efficacit&#233; aupr&#232;s du public jug&#233; le plus &#233;loign&#233; du logement, elle devient donc p&#233;renne et doit s'&#233;tendre. Reste &#224; adapter ce dispositif au plus grand nombre&#8230; avec des financements moindres. L'outil du Logement d'abord, l'interm&#233;diation locative, qui permet &#224; une association de louer au propri&#233;taire pour ensuite sous-louer au b&#233;n&#233;ficiaire jusqu'&#224; ce qu'il puisse devenir locataire en son nom, &#233;tait financ&#233; &#224; hauteur de 8 300&#8239;euros par an. D&#233;sormais, le financement logement plafonne &#224; 7 500&#8239;euros. L'Agence r&#233;gionale de sant&#233; peut ajouter une subvention pour le volet m&#233;dical, soit 7 500&#8239;euros de plus. En comparaison, un appartement de coordination th&#233;rapeutique co&#251;te 30 000&#8239;euros par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2521 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L446xH317/screenshot_8-8-d1e36.png?1694003478' width='446' height='317' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le Logement d'abord ne doit pas &#233;liminer les autres proposition&lt;/i&gt;s, explique Sylvie Katchadourian, &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e et chef de service au Un chez-soi d'abord et de l'accompagnement social de Soliha (Solidaires pour l'habitat), association qui capte du logement pour faire de l'interm&#233;diation locative (IML). &lt;i&gt;La grosse r&#233;volution, c'est de dire que si les personnes sont sans abri, ce n'est pas parce qu'elles ne sont pas capables d'habiter, mais parce que l'acc&#232;s au logement n'a pas &#233;t&#233; possible. Ensuite, d'un point de vue social, ce n'est pas une prise en charge o&#249; on am&#232;ne des solutions, mais un accompagnement centr&#233; sur les choix et les comp&#233;tences de la personne. Si elle a besoin d'apprendre &#224; faire la cuisine ou &#224; remplir ses papiers, on l'aide mais une fois qu'elle est autonome, on arr&#234;te. C'est un suivi d'intensit&#233; variable. &#187;&lt;/i&gt; En fonction des situations, l'interm&#233;diation peut ne servir qu'&#224; entrer dans le domicile, s'accompagner de visites &#224; but social et/ou sanitaire, ou d'aides financi&#232;res pour l'ameublement et l'&#233;quipement. &lt;i&gt;&#171; Le Logement d'abord oblige &#224; penser en termes de parcours&lt;/i&gt;, pr&#233;cise la travailleuse sociale. &lt;i&gt;Et je pense qu'il y a suffisamment de logements pour tout le monde, mais il faut intensifier les r&#233;habilitations avec des aides de l'&#201;tat qui d&#232;s lors peut imposer des loyers mod&#233;r&#233;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'interm&#233;diation locative requiert de la tr&#233;sorerie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dispositif IML suppose d'avoir un agr&#233;ment garantissant la capacit&#233; &#224; capter de l'habitat, &#224; le r&#233;habiliter et &#224; accompagner les locataires. Seules les grosses structures peuvent se lancer, car il faut avoir suffisamment de tr&#233;sorerie pour payer l'entr&#233;e dans le logement. L'&#201;tat verse sa contribution, une fois dans l'ann&#233;e, en juin. Habilit&#233; &#224; travailler dans la r&#233;gion PACA et une partie de l'H&#233;rault, Soliha Provence compte 94 salari&#233;s et r&#233;alise un chiffre d'affaires de 11&#8239;millions d'euros par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'association r&#233;unit cinq m&#233;tiers, captation de logement, production, gestion locative, accompagnement social et animation de territoire, avec pour objectif de d&#233;velopper une offre de logement sociale et tr&#232;s sociale. &lt;i&gt;&#171; Le plan quinquennal annonc&#233; par le gouvernement ne s'accompagne pas de financements suppl&#233;mentaires&lt;/i&gt;, remarque Christine Charnay, &lt;i&gt;conseill&#232;re en &#233;conomie sociale et familiale, directrice du p&#244;le d&#233;veloppement et innovation sociale &#224; Soliha. Il a le m&#233;rite de clarifier la communication aupr&#232;s des propri&#233;taires et des communes. Les municipalit&#233;s ont souvent un parc d'habitat qui se d&#233;grade, qu'elles ne g&#232;rent pas, elles peuvent nous le confier, nous le remettons en &#233;tat et nous le louons. Chaque fois qu'un maire mobilise un logement en IML, &#231;a compte dans son parc social, et diminue ses p&#233;nalit&#233;s, dans une r&#233;gion en grand d&#233;ficit de logement social, c'est un argument. Pour les propri&#233;taires, l'IML est &#233;galement tr&#232;s avantageuse, avec une d&#233;fiscalisation &#224; 85&#8239;% des loyers, un avantage qui perdure apr&#232;s avoir fait glisser le bail. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2522 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH389/screenshot_9-9-1f27c.png?1694003478' width='500' height='389' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Face &#224; la p&#233;nurie de logement &#224; Marseille, militants et citoyens requi&#232;rent de plus en plus la r&#233;quisition des appartements vacants, plus de 30 000. / &#169; M. L&#233;on&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2016, Manuel Bueno d&#233;veloppe une plateforme d'acc&#232;s direct au logement (ADL) au sein du service int&#233;gr&#233; accueil et orientation (SIAO) de Marseille. Son organisation s'articule autour d'un partenariat entre les accueils de jour, les CHRS, les &#233;quipes de maraude, les centres de soins. &lt;i&gt;&#171; Nous sommes partis du constat que les dispositifs existants laissaient de nombreuses personnes sans solution&lt;/i&gt;, explique le charg&#233; de mission Logement d'abord. &lt;i&gt;D'autre part, des &#233;quipes demandaient &#224; poursuivre les accompagnements apr&#232;s la sortie de la rue. On a mis en &#339;uvre un syst&#232;me qui repose sur un trin&#244;me d'accompagnement. &#187;&lt;/i&gt; Soliha se charge de l'entr&#233;e dans le logement, l'&#233;quipe qui assure le suivi dans la rue ou en h&#233;bergement s'occupe de l'accompagnement social et, en fonction des besoins, un centre de soins, d'accompagnement et de pr&#233;vention en addictologie (CSAPA) ou une conseill&#232;re en insertion professionnelle apporte son soutien. &lt;i&gt;&#171; Entre l'entr&#233;e dans le dispositif ADL et l'acc&#232;s au logement, l'attente est de deux &#224; six mois. &#199;a permet de travailler le parcours, et d'entreprendre les d&#233;marches d'acc&#232;s au droit. La premi&#232;re ann&#233;e, il a fallu faire face &#224; la d&#233;motivation des partenaires parce que nous n'avions pas de logement &#224; proposer. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fonctionnement multipartenarial reste exp&#233;rimental : deux personnes en ont b&#233;n&#233;fici&#233; en 2016, elles sont quatorze en 2018. Seul le poste de Manuel Bueno est financ&#233; par la direction d&#233;partementale de la coh&#233;sion sociale (DDCS). Quinze logements suppl&#233;mentaires sont fl&#233;ch&#233;s dans le cadre du plan quinquennal. &lt;i&gt;&#171; Nous continuons &#224; nous heurter &#224; une offre r&#233;duite. La capacit&#233; des bailleurs sociaux &#224; investir est en baisse, avec 10&#8239;% de finance en moins ; dans le parc priv&#233; &#224; Marseille les loyers sont g&#233;n&#233;ralement trop &#233;lev&#233;s et, quand on trouve un studio &#224; moins de 400&#8239;euros, il est souvent insalubre. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 novembre, l'insalubrit&#233; a fini par tuer huit personnes dans le centre-ville marseillais. Suite &#224; l'effondrement de deux immeubles, la municipalit&#233; applique un principe de pr&#233;caution qui a d&#233;log&#233; plus de 1500 personnes. L'&#201;tat a sollicit&#233; la Soliha pour leur trouver des solutions de relogement. Cette mesure d'urgence met &#224; mal l'application du Logement d'abord et les populations vis&#233;es par ce dispositif voient les propositions se r&#233;duire comme peau de chagrin. Dans la deuxi&#232;me ville de France, l'orientation quinquennale du Pr&#233;sident va dans le mur faute de toits.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Reportage &#8226; Logement d'abord, de la th&#233;orie &#224; la pratique</title>
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&lt;p&gt;D&#233;but d&#233;cembre, &#201;va et sa fille de 15 mois se retrouvent &#224; la rue. Assistante sociale &#224; Nouvelle Aube, association qui accompagne des jeunes vivant &#224; la rue, en squat ou en abri, Mireille Dubois entame alors une course contre la montre pour leur trouver un toit. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jeudi 13 d&#233;cembre : Derni&#232;re nuit d'h&#244;tel &lt;br class='autobr' /&gt;
L'assistante sociale de Nouvelle Aube Mireille Dubois a rendez-vous dans un h&#244;tel meubl&#233;. Histoire de sortir la jeune femme (20 ans) et sa fille (15 mois) de leur chambre, elle passe un coup de fil et (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#233;but d&#233;cembre, &#201;va et sa fille de 15 mois se retrouvent &#224; la rue. &lt;br class='autobr' /&gt;
Assistante sociale &#224; Nouvelle Aube, association qui accompagne des jeunes vivant &#224; la rue, en squat ou en abri, Mireille Dubois entame alors une course contre la montre pour leur trouver un toit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeudi 13 d&#233;cembre : Derni&#232;re nuit d'h&#244;tel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assistante sociale de Nouvelle Aube Mireille Dubois a rendez-vous dans un h&#244;tel meubl&#233;. Histoire de sortir la jeune femme (20 ans) et sa fille (15 mois) de leur chambre, elle passe un coup de fil et invite la maman &#224; boire un caf&#233; &#171; pour s'a&#233;rer la t&#234;te &#187;. Elle a fui le domicile de sa m&#232;re qui, en proie aux addictions et malade psychologiquement, devient trop ing&#233;rable et violente, donc dangereuse pour elle et sa fille. Domicili&#233;e au CCAS depuis 2016, &#201;va a l'habitude de trouver des abris dans l'urgence. Apr&#232;s une premi&#232;re nuit o&#249; elles ont &#233;t&#233; h&#233;berg&#233;es chez des gens crois&#233;s dans la rue, m&#232;re et enfant ont b&#233;n&#233;fici&#233; d'une prise en charge par le 115 de onze nuits d'h&#244;tel. Le lendemain, c'est le retour &#224; la case &#171; rue &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; peine sortie de l'immeuble, &#201;va, tenant son b&#233;b&#233; dans les bras, fond en larmes. Elle raconte en hoquetant le message laiss&#233; par une travailleuse sociale de la Soliha. &lt;i&gt;&#171; Elle dit que ce n'est pas la peine de visiter les appartements si je n'ai pas mes avis d'imposition 2017 et 2018. &#187;&lt;/i&gt; Mireille Dubois tente de l'apaiser, la fait s'asseoir et commande des th&#233;s &#224; la menthe. &lt;i&gt;&#171; On se pose, tu m'expliques, apr&#232;s je vais appeler ma coll&#232;gue, on va essayer de trouver une solution. Tu vas aller chercher les papiers aux imp&#244;ts. Mais tu sais, &#231;a risque de prendre un peu de temps, pour que tu entres r&#233;ellement dans un logement. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assistante sociale d&#233;cide d'accompagner &#201;va au centre des imp&#244;ts d&#232;s son ouverture le lendemain, et d'en profiter pour &#233;crire une fiche SIAO afin d'enclencher la proc&#233;dure. Rendez-vous est pris &#224; 9&#8239;heures, avec en pr&#233;caution une consigne : &lt;i&gt;&#171; &#201;va, tu m'appelles quand tu sors de l'h&#244;tel. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vendredi 14 d&#233;cembre : Fuir le foyer par peur du placement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne se passe comme pr&#233;vu. &#201;va t&#233;l&#233;phone tr&#232;s tardivement pour dire qu'elle fait un aller-retour chez sa grand-m&#232;re pour r&#233;cup&#233;rer un ch&#232;que afin de se payer une chambre d'h&#244;tel. Mireille entre en contact avec la grand-m&#232;re, &#233;change &#233;galement avec l'assistante sociale de la CAF qui assure un suivi de la jeune m&#232;re. Elles cherchent ensemble une solution. Pour pallier l'urgence, Mireille n&#233;gocie avec des h&#244;tels &#171; propres &#187; une baisse de leur tarif, 1 000&#8239;euros le mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; 16 h 30, elle est soulag&#233;e d'apprendre que La Draille, association d'aide aux femmes victimes de violences, propose un h&#233;bergement pour deux semaines, m&#234;me si avec cette r&#233;ponse tardive elle a l'impression d'avoir perdu un temps pr&#233;cieux. Bref, la m&#232;re et la fille sont &#224; l'abri, ce qui devrait permettre d'entreprendre plus sereinement les d&#233;marches pour le logement. Mais finalement, non, &#201;va quitte le foyer apr&#232;s une nuit. &lt;i&gt;&#171; De mes 10 ans &#224; mes 16 ans, j'ai v&#233;cu en foyer. Et ensuite j'ai toujours eu des &#233;ducateurs et des assistantes sociales. Je ne supporte plus d'avoir quelqu'un sur mon dos. L&#224;, il y a une &#233;ducatrice qui est venue dans ma chambre le soir, puis le matin, pour observer comment je m'occupais de ma fille. Je n'aime pas &#231;a, j'ai peur qu'on me la retire, qu'elle soit plac&#233;e, comme moi. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle d&#233;gotte donc un h&#244;tel &#224; 550&#8239;euros le mois, dans une rue historique de la prostitution du centre-ville marseillais. La propret&#233; de la chambre laisse &#224; d&#233;sirer, mais elle est pr&#234;te &#224; se lancer dans un grand m&#233;nage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lundi 17 d&#233;cembre : Le centre des imp&#244;ts&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lundi, &#201;va est tr&#232;s motiv&#233;e pour se rendre aux imp&#244;ts. &lt;i&gt;&#171; En fait, j'ai trop envie de voir cet appartement &#224; la campagne. Depuis que je fais des d&#233;marches&lt;/i&gt; (elle a un Dalo depuis mars 2017, ndlr), &lt;i&gt;je n'ai jamais rien visit&#233;, mon dossier est toujours rejet&#233; avant. L&#224;, Mireille me dit que c'est possible, alors je vais tout faire pour. &#187;&lt;/i&gt; Arriv&#233;e une demi-heure avant l'ouverture, elle fait la queue et son optimisme fond. Partout des affiches indiquent &lt;i&gt;&#171; Aucune attestation ne sera d&#233;livr&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, et renvoient au site internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dame du guichet se montre cependant r&#233;ceptive. &#201;va a l'&#226;ge de son fils, cela aide. Elle lui fait gentiment la morale concernant la d&#233;claration d'imp&#244;ts de 2018, dont elle n'a aucune trace, lui imprime un avis de non-imposition pour 2017, accepte le d&#233;p&#244;t d'une d&#233;claration pour l'ann&#233;e manquante et d&#233;livre une photocopie. Mireille veut croire qu'avec &#231;a le dossier est complet. Rendez-vous est pris pour la premi&#232;re visite d'appartement d'&#201;va, dans un village &#224; une heure de Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Soliha a inform&#233; la jeune femme qu'elle n'est qu'en quatri&#232;me position sur la liste des prioritaires. &lt;i&gt;&#171; M&#234;me si tu n'obtiens pas ce logement, on va y aller, montrer que tu es dynamique dans tes d&#233;marches, et &#231;a va te faire gravir des &#233;chelons dans la liste d'attente. C'est strat&#233;gique. &#187;&lt;/i&gt; &#201;va a retrouv&#233; le sourire, sans comprendre vraiment pourquoi il faut d&#233;ployer une telle &#233;nergie pour obtenir un toit. &lt;i&gt;&#171; Quand je me prom&#232;ne en ville et que je vois tous ces appartements vides, m&#234;me des bureaux, je me dis que je serais tellement bien l&#224;, si seulement on m'ouvrait les portes. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mardi 18 d&#233;cembre : Un appartement &#224; la campagne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cal&#233;e &#224; l'avant de la voiture de Mireille, &#201;va se prend &#224; r&#234;ver. Cet appartement &#224; la campagne pourrait devenir un nouveau point de d&#233;part. Le T2 &#224; 270&#8239;euros ne gr&#232;verait pas trop son budget de 956&#8239;euros mensuels, le RSA parent isol&#233; et une compensation de la pension alimentaire que le p&#232;re, sans ressources, ne peut pas verser. L'assistante sociale profite du voyage pour faire mieux connaissance avec la jeune femme. Elle d&#233;couvre qu'&#201;va a perdu son p&#232;re alors qu'elle ne marchait pas encore. Il est mort du diab&#232;te. &lt;i&gt;&#171; Et toi, tu as la CMU, il va falloir effectuer un bilan de sant&#233;. Et pour l'h&#233;patite C&lt;/i&gt; (contract&#233;e par sa m&#232;re, ndlr), &lt;i&gt;tu as commenc&#233; le traitement ? &#187; &#171; Non, j'attends d'&#234;tre stabilis&#233;e pour me soigner. &#187; &#171; Tu sais, il ne faut pas tra&#238;ner, parce que tu peux avoir des complications, le foie, c'est important. &#187; &#171; J'ai peur d'avoir des effets secondaires, d'avoir un malaise alors que je suis seule avec ma fille. &#187;&lt;/i&gt; Mireille aborde alors la possibilit&#233; d'int&#233;grer un CHRS &#224; la campagne, le temps de r&#233;gler tous ces probl&#232;mes. &lt;i&gt;&#171; &#199;a te permettrait de faire des &#233;conomies pour, par exemple, passer ton permis. &#187;&lt;/i&gt; Justement, &#201;va veut suivre une formation pour devenir aide &#224; domicile et sait qu'il lui faudra &#234;tre mobile dans ce m&#233;tier. L'argument fait donc son chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233;e dans le village, &#201;va est sous le charme. L'appartement se situe pr&#232;s de la mairie, au bord d'un canal. Elle rep&#232;re imm&#233;diatement l'&#233;cole, juste au bout de la rue. La conseill&#232;re en &#233;conomie sociale et familiale de Soliha est &#233;tonn&#233;e de voir la Marseillaise parmi les visiteurs. &lt;i&gt;&#171; Ma responsable ne vous a pas pr&#233;venue qu'il &#233;tait inutile de venir si vous n'aviez pas un dossier complet ? &#187;&lt;/i&gt; Mireille affirme qu'&#201;va a fait toutes les d&#233;marches pour le compl&#233;ter. En d&#233;but de visite, l'assistante sociale raconte la situation de la jeune femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2523 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH291/screenshot_10-9-4505a.png?1694003478' width='500' height='291' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir entendu son histoire, les trois visiteurs prioritaires c&#232;dent leur place et se retirent. Refait &#224; neuf, l'appartement est sombre et ne compte qu'une chambre, mais &#201;va a des &#233;toiles dans les yeux &#224; l'id&#233;e de s'y installer. &lt;i&gt;&#171; Je sens que ma fille serait en s&#233;curit&#233; ici, je signe tout de suite ? &#187;&lt;/i&gt; Commence alors un interrogatoire en r&#232;gle pour d&#233;terminer si elle est bien m&#232;re isol&#233;e, si elle n'a pas d'autres solutions d'h&#233;bergement, si elle d&#233;clare bien tous ses revenus. Puis c'est l'examen des pi&#232;ces du dossier. L&#224;, &#231;a bloque. La d&#233;claration d'imposition d&#233;pos&#233;e la veille ne porte ni tampon, ni signature et n'a donc aucune valeur juridique. &lt;i&gt;&#171; &#199;a ne va pas passer, on est sur du loyer tr&#232;s social dans le priv&#233;, il y a des r&#232;gles strictes. &#187;&lt;/i&gt; &#201;va s'engage &#224; d&#233;ployer toute son &#233;nergie pour obtenir une attestation des imp&#244;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CESF accepte de pr&#233;senter le dossier &#224; sa sup&#233;rieure, mais laisse peu d'espoir sur l'accord de la commission pr&#233;vue d&#233;but janvier. La belle th&#233;orie du logement d'abord explose en vol. De retour vers Marseille, Mireille f&#233;licite &#201;va pour sa t&#233;nacit&#233;, et la pr&#233;pare &#224; un refus, tout en la rassurant sur la possibilit&#233; de trouver d'autres logements, encore mieux. Prochaine visite dans deux jours, cette fois dans les quartiers Nord de Marseille, un 60&#8239;m2 &#224; 550&#8239;euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeudi 20 d&#233;cembre : Rigidit&#233; administrative&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adresse se situe au c&#339;ur d'un &#238;lot villageois proche des commerces, loin des cit&#233;s, ce qui rassure &#201;va. Cette fois, elle est deuxi&#232;me sur la liste d'attente. Moins rassurant, une jeune femme attend d&#233;j&#224; devant la porte, avec dans une poussette un b&#233;b&#233; de quatre mois. Elle vit dans un deux-pi&#232;ces avec six autres personnes, et &lt;i&gt;&#171; &#231;a devient insupportable &#187;&lt;/i&gt;. Orient&#233;e par l'assistante sociale du CCAS de son quartier, c'est elle qui est prioritaire. Puis quatre autres personnes se pr&#233;sentent, toutes ont un besoin urgent de logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le duplex refait &#224; neuf compte deux chambres, un salon et une grande cuisine donnant sur un jardin. Tout le monde le veut. &#201;va se heurte &#224; nouveau &#224; cet avis de non-imposition manquant. Consult&#233;e sur cette rigidit&#233; administrative, Christine Charnay, cheffe de projet d&#233;veloppement innovation sociale de la Soliha Provence, confirme : &lt;i&gt;&#171; lorsqu'on est sur du logement priv&#233; subventionn&#233; par l'Agence nationale de l'habitat (ANAH), donc des loyers conventionn&#233;s, les avis d'imposition N-1 et N-2 sont obligatoires, sinon le dossier est rejet&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Mireille Dubois et l'assistante sociale de la CAF tentent de s'en sortir avec la d&#233;claration des revenus faite &#224; la CAF. Rien n'y fait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le cadre du dispositif Acc&#232;s direct au logement, Mireille vient pourtant de faire entrer un jeune dans un studio de Marseille Habitat, bailleur social de la ville, avec pour seul document une photocopie de carte d'identit&#233;. En l'occurrence, la commission a pris le risque de r&#233;gulariser la situation par la suite, bref d'appliquer le principe du logement d'abord&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vendredi 21 d&#233;cembre : La case CHRS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;va arrive en retard au rendez-vous, et sans son dossier. Il y a une heure de route pour rejoindre le CHRS La Chaumi&#232;re situ&#233; dans un village au nord d'Aix-en-Provence. Mireille en profite pour tenter de remotiver la jeune maman, parfaitement r&#233;ticente. &lt;i&gt;&#171; Je veux un appartement &#224; moi, ma m&#232;re et ma s&#339;ur sont pass&#233;es par ce foyer, &#231;a ne m'inspire pas confiance. &#187;&lt;/i&gt; La discussion tourne alors autour de la n&#233;cessit&#233; de mettre &#224; l'abri la petite fille, qui, depuis sa naissance, n'a jamais eu d'endroit o&#249; se poser r&#233;ellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; peine arriv&#233;e, &#201;va scrute l'alignement de bo&#238;tes aux lettres, heureuse de constater que certaines ne portent pas de nom. L'endroit n'est peut-&#234;tre pas complet. Une assistante sociale la re&#231;oit. Elle lui demande d'expliquer sa situation, ne demande aucun justificatif. Puis elle lui raconte le fonctionnement du CHRS. Si &#201;va vient s'y installer, elle b&#233;n&#233;ficiera de l'accompagnement d'une &#233;quipe pluridisciplinaire (&#233;ducatrice, assistante sociale, &#233;ducatrice de jeunes enfants, conseill&#232;res en insertion professionnelle) pour ses d&#233;marches li&#233;es &#224; l'administratif, &#224; la sant&#233;, &#224; son projet professionnel, &#224; la parentalit&#233;. Il y a m&#234;me une cr&#232;che au sein de l'&#233;tablissement, et une auto-&#233;cole partenaire propose des tarifs adapt&#233;s. Le visage d'&#201;va s'illumine r&#233;ellement quand elle apprend que chaque femme vit de mani&#232;re autonome dans un appartement de 30&#8239;m2 enti&#232;rement &#233;quip&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le collectif de soixante studios, soit au moins 120 personnes, laisse la possibilit&#233; de l'intimit&#233;. La participation financi&#232;re de 20&#8239;% des ressources couvre le logement, la nourriture et la cr&#232;che. Sans contrainte de temps, les r&#233;sidentes ne quittent le lieu qu'apr&#232;s avoir trouv&#233; un logement &#224; leur convenance. De retour vers Marseille, l'id&#233;e de passer par la case foyer n'est plus per&#231;ue comme une &#233;tape de plus dans la gal&#232;re, mais comme une opportunit&#233; de poser les bases d'une nouvelle vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lundi 24 d&#233;cembre : Un toit, pas un logement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Chaumi&#232;re accepte la candidature d'&#201;va, elle et sa fille pourront emm&#233;nager d&#232;s qu'une place se lib&#232;rera. Mais le soulagement c&#232;de la place au doute. &lt;i&gt;&#171; J'irai si je ne trouve pas de logement, mais c'est un peu compliqu&#233; pour moi de revenir &#224; la case foyer. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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