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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Principal de coll&#232;ge ou imam de la R&#233;publique</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>1234</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Coll&#232;ge de France &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec un titre aussi racoleur, on s'attend &#224; un contenu plut&#244;t populiste. Le propos est bien plus mesur&#233;. Si on n'a souvent retenu de ce t&#233;moignage que l'amertume de ce principal d'avoir d&#251; r&#233;orienter, pour le prot&#233;ger, un &#233;l&#232;ve en provenance d'Isra&#235;l, il dit aussi bien d'autres choses. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme cette description du coll&#232;ge Versailles, o&#249; il exer&#231;a un temps, comme un lieu en perdition, oubli&#233;, enkyst&#233; dans une zone impossible &#224; r&#233;habiliter, coinc&#233;e sous l'autoroute A7 qui vomit son flot (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1234-" rel="tag"&gt;1234&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L94xH150/arton7958-29830.jpg?1693476387' width='94' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Coll&#232;ge de France&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un titre aussi racoleur, on s'attend &#224; un contenu plut&#244;t populiste. Le propos est bien plus mesur&#233;. Si on n'a souvent retenu de ce t&#233;moignage que l'amertume de ce principal d'avoir d&#251; r&#233;orienter, pour le prot&#233;ger, un &#233;l&#232;ve en provenance d'Isra&#235;l, il dit aussi bien d'autres choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme cette description du coll&#232;ge Versailles, o&#249; il exer&#231;a un temps, comme un lieu en perdition, oubli&#233;, enkyst&#233; dans une zone impossible &#224; r&#233;habiliter, coinc&#233;e sous l'autoroute A7 qui vomit son flot incessant de voitures et de camions, entre une d&#233;chetterie et un squat de personnes SDF. Cet autre monde qu'il d&#233;crit, personne ne semble s'en pr&#233;occuper. Les enseignants y sont pour la plupart d&#233;butants et pr&#233;caires, affect&#233;s l&#224; contre leur gr&#233;, 30 &#224; 40&#8239;% d'entre eux obtenant leur mutation chaque ann&#233;e. Comme dans un camp de r&#233;fugi&#233;s, une mission l'emporte sur toutes les autres : survivre. Toute relation avec autrui est un rapport de force qui ne laisse aucun espace &#224; l'empathie. Pas une semaine, sans qu'il n'y ait &#233;change de coups entre &#233;l&#232;ves dans la cour, les couloirs ou m&#234;me en salle de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coll&#232;ge constitue une enclave sur un territoire en proie aux trafics. Si les grands fr&#232;res dealers d&#233;fient l'autorit&#233; du coll&#232;ge, c'est paradoxalement &#224; eux que Bernard Ravet s'adressera pour s&#233;curiser les profs en jupe se faisant siffler par des int&#233;gristes. Que ne feraient-il pas pour assurer la s&#233;r&#233;nit&#233; n&#233;cessaire &#224; leur business ? Chaque matin, il se tient devant les grilles de l'&#233;tablissement, pour marquer son territoire. Il fait repeindre chaque mur tagu&#233;. Mais, insidieusement, chacun s'acclimate au bain quotidien d'incivilit&#233;s, d'insultes, de cris et de bousculades. Les &#233;tablissements scolaires sont trop souvent le r&#233;ceptacle des malaises et des souffrances qui n'ont pas d'autres lieux d'expression possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Tr&#233;mintin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Kero, 2017, (236 p. &#8211; 16,90&#8239;&#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; l'&#233;cole de l'autonomie : &#201;preuves et enjeux des dispositifs de deuxi&#232;me chance</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1234-A-l-ecole-de-l-autonomie-Epreuves-et-enjeux-des-dispositifs-de-deuxieme-chance</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>1234</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'&#226;ge de raison &lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me si les cohortes concern&#233;es par le d&#233;crochage scolaire ne repr&#233;sentent plus que 6&#8239;% d'une classe d'&#226;ge (25&#8239;% en 1975), celui-ci est devenue un probl&#232;me social et politique. Les pouvoirs publics ont structur&#233; tout un secteur de formation d&#233;di&#233; aux jeunes sortant d&#233;qualifi&#233;s de l'&#233;ducation nationale. Ce dispositif est financ&#233; par les conseils r&#233;gionaux qui lancent des appels d'offre, fixant les contours et les contenus attendus. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment fonctionnent ces offres de formation ? L'inscription (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L92xH150/arton7959-abd5b.jpg?1693476387' width='92' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#226;ge de raison&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si les cohortes concern&#233;es par le d&#233;crochage scolaire ne repr&#233;sentent plus que 6&#8239;% d'une classe d'&#226;ge (25&#8239;% en 1975), celui-ci est devenue un probl&#232;me social et politique. Les pouvoirs publics ont structur&#233; tout un secteur de formation d&#233;di&#233; aux jeunes sortant d&#233;qualifi&#233;s de l'&#233;ducation nationale. Ce dispositif est financ&#233; par les conseils r&#233;gionaux qui lancent des appels d'offre, fixant les contours et les contenus attendus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment fonctionnent ces offres de formation ? L'inscription n'est pas automatique. Une s&#233;lection s'op&#232;re, destin&#233;e &#224; v&#233;rifier l'ad&#233;quation entre le profil et l'ambition du candidat d'un c&#244;t&#233; et de l'autre, les objectifs et contenus du stage. Ce choix n'est pas seulement tributaire du parcours des postulants. Il est fortement influenc&#233; par les exigences des financeurs qui, attendant un retour sur investissement, conditionnent le renouvellement des actions au taux de sorties positives vers l'emploi. Seule la mission d'insertion sociale et professionnelle est retenue dans les crit&#232;res d'&#233;valuation, pas l'accompagnement &#233;ducatif. Un jeune fortement d&#233;muni en ressources et capitaux culturels doit donc montrer sa motivation et sa capacit&#233; &#224; investir la formation jusqu'au bout, pour avoir des chances d'&#234;tre retenu. Ce qui &#233;carte les plus fragiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les auteurs s'int&#233;ressent plus particuli&#232;rement &#224; deux structures : les &#233;coles de seconde chance (E2C) et les &#201;tablissement pour l'insertion dans l'emploi (Epide). Leur analyse montre les deux fonctions qui &#233;mergent : maintenir les ambitions des jeunes dans le domaine du raisonnable mais aussi promouvoir leur int&#233;gration des valeurs et des normes sociales et professionnelles attendues sur le march&#233; du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Tr&#233;mintin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. L'Harmattan, 2016, (274 p. &#8211; 28&#8239;&#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Th&#233;&#226;tre &#8226; Le th&#233;&#226;tre, une autre forme de lutte</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1234-Theatre-o-Le-theatre-une-autre-forme-de-lutte</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Th&#233;&#226;tre</dc:subject>
		<dc:subject>1234</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le spectacle choral On n'est pas que des valises ! relate l'histoire vraie d'ouvri&#232;res victimes d'un drame contemporain celui d'un capitalisme effr&#233;n&#233;. Entendre les voix de ces femmes en lutte documente le r&#233;el. &lt;br class='autobr' /&gt;
Genevi&#232;ve et ses copines fabriquaient des valises. Sa petite-fille Maeva, 10 ans, nous embarque dans le r&#233;cit de ce conte moderne : l'&#233;pop&#233;e v&#233;cue par les ouvri&#232;res de Samsonite &#224; H&#233;nin-Beaumont dans le Pas-de-Calais. &#171; Ce qui s'est pass&#233; &#224; l'usine de mamie, c'est comme dans un roman policier. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1234-" rel="tag"&gt;1234&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le spectacle choral On n'est pas que des valises ! relate l'histoire vraie d'ouvri&#232;res victimes d'un drame contemporain celui d'un capitalisme effr&#233;n&#233;. Entendre les voix de ces femmes en lutte documente le r&#233;el.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Genevi&#232;ve et ses copines fabriquaient des valises. Sa petite-fille Maeva, 10 ans, nous embarque dans le r&#233;cit de ce conte moderne : l'&#233;pop&#233;e v&#233;cue par les ouvri&#232;res de Samsonite &#224; H&#233;nin-Beaumont dans le Pas-de-Calais. &lt;i&gt;&#171; Ce qui s'est pass&#233; &#224; l'usine de mamie, c'est comme dans un roman policier. C'est une histoire pas croyable ! &#187;&lt;/i&gt; En 2005, l'entreprise am&#233;ricaine vend le site &#224; des repreneurs promettant de fabriquer des panneaux solaires. Pas un ne sortira des ateliers&#8230; En 2007, la faillite de ces &#171; sauveurs &#187; laisse pr&#232;s de deux cents salari&#233;s sur le carreau, sans m&#234;me un plan social. Les ouvri&#232;res d&#233;noncent alors une machination juridico-financi&#232;re. Des ann&#233;es de lutte sociale suivent ces licenciements frauduleux. Cette histoire vraie est l'illustration concr&#232;te, sensible et r&#233;voltante d'une sinistre pratique du lib&#233;ralisme port&#233;e &#224; son paroxysme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De l'usine au th&#233;&#226;tre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sente aux c&#244;t&#233;s des salari&#233;s d&#232;s l'annonce de la fermeture de cette usine, l'auteure et r&#233;alisatrice H&#233;l&#232;ne Desplanques r&#233;alise en 2009 le documentaire &lt;i&gt;Liquidation totale&lt;/i&gt;, qui retrace la premi&#232;re partie du combat de Ren&#233;e, Brigitte, Isabelle et les autres, notamment leur victoire aux prud'hommes, avant l'&#233;pop&#233;e am&#233;ricaine. Lors d'un atelier d'&#233;criture, elle collecte leurs r&#233;cits et deviendront mati&#232;re &#224; th&#233;&#226;tre. Avec la complicit&#233; de la metteuse en sc&#232;ne Marie Liagre, naitra, &#224; l'automne 2016, &lt;i&gt;On n'est pas que des valises !&lt;/i&gt;, un spectacle choral, d'une belle vitalit&#233;, o&#249; les com&#233;diennes jouent leur propre r&#244;le celles de femmes qui sont entr&#233;es dans la lutte, contraintes et forc&#233;es et aujourd'hui fi&#232;res et heureuses de ne pas avoir baisser les bras devant le g&#233;ant am&#233;ricain. Car depuis dix ans, elles se battent devant les juridictions fran&#231;aises et am&#233;ricaines pour prouver que la faillite de leur entreprise &#233;tait organis&#233;e. Depuis deux ans, elle portent un autre combat celui du th&#233;&#226;tre. Apr&#232;s une tourn&#233;e dans la r&#233;gion Nord-Pas-de-Calais et le Festival d'Avignon cet &#233;t&#233;, &lt;i&gt;On n'est pas que des valises !&lt;/i&gt; arrive &#224; Paris, dans le cadre du Focus R&#233;cits de vie, &#224; la Maison des M&#233;tallos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2720 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH296/capture_d_ecran_2021-02-15_a_09.33.58-bf4d1.png?1693476388' width='500' height='296' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Raconte-moi l'histoire &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maeva demande inlassablement &#224; sa grand-m&#232;re : &lt;i&gt;&#171; Mamie, tu me racontes encore l'histoire, quand tes copines et toi, vous avez fait la r&#233;volution ? &#187;&lt;/i&gt; De l'occupation de l'usine au voyage &#224; New-York en passant par le proc&#232;s aux Prud'hommes, les ex-salari&#233;es, devenues com&#233;diennes, rejouent l'histoire. Avec courage et d&#233;termination, elles racontent leur col&#232;re, leur lutte. Les ouvri&#232;res se souviennent de leurs gestes pr&#233;cis avec leurs machines. Leurs corps retrouvent les automatismes d'antan. Paulette se sent comme &lt;i&gt;&#171; une vieille valise cass&#233;e qu'on a mise &#224; la poubelle &#187;&lt;/i&gt;, tandis que l'in&#233;branlable enthousiasme de Brigitte r&#233;siste : &lt;i&gt;&#171; On va pas se laisser faire les filles. On ira jusqu'au bout. On ne va rien l&#226;cher. &#187;&lt;/i&gt; Et toutes de reprendre en ch&#339;ur &lt;i&gt;&#171; Samsonite escros ! &#187;&lt;/i&gt; ou plus tard &lt;i&gt;&#171; Tous ensemble, tous ensemble ! &#187;&lt;/i&gt; Le temps passe mais la rage reste intacte. Sur sc&#232;ne, ces com&#233;diennes r&#233;ussissent &#224; transformer leurs souvenirs douloureux en une force jubilatoire et &#224; d&#233;passer leur propre histoire pour en faire une &#339;uvre artistique. Si le temps de l'usine est fini, celui du th&#233;&#226;tre se poursuit. Pr&#233;servant une m&#233;moire ouvri&#232;re, il raconte une lutte sociale et politique engag&#233;e contre le capitalisme financier, grand pr&#233;dateur d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2721 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH470/capture_d_ecran_2021-02-15_a_09.34.13-f5648.png?1693476388' width='500' height='470' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'est pas que des valises ! &lt;br class='autobr' /&gt;
d'H&#233;l&#232;ne Desplanques, mise en sc&#232;ne Marie Liagre, &lt;br class='autobr' /&gt;
du 20 au 23&#8239;septembre, &#224; la Maison des M&#233;tallos &#224; Paris.&lt;br class='autobr' /&gt;
Projection du documentaire d'H&#233;l&#232;ne Desplanques, &lt;br class='autobr' /&gt;
Liquidation totale, le 22 septembre, &#224; 16h, suivie &lt;br class='autobr' /&gt;
d'une rencontre avec la r&#233;alisatrice, l'avocat Fiodor Rilov &lt;br class='autobr' /&gt;
et des anciennes salari&#233;es de Samsonite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Psychiatrie &#8226; Le droit sous contrainte</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1234-Psychiatrie-o-Le-droit-sous-contrainte</link>
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		<dc:date>2018-09-04T08:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Maladie mentale</dc:subject>
		<dc:subject>Psychiatrie</dc:subject>
		<dc:subject>1234</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le film 12 jours, en voulant illustrer un droit des patients hospitalis&#233;s sans consentement, montre une justice qui semble suivre l'avis des psychiatres. La loi prot&#232;ge pourtant les usagers de la psychiatrie, m&#234;me en p&#233;riode de crise. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Je vous remercie pour cet abus de pouvoir. &#187; Ce lapsus d'un patient film&#233; par Raymond Depardon dans son documentaire 12 jours r&#233;sume assez bien le sentiment que laisse ce film. Tourn&#233; &#224; l'h&#244;pital psychiatrique du Vinatier pr&#232;s de Lyon, il illustre l'application de la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1234-" rel="tag"&gt;1234&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le film 12 jours, en voulant illustrer un droit des patients hospitalis&#233;s sans consentement, montre une justice qui semble suivre l'avis des psychiatres. La loi prot&#232;ge pourtant les usagers de la psychiatrie, m&#234;me en p&#233;riode de crise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Je vous remercie pour cet abus de pouvoir. &#187; &lt;/i&gt; Ce lapsus d'un patient film&#233; par Raymond Depardon dans son documentaire 12 jours r&#233;sume assez bien le sentiment que laisse ce film. Tourn&#233; &#224; l'h&#244;pital psychiatrique du Vinatier pr&#232;s de Lyon, il illustre l'application de la loi du 27 septembre 2013 sur les hospitalisations sans consentement. Elle pr&#233;voit qu'un juge des libert&#233;s et de la d&#233;tention auditionne dans un d&#233;lai de douze jours toute personne intern&#233;e &#224; la demande d'un tiers afin d'examiner le bien-fond&#233; de son hospitalisation et de sa prolongation, en pr&#233;sence d'un avocat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur a film&#233; soixante-douze auditions et a choisi d'en conserver dix. Pour chacune, la mainlev&#233;e de l'hospitalisation a &#233;t&#233; refus&#233;e. Ce choix laisse penser que le juridique ent&#233;rine syst&#233;matiquement l'avis m&#233;dical. Or les patients en psychiatrie ont des droits, et 9&#8239;% de ces comparutions d&#233;bouchent sur une sortie de l'h&#244;pital. &lt;i&gt;&#171; Ces audiences sont ouvertes au public, les proches ou les professionnels qui accompagnent les personnes hospitalis&#233;es peuvent donc y assister et peser sur la d&#233;cision finale&lt;/i&gt;, explique Pauline Rhenter, sociologue et fondatrice de PADUPP (1) association marseillaise de lutte pour l'acc&#232;s aux droits des usagers de la psychiatrie. &lt;i&gt;Les juges signent des sorties, s'ils savent qu'il y a des garanties de suivis en dehors de l'h&#244;pital. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2015, la France comptait 3&#8239;millions de personnes suivies en psychiatrie, 450 000 &#233;taient hospitalis&#233;es, et 92 000 avaient subi une proc&#233;dure de soin sans consentement (2). Dans son rapport publi&#233; en mai 2018, la Contr&#244;leure g&#233;n&#233;rale des lieux de privation de libert&#233;, Adeline Hazan, alertait sur l'augmentation de ces hospitalisations sous contrainte et sur les abus qu'elles pouvaient engendrer. &lt;i&gt;&#171; Les dysfonctionnements que nous avons rep&#233;r&#233;s, c'est toujours une information des patients qui laissent &#224; d&#233;sirer&lt;/i&gt;, pr&#233;cise-t-elle devant la Commission des lois en novembre 2017. &lt;i&gt;De plus, la vie quotidienne de ces personnes est r&#233;gie par une s&#233;rie d'interdits qui ne sont pas toujours justifi&#233;s et qui diff&#232;rent d'un h&#244;pital &#224; l'autre, voire d'un service &#224; l'autre. C'est-&#224;-dire qu'elles d&#233;pendent des choix du chef de service, par exemple avec une m&#234;me pathologie en fonction de l&#224; o&#249; l'on est hospitalis&#233;, on va &#234;tre soumis &#224; l'isolement et &#224; la contention, ou pas. &#199;a pose un probl&#232;me d'&#233;galit&#233; des droits sur le territoire et de justification de ces mesures. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PADDUP et pas toujours&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les h&#244;pitaux psychiatriques ne devraient pourtant pas &#234;tre des zones livr&#233;es &#224; l'arbitraire. Les usagers de la psychiatrie jouissent des m&#234;mes protections l&#233;gales que l'ensemble des patients, m&#234;me si leur pathologie engendre une difficult&#233; suppl&#233;mentaire &#224; les faire respecter. &lt;i&gt;&#171; Non seulement les personnes concern&#233;es connaissent mal leurs droits, mais leurs revendications peuvent vite &#234;tre associ&#233;es aux sympt&#244;mes&lt;/i&gt;, constate Pauline Rhenter. &lt;i&gt;Pourtant ces gens n'ont pas une capacit&#233; de consentement alt&#233;r&#233;e en permanence. &#187;&lt;/i&gt; En partenariat avec l'Observatoire du droit des usagers (ODU) et l'association d'Autosupport des usagers de drogue (ASUD), PADDUP organise donc des ateliers d'autod&#233;fense juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier levier pour acc&#233;der &#224; ses droits consiste &#224; d&#233;signer une personne de confiance. Elle peut accompagner &#224; tout moment des soins, qu'ils soient somatiques ou psychiatriques, en hospitalisation ou en ambulatoire. Ce mandat a &#233;t&#233; reconnu par un arr&#234;t du Conseil d'&#201;tat du 26 septembre 2005 avant d'&#234;tre consacr&#233;e par la Haute autorit&#233; de sant&#233; : &#171; Toute personne majeure peut d&#233;signer une personne de confiance qui peut &#234;tre un parent, un proche ou le m&#233;decin traitant, et qui sera consult&#233;e au cas o&#249; elle-m&#234;me serait hors d'&#233;tat d'exprimer sa volont&#233; et de recevoir l'information n&#233;cessaire &#224; cette fin. Cette d&#233;signation est faite par &#233;crit. Elle est r&#233;vocable &#224; tout moment. Si le malade le souhaite, la personne de confiance l'accompagne dans ses d&#233;marches et assiste aux entretiens m&#233;dicaux afin de l'aider dans ses d&#233;cisions. Le secret m&#233;dical est dans ce cas partag&#233;. Cependant le secret m&#233;dical demeure si le patient souhaite que certaines informations demeurent secr&#232;tes. Le but est d'aider le patient &#224; choisir le traitement le mieux appropri&#233; au regard de ses convictions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;diation d'un tiers r&#233;&#233;quilibre la vuln&#233;rabilit&#233; face au corps m&#233;dical, reste &#224; savoir comment informer les services que l'on a d&#233;sign&#233; une personne de confiance. &lt;i&gt;&#171; On peut imaginer former les soignants, pour qu'ils posent syst&#233;matiquement la question&lt;/i&gt;, propose la militante de PADUPP. &lt;i&gt;Il y a aussi la possibilit&#233; d'avoir toujours sur soi la d&#233;signation &#233;crite. &#187;&lt;/i&gt; Ce r&#233;f&#233;rent n'a pas le droit d'acc&#232;s direct au dossier m&#233;dical du patient, mais peut l'accompagner dans sa demande pour le consulter comme pr&#233;vu par la loi relative aux droits des malades et &#224; la qualit&#233; du syst&#232;me m&#233;dical du 4 mars 2002. Con&#231;u comme un droit fondamental, l'acc&#232;s de chacun aux donn&#233;es de sant&#233; le concernant ne conna&#238;t aucune limite, sinon celle de la capacit&#233; de son titulaire &#224; exercer personnellement ses droits. Un dossier de moins de cinq ans doit &#234;tre fourni dans les huit jours apr&#232;s r&#233;ception de la demande, deux mois pour les plus vieux. En r&#233;alit&#233;, les patients se heurtent r&#233;guli&#232;rement &#224; des difficult&#233;s, par exemple le fait de devoir payer les photocopies lorsqu'ils obtiennent le droit de consulter leur dossier et qu'ils veulent emporter une copie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2723 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH510/capture_d_ecran_2021-02-15_a_09.51.37-64223.png?1693476389' width='500' height='510' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; &#192; Nancy, l'unit&#233; de soins prot&#233;g&#233;s Philia accueille des patients en hospitalisation compl&#232;te en soins sous contraintes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un texte de loi sans &#233;quivoque&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les faits, l'application du droit des patients est jalonn&#233;e de distorsions entre la th&#233;orie et la pratique, d'autant plus en psychiatrie. Selon le code de la sant&#233; publique, &lt;i&gt;&#171; aucun acte m&#233;dical et aucun traitement ne peut &#234;tre pratiqu&#233; sans le consentement libre et &#233;clair&#233; de la personne et ce consentement peut &#234;tre retir&#233; &#224; tout moment &#187;&lt;/i&gt;. Or comment un patient peut-il contester un recours &#224; la contention ou une mise &#224; l'isolement, quand justement il est priv&#233; de sa libert&#233; d'action ? La loi est pourtant sans &#233;quivoque : &lt;i&gt;&#171; l'isolement et la contention sont des pratiques de dernier recours. Il ne peut y &#234;tre proc&#233;d&#233; que pour pr&#233;venir un dommage imm&#233;diat ou imminent pour le patient ou autrui, sur d&#233;cision d'un psychiatre, prise pour une dur&#233;e limit&#233;e. Leur mise en &#339;uvre doit faire l'objet d'une surveillance stricte confi&#233;e par l'&#233;tablissement &#224; des professionnels de sant&#233; d&#233;sign&#233;s &#224; cette fin. De plus, les patients en hospitalisation libre ne peuvent en aucun cas &#234;tre install&#233;s dans les services ferm&#233;s &#224; clef ni a fortiori dans des chambres verrouill&#233;es. L'atteinte &#224; la libert&#233; d'aller et venir librement ne peut se r&#233;aliser que pour des raisons tenant &#224; la s&#233;curit&#233; du malade et sur indications m&#233;dicales. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Marseille, PADDUP est en pleine n&#233;gociation avec des h&#244;pitaux psychiatriques pour informer les patients de leurs droits au sein des services. Cette proposition est accueillie plus ou moins fra&#238;chement en fonction des &#233;quipes. N&#233;anmoins certaines acceptent cette prise de risque, et n&#233;gocient les modalit&#233;s d'intervention de l'association. &lt;i&gt;&#171; Nous ne sommes ni anti m&#233;dicament, ni anti psychiatrie, nous tenons simplement &#224; rappeler que les patients ont le choix et le droit de le faire valoir,&lt;/i&gt; souligne Pauline Rhenter, qui tente le concours du Barreau. &lt;i&gt;L'acc&#232;s au droit en psychiatrie suppose un accompagnement, mais nous ne sommes pas et nous n'avons pas les moyens d'&#234;tre un guichet social. Nous assurons une fonction de conseil, nous ouvrons des pistes de r&#233;flexion sur des alternatives. Par exemple &#224; Lille, les m&#233;decins g&#233;n&#233;ralistes sont associ&#233;s au suivi des patients. La prise en charge est ainsi r&#233;partie sur d'autres acteurs, hors psychiatrie. Faute de service en amont, la psychiatrie assume de nombreuses fonctions &#187;&lt;/i&gt;. Or, selon elle, cette derni&#232;re ne peut pas pallier le manque de travail, d'argent, de logement ou de lien social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;(1)	Pour l'acc&#232;s aux droits des usagers de la psychiatrie &lt;br class='autobr' /&gt; et des produits psychoactifs.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2)	Les soins sans consentement en psychiatrie : bilan &lt;br class='autobr' /&gt; apr&#232;s quatre ann&#233;es de mise en oeuvre de la loi du 5 juillet 2011 &lt;br class='autobr' /&gt; par Coldefy M. (Irdes), Fernandes S. (ORU-Paca, Universit&#233; &lt;br class='autobr' /&gt; Aix-Marseille), avec la collaboration de Lapalus D. (ARS Paca).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sant&#233; &#8226; Une r&#233;volution de ch&#226;teau</title>
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		<dc:date>2018-09-04T08:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Sant&#233; communautaire</dc:subject>
		<dc:subject>1234</dc:subject>

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&lt;p&gt;Dans les quartiers Nord de Marseille, un centre de sant&#233; participatif vient d'ouvrir, co-construit avec les habitants. Son fonctionnement &#233;voluera en fonction des besoins et d&#233;sirs des diff&#233;rentes parties prenantes du projet : usagers, centres sociaux, associations, professionnels du territoire et repr&#233;sentants locaux des institutions. &lt;br class='autobr' /&gt;
Plant&#233;e au milieu des barres d'immeubles du quartier Kalliste, la bastide de 1870 tient du bijou, dans un &#233;crin de b&#233;ton typique du nord de Marseille. Autour, les (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1234-" rel="tag"&gt;1234&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans les quartiers Nord de Marseille, un centre de sant&#233; participatif vient d'ouvrir, co-construit avec les habitants. Son fonctionnement &#233;voluera en fonction des besoins et d&#233;sirs des diff&#233;rentes parties prenantes du projet : usagers, centres sociaux, associations, professionnels du territoire et repr&#233;sentants locaux des institutions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Plant&#233;e au milieu des barres d'immeubles du quartier Kalliste, la bastide de 1870 tient du bijou, dans un &#233;crin de b&#233;ton typique du nord de Marseille. Autour, les copropri&#233;t&#233;s abandonn&#233;es par leurs propri&#233;taires concentrent tous les maux d'une des villes les plus pauvres de France : ch&#244;mage, monoparentalit&#233;, &#233;conomie parall&#232;le, d&#233;scolarisation, habitat insalubre, surendettement, renoncement aux droits. Gard&#233;e par deux molosses, la villa Valcorme &#233;tait jusqu'&#224; pr&#233;sent per&#231;ue comme une zone interdite. Les riverains l'imaginaient hant&#233;e et la surnommaient le &#171; ch&#226;teau &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le 2&#8239;janvier 2018, ce lieu est devenu le leur. Accueillant un centre de sant&#233; participatif, il s'appelle d&#233;sormais le Ch&#226;teau en sant&#233;. Il aura fallu sept ans de pr&#233;paration et l'acharnement d'un collectif de m&#233;decins et d'infirmiers pour parvenir &#224; cr&#233;er cet oasis de soins au c&#339;ur d'un d&#233;sert m&#233;dical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2728 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L350xH288/capture_d_ecran_2021-02-16_a_08.33.40-bacb5.png?1693476389' width='350' height='288' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;Destin&#233; aux habitants des quartiers voisins, le centre de sant&#233; est port&#233; par une association &#224; but non lucratif. &lt;i&gt;&#171; Nous &#233;tions un groupe de professionnels issus de l'humanitaire et nous portions un regard tr&#232;s critique sur le syst&#232;me de sant&#233; classique&lt;/i&gt;, explique Christophe Roux, infirmier. &lt;i&gt;&#192; force de critiquer, nous avons voulu cr&#233;er un espace diff&#233;rent. Nous avons cibl&#233; ce territoire, d&#233;sign&#233; par une enqu&#234;te de l'Observatoire r&#233;gional de sant&#233; comme le pire de Marseille en terme d'acc&#232;s aux soins. &#187;&lt;/i&gt; Pour huit mille habitants, trois m&#233;decins g&#233;n&#233;ralistes proposaient un &#233;quivalent temps plein. Pour beaucoup, la m&#233;decine se r&#233;sumait aux urgences de l'H&#244;pital Nord. L'absence de suivi m&#233;dical et les ruptures de soins sont donc la r&#232;gle. Comptant douze salari&#233;s, neuf &#233;quivalents temps pleins, le centre de sant&#233; apporte une premi&#232;re r&#233;ponse avec trois m&#233;decins g&#233;n&#233;ralistes dont deux gyn&#233;cologues, deux infirmiers, deux orthophonistes, une assistante sociale, une m&#233;diatrice sant&#233;, une accueillante aide m&#233;dicale, un gestionnaire et une agent d'entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec son mur orange &#233;gay&#233; de dessins d'enfants, ses jeux et ses livres, son poste Internet, le caf&#233; ou le th&#233; offert, et surtout, le sourire chaleureux de la m&#233;diatrice de sant&#233; Fatima Ayouba, la salle d'attente invite &#224; l'&#233;change. &lt;i&gt;&#171; Vu comme on est bien re&#231;u, je vais venir tous les jours, s'amuse une maman. C'est surtout qu'avant je devais prendre trois bus pour amener ma fille chez l'orthophoniste, maintenant je viens &#224; pied. &#187;&lt;/i&gt; La n&#233;cessit&#233; de proposer de l'orthophonie a &#233;merg&#233; des concertations men&#233;es, avant l'ouverture, aupr&#232;s des &#233;coles. Dans les quartiers populaires les besoins sont criants, mais les praticiens se concentrent dans les quartiers chics. Il y a d'ailleurs d&#233;j&#224; une liste d'attente pour une centaine d'enfants. Cette proposition a amen&#233; les m&#232;res &#224; consulter &#224; leur tour. La pr&#233;sence des deux g&#233;n&#233;ralistes gyn&#233;cologues r&#233;pond aussi &#224; un manque, d'autant que ces consultations sont accompagn&#233;es par des traductrices en comorien, turc et arabe.&lt;i&gt; &#171; Sans traducteur m&#233;dical, un tiers qui ne soit pas de la famille, les gens ne b&#233;n&#233;ficiaient pas de soin de qualit&#233;&lt;/i&gt;, constate Edwige Poutot, g&#233;n&#233;raliste et gyn&#233;cologue. &lt;i&gt;L'interpr&#233;tariat sur place est une ouverture qui permet enfin de poser des questions, de comprendre &#224; quoi correspond un traitement. Au niveau de la pr&#233;vention, il est certain que &#231;a a un impact. &#187;&lt;/i&gt; Intrigu&#233;e par une batterie de tests amen&#233;es par une femme, un m&#233;decin a d&#233;couvert qu'elle avait profit&#233; d'un voyage en Turquie pour les r&#233;aliser. Cela faisait huit ans qu'elle n'avait pas parl&#233; &#224; un m&#233;decin qui la comprenait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2729 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH242/capture_d_ecran_2021-02-16_a_08.33.57-39cc3.png?1693476389' width='500' height='242' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le temps des &#233;changes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gratuit&#233; sert &#233;galement la pr&#233;vention. &lt;i&gt;&#171; Dans ces familles tr&#232;s pr&#233;caires, l'impossibilit&#233; d'avancer le tiers payant am&#232;ne &#224; renoncer au soin&lt;/i&gt;, observe Meral Gokmen, aide-soignante charg&#233;e de l'accueil au Ch&#226;teau apr&#232;s des ann&#233;es d'exp&#233;rience aux urgences. &lt;i&gt;Ici, on rencontre des gens qui reprennent un parcours de soin et, s'ils n'ont pas de droits ouverts, on d&#233;bloque les situations gr&#226;ce &#224; l'assistante sociale. Il y a une &#233;coute, les gens se sentent consid&#233;r&#233;s, ils reprennent confiance en eux, et &#231;a leur permet d&#233;j&#224; d'aller mieux. J'aime cette approche globale et sociale de l'accompagnement &#224; la sant&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Cette d&#233;marche repose sur l'exercice pluridisciplinaire qui permet de croiser les regards et les comp&#233;tences, et sur la pratique de la consultation longue.&lt;i&gt; &#171; Ici, je parle librement&lt;/i&gt;, raconte Abiba tout en buvant son th&#233;. &lt;i&gt;Je ne ressens pas de barri&#232;re avec ces m&#233;decins. Je vais changer de r&#233;f&#233;rent, alors qu'avant, j'avais peur de cet endroit. &#187;&lt;/i&gt; En lieu et place des fant&#244;mes entretenus dans l'imaginaire populaire, la population rencontre des professionnels qui questionnent, &#233;coutent, laissent &#233;merger des probl&#233;matiques complexes et expliquent. &lt;i&gt;&#171; Nous ne r&#233;pondons pas syst&#233;matiquement &#224; la premi&#232;re demande, ce qui n'est pas toujours facile, surtout pour les hommes&lt;/i&gt;, analyse Julien Sal&#233;, g&#233;n&#233;raliste. &lt;i&gt;Mais dire que nous avons le temps permet de d&#233;passer le sympt&#244;me. Les m&#232;res racontent leur tristesse, leur fatigue, le sentiment d'&#234;tre submerg&#233;es, la violence conjugale. Il y a plein de probl&#232;mes qui ne rel&#232;vent pas de la maladie, comme la col&#232;re ou l'&#233;puisement. C'est d&#233;j&#224; un travail de verbaliser et passer du temps avec Fatima, se sentir soutenu, rencontrer d'autres gens, c'est d&#233;j&#224; une &#233;tape pour se sentir mieux. On fait une partie du boulot, ensuite il faut solidifier notre r&#233;seau pour orienter au mieux. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2730 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L400xH278/capture_d_ecran_2021-02-16_a_08.34.14-f0740.png?1693476389' width='400' height='278' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;Avant l'arriv&#233;e du Ch&#226;teau en sant&#233;, les centres sociaux ont eu &#224; porter l'&#233;ducation th&#233;rapeutique sur le territoire. La nouvelle &#233;quipe s'interroge donc sur la mani&#232;re de travailler la dimension collective, sans avoir l'air de dire &lt;i&gt;&#171; la sant&#233; c'est nous, occupez-vous du loisir et de la culture &#187;.&lt;/i&gt; L'appropriation est n&#233;anmoins en bonne voie. Fin avril, les femmes du quartier se sont saisies de l'organisation de l'inauguration. D&#233;coration, repas, visite&#8230; accompagn&#233;es par Fatima, la m&#233;diatrice et habitante du quartier, elles se sont senties chez elles pour offrir une f&#234;te aux visiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ducatrice de rue du secteur utilise la salle de r&#233;union quand n&#233;cessaire. Des jeunes en chantiers &#233;ducatifs ont particip&#233; aux travaux d'avant ouverture. La Cimade a pu y installer une permanence juridique lors de l'&#233;vacuation d'une des tours voisines, o&#249; des personnes exil&#233;es avaient trouv&#233; refuge. L'interaction avec le territoire est d&#233;j&#224; tangible, mais l'&#233;mergence du participatif et des temps collectifs cherche encore un mod&#232;le &#233;conomique. Trois projets sont en attente de financements. Des ateliers &#171; jouer autrement &#187; accompagn&#233;s par les orthophonistes, un travail sur l'acc&#232;s &#224; la sant&#233; pour les femmes avec des traducteurs, et une recherche action sur l'am&#233;lioration de l'habitat en documentant les observations de l'&#233;quipe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Soins et suivi social&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res tentatives de partage de savoirs et d'exp&#233;rience prennent la forme d'une bo&#238;te &#224; id&#233;es, et d'un panneau interrogeant les patients sur leurs trucs et astuces pour soigner le rhume. Curieusement, les infusions y sont &#224; l'honneur, ce qui n'est pas forc&#233;ment le cas en consultation. &lt;i&gt;&#171; Nous sommes prudents avec les m&#233;dicaments et critiques sur le pouvoir des laboratoires&lt;/i&gt;, soulignent Julien Sal&#233;. &lt;i&gt;Le rhume, &#231;a se soigne avec du s&#233;rum physiologique et du Doliprane, et non avec des cortico&#239;des ou des antibiotiques. Mais aligner des m&#233;dicaments, &#231;a prend cinq minutes, et c'est une reconnaissance de la maladie. En plus, m&#234;me si &#231;a passe en quatre jours, donner un sirop contre la toux, &#231;a permet &#224; l'enfant et aux parents de dormir, ce qui &#233;vite le stress du manque de sommeil. On se demande si on n'est pas un peu durs, donc on prend le temps d'expliquer ce qu'est un rhume, ce qu'est un m&#233;dicament, et on trouve un consensus avec les patients. On en a perdu avec cette m&#233;thode. Pour moi, si personne n'a dit prendre des m&#233;dicaments pour soigner un rhume, c'est qu'ils ont voulu nous faire plaisir, et c'est un peu un &#233;chec. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre mois apr&#232;s son ouverture, le Ch&#226;teau en sant&#233; a re&#231;u quatre cent quarante-deux personnes. Le bouche-&#224;-oreille fait son effet. La pharmacie, les centres sociaux, le centre d'accueil de demandeurs d'asile et les laboratoires d'analyses lui orientent des familles. Le d&#233;fi reste de ne pas devenir un cabinet m&#233;dical lambda, mais un espace de r&#233;flexion sur la sant&#233; et le &#171; prendre soin &#187;. &lt;i&gt;&#171; Nous savions que nous allions r&#233;soudre pleins de probl&#232;mes, mais pas tous&lt;/i&gt;, t&#233;moigne Christophe Roux. &lt;i&gt;On essaie d'&#234;tre une coquille vide qui va &#234;tre remplie par les habitants. Notre objectif est de voir les patients intervenir sur les besoins en sant&#233; du territoire, sur le fonctionnement de la structure, sur les moyens de favoriser l'acc&#232;s aux soins et de lutter contre les in&#233;galit&#233;s sociales de sant&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Pour l'instant, l'assistante sociale pare au plus urgent deux jours par semaine. &lt;i&gt;&#171; C'est hyper g&#233;n&#233;raliste comme travail,&lt;/i&gt; constate Carolina Moyano dont le poste est financ&#233; par le conseil d&#233;partemental. &lt;i&gt;L'entr&#233;e, c'est l'acc&#232;s aux droits sant&#233;, mais j'interviens sur des probl&#233;matiques de logement, d'allocations familiales, de s&#233;jour, ou encore pour l'ouverture d'une bo&#238;te mail. Le territoire a &#233;t&#233; abandonn&#233; par les services sociaux, il n'y a plus de permanence de P&#244;le emploi, plus de Maison d&#233;partementale de solidarit&#233;. Je suis en lien &#233;troit avec les centres sociaux et je d&#233;veloppe les partenariats en faisant de l'accompagnement physique si n&#233;cessaire. Je ne peux pas travailler seule, j'oriente beaucoup. Il n'y a ni doublon, ni r&#233;cup&#233;ration du public, on cherche &#224; s'inscrire dans le territoire comme des nouveaux partenaires. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2731 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH239/capture_d_ecran_2021-02-16_a_08.34.40-e4e9f.png?1693476389' width='500' height='239' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;dit photos : M. L&#233;on&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ecole &#8226; Que faire des &#233;l&#232;ves qui d&#233;crochent ?</title>
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		<dc:date>2018-09-04T08:30:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>&#201;cole</dc:subject>
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&lt;p&gt;Le d&#233;crochage scolaire est une probl&#233;matique vieille comme l'&#233;cole. Plusieurs dispositifs ont &#233;t&#233; mis en place, plusieurs &#233;tudes men&#233;es, plusieurs conclusions tir&#233;es. En voici quelques unes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des difficult&#233;s scolaires pr&#233;coces accumul&#233;es d&#232;s l'&#233;cole primaire se traduisent toujours par des exp&#233;riences n&#233;gatives. L'&#233;l&#232;ve manifeste son mal-&#234;tre soit par des probl&#232;mes de comportement, soit par un blocage des apprentissages, soit les deux &#224; la fois. Confront&#233; &#224; l'image n&#233;gative qui lui est renvoy&#233;e, l'enfant peut (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;crochage scolaire est une probl&#233;matique vieille comme l'&#233;cole. Plusieurs dispositifs ont &#233;t&#233; mis en place, plusieurs &#233;tudes men&#233;es, plusieurs conclusions tir&#233;es. En voici quelques unes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Des difficult&#233;s scolaires pr&#233;coces accumul&#233;es d&#232;s l'&#233;cole primaire se traduisent toujours par des exp&#233;riences n&#233;gatives. L'&#233;l&#232;ve manifeste son mal-&#234;tre soit par des probl&#232;mes de comportement, soit par un blocage des apprentissages, soit les deux &#224; la fois. Confront&#233; &#224; l'image n&#233;gative qui lui est renvoy&#233;e, l'enfant peut s'inscrire dans un absent&#233;isme larv&#233; au coll&#232;ge pouvant se terminer par un v&#233;ritable d&#233;crochage. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a alors inach&#232;vement d'une norme de scolarit&#233; : l'&#233;l&#232;ve ne termine pas le cycle dans lequel il s'&#233;tait engag&#233; et n'acquiert pas la qualification qu'il pr&#233;parait. Parce qu'il d&#233;sinvestit l'&#233;cole bien avant, n'y venant que partiellement ou plus du tout, ou parce qu'il n'obtient pas le dipl&#244;me cens&#233; sanctionner sa formation. Ce qui &#233;tait banal &#224; une &#233;poque &#8211; o&#249; les comp&#233;tences lire/&#233;crire/compter suffisaient pour trouver un emploi &#8211; ne l'est plus aujourd'hui, alors que le march&#233; du travail r&#233;clame de plus en plus de qualifications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette probl&#233;matique est n&#233;e aux USA dans les ann&#233;es 1960, avant de devenir internationale. L'Europe ne s'en est vraiment empar&#233;e qu'&#224; partir de la Strat&#233;gie de Lisbonne, &#233;labor&#233;e les 23 et 24 mars 2000, fixant &#224; 2020 la date &#224; laquelle chaque &#201;tat membre devrait avoir atteint moins de 10&#8239;% de jeunes de 18 &#224; 24 ans ayant quitt&#233; pr&#233;matur&#233;ment le syst&#232;me d'&#233;ducation et de formation. La France avait fait &#339;uvre pionni&#232;re, d&#232;s 1982, en appliquant les pr&#233;conisations du rapport Bertrand Schwartz qui pr&#233;sidera &#224; la cr&#233;ation des Missions locales d&#233;di&#233;es aux sortants de l'&#233;cole sans dipl&#244;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;ducation nationale se mobilisera plus tardivement, consid&#233;rant longtemps qu'elle faisait son travail jusqu'&#224; 16 ans et qu'au-del&#224;, cette question relevait du minist&#232;re du travail. Ce sont en fait les &#233;meutes de 2005 qui vont provoquer l'acc&#233;l&#233;ration de la prise de conscience, le d&#233;crochage &#233;tant identifi&#233; comme l'une de ses sources : la partie de la jeunesse qui se sent exclue ne peut qu'&#234;tre tent&#233;e par la r&#233;volte contre une soci&#233;t&#233; discriminante. C'est cette conviction qui gagne les autorit&#233;s publiques et les convainc de se mobiliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, de quels outils dispose le travailleur social quand il est confront&#233; &#224; une situation d'&#233;chec scolaire, pour pr&#233;venir et accompagner le d&#233;crochage ? La pr&#233;vention &#233;tant toujours plus efficace que le curatif, tout ce qui intervient en amont, d&#232;s l'&#233;cole maternelle et primaire, est positif. M&#234;me s'il ne concerne que 8&#8239;% des &#233;l&#232;ves (relevant d'une zone d'&#233;ducation prioritaire), le d&#233;doublement des CP intervenu d&#232;s septembre 2017 a constitu&#233; une heureuse initiative. Car c'est tr&#232;s t&#244;t qu'on peut identifier les &#233;l&#232;ves rencontrant des difficult&#233;s scolaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;quipes p&#233;dagogiques t&#226;chent de leur apporter les r&#233;ponses les plus appropri&#233;es. De la maternelle au CM2, elles peuvent faire appel aux r&#233;seaux d'aide aux &#233;l&#232;ves en difficult&#233; (RASED) qui, depuis 2009, proposent une aide p&#233;dagogique (s'approprier et mieux ma&#238;triser ses m&#233;thodes de travail), une aide r&#233;&#233;ducative (travailler sur l'investissement scolaire) ou un accompagnement psychologique (se centrant sur les troubles de l'apprentissage). Enseignants sp&#233;cialis&#233;s et psychologues scolaires prennent l'&#233;l&#232;ve en charge, en accord avec son ma&#238;tre, sur le temps de classe, mais en dehors d'elle. Sous le quinquennat Sarkozy, les RASED ont vu leurs effectifs fondre d'un tiers, passant de pr&#232;s de 15 000 personnels en 2007 &#224; 10 000 en 2013. Ce qui a r&#233;duit d'autant leur capacit&#233; d'intervention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois sa journ&#233;e d'&#233;cole termin&#233;e, vient pour l'enfant le temps du travail scolaire &#224; la maison. De nombreuses associations proposent de l'aide aux devoirs, anim&#233;e par des b&#233;n&#233;voles deux ou trois fois par semaine. En-dehors des probl&#233;matiques li&#233;es au handicap, il existe tr&#232;s peu de structures sp&#233;cialis&#233;es prenant en charge des enfants d'&#226;ge primaire sur la base de m&#233;thodes p&#233;dagogiques alternatives, adapt&#233;es, personnalis&#233;es et coop&#233;ratives. La Fondation d'Auteuil fait exception en proposant 140 &#233;tablissements dont l'originalit&#233; ne tient pas tant dans ses formations professionnelles de lyc&#233;e que la scolarisation en internat qu'elle propose non seulement en coll&#232;ge, mais aussi en primaire et en maternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vivre diff&#233;remment le coll&#232;ge&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;chec scolaire se cristallise bien plus avec le passage au coll&#232;ge. L'&#201;ducation nationale a, par le pass&#233;, tent&#233; de r&#233;pondre &#224; ces difficult&#233;s, en exp&#233;rimentant de multiples dispositifs adapt&#233;s. Ils ont v&#233;cu quelques ann&#233;es, avant de dispara&#238;tre totalement et partiellement, laissant place &#224; 6&#232;me/5&#232;me en trois ans ou encore &#224; la quatri&#232;me d'aide et de soutien permettant de r&#233;int&#233;grer une quatri&#232;me classique ou une troisi&#232;me d'insertion (consacr&#233;e &#224; travers une douzaine de stages dans l'ann&#233;e &#224; la recherche d'un apprentissage).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois dispositifs ont toutefois surv&#233;cu &#224; la succession des ministres, chacun ayant la manie de d&#233;faire ce que son pr&#233;d&#233;cesseur a &#233;labor&#233; ou d'en changer la d&#233;nomination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ordre d'apparition, ce sont les Sections d'enseignement g&#233;n&#233;ral adapt&#233; (SEGPA), succ&#233;dant en 1996 aux Sections d'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e, qui assurent la scolarisation de la 6&#232;me &#224; la 3&#232;me des &#233;l&#232;ves ne ma&#238;trisant pas les comp&#233;tences de fin d'&#233;cole primaire. Autre dispositif, les ateliers ou classes relais qui proposent, &#224; partir de 1998, un accueil provisoire pour 6 &#224; 12 coll&#233;giens en risque de marginalisation scolaire : manquements graves et r&#233;p&#233;t&#233;s au r&#232;glement int&#233;rieur, absent&#233;isme chronique non justifi&#233;, d&#233;motivation profonde dans les apprentissages. L'&#233;l&#232;ve reste affect&#233; &#224; son coll&#232;ge d'origine et y retourne &#224; l'issue de la session. L'&#233;quipe p&#233;dagogique qui anime ce dispositif est souvent mixte, articulant des enseignants, des animateurs issus du monde associatif et des &#233;ducateurs de la Protection judiciaire de la jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'&#171; &#201;cole ouverte &#187;, lanc&#233;e en 2011, qui propose des activit&#233;s &#233;ducatives qui peuvent &#234;tre aussi bien ludiques, culturelles que sportives, mais aussi des rem&#233;diations scolaires durant les cong&#233;s, les mercredis et les samedis, le coll&#232;ge perdant alors sa dimension r&#233;barbative et aust&#232;re et gagnant en convivialit&#233; et en proximit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consciente de la difficult&#233; &#224; maintenir un certain nombre d'&#233;l&#232;ves en d&#233;licatesse avec la scolarit&#233;, l'&#201;ducation nationale a con&#231;u deux dispositifs destin&#233;s &#224; raccrocher les &#233;l&#232;ves &#224; la dimension professionnelle. C'est d'abord la 3&#232;me Pr&#233;paratoire &#224; l'enseignement professionnel (&#171; Pr&#233;pa Pro &#187;) cr&#233;&#233;e en 2010 qui cherche &#224; remobiliser l'&#233;l&#232;ve sur son projet individuel, en lui donnant la possibilit&#233; de r&#233;aliser des stages en ateliers de lyc&#233;es professionnels et en entreprise. C'est ensuite le dispositif d'initiation aux m&#233;tiers en alternance (DIMA) officialis&#233; en 2011 et accessible aux &#233;l&#232;ves de 15 ans sortant de 4&#232;me. Mais l'alternance entre le milieu professionnel et la scolarit&#233; est propos&#233;e depuis longtemps dans les m&#234;mes conditions par certains centres de formation d'apprentis au travers de la Classe pr&#233;paratoire &#224; l'apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe, enfin, une vieille institution cr&#233;&#233;e en 1935 qui re&#231;oit des &#233;l&#232;ves d&#232;s leur sortie de 5&#232;me : ce sont les Maisons familiales rurales qui proposent deux semaines en stage en entreprise et une semaine en internat pour pr&#233;parer le Brevet des coll&#232;ges s&#233;rie professionnelle. La 4&#232;me est l'occasion d'effectuer un stage par trimestre, la 3&#232;me privil&#233;giant la m&#234;me entreprise sens&#233;e signer un contrat d'apprentissage &#224; son terme. Avec le seizi&#232;me anniversaire sonne la fin de la scolarit&#233; obligatoire. Deux organismes offrent leurs services aux jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2732 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH302/capture_d_ecran_2021-02-16_a_09.34.53-3c24c.png?1693476389' width='500' height='302' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une certaine refondation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont d'abord les 440 Missions locales r&#233;parties dans 6 560 lieux d'accueil, proposant chaque ann&#233;e &#224; plus d'1,4&#8239;million de 16-25 ans une approche globale de l'ensemble des freins qui font obstacle &#224; leur insertion. Parall&#232;lement, la loi de 2013 sur la refondation de l'&#233;cole a remplac&#233; la Mission g&#233;n&#233;rale d'insertion (cr&#233;&#233;e en 1995) par la Mission de lutte contre le d&#233;crochage scolaire (MLDS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux dispositifs ont le m&#234;me objectif : accompagner des jeunes sortis du syst&#232;me scolaire sans qualification vers une insertion sociale et professionnelle durables. Cela peut d'abord prendre la forme d'une rescolarisation dans une classe de lyc&#233;e, mais aussi d'une orientation vers des structures de retour &#224; l'&#233;cole (SRE) pr&#233;parant &#224; l'examen du baccalaur&#233;at : micro-lyc&#233;es de l'acad&#233;mie de Cr&#233;teil, &lt;i&gt;Coll&#232;ge lyc&#233;e &#233;litaire pour tous&lt;/i&gt; de Grenoble, lyc&#233;e exp&#233;rimental de Saint-Nazaire, P&#244;le Innovant Lyc&#233;en &#224; Paris 13&#232;me, Lyc&#233;e autog&#233;r&#233; de Paris&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce sont aussi ces structures qui offrent aux d&#233;croch&#233;s de l'&#201;ducation nationale en grande difficult&#233; avec le syst&#232;me &#233;ducatif traditionnel une autre p&#233;dagogie, les pr&#233;parant au savoir-faire et au savoir &#234;tre attendus par le monde de l'entreprise. Ainsi des 124 &#201;coles de la seconde chance (E2C) proposant non seulement l'acquisition du socle de comp&#233;tences de base, mais aussi les comp&#233;tences sociales permettant l'insertion dans de bonnes conditions dans la vie tant professionnelle que citoyenne. De m&#234;me dix-neuf &#201;tablissements pour l'insertion dans l'emploi (EPIDE) s'adressent aux jeunes les plus &#233;loign&#233;s du march&#233; du travail, dans une dynamique d'insertion &#224; travers une formation de base et des stages en entreprise. Et vingt-cinq &#201;coles de production forment aux m&#233;tiers techniques les plus divers, en utilisant une p&#233;dagogie adapt&#233;e fond&#233;e sur l'intelligence pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au secteur de la protection de l'enfance, il a su d&#233;ployer un panel tr&#232;s diversifi&#233; d'espaces de remise &#224; niveau et d'ateliers techniques destin&#233;s aux d&#233;crocheurs. Pas toujours visibles, pas suffisamment valoris&#233;es, des solutions existent donc, plus ou moins nombreuses selon les r&#233;gions mais qui ne demandent qu'&#224; &#234;tre utilis&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#201;tat des lieux &#8226; La parole aux chercheurs</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1234-Etat-des-lieux-o-La-parole-aux-chercheurs</link>
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		<dc:date>2018-09-04T08:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;cole</dc:subject>
		<dc:subject>1234</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De tous horizons, des universitaires ont consacr&#233; leurs recherches &#224; la question du d&#233;crochage scolaire. Du 30 mai au 1er juin, les journ&#233;es nantaises &#171; Territoires et d&#233;crochages scolaires &#187; ont propos&#233; un &#233;clairage sp&#233;cifique et distanci&#233;. Floril&#232;ge. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le programme international pour le suivi des acquis (PISA) mesure tous les trois ans les performances scolaires des &#233;l&#232;ves de 15 ans dans les 34 pays participants. Le questionnaire 2015 proposait un questionnement sur l'absent&#233;isme scolaire. Ariane Baye (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De tous horizons, des universitaires ont consacr&#233; leurs recherches &#224; la question du d&#233;crochage scolaire. Du 30 mai au 1er juin, les journ&#233;es nantaises &#171; Territoires et d&#233;crochages scolaires &#187; ont propos&#233; un &#233;clairage sp&#233;cifique et distanci&#233;. Floril&#232;ge.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le programme international pour le suivi des acquis (PISA) mesure tous les trois ans les performances scolaires des &#233;l&#232;ves de 15 ans dans les 34 pays participants. Le questionnaire 2015 proposait un questionnement sur l'absent&#233;isme scolaire. Ariane Baye et Christian Monsieur (Universit&#233; de Li&#232;ge) ont analys&#233; ces donn&#233;es. De leur &#233;tude, il ressort un constat singulier. Le fait d'&#234;tre issu d'un milieu d&#233;favoris&#233; accro&#238;t substantiellement le risque de fr&#233;quenter un &#233;tablissement peu performant, concentrant des &#233;l&#232;ves en difficult&#233;. Plus l'&#233;l&#232;ve est confront&#233; &#224; des pairs s'absentant eux-m&#234;mes, plus il va &#234;tre tent&#233; de le faire. Ce mim&#233;tisme pose in&#233;vitablement la question des politiques ad&#233;quates permettant &#224; l'&#233;cole de devenir un lieu d'affiliation positive et non de rel&#233;gation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2733 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L350xH315/capture_d_ecran_2021-02-16_a_09.38.51-db5ef.png?1693476389' width='350' height='315' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;Autre facteur de d&#233;crochage, la lassitude ressentie en classe face aux apprentissages. Certaines &#233;tudes d&#233;montrent que 50 &#224; 70&#8239;% des &#233;l&#232;ves d&#233;crocheurs s'ennuient en classe. Karine Gaujour (Universit&#233; de Haute-Alsace) a interrog&#233; 1 006 d'entre eux fr&#233;quentant une seconde g&#233;n&#233;rale, technologique et professionnelle : 23&#8239;% affirment s'ennuyer souvent et tr&#232;s souvent en classe, le montrant &#224; leur enseignant en esp&#233;rant le faire r&#233;agir. Mais, 37&#8239;% font semblant de s'int&#233;resser, pour ne pas lui faire de peine ou de peur d'&#234;tre mal not&#233; si cela se voit. L'ennui est traditionnellement attribu&#233; &#224; des raisons p&#233;dagogiques (classe h&#233;t&#233;rog&#232;ne, effectifs trop nombreux&#8230;) ou propres aux &#233;l&#232;ves (fatigue, d&#233;sint&#233;r&#234;t, probl&#232;mes familiaux&#8230;), sans que jamais les profs ne s'en sentent responsables. Alors que pour les &#233;l&#232;ves, ce sont bien eux qui sont en cause &#224; travers la routine de leurs exercices et leur peu de capacit&#233;s &#224; transmettre leur passion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont pas les aptitudes cognitives des &#233;l&#232;ves qui posent probl&#232;me, mais bien la perte du sens donn&#233; aux apprentissages et la faible motivation &#224; s'y investir. Si les bons &#233;l&#232;ves acceptent l'ennui comme condition incontournable de leur r&#233;ussite scolaire, ce n'est pas le cas des &#233;l&#232;ves en difficult&#233;. Karine Gaujour ne plaide pas pour l'abandon de la p&#233;dagogie de l'effort, mais pour son articulation avec celle du plaisir et la n&#233;cessit&#233; d'apprendre aux &#233;l&#232;ves &#224; g&#233;rer les contraintes et l'ennui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le genre et le territoire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20&#8239;% des gar&#231;ons sortent du syst&#232;me scolaire sans dipl&#244;me contre 10&#8239;% des filles. Pierre-Yves Bernard et Christophe Michaut (Universit&#233; de Nantes) ont r&#233;alis&#233; une enqu&#234;te aupr&#232;s de 2 945 jeunes en situation de d&#233;crochage (dont 42&#8239;% de filles), identifiant ainsi 22 motifs, depuis le rejet de l'&#233;cole (jug&#233;e inint&#233;ressante, pas utile, trop difficile, injuste&#8230;) jusqu'aux probl&#232;mes personnels (peur d'&#233;chouer, sant&#233;, grossesse&#8230;), en passant par une carence de l'entourage (pas de ressources suffisantes, pas d'aide, ni d'encouragement&#8230;). L'analyse des raisons avanc&#233;es permet de constituer deux p&#244;les d'argumentation qui dominent selon le genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les filles expliquent plus fr&#233;quemment leur rupture scolaire par des facteurs ne mettant pas en cause l'institution scolaire : probl&#232;mes personnels, peur de l'&#233;chec, difficult&#233;s relationnelles avec les autres &#233;l&#232;ves. Elles manifestent ainsi un moindre rejet de l'&#233;cole, malgr&#233; leurs difficult&#233;s. Ce qui explique qu'elles raccrochent plus facilement &#224; des dispositifs de rem&#233;diation par la suite. Pour autant, beaucoup d'entre elles se retirent du march&#233; du travail, l'inactivit&#233; chez les parents ou dans le couple &#233;tant vue comme une solution de repli socialement acceptable. Chez les gar&#231;ons, c'est le rejet de l'institution scolaire qui prime. Ils affirment leur choix en opposition &#224; la norme scolaire &#8211; l'&#233;cole est inutile &#8211; et &#224; l'autorit&#233; des enseignants. Cons&#233;quences des ph&#233;nom&#232;nes de discrimination et de s&#233;gr&#233;gation selon le genre, ils s'ins&#232;reront plus facilement sur le march&#233; du travail, malgr&#233; l'absence de qualification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tudes et perspectives d'emploi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le d&#233;crochage prend une couleur sexu&#233;e sp&#233;cifique, les d&#233;lais n&#233;cessaires pour acc&#233;der aux diff&#233;rents lieux de scolarisation jouent aussi un r&#244;le. Patrice Caro, Agn&#232;s Checcaglini et Arnaud Lepetit (Universit&#233; de Caen) ont accompli un travail de titan, en traitant des donn&#233;es g&#233;o localis&#233;es couvrant l'ensemble du territoire fran&#231;ais m&#233;tropolitain permettant de mesurer les d&#233;lais de parcours entre &#233;tablissements et r&#233;sidence familiale. Le croisement de ces donn&#233;es avec la proportion de jeunes en situation de d&#233;crochage a permis d'&#233;tablir une corr&#233;lation ind&#233;niable. Les &#233;l&#232;ves d&#233;crocheurs sont les plus sensibles aux in&#233;galit&#233;s dans les temps de transport quotidien qui cr&#233;ent des conditions de scolarit&#233; in&#233;gales. Quand on n'est pas motiv&#233; pour aller au coll&#232;ge, les contraintes spatio-temporelles obligeant &#224; se lever plus t&#244;t pour prendre un car mettant 45 minutes pour s'y rendre ne sont pas l&#224; pour encourager &#224; le faire. Se posent donc pour les pouvoirs publics des choix qui p&#232;sent sur la vie des populations en g&#233;n&#233;ral et sur la probl&#233;matique du d&#233;crochage en particulier : l'am&#233;nagement du territoire doit-il rapprocher les services des populations ou faciliter les moyens de transports ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre facteur spatial peut s'av&#233;rer d&#233;terminant dans le choix de quitter ou non l'&#233;cole et ensuite de reprendre ou non une formation : c'est la zone d'emploi dans laquelle le jeune d&#233;crocheur &#233;volue. Vanessa Di Paola et St&#233;phane Moullet (Aix Marseille universit&#233;) ont ainsi pu &#233;tablir combien la norme sociale du secteur d'habitation favorise la poursuite d'&#233;tude quand la perspective d'emploi est encourageante, le taux de d&#233;crochage &#233;tant alors au plus bas. Au contraire, quand le ch&#244;mage juv&#233;nile est important, le rendement de l'investissement scolaire se trouve d&#233;valoris&#233;, encourageant le d&#233;crochage. R&#233;sultat contre-intuitif mettant en &#233;vidence que ce n'est pas le peu d'attractivit&#233; du march&#233; du travail qui incite &#224; poursuivre sa scolarit&#233;, mais au contraire l'ampleur de ce qu'il peut proposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des situations h&#233;t&#233;rog&#232;nes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agir face au d&#233;crochage ne prend pas les m&#234;mes formes selon l'origine g&#233;ographique et sociale des &#233;l&#232;ves concern&#233;s. C'est en tout cas ce que d&#233;montrent deux &#233;tudes. L'enqu&#234;te, tout d'abord, men&#233;e par Pierre-Yves Bernard et Fran&#231;ois Burban (Universit&#233; de Nantes) comparant les deux acad&#233;mies des Pays-de-Loire et d'Amiens, aupr&#232;s de 7 293 jeunes d&#233;crocheurs des deux r&#233;gions. Alors m&#234;me que la premi&#232;re est proportionnellement moins concern&#233;e par cette probl&#233;matique que la seconde, les &#233;l&#232;ves en rupture de scolarit&#233; y sont quatre fois plus nombreux &#224; avoir &#233;t&#233; contact&#233;s pour se voir proposer une solution de rem&#233;diation. Explication possible : l'Acad&#233;mie des Pays de Loire a d&#233;velopp&#233; une culture d'articulation entre l'&#201;ducation nationale et l'enseignement priv&#233; et agricole, les Centres de formation des apprentis, ainsi que les Missions locales. Alors que l'&#201;ducation nationale de l'Acad&#233;mie d'Amiens est apparue bien plus centr&#233;e sur elle-m&#234;me, d&#233;veloppant une moindre collaboration partenariale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les chercheurs d'&#233;voquer un &#171; effet Matthieu &#187;, ce m&#233;canisme d&#233;crit par Robert K. Merton selon lequel les plus favoris&#233;s tendent &#224; accro&#238;tre leur avantage sur les autres (&lt;i&gt;&#171; Car on donnera &#224; celui qui a, et il sera dans l'abondance, mais &#224; celui qui n'a pas on &#244;tera m&#234;me ce qu'il a. &#187;&lt;/i&gt; &#201;vangile selon Saint-Matthieu).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde &#233;tude, men&#233;e par Jo&#235;l Zaffran (Universit&#233; de Bordeaux), d&#233;crit l'existence de deux dispositifs de raccrochage se distinguant clairement. Le premier favorise des formations professionnalisantes accompagnant une insertion rapide &#224; l'emploi, par une remise &#224; niveau et des stages en entreprise. C'est ce que proposent par exemple les &#171; &#233;coles de la seconde chance &#187; ou les EPIDE. Le second dispositif offre la possibilit&#233; de pr&#233;parer les &#233;preuves du BAC : ce sont les structures de retour &#224; l'&#233;cole (SRE), &#224; l'image des micro lyc&#233;es. Le chercheur d&#233;montre que l'acc&#232;s &#224; ces dispositifs reproduit les in&#233;galit&#233;s sociales d&#233;j&#224; pr&#233;sentes &#224; l'&#233;cole. La formation d'acc&#232;s &#224; l'emploi accueille, pour l'essentiel, les plus d&#233;munis socialement qui seront destin&#233;s &#224; occuper les postes les plus pr&#233;caires et p&#233;nibles. Alors que le second &#8211; &#171; retour &#224; l'&#233;cole &#187; &#8211; reste le privil&#232;ge des cat&#233;gories sociales ais&#233;es. Les propri&#233;t&#233;s sociales des jeunes sans dipl&#244;me p&#232;sent donc bien plus lourd que leur pass&#233; scolaire sur leur parcours et le recours qu'ils entament apr&#232;s leur d&#233;crochage. Cependant la gestion du d&#233;crochage scolaire n'est pas li&#233;e uniquement &#224; la diversit&#233; des postures institutionnelle de l'&#201;ducation nationale selon les acad&#233;mies. Elle d&#233;pend aussi de la fa&#231;on dont l'&#233;l&#232;ve r&#233;agit face &#224; l'arr&#234;t de sa scolarisation. C'est sur cette dimension qu'Antoine Querrec (Universit&#233; Paris 1) a travaill&#233; &#224; travers l'enqu&#234;te ethnographique qu'il a men&#233;e aupr&#232;s de jeunes r&#233;sidant sur le quartier du Val Fourr&#233; &#224; Mantes-La-Jolie. L'&#233;chantillon interrog&#233; se r&#233;partit en deux groupes. Le premier groupe d'&#233;l&#232;ves subit la rupture scolaire comme un moment inattendu et impr&#233;visible, survenant &#224; la suite d'une bagarre entre pairs ou une agression contre un personnel. M&#234;me si le d&#233;calage existait entre les normes scolaires et la banalisation de ses pratiques, il n'y a pas eu d'anticipation, parce que ses comportements respectaient les limites du cadre institutionnel et lui permettaient d'envisager la continuit&#233; de ses &#233;tudes. Non &#233;tiquet&#233;s, ils ne s'attendaient pas &#224; les interrompre si brusquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est tout le contraire pour les &#233;l&#232;ves du deuxi&#232;me groupe qui se sont inscrits parfois depuis l'&#233;cole primaire dans le r&#244;le du perturbateur. Habitu&#233;s aux sanctions, ils avaient investi des activit&#233;s culturelles ou des trafics divers bien avant que n'intervienne la rupture. Les &#233;l&#232;ves du premier groupe se remobilisent tr&#232;s vite sur leurs capacit&#233;s, pour continuer sous d'autres formes leur scolarit&#233;. Les &#233;l&#232;ves du second mettront plus de temps &#224; utiliser les dispositifs existants, se rabattant sur leurs activit&#233;s parall&#232;les, comme support de ressourcement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quelques instantan&#233;s saisis lors des journ&#233;es de Nantes sont tr&#232;s loin de rendre compte du nombre de travaux de recherche qui s'accumulent depuis quelques ann&#233;es et de la richesse de leurs apports. Ils sont sans concession pour notre &#233;cole et les in&#233;galit&#233;s sociales qui perdurent. Ils constituent une aide pour l'&#201;ducation nationale en qu&#234;te des meilleures r&#233;ponses possibles face au d&#233;crochage. Mais ils sont tout aussi pr&#233;cieux pour des travailleurs sociaux trop souvent confront&#233;s aux m&#233;canismes d'absent&#233;isme, de d&#233;sinvestissement et d'&#233;chec scolaire, sans toujours b&#233;n&#233;ficier de la perception distanci&#233;e leur permettant d'en comprendre ni la gen&#232;se, ni le cheminement, ni les solutions possibles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Comment raccrocher ?</title>
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		<dc:date>2018-09-04T08:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;cole</dc:subject>
		<dc:subject>1234</dc:subject>

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&lt;p&gt;Plusieurs tentatives de r&#233;ponses au d&#233;crochage scolaire ont &#233;t&#233; &#233;mises ces deux derni&#232;res d&#233;cennies. Pour quel r&#233;sultat ? La strat&#233;gie actuelle a-t-elle de l'avenir ? Tour d'horizon. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment d&#233;finir le d&#233;crochage scolaire ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Les termes sont multiples pour d&#233;signer ce ph&#233;nom&#232;ne : &#171; sortie sans qualification &#187;, &#171; d&#233;crochage cognitif &#187;, &#171; d&#233;crocheur &#187;, &#171; d&#233;croch&#233; &#187;, &#171; d&#233;scolarisation &#187;, &#171; sortant pr&#233;coce &#187;, &#171; absent&#233;isme &#187;, &#171; illettrisme &#187; La notion de d&#233;crocheur a &#233;t&#233; retenue d'une mani&#232;re un peu (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1234-" rel="tag"&gt;1234&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Plusieurs tentatives de r&#233;ponses au d&#233;crochage scolaire ont &#233;t&#233; &#233;mises ces deux derni&#232;res d&#233;cennies. Pour quel r&#233;sultat ? La strat&#233;gie actuelle a-t-elle de l'avenir ? Tour d'horizon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2734 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH150/capture_d_ecran_2021-02-16_a_09.41.47-df84f.png?1693476389' width='500' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment d&#233;finir le d&#233;crochage scolaire ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les termes sont multiples pour d&#233;signer ce ph&#233;nom&#232;ne : &#171; sortie sans qualification &#187;, &#171; d&#233;crochage cognitif &#187;, &#171; d&#233;crocheur &#187;, &#171; d&#233;croch&#233; &#187;, &#171; d&#233;scolarisation &#187;, &#171; sortant pr&#233;coce &#187;, &#171; absent&#233;isme &#187;, &#171; illettrisme &#187; La notion de d&#233;crocheur a &#233;t&#233; retenue d'une mani&#232;re un peu g&#233;n&#233;rique, parce qu'elle &#233;tait mobilisatrice et internationale, m&#234;me si, aujourd'hui, on &#233;voque plut&#244;t la &#171; pers&#233;v&#233;rance scolaire &#187; qui positive la probl&#233;matique. Cette profusion d'appellations d&#233;montre le besoin de d&#233;finir de quoi on parle exactement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur le plan administratif et statistique, il existe deux indicateurs. On parle de flux pour &#233;tablir le nombre d'&#233;l&#232;ves &#171; d&#233;croch&#233;s &#187; produit par le syst&#232;me scolaire annuellement : en 2008/2010, de 135 000&#8239;&#224; 140 000 jeunes &#233;taient concern&#233;s (soit 17&#8239;% d'une classe d'&#226;ge). Quant au stock qui d&#233;signe le nombre de 18-24 ans sans dipl&#244;me et qui est un indicateur europ&#233;en, il s'&#233;levait &#224; 620 000 jeunes en 2012 (11,6&#8239;%). Aujourd'hui, on en est respectivement &#224; moins de 100 000 (13&#8239;%) et moins de 500 000 (8,8&#8239;%). La d&#233;finition plus extensive qui prend en compte le processus est importante, elle, en termes de pr&#233;vention sur le plan p&#233;dagogique et &#233;ducatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que s'est-il donc pass&#233; entre 2008, 2012 et 2018 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais d'abord rappeler que la loi d'orientation sur l'&#233;ducation de 1989 fixait d&#233;j&#224; pour objectif non seulement d'amener 80&#8239;% d'une classe d'&#226;ge au bac (ce que l'on conna&#238;t bien), mais aussi 100&#8239;% &#224; une qualification (ce qu'on a un peu oubli&#233;). Pendant longtemps, cette seconde volont&#233; ne s'est pas traduite r&#233;ellement dans les actes. Face &#224; cette population qui sortait du syst&#232;me scolaire sans une qualification lui permettant un acc&#232;s au march&#233; du travail, on cherchait des solutions en aval de la p&#233;riode d'obligation scolaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_2735 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L350xH147/capture_d_ecran_2021-02-16_a_09.44.54-01d72.png?1693476389' width='350' height='147' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;Le basculement vers une gestion plus en amont s'est d&#233;roul&#233; en plusieurs &#233;tapes. La loi de f&#233;vrier 2005, qui privil&#233;gie la scolarisation dans un &#233;tablissement ordinaire des &#233;l&#232;ves identifi&#233;s comme handicap&#233;s, a sensibilis&#233; l'&#233;cole &#224; la probl&#233;matique des plus vuln&#233;rables. La loi d'orientation pour l'avenir de l'&#233;cole d'avril 2005, en fixant un &#171; socle commun de connaissances et de comp&#233;tences &#187; a contribu&#233; &#224; mobiliser la communaut&#233; &#233;ducative. &#192; partir de 2008, s'est affich&#233;e une volont&#233; politique claire se concr&#233;tisant par un encouragement aux exp&#233;rimentations locales pour inventer des r&#233;ponses au d&#233;crochage. En 2009, la loi &lt;i&gt;&#171; &#201;cole pour tous &#187;&lt;/i&gt; instaura un syst&#232;me interminist&#233;riel d'&#233;change d'informations (SIEI) qui s'impose depuis tant &#224; l'&#201;ducation nationale qu'aux CFA ou &#224; l'enseignement priv&#233; et agricole. Le SIEI est destin&#233; &#224; identifier les &#233;l&#232;ves sortant pr&#233;cocement afin de leur proposer un accompagnement. La m&#234;me ann&#233;e, le plan &lt;i&gt;&#171; Agir pour la jeunesse &#187;&lt;/i&gt; g&#233;n&#233;ralise les plateformes de suivi et d'appui aux d&#233;cro&#173;cheurs (PSAD) qui coordonnent les acteurs locaux de la forma&#173;tion, de l'orientation et de l'inser&#173;tion des jeunes. En 2013 est cr&#233;&#233;e la MLDS (Mission de lutte contre le d&#233;crochage scolaire) qui offre une rem&#233;diation aux &#233;l&#232;ves sortis de l'&#233;cole sans dipl&#244;me et mobilise les &#233;tablissements en r&#233;seaux &#171; Foquale &#187;. Toutes ces actions sont &#224; la mesure d'une d&#233;cennie de mobilisation qui a fait du d&#233;crochage scolaire une grande cause nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Effectivement, mais toutes ces mesures interviennent une fois les d&#233;g&#226;ts commis&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le v&#233;ritable changement est intervenu quand on s'est int&#233;ress&#233; non &#224; l'issue mais &#224; tout le processus de d&#233;crochage. D&#232;s 2005, un rapport de l'inspection g&#233;n&#233;rale (1) pointait la responsabilit&#233; structurelle d'une &#201;cole qui ne pouvait se contenter de d&#233;plorer la vuln&#233;rabilit&#233; des &#233;l&#232;ves et devait s'interroger sur les raisons pour lesquelles ils finissaient par d&#233;crocher. Avant de chercher &#224; les raccrocher, il faut essayer de faire en sorte qu'ils ne d&#233;crochent pas ! La loi de refondation de l'&#233;cole du 8 juillet 2013 met le cap sur la pr&#233;vention. L'&#233;valuation des politiques publiques men&#233;e en 2014 (2) sera l'occasion de lancer un plan d'action ambitieux qui s'appuie &#224; la fois sur la recherche et les acteurs de terrain, en &#233;valuant la faisabilit&#233; et la pertinence des actions d&#233;j&#224; men&#233;es et les amplifie dans une vision d'ensemble. Cette intelligence collective a permis de prendre en compte la complexit&#233; du d&#233;crochage, en s'appuyant sur l'interaction des facteurs individuels, socio-&#233;conomiques, territoriaux&#8239;etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle place pour le partenariat dans la lutte contre le d&#233;crochage ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est essentielle. L'&#201;ducation nationale ne peut agir en restant isol&#233;e car il faut prendre en compte le jeune dans sa globalit&#233; comme le souligne un rapport de 2013 de l'Inspection g&#233;n&#233;rale qui &#233;voque &#171; les alliances &#233;ducatives &#187; (3) : regrouper autour de l'&#233;l&#232;ve la communaut&#233; &#233;ducative (dont les parents), les services &#233;ducatifs, sociaux et de sant&#233;, les associations sportives, culturelles, toute la cit&#233;. Pour faciliter ce travail en r&#233;seau, s'est instaur&#233;e une articulation entre les niveaux national et local : le national fixe des objectifs, impulse une orientation et met &#224; disposition des outils d&#233;j&#224; exp&#233;riment&#233;s et valid&#233;s, les acteurs de terrain s'approprient ces propositions, en les adaptant &#224; leurs configurations sp&#233;cifiques avec la marge de man&#339;uvre n&#233;cessaire. Ce n'est pas une injonction descendante impos&#233;e par une circulaire. Tel est l'esprit novateur dans lequel l'action a &#233;t&#233; men&#233;e et l'est encore. Cette d&#233;marche n'est pas seulement utile pour les enfants &#224; risque de d&#233;crochage, elle transforme l'ensemble du syst&#232;me scolaire et profite &#224; tous les &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment voyez-vous l'&#233;volution dans les ann&#233;es &#224; venir de cette politique contre le d&#233;crochage ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Observons que les importants progr&#232;s accomplis n'auraient pas &#233;t&#233; possibles sans une continuit&#233; des politiques publiques depuis pr&#232;s de 15 ans. En d&#233;cidant de rendre l'instruction obligatoire d&#232;s trois ans et en limitant &#224; douze le nombre d'&#233;l&#232;ves en classe de CP dans les zones prioritaires, le ministre s'est d&#233;lib&#233;r&#233;ment inscrit dans une politique de pr&#233;vention. Il me semble que nous sommes engag&#233;s dans un mouvement de fond qui devrait se confirmer par plusieurs tendances. Le renforcement des partenariats d'abord, dans une logique souple qui favorise les prises d'initiative aux &#233;chelles territoriales. Une action centr&#233;e sur l'&#233;l&#232;ve ensuite, dans une dynamique d'accompagnement des parcours qui articule les dimensions individuelles et collectives. Le sujet des 16-18 ans pour lesquels il existe actuellement peu de solutions est &#233;galement aigu et pose la question de l'&#226;ge de l'instruction obligatoire et/ou de la formation fix&#233;e aujourd'hui &#224; 16 ans. Certains pays ont choisi de d&#233;finir cette fronti&#232;re en termes d'acc&#232;s &#224; la qualification et non en termes de scolarit&#233; stricte ce qui ouvre un beau chantier partenarial dans le m&#234;me mouvement que l'&#233;volution du baccalaur&#233;at, du lyc&#233;e professionnel, de l'orientation et de l'apprentissage. Enfin, il y a la question de la formation tout au long de la vie. Donner la possibilit&#233; de c&#233;sures, en garantissant l'opportunit&#233; de nouvelles chances permettant de reprendre sa formation &#224; tout moment, relativiserait la dimension dramatique du d&#233;crochage en d&#233;montrant son aspect non d&#233;finitif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;(1) Les sorties sans qualification : analyse des causes, &lt;br class='autobr' /&gt;
des &#233;volutions, des solutions pour y rem&#233;dier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Philippe Dubreuil, Marc Fort, Elisabeth Morin, Jean-Claude Ravat.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) &#201;valuation partenariale de la politique publique de lutte contre &lt;br class='autobr' /&gt;
le d&#233;crochage scolaire. Rapport de diagnostic et rapport final &lt;br class='autobr' /&gt;
SGMAP/DGESCO, sous la direction de Fr&#233;d&#233;rique Weixler.&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) Agir contre le d&#233;crochage scolaire, alliance &#233;ducative &lt;br class='autobr' /&gt;
et approche pr&#233;dagogique repens&#233;e. Anne Armand, &lt;br class='autobr' /&gt;
Claude Bisson-Vaivre et Philippe Lhermet.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Politique de la ville &#8226; Travail social, domination, coop&#233;ration et h&#233;g&#233;monie</title>
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		<dc:date>2018-09-04T08:29:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Politique de la ville</dc:subject>
		<dc:subject>1234</dc:subject>

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&lt;p&gt;Comment les travailleurs sociaux s'inscrivent-ils dans les luttes urbaines ? Antonio Delfini vient de soutenir une th&#232;se (1) en sociologie, dans laquelle il s'int&#233;resse &#224; trois de ces luttes &#224; Fives, quartier populaire lillois. En parall&#232;le, il a co-cr&#233;&#233; l'Atelier Populaire d'Urbanisme de Fives. &lt;br class='autobr' /&gt;
Entretien avec Antonio Delfini, sociologue &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment en &#234;tes-vous venu &#224; vous int&#233;resser &#224; la place des travailleurs sociaux au sein des luttes urbaines &#224; Fives ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Trois types d'acteurs sont impliqu&#233;s dans les (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comment les travailleurs sociaux s'inscrivent-ils dans les luttes urbaines ? Antonio Delfini vient de soutenir une th&#232;se (1) en sociologie, dans laquelle il s'int&#233;resse &#224; trois de ces luttes &#224; Fives, quartier populaire lillois. En parall&#232;le, il a co-cr&#233;&#233; l'Atelier Populaire d'Urbanisme de Fives.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Entretien avec Antonio Delfini, sociologue&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment en &#234;tes-vous venu &#224; vous int&#233;resser &#224; la place des travailleurs sociaux au sein des luttes urbaines &#224; Fives ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois types d'acteurs sont impliqu&#233;s dans les luttes urbaines auxquelles je me suis int&#233;ress&#233;. Les premiers concern&#233;s sont les habitants, qui appartiennent aux fractions basses de la classe ouvri&#232;re : un sous-prol&#233;tariat r&#233;put&#233; inerte, incapable de s'organiser. Ensuite il y a des acteurs des classes dominantes : les pouvoirs publics et les investisseurs priv&#233;s. Et, enfin, il y a un groupe interm&#233;diaire entre les deux, qui m'est d'abord apparu sous forme de sigles : CAF, PACT, UTPAS (2) etc. J'ai essay&#233; de m'int&#233;resser aux travailleurs sociaux de ces organismes, qui se positionnent de diff&#233;rentes mani&#232;res entre, d'un c&#244;t&#233;, la direction et, de l'autre, les habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous dressez une typologie de ces diff&#233;rents positionnements&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les continuateurs de Marx et Foucault dans les ann&#233;es 1960-1970 sont tr&#232;s fermes sur le travail social : il n'existerait que pour organiser le contr&#244;le social du prol&#233;tariat. Cela ne collait pas avec les gens que j'ai rencontr&#233;s lors de mes entretiens. Ces th&#233;ories sont trop restrictives &#224; mon sens. J'ai donc cherch&#233; &#224; savoir quelles strat&#233;gies avaient &#233;t&#233; mises en place par les travailleurs sociaux. J'ai tent&#233; une typologie de ces modes de positionnement sur chacune des trois luttes, que je r&#233;sume sous le triptyque : domination, coop&#233;ration, h&#233;g&#233;monie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re mobilisation &#233;merge lors du d&#233;mant&#232;lement du bidonville des Dondaines, au d&#233;but des ann&#233;es 1970. Le Programme d'action contre les taudis (PACT) met alors en place une &#171; gestion personnalis&#233;e &#187; : on essaie de prendre en compte la situation g&#233;n&#233;rale de la famille et ses besoins, en terme d'&#233;ducation, de sant&#233;, de logement,&#8239;etc. On accompagne la personne et non plus seulement la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette gestion personnalis&#233;e va individualiser les personnes et les familles, alors que ce qui fait tenir la famille, c'est aussi la communaut&#233;. Des habitants vont donc refuser cet accompagnement du PACT et &#234;tre soutenus par les Associations Populaires Familiales (APF), qui mettent en place une mobilisation au sein du bidonville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, les travailleurs sociaux du PACT sont le relais des directives donn&#233;es par la mairie et l'&#201;tat et ne sont pas aux c&#244;t&#233;s des habitants. Ils font un travail de gestion et de surveillance du bidonville, sur une base philanthropique et paternaliste, avec un mode d'intervention intrusif. C'est pour cela que je parle de domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me lutte que j'ai &#233;tudi&#233;e est celle du secteur Alma-Jacquet, entre&#8239;1976 et&#8239;1979, qui concerne la destruction de cour&#233;es (3) et de baraques en bois. Une &#233;quipe de la Caisse d'allocation familiale (CAF) se met en place, influenc&#233;e par les recherches des ann&#233;es 1960 sur les &#171; familles socialement handicap&#233;es &#187; qui d&#233;signent celles qui ne viennent pas au contact des travailleurs sociaux. Il faut donc trouver de nouvelles m&#233;thodes d'approche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;quipe est politis&#233;e &#224; gauche : ils sont quasiment tous &#224; la CFTD, directeur compris. Elle va choisir un secteur du quartier et aller dans les caf&#233;s, les restaurants, sur les march&#233;s. Tout le monde sort des bureaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le projet de r&#233;novation urbaine tombe un an apr&#232;s l'enclenchement de ce projet. Les travailleurs sociaux vont prendre partie avec les habitants, ils manifestent au conseil municipal, s'organisent pour que les sous-prol&#233;taires puissent participer aux mobilisations,&#8239;etc. Ils se mettent vraiment en danger par rapport &#224; leur direction. L'un d'eux m'a dit : &lt;i&gt;&#171; On faisait la lutte des classes &#187;&lt;/i&gt;. Sur le premier cas on a une hostilit&#233; entre travailleurs sociaux et militants, l&#224; on a un travail compl&#233;mentaire, une coop&#233;ration. Et beaucoup de choses ont &#233;t&#233; gagn&#233;es dans cette lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me lutte &#233;tudi&#233;e est la mobilisation contre la construction de la voie rapide, qui impliquait la destruction de 700 maisons. Les salari&#233;s de la CAF sont rejoints par une &#233;quipe du PACT, issue des milieux post-68 et des milieux des squats. Ils vont mettre en place une approche dite de &#171; d&#233;veloppement communautaire &#187; : l'id&#233;e est de faire entendre la voix des personnes concern&#233;es pour qu'elles soient en capacit&#233; de discuter avec les autorit&#233;s l&#233;gitimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la volont&#233; n'est pas de renverser le rapport de force. Par exemple, il ne s'agit pas de remettre en cause le projet de voie rapide en lui-m&#234;me. Progressivement, on voit &#233;merger un processus d'institutionnalisation qui co&#239;ncide avec le d&#233;but de la mise en place de la politique de la ville dans les quartiers. Leur position est h&#233;g&#233;monique car, sans venir en confrontation avec les habitants, ils d&#233;terminent en partie les choses qui se discutent et celles qui ne se discutent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2717 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH450/capture_d_ecran_2021-02-15_a_08.59.00-25656.png?1693476390' width='500' height='450' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment cette approche historique nous &#233;claire sur le travail social aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail social est &#224; l'image des travailleurs sociaux eux-m&#234;mes, pris entre deux feux : celui de r&#233;pondre &#224; des imp&#233;ratifs qui proviennent de leur direction ou de leurs financeurs, tant&#244;t hygi&#233;nistes, tant&#244;t humanistes, souvent gestionnaires, et celui de se solidariser avec les publics accompagn&#233;s, principalement lorsque cet accompagnement intervient &#224; l'occasion d'un moment de grande difficult&#233; comme l'est un d&#233;m&#233;nagement impos&#233; par un projet de r&#233;novation urbaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La marge de man&#339;uvre des travailleurs sociaux vient d'abord, je crois, de la mani&#232;re dont ils sont financ&#233;s. Il y a de grandes diff&#233;rences si on travaille dans une UTPAS ou dans un cadre associatif. Si nous [au sein de l'Atelier Populaire d'Urbanisme, ndlr] on a choisi le cadre associatif, c'est aussi pour multiplier les financeurs et maintenir une forme d'ind&#233;pendance, m&#234;me si ce choix est tr&#232;s co&#251;teux en terme d'&#233;nergie. Il suppose en effet de se battre perp&#233;tuellement sur deux fronts : sur le terrain pour accompagner et mobiliser les m&#233;nages et aupr&#232;s des financeurs pour faire reconna&#238;tre et perdurer nos actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est aussi un relais pour les travailleurs sociaux engag&#233;s mais travaillant au sein de structures plus institutionnelles. Ces personnes poussent au maximum en interne puis renvoient vers nous en disant : &lt;i&gt;&#171; On sait qu'il faut taper du poing sur la table, mais nous, on ne peut pas aller plus loin. &#187;&lt;/i&gt;. Il y a du politique qui peut s'inscrire dans cette d&#233;marche partenariale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;(1) -La ville conflictuelle, disponible &#224; la biblioth&#232;que de l'universit&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
de Lille 1.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) -PACT : A l'origine &#171; Programme d'Action contre les Taudis &#187;, &lt;br class='autobr' /&gt;
devenu aujourd'hui &#171; Solidaires pour l'habitat &#187; (SOLIHA). UTPAS : Unit&#233; territoriale de pr&#233;vention et d'action sociale.&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) -Regroupement d'habitations autour d'une cour, typique des quartiers industriels populaires du Nord.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une &#233;duc dans le soin</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#171; Salut, moi c'est Laure, je suis &#233;duc ! &#187; &#8211; &#171; Je reste pas ! Je veux revoir le m&#233;decin et je pars ! &#187; Petit gar&#231;on effarouch&#233;, petit &#234;tre aux abois qui se d&#233;fend, se dresse du haut de ses 14 ans, qui a peur. Comment vais-je faire pour l'apprivoiser ? &#8211; &#171; Tu veux revoir le docteur ? &#187; &#8211; &#171; Oui &#187; &#8211; &#171; Tout de suite, il est en consultation, je vais lui t&#233;l&#233;phoner pour lui dire &#187;. Faire ce que je dis et jouer la montre, gagner du temps sans qu'il se sente agress&#233; pour que l'angoisse diminue. &#8211; &#171; Il va venir dans (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Espace-du-lecteur" rel="directory"&gt;Espace du lecteur (acc&#232;s libre) &lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Salut, moi c'est Laure, je suis &#233;duc !&#8239;&lt;/i&gt; &#187; &#8211; &lt;i&gt;&#171; Je reste pas ! Je veux revoir le m&#233;decin et je pars ! &#187;&lt;/i&gt; Petit gar&#231;on effarouch&#233;, petit &#234;tre aux abois qui se d&#233;fend, se dresse du haut de ses 14 ans, qui a peur. Comment vais-je faire pour l'apprivoiser ? &#8211; &lt;i&gt;&#171; Tu veux revoir le docteur ? &#187;&lt;/i&gt; &#8211; &lt;i&gt;&#171; Oui &#187;&lt;/i&gt; &#8211; &lt;i&gt;&#171; Tout de suite, il est en consultation, je vais lui t&#233;l&#233;phoner pour lui dire &#187;&lt;/i&gt;. Faire ce que je dis et jouer la montre, gagner du temps sans qu'il se sente agress&#233; pour que l'angoisse diminue.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; &lt;i&gt;&#171; Il va venir dans l'apr&#232;s midi te voir, tu veux que je te montre ta chambre ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Non, moi je pars. &#187;&lt;/i&gt; &#8211; &lt;i&gt;&#171; OK, si tu changes d'avis, fais-moi signe. &#187;&lt;/i&gt; Lui laisser de l'espace. On s'observe de loin. Il va et vient dans le couloir, se rapproche progressivement de la table o&#249; nous jouons au UNO avec d'autres. Attendre, il ne s'en va pas, il reste&#8230; Attendre encore un peu. &lt;i&gt;&#171; &#8211; Tu veux jouer ? &#8211; Non &#187;&lt;/i&gt;. L'heure du go&#251;ter arrive. &#8211; &lt;i&gt;&#171; On va go&#251;ter, tu viens ? &#8211; Non &#8211; Ben moi, je vais go&#251;ter, j'ai faim ! &#187;&lt;/i&gt; Il suit, il est avec nous. Aujourd'hui au go&#251;ter, ce sera Nutella pour tout le monde. Je fais les tartines, je distribue, je propose, j'invite, lui et les autres. L'appel du Nutella a eu raison de lui, il s'installe avec nous, je lui pr&#233;sente les autres&#8230; Il commence &#224; sourire, &#224; se raconter aux autres, il range, participe, se laisse faire. Et c'est fini, l'appel du Nutella &#224; ses limites&#8230; Il recommence sa danse dans le couloir. Et puis il vient : &#8211; &lt;i&gt;&#171; Il arrive quand, le docteur ? &#187;&lt;/i&gt; Saisir l'occasion : &#8211; &lt;i&gt;&#171; Je sais pas, je vais le rappeler mais avant je vais pr&#233;parer ton lit, tu m'aides ? &#8211; Non, je dors pas ici &#8211; Je sais, mais au mieux tu pars, et sinon tu auras un endroit o&#249; dormir ce soir&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Il suit, il ne rentre pas dans la chambre mais il observe de l'entr&#233;e. Je n'ai jamais mis autant de temps pour faire un lit. Et il arrive : &lt;i&gt;&#171; J'ai froid la nuit ! &#8211; Tu veux une deuxi&#232;me couverture ? &#8211; Oui, mais juste sur les pieds &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rester tranquille, ne pas sauter de joie au premier oui mais avoir le sentiment qu'un pas s'est effectu&#233;. Nous cherchons la deuxi&#232;me couverture qu'il installe et puis une brosse &#224; dent, du dentifrice, un pyjama&#8230; &#199;a y est, il accepte que nous prenions soin de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeux de construction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rencontre, c'est le moment o&#249; le soignant met en confiance, &#233;tablit les bases de la relation, &#233;dicte le fonctionnement du service. C'est le moment de b&#226;tir les fondations d'une relation de soin. Ensuite, il faut aller un peu plus en avant, se saisir de cette rencontre pour tisser des liens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attachement, relation de soin, engagement, relation d'aide, transfert, relation &#233;ducative : autant de mots, de d&#233;finitions que chaque soignant s'approprie et adapte aux patients avec sa singularit&#233;. Ce maillage autour de l'adolescent va lui permettre de traiter en interne les difficult&#233;s rencontr&#233;es &#224; l'ext&#233;rieur. &#192; nous, soignants, de faire en sorte de devenir le r&#233;ceptacle de ces &#233;motions pour que les adolescents puissent se les r&#233;approprier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#200;crire sur un cahier, dessiner sur les vitres, pr&#233;parer un g&#226;teau, jouer au UNO, faire une expo, une partie de babyfoot, un jeu vid&#233;o, un pansement, un atelier, un film, des legos, autant de supports que nous utilisons et inventons au quotidien pour tisser du lien. Cr&#233;er des liens avec des patients, c'est le temps o&#249; l'on accepte en tant que soignant d'&#234;tre assez mall&#233;able pour permettre &#224; l'Autre de venir se confronter, se r&#233;fugier, se questionner. Lui permettre dans la bienveillance de cette relation d'explorer d'autres possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mettre en &#171; je &#187; le patient&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les &#233;ducateurs s'investissent dans la relation &#224; travers les petites choses du quotidien ou des activit&#233;s qui constituent autant de m&#233;diation pour permettre &#224; d'autres de construire au jour le jour leur propre vie en assumant et en d&#233;passant, quand c'est possible, leurs difficult&#233;s premi&#232;res. &#187;&lt;/i&gt; estime Joseph Rouzel dans &lt;i&gt;Le travail de l'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;&lt;/i&gt;. Toutes mes propositions sont donc source de soin, pas uniquement parce qu'elles visent &#224; mettre en &#171; je &#187; le patient, mais parce qu'elles s'inscrivent dans une institution qui fait tiers symbolique dans ces relations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soin s'inscrit dans une dynamique collective de service. Nous mettons &#224; disposition de cette institution nos observations et nos interrogations, naissant de cette relation soignante, pour construire collectivement des axes de soins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous fournissons aux patients un lieu d'accueil contenant et rassurant pour leur permettre d'acc&#233;der aux soins, de la m&#234;me mani&#232;re il est n&#233;cessaire de nous inscrire en tant que soignants dans un cadre institutionnel, qui nous rassure, nous interroge, nous percute, qui permet l'&#233;laboration et le mouvement. Cela entra&#238;ne forcement une r&#233;action du c&#244;t&#233; de l'adolescent pris en charge. Il serait facile en tant qu'&#233;ducatrice de basculer dans de l'autoritarisme, de la toute puissance. En p&#233;dopsychiatrie d'autant plus, car les moyens de contrainte sont extr&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement l'&#233;quipe et les instances de r&#233;flexions &#339;uvrent. Malgr&#233; tout, certaines &#233;tudes montrent une augmentation de l'utilisation des chambres d'isolement et des camisoles chimiques. Face &#224; cela, je pense que chacun doit rester vigilant, se faire violence en tant que professionnel, et exiger le maintien des espaces institutionnels faisant tiers. Cela est n&#233;cessaire pour garantir la meilleure prise en charge possible des patients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'apr&#232;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis arrive dans mon accompagnement le moment o&#249; l'on envisage l'apr&#232;s, l'inscription du patient dans un cadre de soin ambulatoire, le renvoi vers le dispositif d'origine, le moment de dire au revoir. Savoir accompagner ce moment-l&#224;, c'est aussi permettre un apr&#232;s, au d&#233;part je parlais de parenth&#232;se dans la vie de l'adolescent, il faut prendre soin de la refermer. Il faut donner notre confiance, &#233;noncer un possible retour sur l'unit&#233; sans notion d'&#233;chec, faire un bilan de cette parenth&#232;se. Symboliquement, dans le service o&#249; je travaille, nous offrons aux adolescents la possibilit&#233; d'organiser quelque chose pour marquer leur d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous mangeons beaucoup de g&#226;teau au chocolat accompagn&#233; de coca : ce moment partag&#233; avec les soignants mais &#233;galement les patients qui restent, permet &#224; l'adolescent de commencer le travail de s&#233;paration. C'est souvent lors de ce moment, dans la grande salle &#224; manger, que nous entendons s'&#233;noncer les projets, les envies. Nombreux sont les adolescents qui reviennent nous voir, qui ont besoin de cela pour cl&#244;turer ce moment douloureux, prendre le temps de les &#233;couter sur le trottoir devant l'unit&#233;, leur permet de rendre plus facile la s&#233;paration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En p&#233;dopsychiatrie, &#234;tre &#233;duc, selon moi, c'est r&#233;ellement choisir la rencontre comme outil de travail. C'est prendre le temps de laisser la confiance s'installer, accepter les r&#233;sistances, identifier les n&#244;tres. C'est devenir acteur de cette rencontre et pouvoir &#233;galement en &#234;tre t&#233;moin aupr&#232;s d'une &#233;quipe pluridisciplinaire pour pouvoir accompagner au mieux le patient. Actuellement nous avons tendance, dans notre soci&#233;t&#233;, a toujours vouloir aller plus vite, mais l'adolescence est un long processus. Il faut accepter de prendre le temps, accepter d'apprivoiser ce temps, pour tisser des liens avec les patients et pouvoir les accompagner un peu plus loin. Comme le souligne Joseph Rouzel, &lt;i&gt;&#171; les &#233;ducateurs fabriquent de l'humain &#187;&lt;/i&gt;, alors prenons le temps de laisser l'humain se construire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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