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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Sant&#233; mentale &#8226; Une minorit&#233; minor&#233;e</title>
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		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Psychiatrie</dc:subject>
		<dc:subject>Politique sociale</dc:subject>
		<dc:subject>1224</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Faute de moyens, l'acc&#232;s aux soins et aux droits des mineurs en p&#233;dopsychiatrie est in&#233;gal et insuffisant. Le flou autour de la notion de minorit&#233; en psychiatrie n'y est pas &#233;tranger. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les rapports se suivent, se ressemblent, mais rien ne change. Pire, la situation de la psychiatrie infanto-juv&#233;nile, comme celle de la psychiatrie g&#233;n&#233;rale, est en grande souffrance. Apr&#232;s le rapport sur le bien-&#234;tre et la sant&#233; des jeunes publi&#233; en novembre 2016, puis le rapport s&#233;natorial sur la psychiatrie des mineurs (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Angle-droit" rel="directory"&gt;Angle droit&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Psychiatrie" rel="tag"&gt;Psychiatrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Politique-sociale" rel="tag"&gt;Politique sociale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1224-" rel="tag"&gt;1224&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Faute de moyens, l'acc&#232;s aux soins et aux droits des mineurs en p&#233;dopsychiatrie est in&#233;gal et insuffisant. Le flou autour de la notion de minorit&#233; en psychiatrie n'y est pas &#233;tranger.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les rapports se suivent, se ressemblent, mais rien ne change. Pire, la situation de la psychiatrie infanto-juv&#233;nile, comme celle de la psychiatrie g&#233;n&#233;rale, est en grande souffrance. Apr&#232;s le rapport sur le bien-&#234;tre et la sant&#233; des jeunes publi&#233; en novembre 2016, puis le rapport s&#233;natorial sur la psychiatrie des mineurs en avril 2017, la Contr&#244;leure g&#233;n&#233;rale des lieux de privation de libert&#233; (CGLPL), Adeline Hazan, a livr&#233; son enqu&#234;te sur les droits fondamentaux des mineurs en &#233;tablissement de sant&#233; mentale fin 2017 (1). Un m&#234;me constat : le manque de moyens pour la psychiatrie infanto-juv&#233;nile conduit &#224; des atteintes &#224; la sant&#233; et au droit des enfants et adolescents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le rapport de la CGLPL, les exemples sont nombreux. Il y a ces mineurs dans un h&#244;pital de l'Est de la France, transf&#233;r&#233;s syst&#233;matiquement en chambre d'isolement d'une unit&#233; pour adultes d&#232;s qu'ils sont agit&#233;s. Dans ces pi&#232;ces sans fen&#234;tre, au &lt;i&gt;&#171; caract&#232;re particuli&#232;rement sinistre &#187;&lt;/i&gt;, le lit est scell&#233; au centre, un simple seau hygi&#233;nique tient lieu de toilettes, aucune sonnette n'est disponible et le personnel dit passer &lt;i&gt;&#171; au moins une fois par demi-journ&#233;e &#187;&lt;/i&gt;. Il y a l'histoire de Corentin, 14 ans, enfant plac&#233;, &#224; l'histoire familiale lourde, qui s'accuse de d&#233;lits sexuels, plac&#233; en garde &#224; vue. Il sera accueilli dans une unit&#233; pour adultes en chambre ferm&#233;e : contact&#233; par l'expert p&#233;dopsychiatrique, un &#233;tablissement sp&#233;cialis&#233; pour les mineurs avait refus&#233; de l'accueillir en invoquant la s&#233;curit&#233; des patients. &lt;i&gt;&#171; Pendant pr&#232;s de huit mois, cet enfant a &#233;t&#233; priv&#233; d'acc&#232;s &#224; l'air libre, de contact avec des jeunes de son &#226;ge, de scolarit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, jusqu'&#224; la main lev&#233;e ordonn&#233;e par le juge des libert&#233;s et de la d&#233;tention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2862 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L300xH127/capture_d_ecran_2021-02-22_a_11.47.04-7822b.png?1694024788' width='300' height='127' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;La probl&#233;matique s&#233;curitaire &#171; a pris le pas sur la protection des mineurs et sur le respect de leurs droits fondamentaux &#187;, &#233;crit la Contr&#244;leure, en r&#233;f&#233;rence notamment &#224; l'actualit&#233; autour de la radicalisation. Elle cite ainsi le cas de Yanis (2), 16 ans, plac&#233; en garde &#224; vue pour apologie du terrorisme dans un &#233;tablissement scolaire en septembre 2016, puis conduit aux urgences psychiatriques pour bouff&#233;e d&#233;lirante et hospitalis&#233; sous contrainte &#224; la demande du maire de la ville. Une proc&#233;dure &#171; manifestement entach&#233;e d'irr&#233;gularit&#233; &#187;, qui n'a pas permis aux parents d'&#234;tre inform&#233;s et d'effectuer un recours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;curit&#233; versus sant&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me constat pour Karine, 14 ans, plac&#233;e et souffrant de carences &#233;ducatives graves, hospitalis&#233;e sous contrainte pour &lt;i&gt;&#171; menace de suicide dans un contexte de radicalisation &#187;&lt;/i&gt;. Ses droits n'ont pas &#233;t&#233; respect&#233;s : &lt;i&gt;&#171; Atteinte au principe contradictoire car elle n'a pas eu communication des pi&#232;ces servant de fondement &#224; une d&#233;cision privative de libert&#233; ; atteinte au droit de la d&#233;fense car elle n'a pas eu acc&#232;s &#224; un avocat ; atteinte aux droits sp&#233;cifiques des mineurs car elle a &#233;t&#233; priv&#233;e du soutien et de l'assistance de sa m&#232;re, ou d'une personne habilit&#233;e &#224; la repr&#233;senter dans cette proc&#233;dure. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;lais d'attente interminables dans les centres m&#233;dico-psychologiques, la prise en charge r&#233;currente en milieu adulte, l'insuffisance de formation des infirmiers psychiatriques, le manque de chambres d'apaisement ne sont que les sympt&#244;mes d'une m&#234;me cause. &lt;i&gt;&#171; Je veux bien tout entendre, mais si on ne met pas les moyens, voil&#224; ce que &#231;a donne,&lt;/i&gt; r&#233;agit Roger Teboul, pr&#233;sident de l'Association des psychiatres du secteur infanto-juv&#233;nile (API). &lt;i&gt;Je souscris &#224; 100&#8239;% au constat d'Adeline Hazan : le manque de psychiatres pour les enfants et les adolescents dans ce pays, l'accueil des mineurs dans des services inad&#233;quats, l'isolement ou la contention, pas seulement chimique, aussi physique. Il y a des situations inadmissibles. Mais pour y rem&#233;dier, les d&#233;cideurs doivent prendre la mesure du probl&#232;me. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre la question des moyens, la notion de minorit&#233; en sant&#233; mentale pose des difficult&#233;s. Le Code de la sant&#233; publique distingue le secteur de psychiatrie g&#233;n&#233;rale destin&#233; &#224; une population &#226;g&#233;e de plus de seize ans, et le secteur de psychiatrie infanto-juv&#233;nile pour les enfants et les adolescents. Ainsi, les jeunes de plus de seize ans seraient automatiquement orient&#233;s vers le secteur adulte et les autres sont tous accompagn&#233;s par le secteur infanto-juv&#233;nile ? C'est loin d'&#234;tre vrai. Ce flou autour des crit&#232;res d'&#226;ge &lt;i&gt;&#171; laisse place &#224; des pratiques diverses, pour ne pas dire &#224; l'arbitraire &#187;&lt;/i&gt;, souligne Adeline Hazan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2863 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH263/capture_d_ecran_2021-02-22_a_11.47.18-85806.png?1694024788' width='500' height='263' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plus &#226;g&#233;, donc moins vuln&#233;rable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux services visit&#233;s utilisent ainsi une limite d'&#226;ge de 15 ans, sans aucune justification autre que l'usage. L'&#226;ge de 15 ans est pourtant loin d'&#234;tre anodin : en droit p&#233;nal, c'est le seuil &#224; partir duquel un adolescent est consid&#233;r&#233; comme moins vuln&#233;rable. Les peines encourues pour des crimes et d&#233;lits sont donc plus lourdes. Enfin, sur un plan clinique, c'est aussi entre 15 ans et 18 ans que se d&#233;clenchent plus fr&#233;quemment des pathologies s&#233;v&#232;res comme les psychoses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adeline Hazan propose donc la cr&#233;ation d'unit&#233;s distinctes pour les mineurs de 13 &#224; 16 ans et les jeunes de 16 &#224; 25 ans. Elle soul&#232;ve aussi la question de l'hospitalisation des mineurs &#224; la demande des repr&#233;sentants l&#233;gaux ou d'un tiers et sugg&#232;re de permettre aux mineurs concern&#233;s, &#224; la demande de leurs parents ou tuteurs, de pouvoir saisir la commission d&#233;partementale des soins psychiatriques. Elle souligne enfin le flou qui r&#232;gne sur la place des repr&#233;sentants l&#233;gaux en cas d'hospitalisation d'enfants plac&#233;s &#224; l'Aide sociale &#224; l'enfance (ASE), &lt;i&gt;&#171; manifestement des laiss&#233;s pour compte de la prise en charge &#187;&lt;/i&gt;. Elle recommande donc de sensibiliser le personnel hospitalier aux questions d'ordre juridique et pr&#233;conise une meilleure articulation entre les divers services sociaux, m&#233;dico-sociaux, &#233;ducatifs, sanitaires et judiciaires intervenant aupr&#232;s des mineurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ce rapport met en lumi&#232;re une r&#233;alit&#233; qui avait &#233;t&#233; vraiment occult&#233;e, &lt;/i&gt; souligne Marie-Jeanne Richard, vice-pr&#233;sidente de l'Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicap&#233;es psychiques (Unafam). &lt;i&gt;Mais ce sujet avance, car les familles sont aujourd'hui moins dans la culpabilit&#233; avec leur enfant en grande souffrance psychique. Elles savent que cette souffrance n'est pas forc&#233;ment li&#233;e &#224; l'&#233;ducation, elles cherchent donc &#224; parler, &#224; comprendre, &#224; donner les meilleurs soins pour leurs enfants. &#187;&lt;/i&gt; L'Unafam plaide pour des actions concr&#232;tes : un rep&#233;rage pr&#233;coce, car les signes d'appel surviennent souvent tr&#232;s t&#244;t, et une prise en charge adapt&#233;e peut &#233;viter la crise et l'hospitalisation. Elle milite aussi pour la formation des personnels m&#233;dicaux, une meilleure &#233;galit&#233; territoriale dans les soins et un accompagnement personnalis&#233; des enfants et adolescents, qui permettrait aux familles d'avoir du r&#233;pit, &lt;i&gt;&#171; car un jeune ne vit pas hors-sol et tout l'entourage est concern&#233; &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;(1) Mission bien-&#234;tre et sant&#233; des jeunes, Marie-Rose Moro et Jean-Louis Brison, &lt;br class='autobr' /&gt;
novembre 2016 ; Rapport d'information du S&#233;nat sur la situation de la psychiatrie &lt;br class='autobr' /&gt;
des mineurs en France, Alain Milon et Michel Amiel, avril 2017 ; Les droits fondamentaux &lt;br class='autobr' /&gt;
des mineurs en &#233;tablissement de sant&#233; mentale, CGLPL, nov. 2017, &#233;d. Dalloz.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Pr&#233;nom modifi&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Handicap &#8226; Quand &#171; l'infirme &#187; prend du pouvoir</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1224-Handicap-o-Quand-l-infirme-prend-du-pouvoir</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Usager</dc:subject>
		<dc:subject>Handicap&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>1224</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un mouvement venu des pays anglo-saxons apporte un nouveau regard, subversif, sur le handicap. Le mouvement Crip tente de d&#233;construire les normes sociales appliqu&#233;es au handicap. &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est-ce que le mouvement Crip ? &#8212; En France, ce mouvement, venu des pays anglo-saxons, n'est pas du tout connu. Le mot est une contraction de cripple qui veut dire boiteux, estropi&#233;, infirme en anglais&#8230; Son utilisation s'inspire des d&#233;marches queer (voir encadr&#233;) de retournement du stigmate : se r&#233;approprier un mot (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Matie%CC%80re-a%CC%80-pense%CC%81es" rel="directory"&gt;Matie&#768;re a&#768; pense&#769;es&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Usager" rel="tag"&gt;Usager&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Handicapes" rel="tag"&gt;Handicap&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1224-" rel="tag"&gt;1224&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un mouvement venu des pays anglo-saxons apporte un nouveau regard, subversif, sur le handicap. Le mouvement Crip tente de d&#233;construire les normes sociales appliqu&#233;es au handicap.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2864 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH164/capture_d_ecran_2021-02-22_a_17.08.42-baaa7.png?1694024788' width='500' height='164' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que le mouvement Crip ?&lt;/strong&gt; &#8212; En France, ce mouvement, venu des pays anglo-saxons, n'est pas du tout connu. Le mot est une contraction de &lt;i&gt;cripple&lt;/i&gt; qui veut dire boiteux, estropi&#233;, infirme en anglais&#8230; Son utilisation s'inspire des d&#233;marches queer (voir encadr&#233;) de retournement du stigmate : se r&#233;approprier un mot p&#233;joratif et en faire une identit&#233; positive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est l'histoire de ce mouvement ?&lt;/strong&gt; &#8212; Ce courant d&#233;veloppe une critique &#224; l'encontre des &lt;i&gt;disabilities studies&lt;/i&gt;, qui tentent de lire les rapports sociaux et les sciences sociales &#224; travers le prisme du handicap. Le mouvement Crip reproche aux &lt;i&gt;disabilities studies&lt;/i&gt;, pour reprendre les mots d'une militante Crip, d'&#234;tre un mouvement blanc, h&#233;t&#233;rosexuel, men&#233; par des hommes. Certes ces &#233;tudes soulevaient des probl&#233;matiques li&#233;es au handicap mais oubliaient de les croiser avec diff&#233;rentes oppressions li&#233;es &#224; la couleur de peau, le sexe ou l'orientation sexuelle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette r&#233;flexion commence donc &#224; &#233;merger au d&#233;but des ann&#233;es 2000, d'abord avec Christopher Bell, lui-m&#234;me personne handicap&#233;e noire qui d&#233;plore que les &lt;i&gt;disabilities studies&lt;/i&gt; ne prennent pas en compte les interactions entre handicap et racisme. Elle est &#233;galement port&#233;e par des mouvements artistiques et militants, comme Sins Invalid un groupe d'artistes handicap&#233;s qui pr&#233;sentent des performances explorant les questions de sexualit&#233; et de corps handicap&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au niveau universitaire, l'ouvrage&lt;i&gt; Crip Theory&lt;/i&gt; de Robert McRuer ou le livre &lt;i&gt;Feminist, Queer, Crip&lt;/i&gt; d'Alison Kafer th&#233;orisent ce mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2865 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L350xH264/capture_d_ecran_2021-02-22_a_17.08.55-85a73.png?1694024788' width='350' height='264' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Pouvez-vous nous d&#233;finir cette th&#233;orie ?&lt;/strong&gt; &#8212; J'ai tent&#233;, dans mon travail de th&#232;se, de voir comment les notions dominantes de la pens&#233;e queer pouvaient &#234;tre appliqu&#233;e, via la th&#233;orie Crip, au handicap. J'ai identifi&#233; quatre notions importantes. Le retournement du stigmate est li&#233; &#224; la notion d'abjection. Il interroge : comment des corps jug&#233;s abjects, rel&#233;gu&#233;s en dehors de la sph&#232;re sociale, peuvent retrouver une place en revendiquant cette abjection comme quelque chose de positif ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Ensuite, il y a le concept de d&#233;s-identification, port&#233;e par la th&#233;orie queer, qui cherche &#224; sortir des st&#233;r&#233;otypes de genre, &#224; casser les identit&#233;s fig&#233;es pour proposer des identit&#233;s mouvantes. Une de mes profs prenait cette image, que j'aime beaucoup, pour expliquer cette notion : &lt;i&gt;&#171; Dans notre soci&#233;t&#233;, on imagine deux genres, masculin et f&#233;minin, comme des parall&#232;les qui ne se rencontrent jamais. Dans la th&#233;orie queer, ces genres sont pens&#233;s sur un continuum, donc une ligne avec deux extr&#233;mit&#233;s qui seraient le f&#233;minin et le masculin. Et entre ces extr&#233;mit&#233;s, des combinaisons multiples du f&#233;minin et du masculin qui peuvent, en outre, varier au cours d'une vie. &#187;&lt;/i&gt; Appliqu&#233;e au mouvement Crip, cette notion de d&#233;s-identification serait pens&#233;e en terme de handicap/validit&#233; avec la m&#234;me image et une question : qu'est-ce qu'une personne handicap&#233;e et qu'est ce qu'une personne valide ? O&#249; commence le handicap et o&#249; commence la validit&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Ensuite, il y a la notion de performativit&#233;, notion th&#233;oris&#233;e par Judith Butler. L&#224; encore la construction des notions de handicap et de validit&#233; est une question de &#171; jeu &#187; social : comment se pr&#233;sente-t-on &#224; la soci&#233;t&#233; ? Comment est-on per&#231;u comme valide ou handicap&#233; ? Enfin, derni&#232;re notion, l'id&#233;al r&#233;gulateur : dans la th&#233;orie queer, l'h&#233;t&#233;rosexualit&#233; et l'h&#233;t&#233;ronormativit&#233; sont construites. Cette matrice, l'id&#233;al r&#233;gulateur, impose des r&#232;gles qui conduisent &#224; consid&#233;rer l'homosexualit&#233; comme d&#233;viante. Dans la th&#233;orie Crip, cette notion est reprise par toute une r&#233;flexion autour du fait que la validit&#233; n'est pas aussi naturelle que cela. La repr&#233;sentation de l'&#234;tre humain parfaitement valide comme mod&#232;le n'existe pas, elle est construite socialement. Il existe un mythe de cette validit&#233; qui devient un syst&#232;me de domination pour les personnes qui en sont trop &#233;loign&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette pens&#233;e ne porte-t-elle pas une critique forte de notre mod&#232;le &#233;conomique lib&#233;ral ?&lt;/strong&gt; &#8212; Oui, tout &#224; fait. Cette critique est d&#233;j&#224; pr&#233;sente dans les &lt;i&gt;disabilities studies&lt;/i&gt; qui soulignent que le corps handicap&#233; n'est pas fait pour la soci&#233;t&#233; capitaliste. Notre soci&#233;t&#233; impose un rythme de travail tr&#232;s &#233;lev&#233;, un rendement toujours plus important et exclut d'embl&#233;e les personnes handicap&#233;es. Dans la th&#233;orie Crip, cette analyse va plus loin puisqu'elle est souvent d&#233;fendue par des personnes doublement opprim&#233;es : handicap&#233;es mais aussi, noires, femmes, homosexuelles. Elles ressentent donc plus fortement la pression du syst&#232;me capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2866 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH780/capture_d_ecran_2021-02-22_a_17.09.04-c7b16.png?1694024788' width='500' height='780' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;Nomy Lamm est une artiste du collectif am&#233;ricain Sins Invalid qui s'inscrit dans le mouvement Crip en explorant les questions li&#233;es &#224; la sexualit&#233; et les corps hors normes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La question de la sexualit&#233; y a une place importante ?&lt;/strong&gt; &#8212; Oui. La question de la sexualit&#233; des personnes handicap&#233;es a &#233;t&#233; rejet&#233;e parce que consid&#233;r&#233;e comme immorale, abjecte, comme a &#233;t&#233; &#233;galement jug&#233;e la sexualit&#233; des personnes LGBT. En France, les d&#233;bats sur l'accompagnement sexuel sont clivants et bloqu&#233;s sur la n&#233;cessit&#233; ou non d'inscrire une exception &#224; la loi de lutte contre le prox&#233;n&#233;tisme pour permettre l'existence d'assistants sexuels. Je suis contre parce que pour moi il serait tr&#232;s hypocrite de laisser la loi en l'&#233;tat pour le reste de la population et faire une exception pour les personnes handicap&#233;es. Est-ce qu'il ne faut pas repenser la question du travail du sexe en g&#233;n&#233;ral et pas uniquement en lien avec la question du handicap ? La pens&#233;e queer, qui envisage le travail du sexe comme m&#233;tier, pourrait apporter un &#233;clairage tr&#232;s int&#233;ressant sur cette question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec ce mouvement Crip, est-ce qu'il n'y a pas un risque d'enfermement dans une sorte de communautarisme ?&lt;/strong&gt; &#8212; La peur du communautarisme est typiquement fran&#231;aise. Dans les pays anglo-saxons, la notion de communaut&#233; ne fait pas aussi peur. Lorsque des minorit&#233;s se sentent opprim&#233;es, il y a un besoin de cr&#233;er une communaut&#233; &#224; un moment donn&#233; pour affirmer l'existence qui leur est reni&#233;e, un besoin de reconnaissance identitaire &#224; un moment donn&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ensuite, une fois cette reconnaissance jug&#233;e satisfaisante, &#224; l'inverse, il &#233;merge un besoin de sortir de ce champ identitaire, de casser cette identit&#233;. Je pense que la pens&#233;e Crip est un peu une deuxi&#232;me phase par rapport aux &lt;i&gt;disabilities studies&lt;/i&gt;, qui repr&#233;sentaient justement ce besoin de reconnaissance identitaire pour acc&#233;der &#224; certains droits. La th&#233;orie Crip veut casser ce carcan identitaire. Elle revendique que le handicap est partout et nulle part &#224; la fois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Orientation sexuelle &#8226; Soigner l'oiseau jet&#233; du nid</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1224-Orientation-sexuelle-o-Soigner-l-oiseau-jete-du-nid</link>
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		<dc:date>2018-03-06T08:19:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Protection de l'enfance</dc:subject>
		<dc:subject>Homosexualit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>1224</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis 2003, l'association le Refuge accueille des jeunes mis &#224; la rue par leurs parents en raison de leur orientation sexuelle. Avec quinze ans d'exp&#233;rience et dix-huit antennes dans toute la France, elle a &#233;labor&#233; un accompagnement sp&#233;cifique. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; C&#233;line, je peux faire entrer mon daron pour qu'il visite mon appartement ? &#187; Messaoud (1) est en tension, son p&#232;re lui rend visite. Un peu surprise, la conseill&#232;re en &#233;conomie sociale et familiale r&#233;pond : &#171; Pas de probl&#232;me, Messaoud. &#187; Satisfait, le gar&#231;on (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1224-" rel="tag"&gt;1224&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis 2003, l'association le Refuge accueille des jeunes mis &#224; la rue par leurs parents en raison de leur orientation sexuelle. Avec quinze ans d'exp&#233;rience et dix-huit antennes dans toute la France, elle a &#233;labor&#233; un accompagnement sp&#233;cifique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; C&#233;line, je peux faire entrer mon daron pour qu'il visite mon appartement ? &#187; &lt;/i&gt; Messaoud (1) est en tension, son p&#232;re lui rend visite. Un peu surprise, la conseill&#232;re en &#233;conomie sociale et familiale r&#233;pond : &lt;i&gt;&#171; Pas de probl&#232;me, Messaoud. &#187;&lt;/i&gt; Satisfait, le gar&#231;on s'appr&#234;te &#224; partir, quand il se ravise pour pointer du doigt Rubie, une transsexuelle trop voyante &#224; son go&#251;t : &lt;i&gt;&#171; Toi, tu ne te montres pas !&#8239;&lt;/i&gt; &#187; &#192; la limite du fou-rire, tout le monde respecte sa volont&#233; et attend que le vieux Magr&#233;bin soit entr&#233; chez son fils pour d&#233;valer l'escalier et fumer une clope dehors. L'immeuble &#233;troit du centre de Montpellier abrite dix jeunes h&#233;berg&#233;s du Refuge, association d'aide aux victimes d'homophobie et de transphobie. Chass&#233;s par leurs parents, les jeunes adultes y cohabitent le temps de reprendre pied dans la vie. Charg&#233;e de leur accompagnement, C&#233;line Gross dispose d'un bureau au premier &#233;tage. Il fait &#233;galement buanderie et r&#233;serve pour les produits de la banque alimentaire. Le quotidien de la travailleuse sociale est donc ponctu&#233; d'al&#233;as domestiques, du style &lt;i&gt;&#171; je n'ai plus de gel douche &#187;, &#171; la machine &#224; laver est bouch&#233;e &#187; &#171; on nous donne trois canap&#233;s comment on fait ? &#187;&lt;/i&gt;.&#8239;Une mani&#232;re de cr&#233;er un lien quasi familial avec ces jeunes qui se retrouvent livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes du jour au lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2867 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L400xH353/capture_d_ecran_2021-02-22_a_17.20.27-25b6b.png?1694024788' width='400' height='353' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aide sociale, psychiatrie et endocrinologie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Quand on arrive ici, c'est qu'on a tout perdu. Le Refuge nous procure un toit, une psychologue, un frigo plein, des permanences o&#249; on rigole. On fait des sorties au cin&#233;ma, du sport, des week-ends&#8230; On retrouve ce qu'auraient d&#251; nous apporter nos parents. &#187;&lt;/i&gt; &#192; 18 ans, John &#233;chappe de justesse &#224; la rue.&lt;i&gt; &#171; Quand j'ai annonc&#233; &#224; mes parents que j'allais entamer ma transition pour avoir un corps d'homme, ils m'ont laiss&#233; le choix entre arr&#234;ter tout ou quitter la maison. Pareil &#224; l'internat du lyc&#233;e, toutes les portes se sont ferm&#233;es. &#187;&lt;/i&gt; Comme trois mille jeunes par an, il compose alors le num&#233;ro d'urgence du Refuge trouv&#233; sur le Net. Apr&#232;s un entretien avec C&#233;line Gross, John a patient&#233; quinze jours &#224; l'h&#244;tel avant d'int&#233;grer un appartement. Pour la conseill&#232;re commence alors un accompagnement global, avec en plus la touche changement de sexe : se reconstituer, ouvrir les droits &#224; la garantie jeune, &#224; la CMU, int&#233;grer un protocole avec psychiatre et endocrinologue, changer de pr&#233;nom en mairie, demander l'affection longue dur&#233;e (prise en charge du traitement hormonal), r&#233;fl&#233;chir &#224; un projet d'insertion socioprofessionnelle&#8230; &lt;i&gt;&#171; Tous les lundis matin, on prend un petit d&#233;jeuner en commun, puis on fait nos recherches de travail, de formation, de logement, &lt;/i&gt; d&#233;taille John. &lt;i&gt;On est aid&#233; dans nos d&#233;marches, mais le but c'est qu'on s'en sorte seul pour avoir la fiert&#233; de se d&#233;brouiller sans nos parents. &#187;&lt;/i&gt; Apr&#232;s neuf mois, John s'&#233;mancipe de cette nouvelle famille pour en rejoindre une autre. Il part au Refuge de Lyon afin de suivre une formation de barman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Montpellier, l'association dispose d'un accueil de jour ouvert &#224; tous les jeunes d&#233;sireux d'&#233;changer sur leur homosexualit&#233; ou leur transsexualit&#233;. &#194;g&#233;s de 18 &#224; 25 ans, ils sont majoritairement en rupture familiale, et confront&#233;s &#224; des difficult&#233;s sociales. Ils manifestent un mal-&#234;tre vis-&#224;-vis de leur orientation sexuelle ou sont dans le d&#233;ni total. Victimes de discrimination, ils se questionnent et ont besoin d'une prise en charge sp&#233;cifique, d'une &#233;coute rassurante et d&#233;culpabilisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2868 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH447/capture_d_ecran_2021-02-22_a_17.20.36-37ece.png?1694024789' width='500' height='447' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lieu de rencontre entre h&#233;berg&#233;s, satellites log&#233;s dans d'autres structures et b&#233;n&#233;voles, l'accueil de jour a pour but premier de rompre l'isolement. Animatrice du lieu, Morgane Le Roux y cultive une extr&#234;me bienveillance. Dans Casse-toi !, livre tir&#233; de t&#233;moignages de &#171; R&#233;fugi&#233;s &#187;, Jean-Marie Perier d&#233;crit l'essence de cette ambiance singuli&#232;re : &lt;i&gt;&#171; Le m&#233;pris des gens finit par tenir chaud, alors on se regroupe, on &#233;change les caresses, on invente un humour commun, un rempart contre ceux qui n'aiment pas la m&#234;me danse, et puis au bout, peut-&#234;tre, on finit par se sentir bien. Apr&#232;s tout, les plus jolies familles sont celles que l'on s'invente&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Pour permettre de trouver sa place dans la soci&#233;t&#233;, le Refuge s'appuie sur le r&#233;confort d'une communaut&#233;. &lt;i&gt;&#171; Les permanences me remontent le moral, &lt;/i&gt; constate Fatou, Malienne de 28 ans. &lt;i&gt;Ici, pour la premi&#232;re fois je parle sans &#234;tre jug&#233;e, je me sens un peu chez moi. Maintenant, je peux dire&#8239;&#034; je suis lesbienne&#034;, avant je me cachais tout le temps. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2017, soixante-dix jeunes sont pass&#233;s par ce local. La plupart b&#233;n&#233;ficient d'un suivi social dans le droit commun. C&#233;line Gross reste &#224; leur disposition s'ils pr&#233;f&#232;rent passer par elle pour aborder leur sexualit&#233;. Entre les h&#233;berg&#233;s et les autres, elle a assur&#233; seize suivis renforc&#233;s l'an dernier. &lt;i&gt;&#171; Quand ils arrivent, ils sont tr&#232;s ab&#238;m&#233;&lt;/i&gt;s, constate C&#233;line. &lt;i&gt;La plupart n'ont aucune ressource et sortent d'un parcours d'errance. Ils ont avant tout besoin de s'accepter et de se reconstituer avant de r&#233;fl&#233;chir &#224; un projet. Nous travaillons en partenariat avec un m&#233;decin, une infirmi&#232;re et une psychologue. En th&#233;orie, l'h&#233;bergement dure six mois renouvelables une fois. Les plus &#233;loign&#233;s de l'insertion restent plus longtemps, mais si au bout d'un moment la personne n'adh&#232;re &#224; rien, on ne peut pas faire &#224; sa place. &#187;&lt;/i&gt; Le couvre-feu de 23&#8239;heures du dimanche au jeudi, les r&#233;unions obligatoires, la possibilit&#233; pour l'encadrement d'entrer dans les appartements, l'interdiction de fumer, de boire et de recevoir&#8230; le r&#232;glement int&#233;rieur peut rebuter. Certains claquent la porte, d'autres ayant int&#233;rioris&#233;s le rejet qu'ils provoquent, se r&#233;v&#232;lent trop homophobes pour rester. Pour partager leurs difficult&#233;s, leurs r&#233;ussites et sortir de leur isolement, les travailleurs sociaux du Refuge, tous seuls sur leur poste, se r&#233;unissent par Skype tous les quinze jours, et se retrouvent en s&#233;minaire une fois par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la gestion du budget est au c&#339;ur de l'apprentissage, l'antenne marseillaise a pr&#233;f&#233;r&#233; recruter une &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e plut&#244;t qu'une CESF. En 2017, Mathilde Claverie a accueilli vingt-six jeunes, dont neuf demandeurs d'asile. &lt;i&gt;&#171; En fait, si &#234;tre victime d'homophobie ou de transphobie est la porte d'entr&#233;e, ce poste touche l'ensemble du champ du social. Les cons&#233;quences de ces discriminations nous am&#232;nent &#224; travailler sur le trouble identitaire, la d&#233;pression, la d&#233;scolarisation, les addictions, le surendettement, l'administratif, la d&#233;linquance, la prostitution, la demande d'asile&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Son bureau se trouve dans l'espace collectif, servant &#233;galement d'accueil de jour. &lt;i&gt;&#171; &#199;a a l'avantage de me permettre d'observer leur fonctionnement et d'intervenir, s'ils mangent des chips au petit d&#233;jeuner, s'ils font la sieste jusqu'&#224; 18&#8239;heures, s'ils passent leur temps &#224; s'engueuler&#8230; Le midi, je cuisine et je mange avec eux, &#231;a cr&#233;e une proximit&#233; propice &#224; l'informel. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2869 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH393/capture_d_ecran_2021-02-22_a_17.20.47-65789.png?1694024789' width='500' height='393' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Se pr&#233;parer au d&#233;collage&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Second&#233;e par une service-civique qui assure les accompagnements physiques et par une stagiaire en troisi&#232;me ann&#233;e d'&#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e, Mathilde se voit comme une accompagnatrice dans l'entr&#233;e dans l'&#226;ge adulte. &lt;i&gt;&#171; C'est une p&#233;riode compliqu&#233;e pour tout le monde et l&#224;, sans pr&#233;paration, ils doivent se loger, payer les factures, se soigner, g&#233;rer leur vie. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce passage se traduit par pl&#233;thore de r&#233;flexes loin d'&#234;tre acquis &#224; l'adolescence : faire le m&#233;nage, a&#233;rer sa chambre, baisser le chauffage apr&#232;s la douche, ne pas &#233;couter sa musique &#224; fond dans les espaces collectifs&#8230; &lt;i&gt;&#171; Quand ils arrivent, ils sont souvent en choc post-traumatique, ce qui leur donne l'autonomie d'un enfant de 6 ans. L'objectif c'est qu'ils acqui&#232;rent une maturit&#233; suffisante pour &#234;tre autonome. Ma r&#233;ussite, c'est quand ils partent avec un boulot. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas si simple. Sharon est locataire depuis deux mois d'un logement autonome, mais peine &#224; couper le cordon. En formation dans le tourisme, elle appr&#233;cie son nouvel appartement, le quartier o&#249; il se trouve, mais vit mal la solitude. Il lui a fallu un mois avant d'y dormir, et elle continue &#224; venir d&#233;jeuner au Refuge. Apr&#232;s deux ans et demi, elle s'y sent comme une princesse. En &#233;g&#233;rie, elle sait capter l'attention, mais aussi se montrer attentive et complice avec les nouveaux. Symboliquement, elle tient &#224; conserver sa place dans la communaut&#233; et&#8230; son lit. Le Refuge dispose d'une chambre pour deux, de deux chambres pour trois et de deux chambres dans le diffus. Sans la pousser dehors, Mathilde lui sugg&#232;re que cette place pourrait servir &#224; quelqu'un dans le besoin. L'id&#233;e chemine, et de toute fa&#231;on Sharon reviendra partager son humour et son &#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa mani&#232;re d'assumer sa transsexualit&#233; &#233;blouit Hamed. &#192; 25 ans, il a l'air d'en avoir seize. Victime de maltraitance depuis l'&#226;ge de 6 ans, il a travers&#233; les fronti&#232;res depuis l'Alg&#233;rie sans autre espoir que d'&#233;chapper &#224; la mise &#224; mort par sa famille. Toute sa vie, son go&#251;t pour les hommes lui a valu d'&#234;tre trait&#233; comme un objet que l'on viole, frappe, humilie. &lt;i&gt;&#171; J'ai fui comme on se suicide, parce que j'ai pas de vie. J'ai l'impression d'&#234;tre un mouton qui vit sans savoir qu'&#224; la fin il va &#234;tre &#233;gorg&#233;. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;barqu&#233; &#224; Marseille en ao&#251;t, il obtient une place en centre d'h&#233;bergement d'urgence au bout d'une semaine. L&#224;, des travailleurs sociaux le per&#231;oivent comme une victime potentielle, et l'orientent vers le Refuge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; son arriv&#233;e, il reste recroquevill&#233; dans une salle de bain. Puis, la cohabitation avec une Ni&#231;oise pleine d'&#233;nergie, un Pakistanais polyglotte et bavard, un S&#233;n&#233;galais en deuxi&#232;me ann&#233;e de sociologie, un lyc&#233;en blagueur et&#8230; l'exub&#233;rante Sharon, le fait peu &#224; peu sortir de sa coquille.&lt;i&gt; &#171; La premi&#232;re chose que tu as faite, c'est de m'offrir des fleurs,&lt;/i&gt; raconte-t-il &#224; Mathilde en s'essuyant les yeux. &lt;i&gt;Ici, je ne vais pas bien, mais je suis mieux. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inscrit en cours de fran&#231;ais, il apprend &#224; bouger seul dans la ville. Reste &#224; lui faire entendre sa valeur, mais l'administration a une autre priorit&#233; : l'expulser en Italie. Pour &#233;chapper au dublinage, Mathilde le pr&#233;pare &#224; l'&#233;preuve du r&#233;cit de vie. Apr&#232;s une s&#233;ance douloureuse, elle l'apaise avec des mots doux. &lt;i&gt;&#171; Hamed, tu n'es pas un animal, tu es un &#234;tre humain avec plein de qualit&#233;s. Tu deviens un adulte, tu peux te reconstruire une famille. Ici, Carlota et Sharon ont de l'amour pour toi, moi aussi, m&#234;me si je suis ton &#233;duc. Maintenant, on va l&#226;cher la pression et aller se faire un bon repas. Je suis fi&#232;re de toi.&#8239;&lt;/i&gt; &#187; &#201;chafauder un cocon qui pr&#233;pare &#224; l'envol, tout un d&#233;fi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;(1) Tous les pr&#233;noms des h&#233;berg&#233;s ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les &#233;tablissements sociaux et m&#233;dico-sociaux sont-ils vraiment utiles ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1224-Les-etablissements-sociaux-et-medico-sociaux-sont-ils-vraiment-utiles</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/1224-Les-etablissements-sociaux-et-medico-sociaux-sont-ils-vraiment-utiles</guid>
		<dc:date>2018-03-06T08:19:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Institution</dc:subject>
		<dc:subject>Politique sociale</dc:subject>
		<dc:subject>1224</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La politique publique du handicap se fonde aujourd'hui sur trois concepts : la d&#233;sinstitutionnalisation, l'accompagnement et l'inclusion. Ceux, qui, comme moi, s'en &#233;taient fait depuis longtemps une ligne de conduite philosophique et pratique devraient s'en r&#233;jouir ; et pourtant le parfum d'imposture est patent ; le ma&#238;tre-mot est la transformation de l'offre m&#233;dico-sociale ; mais faudrait-il encore disposer d'une analyse juste des dispositifs existants, d'une approche qualitative des besoins et des (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Espace-du-lecteur" rel="directory"&gt;Espace du lecteur (acc&#232;s libre) &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Institution" rel="tag"&gt;Institution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Politique-sociale" rel="tag"&gt;Politique sociale&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La politique publique du handicap se fonde aujourd'hui sur trois concepts : la d&#233;sinstitutionnalisation, l'accompagnement et l'inclusion. Ceux, qui, comme moi, s'en &#233;taient fait depuis longtemps une ligne de conduite philosophique et pratique devraient s'en r&#233;jouir ; et pourtant le parfum d'imposture est patent ; le ma&#238;tre-mot est la transformation de l'offre m&#233;dico-sociale ; mais faudrait-il encore disposer d'une analyse juste des dispositifs existants, d'une approche qualitative des besoins et des r&#233;ponses et &#233;laborer des orientations qui int&#232;grent l'ensemble des probl&#233;matiques des handicaps (les autistes ont-ils les m&#234;mes besoins et attentes que les handicap&#233;s psychiques vieillissants et &#226;g&#233;s ou ceux d'un intellectuel parapl&#233;gique ?). Revenons aux concepts-cl&#233;s qui nourrissent le discours des d&#233;cideurs publics et de leurs contempteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de d&#233;sinstitutionnalisation est apparu dans les ann&#233;es post-soixante-huitardes, il conduisait notamment dans la sant&#233; mentale et le secteur m&#233;dico-social et social &#224; organiser la rupture avec les &#233;tablissements asilaires et s&#233;gr&#233;gatifs (les h&#244;pitaux psychiatriques, les grands internats ferm&#233;s&#8230;) privatifs de droits et de subjectivit&#233;. A l'oppos&#233; de la d&#233;sinstitution (la fermeture de toute structure sp&#233;cialis&#233;e), la d&#233;sinstitutionnalisation pr&#244;nait le d&#233;veloppement de structures de taille limit&#233;e, vivantes, diversifi&#233;es, en lien avec l'ext&#233;rieur, assurant le droit aux usagers d'avoir des possibilit&#233;s d'expression, d'information, de co-construction et de choix de vie. Depuis les ann&#233;es quatre-vingt, le mouvement vers la d&#233;sinstitutionnalisation a &#233;t&#233; dynamique ; les r&#233;ponses se sont diversifi&#233;es avec un r&#233;&#233;quilibrage tr&#232;s sensible entre les &#233;tablissements et les services ; l'offre se d&#233;veloppe plus rapidement dans les services (+15,2&#8239;%) que dans les &#233;tablissements (+0,4&#8239;%) pour les enfants entre&#8239;2010 et&#8239;2014 ; pour les adultes, +10,2&#8239;% dans les services contre 5,4&#8239;% dans les &#233;tablissements ; des places d'accueil temporaire et s&#233;quentiel ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es. L'ancrage et l'ouverture des structures dans les territoires se sont nettement accentu&#233;s ; les droits des usagers sont mis en &#339;uvre depuis plus de 30 ans (surtout dans les structures de type ESAT ou foyer d'h&#233;bergement) avant d'&#234;tre reconnus par la loi du 2&#8239;janvier 2002 r&#233;novant l'action sociale et m&#233;dico-sociale. Rien n'est donc plus faux que d'affirmer que le dispositif m&#233;dico-social est ferm&#233;, statique et autoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Piveteau et Serafin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette notion est compl&#233;mentaire de celle de d&#233;sinstitutionnalisation ; elle a accompagn&#233; le d&#233;membrement et l'ouverture des structures sp&#233;cialis&#233;es sur leur environnement. La logique de l'accompagnement suppose une pluralit&#233; des r&#233;ponses, &#224; la fois compl&#233;mentaires, progressives, r&#233;versibles, partenariales et territorialis&#233;es afin de respecter les besoins, les capacit&#233;s et les choix de vie. Les pratiques actuelles de d&#233;sinstitutionnalisation et d'accompagnement ouvrent, nous l'avons vu, un champ toujours davantage d&#233;cloisonn&#233; et ouvert entre les structures sp&#233;cialis&#233;es et les espaces d'&#233;ducation, de scolarisation, d'emploi et d'habitat dit &#171; ordinaires &#187;, au sein desquels les usagers ont davantage de droits et de possibilit&#233;s, m&#234;me si les pratiques et le dispositif existant sont sensiblement perfectibles. Or, la remise en question par les pouvoirs publics du secteur m&#233;dico-social s'appuie sur une approche pervertie des notions de d&#233;sinstitutionalisation et d'accompagnement. La politique publique s'appuie principalement sur le rapport Piveteau (&lt;i&gt;Z&#233;ro sans solution&lt;/i&gt;), sur un syst&#232;me de financement en pr&#233;paration (Serafin) et sur les &#171; r&#233;ponses accompagn&#233;es pour tous &#187; (l'habitat accompagn&#233;, le travail accompagn&#233;&#8230;), avec comme postulat qu'il faut &#171; lib&#233;rer les personnes handicap&#233;es de l'emprise des institutions &#187;. Notons au passage que le d&#233;lire de Madame Aguilar (qui appartient &#224; une instance consultative de l'ONU), selon laquelle 300 000 enfants et adultes handicap&#233;s fran&#231;ais &#233;taient &#171; enferm&#233;s &#187; dans des institutions, n'a provoqu&#233; aucune mise au point de la secr&#233;taire d'&#201;tat aux personnes handicap&#233;es. En fait, &#224; l'inverse des pratiques modernes issues d'un long travail en France et dans les pays europ&#233;ens comparables depuis trois d&#233;cennies, la politique publique actuelle du handicap, alors qu'elle promeut officiellement l'inclusion, conduit m&#233;caniquement, avec l'affaiblissement recherch&#233; des structures sp&#233;cialis&#233;es, &#224; l'isolement et au repli sur soi, notamment pour les personnes handicap&#233;es mentales, handicap&#233;es psychiques, polyhandicap&#233;es et autistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mauvais objet institutionnel ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport Piveteau estime qu'il ne faudrait plus cr&#233;er des &#171; places &#187; mais des &#171; solutions &#187; ; les &#171; places &#187; seraient r&#233;serv&#233;es aux cas les plus graves et encore faudrait-il multiplier pour eux-aussi les accueils temporaires et s&#233;quentiels, m&#234;me s'ils ne correspondent pas &#224; leurs demandes et &#224; leurs besoins. Les &#171; solutions &#187; seraient construites au niveau d'un territoire &#224; partir d'un &#171; plan d'accompagnement global &#187; qui donnera &#224; un usager un droit &#224; un certain nombre de prestations. Ainsi, &#224; titre d'exemple, un jeune adulte n'ayant pas trouv&#233; de place dans un foyer de jour, &#171; b&#233;n&#233;ficiera &#187; de prestations (&#233;ducatives, param&#233;dicales), tout en &#233;tant maintenu durablement &#224; domicile, m&#234;me si cela n'est pas son choix. C'est ce qu'on appelle une &#171; r&#233;ponse accompagn&#233;e &#187;. Le &#171; mauvais objet &#187; institutionnel, pourtant cr&#233;ateur de lien social et relationnel, de structuration dans le temps et dans l'espace ou encore de normalit&#233; (au sens du principe scandinave de normalisation) serait ainsi &#233;cart&#233; au profit d'une pseudo-inclusion qui se r&#233;sume, en fait, &#224; un retour en famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour accompagner la mise en &#339;uvre du rapport Piveteau, un nouveau syst&#232;me de financement, dit Serafin, est en cours d'&#233;laboration. Serafin pr&#233;voit de financer, &#224; partir de r&#233;f&#233;rentiels tr&#232;s r&#233;ducteurs de besoins et de prestations, les diff&#233;rents actes dispens&#233;s aux &#171; b&#233;n&#233;ficiaires &#187;. &#192; l'h&#244;pital, cette technique budg&#233;taire se d&#233;nomme la T2 A, dont les impacts n&#233;gatifs font consensus. Et pourtant, rien ne semble freiner la fr&#233;n&#233;sie de sanitarisation du secteur m&#233;dico-social. Nous nous trouvons aujourd'hui devant un d&#233;bat de fond entre deux options : la premi&#232;re est de s'adosser au dispositif existant (&#233;tablissements et services, droits des usagers, individualisation de l'accompagnement, ouverture sur l'environnement, choix de vie&#8230;) pour faire face aux &#233;volutions populationnelles, sociales et culturelles ; la seconde est de favoriser la vie au domicile (des parents ? des fr&#232;res et s&#339;urs ? lorsque les handicaps psychiques sont vifs et r&#233;currents, lorsque le vieillissement et la d&#233;pendance auront raison des solutions familiales&#8230; ?) S'agira-t-il de substituer &#224; la solidarit&#233; collective, la compassion, la solidarit&#233; interpersonnelle et intra-familiale et la plupart du temps, al&#233;atoire ? C'est parce que le dispositif actuel de r&#233;ponses est diversifi&#233; et stable (institutions, services, vie chez soi, placement familial, int&#233;gration &#171; assist&#233;e &#187; ou totale&#8230;) et correctement financ&#233; par la collectivit&#233; qu'il ouvre &#224; chacun le b&#233;n&#233;fice des droits &#224; l'&#233;ducation, au travail, au logement, &#224; la formation&#8230; Par contre, une approche fondamentaliste de l'inclusion (pas d'&#233;tablissements sociaux et m&#233;dico-sociaux) associ&#233;e &#224; l'&#233;ternel fantasme de diminution des budgets sociaux, ne permettrait pas l'acc&#232;s aux droits fondamentaux mais plut&#244;t &#224; des aides &#224; la d&#233;pendance (comme pour les personnes &#226;g&#233;es). Les associations, les professionnels et plus largement la soci&#233;t&#233; civile devraient s'emparer de ce d&#233;bat qui est tout sauf technique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Webdoc &#8226; &#192; toi de choisir</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1224-Webdoc-o-A-toi-de-choisir</link>
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		<dc:date>2018-03-06T08:19:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>1224</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Combien de fois par jour, tu fais un choix ? Vas-tu rester jusqu'&#224; la fin ? Allez, tu me suis ? Je vais te pr&#233;senter du monde. &#187; D&#232;s son introduction, une voix guide l'internaute &#224; se d&#233;placer dans cet objet audiovisuel aux possibilit&#233;s multiples. Suis-moi ! est un webdocumentaire interactif, compos&#233; de quatorze portraits et de huit parcours, qui interroge le vivre ensemble. Ici &#171; on ne sait pas d'o&#249; tu viens. Il y a toutes les couleurs de peau et &#231;a ne choque pas. &#187; Entre Caen et la mer, H&#233;rouville (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/OEil-et-oreille" rel="directory"&gt;&#338;il et oreille&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Combien de fois par jour, tu fais un choix ? Vas-tu rester jusqu'&#224; la fin ? Allez, tu me suis ? Je vais te pr&#233;senter du monde. &#187;&lt;/i&gt; D&#232;s son introduction, une voix guide l'internaute &#224; se d&#233;placer dans cet objet audiovisuel aux possibilit&#233;s multiples. Suis-moi ! est un webdocumentaire interactif, compos&#233; de quatorze portraits et de huit parcours, qui interroge le vivre ensemble. Ici &lt;i&gt;&#171; on ne sait pas d'o&#249; tu viens. Il y a toutes les couleurs de peau et &#231;a ne choque pas. &#187; &lt;/i&gt; Entre Caen et la mer, H&#233;rouville Saint-Clair (Calvados) est une ville nouvelle aux 80 nationalit&#233;s. Apr&#232;s les attentats de 2015, sa biblioth&#232;que a eu besoin d'initier un grand projet, o&#249; deux r&#233;alisateurs, Camille Julie et Nicolas Glorieux, 300 habitants de la commune et le tissu associatif et institutionnel local, ont creus&#233; ensemble cette question pour lui donner du sens. Un an et demi plus tard, cette initiative positive sur le territoire aboutit &#224; &lt;i&gt;Suis-moi ! &#171; une promenade 2.0 &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa &#171; coloc' sans fronti&#232;res &#187;, Kleant tente d'oublier le pass&#233; pour vivre le pr&#233;sent. Marie-C&#233;cile aime sa ville cosmopolite et Mimoun se sent maintenant chez lui. Karim, l'&#233;ducateur de rue, &lt;i&gt;&#171; recolle les morceaux des quartiers &#187;&lt;/i&gt; et Jean-Fran&#231;ois se reconstruit en aidant les autres. &lt;i&gt;&#171; Le vivre ensemble est de savoir vivre &#224; c&#244;t&#233;, savoir se supporter, se tol&#233;rer et s'entraider &#187;&lt;/i&gt;, commente Stanislas Purol, &#233;ducateur au SAMIE (1). Devant ou derri&#232;re la cam&#233;ra, en travaillant en atelier, les habitants se sont empar&#233;s de cette cr&#233;ation participative pens&#233;e par les r&#233;alisateurs comme &lt;i&gt;&#171; une balade cin&#233;matographique &#224; travers la ville &#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; Et bien tu m'as suivi jusque l&#224;&#8230; tu as trac&#233; ta propre route&#8230; Tu veux continuer &#224; te promener ? Alors envie de recommencer ? &#187;&lt;/i&gt; D'un clic &#224; l'autre, apparait une ville, des personnages multi-culturels r&#233;unis autour d'un vivre ensemble singulier et pluriel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2870 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH245/capture_d_ecran_2021-02-22_a_17.40.49-e0821.png?1693503133' width='500' height='245' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Suis-moi !&lt;/i&gt;, une promenade documentaire &#233;crite et r&#233;alis&#233;e par Camille Julie et Nicolas Glorieux, &#224; voir en ligne &lt;br class='autobr' /&gt;
ou en organisant des s&#233;ances &#224; domicile, en structures, &lt;br class='autobr' /&gt;
en institution&#8230; | &lt;a href=&#034;https://suis-moi.fr&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://suis-moi.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;(1) Service d'accueil des mineurs isol&#233;s &#233;trangers de France Terre d'Asile.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Graffiti &#8226; Faire parler les murs</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1224-Graffiti-o-Faire-parler-les-murs</link>
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		<dc:date>2018-03-06T08:19:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Exposition</dc:subject>
		<dc:subject>1224</dc:subject>

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&lt;p&gt;Quand deux &#233;ducatrices sp&#233;cialis&#233;es motiv&#233;es proposent un projet &#233;ducatif dans leur structure, les portes s'ouvrent. Laurianne Lhoste et Alexandra Revert travaillent au sein de la Section d'initiation et de premi&#232;re formation professionnelle (SIPFPro) de l'Institut m&#233;dico-&#233;ducatif (IME) Les Pampous de Draveil (Essonne). &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment marquer la place des jeunes en situation de handicap mental au sein de la cit&#233; en valorisant leurs comp&#233;tences et leur int&#233;gration sociale ? Leur projet Ouvrir les portes pour (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand deux &#233;ducatrices sp&#233;cialis&#233;es motiv&#233;es proposent un projet &#233;ducatif dans leur structure, les portes s'ouvrent. Laurianne Lhoste et Alexandra Revert travaillent au sein de la Section d'initiation et de premi&#232;re formation professionnelle (SIPFPro) de l'Institut m&#233;dico-&#233;ducatif (IME) Les Pampous de Draveil (Essonne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment marquer la place des jeunes en situation de handicap mental au sein de la cit&#233; en valorisant leurs comp&#233;tences et leur int&#233;gration sociale ? Leur projet Ouvrir les portes pour sortir des murs, initi&#233; en 2016, vise &#224; investir la ville, marquer le territoire &#8211; l&#233;galement &#8211;, stimuler la cr&#233;ativit&#233; des jeunes, d&#233;velopper leurs talents, par l'interm&#233;diaire d'un art moderne et urbain, le graffiti. Ce projet graff ouvre sur la vie sociale, lutte contre les pr&#233;jug&#233;s, favorise les &#233;changes entre le milieu ordinaire et le milieu sp&#233;cialis&#233;, d&#233;cloisonne les services de l'IME.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mur d'expression choisi est visible depuis l'espace public, aux yeux de tous, &#224; l'entr&#233;e de la base de loisirs Port aux Cerises de Draveil. Cinq jours durant, encadr&#233; et accompagn&#233; par le graffeur Move, les sept participants, en fonction de leurs capacit&#233;s, accomplissaient une t&#226;che. Sac plastique en guise de combinaison, bombe &#224; la main, masque sur les visages, chacun a su exprimer ses talents de dessin ou de peinture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#233;moin d'un &#171; vivre ensemble &#187;, la fresque inscrit les jeunes de la SIPFPro des Pampoux dans la vie de la cit&#233;. &lt;i&gt;&#171; Fiers &#187;&lt;/i&gt; de leur graff, ils sont aussi &lt;i&gt;&#171; intimid&#233;s &#224; ce qu'elle soit vue par autant de personnes inconnues&#8239;&lt;/i&gt; &#187;. De l'&#233;criture &#224; la r&#233;alisation du mur, deux ans auront &#233;t&#233; n&#233;cessaires aux deux &#233;ducatrices. Patience et impatience auront rythm&#233; la concr&#233;tisation de ce projet qui, comme elles l'affirment, &lt;i&gt;&#171; &#339;uvre &#224; donner le statut de citoyen &#224; ces jeunes. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2871 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH177/capture_d_ecran_2021-02-22_a_17.41.18-7776a.png?1694024789' width='500' height='177' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les Pampoux - Les Papillons Blancs de l'Essonne&lt;/i&gt;, association de parents et d'amis de personnes handicap&#233;es mentales avec ou sans handicaps associ&#233;s | &lt;a href=&#034;http://www.papillonsblancs91.fr-&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.papillonsblancs91.fr-&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Docu &#8226; &#201;loge de la formation</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1224-Docu-o-Eloge-de-la-formation</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>1224</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le r&#233;alisateur Ludovic Tac poursuit, apr&#232;s un premier documentaire (1), son immersion dans le travail social avec Apprendre &#224; aider. Durant un an, il s'est plong&#233; au c&#339;ur d'une &#233;cole de formation des assistants de services sociaux, l'&#201;cole Nationale Sociale &#224; Paris. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils s'appellent Fatoumata, Laure, Richard, Lou&#8230; Jeunes &#233;tudiants ou en reconversion professionnelle, ils sont une cinquantaine chaque ann&#233;e &#224; suivre un cursus de formation de trois ans pour obtenir le dipl&#244;me d'&#201;tat d'assistant&#183;e de service (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/OEil-et-oreille" rel="directory"&gt;&#338;il et oreille&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1224-" rel="tag"&gt;1224&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le r&#233;alisateur Ludovic Tac poursuit, apr&#232;s un premier documentaire (1), son immersion dans le travail social avec Apprendre &#224; aider. Durant un an, il s'est plong&#233; au c&#339;ur d'une &#233;cole de formation des assistants de services sociaux, l'&#201;cole Nationale Sociale &#224; Paris.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ils s'appellent Fatoumata, Laure, Richard, Lou&#8230; Jeunes &#233;tudiants ou en reconversion professionnelle, ils sont une cinquantaine chaque ann&#233;e &#224; suivre un cursus de formation de trois ans pour obtenir le dipl&#244;me d'&#201;tat d'assistant&#183;e de service social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de philosophie, la question est pos&#233;e d'embl&#233;e. &lt;i&gt;&#171; Est-ce que tout s'ach&#232;te ? &#187;&lt;/i&gt; Un &#233;change entre l'enseignant et les &#233;tudiants s'instaure. Si &lt;i&gt;&#171; l'argent ne peut pas tout acheter &#187;&lt;/i&gt;, il peut &lt;i&gt;&#171; impliquer l'id&#233;e de passion, de d&#233;mesure &#187;&lt;/i&gt;. Le danger ne serait-il pas que &lt;i&gt;&#171; l'argent passe du statut d'instrument, de moyen &#224; celui de finalit&#233; ? &#187;&lt;/i&gt; La charit&#233;, &#224; savoir donner aux pauvres, s'oppose de fait &#224; la solidarit&#233; c'est-&#224;-dire favoriser l'autonomie des personnes. Ici &#224; l'&#201;cole Nationale Sociale (ENS), la philosophie est intrins&#232;quement li&#233;e au travail social. Laure reconna&#238;t que &lt;i&gt;&#171; la philosophie aide &#224; avoir son propre regard &#187;&lt;/i&gt;. Cette jeune &#233;tudiante souhaite lutter contre les injustices sociales, en s'engageant dans le travail social et veut faire &lt;i&gt;&#171; sa part pour contribuer &#224; un monde meilleur. &#187;&lt;/i&gt; Tout comme Lou qui d&#233;sire apprendre ce m&#233;tier qui &lt;i&gt;&#171; respecte mes valeurs &#187;&lt;/i&gt;. Tous questionnent l'injustice sociale, le fonctionnement de la soci&#233;t&#233;. &lt;i&gt;&#171; S'il n'y avait pas de travail social, &#224; qui s'adresserait-on ? &#187;&lt;/i&gt;, t&#233;moigne Richard. Invisible, peu reconnu, le travail social n'&#233;br&#232;che pas pour autant l'enthousiasme de ces &#233;tudiants, m&#234;me si comme le d&#233;plore Fatoumata, &lt;i&gt;&#171; le social est moins valoris&#233; que la sant&#233; qui le consid&#232;re comme du blabla. Il n'y a pas que les piq&#251;res, on a aussi besoin de ces blablas pour pouvoir accompagner la personne. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revenant &#224; son sujet de pr&#233;dilection, le r&#233;alisateur Ludovic Tac explore la fabrique du social &#224; la source, l&#224; o&#249; il s'apprend. Il suit quatre &#233;tudiants au cours de leur derni&#232;re ann&#233;e de formation. Les s&#233;quences s'encha&#238;nent d'un personnage &#224; l'autre, des cours th&#233;oriques de l'ENS aux stages pratiques. Sur le terrain, chacun se confronte au m&#233;tier. Le stage ouvre des perspectives et de nouvelles pistes de r&#233;flexion ; &lt;i&gt;&#171; il m'apporte une posture professionnelle &#187;&lt;/i&gt;, affirme Fatoumata. Sur le terrain des sans-papiers, Lou questionne : &lt;i&gt;&#171; Comment fait-on pour aider les gens, s'il n'y aucun dispositif d'aide possible ? &#187;&lt;/i&gt; Et voil&#224; que le tuteur de stage de Richard ironise devant un usager :&lt;i&gt; &#171; C'est bient&#244;t un professionnel des feuilles de papier comme moi. &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2872 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH264/capture_d_ecran_2021-02-22_a_17.41.27-a76a6.png?1694024790' width='500' height='264' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une gymnastique de l'esprit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de ces trois ann&#233;es de formation qui rendent &lt;i&gt;&#171; plus militant &#187;&lt;/i&gt;, les &#233;tudiants ont certes appris un m&#233;tier, mieux compris le sens du travail social et admettent aussi qu'ils ont chang&#233;. &lt;i&gt;&#171; En d&#233;construisant nos repr&#233;sentations, nous avons travaill&#233; sur nous-m&#234;mes &#187;&lt;/i&gt;, confie Fatoumata. Laure reconna&#238;t que cette formation apporte &lt;i&gt;&#171; une gymnastique de l'esprit que l'on n'avait pas forc&#233;ment avant &#187;&lt;/i&gt;. Elle permet l'acquisition d'automatismes, de m&#233;thodologie. &lt;i&gt;&#171; Ce n'est pas un m&#233;tier qui s'improvise. Il force &#224; se positionner. &#187;&lt;/i&gt; Apprendre &#224; aider est une invitation &#224; entrer &#224; l'int&#233;rieur d'un processus qui, outre l'apprentissage d'un m&#233;tier, transforme aussi en profondeur ces futurs accompagnateurs en laissant une empreinte tout au long de leur parcours professionnel &#224; venir. Et Laure de s'impatienter : &lt;i&gt;&#171; J'ai h&#226;te de bosser. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2873 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH283/capture_d_ecran_2021-02-22_a_17.41.38-23ac4.png?1694024790' width='500' height='283' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;dit photos : Kanari - Apprendre &#224; aider&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Apprendre &#224; aider&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
un film documentaire de Ludovic Tac (2017) &#8212; dur&#233;e : 52'.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce film est visible en VOD. Se renseigner aupr&#232;s &lt;br class='autobr' /&gt;
de la production Kanari Films | &lt;a href=&#034;http://www.kanarifilms.fr&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.kanarifilms.fr&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;&#8212; -&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;(1) Vous avez dit social ? un webdocumentaire de Ludovic Tac et Corinne Bondu &#8211; lire LS n&#176;1175&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Esat &#8226; Les dangers du tout inclusif</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1224-Esat-o-Les-dangers-du-tout-inclusif</link>
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		<dc:date>2018-03-06T08:19:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Travailleur handicap&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Travail prot&#233;g&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>1224</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les &#201;tablissements et services d'aide par le travail sont aujourd'hui soumis &#224; la pression du gouvernement pour acc&#233;l&#233;rer l'inclusion en milieu ordinaire. Cette inclusion &#224; marche forc&#233;e comporte des risques : une mauvaise prise en compte des besoins des personnes, une perte de leurs droits et de leurs acquis en termes de vie sociale et de statut. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Vous croyez que les entreprises attendent nos120000 travailleurs &#187; ? G&#233;rard Zribi, d&#233;l&#233;gu&#233; national de l'Association nationale des directeurs et cadres (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Travailleur-handicape" rel="tag"&gt;Travailleur handicap&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Travail-protege" rel="tag"&gt;Travail prot&#233;g&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1224-" rel="tag"&gt;1224&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les &#201;tablissements et services d'aide par le travail sont aujourd'hui soumis &#224; la pression du gouvernement pour acc&#233;l&#233;rer l'inclusion en milieu ordinaire. Cette inclusion &#224; marche forc&#233;e comporte des risques : une mauvaise prise en compte des besoins des personnes, une perte de leurs droits et de leurs acquis en termes de vie sociale et de statut.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Vous croyez que les entreprises attendent nos120000 travailleurs &#187;&lt;/i&gt; ? G&#233;rard Zribi, d&#233;l&#233;gu&#233; national de l'Association nationale des directeurs et cadres d'Esat (Andicat), ne cache pas son agacement face aux injonctions du gouvernement qui p&#232;sent sur les &#201;tablissements et services d'aide par le travail (Esat). &lt;i&gt;&#171; Depuis quatre ans, aucune place n'a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e. Cela s'inscrit dans une conception un peu int&#233;griste de l'inclusion, le concept de d&#233;sinstitutionnalisation, qui souhaite la fermeture de toute structure sp&#233;cialis&#233;e. Or nos &#233;tablissements, qui n'ont cess&#233; de se r&#233;former, permettent justement l'acc&#232;s aux droits des personnes, leur citoyennet&#233;, leur vie sociale. &#187;&lt;/i&gt; Bien ins&#233;r&#233;s dans le secteur m&#233;dico-social, mais &#224; la fronti&#232;re entre travail social et entreprise, les Esat font toujours figure d'ovnis. Cr&#233;&#233;s par le milieu associatif face au manque de solution de r&#233;insertion professionnelle pour les personnes en situation de handicap, surtout intellectuel, les premiers Centres d'aide par le travail (CAT) ont &#233;t&#233; ouverts en 1954, puis se sont d&#233;velopp&#233;s dans les ann&#233;es 80. Leurs activit&#233;s traditionnelles : l'entretien des espaces verts, le conditionnement, la blanchisserie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2874 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L300xH201/capture_d_ecran_2021-02-22_a_17.58.38-3314f.png?1694024790' width='300' height='201' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;Ovnis aussi parce que, &#224; la crois&#233;e des financements (Agence r&#233;gionale de sant&#233; (ARS), D&#233;partements, b&#233;n&#233;fices propres), les Esat ne se contentent pas de donner du travail, mais interviennent aussi dans la vie sociale des personnes et leur h&#233;bergement. Plusieurs fois au cours de l'histoire, ils ont &#233;t&#233; sujets &#224; controverse : d&#233;nonc&#233;s par les uns comme des usines productivistes profitant d'une main d'&#339;uvre pas ch&#232;re, par les autres comme des lieux dont les travailleurs ne peuvent jamais s'extraire. La loi du 2 janvier 2002, pla&#231;ant l'usager au c&#339;ur des politiques sociales, a aussi encourag&#233; l'&#233;mergence des revendications des travailleurs, en termes de salaire, d'am&#233;nagements horaires, de participation &#224; la vie de l'&#233;tablissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2875 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH300/capture_d_ecran_2021-02-22_a_17.58.46-fcb7e.png?1694024790' width='500' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'adapter au handicap psychique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; est contrast&#233;e : si certains &#233;tablissements doivent progresser dans le bien-&#234;tre, l'acc&#232;s &#224; la vie sociale et les activit&#233;s professionnelles des travailleurs, d'autres ont fait des efforts consid&#233;rables pour s'adapter &#224; l'&#232;re du temps, aux projets personnalis&#233;s de chacun, &#224; la diversification des activit&#233;s &#233;conomiques, &#224; l'ouverture sur le milieu ordinaire. Ces derni&#232;res ann&#233;es, ils ont &#233;t&#233; marqu&#233;s par une double &#233;volution majeure : le vieillissement de leur population et l'arriv&#233;e croissante de personnes en situation de handicap psychique. Il a fallu s'adapter, former les moniteurs d'atelier, les personnels m&#233;dico-sociaux, cr&#233;er de nouveaux services : services d'aide &#224; la vie sociale (SAVS), Esat hors les murs, sas vers l'insertion en milieu ordinaire. Car c'est lui, le milieu ordinaire, qui constitue la boussole des pouvoirs publics aujourd'hui, demandant aux Esat de tout faire pour cr&#233;er des passerelles vers le monde du travail classique. L'app&#233;tence de l'&#201;tat pour l'emploi accompagn&#233; ou &#171; job-coaching &#187;, concept &#224; la mode de tutorat personnalis&#233; dans l'entreprise, en est un autre signe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;shabiller Pierre pour habiller Paul ne constitue pourtant pas une politique vertueuse, selon G&#233;rard Zribi. &lt;i&gt;&#171; Nous nous sommes r&#233;cemment retrouv&#233;s avec tous les grands acteurs du handicap et du travail (1) pour porter une position commune visant le maintien et le d&#233;veloppement de toutes nos modalit&#233;s d'accompagnement, dans leur diversit&#233;. Arr&#234;tons d'opposer les acteurs, c'est contre-productif. &#187;&lt;/i&gt; &#192; M&#233;zin dans le Lot-et-Garonne, l'Esat g&#233;r&#233; par l'association l'Essor fut un pr&#233;curseur dans l'accueil des personnes en situation de handicap psychique. Outre la cr&#233;ation d'activit&#233;s de services, valorisantes pour les travailleurs et dynamisantes pour le village, l'h&#233;bergement diffus correspondant aux souhaits et aux besoins de chacun, une participation active &#224; la citoyennet&#233;, l'accompagnement vers le milieu ordinaire a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;. SAVS, mise &#224; disposition en entreprise, cr&#233;ation d'une association (Adiph 47) avec tous les Esat du d&#233;partement pour favoriser l'acc&#232;s au milieu ordinaire du travail. En 2017, l'Adiph47 a rajout&#233; une corde &#224; son arc en cr&#233;ant une plateforme pour l'insertion professionnelle destin&#233;e aux Lot-et-Garonnais en situation de handicap et ayant le d&#233;sir de retrouver du travail. &lt;i&gt;&#171; Nous sommes dans une adaptation constante aux besoins des personnes, &#224; l'&#233;coute de leurs demandes&lt;/i&gt;, affirme Alain-Paul Perrou, coordonnateur de la plateforme et vice-pr&#233;sident d'Andicat.&lt;i&gt; Et c'est parce que nous sommes au plus pr&#232;s d'elles que nous savons que les incantations du secr&#233;tariat d'&#201;tat aux personnes handicap&#233;es sur le &#171; tout inclusion &#187; ne sont pas r&#233;alistes. Je serais curieux de rencontrer les conseillers du gouvernement sur le handicap. Car il est clair qu'aujourd'hui ce ne sont pas les bonnes personnes. &#187; &lt;/i&gt; Il prend l'exemple d'un travailleur mis &#224; disposition en entreprise pendant huit ans, qui a souhait&#233; quitter l'Esat pour entrer dans l'entreprise en CDI. &lt;i&gt;&#171; Tr&#232;s rapidement, il a d&#233;compens&#233;. Le milieu ordinaire de travail n'est pas un id&#233;al &#224; atteindre : l'id&#233;al, c'est le bien-&#234;tre de la personne. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2876 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH241/capture_d_ecran_2021-02-22_a_17.58.56-08a57.png?1694024790' width='500' height='241' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un statut adapt&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une conviction partag&#233;e par l'Esat EtiC, cr&#233;&#233; en 2008 par l'&#201;tablissement public de sant&#233; mentale Lille-M&#233;tropole. Ici, vingt-cinq personnes en situation de handicap psychique sont accompagn&#233;es en milieu ordinaire de travail. Souffrant de maladies psychiques s&#233;v&#232;res &#8211; troubles psychotiques, bipolaires, grave d&#233;pression &#8211; elles ont v&#233;cu un long parcours de soins, une perte de travail et une d&#233;sinsertion sociale. &lt;i&gt;&#171; Il &#233;tait hors de question de cr&#233;er pour elles un Esat &#171; classique &#187; mais au contraire de leur permettre d'exercer en milieu ordinaire de travail et de retrouver leur place dans la soci&#233;t&#233; &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Elizabeth Duhal, directrice. La clef de la r&#233;int&#233;gration, c'est le temps long. Comme &#224; M&#233;zin, l'Esat a obtenu une d&#233;rogation afin de prolonger les mises &#224; disposition des personnes en entreprise, d'une dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e (la dur&#233;e l&#233;gale est de deux ans maximum, au-del&#224; desquels la personne doit quitter l'Esat).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les vingt-cinq personnes accompagn&#233;es travaillent, essentiellement &#224; temps partiel en raison de leur fatigabilit&#233;, dans des entreprises aux activit&#233;s tr&#232;s diff&#233;rentes : livraison, espaces verts, restauration collective, secr&#233;tariat, comptabilit&#233;,&#8239;etc. L'&#233;quipe de l'Esat se r&#233;sume &#224; trois personnes : la directrice, un charg&#233; d'insertion professionnelle et un &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; charg&#233; de la vie sociale. Ils s'appuient sur un r&#233;seau de soignants et sur des r&#233;f&#233;rents professionnels dans les entreprises accueillantes. L'Esat ne dispose pas de structure d'h&#233;bergement associ&#233;e, l&#224; aussi pour permettre aux personnes de vivre majoritairement chez elles ou dans leur famille, comme tout le monde. Depuis neuf ans, six personnes ont quitt&#233; l'Esat. C'est peu, mais logique : pour Elizabeth Duhal, le statut Esat permet de r&#233;pondre id&#233;alement aux besoins des personnes, dans une soci&#233;t&#233; &lt;i&gt;&#171; o&#249; les repr&#233;sentations sur le handicap psychique sont encore nombreuses et o&#249; les mentalit&#233;s doivent &#233;voluer &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2877 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH280/capture_d_ecran_2021-02-22_a_17.59.05-26b05.png?1694024790' width='500' height='280' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple de mutation : en 2002, quand Jacques Serpette prend la t&#234;te de l'Esat de Falaise (Calvados) g&#233;r&#233; par l'association l'Essor, les travailleurs vivent dans un manoir perdu dans la campagne. Il a pour mission de quitter ces locaux pour en faire construire d'autres, en zone urbaine. Il d&#233;veloppe les activit&#233;s et services pour les travailleurs, reprend notamment la g&#233;rance de l'ancienne cantine de l'usine Moulinex, ouverte au public. &lt;i&gt;&#171; Aujourd'hui, 6 &#224; 7 personnes sur 75 travaillent en permanence en entreprise,&lt;/i&gt; d&#233;crit-il. &lt;i&gt;Depuis deux ans, seulement une personne par an rejoint le milieu ordinaire. Quand je me prends &#224; r&#234;ver, je me dis que cinq personnes par an ce serait extraordinaire. Mais l'inclusion, &#231;a ne se r&#233;sume pas &#224; cela. C'est ouvrir un restaurant o&#249; tout le monde peut d&#233;jeuner avec les travailleurs, c'est ouvrir la blanchisserie aux clients, c'est permettre aux travailleurs de prendre la parole, dans l'&#233;tablissement et en dehors, c'est saisir toute opportunit&#233; de contact avec l'ext&#233;rieur. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi savoir balayer devant sa porte : &lt;i&gt;&#171; Il y a des r&#233;sistances en interne dans certains &#233;tablissements &#224; encourager l'inclusion et l'autonomie. Cela doit &#234;tre accompagn&#233; et port&#233; au niveau associatif. Et puis ce serait bien aussi qu'on arr&#234;te de parler de secteur &#171; prot&#233;g&#233; &#187; : notre mission premi&#232;re n'est pas de prot&#233;ger les personnes, mais de les tirer vers le haut. &#187;&lt;/i&gt; Mais le secteur m&#233;dico-social ne peut pas porter &#224; lui tout seul les n&#233;cessaires mutations d'une soci&#233;t&#233;. Combien d'ARS, combien de services de l'&#201;tat sont pr&#234;ts &#224; embaucher ces usagers ? Combien d'entreprises ? Quant &#224; la motivation des travailleurs, elle doit rester prioritaire : or nombre d'entre eux, maltrait&#233;s dans le milieu ordinaire, tiennent &#224; leur statut et leur place en Esat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;(1) Union nationale des entreprises adapt&#233;es (UNEA), Collectif emploi accompagn&#233;, Groupe national des &#233;tablissements publics sociaux et m&#233;dico-sociaux (GEPSO) et Andicat.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Reportage &#8226; L'emploi prot&#233;g&#233;, et apr&#232;s ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1224-Reportage-o-L-emploi-protege-et-apres</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/1224-Reportage-o-L-emploi-protege-et-apres</guid>
		<dc:date>2018-03-06T08:19:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Travailleur handicap&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Travail prot&#233;g&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>1224</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; Marseille, l'Esat La Manade accompagne soixante et un ouvriers dans leur insertion professionnelle. Si une minorit&#233; exprime la volont&#233; d'int&#233;grer le milieu ordinaire, l'&#233;quipe pluridisciplinaire exp&#233;rimente des outils pour r&#233;pondre &#224; ce d&#233;sir tout en pr&#233;servant un espace de travail prot&#233;g&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Moi, si je ne travaille pas &#224; mon rythme, je fais des crises &#224; cause de ma maladie et je me fais virer. Ici, ils ont du c&#339;ur, alors je pr&#233;f&#232;re rester l&#224; que d'aller dans le milieu ordinaire, mais on verra, plus tard (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Marseille, l'Esat La Manade accompagne soixante et un ouvriers dans leur insertion professionnelle. Si une minorit&#233; exprime la volont&#233; d'int&#233;grer le milieu ordinaire, l'&#233;quipe pluridisciplinaire exp&#233;rimente des outils pour r&#233;pondre &#224; ce d&#233;sir tout en pr&#233;servant un espace de travail prot&#233;g&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Moi, si je ne travaille pas &#224; mon rythme, je fais des crises &#224; cause de ma maladie et je me fais virer. Ici, ils ont du c&#339;ur, alors je pr&#233;f&#232;re rester l&#224; que d'aller dans le milieu ordinaire, mais on verra, plus tard &#231;a peut changer. &#187;&lt;/i&gt; Ag&#233;e de 39 ans, Jeannine travaille depuis dix ans &#224; l'Esat La Manade de Marseille. Sp&#233;cialis&#233;e dans le handicap psychique, la structure compte soixante et une places r&#233;parties sur cinq activit&#233;s : atelier d&#233;coration bois, espaces verts, reprographie, conditionnement alimentaire et assemblage m&#233;canique. Install&#233;s dans un ancien pavillon du centre hospitalier Valvert, les postes de travail sont r&#233;partis dans des espaces contenants et s&#233;curisants, aux antipodes des open spaces ou des grandes cha&#238;nes de montage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Financ&#233; par l'Agence r&#233;gionale de la sant&#233; mais aussi par sa production, cette entreprise prot&#233;g&#233;e doit composer avec des contraintes li&#233;es &#224; la satisfaction de la client&#232;le. L'&#233;quipe encadrante cherche donc en permanence l'&#233;quilibre entre les exigences des clients et la protection des ouvriers. &lt;i&gt;&#171; Les centres d'aide par le travail &#233;taient dans l'occupationnel,&lt;/i&gt; explique le directeur, Luc Castino. &lt;i&gt;Aujourd'hui, les Esat sont des vrais lieux de travail qui doivent s'adapter &#224; des obligations de qualit&#233; des prestations, sinon on risque de ne plus avoir de commandes. Mais il faut aussi faire attention &#224; la tendance actuelle &#224; la d&#233;sinstitutionalisation des financements, si on devait financer des postes d'encadrement gr&#226;ce aux seuls revenus de la production, c'est le milieu prot&#233;g&#233; qui serait mis en danger. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Port&#233; par l'association r&#233;adaptation et r&#233;insertion des malades mentaux (ARReMMe), l'&#233;tablissement a fait le choix de se doter d'un service psychosocial pluridisciplinaire. L'accompagnement des usagers est assur&#233; par une charg&#233;e d'insertion et une conseill&#232;re en &#233;conomie sociale et familiale, toutes deux &#224; temps plein, une &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e r&#233;f&#233;rente sociale et une psychologue &#224; 80&#8239;%. Huit moniteurs d'atelier assurent la formation, l'adaptation au poste de travail, la qualit&#233; et le d&#233;roulement dans les d&#233;lais de la production, tout en restant vigilants sur la bientraitance. &lt;i&gt;&#171; Le handicap psychique est complexe parce qu'il est cyclique,&lt;/i&gt; souligne Luc Castino. &lt;i&gt;M&#234;me dans le milieu prot&#233;g&#233;, on voit la maladie ressurgir, souvent suite &#224; des ruptures de soin. Nous n'imposons pas la m&#233;dicalisation, mais on en parle ouvertement. La psychologue fait le lien avec les centres m&#233;dico-psychologiques et, plus difficilement, avec les psychiatres lib&#233;raux. Malgr&#233; tout, nous avons des personnes qui sont en souffrance et qui se mettent en arr&#234;t maladie, voire en longue maladie. Pour &#233;viter l'isolement, nous r&#233;fl&#233;chissons &#224; un sas avec une proposition d'activit&#233;s de socialisation sans production, qui permette de ne pas compl&#233;tement se couper du monde du travail. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'accompagnement dans le milieu ordinaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; des ouvriers vont rester en milieu prot&#233;g&#233; toute leur vie, au niveau national une infime minorit&#233; des travailleurs en Esat expriment le d&#233;sir d'int&#233;grer le milieu ordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; cette demande, la charg&#233;e d'insertion de la Manade, Kadra Jacquemard, d&#233;veloppe plusieurs outils en s'appuyant sur la culture de l'Esat. Le d&#233;tachement collectif permet d'assurer des prestations ext&#233;rieures en pr&#233;servant la pr&#233;sence d'un moniteur d'atelier. &lt;i&gt;&#171; Tous les matins, j'accompagne un groupe de six ouvriers dans l'entreprise La Fermi&#232;re,&lt;/i&gt; raconte Isabelle Bonan, monitrice d'atelier. &lt;i&gt;Pour eux c'est une ouverture, et &#231;a fait &#233;voluer le regard du milieu ordinaire sur le handicap. Ma pr&#233;sence rassure des deux c&#244;t&#233;s, je g&#232;re les soucis, le mal-&#234;tre, les coups de pompe, je remplace si besoin et j'assure le relais avec le client. &#199;a permet aux travailleurs handicap&#233;s de se dynamiser et de gagner en confiance. Du c&#244;t&#233; de l'employeur, les responsables m'ont m&#234;me dit qu'ils &#233;taient pr&#234;ts &#224; en encadrer un ou deux sans mon assistance. C'est une mani&#232;re de faire un tremplin vers le d&#233;tachement en autonomie. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2878 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH312/capture_d_ecran_2021-02-22_a_18.07.44-503cc.png?1694024791' width='500' height='312' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Le plus grand centre de recherche et d&#233;veloppement en Europe sur l'&#233;nergie nucl&#233;aire, Cadarache, fait appel aux petites mains &lt;br class='autobr' /&gt;
de La Manade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En milieu prot&#233;g&#233;, pas de salari&#233;s, des usagers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tape suivante, la prestation de service en mission courte, suppose d'&#234;tre autonome dans le d&#233;placement et dans la relation avec l'employeur. &lt;i&gt;&#171; Nous avons un panel de clients qui permet de s'y pr&#233;parer en passant par des stages,&lt;/i&gt; pr&#233;cise Kadra Jacquemard. &lt;i&gt;Nous partons du principe que toute exp&#233;rience est bonne &#224; prendre, qu'il n'y a pas d'&#233;chec. M&#234;me s'il y a eu des difficult&#233;s, &#231;a permet d'identifier des faiblesses au niveau des savoir-faire ou du savoir &#234;tre, puis de retour &#224; l'Esat de travailler sur des points pr&#233;cis. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour les plus autonomes, la mise &#224; disposition s'&#233;tale sur deux ans avec la possibilit&#233; de renouveler cette p&#233;riode dans la limite de 36 mois. &lt;i&gt;&#171; Sur un nouveau contrat, j'y suis trois &#224; quatre fois par semaine,&lt;/i&gt; d&#233;crit la conseill&#232;re en insertion. &lt;i&gt;Nous apportons un soutien intensif sur les comp&#233;tences techniques, l'adaptation au poste de l'ouvrier et la formation du tuteur. Il y a des entreprises ouvertes, mais les PME ont besoin de se former, il faut &#234;tre hyper r&#233;active et apporter des solutions d&#232;s qu'il y a un probl&#232;me. &#187;&lt;/i&gt; L'&#233;tape ultime est l'acc&#232;s &#224; un contrat de droit commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'id&#233;e de br&#251;ler ces &#233;tapes, Ludovic a directement &#233;t&#233; orient&#233; par la MDPH vers un dispositif sp&#233;cifique mis en place par l'Esat la Manade : Passerelle. En 2015, il a rejoint une &#233;quipe de trois personnes pour entretenir des espaces verts. Le r&#233;f&#233;rent technique exerce un encadrement all&#233;g&#233;, laissant le plus d'ind&#233;pendance possible aux ouvriers. Cette p&#233;riode de deux ans est ponctu&#233;e de stages en entreprise et de formations professionnelles. &lt;i&gt;&#171; Moi, je veux juste avoir un patron et gagner ma vie,&lt;/i&gt; r&#233;sume Ludovic. &lt;i&gt;Cap emploi a jug&#233; que je n'&#233;tais pas encore pr&#234;t pour le milieu ordinaire malgr&#233; mon BEP espace vert. Avec Passerelle, j'ai pu me remettre dans le bain, r&#233;apprendre des choses que j'avais oubli&#233;es. Maintenant, je recherche un vrai emploi avec l'aide de Kadra. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entr&#233; en 2012 &#224; l'Esat, Micka&#235;l a annonc&#233; l'an dernier, lors d'un point sur son projet personnel d'accompagnement, son d&#233;sir d'int&#233;grer Passerelle. &lt;i&gt;&#171; J'en avais marre d'&#234;tre sans cesse surveill&#233;, alors que je savais faire. &#199;a me change d'&#234;tre seul, d'observer le chantier et de d&#233;terminer ce qu'il y a &#224; faire, de choisir les outils. Au d&#233;but, &#231;a me faisait peur, maintenant je me sens &#224; l'aise. &#187;&lt;/i&gt; Apr&#232;s deux ans sur ce dispositif, il fera une VAE pour obtenir un CAP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la pause cigarette, un groupe d'ouvriers r&#226;le sur leur statut de travailleur handicap&#233; qui les condamne &#224; une r&#233;mun&#233;ration r&#233;duite. En effet, les Esat ne rel&#232;vent pas du code du travail, mais de celui de l'action sociale et des familles. Avec cette sp&#233;cificit&#233;, les ouvriers ne sont pas des salari&#233;s mais des usagers, et touchent 55&#8239;% du Smic en interne et 70&#8239;% quand ils sont mis &#224; disposition. &lt;i&gt;&#171; De toute fa&#231;on, l'AAH diminue en fonction de ce qu'on gagne, donc on ne peut pas d&#233;passer 1 100&#8239;euros par mois,&lt;/i&gt; d&#233;plore Hocine. &lt;i&gt;On gagnerait presqu'autant en restant &#224; la maison, mais on travaille parce qu'on se ronge trop la t&#234;te si on reste &#224; rien faire. &#187;&lt;/i&gt; D&#233;sirant rester anonyme, un de leurs coll&#232;gues n'adh&#232;re pas &#224; cette revendication salariale. &lt;i&gt;&#171; Moi, ce que je regarde, c'est le travail. J'ai en projet une formation de r&#233;parateur de machine &#224; caf&#233;. Je vais d'abord visiter l'entreprise pour voir si &#231;a me plait. Si tout va bien, je serais en d&#233;tachement. Au niveau du salaire, &#231;a ne changera rien, mais moi ce qui m'int&#233;resse c'est que le travail me plaise. Si &#231;a marche c'est bien, sinon je reviens &#224; l'Esat, il n'y a pas de pression. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Esat La Manade a accompagn&#233; la signature de trois CDI. Il suit quatre ouvriers en emploi autonome et une douzaine de personnes d&#233;tach&#233;es. &lt;i&gt;&#171; Cette petite exp&#233;rience nous montre qu'il y a une multitude de choses &#224; mettre en place qui pourraient faciliter ces int&#233;grations,&lt;/i&gt; constate le directeur.&lt;i&gt; Nous faisons du travail accompagn&#233; depuis longtemps, mais de mani&#232;re volontariste, avec les moyens du bord. De m&#234;me, ce ne devrait pas &#234;tre le travail de l'Esat de rassurer les entreprises et de faire un accompagnement administratif. Si r&#233;ellement on veut d&#233;velopper l'emploi des personnes porteuses de handicap, il faut mettre en place une politique volontariste. L'Esat peut &#234;tre un espace d'exp&#233;rimentation pour permettre un accompagnement vers le milieu ordinaire, on pourrait d'ailleurs travailler en partenariat avec Cap emploi. &#187;&lt;/i&gt; Membre de l'association Working first13 (LS 1 194), qui d&#233;fend la mise en emploi imm&#233;diate et le job coaching, l'Esat La Manade souhaite faire remonter son exp&#233;rience de terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Actuellement, on prend en compte les besoins des personnes porteuses de handicap psychique, c'est bien, mais la question des places d'accueil reste importante. L'emploi accompagn&#233;, c'est quarante personnes sur tout le d&#233;partement des Bouches-du-Rh&#244;ne. &#192; Marseille, il n'y a que quatre-vingt-une places en Esat sp&#233;cialis&#233;. Si on veut faire mieux, il faut combiner, d&#233;cloisonner, mais pr&#233;server le milieu prot&#233;g&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2879 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH257/capture_d_ecran_2021-02-22_a_18.07.55-39e72.png?1694024791' width='500' height='257' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Entretien &#8226; &#171; Une &#233;tape dans un parcours de vie &#187;</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1224-Entretien-o-Une-etape-dans-un-parcours-de-vie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/1224-Entretien-o-Une-etape-dans-un-parcours-de-vie</guid>
		<dc:date>2018-03-06T08:19:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Travailleur handicap&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Travail prot&#233;g&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>1224</dc:subject>

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&lt;p&gt;Marion Beno&#238;t oriente sa r&#233;flexion sur la mani&#232;re d'instaurer une dynamique de parcours professionnel pour faire de l'Esat un tremplin pour l'int&#233;gration en milieu ordinaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi cette volont&#233; d'inclusion des travailleurs en situation de handicap dans le milieu ordinaire ? &#8212; La loi du 11 f&#233;vrier 2005 visait &#224; valoriser la place de la personne en situation de handicap dans la cit&#233;, on est en 2018 et il faut garder &#224; l'esprit cet objectif loin d'&#234;tre atteint. L'Europe veut &#233;galement favoriser le (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1224-" rel="tag"&gt;1224&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Marion Beno&#238;t oriente sa r&#233;flexion sur la mani&#232;re d'instaurer une dynamique de parcours professionnel pour faire de l'Esat un tremplin pour l'int&#233;gration en milieu ordinaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2886 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH127/capture_d_ecran_2021-02-22_a_18.34.53-95b7a.png?1694024791' width='500' height='127' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi cette volont&#233; d'inclusion des travailleurs en situation de handicap dans le milieu ordinaire ?&lt;/strong&gt; &#8212; La loi du 11 f&#233;vrier 2005 visait &#224; valoriser la place de la personne en situation de handicap dans la cit&#233;, on est en 2018 et il faut garder &#224; l'esprit cet objectif loin d'&#234;tre atteint. L'Europe veut &#233;galement favoriser le passage en milieu ordinaire, or &#231;a repr&#233;sente actuellement en France un pourcentage infime des situations. Dans l'Esat sp&#233;cialis&#233; dans le handicap psychique o&#249; je fais mon stage &#224; Salon-de-Provence, il y a trente-six travailleurs dont un tiers exprime le d&#233;sir d'aller vers le milieu ordinaire. Historiquement, l'Esat se concentre sur la production et l'accompagnement sans forc&#233;ment avoir le temps de l'ouverture sur l'ext&#233;rieur. Or, le milieu prot&#233;g&#233; peut n'&#234;tre qu'une &#233;tape dans un parcours de vie. Il y a des passerelles, comme par exemple la mise &#224; disposition o&#249; la personne reste travailleuse de l'Esat, mais est en poste dans une entreprise classique. C'est un bon sas de pr&#233;paration au milieu ordinaire, &#231;a rassure le travailleur, l'entreprise et l'&#233;quipe d'accompagnement. On peut &#233;galement passer par l'entreprise adapt&#233;e, l'Esat hors les murs. Les passerelles existent, mais pour que &#231;a fonctionne, il faut aussi accompagner les entreprises. Quand on ne conna&#238;t pas, &#231;a peut faire peur d'embaucher une personne souffrant de schizophr&#233;nie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment parvenir &#224; d&#233;passer les st&#233;r&#233;otypes et la stigmatisation ?&lt;/strong&gt; &#8212; Cela devrait &#234;tre le boulot du chef de service et de l'&#233;quipe, mais c'est un travail de longue haleine qui n&#233;cessite un engagement de la structure au-del&#224; de ses missions premi&#232;res. Tout en restant prot&#233;g&#233;s, les Esat doivent &#234;tre identifi&#233;s comme des entreprises et s'inclure dans le tissu &#233;conomique du territoire. Il faut commencer par faire le lien avec les autres Esat, et participer aux &#233;v&#233;nements pour valoriser la production, informer et sensibiliser &#224; cette forme de travail et &#224; la population accueillie. Sur notre territoire, l'association Coopsoc f&#233;d&#232;re les entreprises adapt&#233;es et les Esat. Son objectif est de les promouvoir aupr&#232;s des employeurs potentiels pour d&#233;crocher des contrats. Des charg&#233;s de projets et de commercialisation font le relais entre les entreprises et les Esat, ils s'occupent de toute la partie n&#233;gociation et r&#233;assurance et d&#233;marchent des gros clients comme Orange ou Airbus. Pour les travailleurs c'est valorisant, parce que m&#234;me si tu es dans ton Esat, emballer des h&#233;lices d'h&#233;licopt&#232;re c'est participer &#224; la construction d'un h&#233;licopt&#232;re. Ensuite, ces missions peuvent ouvrir des portes vers le milieu ordinaire, puisqu'il se cr&#233;e un lien de confiance avec le chef d'atelier ou avec les ressources humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'apporte le job coaching dans cette volont&#233; d'inclusion ?&lt;/strong&gt; &#8212; Cela me para&#238;t positif et venir en compl&#233;mentarit&#233; du travail effectu&#233; dans les Esat. Premi&#232;rement, cette directive de l'&#201;tat fait appara&#238;tre le travailleur en situation de handicap dans la loi Travail, et non plus uniquement dans le code de l'action sociale et des familles. Avec ces nouvelles dispositions, ils ont maintenant un compte personnel de formation, c'est une reconnaissance qui peut faciliter le d&#233;cloisonnement. Dans le Vaucluse, c'est l'Esat Isatis qui a emport&#233; le march&#233; de l'emploi accompagn&#233;. Je trouve &#231;a bien que les &#233;quipes pluriprofessionnelles des Esat soient sollicit&#233;es sur ce type de mission. Le d&#233;veloppement du job coaching en 2018 va &#234;tre un test, on va voir s'il y a de l'emploi en milieu ordinaire et si les entreprises sont suffisamment sensibilis&#233;es pour jouer le jeu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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