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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Mal au travail social</title>
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		<dc:subject>Usure professionnelle</dc:subject>
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&lt;p&gt;La souffrance au travail dans le secteur social est-elle proportionnelle &#224; la remise en question de ses fondamentaux ? D'&#233;vidence, elle prend une dimension inqui&#233;tante. Des centres communaux d'action sociale &#224; la Protection judiciaire de la jeunesse, en passant par toutes les institutions du secteur, plusieurs &#233;tudes bruissent de ce malaise. Parfois, comme &#224; Dunkerque, le mal-&#234;tre pousse &#224; l'extr&#234;me. &lt;br class='autobr' /&gt;
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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1180-" rel="tag"&gt;1180&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La souffrance au travail dans le secteur social est-elle proportionnelle &#224; la remise en question de ses fondamentaux ? D'&#233;vidence, elle prend une dimension inqui&#233;tante. Des centres communaux d'action sociale &#224; la Protection judiciaire de la jeunesse, en passant par toutes les institutions du secteur, plusieurs &#233;tudes bruissent de ce malaise. Parfois, comme &#224; Dunkerque, le mal-&#234;tre pousse &#224; l'extr&#234;me.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ils accompagnement des personnes en d&#233;tresse, et s'interdisent parfois d'exprimer la leur. Les travailleurs sociaux ne sont pourtant pas &#233;pargn&#233;s par la souffrance au travail. Ils sont m&#234;me aux premi&#232;res loges. Dans &lt;a href=&#034;http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/144000730.pdf&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;son premier rapport&lt;/a&gt;, en novembre 2014, l'Observatoire national du suicide (ONS) r&#233;v&#233;lait que le secteur de la sant&#233; et de l'action sociale pr&#233;sentait le taux de mortalit&#233; par suicide le plus &#233;lev&#233; parmi les salari&#233;s : 34,4 pour 100 000 personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, l'ONS nuance en ajoutant que si l'int&#233;r&#234;t port&#233; aux risques psycho-sociaux a, aujourd'hui, le vent en poupe, il reste tr&#232;s difficile de &#171; quantifier &#187; le nombre de suicides li&#233;s effectivement &#224; un probl&#232;me professionnel. Cet extr&#234;me est la pointe de l'iceberg d'un travail social malmen&#233;, bouscul&#233;, notamment par des restrictions budg&#233;taires drastiques. Sa culture professionnelle est maltrait&#233;e par l'empilement de dispositifs, la rationalisation du travail, l'injonction de produire des r&#233;sultats chiffr&#233;s, les contraintes de gestion&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2011, un groupe de travail du Mouvement pour une parole politique des professionnels du champ social (MP4) se penchait sur ce mal-&#234;tre qui per&#231;ait dans le secteur social. Il rendait compte de sa r&#233;flexion dans le n&#176; 1000 de &lt;i&gt;Lien Social&lt;/i&gt;, conduit par le r&#233;dacteur en chef invit&#233;, Robert Castel. Le sociologue relevait que face &#224; cette souffrance &lt;i&gt;&#171; la question du droit est importante car elle s'&#233;l&#232;ve contre cette d&#233;rive gestionnaire, qui est une tentation permanente puisque le travail social est immerg&#233; dans une soci&#233;t&#233; de plus en plus marchande, o&#249; la notion de service public est partout remise en cause &#187;&lt;/i&gt;. Port&#233;e alors par le mouvement MP4, disparu depuis, cette d&#233;marche de r&#233;flexion fait d&#233;faut. Elle permettrait pourtant de mieux appr&#233;hender le mal-&#234;tre qui secoue le secteur social.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Travail social bouscul&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La capacit&#233; et donc la propension des travailleurs sociaux &#224; prendre des initiatives pourrait avoir p&#226;ti, entre autres, de la perte d'espaces de r&#233;flexion sur le sens politique et &#233;thique, du passage d'une logique de m&#233;tier &#224; une logique de gestion des ressources humaines, de la massification des probl&#232;mes sociaux &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;crypte le Comit&#233; r&#233;gional du travail social de Bretagne en f&#233;vrier 2010 dans un &lt;a href=&#034;http://www.crts-bretagne.fr/doc/Avis%20CRTS%20usure%20professionnelle&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;rapport sur l'usure professionnelle des travailleurs sociaux&lt;/a&gt;. Et les alertes sur cette &lt;i&gt;&#171; souffrance muette &#187;&lt;/i&gt; s'accumulent : en avril 2014, une enqu&#234;te du Syndicat national unitaire des assistants sociaux de la fonction publique souligne que 60 % des personnes interrog&#233;es disent avoir &lt;i&gt;&#171; ressenti le besoin de prendre un arr&#234;t de travail en lien avec une fatigue ou une souffrance au travail &#187;&lt;/i&gt;. Ils d&#233;signent le manque d'effectifs, les conditions mat&#233;rielles d'exercice de leur profession et un sentiment de non reconnaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre 2014, &lt;a href=&#034;http://www.unccas.org/le-personnel-au-sein-des-ccas-cias-profil-des-agents-et-specificites-de-l-environnement-de#.Vs2w-CkZJJM&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;une &#233;tude&lt;/a&gt; de l'Union nationale des centres communaux d'action sociale r&#233;v&#232;le pour sa part &lt;i&gt;&#171; un malaise de certains professionnels des CCAS : le sentiment d'utilit&#233; sociale qui constitue une constante de la carri&#232;re professionnelle s'effrite au fur et &#224; mesure que les r&#233;ponses aux demandes sont plus difficile &#224; apporter &#187;&lt;/i&gt;. La Protection judiciaire de la jeunesse, secou&#233;e par une restructuration qui a malmen&#233; les professionnels, a mis en place en d&#233;cembre dernier une d&#233;marche &#171; PJJ promotrice de sant&#233; &#187; pour tenter de r&#233;pondre au malaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Dunkerque, l'onde de choc provoqu&#233;e par deux suicides reste grav&#233;e dans les m&#233;moires : en 2011, Fabrice Hrycak, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; &#224; l'Association d'action &#233;ducative (AEE), puis en 2013 Marc Doublecourt, chef de service aux Papillons blancs, une association qui regroupe de nombreuses institutions accueillant des personnes handicap&#233;es mentales, se sont donn&#233;s la mort.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'appel &#224; l'aide&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Qui aide doit &#234;tre aid&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Par cet appel, le 24 septembre 2013, Jean-Michel Vanpouille, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;, ancien directeur de plusieurs institutions m&#233;dico-sociales dans le Dunkerquois, et Jean-Marie B&#233;doret, psychiatre, ancien chef de clinique du CHU de Lille, tous deux retrait&#233;s, alertent le conseil d&#233;partemental, les institutions sociales et les grandes associations du secteur sur le profond mal-&#234;tre que traverse le secteur social. Marc Doublecourt s'est suicid&#233; quelques semaines plus t&#244;t et l'&#233;cho de ce nouveau drame r&#233;sonne encore sourdement &#224; Dunkerque. &lt;i&gt;&#171; J'&#233;tais sonn&#233;. Je suis all&#233; aux obs&#232;ques de Marc. Ce qui m'a frapp&#233;, c'est l'impression que les gens pleuraient sur eux-m&#234;mes. J'ai eu un sentiment de r&#233;volte &#187;&lt;/i&gt;, explique Jean-Michel Vanpouille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux hommes lancent alors cet appel, d&#233;plorant que le d&#233;veloppement exponentiel du secteur m&#233;dico-social ait &#233;t&#233; men&#233; &lt;i&gt;&#171; pour des raisons pragmatiques et &#233;conomiques, sur un mod&#232;le industriel et politiquement correct, dans lequel le social a perdu sa culture &#187;&lt;/i&gt;. Aujourd'hui, Jean-Marie B&#233;doret explique : &lt;i&gt;&#171; Notre id&#233;e d'alors, sans mesurer la r&#233;sonnance qui l'accueillerait, &#233;tait de faire une table ronde pour d&#233;boucher sur des lieux de parole. &#187;&lt;/i&gt; &#192; l'&#233;poque, ils veulent mettre en avant &lt;i&gt;&#171; un probl&#232;me de culture &#187;&lt;/i&gt;. D'un c&#244;t&#233; la culture du social des salari&#233;s, et de l'autre celle du management des directions. &lt;i&gt;&#171; Aujourd'hui, un vrai probl&#232;me de gouvernance existe. Plus personne ne se conna&#238;t d'un bout &#224; l'autre de la cha&#238;ne. Ce sont deux mondes qui s'ignorent &#187;&lt;/i&gt;, analyse-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette derni&#232;re d&#233;cennie a vu arriver aux postes de direction du secteur m&#233;dico-social, des personnes issues de l'industrie, du commerce. &lt;i&gt;&#171; Difficile de faire cohabiter ce monde de l'entreprise et celui du social &#187;&lt;/i&gt;, reprend Jean-Michel Vanpouille. Et ce constat ne s'arr&#234;te pas au d&#233;partement du Nord. &lt;i&gt;&#171; Le souci, continue son coll&#232;gue, vient aussi des nouvelles injonctions. &#187;&lt;/i&gt; Avec ces nouveaux dirigeants, toute une id&#233;ologie, venue directement du monde de l'entreprise, est entr&#233;e dans les pratiques. Culture du management, r&#233;organisations des services, imp&#233;ratifs de gestion, &#233;valuations, d&#233;marches qualit&#233;. Jean-Marie B&#233;doret d&#233;nonce &lt;i&gt;&#171; un probl&#232;me de culture professionnelle &#187; : &#171; Il n'y a plus de compr&#233;hension possible entre les directions et les &#233;quipes. &#187;&lt;/i&gt; Pour Jean-Baptiste Plarier, vice-pr&#233;sident de la f&#233;d&#233;ration CFE-CGC Sant&#233; Social, il s'agit m&#234;me &lt;i&gt;&#171; d'une disjonction des cultures &#187;&lt;/i&gt;. Et d'ajouter : &lt;i&gt;&#171; Le malaise est &#224; tous les &#233;tages. Plus personne n'y trouve son compte. Plus personne ne soutient personne. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le sens du travail&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'appel est entendu. Il rencontre un large &#233;cho aupr&#232;s des salari&#233;s du social. Une intersyndicale (CGT/CFDT/CFE-CGC/SDAS-FO), cr&#233;&#233;e au moment du suicide de Marc Doublecourt, rejoint les deux retrait&#233;s pour oeuvrer &#224; une r&#233;flexion collective sur la souffrance au travail. Elle lance une enqu&#234;te aupr&#232;s des salari&#233;s du secteur. &lt;i&gt;&#171; Il y a eu beaucoup de pressions, d'intimidations. Les gens nous &#233;crivaient, mais nous demandaient de ne pas mentionner leurs propos en public &#187;&lt;/i&gt;, t&#233;moigne Jean-Michel Vanpouille. Pour briser la glace, l'id&#233;e est retenue de diffuser un questionnaire anonyme, envoy&#233; en janvier 2014. Il est intitul&#233; &lt;i&gt;Souffrir au travail n'est pas une fatalit&#233; ! Alors pourquoi ne pas faire autrement ?&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remplie par 494 professionnels &#8211; soit 20 % de l'ensemble des salari&#233;s du secteur &#8211; cette enqu&#234;te livre des r&#233;sultats explicites : 62 % de l'ensemble des professionnels et 67 % des travailleurs sociaux qui y ont r&#233;pondu partagent &lt;i&gt;&#171; totalement &#187;&lt;/i&gt; le constat d'un &lt;i&gt;&#171; malaise g&#233;n&#233;ral du travail social et d'une interrogation sur le sens des missions &#187;&lt;/i&gt;. En conclusion, l'intersyndicale retient &lt;i&gt;&#171; un sympt&#244;me de manque : celui de pouvoir ma&#238;triser son travail, d'agir et d'innover &#187;&lt;/i&gt;. Pour Jean-Baptiste Plarier, le sens et l'organisation du travail se trouvent au c&#339;ur du probl&#232;me : &lt;i&gt;&#171; Il faut soigner le travail. Trop souvent, un salari&#233; en souffrance est consid&#233;r&#233; comme un salari&#233; en faiblesse. Il faut sortir de ce sch&#233;ma. La question de la souffrance au travail ne peut &#234;tre trait&#233;e en d&#233;connectant les salari&#233;s de l'environnement dans lequel ils exercent leur m&#233;tier. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette analyse, proche de certains concepts de la socioth&#233;rapie et de la psychoth&#233;rapie institutionnelle, Anne Flottes la partage. Auteure de l'ouvrage &lt;i&gt;Travailler, quel boulot ! Les conflits du travail, enjeux politique du quotidien&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='&#201;ditions Syllepse mars 2013' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, cette psychodynamicienne du travail r&#233;sume, pour &lt;i&gt;Lien Social&lt;/i&gt;, son argumentation : &lt;i&gt;&#171; Un salari&#233; en souffrance est d&#233;sign&#233; comme coupable, incomp&#233;tent. En personnalisant les difficult&#233;s, on emp&#234;che le d&#233;bat. On &#233;limine les rapports sociaux de classe. La souffrance &#233;thique a toujours exist&#233; dans le travail aupr&#232;s des personnes en difficult&#233;. C'est intrins&#232;que. Il ne suffit pas d'&#234;tre un bon &#233;ducateur, d'ailleurs on ne sait pas ce que c'est. Maintenant, il existe de nouvelles exigences hors du r&#233;el, des contradictions entre les objectifs et les moyens. Avant c'&#233;tait pris collectivement, maintenant c'est individualis&#233;. Les exigences contradictoires mettent &#224; mal tout le monde. Et les difficult&#233;s se cristallisent dans le secteur social, &#224; qui on demande l'impossible. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Autour de la table&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'intersyndicale obtient l'&#233;coute du conseil d&#233;partemental et appelle &#224; la cr&#233;ation d'un espace de r&#233;flexion pour &#171; mieux travailler ensemble &#187;. Aux yeux de Jean-Marie B&#233;doret, &lt;i&gt;&#171; le gros probl&#232;me, c'est le manque de tiers r&#233;gulateur. Plus personne ne joue ce r&#244;le de tiers entre les &#233;quipes de terrain et les directions &#187;&lt;/i&gt;. Les deux hommes proposent au conseil d&#233;partemental et aux grandes associations d'exercer cette fonction de tiers pour cr&#233;er les conditions n&#233;cessaires &#224; une ouverture au dialogue. &lt;i&gt;&#171; Cela n'a pas &#233;t&#233; sans peine, se souviennent-ils&lt;/i&gt;, mi-sourire . &lt;i&gt;Il y a eu toute une p&#233;riode de d&#233;ni o&#249; on ne nous prenait pas au s&#233;rieux. &#187;&lt;/i&gt; La route a &#233;t&#233; longue pour renouer la discussion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, pour tenter de d&#233;passer les blocages et l'impossibilit&#233; de mettre en place une table ronde, la cr&#233;ation d'une &#171; formation action exp&#233;rimentale &#187; sur la souffrance au travail est propos&#233;e. Elle permet enfin de r&#233;unir autour de la table les quatre plus importants employeurs du secteur social de Dunkerque &#8211; les Papillons blancs, l'AAE, l'AFEJI (Association des Flandres pour l'&#233;ducation, la formation des jeunes et l'insertion sociale) et l'APAHM (Aide aux personnes &#224; handicap moteur). Interpell&#233;e, l'UNIFAF &#8211; fonds d'assurance formation de la branche sanitaire, sociale et m&#233;dico-sociale &#8211; fait preuve d'int&#233;r&#234;t : elle propose que le territoire dunkerquois devienne terrain d'exp&#233;rimentation pour cette formation pilote, appel&#233;e &#233;ventuellement &#224; &#234;tre transf&#233;r&#233;e au niveau national. Le projet de formation aboutit en juin 2015 : le cahier des charges est approuv&#233; par l'intersyndicale, les quatre associations et UNIFAF. Jean-Marie B&#233;doret et Jean-Michel Vanpouille quittent alors le processus. &lt;i&gt;&#171; Nous consid&#233;rons que l'objectif est atteint. Mais partiellement &#187;&lt;/i&gt;, explique ce dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous deux craignent que la formation s'adresse essentiellement aux cadres interm&#233;diaires. L'intersyndicale estime qu'elle reste dans une dynamique d'&#233;quipe. Avec cette volont&#233; de &lt;i&gt;&#171; partir vraiment de la situation de travail, en faire l'objet de la formation &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;fend Jean-Baptiste Plarier, pour la CFE-CGC Sant&#233; Social. &lt;i&gt;&#171; Et de reprendre avec les &#233;quipes et les cadres interm&#233;diaires une discussion autour du travail, sa d&#233;finition, son organisation, son objectif. &#187;&lt;/i&gt; La formation pourrait d&#233;marrer prochainement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais un frein majeur est apparu : l'annonce de la r&#233;duction des budgets sociaux et l'objectif de r&#233;aliser 100 millions d'euros d'&#233;conomie. L'intersyndicale et les associations sont d&#233;sormais mobilis&#233;es sur cette lutte. Dunkerque attendra un peu avant de devenir, un jour peut-&#234;tre, un laboratoire national de r&#233;flexion sur la souffrance au travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_521 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L95xH23/picto-lireaussi-2-1ca1a.png?1693464261' width='95' height='23' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Nos archives sur le th&#232;me de &lt;a href=&#034;http://www.lien-social.com/Usure-professionnelle&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;l'usure professionnelle&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Retour sur les faits&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 17 ovembre 2011, Fabrice Hrycak met fin &#224; ses jours. &lt;i&gt;&#171; &#199;a a &#233;t&#233; un choc &#224; Dunkerque. Fabrice s'est pendu sous l'un des principaux ponts de la ville &#187;&lt;/i&gt;, se souvient Jean-Michel Vanpouille. Fabrice travaillait au sein de l'Association d'Action &#201;ducative et Sociale (AAE) dans une unit&#233; d'accueil d'adolescents dans le cadre de la protection de l'enfance et de l'ordonnance de 1945. Le 8 septembre 2011, l'&#233;ducateur a une altercation violente avec un jeune. &lt;i&gt;&#171; Victime d'une agression, selon son avocat David Brouwer, il fait usage de la l&#233;gitime d&#233;fense pour se d&#233;gager de la situation. &#187;&lt;/i&gt; Selon son t&#233;moignage, il donne un coup de t&#234;te &#224; l'adolescent pour arr&#234;ter les coups qu'il re&#231;oit. Puis il alerte ses sup&#233;rieurs. L'&#233;quipe se mobilise sur cette situation, qui vient mettre en lumi&#232;re la d&#233;gradation des conditions de travail. Le dialogue devient compliqu&#233;. Ce ne sont pas les jeunes qui sont vis&#233;s, mais l'organisation du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cela, la direction de l'AAE engage une proc&#233;dure disciplinaire &#224; l'encontre de Fabrice, mis &#224; pied &#224; titre conservatoire. Apr&#232;s avoir re&#231;u une lettre de licenciement, suivie d'une mobilisation de ses coll&#232;gues, l'&#233;ducateur est finalement mut&#233; &#224; une quarantaine de kilom&#232;tres de son domicile, dans un autre service. &lt;i&gt;&#171; Il n'a pas support&#233; cette mutation disciplinaire &#187;&lt;/i&gt;, murmure son avocat. Son suicide a entra&#238;n&#233; une vague de mobilisation &#224; Dunkerque. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les salari&#233;s des diff&#233;rentes associations ont alors fait usage de leur droit de retrait, et organis&#233; plusieurs rassemblements et manifestations pour d&#233;noncer la souffrance des salari&#233;s du secteur social.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une association malade&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; Dunkerque, les r&#233;v&#233;lations sur les pratiques financi&#232;res de l'AAE ont cr&#233;&#233; la stupeur. Pendant la mobilisation qui suit le suicide de Fabrice Hrycak, des salari&#233;s d&#233;couvrent en effet des &#233;l&#233;ments de la comptabilit&#233; associative qui les laissent perplexes. Les cadres dirigeants sont pay&#233;s trois &#224; quatre fois les salaires habituellement per&#231;us &#224; leurs postes. En plus des v&#233;hicules de fonction, carte essence, facture d'&#233;lectricit&#233;, de fioul, bois de chauffage, taxe d'habitation, de nombreux frais priv&#233;s sont pris en charge par l'association. Un scandale &#233;clate. Alors que les travailleurs sociaux sont d&#233;munis de moyens financiers, &lt;i&gt;&#171; les cadres dirigeants se payent sur la b&#234;te en disant aux &#233;ducateurs qu'il n'y a plus d'argent &#187;&lt;/i&gt;, selon l'expression de l'avocat David Brouwer. &lt;i&gt;&#171; Ce qui est fou, c'est qu'on nous disait que cela se faisait partout &#187;&lt;/i&gt;, se souvient Jean-Michel Vanpouille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Difficile de penser que les instances dirigeantes de l'AAE n'aient pas eu connaissance de la gestion des comptes. Les syndicats et les lanceurs d'alerte dunkerquois pointent du doigt la proximit&#233; entre des &#233;lus du conseil d&#233;partemental et des membres des gouvernances associatives. &lt;i&gt;&#171; Une des cons&#233;quences directes de la d&#233;centralisation &#187;&lt;/i&gt;, conclut Jean-Marie B&#233;doret. &#192; ce jour, la plainte d&#233;pos&#233;e pour d&#233;tournement de fonds publics et corruption est en cours d'instruction. Une nouvelle direction a, depuis, repris les r&#234;nes de l'AEE.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le combat d'un avocat&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avocat en charge des dossiers de Fabrice Hrycak et Marc Doublecourt. David Brouwer revient sur cette d&#233;fense compliqu&#233;e, notamment parce qu'il s'agissait de faire reconna&#238;tre leurs suicides comme accidents du travail par le tribunal. &lt;i&gt;&#171; Cette reconnaissance est rare, car il faut parvenir &#224; d&#233;montrer que la seule raison qui a pouss&#233; &#224; l'acte venait des conditions de travail. &#187;&lt;/i&gt; Et cette fois, la plaidoirie de la partie civile a convaincu : le tribunal de la S&#233;curit&#233; sociale a reconnu les accidents du travail.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Nous avons aussi d&#233;pos&#233;, concernant Fabrice, une plainte pour homicide involontaire par n&#233;gligence ou imprudence. &#187;&lt;/i&gt; Cette plainte prend la poussi&#232;re chez le juge d'instruction depuis plusieurs ann&#233;es, apr&#232;s avoir chang&#233; de main &#224; plusieurs reprises. &lt;i&gt;&#171; Pour la famille et les proches c'est d&#233;sesp&#233;rant parce que &#231;a n'avance pas. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans le cas du suicide de Marc, nous essayons de faire reconna&#238;tre que l'employeur est fautif. A-t il eu connaissance de la d&#233;gradation de l'&#233;tat de sant&#233; du salari&#233; ? A-t-il fait quelque chose en r&#233;action ? &#187;&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce proc&#232;s vient d'&#234;tre repouss&#233; &#224; la fin de l'ann&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pierre angulaire indispensable &#224; la reconnaissance de la souffrance au travail, le combat judiciaire continue. &lt;i&gt;&#171; Je remarque une grande d&#233;gradation des conditions de travail depuis une dizaine d'ann&#233;es. Cette situation n'est pas tenable, il va y avoir des r&#233;percussions dans toute la vie sociale. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dunkerque la sociale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sur la digue qui longe les hauts fourneaux de Dunkerque, Jean-Luc Vanbecelaere revient sur l'histoire locale qui a forg&#233; une culture politique des luttes. Le parcours de cet &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT Action Sociale, en est un exemple. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ouvrier aux Chantiers de France jusque dans les ann&#233;es 80, il vit la fermeture progressive des ateliers, participe aux gr&#232;ves, puis se retrouve au ch&#244;mage. Dans ces circonstances, il d&#233;couvre le travail social et se professionnalise dans ce domaine. De ce pass&#233;, il dit avoir gard&#233; &lt;i&gt;&#171; une certaine force de r&#233;sistance &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La trajectoire de vie de Jean-Luc Vanbecelaere est commune &#224; de nombreuses personnes qui travaillent dans le secteur social et m&#233;dico-social du Dunkerquois. Cet h&#233;ritage, cette culture ouvri&#232;re, ont laiss&#233; des traces dans les pratiques du secteur. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la place des anciens ateliers o&#249; Jean-Luc Vanbecelaere a commenc&#233; &#224; travailler, il y a aujourd'hui une auberge de Jeunesse, g&#233;r&#233;e par l'AFEJI, association dont il est salari&#233;, dans un autre service. Ironie de l'histoire. M&#234;me lieu, &#224; quelques ann&#233;es de diff&#233;rence, m&#234;mes probl&#233;matiques autour des conditions et du sens du travail et du lien social. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Ce que nous avons v&#233;cu avec l'industrie, nous commen&#231;ons &#224; le vivre avec le social. &#187;&lt;/i&gt; Jean-Luc Vanbecelaere emm&#232;ne de temps en temps les jeunes d'une MECS, &#224; qui il fait d&#233;couvrir ce paysage industriel, aux fronti&#232;res du lunaire, qui fait de Dunkerque une ville tentaculaire. &lt;i&gt;&#171; Souvent ils ne connaissent m&#234;me pas ces endroits. Pourtant ils ont tous grandi avec, &#231;a fait partie de leur histoire aussi. De leur v&#233;cu familial. Mais tout le monde veut gommer &#231;a. On ne devrait plus en parler. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;ditions Syllepse mars 2013&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mal au travail social &#8226; Les risques psycho-sociaux</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Mal-au-travail-social-o-Les-risques-psycho-sociaux</link>
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		<dc:subject>Usure professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>Risque professionnel</dc:subject>
		<dc:subject>1180</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entretien avec Pascal Boes, psychologue et ergonome dans un service de sant&#233; au travail, enseignant pendant plus de quinze ans en sociologie et psychologie au Cnam et &#224; l'UFR. &#201;tudes psychanalytiques de l'Universit&#233; Denis-Diderot (Paris 7). &lt;br class='autobr' /&gt;
Les services &#233;ducatifs et m&#233;dico-sociaux, &#224; l'instar de nombreuses entreprises publiques ou priv&#233;es, sont expos&#233;s aux risques psycho-sociaux. Quelle analyse faites-vous de la mont&#233;e en puissance de ces risques ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La question des risques psychosociaux (RPS) semble (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1180-" rel="tag"&gt;1180&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien avec Pascal Boes, psychologue et ergonome dans un service de sant&#233; au travail, enseignant pendant plus de quinze ans en sociologie et psychologie au Cnam et &#224; l'UFR. &#201;tudes psychanalytiques de l'Universit&#233; Denis-Diderot (Paris 7).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les services &#233;ducatifs et m&#233;dico-sociaux, &#224; l'instar de nombreuses entreprises publiques ou priv&#233;es, sont expos&#233;s aux risques psycho-sociaux. Quelle analyse faites-vous de la mont&#233;e en puissance de ces risques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question des risques psychosociaux (RPS) semble assez r&#233;cente au regard de sa m&#233;diatisation actuelle. Les ann&#233;es 1980 ont vu &#233;merger des recherches articulant Les facteurs psychosociaux en milieu de travail, leurs rapports &#224; la sant&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Titre de l'ouvrage publi&#233; en 1988 par l'Organisation mondiale de la sant&#233; sous (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et &lt;a href=&#034;http://bayard-rights.com/uploads/fiches/Travail-usure-mentale.pdf&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;certains travaux&lt;/a&gt; largement domin&#233;s par la psychopathologie du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est surtout suite &#224; la vague de suicides dans plusieurs grandes entreprises fran&#231;aises que la d&#233;nomination &#171; risques psychosociaux &#187; est massivement apparue au d&#233;but des ann&#233;es 2000. Objet d'enjeux soci&#233;taux, l'&#233;mergence de ce &#171; nouveau risque &#187; dans le domaine de la sant&#233; au travail reste encore de nos jours entour&#233; d'un halo s&#233;mantique flou o&#249; se retrouvent aussi bien le stress, le harc&#232;lement moral, la violence au travail, la d&#233;pression, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce jour, plusieurs chercheurs &lt;a href=&#034;http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Le_travail_a_c_ur-9782707164834.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;remettent en cause le terme m&#234;me de risques psychosociaux&lt;/a&gt; en raison de son ambivalence m&#234;lant effets et causes, et de son emploi tous azimuts devenu fourre-tout m&#233;diatique, favorisant une utilisation commerciale mal contr&#244;l&#233;e par de nouveaux &#171; experts &#187; des RPS. Mais bien plus que l'ambivalence du terme, les controverses portent sur la nature et l'usage des indicateurs pris en compte, de m&#234;me que sur les propositions d'action pour pr&#233;venir ces nouveaux risques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement burn-out, harc&#232;lement, bore-out sont des termes que nous retrouvons un peu partout. Que signifient-ils et que recouvrent-ils dans la r&#233;alit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;a href=&#034;http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/Exe_Burnout_21-05-2015_version_internet.pdf&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;burn-out&lt;/a&gt; est apparu au cours des ann&#233;es 70 dans le domaine de la sant&#233; et du soin pour notifier des sympt&#244;mes d'&#233;puisement professionnel o&#249; se conjuguent une dimension &#233;motionnelle (fatigue), un cynisme vis-&#224;-vis de son activit&#233; et une perte du sens de l'accomplissement au travail. Son pendant, le &#171; bore-out-syndrom &#187;, est le sympt&#244;me d'une sous-activit&#233;, plus connu comme &#233;tant &#171; le ph&#233;nom&#232;ne du placard &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais derri&#232;re la profusion de nouveaux termes (qui tous ne sont pas issus du domaine scientifique) se pose la question de la &#171; sant&#233; mentale &#187; au travail. Cette derni&#232;re demande &#224; &#234;tre clarifi&#233;e. Dans le domaine de la &#171; sant&#233; mentale &#187;, la psychopathologie identifie trois types de normalit&#233; : la normalit&#233; comme norme sociale (statistique, c'est-&#224;-dire qui assimile la norme &#224; la fr&#233;quence) ; la normalit&#233; comme id&#233;al (crit&#232;res &#233;labor&#233;s par une soci&#233;t&#233;) ; la normalit&#233; fonctionnelle, qui correspond &#224; l'&#233;tat qui para&#238;t le plus appropri&#233; &#224; un individu en fonction de ses caract&#233;ristiques psychologiques propres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette derni&#232;re d&#233;finition se rapproche du concept de &#171; normativit&#233; &#187;, &#233;labor&#233; par Canguilhem (1966) selon lequel un individu sain est celui qui peut tomber malade et se r&#233;tablir tout en &#233;tant capable d'int&#233;grer de nouvelles normes de fonctionnement dans des contextes diff&#233;rents. Ainsi, Yves Clot tente de transposer les th&#233;ories de Canguilhem dans le domaine de la psychologie du travail en y pr&#233;cisant que la sant&#233; au travail peut aussi venir d'un exc&#232;s de normes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y-a-t-il selon vous un lien direct entre l'expression de ces risques et les nombreuses r&#233;formes des politiques publiques de restrictions budg&#233;taires, d'&#233;conomies de postes de professionnels ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, car si la sant&#233; au travail suscite tant de controverses de nos jours, ce n'est pas tant pour des questions scientifiques que politiques. Au-del&#224; ou en-de&#231;&#224; de l'analyse des termes en pr&#233;sence, il s'agit de se poser une question rarement explicite dans le milieu de la sant&#233; au travail, pas plus qu'au sein des entreprises : comment les RPS et plus g&#233;n&#233;ralement la sant&#233; au travail interrogent-ils le &#171; vivre ensemble &#187; ? Et cette question est hautement politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me des risques psychosociaux, qui n'est pas seulement l'affaire des sp&#233;cialistes de la sant&#233; au travail et des chercheurs, d&#233;passe largement une probl&#233;matique de connaissance, mais rel&#232;ve aussi de la question du sens. Cela va demander un changement d'objet et de perspective. Pour mieux comprendre cette approche particuli&#232;re, nous pouvons nous inspirer d'Hannah Arendt et de ce qui, pour elle conditionne le &#171; vivre ensemble &#187;, ou pour le dire avec ses propres termes, comment &lt;i&gt;&#171; amener l'homme &#224; se sentir chez lui dans le monde &#187;&lt;/i&gt;. Pour Arendt, le travail, dans la mesure o&#249; il rel&#232;ve de la n&#233;cessit&#233; vitale (survie de l'individu et de l'esp&#232;ce), conduit &#224; la construction de l'animal laborans. Cet homme laborieux est, selon elle, totalement inscrit dans le cycle de la vie et de la n&#233;cessit&#233;. Et sa production est destin&#233;e &#224; la consommation. Or, une soci&#233;t&#233; de consommation, en r&#233;duisant le rapport au monde sur le mode de la consommation, restreint ce rapport &#224; l'espace priv&#233; et sort les hommes hors du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule l'action produit une histoire, ce qui l'inscrit dans une temporalit&#233; propre marqu&#233;e &#224; la fois par l'inach&#232;vement et par l'inattendu. Et si le travail &#233;voque souvent l'ali&#233;nation, l'action, quant &#224; elle, manifeste la libert&#233;, selon Hannah Arendt. Mais de nos jours, le travail semble davantage marqu&#233; par cette vision de l'animal laborans que par l'action au sens d'Arendt, notamment via les nombreuses mesures &#171; bureaucratiques &#187; dans lequel il est soumis. Ainsi les principaux acteurs, &#224; savoir les salari&#233;s, se trouvent grandement d&#233;poss&#233;d&#233;s de ce travail. On le constate d'ailleurs dans le monde de l'entreprise mais &#233;galement de plus en plus au sein du travail social ou m&#233;dico-social l&#224; o&#249; l'organisation et le s&#233;quen&#231;age des &#171; accompagnements &#187; ou de l'aide &#224; la personne se r&#233;f&#232;re plus &#224; une &#171; culture &#187; du chiffre et donc du rendement que du sens de cette aide ou de la prise en charge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment d&#232;s lors envisager la pr&#233;vention de ces risques ? Pensez-vous que les formations dans ce domaine aupr&#232;s des travailleurs sociaux puissent y r&#233;pondre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant la pr&#233;vention, rappelons que l'OMS d&#233;finit trois niveaux. Le niveau tertiaire est celui du curatif (pour aller vite), le secondaire vise &#224; sensibiliser les individus sur divers th&#232;mes reli&#233;s &#224; la probl&#233;matique de la sant&#233; psychologique au travail et &#224; les aider &#224; d&#233;velopper des strat&#233;gies individuelles d'adaptation pour mieux g&#233;rer les situations &#224; risque. Dans cette derni&#232;re, nous pouvons inclure les diverses formes de formation &#224; destination des travailleurs sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, comment &#233;viter une forme d'&#233;puisement, compte tenu de la massification de l'exclusion et du manque de r&#233;ponses ad&#233;quates aux diff&#233;rentes situations rencontr&#233;es par leurs usagers (logements, emplois, etc..) ? Comment &#233;viter le manque de personnels dans les h&#244;pitaux, et donc la surcharge pour ceux en poste ? Comment, dans les ESAT, g&#233;rer l'organisation du travail pour les usagers tout en assumant leur prise en charge, et r&#233;pondre &#224; leurs multiples sollicitations ? Comment un &#233;ducateur de rue peut-il &#224; la fois &#234;tre r&#233;f&#233;rent &#233;ducatif pour un certain nombre de jeunes en souffrance, tout en r&#233;pondant par des chiffres, du s&#233;quen&#231;age et du partenariat multiple et vari&#233; ? Comment un psychiatre ou un psychologue peuvent-ils aujourd'hui r&#233;duire leur &#171; file active &#187; dans leur structure ? etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse &#171; politique &#187; est la grande absente, ainsi que la pr&#233;vention primaire, dans les milieux professionnels. En effet, nous avons dit que la pr&#233;vention des RPS n'est pas exclusivement une question de connaissance, mais aussi de sens. En effet, ce ph&#233;nom&#232;ne des RPS refl&#232;te une crise qui ne ressort pas de la factualit&#233; mais rel&#232;ve de ce qui r&#233;siste, fait rupture et, ce faisant, ne s'inscrit pas dans un processus orient&#233; par des objectifs finalis&#233;s. Si les RPS suscitent autant de d&#233;bats, tant au sein de la communaut&#233; scientifique que dans l'espace public &#8211; partenaires sociaux et politiques &#8211;, deviendront-ils objets de d&#233;bats au sein m&#234;me des milieux de travail ? Deviendront-ils objets d'appropriation ou de r&#233;appropriation par les salari&#233;s de ce qui compose leur quotidien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que r&#233;side beaucoup d'espoir, mais aussi beaucoup de risque pour des millions de salari&#233;s, y compris les travailleurs sociaux dont le contenu m&#234;me du m&#233;tier est justement fond&#233; sur le &#171; sens &#187; de l'aide &#224; la construction ou reconstruction de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien r&#233;alis&#233; par Guy Benloulou&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_521 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L95xH23/picto-lireaussi-2-1ca1a.png?1693464261' width='95' height='23' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Nos archives sur le th&#232;me du &lt;a href=&#034;http://www.lien-social.com/Risque-professionnel&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;risque professionnel dans les m&#233;tiers du social&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Titre de l'ouvrage publi&#233; en 1988 par l'Organisation mondiale de la sant&#233; sous la direction de Kalimo, R., El-Batawi, M.A. &amp; Cooper, C.L.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ados et &#233;ducs dans une impasse ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Ados-et-educs-dans-une-impasse</link>
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		<dc:date>2016-03-03T13:15:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Usure professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>Risque professionnel</dc:subject>
		<dc:subject>1180</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;ponse &#224; une lettre ouverte d'&#233;ducateurs adress&#233;e au directeur d'un foyer d'ados. Cette lettre ouverte d'une &#233;quipe d'&#233;ducateurs &#224; sa hi&#233;rarchie, dont nous publions des extraits, a suscit&#233; la lecture d'un vieil &#233;duc. Cette &#171; lecture &#187; appelle bien des questions et les r&#233;actions de nos lecteurs. Qu'en est-il, ici et l&#224;, de l'accueil des ados difficiles, voire &#171; limites &#187;, en internat dit sp&#233;cialis&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Lettre (extraits) : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Notre engagement professionnel et les responsabilit&#233;s qui s'y attachent nous conduisent au (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;ponse &#224; une lettre ouverte d'&#233;ducateurs adress&#233;e au directeur d'un foyer d'ados.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette lettre ouverte d'une &#233;quipe d'&#233;ducateurs &#224; sa hi&#233;rarchie, dont nous publions des extraits, a suscit&#233; la lecture d'un vieil &#233;duc. Cette &#171; lecture &#187; appelle bien des questions et les r&#233;actions de nos lecteurs. Qu'en est-il, ici et l&#224;, de l'accueil des ados difficiles, voire &#171; limites &#187;, en internat dit sp&#233;cialis&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lettre (extraits) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Notre engagement professionnel et les responsabilit&#233;s qui s'y attachent nous conduisent au constat suivant : L'importance des moyens humains et mat&#233;riels mis au service des jeunes qui nous sont confi&#233;s, et la r&#233;alit&#233; des r&#233;sultats de notre action posent, dans une dimension d&#233;ontologique, la question du sens de notre m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut relire les cahiers de liaison pour constater que, depuis des mois, les jeunes insultent et menacent les adultes. Ils cassent les portes, les vitres, les meubles et les syst&#232;mes de s&#233;curit&#233;. Ils fuguent collectivement presque toutes les nuits et multiplient les passages &#224; l'acte d&#233;linquants avec le sentiment de l'impunit&#233; et de la banalit&#233; de leurs injures et de leurs actes. Aucune intervention &#233;ducative ne les freine, aucune sanction n'est efficace. Le foyer qui devrait contenir et s&#233;curiser des adolescents tr&#232;s fragiles ne remplit plus du tout son r&#244;le. Quand on fait le compte des sorties non autoris&#233;es, des passages &#224; l'acte violents envers les adultes ou d'autres jeunes. Confront&#233;s &#224; cette situation qui se d&#233;grade de plus en plus, nous &#233;prouvons le sentiment insupportable de cautionner une imposture institutionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;couragement et l'&#233;puisement de tous les intervenants d&#233;passent les conflits de personnes ou les difficult&#233;s d'autorit&#233; de quelques-uns. Les modalit&#233;s de prise en charge des jeunes sont inefficaces, voire nocives car elles renforcent leur sentiment d'ins&#233;curit&#233;. Il faut d'urgence repenser en profondeur notre mode d'accueil et notre fonctionnement psychop&#233;dagogique. Ces adolescents appellent, en priorit&#233;, &#224; &#234;tre s&#233;curis&#233;s par des autorit&#233;s significatives et rep&#233;rables et &#224; &#234;tre contenus dans leurs d&#233;bordements &#233;motionnels. Cette s&#233;curit&#233; et cette contenance appellent le maintien d'un cadre humain et mat&#233;riel solide. C'est justement ce cadre qu'ils d&#233;truisent, en essayant, au fond, d'en tester et d'en &#233;prouver la r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cas de crises majeures (et elles se multiplient) les adolescents fuguent &#224; r&#233;p&#233;tition, ce qui entra&#238;ne finalement le d&#233;litement du placement ! La souffrance des jeunes qui nous sont confi&#233;s devrait susciter l'unanimit&#233; de nos analyses cliniques et de nos interventions &#233;ducatives. Par cons&#233;quent, pour l'essentiel, le probl&#232;me du fonctionnement du foyer se pose en termes d'autorit&#233;. En effet, tous les personnels intervenant, &#224; des titres et dans des statuts divers, aupr&#232;s des adolescents en crise, doivent &#234;tre soutenus par l'autorit&#233; sup&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si aucun travail impliquant l'&#233;quipe toute enti&#232;re n'est envisageable au pr&#233;texte de conflits anciens non r&#233;gl&#233;s paralysant toute forme d'&#233;change et de transformation, l'avenir du foyer &#224; moyen terme, nous semble compromis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu de la violence physique et verbale dont les &#233;ducatrices et les &#233;ducateurs sont l'objet tous les jours, nous devons nous interroger sur notre capacit&#233; &#224; toujours ma&#238;triser nos propres &#233;motions pour pr&#233;venir un passage &#224; l'acte r&#233;actionnel contraire &#224; l'&#233;thique de notre profession. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour de Jean Cartry :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette lettre ouverte, par cons&#233;quent publique, appelle de s&#233;rieuses r&#233;flexions car de nombreux &#233;tablissements d'accueil, priv&#233;s et publics, semblent conna&#238;tre des difficult&#233;s identiques. Il ne s'agit pas l&#224; de conflits &#233;ducatifs exceptionnels et, pourquoi-pas, structurants voire th&#233;rapeutiques (on ne s'appuie bien que sur ce qui r&#233;siste&#8230;) Il est question d'empoignades &#233;ducs-ados &#224; haute teneur &#233;motionnelle inscrites dans la banalit&#233; de la vie quotidienne : faire un lever, rappeler l'interdit de fumer dans les chambres, exiger la ponctualit&#233; ou l'&#233;l&#233;mentaire politesse du bonjour-bonsoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imm&#233;diatement, une exigence &#233;ducative &#233;l&#233;mentaire provoque l'injure : fais chier, je baise ta m&#232;re, va te faire enculer. Nonobstant la prudence et la bienveillance de son approche, l'&#233;duc re&#231;oit tous les jours des coups de couteau verbaux. L'autre de l'&#233;duc est syst&#233;matiquement ni&#233;, agress&#233; de fa&#231;on tellement banale et r&#233;p&#233;titive que la charge transgressive des injures flotte dans une sorte d'apesanteur relationnelle et morale. L'adulte r&#233;agit quand m&#234;me (quoique de moins en moins), exige des excuses, prend un coll&#232;gue &#224; t&#233;moin, rend compte &#224; son sup&#233;rieur hi&#233;rarchique, exprime sa blessure en r&#233;union d'&#233;quipe. Quand il ne s'agit pas de menaces de mort ou d'atteintes physiques. Ainsi, pour ne pas passer &#224; l'acte sur un jeune, des &#233;ducateurs chevronn&#233;s, et qui, pour la premi&#232;re fois dans leur vie professionnelle, ont peur de tel ou tel jeune, quittent momentan&#233;ment leur poste apr&#232;s en avoir r&#233;f&#233;r&#233; &#224; leur chef de service : ils se mettent en s&#233;curit&#233; et se voient prescrire un arr&#234;t de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que maison contenante et s&#233;curisante, l'&#233;tablissement est lui-m&#234;me agress&#233; dans sa mat&#233;rialit&#233; et sa symbolique maternelle, requ&#233;rant chaque jour l'intervention de l'homme d'entretien qui r&#233;pare, rebouche (ou d&#233;bouche !), recolle, dans un bricolage path&#233;tique autant que finalement d&#233;risoire, absurde. M&#233;taphore de l'action &#233;ducative de l'&#233;tablissement ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Reste le porter plainte par l'&#233;ducateur victime contre un ado violent, ressenti par ce dernier comme une pers&#233;cution suppl&#233;mentaire et qui d&#233;clenche devant les flics m&#233;dus&#233;s, une nouvelle salve d'injures obsc&#232;nes et de menaces de mort : sale con, ta gueule, t'es qu'un trou du cul d'&#233;duc !&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette d&#233;marche semble conduire &#224; une impasse car l'&#233;ducateur doit porter plainte &#224; titre personnel, l'institution semble ne pas pouvoir s'y associer&#8230; Et, malgr&#233; un signalement alarmiste, les juges exigent de fait le d&#233;p&#244;t d'une plainte personnelle pour intervenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment reprendre une relation &#233;ducative avec un ado contre lequel on a port&#233; plainte &#224; la suite d'un conflit dramatique ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;trange analyse des pratiques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;union hebdomadaire, tel ou telle &#233;duc fait &#233;tat des outrages et des menaces dont il est l'objet de fa&#231;on r&#233;p&#233;titive. Il exprime une souffrance, voire une angoisse qui devraient constituer la mati&#232;re m&#234;me d'une supervision en &#233;quipe, d'une &#233;valuation clinique, car il y a l&#224; de la souffrance. Et toujours, autour de la table, un autre &#233;duc intervient : &lt;i&gt;&#171; Il ne fait pas &#231;a avec moi ! &#187; &#171; En effet&lt;/i&gt; &#8211; r&#233;pond le premier locuteur &#8211; &lt;i&gt;tu ne lui dis jamais non, tu laisses couler, donc, tu n'as pas de conflit avec lui ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent, des &#233;ducateurs, capables d'exprimer leurs difficult&#233;s et donc d'apporter un mat&#233;riel &#233;ducatif et clinique pr&#233;cieux au groupe des coll&#232;gues, se font saquer par l'un d'entre eux et interdire de parole pour la suite de la r&#233;union au cours de laquelle, finalement, rien d'une situation de crise n'aura &#233;t&#233; travaill&#233; de fa&#231;on professionnelle. &#192; se demander si ces &#233;ducs qui assurent n'avoir pas de probl&#232;mes avec les m&#244;mes ou les ados ne sont pas, au fond, des phobiques du conflit &#233;ducatif&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
En tous cas, les jeunes ont r&#233;ussi &#224; attaquer les liens de l'&#233;quipe, comme ils ont attaqu&#233; les liens dans leur famille. &#192; leur insu, ils sont dans la r&#233;p&#233;tition.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;action des cadres&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Reste la r&#233;action de la hi&#233;rarchie qui est peut-&#234;tre un d&#233;ni et une r&#233;p&#233;tition de m&#234;me nature. La crise d&#233;nonc&#233;e par la lettre ouverte cit&#233;e plus haut devrait interpeller et mobiliser les cadres qui, le plus souvent, bottent en touche : si les &#233;ducateurs ont des difficult&#233;s, c'est qu'ils font mal leur travail, voire qu'ils sont incomp&#233;tents ! &#192; eux de ma&#238;triser la crise institutionnelle suscit&#233;e par leur manque de professionnalisme. Retour &#224; l'envoyeur de sa lettre ouverte, illustration fr&#233;quente de la th&#233;orie biblique du bouc &#233;missaire &#233;nonc&#233;e par Ren&#233; Girard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si bien que ces &#233;tablissements flottent sur le quotidien, bateaux ivres, d&#233;m&#226;t&#233;s et d&#233;boussol&#233;s. Il est vrai que les figures physiques d'autorit&#233;, les images porteuses de loi sont &#233;loign&#233;es, inconnues des jeunes et des &#233;ducs eux-m&#234;mes, abstraites. Elles ne sont plus sur place : elles dirigent de loin des &#171; p&#244;les &#187; &#224; la faveur d'un management n&#233;o-lib&#233;ral ravageur.&lt;br class='autobr' /&gt;
On s'interroge alors sur l'impuissance institutionnelle et la pertinence de la prise en charge des ados en groupe tellement les comportements mim&#233;tiques envahissent le quotidien (Ren&#233; Girard encore).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, de cette lettre ouverte et de ces r&#233;unions ressort le sentiment d'un d&#233;couragement total, sans rem&#232;de, nulle solution n'apparaissant aux divers niveaux d'interpellation et de r&#233;flexion. Renvoy&#233;s de l'&#233;tablissement (quand ils ne sont pas en fugue prolong&#233;e) les jeunes &#233;chouent en centre &#233;ducatif ferm&#233; d'o&#249; ils fuguent &#224; bref d&#233;lais pour, finalement, se trouver une nouvelle fois devant un magistrat d&#233;sempar&#233;, sans solution de placement et r&#233;sign&#233; &#224; l'incarc&#233;ration du mineur jusqu'&#224; la reprise de la spirale pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui sont ces ados violents ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Patates chaudes &#8211; si j'ose dire &#8211; de l'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e, ces ados sont presque tous charg&#233;s d'un lourd dossier judiciaire. Ils arrivent dans l'&#233;tablissement au terme d'un parcours de placements et de mesures &#233;ducatives sans effet. Ils sont profond&#233;ment fragiles et narcissiquement mutil&#233;s. Ils souffrent parfois de carences relationnelles pr&#233;coces, en tous cas de carences &#233;ducatives en rapport avec un d&#233;ni familial de la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre de l'&#233;tablissement, m&#234;me sit&#244;t arriv&#233;s, ils ne reconnaissent pas le bien-fond&#233; des consignes &#233;l&#233;mentaires permettant la vie en groupe. Ils pensent que ces consignes sociales les pers&#233;cutent, ce qui est significatif de leur rapport &#224; la loi. Ils ne supportent pas l'interdit, les limites et leur &#233;ventuelle mise en cause. Ils exigent la satisfaction imm&#233;diate de leurs d&#233;sirs, ou, plus justement, de leurs envies de l'instant. Contrari&#233;s, frustr&#233;s ou contraints par l'intervention de l'&#233;ducateur, ils hurlent : &lt;i&gt;&#171; Je vais t'exploser la gueule ! &#187;&lt;/i&gt; Ce sont des kamikazes de la jouissance et les &#233;ducateurs subissent les effets de leurs explosions pulsionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute sanction qui se voudrait structurante et r&#233;paratrice est sans effet &#233;ducatif car ils transgressent imm&#233;diatement les consignes qui s'y attachent. En fait, le meilleur de chacun, son &#233;motivit&#233; pour autrui, ses capacit&#233;s oblatives et de r&#233;flexion se manifestent presque toujours en situation individuelle avec l'adulte, loin du groupe et des conduites mim&#233;tiques adolescentes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Que faire ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'institution qui accueille ces jeunes et les autorit&#233;s administratives et judiciaires cens&#233;es l'&#233;pauler sont engag&#233;es dans la radicalit&#233; d'un d&#233;couragement sans issue. L'institution laisse faire, tend le dos, &#233;carte les conflits et g&#232;re un projet &#233;ducatif improbable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Faut-il laisser la relation &#233;ducative se d&#233;liter dans des &#233;tablissements &#224; la d&#233;rive et se r&#233;signer &#224; la d&#233;pression collective face &#224; ce qui serait une g&#233;n&#233;ration perdue ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute, faut-il interroger ces crises institutionnelles dans leur espace &#233;conomique, soci&#233;tal, anthropologique, clinique, en un mot politique. Il faut r&#233;fl&#233;chir &#224; des modalit&#233;s d'accueil et &#224; des lieux o&#249; la relation &#233;ducative serait momentan&#233;ment individualis&#233;e ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans quel type d'accueil un ado perdu aura-t-il le sentiment d'&#234;tre enfin important &lt;i&gt;pour quelqu'un&lt;/i&gt; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Quel dispositif psychop&#233;dagogique &#233;viterait que la relation &#233;ducative soit morcel&#233;e, que la sp&#233;cificit&#233; du travail de l'&#233;ducateur-trice ne soit pas noy&#233;e dans l'id&#233;ologie gestionnaire n&#233;olib&#233;rale et r&#233;duite &#224; un travail &#171; comme un autre ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, les ados qui nous sont confi&#233;s sont les enfants d'une soci&#233;t&#233; mat&#233;rialiste, consum&#233;riste, qui, au nom des libert&#233;s individuelles id&#233;alis&#233;es efface les images d'autorit&#233; et gomme le concept m&#234;me d'autorit&#233;. Elle oublie que le fascisme est tapi sous la d&#233;rision des valeurs du vivre ensemble et de la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, le temps n'est plus o&#249; la mise au travail des ados constituait un levier &#233;ducatif primordial ; nous n'&#233;tions pas en p&#233;riode de ch&#244;mage de masse qui ajoute au pessimisme des &#233;quipes &#233;ducatives.&lt;br class='autobr' /&gt;
Conduire une telle r&#233;flexion dans l'institution tout enti&#232;re peut &#234;tre productif d'id&#233;es nouvelles et de remaniements institutionnels cr&#233;atifs et courageux. Depuis soixante ans, notre profession a toujours cr&#233;&#233; des structures innovantes. Il faut croire encore dans ce m&#233;tier !&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela vaut mieux que la d&#233;signation &#233;cul&#233;e d'un bouc &#233;missaire, la d&#233;valorisation des &#233;ducateurs, la sid&#233;ration g&#233;n&#233;rale face aux ados en crise ou&#8230; la chronique d'une explosion institutionnelle annonc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_521 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L95xH23/picto-lireaussi-2-1ca1a.png?1693464261' width='95' height='23' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Nos archives sur le th&#232;me du &lt;a href=&#034;http://www.lien-social.com/Risque-professionnel&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;risque professionnel dans les m&#233;tiers du social&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
et sur celui de &lt;a href=&#034;http://www.lien-social.com/Usure-professionnelle&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;l'usure professionnelle&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Jean Cartry&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#201;ducateur sp&#233;cialis&#233;, ancien directeur d'&#233;tablissement, il a anim&#233; pendant 35 ans avec sa femme Janine, elle-m&#234;me &#233;ducatrice, une famille d'accueil sp&#233;cialis&#233;e. Il est &#233;galement r&#233;dacteur &#224; &lt;i&gt;Lien Social&lt;/i&gt; depuis 1988.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_516 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L50xH50/picto-livre-0ca25.png?1693464279' width='50' height='50' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ouvrages de Jean Cartry, publi&#233;s aux &#233;ditions Dunod :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Cahier du soir d'un &#233;ducateur&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'&#233;duc et le psy &#8226; Lettre sur la clinique du soin &#233;ducatif&lt;/i&gt;, avec Paul Fustier, &lt;i&gt;Les parents symboliques&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Petite chronique d'une famille d'accueil&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pratiques et &#233;volutions de la justice des mineurs</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Pratiques-et-evolutions-de-la-justice-des-mineurs</link>
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		<dc:date>2016-03-02T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Justice</dc:subject>
		<dc:subject>1180</dc:subject>

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&lt;p&gt;D&#233;sormais en retraite, Alain Bruel a consacr&#233; toute sa carri&#232;re &#224; la fonction de juge des enfants. C'est dire si le regard qu'il porte sur la justice des mineurs est ac&#233;r&#233;. Depuis des ann&#233;es, le cadre l&#233;gislatif de l'assistance &#233;ducative est rest&#233; stable, quelques r&#233;formes venant juste l'affiner : extension de la protection judiciaire aux jeunes majeurs (1975), limitation de la dur&#233;e des mesures (1986), pr&#233;servation des fratries (1998), consultation des dossiers par les familles (2002). C'est bien diff&#233;rent (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Justice-368" rel="tag"&gt;Justice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1180-" rel="tag"&gt;1180&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L97xH150/arton4814-93aa6.jpg?1693476378' width='97' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#233;sormais en retraite, Alain Bruel a consacr&#233; toute sa carri&#232;re &#224; la fonction de juge des enfants. C'est dire si le regard qu'il porte sur la justice des mineurs est ac&#233;r&#233;. Depuis des ann&#233;es, le cadre l&#233;gislatif de l'assistance &#233;ducative est rest&#233; stable, quelques r&#233;formes venant juste l'affiner : extension de la protection judiciaire aux jeunes majeurs (1975), limitation de la dur&#233;e des mesures (1986), pr&#233;servation des fratries (1998), consultation des dossiers par les familles (2002). C'est bien diff&#233;rent pour le p&#233;nal : les r&#233;formes r&#233;pressives se sont multipli&#233;es et le parquet s'est empar&#233; du leadership de la lutte contre la d&#233;linquance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain Bruel constate, avec amertume, les effets d&#233;l&#233;t&#232;res de cette r&#233;volution conservatrice qui, sommant les magistrats de neutraliser l'ins&#233;curit&#233;, a de plus en plus orient&#233; l'institution vers la sanction imm&#233;diate, au d&#233;triment de la recherche de sens. Au temps forc&#233;ment long requis par l'&#233;ducatif, s'est substitu&#233; le temps court d'une proc&#233;dure devant se montrer r&#233;active. La responsabilisation des mineurs a remplac&#233; la r&#233;ponse bienveillante &#224; la fragilit&#233; de la p&#233;riode adolescente. Le postulat n&#233;o-lib&#233;ral du choix rationnel du jeune d&#233;linquant l'a emport&#233; sur les d&#233;terminants sociaux. La pr&#233;occupation s&#233;curitaire a triomph&#233; de la pr&#233;vention sociale, la consid&#233;ration des faits primant sur celle de la personne. Les normes gestionnaires s'incorporent dans les d&#233;cisions des acteurs de la justice. La politique du r&#233;sultat a supplant&#233; l'individualisation de la peine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inventivit&#233; et l'innovation qui ont longtemps guid&#233; la politique de la PJJ ont &#233;t&#233; remplac&#233;es par une standardisation fond&#233;e sur des r&#233;f&#233;rentiels d'intervention servant de support aux objectifs de productivit&#233; ou de profilage. Le diagnostic de l'auteur est sans concession : chaque soci&#233;t&#233; a la d&#233;linquance qu'elle m&#233;rite et les techniques p&#233;nales qui lui conviennent. La violence, le cynisme et l'opportunisme des jeunes d&#233;linquants correspondent &#224; l'incertitude, la volatilit&#233; et la complexit&#233; du monde moderne. La l&#233;gitimit&#233; de l'autorit&#233; a c&#233;d&#233; la place &#224; l'opportunit&#233; du commerce. Et Alain Bruel de rappeler combien le r&#244;le d'&#233;nonciation du juge est important quand il nomme les actes pos&#233;s et qualifie leur caract&#232;re d&#233;lictuel ou quand il reconna&#238;t l'existence d'un danger et &#233;nonce sa d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mise en mots constitue un capital symbolique essentiel pour permettre &#224; des adolescents impr&#233;visibles, aux comportements irr&#233;fl&#233;chis, une mise &#224; distance. L'auteur revendique de redonner du temps &#224; la justice des mineurs : non en multipliant les proc&#233;dures &#224; d&#233;lais rapproch&#233;s ou en temps r&#233;el, mais en prenant en compte la lente maturation des adolescents ; non en se fondant sur un calcul statistique pr&#233;dictif, mais en s'appuyant sur l'analyse clinique ; non en privil&#233;giant le r&#233;sultat imm&#233;diat ou le nombre des d&#233;cisions rendues, mais leur pertinence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. &#233;r&#232;s, 2015, (322 p. &#8211; 18&#8239;&#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'int&#233;r&#234;t de l'enfant</title>
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		<dc:subject>Droits de l'enfant</dc:subject>
		<dc:subject>1180</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fiona Maye est une brillante magistrate britannique sp&#233;cialis&#233;e en droit de la famille. Elle va vivre en l'espace de quelques mois deux &#233;v&#232;nements contigus : des complications d'ordre personnel et un jugement particuli&#232;rement d&#233;licat &#224; &#233;tablir. C'est d'abord sa rupture conjugale, dont la chronique parcourt le roman, que l'on suit pas &#224; pas, d&#233;monstration que l'on peut &#234;tre une &#233;minente juriste, tout en &#233;tant confront&#233;e aux m&#234;mes pr&#233;occupations que ses justiciables. L'affaire qui la marquera &#224; jamais, ce (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fiona Maye est une brillante magistrate britannique sp&#233;cialis&#233;e en droit de la famille. Elle va vivre en l'espace de quelques mois deux &#233;v&#232;nements contigus : des complications d'ordre personnel et un jugement particuli&#232;rement d&#233;licat &#224; &#233;tablir. C'est d'abord sa rupture conjugale, dont la chronique parcourt le roman, que l'on suit pas &#224; pas, d&#233;monstration que l'on peut &#234;tre une &#233;minente juriste, tout en &#233;tant confront&#233;e aux m&#234;mes pr&#233;occupations que ses justiciables. L'affaire qui la marquera &#224; jamais, ce n'est pas tant cette demande &#233;manant d'un h&#244;pital qui sollicite une autorisation judiciaire pour s&#233;parer deux b&#233;b&#233;s siamois, l'op&#233;ration permettant de n'en sauver qu'un seul. Choix douloureux pour des parents fervents catholiques, refusant toute intervention. Ce n'est pas non plus ce conflit au sein d'une famille juive se disputant la garde des enfants, l'avocate du p&#232;re reprochant &#224; la m&#232;re de ne pas adopter un style de vie suffisamment orthodoxe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, ce qui va longtemps tarauder cette juge des affaires familiales, c'est Adam Henry, cet adolescent de dix-sept ans, atteint d'une leuc&#233;mie, qui refuse toute transfusion, en coh&#233;rence avec les pr&#233;ceptes des t&#233;moins de J&#233;hovah &#224; laquelle sa famille adh&#232;re. Fiona Maye d&#233;cide de ne pas s'en tenir uniquement aux plaidoiries des avocats, mais de se d&#233;placer &#224; l'h&#244;pital, pour recueillir l'avis de l'adolescent. D&#233;cision peu acad&#233;mique qui entra&#238;nera la magistrate dans un maelstrom affectif et juridique auquel elle ne s'attendait certes pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment &#233;tablir l'int&#233;r&#234;t de l'enfant, sans le confondre avec celui des ses parents ? Comment mettre &#224; distance l'affiliation religieuse qui, pour &#234;tre l&#233;gitime, n'en a pas pour autant &#224; dicter les d&#233;cisions de la justice ? Comment appliquer la loi, en se montrant totalement imperm&#233;able &#224; la profonde humanit&#233; des situations que l'on a &#224; trancher ? &#201;mouvant et haletant, ce roman se d&#233;vore plus qu'il ne se lit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Gallimard, 2015, (232 p. &#8211; 18&#8239;&#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La justice et les enfants</title>
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		<dc:subject>Justice</dc:subject>
		<dc:subject>1180</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est un vade-mecum qui vient concurrencer avec bonheur les lourds et encombrants codes ou trait&#233;s de droit. Jean-Pierre Rosenczveig nous propose ici un livre petit par sa taille (8x12 cm), par son poids (moins de 100 grammes) et par son prix (3 &#8364;), mais utile et pertinent par son contenu. L'ouvrage est centr&#233; sur l'enfant. Celui-ci poss&#232;de tous les droits de la personne humaine auxquels se rajoutent des droits sp&#233;cifiques li&#233;s &#224; sa n&#233;cessaire protection. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, il est consid&#233;r&#233; comme &#171; incapable (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est un vade-mecum qui vient concurrencer avec bonheur les lourds et encombrants codes ou trait&#233;s de droit. Jean-Pierre Rosenczveig nous propose ici un livre petit par sa taille (8x12 cm), par son poids (moins de 100 grammes) et par son prix (3 &#8364;), mais utile et pertinent par son contenu. L'ouvrage est centr&#233; sur l'enfant. Celui-ci poss&#232;de tous les droits de la personne humaine auxquels se rajoutent des droits sp&#233;cifiques li&#233;s &#224; sa n&#233;cessaire protection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, il est consid&#233;r&#233; comme &#171; incapable &#187; sur le plan juridique. Ce paradoxe s'explique ais&#233;ment : il ne peut exercer ses droits seul, devant s'appuyer, dans l'immense majorit&#233; des cas, sur ses parents et d'une mani&#232;re plus exceptionnelle sur des tiers. Si son immaturit&#233; ne lui permet pas d'assumer pleinement les droits qui lui sont reconnus, il en va de m&#234;me pour ses devoirs qui sont proportionnels &#224; sa maturit&#233; et &#224; son degr&#233; de discernement. Mais l'excuse de minorit&#233; dont il b&#233;n&#233;ficie n'abolit pas, pour autant, totalement sa responsabilit&#233; p&#233;nale ou disciplinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est toute cette complexit&#233; qu'expose avec clart&#233; et pr&#233;cision l'auteur, en privil&#233;giant trois axes : l'enfant et sa famille, l'enfant victime (au civil) et l'enfant auteur (au p&#233;nal). &#201;duquer l'enfant, ce n'est pas le consid&#233;rer comme un objet passif de l'action des adultes, mais comme sujet acteur de son devenir. Voil&#224; un ouvrage qui contribue &#224; renforcer cette vision fondamentale du petit d'homme : il n'est pas seulement priv&#233; de l'essentiel de la capacit&#233; juridique propre aux adultes. Pouvant d&#233;poser plainte pour des faits dont il a &#233;t&#233; victime et se faire entendre par la justice, il cultive d&#233;j&#224; les ressorts fondamentaux de ce qui fait de lui un futur citoyen.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Dalloz, 2013, (307 p. &#8211; 3&#8239;&#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les placements d'enfants</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Internat</dc:subject>
		<dc:subject>1180</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Si, avec une trentaine de contributeurs, cet ouvrage ne pr&#233;tend pas &#224; l'exhaustivit&#233; sur la question des placements d'enfants, il propose n&#233;anmoins un tour d'horizon tr&#232;s diversifi&#233;. Le choix a &#233;t&#233; fait de ne pas donner la parole aux sachants des sciences humaines que l'on trouve si souvent ailleurs, mais &#224; des acteurs institutionnels. Mis &#224; part quelques professionnels de terrain et psychiatres, ce sont surtout des cadres issus de la PJJ, des conseils d&#233;partementaux et des services de protection de (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si, avec une trentaine de contributeurs, cet ouvrage ne pr&#233;tend pas &#224; l'exhaustivit&#233; sur la question des placements d'enfants, il propose n&#233;anmoins un tour d'horizon tr&#232;s diversifi&#233;. Le choix a &#233;t&#233; fait de ne pas donner la parole aux sachants des sciences humaines que l'on trouve si souvent ailleurs, mais &#224; des acteurs institutionnels. Mis &#224; part quelques professionnels de terrain et psychiatres, ce sont surtout des cadres issus de la PJJ, des conseils d&#233;partementaux et des services de protection de l'enfance, des magistrats de la jeunesse, avocats et juristes qui s'expriment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que retenir d'un contenu parfois riche, malgr&#233; un ton parfois convenu ? Quelques rappels qui m&#233;ritent d'&#234;tre faits. Le manque de plus en plus cruel de places d'accueil pour les mineurs d&#233;linquants, en dehors du milieu carc&#233;ral. Aucun mod&#232;le unique dans l'organisation des ASE qui, pour s'&#234;tre diversifi&#233;es depuis la d&#233;centralisation, ont vu aussi leurs pratiques s'&#233;parpiller. Un placement qui n'est pas forc&#233;ment un aveu d'&#233;chec, tout comme le retour en famille qui ne constitue pas la seule issue estimable, chaque enfant devant suivre son propre cheminement. L'importance de la continuit&#233; et de la stabilit&#233;, de la souplesse et de l'adaptabilit&#233; qui sont essentielles pour agir au plus pr&#232;s de l'int&#233;r&#234;t de l'enfant. Le faible taux de contr&#244;le des &#233;tablissements qui intervient, en moyenne, une fois tous les 23 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et enfin, la n&#233;gligence de la pr&#233;vention, v&#233;ritable parent pauvre du dispositif : la moiti&#233; du co&#251;t du placement en MECS d'une fratrie de trois enfants pourrait financer un logement d&#233;cent, une formation qualifiante pour l'un des deux parents, un large &#233;tayage pluridisciplinaire en milieu ouvert, un soutien scolaire et des aides financi&#232;res venant permettre non seulement la subsistance, mais aussi l'acc&#232;s aux loisirs et aux vacances. &#192; chaque lecteur de trouver ici son compte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. &#233;r&#232;s, 2014, (378 p. &#8211; 20&#8239;&#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Puissance cr&#233;ative de la folie</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Puissance-creative-de-la-folie</link>
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		<dc:date>2016-03-02T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>1180</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis bient&#244;t trente ans, le festival biennal Art et d&#233;chirure s'appuie sur la folie pour offrir des cr&#233;ations exigeantes. Du 9 au 20&#8239;mars, sa quinzi&#232;me &#233;dition se tiendra dans un climat politique alourdi. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &#199;a d&#233;chire &#224; Rouen &#187;. Sous cet intitul&#233; rock, Jo&#235;l K&#233;rouanton, &#233;ducateur, formateur et &#233;crivain, d&#233;ambule dans un festival inclassable m&#234;lant art brut, art singulier et art contemporain, en Seine-Maritime. S'abreuvant de spectacles, il &#233;crit : &#171; C'&#233;tait clair : nous n'&#233;tions pas dans le th&#233;&#226;tre (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis bient&#244;t trente ans, le festival biennal Art et d&#233;chirure s'appuie sur la folie pour offrir des cr&#233;ations exigeantes. Du 9 au 20&#8239;mars, sa quinzi&#232;me &#233;dition se tiendra dans un climat politique alourdi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; &#199;a d&#233;chire &#224; Rouen &#187;&lt;/i&gt;. Sous cet intitul&#233; rock, Jo&#235;l K&#233;rouanton, &#233;ducateur, formateur et &#233;crivain, d&#233;ambule dans un festival inclassable m&#234;lant art brut, art singulier et art contemporain, en Seine-Maritime. S'abreuvant de spectacles, il &#233;crit : &lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait clair : nous n'&#233;tions pas dans le th&#233;&#226;tre habituel, nous n'&#233;tions pas non plus dans notre &#233;tat habituel, all&#233;g&#233;s d'un brin de folie, alourdis d'un peu de talent &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='&#199;a d&#233;chire &#224; Rouen, Jo&#235;l K&#233;rouanton, &#233;d. Champ social, collection Collectif psy, (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire est celle d'un d&#233;sir : deux infirmiers psychiatriques de Rouen, fous de th&#233;&#226;tre, Jos&#233; Sagit et Jo&#235;l Delaunay, avaient r&#233;fl&#233;chi dans les ann&#233;es quatre-vingt &#224; un &lt;i&gt;&#171; &#233;v&#233;nement qui pr&#233;senterait au public des &#339;uvres artistiques, toutes disciplines confondues, issues du monde de la folie &#187;&lt;/i&gt;. En 1988, na&#238;t Art et D&#233;chirure. Ils envoient aux &#233;tablissements psychiatriques une proposition claire et concr&#232;te : &lt;i&gt;&#171; Vous pratiquez une activit&#233; artistique avec des patients (th&#233;&#226;tre, arts plastiques, musique&#8230;) ? Notre festival peut la pr&#233;senter &#187;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;lire plus bas&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus d'un quart de si&#232;cle plus tard, s&#233;ance &#233;prouvante au conseil municipal de Petit-Quevilly (Seine-Maritime) ce soir du 2 f&#233;vrier 2016 : une &#233;lue municipale, Claire Jeannin, &#233;tiquet&#233;e Bleu Marine, monte violement au cr&#233;neau au sujet de la subvention municipale (2 000 &#8364;) vers&#233;e &#224; &lt;a href=&#034;http://www.art.et.dechirure.overblog.com&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Art et d&#233;chirure&lt;/a&gt; qui organise le festival tous les deux ans. L'&#233;lue FN brandit avec m&#233;pris de mauvaises photocopies : l'expression qu'elle ass&#232;ne, &lt;i&gt;&#171; c'est du non-art ! &#187;&lt;/i&gt;, &#233;voque &#224; plusieurs conseillers municipaux l'art &lt;i&gt;&#171; d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; &#187;&lt;/i&gt; d'une sombre &#233;poque. Elle ne s'en excusera pas. Les faits sont consign&#233;s au proc&#232;s-verbal de la s&#233;ance. L'association r&#233;fl&#233;chit actuellement &#224; d'&#233;ventuelles suites &#224; donner &#224; cette affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Festival unique en son genre, Art et d&#233;chirure cette ann&#233;e du 9 au 20 mars veut, comme tous les deux ans, t&#233;moigner de productions artistiques singuli&#232;res, hors des sentiers balis&#233;s et des modes &#233;ph&#233;m&#232;res, &#339;uvres parfois cr&#233;&#233;es dans l'urgence et la souffrance, plac&#233;es ici au c&#339;ur de la cit&#233;. L'exigence artistique, la force cr&#233;atrice, l'authenticit&#233; de l'art en marge sont au rendez-vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#233;dition pr&#233;c&#233;dente, en 2014, un groupe d'entraide mutuelle, Arc en GEM 76, avait pr&#233;sent&#233; son travail &#224; partir de la bande dessin&#233;e. Cette ann&#233;e, en plusieurs lieux (Rouen, Canteleu,&#8239;etc.), dix spectacles sont attendus. La fameuse compagnie de l'Oiseau-Mouche viendra y pr&#233;senter son dernier-n&#233;, et la metteure en sc&#232;ne Emma Dante proposera son spectacle-manifeste. On pourra y croiser une excursion sensible et documentaire au pays de la psychiatrie, Les Bruits de couloir, ou, dans Atelier 231, les textes des patients d'un l'h&#244;pital de jour. Des &#339;uvres plastiques et des spectacles vivants &lt;i&gt;&#171; issus de la d&#233;chirure de l'&#234;tre &#187;&lt;/i&gt; seront pr&#233;sent&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin des bouff&#233;es intol&#233;rantes d'une extr&#234;me-droite dont les derniers d&#233;rapages auront eu aussi fonction de caisse de r&#233;sonance, la valeur profond&#233;ment artistique de ce festival hors du commun semble de plus en plus reconnue. Le nombre de partenariats augmentent, qu'ils soient institutionnels (l'important Centre hospitalier du Rouvray et la ville de Rouen notamment) ou culturels (dont la Direction r&#233;gionale des Affaires culturelles). D'&#233;vidence, il a d&#233;j&#224; r&#233;ussi &#224; fid&#233;liser un public. Il va vivre. Bon vent.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Performance d'apr&#232;s 68&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Deux jeunes gens, Jos&#233; Sagit et Jo&#235;l Delaunay, d&#233;butent leur vie professionnelle en 1968 &#224; l'h&#244;pital psychiatrique de la Seine-Maritime, que dirigea Lucien Bonnaf&#233; et o&#249; fut notamment intern&#233; Antonin Artaud pendant quelques mois. Militants culturels, devenus en 1970 infirmiers psychiatriques dipl&#244;m&#233;s d'&#201;tat, ils lancent leur initiative en 1988. Nourris d'Avignon, de Beckett comme de Bruno Boussagol, ils revendiquent d&#232;s le d&#233;part une exigence de qualit&#233; : &lt;i&gt;&#171; Nous voulions rompre avec ce qui se faisait ici ou l&#224;, des expos dans des r&#233;fectoires ou des arri&#232;re-salles, des spectacles dans des salles de gym peu ou pas &#233;quip&#233;es, une communication ridicule ou inexistante r&#233;serv&#233;e aux familles ou au personnel. &#187;&lt;/i&gt; &#192; l'automne 1989, leur premier festival lance un premier bouquet d'expressions artistiques. Un succ&#232;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#199;a d&#233;chire &#224; Rouen&lt;/i&gt;, Jo&#235;l K&#233;rouanton, &#233;d. Champ social, collection Collectif psy, mai 2012, 11 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Mal au travail social</title>
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		<dc:subject>Usure professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>Risque professionnel</dc:subject>
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&lt;p&gt;La souffrance au travail dans le secteur social est-elle proportionnelle &#224; la remise en question de ses fondamentaux ? D'&#233;vidence, elle prend une dimension inqui&#233;tante. Des centres communaux d'action sociale &#224; la Protection judiciaire de la jeunesse, en passant par toutes les institutions du secteur, plusieurs &#233;tudes bruissent de ce malaise. Parfois, comme &#224; Dunkerque, le mal-&#234;tre pousse &#224; l'extr&#234;me. L'essentiel de la quinzaine D&#233;cryptage par Jo&#235;l Plantet Puissance cr&#233;ative de la folie Sur le vif (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L107xH150/arton4830-55ee4.jpg?1693476378' width='107' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La souffrance au travail dans le secteur social est-elle proportionnelle &#224; la remise en question de ses fondamentaux ? D'&#233;vidence, elle prend une dimension inqui&#233;tante. Des centres communaux d'action sociale &#224; la Protection judiciaire de la jeunesse, en passant par toutes les institutions du secteur, plusieurs &#233;tudes bruissent de ce malaise. Parfois, comme &#224; Dunkerque, le mal-&#234;tre pousse &#224; l'extr&#234;me.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'essentiel de la quinzaine&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;D&#233;cryptage par Jo&#235;l Plantet&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Puissance cr&#233;ative de la folie&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Sur le vif d'Etienne Liebig&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Au c&#339;ur de la cellule !&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'humeur de Jacques Tr&#233;mintin&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Pourquoi je n'ai pas sign&#233; la p&#233;tition&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;La plume de C&#233;lia Carpaye&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Du principe de r&#233;alit&#233; dans le virtuel&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Tribune des r&#233;sistances&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Politique de la ville &#8226; &lt;strong&gt;D&#233;mocratie d'interpellation&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Chronique internationale&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&#201;tats-Unis &#8226; &lt;strong&gt; Philanthropie et politique sociale &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Angle droit&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;H&#233;bergement d'urgence &#8226; &lt;strong&gt; Un bel outil au placard &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Transmission&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Livres &#8226; &lt;strong&gt; Le social &#224; tout prix &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Au c&#339;ur des m&#233;tiers&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Addictions &#8226; &lt;strong&gt; &#202;tre parent au yeux de l'autre &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Dossier&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Mal au travail social&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Entretien avec Pascal Boes, psychologue et ergonome
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; Risques psycho-sociaux, une question &#034;hautement politique&#034; &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&#201;tude de terrain par Jean Cartry
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; Ados et &#233;ducs dans une impasse ? &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'espace du lecteur&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Th&#233;&#226;tre forum et bientraitance&lt;/li&gt;&lt;li&gt;La yourte, outil de m&#233;diation sociale&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'&#339;il et l'oreille&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Livres&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Pratiques et &#233;volutions de la justice des mineurs&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, A. Bruel&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;L'int&#233;r&#234;t de l'enfant&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, I. MacEwan&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;La justice et les enfants&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, J.-P. Rosenczveig&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Les placements d'enfants&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, D. Attias et L. Kha&#239;at&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Documentaire&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Visages d&#233;fendus&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Documentaire DVD&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;La porte d'Anna&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Mati&#232;re &#224; pens&#233;es&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Entretien avec Marine Maurin, sociologue
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Femmes &#224; la rue &#8226; &lt;strong&gt;Les invisibles&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Annonces&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Offres d'emploi, d&#233;l&#233;gation de service public, appel d'offre&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Jiho : affreux, sales et m&#233;chants&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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