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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Le travail social, un minimum syndical</title>
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		<dc:subject>Travail social</dc:subject>
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&lt;p&gt;Malgr&#233; une &#233;vidente compl&#233;mentarit&#233;, les travailleurs sociaux ne sont pas plus syndiqu&#233;s que la moyenne nationale. Beaucoup ne se consid&#232;rent pas comme des travailleurs comme les autres et la r&#233;alit&#233; de l'action syndicale leur est m&#233;connue. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Dans le centre o&#249; je bossais, on &#233;tait plusieurs toujours &#224; r&#226;ler. Et puis quelqu'un a dit, &#8220;au lieu de vous plaindre, vous feriez mieux d'agir. Il y a un truc qui existe depuis cent ans et qui s'appelle l'action syndicale. Organisez votre contestation et montez un (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1167-" rel="tag"&gt;1167&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Malgr&#233; une &#233;vidente compl&#233;mentarit&#233;, les travailleurs sociaux ne sont pas plus syndiqu&#233;s que la moyenne nationale. Beaucoup ne se consid&#232;rent pas comme des travailleurs comme les autres et la r&#233;alit&#233; de l'action syndicale leur est m&#233;connue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Dans le centre o&#249; je bossais, on &#233;tait plusieurs toujours &#224; r&#226;ler. Et puis quelqu'un a dit, &#8220;au lieu de vous plaindre, vous feriez mieux d'agir. Il y a un truc qui existe depuis cent ans et qui s'appelle l'action syndicale. Organisez votre contestation et montez un syndicat&#8221;. Alors, on a mont&#233; notre section. On n'&#233;tait que cinq sur cinquante salari&#233;s. &#8220;C'est g&#233;nial&#8221;, nous a-t-on dit &#224; l'union d&#233;partementale. C'est &#233;norme dans une bo&#238;te d'&#234;tre 10 % de syndiqu&#233;s. &#187;&lt;/i&gt; Nicolas Gaillard, ancien &#233;ducateur et aujourd'hui formateur &#224; la Scop l'Orage, se souvient &#224; quel point il avait trouv&#233; &#231;a &lt;i&gt;&#171; navrant &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; mal barr&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Son t&#233;moignage ne fait pas exception au ressenti g&#233;n&#233;ral dans le travail social. Ici aussi, les taux de syndicalisation sont qualifi&#233;s de &lt;i&gt;&#171; pas bons &#187;&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;&#171; se situent dans la moyenne nationale &#187;&lt;/i&gt; pour s'exprimer plus pudiquement. Soit aux alentours de 8%. Et trois fois moins qu'il y a trente ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, cette d&#233;saffection pour le syndicalisme concerne toutes les branches professionnelles et s'inscrit dans un mouvement national. Mais n'y a-t-il pas, &#224; l'endroit de l'action sociale, des particularit&#233;s, des sp&#233;cificit&#233;s et une dynamique &#224; l'&#339;uvre, propre au secteur ? Car si le syndicalisme est en crise, le travail social l'est aussi. Et d'aucuns n'h&#233;sitent pas &#224; voir un lien entre les deux. Interroger la place du syndicalisme dans le travail social, c'est aussi, au-del&#224; du constat, une fa&#231;on de r&#233;fl&#233;chir aux enjeux d'une possible r&#233;appropriation de l'outil syndical et, derri&#232;re le pessimisme apparent, une mani&#232;re pour les uns comme pour les autres, de refuser l'&#233;vidence de s'avouer vaincus.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des salari&#233;s diff&#233;rents des autres ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; premi&#232;re vue, syndicalisme et travail social, &#231;a ne va de soi. Car qui dit syndicat, dit patronat. Une approche d'embl&#233;e jug&#233;e peu compatible avec le milieu associatif et la fonction publique, o&#249; l'expression de la lutte des classes sur ces terrains professionnels semble moins qu'ailleurs avoir sa place. Et bien que dans &#171; travailleur social &#187;, il y ait &#171; travailleur &#187;, les professionnels expriment &lt;i&gt;&#171; une vieille g&#234;ne &#187;&lt;/i&gt;, voire &lt;i&gt;&#171; une forme de culpabilit&#233; &#187;&lt;/i&gt; &#224; se pr&#233;senter comme tel, &#224; parler &#171; force de travail &#187; et &#224; se sentir des salari&#233;s comme les autres. &lt;i&gt;&#171; C'est normal, dans l'imaginaire collectif, le travailleur social est un peu l'h&#233;ritier des bonnes s&#339;urs et des cur&#233;s ; quelqu'un dont il para&#238;t presque naturel qu'il aide b&#233;n&#233;volement son prochain &#187;&lt;/i&gt;, remarque Didier Kunst, ancien &#233;ducateur, qui exerce depuis une vingtaine d'ann&#233;es comme formateur et comme conseiller prud'homal &#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, l'entr&#233;e &#171; revendication salariale &#187;, sujet embl&#233;matique de la question syndicale s'il en est, n'est pas des plus pl&#233;biscit&#233;s par les travailleurs sociaux. &lt;i&gt;&#171; L'entr&#233;e vers le syndicalisme ne se fait jamais sur des questions de salaires, mais quasiment toujours vers la d&#233;fense des missions &#187;&lt;/i&gt;, souligne Benjamin Poiret, permanent syndical Supap-FSU &#224; Paris. &lt;i&gt;&#171; Le moteur des luttes, c'est toujours vis-&#224;-vis de nos publics. M&#234;me quand les revendications portent sur nos conditions de travail, c'est toujours dans la perspective de pouvoir bien faire notre boulot &#187;&lt;/i&gt;, confirme Nicolas Gaillard.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le travail social en d&#233;ficit syndical&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si tout porte &#224; croire que la culture syndicale est difficilement soluble dans les valeurs du travail social, il est pourtant une g&#233;n&#233;ration qui peut t&#233;moigner du contraire. &lt;i&gt;&#171; &#192; l'&#233;poque, travail social et syndicalisme formaient presque un tout. Il y avait une forme de symbiose. L'un comme l'autre &#233;taient porteurs d'un projet de soci&#233;t&#233; et visait &#224; l'&#233;mancipation sociale. On consid&#233;rait le travail social comme un acquis, avec la notion que, comme tout acquis, il &#233;tait &#224; d&#233;fendre &#187;&lt;/i&gt;, atteste Daniel Cl&#233;rembaux, responsable FSU au conseil d&#233;partemental de la Haute-Vienne, sorti de l'&#233;cole d'&#233;ducateur en 1982 et syndiqu&#233; &lt;i&gt;&#171; d&#232;s le d&#233;but, car &#231;a allait de soi &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un avis partag&#233; par Benjamin Poiret : &lt;i&gt;&#171; Une majorit&#233; des salari&#233;s &#233;taient sinon adh&#233;rents, au moins sympathisants. &#187;&lt;/i&gt; Une adh&#233;sion au syndicalisme qualifi&#233;e de &lt;i&gt;&#171; quasi-culturelle &#187;. &#171; &#192; la nuance pr&#232;s, par rapport &#224; d'autres secteurs, que le syndicalisme &#233;tait davantage v&#233;cu comme un appui, une aide, une philosophie, que comme un moyen de d&#233;fense &#187;&lt;/i&gt;, estime Didier Kunst, qui se souvient, jeune professionnel, l'avoir d&#233;couvert &lt;i&gt;&#171; de mani&#232;re sereine et importante &#187;. &#171; &#192; cette &#233;poque, les interlocuteurs des organisations syndicales &#233;taient souvent des cadres qui avaient eux-m&#234;mes suivis un parcours syndical. Le vocabulaire, les pr&#233;occupations &#233;taient les m&#234;mes du c&#244;t&#233; des salari&#233;s, des militants d&#233;l&#233;gu&#233;s ayant mandats et des personnes aux postes de direction. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue-l&#224;, la donne a chang&#233;. Car, autant les travailleurs sociaux se sont &#233;loign&#233;s des syndicats, autant leurs employeurs se sont rapproch&#233;s des logiques gestionnaires et manag&#233;riales ch&#232;res au corps patronal. &lt;i&gt;&#171; Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'on ne fait plus partie de la m&#234;me famille &#187;&lt;/i&gt;, l&#226;che Didier Kunst. L'&#233;lu au conseil de prud'hommes de Marseille est bien plac&#233; pour constater les effets d&#233;l&#233;t&#232;res que cette &#233;volution peut avoir : &lt;i&gt;&#171; Dans certaines structures, le harc&#232;lement est quasiment utilis&#233; comme un outil de gestion du personnel alors qu'il n'existait que tr&#232;s peu quand les syndicats et les instances repr&#233;sentatives du personnel avaient encore du poids dans les boutiques. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Reconstruire les repr&#233;sentations&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un peu comme le travail social peut se retrouver &#224; g&#233;rer les cons&#233;quences de l'exclusion sociale plut&#244;t qu'&#224; en pr&#233;venir les causes, le syndicalisme aujourd'hui &lt;i&gt;&#171; fait office d'ambulance &#187;. &#171; Les gens s'en saisissent quand ils rencontrent un probl&#232;me avec souvent la surprise de d&#233;couvrir que, quand m&#234;me, &#231;a leur sert un peu &#187;&lt;/i&gt;, ironise Didier Kunst. Ici comme ailleurs, le syndicalisme n'est pas exempt d'id&#233;es re&#231;ues. Et parmi elles, l'inutilit&#233; figure en bonne place. &lt;i&gt;&#171; Pour les gens, les syndicats ne repr&#233;sentent plus ni une force de proposition, ni une solution. On entend beaucoup qu'ils sont impuissants &#8211; dans le meilleur des cas &#8211; ou complices &#8211; dans le pire &#187;&lt;/i&gt;, constate Elsa Guillalot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des r&#233;actions que cette ma&#238;tre de conf&#233;rence en sciences politiques conna&#238;t bien pour les observer &#224; chaque fois qu'elle emploie le terme dans ses cours au d&#233;partement carri&#232;res sociales de l'IUT 2 de Grenoble. &lt;i&gt;&#171; J'interviens aussi dans un institut qui forme des cadres de sant&#233;. Cette ann&#233;e, ils m'ont carr&#233;ment demand&#233; de faire une intervention sp&#233;cifique sur le syndicalisme, pour essayer de d&#233;construire les repr&#233;sentations ; ils ne pouvaient plus prononcer le mot &#8220;syndicat&#8221; en cours sans susciter, au mieux, des soupirs et, au pire, des r&#233;actions beaucoup plus violentes. Quand on en arrive au point non pas de redorer le blason du syndicalisme mais &#224; devoir expliquer qu'il n'est pas un ennemi, on a quand m&#234;me l'impression d'avoir touch&#233; le fond. &#187;&lt;/i&gt; Pour elle, &#224; l'&#233;vidence, ces a priori rel&#232;vent avant tout d'un manque de culture g&#233;n&#233;rale. &lt;i&gt;&#171; Dans les programmes, &#224; aucun moment la culture du conflit n'est valoris&#233;e. On ne revient pas suffisamment sur l'histoire des luttes, des mouvements sociaux. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cons&#233;quence : &lt;i&gt;&#171; La plupart des salari&#233;s sont bien incapables de dire quels sont les champs du possible de leurs repr&#233;sentants syndicaux. &#187;&lt;/i&gt; Le lien avec les conventions collectives, les bourses du travail, l'&#233;ducation populaire, la s&#233;curit&#233; sociale ? &lt;i&gt;&#171; Pour pas mal de monde, tout cela ne veut plus rien dire &#187;&lt;/i&gt;, observe aussi Didier Kunst. &lt;i&gt;&#171; Quand je dis &#224; mes &#233;tudiants en travail social que je vais leur parler des organisations syndicales, certains osent me r&#233;pondre &#8220;Mais nous, monsieur, on ne fait pas de politique&#8221; &#187;&lt;/i&gt;, explique ce formateur en droit du travail. Un m&#233;lange des genres qu'Elsa Guillalot associe au prisme des m&#233;dias. &lt;i&gt;&#171; On traite les responsables syndicaux comme des personnalit&#233;s politiques. On leur fait les m&#234;mes reproches, avec ce m&#234;me discours autour de l'argent plus ou moins d&#233;tourn&#233;, &#224; des fins priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En t&#233;moigne, par exemple, la mani&#232;re dont ont &#233;t&#233; trait&#233;es certaines affaires r&#233;centes sur les frais relatifs &#224; la r&#233;fection de tel ou tel appartement. Cela ne fait que conforter certaines id&#233;es re&#231;ues qui voient le syndicaliste comme un planqu&#233;, soup&#231;onn&#233; d'avoir cherch&#233;, par son engagement, tel passe-droit ou telle protection. &#187;&lt;/i&gt; Et cette remise en doute de la sinc&#233;rit&#233; de l'action en dit long sur la crise de repr&#233;sentativit&#233; qui touche aussi les syndicats et que d&#233;plore Nicolas Gaillard, pointant &lt;i&gt;&#171; l'entreprise constante de d&#233;nigrement et de m&#233;pris de l'action syndicale, le c&#244;t&#233; &#8220;tous pourris&#8221;, qui participe de la d&#233;qualification du syndicalisme &#187;&lt;/i&gt;, bien loin de &lt;i&gt;&#171; servir les int&#233;r&#234;ts du salariat &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la lecture de l'&#233;dito du Monde Diplomatique, en date du mois d'avril, qui va convaincre du contraire. Dans ce texte intitul&#233; &#201;loge des syndicats, Serge Halimi, directeur de ce journal, revient sur une &#233;tude du FMI : &lt;i&gt;&#171; Selon ses &#233;conomistes, &#8220;une moiti&#233; environ&#8221; du creusement des in&#233;galit&#233;s que les lib&#233;raux pr&#233;f&#232;rent traditionnellement attribuer &#224; des facteurs impersonnels (mondialisation, technologies, etc.) d&#233;coulerait du d&#233;clin des organisations de salari&#233;s. Doit-on s'en &#233;tonner ? Quand le syndicalisme, point d'appui historique de la plupart des avanc&#233;es &#233;mancipatrices, s'efface, tout se d&#233;grade, tout se d&#233;place. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les syndicats sont l&#224;, comme un marteau, rouill&#233; peut-&#234;tre, mais toujours &#224; port&#233;e de main. Qu'on s'en saisisse. &#187;&lt;/i&gt; Pour le militant syndical Daniel Cl&#233;rembaux, qui observe aujourd'hui &lt;i&gt;&#171; une r&#233;appropriation de l'outil du fait que le travail social comme les politiques sociales sont menac&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, ce v&#339;u formul&#233; par Fran&#231;ois Ruffin, auteur de La lutte des classes, est en passe de devenir r&#233;alit&#233;. Signe de cette prise de conscience, &lt;i&gt;&#171; tous les collectifs, les r&#233;seaux et les petites assos que l'on voit se monter un peu partout. Cette esp&#232;ce de com&#232;te, c'est un r&#233;veil des travailleurs sociaux et notamment des plus jeunes qui n'ont pas forc&#233;ment eu besoin de lutter au d&#233;but de leur carri&#232;re. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la politologue Elsa Guillalot, l'apparition de ces collectifs &lt;i&gt;&#171; va aussi de pair avec la tendance globale d'un rejet a priori de tout ce qui est de l'ordre de l'institutionnel, incluant la crainte des appareils &#8211; ressentis comme lourds, bureaucratiques, antid&#233;mocratiques&#8211;, et qui fait qu'on pr&#233;f&#232;re aller rechercher une alternative dans des micro-initiatives soi-disant non institutionnelles &#187;. &#171; On avait une certaine fascination pour les appareils et un culte de l'organisation qui &#233;tait tr&#232;s fort&lt;/i&gt;, t&#233;moigne Daniel Cl&#233;rembaux. &lt;i&gt;Les jeunes ont moins d'int&#233;r&#234;t pour &#231;a, mais je pense que c'est ponctuel. On y &#233;tait tr&#232;s attach&#233;s, parce qu'on savait qu'avoir des r&#233;unions r&#233;guli&#232;res, des congr&#232;s, des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, &#233;lire des gens, c'&#233;tait tr&#232;s important pour installer le rapport de force dans le temps. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Prendre conscience&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Plus on comprend la refonte des m&#233;tiers du social, le contexte politique, &#233;conomique, et plus on comprend qu'il y a une forme de solidarit&#233; entre les conditions de travail et la qualit&#233; du travail, qui au d&#233;part n'&#233;tait pas forc&#233;ment &#233;vidente pour nous. Peut-&#234;tre aussi que c'est ce besoin de synth&#232;se qui fait na&#238;tre des collectifs et des formes interm&#233;diaires &#187;&lt;/i&gt;, observe Sylv&#232;re Cala, &#233;ducateur fra&#238;chement dipl&#244;m&#233; et membre du collectif Avenir &#201;ducs. &lt;i&gt;&#171; On a pas mal de gens qui nous ont rejoints autour des valeurs, autour de l'accompagnement, de la rencontre avec l'autre&lt;/i&gt;, ajoute Gabrielle Garrigue, formatrice et porte-parole du m&#234;me collectif. &lt;i&gt;L&#224;, l'&#233;lan s'est fait assez facilement. Ce qui est int&#233;ressant, c'est qu'aujourd'hui on fait le chemin inverse en r&#233;alisant l'importance d'avoir des conditions de travail d&#233;centes pour permettre aux professionnels de bien accompagner l'autre. &#187;&lt;/i&gt; &#192; l'&#233;vidence pour elle, l'action d'un collectif ne peut pas suppl&#233;er celle d'un syndicat, mais c'est aussi une fa&#231;on de donner un coup de pied dans la fourmili&#232;re. &lt;i&gt;&#171; Est-ce que ce n'est pas finalement aujourd'hui la mission des collectifs que de s'interroger sur le r&#233;investissement des syndicats tout en incitant ces derniers &#224; insuffler plus de souplesse dans leur action, ce qui permettrait &#224; chacun de s'y retrouver ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; R&#233;inventer un syndicalisme de lutte &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nicolas Gaillard, ancien &#233;ducateur et d&#233;l&#233;gu&#233; syndical, aujourd'hui formateur &#224; la Scop d'&#233;ducation populaire politique L'Orage.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le syndicalisme, c'est ce qui m'a mis en route, ce qui m'a politis&#233;. Je me souviens d'avoir &#233;t&#233; surpris de la facilit&#233; avec laquelle on pouvait utiliser les droits sociaux. D&#232;s qu'on a ouvert notre section syndicale, d'entr&#233;e de jeu on a eu droit &#224; des heures de d&#233;l&#233;gations, &#224; des jours de formation, etc. Rien que pour ces droits, c'est un outil qui a du potentiel, qui est puissant. Apr&#232;s, il faudrait arriver &#224; r&#233;inventer un syndicalisme de lutte proposant et qui aspire &#224; la transformation sociale. En ce sens, je trouve les m&#233;thodes d'&#233;ducation populaire politique particuli&#232;rement adapt&#233;es. J'ai eu l'occasion, par exemple, d'animer une formation avec un syndicat du secteur social sur la question de la participation, la fa&#231;on de r&#233;investir le d&#233;bat public. Il y avait une gr&#232;ve programm&#233;e dans le stage. Plut&#244;t que de faire comme d'habitude &#8211; manifester de la gare &#224; la mairie avant de se dire au revoir en regrettant qu'il n'y ait pas eu plus de monde &#8211;, on leur a propos&#233; de se transformer en &#171; porteurs de parole &#187;. On a donc pris un grand carton et on a marqu&#233; dessus quelque chose de politique. La question c'&#233;tait : &#171; Est-ce que le travail c'est la sant&#233; ? &#187;. On s'est mis dans la rue avec un carton, une phrase, et plein de gens sont venus discuter avec nous. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; &#202;tre reconnus comme travailleurs sociaux est une lutte en soi &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;ahref=&#034;www.cgtspip.org&#034;target=_blank&gt;Collectif CGT Insertion Probation&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Mont&#233; fin novembre 2014, notre collectif regroupe une quarantaine de syndicats CGT au sein des services p&#233;nitentiaires d'insertion et de probation avec la volont&#233; de cr&#233;er un outil syndical au plus proche des terrains et des services &#187;&lt;/i&gt;, explique Sarah Silva-Descas, l'une des sept secr&#233;taires nationaux. &lt;i&gt;&#171; On a voulu poser une d&#233;marche qui permette &#224; chacun de pouvoir s'exprimer, souligne son homologue Delphine Colin, et on a fait le choix de ne pas avoir un secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, pour ne pas &#234;tre dans la culture du chef. &#187;&lt;/i&gt; Fabienne Titet, &#233;galement secr&#233;taire nationale, parle, elle, d'&lt;i&gt;&#171; un syndicat d'id&#233;ologie &#187;&lt;/i&gt;. Pour elle, &lt;i&gt;&#171; les coll&#232;gues renouent d'autant plus avec cette dimension politique qu'on est dans une recherche d'identit&#233; professionnelle &#187;. &#171; C'est notre cheval de bataille&lt;/i&gt;, reprend Sarah Silva-Descas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Syndicalisme et travail social, &#231;a nous parle beaucoup. Pour nous, c'est d&#233;j&#224; une lutte en soi de faire reconna&#238;tre les SPIP comme des travailleurs sociaux et d&#233;fendre l'id&#233;e que ce sont les m&#233;thodologies du travail social qui doivent &#234;tre enseign&#233;es, d&#233;velopp&#233;es et approfondies dans nos services. Le syndicalisme permet de rappeler nos bases id&#233;ologiques, th&#233;oriques et de conforter le sens de notre m&#233;tier face &#224; une administration qui cherche &#224; encadrer et formater nos m&#233;thodologies d'intervention de fa&#231;on extr&#234;mement stricte en consid&#233;rant que notre activit&#233; n'est pas assez visible, pas assez cr&#233;dible par rapport aux autorit&#233;s publiques. C'est dangereux parce que &#231;a am&#232;ne toujours plus d'uniformit&#233; dans le travail, de risque de d&#233;qualification et d'usure professionnelle. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La forme syndicale &#233;tait une premi&#232;re au sein de l'&#233;cole &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lucie Herblin, membre du Syndicat interprofessionnel des travailleurs en formation dans le secteur social et m&#233;dico-social (SITF).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ce syndicat a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; il y a trois ans par des &#233;l&#232;ves en premi&#232;re ann&#233;e de formation d'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;. Il y avait d&#233;j&#224; eu des collectifs d'&#233;tudiants, mais la forme syndicale &#233;tait une premi&#232;re. Au d&#233;part, les relations avec l'&#233;cole ont &#233;t&#233; un peu compliqu&#233;es. Il a fallu un temps d'adaptation. C'est au niveau du statut, surtout, que &#231;a n'a pas &#233;t&#233; simple. En tant qu'&#233;tudiants, on ne pouvait pr&#233;tendre qu'&#224; un statut d'association syndicale. Et par le fait d'&#234;tre une association, on aurait d&#251; avoir les m&#234;mes droits que d'autres au niveau de la communication, de la transmission, mais &#231;a a bloqu&#233; sur certains points, comme avec la distribution de tracts ou de newsletters qui ne pouvaient se faire au sein de l'organisme. &#199;a a pris du temps, mais l'id&#233;e a fini par &#234;tre bien accept&#233;e et petit &#224; petit on a gagn&#233; une certaine l&#233;gitimit&#233;. C'est vrai qu'au d&#233;part, le syndicalisme me semblait plus logique sur un terrain professionnel. Mais cette sensibilisation &#224; l'outil m'est apparue d'autant plus pertinente que nos m&#233;tiers sont compl&#232;tement li&#233;s aux politiques sociales en vigueur. &#199;a m'a permis de comprendre aussi que beaucoup de probl&#233;matiques concernant la prise en charge de nos publics &#233;taient en prise directe avec nos conditions de travail. En trois ans de formation, on a le temps de s'int&#233;resser &#224; tout &#231;a, alors qu'une fois sur le terrain, on risque d'&#234;tre vite pris par le quotidien. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Un processus qui renforce la position des employeurs &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Chauvi&#232;re, sociologue, directeur de recherche au CNRS/CERSA&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Avant 1966, les syndicats employeurs n'existaient pas dans le secteur des &#233;tablissements et services pour personnes inadapt&#233;es et handicap&#233;es. &#192; l'&#233;poque, il avait fallu en cr&#233;er &#224; la h&#226;te &#224; partir des principaux mouvements associatifs. Aujourd'hui, si on constate un affaiblissement du syndicalisme salari&#233;, &#224; l'inverse, on assiste &#224; un processus qui renforce la position des employeurs, &#224; commencer par le rapprochement de leurs syndicats qui s'est op&#233;r&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es et qui devrait aboutir prochainement &#224; la constitution d'un syndicat unique dans ce secteur avec la fusion de la Fegapei et du Syneas. Les employeurs se sont &#233;galement rapproch&#233;s des diverses composantes regroup&#233;es sous le label commun de l'&#233;conomie sociale et solidaire. Derri&#232;re ce parapluie &#8220;de n'importe quoi&#8221;, ils se donnent une identit&#233; qui renforce leur capacit&#233; &#224; peser et &#224; taper du poing sur la table.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, les pouvoirs locaux s'en sont m&#234;l&#233;s puisqu'on a eu deux actes de d&#233;centralisation qui ont largement concern&#233; le secteur social. Les pr&#233;sidents de conseils g&#233;n&#233;raux ont r&#233;cup&#233;r&#233; &#224; la fois tout le secteur public des assistantes sociales et mis sous pression le monde associatif, non pas sous l'angle des ressources, mais des r&#233;sultats, avec toute la bo&#238;te &#224; outils actuelle autour de l'&#233;valuation. Avec les appels d'offres, les associations historiques sont devenues des op&#233;rateurs pour le compte des collectivit&#233;s locales. Elles d&#233;veloppent des strat&#233;gies d'entreprise pour r&#233;cup&#233;rer des parts de g&#226;teau et se mettent en ordre de bataille pour r&#233;pondre &#224; cette nouvelle gestion de mise en concurrence g&#233;n&#233;ralis&#233;e. La cons&#233;quence, c'est qu'un syst&#232;me qui &#233;tait &#233;quilibr&#233; &#8211; avec la convention collective 66 &#8211; ne fonctionne plus. &#192; l'origine, c'&#233;tait un m&#233;nage &#224; trois, avec des salari&#233;s, des employeurs qui n'en &#233;taient pas vraiment puisque leurs ressources &#233;taient des capitaux publics, et l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui c'est un m&#233;nage &#224; deux. L'&#201;tat commande et les associations &#8211; devenues op&#233;rateurs &#8211; r&#233;pondent, gagnent, perdent, disparaissent, se recomposent. Au milieu de tout cela, la tendance pour les professionnels est de perdre leur r&#233;f&#233;rence m&#233;tier pour devenir de la main d'&#339;uvre et une variable d'ajustement. On voit se profiler une sorte de d&#233;qualification, de d&#233;professionnalisation lente. Au nom de l'usager, on exige le meilleur et, au nom de la bonne gestion, le moins co&#251;tant. Cherchez la variable d'ajustement, c'est la masse salariale. D'o&#249; les r&#233;actions de groupements informels, tel que le collectif Avenir &#201;ducs et les syndicats qui essaient de trouver leur place l&#224;-dedans. Ce sont deux fers au feu, mais du point de vue de la gestion des carri&#232;res, de la n&#233;gociation des avantages, des conventions collectives, des plans de formations, ce sont les groupements organis&#233;s qui prennent le dessus, et pas les autres, qui n'ont pas d'existence sociale reconnue. Au final, ce fractionnement ne donne pas beaucoup de force alors que les employeurs eux sont regroup&#233;s. Il n'y a pas de mouvement spontan&#233; chez eux, ils sont tous encart&#233;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le syndicalisme, c'est aussi ce qu'on en fait &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Muriel Bombardi, assistante sociale au conseil d&#233;partemental de Seine-Saint-Denis (en partance), syndiqu&#233;e depuis vingt ans.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Quand j'ai commenc&#233;, j'avais 22 ans et je ne connaissais rien au syndicalisme. J'&#233;tais engag&#233;e sur certaines luttes, contre l'apartheid en Afrique-du-Sud ou le racisme, mais sans plus. M&#234;me la notion de service public ne m'&#233;voquait rien. &#192; l'&#233;poque de ma formation, il y avait eu la lutte des assistantes sociales, en 1991. Mais je ne m'y &#233;tais pas attach&#233;e parce que je ne voyais pas le rapport avec le droit des gens que l'on accompagne. Je me suis syndiqu&#233;e parce que mes coll&#232;gues l'&#233;taient. Sans r&#233;fl&#233;chir. C'est seulement quand j'ai commenc&#233; &#224; me former politiquement, et que j'ai pris conscience d'un certain nombre de choses, que j'ai d&#233;cid&#233; de m'impliquer et que &#231;a a pris tout sons sens. Aujourd'hui, quand des jeunes coll&#232;gues me disent qu'elles ne veulent pas se syndiquer parce qu'elles n'en ont pas le temps, je leur r&#233;ponds de commencer par cotiser, par adh&#233;rer et qu'elles verront apr&#232;s. Le syndicalisme, j'ai d&#233;couvert que c'est aussi ce qu'on en fait, m&#234;me sans avoir de mandat. Quand on devient assistant social, qu'on pratique le travail social et qu'on voit ces injustices au quotidien, je ne vois pas comment ne pas devenir militant. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#192; la CNT, de l'engagement et des d&#233;bats&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le syndicat anarchiste organise dans son local parisien une r&#233;union ouverte &#224; tous les travailleurs sociaux chaque deuxi&#232;me jeudi du mois. Reportage.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Si demain, je veux qu'il n'y ait plus personne &#224; la rue, ce n'est pas en &#233;tant &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; dans une association que je vais y arriver. C'est en &#233;tant au syndicat, &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; une strat&#233;gie qui permette une transformation de la soci&#233;t&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Ce soir-l&#224;, ils sont une dizaine de travailleurs sociaux pr&#233;sents &#224; la r&#233;union organis&#233;e comme chaque deuxi&#232;me jeudi du mois par la Conf&#233;d&#233;ration nationale du travail (CNT) Sant&#233;-social et Collectivit&#233;s territoriales de la r&#233;gion parisienne. Autour de la table, des hommes, des femmes, des jeunes professionnels et des vieux briscards. Aucun n'a souhait&#233; &#234;tre cit&#233; personnellement. &lt;i&gt;&#171; Au boulot, certains d'entre nous s'affichent comme anarcho-syndicalistes, d'autres non. &#187;&lt;/i&gt; On aurait pu changer les pr&#233;noms, mais ce n'est pas qu'une question d'anonymat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'analyse que l'on fait de la question syndicale et du rapport au travail social, peu importe qui le dit, son &#226;ge, son statut et son lieu de travail. C'est une parole que l'on porte collectivement. &#187;&lt;/i&gt; Et &#224; l'&#233;vidence pour un anarchiste, le syndicalisme ne peut se r&#233;sumer &#224; la d&#233;fense du salariat. &lt;i&gt;&#171; Ici, on ne se bat pas pour rester esclave mais pour &#234;tre libre ! &#187;&lt;/i&gt; Et &#234;tre libre, ce n'est pas faire n'importe quoi. &lt;i&gt;&#171; C'est tout sauf &#231;a. L'anarchie, c'est l'ordre moins le pouvoir. &#187;&lt;/i&gt; Une utopie ? &lt;i&gt;&#171; Ceux qui nous critiquent sur nos postures ne connaissent souvent m&#234;me pas le syst&#232;me politique et &#233;conomique dans lequel ils vivent. Nous on le conna&#238;t par c&#339;ur et c'est bien pour &#231;a qu'on est capable de le d&#233;monter point par point. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;i&gt;&#171; Une &#233;ducation qui &#233;mancipe les gens &#187;&lt;/i&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#233;velopper la r&#233;flexion, l'argumentation, c'est justement la vocation de cette r&#233;union mensuelle ouverte &#224; tous les travailleurs sociaux, qu'ils soient ou non adh&#233;rents CNT. &lt;i&gt;&#171; C'est un espace de rencontre, d'&#233;change. L&#224;, on a pr&#233;vu de parler de la r&#233;forme des m&#233;tiers du social, mais sinon, il n'y a pas vraiment d'ordre du jour. On parle de la sp&#233;cificit&#233; de nos m&#233;tiers, de la mani&#232;re dont on voit notre boulot. On r&#233;fl&#233;chit aux questions d'&#233;valuation, &#224; nos pratiques, aux accompagnements&lt;/i&gt;, d&#233;taille l'un d'eux. &lt;i&gt;&#8220;Qui est-ce qu'on &#233;duque ? Comment on &#233;duque ?&#8221; Nous on d&#233;fend une &#233;ducation qui &#233;mancipe les gens et qui, par principe, ne peut pas prendre forme dans un rapport de domination. L&#224; o&#249; c'est compliqu&#233;, c'est que dans nos boulots, on a parfois l'impression d'&#234;tre pay&#233; &#224; les contr&#244;ler. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et justement, l'un d'eux peut t&#233;moigner d'une situation r&#233;cemment v&#233;cue sur son lieu de travail. &lt;i&gt;&#171; Un jour, &#224; propos des conseils de vie sociale, ma directrice explique en avoir marre de la fausse repr&#233;sentativit&#233;. Formidable, j'en profite pour monter un atelier avec nos r&#233;sidents. Parmi eux, deux veulent bien s'occuper de l'animation. La r&#233;flexion se fait avec eux, on &#233;crit le projet ensemble. La premi&#232;re chose que ma directrice me dit, c'est : &#8220;dans ton &#233;crit tu parles de rapport horizontal entre les r&#233;sidents et les professionnels et &#231;a, ce n'est pas possible&#8221;. C'est dans ce genre de limite que se manifeste le contr&#244;le de l'institution. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;i&gt;&#171; S'il n'y a pas d'investissement personnel, &#231;a n'a pas de sens &#187;&lt;/i&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le fait de se retrouver, de discuter, &#231;a nous aide &#224; y voir plus clair, &#224; construire des strat&#233;gies. &#199;a nous donne des arguments pour r&#233;sister &#224; certaines situations &#187;, ajoute une autre, qui voit le syndicalisme &#171; un peu comme une &#233;cole &#187;. &#171; L'autogestion ne s'apprend pas dans des bouquins, &#231;a se vit. &#187;&lt;/i&gt; Il y a des syndicats o&#249; on peut adh&#233;rer sans s'engager. &lt;i&gt;&#171; Pas &#224; la CNT. S'il n'y a pas d'investissement personnel, &#231;a n'a pas de sens. Nous on n'a pas de mandat. On prend sur notre temps personnel pour faire vivre cette r&#233;union, pour nous former, animer une &#233;mission de radio ou organiser un d&#233;bat. La CNT ne vit que parce qu'il y a des gens qui la font vivre. &#199;a demande de l'&#233;nergie, des compromis. Dans la soci&#233;t&#233; dans laquelle on est, on est habitu&#233; &#224; ce que l'on fasse tout &#224; notre place, on nous demande peu ou pas notre avis. Appeler &#224; une autre soci&#233;t&#233; ne suffit pas. &#192; l'int&#233;rieur de la CNT, d&#232;s maintenant, on met en place ce que l'on dit. &#187;&lt;/i&gt; En somme pour se syndiquer ici, &lt;i&gt;&#171; il faut vraiment avoir envie de faire bouger les choses &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;_Entretien avec Christine Garcette&lt;br class='manualbr' /&gt;Assistante sociale, vice-pr&#233;sidente et pr&#233;sidente de l'ANAS de 1996 &#224; 2001, formatrice en travail social et co-animatrice du R&#233;seau national sur l'histoire du travail social.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#171; L'&#201;cole normale sociale a form&#233; des syndicalistes avant d'y former des assistantes sociales &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le syndicalisme est intimement li&#233; &#224; l'histoire du travail social et &#224; sa professionnalisation. C'est ce qu'a pu d&#233;couvrir Christine Garcette, lors d'une recherche historique men&#233;e sur l'&#201;cole normale sociale (ENS).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle a &#233;t&#233; la gen&#232;se de cette recherche ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'ai commenc&#233; &#224; travailler &#224; l'&#201;cole normale sociale (ENS), je me suis int&#233;ress&#233;e &#224; l'histoire de cette &#233;cole fond&#233;e en 1911 par Andr&#233;e Butillard et Aim&#233;e Novo. Aux archives, j'ai d&#233;couvert un enseignement tr&#232;s pressant de ces femmes qui se sont battues pour faire entendre que la charit&#233; et l'action sociale, ce n'&#233;tait pas pareil et que la formation &#233;tait une n&#233;cessit&#233;. Qu'est-ce qu'il leur a donn&#233; cette intuition, la force de l'exprimer et de la mettre en place pour que, cent ans apr&#232;s, l'&#233;cole existe toujours ? C'est dans le courant du catholicisme social et du syndicalisme f&#233;minin que j'ai trouv&#233; des r&#233;ponses puisque j'ai appris &#224; mon grand &#233;tonnement que cette &#233;cole avait form&#233; des syndicalistes avant d'y former des assistantes sociales. J'ai d'ailleurs pu en rencontrer quelques-unes, dont certaines avaient particip&#233; &#224; la cr&#233;ation de la CFTC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous aviez donc envie de savoir ce qui avait permis de d&#233;passer une conception tr&#232;s charitable de l'action sociale et pourquoi on avait eu le souci de professionnaliser l'intervention sociale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;paration de l'&#201;glise et de l'&#201;tat notamment a oblig&#233; &#224; faire cette distinction. J'ai d&#233;couvert que cette r&#233;flexion-l&#224; s'est faite essentiellement par des femmes mais aussi qu'elle s'est faite par le biais d'une encyclique, Rerum Novarum, publi&#233;e en 1891, qui a fait figure de &#171; Bible &#187; pour plusieurs g&#233;n&#233;rations d'assistantes sociales. Il y avait dans ce texte un message fort du Vatican d'incitation &#224; l'action sociale et syndicale, les deux &#233;tant intimement li&#233;es. Cet appel a &#233;t&#233; entendu par un certain nombre de femmes qui se sont r&#233;clam&#233;es du catholicisme social, &#224; la fois dans un but d'&#233;mancipation personnelle, puisqu'elles cherchaient une autonomie que le droit civil ne leur donnait pas, mais aussi parce qu'elles &#233;taient convaincues que l'action syndicale pouvait amener une autre fa&#231;on d'intervenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment cette action syndicale s'est-elle concr&#233;tis&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; c&#244;t&#233; des syndicats dits r&#233;volutionnaires, d'autres formes de syndicalisme &#233;mergeaient. Notamment dans le cadre du catholicisme social s'est d&#233;velopp&#233; le syndicalisme chr&#233;tien &#224; l'origine de la CFTC. C'est dans ce cadre qu'est n&#233; un syndicalisme f&#233;minin, dans lequel les femmes essayaient de se faire une place, de r&#233;clamer des droits, et notamment des droits en tant que femmes. &#192; l'&#233;poque les syndicats faisaient partie des &#339;uvres sociales. Un syndicat, quel qu'il soit, mettait en place des mutuelles, des coop&#233;ratives, aidait les salari&#233;s confront&#233;s &#224; la maladie, intervenait sur la question du logement, faisait de l'apprentissage&#8230; C'&#233;tait une action extr&#234;mement vaste que l'on va d'ailleurs ensuite retrouver dans les premi&#232;res interventions des travailleuses sociales. C'est donc dans ce triple courant-l&#224;, du catholicisme social, du syndicalisme et du f&#233;minisme que des femmes se sont empar&#233;es de cette question et notamment Andr&#233;e Butillard et Aim&#233;e Novo, qui s'&#233;taient form&#233;es &#224; l'action syndicale au tout d&#233;but du xxe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec le syndicalisme, viennent aussi les luttes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, il y avait des appels &#224; la gr&#232;ve, des manifestations, des op&#233;rations de boycott. Elles arrivaient &#224; obtenir des r&#233;sultats tout a fait concrets. Ces femmes avaient un sens inn&#233; de ce que l'on appellerait aujourd'hui le marketing social. Elles passaient autant de temps &#224; agir qu'&#224; &#233;crire, &#224; faire des conf&#233;rences et &#224; intervenir sur le plan politique. Dans les ann&#233;es 1900-1910, elles &#233;taient tr&#232;s en lien avec des parlementaires, faisaient des rapports &#224; un certain nombre d'hommes politiques. Par exemple, le premier salaire minimum en France, celui des ouvri&#232;res &#224; domicile, est directement li&#233; &#224; l'action des travailleuses sociales engag&#233;es &#224; l'ENS. Ce sont elles qui ont r&#233;alis&#233; l'enqu&#234;te, qui ont port&#233; le rapport et le projet de loi jusqu'&#224; son vote en juillet 1915.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment l'ENS fonctionnait-elle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ses d&#233;buts, l'&#201;cole normale avait des promotions divis&#233;es en deux avec des termes tout &#224; fait originaux pour d&#233;signer les &#233;l&#232;ves. Celles qu'on appelait les propagandistes, c'&#233;tait les ouvri&#232;res, celles &#224; qui on donnait des cours le soir et le dimanche pour leur enseigner le calcul, la st&#233;no mais aussi leur apprendre l'expression orale. Andr&#233;e Butillard les emmenait faire des conf&#233;rences pour qu'elles expliquent la condition d'ouvri&#232;re et pourquoi elles &#233;taient au syndicat. Les promotrices, quant &#224; elles, &#233;taient issues d'un milieu plus ais&#233;. On leur demandait de se servir de leurs &#171; r&#233;seaux sociaux &#187;, de leur argent, de leur &#233;ducation, de leur temps pour promouvoir l'id&#233;e syndicale. Apr&#232;s la premi&#232;re guerre mondiale, Andr&#233;e Butillard a quitt&#233; l'&#233;cole et cr&#233;&#233; en 1925 l'Union f&#233;minine civique et sociale (UFCS) qui a eu son heure de gloire au moment du droit de vote des femmes, tout en restant en lien avec l'ENS qu'Aim&#233;e Novo a dirig&#233;e pour qu'elle devienne petit &#224; petit une &#233;cole d'assistantes sociales. Les syndicats f&#233;minins ont continu&#233; dans l'entre-deux guerre et puis &#231;a a compl&#232;tement disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi tout cela a-t-il &#233;t&#233; oubli&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le c&#244;t&#233; catholicisme social, c'est un peu g&#234;nant, ce n'&#233;tait pas forc&#233;ment de bon ton de parler de tout cela, on &#233;tait tr&#232;s vite tax&#233; de paternalisme. Et puis, par le pass&#233;, on a plut&#244;t cherch&#233; &#224; oublier ou &#224; faire oublier que l'appartenance confessionnelle avait eu un r&#244;le important au d&#233;but du travail social. On voulait s'affirmer comme professionnelle et surtout pas comme dame d'&#339;uvres. On ne connaissait pas l'histoire et on a tout confondu. C'est dommage. On les retrouve un peu dans l'histoire du f&#233;minisme, mais pas beaucoup. Pourtant toutes ces grandes id&#233;es sur la d&#233;fense des droits, l'action collective parce que l'individuel ne suffit pas, la pr&#233;vention parce que le curatif ne suffit pas, le fait qu'il faut &#234;tre porteur d'un projet de soci&#233;t&#233; et l'affirmer haut et fort, tout &#231;a &#233;tait d&#233;j&#224; pr&#233;sent. Quand je vois que dans un programme de formation en 1912 il y avait des cours de formation &#224; la prise de parole, je me demande pourquoi cela n'y figure plus. Et apr&#232;s on se plaint que les travailleurs sociaux n'arrivent pas &#224; se faire entendre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Linda Maziz&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un Phare en pleine temp&#234;te</title>
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		<dc:subject>1167</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#201;tablissement jusqu'alors sans histoire, la Maison du Phare accueille des personnes handicap&#233;es mentales. L'association et six des neuf &#233;tablissements qu'elle g&#232;re traversent aujourd'hui une crise sans pr&#233;c&#233;dent. Salari&#233;s et familles alertent toutes les instances possibles. &lt;br class='autobr' /&gt;
Deuxi&#232;me appel &#224; la gr&#232;ve en un mois. Le 26 juin les salari&#233;s de la Maison du Phare ont manifest&#233; devant l'H&#244;tel du d&#233;partement. Situ&#233;e &#224; Neully-sur-Seine, cette association de parents d'enfants inadapt&#233;s (APEI) compte neuf &#233;tablissements (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#201;tablissement jusqu'alors sans histoire, la Maison du Phare accueille des personnes handicap&#233;es mentales. L'association et six des neuf &#233;tablissements qu'elle g&#232;re traversent aujourd'hui une crise sans pr&#233;c&#233;dent. Salari&#233;s et familles alertent toutes les instances possibles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Deuxi&#232;me appel &#224; la gr&#232;ve en un mois. Le 26 juin les salari&#233;s de la Maison du Phare ont manifest&#233; devant l'H&#244;tel du d&#233;partement. Situ&#233;e &#224; Neully-sur-Seine, cette association de parents d'enfants inadapt&#233;s (APEI) compte neuf &#233;tablissements et accueille 350 personnes handicap&#233;es mentales et psychiques. Ces salari&#233;s d&#233;noncent &#171; &lt;i&gt; la crise majeure et in&#233;dite &#187;&lt;/i&gt; que traversent six de ses &#233;tablissements. La crise a &#233;clat&#233; en mars dernier apr&#232;s le licenciement brutal et inexpliqu&#233; de deux cadres, le directeur du p&#244;le h&#233;bergement, professionnel appr&#233;ci&#233; de l'&#233;quipe et des r&#233;sidents depuis 37 ans, et la chef de service du centre d'initiation au travail et aux loisirs (CITL), qui travaillait l&#224; depuis 13 ans. &lt;i&gt;&#171; Nous r&#233;alisons aujourd'hui que notre directeur faisait tampon depuis un moment et que son d&#233;part a fait sauter une protection de l'institution vis-&#224;-vis d'une pr&#233;sidence d&#233;connect&#233;e du terrain, m&#233;prisante du travail des professionnels, qui se pr&#233;sente comme gestionnaire d'entreprise &#187;&lt;/i&gt;, t&#233;moigne une &#233;ducatrice, membre du collectif des salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un collectif qui a d&#233;cid&#233; de briser le silence. Il a alert&#233; le conseil d&#233;partemental, l'Agence r&#233;gionale de sant&#233; et, tout r&#233;cemment, le minist&#232;re de la Sant&#233; qui promet une r&#233;ponse de la secr&#233;taire d'&#201;tat charg&#233;e des personnes handicap&#233;es, S&#233;gol&#232;ne Neuville, apr&#232;s &lt;i&gt;&#171; un examen approfondi &#187;&lt;/i&gt; de la situation. Les salari&#233;s demandent &lt;i&gt;&#171; l'arr&#234;t de d&#233;cisions radicales et soudaines prises par le bureau de l'association dans un huis clos inqui&#233;tant et dangereux &#187;&lt;/i&gt;. Ils d&#233;noncent un &lt;i&gt;&#171; management bas&#233; sur du contr&#244;le abusif &#187;&lt;/i&gt;, des injonctions contradictoires qui ont pouss&#233; de nombreux professionnels &#224; l'arr&#234;t maladie, des d&#233;cisions rigides au d&#233;triment de la qualit&#233; d'accompagnement, voire de la s&#233;curit&#233;, des personnes accueillies. Ils alertent notamment sur le vieillissement des r&#233;sidents qui n&#233;cessitent de plus en plus de soins infirmiers. Une convention avec l'Anssiad, une association de soins infirmiers &#224; domicile, &#233;tait possible, enti&#232;rement prise en charge par l'ARS. Elle a pourtant &#233;t&#233; refus&#233;e, sans explication, par la pr&#233;sidence de l'association. Une situation jug&#233;e &lt;i&gt;&#171; catastrophique &#187;&lt;/i&gt; par un parent, membre du collectif de parents constitu&#233; pour faire face &#224; cette crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dialogue rompu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait un foyer mod&#232;le. L'ambiance y &#233;tait tr&#232;s bonne et la direction tr&#232;s humaine. En quelques mois, en raison d'un conflit personnel entre la pr&#233;sidence de l'association et le directeur du p&#244;le h&#233;bergement, tout a bascul&#233; &#187;&lt;/i&gt;. La cause : depuis un an et demi, le pr&#233;sident de l'association impose, &#224; l'un des foyers, de garder inoccup&#233;e la chambre de son fils, hospitalis&#233;. &lt;i&gt;&#171; Nous avons des listes d'attente &#233;normes, nous refusons des personnes alors que nous aurions pu faire des accueils temporaires de trois mois sur cette chambre &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;nonce une &#233;ducatrice qui ne trouve pas normal que l'association ait pris tout le pouvoir sur les admissions et ne consulte plus l'&#233;quipe. Un exemple du manque de consid&#233;ration des pratiques professionnelles. &lt;i&gt;&#171; Nous avions une souplesse d'horaires qui nous permettait de d&#233;passer nos heures habituelles si, par exemple, un r&#233;sident devait &#234;tre accompagn&#233; chez le m&#233;decin ou si une personne n'allait pas bien et que nous jugions bon de rester un peu plus longtemps, le soir, avec elle. Nous rattrapions ces heures ensuite. Aujourd'hui, nous n'en avons plus le droit &#187;&lt;/i&gt; t&#233;moigne un salari&#233;, membre du collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le collectif des familles demande &lt;i&gt;&#171; un m&#233;diateur pour tenter de recoller les morceaux entre les &#233;ducateurs, en qui nous avons toute confiance, et l'association parce que la rupture est profonde &#187;&lt;/i&gt;, explique un parent. Le 22&#8239;juin, ce collectif a re&#231;u un courrier de l'association leur annon&#231;ant la nomination prochaine d'un &lt;i&gt;&#171; facilitateur &#187;&lt;/i&gt;. Aucune info aux salari&#233;s qui de leur c&#244;t&#233; ont demand&#233; la tenue d'un CHSCT extraordinaire. Il a conclu &#224; la n&#233;cessit&#233; d'une expertise sur les risques psycho-sociaux. La pr&#233;sidence de l'association, malgr&#233; plusieurs sollicitations, n'a pas souhait&#233; r&#233;pondre &#224; nos questions. Un silence criant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le travail social, un minimum syndical</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Le-travail-social-un-minimum-syndical-4611</link>
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		<dc:subject>Travail social</dc:subject>
		<dc:subject>Travailleur social</dc:subject>
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&lt;p&gt;Malgr&#233; une &#233;vidente compl&#233;mentarit&#233;, les travailleurs sociaux ne sont pas plus syndiqu&#233;s que la moyenne nationale. Beaucoup ne se consid&#232;rent pas comme des travailleurs comme les autres et la r&#233;alit&#233; de l'action syndicale leur est m&#233;connue. L'essentiel de la quinzaine D&#233;cryptage par Marianne Langlet Un Phare en pleine temp&#234;te Sur le vif d'Etienne Liebig Autisme : une exception fran&#231;aise L'humeur de Jacques Tr&#233;mintin Ce qui nous unit La plume de C&#233;lia Carpaye Le film qui aurait pu Tribune des r&#233;sistances (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L107xH150/arton4611-3d9c5.jpg?1694043204' width='107' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Malgr&#233; une &#233;vidente compl&#233;mentarit&#233;, les travailleurs sociaux ne sont pas plus syndiqu&#233;s que la moyenne nationale. Beaucoup ne se consid&#232;rent pas comme des travailleurs comme les autres et la r&#233;alit&#233; de l'action syndicale leur est m&#233;connue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'essentiel de la quinzaine&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;D&#233;cryptage par Marianne Langlet&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Un Phare en pleine temp&#234;te&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Sur le vif d'Etienne Liebig&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Autisme : une exception fran&#231;aise&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'humeur de Jacques Tr&#233;mintin&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Ce qui nous unit&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;La plume de C&#233;lia Carpaye&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Le film qui aurait pu&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Tribune des r&#233;sistances&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Prix des m&#233;dicaments &#8226; &lt;strong&gt;Un tabou &#224; briser&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Chronique internationale&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Europe &#8226; Insertion et handicap
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; Quatre pays &#233;changent leurs pratiques &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Angle droit&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Revenu de base &#8226; &lt;strong&gt; Revenu &#224; la raison &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Transmission&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Le GTPSI
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; L'exercice d'une autre psychiatrie &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Au c&#339;ur des m&#233;tiers&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Interg&#233;n&#233;rationnel &#8226; &lt;strong&gt;Le choix des mixit&#233;s au centre m&#233;dico-social&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Dossier&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Le travail social, un minimum syndical
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;&#192; la CNT, de l'engagement et des d&#233;bats&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Entretien avec Christine Garcette, assistante sociale&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#034;L'&#201;cole normale sociale a form&#233; des syndicalistes avant d'y former des assistantes sociales&#034;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Mati&#232;re &#224; pens&#233;es&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Entretien avec Marc Paichard, directeur du Service social de la protection de l'enfance de Nantes
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Sortir de la sid&#233;ration et se remettre &#224; penser&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'espace du lecteur&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Clownenroute&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Le visage du migrant&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Efficacit&#233; &#233;ducative&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'&#339;il et l'oreille&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Livres&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Merah, mon fr&#232;re ce terroriste&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, A. Merah&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Cr&#233;ationnismes&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, C. Grimoult&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Th&#233;orie du complot&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, N. Chevassus-Au-Louis&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Les fanatiques&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, B. Chouvier&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Festival&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; Le r&#234;ve du Loup &lt;/strong&gt; &#224; Nantes &#8226; L'art au service du lien social&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Documentaire&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Plume de Bitume&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#8226; r&#233;alis&#233; par E. Lebourget et M. Parret&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Les artisans du social&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Portrait de Jo&#235;l Roth &#8226; &lt;strong&gt; Metteur en sc&#232;ne de l'&#233;mancipation &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Annonces&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Offres d'emploi, d&#233;l&#233;gation de service public, appel d'offre&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Jiho : affreux, sales et m&#233;chants&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Merah, mon fr&#232;re, ce terroriste</title>
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		<dc:subject>Religion</dc:subject>
		<dc:subject>Maltraitance</dc:subject>
		<dc:subject>1167</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comprendre les m&#233;canismes menant au terrorisme n&#233;cessite d'avoir recours &#224; la psychologie, &#224; la sociologie en g&#233;n&#233;ral et celle des religions en particulier, &#224; l'ethnologie, &#224; la g&#233;opolitique et &#224; bien d'autres disciplines encore des sciences humaines. Mais, il est un autre registre tout aussi pr&#233;cieux, pour analyser les tenants et aboutissants de ces extr&#233;mismes : celui du t&#233;moignage direct livr&#233; par des &#171; repentis &#187; ou des proches des individus qui sont tomb&#233;s dans le fondamentalisme. C'est ce que nous (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Religion" rel="tag"&gt;Religion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Maltraitance-244" rel="tag"&gt;Maltraitance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1167-" rel="tag"&gt;1167&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L108xH150/arton4612-3d09c.jpg?1694043204' width='108' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comprendre les m&#233;canismes menant au terrorisme n&#233;cessite d'avoir recours &#224; la psychologie, &#224; la sociologie en g&#233;n&#233;ral et celle des religions en particulier, &#224; l'ethnologie, &#224; la g&#233;opolitique et &#224; bien d'autres disciplines encore des sciences humaines. Mais, il est un autre registre tout aussi pr&#233;cieux, pour analyser les tenants et aboutissants de ces extr&#233;mismes : celui du t&#233;moignage direct livr&#233; par des &#171; repentis &#187; ou des proches des individus qui sont tomb&#233;s dans le fondamentalisme. C'est ce que nous propose ici Abdelgahni Merah, le fr&#232;re du tueur au scooter qui assassina, en 2012, sept victimes dont le seul tort &#233;tait d'&#234;tre militaires ou juifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment Mohammed Merah est-il devenu, non pas ce h&#233;ros ou ce combattant valeureux de l'islam comme certains l'affirment encore, mais selon les propres propos de son fr&#232;re, un int&#233;griste born&#233;, un terroriste fanatique et un meurtrier froid et sans aucune piti&#233; ? C'est &#224; une v&#233;ritable anamn&#232;se que se livre cet ouvrage, privil&#233;giant le cheminement personnel et familial de ce criminel &#224; la description du terrifiant aboutissement de sa d&#233;rive meurtri&#232;re. Il ne s'agit pas de lui trouver une quelconque excuse, mais de tenter de d&#233;coder ses agissements innommables autant qu'abjects. &lt;i&gt;&#171; J'enrage contre Mohamed Merah, mais j'enrage surtout contre ceux qui ont endoctrin&#233; mon fr&#232;re, qui l'ont encourag&#233; &#224; passer &#224; l'acte sinon par leurs paroles, au moins par leur silence &#187; &lt;/i&gt; (p.10).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre ces imams autoproclam&#233;s diffusant des th&#233;ories barbares et mortif&#232;res. Mais, tout autant, contre ses parents qui, en lieu et place de valeurs humanistes, ont nourri leurs enfants de haine, de violence et de d&#233;lires racistes, notamment antis&#233;mites. Le hobby de son p&#232;re ? Trouver des femmes, leur faire des enfants avant de les abandonner. Ses m&#233;thodes &#233;ducatives ? F&#233;liciter ses enfants quand ils volaient sans se faire prendre et les fustiger quand ils &#233;taient pris. La nature de ses relations avec eux ? Les &#233;lever dans la violence et les frapper, au moindre pr&#233;texte. Quant &#224; sa m&#232;re, elle est d&#233;crite comme une femme l&#226;che, d&#233;pass&#233;e et surtout pr&#233;occup&#233;e de prot&#233;ger ses fils, y compris dans leurs actes d&#233;linquants. L'intol&#233;rance de ses deux parents a &#233;t&#233; dict&#233;e non par une religion ou une id&#233;ologie extr&#233;miste, mais par une totale inculture et une profonde ignorance, affirme-t-il, avec une lucidit&#233; autoris&#233;e par un v&#233;cu terrifiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lui et sa s&#339;ur A&#239;cha ont r&#233;ussi &#224; &#233;chapper au ghetto int&#233;griste, gr&#226;ce &#224; une trajectoire personnelle ayant favoris&#233; des rencontres signifiantes, quand son autre s&#339;ur Souad et son fr&#232;re Kader resteront prisonniers de l'id&#233;ologie salafiste, Mohammed poussant le fanatisme jusqu'&#224; l'extr&#234;me. Aucune haine, ni r&#232;glement de comptes dans ce r&#233;cit, juste une envie de crier une v&#233;rit&#233; trop longtemps tue et contenue et le profond d&#233;sir de se lib&#233;rer de la honte d'un nom que l'auteur continue &#224; porter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Calmann-Levy, 2012, (239 p. &#8211; 17&#8239;&#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Cr&#233;ationnismes &#8226; mirages et contrev&#233;rit&#233;s</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Creationnismes-o-mirages-et-contreverites</link>
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		<dc:date>2015-07-08T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Religion</dc:subject>
		<dc:subject>Sciences humaines</dc:subject>
		<dc:subject>1167</dc:subject>

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&lt;p&gt;Une lecture litt&#233;rale de la Bible ou du Coran permet &#224; certains int&#233;gristes sectaires d'affirmer que le monde a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; il y a de cela 6 000 &#224; 10 000 ans. La vision cr&#233;ationniste s'oppose &#224; la th&#233;orie de l'&#233;volution qui, depuis Charles Darwin, n'a cess&#233; d'accumuler des preuves scientifiques quant aux mutations v&#233;cues par une multitude d'esp&#232;ces, sous l'effet de la s&#233;lection naturelle. Si ses partisans sont issus des trois religions du Livre, tous les pratiquants de ces cultes ne sont pas, pour autant, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une lecture litt&#233;rale de la Bible ou du Coran permet &#224; certains int&#233;gristes sectaires d'affirmer que le monde a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; il y a de cela 6 000 &#224; 10 000 ans. La vision cr&#233;ationniste s'oppose &#224; la th&#233;orie de l'&#233;volution qui, depuis Charles Darwin, n'a cess&#233; d'accumuler des preuves scientifiques quant aux mutations v&#233;cues par une multitude d'esp&#232;ces, sous l'effet de la s&#233;lection naturelle. Si ses partisans sont issus des trois religions du Livre, tous les pratiquants de ces cultes ne sont pas, pour autant, cr&#233;ationnistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les &#233;volutionnistes, on trouve des ath&#233;es et des agnostiques, mais tout autant des croyants. La raison en est simple : la science et la foi ne sont pas opposables, car elles ne r&#233;pondent pas &#224; la m&#234;me question. La premi&#232;re s'int&#233;resse au &#171; comment &#187;, l&#224; o&#249; la seconde se consacre au &#171; pourquoi &#187;. La science est probabiliste, ne cherchant aucune r&#233;ponse d&#233;finitive ou v&#233;rit&#233; ultime. Elle s'appuie sur l'observation et l'exp&#233;rimentation, n'h&#233;sitant pas &#224; critiquer les conceptions qu'elle a &#233;labor&#233;es pr&#233;c&#233;demment si une d&#233;monstration les remet en cause. La foi en Dieu n'&#233;tant ni r&#233;futable, ni prouvable, elle constitue une croyance intime qui n'a aucune valeur scientifique. La doctrine cr&#233;ationniste, qui se situe sur le terrain du spirituel, n'est pas une th&#233;orie, mais une opinion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur passe en revue ses diff&#233;rentes versions et les principaux arguments que chacune emploie. Si les &#201;tats-Unis sont devenus les champions de l'offensive de ces fondamentalistes revendiquant l'enseignement &#224; &#233;galit&#233; dans les &#233;coles du cr&#233;ationnisme et de l'&#233;volutionnisme, l'Europe voit se d&#233;velopper une approche bien plus pernicieuse, celle de l'&#171; Intelligent Design &#187;, pr&#233;tendant l'existence d'une finalit&#233; dans l'univers, guidant les forces de la nature. Comment r&#233;pondre &#224; ces dogmes d&#233;lirants ? En d&#233;ployant une v&#233;ritable &#233;ducation &#224; la d&#233;marche scientifique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;CNRS &#233;ditions, 2012, (221 p. &#8211; 19,70&#8239;&#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Th&#233;ories du complot &#8226; On nous cache tout, on nous dit rien</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Theories-du-complot-o-On-nous-cache-tout-on-nous-dit-rien</link>
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		<dc:subject>Sciences humaines</dc:subject>
		<dc:subject>1167</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les attentats de septembre&#8239;2001 ont eu pour effets inattendus de r&#233;pandre &#224; travers le monde une &#233;pid&#233;mie de complotite aig&#252;e. L'&#233;l&#233;ment d&#233;clencheur aura &#233;t&#233; le livre de Thierry Meyssan niant la responsabilit&#233; d'Al-Qaida et accusant une conspiration de la CIA. Depuis, il n'est quasiment plus un &#233;v&#232;nement traumatique qui ne fasse l'objet, sur Internet, des interpr&#233;tations les plus farfelues. Les &#171; Thruters &#187; veillent, pr&#234;ts &#224; identifier la moindre anomalie ou invraisemblance et d&#233;masquer les preuves &#233;videntes (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les attentats de septembre&#8239;2001 ont eu pour effets inattendus de r&#233;pandre &#224; travers le monde une &#233;pid&#233;mie de complotite aig&#252;e. L'&#233;l&#233;ment d&#233;clencheur aura &#233;t&#233; le livre de Thierry Meyssan niant la responsabilit&#233; d'Al-Qaida et accusant une conspiration de la CIA. Depuis, il n'est quasiment plus un &#233;v&#232;nement traumatique qui ne fasse l'objet, sur Internet, des interpr&#233;tations les plus farfelues. Les &#171; Thruters &#187; veillent, pr&#234;ts &#224; identifier la moindre anomalie ou invraisemblance et d&#233;masquer les preuves &#233;videntes d'un complot. Ce n'est pas tr&#232;s nouveau. Dans l'histoire, furent accus&#233;s de conjuration : les j&#233;suites, les francs-ma&#231;ons, les illuminati, les juifs bien s&#251;r, le gouvernement. Toute hypoth&#232;se s'appuyant sur le soup&#231;on d'un complot n'est pas en elle-m&#234;me suspecte, comme toute version officielle n'est pas synonyme de v&#233;rit&#233;. La multiplicit&#233; des mensonges d'&#201;tat, des guerres de l'ombre, des actions en sous-main des services secrets et d'op&#233;rations subversives de ces derni&#232;res d&#233;cennies le d&#233;montrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment distinguer les vrais complots de ceux qui rel&#232;vent bien plus du farfelu ? La rh&#233;torique complotiste fonctionne sur trois principes : aucun &#233;v&#232;nement ne survient par hasard, on ne peut se contenter des apparences et les &#233;v&#232;nements qui semblent disparates forment en r&#233;alit&#233; un tout. Les investigations qu'elle m&#232;ne relient les faits &#224; la seule et unique hypoth&#232;se qu'elle puisse admettre : celle de la machination. Le dialogue est quasiment impossible, toute tentative de pond&#233;ration ou de circonspection &#233;tant consid&#233;r&#233;e comme la meilleure preuve de la volont&#233; de camoufler le complot ! &#201;chapper &#224; cette obsession passe par une enqu&#234;te ouverte sur l'ensemble des possibles (y compris un complot), en croisant les travaux des organes officiels (police, justice, commissions d'enqu&#234;te&#8230;), ceux des journalistes et des scientifiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;First &#233;d., 2014, (283 p. &#8211; 17,95&#8239;&#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les fanatiques</title>
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		<dc:subject>Sciences humaines</dc:subject>
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&lt;p&gt;Comment r&#233;ussir &#224; comprendre un comportement &#224; ce point extravagant, absurde et odieux qu'il en vient &#224; appara&#238;tre inhumain ? Bernard Chouvier propose une typologie permettant justement d'approcher cet &#233;prouv&#233;, en s'appuyant sur des illustrations reprises sur pr&#232;s de trois mille ans d'histoire. Car, loin d'&#234;tre un ph&#233;nom&#232;ne contemporain, l'exaltation a toujours &#233;t&#233; l'expression des d&#233;rives extr&#234;mes de l'esp&#232;ce humaine. Premi&#232;re figure du fanatique : l'inspir&#233;, compl&#232;tement impr&#233;gn&#233; par la pr&#233;sence de sa (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1167-" rel="tag"&gt;1167&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L99xH150/arton4615-0f359.jpg?1694043204' width='99' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment r&#233;ussir &#224; comprendre un comportement &#224; ce point extravagant, absurde et odieux qu'il en vient &#224; appara&#238;tre inhumain ? Bernard Chouvier propose une typologie permettant justement d'approcher cet &#233;prouv&#233;, en s'appuyant sur des illustrations reprises sur pr&#232;s de trois mille ans d'histoire. Car, loin d'&#234;tre un ph&#233;nom&#232;ne contemporain, l'exaltation a toujours &#233;t&#233; l'expression des d&#233;rives extr&#234;mes de l'esp&#232;ce humaine. Premi&#232;re figure du fanatique : l'inspir&#233;, compl&#232;tement impr&#233;gn&#233; par la pr&#233;sence de sa divinit&#233; au point de ne plus s'appartenir. Il est sous l'emprise de ce qu'il croit &#234;tre une injonction supr&#234;me. Sa fureur &#233;tant proportionnelle &#224; sa ferveur, il est plut&#244;t port&#233; &#224; l'auto-sacrifice. &#192; la diff&#233;rence du poss&#233;d&#233; qui, lui aussi port&#233; physiquement et psychiquement &#224; la surexcitation, est obnubil&#233; par la volont&#233; de transmettre hors de lui la conviction qui l'habite. Il est conscient de ce qu'il fait quand il s'attaque &#224; autrui. L'initi&#233;, quant &#224; lui, se montre pos&#233; et r&#233;fl&#233;chi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au nom d'une raison sup&#233;rieure qu'il id&#233;alise la doctrine dont il est porteur, consid&#233;rant qu'elle doit s'imposer. L'enrag&#233; est un combattant au service d'un chef charismatique. Ce n'est pas tant la d&#233;fense de ses id&#233;es qui l'int&#233;resses, que les actes. C'est un psychopathe programm&#233; pour un dessein sup&#233;rieur, une machine &#224; tuer au service d'une mission meurtri&#232;re. Le terroriste en est convaincu, soit l'autre se soumet &#224; sa doctrine, soit il doit le soumettre : raser, &#233;craser, &#233;liminer&#8230; personne ne doit y &#233;chapper. Le martyr ou kamikaze amalgame la violence contre autrui avec la violence contre soi, l'auto-sacrifice &#233;tant la marque sup&#233;rieure du triomphe de la cause qu'il porte et qui le porte. Dernier avatar du magasin des horreurs, le fanatisme priv&#233; illustr&#233; par ces &#233;tudiants am&#233;ricains commettant des massacres sur leur campus. L'auteur commente chaque type, en tentant d'apporter du sens &#224; ce qui semble insens&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Odile Jacob, 2009, (223 p. &#8211; 21,90&#8239;&#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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