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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Le travail social face &#224; la violence</title>
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		<dc:subject>Violence</dc:subject>
		<dc:subject>1165</dc:subject>

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&lt;p&gt;Un nombre croissant de professionnels est confront&#233; dans sa pratique &#224; des r&#233;actions violentes, de l'insulte jusqu'&#224;, parfois, l'agression. Que faire de cette violence ? Comment r&#233;pondre ? En protection de l'enfance, mais aussi dans d'autres secteurs, les travailleurs sociaux accompagnent des familles et touchent parfois des cordes ultrasensibles. Au risque de l'&#233;tincelle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Deux cent cinquante mille visites en deux jours. D'habitude, le blog de Didier Dubasque, assistant social , attire plus (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un nombre croissant de professionnels est confront&#233; dans sa pratique &#224; des r&#233;actions violentes, de l'insulte jusqu'&#224;, parfois, l'agression. Que faire de cette violence ? Comment r&#233;pondre ? En protection de l'enfance, mais aussi dans d'autres secteurs, les travailleurs sociaux accompagnent des familles et touchent parfois des cordes ultrasensibles. Au risque de l'&#233;tincelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Deux cent cinquante mille visites en deux jours. D'habitude, le blog de Didier Dubasque, assistant social&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='dubasque.org' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, attire plus modestement. En l'occurrence, cette fr&#233;quentation inhabituelle a lieu un week-end. Port&#233; par l'&#233;motion ressentie apr&#232;s le meurtre de Pierre Gastowtt, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;, Didier &#233;crit un billet. &lt;i&gt;&#171; Ce qui s'est pass&#233; &#224; Nantes est un &#233;v&#233;nement majeur dont la port&#233;e d&#233;passe largement celle d'un fait divers. Cela a du sens pour tous les travailleurs sociaux &#187;&lt;/i&gt;, estime l'ancien pr&#233;sident de l'Association nationale des assistants de service social (ANAS). Et d'ajouter : &lt;i&gt;&#171; Autant de visites un samedi et un dimanche r&#233;v&#232;le le profond malaise et le mal-&#234;tre des travailleurs sociaux sur la question de la violence. &#187;&lt;/i&gt; Christine Daleau, assistante sociale de formation, confirme : &lt;i&gt;&#171; Quasiment tout le monde est concern&#233; par les d&#233;rapages verbaux, les menaces. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;De l'insulte &#224; la violence physique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;S&#233;verine, &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e en zone rurale, a eu deux doigts retourn&#233;s par une m&#232;re qui remettait en cause les modalit&#233;s d'un droit de visite tr&#232;s restreint. Une autre fois, lors d'une visite m&#233;diatis&#233;e, une femme l'insulte et la bouscule violemment. Jean-Marie Vauchez, pr&#233;sident de l'Organisation nationale des &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s (ONES), se souvient d'un p&#232;re alcoolique prompt &#224; menacer ou &#224; mettre le feu au centre m&#233;dico-social lorsque quelque chose lui d&#233;plaisait. Mich&#232;le, &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e dans un centre d&#233;partemental d'action sociale (CDAS) &#224; Rennes, raconte comment &lt;i&gt;&#171; un attroupement mena&#231;ant s'est form&#233; autour de moi alors que j'essayais de retenir un p&#232;re qui &#224; l'occasion d'une visite m&#233;diatis&#233;e avait emmen&#233; son fils sur le parking &#187;&lt;/i&gt;. V&#233;ronique, responsable d'un CDAS dans une ville moyenne, d&#233;plore que &lt;i&gt;&#171; pas une semaine ne se d&#233;roule sans incidents, le plus souvent des insultes et des menaces &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guy Lemari&#233;, retrait&#233; du poste de directeur du Service &#233;ducatif en milieu ouvert (SEMO) de Rennes, revoit, lui, le jour o&#249; un p&#232;re est entr&#233;, arm&#233; d'une carabine : &lt;i&gt;&#171; Il ne supportait pas le placement de son enfant, il voulait &#8220;faire la peau&#8221; du travailleur social. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au conseil d&#233;partemental du Morbihan, Anne Morvan-Paris, directrice Famille et Action sociale, exige de recevoir toutes les fiches d'incident. Elle constate deux &#233;volutions majeures : primo, l'augmentation du nombre de fiches depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e. Elle en re&#231;oit une quasiment tous les deux jours contre une par semaine, voire moins, l'an pass&#233;. Deuxio, l'expression de l'agressivit&#233; est diff&#233;rente : &lt;i&gt;&#171; Notamment en protection de l'enfance, ce n'est plus de l'insulte mais souvent &#8211; trop souvent ! &#8211; de la menace et m&#234;me de la menace de mort &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;clare -t-elle. Et de citer : &lt;i&gt;&#171; Plusieurs fois, on a entendu &#8220;Je saurai te retrouver, ta maison, tes enfants&#8221;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un sujet encore tabou&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Certes, le seuil de tol&#233;rance d&#233;pend de la personnalit&#233; de chacun. Mais il appara&#238;t que celui des travailleurs sociaux est tr&#232;s &#233;lev&#233;. &#171; Apr&#232;s le drame de Nantes, j'ai organis&#233; une r&#233;union avec une trentaine de coll&#232;gues. L'une d'elles a indiqu&#233; qu'&#8220;elle ne tol&#233;rait plus l'insulte&#8221;. Elle &#233;tait minoritaire &#187;&lt;/i&gt;, assure Christine Daleau. Non pas que les professionnels ne r&#233;agissent pas mais ils n'en parlent pas forc&#233;ment &#224; leurs pairs ou &#224; la hi&#233;rarchie et, quelle que soit la nature de l'agression verbale, relativisent souvent en concluant par un &lt;i&gt;&#171; ce n'est pas si grave que cela &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si l'&#233;ducateur, l'assistant social craignait que son savoir-faire soit remis en cause. &lt;i&gt;&#171; C'est un sujet un peu tabou car quelque part, certains pensent que cela signifierait que la relation n'a pas &#233;t&#233; ma&#238;tris&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, regrette Didier Dubasque. Les travailleurs sociaux ne consigneraient donc pas syst&#233;matiquement les incidents de ce type. &lt;i&gt;&#171; Dans mon service, et je pense que c'est la m&#234;me chose ailleurs, les membres de l'&#233;quipe trouvent souvent des circonstances att&#233;nuantes &#187;&lt;/i&gt;, rel&#232;ve une cadre. &lt;i&gt;&#171; En tant que responsable, je veux &#234;tre au courant pour recevoir ensuite les personnes dans mon bureau. Car le recadrage par un responsable hi&#233;rarchique, &#231;a fonctionne souvent tr&#232;s bien. &#199;a permet de mettre un coup d'arr&#234;t &#224; une violence qui, sans &#231;a, pourrait aller plus loin &#187;&lt;/i&gt;, poursuit-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans de nombreuses structures, la hi&#233;rarchie souhaite &#234;tre inform&#233;e des insultes ou des menaces afin que l'auteur soit ensuite convoqu&#233; par un cadre : &lt;i&gt;&#171; Une insulte ne doit pas &#234;tre banalis&#233;e car plus on la banalise et plus on la d&#233;veloppe &#187;&lt;/i&gt;, consid&#232;re Guy Lemari&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cela, nombreux sont ceux qui se d&#233;brouillent seuls de la violence potentielle ou av&#233;r&#233;e de leurs vis-&#224;-vis. Quitte ensuite &#224; en souffrir : &lt;i&gt;&#171; Apr&#232;s une agression, notamment verbale, les coll&#232;gues rechignent &#224; en parler. Et il arrive ensuite qu'ils somatisent &#187;&lt;/i&gt;, observe Didier Dubasque.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, ce professionnel qui accepte de recevoir un parent m&#234;me s'il est alcoolis&#233; et qui explique : &lt;i&gt;&#171; Cela d&#233;pend des raisons de son &#233;bri&#233;t&#233; : si c'est pour se donner du courage avant l'entretien, &#231;a peut &#234;tre int&#233;ressant d'en discuter avec lui. &#187;&lt;/i&gt; Mich&#232;le, qui pratique le th&#233;&#226;tre en amateur, &#233;l&#232;ve parfois la voix bien plus haut que ses interlocuteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste qu'un incident l'a, comme elle le dit, &lt;i&gt;&#171; cass&#233;e &#187;&lt;/i&gt; : lors d'une visite m&#233;diatis&#233;e, elle ordonne au p&#232;re de la laisser mener l'entretien via un &lt;i&gt;&#171; Vous, pour l'instant, vous vous taisez &#187;&lt;/i&gt;. Son autorit&#233; fonctionne et le rendez-vous se d&#233;roule sans nouvel incident : &lt;i&gt;&#171; Nous nous sommes dit &#171; au revoir &#187; tout &#224; fait normalement &#187;&lt;/i&gt;, se rappelle-t-elle. Quelques semaines plus tard, elle re&#231;oit pourtant une demande du juge. Le p&#232;re avait vu un avocat et l'accusait d'insultes. &lt;i&gt;&#171; Il fallait que je me justifie. Moralement, &#231;a a &#233;t&#233; tr&#232;s dur. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Se prot&#233;ger&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tous les travailleurs sociaux sont unanimes : la violence est inh&#233;rente &#224; leur m&#233;tier. Serait-ce pour cette raison que, souvent, ils la relativisent et l'excusent ? &lt;i&gt;&#171; Dire que la violence fait partie du m&#233;tier est totalement insuffisant. Il faut aller plus loin dans la r&#233;flexion et poser des limites &#187;&lt;/i&gt;, proteste Anne Morvan-Paris. Pour Jean-Marie Vauchez, le probl&#232;me proviendrait d'un glissement lent mais destructeur vers une normalisation de plus en plus pouss&#233;e : &lt;i&gt;&#171; Avant, nous &#233;tions peut-&#234;tre un peu trop dans l'analyse introspective mais aujourd'hui, &#224; trop vouloir &#233;viter la violence, nous glissons vers des r&#233;ponses normatives et proc&#233;durales. La relation n'est plus le c&#339;ur du travail &#233;ducatif. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai qu'apr&#232;s des drames comme celui de Marina, dans la Sarthe, ou l'assassinat de La&#235;titia Perrais, &#224; Saint-Nazaire, les travailleurs sociaux veulent se prot&#233;ger. &lt;i&gt;&#171; C'est comme si l'objectif &#233;tait de n'avoir rien &#224; se reprocher juridiquement &#187;&lt;/i&gt;, confirme Jean-Marie Vauchez. Imperceptiblement, le respect des proc&#233;dures entra&#238;ne un glissement dans la relation qu'entretiennent le professionnel et les personnes accompagn&#233;es et, dans une soci&#233;t&#233; qui promeut toujours plus le risque z&#233;ro, le professionnel est tent&#233; de s'assurer que rien ne pourra lui &#234;tre reproch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des parents parfois inaccessibles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s qu'un professionnel met en cause l'exercice de la parentalit&#233; dans une famille, il d&#233;clenche forc&#233;ment des sentiments exacerb&#233;s. &lt;i&gt;&#171; J'observe un repli tr&#232;s fort&lt;/i&gt;, analyse Mich&#232;le. &lt;i&gt;La soci&#233;t&#233; dit qu'un p&#232;re, une m&#232;re doivent &#234;tre capables d'&#233;lever leurs enfants sans aide et les gens en sont persuad&#233;s alors qu'autrefois, la communaut&#233;, la famille, les voisins intervenaient. Avec ce repli, les enfants sont devenus un bien, quelque chose qui &#8220;appartient&#8221; et cela devient tr&#232;s difficile de travailler avec les familles. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans tomber dans la nostalgie du &lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait mieux avant &#187;&lt;/i&gt;, force est de constater que les &#233;volutions du secteur m&#233;dico-social consacrent beaucoup de temps aux &#233;crits professionnels. &lt;i&gt;&#171; C'est une tr&#232;s bonne chose, mais comme les effectifs n'augmentent pas &#8211; bien au contraire &#8211;, on passe de moins en moins de temps avec les personnes et nous les connaissons donc moins bien &#187;&lt;/i&gt;, note Lisa Gintz, &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e en Rh&#244;ne-Alpes. &lt;i&gt;&#171; Soumis &#224; de multiples contradictions, comme le manque d'effectif ou la rationalisation du travail, les travailleurs sociaux connaissent de mieux en mieux leurs dossiers mais de moins en moins les personnes accompagn&#233;es. Celles-ci se sentent alors perdues dans les vastes dispositifs de la protection de l'enfance &#187;&lt;/i&gt;, abonde Jean-Marie Vauchez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bornes Internet et autres plates-formes t&#233;l&#233;phoniques concourent &#224; l'isolement des personnes et la robotisation de notre soci&#233;t&#233; joue un r&#244;le dans cette mont&#233;e de la violence. Avez-vous d&#233;j&#224; essay&#233; de rencontrer un employ&#233; d'un fournisseur d'&#233;nergie ? Ou m&#234;me de lui parler au t&#233;l&#233;phone ? Une informatisation de la soci&#233;t&#233; qui contribue &#224; renvoyer les plus d&#233;munis &#224; leurs difficult&#233;s. Et quand, enfin, un &#234;tre humain en chair et en os se pr&#233;sente &#8211; le plus souvent, un travailleur social &#8211;, le risque de p&#233;tage de plomb existe bel et bien. &lt;i&gt;&#171; La violence est une des cons&#233;quences de la politique de guichet : &#8220;Je vous donne la r&#233;ponse &#224; cette question pr&#233;cise mais si vous en avez une deuxi&#232;me dans un autre domaine, vous devrez vous adresser &#224; un autre guichet&#8221;&lt;/i&gt;, fulmine Jean-Marie Vauchez. &lt;i&gt;Or, les personnes que nous accompagnons veulent avoir en face d'elles un interlocuteur qui apporte des r&#233;ponses &#224; leurs questions. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ces situations complexes, s'ajoutent les troubles psychiatriques qui, selon les professionnels, deviennent de plus en plus fr&#233;quents. &lt;i&gt;&#171; Sur des publics de plus en plus touch&#233;s, l'&#233;ducatif est insuffisant, conclut Anne Morvan-Paris. Notre service compte dix infirmiers et cela s'av&#232;re une comp&#233;tence tr&#232;s utile, compl&#233;mentaire aux savoir-faire des travailleurs sociaux. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Normes et proc&#233;dures, la r&#233;ponse des institutions&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les conseils d&#233;partementaux multiplient les dispositifs pour limiter les risques d'agression et apporter des r&#233;ponses appropri&#233;es lorsqu'elles se produisent. Mais toutes ces mesures ne cachent-elles pas une impuissance &#224; penser le travail social ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Face aux violences, les choses ont chang&#233;, nos responsables ont pris la mesure des difficult&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, se f&#233;licite S&#233;verine, &#233;ducatrice &#224; l'aide sociale &#224; l'enfance (ASE). &#192; des centaines de kilom&#232;tres, V&#233;ronique, aujourd'hui chef de service, a d&#233;marr&#233; comme assistante sociale en protection de l'enfance : &lt;i&gt;&#171; Il y a vingt ans, nous n'avions pas grand-chose. Pour aller en visite m&#233;diatis&#233;e, je m'&#233;tais m&#234;me achet&#233; une bombe lacrymog&#232;ne. Quand je vois tout ce qui a &#233;t&#233; mis en place depuis&#8230; &#187;&lt;/i&gt;, compare-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai, il y a vingt ans, on ne croisait pas forc&#233;ment de vigiles &#224; l'entr&#233;e de centres d&#233;partementaux d'action sociale (CDAS). Aujourd'hui, des boutons-poussoirs aux portes des bureaux d'entretien &#233;quip&#233;es de hublots jusqu'aux messages d'alerte adress&#233;s aux coll&#232;gues en appuyant sur une touche de l'ordinateur, la technique limite le risque de passage &#224; l'acte. &lt;i&gt;&#171; Mais attention &#224; ne pas avoir tout le temps le doigt dessus, &#224; &#234;tre dans une attitude de d&#233;fiance &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;vient Didier Dubasque, assistant social et ancien pr&#233;sident de l'ANAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Ille-et-Vilaine, l'an pass&#233;, le conseil d&#233;partemental a &#233;quip&#233; tous les CDAS de ce dispositif ainsi que de portes avec hublots. &lt;i&gt;&#171; En zone rurale, le travailleur social peut &#234;tre seul dans les locaux avec la personne re&#231;ue &#187;&lt;/i&gt;, rel&#232;ve S&#233;verine. Dans le Morbihan, la collectivit&#233; s'appr&#234;te &#224; exp&#233;rimenter le bouton-poussoir sur un canton et envisage d&#233;j&#224; de le g&#233;n&#233;raliser. &lt;i&gt;&#171; Pendant sa permanence, le travailleur social est isol&#233;. Notamment sur les lieux ext&#233;rieurs comme des annexes de la mairie &#187;&lt;/i&gt;, reconna&#238;t Anne Morvan-Paris, directrice Famille et Action sociale au conseil d&#233;partemental.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des solutions pour les &#233;tapes sensibles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'organisation de l'accueil constitue un levier int&#233;ressant. &#192; Rennes, au centre social de Cleunay&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='dubasque.org' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, deux secr&#233;taires se relaient dans cette fonction avec &#224; proximit&#233; un travailleur social charg&#233; du soutien. Concr&#232;tement, face &#224; une personne &#233;nerv&#233;e, voire agressive, l'assistante propose qu'un professionnel &#8211; un travailleur social occupe ce poste de soutien &#224; mi-temps et quatre autres assurent chacun une demi-journ&#233;e par semaine &#8211; la re&#231;oive imm&#233;diatement. &lt;i&gt;&#171; &#199;a permet de r&#233;guler, d'isoler la personne agressive et de lui montrer qu'on prend imm&#233;diatement ses difficult&#233;s en consid&#233;ration &#187;&lt;/i&gt;, t&#233;moigne un professionnel. Et chaque mois, ceux qui assurent l'accueil et le soutien participent &#224; une r&#233;union de deux heures anim&#233;es par les chefs de service des trois entit&#233;s. &lt;i&gt;&#171; C'est tr&#232;s pointu : on entre dans le d&#233;tail du comportement de chaque personne qui a pos&#233; probl&#232;me &#187;&lt;/i&gt;, poursuit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annonce de la d&#233;cision de demander le placement, puis la visite m&#233;diatis&#233;e, constitue des moments qui cristallisent les tensions chez les parents. Dans une soci&#233;t&#233; qui place le &#171; z&#233;ro risque &#187; comme la norme &#224; atteindre, l'information pr&#233;occupante a en quelque sorte institutionnalis&#233; la d&#233;fiance. &lt;i&gt;&#171; La tol&#233;rance aux carences des parents a baiss&#233; &#187;&lt;/i&gt;, note Didier Dubasque. &lt;i&gt;&#171; La tendance est &#224; signaler rapidement alors que nous pourrions parfois tenter autre chose et que l'enfant pourrait se construire. Au final, cela peut provoquer des situations de crise &#187;&lt;/i&gt;, constate-t-il. Mich&#232;le, &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e, soutient une ligne oppos&#233;e : &lt;i&gt;&#171; Les phrases creuses comme &#8220;La meilleure famille d'accueil sera toujours moins bien que la famille d'origine&#8221; provoquent des d&#233;g&#226;ts. Face &#224; des parents d&#233;faillants, existent plusieurs outils et le placement en est un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; trop retarder cette d&#233;cision, les situations se d&#233;gradent et il devient ensuite extr&#234;mement difficile de travailler avec les parents. &#187;&lt;/i&gt; Ces situations en protection de l'enfance peuvent engendrer de la violence. Quant &#224; l'absence de parole, elle peut &#233;galement &#234;tre source de tension. Par exemple, autour du rapport du service social, la premi&#232;re pi&#232;ce vers&#233;e au dossier du juge. Si, pour certains professionnels, r&#233;sumer cet &#233;crit aux personnes concern&#233;es suffit, d'autres optent pour une lecture compl&#232;te suivie d'une explication. Objectif : que, chez le juge, la personne ne soit pas surprise par les mots employ&#233;s &#224; son &#233;gard. Ne pas s&#233;parer donc la forme du fond. Mais aussi consid&#233;rer l'interlocuteur comme un &#233;gal. &lt;i&gt;&#171; Il est fondamental de s'interroger sur la fa&#231;on dont le travail social infantilise les parents. M&#234;me s'il est vrai que ceux-ci s'installent parfois eux-m&#234;mes dans cette relation d'infantilisation &#187;&lt;/i&gt;, explique un cadre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Haute tension en visite m&#233;diatis&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La visite m&#233;diatis&#233;e n&#233;cessiterait parfois une approche plus pr&#233;cautionneuse. Ainsi, &#233;viter que des parents en crise se rencontrent ou annuler une visite du fait du travailleur social permettrait de pr&#233;venir des &lt;i&gt;&#171; p&#233;tages de plomb &#187;&lt;/i&gt;. Certains veulent aller plus loin : &lt;i&gt;&#171; Un lieu neutre, c'est neuf fois sur dix le centre m&#233;dico-socia&lt;/i&gt;l, ironise Jean-Marie Vauchez, pr&#233;sident de l'ONES. &lt;i&gt;Pourquoi, avec l'accord du juge, ne pas proposer une balade en for&#234;t ? &#187;&lt;/i&gt; Des &#233;volutions qui impliqueraient qu'en amont les relations entre l'&#233;quipe &#233;ducative et le magistrat soient de confiance. &lt;i&gt;&#171; Le droit de visite est, de mon point de vue, la situation la plus &#224; risques&lt;/i&gt;, consid&#232;re Anne Morvan-Paris. &lt;i&gt;Et cela demanderait des r&#233;flexions mieux partag&#233;es. &#187;&lt;/i&gt; De fait, le magistrat d&#233;cide &#224; partir de l'&#233;valuation r&#233;alis&#233;e par l'&#233;quipe mais sans forc&#233;ment associer celle-ci &#224; sa strat&#233;gie. Or, &lt;i&gt;&#171; quand la proposition du service n'est pas suivie par le juge, cela peut d&#233;cr&#233;dibiliser le professionnel. Dans ces conditions, comment reprendre ensuite contact avec le parent ? &#187;&lt;/i&gt;, s'interroge la directrice.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Soutien psychologique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Menace prof&#233;r&#233;e froidement, explosion de violence&#8230; face aux agressions, le professionnel doit r&#233;diger une fiche hygi&#232;ne-s&#233;curit&#233; dans laquelle il consigne l'ensemble des &#233;v&#233;nements de la fa&#231;on la plus pr&#233;cise. En r&#233;ponse, l'auteur des faits r&#233;pr&#233;hensibles re&#231;oit g&#233;n&#233;ralement une lettre d'admonestation de la hi&#233;rarchie ou une convocation &#224; un rendez-vous consacr&#233; &#224; son attitude, voire &#8211; exceptionnellement &#8211; l'information d'un d&#233;p&#244;t de plainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste que si l'attitude des personnes accompagn&#233;es est prise en compte, peu de choses semblent en revanche &#234;tre pr&#233;vues pour le professionnel insult&#233; ou menac&#233;. &lt;i&gt;&#171; Nous essayons d'apporter une r&#233;ponse syst&#233;matique&lt;/i&gt;, insiste Anne Morvan-Paris. &lt;i&gt;L'assistante sociale du service Pr&#233;vention du travail ou ses coll&#232;gues m&#233;decin ou infirmier s'en chargent. Il est en effet important que cette &#233;coute soit assur&#233;e par un professionnel afin de ne pas &#234;tre anxiog&#232;ne. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me chose pour le d&#233;p&#244;t de plainte. Beaucoup de travailleurs sociaux s'y refusent, laissant souvent la collectivit&#233; seule auteure de la plainte. &lt;i&gt;&#171; &#199;a vient souvent mettre en jeu, interroger, tirailler, toutes les valeurs qui fondent l'engagement du professionnel. Et c'est dur &#224; supporter &#187;&lt;/i&gt;, observe Sylvie Taymont, psychologue lib&#233;rale. Aussi, plusieurs d&#233;partements comme les Ardennes ou la Loire-Atlantique offrent-ils la possibilit&#233; &#224; leurs agents de recourir &#224; des cabinets sp&#233;cialis&#233;s dans l'accompagnement psychologique des situations de souffrance au travail. Un soutien &#233;videmment utile mais qui porte en lui-m&#234;me ses limites puisque, d'une certaine fa&#231;on, il s'agit &#224; la fois d'un renversement de la difficult&#233; (c'est le salari&#233; qui pose probl&#232;me) et d'une forme d'externalisation de celle-ci, sa r&#233;solution &#233;tant confi&#233;e &#224; un tiers. &lt;i&gt;&#171; Ce qui manque aujourd'hui, ce sont des temps de r&#233;flexion en &#233;quipe. Dans un service social, cette dimension collective est fondamentale autant pour pr&#233;parer les situations que pour r&#233;agir apr&#232;s un incident &#187;&lt;/i&gt;, poursuit la psychologue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, multiplier ces temps de r&#233;flexion d&#233;pend de trois param&#232;tres majeurs : l'engagement financier de la collectivit&#233;, le projet de service et l'engagement professionnel de chacun. Sur le premier point, les indicateurs sont au rouge et, par voie de cons&#233;quence, le choix de r&#233;aliser des &#233;conomies conduit parfois &#224; utiliser les &#233;valuations individuelles &#224; mauvais escient (cf. l'interview de Sylvie Taymont). Sur le deuxi&#232;me, la n&#233;cessit&#233; d'aborder les moyens d'atteindre les objectifs doit &#234;tre approfondie : &lt;i&gt;&#171; Trop de projets p&#232;chent par leurs phrases grandiloquentes. Il faudrait revenir au terrain, au concret &#187;&lt;/i&gt;, lance ce cadre qui ne veut surtout pas dire son nom et qui, pr&#233;tend-il, &lt;i&gt;&#171; n'oserait jamais s'exprimer ainsi devant ses coll&#232;gues &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'engagement personnel de chacun, Mich&#232;le &#8211; du haut de ses quarante ann&#233;es de m&#233;tier &#8211; n'y va pas par quatre chemins : &lt;i&gt;&#171; Je le dis &#224; tous les stagiaires : &#8220;Ton outil de travail, c'est toi. Toi, dans ta relation &#224; l'autre. &#192; toi, donc, de le peaufiner par la formation, la r&#233;flexion, la lecture, les loisirs, les &#233;changes avec les coll&#232;gues et bien s&#251;r, la remise en question. &#187;&lt;/i&gt; Une philosophie valable pour les professionnels de terrain, et vraisemblablement pour les &#233;lus et les cadres dirigeants&#8230;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;T&#233;moignage&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion d'une visite en pr&#233;sence d'un tiers, M. X a &#233;t&#233; violemment pris &#224; partie par une m&#232;re dont les enfants avaient &#233;t&#233; plac&#233;s en urgence quelques semaines auparavant. Ce chef d'un service d'accueil familial explique pourquoi il a d&#233;cid&#233; de ne pas porter plainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment se sont d&#233;roul&#233;s les faits ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#232;re n'acceptant pas le placement, nous d&#233;cidons que deux travailleurs sociaux seront pr&#233;sents pendant la visite et qu'un cadre du service les accompagnera au d&#233;but. &#192; un moment, elle a pris sa fille pour partir. Je lui ai demand&#233; de rester. Elle a lanc&#233; son sac &#224; main dans ma direction en m'insultant. Elle criait &#233;norm&#233;ment, &#233;tait hors d'elle. J'ai eu recours &#224; une contention. La police a &#233;t&#233; pr&#233;venue. Lorsqu'ils sont arriv&#233;s, la pression &#233;tait retomb&#233;e et ils ont seulement demand&#233; si tout se passait bien. En fait, apr&#232;s l'altercation, cette m&#232;re a &#233;t&#233; capable de se repositionner. Et, chose &#233;tonnante, elle a demand&#233; &#224; ce que ce soit moi qui reste dans la pi&#232;ce pendant la visite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment avez-vous v&#233;cu cet &#233;pisode ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne me suis pas senti agress&#233;. C'est la fonction que la femme a agress&#233;e, pas moi personnellement. J'ai plus ressenti de l'agacement face &#224; ce que cette m&#232;re faisait vivre &#224; son enfant. &#192; l'occasion du debriefing, a &#233;t&#233; &#233;voqu&#233; la possibilit&#233; d'une plainte. &#192; mon sens, il y avait autre chose &#224; faire : en r&#233;f&#233;rer au juge bien s&#251;r, et que le magistrat re&#231;oive la m&#232;re en audience afin de lui expliquer de nouveau le sens du placement. Les visites ont &#233;t&#233; suspendues le temps qu'elle soit re&#231;ue par le magistrat. Et, pour ma part, je l'ai inform&#233;e de cette possibilit&#233; de plainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles relations le service entretient-il avec cette personne d&#233;sormais ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'audience, les visites ont repris en pr&#233;sence de deux professionnels. Cette m&#232;re doit se pr&#233;senter une dizaine de minutes en avance afin qu'elle s'entretienne avec un cadre. Depuis quelques temps, un seul professionnel accompagne la visite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment r&#233;agiriez-vous si elle vous agressait de nouveau ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette personne avait un geste physique agressif &#224; mon endroit, la question se poserait dans d'autres termes. Il ne faut pas &#234;tre tol&#233;rant avec l'agressivit&#233; mais s'interroger sur les moyens de l'appr&#233;hender.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par N.B.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Entretien avec Sylvie Taymont, psychologue&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ces agressions constituent une pression insidieuse &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Ancienne &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e, cette psychologue clinicienne du travail anime, &#224; Sedan, une consultation d&#233;di&#233;e &#224; la souffrance au travail o&#249; elle re&#231;oit des travailleurs sociaux victimes d'agressions. Quelle que soit la pertinence des outils apport&#233;s par l'institution pour prot&#233;ger les agents, elle d&#233;plore le manque de temps collectifs pour penser le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des outils pr&#233;ventifs, comme le bouton d'alerte sous le bureau, se d&#233;veloppent. Qu'en pensez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie au moins que le risque de violence est reconnu et pris en compte. C'est important, mais cela ne suffit pas. Il faut que ces outils techniques soient &#233;labor&#233;s en concertation avec les professionnels et qu'ils prennent en compte les sp&#233;cificit&#233;s de l'activit&#233;. Ainsi, dans un service d'accueil, l'agressivit&#233; de certains visiteurs a conduit &#224; la proposition d'installer une cam&#233;ra. Controvers&#233;e, cette id&#233;e a provoqu&#233; une discussion dans l'&#233;quipe : il a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; que l'&#233;cran de contr&#244;le ne serait pas sous les yeux du professionnel mais tourn&#233; vers le public qui verrait &#8211; le cas &#233;ch&#233;ant &#8212; sa propre violence. Cela a permis de mod&#233;rer le comportement de plusieurs personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les professionnels sont-ils toujours conscients des risques encourus ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me semble que les professionnels ont en g&#233;n&#233;ral conscience du risque encouru mais qu'en font-ils dans l'activit&#233; au quotidien ? Ont-ils toujours la possibilit&#233; de travailler et de r&#233;fl&#233;chir autour de la peur et du risque ? La peur est une r&#233;action normale, voire utile, face &#224; un danger. C'est elle qui va permettre une adaptation &#224; la situation. Si dans une institution, dans un service, il n'y a pas de possibilit&#233; de penser autour de la peur, d'en parler avec ses coll&#232;gues, d'&#233;laborer une action autour de cette peur, donc de penser une action face au danger, elle perdra sa fonction d'alerte et deviendra un poids dans le travail pour la personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour se d&#233;barrasser de la peur, il faut cesser de penser au risque. L'individu aura alors recours &#224; des strat&#233;gies de d&#233;fense. Un des moyens les plus fr&#233;quents et tr&#232;s g&#233;n&#233;ralement accessible en situation de travail, notamment dans les configurations actuelles du secteur m&#233;dico-social (flux tendu, restructuration, baisse des effectifs, normalisation, etc.), est l'auto-acc&#233;l&#233;ration ou &#171; activisme &#187; : avoir toujours quelque chose &#224; faire en urgence, &#234;tre d&#233;bord&#233;, ne pas se poser cinq minutes, ne plus avoir de temps pour penser, pour &#233;changer avec ses coll&#232;gues. Il y a aussi les ph&#233;nom&#232;nes de banalisation ou de d&#233;ni du danger. &#192; un moment donn&#233;, ces strat&#233;gies deviendront contre-productives et ne prot&#232;geront plus ; bien au contraire. Elles viennent en effet annihiler la capacit&#233; d'anticipation indispensable dans le travail de la relation : &lt;i&gt;&#171; je ne comprends pas, je n'ai rien vu venir &#187;&lt;/i&gt;. Pourtant, &#224; l'origine, l'anticipation est une dext&#233;rit&#233; de m&#233;tier chez les travailleurs sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces strat&#233;gies de d&#233;fense peuvent m&#234;me aller jusqu'&#224; &#234;tre &#233;rig&#233;es en id&#233;ologie port&#233;e collectivement par le groupe pour pouvoir tenir collectivement. Et gare &#224; celui qui ne jouerait pas le jeu, il pourrait &#234;tre ostracis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On entend tr&#232;s souvent des formules comme &lt;i&gt;&#171; La violence fait partie du travail &#233;ducatif &#187;&lt;/i&gt;. Cela concourt-il &#224; sa banalisation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'inverse de m&#233;tiers comme soldat ou policier, o&#249; la violence fait r&#233;ellement partie du travail, elle est un risque encouru dans le champ m&#233;dico-social. M&#234;me si je comprends le propos, je pr&#233;f&#232;re apporter cette pr&#233;cision. En outre, sur le plan juridique, une agression dans le cadre de l'exercice de son activit&#233; est consid&#233;r&#233;e comme un accident du travail. Ce n'est donc pas du tout anodin. De fait, qu'est-ce qu'une conduite violente ? C'est la mise en actes par quelqu'un d'une intention d'atteindre, voire de d&#233;truire. Pour en revenir &#224; la formule : la violence est effectivement et malheureusement un risque encouru dans l'exercice du m&#233;tier mais elle ne fait pas partie du travail. Vous avez l&#224;, semble-t-il, le r&#233;sultat de la strat&#233;gie de d&#233;fense qui transforme et banalise cette question de la violence et la rend presque l&#233;gitime dans le propos. C'est parfois malheureusement &#224; ce prix de l'euph&#233;misation qu'il est possible de continuer de travailler.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi, dans les services sociaux, ne serait-il pas possible de penser autour de la peur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour de tr&#232;s nombreuses raisons. D'abord, l'organisation du travail : la pens&#233;e collective, l'&#233;change d'arguments entre coll&#232;gues sur un sujet ou une situation pr&#233;cise sont de moins en moins possibles. Au fil des ann&#233;es, est parfois &#233;vacu&#233; l'espace collectif d'&#233;laboration de l'&#233;quipe o&#249; l'on peut d&#233;battre, &#233;changer, s'interroger sur ses difficult&#233;s, se soutenir. Le travailleur social de terrain (mais c'est aussi valable pour les cadres) ne prend plus le temps de la r&#233;flexion ou de l'analyse. L'&#233;valuation individualis&#233;e des performances restreint &#233;galement la possibilit&#233; d'expression de l'agent. &lt;i&gt;&#171; Si je dis que j'ai peur, ne vais-je pas &#234;tre tax&#233; d'incomp&#233;tent ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles cons&#233;quences ont les acc&#232;s de violence des personnes accompagn&#233;es sur la sant&#233; des professionnels ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces insultes, ces menaces, ces agressions parfois pluri-quotidiennes constituent une pression insidieuse et entra&#238;nent une surcharge du fonctionnement psychique chez les professionnels. Depuis deux-trois ans, j'observe une augmentation des sollicitations des travailleurs sociaux sur le probl&#232;me des violences qu'ils subissent par les personnes accompagn&#233;es. Certains d&#233;veloppent des troubles du sommeil, d'autres du caract&#232;re ; en g&#233;n&#233;ral pas au travail mais dans la sph&#232;re priv&#233;e. Cela peut aussi prendre des formes cliniques mineures, comme l'anxi&#233;t&#233; larv&#233;e, la chronicisation du sentiment d'ennui, de lassitude, de repli sur soi ou d'insatisfaction. Les surconsommations de psychotropes, de tabac, d'alcool, de caf&#233; sont &#233;galement fr&#233;quentes puisqu'elles participent &#224; la d&#233;fense ; ils sont utilis&#233;s comme anesth&#233;siants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; d&#233;faut de penser la peur, l'angoisse, la personne fait en sorte de ne plus la ressentir. Et, lorsque l'agression se fait plus &#171; rude &#187;, la surcharge mentale peut d&#233;boucher sur des crises psychiques aigu&#235;s comme les &#233;tats de stress post-traumatique. Les signes cliniques sont tr&#232;s vari&#233;s et les sympt&#244;mes diff&#233;rent d'un individu &#224; un autre. C'est d'ailleurs un des probl&#232;mes de la prise en compte de la souffrance au travail : si face &#224; ce type de difficult&#233;s, il existait une manifestation-type, cela inqui&#233;terait. Et le milieu de travail s'en soucierait. Mais l&#224;, cela peut passer presque inaper&#231;u.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On entend &#233;galement souvent &lt;i&gt;&#171; Ce n'est pas moi qui &#233;tait vis&#233; (par cette violence) mais l'institution &#187;&lt;/i&gt;. Comment analysez-vous ce propos ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r que, pour l'agresseur, le professionnel incarne l'institution, le syst&#232;me. Cette situation est particuli&#232;rement difficile : en insultant ou en agressant le professionnel, c'est l'institution ou la soci&#233;t&#233; qui est vis&#233;e et cela limite les pouvoirs d'agir du professionnel. Dans le m&#234;me ordre d'id&#233;es, lorsque l'institution n'est pas parfaitement exemplaire vis-&#224;-vis de la personne accompagn&#233;e en reportant par exemple un rendez-vous, le professionnel a tendance &#224; comprendre la personne. On entend souvent &lt;i&gt;&#171; Son exasp&#233;ration &#233;tait un peu normale &#187;&lt;/i&gt; ou autres &lt;i&gt;&#171; Il n'avait pas tout &#224; fait tort &#187;&lt;/i&gt;. L&#224; encore, cette ambivalence du professionnel le place dans une forme d'impossibilit&#233; de r&#233;agir &#224; l'agression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s une agression physique, certains professionnels refusent de porter plainte. Pourquoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un acte particulier qui, de plus, va mettre &#224; mal la coh&#233;rence interne du professionnel. Cela peut en effet lui appara&#238;tre comme une contradiction vis-&#224;-vis de ce qu'il pense &#234;tre son m&#233;tier. Je note &#233;galement des refus de porter plainte quand le professionnel avait &#233;voqu&#233; &#224; plusieurs reprises les risques de crise avec un interlocuteur et que sa hi&#233;rarchie n'a pas pris les dispositions ad&#233;quates. Dans ce cas, le travailleur social ne veut pas porter plainte car, m&#234;me s'il est vrai que la personne a &#233;t&#233; violente, l'institution aurait pu, puisqu'alert&#233;e, &#233;viter cette violence. Enfin, des professionnels h&#233;sitent &#224; porter plainte ou s'y refusent par peur des repr&#233;sailles de la part de la personne accompagn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De nombreuses personnes sollicit&#233;es pour cette enqu&#234;te ont d&#233;clin&#233; la proposition ou r&#233;clam&#233; l'anonymat. &#192; votre avis, pourquoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les strat&#233;gies de d&#233;fense sont puissantes ! Les institutions via leurs repr&#233;sentants, mais aussi leurs agents, ont parfois du mal &#224; nommer les choses. Car les nommer ce serait reconna&#238;tre que le danger existe bien et qu'il y a n&#233;cessit&#233; d'interroger le ph&#233;nom&#232;ne dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien r&#233;alis&#233; par N. B.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;dubasque.org&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;dubasque.org&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>Accompagnement au rabais pour les mineurs isol&#233;s &#233;trangers</title>
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		<dc:subject>1165</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La fermeture du centre &#233;ducatif et de formation professionnelle de Pontourny, qui accueille des mineurs isol&#233;s &#233;trangers, est annonc&#233;e. Cette fermeture s'inscrit dans une refonte du dispositif d'accueil parisien des MIE. Une refonte o&#249; la logique financi&#232;re semble primer. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; J'en ai marre d'&#234;tre balad&#233; partout. Je veux rester ici et pas retourner &#224; l'h&#244;tel o&#249; on s'occupe pas de nous. &#187; Cette parole d'un adolescent accueilli au centre &#233;ducatif et de formation professionnelle (CEFP) de Pontourny, en (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La fermeture du centre &#233;ducatif et de formation professionnelle de Pontourny, qui accueille des mineurs isol&#233;s &#233;trangers, est annonc&#233;e. Cette fermeture s'inscrit dans une refonte du dispositif d'accueil parisien des MIE. Une refonte o&#249; la logique financi&#232;re semble primer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; J'en ai marre d'&#234;tre balad&#233; partout. Je veux rester ici et pas retourner &#224; l'h&#244;tel o&#249; on s'occupe pas de nous. &#187;&lt;/i&gt; Cette parole d'un adolescent accueilli au centre &#233;ducatif et de formation professionnelle (CEFP) de Pontourny, en Indre-et-Loire, a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e sur le parvis de l'h&#244;tel de ville de Paris. Ce 27&#8239;mai, les 47 salari&#233;s de l'&#233;tablissement ont fait entendre leur indignation et celle des jeunes qu'ils accompagnent. Ils manifestent contre la fermeture annonc&#233;e de leur &#233;tablissement en juin&#8239;2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CEFP accueille 42 mineurs plac&#233;s par l'Aide sociale &#224; l'enfance, majoritairement des mineurs isol&#233;s &#233;trangers (MIE). Il les h&#233;berge, les scolarise, les forme, les r&#233;gularise. La grande majorit&#233; en sort ins&#233;r&#233;e. La structure d&#233;pend de la Direction de l'action sociale, de l'enfance et de la sant&#233; (DASES) de Paris. C'est le directeur de la DASES qui, le 15&#8239;avril dernier, a annonc&#233; &#224; l'&#233;quipe, sa fermeture. Trois jours apr&#232;s que Dominique Versini, en charge de la protection de l'enfance &#224; la mairie de Paris, ait pr&#233;sent&#233; son nouveau plan d'am&#233;lioration des conditions de prise en charge des mineurs isol&#233;s &#233;trangers. La raison de la fermeture : la pr&#233;vision d'une diminution du nombre de mineurs pris en charge &#224; Paris en raison de l'application de la circulaire Taubira r&#233;partissant les mineurs sur le territoire national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du 1er&#8239;juillet 2013 au 30&#8239;juin 2014, l'ASE de Paris a admis 208 MIE contre 575 l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. Mais combien de mineurs, rejet&#233;s comme majeurs, restent sur les trottoirs de Paris ? Autre argument : l'&#233;tablissement est trop loin de Paris. La DASES veut rapprocher ses dispositifs de la capitale. Les CEFP de Benerville dans le Calvados et Le N&#244;tre &#224; Sonchamp s'inqui&#232;tent : serons-nous les prochains sur la liste des fermetures ? Leurs salari&#233;s manifestent &#233;galement le 27&#8239;mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Pontourny, l'avenir professionnel est sombre : &lt;i&gt;&#171; On devrait nous faire trois propositions de travail mais certainement toutes &#224; Paris, or nous avons construit nos vies loin de la capitale. Il s'agit donc d'un licenciement d&#233;guis&#233; car si nous n'acceptons aucun des trois postes, nous serons radi&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, explique Denis Mongault, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; depuis 15 ans &#224; Pontourny. La situation est tr&#232;s mal v&#233;cue par les jeunes accueillis. &lt;i&gt;&#171; On nous demande aujourd'hui de les orienter vers d'autres &#233;tablissements et de ne garder que ceux qui sont en fin de formation. C'est extr&#234;mement violent. Les jeunes ont appris la nouvelle de la fermeture en m&#234;me temps que nous, au m&#233;pris complet de la relation de confiance que nous avions &#233;tablie &#187;&lt;/i&gt;, t&#233;moigne Jean-Louis Salvaing, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; et repr&#233;sentant syndical FSU-SUD &#224; Pontourny. &#192; ses yeux, le choix politique est clair : r&#233;duire le budget de prise en charge des mineurs isol&#233;s &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau dispositif pr&#233;voit d'augmenter le nombre de places en amont de la prise en charge ASE, avant l'&#233;valuation de la minorit&#233;. L'appel d'offre annonce 170 places, pour un prix de journ&#233;e calcul&#233; entre 70 &#224; 110&#8239;euros contre 220&#8239;euros pour Pontourny. Dans le nouveau dispositif parisien, pas de cr&#233;ation de places en CEFP, mais lancement d'un appel &#224; projet pour la mise en place &lt;i&gt;&#171; d'une plateforme d'accompagnement des jeunes en voie d'autonomisation &#187;. &#171; Il s'agit de proposer &#224; ces jeunes un accueil de jour d'une soixantaine de places et un plateau technique de formation et d'accompagnement menant &#224; une autonomie rapide &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;taille le plan. &lt;i&gt;&#171; Pontourny assurait un accompagnement global de grande qualit&#233;, t&#233;moigne Renaud Mandel de l'association pour la d&#233;fense des mineurs isol&#233;s &#233;trangers (ADMIE). Le nouveau plan parisien tend, pour des raisons &#233;conomique &#233;videntes, vers un all&#232;gement de cet accompagnement &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le travail social face &#224; la violence</title>
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		<dc:subject>Violence</dc:subject>
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&lt;p&gt;Un nombre croissant de professionnels est confront&#233; dans sa pratique &#224; des r&#233;actions violentes, de l'insulte jusqu'&#224;, parfois, l'agression. Que faire de cette violence ? Comment r&#233;pondre ? En protection de l'enfance, mais aussi dans d'autres secteurs, les travailleurs sociaux accompagnent des familles et touchent parfois des cordes ultrasensibles. Au risque de l'&#233;tincelle. L'essentiel de la quinzaine D&#233;cryptage par Marianne Langlet Accompagnement au rabais pour les mineurs isol&#233;s &#233;trangers Sur le vif (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L107xH150/arton4587-7e829.jpg?1693504277' width='107' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un nombre croissant de professionnels est confront&#233; dans sa pratique &#224; des r&#233;actions violentes, de l'insulte jusqu'&#224;, parfois, l'agression. Que faire de cette violence ? Comment r&#233;pondre ? En protection de l'enfance, mais aussi dans d'autres secteurs, les travailleurs sociaux accompagnent des familles et touchent parfois des cordes ultrasensibles. Au risque de l'&#233;tincelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'essentiel de la quinzaine&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;D&#233;cryptage par Marianne Langlet&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Accompagnement au rabais pour les mineurs isol&#233;s &#233;trangers&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Sur le vif d'Etienne Liebig&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;L'art d&#233;licat de la haine&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'humeur de Jacques Tr&#233;mintin&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Sauvons l'&#233;lite !&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;La plume de C&#233;lia Carpaye&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Violences ordinaires&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Chronique internationale&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;C&#244;t&#233; d'Ivoire - B&#233;nin &#8226; Psychiatrie
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; L'homme qui brise les cha&#238;nes &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Angle droit&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Projet pour l'enfant &#8226; &lt;strong&gt; Une application discut&#233;e &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Transmission&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Sant&#233; mentale
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; La clinique et le coll&#232;ge en synergie &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Au c&#339;ur des m&#233;tiers&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Parentalit&#233; &#224; construire &#8226; &lt;strong&gt;Accompagner les parents pour prot&#233;ger l'enfant&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Tribune des r&#233;sistances&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Mairie FN Fr&#233;jus (suite) &#8226; &lt;strong&gt;Le centre social Villeneuve rebondit&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Dossier&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Le travail social face &#224; la violence
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Normes et proc&#233;dures, la r&#233;ponse des institutions&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Entretien avec &lt;strong&gt;Sylvie Taymont&lt;/strong&gt;, psychologue&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;i&gt;&#034;Ces agressions constituent une pression insidieuse&#034;&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Mati&#232;re &#224; pens&#233;es&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Entretien avec Marwan Mohamed, sociologue
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Emp&#234;cher la stigmatisation, pr&#233;venir la radicalisation&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'espace du lecteur&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;L'art d'emprunter un enfant &#224; sa famille&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Hulain, &#233;ducateur, faut-il choisir ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'&#339;il et l'oreille&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Livres&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le livre noir des banques&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, Attac &amp; Basta !&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;On marche sur la dette&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, C. Al&#233;v&#234;que et V. Glenn&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Homo Economicus, proph&#232;te (&#233;gar&#233;) des temps nouveaux&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, D. Cohen&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;La caste cannibale&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, S. Coignard et R. Gubert&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Th&#233;&#226;tre&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Journal de ma nouvelle oreille&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Exposition&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Objets dans tous leurs &#233;tats&#8230; d'&#226;me !&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Les artisans du social&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Portrait de Julien Boucher &#8226; &lt;strong&gt; Un engagement ferme &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Annonces&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Offres d'emploi, d&#233;l&#233;gation de service public, appel d'offre&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Jiho : affreux, sales et m&#233;chants&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le livre noir des banques</title>
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&lt;p&gt;On vous le dit et on vous le r&#233;p&#232;te : les charges sociales nuisent &#224; la croissance, il y a trop de fonctionnaires, les &#201;tats sont trop endett&#233;s, il faut faire des &#233;conomies, la r&#233;duction des moyens accord&#233;s au secteur social est in&#233;luctable. La source des d&#233;ficits est-elle bien l&#224; o&#249; on l'affirme ? Apr&#232;s la lecture de cet ouvrage &#233;difiant, tout lecteur ne peut qu'en douter. Le capitalisme financier a &#233;tendu sa domination sur l'ensemble de la plan&#232;te. Ce qui l'int&#233;resse, ce n'est pas l'investissement dans (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1165-" rel="tag"&gt;1165&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L99xH150/arton4588-f66ed.jpg?1694068716' width='99' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On vous le dit et on vous le r&#233;p&#232;te : les charges sociales nuisent &#224; la croissance, il y a trop de fonctionnaires, les &#201;tats sont trop endett&#233;s, il faut faire des &#233;conomies, la r&#233;duction des moyens accord&#233;s au secteur social est in&#233;luctable. La source des d&#233;ficits est-elle bien l&#224; o&#249; on l'affirme ? Apr&#232;s la lecture de cet ouvrage &#233;difiant, tout lecteur ne peut qu'en douter. Le capitalisme financier a &#233;tendu sa domination sur l'ensemble de la plan&#232;te. Ce qui l'int&#233;resse, ce n'est pas l'investissement dans l'&#233;conomie r&#233;elle, mais la sp&#233;culation sur les titres disponibles en bourse. Illustration : des analystes &#233;valuent une possible s&#232;cheresse ? Les traders n&#233;gocient des contrats d'achat de bl&#233; &#224; prix raisonnable. Ils attendent que les prix montent sur les march&#233;s. Puis ils revendent, empochant de consid&#233;rables profits. La mise au point de puissants algorithmes math&#233;matiques et l'utilisation d'ordinateurs ultrarapides permettent de r&#233;duire le temps des transactions &#224; six micro-secondes. Bien s&#251;r, cela ne fonctionne pas toujours comme on le souhaiterait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2008, l'une des plus grandes crises a &#233;clat&#233;. Qu'&#224; cela ne tienne, les &#201;tats sont intervenus, tout comme l'Union europ&#233;enne : 4 500 milliards d'euros pour sauver les banques. Apr&#232;s remboursement de ces pr&#234;ts, le co&#251;t estim&#233; de leur sauvetage a &#233;t&#233; &#233;valu&#233;, rien que pour la France, &#224; 30 milliards. Ce qui a provoqu&#233; un lourd endettement des &#201;tats : la dette publique de la France est ainsi pass&#233;e de 60 % du PIB en 2006 &#224; 93 % en 2013. Pendant longtemps, ils pouvaient financer eux-m&#234;mes leurs d&#233;ficits. La logique n&#233;o-lib&#233;rale de l'Union europ&#233;enne l'ayant interdit, c'est la Banque centrale europ&#233;enne qui, en 2012, a fourni 1 000 milliards d'euros aux banques priv&#233;es &#224; des taux allant de 0,01 &#224; 1 %, capitaux qui ont ensuite pr&#234;t&#233;s aux &#201;tats, &#224; des taux allant de 5 &#224; 10 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonne nouvelle, d&#232;s 2009, les groupes bancaires fran&#231;ais annon&#231;aient 11 milliards de b&#233;n&#233;fices qu'ils se sont empress&#233;s de partager entre leurs actionnaires et leurs dirigeants. C'est ce qu'on appelle la socialisation des pertes et la privatisation des b&#233;n&#233;fices. On comprend que l'investissement se tourne &#224; 75 % vers les activit&#233;s de trading et de sp&#233;culation, plut&#244;t que vers les entreprises (10 %) et les m&#233;nages (15 %). Et ce, gr&#226;ce &#224; la fusion entre banques de d&#233;p&#244;t (o&#249; chacun(e) d'entre nous se voit verser son salaire et o&#249; nous d&#233;posons nos &#233;conomies) et banques d'affaires en un unique &#233;tablissement appel&#233; &#171; banque universelle &#187;. Ce qui permet d'utiliser notre argent pour sp&#233;culer. Parmi les 0,01 % des salaires les plus &#233;lev&#233;s, on comptait il y a quinze ans 60 % de chefs d'entreprise et 5&#8239;% de financiers. Ils sont dor&#233;navant respectivement 20 % et 40 %. Les bonus des traders de la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale &#233;taient de 15 000 euros en 1994. Ils sont aujourd'hui de 162 152 euros. On vous le dit : c'est le social qui co&#251;te trop cher !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Les Liens qui Lib&#232;rent, 2015, (372 p. &#8211; 21,50 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>On marche sur la dette &#8226; Vous allez enfin tout comprendre</title>
		<link>https://www.lien-social.com/On-marche-sur-la-dette-o-Vous-allez-enfin-tout-comprendre</link>
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		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>1165</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Si le lecteur avait &#224; choisir d'acheter un seul livre sur l'&#233;conomie, c'est bien celui-l&#224; qu'il devrait pl&#233;bisciter. Qu'on ne se m&#233;prenne pas : derri&#232;re son ton insolent et iconoclaste, cet ouvrage r&#233;v&#232;le en moins de 180 pages ce que bien des trait&#233;s classiques recouvrent sous un jargon abscons et des consid&#233;rations fumeuses. On y apprend plein d'informations permettant de d&#233;mystifier les discours n&#233;o-lib&#233;raux dont on nous rabat les oreilles, &#224; longueur de temps. La France se tra&#238;ne avec 2 000 milliards de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si le lecteur avait &#224; choisir d'acheter un seul livre sur l'&#233;conomie, c'est bien celui-l&#224; qu'il devrait pl&#233;bisciter. Qu'on ne se m&#233;prenne pas : derri&#232;re son ton insolent et iconoclaste, cet ouvrage r&#233;v&#232;le en moins de 180 pages ce que bien des trait&#233;s classiques recouvrent sous un jargon abscons et des consid&#233;rations fumeuses. On y apprend plein d'informations permettant de d&#233;mystifier les discours n&#233;o-lib&#233;raux dont on nous rabat les oreilles, &#224; longueur de temps. La France se tra&#238;ne avec 2 000 milliards de dettes, au point que chaque enfant qui na&#238;t doit d&#233;j&#224; 30 000&#8239;euros au titre de la dette publique. Oui, mais le m&#234;me enfant est aussi nanti d'un patrimoine public de 2 500 milliards, compos&#233;s d'&#233;coles, d'universit&#233;, d'h&#244;pitaux, de routes, de stades, de th&#233;&#226;tre&#8239;etc&#8230; sans compter les 11 939 milliards de patrimoine des m&#233;nages et des 2 300 milliards de patrimoine des entreprises. Il est donc sept fois plus riche qu'endett&#233;. La France d&#233;pense 50&#8239;milliards, chaque ann&#233;e, rien qu'en int&#233;r&#234;ts de cette dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est elle qui l'a bien voulu en signant les trait&#233;s europ&#233;ens de Maastricht et de Lisbonne qui interdisent aux &#201;tats membres de se fournir en capitaux tant aupr&#232;s de leur banque nationale que de la Banque centrale europ&#233;enne. La BCE pr&#234;te des milliards aux banques priv&#233;es, &#224; un taux quasiment nul, qui &#224; leur tour pr&#234;tent aux &#201;tats, en pr&#233;levant leur commission au passage. Le chiffre magique de 3&#8239;% du PIB que ne devrait pas d&#233;passer la dette nationale n'a aucune valeur scientifique : il a &#233;t&#233; invent&#233;, en juin&#8239;1981, par un fonctionnaire de Bercy qui a pens&#233; &#224; la Sainte Trinit&#233; ! Le gouvernement s'est engag&#233; &#224; diminuer son budget de 50&#8239;milliards : cela engendrera 75&#8239;milliards de PIB en moins, ce qui signifie une diminution bien plus importante des rentr&#233;es fiscales que des d&#233;penses. Un livre &#224; lire absolument.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. de la Martini&#232;re, 2015, (178 p. &#8211; 15&#8239;&#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Homo economicus, proph&#232;te (&#233;gar&#233;) des temps nouveaux</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Homo-economicus-prophete-egare-des-temps-nouveaux</link>
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		<dc:date>2015-06-10T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>1165</dc:subject>

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&lt;p&gt;C'est &#224; l'un des concepts central du lib&#233;ralisme que s'en prend Daniel Cohen, cette fiction de l'homo economicus, invent&#233;e par des &#233;conomistes consid&#233;rant que l'individu serait uniquement motiv&#233; par un &#233;go&#239;sme froid et rationnel et ne chercherait, avant tout, qu'&#224; satisfaire ses int&#233;r&#234;ts propres. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'auteur rappelle les nombreux travaux anthropologiques d&#233;montrant la propension des &#234;tres humains &#224; la r&#233;ciprocit&#233;, &#224; la coop&#233;ration et &#224; l'empathie, il analyse les effets d&#233;l&#233;t&#232;res de cette perception dans (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est &#224; l'un des concepts central du lib&#233;ralisme que s'en prend Daniel Cohen, cette fiction de l'homo economicus, invent&#233;e par des &#233;conomistes consid&#233;rant que l'individu serait uniquement motiv&#233; par un &#233;go&#239;sme froid et rationnel et ne chercherait, avant tout, qu'&#224; satisfaire ses int&#233;r&#234;ts propres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'auteur rappelle les nombreux travaux anthropologiques d&#233;montrant la propension des &#234;tres humains &#224; la r&#233;ciprocit&#233;, &#224; la coop&#233;ration et &#224; l'empathie, il analyse les effets d&#233;l&#233;t&#232;res de cette perception dans l'organisation de la soci&#233;t&#233;. Et notamment de ce paradoxe voulant que ce soit justement l'objectif principal qu'elle se fixe, qu'elle n'arrive jamais &#224; atteindre. Alors m&#234;me que le bonheur semblerait pouvoir &#234;tre combl&#233; par l'acc&#232;s massif aux biens extrins&#232;ques, cela ne fait qu'aiguiser la rivalit&#233; sociale, la hausse &#224; venir des ressources fait toujours r&#234;ver. Mais, une fois r&#233;alis&#233;e, elle n'appara&#238;t jamais suffisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'auteur de rappeler le r&#244;le infiniment plus valorisant, m&#234;me s'ils se manifestent &#224; bas bruit, des biens intrins&#232;ques que sont l'affection des autres, l'amour donn&#233; ou encore le sentiment d'avoir un but dans la vie. Croire que la comp&#233;tition suffira &#224; organiser le monde rel&#232;ve d'une illusion aux graves cons&#233;quences, affirme-t-il. La mondialisation des &#233;changes, la promotion de la libre concurrence, la pr&#233;&#233;minence de la loi du march&#233; n'ont abouti, depuis trente ans, qu'&#224; l'&#233;limination des plus faibles et l'expansion des plus forts. En France, depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1980, les 10&#8239;% les plus pauvres ont vu leurs revenus s'effondrer de 60&#8239;%, pendant que les 10&#8239;% les plus riches voyaient les leurs s'envoler de 80&#8239;%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#234;tre humain est partag&#233; entre des gratifications imm&#233;diates et ses int&#233;r&#234;ts &#224; plus long terme, il faut que les institutions le guide &#224; s'&#233;lever au dessus des premi&#232;res pour acc&#233;der aux seconds, conclue-t-il.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Albin Michel, 2012, (213 p. &#8211; 17,90&#8239;&#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La caste cannibale</title>
		<link>https://www.lien-social.com/La-caste-cannibale</link>
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		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>1165</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Voil&#224; un ouvrage &#224; la fois &#233;difiant et affligeant. A travers toute une s&#233;rie de portraits et d'analyses, d'enqu&#234;tes et de reportages, les deux auteurs d&#233;crivent la victoire inexorable de l'&#233;cole de pens&#233;e lib&#233;rale de Chicago qui a fini par gagner la guerre contre les keyn&#233;siens longtemps dominants. L&#224; o&#249; Keynes voyait dans la consommation le moteur de la croissance et dans les rentiers une cat&#233;gorie &#224; euthanasier, la th&#233;orie n&#233;o-lib&#233;rale propose exactement l'inverse. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour favoriser l'&#233;conomie, il faudrait (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Inegalites" rel="tag"&gt;In&#233;galit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1165-" rel="tag"&gt;1165&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L97xH150/arton4591-7666d.jpg?1694068716' width='97' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voil&#224; un ouvrage &#224; la fois &#233;difiant et affligeant. A travers toute une s&#233;rie de portraits et d'analyses, d'enqu&#234;tes et de reportages, les deux auteurs d&#233;crivent la victoire inexorable de l'&#233;cole de pens&#233;e lib&#233;rale de Chicago qui a fini par gagner la guerre contre les keyn&#233;siens longtemps dominants. L&#224; o&#249; Keynes voyait dans la consommation le moteur de la croissance et dans les rentiers une cat&#233;gorie &#224; euthanasier, la th&#233;orie n&#233;o-lib&#233;rale propose exactement l'inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour favoriser l'&#233;conomie, il faudrait r&#233;duire la pression fiscale et diminuer les charges sociales, conform&#233;ment &#224; la th&#233;orie du ruissellement voulant que plus les riches s'enrichissent, plus les moins riches en profiteraient. Ronald Reagan aux &#201;tats-Unis, Margaret Thatcher au Royaume Uni, Fran&#231;ois Mitterrand et son ministre de l'&#233;conomie Pierre B&#233;r&#233;govoy vont appliquer ces th&#233;ories, relay&#233;s par un Jacques Delors alors pr&#233;sident de la Commission europ&#233;enne qui n'aura de cesse, apr&#232;s la libre circulation des hommes et des marchandises, de lib&#233;raliser le secteur de la finance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'a triomph&#233; l'&#233;conomie de rentiers d'aujourd'hui. Toutes les barri&#232;res qui encadraient les flux de capitaux &#233;tant tomb&#233;es, 706 000 milliards de dollars (soit dix fois le PIB mondial) circulent sans aucune entrave, &#224; la recherche des placements les plus r&#233;mun&#233;rateurs. La technique a m&#234;me permis de confier &#224; des ordinateurs, &#233;quip&#233;s de programmes les plus sophistiqu&#233;s, la responsabilit&#233; d'imaginer des sc&#233;narios de baisse et de hausse sur le march&#233;, afin d'acheter et de vendre le plus vite possible, dans une logique de sp&#233;culation aveugle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cons&#233;quence, alors qu'en France entre&#8239;1970 et&#8239;1990, l'&#233;cart entre les 10 % les plus riches et les 10&#8239;% les moins riches s'&#233;tait r&#233;duit de 4,6 &#224; 3,3, entre&#8239;2000 et&#8239;2010, les premiers ont vu leur niveau de vie b&#233;n&#233;ficier de 400&#8239;euros suppl&#233;mentaires, quand les seconds ont re&#231;u un bonus de 8 950 euros !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Albin Michel, 2014, (328 p. &#8211; 20&#8239;&#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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