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	<title>Lien Social</title>
	<link>https://www.lien-social.com/</link>
	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Base militante. L'information, nerf de l'accueil</title>
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		<dc:subject>Immigration</dc:subject>
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&lt;p&gt;Depuis 2015 &#224; Marseille, une &#171; Welcome map &#187; - carte de bienvenue - favorise le partage d'exp&#233;riences et de ressources r&#233;pertori&#233;es pour et par les migrant(e)s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a Mahmoud du S&#233;n&#233;gal, Mura, Sarah et leur b&#233;b&#233; de Syrie, Camilla du Kosovo&#8230; leurs vies ont en commun une arriv&#233;e &#224; Marseille qui commence par une nuit pr&#232;s de la gare Saint-Charles, &#224; la rue, sans savoir o&#249; aller. Puis, ils ont poursuivi leurs parcours au fil des bonnes et des mauvaises rencontres. Par la collecte et le partage de ces (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Tribune-des-resistances" rel="directory"&gt;Tribune des r&#233;sistances&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Immigration" rel="tag"&gt;Immigration&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/1352-1721" rel="tag"&gt;1352&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis 2015 &#224; Marseille, une &#171; Welcome map &#187; - carte de bienvenue - favorise le partage d'exp&#233;riences et de ressources r&#233;pertori&#233;es pour et par les migrant(e)s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a Mahmoud du S&#233;n&#233;gal, Mura, Sarah et leur b&#233;b&#233; de Syrie, Camilla du Kosovo&#8230; leurs vies ont en commun une arriv&#233;e &#224; Marseille qui commence par une nuit pr&#232;s de la gare Saint-Charles, &#224; la rue, sans savoir o&#249; aller. Puis, ils ont poursuivi leurs parcours au fil des bonnes et des mauvaises rencontres. Par la collecte et le partage de ces exp&#233;riences de migrant(e)s, le site baptis&#233; du nom de code maritime autorisant l'entrer au port, QX1, veut faciliter la vie des nouveaux arrivants dans la deuxi&#232;me ville de France.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette plateforme a &#233;t&#233; imagin&#233;e en 2015 par deux Italiens confront&#233;s aux difficult&#233;s administratives fran&#231;aises dans l'acc&#232;s aux droits. &#171; Je me suis dit que si je partageais mon v&#233;cu avec d'autres, &#231;a leur ferait gagner beaucoup de temps &#187;, r&#233;sume Federico Brivio, chef de projet et initiateur de QX1. La proximit&#233; avec les r&#233;seaux militants d'aide aux exil&#233;s a fait le reste.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7643 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH280/capture_d_e_cran_2023-12-14_a_11.33.45-896fc.png?1704186185' width='500' height='280' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Textes lus en diverses langues&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la &#171; Welcome map &#187; de Marseille a r&#233;alis&#233; un gros travail de collecte et de centralisation de l'information. Une soixantaine de r&#233;cits de vie o&#249; l'histoire particuli&#232;re permet de pr&#233;venir des &#233;cueils, d'&#233;viter les mauvaises orientations, de solliciter les associations en fonction des besoins.Les textes sont traduits en fran&#231;ais, anglais, italien, arabe. Pour les personnes qui ne savent pas lire ou ne comprennent pas ces langues, ils sont traduits et lus en peul, bambara, dari, turc, comorien... Ce site cartographie &#233;galement les lieux ressources. Institutionnels, associatifs ou militants, ils sont filtr&#233;s par th&#233;matiques : premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, vie quotidienne, manger, logement, sant&#233;, loisirs, &#233;cole, droit, solidarit&#233;, travail. Avec aussi une carte des maraudes, un guide de premier accueil, un livret sp&#233;cialis&#233; pour les mineurs r&#233;alis&#233; avec le concours de l'association solidaires pour l'habitat (Soliha), ce site constitue une mine pour les migrants, comme pour les professionnels.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les travailleurs sociaux s'int&#233;ressent particuli&#232;rement &#224; l'outil qui permet d'extraire les informations n&#233;cessaires en fonction des besoins de chaque personne accompagn&#233;e et de leur imprimer un tableau Excel &#187;, pr&#233;cise Federico, le chef de projet, dont l'essentiel du budget provient de donations priv&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce 14&#8239;novembre, il vient pr&#233;senter sa &#171; Welcome map &#187; &#224; Marjolaine Bert, co-cr&#233;atrice des Terrasses solidaires &#224; Brian&#231;on, accueil de migrants &#224; la fronti&#232;re, et directrice de l'association Eko !, sp&#233;cialis&#233;e dans le Low-tech, soit la r&#233;paration avec les moyens du bord.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Aujourd'hui, avoir un t&#233;l&#233;phone qui fonctionne, c'est plus important qu'un repas chaud, constate l'activiste solidaire. Nous r&#233;pondons donc aux enjeux de r&#233;paration de t&#233;l&#233;phones, v&#233;los, v&#234;tements&#8230; Les personnes apprennent &#224; r&#233;parer et sont valoris&#233;es dans leurs savoirs, parce qu'elles sont souvent habitu&#233;es &#224; la d&#233;brouille. &#187; Pour l'association brian&#231;onnaise, ce premier contact avec QX1 remplit d&#233;j&#224; un vide. &#171; Nous donnions des informations sur les ressources &#224; Paris ou Grenoble, mais nous n'avions rien sur Marseille. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'acc&#232;s au site n&#233;cessitant un smartphone, la coop&#233;ration tombe sous le sens. Federico laisse des flyers et autres objets de communication destin&#233;s aux militants de Brian&#231;on. Avant de quitter ce rendez-vous &#224; La Base, &#171; lieu engag&#233; qui vise &#224; rassembler pour acc&#233;l&#233;rer la transition vers une soci&#233;t&#233; juste, r&#233;siliente et respectueuse du vivant &#187;, il retient qu'une association distribue des repas sur une place voisine le dimanche midi. &#171; Nous n'avions pas cette info, il faut l'int&#233;grer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Site : &lt;a href=&#034;https://qx1.org/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://qx1.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e &#8226; Aux Minguettes, la m&#233;moire de 1983 en h&#233;ritage</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Prevention-specialisee-o-Aux-Minguettes-la-memoire-de-1983-en-heritage</link>
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		<dc:subject>Violence</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration</dc:subject>
		<dc:subject>Discrimination</dc:subject>
		<dc:subject>Banlieue</dc:subject>
		<dc:subject>Racisme</dc:subject>
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&lt;p&gt;Le berceau de la Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, le plateau des Minguettes &#224; V&#233;nissieux, n'a pas &#233;chapp&#233; aux r&#233;voltes urbaines qui ont suivi la mort de Nahel &#224; l'&#233;t&#233; 2023. Les &#233;ducateurs de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e de l'association Sauvegarde 69 s'appuient aujourd'hui sur les deux &#233;v&#233;nements pour entamer un travail &#233;ducatif aupr&#232;s des jeunes du quartier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Install&#233;s au pied d'une barre d'immeuble du quartier des Minguettes &#224; V&#233;nissieux (Rh&#244;ne), cinq jeunes adultes discutent tous ou presque un joint &#224; la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Discrimination" rel="tag"&gt;Discrimination&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Banlieue" rel="tag"&gt;Banlieue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Racisme" rel="tag"&gt;Racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1348-" rel="tag"&gt;1348&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le berceau de la Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, le plateau des Minguettes &#224; V&#233;nissieux, n'a pas &#233;chapp&#233; aux r&#233;voltes urbaines qui ont suivi la mort de Nahel &#224; l'&#233;t&#233; 2023. Les &#233;ducateurs de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e de l'association Sauvegarde 69 s'appuient aujourd'hui sur les deux &#233;v&#233;nements pour entamer un travail &#233;ducatif aupr&#232;s des jeunes du quartier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Install&#233;s au pied d'une barre d'immeuble du quartier des Minguettes &#224; V&#233;nissieux (Rh&#244;ne), cinq jeunes adultes discutent tous ou presque un joint &#224; la main. Quand Estelle Mend&#232;s et Mohamed Hamidi viennnent &#224; leur rencontre dans cet &lt;i&gt;&#171; espace de socialisation &#187;&lt;/i&gt;, comme le qualifie ce dernier avec humour, les poign&#233;es de main sont franches et chaleureuses. Ce mardi soir d'octobre, les deux &#233;ducateurs de l'association Sauvegarde 69 sont de &#8220;travail de rue&#8221;. Cette pratique, socle de la pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e, consiste &#224; &#8220;aller vers&#8221; les jeunes pour cr&#233;er avec eux une relation de proximit&#233;. Avec l'id&#233;e, ensuite, de faciliter la mise en place d'un accompagnement &#233;ducatif et social pour ceux et celles qui en ont besoin et le d&#233;sirent, car tout repose sur la libre adh&#233;sion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces jeunes hommes ont-ils entendu parler de la Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, dont l'id&#233;e est n&#233;e ici, dans leur quartier, il y a de cela quarante ans ? Pour une partie d'entre eux, cela n'&#233;voque rien. Mais Loua&#239;, 23 ans, conna&#238;t bien cet &#233;v&#233;nement, d'ailleurs rebaptis&#233; ici &#8220;Marche des Minguettes&#8221;. Il lui a &#233;t&#233; notamment racont&#233; par &lt;i&gt;&#171; les grands &#187;&lt;/i&gt;, se souvient-il, tel un morceau d'identit&#233; locale. &lt;i&gt;&#171; Dans le quartier, il y avait eu des affrontements avec la police &#224; l'&#233;poque pendant plusieurs semaines. Un jour, les flics sont venus, ils ont l&#226;ch&#233; les chiens et Toumi Dja&#239;dja a pris une balle dans le ventre. Puis une marche avait &#233;t&#233; organis&#233;e pour protester &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;sume-t-il &#224; sa mani&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet &#233;t&#233;, suite &#224; la mort de Nahel &#224; Nanterre et aux nuits de violences qui s'en sont suivies, aucun appel &#224; une mobilisation nationale pacifique ne s'est fait entendre, &#224; V&#233;nissieux ou ailleurs. &#192; l'&#233;vidence, aujourd'hui l'heure n'est plus &#224; l'organisation d'une marche pour r&#233;clamer le respect de ses droits. Brahim, 19 ans, a son explication : &lt;i&gt;&#171; Il y a eu trop de violence envers nous, les jeunes des quartiers. C'est pour &#231;a que c'est parti en &#233;meute. &#187;&lt;/i&gt; Il pointe notamment la brigade sp&#233;cialis&#233;e de terrain (BST) de la Police nationale, qui intervient aux Minguettes et avec laquelle les relations seraient tendues, des contr&#244;les qui se passeraient mal&#8230; Le propos est vague, mais la col&#232;re pr&#233;cise. Loua&#239; abonde. Mais il &#233;largit ses r&#233;criminations et relate un sentiment de fatalit&#233; partag&#233; parmi les jeunes ou les adultes rencontr&#233;s ce soir-l&#224; : &lt;i&gt;&#171; On n'est plus en d&#233;mocratie. Le 49-3, c'est de la d&#233;mocratie ? Alors une nouvelle marche, &#231;a n'aurait servi &#224; rien. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7451 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH387/capture_d_e_cran_2023-10-24_a_07.36.49-9b981.png?1698242462' width='500' height='387' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Les trois &#233;ducateurs (de face) discutent avec des adolescents des Minguettes, devant la fresque dite des Marcheurs, repr&#233;sentant Toumi Dja&#239;dja mais aussi Gandhi ou Martin Luther King.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#169; Thomas S&#233;vignon&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sensibiliser sans juger&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la premi&#232;re fois que les &#233;ducateurs abordent ce sujet avec les jeunes du quartier. Au mois de juin, lors des soirs d'&#233;meutes, les &#233;quipes pr&#233;f&#232;rent parler de &lt;i&gt;&#171; r&#233;voltes &#187;&lt;/i&gt;, les neuf &#233;ducateurs de l'association qui interviennent sur les Minguettes sont rest&#233;s en retrait, &#224; la demande de la direction qui a tenu &#224; prot&#233;ger ses salari&#233;s. Mais en journ&#233;e, toutes les activit&#233;s ou rendez-vous programm&#233;s se sont tenus comme pr&#233;vu, pour maintenir cette connexion avec eux et leur proposer un espace de parole. &lt;i&gt;&#171; On avait un chantier &#233;ducatif avec des jeunes dans le quartier &#224; ce moment-l&#224;, on en profitait pour discuter de cela. Ici &#224; L&#233;o Lagrange et Monmousseau, nos deux secteurs d'intervention, les violences n'ont pas dur&#233; longtemps, trois soirs peut-&#234;tre. Mais beaucoup de jeunes se sont sentis ins&#233;curis&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, se rappelle Estelle Mend&#232;s. C'est surtout une fois la col&#232;re retomb&#233;e que les &#233;ducateurs ont voulu mettre des mots sur ce qu'il s'&#233;tait pass&#233;. &lt;i&gt;&#171; Il n'y a pas eu de rupture avec les jeunes, le travail de rue a repris, les actions se sont poursuivies. Et on en profitait pour discuter avec eux de tout &#231;a&lt;/i&gt;, raconte Mohamed Hamidi. &lt;i&gt;Ce qui revenait souvent, c'&#233;tait les tensions avec la police, les difficult&#233;s des quartiers, le sentiment de ne pas &#234;tre entendu ni pris en compte. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un dialogue que les &#233;ducateurs et &#233;ducatrices ont tenu &#224; garder sans jugement, un des fondements de leur pr&#233;sence au quotidien aupr&#232;s des jeunes. &lt;i&gt;&#171; Sur ce sujet des affrontements avec la police, on peut sensibiliser mais on ne peut pas &#234;tre dans la moralisation. C'est la m&#234;me chose avec la consommation de shit, dont on sait qu'elle concerne beaucoup de jeunes. On n'est pas l&#224; pour juger mais on n'&#233;lude pas le sujet non plus, on en parle pour accompagner vers des dispositifs de sant&#233; &#187;&lt;/i&gt;, affirme l'&#233;ducateur qui travaille depuis six ans lui aussi sur ces deux secteurs. Tout est question de patience et d'&#233;coute, poursuit-il : &lt;i&gt;&#171; Il faut attendre le bon moment, quand la confiance est &#233;tablie et qu'on sent qu'on a la l&#233;gitimit&#233; pour leur parler. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'appuyer sur les r&#233;ussites du quartier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de ces &#233;changes, les &#233;ducateurs ont enclench&#233; un travail &#233;ducatif autour de la Marche de 1983, mais aussi de l'histoire du quartier, particuli&#232;rement celle du secteur Monmousseau, &#233;picentre des affrontements entre la police et les jeunes V&#233;nissians &#224; l'&#233;poque. Car aujourd'hui ce secteur est vou&#233; &#224; changer radicalement de visage : une imposante barre d'immeuble a &#233;t&#233; d&#233;truite r&#233;cemment dans le cadre d'un programme de renouvellement urbain, une autre est en passe de l'&#234;tre et les trois tours encore debout subiront le m&#234;me sort dans les ann&#233;es &#224; venir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un documentaire est donc en cours de r&#233;alisation, pens&#233; et tourn&#233; par deux groupes de jeunes suivis par les &#233;ducateurs de la Sauvegarde 69. &lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait l'occasion de travailler sur la m&#233;moire de la Marche de 83, cet &#233;v&#233;nement qui est presque antique pour eux. Et c'&#233;tait aussi un moyen de sensibiliser et faire le parall&#232;le entre les r&#233;voltes, qui sont un mode d'expression, et les marches pacifiques, qui en sont un autre &#187;&lt;/i&gt;, souligne Cl&#233;mentine Duchemin, autre &#233;ducatrice de l'association. &lt;i&gt;&#171; M&#234;me si la Marche a du mal &#224; s'inscrire dans l'histoire nationale, il faut que nous, associations, la fassions vivre au niveau local. &#199;a fait partie de l'histoire du quartier, pour certains de l'histoire de leurs parents (...). C'est quelque chose qui vient faire commun entre les jeunes et les plus grands, &#231;a peut rassembler, f&#233;d&#233;rer &#187;&lt;/i&gt;, soutient par ailleurs Fatima Youyou, une des cheffes de service pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e de la Sauvegarde 69.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le film &lt;i&gt;&#171; Nos pas dans Monmousseau &#187;&lt;/i&gt;, sous-titr&#233; &lt;i&gt;&#171; Monmousseau au travers des g&#233;n&#233;rations &#187;&lt;/i&gt;, sera r&#233;solument participatif : &lt;i&gt;&#171; Ce sont les ados qui pr&#233;sentent le quartier &#224; la cam&#233;ra. Ils vont partir de la barre d'immeuble qui sera bient&#244;t d&#233;molie, filmer le snack, la place qu'on appelle ici &#8220;le haricot&#8221;, etc. Ils vont expliquer pourquoi les lieux sont importants pour eux. Et les plus jeunes vont poser des questions aux grands, sur leur rapport au quartier, la d&#233;molition des tours, la Marche de 83, etc. &#187;&lt;/i&gt;, expose l'&#233;ducatrice. Zayade, adolescent de &#171; Monmouss &#187;, sera l'un des participants. Il n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; prendre part au projet : &lt;i&gt;&#171; Je serai un des pr&#233;sentateurs du documentaire. J'aime mon quartier, je voulais montrer que j'avais grandi l&#224;. &#187;&lt;/i&gt; Un discours positif sur la cit&#233;, voulu pour d&#233;passer les repr&#233;sentations n&#233;gatives qui lui collent &#224; la peau. Pour Fatima Youyou, &lt;i&gt;&#171; il ne faut pas r&#233;sumer les Minguettes &#224; ce qu'on voit sur les cha&#238;nes d'informations en continue. Il y a des choses et des gens qui ont marqu&#233; positivement l'histoire ici, et cette Marche en fait partie. Avoir des mod&#232;les de r&#233;ussite, c'est important dans notre travail &#233;ducatif aupr&#232;s des jeunes, et c'est fondamental pour eux pour se construire &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Entretien avec V&#233;ronique Le Goaziou &#8226; Une m&#233;moire de la haine et de la vengeance</title>
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		<dc:subject>1348</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour parler des &#233;v&#233;nements qui ont enflamm&#233; la France entre le 27&#8239;juin et le 3&#8239;juillet, elle associe volontiers les mots &#233;meute et r&#233;volte, sans vouloir &#171; figer le r&#233;el &#187;. La chercheuse peine cependant &#224; y voir un soul&#232;vement &#171; qui suppose un mouvement plus organis&#233; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; Entretien avec V&#233;ronique Le Goaziou, sociologue, ethnologue et autrice (1) sp&#233;cialiste de la d&#233;linquance, de la violence, de la pauvret&#233; et des politiques publiques relatives &#224; ces questions. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pensez-vous qu'une suite politique plus (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour parler des &#233;v&#233;nements qui ont enflamm&#233; la France entre le 27&#8239;juin et le 3&#8239;juillet, elle associe volontiers les mots &#233;meute et r&#233;volte, sans vouloir &#171; figer le r&#233;el &#187;. La chercheuse peine cependant &#224; y voir un soul&#232;vement &#171; qui suppose un mouvement plus organis&#233; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_7452 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L250xH297/capture_d_e_cran_2023-10-24_a_07.41.34-5e2be.png?1698242462' width='250' height='297' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt; Entretien avec &lt;strong&gt;V&#233;ronique Le Goaziou&lt;/strong&gt;, sociologue, ethnologue et autrice (1) sp&#233;cialiste de la d&#233;linquance, de la violence, de la pauvret&#233; et des politiques publiques relatives &#224; ces questions.
&lt;HR&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pensez-vous qu'une suite politique plus articul&#233;e puisse &#233;merger de ces &#233;v&#233;nements ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je ne crois pas, notamment parce que le mouvement de 1983 a avort&#233;. Certes, il a donn&#233; lieu &#224; la cr&#233;ation de SOS racisme et a &#233;t&#233; institutionnalis&#233;, mais il n'a pas pu s'inscrire dans la dur&#233;e et n'a pas apport&#233; de r&#233;ponse &#224; ce qu'il fallait faire et comment. Il s'est rapidement d&#233;lit&#233;, avec un peu de r&#233;cup&#233;ration, un peu de client&#233;lisme. Depuis, il y a eu apr&#232;s les &#233;meutes de 2005 des tentatives, comme Aclefeu (ndlr : Association collectif libert&#233; &#233;galit&#233; fraternit&#233; ensemble et unis), les cahiers de dol&#233;ances des banlieues, le travail de Marie-H&#233;l&#232;ne Bacqu&#233; et Mohammed Mechmache, le Bondy blog, le collectif Pas sans nous, mais aucun mouvement politique ne met en musique ces initiatives. Dans les quartiers populaires, la situation s'est plut&#244;t d&#233;grad&#233;e. Les populations qui arrivent, vivent des situations socio-&#233;conomiques encore plus compliqu&#233;es que celles qui partent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les acteurs de la pr&#233;vention sont-ils en capacit&#233; de faire &#233;merger une r&#233;ponse plus constructive ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les professionnels, m&#234;me aguerris comme les &#233;ducateurs de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e, t&#233;moignent avoir de plus en plus de difficult&#233;s &#224; travailler dans ces quartiers, notamment en raison de la violence des trafics et des relations interpersonnelles sur fond de mont&#233;e de la pr&#233;carit&#233;. Ce contexte donne le sentiment de fournir une &#233;nergie monumentale, non pas pour am&#233;liorer la situation, mais pour qu'elle ne se d&#233;grade pas. Les assistantes sociales qui n'h&#233;sitaient pas &#224; rendre visite aux familles, ne se d&#233;placent plus, ou entre 9 et 10 h, ou accompagn&#233;es. Il y a la peur, mais aussi un sentiment d'impuissance d&#233;l&#233;t&#232;re. Les centres sociaux, porteurs du mouvement d'&#233;ducation populaire, se bagarrent avec un r&#233;gime de subvention qui les &#233;trangle, un labyrinthe administratif extr&#234;mement contraignant d'appel &#224; projet, avec en plus un &#233;norme probl&#232;me de recrutement des travailleurs sociaux. Dans ces territoires, renverser les dynamiques &#224; l'&#339;uvre, soit toucher l'&#233;ducation, l'enseignement, la parentalit&#233;&#8230; c'est une usine &#224; gaz. Surtout quand les r&#233;seaux de drogues sont devenus les premiers employeurs de la cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si la police demeure seule sur ces quartiers, ne risque-t-on pas d'aller vers une mont&#233;e en puissance de la violence ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s 1977, le Garde des Sceaux Alain Peyrefitte alertait sur les mauvaises relations entre la police et la jeunesse populaire. Cinquante ans plus tard, &#231;a fait des ravages. Une m&#233;moire de la haine et de la vengeance se transmet entre jeunes, mais aussi entre policiers. En intervention dans une &#233;cole de police, j'ai entendu des jeunes gardiens de la paix, qui n'avaient jamais mis les pieds dans un quartier populaire, &#233;voquer leurs habitants dans des termes quasi-vengeurs. Quand j'entends les habitants parler de la police et inversement, les tensions sont telles que je m'&#233;tonne que &#231;a ne d&#233;g&#233;n&#232;re pas plus. Il y a eu une tentative d'apaisement avec la police de proximit&#233;, mais le ministre de l'Int&#233;rieur Sarkozy a mis fin &#224; l'exp&#233;rience avant m&#234;me qu'on puisse l'&#233;valuer. La France reste un des rares pays europ&#233;ens qui ne se dote pas de cette police qui vit au plus pr&#232;s de la communaut&#233; pour, avec les habitants, apporter des solutions aux probl&#232;mes de la vie quotidienne. Il faut mettre ce sujet sur la table, notre ministre de l'Int&#233;rieur le sait, mais n'en prend pas le chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1)&lt;i&gt; Quand les banlieues br&#251;lent&#8230; : Retour sur les &#233;meutes de novembre 2005&lt;/i&gt;, &#201;d. La D&#233;couverte (2006).&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;La Violence des jeunes en question&lt;/i&gt;, &#201;d. Champ social (2009).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Racismes de France </title>
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		<dc:subject>Immigration</dc:subject>
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&lt;p&gt;40 ans plus tard&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ne r&#234;vons pas, il n'existe pas de pays dans le monde o&#249; l'accueil de l'&#233;tranger est facile. En revanche, l'immigration ne constitue pas partout un sujet politique clivant comme en France. &lt;br class='autobr' /&gt;
40 ans apr&#232;s la Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, j'ai choisi un ouvrage collectif qui fait le point sur les racismes en France, aujourd'hui. Il propose un bilan assez morose de l'&#233;volution de notre soci&#233;t&#233; depuis les ann&#233;es 80 qui avaient marqu&#233; une sorte d'espoir pour beaucoup. Le livre (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;40 ans plus tard&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne r&#234;vons pas, il n'existe pas de pays dans le monde o&#249; l'accueil de l'&#233;tranger est facile. En revanche, l'immigration ne constitue pas partout un sujet politique clivant comme en France.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;40 ans apr&#232;s la Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, j'ai choisi un ouvrage collectif qui fait le point sur les racismes en France, aujourd'hui. Il propose un bilan assez morose de l'&#233;volution de notre soci&#233;t&#233; depuis les ann&#233;es 80 qui avaient marqu&#233; une sorte d'espoir pour beaucoup. Le livre fait le tour de ces racismes aussi bien antimusulmans, antinoirs, antichinois, antis&#233;mites ou antitsiganes. Il analyse aussi le communautarisme et sa perception dans notre soci&#233;t&#233; dite la&#239;que, et offre quelques pistes &#233;chappatoire et d'espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les racismes en France&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re partie de l'ouvrage rappelle ce que sont le racisme individuel et le racisme d'&#201;tat. Il montre comment ce dernier ne dit pas son nom mais se r&#233;v&#232;le encore aujourd'hui, par des discriminations d'acc&#232;s aux droits, au travail ou au logement, de fa&#231;on insidieuse et sourde, mais qui se v&#233;rifie simplement par des testings.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien s&#251;r, la question de la pr&#233;sence polici&#232;re et de ses formes d'intervention est pr&#233;pond&#233;rante dans le sentiment d'in&#233;galit&#233;, mais aussi dans ce racisme ethnique et social. L'&#233;cole n'est pas en reste et les chiffres prouvent que cette in&#233;galit&#233; de chances en fonction des origines augmente, scellant ainsi l'&#233;chec de toutes les politiques dites &#171; d'&#233;galit&#233; des chances &#187; qui n'&#233;taient en r&#233;alit&#233; que des promesses illusoires. Un chapitre entier est consacr&#233; au droit et &#224; la complexit&#233; incroyable du syst&#232;me de cat&#233;gorisation de l'immigr&#233; : r&#233;fugi&#233;, &#233;tranger en situation irr&#233;guli&#232;re, demandeur d'asile&#8230; Chaque cat&#233;gorie supposant une proc&#233;dure draconienne diff&#233;rente tandis que l'administration conserve par diff&#233;rents biais un pouvoir largement discr&#233;tionnaire. Enfin, dans le monde du travail, le nombre de discriminations li&#233;es aux origines s'est multipli&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es, tant dans les embauches que dans les m&#233;tiers exerc&#233;s. Pour l'auteur, le monde du travail reste largement marqu&#233; par des habitudes n&#233;ocoloniales qui consistent &#224; penser que les travaux durs et mal pay&#233;s sont finalement confi&#233;s assez naturellement aux &#171; &#233;trangers &#187;, comme ils l'ont toujours &#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Habitudes &#171; n&#233;ocoloniales &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sujets qui nous paraissent aujourd'hui d'une grande banalit&#233;, comme le voile &#224; l'&#233;cole pour les jeunes filles musulmanes ou les m&#232;res voil&#233;es accompagnantes de sorties scolaires, sont en fait des sujets purement Fran&#231;ais. Ils rel&#232;vent d'une forme sp&#233;cifique d'islamophobie devenue centrale dans le d&#233;bat politique et qui nous absorbe tous plus ou moins. Une autrice se pose la question de savoir si, plut&#244;t que de s'interroger sur la capacit&#233; de l'islam &#224; s'int&#233;grer &#224; la France, on ne ferait pas mieux de cesser les lois et les discours excluant toute une partie de nos concitoyens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les chapitres suivants, les collaborateurs de l'ouvrage &#233;num&#232;rent donc des diff&#233;rentes formes de racismes qui bien s&#251;r touchent &#224; des degr&#233;s divers, la quasi-totalit&#233; de tous ceux qui r&#233;sident en France avec des origines &#233;trang&#232;res. On comprend qu'il existe un lourd pass&#233; d'exclusion et de m&#233;fiance dont ont souffert aussi bien les Italiens que les Polonais et tant d'autres, ce qui est paradoxal dans un pays dont l'identit&#233; s'est construite progressivement de l'apport de l'&#233;tranger.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce livre, dans l'ensemble tr&#232;s bien document&#233;, repr&#233;sentera, &#224; n'en pas douter, une source importante de donn&#233;es statistiques ou sociologiques pour le lecteur. Bien s&#251;r les auteurs abordent les questions de la&#239;cit&#233; et de communautarisme et je voudrais terminer par cette citation qui r&#233;sume si bien l'esprit de l'ouvrage, celle d'un journaliste en 1842 : &lt;i&gt;&#171; Les Auvergnats n'adoptent ni les m&#339;urs, ni la langue, ni les plaisirs parisiens, ils restent isol&#233;s&#8230; et l'on peut dire qu'ils emportent leur pays &#224; la semelle de leurs souliers. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'espoir est donc permis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tienne Liebig&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les auteurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Omar Slaouti a &#233;t&#233; un des porte-parole de la Marche pour la justice et la dignit&#233; et contre les violences polici&#232;res en 2017. Il est enseignant &#224; Argenteuil (Val d'Oise).&lt;br class='autobr' /&gt;
Olivier Le Cour Grandmaison enseigne les sciences politiques &#224; l'Universit&#233; Paris-Saclay-Evry-Val-d'Essonne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#201;d. La D&#233;couverte, 395 pages, 22 euros&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Marche pour l'&#233;galit&#233; &#8226; 40 ans apr&#232;s, quel bilan ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Marche-pour-l-egalite-o-40-ans-apres-quel-bilan-11262</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Marche-pour-l-egalite-o-40-ans-apres-quel-bilan-11262</guid>
		<dc:date>2023-10-25T14:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Violence</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration</dc:subject>
		<dc:subject>Discrimination</dc:subject>
		<dc:subject>Banlieue</dc:subject>
		<dc:subject>Racisme</dc:subject>
		<dc:subject>1348</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, premi&#232;re manifestation de retentissement national men&#233;e par des jeunes h&#233;ritiers de l'immigration en 1983, a marqu&#233; la France. Cependant, quarante ans apr&#232;s, les in&#233;galit&#233;s se sont aggrav&#233;es dans les quartiers populaires, tandis qu'y perdurent discriminations et harc&#232;lement policier. &lt;br class='autobr' /&gt;
15 octobre 1983. Une quinzaine de gar&#231;ons et filles s'&#233;lancent de Marseille pour une marche pacifique &#224; la demande de Tomi Dja&#239;dja, gri&#232;vement bless&#233; par un tir policier dans la (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, premi&#232;re manifestation de retentissement national men&#233;e par des jeunes h&#233;ritiers de l'immigration en 1983, a marqu&#233; la France. Cependant, quarante ans apr&#232;s, les in&#233;galit&#233;s se sont aggrav&#233;es dans les quartiers populaires, tandis qu'y perdurent discriminations et harc&#232;lement policier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;15 octobre 1983. Une quinzaine de gar&#231;ons et filles s'&#233;lancent de Marseille pour une marche pacifique &#224; la demande de Tomi Dja&#239;dja, gri&#232;vement bless&#233; par un tir policier dans la Zup des Minguettes de V&#233;nissieux (Rh&#244;ne) et du p&#232;re Christian Delorme, avec le soutien de r&#233;seaux chr&#233;tiens, militants et associatifs. Une marche pour d&#233;noncer le racisme au quotidien, les insultes, la peur de s'exprimer, les crimes : ces jeunes n&#233;s en France r&#233;clament le droit &#224; l'&#233;galit&#233; de traitement.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ann&#233;e 1983 &#8211; comme celles d'avant - a &#233;t&#233; marqu&#233;e par des affrontements entre jeunes et policiers dans les quartiers populaires et par des crimes racistes : cinq selon le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur ; vingt-et-un selon les associations de lutte contre le racisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les marcheurs portent deux revendications : l'obtention de la carte de s&#233;jour de dix ans et le droit de vote des &#233;trangers aux &#233;lections locales. Au fil des kilom&#232;tres, le groupe s'&#233;toffe. Il ponctue ses cinquante &#233;tapes et mille deux cents kilom&#232;tres, par l'organisation de d&#233;bats quotidiens. Le 3&#8239;d&#233;cembre 1983, cent mille personnes accueillent les marcheurs &#224; Paris. La France tombe des nues : sa jeunesse est bigarr&#233;e, les enfants h&#233;ritiers de l'immigration postcoloniale en font partie. &lt;i&gt;&#171; Fran&#231;ois Mitterrand re&#231;oit une d&#233;l&#233;gation de marcheurs et les f&#233;licite pour ce grand moment de mobilisation citoyenne, mais sans prendre d'engagement &#187;&lt;/i&gt;, &#233;voque Sa&#239;d Bouamama, sociologue (1). Ils obtiennent cependant une grande victoire : la carte de s&#233;jour de dix ans pour leurs parents, mais essuient un refus concernant le droit de vote des &#233;trangers. &lt;i&gt;&#171; S'il avait &#233;t&#233; accord&#233;, un certain nombre de d&#233;bats sur l'immigration n'auraient pas lieu, les hommes politiques feraient attention &#224; leur langage. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7446 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH270/capture_d_e_cran_2023-10-19_a_11.30.54-ce349.png?1698242462' width='500' height='270' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Ch&#226;tenay Malabry - Cit&#233; de la Butte Rouge (1983). Graffiti suite &#224; l'affaire Nacer M'Raidi, 17 ans, gri&#232;vement bless&#233; par un tir policier. &#169; Amadou Gaye&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contr&#244;les policiers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par crainte d'un mouvement trop radical, incontr&#244;lable, le gouvernement appuie la cr&#233;ation de SOS Racisme avec son fameux symbole : une petite main jaune sigl&#233;e d'un &#171; Touche pas &#224; mon pote &#187;. Son discours, large et bien-pensant, d&#233;politise celui des marcheurs. &lt;i&gt;&#171; Eux qui avaient lanc&#233; une dynamique nouvelle se sentent trahis, insult&#233;s, en col&#232;re &#187;&lt;/i&gt;, restitue Sa&#239;d Bouamama. La Marche donnera quand m&#234;me naissance &#224; Convergence 84 qui organise une travers&#233;e de la France &#224; mobylette ou encore &#224; Divergence 85 qui marque la volont&#233; d'un mouvement plus autonome. L'absence de soutien financier - les financements publics sont affect&#233;s &#224; partir de projets et non &#224; partir de paroles venant des quartiers -, la pr&#233;carit&#233; des militants, finissent par avoir raison du mouvement.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Quarante ans plus tard, la revendication d'&#233;galit&#233; port&#233;e par les marcheurs reste d'actualit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;plore Marie-H&#233;l&#232;ne Bacqu&#233;, sociologue, co-auteure, voici dix ans, d'un rapport sur la participation des habitants dans la politique de la ville (2). Les discriminations et les contr&#244;les au faci&#232;s perdurent. En 2017, une enqu&#234;te du D&#233;fenseur des droits sur les relations entre la police et la population alertait : les jeunes hommes per&#231;us comme noirs ou arabes ont une probabilit&#233; vingt fois plus &#233;lev&#233;e que l'ensemble de la population de subir un contr&#244;le de police. Depuis la Marche, les crimes policiers perdurent (&lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Violences-policieres-de-quoi-parle-t-on&#034;&gt;voir Mati&#232;re &#224; pens&#233;es n&#176;1348&lt;/a&gt;), dans un face-&#224;-face mortif&#232;re entre forces de l'ordre et jeunes des quartiers populaires. Parfois, comme le 27 juin dernier avec la mort de Nahel, 17 ans, &#224; Nanterre (Hauts-de-Seine), ces crimes mettent le feu aux poudres et donnent naissance &#224; des r&#233;voltes urbaines sur fond d'in&#233;galit&#233;s sociales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sa&#239;d Bouamama rel&#232;ve une paup&#233;risation encore plus marqu&#233;e pour les habitants des quartiers que pour le reste de la population que dans les ann&#233;es 80, ainsi qu'une pr&#233;carit&#233; de l'emploi qui exercent une &#233;norme influence sur l'ambiance, l'&#233;tat d'esprit. &lt;i&gt;&#171; Les discriminations augmentent face &#224; la concurrence pour l'acc&#232;s aux biens rares : emploi, logement, sant&#233;&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Toutes les crises m&#232;nent &#224; une augmentation des &#233;carts en d&#233;faveur des femmes, des personnes non dipl&#244;m&#233;es, des habitants des quartiers, notamment ceux descendant de l'immigration. &lt;i&gt;&#171; S'ajoute &#224; cela l'offensive id&#233;ologique de l'extr&#234;me droite reprise par tous, y compris la gauche, avec les discours sur l'Islam ou le &#8220;grand remplacement&#8221;, &lt;/i&gt; poursuit Sa&#239;d Bouamama. &lt;i&gt;Des discussions inimaginables voici quarante ans. Il faut que cessent dans les m&#233;dias les abus de propos qui touchent &#224; la dignit&#233; des personnes et cr&#233;ent chez elles une v&#233;ritable charge mentale. Lorsqu'elles allument la t&#233;l&#233;vision, celles qui s'appellent Aminata ou Farid se demandent ce qu'on va encore leur reprocher. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;ducateur, puis chef de service en association de pr&#233;vention &#224; Montreuil (Seine-Saint-Denis) depuis les ann&#233;es 80 (3), &#201;tienne Liebig voit la perte de confiance des jeunes dans l'&#233;galit&#233; des chances et l'impossibilit&#233; de se projeter dans l'avenir gr&#226;ce &#224; l'&#233;cole de la R&#233;publique, comme les faits les plus marquants de ces derni&#232;res d&#233;cennies. &lt;i&gt;&#171; Contrairement &#224; ce que les adultes et les &#233;ducateurs disaient auparavant aux gamins, aujourd'hui il ne suffit plus de se battre pour y arriver. Nous, &#233;ducateurs, qui rencontrons les jeunes en difficult&#233;, avons perdu notre principal moteur p&#233;dagogique. Je ressens plus fort que jamais qu'ils se dirigent vers la livraison Uber, des boulots sans qualification avec de l'exploitation. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Autre source de tensions dans les quartiers : la dislocation de la police de proximit&#233; et la mise en place d'une politique du chiffre, dans les ann&#233;es o&#249; Nicolas Sarkozy dirigeait le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur. Elles ont saccag&#233; les relations entre la police et la population alors que les policiers de proximit&#233; partageaient des activit&#233;s avec les jeunes, rencontraient les parents, &#233;changeaient. &#192; d&#233;plorer aussi, une disparition d&#233;sastreuse du politique dans ces quartiers. &lt;i&gt;&#171; J'ai l'impression que les gens sont fatigu&#233;s, les col&#232;res rentr&#233;es, les jeunes portant celles de leurs ascendants. Nous assistons &#224; une esp&#232;ce de l&#226;cher-prise de l'espoir, le chacun pour soi prend beaucoup de force &#187;&lt;/i&gt;, observe &#201;tienne Liebig&lt;br class='autobr' /&gt;
L'insuffisance, voire la disparition, des services publics dans les quartiers populaires, p&#232;se encore plus fort qu'ailleurs. Le tissu associatif, constitu&#233; de petites structures, se trouve en difficult&#233; avec la g&#233;n&#233;ralisation des dossiers d'appel &#224; projet et la suppression des contrats aid&#233;s. &lt;i&gt;&#171; De plus, il subit une forme de contr&#244;le important, voire de r&#233;pression, comme l'a document&#233; l'Observatoire des libert&#233;s associatives&lt;/i&gt;, ajoute Marie-H&#233;l&#232;ne Bacqu&#233;. &lt;i&gt;Il y a bien des gens qui travaillent, des associations, mais avec une sorte de ras-le-bol li&#233; au manque de moyens et sur fond d'inqui&#233;tude que les r&#233;voltes urbaines de juin ont confort&#233;e. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7450 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH292/capture_d_e_cran_2023-10-23_a_11.16.36-9aa7f.png?1698242463' width='500' height='292' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&#169;Jiho
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quid de la politique de la ville ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 90, la Politique de la ville a insuffl&#233; une dynamique poussant un tissu associatif riche &#224; porter des exp&#233;rimentations pla&#231;ant la population au centre. &lt;i&gt;&#171; Tout cela s'est perdu dans une administration de financements &#187;&lt;/i&gt;, regrette Marie-H&#233;l&#232;ne Bacqu&#233;. Certes, la r&#233;novation urbaine, avec 45 milliards de budget sur vingt ans, a chang&#233; le visage de nombre de quartiers, comme &#224; Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) o&#249; les habitants ont &#233;galement obtenu les transports qui leur manquaient depuis des d&#233;cennies. Mais l'am&#233;lioration du cadre de vie n'a &#233;t&#233; que tr&#232;s partiellement accompagn&#233;e de mesures &#233;conomiques, sociales et de reconnaissance citoyenne. &lt;i&gt;&#171; Ces changements n'ont pas toujours profit&#233; aux plus pr&#233;caires : certains ont d&#251; partir et quitter leurs r&#233;seaux de socialisation&lt;/i&gt;, ajoute Marie-H&#233;l&#232;ne Bacqu&#233;. &lt;i&gt;Les projets sont rarement construits en concertation avec les habitants. &#187;&lt;/i&gt; La sociologue d&#233;plore que rien n'ait chang&#233; depuis la publication du rapport qu'elle a r&#233;dig&#233; avec Mohamed Mechmache, fondateur de l'association Aclefeu, apr&#232;s une tr&#232;s large consultation de tous les acteurs. Aucune de leurs propositions (4) n'a &#233;t&#233; retenue, m&#234;me si le pr&#233;ambule de la loi de Programmation pour la ville et la coh&#233;sion urbaine du 21 f&#233;vrier 2014, parle de co-construction dans la politique de la ville. La mise en place de conseils citoyens par exemple, ne correspond pas aux pr&#233;conisations de leur rapport puisqu'&lt;i&gt;&#171; impos&#233;s par le haut &#187;&lt;/i&gt;. Le fonds d'interpellation, la fondation pour aider le tissu associatif local que le rapport appelait de ses v&#339;ux ? Aux oubliettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1 % du budget de l'&#201;tat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; C'est toujours la m&#234;me question : dans quelle d&#233;marche allons-nous travailler avec les citoyens ? On ne prend pas les probl&#232;mes &#224; bras le corps, on n'applique pas le droit commun&lt;/i&gt;, regrette Marie-H&#233;l&#232;ne Bacqu&#233;.&lt;i&gt; On court apr&#232;s les in&#233;galit&#233;s sans donner les moyens pour les r&#233;sorber malgr&#233; les diff&#233;rents rapports : celui s&#233;natorial de 2022 intitul&#233; &#8220;La politique de la ville, un tremplin pour les habitants&#8221; par exemple, ou celui, tr&#232;s s&#233;v&#232;re, de Jean-Louis Borloo en 2018 qui pr&#233;conisait la cr&#233;ation d'une Cour d'&#233;quit&#233; territoriale. Nous sommes tr&#232;s loin de son intitul&#233; : &#8220;&#8239;Vivre ensemble, vivre en grand : pour une r&#233;conciliation nationale&#8221;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faudrait travailler &#224; des politiques &#233;galitaires structurelles, r&#233;introduire des services publics (sant&#233;, transport, loisirs, culture&#8230;), r&#233;&#233;quilibrer les investissements dans l'&#201;ducation nationale. Aujourd'hui, un &#233;tablissement dans un quartier populaire reste moins dot&#233; qu'en centre-ville. &#231;a devrait &#234;tre l'inverse. L'abandon en mai dernier, du projet de mixit&#233; scolaire port&#233; par Pap Ndiaye est d'ailleurs regrettable. Certes, des efforts ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s comme le d&#233;doublement des classes dans les quartiers de la politique de la ville. &lt;i&gt;&#171; Il faut poursuivre en ce sens&lt;/i&gt;, pr&#233;conise Marie-H&#233;l&#232;ne Baqu&#233;. &lt;i&gt;Mais le compte n'y est pas : l'&#201;tat alloue seulement 1 % de son budget &#224; la Politique de la ville, c'est compl&#232;tement marginal. On dit qu'elle co&#251;te cher, c'est faux, m&#234;me la r&#233;novation urbaine est largement financ&#233;e par l'argent des collecteurs logement et non par l'&#201;tat. &#187;&lt;/i&gt; Pour Sa&#239;d Bouamama, tant qu'il n'y aura pas de v&#233;ritable engagement de l'&#201;tat avec les associations, des financements d&#233;di&#233;s, des sanctions face aux discriminations et aux violences polici&#232;res, les choses ne changeront pas.&lt;i&gt; &#171; Il convient de mettre en place les conditions pour que puisse &#233;merger une parole de ces quartiers, un mouvement autonome. &#187; &lt;/i&gt; Il s'agit aussi de valoriser les nombreuses initiatives positives qui s'y d&#233;roulent et de renforcer les moyens octroy&#233;s aux professionnels qui y travaillent, notamment en pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e. Il est urgent de remettre de l'humain dans les quartiers. Et bien entendu de transformer en profondeur les pratiques polici&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si le bilan de ces quarante derni&#232;res ann&#233;es est sombre, la Marche de 1983 a malgr&#233; tout jou&#233; un r&#244;le fondateur pour toute une g&#233;n&#233;ration, une fonction lib&#233;ratrice comme mai 68 pour celle qui l'a pr&#233;c&#233;d&#233;e. &#171; Les d&#233;bats qui ont germ&#233; tout au long des kilom&#232;tres parcourus ont permis une r&#233;flexion, une conscientisation, une socialisation, une facult&#233; &#224; d&#233;lib&#233;rer&#8230;, rappelle Sa&#239;d Bouamama. Une dynamique qui a donn&#233; naissance &#224; des acteurs de terrain combattifs, investis dans de nombreux espaces : syndicalisme, associatif, vie politique et&#8230; travail social. &#187; Marie-H&#233;l&#232;ne Bacqu&#233; appuie : &lt;i&gt;&#171; Ce moment fondateur a sans doute contribu&#233; jusqu'&#224; aujourd'hui &#224; la naissance de collectifs comme On s'en m&#234;le !, qui interpelle la gauche aux &#233;lections, ou encore Justice pour Adama. &#187;&lt;/i&gt; Des collectifs qui eux aussi, portent une parole politique&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) Auteur de &lt;i&gt;Dix ans de Marche des beurs. Chronique d'un mouvement avort&#233;&lt;/i&gt;, &#201;d. Descl&#233;e de Brouwer, 1994.
(2) &lt;i&gt;Pour une r&#233;forme radicale de la politique de la ville&lt;/i&gt;, avec Mohamed Mechmache, 2013. (3) Auteur de &lt;i&gt;Les pauvres pr&#233;f&#232;rent la banlieue&lt;/i&gt;, &#201;d. Michalon, 2010 et chroniqueur &#224; Lien Social.
(4) Le rapport &#233;mettait cinq propositions : soutenir le d&#233;veloppement du pouvoir d'agir ; placer les citoyens au c&#339;ur des services publics ; d&#233;mocratiser la politique de la ville ; changer l'image des quartiers ; accompagner un renversement de d&#233;marche par la formation et la co-formation.&lt;HR&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;strong&gt;Ressources &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Colloque&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 2 d&#233;cembre, l'association Les Oranges organise des rencontres populaires et festives sur le th&#232;me : &lt;i&gt;&#171; Quarante ans apr&#232;s la marche, quel bilan ? Quel h&#233;ritage ? &#187;&lt;/i&gt; Salle des Congr&#232;s de Nanterre (Hauts-de-Seine) &#224; 13 h 30 &#8211; Contact : rencontrespopulairesfestives@gmail.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Lecture&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;La France a chang&#233; avec eux. De la marche pour l'&#233;galit&#233; aux Indig&#232;nes de la R&#233;publique&lt;/i&gt;, Erwan Ruty in Esprit 2020/11.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Une histoire des banlieues fran&#231;aises&lt;/i&gt;, Erwan Ruty, &#201;d. Les P&#233;r&#233;grines, 2020.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;La Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme&lt;/i&gt;, Adbellali Hajjat, Amsterdam &#201;ditions, 2013.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Rengainez, on arrive ! Chroniques des luttes contre les crimes racistes ou s&#233;curitaires, contre la hagra polici&#232;re et judiciaire (des ann&#233;es 1970 &#224; aujourd'hui)&lt;/i&gt;, Mogniss H. Abdallah, &#201;d. Libertalia, 2012 (en acc&#232;s libre).&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/-1033-&#034;&gt;&lt;i&gt;La longue marche des enfants d'immigr&#233;s&lt;/i&gt;, interview de Djamel Atallah (co-organisateur de la Marche de 1983) in &lt;i&gt;Lien Social &lt;/i&gt; n&#176; 1033, octobre 2011&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Films&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Les mis&#233;rables&lt;/i&gt;, film de Ladj Ly, 2019.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;La Marche&lt;/i&gt;, film de Nabil Ben Yadir, 2013. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;La Haine&lt;/i&gt;, film de Mathieu Kassovitz, 1995.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Minguettes 1983. Paix sociale ou pacification ?&lt;/i&gt;, documentaire de l'Agence IM'm&#233;dia, 1983. 24 mn. &#192; visionner sur : YouTube&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Migrants &#226;g&#233;s &#8226; Retrait&#233;s assign&#233;s &#224; r&#233;sidence</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Migrants-ages-o-Retraites-assignes-a-residence</link>
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		<dc:date>2023-08-30T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>1344</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; compter du 1er septembre, les retrait&#233;s devront passer, non plus six, mais neuf mois sur le sol fran&#231;ais pour toucher l'Allocation de solidarit&#233; aux personnes &#226;g&#233;es. Les migrants seront les plus p&#233;nalis&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; La fuite des capitaux ? La fraude aux allocs ? L'&#233;vasion fiscale ? C'est lui &#187;, d&#233;crypte d&#233;j&#224; un dessin de Samson de 2011, repr&#233;sentant un chibani &#8211; ancien, en arabe maghr&#233;bin &#8211; assis, un sac de voyage au sol, pr&#234;t &#224; d&#233;coller pour son pays d'origine &#171; les poches bourr&#233;es au minimum vieillesse &#187;. Un (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Decryptage" rel="directory"&gt;D&#233;cryptage&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Pauvrete" rel="tag"&gt;Pauvret&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Immigration" rel="tag"&gt;Immigration&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Personne-agee" rel="tag"&gt;Personne &#226;g&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1344-" rel="tag"&gt;1344&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; compter du 1er septembre, les retrait&#233;s devront passer, non plus six, mais neuf mois sur le sol fran&#231;ais pour toucher l'Allocation de solidarit&#233; aux personnes &#226;g&#233;es. Les migrants seront les plus p&#233;nalis&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_7210 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L400xH285/capture_d_e_cran_2023-08-29_a_09.31.30-7838c.png?1693463830' width='400' height='285' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;&#171; La fuite des capitaux ? La fraude aux allocs ? L'&#233;vasion fiscale ? C'est lui &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;crypte d&#233;j&#224; un dessin de Samson de 2011, repr&#233;sentant un chibani &#8211; ancien, en arabe maghr&#233;bin &#8211; assis, un sac de voyage au sol, pr&#234;t &#224; d&#233;coller pour son pays d'origine &lt;i&gt;&#171; les poches bourr&#233;es au minimum vieillesse &#187;&lt;/i&gt;. Un dessin toujours d'actualit&#233; : &#224; partir du 1er&#8239;septembre 2023, les 660 000 b&#233;n&#233;ficiaires de l'allocation de solidarit&#233; pour les personnes &#226;g&#233;es (Aspa) (1) &#8211; ou minimum vieillesse -, vers&#233; &#224; environ 2 % de la population, devront passer, non plus six mois sur le sol fran&#231;ais mais neuf. &lt;i&gt;&#171; Parmi les personnes b&#233;n&#233;ficiaires, 10 &#224; 15 % sont &#233;trang&#232;res, soit environ le double de leur part dans la population &#226;g&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, pointe Antoine Math, de l'institut de recherches &#233;conomiques et sociales (IRES) et membre du Gisti. Elles sont surrepr&#233;sent&#233;es car elles per&#231;oivent les plus faibles retraites &#224; cause de carri&#232;res hach&#233;es et sans &#233;volution, d'emplois pas toujours d&#233;clar&#233;s par les employeurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant le 1er septembre, en remplissant le formulaire de leur caisse de retraite pour b&#233;n&#233;ficier de l'ASPA, les personnes se sont engag&#233;es &#224; passer six mois en France. Une condition qui peut &#234;tre contr&#244;l&#233;e jusqu'&#224; deux ans apr&#232;s par les caisses de retraite qui leur versent les prestations. Si elless n'ont pas gard&#233; les preuves de leur pr&#233;sence en France, l'allocation risque d'&#234;tre suspendue et le remboursement des sommes re&#231;ues r&#233;clam&#233;. &lt;i&gt;&#171; Elles se voient alors proposer un &#233;ch&#233;ancier qu'elles acceptent souvent pour garder une petite partie de l'ASPA mais qui exclut toute contestation par la suite &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;plore Antoine Math. Des personnes se sont ainsi retrouv&#233;es avec des dettes de 10 000&#8239;&#224; 15 000 euros, accus&#233;es de fraude, parfois poursuivies au p&#233;nal, certaines ont renonc&#233; &#224; leurs droits, &lt;i&gt;&#171; parfois &#224; leur vie &#187;&lt;/i&gt;. Un contr&#244;le que ne subissent pas, de fait, les b&#233;n&#233;ficiaires fran&#231;ais de l'ASPA qui passent une partie de l'ann&#233;e &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourrir la vie des &#233;trangers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle mesure provient d'un amendement &#224; la r&#233;forme des retraites promulgu&#233;e le 14&#8239;avril dernier, &#233;manant du groupe LR au S&#233;nat. &lt;i&gt;&#171; Une surench&#232;re pour pourrir la vie des &#233;trangers &#187;&lt;/i&gt;, estime Ali El Baz, membre du Collectif pour l'avenir des foyers (COPAF). En coh&#233;rence avec le discours de stigmatisation sur les migrants et notamment les Maghr&#233;bins. En avril, le ministre de l'&#201;conomie avait affirm&#233; : &lt;i&gt;&#171; [&#8230;] des personnes peuvent b&#233;n&#233;ficier d'aides, les renvoyer au Maghreb ou ailleurs, alors qu'elles n'y ont pas droit &#187;&lt;/i&gt;. Une obsession de la fraude qui date des ann&#233;es Sarkozy, notamment d&#233;nonc&#233;e en 2013 par une mission parlementaire qui a permis de freiner des pratiques injustes : les personnes &#233;taient contr&#244;l&#233;es de fa&#231;on indigne dans leur foyer, suspect&#233;es de trop s'absenter du territoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour Ali El Baz, il s'agit d'&lt;i&gt;&#171; un moyen de supprimer des droits pour les personnes migrantes qui ne lisent pas les journaux, qui sont pour certaines analphab&#232;tes. Comment vont-elles conna&#238;tre ce nouveau dispositif ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les associations d&#233;noncent cette politique discriminatoire et r&#233;clament que les personnes &#226;g&#233;es migrantes puissent b&#233;n&#233;ficier de l'ASPA sans condition de r&#233;sidence, &#224; l'instar des anciens combattants. Et Ali El Baz de souligner : &lt;i&gt;&#171; &#192; cause des travaux p&#233;nibles qu'elles ont effectu&#233;s, les personnes qui restent en France ne survivent pas longtemps. Elles se sont fait emmerder toute leur vie &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) Cette prestation sociale vient compl&#233;ter les revenus inf&#233;rieurs &#224; 961,88 euros par mois pour le porter &#224; ce niveau pour les personnes &#226;g&#233;es d'au moins 65 ans et de 62 ans en cas d'inaptitude.&lt;/div&gt;
		
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		<title>Femmes en exil &#8226; P&#233;ril d'une rive &#224; l'autre</title>
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&lt;p&gt;Les femmes repr&#233;sentent la moiti&#233; des personnes exil&#233;es qui arrivent en Europe et elles ne suivent pas forc&#233;ment des hommes. Isol&#233;es, elles sont particuli&#232;rement vuln&#233;rables pendant le voyage. Arriv&#233;es &#224; destination, elles n'&#233;chappent pas &#224; la pr&#233;carit&#233;. En fait, tout au long de leur parcours, elles subissent des politiques qui favorisent les violences de genre. Social actu La plume de L&#233;na, assistante sociale de rue Maraude de l'extr&#234;me (1) L'humeur de Jacques Tr&#233;mintin Tomber de l'armoire Sur le vif (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L106xH150/arton10918-ad190.png?1693476327' width='106' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les femmes repr&#233;sentent la moiti&#233; des personnes exil&#233;es qui arrivent en Europe et elles ne suivent pas forc&#233;ment des hommes. Isol&#233;es, elles sont particuli&#232;rement vuln&#233;rables pendant le voyage. Arriv&#233;es &#224; destination, elles n'&#233;chappent pas &#224; la pr&#233;carit&#233;. En fait, tout au long de leur parcours, elles subissent des politiques qui favorisent les violences de genre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Social actu&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;La plume de L&#233;na, assistante sociale de rue&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Maraude de l'extr&#234;me (1)&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'humeur de Jacques Tr&#233;mintin&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Tomber de l'armoire&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Sur le vif d'&#201;tienne Liebig&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Pour C&#233;cile et les autres...&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;D&#233;cryptage&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Insertion-o-Le-contrat-d-engagement-jeune-ca-roule&#034;&gt;&lt;strong&gt;Insertion&lt;/strong&gt; &#8226; &#171; Le contrat d'engagement jeune &#187;,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#231;a roule&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Dans Lien Social il y a 30 ans&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;La Fabrique du social&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Cohabitation-o-Mixite-a-tous-les-etages&#034;&gt;&lt;strong&gt;Cohabitation&lt;/strong&gt; &#8226; Mixit&#233; &#224; tous les &#233;tages&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Paroles de m&#233;tiers&lt;/strong&gt;
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&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Les-blessures-que-l-on-subit-enfant-ne-cicatrisent-jamais-vraiment&#034;&gt;Les blessures que l'on subit enfant ne cicatrisent jamais vraiment&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Dossier&lt;/strong&gt; : Femmes en exil
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Femmes-en-exil-o-Peril-d-une-rive-a-l-autre-10920&#034;&gt;&lt;strong&gt;P&#233;ril d'une rive &#224; l'autre&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Esclavage moderne&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Esclavage-moderne-o-Liberer-la-parole-des-femmes-exploitees&#034;&gt;Lib&#233;rer la parole des femmes exploit&#233;es&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Entretien avec Camille Schmoll&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Entretien-avec-Camille-Schmoll-o-Le-projet-de-changer-de-vie&#034;&gt;Le projet de changer de vie&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;&#201;chos du terrain &lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Le-prix-a-payer&#034;&gt;Le prix &#224; payer&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Espace du lecteur&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/D-une-forme-de-sagesse&#034;&gt;D'une forme de sagesse&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Offres d'emploi&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'&#339;il et l'oreille&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres&#034;&gt;&lt;strong&gt;Livres&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &#192; propos de l'inceste&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Cin&#233;ma&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/CINEMA-o-L-heure-est-venue&#034;&gt;L'heure est venue&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Cin&#233;ma&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/CINEMA-o-Rivages-hallucinatoires&#034;&gt;Rivages hallucinatoires&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Femmes en exil &#8226; P&#233;ril d'une rive &#224; l'autre</title>
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&lt;p&gt;Les femmes repr&#233;sentent la moiti&#233; des personnes exil&#233;es qui arrivent en Europe et elles ne suivent pas forc&#233;ment des hommes. Isol&#233;es, elles sont particuli&#232;rement vuln&#233;rables pendant le voyage. Arriv&#233;es &#224; destination, elles n'&#233;chappent pas &#224; la pr&#233;carit&#233;. En fait, tout au long de leur parcours, elles subissent des politiques qui favorisent les violences de genre. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Nous avons toujours eu trois places pour les hommes isol&#233;s mais nous recevions principalement des couples. Depuis quatre ans, nous voyons de (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les femmes repr&#233;sentent la moiti&#233; des personnes exil&#233;es qui arrivent en Europe et elles ne suivent pas forc&#233;ment des hommes. Isol&#233;es, elles sont particuli&#232;rement vuln&#233;rables pendant le voyage. Arriv&#233;es &#224; destination, elles n'&#233;chappent pas &#224; la pr&#233;carit&#233;. En fait, tout au long de leur parcours, elles subissent des politiques qui favorisent les violences de genre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous avons toujours eu trois places pour les hommes isol&#233;s mais nous recevions principalement des couples. Depuis quatre ans, nous voyons de plus en plus de femmes seules, enceintes ou avec leurs enfants. La majorit&#233; d'entre elles arrivent d'Afrique apr&#232;s un long parcours sem&#233; d'&#233;v&#233;nements traumatiques. Toutes ont subi des violences li&#233;es &#224; leur statut de femme. &#187;&lt;/i&gt; &#201;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e, Julia Barbou exerce depuis douze ans au centre d'accueil des demandeurs d'asile (Cada) de l'association Habitat pluriel &#224; Marseille. Les premi&#232;res femmes isol&#233;es venaient du Nig&#233;ria (voir encadr&#233; p. 21), puis le ph&#233;nom&#232;ne s'est &#233;largi &#224; d'autres pays. &lt;i&gt;&#171; &#202;tre seule avec des enfants augmente la vuln&#233;rabilit&#233; : il faut donc d&#233;velopper un environnement avec des personnes ressources pour pr&#233;parer le moment o&#249; nous ne serons plus l&#224;. &#187;&lt;/i&gt; Constitu&#233;e d'une &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e, d'une assistante de service social et de deux conseill&#232;res en &#233;conomie sociale et familiale, l'&#233;quipe a donc d&#251; s'adapter &#224; ce nouveau profil.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'h&#233;bergement se d&#233;roule dans des appartements dispers&#233;s dans la ville, souvent en cohabitation, une modalit&#233; bien v&#233;cue par les femmes, moins par les familles. Des ateliers anim&#233;s par l'Amicale du nid (lutte contre la traite), Autres regards (auto-support avec et pour les travailleuses du sexe) ou le Planning familial permettent de vivre des &#233;changes collectifs autour de th&#233;matiques li&#233;es au genre. Le s&#233;jour dure en moyenne dix-huit mois, un temps mis &#224; contribution pour reconstituer l'estime de soi. &lt;i&gt;&#171; Nous devons montrer notre envie de partager avec elles des moments de convivialit&#233;, des repas, des jeux, des sorties, des ateliers dans les centres sociaux. &#199;a vient r&#233;parer des vies tr&#232;s ab&#238;m&#233;es. Souvent, ces femmes se sentent incapables de faire des choix, il faut donc leur redonner leur place de personnes qui d&#233;cident pour elles-m&#234;mes. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_6792 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH377/capture_d_e_cran_2023-04-05_a_10.06.59-d2279.png?1693476327' width='500' height='377' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une violence continue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sorti fin novembre 2022, le rapport du centre Primo Levi s'intitule &lt;i&gt;&#171; Femmes exil&#233;es, une violence continue &#187;&lt;/i&gt; (1). L'&#233;quipe de sp&#233;cialistes du soin aux victimes de la torture et de la violence politique y d&#233;taille l'accueil et l'accompagnement de ces patientes dont la quasi-totalit&#233; a connu des agressions sexuelles. Elles ont fui leur pays en raison de pers&#233;cutions li&#233;es &#224; des engagements politiques ou, d&#233;j&#224;, pour &#233;chapper &#224; des s&#233;vices li&#233;s au genre : mariage forc&#233;, excision, violences conjugales. Dans leur pays d'origine, elles pouvaient &#234;tre avocates, coiffeuses, journalistes, couturi&#232;res, enseignantes, artistes, &#233;tudiantes&#8230; Elles partent quand la situation devient si intenable qu'elles sont pr&#234;tes &#224; tout perdre. Si la migration suppose des finances, des soutiens, un niveau de d&#233;brouillardise hors norme, ces femmes ne sont pas pour autant des super-h&#233;ro&#239;nes. L'&#233;quipe de Primo Levi attire l'attention sur un bagage traumatique alourdi au fil du parcours migratoire mais aussi une fois arriv&#233;es &#224; destination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_6794 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH172/capture_d_e_cran_2023-04-05_a_10.17.58-7e4ad.png?1693476327' width='500' height='172' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assistante de service social (ASS) au comit&#233; pour la sant&#233; des immigr&#233;s (Comede) au Kremlin-Bic&#234;tre (Val-de-Marne), B&#233;n&#233;dicte Maraval rencontre des femmes sans rep&#232;res, orient&#233;es par des particuliers, des associations, des services publics&#8230; Parmi les 2 500 personnes suivies en 2021, 62 % des nouvelles &#233;taient des femmes. Elles trouvent dans cette structure des interpr&#232;tes pour faire le lien avec des professionnels. Malgr&#233; cet outil aussi indispensable que rare, l'accompagnement se heurte &#224; la vacuit&#233; de l'accueil. &lt;i&gt;&#171; Ces femmes sont de moins en moins invisibles dans les &#233;tudes et dans les m&#233;dias mais les politiques ne suivent pas. Quand elles arrivent, on pare au plus press&#233; : donner &#224; manger. Puis les trois ASS consacrent un temps fou &#224; l'h&#233;bergement. Ces femmes ne rentrent dans aucune case : elles ne sont pas victimes de violences conjugales, pas francophones, n'ont pas de titre de s&#233;jour. Alors, on se replie sur des solutions d'h&#233;bergement citoyen ou sous tente, de l'ultra pr&#233;caire mais au moins elles ne sont pas seules. Du coup, l'h&#233;bergement contre rapport sexuel ou services, concerne de nombreuses femmes. Quand on arrive &#224; le d&#233;tecter, qu'elles mettent des mots dessus, on peut aborder le sujet du d&#233;p&#244;t de plainte, l'accompagner si elles le veulent. Mais sur le moment, on ne va pas leur dire &#034;d&#233;sol&#233;e, le 115 ne r&#233;pond pas, retournez chez votre h&#233;bergeur, on verra plus tard&#034;. Donc on d&#233;bloque des nuits d'h&#244;tel. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_6793 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH336/capture_d_e_cran_2023-04-05_a_10.11.19-10e3a.png?1693476327' width='500' height='336' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce chaos, l'exil&#233;e ne doit pas oublier l'administratif. La demande d'asile se fait imp&#233;rativement sous vingt et un jours apr&#232;s la r&#233;ception de l'attestation du guichet unique. Malgr&#233; les s&#233;quelles comme la sid&#233;ration, la d&#233;pression, le d&#233;go&#251;t de soi, l'amn&#233;sie... aucun am&#233;nagement n'est propos&#233; pour se remettre de la violence sexuelle. Un terrain auquel doit s'adapter Margaux Larroucau, juriste &#224; la Maison des femmes de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). &lt;i&gt;&#171; Il est essentiel d'amorcer au sein m&#234;me de la Maison des femmes un long travail de pr&#233;paration, notamment psychologique. Lors de l'entretien &#224; l'OFPRA (ndlr : Office fran&#231;ais pour les r&#233;fugi&#233;s et apatrides), il va falloir expliciter les raisons du d&#233;part, donc &#233;voquer les violences et pers&#233;cutions subies. L'accompagnement juridique devra se focaliser sur les points de tension ou non &#233;claircis mais certains &#233;v&#233;nements seront volontairement pass&#233;s sous silence, car non essentiels. Il faut donc rester prudent sur ce qui est abord&#233; avec l'int&#233;ress&#233;e et se focaliser sur les &#233;l&#233;ments dits essentiels juridiquement. &#187;&lt;/i&gt; Les circonstances d'un viol, d'une agression ou de tout autre traumatisme subi lors du parcours d'exil, n'int&#233;ressent pas l'OFPRA.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tel n'est pas le cas de l'association Moulin de Pont R&#251; dans le Vexin, cr&#233;&#233;e voici trois ans. Elle aspire &#224; r&#233;parer, un peu, ces blessures, en offrant des s&#233;jours nature et bien-&#234;tre aux femmes victimes de violences. Par groupe de douze, elles vivent au rythme d'un travail sur le corps et l'esprit. Expression corporelle le matin, Kayak l'apr&#232;s-midi. Repas v&#233;g&#233;tariens et bio, yoga et exercices de respiration pour calmer les angoisses, &#233;quicoaching et jardinage. &lt;i&gt;&#171; C'est une mani&#232;re de se retrouver apr&#232;s un parcours qui a mis &#224; mal la dignit&#233;&lt;/i&gt;, constate Garance Couturier, animatrice. &lt;i&gt;Sur cinq jours, on ne fait pas de miracles, on montre qu'il reste des possibilit&#233;s. Pour ces femmes qui ont tendance &#224; s'isoler, le collectif joue aussi un r&#244;le th&#233;rapeutique. Elles cr&#233;ent du lien, r&#233;apprennent la confiance. En tous les cas, elles restent en contact sur WhatsApp. &#187;&lt;/i&gt; Une pierre &#224; l'&#233;difice d'une r&#233;silience souvent bas&#233;e sur la sororit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) &lt;a href=&#034;https://bit.ly/3TzDLS0&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://bit.ly/3TzDLS0&lt;/a&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;HR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;strong&gt;La sp&#233;cificit&#233; nig&#233;riane&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Quand une femme prend la d&#233;cision de quitter son pays et ses racines, c'est qu'elle se trouve dans une situation d&#233;plorable&lt;/i&gt;, pose Grace Inegbeze, Nig&#233;riane arriv&#233;e en France en 2003.&lt;i&gt; Je viens d'une r&#233;gion o&#249; les femmes ont d&#233;cid&#233; d'&#234;tre libres financi&#232;rement et de se lib&#233;rer des traditions qui, encore aujourd'hui, p&#232;sent sur elles. Les hommes, eux, ont tous les droits. &#187;&lt;/i&gt; &#192; la fin des ann&#233;es 80, certaines vont chercher l'argent o&#249; il se trouve et se prostituent en Europe avant de revenir au pays pour investir leurs gains. &lt;i&gt;&#171; &#192; l'&#233;poque, c'&#233;taient des femmes m&#251;res, des m&#232;res, elles voyageaient en avion munies de visas &#187;&lt;/i&gt;, souligne la quadrag&#233;naire au sourire chaleureux. Dans les ann&#233;es 2000, les fronti&#232;res avec l'Europe se sont referm&#233;es et les difficult&#233;s &#233;conomiques accentu&#233;es. Devenues &#224; la fois passeuses et souteneuses, les &#171; madame &#187; recrutent de tr&#232;s jeunes filles s&#233;duites par la r&#233;ussite de leurs a&#238;n&#233;es. &lt;i&gt;&#171; Je pensais faire escort, gagner beaucoup d'argent en quelques mois. En plus, j'&#233;tais fascin&#233;e par la mode, j'avais fait une &#233;cole de stylisme, donc pour moi l'Italie et la France incarnaient l'Eldorado &#187;&lt;/i&gt;, t&#233;moigne Grace. En fait, prise dans les griffes d'un gang, elle va conna&#238;tre la prostitution de rue. Pendant trois ans en Italie, sans personne pour lui expliquer la possibilit&#233; de porter plainte, les d&#233;marches &#224; suivre pour demander l'asile ou retourner au pays, elle subit le joug d'une &#171; madame &#187; &#224; qui elle doit rembourser des milliers d'euros. &#171; Je n'avais pas de papiers, donc je croyais que je n'avais ni droit, ni pouvoir. Il y a vingt ans, aucune structure n'accompagnait les victimes de traite. &#187; Port&#233;e par sa fibre militante, Grace trouve la force de d&#233;crypter les m&#233;canismes de ce r&#233;seau. Elle incite ses compatriotes &#224; se rebeller, &#224; s'organiser, &#224; ne plus rembourser, &#224; s'enfuir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle-m&#234;me fuit en France. Elle obtient rapidement ses papiers apr&#232;s la naissance de son fils. Install&#233;e &#224; Marseille, elle officialise sa d&#233;marche militante en 2018 en cr&#233;ant l'association The Truth (La V&#233;rit&#233;). Elle veut donner &#224; voir et d&#233;fendre ces Nig&#233;rianes sous l'emprise de r&#233;seaux de plus en plus organis&#233;s et violents (1). &lt;i&gt;&#171; Ces femmes sont rabaiss&#233;es du matin au soir physiquement et mentalement. Elles sont battues, br&#251;l&#233;es, viol&#233;es, affam&#233;es. &#187;&lt;/i&gt; Porte-&#224;-porte dans les squats, discussions de rue, Grace pratique &#171; l'aller-vers &#187;, une comp&#233;tence rep&#233;r&#233;e par de nombreuses associations. Elle collabore avec M&#233;decins du monde, Osiris (centre de soins sp&#233;cialis&#233; pour des personnes exil&#233;es victimes de torture et de violence politique), le comit&#233; pour la sant&#233; des exil&#233;s (Comede). Fin 2021, elle int&#232;gre l'&#233;quipe mobile de l'Amicale du nid. &lt;i&gt;&#171; Je me d&#233;finis comme une travailleuse sociale qui fait un pont entre les cultures nig&#233;riane et fran&#231;aise, je les soulage dans leurs accompagnements. J'ai &#233;galement initi&#233; des maraudes dans les squats tenus par les gangs. &#187;&lt;/i&gt; Au sein des institutions comme dans sa vie, Grace poursuit l'objectif de parler de la traite et de lever la honte des victimes. Avec le collectif Femme nig&#233;riane auto-support, elle s'attache aussi &#224; transmettre cette flamme qui guide son parcours : &lt;i&gt;&#171; ne jamais se r&#233;soudre &#224; se soumettre, juste parce qu'on est une femme &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) &lt;i&gt;Mafia Africa, les nouveaux gangsters du Nigeria &#224; la conqu&#234;te du monde&lt;/i&gt;, C&#233;lia Lebur et Joan Tilouine, &#201;d. Flammarion, sortie le 8 mars 2023.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Esclavage moderne &#8226; Lib&#233;rer la parole des femmes exploit&#233;es</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Esclavage-moderne-o-Liberer-la-parole-des-femmes-exploitees</link>
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		<dc:date>2023-04-10T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Immigration</dc:subject>
		<dc:subject>Femme</dc:subject>
		<dc:subject>1337</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Comit&#233; contre l'esclavage moderne accompagne depuis vingt-neuf ans les victimes de traite des &#234;tres humains &#224; des fins d'exploitation par le travail, dont une majorit&#233; de femmes exil&#233;es. Un long processus de r&#233;paration psychique qui commence par la consid&#233;ration. &lt;br class='autobr' /&gt;
Naya (1) est arriv&#233;e en avance au num&#233;ro&#8239;169 bis du boulevard Vincent Auriol &#224; Paris. Elle patiente dans le hall d'accueil du comit&#233; contre l'esclavage moderne (CCEM), un th&#233; fumant entre les mains. Ce matin, elle a rendez-vous avec Marie (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1337-" rel="tag"&gt;1337&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Comit&#233; contre l'esclavage moderne accompagne depuis vingt-neuf ans les victimes de traite des &#234;tres humains &#224; des fins d'exploitation par le travail, dont une majorit&#233; de femmes exil&#233;es. Un long processus de r&#233;paration psychique qui commence par la consid&#233;ration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Naya (1) est arriv&#233;e en avance au num&#233;ro&#8239;169 bis du boulevard Vincent Auriol &#224; Paris. Elle patiente dans le hall d'accueil du comit&#233; contre l'esclavage moderne (CCEM), un th&#233; fumant entre les mains. Ce matin, elle a rendez-vous avec Marie Foucray, la coordinatrice sociale. Ensemble, elles ont pr&#233;vu d'aller visiter une maison accueillante engag&#233;e aupr&#232;s des femmes en situation de pr&#233;carit&#233; souffrant de pathologies chroniques. &lt;i&gt;&#171; Les accompagnements ext&#233;rieurs sont essentiels. Nous avons un r&#244;le de garde-fou pour les personnes qui n'ont pas toujours envie de faire le r&#233;cit de leur exploitation &#187;&lt;/i&gt;, explique la travailleuse sociale. Pour cause, les personnes accompagn&#233;es par l'association ont toutes connu une p&#233;riode durant laquelle elles ont &#233;t&#233; victimes de traite des &#234;tres humains &#224; des fins d'exploitation par le travail, ont &#233;t&#233; priv&#233;es de libert&#233; et souvent victimes de violences physiques et psychologiques extr&#234;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le comit&#233; a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 1994, &#224; l'initiative de journalistes et avocats heurt&#233;s par &lt;i&gt;&#171; l'incr&#233;dulit&#233; g&#233;n&#233;rale, l'indiff&#233;rence des pouvoirs publics et de l'opinion &#187;&lt;/i&gt; face aux affaires d'esclavage domestique dans la capitale. L'&#233;quipe est aujourd'hui compos&#233;e de dix salari&#233;es, dont deux travailleuses sociales, une psychologue et trois juristes, que compl&#232;te un r&#233;seau de b&#233;n&#233;voles compos&#233; de traducteurs et d'avocats.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'association propose un accompagnement global et soutient les victimes dans l'acc&#232;s &#224; leurs droits sociaux et &#224; la r&#233;gularisation de leur situation administrative. En cas de plainte, elles sont accompagn&#233;es tout au long de la proc&#233;dure p&#233;nale, jusqu'&#224; la reconnaissance des faits de traite des &#234;tres humains et &#224; la condamnation de leurs bourreaux. L'association g&#232;re aussi un appartement d'urgence avec une capacit&#233; d'accueil de six femmes &#224; leur sortie d'exploitation. Son adresse reste confidentielle pour garantir la s&#233;curit&#233; des victimes susceptibles d'&#234;tre menac&#233;es de repr&#233;sailles par leurs exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_6797 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH285/capture_d_e_cran_2023-04-05_a_10.26.07-99230.png?1693476327' width='500' height='285' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le bout du tunnel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naya a pouss&#233; la premi&#232;re fois les portes du comit&#233; il y a huit mois, juste apr&#232;s sa sortie d'exploitation. Pour elle, le cauchemar a commenc&#233; &#224; la suite du rejet de sa demande d'asile. &lt;i&gt;&#171; Le centre d'accueil qui m'h&#233;bergeait m'a mise dehors. Une dame que j'ai rencontr&#233;e dans une &#233;picerie a propos&#233; de m'h&#233;berger. Je n'avais pas le choix, j'ai accept&#233; &#187;&lt;/i&gt;, se rappelle-t-elle avec &#233;motion. L'h&#233;bergement gracieux s'est rapidement transform&#233; en servitude. L'exil&#233;e malienne &#233;tait contrainte d'accomplir l'ensemble des t&#226;ches m&#233;nag&#232;res, sans salaire ni jour de cong&#233; : &lt;i&gt;&#171; Souvent, la dame m'interdisait de manger et de me laver. Pendant le confinement, c'&#233;tait pire. J'ai &#233;t&#233; bloqu&#233;e durant un an et demi chez elle &#187;&lt;/i&gt;. C'est le signalement d'une assistante de service social de secteur transmise au comit&#233; qui lui aura permis de sortir en s&#233;curit&#233; du lieu d'exploitation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme Naya, plus de la moiti&#233; des personnes accompagn&#233;es par l'association ont &#233;t&#233; victimes d'exploitation domestique, dont une grande majorit&#233; de femmes exil&#233;es. En 2021, sur 174 personnes accompagn&#233;es par le p&#244;le psycho-social, 72 % &#233;taient des femmes. La menace, la contrainte ou le recours &#224; la force ne constituent pas les seuls moyens utilis&#233;s par les auteurs de traite des &#234;tres humains pour arriver &#224; leurs fins. L'abus de vuln&#233;rabilit&#233; est souvent le point de d&#233;part &#224; des ann&#233;es d'exploitation. &lt;i&gt;&#171; L'h&#233;bergement constitue le premier facteur mais les victimes sont aussi confront&#233;es au manque d'information sur leurs droits, &#224; un racisme structurel et aux difficult&#233;s li&#233;es aux situations administratives &#187;&lt;/i&gt;, constate Marie Foucray. En 2021, 64 % des victimes accompagn&#233;es par le comit&#233; ont &#233;t&#233; maintenues sous emprise via des fausses promesses li&#233;es &#224; une r&#233;mun&#233;ration, &#224; l'h&#233;bergement ou la r&#233;gularisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le prix de la libert&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois l'emprise physique et psychologique affront&#233;e, les victimes ne sont pas au bout de leurs peines. Elles peuvent parfois attendre plusieurs mois avant d'obtenir un h&#233;bergement stable et une r&#233;elle protection administrative. La pr&#233;carit&#233; devient alors le prix de la libert&#233;. Ainsi, il n'est pas rare de voir des victimes se retrouver &#224; nouveau en situation d'exploitation quelque temps apr&#232;s leur sortie, par n&#233;cessit&#233; de survie. Ang&#233;lique a fui ses tyrans au mois d'octobre mais attend toujours une solution de la part du Samu social pour sortir de la rue. La quinquag&#233;naire avance difficilement dans les couloirs du comit&#233;. Une fois arriv&#233;e dans le bureau de la travailleuse sociale, elle fond en larmes, &#233;puis&#233;e. &lt;i&gt;&#171; Elle avait rendez-vous ce matin avec une structure d'h&#233;bergement qui devait l'accueillir. On lui a dit qu'il faudrait encore attendre la r&#233;ponse durant plusieurs jours &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;plore Marie Foucray.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le travail de r&#233;paration psychique que propose l'association est entrav&#233; par la carence des pouvoirs publics quant &#224; la protection des victimes de traite des &#234;tres humains. Le dispositif national Ac.s&#232; propose un h&#233;bergement s&#233;curis&#233; mais certaines structures conditionnent l'accueil &#224; la r&#233;gularisation de la situation administrative. Il existe bien un autre dispositif sp&#233;cifique r&#233;serv&#233; aux demandeurs d'asile victimes de traite mais il est bien souvent satur&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque des solutions d'h&#233;bergement sont trouv&#233;es, elles se r&#233;v&#232;lent rarement adapt&#233;es aux difficult&#233;s sp&#233;cifiques li&#233;es au v&#233;cu de l'esclavage moderne. Les victimes vivent avec violence le manque d'intimit&#233; et le contr&#244;le des travailleurs sociaux dans les centres d'h&#233;bergement. &lt;i&gt;&#171; La question de l'h&#233;bergement est tr&#232;s pr&#233;sente dans les entretiens. Avoir un espace intime devient une n&#233;cessit&#233; vitale pour des personnes qui ont subi une intrusion tr&#232;s forte, parfois sexuelle, durant l'exploitation &#187;&lt;/i&gt;, pose Nadia Benallal, psychologue au CCEM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_6796 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L400xH294/capture_d_e_cran_2023-04-05_a_10.59.44-e8625.png?1693476327' width='400' height='294' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le cumul des traumas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les difficult&#233;s sociales s'ajoutent aux multiples souffrances v&#233;cues avant et pendant la p&#233;riode de traite. La majorit&#233; des personnes accompagn&#233;es ont connu des conflits dans leur pays d'origine les ayant contraintes au d&#233;racinement et &#224; la pr&#233;carit&#233; une fois arriv&#233;es en France. Le soutien psychologique que propose le comit&#233; s'adapte &#224; la temporalit&#233; des victimes dans leur processus de reconstruction, en &lt;i&gt;&#171; intelligence collective et compl&#233;mentarit&#233; &#187;&lt;/i&gt; avec le p&#244;le social et juridique. &lt;i&gt;&#171; Nous accompagnons des personnes pr&#233;sentant des troubles psychologiques prononc&#233;s, issus d'un cumul de traumas depuis l'enfance, des situations complexes avec sympt&#244;mes lourds. Les plateformes du psycho-traumatisme dans le droit commun ne sont pas form&#233;es &#224; l'accompagnement de ces personnes &#187;&lt;/i&gt;, constate Nadia Benallal. Les professionnels de la sant&#233; mentale form&#233;s aux questions de traite des &#234;tres humains restent rares et les r&#233;orientations souvent insatisfaisantes. Le comit&#233; privil&#233;gie le partenariat avec des associations sp&#233;cialis&#233;es dans l'accompagnement psychologique des personnes exil&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) Les pr&#233;noms des victimes ont &#233;t&#233; chang&#233;s pour leur s&#233;curit&#233;.&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien avec Camille Schmoll &#8226; Le projet de changer de vie</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Entretien-avec-Camille-Schmoll-o-Le-projet-de-changer-de-vie</link>
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		<dc:date>2023-04-10T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Immigration</dc:subject>
		<dc:subject>Femme</dc:subject>
		<dc:subject>1337</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De plus en plus long et p&#233;rilleux, le parcours migratoire provoque des violences genr&#233;es et des traumatismes. Les femmes se heurtent &#224; une Europe forteresse mais poursuivent leur d&#233;sir de vie meilleure pour elles et leurs proches. &lt;br class='autobr' /&gt; Entretien avec Camille Schmoll, g&#233;ographe sp&#233;cialiste des questions de genre et de migration, directrice de recherches &#224; l'EHESS. &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s avoir &#233;tudi&#233; la fronti&#232;re m&#233;diterran&#233;enne (1) comme un vaste territoire et non un trait, vous avez d&#233;velopp&#233; une approche genr&#233;e (2), (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1337-" rel="tag"&gt;1337&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De plus en plus long et p&#233;rilleux, le parcours migratoire provoque des violences genr&#233;es et des traumatismes. Les femmes se heurtent &#224; une Europe forteresse mais poursuivent leur d&#233;sir de vie meilleure pour elles et leurs proches.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;HR&gt; &lt;span class='spip_document_6800 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L250xH270/capture_d_e_cran_2023-04-05_a_11.10.51-cb3e1.png?1693476327' width='250' height='270' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Entretien avec Camille Schmoll, g&#233;ographe sp&#233;cialiste des questions de genre et de migration, directrice de recherches &#224; l'EHESS.&lt;HR&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Apr&#232;s avoir &#233;tudi&#233; la fronti&#232;re m&#233;diterran&#233;enne (1) comme un vaste territoire et non un trait, vous avez d&#233;velopp&#233; une approche genr&#233;e (2), pourquoi ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias comme les chercheurs ont une repr&#233;sentation tr&#232;s masculinis&#233;e de la fronti&#232;re m&#233;diterran&#233;enne. Les photos d'embarcations donnent l'impression d'une immigration compl&#232;tement masculine, m&#234;me si on commence &#224; dire que sur les bateaux il y a des femmes et des enfants. La repr&#233;sentation d'une immigration typiquement masculine avec des femmes suivantes, dans le cadre du regroupement familial, domine mais elle n'a dur&#233; qu'un temps : les ann&#233;es 70-80. En fait, depuis le 19e si&#232;cle, les femmes arrivent en France seules pour travailler comme domestiques, comme ouvri&#232;res. D&#232;s les ann&#233;es 90, des chercheuses s'attachent &#224; remettre en avant leur place dans l'immigration. Pour les femmes autour de la fronti&#232;re m&#233;diterran&#233;enne, les recherches sont plus r&#233;centes. Les ONG et les associations de soutien aux migrants ont contribu&#233; &#224; cette prise de conscience. Par exemple, les &#233;quipes m&#233;dicales de SOS M&#233;diterran&#233;e ont vite int&#233;gr&#233; des obst&#233;triciennes, des sage-femmes, des gyn&#233;cologues. Il fallait accompagner des femmes victimes de violences, souvent viol&#233;es et enceintes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;En quoi cette prise de conscience influence-t-elle les politiques d'accueil ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est probablement plus facile aujourd'hui d'obtenir l'asile pour des raisons li&#233;es &#224; des violences de genre. Mais la prise en compte politique des in&#233;galit&#233;s s'accompagne d'une tendance &#224; r&#233;duire les femmes &#224; des victimes. Elles ne seraient l&#224; que pour fuir les violences des hommes dans leur soci&#233;t&#233; d'origine, puis celles des passeurs&#8230; Cette vision ignore le d&#233;sir d'am&#233;lioration, le projet de changer de vie, le projet familial parce que la migration b&#233;n&#233;ficie aussi aux proches, y compris de fa&#231;on positive et non forc&#233;ment sous forme de racket familial. Les femmes que j'ai rencontr&#233;es travaillent pour obtenir les moyens d'envoyer leurs enfants &#224; l'&#233;cole. Elles vivent tr&#232;s mal les p&#233;riodes o&#249; elles ne peuvent plus aider leurs proches. M&#234;me dans les pires situations, ce qui frappe dans ces trajectoires, c'est l'&#233;nergie, le d&#233;sir d'autonomie, l'entraide pour y parvenir malgr&#233; tout.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les politiques d'asile impactent-elles diff&#233;remment les hommes et les femmes ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Hommes comme femmes, tant qu'ils seront oblig&#233;s de parcourir des milliers de kilom&#232;tres en zones dangereuses sur des mois, voire des ann&#233;es, arriveront en Europe fracass&#233;s. Sauf que la torture, l'enfermement, les coups&#8230; ne se passent pas forc&#233;ment de la m&#234;me fa&#231;on en tant que femme. Il y a la question du viol et des enfants n&#233;s du viol. Donc elles sont encore plus ab&#238;m&#233;es par la trajectoire migratoire. Une fois arriv&#233;es, les difficult&#233;s administratives provoquent une pr&#233;carit&#233; l&#233;gale qui peut durer encore des ann&#233;es. Certaines vont chercher la s&#233;curit&#233; aupr&#232;s d'hommes fran&#231;ais qui visent souvent ce type de situation et s'av&#232;rent maltraitants. J'ai d'ailleurs retrouv&#233; une partie des femmes rencontr&#233;es sur les routes dans des foyers pour femmes victimes de violences. Un cercle vicieux entretenu par le traitement r&#233;serv&#233; aux &#233;trangers. Pourtant, la majorit&#233; de ces femmes travaillent comme aides &#224; domicile aupr&#232;s de personnes &#226;g&#233;es, malades, d'enfants. Elles exercent ces m&#233;tiers du soin, mal r&#233;mun&#233;r&#233;s, mal consid&#233;r&#233;s, mais dont la France a tant besoin.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) &lt;i&gt;Migrations en M&#233;diterran&#233;e&lt;/i&gt;, CNRS &#233;ditions, 2015.
(2) &lt;i&gt;Les damn&#233;es de la mer&lt;/i&gt;, &#201;d. La d&#233;couverte, 2020.&lt;/div&gt;
		
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