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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Travailleurs pairs. Un nouveau maillon du travail social</title>
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&lt;p&gt;La participation de l'usager au syst&#232;me de prise en charge m&#233;dicale et sociale franchit un nouveau pas en France. Depuis janvier 2012, une &#233;tude-action vise &#224; officialiser la fonction de m&#233;diateur de sant&#233; pair. En attendant ses r&#233;sultats, huit travailleurs pairs marseillais t&#233;moignent de l'exercice d'un m&#233;tier qui reste &#224; d&#233;finir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils ont v&#233;cu la rue, la psychiatrie, les addictions et font de cette exp&#233;rience une force pour exercer une nouvelle profession au sein d'&#233;quipes m&#233;dico-sociales. Dans les (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La participation de l'usager au syst&#232;me de prise en charge m&#233;dicale et sociale franchit un nouveau pas en France. Depuis janvier 2012, une &#233;tude-action vise &#224; officialiser la fonction de m&#233;diateur de sant&#233; pair. En attendant ses r&#233;sultats, huit travailleurs pairs marseillais t&#233;moignent de l'exercice d'un m&#233;tier qui reste &#224; d&#233;finir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ils ont v&#233;cu la rue, la psychiatrie, les addictions et font de cette exp&#233;rience une force pour exercer une nouvelle profession au sein d'&#233;quipes m&#233;dico-sociales. Dans les ann&#233;es 90, les premiers travailleurs pairs ont int&#233;gr&#233; des services ou des groupes d'auto-support accompagnant des malades du sida, des usagers de drogue, des travailleurs du sexe&#8230; Depuis plus d'une dizaine d'ann&#233;es, des m&#233;diateurs pairs sont &#233;galement syst&#233;matiquement int&#233;gr&#233;s aux &#233;quipes de soin dans le domaine de la psychiatrie aux &#201;tats-Unis, au Qu&#233;bec, en Belgique ou en Suisse. Les exp&#233;riences &#233;trang&#232;res sugg&#232;rent que la &lt;i&gt;pair aidance&lt;/i&gt; a des effets positifs sur les &#233;quipes de soins, les usagers et sur les travailleurs pairs eux-m&#234;mes. En France, l'int&#233;gration progressive de cette comp&#233;tence semble faciliter la mise en &#339;uvre d'un processus de r&#233;tablissement. Si elle se heurte encore aux &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; sur la maladie mentale, &#224; Marseille les psychiatres de rue n'envisagent plus de s'en passer. Pour eux, les pairs aidants sont des m&#233;diateurs indispensables entre l'institution et les patients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Centre collaborateur de l'OMS pour la recherche et la formation en sant&#233; mentale (CCOMS) a d'ailleurs lanc&#233; un programme exp&#233;rimental pour &#233;valuer, voire officialiser ce m&#233;tier. La reconnaissance passe par une formation universitaire de m&#233;diateur de sant&#233; pair, comprenant 240 heures de cours th&#233;oriques et des stages pratiques. Men&#233;e depuis janvier 2012 en partenariat avec les agences r&#233;gionales pour la sant&#233; (ARS) PACA, Ile-de-France et Nord-Pas-de-Calais, cette recherche action a retenu 29 candidats, dont 22 sont d&#233;sormais dipl&#244;m&#233;s. Leur &#233;valuation r&#233;guli&#232;re donnera lieu &#224; un rapport qualitatif et quantitatif courant 2015. En attendant, de plus en plus d'&#233;quipes d'accompagnement m&#233;dico-social marseillaises font appel au savoir-faire singulier des travailleurs pairs. Rencontre avec quelques repr&#233;sentants de ce nouveau maillon du travail social aux parcours, aux statuts et aux pratiques multiples.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;t&#233;moignages&lt;/h3&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Yves Bancelin&lt;br class='manualbr' /&gt;m&#233;diateur de sant&#233; depuis janvier 2012&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La recherche&lt;/strong&gt; &#8212; &#171; Ces deux derni&#232;res ann&#233;es m'ont beaucoup enrichi. La formation de m&#233;diateur de sant&#233; pair m'a ouvert les yeux sur moi-m&#234;me. Pendant les six premiers mois, l'exaltation dominait. Nous avions tout &#224; d&#233;couvrir et une excuse pour nos erreurs avant d'obtenir le dipl&#244;me. Mais c'est une recherche assez violente. Le CCOMS a eu le courage de lancer ce dipl&#244;me universitaire malgr&#233; les grosses r&#233;sistances au niveau des soignants. L'&#233;valuation permanente me met tr&#232;s mal &#224; l'aise, j'ai l'impression que si je me plante, je mets en danger les futurs postes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pratique&lt;/strong&gt; &#8212; Notre int&#233;gration dans une &#233;quipe de soins ouvre d&#233;j&#224; une perspective aux patients. C'est la seule valeur s&#251;re de ce m&#233;tier. Face &#224; des patients qui ne se d&#233;finissent plus qu'au travers de leur maladie, notre r&#244;le consiste &#224; dire : &lt;i&gt;&#171; Comme toi, j'ai &#233;t&#233; malade, et je fais partie d'une &#233;quipe m&#233;dicale. &#187;&lt;/i&gt; Je rappelle que tout le monde se demande un jour &lt;i&gt;&#171; qu'est-ce que je fous l&#224; ? &#187;&lt;/i&gt;, et est susceptible de p&#233;ter les plombs. J'essaie de faire comprendre qu'il est possible d'appr&#233;cier les moments o&#249; on est heureux, entre les moments o&#249; &#231;a va mal. Il faut aborder la maladie au travers des sympt&#244;mes, car on peut en r&#233;duire l'impact. J'ai trente suivis. C'est trop ! &#199;a me stresse parce que j'ai peur de manquer de temps pour bien faire, mais &#231;a vient de moi, je pourrais d&#233;l&#233;guer. Les patients savent que je suis speed et exigeant. Ils m'appellent en connaissance de cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le doute&lt;/strong&gt; &#8212; Je crains d'avoir eu des d&#233;sirs trop ambitieux pour certains, et je culpabilise. C'est hyper d&#233;licat d'avoir la sant&#233; mentale des gens entre les mains. La deuxi&#232;me ann&#233;e a &#233;t&#233; dure. J'ai remis en question ma pratique et mon dipl&#244;me. J'ai eu peur de ne plus &#234;tre aidant. Quand un gars va encore plus mal, on est oblig&#233; de se demander si on n'est pas responsable. J'ai d&#251; me mettre en arr&#234;t maladie quatre mois, parce que j'ai eu trop de doutes sur ce m&#233;tier. Il n'existe pas encore, il n'y a aucune reconnaissance. On est ni m&#233;decin, ni psy, ni infirmier. Finalement, on n'est rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'avenir&lt;/strong&gt; &#8212; Le bon c&#244;t&#233; est de transformer une p&#233;riode n&#233;gative en positif, mais en m&#234;me temps, on ne sort jamais de la maladie. J'oscille entre l'envie de continuer ou de reprendre un travail manuel, de r&#233;parer des machins. Je veux parvenir &#224; me sentir bien dans ce travail, y trouver mon &#233;quilibre, avant de tourner la page. Id&#233;alement, ce poste devrait &#234;tre un tremplin. A priori, une fois que tu es totalement r&#233;tabli, tu n'es plus pair. J'y suis presque mais il reste une faille, je me demande si suivre une formation qui n'aurait aucun lien avec mon parcours psy, sans le mot pair, ne me ferait pas du bien. J'aimerais suivre des &#233;tudes de psychologue. L&#224;, la pathologie ne construirait plus mon quotidien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-*Matthieu Rabouin&lt;br class='manualbr' /&gt;animateur de pr&#233;vention depuis 2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'auto-support&lt;/strong&gt; &#8212; &#171; Avant le Bus 31/32, j'ai travaill&#233; dans l'auto-support des usagers de drogue avec ASUD et dans l'association de sant&#233; communautaire de lutte contre le VIH, AIDES. Je suis aussi impliqu&#233; dans la cr&#233;ation de Nouvelle Aube, association de pairs qui va &#224; la rencontre des jeunes toxicomanes vivant en squat. J'ai un Deug de sociologie et un brevet d'animateur, mais dans le travail c'est mon exp&#233;rience de vie qui me sert. Je partage les codes, les valeurs, l'argot des usagers, ce qui g&#233;n&#232;re une complicit&#233; inenvisageable sans ce parcours commun. Apr&#232;s dix ans d'exp&#233;rience, je pourrais faire une VAE d'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;, mais &#231;a ne m'int&#233;resse pas. J'ai r&#233;ussi le concours et j'ai refus&#233; de suivre la formation. Dans le travail social, il y a une tendance &#224; infantiliser les usagers. A force d'&#234;tre dans ce pouvoir, les travailleurs sociaux finissent inconsciemment par m&#233;priser les gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pratique&lt;/strong&gt; &#8212; L'&#233;quipe a parfois du mal &#224; accepter ma proximit&#233; avec le public. Je les regarde comme des gens, pas comme des usagers. Certains sont mes amis, d'autres le deviennent. Je donne mon t&#233;l&#233;phone personnel, je les vois en dehors du travail. Je les croise en f&#234;te et il m'arrive de consommer avec eux. Je ne veux pas me prot&#233;ger. Ils vivent un tel d&#233;sarroi que cette distance peut &#234;tre per&#231;ue comme du m&#233;pris. Au d&#233;part, je faisais des accompagnements administratifs, de la m&#233;diation aupr&#232;s des imp&#244;ts ou de la CAF. Maintenant, on a plus d'&#233;ducateurs alors je me concentre sur la drogue, comment pr&#233;parer son m&#233;lange, se l'injecter, la mani&#232;re dont un produit agi. Un m&#233;decin pourrait le faire mais sans le vocabulaire. Je connais les signes cliniques, mais aussi le vice. Je pose quelques questions et c'est &#233;vident qu'on ne peut pas m'enfumer. Je suis comme un pivot, je connais l'usage de drogue du point de vue social, m&#233;dical et juridique. J'essaie de faire passer un message, on se drogue pour se faire du bien. Il faut utiliser la drogue sans se laisser mener par elle, flirter pas se marier. Quand elle prend le dessus, c'est elle qui choisit tes fr&#233;quentations, les lieux o&#249; tu vas, l'heure &#224; laquelle tu te l&#232;ves. Il n'y a plus de plaisir, alors &#224; quoi &#231;a sert ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le statut&lt;/strong&gt; &#8212; Je suis animateur de pr&#233;vention en CDI &#224; 85 %. Je me pr&#233;sente comme travailleur pair. &#199;a signifie que je connais tr&#232;s bien le sujet, ce qui d&#233;livre la parole. Ils voient aussi qu'on peut &#234;tre usager de drogue, tenir un travail et ne pas dormir au Sleeping.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'avenir&lt;/strong&gt; &#8212; J'imagine une post-cure alternative, au maximum autog&#233;r&#233;e et autosupport&#233;e. Se r&#233;fugier dans des paradis artificiels, c'est refuser de faire sa place dans un syst&#232;me qui n'a pas de sens. J'aimerais donc cr&#233;er une soci&#233;t&#233; alternative, un lieu exp&#233;rimental o&#249; l'argent prend le moins de place possible. De nombreux usagers ont de l'or dans les mains et l'ignorent. Aujourd'hui, on peut produire son &#233;lectricit&#233;, b&#226;tir une maison sans faire appel &#224; Bouygues. Je veux construire une communaut&#233; th&#233;rapeutique qui s'affranchisse du syst&#232;me, qui permette de sortir du rang sans recourir &#224; la drogue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-*Herman Handlhuber&lt;br class='manualbr' /&gt;travailleur pair depuis 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le parcours&lt;/strong&gt; &#8212; Herman est une figure historique chez les travailleurs pairs. Il est le premier engag&#233; par Vincent Girard, psychiatre marseillais ambassadeur en France du concept de r&#233;tablissement et de l'int&#233;gration des m&#233;diateurs de sant&#233; pair. Quand il doit raconter son m&#233;tier, Herman entame syst&#233;matiquement son r&#233;cit de vie. Il explique comment, issu de la haute bourgeoisie autrichienne, il soignait &#224; l'alcool sa d&#233;pression. Comment en 1993, &#224; 40 ans, il part sur la route apr&#232;s son deuxi&#232;me divorce. Comment son voyage a bascul&#233; de l'aventure &#224; l'enfer. Comment par hasard, il d&#233;barque en 2001 &#224; Marseille. Comment sa vie, englu&#233;e dans l'alcoolisme, le froid, la crasse, la pneumonie, les hospitalisations, les am&#233;liorations, les rechutes&#8230; finit par rebondir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La rencontre&lt;/strong&gt; &#8212; &#171; Au printemps 2005, gr&#226;ce &#224; l'accueil de jour Consolat, j'ai pu ouvrir mes droits au RSA. Log&#233;, quasiment sevr&#233;, j'&#233;tais en phase de r&#233;tablissement. L&#224;, je retrouve Vincent Girard avec qui j'avais d&#233;j&#224; discut&#233; de mon autobiographie de 1 200 pages &#224; deux ou trois reprises. De retour de sa formation aux &#201;tats-Unis, il avait travaill&#233; autour du r&#233;tablissement et des m&#233;diateurs de sant&#233; pairs. Je parle allemand, italien, anglais, fran&#231;ais, un peu espagnol et serbo-croate. J'avais l'exp&#233;rience de la rue, de l'alcool, de la maladie et de la d&#233;pression. Alors, il m'a invit&#233; dans ses maraudes. J'ai accept&#233;, et depuis ce jour, je suis sobre. Comme il avait besoin d'un partenaire puissant, nous sommes devenus b&#233;n&#233;voles pour la mission sans abri de M&#233;decins du monde (MDM). J'ai p&#233;n&#233;tr&#233; un univers &#233;trange, de m&#233;decins. Au d&#233;part, j'ai senti une r&#233;sistance dans l'&#233;quipe, mais la chef de service et Vincent Girard appuyaient ma pr&#233;sence. J'ai commenc&#233; par une maraude et une r&#233;union de r&#233;gulation par semaine, puis c'est devenu un plein temps. J'ai travaill&#233; b&#233;n&#233;volement pendant deux ans et demi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La cr&#233;ation&lt;/strong&gt; &#8212; J'avais l'impression de pouvoir agir sur le social, et j'&#233;tais persuad&#233; de l'impossibilit&#233; de soigner les gens dans la rue. Alors, nous avons imagin&#233; une action concr&#232;te : ouvrir un squat. L'hiver 2006, nous avons r&#233;quisitionn&#233; un h&#244;tel inhabit&#233; depuis dix ans. Le 31 d&#233;cembre, j'ai pris possession des lieux avec pour mission de le rendre viable. MDM m'a donn&#233; 4 000 euros pour installer l'&#233;lectricit&#233;, r&#233;parer les fen&#234;tres et nettoyer. Aid&#233; par une association, on a vid&#233; quatre camions de d&#233;chets. Nous avons r&#233;cup&#233;r&#233; les matelas dans un h&#244;pital. A la mi-avril, la premi&#232;re personne s'est install&#233;e. Pendant 18 mois, j'ai &#233;t&#233; responsable de ce squat o&#249; je r&#233;sidais avec quinze grands pr&#233;caires souffrant de maladie psychiatrique. Depuis, ce lieu est devenu le Marabout, lieu de vie collectif o&#249; l'on soigne et o&#249; certains prennent leur envol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La reconnaissance&lt;/strong&gt; &#8212; Parall&#232;lement, je poursuivais les maraudes avec ASUD et le Tipi, deux associations d'auto-support d'usagers de drogues. Puis Vincent Girard a cr&#233;&#233; sa propre &#233;quipe mobile psychiatrie pr&#233;carit&#233;. Au d&#233;part, tout le monde &#233;tait b&#233;n&#233;vole. Puis, MDM a financ&#233; trois salaires et l'assistance publique des h&#244;pitaux de Marseille, deux. En d&#233;cembre 2007, je signe mon contrat de coordinateur et m&#233;diateur de sant&#233;. Aujourd'hui, &#224; 60 ans, j'ai arr&#234;t&#233; les maraudes. Je renoue avec mon pass&#233; d'informaticien en cr&#233;ant et g&#233;rant la base de donn&#233;es de l'&#233;quipe. Depuis novembre 2012, je travaille &#224; mi-temps. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-*Jean-Marc Legagneux&lt;br class='manualbr' /&gt;coordinateur pair depuis septembre 2013&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le parcours&lt;/strong&gt; &#8212; &#171; J'ai 51 ans, un parcours de rue, d'addiction et de maladie psychiatrique. En 1998, j'ai rejoins le collectif de SDF, Groupe amiti&#233; fraternit&#233; &#224; Toulouse. J'ai &#233;t&#233; h&#233;berg&#233;, puis je suis devenu secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'association en 2005. Mon r&#233;tablissement a d&#233;but&#233; il y a cinq ans, quand j'ai d&#233;couvert le concept lors d'une formation sur le &#171; Un chez soi d'abord &#187;. Je le dois &#224; l'entraide de mes pairs. Maintenant, je suis coordinateur des Nomades c&#233;lestes, association d'auto-support de malades psychiques. Marseille, c'est le Graal du travailleur pair, la ville o&#249; il y en a le plus, ou le concept est le mieux d&#233;fendu. J'ai un salaire d'animateur &#224; temps partiel, et je dois trouver les finances pour p&#233;renniser mon poste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pratique&lt;/strong&gt; &#8212; Nous mettons en place des outils pour que les gens soient en capacit&#233; d'agir pour eux et de s'int&#233;grer dans la soci&#233;t&#233;. Nous sommes dans l'auto-support et le collectif, nous organisons notamment des groupes de discussion sur les voix (hallucinations auditives), l'alcoolisme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pair&lt;/strong&gt; &#8212; Le travailleur pair doit avoir une bonne dose de courage. Il sert d'exemple. Moi, je n'ai aucun probl&#232;me &#224; dire que je suis malade, drogu&#233;, alcoolique et que je g&#232;re une association. J'ai choisi de servir de symbole pour que l'on reconnaisse le v&#233;cu comme comp&#233;tence. Il faut &#234;tre m&#233;diateur pair pour savoir si l'on peut l'&#234;tre, &#231;a ne s'&#233;value pas th&#233;oriquement. La reconnaissance vient de l'&#233;quipe, quand elle estime que cette collaboration est riche et utile. D&#232;s que l'on int&#232;gre un travailleur pair, il n'est plus possible de parler des gens comme s'ils n'&#233;taient pas l&#224;, parce que les gens vous les avez devant vous. Les malades int&#233;gr&#233;s font &#233;voluer le vocabulaire quand on &#233;voque les patients. Ce nouveau m&#233;tier du m&#233;dico-social est symbolique d'un changement dans la fa&#231;on d'accompagner. Travailler avec un travailleur pair, c'est accepter d'&#234;tre bouscul&#233; dans ses pratiques. La richesse vient de cette interaction. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-*Tient &#224; rester anonyme&lt;br class='manualbr' /&gt;m&#233;diateur de sant&#233; pair depuis janvier 2012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;_&lt;strong&gt; Le parcours &lt;/strong&gt; &#8212; &#171; Apr&#232;s mon hospitalisation, j'allais tous les jours dans un groupe d'entraide mutuelle. &#199;a a boulevers&#233; ma vie. J'ai repris contact avec le monde, refais fonctionner mes neurones, r&#233;appris &#224; utiliser les transports en commun. Ensuite, j'ai fait beaucoup de b&#233;n&#233;volat. C'est &#231;a le r&#233;tablissement, trouver les outils pour aller mieux, faire &#233;merger des d&#233;sirs. L&#224;, tu commences &#224; prendre conscience que l'on peut sortir de la d&#233;pression ou de la schizophr&#233;nie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'int&#233;gration&lt;/strong&gt; &#8212; Orient&#233; par ma psychologue, j'ai suivi la formation de m&#233;diateur de sant&#233; pair. J'ai rejoint un service dont la direction &#233;tait volontaire pour mener cette exp&#233;rience. Il s'est av&#233;r&#233; que les professionnels n'&#233;taient ni pr&#233;par&#233;s &#224; mon arriv&#233;e, ni pr&#234;ts &#224; modifier leur pratique. Ils ignoraient les principes du r&#233;tablissement et craignaient que je prenne la place d'un soignant. J'ai donc &#233;t&#233; exclu des r&#233;unions d'&#233;quipe. Ce travail devait &#234;tre un outil de r&#233;tablissement, mais cette exclusion a &#233;t&#233; d&#233;stabilisante. J'ai subi les critiques, le rejet. J'ai tenu parce que je voulais acqu&#233;rir une exp&#233;rience professionnelle, et j'avais un bon contact avec les patients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pratique&lt;/strong&gt; &#8212; J'ai int&#233;gr&#233; des activit&#233;s existantes pour en savoir un peu plus sur les patients. Puis, j'ai mis en pratique les principes de sant&#233; communautaire. J'ai travaill&#233; au feeling pour sortir les patients des murs de l'h&#244;pital, les int&#233;grer au maximum dans la cit&#233;. Dans ce milieu, il y a un plein pouvoir des soignants, les activit&#233;s &#233;taient impos&#233;es, moi j'ai demand&#233; ce qu'ils voulaient faire. J'organisais une sortie par semaine : p&#233;tanque, cin&#233;, piscine, bowling, rando&#8230; Tout &#233;tait bon pour &#233;chapp&#233; au formatage de la psychiatrie. Je n'ai pas le regard d'un psychiatre ou d'un infirmier. J'&#233;change d'&#233;gal &#224; &#233;gal, il n'y a pas le mur de la fonction, on est pair. J'apporte ma capacit&#233; &#224; dire : &lt;i&gt;&#171; Ce que tu vis, je l'ai v&#233;cu et on peut s'en sortir. &#187;&lt;/i&gt; L'usager sent qu'il n'est pas isol&#233; face &#224; son probl&#232;me. Les travailleurs pairs incarnent l'espoir. On essaie de passer une &#233;nergie positive. Pour y parvenir, chaque m&#233;diateur a une approche diff&#233;rente, c'est cette diversit&#233; qui fait notre richesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'avenir &lt;/strong&gt; &#8212; Je continue de signer des CDD tous les trois mois avec le statut d'agent administratif, mais j'ai int&#233;gr&#233; une nouvelle &#233;quipe o&#249; &#231;a se passe tr&#232;s bien. On se sert de moi &#224; tous les niveaux, je peux accompagner &#224; la s&#233;curit&#233; sociale ou mener un groupe de parole. J'attends de voir ce qui va &#234;tre propos&#233; comme &#233;volution de carri&#232;re. La titularisation serait un bon d&#233;but. Vincent Girard pr&#233;pare une formation sur le r&#233;tablissement, nous pourrions former les &#233;quipes. On peut aussi devenir coordinateur m&#233;diateur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-*St&#233;phane Leuliette&lt;br class='manualbr' /&gt;aide soignant pair depuis janvier 2014&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le parcours&lt;/strong&gt; &#8212; &#171; Aide-soignant depuis 1983, je ne travaillerai plus dans le milieu hospitalier. Je sors de dix ans d'errance, d'alcool, de drogue et de rue. J'ai pu &#233;merger gr&#226;ce &#224; mon passage dans un appartement de coordination th&#233;rapeutique d'Habitat alternatif et social (HAS). Comme j'allais mieux, j'ai &#233;t&#233; recrut&#233; comme agent d'accueil au si&#232;ge de l'association. Apr&#232;s neuf mois de ce mi-temps, j'ai &#233;t&#233; orient&#233; vers le DU de m&#233;diateur de sant&#233; pair, une formation passionnante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La formation&lt;/strong&gt; &#8212; J'ai appris l'histoire de la psychiatrie, le concept de r&#233;tablissement, la fonction du pair. Des schizophr&#232;nes, des travailleurs pairs, des m&#233;decins sont venus t&#233;moigner&#8230; J'ai d&#233;couvert que les malades &#233;taient les mieux plac&#233;s pour parler de leur maladie. J'ai &#233;crit mon m&#233;moire en m'appuyant sur ma propre exp&#233;rience. C'est un m&#233;tier o&#249; le v&#233;cu permet d'aller vers les gens de mani&#232;re plus simple. Ils per&#231;oivent ton exp&#233;rience, ils la ressentent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'int&#233;gration &lt;/strong&gt; &#8212; Au Marabout, j'ai la double casquette d'aide-soignant et de travailleur pair. J'ai choisi le mi-temps, parce qu'apr&#232;s dix ans sans travailler, il faut y aller doucement et que mon premier travail, c'est de me soigner. Dans l'&#233;quipe, il n'y a pas de hi&#233;rarchie, on fait tous un peu de tout. Psychologue, &#233;ducateur, m&#233;decin, infirmier et travailleurs pairs, nous sommes au service des r&#233;sidents. On passe dix heures par jour avec eux, alors quand on commence &#224; conna&#238;tre les gens, on peut voir si &#231;a ne va pas, qu'est-ce qui ne va pas, et faire le relais avec les personnes les mieux qualifi&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pratique&lt;/strong&gt; &#8212; &#199;a n'a rien &#224; voir avec le milieu hos-pitalier, c'est une structure o&#249; les gens sont chez eux. J'ai d&#251; apprendre &#224; conna&#238;tre les treize r&#233;sidents. Je dois m'adapter &#224; la demande. J'interviens principalement dans les espaces collectifs, cuisine, salon, jardin, bureau. Je suis cens&#233; faire un peu de tout, le m&#233;nage, la pr&#233;paration des repas, normalement avec eux. Je montre l'exemple, je suis moteur. Le travail d'aide-soignant est l&#224; pour les petits bobos, mais il m'arrive aussi de faire les ongles, une coupe de cheveux ou d'aider &#224; la douche. J'accompagne aussi &#224; l'h&#244;pital o&#249; je connais les codes. Les r&#233;sidents ont besoin d'&#233;tablir le contact avec des personnes de confiance. M&#234;me si la maladie est l&#224;, il y a des moments de rencontre. L'un d'eux m'a appris &#224; jouer aux &#233;checs, et me laisse gagner de temps en temps. Peu importe la pathologie, quand on est &#224; l'&#233;coute il finit par se passer quelque chose. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-*Salah Boufoudi&lt;br class='manualbr' /&gt;m&#233;diateur h&#244;te depuis f&#233;vrier 2012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le parcours&lt;/strong&gt; &#8212; &#171; Je suis tomb&#233; dans la came dans les ann&#233;es 80. En 1993, j'ai appris en prison que j'avais une h&#233;patite C. Dans mon quartier en r&#233;gion parisienne, cette maladie c'&#233;tait la honte. On vivait avec, sans en parler. En 2009, mon cousin en est mort. &#199;a a &#233;t&#233; un d&#233;clic, je suis parti &#224; Marseille. Je vivais &#224; la rue, je suis pass&#233; par Forbin (CHRS), et j'ai commenc&#233; &#224; me soigner &#224; Danielle-Casanova (association de pr&#233;vention et de soin des addictions). L&#224;, une infirmi&#232;re m'a orient&#233; vers HAS. J'ai obtenu un logement en bail glissant et j'ai entam&#233; une nouvelle vie. J'ai appris &#224; prendre la parole en public gr&#226;ce &#224; un groupe de parole entre usagers. Apr&#232;s un an de traitement, j'ai gu&#233;ri et le directeur d'HAS m'a propos&#233; un travail. J'ai commenc&#233; en contrat aid&#233; &#224; l'accueil du si&#232;ge de l'association. Je voulais un mi-temps parce que &#231;a m'impressionnait, HAS m'a laiss&#233; trouver mon rythme. J'ai fait deux CDD de six mois, et j'ai encha&#238;n&#233; en 2012 sur un nouveau dispositif comme m&#233;diateur social h&#244;te. J'ai un logement de fonction dans un lieu destin&#233; &#224; huit personnes vieillissantes en grande pr&#233;carit&#233;. Le 7 mai 2014, j'ai sign&#233; un CDI de 30 heures pay&#233;es au SMIC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pratique&lt;/strong&gt; &#8212; J'ai &#233;t&#233; embauch&#233; pour faire en sorte que &#231;a se passe bien pour les r&#233;sidents. Mon parcours raconte un r&#233;tablissement et mon pass&#233; de rue facilite une compr&#233;hension mutuelle. Ce qui m'a pris du temps, c'est de trouver la bonne distance. Je ne suis pas l&#224; pour me faire des amis, ni des ennemis. Je sais qu'il ne faut pas &#234;tre pote, ne pas boire avec eux. Mon caract&#232;re solitaire m'aide, et je m'appuie surtout sur le r&#232;glement. J'ai un r&#244;le compl&#233;mentaire au sein de l'&#233;quipe. Actuellement, je mets des gouttes dans l'&#339;il d'un r&#233;sident qui vient d'&#234;tre op&#233;r&#233; de la cataracte. Je l'aurais fait pour un voisin. Pour ce qui est de l'administratif, j'oriente vers les &#233;ducateurs qui viennent une &#224; deux fois par semaine. Parfois, je me sens isol&#233;, mais &#224; HAS, on apprend &#224; se d&#233;brouiller sans&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le statut&lt;/strong&gt; &#8212; Des &#233;ducateurs ont peur que nous prenions leur place, vu qu'un travailleur pair co&#251;te moins cher. &#192; 49 ans, je me fous du regard des autres, je pense &#224; moi et &#224; ma famille. Pour l'instant, tous les jours je me forme aupr&#232;s de professionnels. Je passe mon permis de conduire, pay&#233; pour moiti&#233; par mon employeur. L'an prochain, j'esp&#232;re entamer la formation de moniteur-&#233;ducateur. &#199;a me met la pression mais &#224; la base, je ne pensais vraiment pas m'en sortir, alors maintenant tout est possible. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-*Jose Avelino Valverde Da Silva&lt;br class='manualbr' /&gt;cuisinier m&#233;diateur pair depuis octobre 2013&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le parcours &lt;/strong&gt; &#8212; &#171; Apr&#232;s 5 ans d'arm&#233;e en Espagne, je suis entr&#233; &#224; la l&#233;gion &#233;trang&#232;re &#224; Aubagne. En octobre 2012, je me suis fait virer et je me suis retrouv&#233; &#224; la rue, &#224; Marseille. Je ne parlais pas fran&#231;ais, c'&#233;tait tr&#232;s dur. Aux Nomades c&#233;lestes, association porteuse d'un groupe d'entraide mutuelle avec un p&#244;le activit&#233; &#233;conomique cuisine et audiovisuel, j'ai rencontr&#233; une femme qui parlait espagnol. Trop content de pouvoir communiquer, je lui ai donn&#233; des coups de main. Apr&#232;s un an de b&#233;n&#233;volat, j'ai &#233;t&#233; orient&#233; vers HAS qui cherchait un cuisinier pour le Mascaret, un foyer pour huit vieux marginaux. J'ai un logement de fonction et un contrat aid&#233; de 26 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pratique&lt;/strong&gt; &#8212; Au d&#233;part, je me suis tromp&#233;. Comme un r&#233;sident parlait espagnol, on est devenu ami. J'ai bu des coups avec lui. Maintenant, il me d&#233;teste parce que j'ai aussi un r&#244;le d'observateur, je suis en lien avec la direction et je fais remonter les informations aux travailleurs sociaux. Il r&#226;le beaucoup en disant que j'ai dit &#224; l'&#233;ducateur qu'il boit cinq litres de vin par jour, alors que d'apr&#232;s lui, il n'en boit que trois&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'avenir&lt;/strong&gt; &#8212; J'hallucine encore d'avoir trouv&#233; ce boulot. Je dois stabiliser ma sortie de la rue, trouver un logement qui me permette de prendre du recul et suivre des cours de fran&#231;ais. Ensuite, j'essayerai bien la formation de moniteur-&#233;ducateur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Entretien avec Florence Vaillant&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;_-*Un m&#233;tier sans mod&#232;le&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Psychologue en centre m&#233;dico-psychologique, &#224; Marseille, Florence Vaillant a recrut&#233; des travailleurs pairs et orient&#233; deux de ces patients vers cette profession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est &#224; l'initiative du recrutement des m&#233;diateurs de sant&#233; pairs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, les agences r&#233;gionales de sant&#233; cherchent &#224; privil&#233;gier le soin en ambulatoire pour diminuer les jours d'hospitalisation en psychiatrie qui co&#251;tent tr&#232;s cher. D'autre part, le centre collaborateur de l'Organisation mondiale de la sant&#233; part de l'id&#233;e que pour favoriser l'acc&#232;s au soin des patients un interm&#233;diaire peut &#234;tre n&#233;cessaire. De ces deux volont&#233;s est n&#233; le projet de cr&#233;er un nouveau m&#233;tier : m&#233;diateur de sant&#233; pair. Cette pratique a fait ses preuves depuis au moins dix ans aux &#201;tats-Unis, au Qu&#233;bec, en Suisse, en Belgique. En France, elle existe d&#233;j&#224; pour la toxicomanie, les maladies somatiques, et dans une moindre mesure en psychiatrie. L'&#233;tude-action men&#233;e chez nous vise &#224; officialiser le m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment s'est d&#233;roul&#233; le recrutement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En partenariat avec les agences r&#233;gionales de sant&#233; PACA, Ile-de-France et Nord-Pas-de-Calais, des centres se sont port&#233;s volontaires pour accueillir des m&#233;diateurs de sant&#233; pairs. Chaque service a &#224; la fois orient&#233; et recrut&#233;, la condition &#233;tant qu'un m&#233;diateur ne pouvait pas exercer l&#224; o&#249; il &#233;tait suivi. Le crit&#232;re de base est qu'il soit dans une dynamique de r&#233;tablissement, ensuite lors de l'entretien d'embauche, j'ai recherch&#233; la qualit&#233; du relationnel et la motivation. Le niveau scolaire n'est pas significatif, on sait que la maladie mentale interf&#232;re &#224; l'&#226;ge o&#249; tout le monde se forme et interrompt le parcours. De toute fa&#231;on, ils allaient &#234;tre form&#233;s pendant deux ans, avec une alternance de cours th&#233;oriques et de stages pratiques, formation sanctionn&#233;e par un dipl&#244;me universitaire de niveau licence 3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment les m&#233;diateurs ont-ils &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;s au sein de votre &#233;quipe ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Relativement facilement puisque nous avons une tradition d'accueil de stagiaires qui, souvent, int&#232;grent l'&#233;quipe &#224; l'issue du stage. Mais, nous avons l'habitude de recevoir des stagiaires psychologue, ergoth&#233;rapeute, assistante sociale&#8230; L&#224;, ils sont arriv&#233;s avec un nouveau m&#233;tier, donc ils ont vu ce que tout le monde faisait mais &#231;a ne leur a pas indiqu&#233; ce que eux devaient faire. Il n'y avait pas de mod&#232;le. Ils ont d&#251; se construire avec tout ce qu'ils ont vu, les besoins, les cours, les discussions entre travailleurs pairs. Ils ont d&#251; &#233;laborer leur fiche de fonction. &#199;a a &#233;t&#233;, et &#231;a reste, difficile pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi des services, pourtant volontaires, ont-ils mal re&#231;u les travailleurs pairs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction et les chefs de service ont vu l'int&#233;r&#234;t de l'exp&#233;rience, mais l'&#233;quipe n'&#233;tait pas bien pr&#233;par&#233;e. En plus, les syndicats ont cri&#233; au sacril&#232;ge pensant que des gens non dipl&#244;m&#233;s &#233;taient mieux pay&#233;s que les infirmiers. Il y a eu un quiproquo, les m&#233;diateurs de sant&#233; pairs sont pay&#233;s au SMIC. Ils restent des travailleurs pr&#233;caires en CDD de trois mois renouvelables. En plus, ils ont souvent un statut d'agent administratif. Le but de cette recherche est justement de valider ce m&#233;tier pour pouvoir l'inscrire sur la fiche de paie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que leur pr&#233;sence apporte &#224; votre &#233;quipe ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils font un travail de proximit&#233;. Nous sommes plus dans des bureaux, plus dans de l'entretien, dans l'&#233;laboration de la prise en charge. Eux sont dans le concret, visite &#224; domicile, accompagnement administratif, loisir. C'est plus une relation d'&#233;gal &#224; &#233;gal, ils servent de m&#233;diation entre leurs pairs et l'&#233;quipe soignante. Ils travaillent l'acc&#232;s au soin et l'&#233;ducation &#224; la maladie. Ils cherchent &#224; am&#233;liorer le dialogue patient-psychiatre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment vos patients devenus travailleurs pairs vivent cette exp&#233;rience ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute fa&#231;on, les deux voulaient travailler, ils ont saisi cette opportunit&#233;. Je les ai aid&#233; pour le CV, je leur ai expliqu&#233; tout ce que je savais, donc ils sont arriv&#233;s en entretien en connaissance de cause. Ils ont su exprimer leur motivation, trouver les bons arguments, convaincre le jury de l'ARS et un employeur. Travailler est un facteur de r&#233;tablissement, m&#234;me si ce m&#233;tier renvoie toujours &#224; la maladie mentale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Enfants en souffrance&#8230; La honte.</title>
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		<dc:date>2014-10-29T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Protection de l'enfance</dc:subject>
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&lt;p&gt;Compl&#233;mentaire du reportage &#233;ponyme, cet ouvrage r&#233;utilise la m&#234;me veine : une charge violente et sans concession. &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;non&#231;ant, &#224; juste raison, des situations scandaleuses et cassant l'omerta qui &#233;touffe, trop souvent, leur r&#233;v&#233;lation, la r&#233;alit&#233; qu'il expose ne peut que r&#233;volter le lecteur. Qu'il s'agisse de s'en prendre &#224; l'absence de transparence, &#224; la carence de contr&#244;le ou &#224; la passivit&#233; des autorit&#233;s de tutelle face aux d&#233;rapages de certaines associations ou au gaspillage de l'argent public, cela peut (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Protection-de-l-enfance" rel="tag"&gt;Protection de l'enfance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1150-" rel="tag"&gt;1150&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L98xH150/arton4379-387d0.jpg?1694178076' width='98' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Compl&#233;mentaire du reportage &#233;ponyme, cet ouvrage r&#233;utilise la m&#234;me veine : une charge violente et sans concession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;non&#231;ant, &#224; juste raison, des situations scandaleuses et cassant l'omerta qui &#233;touffe, trop souvent, leur r&#233;v&#233;lation, la r&#233;alit&#233; qu'il expose ne peut que r&#233;volter le lecteur. Qu'il s'agisse de s'en prendre &#224; l'absence de transparence, &#224; la carence de contr&#244;le ou &#224; la passivit&#233; des autorit&#233;s de tutelle face aux d&#233;rapages de certaines associations ou au gaspillage de l'argent public, cela peut parfaitement s'entendre. Qu'il soit question des effets pervers des placements trop tardifs, de la trop grande charge de travail en AEMO ou du d&#233;laissement d'enfants pourtant adoptables, bien des professionnels adh&#232;reront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l&#224; o&#249; l'on ne peut suivre les auteurs, c'est dans la confusion fr&#233;quente entre des d&#233;rives l&#233;gitimement d&#233;nonc&#233;es et la stigmatisation de tout un dispositif. Toute leur d&#233;monstration s'appuie sur la pr&#233;sentation d&#233;taill&#233;e et pr&#233;cise d'une quinzaine de situations qui leur permettent ensuite de g&#233;n&#233;raliser &#224; l'ensemble du secteur les dysfonctionnements qu'ils d&#233;crivent avec brio et talent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ont-ils raison de reprocher &#224; la protection de l'enfance de ne pouvoir emp&#234;cher ces abjections existantes en son sein ? C'est comme si l'on demandait &#224; la justice de ne jamais se tromper. Ont-ils raison de la rendre responsable des &#233;checs de certains des enfants confi&#233;s ? C'est comme si l'h&#244;pital &#233;tait accus&#233; de ne pas r&#233;ussir &#224; gu&#233;rir tous ses malades. Ont-ils raison de lui reprocher d'&#234;tre une loterie quant &#224; la qualit&#233; de la prise en charge des enfants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est comme si l'&#201;ducation nationale devait garantir l'&#233;gale qualit&#233; de la prestation de ses 800 000 enseignants. Finalement, cet ouvrage p&#234;che par l&#224; o&#249; il brille : &#224; vouloir trop d&#233;noncer, il se montre parfois r&#233;ducteur, simpliste et caricatural.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Enfants en souffrance&#8230; La honte. Le livre noir de la protection de l'enfance.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;d. Fayard, 2014 (351 p. &#8211; 20 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'affectif et la protection de l'enfance</title>
		<link>https://www.lien-social.com/L-affectif-et-la-protection-de-l-enfance</link>
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		<dc:date>2014-10-29T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Protection de l'enfance</dc:subject>
		<dc:subject>Relation</dc:subject>
		<dc:subject>1150</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Loin des id&#233;es re&#231;ues du secteur, aussi d&#233;su&#232;tes qu'obsol&#232;tes, sur la &#171; bonne distance &#187; ou &#171; l'affectif appartient aux seuls parents &#187;, Christian Allard propose une &#233;tude sinon exhaustive, du moins extr&#234;mement d&#233;taill&#233;e sur la question de l'affectivit&#233;. S&#233;mantique, philosophie, psychologie, droit, vignettes cliniques, exp&#233;riences de terrain sont convoqu&#233;s pour apporter un &#233;clairage large et approfondi. L'affectif est pour tout &#234;tre humain la source des relations &#224; l'autre et le fondement de ses actes, (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L100xH150/arton4380-ea81c.jpg?1694178076' width='100' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Loin des id&#233;es re&#231;ues du secteur, aussi d&#233;su&#232;tes qu'obsol&#232;tes, sur la &#171; bonne distance &#187; ou &#171; l'affectif appartient aux seuls parents &#187;, Christian Allard propose une &#233;tude sinon exhaustive, du moins extr&#234;mement d&#233;taill&#233;e sur la question de l'affectivit&#233;. S&#233;mantique, philosophie, psychologie, droit, vignettes cliniques, exp&#233;riences de terrain sont convoqu&#233;s pour apporter un &#233;clairage large et approfondi. L'affectif est pour tout &#234;tre humain la source des relations &#224; l'autre et le fondement de ses actes, rappelle-t-il. C'est vrai pour l'enfant : le lien &#224; une personne fiable, pr&#233;visible, disponible et sensible constituent un besoin primaire, basique et premier non r&#233;ductible &#224; la satisfaction des seuls soins physiologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors o&#249; il est confront&#233; &#224; des figures d'attachement marqu&#233;es par l'impermanence, l'impr&#233;visible et l'incompr&#233;hensible, il se trouve priv&#233; de cette s&#233;curit&#233; int&#233;rieure indispensable pour lui permettre d'apprendre &#224; r&#233;guler ses &#233;motions : le sentiment de peur se mue en terreur, celui de surprise en panique et celui de tristesse en d&#233;sesp&#233;rance. D&#232;s qu'on lui offre une niche affective r&#233;assurante, son d&#233;veloppement peut reprendre un cours bien mieux structur&#233;. C'est vrai aussi pour les professionnels chez qui la protection de l'enfance induit des &#233;motions et des mouvements affectifs dont la force, et parfois la violence, plonge dans l'histoire personnelle. Plus ils sont confront&#233;s &#224; l'enfant carenc&#233;, plus ils sont expos&#233;s aux chocs &#233;motionnels. Pour s'en prot&#233;ger, ils ont imagin&#233; une posture de repli : d&#233;saffectiver toute relation, le degr&#233; de professionnalisation &#233;tant jug&#233; inversement proportionnel &#224; l'attachement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian Allard d&#233;montre l'absurdit&#233; et la nocivit&#233; de cette pr&#233;conisation qui prive l'enfant d'un support essentiel de son &#233;panouissement : se renarcissiser, en investissant des figures de protection, d'identification et de projection.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. ESF, 2013 (139 p. &#8211; 17,90&#8239;&#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'envers du d&#233;cor &#8226; Br&#232;ve histoire d'une directrice de maison d'enfants</title>
		<link>https://www.lien-social.com/L-envers-du-decor-o-Breve-histoire-d-une-directrice-de-maison-d-enfants</link>
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		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Placement familial</dc:subject>
		<dc:subject>Protection de l'enfance</dc:subject>
		<dc:subject>1150</dc:subject>

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&lt;p&gt;Voil&#224; un document rare qui int&#233;ressera le lecteur curieux de conna&#238;tre ce qui se passe c&#244;t&#233; cour, derri&#232;re le rideau. S'il est bien un registre particuli&#232;rement respect&#233; par les cadres en g&#233;n&#233;ral -et les membres des directions en particulier- dans le secteur m&#233;dico-socio-&#233;ducatif comme ailleurs, c'est celui de la loyaut&#233; envers leur employeur et la discr&#233;tion sur tout ce qu'ils peuvent conna&#238;tre des turpitudes et autres dysfonctionnements, durant leur fonction. Rien ne doit transpara&#238;tre, le linge sale (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L106xH150/arton4381-b5ac5.jpg?1694178076' width='106' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voil&#224; un document rare qui int&#233;ressera le lecteur curieux de conna&#238;tre ce qui se passe c&#244;t&#233; cour, derri&#232;re le rideau. S'il est bien un registre particuli&#232;rement respect&#233; par les cadres en g&#233;n&#233;ral -et les membres des directions en particulier- dans le secteur m&#233;dico-socio-&#233;ducatif comme ailleurs, c'est celui de la loyaut&#233; envers leur employeur et la discr&#233;tion sur tout ce qu'ils peuvent conna&#238;tre des turpitudes et autres dysfonctionnements, durant leur fonction. Rien ne doit transpara&#238;tre, le linge sale devant se laver en interne, en petit comit&#233;, sans que ni les tutelles, ni les salari&#233;s n'en sachent rien. Cette culture du secret confine parfois &#224; l'omerta. Fr&#233;d&#233;rique Roux et Olivier Chatanay ont certes choisi de rompre avec cette r&#232;gle intangible. Mais, c'est plut&#244;t en faisant un pas de c&#244;t&#233;. Car ici, pas de r&#232;glement de comptes, ni de d&#233;nonciation de telle institution ou de tel conseil d'administration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, juste un roman se situant au sein d'une maison d'enfants &#224; caract&#232;re social dans lequel le personnage principal, Mathilde Vergeoise, prend le poste de directrice. Ce que nous d&#233;couvrons, pas &#224; pas, c'est ce qu'elle va y conna&#238;tre et y vivre. C'est donc bien l&#224; une fiction. Mais les faits rapport&#233;s sont bross&#233;s avec un tel naturalisme qu'on est vite convaincu qu'on a plus &#224; faire &#224; une description r&#233;aliste qu'&#224; une fable n&#233;e de l'imaginaire fac&#233;tieux d'un romancier. Cette chronique br&#251;le de rapporter les d&#233;tails d'un r&#233;cit riche en rebondissements. Ce serait le d&#233;florer. Il suffit d'&#233;voquer la confrontation &#224; un conseil d'administration et &#224; son pr&#233;sident tyrannique, ainsi qu'&#224; une institution renferm&#233;e sur elle-m&#234;me ; les relations crisp&#233;es avec certaines personnalit&#233;s inscrites depuis des d&#233;cennies dans la routine de l'&#233;tablissement et qui freinent toute &#233;volution ; le d&#233;calage entre la r&#233;alit&#233; du terrain et les repr&#233;sentations que peuvent en avoir ceux qui en sont &#233;loign&#233;s ; ou encore l'opposition entre les registres de l'efficacit&#233; gestionnaire et la pertinence &#233;ducative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sentation du fonctionnement quotidien possible d'une maison d'enfants, de ses moments les plus conviviaux comme de ses crises, alterne avec des portraits emplis de tendresse ou de vitriol. Le tout dans une &#233;criture fluide et limpide dont les encha&#238;nements garantissent le rythme et l'intensit&#233; attendu. Cette histoire &#233;difiante fera sans aucun doute grincer quelques dents. Elle fera r&#233;agir d'autres lecteurs : &#171; Heureusement, ici, &#231;a ne se passe pas comme &#231;a &#187;. Elle en r&#233;jouira secr&#232;tement d'autres encore, qui &#233;tabliront des parall&#232;les avec leur v&#233;cu, sans jamais oser l'avouer publiquement. Elle permettra enfin &#224; tout lecteur impliqu&#233; ou non dans ce type d'&#233;tablissements de comprendre le dessous des cartes de certains dysfonctionnements qui pour n'&#234;tre pas forc&#233;ment repr&#233;sentatifs n'en existent pas moins.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Amalth&#233;e, 2013 (246 p. &#8211; 21,40 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dans l'enfer des foyers</title>
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		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Protection de l'enfance</dc:subject>
		<dc:subject>Enfance maltrait&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>1150</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Bigre ! Les foyers de la protection de l'enfance ne seraient-ils donc que des lieux maudits o&#249; l'on souffre &#233;ternellement ? C'est en tout cas ce que laisse entendre le t&#233;moignage de Lyes. Le r&#233;cit de son parcours ne laisse appara&#238;tre que deux exceptions au chaos de son enfance et de son adolescence. Sa premi&#232;re famille d'accueil, tout d'abord, qui lui apporte la tendresse et l'amour dont a besoin tout petit enfant. L'ASE refuse qu'il la suive lors d'un d&#233;m&#233;nagement dans le sud, privil&#233;giant le maintien (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L96xH150/arton4382-680b5.jpg?1694178076' width='96' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bigre ! Les foyers de la protection de l'enfance ne seraient-ils donc que des lieux maudits o&#249; l'on souffre &#233;ternellement ? C'est en tout cas ce que laisse entendre le t&#233;moignage de Lyes. Le r&#233;cit de son parcours ne laisse appara&#238;tre que deux exceptions au chaos de son enfance et de son adolescence. Sa premi&#232;re famille d'accueil, tout d'abord, qui lui apporte la tendresse et l'amour dont a besoin tout petit enfant. L'ASE refuse qu'il la suive lors d'un d&#233;m&#233;nagement dans le sud, privil&#233;giant le maintien du lien avec sa m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, il le regrette. Il est toujours plus facile, a posteriori, de faire les bons choix. S'il avait suivi cette famille, qui sait s'il ne reprocherait pas aujourd'hui qu'on l'ait &#233;loign&#233; de son parent ? Et puis, il y a sa derni&#232;re assistante maternelle qui l'accompagne jusqu'&#224; l'&#226;ge adulte, en r&#233;ussissant &#224; lui apporter une affection, l&#224; aussi apaisante et stucturante. Entre ces deux accueils, une succession de placements plus catastrophiques les uns que les autres, dont il d&#233;nonce le caract&#232;re maltraitant. &#192; la fois cause et cons&#233;quence de ces &#233;preuves, Lyes &#171; s'est h&#233;riss&#233; et s'est mis &#224; d&#233;chirer tout ce qui passait. Oui, je suis devenu coupant et sauvage &#187; (p.&#8239;107). &#201;corch&#233; vif, il explose tous les cadres pos&#233;s, que ce soit ceux de l'&#233;cole ou des diff&#233;rents lieux de placement qui se succ&#232;dent. Rien de plus respectable que le t&#233;moignage de ce jeune homme qui d&#233;crit ce qu'il a v&#233;cu, m&#234;me si peu de professionnels y retrouveront leur quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons, quand m&#234;me, que tous les &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s qu'il a crois&#233;s ne sont pas plac&#233;s &#224; la m&#234;me enseigne : &#171; Certains arrivent &#224; t'aimer, peut-&#234;tre parce qu'il se retrouvent en toi &#187;. Pour autant, la plupart &#171; ne t'aident pas, voire contribuent &#224; te d&#233;shumaniser &#187; (p.&#8239;54). Voil&#224; donc la profession habill&#233;e pour l'hiver ! Ce qui n'emp&#234;che pas Lyes d'&#234;tre entr&#233; en formation d'&#233;ducateur : un retour vers l'enfer ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Flammarion, 2014 (259 p. &#8211; 18&#8239;&#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Travailleurs pairs. Un nouveau maillon du travail social</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Travailleurs-pairs-Un-nouveau-maillon-du-travail-social</link>
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		<dc:date>2014-10-29T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Insertion</dc:subject>
		<dc:subject>1150</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La participation de l'usager au syst&#232;me de prise en charge m&#233;dicale et sociale franchit un nouveau pas en France. Depuis janvier 2012, une &#233;tude-action vise &#224; officialiser la fonction de m&#233;diateur de sant&#233; pair. En attendant ses r&#233;sultats, huit travailleurs pairs marseillais t&#233;moignent de l'exercice d'un m&#233;tier qui reste &#224; d&#233;finir. L'essentiel de la quinzaine D&#233;cryptage par Marianne Langlet Mineurs en mal de protection Sur le vif d'Etienne Liebig Humour noir L'humeur de Jacques Tr&#233;mintin Comment parler de (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L107xH150/arton4384-124ff.jpg?1694178076' width='107' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La participation de l'usager au syst&#232;me de prise en charge m&#233;dicale et sociale franchit un nouveau pas en France. Depuis janvier 2012, une &#233;tude-action vise &#224; officialiser la fonction de m&#233;diateur de sant&#233; pair. En attendant ses r&#233;sultats, huit travailleurs pairs marseillais t&#233;moignent de l'exercice d'un m&#233;tier qui reste &#224; d&#233;finir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'essentiel de la quinzaine&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;D&#233;cryptage par Marianne Langlet&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Mineurs en mal de protection&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Sur le vif d'Etienne Liebig&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Humour noir&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'humeur de Jacques Tr&#233;mintin&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Comment parler de la guerre ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;La plume de C&#233;lia Carpaye&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Premiers pas&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Tribune des r&#233;sistances&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Fr&#233;jus &#8226; &lt;strong&gt; Le social au pilori &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Chronique internationale&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Tha&#239;lande &#8226; &lt;strong&gt; Travailleur du sexe, un m&#233;tier comme un autre ? &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Angle droit&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;D&#233;fenseur des droits &#8226; &lt;strong&gt; Quel avenir pour la d&#233;fense des droits ? &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Formations&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Accompagnateurs de stage &#8226; &lt;strong&gt; Les former et les valoriser &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Au c&#339;ur des m&#233;tiers&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Psycho-g&#233;riatrie &#8226; &lt;strong&gt; Les troubles psychiatriques accueillis &#224; l'Ehpad &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Dossier&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Travailleurs pairs
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Un nouveau maillon du travail social &#8226; &lt;strong&gt; Huit travailleurs pairs t&#233;moignent &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Mati&#232;re &#224; pens&#233;es&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Entretien avec Thierry Najman&lt;/strong&gt;, chef de p&#244;le en psychiatrie, membre du collectif des 39&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Psychiatrie&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#201;tat d'alerte&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'espace du lecteur&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; Les bidonvilles &#224; l'&#233;preuve de la protection de l'enfance et de l'h&#233;bergement d'urgence &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; Le handicap hors-jeu &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; 3&#232;me Table Ronde &lt;/strong&gt; organis&#233;e par &lt;i&gt;Lien Social&lt;/i&gt; mardi 20 janvier 2015
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; La bonne distance existe-t-elle dans la relation avec les usagers ? &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'&#339;il et l'oreille&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Cin&#233;ma&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Bande de filles&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, film fran&#231;ais de C. Sciamma&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vers Madrid&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, film fran&#231;ais de Sylvain George&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Ind&#233;sirables&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, film de Philippe Barassat&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Livres&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Enfants en souffrance&#8230; La honte&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, A. Riguet et B. Laine&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;L'affectif et la protection de l'enfance&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, C. Allard&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;L'envers du d&#233;cor&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, F. Rouxet O. Chatanay&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dans l'enfer des foyers&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, Lyes L.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Les artisans du social&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Portrait de B&#233;atrice Idiard-Chamois &#8226; &lt;strong&gt;Une sage-femme d'honneur&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Offres d'emploi&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Jiho : affreux, sales et m&#233;chants&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
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