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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Violences en ITEP. La cr&#233;ativit&#233; des professionnels</title>
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&lt;p&gt;Les troubles du comportement des enfants et adolescents accueillis en institut th&#233;rapeutique &#233;ducatif et p&#233;dagogique se traduisent par des conduites agressives, tourn&#233;es notamment vers les adultes, qui fragilisent les &#233;tablissements et les professionnels. Mais ces derniers savent s'adapter et font preuve de cr&#233;ativit&#233; dans leurs exp&#233;rimentations. La recherche appliqu&#233;e commence &#224; investir ce champ du handicap pour que les pratiques puissent s'appuyer sur des donn&#233;es &#224; la fois scientifiques et (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les troubles du comportement des enfants et adolescents accueillis en institut th&#233;rapeutique &#233;ducatif et p&#233;dagogique se traduisent par des conduites agressives, tourn&#233;es notamment vers les adultes, qui fragilisent les &#233;tablissements et les professionnels. Mais ces derniers savent s'adapter et font preuve de cr&#233;ativit&#233; dans leurs exp&#233;rimentations. La recherche appliqu&#233;e commence &#224; investir ce champ du handicap pour que les pratiques puissent s'appuyer sur des donn&#233;es &#224; la fois scientifiques et empiriques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Se plonger dans l'univers des instituts th&#233;rapeutiques &#233;ducatifs et p&#233;dagogiques (ITEP) pour aborder la question de la violence, c'est ouvrir les portes d'un vaste champ exp&#233;rimental, cr&#233;atif et en plein mouvement. Car les &#233;quipes de professionnels, compos&#233;es &#224; la fois de travailleurs sociaux, de soignants et de p&#233;dagogues, inventent au quotidien de nouvelles pratiques pour s'adapter aux probl&#233;matiques des jeunes qu'elles accompagnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des jeunes qui pr&#233;sentent des troubles psychologiques engendrant des troubles du comportement. Des jeunes qui souvent ont connu la violence dans leur parcours &#8211; dans les institutions, le quartier, la famille &#8211; et qui ont finalement &#233;t&#233; rejet&#233;s de toute part. &lt;i&gt;&#171; Mais, contrairement aux adultes dont les probl&#232;mes psychiques sont souvent durablement install&#233;s, la r&#233;versibilit&#233; est encore possible &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Gilles Gonnard, pr&#233;sident de l'association des ITEP et de leurs r&#233;seaux (AIRE), dont les journ&#233;es d'&#233;tudes en d&#233;cembre dernier ont port&#233; sur cette th&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Agressions envers les adultes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En effet, les conduites agressives ont &#233;volu&#233; avec le temps et mettent &#224; mal les institutions : beaucoup de professionnels constatent une augmentation des violences dirig&#233;es vers les adultes, avec des jeunes tr&#232;s r&#233;actifs aux cadres pos&#233;s et acceptant difficilement que leurs demandes ne soient pas imm&#233;diatement satisfaites. Les injures et les violences &#171; sexualis&#233;es &#187;, sous forme de provocations, d'exhibitionnisme ou d'atteintes &#224; la r&#233;putation, semblent aussi s'&#234;tre accentu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, les &#233;quipes exp&#233;rimentent de nouvelles fa&#231;ons d'accompagner ces jeunes, comme ces deux ITEP situ&#233;s en Indre-et-Loire, qui, &#224; la suite d'une volont&#233; associative de rapprochement et d'une r&#233;flexion pour mieux couvrir les besoins du territoire, se sont restructur&#233;s et ont cr&#233;&#233; des &#233;tablissements aux effectifs r&#233;duits, de douze &#224; vingt places, et davantage de places en Sessad. &lt;i&gt;&#171; Nous avons alors constat&#233; un apaisement global des jeunes d&#251; &#224; la baisse des interactions entre eux, &lt;/i&gt; raconte Steven Beurel, directeur du p&#244;le ITEP et Sessad l'Eveil. &lt;i&gt;Moins ils sont nombreux, moins les souffrances s'ajoutent et les moments d'apaisement sont plus importants. Ils se sont rapproch&#233;s de leur famille, n'ont plus &#233;t&#233; orient&#233;s par d&#233;faut et ceux qui sont issus du milieu rural restent en milieu rural. On peut penser que c'est moins d&#233;stabilisant, notamment pour ceux qui devaient parcourir un long trajet pour rejoindre un &#233;tablissement urbain, avec des jeunes qui ont un autre parcours, notamment &#224; Tours o&#249; le placement judiciaire est plus important. &#187;&lt;/i&gt; La continuit&#233; &#233;ducative de trois &#224; quatre professionnels, qui travaillent tout le temps ensemble dans ces &#233;tablissements, a permis un accompagnement plus individualis&#233;. &lt;i&gt;&#171; En &#233;tant moins nombreux, les professionnels peuvent dialoguer plus facilement avec le chef de service, et sont aussi davantage mis en situation de responsabilit&#233;, ce qui constitue le premier rempart contre l'usure pr&#233;matur&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, poursuit Steven Beurel.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;parer l'auteur&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; cette restructuration, un &lt;i&gt;&#171; cadre symbolique de l'autorit&#233; &#187;&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; mis en place dans les institutions. Des s&#233;ances d'ing&#233;nierie ont permis aux professionnels de ne plus proposer de r&#233;ponse &#224; la violence dans l'urgence, mais de s'attacher &#224; d&#233;velopper chez les jeunes un processus d'&#233;laboration sur la notion de r&#233;paration. Un conseil d'incident se r&#233;unit chaque semaine pour permettre aux &#233;quipes de travailler autour des diff&#233;rentes situations de conduites agressives, &#224; partir de fiches d'incident. &lt;i&gt;&#171; Nous d&#233;fendons la conception que le jeune devra faire un travail pour lui-m&#234;me, afin de r&#233;int&#233;grer le groupe. Il ne s'agit donc pas de r&#233;parer la victime, qui b&#233;n&#233;ficie par ailleurs d'un processus d'accompagnement, mais bien l'auteur &#187;,&lt;/i&gt; poursuit Steven Beurel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'exemple de cet adolescent qui, dans un v&#233;hicule de neuf places sur l'autoroute, a allum&#233; un vaporisateur de d&#233;odorant avec un briquet, &#171; pour jouer &#187;. Si l'effet chalumeau a fait plus de peur que de mal, un conseil de discipline s'est r&#233;uni et l'adolescent a d&#251; r&#233;fl&#233;chir &#224; une r&#233;paration, qui l'a amen&#233; &#224; demander un stage chez les sapeurs-pompiers. &lt;i&gt;&#171; Nous avons &#233;t&#233; d'accord &#224; condition qu'il explique ce qu'il avait fait. Il a su faire une demande pour lui, en lien avec ce qui s'&#233;tait pass&#233;. Cette r&#233;ponse peut para&#238;tre d&#233;cal&#233;e, mais c'est le monde des ITEP qui veut &#231;a &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Steven Beurel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'ITEP Saint-Jean, situ&#233; &#224; Tours et accueillant quarante enfants &#226;g&#233;s de six &#224; quatorze ans, il &#233;tait devenu urgent de sortir d'une impasse face aux conduites agressives. &lt;i&gt;&#171; Quand je suis arriv&#233;e, en 2010, les ph&#233;nom&#232;nes de violence &#8211; agressions sur adultes, ph&#233;nom&#232;nes de bande, fugues &#8211; &#233;taient massifs,&lt;/i&gt; explique Fran&#231;oise Br&#233;chet, chef de service. &lt;i&gt;En 2009, l'&#233;quipe &#233;ducative avait d&#233;clar&#233; vingt-neuf accidents du travail en raison d'agressions, ce qui engendrait un turn-over important et un sentiment d'usure professionnelle tr&#232;s fort. &#187;&lt;/i&gt; Des notes d'incident, r&#233;dig&#233;es le plus souvent par les adultes, parfois par les enfants victimes d'agressions, ont l&#224; aussi &#233;t&#233; mises en place. &lt;i&gt;&#171; Pendant les six premiers mois, plus de deux cent cinquante notes d'incident ont &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;es,&lt;/i&gt; poursuit Fran&#231;oise Br&#233;chet. &lt;i&gt;J'ai donc rapidement souhait&#233; que leur lecture se fasse collectivement, avec les enseignants et les &#233;ducateurs, afin d'apporter des r&#233;ponses coh&#233;rentes. &#187; &lt;/i&gt; Chaque semaine, un comit&#233; de lecture compos&#233; de tous les professionnels se r&#233;unit et d&#233;cide de sanctions-r&#233;parations, afin d'aider les jeunes &#224; prendre conscience des actes qu'ils posent.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;quipe resolidaris&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il peut s'agir d'excuses &#233;crites ou orales, d'avertissements, de travaux d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, de suspensions d'activit&#233;s, d'un travail de r&#233;flexion sur un th&#232;me comme le racisme ou le respect, et enfin de rendez-vous &#224; l'ext&#233;rieur, comme au planning familial, en cas de conduites agressives &#224; caract&#232;re sexuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats de cette nouvelle r&#233;ponse institutionnelle ont &#233;t&#233; rapides : gr&#226;ce au renforcement du travail interdisciplinaire, les professionnels se sont sentis soutenus et valoris&#233;s, l'&#233;quipe &#233;ducative s'est stabilis&#233;e et, en miroir, les ph&#233;nom&#232;nes de violence ont diminu&#233;. &lt;i&gt;&#171; Ces groupes de lecture ont permis de re-solidariser l'&#233;quipe et d'instaurer une confiance en l'autre et en nous-m&#234;me &#187;&lt;/i&gt;, relate C&#233;line Tholon, &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e. &lt;i&gt;&#171; Le travail th&#233;rapeutique est devenu une pr&#233;occupation collective, les notes d'incident nous ont oblig&#233;s &#224; retravailler la clinique du quotidien,&lt;/i&gt; poursuit Fran&#231;oise Br&#233;chet. &lt;i&gt;Elles ont mis en lumi&#232;re les violences institutionnelles, car il y avait certes des ph&#233;nom&#232;nes de bande, mais nous aussi, professionnels, nous travaillons en bande par peur de nous d&#233;placer seuls. &#187;&lt;/i&gt; T&#233;moins de l'ambiance institutionnelle, le nombre de notes diminue quand le climat est apais&#233; et augmente dans les p&#233;riodes instables, comme actuellement en l'absence de m&#233;decin psychiatre rattach&#233; &#224; l'&#233;tablissement et &#224; l'approche du d&#233;part en retraite de la directrice.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ne plus subir&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Autre action, autre r&#233;flexion. Quatre ITEP de Loir-et-Cher, en partenariat avec le Centre de jeunesse de Qu&#233;bec-Institut universitaire m&#232;ne depuis 2011 un vaste projet de recherche-action et de formation intitul&#233;, Appr&#233;hender autrement les ph&#233;nom&#232;nes de violence en ITEP&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Ce projet est financ&#233; par la CNSA, l'Unifaf Centre, l'ANFH et l'ARS (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;i&gt;&#171; Voici vingt ans, le Qu&#233;bec connaissait la m&#234;me situation organisationnelle territoriale que la France concernant l'accompagnement des enfants et des jeunes, qui fait aujourd'hui probl&#232;me chez nous, avec des &#233;tablissements pl&#233;thoriques et une difficult&#233; de fait &#224; cr&#233;er des parcours de soin coh&#233;rents sans ruptures,&lt;/i&gt; d&#233;crit St&#233;phane Ragueneau, charg&#233; de projet et directeur d'ITEP. &lt;i&gt;Les Centres de jeunesse ont donc &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s pour accompagner les enfants de z&#233;ro &#224; dix-huit ans, sous la m&#234;me direction et dans chaque province du Qu&#233;bec. &#187;&lt;/i&gt; Ces centres regroupent l'&#233;quivalent de nos MECS (maisons d'enfants &#224; caract&#232;re social), ITEP, familles d'accueil, services d'adoption et centre &#233;ducatifs ferm&#233;s, avec deux instituts universitaires int&#233;gr&#233;s &#224; Qu&#233;bec et Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il appara&#238;t difficile d'importer un tel syst&#232;me &#8211; auquel aspirent toutefois de plus en plus d'acteurs de la protection de l'enfance en France &#8211;, les responsables du projet se sont inspir&#233;s des mod&#232;les d'intervention et de recherche qu&#233;becois, pour que les &#233;quipes parviennent &#224; agir avec les jeunes manifestant des conduites agressives au lieu de les subir. &lt;i&gt;&#171; La mise en place de supervision ou d'analyse des pratiques, bien que n&#233;cessaire, reste insuffisante au regard des besoins, car elle agit plut&#244;t sur les affects des professionnels que sur les comportements agressifs rencontr&#233;s au quotidien,&lt;/i&gt; poursuit St&#233;phane Ragueneau. &lt;i&gt;Il fallait trouver de nouvelles solutions et d'autres conditions pour que l'institution puisse faire face, que les salari&#233;s soient en s&#233;curit&#233; et dans un bien-&#234;tre durable. Car la mise en relation avec des ph&#233;nom&#232;nes de violence produit des effets psychologiques &#224; long terme de d&#233;pression ou de fin de carri&#232;re difficile, pas seulement d'ailleurs pour les gens qui vivent la violence mais aussi pour ceux qui l'observent. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour passer du &#171; subir &#224; l'agir &#187;, l'organisation et l'accompagnement des professionnels ont &#233;t&#233; repens&#233;s autour de l'approche &#171; pr&#233;vention-intervention-postvention &#187;. Cette derni&#232;re consiste &#224; relire les &#233;v&#233;nements afin de s'inscrire dans une approche de pr&#233;vention, plut&#244;t que de traiter les probl&#232;mes en urgence. &lt;i&gt;&#171; On s'aper&#231;oit souvent en postvention, quand une violence a &#233;clat&#233;, que le jeune ne se sentait pas bien depuis le matin, que cela n'a pas &#233;t&#233; rep&#233;r&#233; par les adultes pendant la journ&#233;e et que son malaise a &#233;volu&#233; en passage &#224; l'acte agressif &#187;&lt;/i&gt;, explique St&#233;phane Ragueneau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un groupe action-recherche-formation (GARF) interdisciplinaire, compos&#233; d'une douzaine de professionnels, a &#233;t&#233; charg&#233; de recenser et de d&#233;finir les crit&#232;res des diff&#233;rents ph&#233;nom&#232;nes de violence. Ces premi&#232;res donn&#233;es, analys&#233;es par un laboratoire de recherche, montrent qu'ils durent globalement moins de cinq minutes, souvent aux m&#234;mes heures et aux m&#234;mes endroits - changement de cours, pause m&#233;ridienne et transports. Sur presque 90 % des mille fiches r&#233;dig&#233;es, les manifestations agressives ont concern&#233; les m&#234;mes jeunes et les m&#234;mes adultes. Des &#233;l&#233;ments scientifiques pr&#233;cieux, encore trop rares, sur lesquels les professionnels peuvent appuyer leurs pratiques. De fa&#231;on simple, comme faire asseoir un jeune &#171; en crise &#187; pour provoquer un apaisement rapide ou apprendre &#224; se positionner corporellement avec lui. Ou plus subtile, en apprenant &#224; d&#233;tecter au plus t&#244;t la survenue de la violence, &#171; qui n'est pas un instant mais un processus &#187;, et en d&#233;veloppant les capacit&#233;s de communication verbale et non verbale des &#233;quipes. Des groupes interdisciplinaires, des &#171; comit&#233;s de vigilance &#187; et des &#171; focus-groupe &#187;, dans lesquels salari&#233;s, familles et jeunes s'entretiennent avec des chercheurs ont &#233;galement &#233;t&#233; mis en place, tout comme un plan d'action visant &#224; accompagner l'encadrement et une formation de base, qui sera partag&#233;e par l'ensemble des professionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une restitution de ce vaste projet est pr&#233;vue en juin, mais d&#233;j&#224; des changements ont &#233;t&#233; constat&#233;s. &lt;i&gt;&#171; Dans l'&#233;tablissement que je dirige, les violences ont diminu&#233;, mais surtout sont mieux rep&#233;r&#233;es avec des interventions plus r&#233;actives,&lt;/i&gt; poursuit St&#233;phane Ragueneau. &lt;i&gt;Les professionnels incluent la violence comme une composante de leur travail et ont &#233;t&#233; remobilis&#233;s. &#187;&lt;/i&gt; Une r&#233;flexion sur l'intensit&#233; et la r&#233;activit&#233; n&#233;cessaire de l'accompagnement, pour mettre plus de moyens quand le jeune en a besoin et moins &#224; d'autres moments, a &#233;galement &#233;t&#233; entam&#233;e. &lt;i&gt;&#171; Remobiliser, inventer, r&#233;organiser le temps de l'action et celui n&#233;cessaire &#224; la prise de distance permet aux &#233;quipes de d&#233;ployer de nouvelles pratiques pour passer du subir &#224; l'agir, de l'agir &#224; la cr&#233;ativit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, termine St&#233;phane Ragueneau.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;flexion nationale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce projet constitue l'un des axes de la r&#233;flexion nationale financ&#233;e et soutenue par la Caisse nationale de solidarit&#233; pour l'autonomie (CNSA) sur les ITEP, tout comme le projet de recherche appliqu&#233;e initi&#233;e par l'association AIRE, lanc&#233;e officiellement en novembre dernier, qui vise &#224; am&#233;liorer les parcours des jeunes. L'exp&#233;rimentation, baptis&#233;e Dispositif ITEP, doit se d&#233;ployer pendant un an aupr&#232;s des acteurs du monde des ITEP dans six r&#233;gions pilotes &#8211; Basse-Normandie, Champagne-Ardenne, Haute-Normandie, Ile-de-France, PACA, Pays-de-la-Loire. &lt;i&gt;&#171; L'organisation en dispositifs tr&#232;s individualis&#233;s est l'orientation privil&#233;gi&#233;e aujourd'hui, mais tout le monde n'en a pas la possibilit&#233; et chacun peut inventer des strat&#233;gies locales,&lt;/i&gt; pr&#233;cise Gilles Gonnard. &lt;i&gt;Le travail de soin interdisciplinaire reste le plus op&#233;rant &#8211; au sens care and cure, prendre soin et soigner &#8211; et l'id&#233;al consiste &#224; pr&#233;venir les ruptures d&#233;finitives du milieu scolaire ou familial. &#187; &lt;/i&gt; Le lien avec les familles s'est d'ailleurs accentu&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es dans les &#233;tablissements, car &lt;i&gt;&#171; les impliquer est extr&#234;mement r&#233;ducteur de violences &#187;&lt;/i&gt;, selon Gilles Gonnard. Un autre axe de travail dans ce secteur qui sait explorer de multiples pistes pour un mieux-&#234;tre des jeunes et des &#233;quipes.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des ITEP et des chiffres&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Pr&#232;s de 380 ITEP en France accueillent 15 000 enfants et adolescents &#226;g&#233;s de 6 &#224; 20 ans, majoritairement des gar&#231;ons (85 % en 2006), qui pr&#233;sentent des troubles du comportement (50 %) et &#171; des troubles du psychisme en rapport avec des troubles psychiatriques graves (19 %) &#187;. En 2006, pr&#232;s de 72 % des enfants et adolescents &#233;taient scolaris&#233;s uniquement dans un &#233;tablissement type Sessad, 16 % dans un &#233;tablissement scolaire et 8 % &#233;taient int&#233;gr&#233;s partiellement dans une classe du milieu ordinaire. Les enfants sont h&#233;berg&#233;s dans leur famille (42 %) ou dans l'ITEP (&#224; 47 % en internat de semaine). &lt;br class='manualbr' /&gt;Source Drees 2010 et 2013&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La violence, expression de souffrance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'ITEP Ch&#226;teau-Sage, &#224; Toulouse, les manifestations agressives des jeunes sont int&#233;gr&#233;es dans la r&#233;flexion sur les pratiques. Les professionnels puisent dans leur exp&#233;rience et le travail d'&#233;quipe les outils permettant de s'adapter aux troubles des adolescents accueillis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des murs hauts, un grand portail automatique qui laisse entrevoir un parc arbor&#233; de cinq hectares, plusieurs b&#226;timents v&#233;tustes et quelques chevaux au loin. L'ITEP Ch&#226;teau-Sage accueille cent neuf gar&#231;ons et filles de quatorze &#224; vingt ans dans trois unit&#233;s r&#233;parties par tranches d'&#226;ge. Cet apr&#232;s-midi-l&#224;, une jeune fille quitte la salle d'apprentissage, sourire aux l&#232;vres. &lt;i&gt;&#171; Quel chemin parcouru en six ans &#187;&lt;/i&gt;, constate tout haut Armelle d'Elloy, p&#233;dadogue. Car ici, continuer &#224; apprendre constitue un d&#233;fi. &lt;i&gt;&#171; Se rendre disponible &#224; des choses qu'ils ne savent pas, met ces jeunes, qui ont connu des &#233;checs scolaires, dans une situation de d&#233;tresse&lt;/i&gt;, explique Armelle d'Elloy.&lt;i&gt; Alors, ils adoptent des strat&#233;gies d'&#233;vitement ou viennent sans vouloir travailler. Nous devons vraiment partir de ce qu'ils savent et de ce qui les int&#233;resse pour les r&#233;concilier avec le fait d'apprendre. &#187;&lt;/i&gt; Un accompagnement tr&#232;s progressif par groupes de deux ou trois, maximum quatre, l&#224; o&#249; ils pouvaient auparavant &#234;tre une douzaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a fallu cr&#233;er des petits groupes pour s'adapter aux nouveaux sympt&#244;mes de ces jeunes et &#233;viter les d&#233;bordements. &lt;i&gt;&#171; Avant, les atteintes aux adultes &#233;taient exceptionnelles, les violences survenaient surtout entre eux,&lt;/i&gt; poursuit Armelle d'Elloy. &lt;i&gt;Aujourd'hui, quand nous posons un minimum de cadre, de respect des lieux, ces enfants qui manquent de limites et de contenance ext&#233;rieure se retrouvent dans l'impossibilit&#233; de diff&#233;rer leurs demandes et d'accepter la frustration. &#187;&lt;/i&gt; Comme ce jeune qui voulait consulter une annonce sur un site Internet d&#232;s le d&#233;but du cours et qui n'a pas support&#233; de devoir attendre. &#171; &lt;i&gt; Ce fut ma premi&#232;re balayette, comme ils disent &#187;,&lt;/i&gt; raconte-t-elle, d&#233;crivant un vilain croche-pied qui envoie dans le d&#233;cor et du m&#234;me coup en arr&#234;t de travail.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#232;gle num&#233;ro un, c'est l'empathie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations agressives, courantes, se traduisent par des insultes, des provocations, des rumeurs ou des passages &#224; l'acte parfois graves, n&#233;cessitant une hospitalisation de l'auteur. Pas de quoi toutefois effrayer le personnel, dont une bonne partie travaille ici depuis plusieurs dizaines d'ann&#233;es. &lt;i&gt;&#171; Ici la violence n'est pas pr&#233;gnante, c'est une composante importante et pr&#233;sente au quotidien, mais l'entr&#233;e premi&#232;re c'est le soin, l'&#233;coute, la tentative de rencontre avec les jeunes &#187;&lt;/i&gt;, affirme ainsi Isabelle Lagard, &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e. &lt;i&gt;&#171; La r&#232;gle num&#233;ro un, c'est l'empathie : ces jeunes arrivent avec des troubles massifs, ont &#233;t&#233; rejet&#233;s de partout et nous devons installer la confiance &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;crit encore Pierre-Jean Saint-Samat, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;. &lt;i&gt;&#171; Il faut red&#233;finir le terme de violence, r&#233;introduire de la complexit&#233; &#8211; distinguer par exemple les pulsions agressives et les pulsions de mort &#8211; &#233;tudier chaque cas particulier et se rappeler ce que Jacques Lacan disait : &#034;L&#224; o&#249; la parole se d&#233;fait, il y a violence&#034; &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise enfin Florence Grilhault des Fontaines, psychologue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les professionnels articulent leurs interventions autour de la violence et ne se focalisent pas sur elle. Ainsi, l'ITEP Ch&#226;teau-Sage a fait le choix &lt;i&gt;&#171; d'une politique non s&#233;gr&#233;gative du public accueilli et d'un traitement, non de la question de la violence, mais de son expression qui est le reflet de la souffrance int&#233;rieure de ces jeunes,&lt;/i&gt; explique Philippe Valentin, directeur. &lt;i&gt;D&#232;s lors, nous travaillons avant tout vers une recherche d'apaisement, en s'attachant &#224; ne surtout pas reproduire les cadres qui ont fait d&#233;faut. &#187;&lt;/i&gt; Ce qui passe par une &lt;i&gt;&#171; libert&#233; d'expression de la violence &#187;&lt;/i&gt;, notamment le fait de pouvoir casser les objets &#8211; il est toujours plus simple de r&#233;parer un carreau qu'un &#234;tre humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par une ouverture sur l'ext&#233;rieur et un appui sur les partenaires du soin, du travail social, des &#233;tablissements scolaires, mais aussi le partenariat avec les familles. Par un accompagnement au plus pr&#232;s des besoins avec des places en internat et de l'accueil s&#233;quentiel, un Sessad, mais aussi des offres d'ateliers, de sorties &#8211; randonn&#233;es, spectacles &#8211; et des apprentissages adapt&#233;s. Bref, du sur-mesure pour que les jeunes puissent trouver leur place.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Espace Tempo&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, parvenir &#224; s'ancrer dans un emploi du temps n'est pas toujours facile. Alors, un lieu d'accueil, appel&#233; Espace Tempo, a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 2010, apr&#232;s une recrudescence des conduites agressives dans l'&#233;tablissement. Ouvert tous les jours en pr&#233;sence de deux encadrants &#8211; &#233;ducateur, p&#233;dagogue ou psychologue &#8211; &lt;i&gt;&#171; c'est un lieu d'adresse o&#249; les jeunes viennent parfois simplement d&#233;poser un sac, se regarder dans le miroir, demander o&#249; ils doivent aller aujourd'hui, et o&#249; parfois la crise a lieu,&lt;/i&gt; explique Florence Grilhault des Fontaines. &lt;i&gt;Ce dispositif nous permet d'&#234;tre au plus pr&#232;s d'eux, de proposer des temps de rencontre et s'appuie sur la notion de contenance, tr&#232;s importante dans l'institution : c'est un fil qui nous guide avec cette capacit&#233; d'&#234;tre le r&#233;ceptacle d'une charge psychique tr&#232;s intense. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains y passent la journ&#233;e, d'autres reprennent leur emploi du temps. Isabelle Lagard per&#231;oit l'endroit comme &#171; essentiel &#187; : &lt;i&gt;&#171; Si nous ne proposons que des offres p&#233;dagogiques et contraintes, nous reproduisons le syst&#232;me ext&#233;rieur qui les a exclus. Nous avons d&#233;j&#224; ferm&#233; les unit&#233;s de vie pendant la journ&#233;e, &#231;a ne marchait pas du tout, ils essayaient de casser les portes. &#187;&lt;/i&gt; R&#233;cemment r&#233;am&#233;nag&#233;, l'Espace Tempo attire aussi les jeunes fatigu&#233;s, qui viennent s'y assoupir. Mais de rapides d&#233;gradations ont rendu le lieu moins confortable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains professionnels restent aujourd'hui sceptiques. &lt;i&gt;&#171; Avoir un lieu d'accueil est important, mais tel qu'il existe je me pose des questions,&lt;/i&gt; explique V&#233;ronique Arribehaute, charg&#233;e d'insertion. &lt;i&gt;On y met beaucoup de personnel, qui est d&#233;sinvesti d'autres missions, et ce que nous renvoyons &#224; ces jeunes m'interpelle. Je ne peux pas entendre qu'un gamin puisse passer des journ&#233;es &#224; attendre que le temps passe. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de l'Espace Tempo, pour limiter la survenue des manifestations agressives, les professionnels utilisent un savant m&#233;lange de pratique, de clinique et d'exp&#233;rience, ces &lt;i&gt;&#171; petites r&#232;gles &#187;&lt;/i&gt; et ces &lt;i&gt;&#171; trucs d'anciens &#187;&lt;/i&gt; qu'ils se transmettent. Avec d'abord de l'entraide, &lt;i&gt;&#171; beaucoup de solidarit&#233; entre nous et de bienveillance envers les jeunes, ce qui peut les aider &#224; ne pas d&#233;raper &#187;&lt;/i&gt;, assure Christine Poveda, &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e. Ensuite, le rep&#233;rage d'une situation de violence qui monte. &lt;i&gt;&#171; Comme les marins qui sentent le vent tourner, il faut sentir qu'il se passe parfois quelque chose de violent &#224; l'int&#233;rieur du jeune et que la personne en face pourra &#234;tre son exutoire &#187;,&lt;/i&gt; poursuit Isabelle Lagard. Savoir passer le relais &#224; un confr&#232;re, &#233;carter le jeune du groupe pour &#233;viter l'effet spectacle et d&#233;samorcer une tension en changeant de sujet de conversation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout ne jamais leur mentir. &lt;i&gt;&#171; Dire ce qu'on va faire et faire ce qu'on a dit, &#234;tre coh&#233;rent, car ils ont besoin de balises qui les contiennent et leur permettent d'aller de l'avant &#187;,&lt;/i&gt; rajoute Christine Poveda. &lt;i&gt;&#171; Au d&#233;but, cette violence qui s'est durcie et peut exploser &#224; tout moment nous a surpris. Mais aujourd'hui l'institution s'est stabilis&#233;e face &#224; cela. Nous nous sommes reli&#233;s, nous travaillons en bin&#244;me ou en trin&#244;me &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;taille Pierre-Jean Saint-Samat.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Lecture clinique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un protocole d'atteinte aux personnes, pour les victimes de violence physique ou morale, a &#233;t&#233; mis en place. Le professionnel &#8211; qui parfois porte plainte contre le jeune &#8211; est alors convi&#233; &#224; s'exprimer devant le m&#233;decin psychiatre, la direction, les d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel ou encore le CHSCT&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Comit&#233; d'hygi&#232;ne, de s&#233;curit&#233; et des conditions de travail.' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;i&gt;&#171; C'est tr&#232;s pr&#233;cieux mais un peu &#224; double tranchant, car parfois c'est un peu le tribunal : on nous demande pourquoi on a r&#233;agi de cette fa&#231;on et pas d'une autre, alors qu'on a besoin d'&#234;tre accompagn&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, raconte un membre du personnel dont l'avis est assez partag&#233;. &lt;i&gt;&#171; Il faut toujours remettre de la parole l&#224; o&#249; il y a eu de l'impensable et permettre aux &#233;quipes, gr&#226;ce &#224; une lecture clinique, de retisser le lien qui a &#233;t&#233; attaqu&#233; &#187;, &lt;/i&gt; ajoute Florence Grilhault des Fontaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans banaliser la violence, les professionnels invitent &#224; ne pas regarder les ITEP uniquement par cette entr&#233;e-l&#224;. &lt;i&gt;&#171; Les autres travailleurs sociaux ont une image tr&#232;s d&#233;gradante des ITEP. C'est une m&#233;connaissance, car il y a peut-&#234;tre aujourd'hui plus de violences dans les MECS &#187;&lt;/i&gt;, termine Christine Poveda. Pierre-Jean Saint-Samat, qui travaille ici depuis trente ans, ne nie pas les coups durs, par moments. Pour &#231;a il a un &lt;i&gt;&#171; truc d'ancien &#187;&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; S'&#233;quilibrer ailleurs. Ici, on a tous des hobbys &#224; l'ext&#233;rieur. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entretien avec Alain Roucoules, &lt;/strong&gt; Formateur, ancien &#233;ducateur en ITEP et directeur d'&#233;tablissement, ancien directeur adjoint de l'Institut Saint-Simon &#224; Toulouse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;De nombreux acteurs constatent un accroissement des violences envers les adultes : est-ce une r&#233;alit&#233; ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis une dizaine d'ann&#233;es, je m&#232;ne avec ma coll&#232;gue Marie-Claude P&#233;pin un s&#233;minaire de travail sur la question des enfants et adolescents aux comportements difficiles. Actuellement, nous nous int&#233;ressons aux anciens de ces &#233;tablissements et &#224; ce qu'ils peuvent nous apprendre. Nous nous rendons compte que la question de la violence envers les moniteurs &#233;tait d&#233;j&#224; pr&#233;sente dans les ann&#233;es 60. Ce qui est nouveau aujourd'hui ce sont des formes d'incivilit&#233;, une plus grande pr&#233;gnance par rapport &#224; la frustration, mais surtout un niveau d'excitation et d'agitation plus important, &#224; la lumi&#232;re aussi des enfants du milieu ordinaire. En maternelle par exemple, le sentiment des personnels d'&#234;tre d&#233;bord&#233; est fr&#233;quent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Comment agir pour r&#233;duire les manifestations agressives ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation du nombre de personnes dans les &#233;quipes, notamment en raison des 35 heures, complexifie la mani&#232;re de penser la fonction contenante. Les gens ne travaillent pas tout le temps ensemble, ce qui engendre beaucoup de discontinuit&#233; pour ces enfants qui ont besoin de s&#233;curit&#233; et de continuit&#233; dans leur environnement, sinon ils sont tr&#232;s vite excitables ; excitation et tensions corporelles sont confondues. Il faut faire un gros travail en ITEP sur la fa&#231;on d'aider &#224; organiser les tensions corporelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En maternelle, pour permettre le passage de l'enfant de l'affiliation au groupe familial &#224; celle du groupe classe, les enseignants cr&#233;ent un sas dans lequel ils jouent &#224; des jeux corporels : les enfants sont plus tranquilles. Un autre aspect important en ITEP c'est le travail autour du sport et de la r&#233;gulation des ruptures groupales. Par exemple, les r&#233;cr&#233;ations doivent &#234;tre organis&#233;es : ce ne doit pas &#234;tre tout le monde ensemble sans adultes car ces enfants, tr&#232;s vite ins&#233;curis&#233;s, ne savent pas jouer seuls.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vous insistez sur la notion de sanction-r&#233;paration&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, car les enfants aux comportements difficiles et violents poussent aujourd'hui les adultes &#224; une surench&#232;re vers la punition. Or cela ne marche pas et les personnels demandent aux directions de poser un autre cadre. L'id&#233;e consiste alors &#224; r&#233;fl&#233;chir sur la fa&#231;on dont on peut se d&#233;gager de la punition, tout en marquant les faits et en faisant rentrer le jeune dans un processus d'humanisation. Alors il faut chercher parmi plusieurs r&#233;f&#233;rentiels, dont le Talmud par exemple, qui dit qu'une transgression provoque une d&#233;chirure dans l'ordre du monde et rompt &#171; l'&#234;tre ensemble &#187;. Quand ces enfants font une b&#234;tise, ils sortent de la communaut&#233;, devenant soit boucs &#233;missaires, soit dangereux, et il faut les r&#233;tablir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi le don et le contre-don, et le fait que seul chacun sait ce qu'il peut donner pour r&#233;parer. Il s'agit l&#224; de r&#233;parer le processus de d&#233;shumanisation de l'auteur de l'acte. C'est l'exemple de cet enfant qui d&#233;t&#233;riorait du mat&#233;riel et qui s'en est pris plusieurs fois &#224; l'homme d'entretien de son &#233;tablissement. Il a &#233;t&#233; invit&#233; &#224; entrer dans un processus de r&#233;paration. Il savait que cet homme aimait la mer et les bateaux, alors il lui a construit un bateau en atelier. C'est d&#233;cal&#233; par rapport &#224; nos repr&#233;sentations, mais c'est important que l'enfant accepte ce premier niveau de d&#233;pendance, d'humanisation, qui est le rapport &#224; la loi. Actuel-lement, cet enfant est beaucoup plus calme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Comment faire partager ce type de r&#233;ponse institutionnelle ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ITEP doivent construire en leur sein une culture et un r&#233;f&#233;rentiel communs, port&#233;s par tout le monde. Ensuite l'encadrement doit d&#233;terminer qui est garant de ces r&#233;f&#233;rentiels et qui anime la dynamique institutionnelle ? Donc, si les &#233;quipes d'encadrement ne sont pas parties prenantes de la clinique mais uniquement dans la gestion et l'organisation, les &#233;ducateurs ne pourront plus &#234;tre dans l'exp&#233;rimentation. Aujourd'hui, c'est un probl&#232;me, car les psychiatres qui assuraient cette fonction de veilleur de la clinique se rar&#233;fient dans les &#233;tablissements et les chefs de service n'ont pas la comp&#233;tence pour animer la clinique. Il faudra peut-&#234;tre repenser la fonction des psychologues dans ce sens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce projet est financ&#233; par la CNSA, l'Unifaf Centre, l'ANFH et l'ARS Centre&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comit&#233; d'hygi&#232;ne, de s&#233;curit&#233; et des conditions de travail.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Violences en ITEP. La cr&#233;ativit&#233; des professionnels</title>
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		<dc:subject>1137</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les troubles du comportement des enfants et adolescents accueillis en institut th&#233;rapeutique &#233;ducatif et p&#233;dagogique se traduisent par des conduites agressives, tourn&#233;es notamment vers les adultes, qui fragilisent les &#233;tablissements et les professionnels. Mais ces derniers savent s'adapter et font preuve de cr&#233;ativit&#233; dans leurs exp&#233;rimentations. La recherche appliqu&#233;e commence &#224; investir ce champ du handicap pour que les pratiques puissent s'appuyer sur des donn&#233;es &#224; la fois scientifiques et (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L107xH150/arton4190-01ef3.jpg?1694067833' width='107' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les troubles du comportement des enfants et adolescents accueillis en institut th&#233;rapeutique &#233;ducatif et p&#233;dagogique se traduisent par des conduites agressives, tourn&#233;es notamment vers les adultes, qui fragilisent les &#233;tablissements et les professionnels. Mais ces derniers savent s'adapter et font preuve de cr&#233;ativit&#233; dans leurs exp&#233;rimentations. La recherche appliqu&#233;e commence &#224; investir ce champ du handicap pour que les pratiques puissent s'appuyer sur des donn&#233;es &#224; la fois scientifiques et empiriques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L''essentiel de la quinzaine&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;D&#233;cryptage par Jo&#235;l Plantet&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Mauvais genre et gentils st&#233;r&#233;otypes&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Sur le vif d'Etienne Liebig&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;L'oubli de l'enjeu sanitaire&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'humeur de Jacques Tr&#233;mintin&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Tar' ta gueule, &#224; la r&#233;cr&#233; !&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;La plume de C&#233;lia Carpaye&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Vous avez dit autonome ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Tribune des r&#233;sistances&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;L'entretien annuel sous l'objectif&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Vid&#233;o-tracts&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Chronique internationale&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;La Colifata, la radio des doux dingues&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Angle droit&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Exp&#233;rimentation de la &#171; Garantie jeunes &#187; : &#171; Avoir le temps d'accompagner &#187;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Formations et transmission&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Stage et alternance dans les formations : des &#233;tudiants t&#233;moignent&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Au c&#339;ur des m&#233;tiers&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Handicap : une &#233;cole pour l'autonomie&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Mati&#232;re &#224; pens&#233;es&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;L'espace public menac&#233; par les extr&#234;mes. Entretien avec Michel Wieviorka, sociologue&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Dossier&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Violences en ITEP. La cr&#233;ativit&#233; des professionnels&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Reportage &#224; l'ITEP Ch&#226;teau-Sage&lt;/li&gt;&lt;li&gt;La violence, expression de souffrance&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Entretien avec Alain Roucoules, formateur : &lt;i&gt;&#171; R&#233;parer le processus de d&#233;shumanisation de l'auteur de l'acte &#187;&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'espace du lecteur&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;i&gt;Je ne sais plus vers quelles instances me tourner&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'&#339;il et l'oreille&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Livres&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Pour un manifeste du convivialisme, Alain Caill&#233;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Les enjeux hybrides de l'&#233;conomie sociale et solidaire, Laurent Courtois&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Et si l'&#233;conomie nous parlait du bonheur ? Laure Malchair&lt;/li&gt;&lt;li&gt;L'id&#233;e m&#234;me de richesse, Alain Caill&#233;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Cin&#233;ma&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;La cour de Babel, un documentaire de Julie Bertuccelli&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Exposition&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Prisons d'Ernest, Pignon-Ernest&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Les artisans du social&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Portrait de Xavier Bouchereau : &lt;i&gt;&#171; Il faut s'extraire de la question morale pour basculer du c&#244;t&#233; de l'&#233;thique &#187;&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Offres d'emploi&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Jiho : affreux, sales et m&#233;chants&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;5.00&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les enjeux hybrides de l'&#233;conomie sociale et solidaire</title>
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		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Vouloir faire de l'entreprise autre chose qu'une machine &#224; gagner de l'argent : voil&#224; l'ambition de l'&#233;conomie sociale et solidaire qui revendique de placer l'&#234;tre humain au c&#339;ur de ses pr&#233;occupations, favorisant le processus d&#233;mocratique de gestion et une finalit&#233; reli&#233;e &#224; ses membres ou aux int&#233;r&#234;ts de la collectivit&#233;. La d&#233;marche n'est pas nouvelle, coop&#233;ratives, mutuelles, associations existant depuis le XIXe si&#232;cle. Mais son essor a pris une autre dimension depuis l'explosion de la paup&#233;risation, de (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L106xH150/arton4191-d2a7a.jpg?1694067833' width='106' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vouloir faire de l'entreprise autre chose qu'une machine &#224; gagner de l'argent : voil&#224; l'ambition de l'&#233;conomie sociale et solidaire qui revendique de placer l'&#234;tre humain au c&#339;ur de ses pr&#233;occupations, favorisant le processus d&#233;mocratique de gestion et une finalit&#233; reli&#233;e &#224; ses membres ou aux int&#233;r&#234;ts de la collectivit&#233;. La d&#233;marche n'est pas nouvelle, coop&#233;ratives, mutuelles, associations existant depuis le XIXe si&#232;cle. Mais son essor a pris une autre dimension depuis l'explosion de la paup&#233;risation, de l'exclusion et du ch&#244;mage de masse. Cette autre mani&#232;re de produire des biens et des services peut-elle constituer une alternative face &#224; une &#233;conomie de march&#233; domin&#233;e par un capitalisme financier tourn&#233; vers la seule et unique rentabilit&#233; et l'incessante recherche de profits ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la question que pose Le Sociographe, avec le brio et le talent qu'on lui conna&#238;t, en pla&#231;ant en perspective les apports, mais aussi les contradictions de ce tiers secteur plac&#233; entre l'&#201;tat et l'entreprise priv&#233;e lucrative. Premi&#232;re tension, celle qui oppose le travail social, accul&#233; au seul traitement social du ch&#244;mage, et l'&#233;conomie sociale et solidaire soup&#231;onn&#233;e d'&#234;tre le cheval de Troie du d&#233;sengagement de l'&#201;tat social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seconde contradiction, celle qui met face &#224; face des b&#233;n&#233;voles, par essence amateurs (repr&#233;sentant 22 &#224; 23 % de la population et 900 000 &#233;quivalents temps plein) et des professionnels reconnus pour leurs comp&#233;tences techniques. Les premiers se consacrent au terrain quand les seconds occupent les places de pouvoir dans les conseils d'administration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me paradoxe, l'interp&#233;n&#233;tration du tiers secteur et du secteur priv&#233;. Les objectifs d'efficience impos&#233;s par l'&#201;tat aux structures d'insertion par l'activit&#233; &#233;conomique (SIAE) se traduisent par des exigences de sortie durable vers l'emploi, leurs directeurs s&#233;lectionn&#233;s de plus en plus sur des comp&#233;tences manag&#233;riales incitent au recrutement de personnes les moins en difficult&#233; susceptibles de satisfaire les statistiques de &#171; r&#233;ussite &#187;. Les entreprises priv&#233;es, de leur c&#244;t&#233;, sont de plus en plus tent&#233;es d'encourager le volontariat de leurs salari&#233;s, en escomptant tant des retomb&#233;es marketing que l'am&#233;lioration de la motivation et donc de la productivit&#233; interne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;me singularit&#233;, le dumping exerc&#233; par certaines structures d'insertion qui, subventionn&#233;es &#224; 70 %, peuvent emporter des march&#233;s au d&#233;triment des entreprises priv&#233;es concurrentes, privant du m&#234;me coup de tout d&#233;bouch&#233; le personnel qu'elles sont cens&#233;es ins&#233;rer dans un emploi relevant du droit commun. Reste une approche de l'&#233;conomie fond&#233;e sur des valeurs privil&#233;giant l'&#233;mancipation, l'&#233;thique et la redistribution des richesses, que l'on ne peut que pl&#233;bisciter, parce qu'en coh&#233;rence avec les fondements du travail social.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Le Sociographe, hors s&#233;rie 5/2012, &#233;d. Champ Social (311 p. ; 18 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pour un manifeste du convivialisme</title>
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		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>1137</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans notre soci&#233;t&#233; en crise, malgr&#233; un id&#233;al dominant fait d'harmonie et de consensus, ce qui l'emporte c'est l'opposition et la division. Rien de plus normal, tant les points de vue, les int&#233;r&#234;ts et les d&#233;sirs entre les &#234;tres humains sont n&#233;cessairement diff&#233;rents et a priori divergents. C'est en dialectisant et en canalisant ces conflits qu'on peut &#233;viter qu'ils ne se transforment en guerre. Ce n'est pas la voie de l'anthropologie utilitariste qui r&#233;duit chaque individu &#224; un &#171; homo oeconomicus &#187; (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L95xH150/arton4192-039bf.jpg?1694067833' width='95' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans notre soci&#233;t&#233; en crise, malgr&#233; un id&#233;al dominant fait d'harmonie et de consensus, ce qui l'emporte c'est l'opposition et la division. Rien de plus normal, tant les points de vue, les int&#233;r&#234;ts et les d&#233;sirs entre les &#234;tres humains sont n&#233;cessairement diff&#233;rents et a priori divergents. C'est en dialectisant et en canalisant ces conflits qu'on peut &#233;viter qu'ils ne se transforment en guerre. Ce n'est pas la voie de l'anthropologie utilitariste qui r&#233;duit chaque individu &#224; un &lt;i&gt;&#171; homo oeconomicus &#187; &lt;/i&gt; calculateur, m&#251; par ses seuls int&#233;r&#234;ts &#233;go&#239;stes et indiff&#233;rents &#224; autrui. Pas plus que celles v&#233;hicul&#233;es par le mythe postulant que le d&#233;sir des hommes consisterait uniquement &#224; accumuler toujours plus de pouvoir, d'avoir et de savoir, la croissance &#233;tant cens&#233;e apporter le bonheur, en r&#233;glant tous les probl&#232;mes. Si un autre monde est possible, affirme Alain Caill&#233;, c'est en privil&#233;giant un certain nombre de valeurs universalisables laissant la place &#224; de nouvelles r&#232;gles du jeu social, politique et &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il faut remettre en cause, c'est l'explosion des in&#233;galit&#233;s (les cinq cents plus riches de la plan&#232;te gagnant autant que les cinq cents millions les plus pauvres), c'est la spirale de l'endettement et de la sp&#233;culation (encore acc&#233;l&#233;r&#233;e par la place de plus en plus r&#233;duite du capitalisme industriel par rapport au capitalisme financier), c'est cette situation o&#249; &lt;i&gt;&#171; le d&#233;sir insatiable de certains nourrit la haine de tous &#187;&lt;/i&gt; (p.64), c'est cette ignorance de la finitude du monde et de l'&#233;puisement de la nature (la dynamique li&#233;e &#224; la situation de sous-consommation chronique et de reconstruction massive d'apr&#232;s-guerre ne pouvant se prolonger ind&#233;finiment). Le convivialisme pr&#244;n&#233; par l'auteur a cette ambition, en revendiquant la pr&#233;occupation de dignit&#233; et d'&#233;gale humanit&#233; comme un nouvel humanisme cherchant &#224; mettre fin &#224; la pr&#233;histoire de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Le Bord de l'eau, 2011 (117 p. ; 12 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'id&#233;e m&#234;me de richesse</title>
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		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>1137</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'id&#233;al qui r&#233;git notre monde est celui de la richesse, sans que l'on sache toujours bien comment la d&#233;finir. Son identification est r&#233;duite au champ mon&#233;taire : est riche celui qui poss&#232;de beaucoup d'argent. Le PIB (Produit int&#233;rieur brut) est identifi&#233; &#224; partir de l'efficacit&#233; marchande, de la performance concurrentielle et de la rentabilit&#233; &#233;conomique. On n'y int&#232;gre jamais ni le bien-&#234;tre v&#233;cu, ni la qualit&#233; des relations humaines ou de la sant&#233;, pas plus que la vertu &#233;cologique, la correction politique, (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L98xH150/arton4193-13ba7.jpg?1694067834' width='98' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'id&#233;al qui r&#233;git notre monde est celui de la richesse, sans que l'on sache toujours bien comment la d&#233;finir. Son identification est r&#233;duite au champ mon&#233;taire : est riche celui qui poss&#232;de beaucoup d'argent. Le PIB (Produit int&#233;rieur brut) est identifi&#233; &#224; partir de l'efficacit&#233; marchande, de la performance concurrentielle et de la rentabilit&#233; &#233;conomique. On n'y int&#232;gre jamais ni le bien-&#234;tre v&#233;cu, ni la qualit&#233; des relations humaines ou de la sant&#233;, pas plus que la vertu &#233;cologique, la correction politique, le go&#251;t de l'innovation ou la cr&#233;ativit&#233;... autant de crit&#232;res se r&#233;f&#233;rant &#224; la notion de satisfaction. Des indicateurs ont &#233;t&#233; &#233;labor&#233;s, leur champ d'application allant au-del&#224; du simple rendement financier. Celui de d&#233;veloppement humain, tout d'abord, propos&#233; en 1990 par le PNUD (Programme des Nations unies pour le d&#233;veloppement), classant les pays en fonction de l'&#233;tat de sant&#233;, du niveau d'instruction et du revenu moyen de ses habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aussi l'indicateur d'empreinte &#233;cologique, l'indice de sant&#233; sociale, le barom&#232;tre des in&#233;galit&#233;s et de la pauvret&#233;, l'indice de bonheur national brut, l'indice de progr&#232;s v&#233;ritable, l'indice de bien-&#234;tre durable, etc. Loin de s'exclure l'une l'autre, toutes les formes de richesse que cherchent &#224; d&#233;terminer ces crit&#232;res se compl&#232;tent, tant il est vain de tenter de cerner une essence unique et g&#233;n&#233;rale &#224; pr&#233;tention universelle. Contrairement au quotient intellectuel, &#233;labor&#233; par Alfred Binet, qui ne s'appuie que sur une seule forme d'intelligence, l&#224; o&#249; les psychologues en identifient aujourd'hui onze, la richesse ne se caract&#233;rise pas, une bonne fois pour toutes, par un facteur isol&#233;. Tout d&#233;pend de l'espace-temps dans lequel on veut la mesurer et de l'usage que l'on veut en faire. On doit donc pouvoir aussi consid&#233;rer comme riche un pays o&#249; les habitants re&#231;oivent et d&#233;veloppent leurs capacit&#233;s d'agir, de donner et de s'adonner.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. La D&#233;couverte, 2012 (143 p. ; 12 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Et si l'&#233;conomie nous parlait du bonheur ? </title>
		<link>https://www.lien-social.com/Et-si-l-economie-nous-parlait-du-bonheur</link>
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		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>1137</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#171; Ce qui compte ne peut pas toujours &#234;tre compt&#233; et ce qui peut &#234;tre compt&#233; ne compte pas forc&#233;ment. &#187; Le paradoxe d'Easterlin illustre fort bien cette affirmation d'Albert Einstein, en d&#233;montrant combien l'accroissement des ressources financi&#232;res am&#233;liore le sentiment de bonheur jusqu'&#224; un certain point. Au-del&#224; : plus on s'enrichit moins on a le sentiment d'un progr&#232;s de l'existence. Forte de ce constat, Laure Malchair rappelle dans ce petit livre les divers facteurs entrant en compte dans la d&#233;finition du (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1137-" rel="tag"&gt;1137&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L99xH150/arton4194-8525f.jpg?1694067834' width='99' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce qui compte ne peut pas toujours &#234;tre compt&#233; et ce qui peut &#234;tre compt&#233; ne compte pas forc&#233;ment.&lt;/i&gt; &#187; Le paradoxe d'Easterlin illustre fort bien cette affirmation d'Albert Einstein, en d&#233;montrant combien l'accroissement des ressources financi&#232;res am&#233;liore le sentiment de bonheur jusqu'&#224; un certain point. Au-del&#224; : plus on s'enrichit moins on a le sentiment d'un progr&#232;s de l'existence. Forte de ce constat, Laure Malchair rappelle dans ce petit livre les divers facteurs entrant en compte dans la d&#233;finition du bonheur. Certes, il est d&#233;licat d'&#233;tablir leur caract&#232;re universel et objectif, certains choix ou comportements &#233;tant li&#233;s non &#224; des pr&#233;f&#233;rences, mais &#224; des normes, des habitudes ou des addictions risquant de venir s'interposer entre nos actes et notre conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, subvenir &#224; ses besoins, &#234;tre entour&#233; par des personnes qu'on aime et avoir une vie affective &#233;panouie, vivre dans un environnement sain en b&#233;n&#233;ficiant d'un acc&#232;s &#224; la culture et en profitant d'une gouvernance responsable fond&#233;e sur la libert&#233; et la d&#233;mocratie concourent &#224; la satisfaction citoyenne. On est bien loin d'un PIB mesurant l'activit&#233; marchande sans en d&#233;duire les nuisances et la quantification de la croissance, sans en mesurer la qualit&#233;. L'auteure d&#233;crit les nombreux indicateurs cr&#233;&#233;s au niveau international pour mesurer la jouissance de la vie : &#171; indice de d&#233;veloppement humain &#187;, &#171; indicateur de bien-&#234;tre durable &#187;, &#171; bonheur national brut &#187;, &#171; indicateurs soci&#233;taux de bien-&#234;tre &#187;&#8230; Loin de vouloir promouvoir l'un contre l'autre, elle pr&#233;conise leur compl&#233;mentarit&#233;, la n&#233;cessaire co-construction d&#233;mocratique qui doit pr&#233;sider &#224; leur &#233;laboration en associant les acteurs scientifiques et politiques et les populations, ainsi que la dynamique collective d'appropriation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Couleur Livres, 2013 (106 p. ; 12 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mauvais genre et gentils st&#233;r&#233;otypes</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Mauvais-genre-et-gentils-stereotypes</link>
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		<dc:date>2014-03-19T23:00:00Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Que ce soit au cin&#233;ma, dans la litt&#233;rature ou au th&#233;&#226;tre, des &#339;uvres pour jeunesse sont d&#233;sormais prises pour cibles. Un climat de crispation de plus en plus inqui&#233;tant s'installe, parfois dans une d&#233;sinformation frisant l'obscurantisme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Laure entre en cm2 et profite du d&#233;m&#233;nagement de sa famille et de ses cheveux courts pour se faire passer pour un gar&#231;on. C'est le point de d&#233;part de l'excellent film de C&#233;line Sciamma, Tomboy, juste et pudique, qui aux yeux d'extr&#233;mistes a le tort de rappeler qu'on ne (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Que ce soit au cin&#233;ma, dans la litt&#233;rature ou au th&#233;&#226;tre, des &#339;uvres pour jeunesse sont d&#233;sormais prises pour cibles. Un climat de crispation de plus en plus inqui&#233;tant s'installe, parfois dans une d&#233;sinformation frisant l'obscurantisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Laure entre en cm2 et profite du d&#233;m&#233;nagement de sa famille et de ses cheveux courts pour se faire passer pour un gar&#231;on. C'est le point de d&#233;part de l'excellent film de C&#233;line Sciamma, &lt;i&gt;Tomboy&lt;/i&gt;, juste et pudique, qui aux yeux d'extr&#233;mistes a le tort de rappeler qu'on ne choisit pas son sexe &#224; la naissance. &lt;i&gt;Zazie a-t-elle un zizi &lt;/i&gt; ? raconte l'histoire d'une fillette qui aime jouer au foot, se battre et monter aux arbres&#8230; Le fameux &lt;i&gt;Tous &#224; poil ! &lt;/i&gt; s'est vu propulser en t&#234;te de gondole par le leader de l'opposition ; &lt;i&gt;Tango a deux papas et pourquoi pas ? (&lt;/i&gt;&#233;ditions Le Baron perch&#233;) relate l'histoire &#233;difiante (et v&#233;ridique) de deux m&#226;les manchots empereurs vivant ensemble dans un zoo, d&#233;nichant un &#339;uf laiss&#233; &#224; l'abandon par un autre couple, le couve, et font na&#238;tre un b&#233;b&#233; manchot entour&#233; de ses deux papas. Scandale ! Dans un contexte d&#233;l&#233;t&#232;re, des interventions de pr&#233;vention dans les coll&#232;ges sont annul&#233;es, et des biblioth&#232;ques menac&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, les &#233;ducateurs, parents, animateurs et enseignants aiment de tout temps s'appuyer sur des r&#233;cits o&#249; les filles et les gar&#231;ons s'engagent dans la vie avec une vision moins st&#233;r&#233;otyp&#233;e et &#224; chances &#233;gales. La directrice du Salon du livre jeunesse, Sylvie Vassallo, rappelait utilement &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/02/14/les-livres-pour-enfant-ne-sont-pas-des-manuels-de-morale_4366989_3232.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;(&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; dat&#233; 16-17 f&#233;vrier 2014)&lt;/a&gt; que cette litt&#233;rature &#171; &lt;i&gt;&#8239;permet de penser l'alt&#233;rit&#233;, de se d&#233;couvrir. Elle d&#233;range, rassure, interroge, fait r&#234;ver&lt;/i&gt; &#187; ; elle permet par ailleurs &#224; l'enfant d'&#171; &lt;i&gt;appr&#233;hender ses peurs, ma&#238;triser sa relation aux autres, mettre des mots sur ses &#233;motions&lt;/i&gt; &#187;, en bref de participer &#224; sa construction psychique et sociale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La lutte contre les st&#233;r&#233;otypes ne s'apparente &#224; aucune th&#233;orie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Des familles ont refus&#233; d'envoyer leurs enfants &#224; l'&#233;cole pour protester contre l'enseignement suppos&#233; d'une th&#233;orie du genre fantasm&#233;e. Les tenants absolus du rose fille et du bleu gar&#231;on s&#233;vissent aujourd'hui &#224; visage d&#233;couvert, dans toutes les rubriques : une militante d'extr&#234;me-droite apeur&#233;e lance une ann&#233;e de la robe&#8230; Mais ce n'est pas en informant les enfants sur l'existence de l'homosexualit&#233; qu'on les rendra gays, et dire &#224; une fillette qu'elle a le droit de devenir garagiste n'est pas une incitation &#224; une sexualit&#233; &lt;i&gt;&#171; diff&#233;rente &#187;.&lt;/i&gt; L'ambiance g&#233;n&#233;rale est &#224; l'hyst&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cemment, &#224; la Roche-sur-Yon, une candidate du Front national a appel&#233; &#224; une manifestation &#8211; environ vingt personnes au total&#8230; &#8211; pour emp&#234;cher un spectacle &#171; d&#233;cadent &#187;, parce qu'avec des danseurs nus. Dans un &#233;tat d'excitation croissant, les opposants &#224; la chim&#233;rique th&#233;orie du genre s'agitent. Pourtant, le rapport de l'Inspection g&#233;n&#233;rale des affaires sociales (IGAS, d&#233;cembre&#8239;2012) d&#233;finissait clairement les territoires : &#171; &lt;i&gt;Le sexe d'une personne renvoie &#224; ses composantes biologiques, c'est-&#224;-dire ses diff&#233;rences anatomiques, hormonales et chromosomiques. Le mot genre au contraire est utilis&#233; pour d&#233;signer la dimension sociale des r&#244;les associ&#233;s aux individus de sexe f&#233;minin et masculin. Il renvoie &#224; l'id&#233;e que l'identit&#233; sexu&#233;e d'un individu est la r&#233;sultante d'un construit social et fait r&#233;f&#233;rence aux diff&#233;rentes &#233;tapes &#224; travers lesquelles passe un enfant pour se construire comme un gar&#231;on ou une fille de sa culture et de son &#233;poque.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de quoi bondir. Pourquoi donc les hommes auraient-ils tendance &#224; moins faire le m&#233;nage ? est une interrogation, par exemple, pouvant donner lieu &#224; une utile &#233;tude de genre. Quoi qu'en pensent les traditionalistes, la lutte contre les st&#233;r&#233;otypes ne s'apparente en aucune mani&#232;re &#224; quelque th&#233;orie que ce soit. Et les ABCD de l'&#233;galit&#233;, nouveaut&#233; de la rentr&#233;e 2013, ne font que tester, dans six cents classes allant de la maternelle au cm2, des s&#233;quences sur les r&#244;les masculin-f&#233;minin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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