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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Enfants plac&#233;s : ils se souviennent</title>
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		<dc:subject>Placement familial</dc:subject>
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		<title>Enfants plac&#233;s, ils se souviennent	</title>
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		<dc:subject>Protection de l'enfance</dc:subject>
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&lt;p&gt;Que deviennent les jeunes pris en charge par la protection de l'enfance ? Quel regard portent-ils sur leur passage dans les diff&#233;rents services ? Comment jugent-ils leur accompagnement par les travailleurs sociaux ? &#192; d&#233;faut d'une enqu&#234;te exhaustive sur la question, deux &#233;tudes viennent d'&#234;tre pr&#233;sent&#233;es : elles donnent un aper&#231;u de la situation des personnes contact&#233;es et surtout apportent des &#233;l&#233;ments de r&#233;flexion sur le sens et les priorit&#233;s du travail social. &lt;br class='autobr' /&gt;
Association &#338;uvre de secours aux enfants (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Que deviennent les jeunes pris en charge par la protection de l'enfance ? Quel regard portent-ils sur leur passage dans les diff&#233;rents services ? Comment jugent-ils leur accompagnement par les travailleurs sociaux ? &#192; d&#233;faut d'une enqu&#234;te exhaustive sur la question, deux &#233;tudes viennent d'&#234;tre pr&#233;sent&#233;es : elles donnent un aper&#231;u de la situation des personnes contact&#233;es et surtout apportent des &#233;l&#233;ments de r&#233;flexion sur le sens et les priorit&#233;s du travail social.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Association &#338;uvre de secours aux enfants (OSE), 219 enfants plac&#233;s entre 1970 et 2000 t&#233;moignent (enqu&#234;te I).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'association &#338;uvre de secours aux enfants (OSE)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='L'OSE, cr&#233;&#233;e en 1912, a recueilli des enfants juifs pendant et apr&#232;s la (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a lanc&#233; en 2011 une enqu&#234;te, pr&#233;sent&#233;e lors du centenaire de l'association le 17 janvier 2013, aupr&#232;s de toutes les personnes rest&#233;es plus de deux ans dans ses &#233;tablissements &#8211; quatre maisons d'enfants &#224; caract&#232;re social (MECS) et un service de placement familial &#8211; entre 1970 et 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Richard Josefsberg, directeur de la maison d'enfants Elie Wiesel de Taverny, est l'initiateur de cette d&#233;marche : &lt;i&gt;&#171; Dans un contexte id&#233;ologique et financier qui tend &#224; remettre en cause la s&#233;paration des enfants d'avec leurs parents biologiques, je souhaitais savoir ce que sont devenus les anciens, comment ils per&#231;oivent leur placement, quel en a &#233;t&#233; l'impact sur leur parcours, dans une perspective d'&#233;valuation des prises en charge. &#187;&lt;/i&gt; &#192; l'heure o&#249; l'&#233;valuation est tr&#232;s &#224; la mode, on peut s'&#233;tonner qu'il existe tr&#232;s peu d'&#233;tudes sur le devenir des enfants plac&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'absence de fonds publics pour financer ce type d'&#233;tudes, elles le sont le plus souvent par des fonds priv&#233;s ou des associations gestionnaires d'&#233;tablissements, comme l'OSE. &lt;i&gt;&#171; Notons qu'une telle d&#233;marche comprend une part de risque, qui peut faire reculer l'institution &#187;,&lt;/i&gt; indique Richard Josefsberg, dont l'initiative n'a pas fait d'embl&#233;e l'unanimit&#233; au sein de sa direction g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enqu&#234;te r&#233;alis&#233;e par l'OSE et le Cr&#233;as &#8211; centre de recherche et d'&#233;tudes en action sociale &#8211; est rare de par son ampleur : sur un total de 898 usagers rest&#233;s plus de deux ans entre 1970 et 2000, 485 ont pu &#234;tre retrouv&#233;s et contact&#233;s, dont 219 ont rempli et renvoy&#233; le questionnaire d'enqu&#234;te. Les questions portaient sur leur itin&#233;raire depuis la sortie et sur leur v&#233;cu du placement. Les t&#233;moins ont aujourd'hui entre vingt-deux et cinquante-six ans, sont rest&#233;s en moyenne cinq ans en placement et avaient en moyenne huit ans au moment de l'accueil.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les &#233;ducateurs impliqu&#233;s dans l'enqu&#234;te&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est le choix de la recherche-action qui a &#233;t&#233; fait pour cette enqu&#234;te, c'est-&#224;-dire d'une collaboration entre chercheurs et travailleurs sociaux. Un groupe de deux &#224; six travailleurs sociaux volontaires a &#233;t&#233; constitu&#233; dans chaque &#233;tablissement et form&#233; aux m&#233;thodes d'enqu&#234;te en sciences sociales. Ils ont particip&#233; &#224; l'&#233;laboration du questionnaire puis &#224; la conduite des entretiens, en bin&#244;me avec un chercheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur participation &#233;tait indispensable &#224; plusieurs niveaux. D'abord pour retrouver et identifier les anciens, travail qui a pris plus d'un an via l'annuaire t&#233;l&#233;phonique, Google, les r&#233;seaux sociaux, les cercles d'amis, et les services sociaux.&lt;i&gt; &#171; Ensuite leur pr&#233;sence a facilit&#233; la parole des t&#233;moins pendant les entretiens,&lt;/i&gt; ajoute Patrick Dub&#233;chot, sociologue-d&#233;mographe, responsable du Cr&#233;as, qui a dirig&#233; la recherche, &lt;i&gt;car ils avaient une l&#233;gitimit&#233;, ils connaissaient la vie en &#233;tablissement, alors que le m&#234;me travail exp&#233;riment&#233; avec des &#233;tudiants n'avait pas du tout fonctionn&#233;. &#187; &#171; Le but d'impliquer les professionnels &#233;tait aussi de leur apporter un regard r&#233;flexif sur leurs pratiques, un retour sur les effets au long cours de leur travail &#187;, &lt;/i&gt; explique C&#233;line Lepeletier, charg&#233;e d'&#233;tude au Cr&#233;as.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Insertion sociale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude apporte des &#233;l&#233;ments objectifs sur la population enqu&#234;t&#233;e, et des &#233;l&#233;ments tr&#232;s personnels et subjectifs, li&#233;s au v&#233;cu et aux souvenirs de chacun. C'est une population en bonne sant&#233;, plus faiblement dipl&#244;m&#233;e que la moyenne (40 % ont un niveau V : CAP, BEP), mais plus souvent en emploi (90 % ont un emploi). &lt;i&gt;&#171; Cela traduit une bonne capacit&#233; &#224; se d&#233;brouiller dans la vie, &lt;/i&gt; souligne Patrick Dub&#233;chot. &lt;i&gt;Bon nombre d'entre eux sont &#224; leur compte, commer&#231;ants, artisans, professions lib&#233;rales. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les pr&#233;conisations, les anciens disent qu'on aurait pu les pousser davantage dans leur scolarit&#233;. Une partie des t&#233;moins, &#233;quivalente &#224; la moyenne nationale, vit en dessous du seuil de pauvret&#233;. Enfin, 72 % d'entre eux disent ne pas avoir eu recours &#224; des travailleurs sociaux depuis leur placement : &lt;i&gt;&#171; Ce point est &#224; souligner car il va &#224; l'encontre des id&#233;es re&#231;ues, selon lesquelles les enfants plac&#233;s seraient tous abonn&#233;s &#224; vie aux services sociaux &#187;&lt;/i&gt;, indique Richard Josefsberg.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Bons souvenirs et liens durables&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Autre enseignement, 81 % des anciens se disent globalement satisfaits de leur vie et les deux tiers (65 %) ont de bons souvenirs de leur placement. &lt;i&gt;&#171; Ils d&#233;crivent une ambiance familiale et chaleureuse alors qu'en tant qu'&#233;ducateur d&#233;butant &#224; l'&#233;poque, j'avais plut&#244;t l'impression d'un climat assez violent entre enfants, &lt;/i&gt; observe Richard Josefsberg, &lt;i&gt;mais ce n'est pas du tout ainsi qu'ils l'ont v&#233;cu. &#187;&lt;/i&gt; Les bons souvenirs sont li&#233;s au terrain de sport o&#249; ils se retrouvaient, au parc o&#249; ils faisaient des cabanes, aux camps de vacances en camping.&lt;i&gt; &#171; On retrouve cela dans leurs pr&#233;conisations,&lt;/i&gt; note C&#233;line Lepeletier, &lt;i&gt;des loisirs, des s&#233;jours, or ces moments ludiques ou extraordinaires sont de moins en moins possibles aujourd'hui pour des raisons de s&#233;curit&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les souvenirs sont aussi li&#233;s au partage du quotidien, les repas, le coucher, autant de t&#226;ches qui aujourd'hui ne sont plus toujours faites par des &#233;ducateurs, mais par des aides m&#233;dico-psychologiques (AMP). Les aspects n&#233;gatifs, comme les conflits avec les &#233;ducateurs, sont plus pr&#233;sents dans les t&#233;moignages des plus jeunes.&lt;i&gt; &#171; Quand ils ont eux-m&#234;mes des enfants, la parole de l'&#233;ducateur devient une r&#233;f&#233;rence, ils s'aper&#231;oivent qu'ils l'ont int&#233;gr&#233;e &#187;,&lt;/i&gt; ajoute Patrick Dub&#233;chot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anciens citent des personnalit&#233;s marquantes d'adultes rencontr&#233;s en placement, qui ont compt&#233; dans leur vie, les ont &#233;tay&#233;s, leur ont servi de rep&#232;re par la suite. &#192; tel point que huit personnes sur dix restent en contact, aujourd'hui encore, avec des camarades ou des adultes rencontr&#233;s en institution. &lt;i&gt;&#171; C'est la premi&#232;re fois qu'une &#233;tude met en &#233;vidence l'importance des relations avec les pairs de placement, &lt;/i&gt; souligne Patrick Dub&#233;chot. &lt;i&gt;Cela plaide pour des placements longs qui permettent de cr&#233;er ces liens. &#187; &#171; Nos cultures sous-estiment l'influence des enfants entre eux, alors que &#231;a participe d'un sentiment d'appartenance qui nous &#233;taye et nous solidifie &#187;,&lt;/i&gt; expliquait Boris Cyrulnik, neuropsychiatre et th&#233;oricien de la r&#233;silience, pr&#233;sent &#224; la journ&#233;e organis&#233;e par l'OSE pour le centi&#232;me anniversaire.de l'association.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;N&#233;cessit&#233; du placement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;H&#233;las les conditions ne sont pas toujours r&#233;unies pour la r&#233;ussite du placement : les entretiens r&#233;v&#232;lent aussi de mauvais souvenirs, une personne victime de violences ou d'attouchements pendant son placement, par exemple. On aurait aim&#233; en savoir plus sur les 20 % qui s'estiment m&#233;contents de leur vie et de leur placement. L'&#233;tude ne permet pas non plus de comparer le placement collectif et l'accueil familial, ce dernier concernant un trop petit nombre de personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, une majorit&#233; d'anciens estiment avoir &#233;t&#233; plac&#233;s au bon moment et avoir trouv&#233; en institution une s&#233;curit&#233; et une stabilit&#233;, leur permettant de porter un regard critique sur leur propre famille et de modifier leur trajectoire. La s&#233;paration du milieu familial, bien que v&#233;cue comme une &#233;tape douloureuse, leur a paru n&#233;cessaire a posteriori.&lt;i&gt; &#171; Il faut arr&#234;ter de vouloir &#224; tout prix maintenir l'enfant dans sa famille biologique &#187;&lt;/i&gt;, peut-on lire ainsi dans le dernier questionnaire re&#231;u par les chercheurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; qui va un peu &#224; l'encontre de la tendance actuelle. De m&#234;me, cette &#233;tude confirme que la dur&#233;e du placement est un &#233;l&#233;ment important de sa r&#233;ussite, alors que la mode est plut&#244;t aux placements courts :&lt;i&gt; &#171; Ce qui est catastrophique, ce sont les ruptures de parcours, alors qu'un placement long permet au contraire une stabilit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, insiste Richard Josefsberg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des &#233;ducateurs qui ont particip&#233; &#224; l'enqu&#234;te, cette recherche-action les a remobilis&#233;s, ils y ont consacr&#233; du temps personnel, ils ont pu voir tr&#232;s concr&#232;tement les effets &#224; long terme de leur travail, dont ils n'imaginaient pas la port&#233;e. &#171; Il faut revaloriser le travail d'internat, donner du sens et produire de la pens&#233;e dans le quotidien &#187;, conclut Richard Josefsberg.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Association d'entraide des enfants accueilis en protection de l'enfance (Adepape), enqu&#234;te flash r&#233;alis&#233;e aupr&#232;s de 400 personnes &#226;g&#233;es de 18 &#224; 51 ans membres des Adepape (enqu&#234;te II).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats de cette enqu&#234;te ont &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233;s &#224; l'occasion des Journ&#233;es de la protection de l'enfance organis&#233;es par le Journal de l'action sociale &#224; Angers, les 11 et 12 f&#233;vrier 2013. On y apprend que 54 % des personnes interrog&#233;es gardent un regard positif de leur prise en charge, contre 10 % un souvenir n&#233;gatif et 35 % une impression mitig&#233;e. Principaux reproches : un manque d'accompagnement &#224; la majorit&#233; (64 %), trop de ruptures dans le parcours (62 %) et un manque d'empathie de la part des professionnels (60 %). Dans une moindre mesure, 43 % reprochent aux intervenants d'avoir voulu maintenir des liens &#224; tout prix avec leur famille d'origine. Enfin, grande surprise quand m&#234;me, 26 % estiment n'avoir pas du tout &#233;t&#233; aid&#233;s dans leur projet de vie et 45 % que cela a &#233;t&#233; fait de fa&#231;on insuffisante.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des progr&#232;s &#224; accomplir&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re critique, celle du sentiment d'abandon &#224; la majorit&#233;, ne peut qu'&#234;tre valid&#233;e. Ceux qui ont la chance d'avoir des parents sur qui comptr, pourront se tromper, recommencer&#8230; tout en b&#233;n&#233;ficiant de la solidarit&#233; familiale. Celles et ceux qui sont plac&#233;s subissent une double peine : ne pouvoir s'appuyer sur une famille protectrice et devoir, &#224; dix-huit ans, pr&#233;senter un projet et le mener &#224; bien. Au moindre d&#233;rapage, c'est le risque de rupture du contrat jeune majeur qui leur donne th&#233;oriquement un r&#233;pit jusqu'&#224; vingt et un ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'incoh&#233;rence du parcours se caract&#233;rise parfois par les tentatives de retour en famille qui &#233;chouent ou par les &#233;checs des diff&#233;rents placements. L'&#233;puisement des &#233;quipes ou des familles d'accueil constitue un vrai probl&#232;me. Peut-on imaginer qu'on puisse, un jour, s'engager &#224; ne jamais exclure de la structure ou du service l'enfant ou le jeune accueilli, parce qu'on se sera donn&#233; les moyens de soutenir suffisamment les professionnels, de les soulager et de les relayer afin de leur permettre de tenir dans le temps ? Certains r&#233;ussissent d&#233;j&#224; &#224; le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me reproche, l&#224; aussi sans doute fond&#233; : le manque d'empathie des professionnels. On peut, peut-&#234;tre, y voir les effets pervers de l'id&#233;al technicien, un temps tr&#232;s pris&#233;, fond&#233; sur l'id&#233;ologie de la prise de distance avec l'usager, du refus de l'affectif ou de la crainte de se placer dans une position substitutive &#224; l'&#233;gard des parents qui, seuls, auraient la l&#233;gitimit&#233; d'aimer l'enfant. Les int&#233;gristes du maintien du lien &#224; tout prix, consid&#233;r&#233; comme par essence structurant pour l'enfant, trouveront dans la proportion de personnes interrog&#233;es d&#233;non&#231;ant ce syst&#233;matisme une r&#233;ponse &#224; leur ent&#234;tement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le pire reste encore &#224; venir : ces 81 % de personnes interrog&#233;es, consid&#233;rant n'avoir que bien peu &#233;t&#233; aid&#233;es &#224; construire leur projet de vie, constituent quand m&#234;me un coup de poing dans l'estomac.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sentiment d'abandon&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'on pourrait se r&#233;fugier derri&#232;re le caract&#232;re non repr&#233;sentatif de l'&#233;chantillon. Sauf que, si les personnes interrog&#233;es sont les adh&#233;rents aux amicales d'anciens plac&#233;s, on peut imaginer qu'elles ne fassent pas partie de celles qui, gardant un souvenir particuli&#232;rement n&#233;gatif de leur passage &#224; l'ASE, ne veulent m&#234;me plus en entendre parler. Alors comment interpr&#233;ter cette appr&#233;ciation ? Par le manque d'&#233;coute, le manque de bienveillance ou le manque de conseils de la part des professionnels ? Cela semble douteux, tant ces approches sont au c&#339;ur du m&#233;tier d'&#233;ducateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de vie se joue souvent au moment de la majorit&#233;, au moment o&#249; l'on n'est pas tout &#224; fait s&#251;r de ce que l'on veut faire et o&#249; l'on a besoin d'&#234;tre accompagn&#233; dans ses h&#233;sitations et ses t&#226;tonnements. Et c'est justement dans cette p&#233;riode si cruciale que les professionnels se font d'autant plus exigeants. Leur intervention cessant d'&#234;tre obligatoire et se faisant conditionnelle et contractuelle, ils se retirent bien plus facilement. Voil&#224; donc une explication possible qui m&#233;riterait d'&#234;tre v&#233;rifi&#233;e par une enqu&#234;te plus approfondie. Avoir le sentiment de ne pas avoir &#233;t&#233; aid&#233; dans son projet de vie pourrait bien &#234;tre corr&#233;l&#233; avec l'impression d'avoir &#233;t&#233; abandonn&#233;, livr&#233; &#224; soi-m&#234;me, l&#226;ch&#233; au moment m&#234;me o&#249; on avait besoin d'&#234;tre encore prot&#233;g&#233; contre des coups de t&#234;tes et des d&#233;cisions impulsives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si pour une immense partie de la jeunesse, la majorit&#233; &#224; dix-huit ans aura &#233;t&#233; un progr&#232;s ind&#233;niable, symbolisant la reconnaissance de l'entr&#233;e dans la citoyennet&#233;, pour certains jeunes adultes pris en charge par la protection de l'enfance, elle marque la d&#233;sertion incompr&#233;hensible et la d&#233;fection insupportable d'adultes qui, pr&#233;sents aupr&#232;s d'eux depuis si longtemps, disparaissent bien trop t&#244;t (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Des-educateurs-prets-a-m-appuyer-et-a-croire-en-moi' class='spip_in'&gt;lire le t&#233;moignage de Aurore Bouv&#233;&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'OSE, cr&#233;&#233;e en 1912, a recueilli des enfants juifs pendant et apr&#232;s la guerre, puis s'est d&#233;velopp&#233;e et g&#232;re aujourd'hui de nombreux services et &#233;tablissements sociaux et m&#233;dico-sociaux (MECS, action &#233;ducative en milieu ouvert, pr&#233;vention th&#233;rapeutique, placement familial, petite enfance, handicap, d&#233;pendance) et emploie plus de 600 salari&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>&#171; Des &#233;ducateurs pr&#234;ts &#224; m'appuyer et &#224; croire en moi &#187;</title>
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&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir publi&#233; le r&#233;cit de son s&#233;jour d'une ann&#233;e en foyer &#233;ducatif o&#249; elle a &#233;t&#233; accueillie &#224; l'&#226;ge de dix-sept ans Le tournant de ma vie, &#233;ditions Pers&#233;e, 2011, Lien Social n&#176; 1070, Aurore Bouv&#233; revient pour Lien Social sur cet &#233;pisode de sa jeunesse, en expliquant en quoi l'action des &#233;ducateurs a &#233;t&#233; d&#233;terminante pour le reste de sa vie. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; quel moment ce sentiment de reconnaissance envers les &#233;ducateurs qui vous ont aid&#233;e est-il n&#233; en vous ? J'ai pris conscience de la reconnaissance que j'avais pour ces (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir publi&#233; le r&#233;cit de son s&#233;jour d'une ann&#233;e en foyer &#233;ducatif o&#249; elle a &#233;t&#233; accueillie &#224; l'&#226;ge de dix-sept ans &lt;a href='https://www.lien-social.com/Le-tournant-de-ma-vie' class='spip_in'&gt;Le tournant de ma vie, &#233;ditions Pers&#233;e, 2011, Lien Social n&#176; 1070&lt;/a&gt;, Aurore Bouv&#233; revient pour Lien Social sur cet &#233;pisode de sa jeunesse, en expliquant en quoi l'action des &#233;ducateurs a &#233;t&#233; d&#233;terminante pour le reste de sa vie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; quel moment ce sentiment de reconnaissance envers les &#233;ducateurs qui vous ont aid&#233;e est-il n&#233; en vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai pris conscience de la reconnaissance que j'avais pour ces &#233;ducateurs le jour de mon d&#233;part du foyer. J'ai v&#233;cu cela comme une r&#233;elle d&#233;chirure, mais en m&#234;me temps, je suis partie sur les chemins de la vie bien plus sereine. Un long travail &#233;tait encore &#224; fournir, un travail personnel ; et c'est en gardant en lumi&#232;re les outils que les &#233;ducateurs ont partag&#233;s avec moi, que j'ai pu faire face aux al&#233;as de l'existence sans tomber dans un processus de r&#233;p&#233;tition. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun, avec ses qualit&#233;s ou ses d&#233;fauts, m'a apport&#233; quelque chose de lui. Je quittais le foyer avec une part de tous ces &#233;ducateurs ; un savoir qui leur appartenait, qu'ils m'ont offert et que j'ai pu utiliser &#224; diff&#233;rents moments, &#224; ma mani&#232;re. La reconnaissance a donc &#233;merg&#233; le jour de mon d&#233;part, et je la leur offre aujourd'hui par mon t&#233;moignage, par mes &#171; petites &#187; r&#233;ussites personnelles&#8230; Reconna&#238;tre que, sans eux, je n'aurais pas pu faire tout ce chemin, n'&#233;tait pas simple. Mais en m&#234;me temps, c'&#233;tait une &#233;tape indispensable &#224; l'utilisation saine des outils re&#231;us.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Certains jeunes ayant connu l'accompagnement d'&#233;ducateurs &#233;prouvent parfois du rejet &#224; leur &#233;gad. Comment interpr&#233;tez-vous cette diff&#233;rence de perception par rapport &#224; la v&#244;tre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence de professionnels dans l'existence d'un jeune lui montre qu'en fait, il a besoin d'une aide&#8230; Le rejet se produit alors comme une sorte de protection&#8230; Les adultes l'ayant entour&#233; jusque-l&#224; ont peut-&#234;tre abus&#233; de sa confiance ou l'ont parfois simplement d&#233;&#231;u&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'image m&#234;me de &#171; l'adulte &#187; peut &#234;tre repr&#233;sentative d'un danger. C'est doucement, &#224; force de patience, de compr&#233;hension mutuelle, d'&#233;coute que le jeune va modifier l' &#171; image &#187; qu'il se fait de l'adulte et r&#233;alisera ensuite, lorsqu'il se construira sa propre &#233;chelle des valeurs, combien ces &#233;ducateurs qui l'ont entour&#233; auront contribu&#233; &#224; l'y aider&#8230; Mais ceci dit, effectivement, tous les jeunes ne vivent pas la pr&#233;sence d'un &#233;ducateur comme une aide mais parfois comme une punition&#8230; Nous rentrons alors dans une dynamique de conflit permanent, dans un rapport de force&#8230; Il faut voir dans quelles circonstances le jeune est amen&#233; &#224; rencontrer ces &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s qui sont fr&#233;quemment l&#224; pour pr&#244;ner aussi le lien familial qui semble tellement important ; alors que certains jeunes ont surtout besoin d'en sortir ; parfois pour mieux y retourner, parfois pour r&#233;ussir simplement &#224; en cr&#233;er un autre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce l&#224; un reproche que vous leur feriez volontiers ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est effectivement un point qui a &#233;t&#233; tr&#232;s difficile &#224; vivre. Lorsqu'un jeune parlait de prendre des distances, on ne cessait de lui rappeler l'importance de ce lien. Je ne dis pas que ce n'&#233;tait pas ce qu'il fallait faire mais, pour ce qui me concerne, j'aurais pr&#233;f&#233;r&#233; qu'ils acceptent directement les distances que je souhaitais mettre. Je suis certaine que nous aurions gagn&#233; beaucoup de temps. Pr&#244;ner la vie de famille &#224; tout prix, c'est prendre aussi le risque, aux yeux du jeune, d'approuver ses souffrances v&#233;cues quelles qu'elles soient. Lorsque l'on crie les souffrances que l'on vit en famille et que l'adulte en face maintient ses positions sur l'importance du lien, c'est difficile &#224; encaisser car on se demande pourquoi on essaie de donner son avis, puisque de toute fa&#231;on ce sont les parents qui gagneront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y a-t-il d'autres exemples o&#249; vous avez eu le sentiment de ne pas &#234;tre soit &#233;cout&#233;e, soit entendue ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, l'exemple le plus lourd que j'ai v&#233;cu fut sans doute la porte ferm&#233;e devant laquelle je me suis retrouv&#233;e, &#224; l'approche de ma majorit&#233;. Je ne me sentais pas capable d'&#234;tre mise en autonomie, m&#234;me si tout le monde m'y encourageait, me soutenait et me disait le contraire. Moi, je ne me sentais pas pr&#234;te. J'ai fait une demande de prolongation de mon s&#233;jour en foyer, mais elle m'a &#233;t&#233; refus&#233;e avec pour seule justification : &#171; une fois la majorit&#233; atteinte, tu es oblig&#233;e de quitter le foyer, pr&#234;te ou pas &#187;. J'ai fait une demande de suivi par le Service d'aide &#224; la jeunesse, demande qui a &#233;t&#233; accept&#233;e. Mais bien &#233;videmment, entre une visite par semaine et une prolongation en institution, c'est loin d'&#234;tre la m&#234;me chose et le r&#233;sultat est tout &#224; fait diff&#233;rent. Parfois le jeune qui doit devenir adulte est propuls&#233; &#224; ses d&#233;pens dans une vie qu'il n'est pas toujours pr&#234;t &#224; assumer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; dix-huit ans, vous auriez souhait&#233; que votre placement continue. En quoi ne vous sentiez-vous pas pr&#234;te &#224; assumer cette autonomie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je viens d'une famille de dix enfants&#8230; Vivre en groupe est ce dans quoi j'ai toujours baign&#233;. Affronter la solitude du jour au lendemain, les charges de la vie (loyer, alimentation, habillement, budget bien s&#251;r), tout cela est pour le moins inqui&#233;tant pour une jeune qui avait d&#233;j&#224; connu la faim, le froid au sein m&#234;me d'une famille. Je pense que si j'&#233;tais rest&#233;e chez moi, j'aurais souhait&#233; partir &#224; dix-huit ans, partir loin. L'institut respectait mon ind&#233;pendance. Ils m'ont permis de me trouver. J'&#233;tais encore tr&#232;s fragile. Ma col&#232;re contre le monde adulte avait pu &#234;tre ext&#233;rioris&#233;e, mais pas encore tout &#224; fait comprise. Il y a des jeunes qui ont besoin de plus de temps. Ce n'est pas tant qu'ils n'en sont pas capables, mais lorsque toute confiance en soi est balay&#233;e, cass&#233;e par vos proches pendant dix-sept ans, ce n'est pas un an en foyer qui r&#233;&#233;quilibre la balance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Iriez-vous jusqu'&#224; dire que vous &#234;tes en dette &#224; l'&#233;gard de ces professionnels qui vous ont ainsi soutenu ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne me sens pas redevable vis-&#224;-vis de ces personnes qui m'ont accompagn&#233;e, soutenue, accept&#233;e aussi&#8230; Si j'osais un peu, je dirais qu'ils faisaient leur m&#233;tier et en m&#234;me temps, cette &#233;nergie qu'ils ont mise pour moi, d&#233;passait de simples comp&#233;tences professionnelles. Ce n'&#233;tait plus des &#233;ducateurs qui m'accompagnaient, mais des &#234;tres humains qui partageaient avec moi un chemin de vie, qui m'offraient des outils. Avec les qualit&#233;s et les d&#233;fauts qui &#233;taient les leurs, j'ai appris &#224; accepter les miens aussi. Je ne me sens pas redevable, mais l'acquis que j'ai eu durant cette ann&#233;e-l&#224; voyagera sur les oc&#233;ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, parce que certains de ces outils, je les ai transmis &#224; mon fils lorsque je sentais que c'&#233;tait le moment pour lui. Je les ai certainement utilis&#233;s avec mes proches aussi. C'est l&#224; le plus beau remerciement que je puisse leur faire, transporter contre vents et mar&#233;es l'exp&#233;rience qu'ils m'ont offerte et la transmettre &#224; des gens qui la transmettront &#224; leur tour. Mon ann&#233;e pass&#233;e l&#224;-bas n'est pas une dette que j'ai, mais une reconnaissance. Le respect de tout ce travail va m'inciter sans m&#234;me m'en rendre compte &#224; le partager, l'offrir, donner une continuit&#233; &#224; ce mouvement de g&#233;n&#233;rosit&#233; de soi ; c'est un don d'eux-m&#234;mes qu'ils m'ont fait. Sans compter que, peut-&#234;tre, mon parcours leur servira pour d'autres jeunes qui seront dans la m&#234;me situation. Sans cesse, nous offrons une &#233;nergie forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est quand elle est r&#233;ciproque (eux apportent leurs exp&#233;riences, nous, nos douleurs) qu'elle peut enfin voguer au gr&#233; des besoins de chacun, pour nourrir chaque personne d'une connaissance unique&#8230; Nous revenons au port lorsque nous utilisons ces outils re&#231;us et non lorsque nous revenons voir ces gens qui nous les ont offerts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous tenez des propos d'une grande force qui ne peuvent que combler et/ou rassurer des &#233;ducateurs qui vous liront. Comment expliquez-vous avoir r&#233;ussi &#224; percer &#224; jour notre profession et &#234;tre all&#233;e au c&#339;ur de sa d&#233;marche ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand vous grandissez dans un monde o&#249; la mis&#232;re est pesante tellement elle est grande, o&#249; vous sentez, enfant, que les valeurs que vous c&#244;toyez au quotidien ne sont pas justes, o&#249; l'alcool r&#232;gne en ma&#238;tre mot, o&#249; une certaine violence (physique et psychologique) vous arrache votre innocence, tout ce qui peut vous faire sortir est consid&#233;r&#233; comme une aubaine. J'ai eu la chance, durant mon enfance, de pouvoir m'a&#233;rer aupr&#232;s d'un groupe de jeunes que des animateurs b&#233;n&#233;voles amusaient. L&#224;, d&#233;j&#224;, j'ai rencontr&#233; deux personnes en particulier qui m'ont manifest&#233; du respect. Elles m'ont appris beaucoup de choses. Je ne me suis jamais livr&#233;e &#224; elles et je ne pense pas qu'elles se doutaient m&#234;me de mon malaise, de ma vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une des premi&#232;res raisons peut-&#234;tre, gr&#226;ce &#224; ce que j'ai v&#233;cu avec elles, qui me permettent de porter ce regard sur le m&#233;tier d'&#233;ducateur. Je pourrais vous dire aussi que je suis parvenue &#224; le comprendre parce que j'ai &#233;t&#233; en foyer &#224; temps. J'&#233;tais une bombe &#224; retardement ; je faisais preuve d'une violence verbale importante ; j'agressais tous ceux qui m'approchaient. Ma col&#232;re qui &#233;tait tellement grande, contre un monde que je trouvais trop injuste, a pu &#234;tre canalis&#233;e, ajust&#233;e aussi&#8230; Sans mon passage dans ce foyer, j'ignore ce que je serais aujourd'hui. Une femme ravag&#233;e par la haine, peut-&#234;tre&#8230; La col&#232;re peut faire bien plus de d&#233;g&#226;ts qu'une temp&#234;te en pleine ville. Mon v&#233;cu m'a apport&#233; une certaine sagesse, ces &#233;ducateurs m'ont appris &#224; l'utiliser. Le regard que nous portons sur le monde institutionnel d&#233;pend aussi de la mani&#232;re avec laquelle nous y sommes entr&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'aide sociale &#224; l'enfance. Du compassionnel au professionnel</title>
		<link>https://www.lien-social.com/L-aide-sociale-a-l-enfance-Du-compassionnel-au-professionnel</link>
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		<dc:subject>Aide sociale</dc:subject>
		<dc:subject>1103</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les ouvrages portant sur l'aide sociale &#224; l'enfance se contentent souvent d'une &#233;ni&#232;me pr&#233;sentation de ce dispositif complexe et parfois difficilement compr&#233;hensible pour le profane. G&#233;rard Lefebvre nous propose ici une &#233;tude &#224; la fois fouill&#233;e et distanci&#233;e, qui fait place tant aux racines historiques de cette v&#233;n&#233;rable institution qu'&#224; son devenir possible, en passant par les enjeux actuels. La finesse de l'analyse et de la prospective qu'il d&#233;ploie en fait un ouvrage d'une grande pertinence. Plonger (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L96xH150/arton3991-9fa8c.jpg?1694178875' width='96' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les ouvrages portant sur l'aide sociale &#224; l'enfance se contentent souvent d'une &#233;ni&#232;me pr&#233;sentation de ce dispositif complexe et parfois difficilement compr&#233;hensible pour le profane. G&#233;rard Lefebvre nous propose ici une &#233;tude &#224; la fois fouill&#233;e et distanci&#233;e, qui fait place tant aux racines historiques de cette v&#233;n&#233;rable institution qu'&#224; son devenir possible, en passant par les enjeux actuels. La finesse de l'analyse et de la prospective qu'il d&#233;ploie en fait un ouvrage d'une grande pertinence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plonger dans l'histoire permet de faire remonter la prise en charge des enfants trouv&#233;s &#224; la cr&#233;ation du premier hospice qui leur fut destin&#233;, &#224; Angers, en 634. Mais c'est entre le XIIIe et le XVIe si&#232;cle que l'on retrouve les racines des fonctions encore pr&#233;sentes aujourd'hui : l'appel aux nourrices (assistantes familiales contemporaines), des attestations de bonnes m&#339;urs d&#233;livr&#233;es par le cur&#233; pour les &#171; nourrisseurs &#187; (pr&#233;figurant l'agr&#233;ment moderne) ou les recteurs-visiteurs charg&#233;s d'aller rencontrer les enfants plac&#233;s (anc&#234;tres des r&#233;f&#233;rents ASE).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la diversit&#233; des modes d'accueil a toujours cherch&#233; &#224; s'adapter, en oscillant constamment entre la n&#233;cessit&#233; et le besoin, l'ordre et la r&#233;volution, le religieux et le la&#239;c, la compassion et le jugement, le contr&#244;le et la libert&#233;, l'auteur identifie n&#233;anmoins trois paradigmes distincts qui se sont succ&#233;d&#233;. Celui de la piti&#233;, tout d'abord, centr&#233; sur ces enfants abandonn&#233;s par leurs parents, dont la soci&#233;t&#233; organise le recueil. Celui du contr&#244;le social des familles, ensuite, l'&#201;tat se donnant les moyens d'aller v&#233;rifier l'ad&#233;quation des pratiques parentales d'&#233;levage avec les normes en vigueur. Ce mod&#232;le &#171; colonial &#187; pr&#233;tend imposer de l'ext&#233;rieur la bonne mani&#232;re d'&#233;duquer et peut sanctionner son non-respect par un retrait de l'enfant. Le troisi&#232;me paradigme fait r&#233;f&#233;rence &#224; l'enfant et &#224; ses parents comme acteurs et sujets de droit. Les uns et les autres sont dor&#233;navant &#233;cout&#233;s, associ&#233;s, consid&#233;r&#233;s comme interlocuteurs &#224; part enti&#232;re, ayant leur mot &#224; dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les derni&#232;res &#233;volutions de l'ASE sont longuement d&#233;cortiqu&#233;es par l'auteur, que ce soit la phase de centralisation et le relais pris par les conseils g&#233;n&#233;raux, l'application de la loi de 2007 et les mutations qu'elle a impuls&#233;es : pr&#233;conisation de bonnes pratiques, subsidiarit&#233; de l'intervention judiciaire sur l'action administrative, collaboration avec les familles. &lt;br class='manualbr' /&gt;G&#233;rard Lefebvre esquisse les sc&#233;narios, en imaginant l'ASE, &#224; l'or&#233;e de 2040 : statu quo, avec quelques ajustements ponctuels &#224; la marge, disparition de ce service en tant que sp&#233;cificit&#233;, par absorption dans un dispositif plus global enfance famille ou bien un processus d'adaptation permanent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. L'Harmattan, 2012 (212 p. ; 21 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Enfants plac&#233;s : ils se souviennent</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Enfants-places-ils-se-souviennent-5491</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>1103</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Que deviennent les jeunes pris en charge par la protection de l'enfance ? Quel regard portent-ils sur leur passage dans les diff&#233;rents services ? Comment jugent-ils leur accompagnement par les travailleurs sociaux ? &#192; d&#233;faut d'une enqu&#234;te exhaustive sur la question, deux &#233;tudes viennent d'&#234;tre pr&#233;sent&#233;es : elles donnent un aper&#231;u de la situation des personnes contact&#233;es et surtout apportent des &#233;l&#233;ments de r&#233;flexion sur le sens et les priorit&#233;s du travail social. &lt;br class='autobr' /&gt;
LIEN SOCIAL NUM&#201;RO 1103 EST &#201;PUIS&#201;, MAIS (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Que deviennent les jeunes pris en charge par la protection de l'enfance ? Quel regard portent-ils sur leur passage dans les diff&#233;rents services ? Comment jugent-ils leur accompagnement par les travailleurs sociaux ? &#192; d&#233;faut d'une enqu&#234;te exhaustive sur la question, deux &#233;tudes viennent d'&#234;tre pr&#233;sent&#233;es : elles donnent un aper&#231;u de la situation des personnes contact&#233;es et surtout apportent des &#233;l&#233;ments de r&#233;flexion sur le sens et les priorit&#233;s du travail social.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;LIEN SOCIAL NUM&#201;RO 1103 EST &#201;PUIS&#201;, MAIS DISPONIBLE EN &lt;a href=&#034;https://www.amazon.fr/Enfants-plac%C3%A9s-souviennent-Lien-Social-ebook/dp/B07519NF3Z/ref=sr_1_19?s=digital-text&amp;ie=UTF8&amp;qid=1515596367&amp;sr=1-19&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;VERSION NUM&#201;RIQUE&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La coh&#233;sion sociale malmen&#233;e</title>
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		<dc:subject>1103</dc:subject>

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&lt;p&gt;Une triple crise morale, &#233;conomique et politique secoue le pays, parfois qualifi&#233;e de s&#233;isme. Celle-ci concerne &#233;galement les travailleurs sociaux, en premi&#232;re ligne, cens&#233;s apporter eux aussi des r&#233;ponses, au moins &#224; l'urgence. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bien avant l'explosive affaire Cahuzac, les alertes s'&#233;taient multipli&#233;es, en provenance de nombreux observateurs qualifi&#233;s : ainsi le M&#233;diateur de la R&#233;publique, Jean-Paul Delevoye, avait point&#233; en 2010 les sympt&#244;mes d'une d&#233;pression collective, aliment&#233;e par un pessimisme (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une triple crise morale, &#233;conomique et politique secoue le pays, parfois qualifi&#233;e de s&#233;isme. Celle-ci concerne &#233;galement les travailleurs sociaux, en premi&#232;re ligne, cens&#233;s apporter eux aussi des r&#233;ponses, au moins &#224; l'urgence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bien avant l'explosive affaire Cahuzac, les alertes s'&#233;taient multipli&#233;es, en provenance de nombreux observateurs qualifi&#233;s : ainsi le M&#233;diateur de la R&#233;publique, Jean-Paul Delevoye, avait point&#233; en 2010 les sympt&#244;mes d'une d&#233;pression collective, aliment&#233;e par un pessimisme ravageur et une anxi&#233;t&#233; chronique. Une France frapp&#233;e de &#171; d&#233;clinisme &#187;, une soci&#233;t&#233; de d&#233;fiance mue par le sentiment de vivre dans un pays profond&#233;ment injuste, avec la peur du pr&#233;sent, de l'avenir, de l'autre, du ch&#244;mage, chevill&#233;e au d&#233;sespoir&#8230; Progression du populisme, fracture avec les &#233;lites, absence de projet ou de vision commune de la soci&#233;t&#233; &#233;taient signal&#233;s comme en hausse dans les diff&#233;rentes enqu&#234;tes. D&#233;j&#224;, dix ans plus t&#244;t, l'ouvrage du sociologue fran&#231;ais Alain Ehrenberg, La Fatigue d'&#234;tre soi, avait rencontr&#233; un succ&#232;s inattendu. L'auteur y analysait les interactions de l'&#233;tat psychique de l'individu avec une soci&#233;t&#233; en proie &#224; de profondes mutations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce d&#233;but d'ann&#233;e, deux enqu&#234;tes d'opinion ont enfonc&#233; le clou ; le barom&#232;tre de la confiance politique (Cevipof) et France 2013 : les nouvelles fractures (fondation Jean Jaur&#232;s/IPSOS) ont fait &#233;tat &#224; leur tour de &#171; morosit&#233; &#187;, de &#171; m&#233;fiance &#187; et de &#171; lassitude &#187;. L'immigration ? De moins en moins bien support&#233;e ; l'islam ? &#171; non compatible avec les valeurs de notre soci&#233;t&#233; &#187; ; l'avenir des jeunes ? Moins de chances de r&#233;ussir que leurs parents dans la soci&#233;t&#233; de demain&#8230; La classe politique ? Corrompue. Les rapports de celle-ci avec le citoyen de base ? Indiff&#233;rence et m&#233;pris. Certains historiens se sont dit interrog&#233;s par la r&#233;surgence de st&#233;r&#233;otypes ayant marqu&#233; les ann&#233;es trente. La France a peur de tout, du pr&#233;sent, de l'avenir, de l'autre, du ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les in&#233;galit&#233;s sociales et les discriminations croissent de plus en plus&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces sonnettes d'alarme auraient pu &#234;tre entendues. Mais de fait, quid de l'atmosph&#232;re d'aujourd'hui ? La mise en examen de Nicolas Sarkozy, les innombrables promesses non tenues, une &#233;galit&#233; r&#233;publicaine de plus en plus remise en cause, des &#233;vasions fiscales en tout genre, les r&#233;centes affaires Cahuzac et Gu&#233;rini, les d&#233;rapages racistes et les invectives, voire les insultes des politiques faisant office de d&#233;bat public&#8230; Aujourd'hui, on entend parler avec effroi de &#171; s&#233;isme d&#233;mocratique &#187;. Un sondage r&#233;cent d&#233;montre que 76 % des Fran&#231;ais n'ont plus aucune confiance dans les responsables politiques et la qualit&#233; de la d&#233;mocratie en France. Les cotes de confiance des &#233;diles s'effondrent spectaculairement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre sondage alarmant : plus de la moiti&#233; des Fran&#231;ais (55 %) jugent la classe politique corrompue, et ce sentiment est encore plus appuy&#233; dans la tranche d'&#226;ge des 25-34 ans. Nous pouvons alors penser que les traces laiss&#233;es par ce climat seront au moins autant soci&#233;tales que politiques&#8230; En effet, dans ce contexte ressenti comme d&#233;liquescent, quid du vote des adolescents et des enfants dans cinq ans ou dix ans ? La morale la&#239;que, ch&#232;re au ministre de l'&#201;ducation nationale, sera-t-elle suffisante pour pallier ces d&#233;g&#226;ts ? Il est fort &#224; parier que les rustines du genre des d&#233;clarations de patrimoine des &#233;lus n'y suffiront pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les in&#233;galit&#233;s sociales et les discriminations croissent, que la pauvret&#233; s'&#233;tend, que le march&#233; du travail se d&#233;t&#233;riore, la coh&#233;sion sociale peut-elle se planifier ? Il s'agit d'inventer maintenant des dispositifs sociaux, institutionnels, collectifs pour r&#233;tablir du lien. Des solidarit&#233;s nouvelles doivent &#233;merger d'urgence. Elles sont le plus souvent port&#233;es par les associations et travailleurs sociaux, souvent dou&#233;s pour l'innovation. Ceux-ci ne se seront jamais aussi justement d&#233;nomm&#233;s les hussards de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Longtemps, j'ai habit&#233; dehors. De la DASS &#224; la rue, de la rue &#224; la vie</title>
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		<dc:subject>Errance</dc:subject>
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&lt;p&gt;Apr&#232;s des ann&#233;es de gal&#232;re, la voil&#224; sur une sc&#232;ne de th&#233;&#226;tre, son r&#233;cit de vie faisant aussi l'objet d'un bel ouvrage. Pour la prot&#233;ger contre une m&#232;re alcoolique et violente, elle est plac&#233;e, &#224; l'&#226;ge de deux ans, dans une famille d'accueil du Perche. Elle y est aim&#233;e. Enfant, elle y est agress&#233;e sexuellement par des jeunes. Elle n'en parlera jamais. &#192; l'adolescence, rien ne va plus : elle a fini par ha&#239;r la campagne et les vaches et d&#233;tester l'autorit&#233; de cette femme qui n'est pas sa m&#232;re et qu'elle appelle (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L100xH150/arton3990-5482a.jpg?1694178875' width='100' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s des ann&#233;es de gal&#232;re, la voil&#224; sur une sc&#232;ne de th&#233;&#226;tre, son r&#233;cit de vie faisant aussi l'objet d'un bel ouvrage. Pour la prot&#233;ger contre une m&#232;re alcoolique et violente, elle est plac&#233;e, &#224; l'&#226;ge de deux ans, dans une famille d'accueil du Perche. Elle y est aim&#233;e. Enfant, elle y est agress&#233;e sexuellement par des jeunes. Elle n'en parlera jamais. &#192; l'adolescence, rien ne va plus : elle a fini par ha&#239;r la campagne et les vaches et d&#233;tester l'autorit&#233; de cette femme qui n'est pas sa m&#232;re et qu'elle appelle pourtant maman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenue de nulle part, partie de partout, d&#233;sir&#233;e de personne, qui aurait pari&#233; sur l'avenir de cette jeune fugueuse &#171; de la DASS &#187; d&#233;cidant, &#224; dix-huit ans, de monter &#224; la capitale, sans un sou en poche ? Une fois sur place, ses illusions s'envolent. Se retrouver &#224; la rue, c'est constamment convoquer la d&#233;brouille : vivre avec plusieurs couches de v&#234;tements pour se prot&#233;ger de l'autre ; se d&#233;battre pour que personne n'entre dans son espace vital ; exister comme un animal traqu&#233; ; vouloir rarement ce qui est disponible mais toujours ce qui ne l'est pas : un boulot, un lit, &#224; manger ; attendre la fin du march&#233; pour r&#233;cup&#233;rer les fruits g&#226;t&#233;s ; fr&#233;quenter des foyers d'accueil d'urgence&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'errance, ce qu'elle craignait le plus ? Pas tant de dormir dehors : elle passe alors ses nuits en discoth&#232;que et accepte l'invitation d'inconnus qu'elle y rencontre, qui lui offrent un lit contre une relation sexuelle. Pas forc&#233;ment, non plus, la d&#233;ch&#233;ance. Quand la pression de la rue &#233;tait trop forte, elle se &#171; rendait minable &#187;, absorbant drogue et d'alcool et attendant les pompiers pour se faire hospitaliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, c'&#233;tait cette pluie qui la transper&#231;ait. Pas de rechange ni de v&#234;tements secs. Juste des tremblements qui s'installaient pour longtemps. Cette odeur animale de chien mouill&#233; qui s'en d&#233;gageait et ce moisi d&#233;rangeant qui faisaient se retourner les gens avec un air d&#233;go&#251;t&#233;. Plusieurs tuteurs de r&#233;silience vont permettre &#224; Elina Dumont de s'en sortir. Des rencontres fortes, une psychoth&#233;rapie suivie pendant vingt ans, ce dentiste qui s'attelle &#224; la soigner gratuitement, cette &#233;ducatrice &#8211; Marie-Claude &#8211; qui ne l'a jamais l&#226;ch&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y a le th&#233;&#226;tre. Une premi&#232;re exp&#233;rience dans une troupe compos&#233;e, comme elle, de gens de la rue, jouant Les Bas-fonds de Gorki. Puis quinze ans apr&#232;s, un spectacle, au th&#233;&#226;tre Bourvil qu'elle loue chaque soir, o&#249; elle se retrouve seule sur sc&#232;ne. Elle y d&#233;roule son enfance, d&#233;crit son adolescence, d&#233;taille ses rencontres, joue les personnages qu'elle a rencontr&#233;s. A travers sa propre vie mise en sc&#232;ne, c'est de la rue dont elle parle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elle a pu se stabiliser et se payer son propre appartement, il lui a fallu du temps pour accepter de dormir sous un toit et investir sa salle de bains.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Flammarion, 2013 (252 p. ; 18 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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