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	<title>Lien Social</title>
	<link>https://www.lien-social.com/</link>
	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Comment pr&#233;server l'intimit&#233; de la personne accompagn&#233;e ?</title>
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		<dc:date>2023-04-10T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Usager</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;seaux sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>1337</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Chacun a droit au respect de sa vie priv&#233;e &#187; proclame l'article 9 du Code civil. Et nous cherchons toutes et tous &#224; la pr&#233;server&#8230; tout en l'exposant parfois dans ses moindres d&#233;tails sur les r&#233;seaux sociaux. Qu'en est-il dans nos rapports avec les usagers ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Christine Maurey, assistante sociale en &#233;tablissement m&#233;dico-social &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis pr&#232;s de la porte (c&#244;t&#233; chambre) quand j'entends soudain : &#171; T'as fait la 14 ? &#187; La &#171; 14 &#187; est le num&#233;ro de chambre de ma m&#232;re. J'en conclus aussit&#244;t que la &#171; 14 &#187; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Paroles-de-me%CC%81tiers" rel="directory"&gt;Paroles de me&#769;tiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Usager" rel="tag"&gt;Usager&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Reseaux-sociaux" rel="tag"&gt;R&#233;seaux sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1337-" rel="tag"&gt;1337&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Chacun a droit au respect de sa vie priv&#233;e &#187; proclame l'article 9 du Code civil. Et nous cherchons toutes et tous &#224; la pr&#233;server&#8230; tout en l'exposant parfois dans ses moindres d&#233;tails sur les r&#233;seaux sociaux. Qu'en est-il dans nos rapports avec les usagers ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Christine Maurey, assistante sociale en &#233;tablissement m&#233;dico-social&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je suis pr&#232;s de la porte (c&#244;t&#233; chambre) quand j'entends soudain : &lt;i&gt;&#171; T'as fait la 14 ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La &#171; 14 &#187; est le num&#233;ro de chambre de ma m&#232;re. J'en conclus aussit&#244;t que la &#171; 14 &#187; concerne, repr&#233;sente, r&#233;sume et correspond au corps de ma m&#232;re, aux fesses de ma m&#232;re, &#224; l'intimit&#233; de ma m&#232;re&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la vie de ma m&#232;re, la col&#232;re me prend. Comment peut-on parler ainsi ? R&#233;sumer une personne &#224; un num&#233;ro ? Dans un autre temps, des matricules&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ouvre et me trouve face &#224; deux soignants un peu surpris de mon intrusion dans ce couloir et pas si g&#234;n&#233;s &#224; vrai dire. Ma col&#232;re se noie dans ma l&#226;chet&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me contente d'un : &lt;i&gt;&#171; oui, c'est moi qui vous ai appel&#233;, elle souhaite aller aux toilettes &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut dire aussi qu'en un quart de seconde, mes antennes ont fonctionn&#233;. J'ai capt&#233; les codes professionnels, les habitudes de faire, la journ&#233;e qui s'allonge, la fatigue qui s'installe, le d&#233;couragement qui n'est pas loin&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, je m'en retourne dans la chambre et fais ce que j'ai de mieux &#224; faire : attendre qu'ils viennent quand ils auront le temps. Son intimit&#233; est mise &#224; mal depuis quelque temps mais se rend-elle vraiment compte ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Les situations de vuln&#233;rabilit&#233;, de vieillesse, de d&#233;pendance, de handicap font-elles chuter cette prise en compte de la pudeur, de l'intimit&#233; des personnes ? Oui, bien s&#251;r quand on ne peut plus assurer ses besoins &#233;l&#233;mentaires, l'intimit&#233; du corps est mise &#224; mal. Alors comment pr&#233;server cette intimit&#233; ? Pourquoi, pour qui ? Pour l'autre ou pour soi ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Assise &#224; c&#244;t&#233; de ma m&#232;re, mes pens&#233;es m'emm&#232;nent loin ce jour-l&#224;. Loin du c&#244;t&#233; de ce qui est intime et de ce qui ne l'est pas. L&#224;, il s'agit du corps. De ce qui est le plus visible et sans doute malgr&#233; tout, de ce qui est le plus simple &#224; pr&#233;server.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais l'intime ne se r&#233;sume pas &#224; cela. Il y a tout le reste, tout ce qui est cher, nous est propre, tout ce qui fait que l'on est soi avec nos fragilit&#233;s, nos sentiments, nos plaies, nos bosses, tout ce qui est intime, oui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment d&#233;finir ce qui est intime et ce qui ne l'est pas ? Qui va placer la limite &#224; ne pas franchir ? Cette intimit&#233; n'est-elle pas &#224; questionner, et au-del&#224; des mots, &#224; ressentir avec chacun ? Car si c'est moi qui d&#233;cide, je risque de prendre en compte mes propres crit&#232;res et non ceux de la personne d'en face. Certains aiment parler d'eux et d'autres non.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens d'un moment de formation qui m'a profond&#233;ment marqu&#233;. Le th&#232;me &#233;tait, je crois, &lt;i&gt;&#171; le traumatisme et l'enfant &#187;&lt;/i&gt;. L'intervenant nous a d&#232;s le d&#233;but de ces deux jours mis en groupe de 4 ou 5 personnes. Il a demand&#233; qu'&#224; l'int&#233;rieur de chacun des groupes, pendant une heure, les personnes racontent un traumatisme qui leur &#233;tait arriv&#233;. Point !&lt;br class='autobr' /&gt;
Les trois personnes de mon groupe ont jou&#233; le jeu et ont racont&#233; la perte d'un enfant, une agression et que sais-je. Je n'ai pas pu jouer le jeu et je n'ai rien dit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s cette heure d&#233;sagr&#233;able, l'intervenant nous as r&#233;unis : &#171; &lt;i&gt;&#8239;Avec tout mon respect, je me fiche de ce que vous avez pu vous raconter. Je voulais juste vous montrer comment raconter quelque chose d'intime &#224; des personnes que l'on ne conna&#238;t pas, peut &#234;tre difficile et douloureux. Pensez-y la prochaine fois que vous recevrez quelqu'un qui a v&#233;cu un traumatisme. Soyez doux &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous, les travailleurs sociaux, sommes constamment en train de p&#233;n&#233;trer la sph&#232;re intime des personnes. En allant chez eux, en entrant dans leur &lt;span class='spip_document_6789 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L400xH405/capture_d_e_cran_2023-04-05_a_09.04.40-9c72b.png?1693482764' width='400' height='405' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; habitat, en leur demandant comment ils s'y prennent pour &#233;duquer, en les questionnant sur leur mani&#232;re de vivre, de s'alimenter, de d&#233;penser,&#8239;etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors ? De la douceur, de la douceur et encore de la douceur. Que ce soit pour s'occuper d'un corps comme pour questionner et venir en aide.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Marc Tellier, assistant social de secteur&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tout travailleur social se doit de creuser la situation de la personne qu'il accompagne pour coconstruire avec elle un projet qui permette une &#233;volution positive de sa situation. C'est ce qu'on nous explique, en tout cas, dans toute bonne formation initiale et que les praticiens ordinaires confirment volontiers. Si l'on filait la m&#233;taphore m&#233;dicale, on pourrait affirmer que de la m&#234;me fa&#231;on que le m&#233;decin demande &#224; son patient se d&#233;shabiller pour pouvoir l'ausculter et prendre ses constantes, le professionnel de l'action sociale demande lui aussi &#224; l'usager de se mettre &#224; nu. Son &#233;tat civil, sa situation maritale, ses ressources, son budget, son histoire personnelle, familiale, professionnelle&#8230; tout y passe. On utilise m&#234;me pour cela un terme savant qui nous vient du monde de la psychologie : &lt;i&gt;&#171; l'anamn&#232;se &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Personne ne se pose, toutefois, la question des limites de cette intrusion, sauf peut-&#234;tre quand les r&#244;les sont invers&#233;s et que la personne accompagn&#233;e nous retourne la politesse, nous interrogeant sur notre &#233;tat de c&#233;libataire/concubin/mari&#233;, sur le nombre d'enfants que nous avons, plus rarement sur le salaire que nous percevons, mais aussi sur notre lieu de r&#233;sidence priv&#233;e, nos loisirs ou nos go&#251;ts musicaux&#8239;etc. C'est rare, mais l'on se trouve alors dans la situation de l'arroseur arros&#233;. Et nous nous crispons, en faisant diplomatiquement remarquer que nous n'avons pas &#224; communiquer sur notre intimit&#233;, ni notre vie priv&#233;e. Pourtant, c'est exactement ce que nous venons de demander &#224; notre interlocuteur. On peut m&#234;me s'&#233;nerver. C'est vrai quoi, les &#171; cas soc' &#187;, c'est eux, c'est quand m&#234;me pas nous. Faut pas inverser les r&#244;les !&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, &#224; y r&#233;fl&#233;chir avec plus de pond&#233;ration, on peut quand m&#234;me se demander s'il n'y aurait pas dans cette relation aidant/aid&#233;, comme un relent de rapport de domination o&#249; l'un doit se soumettre au pouvoir symbolique que l'autre exerce sur lui ? Un proverbe africain affirme que &lt;i&gt;&#171; la main de celui qui demande est toujours en dessous de celle de celui &#224; qui il demande &#187;&lt;/i&gt;. &#192; ce stade de notre raisonnement, soit on assume notre posture de sachant, de technicien de la relation et de titulaire d'un savoir-faire professionnel. Soit, on se dit qu'il y a peut-&#234;tre mati&#232;re &#224; modifier nos pratiques. Le philosophe Paul Ricoeur d&#233;finit la &#171; sollicitude &#187; comme la tentative de r&#233;tablir envers l'autre un &#233;quilibre au sein d'une relation dissym&#233;trique, plut&#244;t que d'accentuer le d&#233;s&#233;quilibre. Comment cela peut-il prendre forme concr&#232;tement ? On peut par exemple de ne demander que les renseignements strictement n&#233;cessaires et en justifier le besoin qu'on en a. On peut aussi laisser &#224; la personne accompagn&#233;e l'opportunit&#233; de d&#233;voiler ce qu'elle souhaite r&#233;v&#233;ler, &#224; son rythme, sur les aspects qu'elle a envie de livrer. Et privil&#233;gier la chronologie du r&#233;cit qu'elle choisit, en faisant ainsi en sorte d'&#233;viter qu'elle soit dans cette position passive o&#249; elle r&#233;pond seulement aux questions qui lui sont pos&#233;es. Autre possibilit&#233; encore, quand c'est possible, adopter la position de celui qui ne se contente pas de donner, mais celui qui partage, comme le permettent certaines confidences judicieusement choisies sur sa propre part d'intimit&#233;. S'il ne s'agit bien entendu pas de s'&#233;pancher sur sa vie personnelle, n'est-il pas possible de donner &#224; voir cette dimension humaine que nous partageons avec le reste de nos concitoyens quelle que soit leur place dans la soci&#233;t&#233; ? J'entends d'ici la r&#233;action : &lt;i&gt;&#171; mais c'est d&#233;j&#224; ce que nous faisons &#187;&lt;/i&gt; C'est tr&#232;s bien. Mais, comme dit le proverbe &lt;i&gt;&#171; cela va sans dire, c'est encore mieux en le disant &#187;&lt;/i&gt; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Coproduire le changement par le DPA</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Coproduire-le-changement-par-le-DPA</link>
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		<dc:subject>1334</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Retrouver son pouvoir d'agir &lt;br class='autobr' /&gt;
D'un c&#244;t&#233;, l'imp&#233;rative n&#233;cessit&#233; du renouvellement et du perfectionnement des techniques d'intervention sociale. De l'autre, la perte de sens et la mise &#224; mal du travail social sous les coups de boutoir du n&#233;o-lib&#233;ralisme. Ce croisement constitue pour les auteures une opportunit&#233; pour d&#233;ployer une approche leur apparaissant comme une r&#233;ponse potentielle : le d&#233;veloppement du pouvoir d'agir pour les personnes et les collectivit&#233;s (DPA-PC). L'heure est venue de se d&#233;tourner du (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Pratique-professionnelle" rel="tag"&gt;Pratique professionnelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1334-" rel="tag"&gt;1334&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L99xH150/arton10787-284b0.jpg?1693569411' width='99' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Retrouver son pouvoir d'agir &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, l'imp&#233;rative n&#233;cessit&#233; du renouvellement et du perfectionnement des techniques d'intervention sociale. De l'autre, la perte de sens et la mise &#224; mal du travail social sous les coups de boutoir du n&#233;o-lib&#233;ralisme. Ce croisement constitue pour les auteures une opportunit&#233; pour d&#233;ployer une approche leur apparaissant comme une r&#233;ponse potentielle : le d&#233;veloppement du pouvoir d'agir pour les personnes et les collectivit&#233;s (DPA-PC). L'heure est venue de se d&#233;tourner du mod&#232;le de l'expertise unilat&#233;rale, du sauveur et du protecteur dont les travailleurs sociaux sont rest&#233;s longtemps prisonniers, au profit d'une posture de catalyseurs et de passeurs, de personnes-ressources et de facilitateurs. Ce qui implique d'entrer en r&#233;sonance avec l'ampleur, la force et la vigueur des initiatives des usagers pour autant qu'on leur permette de se d&#233;ployer. On est l&#224; dans une d&#233;marche d'accompagnement d'une action conscientisante favorisant chez les personnes accompagn&#233;es un processus de contr&#244;le de leur vie et d'affranchissement d'une situation d'impuissance. Ce qui induit de d&#233;passer les seules informations, consultations, concertations, pour entrer avec elles dans une v&#233;ritable appropriation et coproduction. Trois malentendus sont &#224; &#233;carter. Cette responsabilisation des usagers n'a pas pour fonction de leur faire porter la faute de leurs difficult&#233;s, mais de les reconna&#238;tre auteurs de leurs choix. Il ne s'agit pas non plus de choisir entre l'action visant &#224; des r&#233;sultats imm&#233;diats et une vis&#233;e de changements structurels, mais de les combiner. Pas plus que de parler d'une technique qui s'apprendrait et s'appliquerait &#224; chaque fois d'une mani&#232;re identique, mais de l'exp&#233;rience qu'on a faite du d&#233;veloppement de son propre pouvoir d'agir, que l'on peut, d'autant plus, ensuite transf&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jacques Tr&#233;mintin &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#201;d. EHESP, 2019, (164 p. &#8211; 20 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La participation des usagers : leurre ou outil d'&#233;mancipation ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/La-participation-des-usagers-leurre-ou-outil-d-emancipation</link>
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&lt;p&gt;La r&#233;volution participative est-elle en marche ou derri&#232;re l'affichage d'une co-construction entre travailleurs sociaux d&#233;tenteurs du savoir et usagers b&#233;n&#233;ficiaires de l'accompagnement ne retrouve-t-on pas la continuit&#233; des rapports traditionnels de domination ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Maxime Dauphin, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; et doctorant en science de l'&#233;ducation &#224; Paris 8 &lt;br class='autobr' /&gt;
DE nos jours, des outils d'inclusion poussent &#224; d&#233;mocratiser un dispositif par la participation de l'usager &#224; sa propre prise en charge. En institut (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Paroles-de-me%CC%81tiers" rel="directory"&gt;Paroles de me&#769;tiers&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Usager" rel="tag"&gt;Usager&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Pratique-professionnelle" rel="tag"&gt;Pratique professionnelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1330-" rel="tag"&gt;1330&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;volution participative est-elle en marche ou derri&#232;re l'affichage d'une co-construction entre travailleurs sociaux d&#233;tenteurs du savoir et usagers b&#233;n&#233;ficiaires de l'accompagnement ne retrouve-t-on pas la continuit&#233; des rapports traditionnels de domination ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Maxime Dauphin, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; et doctorant en science de l'&#233;ducation &#224; Paris 8&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;DE nos jours, des outils d'inclusion poussent &#224; d&#233;mocratiser un dispositif par la participation de l'usager &#224; sa propre prise en charge.&lt;br class='autobr' /&gt;
En institut m&#233;dico&#233;ducatif, j'ai ainsi pu observer la rigueur d&#233;ploy&#233;e &#224; inscrire l'usager au centre de son projet et les effets b&#233;n&#233;fiques pour l'enfant. Gr&#226;ce &#224; la loi 2002-2, de nombreux outils tendent &#224; l'&#233;mancipation de l'usager qui se concr&#233;tise par la mise en place de projets personnalis&#233;s et d'instances comme le &lt;i&gt;Conseil de la Vie Sociale (CVS)&lt;/i&gt; par exemple.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette institution, chaque fin d'ann&#233;e, la famille et l'enfant expriment leurs d&#233;sirs et souhaits pour l'ann&#233;e scolaire suivante sous forme de pr&#233;-projet. Ce temps de r&#233;flexion et d'expression de ses envies est une exp&#233;rience enrichissante pour l'enfant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Seulement, la participation de l'usager devient-elle alors un leurre quand, &#224; la fin de sa synth&#232;se, une analyse &#233;ducative clinique et p&#233;dagogique d&#233;passe les envies et d&#233;sirs de l'enfant ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La participation de l'usager peut alors &#234;tre relativis&#233;e, face &#224; d'autres enjeux qui font que chaque geste, mot, acte de l'enfant est appr&#233;hend&#233; au travers des perturbations possibles ayant des r&#233;percussions sur l'acc&#232;s aux apprentissages et la socialisation en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale. Un tel dilemme peut mener &#224; des d&#233;rives qui consistent &#224; rendre univoque un langage social et m&#233;dico-social centr&#233; sur l'usager et au travers le prisme du handicap. L'usager participe alors partiellement &#224; son projet ou du moins n'en ma&#238;trise pas les tenants et les aboutissants. Un processus de subjectivation s'amorce alors, l'usager se sait usager donc d&#233;pendant du savoir p&#233;dagogique, m&#233;dical, clinique et psychiatrique.&lt;br class='autobr' /&gt;
La volont&#233; louable, inclusive et citoyenne initiale peut se r&#233;v&#233;ler stigmatisante pour l'enfant, avec pour r&#233;percussions des errements. C'est le cas, lors d'une &#233;tude (1) men&#233;e par l'ANESM (2) qui vient questionner la participation des usagers au fonctionnement des &#233;tablissements et services sociaux et m&#233;dico-sociaux et qui prend exemple d'un directeur de protection de l'enfance &#233;voquant une forme de &lt;i&gt;&#171; d&#233;mocratie de droit divin &#187;&lt;/i&gt; &#224; propos d'un professionnel du secteur usant de la non-participation des enfants au CVS comme d'une punition : &lt;i&gt;&#171; c'est une sanction quand l'&#233;duc dit au jeune qu'il ne peut pas repr&#233;senter les autres. &#187;&lt;/i&gt; (3)&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette instance symbolisant la participation des usagers dans la vie institutionnelle provoque ainsi un point de blocage. Pourtant, juridiquement, cette participation des usagers dans une institution d&#233;coule d'un processus &#233;mancipatoire et de citoyennet&#233; qui s'inspire d'un principe fondamental de la loi du 11 f&#233;vrier 2005 pour l'&#233;galit&#233; des droits et des chances. Sa philosophie g&#233;n&#233;rale dicte l'id&#233;e du projet de vie, formul&#233; par chaque personne handicap&#233;e, que la cit&#233; doit s'organiser &#224; rendre possible.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;span class='spip_document_6410 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH500/capture_d_e_cran_2022-12-19_a_15.15.59-9db47.png?1693503973' width='500' height='500' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Ainsi faut-il v&#233;ritablement penser que la loi du 11 f&#233;vrier 2005 consistant en ce que l'environnement s'adapte &#224; la personne en situation de handicap, et non le contraire, est un v&#339;u pieu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le travailleur social qui cherche &#224; exister &#224; travers la d&#233;fense d'une &#233;ducation &lt;i&gt;&#171; du possible &#187;&lt;/i&gt; et qui tente de promouvoir avec conviction une action au quotidien servant de levier vers une transformation sociale pour l'individu&#8230; encore un v&#339;u pieu ?&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) Microsoft Word, &lt;i&gt;Rapport d'enqu&#234;te Participation des usagers_Septembre2014.doc&lt;/i&gt; (centredoc.fr).
(2) Agence nationale de l'&#233;valuation et de la qualit&#233; des &#233;tablissements et services sociaux et m&#233;dico-sociaux.
(3) &lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;, Agence nationale, p.&#8239;22.&lt;HR&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Laurent Ott, philosophe social, Interm&#232;des-Robinson - &lt;a href=&#034;http://www.intermedes-robinson.org&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.intermedes-robinson.org&lt;/a&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;SANS vraiment le comprendre, j'ai toujours &#233;prouv&#233; vis-&#224;-vis du terme &#171; participation &#187;, une certaine g&#234;ne, voire une r&#233;pulsion. Ce terme m'a toujours paru &#171; mou &#187;, &#171; vertueux &#187;, &#171; poli &#187;, &#171; aimable &#187;, bref sans grand contenu et surtout artificiel. Mais pourquoi ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Je crois que c'est parce que lorsqu'on r&#233;fl&#233;chit sur le sens des mots, le concept de &#171; participation des usagers &#187; est sans espoir ; c'est perdu d'avance. Apr&#232;s tout, qui demande la participation ? Est-ce le sujet lui-m&#234;me qui revendique une plus grande place dans les institutions ? Nous savons tous que, au contraire, ce sont les institutions qui tentent par le jeu de la participation d'accrocher un usager qui leur r&#233;siste, qui leur &#233;chappe et dont on ne comprend pas l'intentionnalit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, le concept et les pratiques de participation d'un sujet ou d'un groupe b&#233;n&#233;ficiaire sont bien tristes, car affirmant le contraire de ce qui tente d'&#234;tre promu. Apr&#232;s tout, si l'on souhaite la favoriser ou la d&#233;velopper, c'est bien parce qu'on la juge d'abord comme d&#233;faillante et insuffisante. On va s'efforcer d'obtenir une participation dont on sait d&#233;j&#224; qu'elle est ridicule, consternante ou, pour le dire en un mot, symbolique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle est demand&#233;e, attendue, comme une sorte de &#171; devoir &#187;, un &#171; d&#251; &#187;, une dette dont l'usager devrait s'affranchir, pour pouvoir devenir plus libre et plus autonome.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi r&#233;fl&#233;chie, cette id&#233;e appara&#238;t comme en lien, comme un n&#233;gatif, comme ce &#171; prix symbolique &#187; qu'on exige en contrepartie d'un service, d'une sortie, d'une prestation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour le travailleur social, aussi, cette &#171; injonction &#187; &#224; la participation est d&#233;sesp&#233;rante. Elle vient signer l'id&#233;e qu'on ne peut pas esp&#233;rer grand-chose des publics, rien d'autre que ce qui est balis&#233;, attendu, pr&#233;dit.&lt;br class='autobr' /&gt;
On met alors en place des instances creuses, des r&#233;unions protocolaires, juste pour pouvoir dire qu'on les a faites.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi r&#233;sum&#233;e, la participation ressort bel et bien d'une id&#233;ologie plut&#244;t marchande, plut&#244;t capitaliste des relations sociales, dans laquelle, la gratuit&#233;, le don et l'engagement sont impensables. On ne saurait rien recevoir sans devoir prouver qu'on est responsable et reconnaissant de ses dettes. La participation rejoint une id&#233;ologie de la compensation obligatoire, de la r&#233;ciprocit&#233; m&#234;me et surtout quand celles-ci sont ridicules.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s lors, on ne peut pas &#234;tre surpris que les propositions de participation des publics, quand elles &#233;manent des collectivit&#233;s, des institutions, rencontrent autant de r&#233;sistance passive, de mauvaise volont&#233;, de manque d'entrain de la part des &#171; b&#233;n&#233;ficiaires &#187;. On sent qu'il s'agit de participer pour faire plaisir, pour marquer reconnaissance et all&#233;geance. D'ailleurs, les quelques b&#233;n&#233;ficiaires et usagers qui s'engagent dans les &#171; instances participatives &#187; sont souvent les personnes les plus complaisantes et dociles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aux origines de la P&#233;dagogie sociale, C&#233;lestin Freinet d&#233;passait le concept de participation (toujours possible dans un cadre de p&#233;dagogie traditionnelle), pour y opposer celui de &#171; coop&#233;ration &#187;. Vieux mot, difficile &#224; comprendre aujourd'hui, ce terme renvoie &#224; la notion d'un travail, d'un chantier commun, dans lequel les publics et les acteurs sociaux ne sont pas repr&#233;sent&#233;s, mais travaillent ensemble &#224; une &#339;uvre nouvelle. Ce qui les rassemble &#224; ce moment-l&#224;, ce n'est pas une pr&#233;occupation de l'expression ou de la diversit&#233;, c'est la difficult&#233; du travail en lui-m&#234;me et l'ambition de cr&#233;er ici et maintenant des choses qui n'existent pas encore.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>S&#233;jour de rupture - un voyage vers soi</title>
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		<dc:subject>Placement familial</dc:subject>
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&lt;p&gt;La pr&#233;paration de notre num&#233;ro sp&#233;cial consacr&#233; aux s&#233;jours de rupture nous a procur&#233; beaucoup d'&#233;motions. D'abord par la qualit&#233; des contributions institutionnelles et th&#233;oriques. Mais aussi, en d&#233;couvrant des t&#233;moignages &#233;mouvants et saisissants des acteurs de terrain. &#192; l'heure o&#249; la protection de l'enfance prend l'eau, o&#249; elle ne d&#233;fraye la chronique qu'&#224; travers des reportages t&#233;l&#233; &#224; scandale, o&#249; des enfants en danger sont encore plus en danger, faute de moyens, ce num&#233;ro agit comme une bouff&#233;e d'espoir, un (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L107xH150/arton10649-0ac32.png?1693468108' width='107' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La pr&#233;paration de notre num&#233;ro sp&#233;cial consacr&#233; aux s&#233;jours de rupture nous a procur&#233; beaucoup d'&#233;motions. D'abord par la qualit&#233; des contributions institutionnelles et th&#233;oriques. Mais aussi, en d&#233;couvrant des t&#233;moignages &#233;mouvants et saisissants des acteurs de terrain. &#192; l'heure o&#249; la protection de l'enfance prend l'eau, o&#249; elle ne d&#233;fraye la chronique qu'&#224; travers des reportages t&#233;l&#233; &#224; scandale, o&#249; des enfants en danger sont encore plus en danger, faute de moyens, ce num&#233;ro agit comme une bouff&#233;e d'espoir, un anti-d&#233;presseur et un puissant message de reconnaissance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Loulou dont le s&#233;jour au S&#233;n&#233;gal est d&#233;crit dans ce num&#233;ro &#233;crit : &#171; Merci de garder cet espoir pour chacun des jeunes que vous rencontrez, merci de donner un petit peu de vous &#224; chacun de nous. Je ne trouve pas de mots pour ce que vous faites s&#251;rement parce que c'est trop humain. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les professionnels &#233;puis&#233;s, &#233;c&#339;ur&#233;s et d&#233;sesp&#233;r&#233;s qui n'ont parfois d'autre solutions, pour sauver leur peau, que de partir y trouveront le sens du travail social trop souvent perverti. D'autres y trouveront la raison de rester. Les s&#233;jours de rupture appartiennent-ils &#224; ces &#171; derniers de Mohicans &#187; qui continuent &#224; pr&#233;server et &#224; faire vivre l'essence et la raison d'&#234;tre de la protection de l'enfance ? Aux lecteurs d'en juger !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;HR&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Les institutionnels&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Un maillon essentiel dans l'offre que nous proposons&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;interview de Cinderella Bernard&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; T&#233;moignage &#8226; Un programme centr&#233; sur la remobilisation&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;par Claire Sotto-Jeauneau&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Loin des yeux, loin du juge ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;par St&#233;phanie Le Bouffos&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; T&#233;moignage &#8226; Trouver en soi l'&#233;nergie du renouveau&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;par Herv&#233; Stephant&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#171; Nous donner rien que notre place, mais toute notre place &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;interview de Xavier Velly &lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; T&#233;moignage &#8226; Se confronter &#224; une autre culture&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;par Gr&#233;goire Millet&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;HR&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;La bo&#238;te &#224; outils &lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; L'aventure comme ressource &#233;ducative&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;par David Le Breton&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; T&#233;moignage &#8226; Vivre un rite initiatique&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;par Thierry Trontin&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le s&#233;jour de rupture comme levier th&#233;rapeutique&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;par Myl&#232;ne Stephan &lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; T&#233;moignage &#8226; Prendre soin du retour&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;par Caroline, Magali, Laurent avec les t&#233;moignages de Manuela et Laura&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les jeunes face aux s&#233;jours de rupture : quels profils ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;par Christophe Moreau&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;HR&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Offres d'emploi &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;HR&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'oeil et l'oreille : Livres &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les enjeux organisationnels, manag&#233;riaux et institutionnels s'opposent-ils aux enjeux cliniques ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Les-enjeux-organisationnels-manageriaux-et-institutionnels-s-opposent-ils-aux-enjeux-cliniques</link>
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		<dc:date>2022-10-17T22:00:00Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Combien de pratiques professionnelles instrumentalis&#233;es par des logiques budg&#233;taires ou des obsessions technocratiques ? Mais combien d'autres encourag&#233;es et stimul&#233;es par une dynamique institutionnelle porteuse ? La subordination de la clinique au diktat hors-sol, pour fr&#233;quente qu'elle soit n'a rien d'incontournable. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Jean-Luc Boero, membre de la Ligue des droits de l'homme (LDH), retrait&#233; et ex-professionnel de l'Aide sociale &#224; l'enfance (ASE) &lt;br class='autobr' /&gt;
La clinique est un mot de moins en moins usit&#233; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Ethique" rel="tag"&gt;&#201;thique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Usager" rel="tag"&gt;Usager&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1325-" rel="tag"&gt;1325&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Combien de pratiques professionnelles instrumentalis&#233;es par des logiques budg&#233;taires ou des obsessions technocratiques ? Mais combien d'autres encourag&#233;es et stimul&#233;es par une dynamique institutionnelle porteuse ? La subordination de la clinique au diktat hors-sol, pour fr&#233;quente qu'elle soit n'a rien d'incontournable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Jean-Luc Boero, membre de la Ligue des droits de l'homme (LDH), retrait&#233; et ex-professionnel de l'Aide sociale &#224; l'enfance (ASE)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La clinique est un mot de moins en moins usit&#233; dans nos organisations. Non pas que les professionnels aient d&#233;sert&#233; ce d&#233;sir de donner du sens et d'&#233;manciper mais les cadres et leurs &#233;quipes sont confront&#233;s &#224; des questions quotidiennes usantes et anxiog&#232;nes. Va-t-on trouver un rempla&#231;ant ? Va-t-on obtenir un accord de l'inspecteur ASE pour un s&#233;jour de rupture ? Dans ce mouvement continu et d&#233;stabilisant de l'op&#233;rationnalit&#233;, rares sont les services qui sont compos&#233;s de professionnels uniquement concentr&#233;s sur l'accompagnement. Les dispositifs sont complexes et se sont configur&#233;s selon des logiques de performance lib&#233;rale : action courte et sp&#233;cialis&#233;e. Les moyens &#233;tant rares, les services sont g&#233;n&#233;ralement satur&#233;s. Leur hypersp&#233;cialisation saucissonne l'accompagnement. Les manques en inclusion scolaire, en p&#233;dopsychiatrie, en h&#233;bergement d'urgence, en famille d'accueil, bref en services publics sont si immenses que la clinique vient souvent en second plan. Trouver d'abord une solution d'accueil pour cet enfant &#224; prot&#233;ger avant de s'int&#233;resser &#224; lui trouver une solution correspondant &#224; ses besoins est devenu la r&#232;gle d'usage. Que dire &#224; une m&#232;re de famille d&#233;pass&#233;e par son adolescent qui a besoin d'une place en internat scolaire ou &#233;ducatif ? Lui r&#233;pondre que cela sera long et que pendant ce temps on mettra son dossier en attente prioritaire pour une Aide &#201;ducative &#224; Domicile qui au mieux se mettra en place dans 6 mois ! C'est un exemple de la perte de sens. Lorsque le professionnel accueille un stagiaire, que lui donner &#224; voir de son m&#233;tier ? Que lui faire voir de son organisation ? Les plans pluriannuels sont souvent d&#233;connect&#233;s de la r&#233;alit&#233; quotidienne. Les formateurs-terrain sont de moins en moins nombreux. Il ne faut pas alors s'&#233;tonner que l'attractivit&#233; soit devenue une denr&#233;e rare, d'autant plus que les salaires sont maigres. Nous avons des organisations qui ont produit des r&#233;f&#233;rentiels pl&#233;thoriques, des proc&#233;dures, des r&#233;organisations et des organigrammes qui sont venus renforcer l'expertise hors-sol. Cela conduit &#224; g&#233;n&#233;rer de vraies machines &#224; inertie et d&#233;motivation, si bien que le nouveau professionnel passe plus de temps &#224; se rep&#233;rer dans ce maquis organisationnel et institutionnel qu'&#224; s'int&#233;resser &#224; la clinique de l'usager. Vous rajoutez une n&#233;cessit&#233; de produire des &#233;crits en nombre, le temps pass&#233; avec l'usager devient alors saugrenu : deux heures par mois en moyenne en Action &#233;ducative en milieu ouvert, sauf &#224; ne pas compter son temps. Cette supr&#233;matie du mod&#232;le bureaucratique a d&#233;vitalis&#233; nos organisations. La technocratisation du travail social et le renforcement de verticalit&#233; ont mis &#224; mal l'accompagnement. Les travailleurs sociaux sont devenus de vagues r&#233;f&#233;rences pour les familles et les jeunes. Ils ne peuvent plus gu&#232;re faire les pas de c&#244;t&#233; sans que cela n'aille pas &#224; contrario de leurs r&#232;gles. Trouver un lieu d'accueil pour un jeune et se le faire valider par son administration est devenu un parcours du combattant, car une telle orientation rel&#232;ve parfois de plateformes qui ont des missions en lien avec la gestion des places disponibles. Et comme le nombre de jeunes en attente d'orientation est grand, la probabilit&#233; que la proposition du &lt;span class='spip_document_6130 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L350xH521/capture_d_e_cran_2022-10-13_a_10.33.42-c7db3.png?1693656871' width='350' height='521' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;professionnel soit retenue malgr&#233; sa connaissance fine du jeune et du lieu d'accueil est quasi nulle. La clinique dans ce d&#233;sastre vient colmater un syst&#232;me gangren&#233; par l'aust&#233;rit&#233; et un mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral, d'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de la mettre en avant pour que le travail social reste au service des besoins des usagers et de l'engagement des professionnels.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Xavier Bouchereau, chef de service en Pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Organisation ou clinique ? Institution ou pratique ? Le probl&#232;me ne se situe pas dans le &#171; ou &#187;, mais bien dans la nature d'un &#171; et &#187; qui garantisse le sens au travail. Il ne s'agit pas de choisir entre ces diff&#233;rentes dimensions constitutives d'un engagement collectif, mais bien plus s&#251;rement de comprendre pourquoi, au fil du temps, certaines (notamment la dimension organisationnelle) en ont &#233;cras&#233; d'autres (notamment la clinique), au point de les relayer &#224; la portion congrue de notre exercice professionnel. En r&#233;alit&#233;, cette hypertrophie dysfonctionnelle de la dimension organisationnelle est essentiellement due &#224; la place que nous lui avons ind&#251;ment laiss&#233;e. En ne faisant pas l'effort de d&#233;finir chacune de ces dimensions, d'en penser les articulations, nous avons malgr&#233; nous ouvert le chemin d'une vision monolithique du travail o&#249; l'organisation et sa petite s&#339;ur la communication r&#232;gnent sans partage, &#233;puisant les institutions du sens qui les fonde. Et cette logique a &#233;t&#233; rendue possible, puis acc&#233;l&#233;r&#233;e par la pression budg&#233;taire qui, &#224; tort, a cru trouver dans l'optimisation organisationnelle l'unique principe d'une gestion &#233;conomique vertueuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est grand temps de remettre les choses &#224; l'endroit et de nous extraire enfin de cet impossible structurel qui ronge le travail social de l'int&#233;rieur et n'en finit plus d'user les professionnels, quelle que soit leur fonction. Car une institution ne se r&#233;duit jamais &#224; une organisation, &#224; une architecture, pas plus que le management ne se r&#233;duit &#224; une mise en conformit&#233; proc&#233;durale. On ne peut pas r&#233;gler le fonctionnement institutionnel seulement par des tableurs et des logigrammes aussi utiles soient-ils, il y a du relationnel &#224; diffuser, de la subjectivit&#233; &#224; d&#233;fendre, de la cr&#233;ativit&#233; &#224; soutenir, bref de la clinique &#224; assumer. Et c'est bien la clinique qui doit rester la clef de vo&#251;te de notre engagement collectif, sans elle, toute institution sociale se condamne &#224; l'insignifiance. Pourquoi une telle affirmation ? Et surtout pourquoi cette affirmation est-elle un imp&#233;ratif logique et non une simple posture id&#233;ologique de ma part ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Revenons aux sources. Toute institution s'appuie d'abord sur un &#171; pourquoi &#187;, &#224; partir duquel elle va poser et l&#233;gitimer les places et les r&#244;les de chacun, c'est ce qu'on appelle instituer. Autrement dit, l'institution est l&#224; pour fixer le cadre d'un engagement commun autour d'une mission d&#233;finie. Partant de l&#224;, posons-nous simplement la question de cette mission qui nous nous porte. Pourquoi le travail social ? Eh bien, le travail social est n&#233; du souci de l'autre, il est l&#224; pour prendre soin des personnes, pour les &#233;couter, &#234;tre &#224; leur c&#244;t&#233;, il est donc l&#224; pour assurer socialement une forme singuli&#232;re de &#171; klinik&#233; &#187;. Nos institutions construisent ensuite, pierre apr&#232;s pierre, les moyens, l'organisation pour permettre &#224; cette mission originelle, &#224; cette clinique sociale de se d&#233;ployer. C'est pourquoi la dimension organisationnelle ne peut pas guider, pas plus qu'elle ne peut fixer l'horizon. Si elle est indispensable, elle ne peut jamais &#234;tre au centre, elle doit demeurer en p&#233;riph&#233;rie du sens fix&#233; par la clinique. Dans ces conditions, la fonction manag&#233;riale sert de transmission. Elle permet, &#224; partir des obligations pos&#233;es par la clinique, de mobiliser les moyens mis &#224; disposition par l'organisation. Finalement, il est clair que les dimensions organisationnelles et manag&#233;riales doivent rester au service du travail &#233;ducatif et non l'inverse, sans quoi c'est le sens qui s'&#233;vanouit et au bout de compte les personnes accompagn&#233;es que nous p&#233;nalisons.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La plus grande famille de France</title>
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		<dc:subject>Protection de l'enfance</dc:subject>
		<dc:subject>Usager</dc:subject>
		<dc:subject>1324</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un combat de plus de 60 ans &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour son soixanti&#232;me anniversaire, la F&#233;d&#233;ration nationale des associations d&#233;partementales d'entraide des personnes accueillies en protection de l'enfance (FNADEPAPE) publiait cette monographie qui ne se contente pas de reconstituer les &#233;tapes de la reconnaissance de son expertise et de ses combats, mais regorge aussi de t&#233;moignages, de r&#233;cits et de cheminements. Ce recueil d'une grande richesse, habilement mis en musique par Denis Peiron, donne la parole aux experts, (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L110xH150/arton10464-f6797.jpg?1693476265' width='110' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un combat de plus de 60 ans&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour son soixanti&#232;me anniversaire, la F&#233;d&#233;ration nationale des associations d&#233;partementales d'entraide des personnes accueillies en protection de l'enfance (FNADEPAPE) publiait cette monographie qui ne se contente pas de reconstituer les &#233;tapes de la reconnaissance de son expertise et de ses combats, mais regorge aussi de t&#233;moignages, de r&#233;cits et de cheminements. Ce recueil d'une grande richesse, habilement mis en musique par Denis Peiron, donne la parole aux experts, qu'ils soient anciens enfants plac&#233;s ou sp&#233;cialistes, pour traiter des diff&#233;rentes questions qui touchent au c&#339;ur des parcours de placement. &#171; Accepter vis-&#224;-vis de l'ext&#233;rieur ce que l'on est, cesser de s'apitoyer sur notre sort, de penser &#224; notre pass&#233; en termes mis&#233;rabilistes &#187; (p.&#8239;55), telles &#233;taient les conditions qui ont permis &#224; la F&#233;d&#233;ration de porter ses revendications sur la place publique. Tant que ses membres se sont limit&#233;s &#224; des rencontres amicales, leur action &#233;tait vue avec bienveillance par l'administration. Ce fut bien diff&#233;rent, quand ils formul&#232;rent des critiques sur les pratiques en cours et des propositions pour les amender. M&#234;me si les conditions mat&#233;rielles des placements se sont grandement am&#233;lior&#233;es et que nombre d'adh&#233;rents consid&#232;rent comme une chance d'avoir &#233;t&#233; pris en charge par la puissance publique, reste le devenir des enfants plac&#233;s qui constitue l'un des combats essentiels qui reste &#224; gagner : &#171; il y a vingt ans on ne savait pas. Il y a dix ans, on savait et on essayait de prendre en compte les avanc&#233;es de la recherche. Aujourd'hui on sait, mais on dit qu'on n'a pas le temps ni les moyens &#187; (p.&#8239;73). Plus que jamais la vigilance, la veille et la diligence d'une telle association s'av&#232;rent n&#233;cessaires pour d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts d'une population si souvent stigmatis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jacques Tr&#233;mintin&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#201;d. Bastidehugo, 2018, (208 p. &#8211; 18 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les usagers savent-ils ce qui est bien pour eux ? (prolongation de Paroles de m&#233;tiers n&#176;1323)</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Les-usagers-savent-ils-ce-qui-est-bien-pour-eux-prolongation-de-Paroles-de-metiers-no1323</link>
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		<dc:subject>Usager</dc:subject>
		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>1324</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Et si nous r&#233;pondions non ? Pour qui passerions-nous ? Pour de vieux machins s&#251;rs de savoir ce qui est bien pour l'autre comme au fond les parents d'avant savaient ce qui &#233;taient bon pour leurs enfants ? Pour des professionnels tout-puissants un peu pervers ou pire, des gentils qui pensent qu'une personne qui demande n'est pas capable de savoir ce qui est bon pour elle ? Quand on est fort, on se d&#233;brouille, on n'a pas &#224; demander. La r&#233;alit&#233; est &#233;minemment plus compliqu&#233;e&#8230; Ne sachant pas trop comment (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Et si nous r&#233;pondions non ? Pour qui passerions-nous ? Pour de vieux machins s&#251;rs de savoir ce qui est bien pour l'autre comme au fond les parents d'avant savaient ce qui &#233;taient bon pour leurs enfants ? Pour des professionnels tout-puissants un peu pervers ou pire, des gentils qui pensent qu'une personne qui demande n'est pas capable de savoir ce qui est bon pour elle ? Quand on est fort, on se d&#233;brouille, on n'a pas &#224; demander.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;alit&#233; est &#233;minemment plus compliqu&#233;e&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne sachant pas trop comment d&#233;marrer, j'ai &#233;t&#233; glaner des r&#233;ponses chez des coll&#232;gues. J'ai &#233;t&#233; interroger quelques professionnels avec, en arri&#232;re-pens&#233;e, ces questions : les personnes que nous recevons savent-elles ce qui est bon pour elles ? Auquel cas, &#224; quoi servons-nous vraiment ? Ne serions-nous que les relais entre administrations et usagers ? Entre des familles et des enfants ou adultes avec qui on ne peut pas ou plus faire ? Des facilitateurs de d&#233;marches, des guides pour un peu plus d'humanit&#233; ? Une &#233;coute dans ce grand micmac administratif ? Pour &#234;tre au final, ceux qui prennent en charge la mis&#232;re du monde ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_6075 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L250xH256/capture_d_e_cran_2022-09-29_a_11.37.40-9d666.png?1693476266' width='250' height='256' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Apr&#232;s un grand embarras g&#233;n&#233;ral pour r&#233;pondre &#224; ces questions, je pourrais r&#233;sumer les choses ainsi :&lt;br class='autobr' /&gt;
Peut-on parler des &#171; usagers &#187; ? Peut-on consid&#233;rer les usagers comme un groupe social au sens sociologique du terme ? La singularit&#233; de chacun et la multiplicit&#233; de situations entravent le fait que nous pourrions rassembler, en un tout, les personnes qui viennent nous solliciter, nous travailleurs sociaux. Auquel cas, il est impossible de r&#233;pondre &#224; la question de d&#233;part&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
La pens&#233;e fait le grand &#233;cart entre l'adulte handicap&#233; et son peu d'autonomie et le marginal demandant juste un regard sympathique, de quoi se substanter et se payer ses clopes.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'aspect le plus difficile des diff&#233;rentes missions des travailleurs sociaux r&#233;side peut-&#234;tre alors dans cette n&#233;cessaire &#233;valuation &#224; faire lorsqu'on rencontre puis accompagne une personne en demande consid&#233;rant que la demande est bien s&#251;r un pr&#233;requis obligatoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pouvoir poser ce regard qui &#233;coute, d&#233;barrass&#233; si possible du maximum de pr&#233;con&#231;us, de pr&#233;jug&#233;s. Ce qui est loin d'&#234;tre toujours &#233;vident.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceci pour aller &#224; la p&#234;che des potentiels des personnes accompagn&#233;es. Et puis ensuite oser. Oser demander ce que veut la personne sans trop anticiper, sans aller trop vite, sans chercher &#224; &#234;tre efficace. Oser l&#226;cher quand on sent la personne en capacit&#233; de se d&#233;brouiller. Oser faire confiance &#224; la personne qui n'a pas le m&#234;me bagage affectif, psychologique que nous, donc qui ne pense pas et ne vit pas comme nous. Accompagner l'autre pour qu'il trouve lui-m&#234;me ce qui est bien, bon pour lui&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout ceci est bien compliqu&#233; &#224; mettre en application. Penser complexe pour agir vrai. Et puis, c'est vrai aussi qu'il faut justifier de son travail, de sa fonction. On est pay&#233; pour &#231;a et on se doit d'agir. Donc !...&lt;br class='autobr' /&gt;
Celui qui a lu Martin Winckler, ou bien l'a &#233;cout&#233; ou bien encore vu des interviews de lui, sait que le m&#233;decin qu'il est, a d&#233;cid&#233; d'accueillir tout d'abord la personne et non pas le malade. Ce qui, bien entendu, l'oblige &#224; regarder cette personne dans son enti&#232;ret&#233; et non par le biais de son sympt&#244;me. Donc, &#224; prendre le temps et non pas encha&#238;ner les patients.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi ce d&#233;tour par la m&#233;decine ? Parce que ce qui m'a le plus marqu&#233; en approchant ce m&#233;decin-&#233;crivain, c'est le regard qu'il pose sur la personne en demande. &#201;couter la personne qui entre, lui faire confiance, elle seule sait vraiment pourquoi elle est l&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous voyez o&#249; je veux en venir&#8230;Et si b&#234;tement c'&#233;tait pareil pour nous, travailleurs sociaux ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les usagers savent-ils ce qui est bien pour eux ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Les-usagers-savent-ils-ce-qui-est-bien-pour-eux-10425</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Les-usagers-savent-ils-ce-qui-est-bien-pour-eux-10425</guid>
		<dc:date>2022-09-19T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;thique</dc:subject>
		<dc:subject>Usager</dc:subject>
		<dc:subject>1323</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un mantra voudrait que la personne en difficult&#233; serait la mieux plac&#233;e pour trouver les solutions lui convenant. La l&#233;gitime pr&#233;occupation &#224; promouvoir le pouvoir d'agir ne provoque-t-elle pas l&#224; un effet particuli&#232;rement pervers : l'invalidation de toute l&#233;gitimit&#233; &#224; l'accompagnement ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Michel Defrance, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;, directeur d'ITEP retrait&#233;, &#171; conteur d'institution &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; une question complexe. Qu'est-ce que &#171; savoir &#187;, qu'est-ce que le &#171; bien &#187; ? Vous avez quatre heures&#8230; Savoir supposerait (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Paroles-de-me%CC%81tiers" rel="directory"&gt;Paroles de me&#769;tiers&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Ethique" rel="tag"&gt;&#201;thique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Usager" rel="tag"&gt;Usager&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1323-" rel="tag"&gt;1323&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un mantra voudrait que la personne en difficult&#233; serait la mieux plac&#233;e pour trouver les solutions lui convenant. La l&#233;gitime pr&#233;occupation &#224; promouvoir le pouvoir d'agir ne provoque-t-elle pas l&#224; un effet particuli&#232;rement pervers : l'invalidation de toute l&#233;gitimit&#233; &#224; l'accompagnement ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Michel Defrance, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;, directeur d'ITEP retrait&#233;, &#171; conteur d'institution &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; une question complexe. Qu'est-ce que &#171; savoir &#187;, qu'est-ce que le &#171; bien &#187; ? Vous avez quatre heures&#8230; Savoir supposerait pouvoir mobiliser l'ensemble des connaissances objectivables sur soi-m&#234;me et sur un environnement dont je conna&#238;trais les ressources, les contraintes, les enjeux. Identifier ce qui serait bien pour moi rel&#232;ve d'une capacit&#233; de discernement entre le principe de plaisir et le principe de r&#233;alit&#233;. Issu de ce qui nous constitue physiquement et psychiquement, par nos v&#233;cus, nos rencontres, les connaissances que nous nous sommes appropri&#233;es, ce que nous sommes devenus s'est construit autant inconsciemment que volontairement. Qui peut pr&#233;tendre savoir ce qui est bon pour lui sans le secours d'un autre qui aiderait par son commentaire ext&#233;rieur &#224; rep&#233;rer ce qui nous anime, &#224; d&#233;passer les entraves d&#233;fensives que nous avons &#233;labor&#233;es pour rendre notre vie plus supportable ? En fait le d&#233;bat consiste pour le professionnel non pas &#224; pr&#233;tendre ce qui serait le bien pour la personne dont il s'occupe mais de tenter de la soutenir dans une d&#233;marche d'observation distanci&#233;e sur elle-m&#234;me l'aidant ainsi &#224; mieux comprendre ses difficult&#233;s. Pr&#233;tendre savoir le bien pour l'autre &#224; depuis l'aube de l'humanit&#233; justifi&#233; les pires atteintes aux personnes et &#224; la nature. C'est toujours pour leur &#171; bien &#187; que les dirigeants de toutes esp&#232;ces ont manipul&#233;, instrumentalis&#233;, soumis les personnes dont ils se d&#233;claraient les sauveurs. S'agissant des sciences humaines, peut-on affirmer que les r&#233;f&#233;rences th&#233;oriques et les savoirs exp&#233;rienciels peuvent &#233;chapper aux al&#233;as intersubjectifs de ceux qui s'en pr&#233;valent ? Nos d&#233;fenses psychiques nous conduisent souvent au d&#233;ni, &#224; l'&#233;vitement, au refus de s'engager dans une d&#233;marche co&#251;teuse. Nous avons besoin de soutien pour les d&#233;passer. Les connaissances professionnelles pluridisciplinaires partag&#233;es avec les coll&#232;gues nous sont n&#233;cessaires pour faire avancer les personnes accueillies ou suivies dans la d&#233;couverte de leurs potentialit&#233;s et pour les aider &#224; la mise en &#339;uvre de leurs projets. Les accompagnements, les m&#233;diations &#233;ducatives, p&#233;dagogiques, th&#233;rapeutiques que nous proposons peuvent cr&#233;er les conditions de l'&#233;mergence d'un savoir sur soi. Comme les personnes dont nous nous occupons, nous ressentons confus&#233;ment ce qui serait bien de faire pour se sortir de nos difficult&#233;s ou am&#233;liorer nos situations. Sur cette base, construisons avec elles leur capacit&#233; d'auto-d&#233;termination, leur &#171; pouvoir d'agir &#187;. Pourquoi avoir si longtemps m&#233;sestim&#233; leur savoir exp&#233;rientiel au lieu d'en enrichir nos pratiques ? L'id&#233;e serait de se reconna&#238;tre dans l'exp&#233;rience de l'autre et de le partager. Aujourd'hui des &#171; travailleurs-pairs &#187;, c'est-&#224;-dire des personnes ayant d&#233;pass&#233; ou r&#233;ussi &#224; &#171; faire avec &#187; leurs difficult&#233;s s'engagent dans les m&#233;tiers du travail social. Par leur proximit&#233; d'exp&#233;rience, de ressentis sont-ils mieux &#224; m&#234;me que des professionnels &#171; d&#233;simpliqu&#233;s &#187;, de comprendre et conseiller l'autre en difficult&#233; ? En tout cas ils en t&#233;moignent. Les &#171; usagers &#187; s'ils ne savent pas toujours ce qui est bon pour eux, n'ont pas besoin de &#171; donneurs de le&#231;on &#187;, ils souhaitent faire d'authentiques rencontres avec tous ceux qui s'engageront &#224; leur c&#244;t&#233; pour les aider. Arr&#234;tons de moraliser, de nous &lt;span class='spip_document_6027 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L350xH474/capture_d_e_cran_2022-09-16_a_09.35.02-e31b4.png?1693476246' width='350' height='474' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; projeter, de penser &#224; la place des autres. Soyons juste ceux qui cr&#233;eront les conditions de l'&#233;mergence d'une conscience de leur situation et de l'&#233;mancipation de leur parole&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Ludwig Maquet, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;, dipl&#244;m&#233; en sciences de l'&#233;ducation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Inversons la r&#233;flexion, m&#233;fions-nous de savoir ce qui est bien pour eux ! Un peu d'empathie que diable, supporterait-on d'&#234;tre &#224; leur place et qu'un travail social dicte notre vie. On rajoutera, de quels usagers parle-t-on ? Soit.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Moi je ne sais pas ce qui est bien pour toi. Enfin si, je peux savoir ce qui serait mieux, en tant qu'&#233;ducateur dont ma mission est de t'accompagner dans tes projets de vie, et pour laquelle je suis form&#233; et r&#233;mun&#233;r&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Mais savoir ce qui est bien pour eux ? En fonction de quoi, de qui, de quels rep&#232;res, de quel dogme ? Tout syst&#232;me qui a voulu imposer une ligne, qu'elle soit id&#233;ologique ou politique, a men&#233; au contr&#244;le des masses, &#224; la dictature, sous couvert de penser ce qui serait bien pour les gens, &#224; la place des gens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certes, c'est notre travail d'accompagner les personnes sur leur chemin de vie, nous sommes form&#233;s &#224; la relation d'aide et d'accompagnement. Sinon, nous ne ferions pas ces m&#233;tiers. Mais il faut apprendre &#224; partir de l&#224; o&#249; en sont les gens, et avancer sur leur choix. Il nous faut respecter leurs temporalit&#233;s, r&#233;v&#233;ler leurs capacit&#233;s. Voyons-nous comme des outils, dont les usagers se servent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous n'avons pas &#224; dicter leur vie. Bien s&#251;r que l'on vise l'&#233;mancipation et l'autonomie des personnes, mais en se m&#233;fiant de tout rapport de domination ou de pouvoir. C'est ce que j'aime chez Paulo Freire et sa p&#233;dagogie de l'autonomie. Celle-ci d&#233;crit une p&#233;dagogie lib&#233;ratrice qui se fonde sur des relations &#171; dialogiques &#187; de coop&#233;ration entre &#233;ducateurs-apprenants et apprenant-&#233;ducateurs, consid&#233;rant les deux parties comme des sujets &#233;gaux, pour construire une conscience commune et une &#171; co-&#233;mancipation &#187;. En effet, l'&#233;ducation doit permettre aux classes domin&#233;es d'acqu&#233;rir des savoirs &#233;mancipateurs pour changer leurs conditions de vie en vue de transformer la soci&#233;t&#233;. En cela, oui, ils savent bien ce qui est bon pour eux. Plus proche de nous, la p&#233;dagogie sociale d&#233;fendue par Laurent Ott doit nous inspirer. H&#233;ritage de J. Korczak et de Freinet, celle-ci d&#233;fend l'int&#233;r&#234;t d'aller vers et de faire avec les gens, dans leur environnement imm&#233;diat, naturel, acceptant ainsi la personne dans son enti&#232;ret&#233;, proposant des outils favorisant l'expression de soi et la coop&#233;ration dans le groupe. Ce sont les personnes qui sont actrices de leur vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors oui, nous sommes des tuteurs, des guides, des p&#233;dagogues, pour faire &#233;merger les capacit&#233;s des gens, partir de leur choix. Et non pas des n&#244;tres. Ou pas de ce que le contr&#244;le social aujourd'hui voudrait en faire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Savent-ils ce qui est bien pour eux ? De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, j'aurais tendance &#224; r&#233;pondre oui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais qu'est-ce que le bien ? Vous avez 4 heures !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Exclusion ou fin de prise en charge : quelle justification ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Exclusion-ou-fin-de-prise-en-charge-quelle-justification</link>
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		<dc:date>2022-02-28T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Usager</dc:subject>
		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>1312</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Que l'accompagnement se termine sous la forme d'une rupture brutale ou du fait l'aboutissement de la mesure, il arrive que cette &#233;ch&#233;ance laisse un go&#251;t amer aux professionnels. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Maxime Dauphin, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; et doctorant en sciences de l'&#233;ducation - &#224; Paris 8 &lt;br class='autobr' /&gt;
&#202;tre intol&#233;rant au lactose justifie-t-il d'&#234;tre exclu d'un repas entre amis ? Tout bonnement non, chacun se montre compr&#233;hensif et s'adapte comme il peut. &#202;tre intol&#233;rant au cadre institutionnel institu&#233; justifie-t-il la formation d'un (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Paroles-de-me%CC%81tiers" rel="directory"&gt;Paroles de me&#769;tiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Pratique-professionnelle" rel="tag"&gt;Pratique professionnelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1312-" rel="tag"&gt;1312&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Que l'accompagnement se termine sous la forme d'une rupture brutale ou du fait l'aboutissement de la mesure, il arrive que cette &#233;ch&#233;ance laisse un go&#251;t amer aux professionnels.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Maxime Dauphin, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; et doctorant en sciences de l'&#233;ducation - &#224; Paris 8&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#202;tre intol&#233;rant au lactose justifie-t-il d'&#234;tre exclu d'un repas entre amis ? Tout bonnement non, chacun se montre compr&#233;hensif et s'adapte comme il peut.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#202;tre intol&#233;rant au cadre institutionnel institu&#233; justifie-t-il la formation d'un stigmate rendant l'enfant &#171; incasable &#187; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
De par mon parcours professionnel d'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;, j'ai pu me rendre compte que la justification de l'exclusion d'une personne accompagn&#233;e ne d&#233;montrait pas en premier lieu les failles de l'institution dans l'accueil d'un enfant, mais plut&#244;t l'incapacit&#233; de l'usager d'un dispositif &#224; se confronter au cadre institutionnel institu&#233;. L'exclusion s'&#233;nonce alors par cette id&#233;e, empreinte de fatalisme, que l'enfant est incasable. &#171; &lt;i&gt;Parfois appel&#233;s de fa&#231;on erron&#233;e et p&#233;jorative &#171; incasables &#187;, le traitement institutionnel qui leur est r&#233;serv&#233;&#769; tend paradoxalement a&#768; ajouter a&#768; leurs difficult&#233;s (voire parfois a&#768; les cr&#233;er) tant elles et ils sont &#171; balad&#233;s &#187; de structures en structures sans pouvoir stabiliser leur parcours&lt;/i&gt;. &#187; (1)&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, la d&#233;viance comportementale de l'enfant diagnostiqu&#233;e dans une institution qu'elle soit sociale, m&#233;dico-sociale ou relevant de l'Education Nationale, peut devenir un trouble de la conduite et du comportement, c'est-&#224;-dire une infirmit&#233;. La situation inextricable g&#233;n&#232;re une r&#233;ponse qui peut &#234;tre essentiellement m&#233;dicale, clinique ou psychiatrique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon exp&#233;rience en Centre d&#233;partemental enfance famille (CDEF) m'a permis d'imaginer un dispositif avec des enfants revenant apr&#232;s un placement &#171; rat&#233; &#187; ou tout bonnement &#171; vir&#233;s &#187; d'une institution sp&#233;cialis&#233;e tel un Institut th&#233;rapeutique &#233;ducatif et psychologique. Qu'est-ce qui justifie une telle mise &#224; l'&#233;cart pour rester ou revenir au final &#224; la case d&#233;part ? L'incasabilit&#233; n'est autre que le rejet de ces institutions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au quotidien, cet enfant est accompagn&#233; par des professionnels conscients des ph&#233;nom&#232;nes de brisures pour l'enfant. D'ailleurs, le CDEF avec ses valeurs cardinales d'inconditionnalit&#233; d'accueil devient quelque part un r&#233;pit pour ces enfants.&lt;br class='autobr' /&gt;
La fin de prise en charge est alors l'espoir d'un nouveau d&#233;part pour mettre un terme &#224; cette spirale n&#233;gative, dans l'objectif de ne pas enfermer cet enfant dans une stigmatisation &#171; d'incasable &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un nouveau d&#233;part, c'est aussi ce que l'on souhaite &#224; tout enfant sortant du dispositif de l'ASE &#224; sa majorit&#233;. L&#224; encore, la situation est complexe, nombre d'entre eux &#233;tant victimes de &#171; sortie s&#232;ches &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les raisons ? Le jeune ballott&#233; de foyer en foyer, voire d'institutions sociales &#224; m&#233;dico-sociales, n'a pas de v&#233;ritable projet d'autonomie, ce qui conditionne l'obtention d'un contrat d'Accueil Provisoire Jeune Majeur. Il se retrouve doublement exclu&#8230; Mais il y a aussi d'autres exemples : au CDEF, j'ai pu accompagner des Mineurs Non Accompagn&#233;s en Accueil provisoire jeune majeur, cherchant &#224; tout prix &#224; s'en sortir. Une fin de prise en charge &#233;tait alors l'aboutissement d'un processus d'insertion socio-professionnel et&#8230; d'une exp&#233;rience interculturelle unique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_4643 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L300xH340/educ-ime-jiho-d69e0.jpg?1693476308' width='300' height='340' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Que faire en tant que travailleur so&#8211;cial ? Il faut savoir pr&#233;venir les ruptures dans les parcours en protection de l'enfance (2), pour que la case s'adapte &#224; l'enfant et non le contraire.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) Dulin A. (2018) Rapport de l'avis du Conseil &#233;conomique, social et environnemental &#171; pr&#233;venir les ruptures dans les parcours en protection de l'enfance &#187;. Consult&#233; sur le site : &lt;a href=&#034;https://www.lecese.fr/travaux-publies/prevenir-les-ruptures-dans-les-parcours-en-protection-de-l-enfance-0&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.lecese.fr/travaux-publies/prevenir-les-ruptures-dans-les-parcours-en-protection-de-l-enfance-0&lt;/a&gt;
(2) En r&#233;f&#233;rence au titre du rapport pr&#233;sent&#233; par Antoine Dulin le mercredi 13 Juin 2018, au nom de la section des affaires sociales et de la sant&#233; il est &#233;voqu&#233; l'ins&#233;curit&#233; du parcours de ces jeunes alors en &#171; difficult&#233; multiples &#187;.&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;
Par Christine Maurey, assistante sociale en &#233;tablissement m&#233;dico-social&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;IL fut un temps (pas si lointain, &#224; vrai dire : la fin du si&#232;cle dernier) o&#249; il n'y avait aucune liste d'attente dans le m&#233;dico-social. &#201;tablissement ou services, il y avait de la place partout. On prenait les enfants, d&#232;s que le dossier &#233;tait complet et pass&#233; devant la commission ad&#233;quate. Puis, on les laissait prendre leur envol, quand on estimait le travail accompli ou l'&#226;ge de prise en charge atteint.&lt;br class='autobr' /&gt;
Non, je ne dirai pas : c'&#233;tait mieux avant ! C'&#233;tait diff&#233;rent : pire par certains c&#244;t&#233;s, mieux par d'autres. Mais on trouvait de la place pour l'enfant ou l'adulte en difficult&#233;. On le sait bien, cette loi de f&#233;vrier 2005 a provoqu&#233; un d&#233;placement du handicap de l'institutionnel vers le milieu ordinaire, donc des places qui se ferment au sein des instituts. Ceci est venu renforcer un mouvement d&#233;j&#224; engag&#233; d'&#171; embouteillage &#187; dans les &#233;tablissements. Les places ont commenc&#233; &#224; manquer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les SESSAD (1) existants, c'&#233;tait souvent &#224; la majorit&#233; du jeune que le service s'arr&#234;tait. Parfois, c'&#233;tait trop. On aurait pu les l&#226;cher plus t&#244;t. Mais on avait du mal, on pouvait encore, on voulait encore&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, on attend pour tout. On attend pour avoir une place dans un CAMPS (2) (un &#224; deux ans), pour la mise en place d'une mesure &#233;ducative de justice (au secours), pour entrer en IME (3), pour passer d'un &#233;tablissement &#224; un autre&#8230; Du coup, il n'y a gu&#232;re que pour sortir d'un service ou d'un &#233;tablissement, qu'on n'attend pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car, qui dit sortie, dit entr&#233;e d'un autre qui attend depuis longtemps. Donc, bien s&#251;r que cette sortie, cette fin de prise en charge sont attendues et souhait&#233;es par ces m&#234;mes &#233;tablissements ou services. Enfin, par l'administratif, les directeurs ou les chefs de service. Car, pour ce qui est des professionnels&#8230; rien d'aussi simple.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'accompagnement, c'est un lien qui se termine, quoiqu'on le veuille, quoiqu'on le dise. Et rompre un lien n'est jamais sans douleur. Les textes parlent d'un service de suite qui pourrait faire une sorte de relai. Mais, pour avoir travaill&#233; dans ce sens et mont&#233; un v&#233;ritable service de suite qui n'&#233;tait pas que de papier, il est presqu'impossible &#224; faire fonctionner.&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; prendre le temps de ces professionnels, d&#233;j&#224; bien occup&#233;s dans leur emploi ? La souplesse que demande un service de suite ne correspond pas &#224; la lourdeur administrative : une ann&#233;e, il y a vingt sorties, l'ann&#233;e suivante cinq&#8230; comment adapter le temps, les postes ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, revenons &#224; nos professionnels et &#224; leurs prot&#233;g&#233;s. On ne peut justifier de l'arr&#234;t d'une prise en charge que par le constat commun, amiable, que le travail est fini, que le chemin parcouru permet &#224; l'enfant, au jeune de continuer seul ou avec d'autres services.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est terriblement difficile &#224; trouver cet accord-l&#224;. Rares sont les fins de prise en charge qui se terminent ainsi sur un accord tacite. Souvent, c'est l'enfant ou le jeune qui a peur, qui ne veut pas qu'on le laisse ou bien son parent. Parfois, c'est le professionnel ou le service qui ne le sent pas pr&#234;t &#224; partir et craint pour la suite. Parfois aussi, cause moins avouable : le d&#233;part de l'enfant ou de jeune remet en cause la p&#233;rennit&#233; du poste. Alors, on fait durer&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, de plus en plus, c'est le service ou l'&#233;tablissement qui, d&#233;cidant d'une temporalit&#233; qui les regarde et qui ne s'explique pas toujours, d&#233;cr&#232;te qu'en deux ans, par exemple, on doit avoir fait le maximum pour remettre l'enfant ou le jeune sur les rails et basta ! &#199;a fera l'affaire, les autres attendent et il faut r&#233;pondre. Cruelles et questionnantes ces sorties, voire ces &#171; exclusions &#187; Cela rappelle une certaine chanson : Au suivant ! Au suivant !&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) Services d'&#233;ducation sp&#233;ciale et de soins &#224; domicile (2) Centre d'Action M&#233;dico-Sociale Pr&#233;coce
(3) Institut M&#233;dico-Educatif&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#034;Faire pour&#034; s'oppose-t-il vraiment &#224; &#034;faire ensemble&#034; ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Faire-pour-s-oppose-t-il-vraiment-a-faire-ensemble</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Faire-pour-s-oppose-t-il-vraiment-a-faire-ensemble</guid>
		<dc:date>2022-02-14T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Usager</dc:subject>
		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>1311</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On connait la fameuse phrase attribu&#233;e tant&#244;t &#224; Gandhi, tant&#244;t &#224; Mandela et reprise par ATD Quart-monde : &#171; Tout ce que vous faites pour moi sans moi, vous le faites contre moi &#187;. Comment articuler l'action des professionnels et celle des personnes accompagn&#233;es ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Laurent Ott, directeur Interm&#232;des-Robinson MJC-Centre social - http://www.intermedes-robinson.org &lt;br class='autobr' /&gt;
Au d&#233;but &#233;tait l'opposition : l'usager, le b&#233;n&#233;ficiaire d'une quelconque action &#233;ducative et sociale &#233;taient d&#233;finis justement par leur (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1311-" rel="tag"&gt;1311&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On connait la fameuse phrase attribu&#233;e tant&#244;t &#224; Gandhi, tant&#244;t &#224; Mandela et reprise par ATD Quart-monde : &#171; Tout ce que vous faites pour moi sans moi, vous le faites contre moi &#187;. Comment articuler l'action des professionnels et celle des personnes accompagn&#233;es ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Laurent Ott, directeur Interm&#232;des-Robinson MJC-Centre social -
&lt;a href=&#034;http://www.intermedes-robinson.org&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.intermedes-robinson.org&lt;/a&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but &#233;tait l'opposition : l'usager, le b&#233;n&#233;ficiaire d'une quelconque action &#233;ducative et sociale &#233;taient d&#233;finis justement par leur position inverse. Le prof savait et l'&#233;l&#232;ve &#233;tait ignorant. Tandis que l'acteur social, quel que soit son statut historique, connaissait ce qui &#233;tait bien et bon pour le b&#233;n&#233;ficiaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
La l&#233;gitimit&#233; des professions &#233;ducatives, sociales, sanitaires et plus tard, culturelles, naissantes tenait justement en l'invalidit&#233; des publics d&#232;s lors assujettis. On faisait pour, parce qu'on savait ce qu'il fallait faire et qu'on le savait mieux, justement, que celui envers qui on agissait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Trop caricaturale, cette position du &#171; &lt;i&gt;faire pour&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, fut justement critiqu&#233;e par les penseurs de l'&#233;ducation, J.-J.&#8239;Rousseau en t&#234;te, ce dernier d&#233;montrant qu'elle ne peut cr&#233;er en retour que de la r&#233;sistance, des d&#233;fenses, voire de l'hostilit&#233;. Ce dont il s'agissait, c'&#233;tait de ne plus &#234;tre dans un face &#224; face. Il fallait instaurer au contraire du &#171; C&#244;te &#224; c&#244;te &#187; un accompagnement.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'action sociale, sanitaire, &#233;ducative et m&#234;me culturelle, qu'on conna&#238;t aujourd'hui, &#233;tait n&#233;e. D&#232;s lors que la relation n'est plus sym&#233;trique, le b&#233;n&#233;ficiaire devient &#171; acteur &#187; de son devenir. On doit &#171; &lt;i&gt;faire avec&lt;/i&gt; &#187; lui. L'acteur social n'est plus en miroir de son destinataire, oblig&#233; de r&#233;agir &#224; chacune de ses actions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette nouvelle configuration, celle du &#171; &lt;i&gt;&#8239;Faire avec&lt;/i&gt; &#187;, la force qui est cens&#233;e agir et de motiver le changement et le progr&#232;s chez le destinataire, ce n'est plus l'acteur en premi&#232;re ligne, c'est ce que Rousseau identifiait &#224; la Nature, mais que les acteurs sociaux appellent &#171; &lt;i&gt;un Cadre&lt;/i&gt; &#187; : celui dans lequel il est plong&#233; et qui lui donne l'impression d'un choix, &#224; d&#233;faut de libert&#233;, qui est cens&#233; le pousser vers l'autonomie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais suffit-il &#171; &lt;i&gt;d'&#202;tre avec&lt;/i&gt; &#187; pour &#234;tre ensemble ? C'est justement cette question qui taraudait un autre p&#233;dagogue : C&#233;lestin Freinet. Ce dernier ne croyait pas dans le cadre scolaire, ni d'ailleurs dans aucun cadre institutionnel. Certes, il avait remarqu&#233; dans l'&#339;uvre de sa cons&#339;ur, Maria Montessori, qu'un cadre &#233;panouissant, riche en ressources, bien adapt&#233; aux destinataires (ici, les enfants) pouvait, en effet, renforcer l'autonomie de ces derniers et instaurer un climat apais&#233; et soutenant. Mais qu'en &#233;tait-il de la Libert&#233; ? Et, surtout, d'une communaut&#233; et d'une soci&#233;t&#233; possibles ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_4545 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L350xH352/capture_d_e_cran_2022-02-14_a_10.57.33-48312.png?1693603266' width='350' height='352' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;S'il suffisait d'&#234;tre c&#244;te &#224; c&#244;te, pour &#234;tre vraiment ensemble, cela ferait belle lurette que les relations gar&#231;ons/filles seraient exemptes de rapports de violences et de domination, puisque on les a mis &#171; &lt;i&gt;c&#244;te &#224; c&#244;te&#8239;&lt;/i&gt; &#187; dans les m&#234;mes classes. Et s'il suffisait de juxtaposer toutes les cultures et tous les groupes sociaux, nous aurions vaincu le racisme depuis longtemps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour &#234;tre ensemble, il faut agir, il faut &#171; &lt;i&gt;Faire ensemble&lt;/i&gt; &#187;, c'est-&#224;-dire avoir un but, une direction et une organisation en commun. C'est apprendre, ensemble, &#224; former une v&#233;ritable collectivit&#233;, &#224; partir de l'initiative de chacun. C'est transformer, ensemble, la r&#233;alit&#233; sociale quels que soient nos statuts.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s lors, le r&#244;le des p&#233;dagogues (acteurs sociaux) n'est pas dans le maintien, l'application ou le contr&#244;le d'un cadre, mais bel et bien dans leur capacit&#233; &#224; proposer et apporter une organisation et du sens au fait d'&#234;tre ensemble. Et l'&#233;nergie d'agir, enfin lib&#233;r&#233;e, permet au collectif de se constituer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Force est de constater que les pratiques des professionnels sociaux, &#233;ducatifs, sanitaires et culturels, en cours, sont encore tr&#232;s loin d'avoir abord&#233; ce principe et cette r&#233;volution, que proposent la P&#233;dagogie sociale, comme le Travail social communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;
Par Michel Decodin, moniteur &#233;ducateur, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;, puis chef de service en MECS&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Qui se cache derri&#232;re le silence des invisibles, des jeunes d&#233;plac&#233;s de chez eux pour &#234;tre plac&#233;s sans pouvoir le plus souvent donner un avis parce que mineur ? Dans toute institution se trouvent des diseurs et des faiseurs. Les jeunes plac&#233;s s'accommodent davantage de la deuxi&#232;me cat&#233;gorie. C'est difficile de &#171; &lt;i&gt;savoir dire&lt;/i&gt; &#187;, quand on est en manque de confiance et de lien social. Face &#224; ces &#171; &lt;i&gt;&#8239;inadapt&#233;s&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, le travailleur social se doit de s'adapter. Permettre &#224; l'&#171; &lt;i&gt;Handi-cap&#233;&#8239;&lt;/i&gt; &#187; de la communication de devenir un &#171; &lt;i&gt;&#8239;Handi-capable&lt;/i&gt; &#187;. Lui apprendre &#224; s'exprimer par des r&#233;alisations visibles. Le soutenir, afin qu'il passe du statut d'acteur &#224; qui l'on fait jouer un r&#244;le &#224; celui d'auteur pour qu'il &#233;crive son propre sc&#233;nario de vie. S'appuyer sur la fragilit&#233; de la certitude, c'est favoriser les savoirs des &#233;miett&#233;s affectifs.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Faire avec&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187;, c'est redonner du pouvoir d'agir &#224; ceux qui l'on perdu ou pensent ne pas en avoir. Savoir-faire, sans faire faire, est du ressort du travailleur social tel un &#171; oeuvrier &#187;. Dicter des conduites, des normes, c'est aseptiser davantage ces jeunes enfants ou adolescents. Parce que brim&#233;s ils deviennent des artisans de la fugue, du non-dit et, &#224; la moindre tentative de l'institution, disparaissent tel un vol de moineaux. L'&#233;ducateur doit pouvoir se moquer de son d&#233;sarroi, de ses insuffisances pour acc&#233;der &#224; celles des d&#233;munis.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Faire ensemble&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187; c'est d&#233;finir l'autre &#224; partir de ses comp&#233;tences aussi minimes soient-elles, en prenant soin de mettre l'&#233;go du travailleur social au rebus. Qui r&#233;ussit ? Si ce n'est celui qui passe d'un statut de sachant, &#224; celui d'apprenant pour enrichir des savoirs faire communs. &#171; L'oeuvrier &#187; est un mot &#233;nigmatique aux multiples sens. Pas la peine de s'&#233;garer, l'agir ensemble y compris en silence, sans mot, peut parce que concentr&#233;, fonder un savoir-faire. Toute exp&#233;rience n'a de sens que si elle est partag&#233;e. Le premier d&#233;fi est peut-&#234;tre celui de ne rien faire. Le risque est celui de ne pas en prendre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;laisser faire intentionnel&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187; est paradoxalement une action salutaire pour les personnes accompagn&#233;es, car l'oisivet&#233; en pr&#233;sence d'un tiers leur est insupportable au point qu'ils deviennent &#171; force de proposition &#187;. Il ne s'agit pas de laisser tout faire, mais d'initier des vertus productives fond&#233;es sur l'initiative et l'imaginaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;Le faire avec&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187;, &#233;vite de penser pour l'autre, atomise la mise en projet, afin qu'autrui explore ses limites et ses possibles. Il s'agit de passer de : &#171; &lt;i&gt;voici ce que je peux faire pour toi&lt;/i&gt; &#187; &#224; &#171; &lt;i&gt;j'ai besoin de toi pour que tu me dises ce que tu peux faire pour toi &lt;/i&gt; &#187;. L'autre a des savoirs-faire cach&#233;s. L'&#233;ducateur doit avec une lampe torche n'ont pour toujours &#233;clairer, mais pour explorer en d&#233;celant des savoir-faire enfouis. La mise en situation humanise. Les aspirations communes sont de v&#233;ritables aspirateurs et inspirateurs d'&#233;mancipation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'institution d&#233;laisse le faire avec, elle prend le risque de produire des consommateurs invisibles, parce que d&#233;lest&#233;s d'initiatives. Nelson Mandela disait : &#171; &lt;i&gt;&#8239;Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j'apprends&lt;/i&gt; &#187;. Le travailleur social sera utile s'il con&#231;oit le potentiel de l'autre aussi minime soit-il comme le carburant permettant le changement, sachant que : &#171; &lt;i&gt;&#8239;ce n'est jamais la m&#234;me eau qui coule dans la m&#234;me rivi&#232;re&#8239;&lt;/i&gt; &#187;. En &#233;vitant d'imposer, il permet aux personnes accompagn&#233;es d'int&#233;grer des savoir-faire et de trouver la sortie du rond-point de l'assistanat. Il favorise l'acc&#232;s &#224; l'autonomie que je traduis par&#8230; &lt;i&gt;l'art de penser sa vie&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) A publi&#233; en 2020 aux &#201;ditions V&#233;rone : &#171; &lt;i&gt;&#8239;De l'impossible vers un possible&#8239;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/div&gt;
		
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