<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Lien Social</title>
	<link>https://www.lien-social.com/</link>
	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.lien-social.com/spip.php?id_mot=673&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Lien Social</title>
		<url>https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L144xH45/siteon0-7409c.png?1693463828</url>
		<link>https://www.lien-social.com/</link>
		<height>45</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Le permis pour mieux conduire sa vie</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Le-permis-pour-mieux-conduire-sa-vie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Le-permis-pour-mieux-conduire-sa-vie</guid>
		<dc:date>2010-09-16T14:11:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>P&#233;dagogie</dc:subject>
		<dc:subject>985</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En marge des journ&#233;es nationales de la pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e qui se sont tenues &#224; Paris les 3 et 4 juin, l'union parisienne a souhait&#233; faire conna&#238;tre l'un des outils &#233;ducatifs qu'elle a mis en place : une auto-&#233;cole associative. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sami, 25 ans, a invit&#233; son moniteur d'auto-&#233;cole dans un restaurant chic pour f&#234;ter son permis de conduire qu'il vient de r&#233;ussir au bout de la&#8230; huiti&#232;me fois. &#171; Cela lui faisait tr&#232;s plaisir de m'inviter, il m'a remerci&#233; pour ma patience, et il m'a dit que maintenant, gr&#226;ce au (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Prevention-specialisee" rel="tag"&gt;Pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Pedagogie" rel="tag"&gt;P&#233;dagogie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-985-" rel="tag"&gt;985&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En marge des journ&#233;es nationales de la pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e qui se sont tenues &#224; Paris les 3 et 4 juin, l'union parisienne a souhait&#233; faire conna&#238;tre l'un des outils &#233;ducatifs qu'elle a mis en place : une auto-&#233;cole associative.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sami, 25 ans, a invit&#233; son moniteur d'auto-&#233;cole dans un restaurant chic pour f&#234;ter son permis de conduire qu'il vient de r&#233;ussir au bout de la&#8230; huiti&#232;me fois. &lt;i&gt;&#171; Cela lui faisait tr&#232;s plaisir de m'inviter, il m'a remerci&#233; pour ma patience, et il m'a dit que maintenant, gr&#226;ce au permis, il allait arr&#234;ter les petits boulots, quitter le foyer, se trouver un appartement, et pour une fois j'ai eu l'impression qu'il prenait sa vie en main &#187;&lt;/i&gt;, raconte Bruno De Korsak qui, en treize ans, s'est occup&#233; de deux auto-&#233;coles associatives cr&#233;&#233;es par la pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Relais 18, dans le XVIIIe arrondissement, est la plus ancienne et permet &#224; des jeunes de passer le permis de conduire pour un prix tr&#232;s abordable &#8211; 15 euros pour les cours de code et 240 euros pour 36 heures de conduite &#8211; et d'&#234;tre accompagn&#233;s et soutenus par une p&#233;dagogie adapt&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'objectif est de remobiliser des jeunes sans projet, leur permettre de renouer avec une d&#233;marche d'apprentissage, d'obtenir parfois leur premier dipl&#244;me et de mettre fin &#224; une dynamique d'&#233;chec &#187;&lt;/i&gt;, explique Franck Blanchet, moniteur depuis deux ans &#224; Relais 18. &#171; On le propose par exemple &#224; des jeunes qui ont &#233;chou&#233; dans une auto-&#233;cole classique, ou &#224; des jeunes qui conduisent sans permis et voudraient se mettre en r&#232;gle &#187;, explique Thierry Berthier, &#233;ducateur &#224; ARC 75, qui travaille dans le secteur de cette auto-&#233;cole et y envoie r&#233;guli&#232;rement des jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite c'est au jeune lui-m&#234;me de faire la d&#233;marche, de franchir la porte, d'assister &#224; un cours de code, puis de r&#233;unir les documents n&#233;cessaires &#224; l'inscription. &lt;i&gt;&#171; En g&#233;n&#233;ral il faut du temps pour que le projet m&#251;risse dans leur t&#234;te et qu'ils soient pr&#234;ts &#224; s'investir dans la dur&#233;e,&lt;/i&gt; ajoute l'&#233;ducateur, &lt;i&gt;mais quand ils le font, c'est souvent un d&#233;clencheur qui va entra&#238;ner d'autres changements dans leur vie. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Support &#233;ducatif&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; La relation avec les jeunes est primordiale, on essaie d'instaurer une ambiance chaleureuse et conviviale autour d'une activit&#233; commune &#187;&lt;/i&gt;, indique Bruno De Korsak. &lt;i&gt;&#171; Je cherche &#224; cr&#233;er un lien de confiance avec chaque &#233;l&#232;ve pour qu'il se sente soutenu et n'h&#233;site pas &#224; demander de l'aide &#187;&lt;/i&gt;, ajoute Franck Blanchet. Les deux moniteurs de conduite ne sont pas &#233;ducateurs mais travaillent en lien &#233;troit avec la pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e et se sont impr&#233;gn&#233;s de l'esprit et des m&#233;thodes. &lt;i&gt;&#171; Aller vers &#187;&lt;/i&gt;, c'est discuter avec l'&#233;l&#232;ve qui n'arrive pas &#233;teindre son portable pendant les le&#231;ons, travailler sur la concentration, chercher &#224; savoir pourquoi un jeune n'est pas venu &#224; un cours de conduite, s'il a d'autres probl&#232;mes. &lt;i&gt;&#171; Faire avec &#187;&lt;/i&gt;, c'est les accompagner vers une conduite autonome et responsable, qu'ils sachent se d&#233;brouiller en terrain inconnu, prendre des d&#233;cisions tout seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apprentissage de la conduite se fait en quatre &#233;tapes : ma&#238;triser le fonctionnement du v&#233;hicule, conna&#238;tre et respecter les r&#232;gles, tenir compte des autres conducteurs et des pi&#233;tons, savoir lire une carte et se d&#233;placer de mani&#232;re autonome. &lt;i&gt;&#171; Ces &#233;tapes ressemblent aux apprentissages du petit enfant qui d&#233;couvre la marche, les interdits, les autres, c'est un support pour travailler sur le rapport &#224; l'autre, &#224; la loi, &#224; l'argent, sur l'anticipation des situations, la ma&#238;trise de soi &#187;&lt;/i&gt;, ajoute Franck Blanchet.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Surmonter les &#233;checs &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;l&#232;ves doivent aussi apprendre &#224; d&#233;passer les &#233;checs. Car m&#234;me si, avec 36 heures de conduite au lieu de 20, ils sont mieux pr&#233;par&#233;s qu'ailleurs, les &#233;checs sont quand m&#234;me fr&#233;quents. &lt;i&gt;&#171; On les aide &#224; relativiser, &#224; ne pas se d&#233;courager, on analyse ensemble ce qui s'est pass&#233;. &#187;&lt;/i&gt; L'auto-&#233;cole souffre d'un d&#233;ficit de places &#224; l'examen, pour le code et pour la conduite, car les places sont attribu&#233;es en fonction du taux de r&#233;ussite au premier passage : &lt;i&gt;&#171; La pr&#233;fecture devrait tenir compte de notre mission et de notre public sp&#233;cifique et nous accorder davantage de places d'examen, car nos &#233;l&#232;ves sont oblig&#233;s d'attendre des mois entre deux passages &#187;&lt;/i&gt;, insiste Franck Blanchet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auto-&#233;cole organise un voyage par an, avec les voitures auto-&#233;cole, pour f&#234;ter la r&#233;ussite de ses &#233;l&#232;ves et mieux les conna&#238;tre. L'ann&#233;e derni&#232;re ils sont partis une semaine dans le Queyras. &lt;i&gt;&#171; On emm&#232;ne &#224; la fois des jeunes plut&#244;t leaders et d'autres qui ont plus de mal, et cette ann&#233;e, dans les Pyr&#233;n&#233;es, on voudrait emmener aussi des filles,&lt;/i&gt; ajoute Bruno De Korsak. &lt;i&gt;Les jeunes conduisent, font des randonn&#233;es, d&#233;couvrent la montagne et sont ravis. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Reportage au S&#233;n&#233;gal : s&#233;jour de rupture</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Reportage-au-Senegal-sejour-de-rupture</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Reportage-au-Senegal-sejour-de-rupture</guid>
		<dc:date>2010-09-16T09:06:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M&#233;lanie-LS</dc:creator>


		<dc:subject>985</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; On na&#238;t toutes et tous prince ou princesse, c'est la vie qui fait de nous des grenouilles ou des crapauds &#187;, lance Mich&#232;le Buron-Milet, qui accueille des jeunes pour des s&#233;jours de rupture au S&#233;n&#233;gal. Ainsi esp&#232;re-t-elle contribuer &#224; les aider &#224; repartir dans l'existence et retrouve r le prince ou la princesse enfoui au fond d'eux. Ces jeunes ne sont pas faciles, la vie au S&#233;n&#233;gal non plus. D'ailleurs l'endroit qu'elle a choisi pour y installer son lieu d'accueil en dit long sur sa d&#233;marche. Social (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/sommaires" rel="directory"&gt;Sommaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-985-" rel="tag"&gt;985&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L106xH150/arton8967-0ff42.png?1693475000' width='106' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; On na&#238;t toutes et tous prince ou princesse, c'est la vie qui fait de nous des grenouilles ou des crapauds &#187;, lance Mich&#232;le Buron-Milet, qui accueille des jeunes pour des s&#233;jours de rupture au S&#233;n&#233;gal. Ainsi esp&#232;re-t-elle contribuer &#224; les aider &#224; repartir dans l'existence et retrouve r le prince ou la princesse enfoui au fond d'eux. Ces jeunes ne sont pas faciles, la vie au S&#233;n&#233;gal non plus. D'ailleurs l'endroit qu'elle a choisi pour y installer son lieu d'accueil en dit long sur sa d&#233;marche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Social actualit&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;La chronique d'Etienne Liebig&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Le billet de Jacques Tr&#233;mintin&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'actu de la semaine&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Les in&#233;galit&#233;s submergent l'&#233;cole&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Dossier : Reportage au S&#233;n&#233;gal - S&#233;jour de rupture
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Entretien avec Mich&#232;l e Buron-Millet, directrice de Vivre-ensemble - Madesahel&lt;br class='autobr' /&gt;
Un cadre de r&#233;f&#233;rence pour les s&#233;jours de rupture&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Rebonds&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Actualit&#233;&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Roms : des enfants derri&#232;re les effets d'annonce&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Culture&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Le film Bend a Bilili !&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Initiative&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Le permis pour mieux conduire sa vie&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Annonces&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Livres&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;L'heure z&#233;ro n'existe pas - Serge Heughebaert&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Maso ma non troppo - Serge Heughebaert&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.lien-social.com/IMG/pdf/2010_-_985_-_basse_def.pdf" length="16821242" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Reportage dans un s&#233;jour de rupture au S&#233;n&#233;gal</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Reportage-dans-un-sejour-de-rupture-au-Senegal</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Reportage-dans-un-sejour-de-rupture-au-Senegal</guid>
		<dc:date>2010-09-16T06:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;linquance</dc:subject>
		<dc:subject>985</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mais que se passe-t-il donc dans ces s&#233;jours de rupture dont on dit beaucoup de choses positives ou n&#233;gatives sans trop savoir de quoi il retourne vraiment. Lien Social s'est rendu sur place au S&#233;n&#233;gal, &#224; la rencontre du jeune Axel, 16 ans, pour comprendre comment tout cela fonctionne. Une trentaine de professionnels, sans compter les six veilleurs de nuit, encadrent et contiennent dix jeunes pendant neuf mois en moyenne. Tout est mis en &#339;uvre pour qu'ils puissent se reconstruire : &#233;loignement d'un (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Delinquance" rel="tag"&gt;D&#233;linquance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-985-" rel="tag"&gt;985&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_728 spip_documents'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/IMG/png/rupture-jihoo.png' width=&#034;800&#034; height=&#034;527&#034; alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais que se passe-t-il donc dans ces s&#233;jours de rupture dont on dit beaucoup de choses positives ou n&#233;gatives sans trop savoir de quoi il retourne vraiment. &lt;i&gt;Lien Social&lt;/i&gt; s'est rendu sur place au S&#233;n&#233;gal, &#224; la rencontre du jeune Axel, 16 ans, pour comprendre comment tout cela fonctionne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une trentaine de professionnels, sans compter les six veilleurs de nuit, encadrent et contiennent dix jeunes pendant neuf mois en moyenne. Tout est mis en &#339;uvre pour qu'ils puissent se reconstruire : &#233;loignement d'un univers pathog&#232;ne, d&#233;paysement et perte de rep&#232;res, taux d'encadrement important, r&#233;action au moindre faux pas, &#8220;vivre avec&#8221;, rencontre avec des gens pauvres et g&#233;n&#233;reux, valorisation et sensation d'&#234;tre aim&#233;&#8230; peut-&#234;tre pour la premi&#232;re fois pour certains&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s quatre ann&#233;es de stabilisation, le cours de la vie d'Axel connut, en quelques semaines, un coup d'arr&#234;t brutal. Exclusion de son lieu de vie, rupture avec son milieu familial, accueil dans un foyer d'urgence, passages &#224; l'acte multiples et divers (mises &#224; pied du coll&#232;ge, fugues, col&#232;res, altercations richement dot&#233;es de noms d'oiseaux&#8230;). Ce n'est pas que l'adolescent adoptait des comportements gravissimes, mais sa qu&#234;te affective et les difficult&#233;s &#224; g&#233;rer ses impulsions ne pouvaient que le rendre intol&#233;rant aux frustrations et &#224; l'autorit&#233; de l'adulte. Un tableau bien connu des services &#233;ducatifs de protection de l'enfance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s vite, s'imposa l'id&#233;e de faire une pause. Il &#233;tait temps d'arr&#234;ter cette d&#233;rive avant qu'elle ne devienne incontr&#244;lable. La solution d'un s&#233;jour de rupture &#233;mergea alors. Sa pr&#233;paration ne fut pas simple : trouver l'association idoine, convaincre le conseil g&#233;n&#233;ral de le financer, r&#233;gler les probl&#232;mes sanitaires et administratifs (vaccins, passeport biom&#233;trique&#8230;). Ce 21 d&#233;cembre 2009, Axel prenait enfin l'avion pour le S&#233;n&#233;gal. Une semaine apr&#232;s son d&#233;part, plusieurs ados tr&#232;s agressifs et d&#233;cid&#233;s &#224; en d&#233;coudre vinrent le r&#233;clamer dans son ancien foyer : il y avait du r&#232;glement de compte dans l'air ! Il &#233;tait temps qu'il aille voir un peu ailleurs. Axel avait adh&#233;r&#233; au projet. Il &#233;tait n&#233;anmoins m&#233;fiant et inquiet : il s'&#233;tait pay&#233; une derni&#232;re petite fugue de quelques jours, rien que pour le fun, jusqu'au matin de son d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;S&#233;n&#233;gal c&#244;t&#233; cour&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Plonger au c&#339;ur de l'Afrique, c'est entrer dans un univers aux couleurs peu famili&#232;res &#224; l'Europ&#233;en. Un a&#233;roport o&#249; se massent des jeunes et des moins jeunes pr&#234;ts &#224; offrir leurs services pour porter les bagages contre un g&#233;n&#233;reux pourboire ; une route parfaitement rectiligne qui s'allonge sur des centaines de kilom&#232;tres ; des embouteillages m&#234;lant des charrettes &#224; cheval, de vieux cars o&#249; s'accrochent des grappes humaines, des voitures rafistol&#233;es de toutes parts ; la poussi&#232;re ocre de cette r&#233;gion aux portes du d&#233;sert du Sahel ; des d&#233;chets m&#233;nagers qu'aucun service de ramassage d'ordure ne r&#233;colte jamais ; des coupures d'&#233;lectricit&#233; ou d'alimentation en eau plusieurs fois par jour ; des ch&#232;vres en libert&#233; broutant les quelques arbrisseaux sur le bord de la voie ; une activit&#233; &#233;conomique install&#233;e le long de la route : ferronnerie, menuiserie, garages, des &#233;tals ouverts jusqu'&#224; tard le soir offrant quelques fruits et l&#233;gumes ; de toutes petites &#233;choppes vendant des produits &#224; l'unit&#233; et puis une population aux v&#234;tements chatoyants qui semble toujours aff&#233;r&#233;e, traversant de fa&#231;on anarchique une voie aux passages pi&#233;tons bien rares : bienvenue au S&#233;n&#233;gal !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contraste est saisissant avec nos contr&#233;es et ne peut que d&#233;stabiliser celui qui n'en est pas familier. C'est justement sur ce d&#233;calage qu'ont voulu jouer Gr&#233;goire et Mich&#232;le Buron-Millet quand ils d&#233;cident d'ouvrir un lieu d'accueil &#224; M'Bour, ville de 500 000 habitants situ&#233;e &#224; 80 kilom&#232;tres au sud de Dakar (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Aider-l-enfance-en-danger-en-France-et-au-Senegal' class='spip_in'&gt;lire l'interview de Mich&#232;le Buron-Millet&lt;/a&gt;). Le centre est con&#231;u comme un v&#233;ritable village. Aux cinq cases initiales sont venues s'en rajouter bien d'autres. Une dizaine de jeunes Fran&#231;ais sont accueillis ici en permanence pour des p&#233;riodes moyennes de neuf mois. Les entr&#233;es et sorties sont permanentes, au gr&#233; des places qui se lib&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une trentaine de professionnels, &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s et moniteurs-&#233;ducateurs, form&#233;s dans les &#233;coles socio-&#233;ducatives s&#233;n&#233;galaises, sans compter les six veilleurs de nuit, assurent l'encadrement. Cette proportion importante d'adultes par rapport aux jeunes accueillis permet d'assurer une forte pr&#233;sence, favorisant une continuit&#233; et une contenance particuli&#232;rement efficaces. Les adolescents ne viennent pas ici dans le cadre d'un voyage touristique ou culturel. Ils d&#233;barquent de France avec leur souffrance, leurs troubles du comportement, leurs tr&#232;s mauvaises habitudes. Ils arrivent avec leur propre probl&#233;matique &#224; laquelle il faut faire face. Ils sont souvent &#224; la fois victimes d'abandon ou de d&#233;sinvestissement familial, de maltraitance de toutes sortes et &#224; la fois acteurs de comportements &#224; risque, de d&#233;linquance, d'une d&#233;scolarisation plus ou moins longue, coutumiers d'un langage ordurier, d'attitudes de d&#233;fi et rebelle &#224; l'autorit&#233; adulte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est toute cette complexit&#233; qu'il faut prendre en charge. &#192; Madesahel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Contact : Gr&#233;goire Millet 02 43 40 14 76 - gregoire.millet@wanadoo.fr' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ils vont trouver un cadre bienveillant, mais ferme. &#192; la moindre de leurs col&#232;res, &#224; la premi&#232;re manifestation verbale insultante, au d&#233;but d'une crise de violence tourn&#233;e contre eux ou contre les autres, ils sont tr&#232;s vite entour&#233;s, rassur&#233;s, canalis&#233;s, voire immobilis&#233;s par trois ou quatre adultes. Aucune transgression n'est tol&#233;r&#233;e. Il y a toujours une r&#233;ponse apport&#233;e. Mais les punitions traditionnelles s&#233;n&#233;galaises &#224; l'&#233;gard des enfants, &#224; base de chicote (fouet), n'ont ici pas de droit de s&#233;jour.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le r&#233;gime des sanctions&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un panneau, install&#233; &#224; l'entr&#233;e du centre, proclame sous quels auspices fonctionne Madesahel : il &#233;num&#232;re les premiers articles de la Convention internationale des droits de l'enfant. Quand un jeune ne respecte pas les r&#232;gles, il va, selon la gravit&#233; de l'acte pos&#233;, &#234;tre sanctionn&#233; selon diverses modalit&#233;s. Premi&#232;re d'entre elles : suspension de son argent de poche. Il ne lui en est, de toute fa&#231;on, vers&#233; qu'une partie, le montant qu'il devrait recevoir selon les modalit&#233;s habituelles en France, correspondant aux ressources d'un petit agriculteur. Le reste lui sera revers&#233; &#224; son d&#233;part sous la forme d'un p&#233;cule. Il peut ensuite se voir imposer une marche &#224; travers la savane, &#233;preuve qu'il accomplira aux c&#244;t&#233;s d'un ou de deux &#233;ducateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sanction maximale : un s&#233;jour d'une ou de deux semaines dans l'un des quatre villages d'agriculteurs avec qui travaille le centre, toujours accompagn&#233; par ses &#233;ducateurs. Le jeune qui y est plac&#233; participe &#224; la vie quotidienne, y rendant notamment des services aux personnes &#226;g&#233;es ou d&#233;munies qui y vivent. Ces hameaux sans eau courante, ni &#233;lectricit&#233;, proposent des conditions de vie bien plus dures qu'au centre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la g&#233;n&#233;rosit&#233; de leurs habitants qui, malgr&#233; leur extr&#234;me pauvret&#233;, donnent le meilleur de ce qu'ils ont, constitue une puissante le&#231;on d'humanit&#233; et d'humilit&#233;. Ils accueillent les jeunes Fran&#231;ais avec toute l'hospitalit&#233; dont ils savent faire preuve. L'adolescent d'abord centr&#233; sur sa propre souffrance, s'ouvre progressivement, touch&#233; par ces rencontres humaines tant avec les adultes qu'avec les jeunes de son &#226;ge. Il ne ressort jamais indemne de cette exp&#233;rience marquante. Il n'est d'ailleurs pas rare qu'il demande &#224; y retourner, non pas sous le r&#233;gime de la sanction, mais rien que pour le plaisir de retrouver ses habitants.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Permettre la rencontre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On l'aura compris, l'atout principal de Madesahel, c'est la rencontre, la rencontre avec des adultes portant sur chaque jeune un regard inconditionnellement positif. L'adolescent est consid&#233;r&#233;, &#233;cout&#233;, accueilli, &#224; partir de ce qu'il montre. Les rapports que les services placeurs adressent &#224; l'association sont &#233;tudi&#233;s en amont. Mais ils restent en France. L'&#233;quipe &#233;ducative s&#233;n&#233;galaise n'en a pas connaissance. Elle travaille enti&#232;rement sur ce que le jeune veut bien pr&#233;senter de lui, dans l'ici et le maintenant. Peu importe ce qu'il a fait auparavant. Cela ne viendra pas influencer la disponibilit&#233;, la bienveillance, la consid&#233;ration avec lesquelles il est entour&#233;. L'objectif du centre est de stabiliser le comportement du jeune, de structurer chez lui dans le temps de nouveaux r&#233;flexes (d'o&#249; l'importance d'un s&#233;jour qui ne soit pas trop court) et de d&#233;velopper l'image positive qu'il a de lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, les passages &#224; l'acte sont repris et sanctionn&#233;s, non dans une dynamique n&#233;gative, mais en essayant toujours de voir ce qui peut-&#234;tre en-suite accompli de positif. Tous les supports du quotidien sont tourn&#233;s vers cette qu&#234;te d'une reconstruction identitaire. Les cours de remise &#224; niveau scolaire, les activit&#233;s sportives, les chantiers humanitaires ou les stages, tout est orient&#233; vers un seul et m&#234;me but : modifier le comportement, structurer les fa&#231;ons d'agir, corriger les r&#233;flexes acquis afin de rendre possible, lors du retour en France, un nouveau d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Suivre l'&#233;volution&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette progression du jeune fait l'objet chaque semaine de deux r&#233;unions. L'ensemble de l'&#233;quipe &#233;ducative se r&#233;unit chaque jeudi dans la case &#224; palabre, grande enceinte ronde simplement chapot&#233;e d'un toit de paille tress&#233;e, pour la placer &#224; l'abri du soleil. Longue r&#233;union qui permet de faire le point sur la vie du centre, son organisation et surtout de passer en revue la situation de chaque adolescent. Parole est donn&#233;e au r&#233;f&#233;rent, puis &#224; toutes celles et &#224; tous ceux qui ont c&#244;toy&#233; le jeune pendant la semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est Fadibou Sy, &#233;ducateur du service &#233;ducatif du minist&#232;re de la Justice s&#233;n&#233;galais (&#233;quivalent de notre PJJ) qui pr&#233;side avec intelligence et tact cette rencontre, apportant le recul et la distance n&#233;cessaires aux professionnels en prise directe avec les jeunes. Cette rencontre est relay&#233;e le lendemain par une autre r&#233;union qui, cette fois, regroupe les dix jeunes et leurs r&#233;f&#233;rents respectifs. Cette instance est syst&#233;matiquement pr&#233;sid&#233;e par un adolescent. C'est lui qui va faire respecter l'ordre du jour et distribuer la parole, les adultes devant lui demander l'autorisation de s'exprimer. C'est le lieu o&#249; chacun fait le point de sa semaine, ce qu'il a v&#233;cu de positif et de n&#233;gatif, &#233;voquant ses projets pour le week-end et ses demandes particuli&#232;res &#224; venir. C'est &#224; cette occasion qu'il lui est fait retour des remarques et des encouragements ou reproches formul&#233;s la veille par l'&#233;quipe &#233;ducative.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et Axel ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous avions laiss&#233; Axel, en d&#233;but de cet article, &#224; son d&#233;part de l'a&#233;roport. Nous le retrouvons cinq mois apr&#232;s en pleine savane s&#233;n&#233;galaise. Il participe &#224; un chantier humanitaire dans le village de Sinthiau Mbadana, &#233;paulant deux ma&#231;ons qui construisent des logements. Il raconte volontiers son parcours. Son arriv&#233;e &#224; Vivre ensemble Madesahel a suivi le m&#234;me protocole que pour les autres jeunes. Ses valises ont &#233;t&#233; ouvertes en pr&#233;sence de deux &#233;ducateurs. Echaud&#233;e par la d&#233;couverte apr&#232;s coup d'alcool, de drogue, voire d'armes, qui avaient transit&#233; au voyage aller, l'&#233;quipe s'est r&#233;solue &#224; faire cette fouille syst&#233;matique. Puis, les autres jeunes se sont charg&#233;s de l'accueillir et de l'affranchir des r&#232;gles de fonctionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Axel, qui pour ce s&#233;jour s&#233;n&#233;galais, s'est vu baptis&#233; d'un second pr&#233;nom local, Souleymane, n'a pas tard&#233; &#224; piquer ses crises de col&#232;re et &#224; prof&#233;rer ses bord&#233;es d'insultes. C'est l&#224; son plus mauvais souvenir : &lt;i&gt;&#171; Ils ont d&#251; s'y mettre &#224; quatre pour me ma&#238;triser. &#187;&lt;/i&gt; Et de parler avec une certaine fiert&#233; tant des marches dans la savane (jusqu'&#224; 25 kilom&#232;tres parcourus aux c&#244;t&#233;s de son &#233;ducateur), que des deux s&#233;jours en village-sanction (il demande &#224; y retourner pour montrer les t&#226;ches qu'il y a accomplies et pr&#233;senter la famille qui l'a log&#233;). Souleymane montre un vrai plaisir &#224; retrouver les adultes de l'&#233;quipe &#233;ducative : il se pr&#233;cipite vers Paco, Malik, Fatou, Goudjaly, Fatoumata, Adel, qui sont de service ce jour-l&#224;, leur tombant dans les bras. Il n'y a pas de doute, il a trouv&#233; ici des personnes qui lui portent de l'estime et pour qui il sent qu'il compte. &lt;i&gt;&#171; C'est une chance qui est donn&#233;e &#224; tout le monde de rencontrer des gens bien &#224; 6 500 kilom&#232;tres de chez soi &#187;&lt;/i&gt;, conclut-il. S'il attend de revenir en France, il se promet de revenir au S&#233;n&#233;gal, plus tard, pour revoir toutes celles et tous ceux qu'il y a connus.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi cela fonctionne ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont les raisons du succ&#232;s de ce type de lieu de rupture ? On peut &#233;mettre, au moins, trois hypoth&#232;ses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re piste : le d&#233;paysement, la perte de tous les rep&#232;res ant&#233;rieurs pour des jeunes qui, se trouvant ins&#233;curis&#233;s sur un continent inconnu o&#249; tout leur est &#233;tranger, sont aussit&#244;t pris en charge dans un cadre structurant et particuli&#232;rement contenant, mais aussi chaleureux et bienveillant (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Un-cadre-de-reference-pour-les-sejours-de-rupture' class='spip_in'&gt;lire l'article sur le cadre de r&#233;f&#233;rence des s&#233;jours de rupture&lt;/a&gt;). De fait, ils ne sont pas livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes un seul instant, pendant leurs neuf mois de s&#233;jour. Nombre de coll&#232;gues d'internat confront&#233;s aux soir&#233;es non d&#233;doubl&#233;es o&#249; ils font face &#224; une dizaine de jeunes se feront la r&#233;flexion qu'avec plus d'une trentaine de personnels pour dix jeunes, c'est incomparablement plus facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, les diff&#233;rences consid&#233;rables de salaire (un &#233;ducateur fran&#231;ais co&#251;te huit fois plus cher qu'un &#233;ducateur s&#233;n&#233;galais), peuvent expliquer que ce lieu de vie soit en mesure d'offrir un tel encadrement. Mais rappelons que les Centres &#233;ducatifs ferm&#233;s comptent vingt-sept emplois &#233;quivalent temps plein pour sept jeunes. Ce qui est d&#233;pens&#233; pour la r&#233;pression pourrait l'&#234;tre aussi pour la pr&#233;vention. C'est une question de choix de politique sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seconde piste : celle du &#171; vivre avec &#187;. L'association propose aux jeunes qui le d&#233;sirent des suivis psychologiques avec des th&#233;rapeutes ext&#233;rieurs. Pour autant, le travail sur &#171; l'ici et le maintenant &#187; qui n'apporte pas une r&#233;ponse &#224; m&#234;me de r&#233;gler les origines infantiles de leurs souffrances, les aide n&#233;anmoins &#224; faire face en portant malgr&#233; tout ce lourd bagage. C'est l&#224; une autre forme de th&#233;rapie, celle de la clinique du quotidien : l'intervention et la guidance au jour le jour men&#233;es par des professionnels constitue un atout essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, troisi&#232;me piste : le souci de valorisation. M&#234;me si les transgressions font l'objet d'une reprise syst&#233;matique, c'est un regard inconditionnellement positif qui est pos&#233; sur le jeune. &lt;i&gt;&#171; On na&#238;t toutes et tous princes ou princesses, c'est la vie qui fait de nous des grenouilles ou des crapauds &#187;&lt;/i&gt;, dit joliment Mich&#232;le Buron-Millet, d&#233;montrant ainsi l'importance du r&#244;le de ceux qui cheminent avec le jeune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais un tel travail peut &#234;tre vou&#233; &#224; l'&#233;chec si le retour en France devait ne pas &#234;tre s&#233;rieusement pr&#233;par&#233; pour assurer un relais de qualit&#233;. Le s&#233;jour de rupture n'est efficace qu'en tant que maillon d'une longue cha&#238;ne d'interventions. L'inqui&#233;tude se situe bien plus dans l'(in) existence potentielle des structures pr&#234;tes &#224; accueillir ensuite ces jeunes : par manque de place, par m&#233;fiance, par absence de pr&#233;paration suffisante de la part des services fran&#231;ais&#8230; De quoi ruiner en quelques semaines ou quelques mois ce qui a &#233;t&#233; construit avec tant de patience et de bonne volont&#233; ou au contraire de permettre de transformer l'essai.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Contact : Gr&#233;goire Millet 02 43 40 14 76 - &lt;a href=&#034;mailto:gregoire.millet@wanadoo.fr&#034; class='spip_mail'&gt;gregoire.millet@wanadoo.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Aider l'enfance en danger, en France et au S&#233;n&#233;gal</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Aider-l-enfance-en-danger-en-France-et-au-Senegal</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Aider-l-enfance-en-danger-en-France-et-au-Senegal</guid>
		<dc:date>2010-09-16T06:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Protection de l'enfance</dc:subject>
		<dc:subject>985</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entretien avec Mich&#232;le Buron-Millet, directrice de Vivre-ensemble - Madesahel. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment a commenc&#233; l'aventure de Madesahel ? J'ai commenc&#233;, en tant que famille d'accueil sp&#233;cialis&#233;e, par accueillir durant une quinzaine d'ann&#233;es des adultes handicap&#233;s qui m'&#233;taient envoy&#233;s par l'h&#244;pital sp&#233;cialis&#233; Barth&#233;lemy Durand situ&#233; &#224; Etampes, dans l'Essonne. En 1992, j'ai voulu cr&#233;er un lieu de vie. J'ai profit&#233; de l'opportunit&#233; d'une grande maison que l'on me proposait &#224; Chang&#233; dans la Sarthe. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#224; partir de ce moment, (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Protection-de-l-enfance" rel="tag"&gt;Protection de l'enfance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-985-" rel="tag"&gt;985&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien avec Mich&#232;le Buron-Millet, directrice de Vivre-ensemble - Madesahel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment a commenc&#233; l'aventure de Madesahel ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai commenc&#233;, en tant que famille d'accueil sp&#233;cialis&#233;e, par accueillir durant une quinzaine d'ann&#233;es des adultes handicap&#233;s qui m'&#233;taient envoy&#233;s par l'h&#244;pital sp&#233;cialis&#233; Barth&#233;lemy Durand situ&#233; &#224; Etampes, dans l'Essonne. En 1992, j'ai voulu cr&#233;er un lieu de vie. J'ai profit&#233; de l'opportunit&#233; d'une grande maison que l'on me proposait &#224; Chang&#233; dans la Sarthe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; partir de ce moment, que j'ai pris en charge des mineurs. Dans les ann&#233;es qui ont suivi, je me suis aper&#231;ue que l'on butait avec certains gamins sur les m&#234;mes difficult&#233;s : ils avaient trop besoin d'alcool, de shit, d'adr&#233;naline pour r&#233;ussir &#224; se poser et s'investir dans des relations constructives. Ils &#233;taient trop dans la fuite. Non seulement, nous n'arrivions pas &#224; les canaliser, mais ils emp&#234;chaient le reste du groupe d'avancer. Il fallait concevoir pour eux une phase de rupture, un moment o&#249; ils pourraient poser leurs valises, r&#233;ussir &#224; changer de comportements. L'id&#233;e d'un s&#233;jour &#224; l'&#233;tranger s'est impos&#233;e &#224; la suite d'un voyage au S&#233;n&#233;gal, en septembre 2000. J'ai visit&#233; un village de cinq cases dispos&#233;es autour d'un petit r&#233;fectoire. L'endroit &#233;tait assez isol&#233;, &#224; c&#244;t&#233; d'un tas de d&#233;tritus fr&#233;quent&#233; par des varans, des serpents rouges et jaunes, des chacals et des hy&#232;nes. L'id&#233;al pour cr&#233;er un cadre suffisamment contenant et inqui&#233;tant pour n&#233;cessiter une relation de confiance &#224; l'adulte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les premiers temps, nous &#233;tions tr&#232;s exigeants quant aux conditions de s&#233;curit&#233;, veillant &#224; ce que chaque jeune ne se d&#233;place pas la nuit sans lampe &#233;lectrique, ni badine pour frapper le sol et dorme sous une moustiquaire. Nous leur demandions de faire attention &#224; ce qu'un scorpion ne se soit pas log&#233; dans un de leurs v&#234;tements, avant de l'enfiler. Ce sont les poules qui se baladent depuis librement dans le centre qui nous ont d&#233;barrass&#233;s de tous ces animaux ind&#233;sirables. En janvier 2001, nous avons re&#231;u nos cinq premiers participants. Tr&#232;s vite, nous nous sommes rendu compte qu'il fallait travailler sur la dur&#233;e pour r&#233;ussir &#224; obtenir des r&#233;sultats. D'o&#249; la dur&#233;e des s&#233;jours de neuf mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous ne vous &#234;tes pas content&#233;e d'utiliser les ressources du S&#233;n&#233;gal. Vous avez voulu rendre &#224; la population ce qu'elle apportait aux jeunes Fran&#231;ais&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; compter de 2001, nous avons eu de plus en plus de jeunes et avons pu mesurer combien leur s&#233;jour en Afrique leur &#233;tait profitable. Je me suis demand&#233; comment rendre ce que ce pays nous apportait. Au S&#233;n&#233;gal, la mortalit&#233; infantile est tr&#232;s importante : environ 13 %. Mais, la mortalit&#233; des b&#233;b&#233;s, que leurs m&#232;res, pour de multiples raisons, ne peuvent plus allaiter, peut aller, dans certaines r&#233;gions, jusqu'&#224; 90 %. Une maman malnutrie elle-m&#234;me, atteinte de paludisme ou du sida ou bien d&#233;c&#233;d&#233;e, c'est un b&#233;b&#233; &#224; la charge d'une famille qui n'a, le plus souvent, pas les moyens d'assurer le co&#251;t d'une alimentation en lait artificiel. Les nourrissons sont aliment&#233;s au mieux avec du lait de ch&#232;vre, au pire par des bouillies de mil, nourriture totalement inadapt&#233;e &#224; leurs besoins, qui les fait progressivement d&#233;p&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de d&#233;poser un dossier aupr&#232;s des minist&#232;res, proc&#233;dure qui traditionnellement s'enlise dans la bureaucratie et se heurte en outre &#224; la corruption, j'ai d&#233;cid&#233; d'agir. D&#233;but 2002, j'ai accueilli mon premier b&#233;b&#233; dans la case o&#249; je logeais. En juillet, j'en avais six. En d&#233;cembre dix-huit. Tout cela sans eau courante, ni &#233;lectricit&#233; (install&#233;e seulement en 2003), &#224; la lampe temp&#234;te. C'est ainsi que la pouponni&#232;re a vu le jour&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Le fonctionnement de la pouponni&#232;re s'appuie sur des dons priv&#233;s. &#171; Vivre (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Notre intervention devait s'arr&#234;ter avec le premier anniversaire du b&#233;b&#233; : sevr&#233;, il devait r&#233;int&#233;grer sa famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous nous sommes vite aper&#231;us que sa communaut&#233; d'origine n'est pas toujours bienveillante &#224; son &#233;gard. Parce qu'elle attribue le mauvais &#339;il &#224; l'enfant rendu responsable quand sa m&#232;re est d&#233;c&#233;d&#233;e. Parce qu'elle le d&#233;laisse ou le maltraite. Parce qu'elle ne veut (peut) pas nourrir une bouche suppl&#233;mentaire&#8230; Si, selon les ann&#233;es, dans 70 &#224; 80 % des cas, l'enfant retrouve sa place dans sa famille, la mortalit&#233; frappe tr&#232;s vite ceux qui reviennent en &#233;tant mal venus. En 2005, nous avons cr&#233;&#233; l'unit&#233; familiale destin&#233;e &#224; accueillir ces enfants, quand l'enqu&#234;te sociale &#233;tablit le rejet de l'enfant. Le centre s'enfle, grandit, accueillant r&#233;guli&#232;rement au-del&#224; des capacit&#233;s pr&#233;vues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais votre capacit&#233; d'accueil n'est quand m&#234;me pas illimit&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, mais on se d&#233;brouille. Comment refuser un b&#233;b&#233; affaibli amen&#233; apr&#232;s dix ou douze heures de route par une famille d&#233;munie qui supplie de le prendre en charge ? Le b&#233;b&#233; est confi&#233; &#224; une clinique p&#233;diatrique proche pour un examen de sant&#233;. Par-fois il n'en sort pas : il est trop tard et d&#233;c&#232;de tr&#232;s vite. Mais la plupart du temps, nous pouvons l'accueillir. Depuis 2006, nous avons lanc&#233; la construction d'une pouponni&#232;re moderne dans un b&#226;timent de 1 400 m2, r&#233;pondant enfin aux normes d'hygi&#232;ne. Les travaux sont pratiquement termin&#233;s. Nous pourrons y faire fonctionner un dispensaire et continuer &#224; assurer une suppl&#233;mentation alimentaire pour des b&#233;b&#233;s restant dans leurs familles, comme nous le faisons d&#233;j&#224;, &#224; partir d'enqu&#234;tes sociales r&#233;alis&#233;es par les deux assistantes sociales de notre association.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;jour de rupture, pouponni&#232;re, unit&#233; familiale&#8230; cela fait beaucoup d'actions concomitantes. Comment r&#233;ussissez-vous &#224; &#233;viter les d&#233;rapages ou les d&#233;rives ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre action forme un tout. Il est fr&#233;quent que les jeunes du s&#233;jour de rupture aident &#224; la pouponni&#232;re. Cela contribue aussi &#224; les faire changer. Quant aux d&#233;rapages toujours possibles, je suis d'une grande vigilance. Je suis tr&#232;s attentive aux conditions dans lesquelles les enfants sont accueillis, qu'ils soient adolescents fran&#231;ais ou b&#233;b&#233;s s&#233;n&#233;galais. Les pratiques &#233;ducatives au S&#233;n&#233;gal ne sont pas toujours les m&#234;mes qu'en France. Ce que l'on consid&#232;re comme de la maltraitance dans l'Hexagone est ici culturellement banalis&#233;. Je suis intraitable avec les nourrices qui adoptent des attitudes violentes. Je ne n&#233;gocie pas : c'est le licenciement imm&#233;diat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est des jeunes du s&#233;jour de rupture, je les re&#231;ois chaque matin, c'est un rite, pour leur offrir un jus. Ils me racontent ce qu'ils ont fait la veille et ce qu'ils ont pr&#233;vu de faire. En cas de plainte contre un &#233;ducateur, j'attends la troisi&#232;me remarque cons&#233;cutive de la part des jeunes pour demander l'identit&#233; de l'adulte et intervenir. Mais il y a un vrai travail d'&#233;quipe qui se fait, chacun &#233;tant soucieux de r&#233;guler son coll&#232;gue. Tous les quinze jours, j'organise une m&#233;diation &#224; laquelle participent avec moi l'&#233;ducateur de service, un membre de l'&#233;quipe de direction et le groupe de jeunes : on d&#233;bat, &#224; cette occasion, des tensions et des conflits qui ont eu lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, notre centre est grand ouvert, en permanence, sur l'ext&#233;rieur. Nous recevons de nombreux visiteurs. Des personnalit&#233;s officielles s&#233;n&#233;galaises, mais aussi de nombreux stagiaires qui nous viennent d'Europe et d'Am&#233;rique (environ une vingtaine chaque mois que nous logeons dans une grande maison en ville). Nous accueillons aussi des associations qui viennent assurer un chantier de construction et m&#234;me les Marines am&#233;ricains qui nous ont construit un b&#226;timent. Notre prise en charge comprend la visite de l'&#233;ducateur r&#233;f&#233;rent de chaque jeune &#224; la moiti&#233; du s&#233;jour. Rien de ce qui se passe dans le centre ne peut donc &#234;tre cach&#233;. Nous fonctionnons dans la plus grande transparence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le fonctionnement de la pouponni&#232;re s'appuie sur des dons priv&#233;s. &#171; Vivre ensemble Madesahel &#187; peut recevoir des dons d&#233;ductibles des imp&#244;ts. Des parrainages sont aussi possibles. Toutes les informations sur le site &lt;a href=&#034;http://www.vivre-ensemble-madesahel.org&#034; class='spip_url spip_out' rel='external'&gt;www.vivre-ensemble-madesahel.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un cadre de r&#233;f&#233;rence pour les s&#233;jours de rupture</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Un-cadre-de-reference-pour-les-sejours-de-rupture</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Un-cadre-de-reference-pour-les-sejours-de-rupture</guid>
		<dc:date>2010-09-16T06:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;linquance</dc:subject>
		<dc:subject>985</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qui dit s&#233;jour de rupture ne dit pas financement sans aucun contr&#244;le. Bien au contraire, les associations organisatrices consid&#232;rent que leur cr&#233;dibilit&#233; est li&#233;e &#224; leur capacit&#233; de transparence. Explications. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les s&#233;jours de rupture existent depuis un certain nombre d'ann&#233;es. Ils avaient jus-qu'alors propos&#233;, chacun de leur c&#244;t&#233;, leurs services aux institutions qui pouvaient financer leur prestation : les conseils g&#233;n&#233;raux et, dans une moindre mesure, la protection judiciaire de la jeunesse. Ce qui (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Delinquance" rel="tag"&gt;D&#233;linquance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-985-" rel="tag"&gt;985&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Qui dit s&#233;jour de rupture ne dit pas financement sans aucun contr&#244;le. Bien au contraire, les associations organisatrices consid&#232;rent que leur cr&#233;dibilit&#233; est li&#233;e &#224; leur capacit&#233; de transparence. Explications.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les s&#233;jours de rupture existent depuis un certain nombre d'ann&#233;es. Ils avaient jus-qu'alors propos&#233;, chacun de leur c&#244;t&#233;, leurs services aux institutions qui pouvaient financer leur prestation : les conseils g&#233;n&#233;raux et, dans une moindre mesure, la protection judiciaire de la jeunesse. Ce qui aurait pu s'av&#233;rer une aventure sans lendemain, s'est r&#233;v&#233;l&#233; &#234;tre une pratique pertinente soutenue par des services &#233;ducatifs reconnaissant volontiers son utilit&#233;. Ces dispositifs se sont donc, au fil du temps, p&#233;rennis&#233;s. Pour autant, le constat ne pouvait qu'&#234;tre r&#233;current : ils restent fragilis&#233;s tant du fait de leur isolement que de leur taille modeste. Le 30 juin 2009 naissait OSER (&lt;a href=&#034;http://www.oser.me&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Organisateurs de s&#233;jours &#233;ducatifs dits de rupture&lt;/a&gt;), association ayant pour ambition de f&#233;d&#233;rer les structures d'accueil du champ m&#233;dico-social proposant des s&#233;jours de rupture agr&#233;&#233;s et de les repr&#233;senter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 10 et 11 juin 2010, les membres de l'association se retrouvaient &#224; Brest pour travailler &#224; un cahier des charges commun. L'association ne partait pas de rien. Un document avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; con&#231;u en r&#233;ponse &#224; la pr&#233;conisation du rapport minist&#233;riel d'avril 2004. Il avait &#233;t&#233; produit par diff&#233;rents partenaires (dont Lionel Brunet, charg&#233; de mission au conseil g&#233;n&#233;ral de l'Essonne) regroup&#233;s autour de la DGAS. Il s'agissait donc de le r&#233;actualiser. Le cahier des charges finalis&#233; s'attache &#224; d&#233;finir ce qu'est un s&#233;jour de rupture, ses bases juridiques, les conditions de son encadrement et les garanties de fonctionnement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;finition et cadre juridique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour d&#233;finir la raison d'&#234;tre de ces s&#233;jours, le document final commence donc par &#233;voquer la r&#233;ponse aux besoins manifest&#233;s, &#224; un moment donn&#233;, par des adolescents d'une rupture ponctuelle avec leur environnement, d'un &#233;loignement temporaire avec leur milieu, d'une ponctuation dans leur parcours. Mais il ne s'enferme volontairement ni dans une dur&#233;e pr&#233;d&#233;finie (de quelques jours &#224; plusieurs mois), ni dans la recommandation d'un degr&#233; de difficult&#233; initial (le s&#233;jour pouvant intervenir autant apr&#232;s une multiplication d'&#233;checs qu'en premi&#232;re indication de placement, toutes les situations interm&#233;diaires &#233;tant admises), pas plus que dans la forme propos&#233;e (les projets pouvant &#234;tre itin&#233;rants ou s&#233;dentaires, sportifs, &#224; la d&#233;couverte d'autres cultures, dans une initiation &#224; l'&#233;cologie, coupl&#233;s &#224; des actions de formations locales, associ&#233;s &#224; des micros projets dits de solidarit&#233; et/ou &#224; des actions humanitaires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Acte est ensuite pris de l'absence de texte l&#233;gislatif sp&#233;cifique, le Code de l'action sociale et des familles s'imposant naturellement, notamment en ce qui concerne les modalit&#233;s d'&#233;valuation, les droits des usagers ou le projet individualis&#233;. Ce sont les m&#233;thodologies traditionnelles du secteur &#233;ducatif qui sont appliqu&#233;es : envoi de bilans interm&#233;diaires, de notes de situation et d'un bilan de fin de prise en charge mesurant l'impact du s&#233;jour et tra&#231;ant les perspectives d'&#233;volution et d'orientation pour le jeune. L'accent est mis sur la co-construction avec le service placeur et la famille tant en amont du s&#233;jour que pour sa suite.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;De multiples pr&#233;conisations&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le taux d'encadrement n'est pas n&#233;glig&#233; : il est conseill&#233; d'atteindre au minimum un encadrant pour trois jeunes accueillis, les personnels devant pr&#233;senter des garanties de comp&#233;tence et d'exp&#233;rience. La pr&#233;sence d'une personne de nationalit&#233; fran&#231;aise mandat&#233;e pour repr&#233;senter la personne physique ou morale autoris&#233;e &#224; organiser le s&#233;jour est sugg&#233;r&#233;e. Le recrutement de personnels locaux doit remplir des conditions de qualification et de probit&#233; morale. Le cahier des charges ne se contente pas de rappeler les obligations administratives. Il propose aussi la mise en &#339;uvre d'un protocole sanitaire pr&#233;cisant les pr&#233;cautions n&#233;cessaires (vaccins, traitements pr&#233;ventifs, visite m&#233;dicale), ainsi que la surveillance m&#233;dicale des jeunes pris en charge. Il attire l'attention, en outre, sur la n&#233;cessit&#233; imp&#233;rative d'un contrat d'assurance permettant la gestion des risques, ainsi que des frais m&#233;dicaux ou de rapatriement sanitaire et, le cas &#233;ch&#233;ant, l'assistance juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les associations organisant des s&#233;jours de rupture recherchent avant tout une officialisation et une reconnaissance de leur action. Elles veulent &#224; la fois rester libres de leurs initiatives, tout en se soumettant au droit commun. La volont&#233; de proposer un cadre tel que d&#233;fini dans ce cahier des charges en est la preuve. Et d'en appeler aux contr&#244;les r&#233;guliers de la part des autorit&#233;s de tutelle invit&#233;es &#224; venir v&#233;rifier sur place comment fonctionnent au quotidien ces s&#233;jours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les in&#233;galit&#233;s submergent l'&#233;cole</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Les-inegalites-submergent-l-ecole</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Les-inegalites-submergent-l-ecole</guid>
		<dc:date>2010-09-15T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>985</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le syst&#232;me scolaire fran&#231;ais est particuli&#232;rement in&#233;galitaire et la rentr&#233;e s'est faite inqui&#232;te. Prises sur fond de suppression de postes, les mesurettes gouvernementales n'y changeront probablement pas grand-chose. &lt;br class='autobr' /&gt;
La gr&#232;ve du 6 septembre &#8211; de m&#234;me d'ailleurs que celle du lendemain &#8211; a donn&#233; un aper&#231;u des probl&#232;mes qui saturent l'&#201;ducation nationale : suppression de 16 000 postes (autant de pr&#233;vues &#224; la rentr&#233;e 2011), retraites, surcharge des classes, r&#233;forme de la formation (dite &#171; masterisation &#187;) des (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Decryptage" rel="directory"&gt;D&#233;cryptage&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-985-" rel="tag"&gt;985&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_764 spip_documents'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/IMG/png/rollex.png' width=&#034;800&#034; height=&#034;475&#034; alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me scolaire fran&#231;ais est particuli&#232;rement in&#233;galitaire et la rentr&#233;e s'est faite inqui&#232;te. Prises sur fond de suppression de postes, les mesurettes gouvernementales n'y changeront probablement pas grand-chose.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La gr&#232;ve du 6 septembre &#8211; de m&#234;me d'ailleurs que celle du lendemain &#8211; a donn&#233; un aper&#231;u des probl&#232;mes qui saturent l'&#201;ducation nationale : suppression de 16 000 postes (autant de pr&#233;vues &#224; la rentr&#233;e 2011), retraites, surcharge des classes, r&#233;forme de la formation (dite &#171; masterisation &#187;) des jeunes enseignants d&#233;sormais priv&#233;s de stages p&#233;dagogiques&#8230; Les propositions de loi s&#233;curitaires concernant l'absent&#233;isme scolaire ou les allocations familiales ne cessent &#233;galement d'inqui&#233;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Issu des &#201;tats g&#233;n&#233;raux sur la violence scolaire et concernant 60 coll&#232;ges et 45 lyc&#233;es, le dispositif Coll&#232;ge et lyc&#233;e pour l'ambition, l'innovation et la r&#233;ussite (Clair) est cens&#233; donner plus d'autonomie &#224; certains &#233;tablissements. Acad&#233;mie par acad&#233;mie, des diagnostics de s&#233;curit&#233; seront effectu&#233;s avec, &#224; la cl&#233;, des formations sp&#233;cifiques pour les enseignants les plus expos&#233;s aux situations de violence. Les &#233;quipes mobiles de s&#233;curit&#233; (ERM, compos&#233;es de policiers et de personnels de l'&#201;ducation nationale) devraient voir leur effectif doubler. Par ailleurs, onze internats d'excellence sont cr&#233;&#233;s, de m&#234;me qu'une dizaine de nouveaux &#171; &#233;tablissements de r&#233;insertion scolaire &#187; (ERS) pour les 13-16 ans les plus difficiles. Autre nouveaut&#233; : les &#233;l&#232;ves devront se lever &#224; l'entr&#233;e du prof&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les enfants handicap&#233;s, leur scolarisation &#171; &lt;i&gt;est aujourd'hui malmen&#233;e pour des raisons budg&#233;taires&lt;/i&gt; &#187; selon les termes r&#233;cents de Unapei : 13 000 enfants sans aucune solution &#233;ducative, absence de statut pour les auxiliaires de vie scolaire (AVS), manque de moyens et de places pour les SESSAD et les IME, insuffisance d'enseignants sp&#233;cialis&#233;s (l'Unapei demande ainsi la cr&#233;ation en urgence de 15 000 places)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les in&#233;galit&#233;s se construisent d&#232;s l'&#233;cole maternelle et primaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais les in&#233;galit&#233;s sont &#233;galement au programme de cette rentr&#233;e : ainsi que l'avait point&#233; un rapport de la Cour des comptes au mois de mai, celles-ci sont en progression (&#171; &lt;i&gt;La France est un des pays o&#249; les destins scolaires sont le plus fortement corr&#233;l&#233;s aux origines sociales&lt;/i&gt; &#187;&#8230;). Le dernier programme international pour le suivi des acquis des &#233;l&#232;ves (PISA) a en effet d&#233;montr&#233; que les in&#233;galit&#233;s en fonction du statut des parents &#233;taient en France entre 30 et 40 % plus importantes que celles existant dans les autres pays de l'OCDE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le non-remplacement d'un enseignant sur deux partant &#224; la retraite aura pour cons&#233;quence d'acc&#233;l&#233;rer la suppression des r&#233;seaux d'aides sp&#233;cialis&#233;es aux &#233;l&#232;ves en difficult&#233; (Rased), sur fond d'individualisation et de professionnalisation du parcours des &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Globalement, au fur et &#224; mesure que l'on avance dans les &#233;tudes, la proportion d'&#233;l&#232;ves issus des couches sociales les moins favoris&#233;es diminue : 55 % des &#233;l&#232;ves de classes pr&#233;paratoires sont enfants de cadres ou de professions lib&#233;rales, contre 16 % de fils d'ouvriers ou d'inactifs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, les fils de cadres sup&#233;rieurs ont deux fois plus de chances que les fils d'ouvriers d'avoir leur bac, sans tenir compte de l'in&#233;galit&#233; inh&#233;rente &#224; la valeur des diff&#233;rentes fili&#232;res (g&#233;n&#233;rale, technologique, professionnelle). Dans les sections d'enseignement g&#233;n&#233;ral et professionnel (Segpa), les cat&#233;gories sociales les plus d&#233;favoris&#233;es sont surrepr&#233;sent&#233;es (84 % des &#233;l&#232;ves en difficult&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre in&#233;galit&#233;, celle qui persiste entre filles et gar&#231;ons : les premi&#232;res restent minoritaires dans les fili&#232;res scientifiques et les &#233;coles d'ing&#233;nieurs, alors m&#234;me qu'elles sont meilleures dans les pr&#233;pas scientifiques. En somme, les in&#233;galit&#233;s se construisent d&#232;s l'&#233;cole maternelle et &#233;l&#233;mentaire, sont marqu&#233;es &#224; l'entr&#233;e du coll&#232;ge, et vont s'accentuant&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'heure z&#233;ro n'existe pas</title>
		<link>https://www.lien-social.com/L-heure-zero-n-existe-pas</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/L-heure-zero-n-existe-pas</guid>
		<dc:date>2010-09-15T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>985</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jeune dipl&#244;m&#233;, Serge Heughebaert ouvre en 1968 un foyer d'accueil pour enfants dits sans famille. Dix ans durant, il mesure combien le g&#238;te et le couvert, les intentions moralisatrices les plus louables et les plus utopiques des adultes, l'instruction qui pourtant, aux dires de Victor Hugo, devait vider les prisons, ne permettent pas forc&#233;ment d'aider ces enfants &#224; s'en sortir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Car, si saisir les experts que sont les psychologues ou les travailleurs sociaux, pour comprendre et d&#233;coder ce qui (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Culture-193" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-985-" rel="tag"&gt;985&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L102xH150/arton3278-f2eee.jpg?1693475000' width='102' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jeune dipl&#244;m&#233;, Serge Heughebaert ouvre en 1968 un foyer d'accueil pour enfants dits sans famille. Dix ans durant, il mesure combien le g&#238;te et le couvert, les intentions moralisatrices les plus louables et les plus utopiques des adultes, l'instruction qui pourtant, aux dires de Victor Hugo, devait vider les prisons, ne permettent pas forc&#233;ment d'aider ces enfants &#224; s'en sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, si saisir les experts que sont les psychologues ou les travailleurs sociaux, pour comprendre et d&#233;coder ce qui emp&#234;che de sortir de l'infinie souffrance constitue une d&#233;marche tout &#224; fait n&#233;cessaire, elle est bien loin d'&#234;tre suffisante. Ce qui manque, c'est l'expertise de l'enfant lui-m&#234;me. Non celle que l'on veut entendre de lui : ce que l'on souhaite qu'il soit et/ou qu'il devienne, en conformit&#233; avec les normes pr&#233;&#233;tablies et les principes r&#233;&#233;ducatifs. Mais ce qu'il exprime &#224; travers ses passages &#224; l'acte. &#171; &lt;i&gt;Il nous en fait voir&lt;/i&gt; &#187;, disent les familles. Eh bien justement, commen&#231;ons par regarder ce qu'il veut nous montrer. Mais ce que l&#224; il nous dit de lui, on ne l'&#233;coute pas. Peut-&#234;tre parce que c'est indicible ou que nos concepts traditionnels ne nous permettent pas de comprendre : l'enfant s'exprime, &#224; sa fa&#231;on &#171; &lt;i&gt;et nous, psycho-p&#233;dago-th&#233;rapeuto-flics, plut&#244;t que de voir, nous avons beaucoup parl&#233;&lt;/i&gt; &#187; (p.21).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand, en 1978, l'auteur prend la direction du foyer d'apprentis de Boujean, il d&#233;cide de travailler dans une tout autre direction. Il propose aux jeunes qui lui sont confi&#233;s par la justice, suite &#224; des vols, des agressions ou des fugues, de repr&#233;senter ce que fut leur vie jusque-l&#224;, avec les moyens les plus simples : du papier, de la couleur, de la terre, un polaro&#239;d, une cam&#233;ra de fortune, un magn&#233;tophone &#224; dix sous&#8230; Libre &#224; eux de d&#233;cider o&#249; commencer et jusqu'o&#249; aller, de choisir les moments qui sont importants &#224; leurs yeux. On aurait pu s'attendre &#224; un blocage. Il n'en fut rien. Ils se mirent toutes et tous &#224; cr&#233;er.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serge Heughebaert venait d'inventer l'art vif, un art ouvert largement &#224; la cr&#233;ativit&#233; d'&#234;tres en qu&#234;te tant de leurs racines que de l'&#233;nigme de leur histoire. Face &#224; cette profusion de sons et d'images, de dessins et de modelages, la premi&#232;re tentation fut de convoquer les sp&#233;cialistes. Soumettre ce mat&#233;riau aux sp&#233;l&#233;ologues des tr&#233;fonds de l'&#226;me aurait permis, &#224; n'en pas douter, de r&#233;colter une riche moisson d'interpr&#233;tations permettant de situer l'origine du mal-&#234;tre. Mais le risque &#233;tait grand de retomber dans les errances pass&#233;es : &#171; &lt;i&gt;de la glose sur de la glaise&lt;/i&gt; &#187; (p.23).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'auteur, l'heure z&#233;ro n'existe pas. Le d&#233;but du premier jour commence toujours &#224; la fin du jour pr&#233;c&#233;dent. Ce qui compte ce n'est pas de chercher une cause originelle, mais de retrouver les traces laiss&#233;es par un cheminement de vie. Et quoi de mieux, pour y arriver, que des productions cr&#233;atives. C'est aux parents qu'on fit finalement appel pour commenter ce qu'avaient repr&#233;sent&#233; leurs enfants. Bient&#244;t la famille &#233;largie s'y m&#234;la. Et tout ce petit monde se mit &#224; cr&#233;er, &#224; son tour. Le foyer de r&#233;&#233;ducation devint un lieu o&#249; chacun &#233;tait invit&#233; &#224; mettre &#224; plat l'insaisissable, &#224; aller &#224; l'essentiel quand l'essentiel &#233;chappait, &#224; concevoir pour se concevoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs ateliers se structur&#232;rent dans les domaines graphiques, plastiques et de l'audiovisuel. Le r&#233;sultat de trente ans de cr&#233;ation de l'art vif, ce sont ces pi&#232;ces pr&#233;sent&#233;es dans le livre, choisies pour ce qu'elles rec&#232;lent de &#171; &lt;i&gt;la peur d'&#234;tre abandonn&#233;, la certitude de ne pas &#234;tre aim&#233;, la douleur d'aimer ceux qui ne nous aiment pas ou ceux qui ne peuvent aimer la vie malgr&#233; l'amour qu'on a pour eux&lt;/i&gt; &#187; comme le dit Catherine Dolto, dans sa pr&#233;face.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Jouvence, 2009 (381 p. ; 27 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Maso ma non troppo</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Maso-ma-non-troppo</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Maso-ma-non-troppo</guid>
		<dc:date>2010-09-15T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>985</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Commander ce livre &lt;br class='autobr' /&gt;
Po&#232;te et &#233;crivain, conteur et auteur de chansons, conf&#233;rencier et intervenant dans les &#233;coles d'&#233;ducateurs, Serge Heughebaert a aussi dirig&#233; plusieurs foyers d'enfants, avant de cr&#233;er les Ateliers d'Art Vif, &#224; Bienne. C'est &#224; partir de cette longue exp&#233;rience qu'il met en sc&#232;ne une fiction dont l'un des h&#233;ros n'est autre qu'un h&#244;pital psychiatrique. D&#232;s les premi&#232;res lignes, on est happ&#233; par le style et l'&#233;criture. Les portraits sont cisel&#233;s. La psychologie des personnages est saisie au (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Culture-193" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-985-" rel="tag"&gt;985&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L100xH150/arton3279-24fad.jpg?1693475000' width='100' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lagedhomme.com/boutique/fiche_produit.cfm?ref=978-2-8251-3995-0&amp;type=22&amp;code_lg=lg_fr&amp;num=91&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Commander ce livre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Po&#232;te et &#233;crivain, conteur et auteur de chansons, conf&#233;rencier et intervenant dans les &#233;coles d'&#233;ducateurs, Serge Heughebaert a aussi dirig&#233; plusieurs foyers d'enfants, avant de cr&#233;er les Ateliers d'Art Vif, &#224; Bienne. C'est &#224; partir de cette longue exp&#233;rience qu'il met en sc&#232;ne une fiction dont l'un des h&#233;ros n'est autre qu'un h&#244;pital psychiatrique. D&#232;s les premi&#232;res lignes, on est happ&#233; par le style et l'&#233;criture. Les portraits sont cisel&#233;s. La psychologie des personnages est saisie au scalpel. Le sc&#233;nario se d&#233;roule, entra&#238;nant le lecteur dans un r&#233;cit jubilatoire. Ce roman, c'est d'abord l'histoire de Jean-Marie, jeune psychopathe dont la main &#233;chappe &#224; sa volont&#233;, faisant ce qu'elle veut et parfois ce que son propri&#233;taire ne veut pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est aussi l'histoire du ci-devant docteur Fran&#231;ois Joseph Stadanal, m&#233;decin chef psychiatre, chef supr&#234;me qui sait tout, qui d&#233;cide de tout et a raison sur tout, incapable d'&#233;changer mais pr&#233;par&#233; tr&#232;s jeune &#224; dominer. On n'aura garde d'oublier Marie-Jos&#232;phe, jeune infirmi&#232;re, &#224; peine nubile, &#224; qui nombre de soignants reprochent sa trop grande proximit&#233; avec les malades, sans doute par d&#233;pit de n'avoir pas pu profiter eux-m&#234;mes de ce rapprochement. Et puis, il y a le p&#232;re Jacques, la calotte chantante, qui ne pense pas exclusivement qu'&#224; Dieu. Tr&#232;s vite, tout ce petit monde va se trouver pris, avec bien d'autres personnages encore, dans un v&#233;ritable maelstr&#246;m o&#249; se m&#234;leront bient&#244;t un pr&#233;sident de la R&#233;publique de petite taille, pr&#234;t &#224; surfer sur n'importe quel fait divers pour justifier son hyperactivit&#233;, un pape Beno&#238;t XVI et m&#234;me un Johnny Hallyday, dont on se demande ce qu'il vient faire l&#224;. Un v&#233;ritable feu d'artifice d&#233;brid&#233; qui confine au surr&#233;alisme&#8230; Jusqu'&#224; ce que la chute finale, que nous ne r&#233;v&#233;lerons pas ici, r&#233;unisse les morceaux du puzzle. Un r&#233;cit dr&#244;le et mouvement&#233; qui articule le piquant et la tendresse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. L'&#226;ge d'Homme, 2009 (173 p. ; 16 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
