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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>&#171; Il nous arrive d'inventer des probl&#232;mes &#187;</title>
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&lt;p&gt;T&#233;moignage d'une assistante sociale du 93. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette terrible crise du logement modifie consid&#233;rablement notre travail. Nous sommes face &#224; des familles &#224; la rue, dans des h&#244;tels parfois depuis deux ou trois ans. Or le conseil g&#233;n&#233;ral r&#233;duit ses financements, nous demande de trouver des solutions pour faire sortir ces familles de l'h&#244;tel. Les demandes de logement social mettent des ann&#233;es &#224; aboutir, la seule solution reste le CHRS. C'est alors la course &#224; l'&#233;chalote. Pour chaque famille, nous faisons une (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;T&#233;moignage d'une assistante sociale du 93.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette terrible crise du logement modifie consid&#233;rablement notre travail. Nous sommes face &#224; des familles &#224; la rue, dans des h&#244;tels parfois depuis deux ou trois ans. Or le conseil g&#233;n&#233;ral r&#233;duit ses financements, nous demande de trouver des solutions pour faire sortir ces familles de l'h&#244;tel. Les demandes de logement social mettent des ann&#233;es &#224; aboutir, la seule solution reste le CHRS. C'est alors la course &#224; l'&#233;chalote. Pour chaque famille, nous faisons une soixantaine de dossiers, le travail administratif est &#233;norme. Dans ces dossiers qui comprennent l'&#233;tat civil de la famille, sa situation administrative, ses ressources, son parcours, il faut aussi argumenter les raisons pour lesquelles cette personne a besoin d'un CHRS. Le fait d'&#234;tre &#224; la rue n'est pas suffisant, il faut que chaque famille ait un projet : accompagnement vers l'emploi, r&#233;solution de d&#233;marches administratives compliqu&#233;es, soucis de sant&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, ces familles n'ont pas forc&#233;ment besoin de cet accompagnement social. Nous faisons ces demandes parce que nous n'arrivons pas &#224; obtenir un logement p&#233;renne. Afin de trouver un toit co&#251;te que co&#251;te, il nous arrive d'inventer des probl&#232;mes. Je me souviens de cette femme avec son fils. Elle est rest&#233;e trois ans &#224; l'h&#244;tel. Au cours de ces ann&#233;es, cette dame a obtenu ses papiers. Tr&#232;s rapidement, elle d&#233;clarait trois emplois. Quand le conseil g&#233;n&#233;ral a vu que la situation sociale de la famille commen&#231;ait &#224; se stabiliser, il a dit : nous allons arr&#234;ter la prise en charge, cette dame peut se loger. Nous &#233;tions bien d'accord mais la demande de logement social n'aboutissait pas. Nous avons donc cherch&#233; une place en CHRS pour &#233;viter le retour &#224; la rue. Mais pour esp&#233;rer une r&#233;ponse positive, il fallait que cette personne ait des besoins. Nous avons donc insist&#233; sur la n&#233;cessit&#233; de consolider les liens m&#232;re-fils, sur l'accompagnement n&#233;cessaire pour les d&#233;marches administratives compliqu&#233;es. Cette dame &#233;tait parfaitement autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait radicalement faux. Nous en sommes &#224; ce point ! Cette dame a &#233;t&#233; accueillie et, paradoxalement, cette prise en charge a enclench&#233; des vrais probl&#232;mes. C'&#233;tait pr&#233;visible puisque ces structures sont destin&#233;es &#224; des personnes fragiles. L'&#233;quipe lui demandait des comptes, suivait ses d&#233;marches, exigeait des rendez-vous hebdomadaires. Elle le vivait tr&#232;s mal. En outre, la structure avait un r&#232;glement strict. Elle fermait ses portes &#224; 21 heures. Or, le gar&#231;on avait une passion : le foot. Dans toutes ses gal&#232;res de vie, le foot rythmait sa vie, l'aidait &#224; tenir. Le CHRS lui a fait comprendre qu'il fallait choisir : l'h&#233;bergement ou le foot, parce qu'il rentrait des entra&#238;nements &#224; 21h 30. Seule une lettre argument&#233;e de ma part a permis de d&#233;bloquer la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, lorsque cet enfant &#233;tait &#224; l'h&#244;tel, il dormait avec sa m&#232;re dans un lit d'1m 20, lou&#233; comme une chambre pour deux personnes &#224; 1200 &#8364;. La maman mettait un traversin entre elle et son ado pour marquer la s&#233;paration entre eux. Il se plaignait de ne jamais dormir vraiment. De temps en temps, le soir et certains week-ends, un copain l'invitait &#224; dormir. Sa m&#232;re et lui pouvaient enfin souffler. Des liens forts se sont nou&#233;s entre ces deux familles. Arriv&#233;s au CHRS, le jeune gar&#231;on n'a plus eu le droit de se rendre dans cette famille. La m&#232;re et le fils devaient &#234;tre pr&#233;sents tous les soirs faute de quoi, la prise en charge s'arr&#234;tait. Cette d&#233;responsabilisation a profond&#233;ment marqu&#233; cette femme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Menaces sur l'ind&#233;pendance des CHRS</title>
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		<description>
&lt;p&gt;L'avis de Daniel Terlizzi, directeur d'Ozanam &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Actuellement nous avons un taux de remplissage de 90 %, ce qui est sup&#233;rieur &#224; la moyenne nationale. Pour l'instant je suis libre de ma politique d'admission, je n'ai pas de pression pour prendre tel type de public. Mais cela va changer avec la cr&#233;ation du SIAO (service int&#233;gr&#233; d'accueil et d'orientation) qui pr&#233;voit de centraliser les demandes dans une perspective de remplissage et de rentabilit&#233;. Les subventions aux CHRS seraient alors fonction du nombre (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'avis de Daniel Terlizzi, directeur d'Ozanam&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Actuellement nous avons un taux de remplissage de 90 %, ce qui est sup&#233;rieur &#224; la moyenne nationale. Pour l'instant je suis libre de ma politique d'admission, je n'ai pas de pression pour prendre tel type de public. Mais cela va changer avec la cr&#233;ation du SIAO (service int&#233;gr&#233; d'accueil et d'orientation) qui pr&#233;voit de centraliser les demandes dans une perspective de remplissage et de rentabilit&#233;. Les subventions aux CHRS seraient alors fonction du nombre de personnes accueillies. Le risque est qu'on nous impose des personnes qui n'ont pas choisi d'&#234;tre l&#224; et n'adh&#232;rent pas au projet. C'est d&#233;j&#224; un peu le cas quand on nous envoie des personnes retoqu&#233;es de la loi DALO, qui voulaient un appartement et se retrouvent en CHRS. Le gouvernement fait du &#171; sans-abrisme &#187;, il veut reloger les gens sans se soucier de l'accompagnement social, alors que la plupart d'entre eux sont loin d'&#234;tre pr&#234;ts &#224; assumer tout seuls un logement. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les ressorts d'un CHRS qui fonctionne</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Les-ressorts-d-un-CHRS-qui-fonctionne</link>
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		<dc:subject>CHRS</dc:subject>
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&lt;p&gt;Ozanam, &#224; Vaulnaveys en Is&#232;re, est un bel exemple de CHRS qui fonctionne. La d&#233;marche d'insertion est centr&#233;e sur le travail en ateliers, la sant&#233; physique et mentale, et soutenue par un travail &#233;ducatif coh&#233;rent, le tout dans un cadre agr&#233;able et s&#233;curisant. Reportage. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un dragon multicolore fait d'objets de r&#233;cup&#233;ration indique l'entr&#233;e d'Ozanam &#224; Vaulnaveys. Devant l'espace de vente, des paires de skis, v&#233;los pour enfants, meubles de salon et un homme entre deux &#226;ges qui salue les visiteurs avec un (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ozanam, &#224; Vaulnaveys en Is&#232;re, est un bel exemple de CHRS qui fonctionne. La d&#233;marche d'insertion est centr&#233;e sur le travail en ateliers, la sant&#233; physique et mentale, et soutenue par un travail &#233;ducatif coh&#233;rent, le tout dans un cadre agr&#233;able et s&#233;curisant. Reportage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un dragon multicolore fait d'objets de r&#233;cup&#233;ration indique l'entr&#233;e d'Ozanam &#224; Vaulnaveys. Devant l'espace de vente, des paires de skis, v&#233;los pour enfants, meubles de salon et un homme entre deux &#226;ges qui salue les visiteurs avec un sourire. Au pied des montagnes, &#224; 15 km de Grenoble, Ozanam est une ancienne communaut&#233; type Emma&#252;s, devenue CHRS en 1973, qui accueille un public d'hommes SDF, de quarante ans en moyenne, avec des probl&#233;matiques diverses : alcoolisme, toxicomanie, errance, troubles psychiatriques, prison. &lt;i&gt;&#171; Quand je suis arriv&#233; ici, &#231;a faisait deux ans que je vivais dans la rue,&lt;/i&gt; confie Nicolas, un des plus jeunes, &lt;i&gt;j'avais de gros probl&#232;mes de sant&#233;, je faisais des crises d'&#233;pilepsie, mais les foyers que j'avais visit&#233;s &#233;taient sinistres et je ne voulais pas y rester. Ici c'est diff&#233;rent, on s'occupe bien de nous. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les demandes d'h&#233;bergement sont adress&#233;es &#224; Ozanam par les services sociaux, les h&#244;pitaux, les associations, etc. L'admission se fait en une semaine, ce qui est tr&#232;s rapide pour un CHRS. Les deux seules conditions sont l'aptitude physique au travail et l'&#226;ge, les plus jeunes &#233;tant orient&#233;s vers un autre CHRS en ville. L'&#233;quipe &#233;ducative veille &#224; maintenir un certain &#233;quilibre dans le groupe (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Menaces-sur-l-independance-des-CHRS' class='spip_in'&gt;lire l'avis du directeur sur ses choix d'admission&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le travail, support d'insertion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tablissement se distingue par une d&#233;marche originale : tous les r&#233;sidents y travaillent &#224; mi-temps dans trois ateliers d'insertion : r&#233;cup&#233;ration-vente, espaces verts et cuisine. Seuls 5 % des CHRS en France ont des ateliers d'insertion. &lt;i&gt;&#171; Le travail est au centre de notre projet,&lt;/i&gt; explique Daniel Terlizzi, directeur de l'&#233;tablissement, &lt;i&gt;c'est valorisant et &#231;a permet de se confronter &#224; la r&#233;alit&#233;. &#187;&lt;/i&gt; &#192; l'entr&#233;e du site, quelques gars d&#233;chargent un camion de meubles qu'ils viennent de r&#233;cup&#233;rer chez un particulier. Les objets divers, v&#234;tements, vaisselle, mobiliers, sont entrepos&#233;s dans un b&#226;timent puis tri&#233;s et nettoy&#233;s avant d'&#234;tre remis en vente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre local, les appareils &#233;lectrom&#233;nagers sont test&#233;s et r&#233;par&#233;s. Puis le tout est expos&#233; dans l'immense espace de vente, r&#233;parti sur deux niveaux. &lt;i&gt;&#171; En g&#233;n&#233;ral le travail ne pose pas probl&#232;me car les gars viennent aussi l&#224; pour &#231;a, ils sont motiv&#233;s, et pour certains &#231;a leur permet de se tenir &#233;loign&#233;s de l'alcool &#187;&lt;/i&gt;, constate le directeur. &lt;i&gt;&#171; Les voir en situation de travail en dit long sur leurs comp&#233;tences mais aussi leurs difficult&#233;s, qui n'apparaissent pas toujours dans leur discours &#187;&lt;/i&gt;, ajoute Marion G, une des trois &#233;ducatrices sp&#233;cialis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque atelier est encadr&#233; par un moniteur technique, qui travaille en lien permanent avec l'&#233;quipe &#233;ducative. Apr&#232;s des ann&#233;es de vie dans la rue ils r&#233;apprennent les bases : se lever, respecter les horaires, travailler en &#233;quipe. Leur activit&#233; est r&#233;mun&#233;r&#233;e 50 % du Smic dans le cadre d'un contrat d'adaptation &#224; la vie active (AVA), d&#233;rogatoire au droit du travail.&lt;i&gt; &#171; On leur propose des activit&#233;s au contact des clients, surtout des particuliers, qui valorisent leur travail, les remercient, discutent avec eux. &#187;&lt;/i&gt; Ces m&#234;mes ateliers ont aussi le statut de chantier d'insertion et sont ouverts &#224; des personnes venues de l'ext&#233;rieur et recrut&#233;es en contrat aid&#233; de droit commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des femmes sont notamment embauch&#233;es pour le tri et la cr&#233;ation de v&#234;tements, un technicien supervise l'atelier r&#233;paration de l'&#233;lectrom&#233;nager, et tout le monde d&#233;jeune ensemble le midi. &lt;i&gt;&#171; Ces contrats, plus exigeants, sont aussi ouverts &#224; quelques r&#233;sidents du CHRS qui ont gagn&#233; en autonomie et en comp&#233;tences, cela permet une insertion progressive dans le monde du travail &#187;&lt;/i&gt;, explique la responsable de l'atelier r&#233;cup&#233;ration. &lt;i&gt;&#171; Cela cr&#233;e de la mixit&#233; et &#231;a tire tout le monde vers le haut,&lt;/i&gt; indique Daniel Terlizzi, &lt;i&gt;on doit &#234;tre un des rares CHRS &#224; faire cela en France. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de l'entretien d'admission, l'&#233;quipe &#233;ducative d&#233;finit avec la personne les objectifs de son s&#233;jour, qui prennent la forme d'engagements &#233;crits : par exemple, accepter un suivi psychiatrique en CMP et une prise de m&#233;dicaments r&#233;guli&#232;re, ou bien engager une r&#233;flexion sur l'alcool, rencontrer r&#233;guli&#232;rement l'infirmi&#232;re, Annabelle T., sp&#233;cialis&#233;e en addictologie. Pr&#233;sente &#224; mi-temps au CHRS, elle accompagne les r&#233;sidents dans des d&#233;marches de soins en fonction de priorit&#233;s d&#233;finies ensemble. Au fil de rencontres r&#233;p&#233;t&#233;es &#8211; et parfois obligatoires &#8211;, une parole s'installe autour de l'addiction, avec des confidences et des interrogations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'alcool est pour beaucoup un rempart &#224; la d&#233;pression. Or quand ils arrivent ici, certains r&#233;sidents vont beaucoup mieux et diminuent de moiti&#233; leur consommation, du coup ils banalisent le probl&#232;me, mais &#224; la premi&#232;re contrari&#233;t&#233; ils se remettent &#224; boire, et c'est l&#224; que l'on peut travailler avec eux sur cette d&#233;pendance &#187;&lt;/i&gt;, explique l'infirmi&#232;re. Elle conna&#238;t tr&#232;s bien les centres de soins sp&#233;cialis&#233;s pour un sevrage, une cure ou une prise en charge psychologique, et les en informe r&#233;guli&#232;rement, m&#234;me si peu de r&#233;sidents entreprennent une telle d&#233;marche. &lt;i&gt;&#171; Ce matin j'ai re&#231;u un monsieur qui a arr&#234;t&#233; l'alcool pendant quelques mois et vient de se remettre &#224; boire, pr&#233;occup&#233; par la sant&#233; de sa m&#232;re. Maintenant qu'il a fait l'exp&#233;rience de l'abstinence, il sait que c'est possible, il est pr&#234;t &#224; se soigner et a demand&#233; un sevrage. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, pr&#232;s de la moiti&#233; des r&#233;sidents souffrent de maladies mentales et n&#233;cessitent un suivi psychiatrique. &lt;i&gt;&#171; Ce nombre a explos&#233; en quelques ann&#233;es&lt;/i&gt;, note le directeur, &lt;i&gt;ils ont aujourd'hui une quinzaine alors qu'ils &#233;taient seulement un ou deux quand j'ai pris mes fonctions il y a quatorze ans. &#187;&lt;/i&gt; Que la pathologie soit d&#233;j&#224; identifi&#233;e ou d&#233;couverte par l'&#233;quipe du CHRS, il faut mettre en place un suivi psychiatrique et un traitement. Le CHRS entretient d'excellents rapports avec le CMP de Vizille, &#224; 6 kilom&#232;tres. L'infirmi&#232;re les accompagne toujours au premier rendez-vous avec le psychiatre &#171; car l'id&#233;e d'&#234;tre fou les effraie beaucoup &#187;. Face au nombre croissant de r&#233;sidents concern&#233;s, le directeur du CHRS a demand&#233; &#224; la psychiatre du CMP de former toute l'&#233;quipe, y compris les veilleurs de nuit, sur les pathologies mentales, les comportements associ&#233;s, comment y faire face, et l'effet des m&#233;dicaments.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Travail &#233;ducatif&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; midi, les r&#233;sidents quittent les ateliers pour aller d&#233;jeuner, &#224; l'autre bout du site, dans les locaux d'habitation qui abritent les bureaux, la salle &#224; manger, salle de jeu et les chambres individuelles. Les pi&#232;ces sont vastes, claires et accueillantes. Le d&#233;jeuner est pr&#233;par&#233; et servi par trois r&#233;sidents, encadr&#233;s par la chef d'atelier. Des tabl&#233;es de six d&#233;jeunent dans la bonne humeur, m&#234;lant r&#233;sidents et professionnels. &lt;i&gt;&#171; Au repas du soir, l'ambiance est un peu diff&#233;rente, c'est le moment o&#249; les tensions et les angoisses ressortent, beaucoup d'entre eux nous sollicitent pour &#233;changer&lt;/i&gt;, explique Delphine L., &#233;ducatrice, &lt;i&gt;on se saisit de tous les moments informels du quotidien pour instaurer une relation de confiance avec les r&#233;sidents, qui s'&#233;tablit au fil du temps. &#187;&lt;/i&gt; Le soir autour d'un jeu de billard ou d'une discussion au bar sans alcool, ou le week-end lors des sorties culturelles organis&#233;es par le foyer, ou lors de moments festifs, comme &#224; No&#235;l, o&#249; tous les r&#233;sidents re&#231;oivent un cadeau et y tiennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'atelier d'&#233;criture anim&#233; chaque semaine par l'infirmi&#232;re est aussi un moment d'&#233;change privil&#233;gi&#233; : &lt;i&gt;&#171; Avec ces hommes qui parlent peu, n'expriment pas leur ressenti, l'&#233;criture est un outil d'expression qui fonctionne mieux que la parole, il y a un aspect ludique, cr&#233;atif, qui les renarcissise et ils y prennent beaucoup de plaisir. &lt;/i&gt; &#187; Les &#233;ducateurs rencontrent aussi les r&#233;sidents lors d'entretiens plus formels et obligatoires. &#192; leur arriv&#233;e, certains r&#233;sidents sont couverts de dettes, n'ont plus de papiers, plus de liens familiaux, et leur &#233;ducateur r&#233;f&#233;rent engage avec eux des d&#233;marches de reprise de droits : RSA, CMU, aide juridictionnelle, dossier de faillite personnelle, d&#233;marches pour revoir leurs enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but est de construire avec eux un projet de vie r&#233;alisable et qui leur corresponde.&lt;i&gt; &#171; Notre action est tr&#232;s large et vari&#233;e en fonction des situations, certains veulent &#224; tout prix un logement mais ne sont pas capables de se lever le matin ni de payer la contribution pour leur h&#233;bergement, donc on les met face &#224; la r&#233;alit&#233;, au chemin qu'ils ont &#224; faire &#187;&lt;/i&gt;, explique Marion. &lt;i&gt;&#171; Le CHRS est pour cela un bon outil, on voit les gars de 9 heures &#224; 20h 30, en collectivit&#233;, en situation de travail, sur une longue p&#233;riode, &#231;a permet un vrai travail &#233;ducatif de proximit&#233;,&lt;/i&gt; ajoute le directeur, &lt;i&gt;mais sans le support des ateliers d'insertion et la stabilit&#233; qu'ils apportent, &#231;a serait intenable. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Conseil de vie sociale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; 13 heures, les r&#233;sidents et l'&#233;quipe se r&#233;unissent pour le conseil de vie sociale qui a lieu une fois par mois. Deux d&#233;l&#233;gu&#233;s rapportent les dol&#233;ances exprim&#233;es par les r&#233;sidents lors d'une pr&#233;-r&#233;union. &#192; l'ordre du jour : tapage nocturne, toilettes souill&#233;es, frigo du bar vandalis&#233;. Le directeur demande &#224; ceux qui le souhaitent de r&#233;agir, certains disent leur d&#233;go&#251;t face &#224; ces comportements. S'ensuit une discussion sur le respect des lieux, des autres r&#233;sidents, des efforts faits pour proposer ce bar sans alcool &#224; prix co&#251;tant, sur la r&#233;putation d'Ozanam dans le village voisin, sur le fait que ce CHRS est bien mieux g&#233;r&#233; que beaucoup d'autres, etc. Il est finalement d&#233;cid&#233; que les r&#233;sidents nettoieront quotidiennement et &#224; tour de r&#244;le les toilettes pour responsabiliser tout le monde et des volontaires se proposent pour ramasser les canettes jet&#233;es le long du chemin qui m&#232;ne au village.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'issue du conseil de vie sociale, le directeur et une &#233;ducatrice re&#231;oivent deux r&#233;sidents qui veulent r&#233;v&#233;ler des faits graves intervenus dans l'&#233;tablissement mais n'ont pas souhait&#233; en parler devant les autres. Il s'agit d'un deal de Subutex contre du cannabis. Celui qui fait circuler le Subutex n'en est pas &#224; sa premi&#232;re infraction et a agress&#233; au couteau il y a quelques jours un autre r&#233;sident &#224; qui il devait de l'argent, incident grave qui avait &#233;chapp&#233; &#224; l'&#233;ducateur de service. Suite &#224; ces r&#233;v&#233;lations, l'&#233;quipe se r&#233;unit et d&#233;cide d'exclure d&#233;finitivement l'auteur des infractions et de rencontrer l'autre, la cible du deal, qui n'a pas quitt&#233; sa chambre depuis une semaine, sous l'effet du Subutex.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Gestion des conflits&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La violence est assez rare, il y a un incident environ deux fois par an, ce qui est tr&#232;s peu au vu du profil des r&#233;sidents &#187;&lt;/i&gt;, observe le directeur. Quand quelqu'un enfreint le r&#232;glement, consomme de l'alcool ou a un comportement d&#233;rangeant la collectivit&#233;, il est d'abord exclu quelques jours avec pour mission de r&#233;fl&#233;chir. Si l'infraction est grave &#8211; violence sur d'autres r&#233;sidents &#8211; cela peut aller jusqu'&#224; l'exclusion d&#233;finitive. &lt;i&gt;&#171; C'est difficile de trouver des sanctions intelligentes, qui aient un sens, et on y travaille &#187;&lt;/i&gt;, confie le directeur. &lt;i&gt;&#171; Certains ont besoin d'attaquer le cadre et font tout pour se faire prendre,&lt;/i&gt; ajoute Marion.&lt;i&gt; L'important est de r&#233;pondre tr&#232;s rapidement en cas de conflits ou transgression des r&#232;gles, pour ne pas laisser s'installer une situation, c'est s&#233;curisant pour les gars. &#187;&lt;/i&gt; Bernard, h&#233;berg&#233; ici depuis deux ans, le confirme : &lt;i&gt;&#171; Le directeur est tr&#232;s efficace, si on a un probl&#232;me avec un autre r&#233;sident on lui en parle et il r&#232;gle le probl&#232;me, il y a parfois quelques tensions mais beaucoup moins que dans d'autres foyers, je me sens en s&#233;curit&#233; ici. &#187;&lt;/i&gt; Bernard a &#233;t&#233; orient&#233; vers Ozanam par l'assistante sociale de l'h&#244;pital &#224; la suite d'une tentative de suicide, il avait une exp&#233;rience de pizza&#239;olo et voulait travailler en cuisine.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Parcours d'insertion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La dur&#233;e moyenne d'un s&#233;jour est de dix-huit mois. Certains restent trois ou quatre ans, d'autres partent au bout de quelques semaines car ils ne supportent pas les contraintes du travail, de la vie en collectivit&#233;, cette confrontation au r&#233;el leur est trop douloureuse. &lt;i&gt;&#171; Ce n'est pas forc&#233;ment un &#233;chec, la porte reste ouverte et les gars peuvent revenir plus tard pour un deuxi&#232;me ou troisi&#232;me s&#233;jour qui souvent se passe beaucoup mieux. &#187;&lt;/i&gt; Ce jour-l&#224;, le directeur a justement un entretien d'admission avec un &#171; ancien &#187; qui s'&#233;tait fait renvoyer il y a quatre ans suite &#224; des violences sur d'autres r&#233;sidents : &lt;i&gt;&#171; Je vais voir si la personne a &#233;volu&#233; dans sa t&#234;te, quel a &#233;t&#233; son parcours, quelles sont ses motivations pour revenir, et il est tout &#224; fait possible que je la reprenne. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi des r&#233;sidents plac&#233;s ici par le juge pour un am&#233;nagement de leur peine de prison, trois places leur sont r&#233;serv&#233;es : &lt;i&gt;&#171; Ils travaillent avec les autres mais n'ont pas le droit de sortir librement, en g&#233;n&#233;ral &#231;a se passe bien, ils jouent le jeu, et parfois demandent &#224; rester ici en fin de peine, c'est une bonne pr&#233;paration &#224; la sortie. &#187;&lt;/i&gt; Environ un tiers des r&#233;sidents sort avec un projet construit. Le charg&#233; d'insertion les aide &#224; trouver un contrat aid&#233;. D'autres int&#232;grent un ESAT. Quand un r&#233;sident trouve un emploi &#224; l'ext&#233;rieur, il peut conserver son h&#233;bergement au CHRS quelque temps s'il ne se sent pas pr&#234;t &#224; partir dans un logement autonome. &lt;i&gt;&#171; Ici on est tr&#232;s bien entour&#233;, on m'a aid&#233; &#224; r&#233;soudre mes probl&#232;mes financiers et &#224; trouver une place de commis de cuisine, quand j'ai eu mon infarctus tout le monde s'est bien occup&#233; de moi, maintenant je me sens pr&#234;t &#224; prendre un appartement tout seul, mais j'attendrai de trouver un emploi en CDI &#187;&lt;/i&gt;, confie Bernard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le directeur de conclure : &lt;i&gt;&#171; Pour s'en sortir vraiment, en finir avec l'alcool, cela prend beaucoup de temps, et la rechute est toujours possible, mais ils ont avanc&#233; et transform&#233; une image d'eux-m&#234;mes, notamment par le travail. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Les CHRS entre le marteau et l'enclume</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Les-CHRS-entre-le-marteau-et-l-enclume</link>
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		<dc:date>2010-04-22T14:18:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>CHRS</dc:subject>
		<dc:subject>970</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pris en &#233;tau entre une demande en hausse, une crise du logement, des exigences de r&#233;sultats et un nombre de places insuffisant, les centres d'h&#233;bergement et de r&#233;insertion social organisent la gestion de la p&#233;nurie en s&#233;lectionnant leurs publics. Cette s&#233;lection laisse bien souvent les plus en difficult&#233; ou les moins ins&#233;rables tourner dans le dispositif d'urgence et met &#224; mal le principe d'inconditionnalit&#233; de l'accueil auquel ils sont tenus. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les centres d'h&#233;bergement et de r&#233;insertion sociale (CHRS) (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pris en &#233;tau entre une demande en hausse, une crise du logement, des exigences de r&#233;sultats et un nombre de places insuffisant, les centres d'h&#233;bergement et de r&#233;insertion social organisent la gestion de la p&#233;nurie en s&#233;lectionnant leurs publics. Cette s&#233;lection laisse bien souvent les plus en difficult&#233; ou les moins ins&#233;rables tourner dans le dispositif d'urgence et met &#224; mal le principe d'inconditionnalit&#233; de l'accueil auquel ils sont tenus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les centres d'h&#233;bergement et de r&#233;insertion sociale (CHRS) accueillent &#171; les personnes et les familles qui connaissent de graves difficult&#233;s, notamment &#233;conomiques, familiales, de logement, de sant&#233; ou d'insertion, en vue de les aider &#224; acc&#233;der ou &#224; recouvrer leur autonomie personnelle et sociale &#187;. Le code de l'action sociale et des familles est clair : l'accueil est inconditionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;alit&#233;, les 30 124 places d'h&#233;bergement d'insertion sont le maillon d'un dispositif qui peine &#224; diriger les personnes vers le logement. De fortes disparit&#233;s existent d'un d&#233;partement &#224; l'autre et certains CHRS gardent leur objectif premier : accueillir les personnes qui sont les plus en difficult&#233; (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Les-ressorts-d-un-CHRS-qui-fonctionne' class='spip_in'&gt;lire le reportage&lt;/a&gt;). Un constat est toutefois reconnu de tous : dans les r&#233;gions &#171; tendues &#187;, comme, entre autres, l'Ile-de-France et Provence Alpes C&#244;te d'Azur, le dispositif est satur&#233;, parfois au bord de l'implosion. Dans ce contexte, l'inconditionnalit&#233; de l'accueil reste un principe bien loin de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Gestion de la p&#233;nurie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les CHRS sont pleins du d&#233;but &#224; la fin de l'ann&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, souligne Nicole Maestracci, pr&#233;sidente de la Fnars, f&#233;d&#233;ration nationale des associations d'accueil et de r&#233;insertion sociale. En face, la demande explose. R&#233;sultat : il faut faire le tri. Les CHRS s&#233;lectionnent leur public, se sp&#233;cialisent sur des probl&#233;matiques particuli&#232;res comme, par exemple, les femmes victimes de violences. Le ph&#233;nom&#232;ne n'est pas nouveau mais il s'est accentu&#233; au fil des ann&#233;es. &lt;i&gt;&#171; Les &#233;quipes consid&#232;rent que pour faire un travail d'accompagnement s&#233;rieux et dans la dur&#233;e, elles ne peuvent pas accueillir tout le monde sans distinction &#187;&lt;/i&gt;, explique Nicole Maestracci. Mais la s&#233;lection se fait par le haut, au profit des personnes les plus &#224; m&#234;me d'acc&#233;der rapidement au logement autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnes trop &#233;loign&#233;es de l'insertion, celles qui ont des probl&#233;matiques trop lourdes, type addiction ou probl&#232;mes psychiatriques, celles encore qui cumulent diverses difficult&#233;s sont, bien souvent, &#233;cart&#233;es. L&#224; encore, les situations divergent d'un CHRS &#224; l'autre mais, dans les r&#233;gions les plus tendues, cette s&#233;lection est, de plus, accentu&#233;e par les directives des pouvoirs publics. Les CHRS sont soumis &#224; des exigences de r&#233;sultats. Au bout de dix-huit mois maximum, les personnes doivent avoir trouv&#233; une solution : dans l'id&#233;al, un logement autonome. La pression est forte : dans les indicateurs de r&#233;sultats, la sortie vers le logement est comptabilis&#233;e. Cette n&#233;cessit&#233; de r&#233;sultat pousse les CHRS &#224; admettre les personnes qui seront les plus &#171; ins&#233;rables &#187; dans des d&#233;lais relativement courts.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;O&#249; est la sortie ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ce tri, les chiffres de sorties vers le logement autonome restent peu convaincants. 29 % seulement des sorties de CHRS ont eu lieu vers le logement ordinaire, soulignait une enqu&#234;te conduite par la &lt;a href=&#034;http://www.sante-sports.gouv.fr/les-etablissements-accueillant-des-adultes-et-des-familles-en-difficulte-sociale-premiers-resultats-de-l-enquete-es-2004.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Drees en 2004&lt;/a&gt;. Ces donn&#233;es &#233;taient recoup&#233;es avec celles du syst&#232;me Cohphra (connaissance de l'offre d'h&#233;bergement et de la population h&#233;berg&#233;e en Rh&#244;ne-Alpes) dans un rapport de l'IGAS en f&#233;vrier 2009 qui montrait que le premier motif de sortie est l'h&#233;bergement chez des tiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, selon une enqu&#234;te de la DDASS du Val-de-Marne, 30 % des m&#233;nages h&#233;berg&#233;s en CHRS sur le d&#233;partement r&#233;unissaient les conditions d'autonomie et de ressources pour acc&#233;der &#224; un logement autonome. Ces constats sont d&#233;sormais connus de tous. Nicole Maestracci reconna&#238;t que la situation n'est &#171; pas satisfaisante &#187; et propose d'effacer les distinctions entre urgence, stabilisation et insertion. &lt;i&gt;&#171; Les personnes doivent &#234;tre accueillies de mani&#232;re inconditionnelle et b&#233;n&#233;ficier d'une prise en charge dans la dur&#233;e jusqu'au logement autonome &#187;&lt;/i&gt;, affirme-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, &#224; ses yeux, impossible de demander &#224; chaque structure qu'elle r&#233;alise un accueil inconditionnel. &lt;i&gt;&#171; C'est totalement irr&#233;aliste et cela entra&#238;nerait des concentrations de populations trop difficiles dans certains secteurs. &#187;&lt;/i&gt; Il faut une responsabilit&#233; partag&#233;e sur un territoire donn&#233;. La refondation du syst&#232;me d'h&#233;bergement, lanc&#233;e par Benoist Apparu, secr&#233;taire d'&#201;tat au logement, le 10 novembre dernier, propose, notamment, de mettre en place des services int&#233;gr&#233;s de l'accueil, de l'&#233;valuation et de l'orientation (SIAO) charg&#233; de recueillir, en un guichet unique, les demandes d'h&#233;bergement sur le d&#233;partement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Fnars s'oppose &#224; une &lt;i&gt;&#171; m&#233;thode de cr&#233;ation des SIAO qui se ferait sans concertation pr&#233;alable avec l'ensemble des acteurs intervenant sur un m&#234;me territoire &#187;&lt;/i&gt;. La gestion du SIAO par une seule association aurait pour effet imm&#233;diat une exacerbation de la concurrence entre les structures au d&#233;triment du public accueilli.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pot commun&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La maison de la veille sociale (MVS) dans le d&#233;partement du Rh&#244;ne affirme relever ce d&#233;fi de la responsabilit&#233; partag&#233;e. Elle souhaite coordonner les structures d'h&#233;bergement de l'urgence au logement en passant par les CHRS dans un dispositif unique, g&#233;r&#233; en commun par toutes les associations. Une personne en demande d'h&#233;bergement s'inscrit &#224; la MVS, des travailleurs sociaux le re&#231;oivent et r&#233;alisent avec lui un diagnostic social. De leur c&#244;t&#233;, les structures s'engagent &#224; signaler toutes places libres. Marine Fouri&#233;, responsable de l'association les Enfants de Don Quichotte &#224; Lyon, reconna&#238;t une simplification du dispositif.&lt;i&gt; &#171; Auparavant, chaque CHRS se chargeait de l'admission des personnes, ils &#171; choisissaient &#187; ensuite parmi les candidatures. De leurs c&#244;t&#233;s, les familles devaient faire le tour de tous les CHRS de la ville. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, elles s'inscrivent une seule fois, les CHRS ne peuvent plus choisir, la place libre est attribu&#233;e selon l'ordre chronologique d'inscription. Maryse Bastin Joubard, directrice d'un CHRS lyonnais destin&#233; aux 18-25 ans, se rappelle que l'&#233;quipe demandait au jeune &lt;i&gt;&#171; de rappeler tous les mercredis pour savoir si une place &#233;tait libre. S'il le faisait, on se disait : tiens, il est pers&#233;v&#233;rant, on va lui donner la place qui vient de se lib&#233;rer. &#187;&lt;/i&gt; Le CHRS ne respectait pas l'ordre chronologique des demandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, les CHRS ont d&#251; revoir leur projet d'&#233;tablissement, &#233;largir leur accueil &#224; des publics qu'ils ne recevaient pas auparavant. Maryse Bastin Joubard a vu arriver dans sa structure &lt;i&gt;&#171; des jeunes plus &#226;g&#233;s avec des probl&#233;matiques plus lourdes que ceux de 18-21 ans sortant de l'ASE que nous recevions avant &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En contrepartie, la MVS a rendu visible les r&#233;alit&#233;s du dispositif, notamment des d&#233;lais d'attente &#8211; six mois avant d'esp&#233;rer une r&#233;ponse &#8211; et le nombre des demandes &#8211; 2 400 m&#233;nages inscrits depuis l'ouverture il y a un an, pour 900 m&#233;nages orient&#233;s vers un h&#233;bergement. Auparavant invisibles parce qu'&#233;clat&#233;s entre chaque CHRS, ces donn&#233;es &#171; peuvent avoir un effet d&#233;courageant &#187;, avance Maryse Bastin Joubard. Si la MVS fait bouger les structures, r&#233;v&#232;le une situation catastrophique, assure-t-elle pour autant l'inconditionnalit&#233; de l'accueil ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Bord de la route&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, l'&#233;quipe n'est plus en mesure de &#171; choisir &#187; ses publics m&#234;me si des conditions d'&#226;ge, de composition familiale, et surtout de situation administrative sont toujours pos&#233;es (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Il-nous-arrive-d-inventer-des-problemes' class='spip_in'&gt;lire le t&#233;moignage d'une AS&lt;/a&gt;). La MVS est encore loin du principe d'inconditionnalit&#233; d'accueil puisqu'elle indique clairement ne pas accepter les personnes sans papiers. &lt;i&gt;&#171; Ces publics non r&#233;gularis&#233;s ne passent pas dans les CHRS car, comme leur nom l'indique, ils font de l'insertion &#187;&lt;/i&gt;, souligne Maryse Bastin Joubard, une des initiatrices de la MVS. Cette affirmation viole le principe d'inconditionnalit&#233; de l'accueil mais elle est reprise par la plupart des CHRS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument avanc&#233; est que l'insertion, le passage en logement social est impossible sans la r&#233;gularisation administrative. L'id&#233;e d'accompagner la personne vers cette r&#233;gularisation est rarement d&#233;fendue. L&#224; encore, la pression des pouvoirs publics, qui menacent de ne plus financer une place occup&#233;e par une personne sans papiers, encourage la s&#233;lection des CHRS. Certains CHRS gardent toutefois quelques places pour les personnes sans papiers. &lt;i&gt;&#171; Depuis la mise en place de la MVS, cela devient plus difficile &#187;, &lt;/i&gt; reconna&#238;t Marine Fouri&#233;. Si, gr&#226;ce &#224; la MVS, les CHRS ont ouvert leurs portes &#224; certains publics qu'ils ne recevaient pas avant, elles se sont compl&#232;tement referm&#233;es pour d'autres. L'inconditionnalit&#233; de l'accueil reste encore &#224; construire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Autisme et parentalit&#233;</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Autisme-et-parentalite</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Autisme</dc:subject>
		<dc:subject>970</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Longtemps diagnostiqu&#233; du c&#244;t&#233; de la psychose, l'autisme est aujourd'hui plut&#244;t classifi&#233; dans les troubles envahissants du d&#233;veloppement. A la diff&#233;rence d'autres affections se manifestant tr&#232;s t&#244;t, il faut attendre la fin de la premi&#232;re ann&#233;e, pour voir appara&#238;tre ces troubles neuro-d&#233;veloppementaux portant atteinte aux interactions sociales. Impuissance &#224; identifier ses propres &#233;motions et celles des autres, difficult&#233;s &#224; int&#233;grer et s&#233;rier tous les autres stimuli sensoriels (auditifs, visuels, contact (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L93xH150/arton3180-4da43.jpg?1694616284' width='93' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Longtemps diagnostiqu&#233; du c&#244;t&#233; de la psychose, l'autisme est aujourd'hui plut&#244;t classifi&#233; dans les troubles envahissants du d&#233;veloppement. A la diff&#233;rence d'autres affections se manifestant tr&#232;s t&#244;t, il faut attendre la fin de la premi&#232;re ann&#233;e, pour voir appara&#238;tre ces troubles neuro-d&#233;veloppementaux portant atteinte aux interactions sociales. Impuissance &#224; identifier ses propres &#233;motions et celles des autres, difficult&#233;s &#224; int&#233;grer et s&#233;rier tous les autres stimuli sensoriels (auditifs, visuels, contact physique&#8230;), incapacit&#233; &#224; interpr&#233;ter les postures d'autrui et &#224; s'y ajuster, propension &#224; une rigidit&#233; de pens&#233;e ou &#224; adopter une st&#233;r&#233;otypie gestuelle&#8230; ce sont autant de freins &#224; l'&#233;laboration des comp&#233;tences sociales, &#224; l'autonomie et au langage. Ce dont souffre le sujet, ce n'est pas tant d'un repli sur lui-m&#234;me, que d'une carence majeure &#224; &#233;tablir une communication avec le monde qui l'entoure. Cette &#233;volution notable dans la perception des m&#233;canismes de l'autisme s'est accompagn&#233;e de la modification de la compr&#233;hension de ses origines possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inaugur&#233;e par Leo Kanner (qui reviendra sur son accusation, par la suite), intensifi&#233;e par Bruno Bettelheim et Maud Mannoni, perp&#233;tu&#233;e par bon nombre de psychanalystes, la mise en accusation des parents et plus particuli&#232;rement des m&#232;res dans la relation avec l'enfant est en train de perdre de la vigueur, au profit de causes potentiellement organiques ou g&#233;n&#233;tiques. Pour autant, cette vision a largement impr&#233;gn&#233; les professionnels qui continuent &#224; rechercher au c&#339;ur d'une suppos&#233;e distorsion familiale l'origine du probl&#232;me. Soigner l'autisme passerait donc plus par une th&#233;rapie des parents, que par une &#233;ducation de l'enfant &#224; l'apprentissage des habilet&#233;s sociales qui lui font d&#233;faut. La France continue &#224; privil&#233;gier encore l'approche psychanalytique au d&#233;triment des approches TEACCH, RER-R, AAPEP&#8230; stigmatis&#233;es comme de vulgaires m&#233;thodes de dressement comportementalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que Christine Philip nous propose un &#233;tat des lieux vraiment passionnant et pertinent portant sur l'&#233;volution de la place des parents successivement consid&#233;r&#233;s comme pathologiques, puis comme ayant besoin d'&#234;tre accompagn&#233;s et &#233;cout&#233;s. L'auteure plaide avec talent pour ne pas les enfermer dans leur exp&#233;rience initiale traumatisante et pour, au contraire, utiliser les comp&#233;tences qu'ils ont acquises &#224; leur corps d&#233;fendant. L'exp&#233;rience et le savoir-faire qu'ils ont accumul&#233;s ne s'opposent pas &#224; ceux des professionnels. Les uns et les autres doivent se compl&#233;ter et non se concurrencer dans une authentique d&#233;marche de co-&#233;ducation. La pr&#233;sentation de la chronologie de la posture des professionnels ainsi que les vignettes propos&#233;es montrent qu'en la mati&#232;re il y a encore bien du chemin &#224; parcourir !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Dunod, 2009 (283 p. ; 27 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un trop-plein d'espace</title>
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		<dc:subject>Autisme</dc:subject>
		<dc:subject>970</dc:subject>

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&lt;p&gt;Ad&#233;lie est, &#224; n'en pas douter, une dr&#244;le d'enfant. Quand elle mange, il lui faut au pr&#233;alable organiser patiemment le chaos que sa m&#232;re a jet&#233; dans son assiette. Avec une dext&#233;rit&#233; incroyable, elle d&#233;coupe sa viande en un octogone parfait entour&#233; de trois cercles de l&#233;gumes. Elle ne supporte pas la t&#233;l&#233;vision o&#249; se bousculent les mots et o&#249; les images se d&#233;vorent entre elles. Mais, elle ne ratera pour rien au monde les rendez-vous de 6h 45, 12h 45 et 19h 45, heures o&#249; son p&#232;re pr&#233;sente un flash m&#233;t&#233;o. (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L98xH150/arton3179-8ee3c.jpg?1694616284' width='98' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ad&#233;lie est, &#224; n'en pas douter, une dr&#244;le d'enfant. Quand elle mange, il lui faut au pr&#233;alable organiser patiemment le chaos que sa m&#232;re a jet&#233; dans son assiette. Avec une dext&#233;rit&#233; incroyable, elle d&#233;coupe sa viande en un octogone parfait entour&#233; de trois cercles de l&#233;gumes. Elle ne supporte pas la t&#233;l&#233;vision o&#249; se bousculent les mots et o&#249; les images se d&#233;vorent entre elles. Mais, elle ne ratera pour rien au monde les rendez-vous de 6h 45, 12h 45 et 19h 45, heures o&#249; son p&#232;re pr&#233;sente un flash m&#233;t&#233;o. Curieux don de pr&#233;monition, elle devine, avant que la machine ne les crache, les chiffres du loto. Il a fallu du temps pour lui faire comprendre que le temps ne concernait pas seulement les climats, mais aussi les moments. Apr&#232;s avoir d&#233;mont&#233; une montre et l'avoir enti&#232;rement remont&#233;e, mais &#224; l'envers (les aiguilles tournant dans l'autre sens), elle n'a eu de cesse que de dessiner l'heure juste, chaque dessin des aiguilles devant repr&#233;senter le temps seconde apr&#232;s seconde. Elle l'avait calcul&#233; : il lui fallait 43 200 pages de 3 600 cahiers pour y arriver. Jour de profond d&#233;sespoir, il n'y avait pas 3 600 cahiers au rayon papeterie du magasin. Qu'&#224; cela ne tienne, elle a n&#233;anmoins commenc&#233; sa grande &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvelle contrari&#233;t&#233; : la page &#233;tait trop &#233;troite, les montres trop petites, le temps insaisissable&#8230; Elle resta longtemps prostr&#233;e, sans manger, n'allant m&#234;me plus aux toilettes. Ad&#233;lie est comme cela : confront&#233;e &#224; l'inconnu, sa terreur peut &#234;tre totale, l'exigence du refus vitale. Quand elle se perd, elle perd tout, on la d&#233;p&#232;ce vive. Face &#224; son angoisse, elle commence &#224; se balancer, un petit peu, puis tout enti&#232;re. Elle peut aussi se mettre &#224; chanter &#224; tue-t&#234;te les chansons d'Angus Young, vous savez le chanteur du groupe de hard rock AC/DC. Elle les conna&#238;t par c&#339;ur et r&#233;ussit &#224; les entonner dans l'ordre chronologique. Ou alors, elle hurle, en se roulant par terre. Dans ces moments-l&#224;, seul son fr&#232;re peut la toucher et la calmer en la ber&#231;ant, en lui caressant le dos ou le visage. Ad&#233;lie est prise dans l'&#234;tre. Elle n'a pas d'avoir. Ad&#233;lie est toujours dans l'entier. Elle ne conna&#238;t pas la c&#233;sure. Ad&#233;lie est une conscience sans identit&#233;. Elle est un je sans moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le roman d'Anne Vernet s'est lanc&#233; un d&#233;fi : d&#233;crire l'&#233;nigme de l'autisme. Sujet d&#233;licat qui n&#233;cessite &#224; la fois prudence et t&#233;m&#233;rit&#233;, discernement et audace. Le r&#233;sultat est plein d'une humanit&#233;, d'une sensibilit&#233; et d'une retenue qui forcent le respect. Si Ad&#233;lie est au c&#339;ur du r&#233;cit, on retrouve aussi celles et ceux qu'elle entra&#238;ne dans son sillage : sa famille proche ou &#233;largie et les professionnels qui l'assistent. Ces lignes nous plongent dans l'univers d'un enfant atteint par l'une des nombreuses formes de ce mal &#233;trange : &#224; lire et faire lire pour mieux tenter de comprendre l'insondable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Sulliver, 2010 (112 p. ; 11 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>CHRS : entre le marteau et l'enclume</title>
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		<title>Immigration : les pr&#233;jug&#233;s ont la peau dure</title>
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&lt;p&gt;Pratiques administratives contestables, recul du droit sur les libert&#233;s fondamentales ont marqu&#233; le dernier texte de loi sur l'immigration. En France, 40 % des victimes de discrimination sont d'origine immigr&#233;e&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a trois semaines, le conseil des ministres adoptait un &#233;ni&#232;me projet de loi sur l'immigration durcissant encore les conditions d'accueil des migrants. Les associations d&#233;non&#231;aient la marginalisation du r&#244;le du juge des libert&#233;s et de d&#233;tention (JLD), l'allongement de la dur&#233;e de r&#233;tention (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pratiques administratives contestables, recul du droit sur les libert&#233;s fondamentales ont marqu&#233; le dernier texte de loi sur l'immigration. En France, 40 % des victimes de discrimination sont d'origine immigr&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a trois semaines, le conseil des ministres adoptait un &#233;ni&#232;me projet de loi sur l'immigration durcissant encore les conditions d'accueil des migrants. Les associations d&#233;non&#231;aient la marginalisation du r&#244;le du juge des libert&#233;s et de d&#233;tention (JLD), l'allongement de la dur&#233;e de r&#233;tention de 32 &#224; 45 jours, la cr&#233;ation de nouvelles &#171; zones d'attente temporaires &#187; et l'introduction de l'interdiction de retour. Un titre de s&#233;jour europ&#233;en &#8211; une &#171; carte bleue &#187; &#8211; &#233;tait cr&#233;&#233; pour les ouvriers qualifi&#233;s, d'une dur&#233;e de trois ans renouvelable, et un titre de s&#233;jour serait d&#233;sormais accord&#233; aux jeunes majeurs confi&#233;s &#224; l'aide sociale &#224; l'enfance inscrits dans un parcours de formation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, une enqu&#234;te conjointe de l'Insee et de l'Institut national d'&#233;tudes d&#233;mographiques (Ined) portant sur 22 000 personnes prouvait une fois encore la pr&#233;pond&#233;rance de l'origine et de la couleur de la peau dans les motifs de discrimination. En France, 40 % des victimes de discriminations sont d'origine immigr&#233;e : les personnes natives des d&#233;partements d'outremer et leurs enfants, de m&#234;me que les minorit&#233;s originaires du Maghreb, sont par exemple quatre fois plus nombreuses &#224; se d&#233;clarer discrimin&#233;es que les personnes non immigr&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Trois &#224; cinq fois moins de chance d'&#234;tre convoqu&#233; &#224; un entretien&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au cours des cinq derni&#232;res ann&#233;es, pensez-vous avoir subi des traitements in&#233;galitaires ou des discriminations ? &#187; Les testings avaient montr&#233; depuis des ann&#233;es que les candidats d'origine marocaine ou africaine subsaharienne avaient, &#224; profil comparable, entre trois en cinq fois moins de chance d'&#234;tre convoqu&#233;s &#224; un entretien d'embauche que les candidats d'origine europ&#233;enne. Comment s'&#233;tonner alors qu'ils connaissent un risque de ch&#244;mage jusqu'&#224; 50 % plus &#233;lev&#233; que dans le reste de la population ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'&#233;tude, cette fois-ci, approfondit encore le foss&#233; existant : le pic des fr&#233;quences du sentiment de discrimination est atteint par les jeunes adultes entre 25 et 34 ans, dont l'acuit&#233; est proportionnelle au niveau du dipl&#244;me. Les observateurs ont d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; ce triste &#171; plafond de verre &#187; face auquel les titres, m&#234;me prestigieux, ne suffisent pas &#224; r&#233;duire l'expression des pr&#233;jug&#233;s. Peu de recours, note encore l'&#233;crit, sont engag&#233;s : seuls 13 % de ceux qui se sont estim&#233;s discrimin&#233;s ont entrepris une d&#233;marche aupr&#232;s d'un commissariat, d'une association, d'un syndicat ou de la Haute autorit&#233; de lutte contre les discriminations et pour l'&#233;galit&#233; (Halde).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre document publi&#233; en mars, l'Insee a pr&#233;cis&#233; quelques donn&#233;es : pour 2008, l'institut recense 3,1 millions de personnes de 18 &#224; 50 ans, dont la moiti&#233; ont deux parents immigr&#233;s, 20 % le sont par leur m&#232;re et 30 % par leur p&#232;re (un tiers d'entre eux sont franciliens). Entre 18 &#224; 30 ans, ces enfants d'immigr&#233;s ont une fois sur deux une ascendance africaine. Dans cette m&#234;me enqu&#234;te, 80 % des personnes interrog&#233;es se d&#233;clarent Fran&#231;ais de naissance. Et pour 90 % des descendants directs d'immigr&#233;s, la langue fran&#231;aise a &#233;t&#233; transmise dans leur enfance par au moins un de leurs parents&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='&#202;tre n&#233; en France d'un parent immigr&#233;, Insee Premi&#232;re n&#176; 1287 (mars (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre travail de l'Insee, publi&#233; d&#233;but avril, indique un autre &#233;cart, celui d'un niveau de vie inf&#233;rieur de&#8230; 33 % pour les m&#233;nages immigr&#233;s. Le taux de pauvret&#233; des m&#233;nages immigr&#233;s, lui, est de 36 %, soit 25 points de plus que dans la population des autres m&#233;nages, sachant que la part des prestations sociales dans leurs revenus est plus importante. Et ces chiffres ne sont qu'une moyenne : l'&#233;cart monte &#224; 43 % pour les personnes originaires du Maghreb&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#202;tre n&#233; en France d'un parent immigr&#233;, &lt;a href=&#034;http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=0&amp;ref_id=ip1287&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Insee Premi&#232;re n&#176; 1287&lt;/a&gt; (mars 2010)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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