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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Les droits de l'enfant rencontrent de la r&#233;sistance</title>
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		<dc:subject>Droits de l'enfant</dc:subject>
		<dc:subject>554</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Si la Convention internationale est bafou&#233;e dans beaucoup trop d'endroits du monde, elle est dans notre pays, plut&#244;t bien respect&#233;e. Mais de nombreux obstacles doivent encore &#234;tre franchis pour arriver &#224; un r&#233;sultat satisfaisant. C'est &#224; cet objectif que s'emploie Claire Brisset, la d&#233;fenseure des enfants, que nous avons rencontr&#233;e &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment appr&#233;hender la notion de droits de l'enfant sans y associer automatiquement la connotation n&#233;gative des ph&#233;nom&#232;nes de maltraitance ? La notion de droits de l'enfant (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-554-" rel="tag"&gt;554&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si la Convention internationale est bafou&#233;e dans beaucoup trop d'endroits du monde, elle est dans notre pays, plut&#244;t bien respect&#233;e. Mais de nombreux obstacles doivent encore &#234;tre franchis pour arriver &#224; un r&#233;sultat satisfaisant. C'est &#224; cet objectif que s'emploie Claire Brisset, la d&#233;fenseure des enfants, que nous avons rencontr&#233;e&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment appr&#233;hender la notion de droits de l'enfant sans y associer automatiquement la connotation n&#233;gative des ph&#233;nom&#232;nes de maltraitance ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion de droits de l'enfant ne doit pas effectivement se r&#233;duire &#224; la prise en charge des enfants maltrait&#233;s. Elle est bien entendu, infiniment plus large. Il ne s'agit pas de percevoir la d&#233;fense des droits de l'enfant comme se bornant &#224; lutter contre l'inceste, les viols et les diverses formes de maltraitance. La notion de droits de l'enfant est aussi une notion positive, ce qui veut dire qu'ils ne doivent pas &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme seulement &#171; en creux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas dire que les droits de l'enfant fassent l'objet, en France, de violations grossi&#232;res. Dans mes fonctions ant&#233;rieures, j'ai d&#251; voyager dans des pays o&#249; r&#233;gnaient une extr&#234;me pauvret&#233;, des guerres et o&#249; les droits des enfants &#233;taient et sont encore massivement viol&#233;s. Ce n'est pas le cas chez nous, ni dans les textes, ni dans les faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en demeure pas moins que tout est loin d'&#234;tre parfait. Le rapport Fabius-Bret, en 1998, parlait d'ailleurs d'un &#171; &#233;difice inachev&#233; &#187; et &#233;mettait un certain nombre de propositions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux d'entre elles sont peut-&#234;tre sur le point d'aboutir :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; l'in&#233;galit&#233; successorale des enfants adult&#233;rins, puisque ces derniers n'ont actuellement qu'une demi-part d'h&#233;ritage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; l'acc&#232;s aux origines : comment faire &#233;voluer la loi sur l'accouchement sous X, de sorte que les enfants, devenus majeurs, puissent acc&#233;der &#224; leurs origines s'ils le souhaitent. Je sais que le gouvernement travaille sur ces deux th&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'y ajouterai aussi le sujet de l'acc&#232;s au dossier, par les parents, lorsqu'une mesure d'assistance &#233;ducative est d&#233;cid&#233;e, en cas de placement notamment. Pour l'instant, ces parents ignorent le contenu du dossier qui les concerne ; et, &#224; mon avis, ce n'est pas acceptable. Actuellement, une commission pr&#233;sid&#233;e par Jean-Pierre Deschamps, pr&#233;sident du tribunal pour enfants de Marseille, travaille sur le sujet et devrait rendre prochainement ses conclusions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y a-t-il cependant ad&#233;quation entre les textes, m&#234;me revus et corrig&#233;s, et leurs applications ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a effectivement beaucoup de points d'achoppements. En France, comme ailleurs, la notion de droits de l'enfant est relativement nouvelle, m&#234;me si beaucoup d'&#233;l&#233;ments de ces droits existent dans de nombreux textes, dans le Code civil, le code p&#233;nal etc. Mais ils y sont &#171; &#233;clat&#233;s &#187;, ils n'y sont pas per&#231;us comme un ensemble, et c'est sans doute in&#233;vitable. Mais nous ressentons le besoin d'une pr&#233;sentation d'ensemble des droits de l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant plus que la Convention internationale n'a que dix ans et que, par d&#233;finition, ces droits sont subversifs. Or, dans un vieux pays patriarcal comme le n&#244;tre (lire page 8), de droit romain, lorsque l'on aborde la question des droits de l'enfant, beaucoup de gens r&#233;torquent que les enfants ont aussi des devoirs. Or, il est n&#233;cessaire de pr&#233;ciser &#224; ceux que cela inqui&#232;te, que les devoirs sont consubstantiels aux droits ; c'est-&#224;-dire que l'on dit &#224; l'enfant : &#171; Tu as des droits, mais &#224; l'int&#233;rieur de ceux-ci ; il y a des devoirs&#8230; &#187; Il faut donc aujourd'hui cesser d'opposer ces deux notions. En fait, le devoir des adultes est aussi de fixer &#224; l'enfant des limites et le droit de l'enfant est d'avoir aussi en face de lui ces m&#234;mes adultes qui soient pr&#234;ts &#224; lui fixer des limites. C'est aussi faire violence &#224; un enfant que de ne lui d&#233;finir aucune limite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les droits et devoirs sont donc compl&#232;tement imbriqu&#233;s et, &#224; partir du moment o&#249; on aura lev&#233; ces inqui&#233;tudes, la notion de droits effectifs de l'enfant fera des progr&#232;s dans notre pays et ailleurs. Que les enfants soient &#233;cout&#233;s et que leur int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur soit au c&#339;ur des d&#233;cisions. Ce qui, bien s&#251;r, n'autorise pas &#224; leur accorder tous les droits car ce serait, l&#224; aussi, leur faire violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les travailleurs sociaux sont-ils assez form&#233;s dans cette mati&#232;re ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces professionnels ont re&#231;u ce qu'il est n&#233;cessaire de savoir en termes de formation sur les droits dans leur acception litt&#233;rale (droit social, droit p&#233;nal, droit civil&#8230;) mais cela signifie-t-il qu'ils ont acquis comme formation un enseignement intitul&#233; &#171; Droits de l'enfant &#187;, qui rassemblerait tous ces droits dans un m&#234;me ensemble ? Il me semble que non. Or, pour les travailleurs sociaux, les enseignants, les infirmi&#232;res etc. il serait urgent qu'au sein de leur cursus d'&#233;tudes soit int&#233;gr&#233; ce type de module, car il est indispensable qu'existe une approche individualis&#233;e des droits de l'enfant. Pour le moment ces droits sont, je l'ai dit, &#233;parpill&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences de ces manques provoquent des lacunes parfois dommageables aux enfants. Par exemple, les magistrats qui s'occupent d'enfants ne leur signalent pas toujours qu'ils peuvent avoir un avocat, et m&#234;me cette pratique est trop in&#233;gale, suivant les barreaux, les cours de justice, voire les d&#233;partements. Or, l'avocat pour enfants devrait &#234;tre une mesure syst&#233;matique, alors m&#234;me que la loi ne fait qu'ouvrir cette possibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui me pose question, en outre, depuis que j'ai &#233;t&#233; nomm&#233;e &#224; ce poste, est qu'un certain nombre de placements sont effectu&#233;s de mani&#232;re tr&#232;s rapide. Les juges ont trop peu de temps pour prendre leurs d&#233;cisions, les travailleurs sociaux sont surcharg&#233;s. Or, certains placements sont &#171; lourds &#187; pour l'avenir, notamment lorsqu'il s'agit des nouveaux-n&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les grands &#171; chantiers &#187; que vous comptez entreprendre concernant les droits de l'enfant et la mise en &#339;uvre de la Convention ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adolescence me para&#238;t &#234;tre une tranche de vie pleine de doutes et de questionnements qui n'est pas suffisamment reconnue par notre soci&#233;t&#233; comme requ&#233;rant une attention particuli&#232;re. Il faudrait multiplier, en France, ses structures pluridisciplinaires o&#249; les adolescents pourraient trouver des r&#233;ponses aux questions qu'ils se posent sur la vie. Cela n&#233;cessite qu'on trouve dans ces structures des ressources de psychiatrie, de m&#233;decine, de dermatologie, de gyn&#233;cologie et des conseils juridiques et psychologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, il existe une maison de l'adolescent au Havre et &#224; l'h&#244;pital de Bic&#234;tre, pr&#232;s de Paris, il y a aussi une structure d'accueil pour adolescents, mais il devrait y en avoir partout ; que ce soit dans les h&#244;pitaux urbains ou dans les quartiers p&#233;riph&#233;riques des grandes villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second axe de travail se fonde sur la situation catastrophique de la psychiatrie de l'enfant en France. Ainsi, il y a quantit&#233; d'enfants pour lesquels on sait qu'une psychoth&#233;rapie serait n&#233;cessaire, et rien n'est possible avant une p&#233;riode qui peut atteindre six mois, alors que l'enfant est en demande imm&#233;diate. Dans un pays o&#249; il y a presque 18 millions de mineurs, il y a une quantit&#233; insuffisante de professionnels capables de mener des psychoth&#233;rapies. Ainsi, quand il est av&#233;r&#233; qu'un enfant a &#233;t&#233; abus&#233; sexuellement, il faut imm&#233;diatement &#234;tre en mesure de le prendre en charge et pas seulement sur le plan strictement m&#233;dical mais aussi d'un point de vue psychologique ou psychiatrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aurez-vous les moyens de vos ambitions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi me donne comme mission de proposer des modifications r&#233;glementaires ou l&#233;gislatives lors de constats de dysfonctionnements. Ainsi, si le gouvernement et le Parlement ont cr&#233;&#233; cette institution, c'est avant tout pour r&#233;pondre &#224; une demande qui s'est exprim&#233;e. Je n'ai donc aucune raison de penser que mes propositions seront ignor&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, nous avons en France un minist&#232;re d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; la Famille et &#224; l'Enfance dont je sais qu'il se pr&#233;occupe de ces questions sous l'angle politique, ce qui n'est pas mon cas puisque je tente aussi de r&#233;gler des situations individuelles rest&#233;es sans solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe actuellement une tr&#232;s grande volont&#233; politique que cette institution existe car la soci&#233;t&#233; dans son ensemble l'a voulue. Elle sera par cons&#233;quent en &#233;tat d'entendre ce que je dirai.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Application des droits de l'enfant : o&#249; en est-on en France ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Application-des-droits-de-l-enfant-ou-en-est-on-en-France</link>
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		<dc:subject>Droits de l'enfant</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le sort r&#233;serv&#233; aux enfants de notre pays est des plus enviables en comparaison de ce qui se passe dans beaucoup d'autres r&#233;gions de la plan&#232;te. Pour autant, toute une s&#233;rie de dysfonctionnements m&#233;rite d'&#234;tre &#233;voqu&#233;e comme autant de sujets d'am&#233;lioration et de perfectionnement d'une soci&#233;t&#233; qui se doit, en am&#233;nageant le mieux possible la place de ses enfants, de pr&#233;parer d'autant plus efficacement l'av&#232;nement des futures g&#233;n&#233;rations adultes qui feront le monde de demain. En 1979, D&#233;fense des enfants (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-554-" rel="tag"&gt;554&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le sort r&#233;serv&#233; aux enfants de notre pays est des plus enviables en comparaison de ce qui se passe dans beaucoup d'autres r&#233;gions de la plan&#232;te. Pour autant, toute une s&#233;rie de dysfonctionnements m&#233;rite d'&#234;tre &#233;voqu&#233;e comme autant de sujets d'am&#233;lioration et de perfectionnement d'une soci&#233;t&#233; qui se doit, en am&#233;nageant le mieux possible la place de ses enfants, de pr&#233;parer d'autant plus efficacement l'av&#232;nement des futures g&#233;n&#233;rations adultes qui feront le monde de demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1979, D&#233;fense des enfants internationale (DEI) &#233;tait cr&#233;&#233;e pour contribuer &#224; l'&#233;criture de la Convention internationale des droits de l'enfant (CIDE). Il fallut attendre le 20 novembre 1998 pour qu'apr&#232;s cinquante autres d&#233;l&#233;gations qui l'avaient pr&#233;c&#233;d&#233;e, la France se dote d'une &lt;a href=&#034;http://www.dei-france.org/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;section de cette association&lt;/a&gt;. En novembre 1999, D&#233;fense des enfants internationale-France faisait para&#238;tre un premier rapport portant sur l'application de la convention dans notre pays. Le 15 novembre dernier &#233;tait publi&#233;e la version 2000 de ce rapport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ratification, en 1990, par le Parlement fran&#231;ais, de la CIDE aurait d&#251; d&#233;boucher sur une mise en conformit&#233; g&#233;n&#233;rale du droit positif de notre pays quant au statut des mineurs. La Cour de Cassation en a d&#233;cid&#233; autrement, puisque la plus haute juridiction de notre syst&#232;me judiciaire a estim&#233; que ce trait&#233; international n'engageait que l'&#201;tat et ne pouvait &#234;tre directement invoqu&#233; par le citoyen mineur ou son repr&#233;sentant. L'avis du Conseil d'&#201;tat (instance &#233;quivalente de l'ordre administratif) a, quant &#224; lui, estim&#233; au contraire que chacune des dispositions de la CIDE devait &#234;tre &#233;tudi&#233;e au cas par cas, avant de d&#233;cider s'il &#233;tait possible ou non de s'en pr&#233;valoir. Nombreux sont les juges qui ont adopt&#233; une position de r&#233;sistance &#224; l'esprit de la convention, en s'appuyant sur cette opposition st&#233;rilisante entre ces deux instances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CIDE fait obligation &#224; toute institution qui est amen&#233;e &#224; intervenir dans la vie de l'enfant de l'entendre pour toute question le concernant. Le fonctionnement de notre justice s'y oppose : ainsi, le mineur n'a jamais la possibilit&#233; de saisir le juge des affaires familiales pour une affaire qui l'int&#233;resse au plus haut point (comme par exemple son lieu de r&#233;sidence). N'&#233;tant pas partie au proc&#232;s, il ne peut formuler une demande ni exercer les voies de recours. La mise en conformit&#233; impliquerait de rendre obligatoire l'audition de l'enfant, dou&#233; de discernement, qui en fait la demande (seul le juge peut aujourd'hui le d&#233;cider). On pourrait aussi concevoir qu'il puisse saisir directement un m&#233;diateur familial, s'il l'estimait utile pour l'aider &#224; r&#233;gler ses probl&#232;mes face &#224; ses parents. L'enfant n'est pas non plus consult&#233; quand on veut lui faire changer de nom (sauf &#224; partir de 13 ans).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La parole de l'enfant est tout aussi n&#233;glig&#233;e dans les instances repr&#233;sentatives des institutions tant de l'&#201;ducation nationale que du secteur m&#233;dico-social. Sa place est pourtant pr&#233;vue par la loi, que ce soit au sein des conseils d'administrations des coll&#232;ges ou des lyc&#233;es ou bien des conseils d'&#233;tablissements. Mais, il s'agit bien plus, dans la plupart des cas, d'alibis, que d'une r&#233;elle int&#233;gration aux instances de consultation, dans la mesure o&#249; aucune pr&#233;paration ou formation n'est assur&#233;e pr&#233;alablement. L'accueil et l'&#233;ducation des enfants sont particuli&#232;rement bien pris en compte en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, on peut &#233;voquer concernant les 2,1 millions d'enfants de moins de 3 ans, les 300 000 places d'accueil qui manquent cruellement (en cr&#232;che ou halte-garderies) et que ne viendront pas combler les 40 000 places r&#233;cemment promises par le gouvernement. On peut aussi rappeler les 30 000 enfants porteurs d'un handicap qui ne sont ni scolaris&#233;s ni accueillis dans un dispositif de soutien. Sans oublier le renvoi abusif vers le Centre national d'enseignement &#224; distance fait par les &#233;tablissements refusant d'admettre en leur sein les jeunes les plus difficiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il subsiste bien d'autres domaines o&#249; des progr&#232;s peuvent &#234;tre r&#233;alis&#233;s tels le logement insalubre qui frappe des dizaines de milliers de familles (et donc d'enfants), mais aussi les expulsions (alors m&#234;me que les logements vacants sont en augmentation constante : plus de 15 % &#224; Paris et 50 % dans l'Essonne). C'est aussi le cas pour les conditions d'incarc&#233;ration dans les prisons, d&#233;j&#224; catastrophiques pour les adultes, mais gu&#232;re plus acceptables, dans beaucoup de cas, pour les mineurs et jeunes majeurs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La tyrannie du p&#232;re aurait-elle fait place &#224; la tyrannie de l'enfant-roi ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le vote, en 1989, par l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations Unies de la Convention internationale des droits de l'enfant (CIDE) et sa ratification par le parlement fran&#231;ais, en 1990, furent l'occasion d'un d&#233;bat au sein du monde adulte. &#192; un bout, on trouvait les pourfendeurs de l'oppression exerc&#233;e par les plus &#226;g&#233;s sur les plus jeunes : on n'&#233;tait finalement pas loin d'un &#171; mouvement de lib&#233;ration de l'enfance &#187;. Pour eux, la CIDE n'&#233;tait pas assez &#233;mancipatrice. Et de l'autre, celles et ceux qui d&#233;noncent le risque d'effondrement de notre civilisation en raison de la d&#233;cr&#233;dibilisation de l'autorit&#233; adulte. La Convention constituait pour ces derniers une nouvelle concession dangereuse autant qu'irresponsable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre civilisation, qui s'honore de plonger ses racines dans la tradition gr&#233;co-romaine, tout commence avec le pouvoir absolu du Pater familias. En Gr&#232;ce, l'enfant n'a droit d'exister socialement que pour autant qu'il soit introduit par son p&#232;re. Celui-ci le soul&#232;ve au-dessus du foyer, l'admettant par ce geste symbolique dans la communaut&#233;. S'il n'est pas int&#233;gr&#233; ainsi &#224; la soci&#233;t&#233; des hommes, il peut &#234;tre abandonn&#233; sur le perron de la porte (un ramassage tr&#232;s bien organis&#233; permet alors de le recueillir pour en faire ult&#233;rieurement soit un (e) esclave soit un (e) prostitu&#233; (e). Mais, on peut aussi aller le jeter hors de la ville dans une fosse sp&#233;cialement am&#233;nag&#233;e &#224; cet effet. Tout au long de sa vie, le p&#232;re continue &#224; avoir droit de vie ou de mort sur sa prog&#233;niture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce pouvoir exorbitant et disproportionn&#233; ne dispara&#238;tra qu'au cours du IVe si&#232;cle, remplac&#233; par la &#171; simple &#187; possibilit&#233; laiss&#233;e au p&#232;re de faire incarc&#233;rer son enfant. Et ce, sans autre justification que sa propre volont&#233;. Un d&#233;cret royal, en date du 9 mars 1673 rendra toutefois obligatoire l'obtention pr&#233;alable d'une lettre de cachet du roi. La r&#233;volution de 1789 limite notablement ce droit de correction paternelle. Mais celui-ci sera r&#233;tabli par le Code civil de 1804 : tout p&#232;re insatisfait du comportement de sa fille ou de son fils peut pr&#233;senter une requ&#234;te aupr&#232;s du tribunal de grande instance afin de le faire enfermer pour une p&#233;riode d'un mois. Cette possibilit&#233; restera en vigueur jusqu'en&#8230; 1935 date &#224; laquelle un d&#233;cret-loi la remplace par l'opportunit&#233; de demander un internement en maison de correction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'ordonnance du 23 d&#233;cembre 1958 qui viendra porter le coup de gr&#226;ce au droit de correction paternelle en lui substituant une intervention de la soci&#233;t&#233; qui autorise qu'une mesure d'assistance &#233;ducative ext&#233;rieure &#224; la famille soit prise au cas o&#249; l'&#233;ducation, la moralit&#233; ou la sant&#233; du mineur seraient menac&#233;s (article 375 du code civil modifi&#233; &#224; cette occasion). Face &#224; la puissance paternelle qui vit son &#171; chant du cygne &#187;, s'affirme parall&#232;lement toute une l&#233;gislation qui tend &#224; organiser la protection de l'enfance suppl&#233;ance de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la loi de 1889 qui inaugure cette nouvelle &#232;re. Il a fallu dix ans d'h&#233;sitations aux d&#233;put&#233;s pour autoriser la d&#233;ch&#233;ance de cette puissance dans le cas o&#249; son exercice appara&#238;trait comme compromettant gravement l'avenir de l'enfant. S'ensuivront de nombreux autres textes de loi qui viendront, ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e, confirmer la place pr&#233;pond&#233;rante de la soci&#233;t&#233; dans le sort r&#233;serv&#233; aux mineurs en danger. On attribue au mouvement f&#233;ministe, la responsabilit&#233; d'avoir d&#233;finitivement &#233;branl&#233; la statue du commandeur : en remettant en cause le pouvoir absolu du mari sur sa femme (la transformation de la puissance paternelle en autorit&#233; parentale ne date que de 1970), il a largement contribu&#233; &#224; contester la domination du p&#232;re sur ses enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, ce qui avait constitu&#233; pendant des mill&#233;naires la tyrannie de l'homme sur la femme et sur les enfants s'est d&#233;lit&#233; dans les trente derni&#232;res ann&#233;es de ce si&#232;cle et s'est transform&#233; en une relation qui tend &#224; devenir plus incertaine o&#249; les uns et les autres semblent condamn&#233;s &#224; &#233;tablir des liens qui ne se reconnaissent plus dans la domination et la soumission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'aucuns expliquent les d&#233;rives qui accompagnent les mutations sociales auxquelles on assiste aujourd'hui (mont&#233;e de la violence et de la d&#233;linquance juv&#233;nile) par la disparition du p&#232;re, l'effritement de son autorit&#233;, sa pr&#233;sence de plus en plus &#233;vanescente au sein de la famille (multiplication des familles monoparentales). On s'interroge m&#234;me sur les cons&#233;quences suppos&#233;es en mati&#232;re d'inceste : l'effondrement de la place du p&#232;re renforcerait sa place d'amant&#8230; de ses propres enfants. Cerise sur le g&#226;teau, la plainte r&#233;currente dans le monde des adultes qui consiste &#224; pr&#233;tendre que les enfants auraient tous les droits et qu'on n'&#233;voquerait plus vraiment &#224; leur &#233;gard leurs devoirs. Cette crainte peut appara&#238;tre excessive. Pour autant, ces peurs sont bien pr&#233;sentes. On pourrait essayer de les r&#233;sumer par la question suivante : la tyrannie du p&#232;re n'aurait-elle pas fait place &#224; la tyrannie de l'enfant-roi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Convention internationale des droits de l'enfant constitue, on le devine, une &#233;tape marquante dans la prise de conscience de la place nouvelle qu'occupe l'enfance dans l'existence humaine. Encore faut-il qu'elle ne reste pas lettre morte et passe dans les pratiques. M&#234;me s'il y a encore beaucoup de r&#233;ticence dans le monde adulte, des initiatives se multiplient, d&#233;montrant que progressivement, les mentalit&#233;s &#233;voluent (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Les-droits-de-l-enfant-rencontrent-de-la-resistance' class='spip_in'&gt;lire l'interview de Claire Brisset, la D&#233;fenseure des enfants&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les droits de l'enfant : encore des obstacles &#224; franchir !</title>
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