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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>L'&#233;ducateur peut-il invoquer la l&#233;gitime violence ?</title>
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&lt;p&gt;Parce que toute institution est violente par nature, il faut se faire... violence pour ne jamais &#234;tre violent. C'est &#224; peu pr&#232;s ce que soutient Stanislas Tomkiewicz. N&#233;anmoins, il faut admettre &#8212; nuance, en quelque sorte, le c&#233;l&#232;bre avocat de la cause des enfants &#8212; que dans certains cas ce n'est pas &#233;vident voire pas... recommand&#233;. Alors, quoi faire ? Explications &lt;br class='autobr' /&gt;
Selon la convention internationale des droits de l'enfant, dont la France est signataire, il est interdit &#224; un &#233;ducateur de donner une gifle (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Parce que toute institution est violente par nature, il faut se faire... violence pour ne jamais &#234;tre violent. C'est &#224; peu pr&#232;s ce que soutient Stanislas Tomkiewicz. N&#233;anmoins, il faut admettre &#8212; nuance, en quelque sorte, le c&#233;l&#232;bre avocat de la cause des enfants &#8212; que dans certains cas ce n'est pas &#233;vident voire pas... recommand&#233;. Alors, quoi faire ? Explications&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Selon la convention internationale des droits de l'enfant, dont la France est signataire, il est interdit &#224; un &#233;ducateur de donner une gifle &#224; un jeune dont il a la charge. Il s'agit l&#224; d'un acte de violence aggrav&#233;e et qui en France est, comme tel, passible de la correctionnelle. Dans la r&#233;alit&#233;, tous les &#233;ducateurs qui donnent une gifle ou un coup de pied au cul ne sont pas poursuivis devant les tribunaux. De fait, il existe un &#233;cart entre l'usage et le droit. D'abord parce que la loi fran&#231;aise n'est pas aussi stricte que la convention internationale. Ensuite, parce que dans cet espace d'incertitude ouvert par la loi, l'opinion publique entretient l'id&#233;e qu'il existe certaines formes de &#171; violences faites pour le bien de l'enfant &#187;. Ces deux raisons peuvent suffire &#224; provoquer des d&#233;rives dans l'attitude &#233;ducative et le fonctionnement institutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je pense que toute institution s&#233;cr&#232;te la violence. Il faut qu'on se le dise, il faut que l'on comprenne que c'est quasi naturel. Ce qui n'est pas naturel, c'est une institution non-violente et nous devons exercer une vigilance minutieuse pour &#233;viter la violence dans les institutions &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Stanislas Tomkiewicz, Violences en institutions : les causes, &#233;d. CREAI (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le professeur Stanislas Tomkiewicz a fait de sa vie un combat contre la violence institutionnelle et les &#233;ducateurs doivent certainement &#224; son ent&#234;tement la reconnaissance des m&#233;canismes institutionnels, conscients ou inconscients, qui peuvent induire des ph&#233;nom&#232;nes de violence &#224; l'&#233;gard des personnes prises en charge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, il reconna&#238;t tr&#232;s explicitement que lorsqu'il s'agit de parler des violences institutionnelles, la fronti&#232;re entre la violence licite et celle illicite est extr&#234;mement t&#233;nue. Confront&#233; &#224; la relativit&#233; de la notion de violence, il affirme que &#171; la d&#233;finition de ce qui est violent et de ce qui n'est pas violent, varie dans le temps et dans l'espace &#187;. Dans le temps d'abord, o&#249; le recours aux ch&#226;timents corporels ou &#224; l'enfermement dans le cadre de l'&#233;ducation de l'enfant n'a pas cess&#233; d'&#233;voluer pour, et c'est heureux dit Tomkiewicz, aller vers un niveau toujours moindre de violences physiques. Il suffit de relire l'&#233;ducation de Victor, l'enfant sauvage de l'Aveyron, par le bon docteur Itard pour red&#233;couvrir comment le recourt &#224; la violence est, d'un point de vue scientifique, l&#233;gitim&#233;e par les p&#233;dagogues des Lumi&#232;res : &#171; &#8230; J'ouvre avec violence la crois&#233;e de sa chambre, situ&#233;e au quatri&#232;me &#233;tage et donnant perpendiculairement sur de gros quartiers de pierre ; je m'approche de lui, avec toutes les apparences de la fureur, et le saisissant fortement par les hanches, je l'expose sur la fen&#234;tre, la t&#234;te tourn&#233;e vers le fond du pr&#233;cipice&#8230; Cet &#233;trange moyen fut suivi d'un succ&#232;s, sinon complet, au moins suffisant &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='J.M. Gaspard Itard, M&#233;moire sur les premiers d&#233;veloppements de Victor de (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus proche de nous, Tomkiewicz cite cette anecdote o&#249; dans un &#233;tablissement d'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e, le m&#234;me acte &#233;tait une &#171; violence licite &#187; avant mai 68 et une &#171; violence illicite &#187; apr&#232;s. La direction expliquant le plus s&#233;rieusement du monde, que l'institution avait accompli sa propre &#171; r&#233;volution culturelle &#187;. Mais la fa&#231;on de consid&#233;rer la violence &#233;ducative n'est pas seulement une affaire de temps. Elle est aussi une affaire d'espace. Aujourd'hui, tous les pays europ&#233;ens, pourtant proches par leur niveau de d&#233;veloppement, n'ont pas le m&#234;me point de vue sur la violence. La France fait partie des trois ou quatre pays au monde o&#249; la violence institutionnelle est la plus rare, loin devant l'Angleterre et les Etats-Unis o&#249; le recours au ch&#226;timent corporel &#224; des fins &#233;ducatives est encore inscrit dans les m&#339;urs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cela, la France est plus &#171; laxiste &#187; que la Su&#232;de ou la Hollande en mati&#232;re de violence. Dans ces pays, une gifle donn&#233;e &#224; un gamin est un acte illicite, qui encourt la r&#233;probation publique d&#232;s l'instant o&#249; l'enfant se plaint &#224; un &#171; m&#233;diateur &#187;. Ainsi, les pays nordiques suivent &#224; la lettre la convention internationale des droits de l'enfant de 1989 qu'ils ont ratifi&#233;e, tout comme la France d'ailleurs. L'article 19 de la dite convention stipule que &#171; l'enfant doit &#234;tre prot&#233;g&#233; contre toute forme de violence, d'atteinte ou de brutalit&#233; physique ou mentale, n&#233;gligence, mauvais traitements, exploitation ou violence sexuelle &#187;. Cette position est reprise en France par les articles 312 et 331 du code p&#233;nal, qui interdisent toute violence physique en institution et aggravent les faits de maltraitance lorsqu'ils sont commis par une personne ayant autorit&#233; sur l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce stade, les choses sont tout &#224; fait claires. Mais, et le &#171; mais &#187; est de taille, les ambigu&#239;t&#233;s surgissent d&#232;s lors qu'il s'agit de d&#233;finir de fa&#231;on l&#233;gale ce qui est consid&#233;r&#233; comme une violence physique faite &#224; autrui, et surtout &#224; partir de quel seuil elle doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme pr&#233;judiciable &#224; la personne. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, le code p&#233;nal est tr&#232;s clair : l'acte de violence est caract&#233;ris&#233; lorsqu'il entra&#238;ne une incapacit&#233; de travail temporaire (ITT) au moins &#233;gale &#224; huit jours. Or, les faits ont montr&#233; que tout acte de violence, et en l'occurrence une gifle, m&#234;me donn&#233;e violemment, n'entra&#238;ne pas forc&#233;ment ce niveau d'incapacit&#233;. D&#232;s lors, l'article R 40 r&#233;glemente les violences l&#233;g&#232;res, n'entra&#238;nant pas une ITT de huit jours, quand elles sont commises dans le domaine public ; a contrario, dans l'&#233;ducation la violence n'existe pas formellement en dessous du seuil d'incapacit&#233; pr&#233;vue par la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui d'ailleurs fait dire &#224; Marcel Klanjberg, &#224; l'&#233;poque premier juge aupr&#232;s du tribunal pour enfants de Grenoble, que l'on &#171; est l&#224; dans une situation tout &#224; fait surprenante, paradoxale. Un quidam, qui dans la rue va donner une gifle &#224; un individu&#8230; sera passible de poursuite devant le tribunal de police, et il pourra effectivement faire l'objet d'une condamnation, m&#234;me si l'incapacit&#233; est inf&#233;rieure &#224; huit jours. En revanche, dans la sph&#232;re intrafamiliale et dans les institutions, il y a une sorte de tol&#233;rance jurisprudentielle&#8230; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Marcel Klajnberg, Le droit de l'enfant plac&#233;, &#233;d. CREAI Rh&#244;ne-Alpes, (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La loi ouvre donc l'espace d'une appr&#233;ciation subjective du degr&#233; de violence inflig&#233;e, et c'est dans cet espace ouvert que peuvent s'inscrire ces formes de violences d&#233;clar&#233;es comme &#171; &#233;tant faites pour le bien de l'enfant &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au regard de quoi, une remarque du Professeur Tomkiewicz prend soudain de l'importance : &#171; J'ai compris en &#233;tudiant ces dossiers que, m&#234;me dans certaines situations extr&#234;mes la violence peut &#234;tre faite pour le bien de l'usager&#8230; et j'ai pu renoncer &#224; mon envie de mettre syst&#233;matiquement en prison tous les auteurs de violence &#187;. Ici commence donc un autre d&#233;bat ! Car, si la loi condamne moins le recours &#224; la violence que la fa&#231;on dont elle est donn&#233;e et si l'opinion publique, soutenue par un savant tel que Stanislas Tomkiewicz, admet qu'une certaine violence physique peut &#234;tre exerc&#233;e pour le bien de l'enfant, les &#233;ducateurs ne risquent-ils pas de mettre doigt dans un engrenage aussi pervers que dangereux ? En clair, qui dans l'institution va devenir le garant de ce qui est une violence physique licite ou de ce qui ne l'est pas ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Stanislas Tomkiewicz, Violences en institutions : les causes, &#233;d. CREAI Rh&#244;ne-Alpes, 1992&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J.M. Gaspard Itard, M&#233;moire sur les premiers d&#233;veloppements de Victor de l'Aveyron, dans Les enfants sauvages, &#233;d. Bourgeois, coll. 10-18&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marcel Klajnberg, Le droit de l'enfant plac&#233;, &#233;d. CREAI Rh&#244;ne-Alpes, 1992&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>La punition corporelle est-elle maltraitante ou p&#233;dagogique ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/La-punition-corporelle-est-elle-maltraitante-ou-pedagogique</link>
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		<dc:subject>Punition</dc:subject>
		<dc:subject>493</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Aveu d'impuissance ou faiblesse &#233;ducative pour certains, philosophie ang&#233;liste ou attitude masochiste pour d'autres, la violence-z&#233;ro n'a pas aujourd'hui beaucoup plus d'adeptes que la violence totale. C'est encore la c&#233;l&#232;bre litote : &#171; Une claque ou une fess&#233;e n'a jamais fait de mal &#224; personne &#187; qui satisfait le plus grand nombre de parents. Elle sert d'argument tant aux tortionnaires nostalgiques qu'aux &#233;ducateurs les plus modernes. Qu'est-ce qui s&#233;pare les seconds des premiers ? Tout ! Oui, mais encore ? (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aveu d'impuissance ou faiblesse &#233;ducative pour certains, philosophie ang&#233;liste ou attitude masochiste pour d'autres, la violence-z&#233;ro n'a pas aujourd'hui beaucoup plus d'adeptes que la violence totale. C'est encore la c&#233;l&#232;bre litote : &#171; Une claque ou une fess&#233;e n'a jamais fait de mal &#224; personne &#187; qui satisfait le plus grand nombre de parents. Elle sert d'argument tant aux tortionnaires nostalgiques qu'aux &#233;ducateurs les plus modernes. Qu'est-ce qui s&#233;pare les seconds des premiers ? Tout ! Oui, mais encore ? Explications&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Rappelons-nous d'un pass&#233; pas si ancien : un jeune fuguait, &#233;tait rattrap&#233;. Le retour &#233;tait l'occasion d'un comit&#233; d'accueil des plus muscl&#233; : passage &#224; tabac, cr&#226;ne ras&#233; et enfermement au cachot. C'&#233;tait le r&#233;gime impos&#233; par un certain nombre d'internats. Aujourd'hui, et l'actualit&#233; r&#233;cente le d&#233;montre, ce n'est plus tol&#233;r&#233; (et puis les jeunes se rasent le cr&#226;ne sans avoir besoin de fuguer au pr&#233;alable !). Pour autant, la culture de la claque p&#233;dagogique n'a pas perdu tous ses partisans, m&#234;me si ceux-ci, un brin nostalgiques, n'exercent leur pr&#233;rogative que sous forme de d&#233;rapage ponctuel, parfois sanctionn&#233;s &#224; juste raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A d&#233;charge, remarquons au pr&#233;alable, que dans le secteur de l'enfance d&#233;linquante ou souffrant de troubles du comportement et du caract&#232;re, la pression est souvent forte. La violence, l'agressivit&#233;, les insultes sont fr&#233;quemment le quotidien de beaucoup de professionnels, qui subissent de plein fouet les confrontations avec les jeunes (&lt;a href='https://www.lien-social.com/L-educateur-peut-il-invoquer-la-legitime-violence' class='spip_in'&gt;lire article&lt;/a&gt;). On demande aux adultes un contr&#244;le sur eux-m&#234;mes qui peut se traduire par un &#233;puisement nerveux ou une d&#233;rive ponctuelle (cela peut arriver &#224; tout le monde de &#171; craquer &#187;). Cette question doit pouvoir n&#233;anmoins &#234;tre abord&#233;e en toute transparence, avec rigueur et sans chercher &#224; d&#233;fendre un quelconque corporatisme. L'honneur d'une profession consiste &#224; balayer devant sa porte et &#224; savoir revendiquer ses forces, mais aussi reconna&#238;tre certaines de ses faiblesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une enqu&#234;te, r&#233;alis&#233;e en 1985&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Cf article fort int&#233;ressant de Jean Legal &#171; Ch&#226;timents corporels ou (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; aupr&#232;s des parents, permettait de d&#233;gager une majorit&#233; de 59 % utilisant la force comme pratique &#233;ducative (m&#234;me si 72 % d'entre eux consid&#233;raient qu'elle devait &#234;tre exceptionnelle) : 25 % &#233;taient adeptes de la gifle, 34 % de la fess&#233;e, 29,5 % reconnaissaient secouer l'enfant et 11,3 % pratiquaient d'autres moyens physiques. Ces attitudes n'ont rien d'universelles. La d&#233;finition de ce qui est violent et de ce qui ne l'est pas, varie avec le temps et l'espace. Si on se limite &#224; notre vieille Europe, on trouve tous les extr&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi en France, une circulaire du minist&#232;re de l'Instruction a interdit les ch&#226;timents corporels &#224; l'&#233;cole et ce d&#232;s 1887. Pour autant, la Cour de Cassation avait, d&#232;s f&#233;vrier 1889, reconnu aux ma&#238;tres et &#233;ducateurs un droit de correction au m&#234;me titre que celui attribu&#233; aux parents. Gifles et soufflets furent alors tol&#233;r&#233;s dans la mesure o&#249; il n'y avait pas exc&#232;s et que la sant&#233; de l'enfant n'&#233;tait pas compromise. Cet avis a &#233;t&#233; confirm&#233; r&#233;cemment. Un groupe de parents a port&#233; plainte contre un instituteur qui tirait les cheveux et les oreilles de ses &#233;l&#232;ves et leur donnait des claques. La Cour d'Appel de Caen a fini par leur donner tort en affirmant que les pratiques de l'enseignant relevaient d'une p&#233;dagogie normale, puisque les jeunes victimes ne souffraient pas d'une incapacit&#233; de travail de plus de 8 jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil de l'Europe a propos&#233; une recommandation qui &#171; estime que les ch&#226;timents sont un mal qu'il faut au moins d&#233;courager dans une premi&#232;re phase pour finir par interdire. En effet, c'est la conception m&#234;me qui rend l&#233;gitime le ch&#226;timent corporel d'un enfant qui, d'une part, ouvre la voie &#224; tous les exc&#232;s et d'autre part, rend acceptables par des tiers les marques et les sympt&#244;mes de ces ch&#226;timents &#187; Et de proposer aux Etats membres &#171; de revoir leur l&#233;gislation concernant le pouvoir de correction &#224; l'&#233;gard des enfants dans le but de limiter, voire d'interdire les ch&#226;timents corporels, m&#234;me si la violation de cette interdiction n'entra&#238;ne pas n&#233;cessairement une sanction p&#233;nale &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Violences au sein de la famille, recommandations n&#176; R (85) 4 adopt&#233;e par le (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite de cette orientation, le Royaume-Uni a d&#251; proscrire les ch&#226;timents corporels, pierre angulaire traditionnelle de ses &#233;tablissements scolaires depuis des si&#232;cles. Mais, les meilleurs &#233;l&#232;ves en la mati&#232;re sont sans conteste, les pays nordiques. Les royaumes de Su&#232;de, de Norv&#232;ge et du Danemark, ont proclam&#233; un texte de loi qui interdit la claque. Que le parent se rassure : la baffe qu'il donne &#224; son ch&#233;rubin ne risque pas de le mener en prison. Son interdiction marque seulement la r&#233;probation g&#233;n&#233;rale qui entoure l'utilisation de la violence dans la pratique &#233;ducative. Dialogue et n&#233;gociation sont de mises. La sanction n'est pas exclue, mais elle ne peut prendre la forme du moindre coup. &#171; Frapper un enfant revient &#224; lui enseigner un mode de comportement violent qu'il reproduira &#224; l'&#233;cole &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; Le Point &#187; n&#176; 1304' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; explique un p&#232;re de famille, par ailleurs directeur de la maternelle de Stockholm.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; vient cette sensibilit&#233; particuli&#232;re &#224; l'enfant ? &lt;br class='autobr' /&gt;
On &#233;voque la crise de la natalit&#233; des ann&#233;es 70-80 qui donne &#224; l'enfant un caract&#232;re pr&#233;cieux et irrempla&#231;able. On parle aussi de ces longs hivers contraignant les familles &#224; cohabiter en harmonie dans des espaces limit&#233;s&#8230; En tout cas, c'est l&#224; une tradition bien ancr&#233;e qui se manifeste aussi sous la forme de la r&#233;glementation de la vente des armes&#8230; en plastique ou de jouets pouvant &#233;voquer une guerre post&#233;rieure &#224; 1914.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un certain nombre de sophismes servent &#224; donner bonne conscience et &#224; justifier l'utilisation de la violence en &#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On commencera par dire : &#171; Une claque ou une fess&#233;e n'a jamais fait de mal &#224; personne &#187;. L'atteinte peut &#234;tre autant psychologique que physique. L'absence de traces ne suffit pas pour pr&#233;tendre &#224; l'absence d'effets n&#233;gatifs. Certaines sanctions pouvant &#234;tre traumatisantes. Ce dont il est question, c'est bien d'impulser un mod&#232;le de relation humaine. Comment est-il possible de d&#233;fendre aupr&#232;s de l'enfant d'autres modes de gestion des conflits si l'adulte n'est pas capable de donner l'exemple de ce qu'il pr&#244;ne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est plus fort que moi, je ne peux pas me retenir. &#187; L'&#233;ducation consiste justement &#224; apprendre &#224; l'enfant &#224; g&#233;rer et &#224; &#233;vacuer ses pulsions de violence et de haine, ses emportements et sa brutalit&#233;. Comment arriver &#224; cet objectif, quand l'adulte cens&#233; l'accompagner dans cet apprentissage n'y arrive pas lui-m&#234;me ? L'enfant qui pique une col&#232;re m&#233;riterait un ch&#226;timent alors que celui qui lui r&#233;pond par le m&#234;me mouvement impulsif serait dans son bon droit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai subi moi-m&#234;me de tels actes &#233;tant jeune, non seulement je n'en suis pas mort mais cela m'a aid&#233;. &#187; On retrouve l&#224; un m&#233;canisme qui commence &#224; &#234;tre bien connu et qu'on d&#233;signe sous le terme d'&#171; identification &#224; l'agresseur &#187;. Ne pouvant ni condamner, ni culpabiliser des &#234;tres proches et aim&#233;s qui sont souvent ses propres parents, on pr&#233;f&#232;re les d&#233;fendre en donnant raison &#224; leurs attitudes&#8230; et, ultime fa&#231;on de les l&#233;gitimer, en se comportant comme eux. Ainsi, de ce jeune adulte rencontr&#233; en prison qui r&#233;fl&#233;chissant &#224; son enfance et aux racl&#233;es administr&#233;es par son p&#232;re en concluait qu'il les avait bien m&#233;rit&#233;es. Ce qui lui fut renvoy&#233;, c'est que raisonner ainsi le pr&#233;parait alors potentiellement &#224; reproduire sur ses propres enfants ce que lui-m&#234;me avait v&#233;cu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; S'il a pris une claque, c'est qu'il le m&#233;ritait bien &#187; certains enfants savent parfaitement comment faire pour pousser les adultes qui les entourent &#224; bout. Ils les titillent, les provoquent. On a l'impression qu'ils ne sont satisfaits que lorsqu'ils &#171; s'en sont pris une &#187;. Et c'est vrai que parfois, l'int&#233;r&#234;t qui leur a &#233;t&#233; port&#233; n'est jamais pass&#233; que par la violence. D'o&#249; leur recherche quant &#224; la reproduction de ce qu'ils ont d&#233;j&#224; connu. Certaines familles d'accueil sont confront&#233;es &#224; ces r&#233;actions d'enfants maltrait&#233;s qui semblent tout mettre en &#339;uvre pour reproduire dans leur nouveau lieu de vie la situation violente qu'ils ont v&#233;cue. Il convient de savoir d&#233;coder ces situations de renouvellement de victimisation et de ne pas justement reproduire l'inacceptable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est de sa faute, si je l'ai frapp&#233;. &#187; Reporter sur l'autre la responsabilit&#233; de son propre acte est une d&#233;marche classique qui permet de se d&#233;culpabiliser. Quelles que soient les provocations de l'enfant, c'est celui qui a agi qui doit assumer et reconna&#238;tre sa faiblesse. Car l'utilisation de la force constitue toujours un aveu d'impuissance, et montre que l'on a &#233;chou&#233; dans d'autres moyens : ceux de la n&#233;gociation, de l'autorit&#233;, de la contrainte non-violente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A pr&#233;sent on ne peut plus rien leur dire aux gamins, ils peuvent faire ce qu'ils veulent. &#187; L'absence de violence ne signifie pas l'absence de sanctions. Punir un enfant appara&#238;t comme une obligation quand les r&#232;gles ne sont pas respect&#233;es ou qu'une transgression a &#233;t&#233; commise. Pour autant, l'utilisation de la violence n'est pas incontournable. Il existe une multitude de privations que l'on peut imposer &#224; l'enfant ou de g&#234;nes qu'on peut lui occasionner en r&#233;action &#224; un comportement que l'on souhaite r&#233;primer sans coups, ni brutalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce &#224; dire, que la claque ou la fess&#233;e devront relever dor&#233;navant de la correctionnelle ? Tout parent ou &#233;ducateur qu'il soit, l'adulte reste un &#234;tre humain, qui, &#224; tout moment, peut ne pas contr&#244;ler une pulsion. Ce n'est pas catastrophique d&#232;s lors qu'il sait reconna&#238;tre pour lui-m&#234;me &#8212; et pour l'enfant &#8212; ce d&#233;rapage pour ce qu'il est et qu'il arr&#234;te de se justifier en voulant se donner bonne conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut proposer un code de bonne conduite applicable tant aux enfants qu'aux adultes. La violence appara&#238;t l&#233;gitime &#224; trois conditions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; qu'elle intervienne dans une position d'autod&#233;fense&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; qu'elle soit proportionn&#233;e &#224; l'agression subie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; qu'elle respecte un &#233;quilibre de force chez les protagonistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'aune de ces crit&#232;res &#8212; pour autant qu'on les accepte &#8212; la violence de l'adulte &#224; l'encontre de l'enfant n'est &#224; aucun moment l&#233;gitime.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf article fort int&#233;ressant de Jean Legal &#171; Ch&#226;timents corporels ou intervention physique &#187; Journal du Droit des Jeunes n&#176; 185 mai 1999&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.coe.int/t/f/affaires_juridiques/coop%E9ration_juridique/lutte_contre_l%27exploitation_sexuelle_des_enfants/4_instruments_internationaux/f85r4.pdf&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Violences au sein de la famille, recommandations n&#176; R (85) 4&lt;/a&gt; adopt&#233;e par le Comit&#233; des Ministres du Conseil de l'Europe le 26 mars 1985&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le Point &#187; n&#176; 1304&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>La pi&#233;oculth&#233;rapie : la fin ou le retour ? </title>
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