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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>L'&#233;volution de la lutte contre l'alcoolisme</title>
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&lt;p&gt;L'approche propos&#233;e aujourd'hui n'est plus centr&#233;e sur le sympt&#244;me, mais sur ce qu'il permet de comprendre de la souffrance de la personne. Le travail d'une &#233;quipe de pr&#233;vention que nous avons rencontr&#233;e en donne un exemple &lt;br class='autobr' /&gt;
L'alcoolisme constitue dans notre pays un v&#233;ritable fl&#233;au qui a suscit&#233; tr&#232;s t&#244;t des d&#233;marches de pr&#233;vention. Mais, pendant longtemps, ces pratiques se sont appuy&#233;es sur un discours moralisateur et stigmatisant. C'&#233;tait bien le produit alcool qui &#233;tait d&#233;sign&#233; comme source du mal, la seule (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'approche propos&#233;e aujourd'hui n'est plus centr&#233;e sur le sympt&#244;me, mais sur ce qu'il permet de comprendre de la souffrance de la personne. Le travail d'une &#233;quipe de pr&#233;vention que nous avons rencontr&#233;e en donne un exemple&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'alcoolisme constitue dans notre pays un v&#233;ritable fl&#233;au qui a suscit&#233; tr&#232;s t&#244;t des d&#233;marches de pr&#233;vention. Mais, pendant longtemps, ces pratiques se sont appuy&#233;es sur un discours moralisateur et stigmatisant. C'&#233;tait bien le produit alcool qui &#233;tait d&#233;sign&#233; comme source du mal, la seule et unique voie de r&#233;demption &#233;tant l'abstinence. C'est encore, peu ou prou, le choix fait par les regroupements d'anciens buveurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est des associations se fixant pour objectif l'information et la formation autour de cette probl&#233;matique, on a assist&#233;, depuis les ann&#233;es 70, &#224; un large processus de professionnalisation. Aux b&#233;n&#233;voles et aux militants ont succ&#233;d&#233; des intervenants f&#233;rus de sciences humaines et pr&#233;sentant une exp&#233;rience dans la relation d'aide ou d'insertion. La d&#233;marche s'en est trouv&#233;e profond&#233;ment modifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'association nationale de pr&#233;vention de l'alcoolisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='L'association nationale de pr&#233;vention de l'alcoolisme (ANPA) se d&#233;cline en (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; illustre fort bien cette &#233;volution. Forte de pr&#232;s d'un millier de salari&#233;s pr&#233;sents au sein de comit&#233;s d&#233;partementaux sur la quasi totalit&#233; du territoire, ses modalit&#233;s d'intervention la font int&#233;grer pleinement les logiques du travail social. Les quatre animatrices de pr&#233;vention et le d&#233;l&#233;gu&#233; d&#233;partemental de Loire Atlantique, qui ont accept&#233; de nous recevoir pour nous parler de leur travail, nous en ont fait la d&#233;monstration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ANPA est une vieille maison qui a chang&#233; de nom au rythme des mutations qu'elle a connues. Sa fondation remonte &#224; 1872. Elle s'appelle alors l'Association fran&#231;aise contre l'abus des boissons alcoolis&#233;es (elle prendra plus tard l'appellation plus connue de &#171; ligue anti-alcoolique &#187;). L'&#233;poque de sa cr&#233;ation se situe aux lendemains de la Commune de Paris, en un temps o&#249; on &#233;tait convaincu que la consommation de boissons alcoolis&#233;es &#233;tait &#224; l'origine de l'insoumission et de la r&#233;volte ! On pensait alors que plus on la r&#233;duirait, plus on assurerait la paix sociale. Mais, attention : seuls les alcools forts &#233;taient vis&#233;s, car la qualit&#233; de l'eau &#233;tant difficilement garantie, un savant comme Pasteur recommandait la consommation de vin qu'il d&#233;signait comme &#171; la boisson la plus hygi&#233;nique &#187; (ce que certains alcooliers n'h&#233;sitent pas &#224; indiquer sur leurs &#233;tiquettes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'ANPA ne se focalise plus sur le produit alcool, mais le consid&#232;re avant tout comme un sympt&#244;me d'un mal-&#234;tre bien plus large : &#171; Notre d&#233;marche est globale et s'adresse aux diff&#233;rentes dimensions de la personne : sociale, m&#233;dicale, &#233;ducative, d'insertion, familiale. Nous nous retrouvons dans la m&#234;me logique que d'autres intervenants qui travaillent plus sur le tabac ou la toxicomanie &#187; nous affirme Pascal Guihal, d&#233;l&#233;gu&#233; au Comit&#233; d&#233;partemental de pr&#233;vention de l'alcoolisme (CDPA). Le d&#233;bat se joue beaucoup plus actuellement entre une approche qui favorise avant tout la prise en compte des comportements d'addiction et la crainte de voir le ph&#233;nom&#232;ne alcool dispara&#238;tre dans une acception trop vaste de la probl&#233;matique addictive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il mutualiser les d&#233;marches, quelles que soient les consommations (boissons ferment&#233;es, tabac, drogues illicites, m&#233;dicaments&#8230;) ou les comportements (boulimiques, anorexiques, mais aussi, pourquoi pas, les pratiques d&#233;pendantes &#224; l'&#233;gard des jeux &#233;lectroniques ou d'Internet) ? Ou bien, ne vaut-il pas mieux pr&#233;server la sp&#233;cificit&#233; de l'approche par rapport &#224; l'alcool qui constitue quand m&#234;me le produit qui fait le plus de ravages ? Tel est l'enjeu des &#233;volutions &#224; venir au sein de cette association. On mesure le chemin parcouru en pr&#232;s de 130 ans d'existence&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le travail de pr&#233;vention&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les demandes d'intervention qui sont faites au CDPA proviennent pour l'essentiel de trois secteurs : le monde du travail, le domaine de la jeunesse (&#233;tablissements scolaires, animation, conseils communaux de pr&#233;vention de la d&#233;linquance&#8230;) et les structures sp&#233;cialis&#233;es d'aide (insertion, DSU, centres de soins&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe de pr&#233;vention que nous avons rencontr&#233;e a eu quelques difficult&#233;s pour d&#233;finir le travail qu'elle accomplit, du fait m&#234;me de l'extr&#234;me diversit&#233; de son action. Elle n'a pas dans sa besace des projets tout ficel&#233;s qu'il lui suffirait de d&#233;baller, comme peut le faire un commercial, &#224; partir d'un catalogue. Sa d&#233;marche fondamentale consiste &#224; r&#233;pondre aux sollicitations qui lui sont faites, mais non pas dans une logique de sp&#233;cialistes qui sauraient tout et qui apporteraient la bonne parole, mais bien plus dans une dynamique de co-construction et d'&#233;laboration commune de ce qui peut se mettre en place. Il faut dans un premier temps cerner et situer la demande, mais aussi, si besoin est, la reformuler. Ce travail de r&#233;flexion peut tr&#232;s bien d&#233;boucher sur une d&#233;cision de non collaboration ou aboutir &#224; une r&#233;orientation de la d&#233;marche initiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, n'est-il pas question de jouer aux pompiers de service en intervenant, par exemple, en urgence et &#224; la demande d'une direction face &#224; un salari&#233; qui s'alcoolise sur son lieu de travail. Il est important alors de resituer le contexte, ce qui peut aussi amener &#224; interroger le stress du salari&#233; et les conditions d'exercice de son poste. Questionnement, qui, on s'en doute, ne pla&#238;t pas forc&#233;ment. Il n'est pas non plus question de s'inscrire dans une logique r&#233;pressive &#224; l'image de ce coll&#232;ge qui avait fait appel au CDPA pour qu'il s'associe &#224; la sanction collective (travail sur table) qui avait &#233;t&#233; donn&#233;e &#224; des coll&#233;giens coupables de s'&#234;tre alcoolis&#233; &#224; l'occasion d'une sortie scolaire. Cette demande d'intervention a pu &#234;tre retravaill&#233;e. Elle s'est transform&#233;e en un &#233;change avec le groupe de jeunes qui ont pr&#233;par&#233; une expo de dessins et de photos, pr&#233;sent&#233;e, ensuite, aux adultes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en va de m&#234;me pour les outils utilis&#233;s. Ce ne sont que des supports toujours adaptables et n&#233;gociables. Peuvent &#234;tre utilis&#233;s des groupes de parole, des mises en situation, des jeux de r&#244;le, mais, l'outil essentiel est, sans doute, celui de la communication. Le plus important, en effet, est parfois de lib&#233;rer la parole, d'aider les gens &#224; se parler entre eux, &#224; se faire confiance. L'information apport&#233;e et le savoir dispens&#233; restent des axes essentiels du travail de l'&#233;quipe. Mais pas dans une logique d'experts qui laisseraient tout le monde impuissant, une fois les sp&#233;cialistes partis. Quand l'animateur de pr&#233;vention met &#224; disposition ses comp&#233;tences, c'est avec pour perspective de mobiliser les protagonistes du milieu o&#249; il intervient, de permettre &#224; chacun (e) de prendre toute sa place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'important est bien qu'en amor&#231;ant la r&#233;flexion, on donne aux individus la possibilit&#233; de ne pas &#234;tre seulement consommateur de l'information propos&#233;e, mais d'agir en acteurs de la pr&#233;vention en se projetant dans le temps et, pourquoi pas, en mettant en place des groupes de pr&#233;vention autonome qui continuent la d&#233;marche initi&#233;e, avec le soutien du CDPA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No&#235;lla Bouquin, animatrice de pr&#233;vention depuis 22 ans, le reconna&#238;tra : quand elle a d&#233;but&#233;, elle a connu la p&#233;riode o&#249; dominait encore la chasse au produit. Aujourd'hui, on n'est plus dans la culpabilisation, mais dans la responsabilisation. On ne cherche plus &#224; changer l'individu, mais &#224; l'aider &#224; prendre conscience de ce que signifie pour lui la conduite &#224; risque qu'il a adopt&#233;e. Ce qui compte, c'est bien le travail sur le sens, sur la r&#233;flexion, et ce, &#224; partir des repr&#233;sentations et normes tant individuelles que collectives. L'acceptation des craintes et des tabous est tout aussi fondamentale. C'est m&#234;me le passage oblig&#233; pour r&#233;ussir &#224; les d&#233;passer. Tout comme la gestion des r&#233;sistances in&#233;vitables quand l'&#233;quilibre &#233;tabli menace d'&#234;tre perturb&#233; : le comportement alcoolique peut &#234;tre une forme de protection qui laisse d&#233;sarm&#233; et fragilis&#233; s'il est remis en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les comportements &#224; risque sont le r&#233;sultat d'une probl&#233;matique bien plus vaste qui d&#233;pend &#233;troitement de la situation psychosociale et biologique, individuelle et familiale, personnelle et professionnelle etc. qu'il faut avant tout essayer de d&#233;crypter. Et c'est, en la mati&#232;re, tout le travail d'une &#233;quipe de pr&#233;vention, de resituer cette globalit&#233; dans le respect de la personne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'association nationale de pr&#233;vention de l'alcoolisme (ANPA) se d&#233;cline en comit&#233;s r&#233;gionaux et comit&#233;s d&#233;partementaux (CDPA) dont on peut avoir les coordonn&#233;es respectives en contactant le si&#232;ge national : ANPA - 20 rue Saint Fiacre - 75002 Paris. T&#233;l. 01 42 33 51 04 ou sur leur &lt;a href=&#034;http://internet.anpaa.asso.fr&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;site&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Quelle intervention aupr&#232;s de la personne alcoolique ?</title>
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		<dc:subject>Alcoolisme</dc:subject>
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&lt;p&gt;Les gens qui boivent ont des comportements qui posent un d&#233;fi : il faut &#234;tre suffisamment comp&#233;tents pour arriver &#224; aider des individus qui sont souvent dans le d&#233;ni. Bien conna&#238;tre cette probl&#233;matique et &#234;tre form&#233;s &#224; cet accompagnement para&#238;t indispensable pour les professionnels &lt;br class='autobr' /&gt;
Absorber son premier verre d'alcool ne pr&#233;dispose pas &#224; d&#233;c&#233;der d'une cirrhose du foie. Outre la place centrale prise par cette substance dans notre culture (et notre religion : le rite chr&#233;tien n'a-t-il pas &#233;lev&#233; le vin au rang (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les gens qui boivent ont des comportements qui posent un d&#233;fi : il faut &#234;tre suffisamment comp&#233;tents pour arriver &#224; aider des individus qui sont souvent dans le d&#233;ni. Bien conna&#238;tre cette probl&#233;matique et &#234;tre form&#233;s &#224; cet accompagnement para&#238;t indispensable pour les professionnels&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Absorber son premier verre d'alcool ne pr&#233;dispose pas &#224; d&#233;c&#233;der d'une cirrhose du foie. Outre la place centrale prise par cette substance dans notre culture (et notre religion : le rite chr&#233;tien n'a-t-il pas &#233;lev&#233; le vin au rang de symbole du sang du Christ ?), il existe des consommations r&#233;cr&#233;atives tout &#224; fait agr&#233;ables et non dangereuses. Mais, en m&#234;me temps, cette pratique culturelle comporte aussi un v&#233;ritable fl&#233;au : la maladie alcoolique qui provoque chaque ann&#233;e une h&#233;catombe. Elle est tr&#232;s souvent pr&#233;sente dans les situations qu'ont en charge les travailleurs sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Alcoolisation et alcoolisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La cha&#238;ne de comportements qui am&#232;ne &#224; l'alcoolisme ne bascule pas imm&#233;diatement dans la d&#233;pendance. L'alcoolisation commence par un premier contact qui constitue une sorte d'exp&#233;rimentation. Cette premi&#232;re approche peut d&#233;boucher sur un usage r&#233;gulier mais contr&#244;l&#233;. Qui, &#224; son tour, peut devenir usage excessif (on &#233;voque &#224; ce propos le chiffre, par semaine, de 28 verres pour les hommes et de 14 pour les femmes, mais cela est tr&#232;s variable, selon la constitution de chacun, une barrique pouvant &#234;tre la limite pour l'un (e), un d&#233; &#224; coudre pour l'autre&#8230;). Jusque-l&#224;, la personne peut se stabiliser &#224; l'un de ces stades (l'escalade n'est en rien une fatalit&#233;). Elle poss&#232;de encore toutes les facult&#233;s de r&#233;agir et d'interrompre sa consommation, quand elle le souhaite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le danger v&#233;ritable survient quand la d&#233;pendance s'installe : il lui est alors quasiment impossible de s'arr&#234;ter sans traitement et sans aide. L'ensemble du processus peut prendre entre 15 et 20 ans pour les hommes, 10 ans pour les femmes. Un certain nombre de sympt&#244;mes cognitifs, comportementaux et physiologiques permettent de d&#233;celer le franchissement de ce seuil : prise de quantit&#233;s toujours plus importantes pour obtenir le m&#234;me effet, temps important pass&#233; autour de la prise du produit au d&#233;triment de l'activit&#233; sociale, familiale et professionnelle, impossibilit&#233; de diff&#233;rer, le besoin devenant irr&#233;pressible, poursuite de la consommation malgr&#233; la conscience de sa nocivit&#233;, ritualisation des pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui pr&#233;side &#224; cette &#233;volution rel&#232;ve certainement d'une multiplicit&#233; de facteurs et de circonstances dont on se gardera bien de privil&#233;gier l'un ou l'autre, chaque individu &#233;tant &#224; la fois unique et trop complexe pour qu'on puisse se permettre de r&#233;duire sa probl&#233;matique &#224; une seule cause. Ainsi, on &#233;voque la pathologie du manque, cette souffrance inh&#233;rente &#224; l'existence de l'&#234;tre humain et qui d&#233;bute d&#232;s les premi&#232;res heures de la vie quand la faim provoque &#224; la fois des crampes d'estomac tr&#232;s douloureuses et une forte angoisse. La satisfaction imm&#233;diate et non diff&#233;r&#233;e qui peut s'instaurer, d&#232;s cet instant, face aux demandes de l'enfant peut se traduire, par la suite, par une incapacit&#233; &#224; supporter la moindre frustration et donc cr&#233;er un terrain favorable &#224; l'addiction. On parle aussi de facteurs g&#233;n&#233;tiques favorisants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y a ces moments tragiques de la vie (accidents, d&#233;ceptions amoureuses ou professionnelles, syndrome post traumatique&#8230;) dont seul l'effet psychotrope semble alors pouvoir venir calmer quelques peu les effets de souffrance. Et, c'est vrai que l'alcool comble la faille narcissique et donne une sensation de toute-puissance. Il annule la notion de temps (le pass&#233; devient le pr&#233;sent et rend l'avenir impensable). La prise du produit constitue d&#232;s lors une protection, un b&#233;quillage essentiel dans un &#233;quilibre qui met &#224; l'abri d'une confrontation par trop douloureuse avec une r&#233;alit&#233; plus ou moins insupportable. On est l&#224; au c&#339;ur du probl&#232;me sur lequel les professionnels peuvent intervenir.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'intervention en alcoologie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Toute demande est structur&#233;e autour de quatre &#233;l&#233;ments : un probl&#232;me, une souffrance, une demande et une attente. Dans les situations d'alcoolisme, cette demande est le plus souvent &#233;clat&#233;e : la personne qui pose probl&#232;me (parce qu'elle boit) n'est pas uniquement celle qui souffre. C'est aussi le cas de son entourage qui est souvent &#224; l'origine de la demande, alors m&#234;me que le malade n'est pas forc&#233;ment en attente d'une aide. Il est en effet tr&#232;s fr&#233;quent d'&#234;tre confront&#233; au d&#233;ni. Le d&#233;ni n'est pas la n&#233;gation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier cas, on a affaire &#224; un m&#233;canisme inconscient visant &#224; se prot&#233;ger de faits irrecevables, dans le second &#224; refuser de reconna&#238;tre ce que l'on sait &#234;tre vrai. Le malade alcoolique ne ment pas. Simplement, il organise le monde et la perception qu'il en a pour essayer d'aller mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les psychiatres ont essay&#233; de mod&#233;liser ce d&#233;ni et son &#233;volution dans le temps. Ils proposent cinq stades. Le premier stade est celui au cours duquel le malade nie farouchement boire plus que d'autres et pr&#233;tend &#234;tre ma&#238;tre de sa consommation. Quand il finit par le reconna&#238;tre &#8212; on se situe au second stade &#8212; il passe souvent alors par une grave d&#233;pression, et une mont&#233;e importante de la culpabilit&#233; et de l'angoisse : &#171; Regardez ce que j'ai fait aux autres, &#224; ma famille. J'ai honte. Je ne m&#233;rite pas de vivre. &#187; Au troisi&#232;me stade, le malade sort de son isolement et de sa d&#233;prime et raconte son pass&#233;, ses cuites, ses d&#233;rives, ses difficult&#233;s de tous ordres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au stade quatre, il cherche &#224; installer une barri&#232;re entre le produit et lui : cela peut &#234;tre un m&#233;dicament, mais aussi une pression collective (r&#244;le des associations d'anciens buveurs qui deviennent tr&#232;s pr&#233;sents, notamment en cas de rechute). Cinqui&#232;me et dernier stade : le sujet a pu identifier ses conflits int&#233;rieurs. Il peut les g&#233;rer sans les concevoir comme mena&#231;ants ou dangereux. Il leur trouve des solutions adapt&#233;es, pratiques, concr&#232;tes et imm&#233;diates, sans avoir besoin d'avoir recours ni &#224; l'alcool, ni &#224; une barri&#232;re comportementale ou m&#233;dicamenteuse. Le cheminement de toute personne alcoolique ne va peut-&#234;tre pas suivre cette progression d'une fa&#231;on lin&#233;aire et rigoureuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, une r&#233;gression est toujours possible, car, en la mati&#232;re, les &#233;checs sont fr&#233;quents. Ce &#171; guide &#187; permet n&#233;anmoins de situer o&#249; en est la personne, d'accepter ses manifestations et comportements et dans quelle direction il faut l'encourager &#224; s'engager. On comprend l'importance de l'accompagnement pour aider &#224; cette progression. Mais, cela ne peut se faire n'importe comment.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'attitude de l'intervenant&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le professionnel doit d'abord adopter une grande tol&#233;rance face &#224; un malade qui, non seulement peut se montrer incr&#233;dule au fait qu'il doive &#234;tre aid&#233; ou qu'il puisse l'&#234;tre, mais qui peut aussi multiplier les &#233;checs et les rechutes. S'il peut &#234;tre tr&#232;s dou&#233; pour faire douter l'intervenant, c'est parce que s'enfermant dans un d&#233;ni tr&#232;s protecteur, il ne sait quasiment jamais les raisons de sa probl&#233;matique. Le professionnel doit se garder d'&#234;tre ni dans le reproche, ni dans une &#233;motion par trop fusionnelle. Il doit se proposer comme partenaire et non comme inquisiteur. Il est important qu'il accorde toujours du sens &#224; l'alcoolisation et reconnaisse son utilit&#233; dans certaines circonstances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comportement encore tout aussi essentiel : ne pas se centrer sur le sympt&#244;me, mais sur la souffrance qu'il occasionne (&lt;a href='https://www.lien-social.com/L-evolution-de-la-lutte-contre-l-alcoolisme' class='spip_in'&gt;lire l'exp&#233;rience d'une &#233;quipe de pr&#233;vention&lt;/a&gt;). On ne rencontre jamais l'autre quand on parle de lui, mais quand on parle avec lui : le malade alcoolique ne demande pas &#224; ce qu'on lui apporte des r&#233;ponses, mais &#224; ce qu'on l'&#233;coute. Il ne faudrait pas reproduire dans l'accompagnement, ce qui pourrait bien &#234;tre &#224; l'origine de l'alcoolisation : la discordance entre ce qui est attendu et ce qui est trouv&#233;. D'o&#249; l'importance de l'aborder &#224; partir de ce que l'on constate, en renon&#231;ant &#224; tout jugement, pour faire place au questionnement. D&#233;marche &#233;l&#233;mentaire dans le travail social, mais peut-&#234;tre encore plus d&#233;licat face &#224; cette population que face &#224; toute autre !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quelle intervention aupr&#232;s de la personne alcoolique ? </title>
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