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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>&#171; En 1982, il n'y avait rien pour les femmes et pour les enfants &#187;</title>
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&lt;p&gt;Plus de vingt-cinq apr&#232;s, Fran&#231;oise, m&#232;re d'une fille n&#233;e &#224; Fleury se souvient. Pas forc&#233;ment des dates mais de mille souvenirs et autant de d&#233;tails qui racontent mieux que tout la vie en prison. &lt;br class='autobr' /&gt;
Incarc&#233;r&#233;e au printemps 1982 pour importation de drogue, Fran&#231;oise passe quinze mois en d&#233;tention. Sa fille, Laure, na&#238;t au cours de l'&#233;t&#233; 82. La jeune femme de trente-deux ans est engag&#233;e dans une d&#233;marche spirituelle. D'ailleurs ne vient-elle pas de passer plusieurs ann&#233;es dans un ashram en Inde ? &#171; Pourrais-je (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Plus de vingt-cinq apr&#232;s, Fran&#231;oise, m&#232;re d'une fille n&#233;e &#224; Fleury se souvient. Pas forc&#233;ment des dates mais de mille souvenirs et autant de d&#233;tails qui racontent mieux que tout la vie en prison.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Incarc&#233;r&#233;e au printemps 1982 pour importation de drogue, Fran&#231;oise passe quinze mois en d&#233;tention. Sa fille, Laure, na&#238;t au cours de l'&#233;t&#233; 82. La jeune femme de trente-deux ans est engag&#233;e dans une d&#233;marche spirituelle. D'ailleurs ne vient-elle pas de passer plusieurs ann&#233;es dans un ashram en Inde ?&lt;i&gt; &#171; Pourrais-je b&#233;n&#233;ficier d'un accouchement sans douleur ? &#187;&lt;/i&gt;, demande-t-elle &#224; la sage-femme lors du premier rendez-vous. Celle-ci lui rit au nez avec un m&#233;pris qui r&#233;volte encore Fran&#231;oise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Me prenant &#224; t&#233;moin, elle mime la sage-femme se renversant sur son si&#232;ge et partant d'un grand &#233;clat de rire d&#233;daigneux. &lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait &#231;a la prison. Toutes ces humiliations gratuites &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;sume-t-elle. &lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait atroce. Un soir, une m&#232;re appelle &#224; l'aide, puis comme elle n'a pas de r&#233;ponse, elle se met &#224; tambouriner &#224; sa porte. Comme personne ne vient, toutes les filles de la division tapent et crient avec elle. Personne n'est venu. Et pourtant son enfant &#233;tait malade. Quelques temps plus tard, nous sommes quatre d&#233;tenues assises &#224; bavarder et nous avons un fou rire. On rigole comme nous n'avons pas ri depuis longtemps. En dix secondes, trois grad&#233;es d&#233;boulent pour voir ce qu'il se passe. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Fran&#231;oise, l'allaitement est une &#233;vidence mais &#224; ses yeux c'est aussi une n&#233;cessit&#233; : &lt;i&gt;&#171; Il n'y avait pas de chauffe-biberons dans les cellules. Les m&#232;res passaient les biberons sous le robinet d'eau chaude. &#187;&lt;/i&gt; Quant &#224; la salle de jeux, elle se limite &#224; un grand matelas au sol, quelques pauvres jouets et des si&#232;ges autour. &lt;i&gt;&#171; Nous n'avons jamais compris pourquoi mais les s&#339;urs nous interdisaient d'aller sur le matelas avec nos b&#233;b&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, poursuit-elle. Car &#224; l'&#233;poque, ce sont les religieuses qui suivent les enfants. &lt;i&gt;&#171; Il y avait plusieurs m&#232;res d'Afrique et une des s&#339;urs donnait des rations de nourriture nettement moins importantes &#224; leurs enfants qu'&#224; ma fille &#187;,&lt;/i&gt; cite-t-elle encore.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;forme Badinter&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Des moments de vie quotidienne o&#249; l'injustice est la r&#232;gle, Fran&#231;oise en a plein. Mais elle pr&#233;f&#232;re plut&#244;t s'informer de ce qui existe aujourd'hui et se r&#233;jouit de la pr&#233;sence des professionnelles de la petite enfance. Et quand je cite l'activit&#233; &#171; massage b&#233;b&#233; avec les mamans &#187;, elle s'&#233;crie :&lt;i&gt; &#171; Mais c'est formidable ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc le chemin parcouru en pr&#232;s de trente ans ; ce qui am&#232;ne mon &#171; t&#233;moin &#187; &#224; souligner les grands changements provoqu&#233;s par l'arriv&#233;e de Robert Badinter au minist&#232;re de la Justice. &lt;i&gt;&#171; Il y a eu un avant et un apr&#232;s Badinter ; c'&#233;tait flagrant. En janvier 1983, est arriv&#233;e une pu&#233;ricultrice formidable. Tout de suite, elle a dit &#171; mais il faut acheter des jouets &#187;. En fait, gr&#226;ce &#224; son autorit&#233; de professionnelle, elle a pu porter nos demandes et en faire aboutir plusieurs. Car, quand nous, les d&#233;tenues, nous demandions quelque chose, c'&#233;tait toujours non &#187;&lt;/i&gt;, regrette-t-elle. Une double-poussette est arriv&#233;e ainsi que des chauffe-biberons mais &#233;galement une ambiance diff&#233;rente. &lt;i&gt;&#171; En tant que m&#232;res, elle nous a soutenues &#187;&lt;/i&gt;, souligne Fran&#231;oise.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Questions sans r&#233;ponse&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces changements, en quinze mois, sa petite fille sortira seulement quatre fois de la prison. &lt;i&gt;&#171; Une fois avec son p&#232;re et deux ou trois avec Bernadette, la pu&#233;ricultrice &#187;&lt;/i&gt;, compte-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement gr&#226;ce &#224; une promesse d'embauche et un certificat d'h&#233;bergement, Fran&#231;oise obtient une libert&#233; conditionnelle. Incontestablement marqu&#233;e par la prison, elle s'interroge souvent &#224; propos de sa fille : &lt;i&gt;&#171; L'enfermement, je pense que &#231;a l'a marqu&#233;e. Quand j'ai &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e, j'ai pris un appartement. D&#232;s qu'une porte s'ouvrait, elle s'y engouffrait, elle voulait toujours sortir &#187;&lt;/i&gt;, raconte-t-elle. Petite fille elle voulait &lt;i&gt;&#171; plus tard, &#234;tre directrice de prison &#187;&lt;/i&gt;, aujourd'hui elle &#233;tudie la psychologie pour &lt;i&gt;&#171; travailler en prison &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, Fran&#231;oise choisit de dire la v&#233;rit&#233; &#224; sa fille lorsque celle-ci a huit ans et demi. &lt;i&gt;&#171; J'avais une peur terrible, injustifi&#233;e mais &#231;a, je ne l'ai su qu'apr&#232;s, c'&#233;tait qu'elle apprenne les conditions de sa naissance par ses cousins. D&#233;but 1991, je suis partie en Inde avec elle vivre de nouveau dans un ashram. Elle &#233;tait alors dans l'environnement le plus proche de ce que j'avais v&#233;cu avant sa naissance et j'ai pens&#233; que c'&#233;tait le bon moment &#187;&lt;/i&gt;, se justifie Fran&#231;oise. Finalement, il semblerait que cette r&#233;v&#233;lation arrive trop t&#244;t dans l'histoire de la fillette. &lt;i&gt;&#171; Lorsque nous sommes rentr&#233;es quelques mois plus tard, elle est retourn&#233;e &#224; l'&#233;cole et l&#224;, j'ai vu que le secret &#233;tait trop lourd &#224; porter pour elle. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le sujet n'est pas tabou mais les deux femmes n'en parlent quasiment jamais : chez Fran&#231;oise, ces souvenirs n'ont jamais cess&#233; de blesser tandis que Laure ne comprend pas comment sa m&#232;re a pu transporter de la drogue pour son compagnon, alors qu'elle n'&#233;tait pas toxico.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une &#233;quipe petite enfance pr&#233;sente en permanence</title>
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&lt;p&gt;L'ouverture de l'unit&#233; mobile m&#232;re-enfant en septembre 2004 a permis la pr&#233;sence permanente d'une &#233;quipe de trois personnes au sein de la nurserie. Objectif : mettre en place des actions de socialisation pour les enfants et de soutien &#224; la parentalit&#233; pour les m&#232;res. &lt;br class='autobr' /&gt;
En France, la loi permet aux m&#232;res d'&#234;tre avec leur enfant jusqu'&#224; ce qu'il ait dix-huit mois. En outre, l'article 401 du code de proc&#233;dure p&#233;nale indique qu'en d&#233;tention, les enfants sont libres et innocents et par cons&#233;quent, dispens&#233;s de la (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'ouverture de l'unit&#233; mobile m&#232;re-enfant en septembre 2004 a permis la pr&#233;sence permanente d'une &#233;quipe de trois personnes au sein de la nurserie. Objectif : mettre en place des actions de socialisation pour les enfants et de soutien &#224; la parentalit&#233; pour les m&#232;res.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En France, la loi permet aux m&#232;res d'&#234;tre avec leur enfant jusqu'&#224; ce qu'il ait dix-huit mois. En outre, l'article 401 du code de proc&#233;dure p&#233;nale indique qu'en d&#233;tention, les enfants sont libres et innocents et par cons&#233;quent, dispens&#233;s de la formalit&#233; d'&#233;crou&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Lorsqu'une personne est incarc&#233;r&#233;e, l'administration lui donne un num&#233;ro (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Enfin, c'est la m&#232;re qui exerce l'autorit&#233; parentale. Ce cadre juridique pos&#233;, comment organiser la d&#233;tention d'une maman et de son enfant ? Comment articuler le fait qu'une femme soit en m&#234;me temps m&#232;re et d&#233;tenue ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ambiance cocotte-minute&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, comment vivre 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 dans un presque permanent t&#234;te-&#224;-t&#234;te avec son enfant puisque la nurserie n'est pas une garderie ? &lt;i&gt;&#171; Lorsque je sens une m&#232;re fatigu&#233;e, je propose qu'elle me confie son enfant pour une heure ou une demi-heure ; le temps que &#231;a aille mieux. C'est comme un relais &#187;&lt;/i&gt;, indique la pu&#233;ricultrice. &#199;a, c'est dans la journ&#233;e lorsque les portes des cellules sont ouvertes et que les d&#233;tenues peuvent discuter entre elles, participer &#224; des activit&#233;s organis&#233;es &#224; la nurserie ou &#224; des ateliers de la maison d'arr&#234;t. &lt;i&gt;&#171; Mais le soir, que font-elles ? &#192; partir de 18 heures et jusqu'au lendemain matin, elles partagent 12 m2 avec l'enfant &#187;&lt;/i&gt;, s'interroge une surveillante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, comment supporter un enfant qui pleure et qu'on n'arrive pas &#224; calmer ? Dans ces moments-l&#224;, pas moyen de le confier &#224; un tiers ou de sortir prendre l'air cinq minutes pour retrouver un peu de calme.&lt;i&gt; &#171; Au travers des ateliers que nous mettons en place et des discussions que nous avons avec les mamans, notre professionnelle de la petite enfance leur donne des petits moyens comme le massage, la fa&#231;on de porter l'enfant ou de le bercer pour qu'elles puissent se d&#233;brouiller le soir venu et plus tard, lorsqu'elles seront lib&#233;r&#233;es &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Val&#233;rie, la pu&#233;ricultrice. C'est aussi pour cette raison qu'il y a deux ans, l'&#233;quipe a mis en place une ludoth&#232;que afin que des jouets puissent &#234;tre en permanence dans les cellules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; dans la journ&#233;e, malgr&#233; la bonne humeur et la chaleur humaine que d&#233;gage ce lieu, l'atmosph&#232;re ressemble &#224; celle d'une cocotte-minute o&#249; la moindre contrari&#233;t&#233; peut se transformer en crise. Il est vrai que ce reportage a eu lieu juste avant No&#235;l, p&#233;riode douloureuse pour ceux qui sont emprisonn&#233;s et qui entra&#238;ne une exacerbation des tensions. De surcro&#238;t, deux ordonnances de placement venaient d'&#234;tre prises par le juge. &lt;i&gt;&#171; Ce type de d&#233;cisions impacte forc&#233;ment toutes les d&#233;tenues de la nurserie &#187;&lt;/i&gt;, estime B&#233;n&#233;dicte, une &#233;ducatrice. Et d'ajouter : &lt;i&gt;&#171; Il nous arrive souvent d'avoir des crises de fou rire, de plaisanter avec des d&#233;tenues, de bavarder avec elles. L'unit&#233; n'est pas en permanence sous pression. Il faut voir l'ambiance qu'il peut y avoir l'&#233;t&#233; quand les couvertures sont &#233;tal&#233;es dans le jardin et que les mamans discutent et que les enfants gazouillent ou jouent. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malika, une jeune maman r&#233;sume parfaitement la situation : &lt;i&gt;&#171; Les surveillantes et les &#233;ducatrices sont g&#233;niales ; elles nous donnent beaucoup de conseils, nous aident. Mais parfois elles sont maladroites. Ok, elles ont parfaitement &#233;lev&#233; leurs enfants mais ce n'&#233;tait pas en prison. Je vous assure, &#231;a change tout. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surveillantes, pu&#233;ricultrices et &#233;ducatrices ont donc un r&#244;le essentiel. On sent bien leur grande vigilance &#224; essayer de pr&#233;venir, voire de calmer les choses qui s'enveniment parfois pour un rien et qui surtout, prennent d'incroyables proportions. Et m&#234;me si les unes d&#233;pendent de l'administration p&#233;nitentiaire et les autres de l'h&#244;pital, m&#234;me si leurs pratiques et leurs missions diff&#232;rent (&#171; je ne regarde jamais par l'&#339;illeton &#187;, d&#233;clare la pu&#233;ricultrice qui utilise l'expression &#171; lieu de vie de la m&#232;re et de l'enfant &#187; quand il s'agit de parler de la cellule), elles travaillent en partenariat. &lt;i&gt;&#171; Nous sommes en &#233;troite relation avec les surveillantes. Comme le week-end, nous ne travaillons pas, le lundi matin, elles nous racontent ce qui s'est pass&#233; et comment &#231;a s'est pass&#233; &#187;,&lt;/i&gt; raconte B&#233;n&#233;dicte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me grande difficult&#233; concerne les enfants et leur sociabilisation. Car en prison, tout manque : le p&#232;re, le bruit des voitures, la pr&#233;sence de visages et de voix masculins, les odeurs, les personnes &#226;g&#233;es, les adolescents, des lieux diff&#233;rents, etc.&lt;i&gt; &#171; Il faut arr&#234;ter avec l'image d'enfants qui ne sortent pas de la maison d'arr&#234;t &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;viennent d'embl&#233;e la pu&#233;ricultrice et les deux &#233;ducatrices jeunes enfants. &lt;i&gt;&#171; Nous nous y employons au maximum mais ce n'est pas facile car il y a de plus en plus d'enfants. Depuis quelques ann&#233;es, en moyenne, ils sont une dizaine en permanence. Aussi, avons-nous deux crit&#232;res de priorit&#233; : les plus grands et les plus isol&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, poursuivent-elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lundi en d&#233;but d'apr&#232;s-midi, deux enfants partent en poussette avec l'&#233;ducatrice pour une petite balade dans le bois qui jouxte la maison d'arr&#234;t. Dans le m&#234;me esprit, une fois tous les quinze jours, une sortie &#224; th&#232;me est organis&#233;e : au march&#233;, au jardin public, au parc animalier, etc. Mais l&#224; encore, le nombre d'enfants est limit&#233; &#224; trois et de surcro&#238;t, une surveillante doit accompagner la pu&#233;ricultrice. De fait, la voiture appartenant &#224; l'administration, seul un de ses membres peut la conduire. &lt;i&gt;&#171; D&#232;s trois mois, nous les sortons afin qu'il n'y ait pas de d&#233;calage entre un enfant qui vit en d&#233;tention et un autre mais nous avons finalement peu de temps &#187;&lt;/i&gt;, estiment ces professionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois par mois, deux enfants participent &#224; la sortie m&#233;diath&#232;que. Et puis, les lundis et jeudis matin, il y a les trois places &#224; la halte-garderie destin&#233;es aux enfants de six mois et plus. &lt;i&gt;&#171; Sous r&#233;serve &#233;videmment que la m&#232;re donne son accord. En quatre ans, j'ai connu un seul refus &#187;&lt;/i&gt;, commente l'&#233;ducatrice.&lt;i&gt; &#171; La m&#232;re ne paie rien. La seule chose que nous lui demandons, c'est de la r&#233;gularit&#233; et que l'enfant soit pr&#234;t &#224; 9h30 &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise l'&#233;ducatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y a le petit jardin, accessible dans la journ&#233;e sans autorisation et &#233;quip&#233; de jeux. Mais finalement, les m&#232;res l'utilisent peu. &lt;i&gt;&#171; Il faudrait qu'elles aillent tous les jours dans le jardin, pour que l'enfant sente l'air, voie le soleil, la pluie, le vent, etc. Mais en prison, le &#171; dehors &#187; qui correspond &#224; &#171; en libert&#233; &#187; est hypervaloris&#233; alors que pour elles, le jardin ne repr&#233;sente rien &#187;&lt;/i&gt;, regrette l'&#233;ducatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; toutes ces initiatives, quand on fait les comptes, les enfants sortent finalement peu de la maison d'arr&#234;t. En tous cas pas tous les jours, ni m&#234;me tous les deux jours, ni m&#234;me&#8230; En fait, lorsqu'on pose la question, tout le monde se d&#233;robe avec un &#171; je ne sais pas, faudrait calculer &#187;, tant chacun sait que l'arithm&#233;tique ne ment pas.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Difficult&#233;s pour les 12-18 mois&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais alors, qu'en est-il du d&#233;veloppement psychologique de ces enfants ? &#171; Des sympt&#244;mes et des pathologies comme la d&#233;pression du b&#233;b&#233; rencontr&#233;s souvent lorsque je travaillais en PMI, je n'en vois pas ici. Peut-&#234;tre parce qu'il y a le groupe, une sorte de communaut&#233; qui joue un r&#244;le important. D'ailleurs, quand ces enfants vont &#224; la halte-garderie, ils ne rencontrent pas de difficult&#233; d'adaptation &#187;, se f&#233;licite l'&#233;ducatrice. Pour sa part, la pu&#233;ricultrice rappelle que &lt;i&gt;&#171; au cours des deux premiers mois de sa vie, un enfant a besoin de soins maternants et que la dyade m&#232;re-enfant est importante. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, elle ne constate aucune diff&#233;rence avec les enfants de l'ext&#233;rieur.&lt;i&gt; &#171; Ce sont plut&#244;t des enfants tr&#232;s stimul&#233;s. Certaines mamans m'ont dit avoir eu ici un regard plus attentif sur leur enfant qu'&#224; l'ext&#233;rieur avec les a&#238;n&#233;s. &#187;&lt;/i&gt; Les seules difficult&#233;s not&#233;es concernent la motricit&#233; : &lt;i&gt;&#171; On constate une certaine maladresse lorsqu'ils doivent gravir une petite pente, marcher dans une rue qui descend ou sur l'herbe. Pour y rem&#233;dier, ce serait bien qu'un psychomotricien vienne &#224; la maison d'arr&#234;t &#187;&lt;/i&gt;, indique l'&#233;ducatrice. &lt;i&gt;&#171; L'id&#233;al serait &#233;videmment qu'entre douze et dix-huit mois, les enfants sortent tous les jours &#187;,&lt;/i&gt; r&#234;vent en ch&#339;ur professionnelles de la petite enfance et personnel de la maison d'arr&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car quoiqu'on en dise, d&#232;s que l'enfant commence &#224; marcher et &#224; s'autonomiser, il ressent vite que la cellule est petite et que les portes sont ferm&#233;es&#8230; Et puis, pendant le reportage, je remarque ce petit gar&#231;on dont le regard est en permanence rempli de d&#233;solation. Est-ce la d&#233;tention ? Non, je pense que c'est l'&#233;tat moral de sa m&#232;re et qu'ici ou ailleurs, la relation ne sera pas forc&#233;ment simple. &lt;i&gt;&#171; C'est l&#224; que le travail de l'&#233;quipe est tr&#232;s important. &#192; nous aussi de l'aider &#224; reprendre pied &#187;&lt;/i&gt;, assure Val&#233;rie la pu&#233;ricultrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste l'absence du tiers s&#233;parateur. Dans le meilleur cas, mais c'est tr&#232;s rare, l'enfant voit son p&#232;re r&#233;guli&#232;rement au parloir ou m&#234;me mieux passe du temps au domicile de celui-ci. Mais dans l'ensemble, les jeunes femmes ne re&#231;oivent que rarement des visites du p&#232;re de leur enfant. &lt;i&gt;&#171; Il n'aime pas le parloir &#187;&lt;/i&gt;, t&#233;moigne l'une d'elles. &lt;i&gt;&#171; Il a du mal &#224; supporter que je sois en prison et pr&#233;f&#232;re ne pas venir me voir &#187;&lt;/i&gt;, ajoute une autre&#8230; Bref. Dans ces conditions, ne restent que les photos et les paroles que ces jeunes mamans disent &#224; propos du p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la d&#233;tention est &#233;galement l'occasion de pr&#233;parer les m&#232;res &#224; leur sortie. &lt;i&gt;&#171; Honn&#234;tement, le probl&#232;me n'est pas lorsque les femmes sont incarc&#233;r&#233;es mais lorsqu'elles sortent. Nous avons souvent des m&#232;res immatures, centr&#233;es sur elles-m&#234;mes. Par exemple, quand il y a l'anniversaire d'un petit, nous sommes souvent oblig&#233;es de rappeler que c'est la f&#234;te de l'enfant et non de la maman &#187;&lt;/i&gt;, explique B&#233;n&#233;dicte Pochet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au quotidien, l'&#233;quipe se montre disponible mais ne veut pas aller au devant des demandes des m&#232;res. &lt;i&gt;&#171; Le matin, lorsque j'arrive, celles qui ne sont pas dans le r&#233;fectoire, je ne vais pas les voir dans leur cellule. Elles ont le droit de ne pas avoir envie de venir avec le groupe. Il ne faut pas les infantiliser ; c'est important qu'elles fassent la d&#233;marche de me solliciter &#187;&lt;/i&gt;, estime la pu&#233;ricultrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cadre, l'&#233;quipe essaie d'organiser au moins une fois par jour un atelier destin&#233; aux m&#232;res et aux enfants. &lt;i&gt;&#171; Cela va de la motricit&#233; b&#233;b&#233; ou une activit&#233; sensorielle en passant par la peinture jusqu'&#224; la d&#233;coration ou la cuisine &#187;&lt;/i&gt;, explique l'&#233;ducatrice. &lt;i&gt;&#171; Notre objectif est d'&#233;viter que l'enfant soit en permanence dans la poussette ou dans les bras de sa m&#232;re &#187;&lt;/i&gt;, continue-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis un an, les mamans doivent pr&#233;parer le repas du soir de leur enfant d&#232;s lors qu'il est &#226;g&#233; de six mois et demi. &lt;i&gt;&#171; Au d&#233;but, nous avons r&#233;serv&#233; cela aux week-ends et progressivement, nous &#233;tendons &#224; la semaine &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;taille la pu&#233;ricultrice. D'abord, les m&#232;res doivent &#233;laborer les menus en respectant l'&#233;quilibre alimentaire tant du point de vue des quantit&#233;s que des ingr&#233;dients, puis chaque jour pr&#233;parer le repas. &lt;i&gt;&#171; C'est une bonne fa&#231;on de leur donner un peu d'autonomie dans le r&#244;le de m&#232;re car elles doivent g&#233;rer la contrainte des horaires et se projeter dans le temps puisque les menus sont &#233;labor&#233;s &#224; l'avance. Enfin, cela leur permet de les pr&#233;parer &#224; la sortie &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lorsqu'une personne est incarc&#233;r&#233;e, l'administration lui donne un num&#233;ro d'&#233;crou (autrefois, le matricule) qui la suit partout. Les enfants qui grandissent en prison, comme ils sont libres et innocents, n'ont par cons&#233;quent pas de num&#233;ro d'&#233;crou. En revanche, comme tout &#171; visiteur &#187; lorsqu'ils entrent dans la maison d'arr&#234;t, ils sont fouill&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Fleury-M&#233;rogis - Na&#238;tre en prison</title>
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		<dc:date>2009-02-05T15:03:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Prison</dc:subject>
		<dc:subject>915</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;N&#233;e de la convention sign&#233;e en d&#233;cembre 2003 par le centre hospitalier sud francilien, le conseil g&#233;n&#233;ral de l'Essonne et la maison d'arr&#234;t de Fleury-M&#233;rogis, l'unit&#233; mobile m&#232;re-enfant est financ&#233;e par le D&#233;partement. Elle est constitu&#233;e d'une &#233;quipe de gyn&#233;cologie-obst&#233;trique mais aussi de trois professionnelles de la petite enfance qui assurent &#224; la nurserie une pr&#233;sence permanente au c&#244;t&#233; des m&#232;res et de leurs b&#233;b&#233;s. Reportage &#224; la nurserie de Fleury-M&#233;rogis. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme dans tout lieu d&#233;di&#233; aux enfants il y a (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;N&#233;e de la convention sign&#233;e en d&#233;cembre 2003 par le centre hospitalier sud francilien, le conseil g&#233;n&#233;ral de l'Essonne et la maison d'arr&#234;t de Fleury-M&#233;rogis, l'unit&#233; mobile m&#232;re-enfant est financ&#233;e par le D&#233;partement. Elle est constitu&#233;e d'une &#233;quipe de gyn&#233;cologie-obst&#233;trique mais aussi de trois professionnelles de la petite enfance qui assurent &#224; la nurserie une pr&#233;sence permanente au c&#244;t&#233; des m&#232;res et de leurs b&#233;b&#233;s. Reportage &#224; la nurserie de Fleury-M&#233;rogis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme dans tout lieu d&#233;di&#233; aux enfants il y a les in&#233;vitables portes peintes en rose et un mur d&#233;cor&#233; de girafes. Il y a aussi une marelle dessin&#233;e sur le sol, des poussettes, une grande salle de jeux. Ici, une maman prom&#232;ne son gros ventre avec fiert&#233; tandis que sur un banc, une femme tricote de la layette en discutant avec sa voisine qui nourrit son b&#233;b&#233;. Plus loin, une autre se l&#232;ve et sort tranquillement dans le jardin o&#249; elle allume une cigarette. De fait, ici, les fen&#234;tres ouvrent sur un espace vert et n'ont pas de barreaux. Dans le couloir, une surveillante discute avec deux d&#233;tenues adoss&#233;es &#224; la grille fermant la nurserie. Pr&#232;s de ces barreaux, une &#233;ducatrice de jeunes enfants pr&#233;pare la poussette deux places pour une balade dans le bois voisin. Et au milieu de tout cela, un petit gar&#231;on et une petite fille trottinent ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi va la vie &#224; la nurserie de Fleury-M&#233;rogis. En ce d&#233;but du mois de d&#233;cembre, la maison d'arr&#234;t compte 334 d&#233;tenues (&#171; &#199;a oscille entre 310 et 345 &#187;, indique l'adjointe au chef de d&#233;tention, Christ&#232;le Deloz&#233;) pour une capacit&#233; th&#233;orique de 259. Quant &#224; la nurserie, ce jour-l&#224;, elle accueille dix mamans et leurs enfants ainsi que sept femmes enceintes. Parmi elles, de nombreuses &#233;trang&#232;res, notamment des jeunes femmes d'Am&#233;rique du Sud qui ont servi de &#171; mules &#187; aux trafiquants de drogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au bout d'une des ailes de la maison d'arr&#234;t, la nurserie est un lieu &#224; part. Cela reste un lieu de d&#233;tention avec des surveillantes, un acc&#232;s strictement contr&#244;l&#233; et les portes des cellules ferm&#233;es &#224; cl&#233; la nuit. Pourtant, dans ce b&#226;timent &#233;clat&#233; en deux ailes (l'une r&#233;serv&#233;e aux femmes enceintes, l'autre aux mamans et leurs b&#233;b&#233;s), le climat est diff&#233;rent. &lt;i&gt;&#171; C'est le seul endroit de l'&#233;tablissement o&#249; les portes des cellules sont ouvertes &#187;&lt;/i&gt;, note Sabine Devienne, la directrice de la maison d'arr&#234;t des femmes. Les horaires d'ouverture des cellules sont toutefois r&#233;glement&#233;s et les all&#233;es et venues limit&#233;es &#224; la nurserie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Prise en charge globale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les limites de la nurserie sont l&#224; : beaucoup de choses sont faites pour que l'enfant et la m&#232;re soient le mieux possible mais en aucun cas, on enl&#232;ve la prison. Les femmes arrivent ici d&#232;s qu'elles sont enceintes de quatre mois. Pendant la grossesse, leur prise en charge sanitaire est confi&#233;e &#224; une &#233;quipe pluridisciplinaire du service de gyn&#233;co-obst&#233;trique du centre hospitalier. &lt;i&gt;&#171; En moyenne, la m&#232;re va deux fois &#224; l'h&#244;pital avant l'accouchement, pour les rendez-vous avec l'anesth&#233;siste et le gyn&#233;cologue. Le suivi et notamment les &#233;chographies se font au service m&#233;dical de la maison d'arr&#234;t o&#249; la sage-femme tient sa consultation &#187;&lt;/i&gt;, explique Val&#233;rie, pu&#233;ricultrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques semaines avant la naissance, la d&#233;tenue b&#233;n&#233;ficie de deux ou trois apr&#232;s-midi pour aller dans l'aile des m&#232;res am&#233;nager la chambre qu'elle partagera avec son enfant.&lt;i&gt; &#171; Pour les indigentes, les v&#234;tements sont fournis en partie par la maison d'arr&#234;t et pour l'autre, par des dons. Quant aux couches, aux produits d'hygi&#232;ne et au lait, c'est fourni par l'administration p&#233;nitentiaire &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Val&#233;rie. &lt;i&gt;&#171; Chaque mardi, elles font une liste de leurs besoins et le lendemain, je distribue &#187;&lt;/i&gt;, compl&#232;te une surveillante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour J, une surveillante accompagne la d&#233;tenue prise en charge par les pompiers. &#192; la maternit&#233;, en attendant d'&#234;tre relev&#233;e par les policiers, la surveillante monte la garde &#224; la porte de la chambre. Si la naissance a lieu en semaine, la famille est pr&#233;venue par le conseiller d'insertion et de probation (CIP). Le week-end, les proches doivent appeler la maison d'arr&#234;t qui donne alors l'information. Quant aux visites de la famille &#224; la maternit&#233;, elles font l'objet d'une demande sp&#233;ciale &#233;tudi&#233;e par les services de la pr&#233;fecture puisque sit&#244;t &lt;i&gt;&#171; extraite &#187;&lt;/i&gt; de la maison d'arr&#234;t, la d&#233;tenue ne d&#233;pend plus de l'administration p&#233;nitentiaire. Quoiqu'il en soit, il y a la visite syst&#233;matique de la pu&#233;ricultrice : &lt;i&gt;&#171; Humainement, c'est souvent un moment fort &#187;&lt;/i&gt;, commente celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Soutien &#224; la parentalit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Certaines m&#232;res se posent parfois la question de confier l'enfant &#224; son p&#232;re ou &#224; la famille proche. Ainsi, Aur&#233;lie, enceinte de quatre mois, s'inqui&#232;te-t-elle de l'avenir de son enfant. &lt;i&gt;&#171; Si jamais je ne b&#233;n&#233;ficiais pas d'am&#233;nagement de peine, je pr&#233;f&#233;rerais que mon b&#233;b&#233; soit dehors avec son p&#232;re. Car la nurserie, m&#234;me si c'est mieux - on peut prendre une douche tous les jours -, &#231;a reste quand m&#234;me la prison &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;sume-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;_&lt;i&gt; &#171; Les enfants ne sont pas d&#233;tenus, ils sont sous la responsabilit&#233; de leur m&#232;re &#187;&lt;/i&gt;, rappelle Denis Boullier, chef du service d'insertion et de probation &#224; la maison d'arr&#234;t de Fleury-M&#233;rogis. Et d'ajouter : &lt;i&gt;&#171; Dans une maison d'arr&#234;t, beaucoup d'informations circulent entre les d&#233;tenues ; des fausses et des vraies. Notre r&#244;le est d'exposer &#224; la m&#232;re les tenants et les aboutissants afin qu'elle puisse prendre sa d&#233;cision. &#187;&lt;/i&gt; Si pendant la grossesse, cette question se pose fr&#233;quemment, in fine, 99 % des femmes gardent leur enfant avec elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A son retour de la maternit&#233;, une nouvelle vie commence pour la d&#233;tenue. D&#233;j&#224;, pas moyen de reprendre son travail, si elle en avait un. &lt;i&gt;&#171; La nurserie n'est absolument pas con&#231;ue comme un mode de garde. Pendant dix-huit mois au maximum, il s'agit avant tout de donner les bases pour que cela se passe le mieux possible dehors &#187;&lt;/i&gt;, souligne Christ&#232;le Deloz&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le leitmotiv est lanc&#233; : ici, la pr&#233;occupation majeure est de donner &#224; ces jeunes femmes, parfois immatures, des rep&#232;res simples. Chevilles ouvri&#232;res de ce travail, la pu&#233;ricultrice et les deux &#233;ducatrices de jeunes enfants qui organisent les sorties pour les enfants mais aussi leur suivi m&#233;dical ainsi que des activit&#233;s communes aux m&#232;res et &#224; leurs b&#233;b&#233;s (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Une-equipe-petite-enfance-presente-en-permanence' class='spip_in'&gt;lire l'article sur l'&#233;quipe petite enfance&lt;/a&gt;). &lt;i&gt;&#171; Les sorties ont lieu avec nous ou avec le p&#232;re de l'enfant ou un membre proche de la famille comme par exemple la grand-m&#232;re &#187;&lt;/i&gt;, indique une &#233;ducatrice.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pr&#233;parer la sortie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les m&#232;res sont donc avec leurs enfants jour et nuit. &lt;i&gt;&#171; &#192; celles qui n'ont pas fait la d&#233;marche spontan&#233;ment, je conseille de trouver une personne de confiance (une co-d&#233;tenue ndlr) &#224; qui elles pourront confier leur enfant le temps d'un rendez-vous chez le juge, avec le CIP ou chez le m&#233;decin. Et si nous voyons que la maman qui en garde deux a des difficult&#233;s, nous venons prendre le relais &#187;&lt;/i&gt;, commente Val&#233;rie. Quant aux surveillantes, elles font preuve, dixit Christ&#232;le Deloz&#233;, &lt;i&gt;&#171; d'une attitude bienveillante &#187;&lt;/i&gt;. Concr&#232;tement, ce sont elles qui le matin surveillent les b&#233;b&#233;s pendant que leurs m&#232;res sont sous la douche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mis en place depuis 2000, le suivi m&#233;dical des enfants est op&#233;r&#233; par une &#233;quipe PMI du conseil g&#233;n&#233;ral. &lt;i&gt;&#171; Le camion stationne dans une cour de la maison d'arr&#234;t et la m&#232;re y entre seule avec son enfant. Ce dispositif vise &#224; diff&#233;rencier la consultation du milieu carc&#233;ral. D'ailleurs, le personnel de la prison n'y entre pas &#187;&lt;/i&gt;, explique-t-on au conseil g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Dehors, une maman n'a pas un tel suivi. Tous les quinze jours, se tient une r&#233;union de l'ensemble des personnels qui travaillent &#224; la nurserie. Cette pluridisciplinarit&#233; est tr&#232;s int&#233;ressante &#187;&lt;/i&gt;, approuve Sabine Devienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
De leur c&#244;t&#233;, les trois conseill&#232;res d'insertion qui ont en charge l'ensemble des d&#233;tenues de la maison d'arr&#234;t travaillent &#224; la sortie des m&#232;res et de leur enfant. Pour les &#233;trang&#232;res, et elles repr&#233;sentent environ 60 % des d&#233;tenues de Fleury, les conseill&#232;res d'insertion mettent tout en &#339;uvre pour qu'elles puissent rentrer le plus t&#244;t possible dans leur pays.&lt;i&gt; &#171; Dans ce cas, on demande une expulsion vers le pays d'origine. C'est &#233;galement possible dans les pays de l'Union europ&#233;enne, &#224; condition que le juge notifie une interdiction de territoire fran&#231;ais &#187;&lt;/i&gt;, explique Denis Boullier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les autres, le CIP monte une demande de libert&#233; conditionnelle. Dans la mesure o&#249; il s'agit de peines souvent courtes, les liens familiaux existent encore et nombre de ces mamans re&#231;oivent le soutien de leur famille. Pour les autres, la gal&#232;re commence. &lt;i&gt;&#171; Pour celles qui n'ont pas d'h&#233;bergement, nous cherchons une place en foyer mais c'est tr&#232;s dur &#224; trouver &#187;&lt;/i&gt;, regrettent deux conseill&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste que l'enfant doit quitter la prison lorsqu'il a dix-huit mois. Toutefois, dans la majorit&#233; des cas, les d&#233;tenues sortent avec leur enfant car elles sont en fin de peine ou elles ont b&#233;n&#233;fici&#233; d'un am&#233;nagement (&lt;a href='https://www.lien-social.com/En-1982-il-n-y-avait-rien-pour-les-femmes-et-pour-les-enfants' class='spip_in'&gt;lire le t&#233;moignage d'un ancienne d&#233;tenue&lt;/a&gt;). Il est vrai qu'avec le juge d'application, l'usage est d'organiser, autant que faire se peut, une sortie concomitante de la m&#232;re et de l'enfant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Reportage &#224; la nurserie de Fleury-M&#233;rogis : na&#238;tre en prison</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Reportage-a-la-nurserie-de-Fleury-Merogis-naitre-en-prison</link>
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		<dc:date>2009-02-05T10:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>M&#233;lanie-LS</dc:creator>


		<dc:subject>915</dc:subject>

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		<title>Une discrimination positive &#224; la fran&#231;aise ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Une-discrimination-positive-a-la-francaise</link>
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		<dc:date>2009-02-05T07:01:20Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>915</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'int&#233;gration du fait culturel, voire ethnique minoritaire, a &#233;t&#233; admise par de nombreuses d&#233;mocraties. La France s'y refuse, la R&#233;publique se proclamant une et indivisible et ne reconnaissant que les individus. Cela fait quarante ans que ces principes ont commenc&#233; &#224; &#234;tre battus en br&#232;che par les demandes de reconnaissance sp&#233;cifique r&#233;gionaliste, f&#233;ministe, homosexuelle&#8230; Pourtant, trouver sa place dans la communaut&#233; nationale, continue &#224; passer par le gommage pr&#233;alable des diff&#233;rences. Milena Doytcheva (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'int&#233;gration du fait culturel, voire ethnique minoritaire, a &#233;t&#233; admise par de nombreuses d&#233;mocraties. La France s'y refuse, la R&#233;publique se proclamant une et indivisible et ne reconnaissant que les individus. Cela fait quarante ans que ces principes ont commenc&#233; &#224; &#234;tre battus en br&#232;che par les demandes de reconnaissance sp&#233;cifique r&#233;gionaliste, f&#233;ministe, homosexuelle&#8230; Pourtant, trouver sa place dans la communaut&#233; nationale, continue &#224; passer par le gommage pr&#233;alable des diff&#233;rences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Milena Doytcheva d&#233;montre ici dans un ouvrage brillant comment les politiques publiques se sont progressivement &#233;cart&#233;es de ce paradigme et comment, de fait, la volont&#233; assimilatrice a fait place &#224; des approches plus respectueuses du pluralisme culturel. On se refuse, dans notre pays, &#224; reprendre les politiques am&#233;ricaines de discrimination positive visant &#224; assurer un traitement pr&#233;f&#233;rentiel aux fractions de la population d&#233;savantag&#233;es du fait de leur origine ethnique. On reste camp&#233; sur le principe d'une r&#233;ussite qui serait bas&#233;e sur le seul m&#233;rite. Pourtant, notre pays a &#233;labor&#233; des m&#233;canismes correcteurs. Ainsi, des minima sociaux &#224; destination des m&#232;res isol&#233;es, les personnes &#226;g&#233;es ou handicap&#233;es&#8230; Ainsi, des politiques d'insertion qui exon&#232;rent de charges sociales certains salari&#233;s &#233;loign&#233;s de l'emploi. Ainsi, des stages ou postes r&#233;serv&#233;s aux jeunes, aux femmes, aux ch&#244;meurs de longue dur&#233;e&#8230; Mais ces politiques, r&#233;plique-t-on, s'adresse &#224; des individus, en ignorant tout de leur appartenance ethnique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est vrai que l'action sociale s'est centr&#233;e, depuis les ann&#233;es 1980, sur des secteurs g&#233;ographiques cumulant des difficult&#233;s. L'id&#233;e, c'est qu'on n'aide pas un usager, parce qu'il est d'une origine ethnique, mais parce qu'il r&#233;side dans une rue b&#233;n&#233;ficiant d'un programme d'aide, et ce m&#234;me si cette rue a &#233;t&#233; s&#233;lectionn&#233;e parce qu'y habite une importante population marqu&#233;e ethniquement. La r&#232;gle &#233;tant bas&#233;e sur l'universalit&#233; proclam&#233;e et l'&#233;galit&#233; abstraite de chacun, un d&#233;tour in&#233;galitaire est admis, &#224; condition qu'il proc&#232;de du provisoire et du momentan&#233;. Les b&#233;n&#233;ficiaires des aides sociales doivent potentiellement pouvoir en sortir, car ils &#233;voluent dans des statuts ouverts, contingents et temporaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Milena Doytcheva illustre sa d&#233;monstration en &#233;voquant d'abord les politiques de la ville qui ont d&#233;cal&#233; l'&#233;picentre de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, longtemps repr&#233;sent&#233; par le pouvoir central, vers des territoires situ&#233;s au plus pr&#232;s des populations. Avec pour cons&#233;quences, des quartiers qui ont pris une place en tant qu'entit&#233;s sp&#233;cifiques. La lutte contre les discriminations, ensuite, qui implique de reconna&#238;tre les identit&#233;s ethno raciales. Le soutien aux associations communautaires charg&#233;es de jouer un r&#244;le dans le maintien de la coh&#233;sion sociale, enfin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. La D&#233;couverte, 2007 (226 p. ; 21,50 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Eternels &#233;trangers de l'int&#233;rieur</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Eternels-etrangers-de-l-interieur</link>
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		<dc:date>2009-02-05T07:01:08Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Gens du voyage</dc:subject>
		<dc:subject>915</dc:subject>

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&lt;p&gt;S'il est bien une population dans notre pays qui, depuis des si&#232;cles, reste victime de discrimination, c'est bien celle que l'on d&#233;signe sous le terme g&#233;n&#233;rique de gens du voyage. Ils intriguent souvent (leur mode de vie d&#233;range les normes dominantes), ils fascinent parfois (leur sens de la famille et de la solidarit&#233; est un atout dans une soci&#233;t&#233; atomis&#233;e et individualiste), mais ils sont le plus souvent l'objet de rejet et de stigmatisation. Bien des id&#233;es re&#231;ues perdurent. Premier pr&#233;jug&#233; : les (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S'il est bien une population dans notre pays qui, depuis des si&#232;cles, reste victime de discrimination, c'est bien celle que l'on d&#233;signe sous le terme g&#233;n&#233;rique de gens du voyage. Ils intriguent souvent (leur mode de vie d&#233;range les normes dominantes), ils fascinent parfois (leur sens de la famille et de la solidarit&#233; est un atout dans une soci&#233;t&#233; atomis&#233;e et individualiste), mais ils sont le plus souvent l'objet de rejet et de stigmatisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des id&#233;es re&#231;ues perdurent. Premier pr&#233;jug&#233; : les pr&#233;senter comme une communaut&#233; uniforme. S'ils partagent une langue aux racines communes (le Romani), les Roms sont diff&#233;rents des Gitans qui le sont tout autant des Manouches. Ils ne partagent pas la m&#234;me r&#233;alit&#233; culturelle et sociale. Second pr&#233;jug&#233; : leur attribuer un fonctionnement forc&#233;ment nomade. Les uns voyagent, les autres sont s&#233;dentaires, d'autres encore alternent des p&#233;riodes de mobilit&#233; et de stabilit&#233; : &#171; le mode de vie induit par le type d'habitat valoris&#233; n'est pas d&#233;terminant &#187; (p.113).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me pr&#233;jug&#233; : les prendre pour de riches trafiquants (&#171; ils roulent dans des v&#233;hicules flambants neufs et poss&#232;dent de luxueuses caravanes &#187;). Comme dans toutes les communaut&#233;s, il existe des Tsiganes qui ont de l'argent. Mais la plupart souffrent de la pauvret&#233;. La qualit&#233; de leur existence, aggrav&#233;e par l'accueil qui leur est r&#233;serv&#233; (absence d'eau et d'&#233;lectricit&#233;, sites pollu&#233;s, terrains non stabilis&#233;s, pr&#233;sence de rats et de maladies contagieuses) se mesure &#224; une esp&#233;rance de vie rabaiss&#233;e &#224; 50 ou 60 ans et une mortalit&#233; infantile sup&#233;rieure de 7 &#224; 8 fois &#224; la moyenne nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;me pr&#233;jug&#233; : les consid&#233;rer comme illettr&#233;s. La culture orale tsigane s'oppose effectivement &#224; la culture scolaire, les comportements exig&#233;s &#224; l'&#233;cole allant souvent &#224; l'encontre de ceux valoris&#233;s &#224; l'int&#233;rieur de la communaut&#233;. Mais, la p&#233;dagogie adapt&#233;e dispens&#233;e dans les &#233;coles mobiles qui sont propos&#233;s &#224; leurs enfants, leur permet d'int&#233;grer les codes &#233;crits de la soci&#233;t&#233; dans laquelle ils vivent. Cinqui&#232;me pr&#233;jug&#233; : les consid&#233;rer comme a priori r&#233;tifs aux r&#232;gles et aux lois (&#171; ils s'installent partout, en ne respectant rien &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe environ 8 000 places d'accueil disponibles pour une population estim&#233;e entre 220 000 et 300 000 personnes. Manquant cruellement d'aires de stationnement, les tsiganes s'arr&#234;tent dans les seuls interstices que l'urbanisme envahissant laisse accessibles au stationnement spontan&#233; : triangles d'autoroute, zones insalubres, d&#233;chetterie. Les populations tsiganes constituent depuis des si&#232;cles une minorit&#233; culturelle qui revendique de trouver sa place dans une soci&#233;t&#233; qui n'a cess&#233; de vouloir l'assimiler de force, d&#233;l&#233;gitimer son mode de vie et la contraindre &#224; se s&#233;dentariser. Cet ouvrage qui parle d'elle avec tant de force et de justesse est &#224; lire absolument.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Descl&#233;e de Brouwer, 2007 (452 p. ; 29 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'espoir des banlieues en trompe-l'&#339;il</title>
		<link>https://www.lien-social.com/L-espoir-des-banlieues-en-trompe-l-oeil</link>
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		<dc:date>2009-02-05T07:00:55Z</dc:date>
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		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>915</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#199;a patine. De l'aveu m&#234;me des politiques, le plan pour les banlieues tarde &#224; produire les effets esp&#233;r&#233;s : retards divers, manque d'ambition, de moyens et d'objectifs chiffr&#233;s&#8230; Le &#171; plan Marshall &#187; promis s'est &#233;vanoui &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 20 janvier, le dernier comit&#233; interminist&#233;riel des villes (CIV) s'est pench&#233; sur la mise en &#339;uvre du plan Espoir banlieues. Parall&#232;lement, ce 6 f&#233;vrier, devait avoir lieu un deuxi&#232;me rendez-vous autour du m&#234;me plan, avec associations et acteurs de la politique de la ville, cens&#233; entretenir la (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#199;a patine. De l'aveu m&#234;me des politiques, le plan pour les banlieues tarde &#224; produire les effets esp&#233;r&#233;s : retards divers, manque d'ambition, de moyens et d'objectifs chiffr&#233;s&#8230; Le &#171; plan Marshall &#187; promis s'est &#233;vanoui&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 20 janvier, le dernier comit&#233; interminist&#233;riel des villes (CIV) s'est pench&#233; sur la mise en &#339;uvre du plan Espoir banlieues. Parall&#232;lement, ce 6 f&#233;vrier, devait avoir lieu un deuxi&#232;me rendez-vous autour du m&#234;me plan, avec associations et acteurs de la politique de la ville, cens&#233; entretenir la dynamique impuls&#233;e. Ainsi, le d&#233;senclavement et la mobilit&#233; des habitants &#233;tant &#224; l'ordre du jour, la d&#233;l&#233;gation interminist&#233;rielle &#224; la Ville (DIV) vient de lancer un appel &#224; projets sur la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le candidat Sarkozy avait g&#233;n&#233;reusement promis un &#171; plan Marshall des banlieues &#187; : force est de constater que le bilan, au bout d'un an, est pour le moins mitig&#233;&#8230; La secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; la Ville elle m&#234;me, Fadela Amara, lui octroyait la note de &#171; 11 sur 20 &#187;, estimant modestement que cela allait &#171; &#234;tre long &#187;. Manque d'ampleur, manque d'objectifs chiffr&#233;s : se d&#233;faussant sur certains hauts fonctionnaires accus&#233;s de freiner (particuli&#232;rement pour ce qui concerne l'installation de d&#233;l&#233;gu&#233;s du pr&#233;fet dans 350 quartiers dits sensibles), elle a reconnu son retard dans la signature des contrats d'autonomie (seulement 2000 ont &#233;t&#233; sign&#233;s, mais 19 000 sont pr&#233;vus pour cette ann&#233;e&#8230;), et dans la mise en place du busing (transport des &#233;l&#232;ves de quartiers d&#233;favoris&#233;s vers d'autres quartiers).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, les &#233;coles de la deuxi&#232;me chance, qui s'adressent aux 18-25 ans en &#233;chec scolaire, sont loin d'exister dans tous les d&#233;partements : on en compte 43. Sur le d&#233;senclavement, le projet de tramway (pour Clichy-sous-Bois et Montfermeil, en banlieue parisienne) souffre de d&#233;saccords sur le trac&#233;. Le coaching, mesure-phare cens&#233;e amener &#224; l'emploi des jeunes sans qualification, est &#224; la tra&#238;ne ; le dossier sur l'arriv&#233;e de l'Internet haut d&#233;bit n'avance pas non plus. Et le gouvernement veut relancer la r&#233;flexion sur les crit&#232;res de d&#233;finition des zones urbaines sensibles (ZUS), avec une prochaine mission parlementaire. En outre, depuis le mini remaniement, Fadela Amara se dispute avec Boutin, ministre du Logement, la tutelle de l'agence nationale de r&#233;novation urbaine (ANRU).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des doubles annonces sont faites pour des projets d&#233;j&#224; financ&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;ponses doivent se d&#233;cliner minist&#232;re par minist&#232;re. Avec celui de la Famille, la cr&#233;ation d'une cellule d'alerte sur le d&#233;crochage scolaire est pr&#233;vue. La police de proximit&#233; avait &#233;t&#233; bruyamment supprim&#233;e par Sarkozy : subrepticement, la ministre de l'Int&#233;rieur, Mich&#232;le Alliot-Marie, r&#233;introduit depuis avril dernier des unit&#233;s territoriales de quartier (UTeQ) avec le m&#234;me objectif de rapprocher population et forces de l'ordre&#8230; Cent nouvelles UTeQ seront cr&#233;&#233;es cette ann&#233;e. De m&#234;me, sont annonc&#233;es des compagnies de s&#233;curisation sp&#233;cialis&#233;es (CSS), &#233;paul&#233;es par des &#171; r&#233;servistes exp&#233;riment&#233;s &#187; habitants des quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan Espoir banlieues fut repouss&#233; tellement de fois qu'il avait &#233;t&#233; qualifi&#233; d'arl&#233;sienne du quinquennat. En juillet 2008, le Conseil &#233;conomique et social (CES) avait estim&#233; qu'il &#171; n'engageait pas de pistes nouvelles &#187; et manquait de moyens, en parlant d'une &#171; r&#233;alisation incertaine &#187;. Aujourd'hui, des associations d'&#233;lus comme l'association des maires Ville et banlieue (AMVB) d&#233;noncent un plan en trompe-l'&#339;il et signalent des doubles annonces faites pour des projets d&#233;j&#224; financ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devenu il y a peu ministre de tutelle, Hortefeux veut acc&#233;l&#233;rer le plan. Un prochain CIV doit se tenir &#171; dans les trois mois &#187; et examiner l'avancement des programmes d'action des diff&#233;rents minist&#232;res. Fadela Amara &#8211; qui dit vouloir instaurer un &#171; v&#233;ritable bouclier social &#187; &#8211; ne s'en tirera pas avec des formules : le jour de l'investiture d'Obama, elle n'avait pas h&#233;sit&#233; pas &#224; lancer : &#171; Je pense qu'on peut aussi parler de Oba Amara. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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