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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>L'aventure plut&#244;t que les discours</title>
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&lt;p&gt;Lancer des projets de longue haleine malgr&#233; sa mission d'accueil d'urgence, voil&#224; le pari que l'association Delta Suda relev&#233;. Cet &#233;t&#233;, les enfants qu'elle h&#233;berge sont partis arpenter les Alpes durant cinq semaines. Cette exp&#233;rience, parfois &#233;prouvante, les interroge. Souvent &#224; l'origine d'une m&#233;tamorphose. De leur c&#244;t&#233;, les &#233;ducateurs, qui sont essentiellement dans la parole, trouve l&#224; une mani&#232;re plus directe d'agir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Course de fond ou &#233;preuve de relais ? En traversant les Alpes durant plus d'un mois en (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lancer des projets de longue haleine malgr&#233; sa mission d'accueil d'urgence, voil&#224; le pari que l'association Delta Suda relev&#233;. Cet &#233;t&#233;, les enfants qu'elle h&#233;berge sont partis arpenter les Alpes durant cinq semaines. Cette exp&#233;rience, parfois &#233;prouvante, les interroge. Souvent &#224; l'origine d'une m&#233;tamorphose. De leur c&#244;t&#233;, les &#233;ducateurs, qui sont essentiellement dans la parole, trouve l&#224; une mani&#232;re plus directe d'agir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Course de fond ou &#233;preuve de relais ? En traversant les Alpes durant plus d'un mois en juillet et ao&#251;t 2008, les foyers Delta Sud ont sans doute go&#251;t&#233; aux deux disciplines. La structure d'accueil d'urgence a ainsi r&#233;alis&#233; un projet au long cours, &#224; savoir une marche sur pr&#232;s de trois cents kilom&#232;tres en compagnie de cinq vagues d'enfants de huit ans et plus, venues de ses cinq foyers situ&#233;s dans les Bouches-du-Rh&#244;ne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Le si&#232;ge de l'association des foyers Delta Sud , situ&#233; &#224; Aix-en-Provence. T&#233;l (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; raison d'une semaine par groupe, les grimpeurs ont reli&#233; Saint-Martin-en-Vercors &#224; N&#233;vache dans le Brian&#231;onnais, en passant par le D&#233;voluy et le massif des Ecrins. Avec l'aide de cinq &#226;nes b&#226;t&#233;s pour porter l'&#233;quipement de camping, les randonneurs en herbe ont pu atteindre 3200 m&#232;tres d'altitude ! Chaque foyer n'ayant parcouru qu'une partie de l'itin&#233;raire, seuls quelques uns ont atteint cette altitude. Ils peuvent cependant tous se targuer d'une r&#233;ussite collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les raisons du succ&#232;s ? La volont&#233; d'abord. Suite &#224; l'initiative imagin&#233;e par l'un de ses &#233;ducateurs, Delta Sud a acquis une certaine exp&#233;rience en mati&#232;re de randonn&#233;e alpine. Ainsi a-t-elle d&#233;j&#224; organis&#233;, &#224; trois reprises, un trek d'une semaine durant l'hiver dans les hauts plateaux du Vercors avec cinq jeunes, deux &#233;ducateurs et un guide. La premi&#232;re fois que l'association s'est risqu&#233;e &#224; ce genre de s&#233;jour, c'&#233;tait en f&#233;vrier 2006. Elle a ensuite r&#233;&#233;dit&#233; le projet les deux ann&#233;es suivantes. Convaincue de l'int&#233;r&#234;t d'une telle exp&#233;rience, l'&#233;quipe de Delta Sud poursuit donc de nouveaux projets. Et ce, malgr&#233; sa vocation &#224; accueillir en urgence des enfants et des adolescents de la naissance &#224; dix-huit ans, seuls ou en fratrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ordonnances de placement provisoire (OPP) constituent le quotidien de cette structure. Pour autant, elle n'en rel&#232;ve pas moins le d&#233;fi d'initier des projets &#224; long terme. &lt;i&gt;&#171; En moyenne, nous accueillons les enfants quatre &#224; cinq mois &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;taille le directeur adjoint, Jos&#233; Escudero. Pas question de r&#233;duire ses projets &#224; un tel calendrier, d'autant que la marche de cet &#233;t&#233; aura demand&#233; presque un an de concertation. Sa m&#233;thode ? &lt;i&gt;&#171; On fait quelques ajustements de derni&#232;re minute et on anticipe les mouvements des enfants &#187;&lt;/i&gt;, note le responsable. Pour le reste, le s&#233;jour semble planifi&#233; dans tous ses d&#233;tails.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis novembre dernier, au rythme d'une r&#233;union tous les deux mois, les organisateurs ont pass&#233; en revue chaque aspect du s&#233;jour. Quant au plan mat&#233;riel, les coordinateurs du projet ont visit&#233; chaque foyer pour r&#233;pondre aux questions pos&#233;es tant par les &#233;ducateurs accompagnateurs que par les enfants. Ils ont notamment list&#233;, en d&#233;tail, le trousseau &#224; emporter dans les sac &#224; dos. En outre, l'association a d&#251; investir dans un &#233;quipement adapt&#233; au bivouac en montagne, et notamment dans les chaussures de marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre sujet de r&#233;flexion : l'aspect pratique. &lt;i&gt;&#171; Un &#233;ducateur r&#233;f&#233;rent suit tout le s&#233;jour, pr&#233;cise Jos&#233; Escudero. Avant le d&#233;part, il a fait le tour des foyers pour expliquer aux enfants comment cela se passerait. &#187;&lt;/i&gt; Reste enfin le plan th&#233;orique. Sur quelles valeurs communes s'accorde-t-on ? Partant de cette interrogation, la direction a ainsi d&#233;termin&#233; des r&#232;gles &#224; appliquer durant toute la randonn&#233;e : le t&#233;l&#233;phone portable &#233;tait proscrit (quand bien m&#234;me le r&#233;seau aurait fonctionn&#233;), la musique &#233;galement&#8230; Afin de financer son projet, Delta Sud a certes utilis&#233; ses fonds propres, mais elle a &#233;galement fait appel &#224; des soutiens ext&#233;rieurs. Elle a d'ailleurs b&#233;n&#233;fici&#233; d'une subvention exceptionnelle accord&#233;e par le pr&#233;sident du conseil g&#233;n&#233;ral. En outre, quelques m&#233;c&#232;nes ont aussi r&#233;pondu pr&#233;sents, en l'occurrence la Fondation V&#233;olia et le Lyons club.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Exploits multiples&lt;/strong&gt; &#8226; &#171; Il ne s'agit pas de s&#233;jour de rupture mais de distanciation &#187;&lt;/i&gt;, insiste Richard Le Tellier, directeur de la structure. Hors de question, en effet, de reproduire une situation que les enfants plac&#233;s en foyer subissent d&#233;j&#224;. L'exp&#233;rience a pris tout son sens &#224; travers le comportement des adolescents ayant particip&#233; aux s&#233;jours pr&#233;c&#233;dents. En t&#233;moigne l'exemple de cet adolescent. &lt;i&gt;&#171; Il relevait d'un ITEP. Il avait beaucoup de mal &#224; faire face aux frustrations et le manifestait par la violence,&lt;/i&gt; commente Richard Le Tellier. &lt;i&gt;Au bout de deux jours dans le Vercors, il ne jetait plus ses affaires. &#187;&lt;/i&gt; Rattrap&#233; par la force de la nature, le jeune n'avait gu&#232;re d'alternative&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste qu'&#224; son retour en foyer, une m&#233;tamorphose s'&#233;tait amorc&#233;e. &#171; &lt;i&gt; Il avait encore des crises&lt;/i&gt;, reconna&#238;t le directeur. &lt;i&gt;Mais elles &#233;taient moins nombreuses. On sentait qu'il tentait de ma&#238;triser ses pulsions. &#187;&lt;/i&gt; De quoi relever le d&#233;fi qui sous-tend ce genre de p&#233;riple : travailler sur la notion de manque. &lt;i&gt;&#171; En montant dans les Alpes, on organise la perte,&lt;/i&gt; analyse l'&#233;ducateur Norbert German. &lt;i&gt;On part en TGV. Arriv&#233; &#224; Valence, on change pour un train beaucoup moins rapide et moins confortable. On prend ensuite une estafette pour finir &#224; pied&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Sur place : pas de t&#233;l&#233;vision ou de jeux vid&#233;o. Une toilette rudimentaire sans eau chaude. En bref, pas de relation avec le monde moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque groupe de marcheurs n'a cependant pas v&#233;cu isol&#233; des autres. Une forme de relais se d&#233;roulait &#224; la fin de chaque semaine. &lt;i&gt;&#171; Ils se retrouvent le samedi soir et passent la veill&#233;e ensemble. Le dimanche matin, un groupe rentre au foyer pendant que le nouveau poursuit la randonn&#233;e l&#224; o&#249; l'autre l'avait laiss&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, explique Richard Le Tellier. C'est alors un moment de complicit&#233; o&#249; les enfants peuvent s'&#233;changer quelques conseils. Ce qui inscrit le projet dans une continuit&#233;. Par le biais d'un cahier de bord, un cam&#233;scope, un blog &#224; remplir et de l'aquarelle (pour r&#233;aliser un tableau par jour de marche), ils se transmettent le relais. Au final, ils pourront se targuer d'avoir ensemble accompli un exploit : la travers&#233;e des Alpes. L'occasion de r&#233;aliser l'importance de la solidarit&#233;. &lt;i&gt;&#171; Le groupe passe avant l'individu, commente Jos&#233; Escudero. La fugue est impossible. &#187;&lt;/i&gt; Sans les autres, la prouesse aurait &#233;t&#233; irr&#233;alisable. Reste &#224; mesurer le chemin int&#233;rieur que chacun a parcouru tout au long de la marche&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une graine sem&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Reportage au foyer de Gardanne dans kes Bouches-du-Rh&#244;ne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si les &#233;ducateurs ne peuvent pas observer longtemps les transformations op&#233;r&#233;es par l'aventure - les jeunes ne restant pas longtemps dans ce foyer d'accueil d'urgence - ils savent que cette exp&#233;rience les suivra toute leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore deux jours ! &#192; l'avant-veille de leur d&#233;part pour les Alpes, les enfants du foyer de Gardanne (Bouches-du-Rh&#244;ne) sont en effervescence. Les plus petits semblent ignorer ce qui se pr&#233;pare. Les grands, &#226;g&#233;s de huit &#224; quatorze ans et demi, ont en revanche une id&#233;e du p&#233;riple qu'ils s'appr&#234;tent &#224; vivre. Dans le salon, Ornella, Jade, Pilar, Esp&#233;rance et Adel discutent de l'&#233;v&#233;nement. Les questions - r&#233;ponses fusent. &lt;i&gt;&#171; &#199;a va &#234;tre dur ! Vous voulez notre mort ? &#187;&lt;/i&gt;, interroge Ornella, le ton acerbe, en direction des &#233;ducateurs. &lt;i&gt;&#171; On va faire combien de kilom&#232;tres par jour ? &#187;&lt;/i&gt;, s'inqui&#232;te Jade &#224; son tour. &lt;i&gt;&#171; Dix kilom&#232;tres par jour &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;plique Pilar. Mine de rien, l'adolescente tombe dans le juste, vu qu'en six jours de marche, ils auront soixante kilom&#232;tres &#224; abattre. &lt;i&gt;&#171; Ils partiront samedi matin aux aurores&lt;/i&gt;, explique M. Gajan, chef de service. &lt;i&gt;Ils retrouveront les jeunes du foyer de Saint-Martin-de-Crau. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les t&#234;tes, l'itin&#233;raire para&#238;t encore confus. &lt;i&gt;&#171; On est oblig&#233; de venir ? &#187;&lt;/i&gt; demande encore Jade. Sur ce point, les enfants n'auront pas leur mot &#224; dire. Tous devront tenter de participer. Aussi r&#233;ticents soient-ils. L'enjeu en vaut la chandelle, d'autant que selon Norbert German &lt;i&gt;&#171; un seul enfant [du foyer de Martigues] a ouvertement refus&#233; de marcher. Au bout de 300 m&#232;tres, il s'est arr&#234;t&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Pour lui, le s&#233;jour s'est donc achev&#233; en compagnie des plus jeunes, au camp de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres ont poursuivi leur &lt;i&gt;&#171; parcours initiatique &#187;&lt;/i&gt;, comme le qualifie Jos&#233; Escudero, directeur adjoint de Delta Sud. L'expression refl&#232;te, en effet, une r&#233;alit&#233;. L'aventure appara&#238;t en soi comme un d&#233;fi. Sur le plan physique, chacun craint ses limites. Si Esp&#233;rance &lt;i&gt;&#171; adore marcher &#187;&lt;/i&gt;, les autres a contrario redoutent l'effort. Certains tentent de se rassurer. &lt;i&gt;&#171; Ce sera comme lorsqu'on est mont&#233; &#224; la Sainte-Victoire,&lt;/i&gt; glisse Jade. &lt;i&gt;On s'arr&#234;tait toutes les deux heures&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Pour sa part, Esp&#233;rance est effray&#233;e par l'id&#233;e de dormir sous une tente, a fortiori s'il venait &#224; pleuvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autres frustrations en perspective : l'absence de musique, hormis celle de la faune et de la flore. &lt;i&gt;&#171; On n'a pas le droit de porter de MP3 &#187;&lt;/i&gt;, se plaint Ornella. Pendant toutes ces litanies, Adel garde le silence. Il vient d'arriver au foyer. Il devra vite trouver ses rep&#232;res car un nouvel environnement les attend. Une fois sur place, ce sera finalement Pilar qui peinera &#224; trouver ses marques. Ainsi, apr&#232;s ses deux chutes b&#233;nignes, les responsables d&#233;cident de la renvoyer au camp de base pour terminer son s&#233;jour. L'itin&#233;raire se poursuivra sans elle. &#192; savoir quatre &#224; cinq heures de marche, chaque jour, &lt;i&gt;&#171; sans parler &#187;&lt;/i&gt;, s'&#233;tonne l'&#233;ducatrice Erica Bruniquel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Retour au foyer&lt;/strong&gt; &#8226; Une semaine plus tard. Le minibus ram&#232;ne les jeunes alpinistes &#224; Gardanne. Autour d'un repas frugal, chacun raconte ce qu'il a retenu. Les p&#233;rip&#233;ties et les craintes en tous genres laissent peu &#224; peu place &#224; l'&#233;merveillement. &lt;i&gt;&#171; Les paysages &#233;taient magnifiques &#187;&lt;/i&gt;, t&#233;moigne Esp&#233;rance. Et Adel d'acquiescer. Des images plein la t&#234;te, le groupe retient aussi l'effort fourni et l'&#233;puisement ressenti en fin de journ&#233;e. &#171; &lt;i&gt; On &#233;tait si fatigu&#233; que tout le monde dormait avant qu'il ne fasse nuit &#187;&lt;/i&gt;, confie Erica Bruniquel, qui voulait &lt;i&gt;&#171; tenter l'exp&#233;rience pour voir [ses] propres r&#233;actions. &#187;&lt;/i&gt; Sans d&#233;tour, son coll&#232;gue Thierry Fromentin commente le parcours : &lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait un peu marche ou cr&#232;ve &#187;&lt;/i&gt;. Pour cause : Norbert German ne pouponne pas les enfants. Il souhaite &lt;i&gt;&#171; leur permettre de repousser leurs limites &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant que le parcours se voulait abordable pour les randonneurs en herbe, en raison de la pr&#233;sence des &#226;nes. Popeye, Barnab&#233;, Pompon et les autres ont ainsi donn&#233; la cadence. Tout comme le guide. &lt;i&gt;&#171; Kader ne tra&#238;ne pas. Il pousse si c'est n&#233;cessaire,&lt;/i&gt; souligne Erica Bruniquel. &lt;i&gt;Cela fait r&#233;fl&#233;chir sur nos pratiques&#8230; En foyer, on est plus dans la parole. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Au bout du parcours, le contrat est rempli. Sourire aux l&#232;vres, les enfants se f&#233;licitent. &#171; &lt;i&gt; Je ne pensais pas que j'en &#233;tais capable &#187;&lt;/i&gt;, avoue Ornella. Quelques d&#233;ceptions apparaissent toutefois. &lt;i&gt;&#171; Je pensais qu'il y aurait plus de solidarit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, se d&#233;sole Erica.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre semaines apr&#232;s cette aventure, la vie a repris son cours &#224; Delta Sud. &lt;i&gt;&#171; Je remarque quelque chose de diff&#233;rent dans mon contact avec les enfants,&lt;/i&gt; observe Thierry Fromentin. &lt;i&gt;Une plus grande proximit&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Mais le rythme du foyer d'urgence est inexorable. &lt;i&gt;&#171; La plupart des enfants qui ont march&#233; dans les Alpes sont partis. &#187;&lt;/i&gt; D'autres prendront leur place. &lt;i&gt;&#171; Une graine est sem&#233;e, juge simplement Norbert German, coordonnateur du projet. Cette exp&#233;rience, les enfants l'ont v&#233;cue. Elle leur appartient. Elle les suivra toute leur vie &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; &#171; L&#224;-bas, les enfants ont de quoi tester leur toute-puissance &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Entretien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Norbert German&lt;/strong&gt; est moniteur-&#233;ducateur &#224; Delta Sud depuis huit ans. &lt;br class='autobr' /&gt;
Coordonnateur du projet de travers&#233;e des Alpes, ainsi que de treks dans le Vercors durant l'hiver, il en est &#233;galement l'initiateur. Il en r&#233;v&#232;le les grandes lignes &#224; &lt;i&gt;Lien Social&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment l'id&#233;e d'organiser un trek pour des enfants de huit ans et plus a-t-elle &#233;merg&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque je travaillais avec les personnes handicap&#233;es, on avait mont&#233; un camp roulotte durant quatre semaines. Il s'agissait d'un camp itin&#233;rant o&#249; l'on partait &#224; l'aventure. L'id&#233;e &#233;tant de vivre l'instant pr&#233;sent. Aussi quand je suis arriv&#233; &#224; Delta, j'ai souhait&#233; revivre ce genre d'aventure avec les enfants. Parce qu'il me semble int&#233;ressant de vivre, par ce biais-l&#224;, des aspects essentiels de l'humanit&#233;. En effet, je trouve vraiment diff&#233;rent, pour un &#233;ducateur, de recevoir les enfants dans son bureau et de partir en gal&#232;re avec eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sans doute tr&#232;s pol&#233;mique&#8230; Tr&#232;s souvent, l'adulte est en position haute par rapport &#224; l'enfant. Il l'aide. Or, dans ce genre d'aventure, il y a un rapprochement qui se cr&#233;e. Tout l'int&#233;r&#234;t de cette d&#233;marche est l&#224;. Humainement, l'enfant va voir de quelle p&#226;te vous &#234;tes fait. Cela sera utile par la suite pour pouvoir l'aider. Quand on gal&#232;re, on gal&#232;re comme lui ! Dans le Vercors, en hiver, on a froid comme lui ! Quelque chose de l'humanit&#233; se dit alors. Et c'est bien diff&#233;rent de ce qu'on entend en entretien ! Je crois plus &#224; l'exp&#233;rience commune v&#233;cue qu'aux discours. Pour aider les enfants, j'agis. Sans pour autant tomber dans un activisme forcen&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'autres raisons vous ont-elles pouss&#233; &#224; imaginer ce type d'aventure ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis dipl&#244;m&#233; depuis 1989. Apr&#232;s une vingtaine d'ann&#233;es de m&#233;tier, on ressent souvent une forme d'usure. Comment faire pour la combattre ? Avec la cr&#233;ation ! C'est un sacr&#233; moteur ! Lorsqu'on se trouve en plus dans une association preneuse de tels projets, on pousse ses murs professionnels. On b&#233;n&#233;ficie alors d'espaces de libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre travers&#233;e des Alpes trouve ses racines dans un autre projet, &#224; savoir un p&#233;riple hivernal dans les hauts plateaux du Vercors. Pourriez-vous en expliquer la teneur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout a commenc&#233; il y a quatre ans dans la Dr&#244;me. Nous avions fait un p&#233;riple en &#233;toile durant l'&#233;t&#233;. Le guide m'a alors parl&#233; de ce que l'on pouvait vivre dans le Vercors et m'a renvoy&#233; vers Kader Kou&#239;dri, un accompagnateur en moyenne montagne. Cet homme, qui a travaill&#233; pour des centres &#233;ducatifs renforc&#233;s et des centres &#233;ducatifs ferm&#233;s, a une exp&#233;rience humaine et technique. Ainsi, depuis trois ans, nous guide-t-il pendant une semaine dans le Vercors. On part avec cinq jeunes (&#224; partir de treize ans) et deux &#233;ducateurs pour traverser en raquette les hauts plateaux sur soixante-dix kilom&#232;tres, en totale autonomie. Cela demande un engagement physique tr&#232;s important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On d&#233;pose le projet en septembre &#8211; octobre. On commence &#224; le travailler avec les enfants &#224; partir de d&#233;cembre. On envoie des invitations dans les foyers pour savoir qui a envie d'aventure. On leur pr&#233;sente alors le projet sans d&#233;tour. L'aventure pr&#233;sente plusieurs id&#233;es int&#233;ressantes. D'une part, on a souvent affaire &#224; des gamins qui sont dans la toute-puissance. L&#224;-bas, ils ont de quoi la tester cette toute-puissance ! &#192; un moment donn&#233;, c'est la nature qui prend le dessus. Chacun doit trouver les ressources pour passer cette &#233;preuve. D'autre part, elle ne se franchit pas seul. L'&#233;quipe est de ce fait tr&#232;s importante. Voil&#224; pourquoi on leur fait tirer les pulkas [sortes de tra&#238;neaux, ndlr] &#224; tour de r&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il faut savoir prendre soin de soi. Sans cela, on ne peut pas traverser le Vercors. On voit certains enfants qui ne se pr&#233;occupent pas de leur mat&#233;riel. Or perdre une gu&#234;tre, par exemple, devient tr&#232;s dangereux &#224; cause du froid. Certains gamins se mettent &#224; pleurer de douleur. Ils font des exp&#233;riences tr&#232;s importantes. Nous, nous leur expliquons notre mani&#232;re de faire. Ensuite c'est &#224; eux de voir. Soit ils font comme nous, soit ils agissent diff&#233;remment. On pare bien s&#251;r &#224; toutes les situations dangereuses. Ainsi, si le jeune a froid, interviendra-t-on. Mais jamais avant cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi la marche dans le Vercors se d&#233;marque-t-elle de la travers&#233;e des Alpes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Vercors, le projet dure une semaine. Il se tient depuis trois ans au mois de f&#233;vrier. Chaque jour, on parcourt environ dix kilom&#232;tres en douze heures en raison de la neige. La semaine se d&#233;roule toujours selon le m&#234;me sch&#233;ma. Le premier jour, les enfants d&#233;couvre l'effort physique, le fait de porter une charge dans un milieu hostile. Le deuxi&#232;me jour, il y a une esp&#232;ce d'&#233;croulement physique. Le troisi&#232;me, le moral fl&#233;chit. Le quatri&#232;me, les enfants semblent se reconstituer. Sur les trois derniers jours, ils sont finalement capables de marcher pendant plusieurs heures sans r&#226;ler. Je ne saurais pas l'expliquer. C'est le miracle de ce projet : c'est &#224; chaque fois le m&#234;me sch&#233;ma ! Pour la travers&#233;e de cet &#233;t&#233;, les conditions sont moins rudes. L'effort physique est moins important, les m&#233;canismes sont sans doute plus longs&#8230; Mais des petites graines commencent &#224; germer. Il faut que les &#233;ducateurs s'en saisissent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les apports des deux projets ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce type de p&#233;riple impose des efforts physiques. Toutefois le plus violent pour les enfants n'est pas physique. Cela se passe dans la t&#234;te. Marcher est une mani&#232;re d'aller vers soi-m&#234;me. Les gamins se retrouvent seuls face &#224; toutes ces pens&#233;es difficiles &#224; g&#233;rer concernant leur propre histoire. Cela cause des comportements agressifs. &#192; partir du moment o&#249; ils se mettent &#224; accepter d'&#234;tre travers&#233;s par des id&#233;es, pas toujours agr&#233;ables, et &#224; s'ouvrir &#224; ce qui les entoure, ils augmentent leur capacit&#233; &#224; r&#233;sister. Les enfants sont alors apais&#233;s. On sent des r&#233;sultats &#224; leur retour en foyer. Je ne suis pas psychologisant. Je le constate seulement. Bien s&#251;r, ce n'est pas magique. Comme la marche dure une semaine, l'effet ne durera pas cinquante ans ! C'est cependant une piste. L'enfant entend plusieurs messages. D'une part, il est capable de changement. D'autre part, il a r&#233;ussi quelque chose. Par ailleurs, ce genre de projet nous renseigne beaucoup sur les enfants. Ce qui est tr&#232;s utile vu que nous avons une mission d'observation et d'orientation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels avantages les &#233;ducateurs en retirent-ils ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t pour une association est de durer dans le temps, ne pas se contenter d'un coup. En r&#233;&#233;ditant le projet, on profite des fruits des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes. Cela demande des efforts suppl&#233;mentaires aux &#233;quipes. Il faut donc du temps pour que les uns et les autres se l'accaparent. Ainsi, en r&#233;alisant un p&#233;riple sur cinq semaines avec cinq foyers, a-t-on touch&#233; tout le monde. Maintenant, il y a dans chaque foyer au moins deux &#233;ducateurs qui ont go&#251;t&#233; ce genre d'aventure. Ils ne sont plus &#233;trangers au projet. Ils en connaissent l'int&#233;r&#234;t pour les enfants et l'impact que cela engendre dans leur travail d'&#233;ducateur. &#192; l'heure actuelle, les &#233;ducateurs sont de plus en plus dans la parole. Or les enfants, pris en charge dans le secteur social, sont tr&#232;s format&#233;s. Ils ont vu des psy, des orthophonistes, etc. Ils savent exactement ce que les &#233;ducateurs attendent d'eux. Gr&#226;ce &#224; la marche, les &#233;ducateurs comprennent qu'ils ont un outil simple &#224; disposition, qui ne demande pas beaucoup de moyens. Finalement, le plus difficile dans ce type de projet est de trouver des &#233;ducateurs qui tiennent la route !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par &lt;strong&gt;M.D.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le si&#232;ge de l'association des &lt;a href=&#034;http://www.foyersdeltasud.net&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;foyers Delta Sud&lt;/a&gt; , situ&#233; &#224; Aix-en-Provence. T&#233;l : 04 42 26 90 68 &#8226; Chaque foyer est parti au complet. Aussi les enfants de moins de 8 ans sont'ils rest&#233;s sur un camp de base pendant que leurs a&#238;n&#233;s randonnaient&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>L'aventure plut&#244;t que les discours</title>
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		<title>Le refus de l'&#233;cole : six points de vue</title>
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		<dc:subject>&#201;cole</dc:subject>
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&lt;p&gt;C'est une question r&#233;currente depuis l'instauration de l'&#233;cole obligatoire dans les pays d&#233;velopp&#233;s : pourquoi, un certain nombre de nos ch&#232;res t&#234;tes blondes ne veulent-elles rien conna&#238;tre du formidable monde dans lequel nous les invitons &#224; entrer : le savoir ? Ils sont des millions d'enfants &#224; attendre avec plaisir la rentr&#233;e des classes : pour retrouver les copains, pour tisser avec l'enseignant la relation privil&#233;gi&#233;e qu'ils ne trouvent pas &#224; la maison, mais aussi, par curiosit&#233; et int&#233;r&#234;t pour ce (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est une question r&#233;currente depuis l'instauration de l'&#233;cole obligatoire dans les pays d&#233;velopp&#233;s : pourquoi, un certain nombre de nos ch&#232;res t&#234;tes blondes ne veulent-elles rien conna&#238;tre du formidable monde dans lequel nous les invitons &#224; entrer : le savoir ? Ils sont des millions d'enfants &#224; attendre avec plaisir la rentr&#233;e des classes : pour retrouver les copains, pour tisser avec l'enseignant la relation privil&#233;gi&#233;e qu'ils ne trouvent pas &#224; la maison, mais aussi, par curiosit&#233; et int&#233;r&#234;t pour ce qu'ils vont apprendre. Mais quelles sont donc les raisons qui expliquent la r&#233;action tout &#224; fait inverse des &#233;l&#232;ves qui ex&#232;crent et rejettent l'&#233;cole ? C'est &#224; cette question que se consacre Gilles Brandibas, dans un &#233;crit riche et savant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conscient de la complexit&#233; de la probl&#233;matique, l'auteur annonce d'embl&#233;e son intention de s'inscrire dans un registre multidimensionnel. S'il d&#233;ploie brillamment un discours psychanalytique, il a bien garde de s'y enfermer. Le rejet de l'&#233;cole ne peut se comprendre dans une dynamique de causalit&#233; lin&#233;aire, mais avant tout comme un processus dont il s'agit d'identifier les nombreux tenants et aboutissants. Le refus scolaire peut aller de la simple &#233;cole buissonni&#232;re (manque d'assiduit&#233;), &#224; la v&#233;ritable phobie (blocage psychologique et physique), en passant par le manque d'app&#233;tence/initiative en classe ou l'opposition tranch&#233;e. Cette cat&#233;gorisation n'est pas &#233;tanche, l'&#233;l&#232;ve pouvant passer de l'une &#224; l'autre de ces figures ou en cumuler tout ou partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les multiples facteurs d'explication, il y a d'abord ce &#171; non &#187;, comme organisateur psychique de la personnalit&#233;, dans le rapport tant aux apprentissages qu'au savoir ou &#224; la loi. L'enfant ressent naturellement la n&#233;cessit&#233; de se frotter aux limites de ses parents pour s'assurer de la solidit&#233;, de la coh&#233;rence et de la continuit&#233; des bases sur lesquelles il s'appuie. Puis, vient la v&#233;ritable anxi&#233;t&#233;. Il y a d'abord la peur face aux &#233;l&#232;ves (situation de violence, de racket) ou aux enseignants (quand ceux-ci humilient ou terrorisent). Il y a ensuite la peur de l'&#233;chec scolaire, quand l'enfant manque de confiance en lui ou poss&#232;de une faible estime de soi, ne supportant pas les &#233;checs. Il y a encore la peur de la s&#233;paration d'avec les figures d'attachement : crainte qu'il arrive quelque chose &#224; ses parents pendant son absence ou que ceux-ci l'abandonnent. On trouve aussi le refus caract&#233;riel de toute autorit&#233; et de toute r&#232;gle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'&#233;cole peut tout autant faire &#233;merger des conflits intrapsychique anciens. Un certain nombre de crit&#232;res permettent de mesurer l'ad&#233;quation de l'enfant &#224; la r&#233;alit&#233; scolaire ou au contraire sa prise de distance : le degr&#233; d'attachement aux figures adultes que constituent les enseignants, d'intensit&#233; de la croyance aux valeurs et aux normes de l'&#233;cole, d'implication dans la vie scolaire et enfin l'adaptation aux contraintes du quotidien. La compr&#233;hension de cette r&#233;alit&#233; ne peut faire l'&#233;conomie d'un ratissage large dans les champs des sciences de l'&#233;ducation, de la syst&#233;mie, de la psychologie du d&#233;veloppement et du comportement, que de la psychologie sociale ou de la psychopathologie clinique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. L'Harmattan, 2007 (262 p. ; 23,50 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le p&#233;d&#233;raste et le p&#233;dophile &#224; l'&#233;cole</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Le-pederaste-et-le-pedophile-a-l-ecole</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Abus sexuel</dc:subject>
		<dc:subject>896</dc:subject>

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&lt;p&gt;Foisonnant, ce petit livre d'un coll&#232;gue &#233;ducateur, tourn&#233; vers la sociologie et les sciences de l'&#233;ducation. La tradition r&#233;publicaine veut que la sexualit&#233; tant de l'enfant que de l'enseignant reste aux portes de l'&#233;cole. Pourtant, les agressions p&#233;dophiles perp&#233;tr&#233;es &#224; l'&#233;cole, m&#234;me si elles rel&#232;vent de l'&#233;piph&#233;nom&#232;ne, d&#233;montrent que certains professeurs ne peuvent refr&#233;ner leurs pulsions et passent &#224; l'acte, profitant de l'aubaine que leur procure leur position professionnelle. L'enfant, loin de vivre dans un (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Foisonnant, ce petit livre d'un coll&#232;gue &#233;ducateur, tourn&#233; vers la sociologie et les sciences de l'&#233;ducation. La tradition r&#233;publicaine veut que la sexualit&#233; tant de l'enfant que de l'enseignant reste aux portes de l'&#233;cole. Pourtant, les agressions p&#233;dophiles perp&#233;tr&#233;es &#224; l'&#233;cole, m&#234;me si elles rel&#232;vent de l'&#233;piph&#233;nom&#232;ne, d&#233;montrent que certains professeurs ne peuvent refr&#233;ner leurs pulsions et passent &#224; l'acte, profitant de l'aubaine que leur procure leur position professionnelle. L'enfant, loin de vivre dans un monde d'insouciance et de s&#233;curit&#233;, n'est donc pas au sein de l'institution scolaire compl&#232;tement &#224; l'abri de la folie de l'adulte. Pendant longtemps, cette r&#233;alit&#233; sera rest&#233;e tabou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la p&#233;dophilie existe en mati&#232;re d'&#233;ducation, depuis la nuit des temps. L'antiquit&#233; grecque fit du p&#233;d&#233;raste un enseignant incontournable dont seule l'&#233;lite profitait ! La vision de l'enfant a, depuis, totalement chang&#233;. Dans nos civilisations contemporaines, son corps est sacralis&#233; et il est consid&#233;r&#233; digne d'une protection et de soins sp&#233;ciaux. L'&#226;ge des relations sexuelles est codifi&#233;, menant en prison celles et ceux qui veulent l'ignorer. Pour autant, affirme l'auteur, il ne faudrait pas bannir l'affectif de l'&#233;cole au risque de la d&#233;shumaniser compl&#232;tement : &#171; sans amour il est impossible d'enseigner &#187; (p.45). Transmettre un savoir peut difficilement se faire en restant indiff&#233;rent &#224; celui ou &#224; celle &#224; qui on le transmet. Aimer ses &#233;l&#232;ves n'est pas en soi pervers. Cela peut tout autant structurer que d&#233;truire l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle diff&#233;rence peut-on alors &#233;tablir entre celui qui prend le corps de l'enfant pour un objet de ses d&#233;sirs et celui qui le consid&#232;re comme le sujet des connaissances qu'il apporte ? Ce qui les s&#233;pare, c'est la distance n&#233;cessaire et vitale qui permet &#224; l'enfant de grandir et de s'&#233;manciper. Le p&#233;dophile est avant tout amoureux de lui-m&#234;me. Il est rest&#233; fix&#233; &#224; un stade de son d&#233;veloppement psychologique, social et sexuel. En s'&#233;namourant de l'enfant, il croit se voir dans les yeux de sa victime qui joue avant tout le r&#244;le d'un miroir rassurant. Le p&#233;dagogue, qu'il le veuille ou non, prend une place plus ou moins importante de substitut de figure parentale. A ce titre, il est investi par l'enfant dans une relation d'attachement et attir&#233; lui-m&#234;me par celui-ci. Mais, il est avant tout l&#224;, pour l'Autre. L'enthousiasme et la passion qui impliquent l'amour de celui &#224; qui il enseigne, est l&#224; pour d&#233;velopper la sp&#233;cificit&#233; de son &#233;l&#232;ve et non le garder sous son emprise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. L'harmattan, 2007 (101 p. ; 11 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une rentr&#233;e scolaire paradoxale</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Une-rentree-scolaire-paradoxale</link>
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		<dc:date>2008-09-11T04:15:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>896</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La fin de la carte scolaire, les modalit&#233;s de l'aide personnalis&#233;e et les suppressions massives de postes alimentent les inqui&#233;tudes. Aujourd'hui, 11 septembre, a lieu une journ&#233;e nationale d'action sur ces questions &lt;br class='autobr' /&gt;
L'objectif est ambitieux et chiffr&#233; : r&#233;duire de moiti&#233; l'&#233;chec scolaire d'ici trois ans. Une logique individuelle bas&#233;e sur une aide cibl&#233;e devrait pour cela remplacer celle des &#171; zones &#187; . Si l'intention est louable, la r&#233;alit&#233; interroge. Ainsi, l'assouplissement de la carte scolaire (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Decryptage" rel="directory"&gt;D&#233;cryptage&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-896-" rel="tag"&gt;896&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La fin de la carte scolaire, les modalit&#233;s de l'aide personnalis&#233;e et les suppressions massives de postes alimentent les inqui&#233;tudes. Aujourd'hui, 11 septembre, a lieu une journ&#233;e nationale d'action sur ces questions&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'objectif est ambitieux et chiffr&#233; : r&#233;duire de moiti&#233; l'&#233;chec scolaire d'ici trois ans. Une logique individuelle bas&#233;e sur une aide cibl&#233;e devrait pour cela remplacer celle des &#171; zones &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Sortie le 24 septembre d'Entre les murs, Palme d'Or au festival de (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si l'intention est louable, la r&#233;alit&#233; interroge. Ainsi, l'assouplissement de la carte scolaire va-t-elle acc&#233;l&#233;rer une nouvelle d&#233;gradation de la mixit&#233; scolaire ? L'inspection g&#233;n&#233;rale de l'&#201;ducation nationale (IGEN) avait elle-m&#234;me tir&#233; cette noire conclusion, dans un rapport rest&#233; dans un profond tiroir et r&#233;v&#233;l&#233; en juin dernier. Une logique de ghetto affaiblissant encore les plus d&#233;munis serait &#224; l'&#339;uvre : &#171; C'est aux deux extr&#233;mit&#233;s de la hi&#233;rarchie des &#233;tablissements que la mixit&#233; sociale est mise le plus rudement &#224; l'&#233;preuve : dans les &#233;tablissements les plus convoit&#233;s, il y a peu d'&#233;l&#232;ves de condition modeste ; dans les coll&#232;ges les plus &#233;vit&#233;s, ce sont les cat&#233;gories favoris&#233;es qui ont disparu &#187;, avertissaient les rapporteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, le ministre de l'&#201;ducation, Xavier Darcos, rappelle que les &#233;tablissements perdant des &#233;l&#232;ves verront leurs moyens maintenus pour &#171; redresser une image d&#233;grad&#233;e &#187;, m&#234;me si, la situation persistant, ils pourraient se voir ferm&#233;s et leurs &#233;l&#232;ves r&#233;partis ailleurs, avec transport scolaire &#224; l'appui&#8230; D'autres nouveaut&#233;s sont l&#224; : le temps de classe annuel passe de 918 &#224; 840 heures et la semaine de 26 &#224; 24 heures, sauf pour 15 % d'&#233;l&#232;ves les plus en difficult&#233; qui b&#233;n&#233;ficieront de deux heures d'aide personnalis&#233;e par semaine. Ainsi, les &#233;l&#232;ves de 4000 &#233;coles primaires class&#233;es ZEP et les coll&#233;giens auront droit &#224; un accompagnement &#233;ducatif (aide aux devoirs ou activit&#233;). Certains &#233;tablissements auront l'obligation de proposer du soutien scolaire, mais le syst&#232;me s'appuiera en g&#233;n&#233;ral sur le volontariat. Les &#233;l&#232;ves de CM1 et de CM2 en difficult&#233; auront la possibilit&#233; d'un stage de remise &#224; niveau pendant les vacances de P&#226;ques ou d'&#233;t&#233;. Les modalit&#233;s de l'aide personnalis&#233;e seront d&#233;cid&#233;es selon les &#233;quipes : de fait, il s'agit souvent d'une demi-heure pendant la pause de midi ! Enfin, les programmes sont l&#233;g&#232;rement remani&#233;s : davantage de fran&#231;ais et de maths, de l'instruction civique, mais aussi morale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une logique de ghetto affaiblissant les plus d&#233;munis serait &#224; l'&#339;uvre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais, dans ce contexte de changement, les suppressions de postes sont en augmentation : 11 200 postes d'enseignant supprim&#233;s cette ann&#233;e, et 13 500 &#224; la rentr&#233;e 2009. M&#234;me si le gouvernement promet aux enseignants une revalorisation de leur carri&#232;re. Autre pr&#233;occupation : sur douze millions d'&#233;l&#232;ves, de la maternelle &#224; la terminale, 162 000, l'an dernier, souffraient d'un handicap. Malgr&#233; la nomination de 2000 auxiliaires de vie scolaires suppl&#233;mentaires (AVS) &#8211; portant leur nombre &#224; 18 300 &#8211;, qui pourrait permettre l'accueil de 10 000 &#233;l&#232;ves handicap&#233;s suppl&#233;mentaires, un certain nombre de questions subsistent. D&#233;sormais constitu&#233;s en association, les AVS demandent maintenant la professionnalisation de leur m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les professionnels restent inquiets : la FSU craint une hausse des in&#233;galit&#233;s sociales et la mise en danger des IUFM par la formation des enseignants confi&#233;e aux universit&#233;s. L'UNSA, comme l'UNEF, d&#233;noncent une &#171; vision gestionnaire du syst&#232;me &#233;ducatif &#187;. L'appauvrissement des contenus, des horaires, des programmes et des postes est redout&#233;. Une intersyndicale enseignante appelait &#224; une mobilisation ce 11 septembre. Et &#171; tous les citoyens concern&#233;s par l'&#233;cole &#187; sont appel&#233;s &#224; manifester le 19 octobre pour la d&#233;fense du service public.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sortie le 24 septembre d'&lt;i&gt;Entre les murs&lt;/i&gt;, Palme d'Or au festival de Cannes&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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