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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>&#201;crire sur le sable et r&#234;ver d'y marcher</title>
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&lt;p&gt;L'id&#233;e, lanc&#233;e un jour &#224; de jeunes adolescents d'un quartier difficile de Paris, comme une boutade par l'animatrice de l'atelier &#233;criture et l'&#233;quipe &#233;ducative d'un club de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e, de continuer &#224; &#233;crire au c&#339;ur du d&#233;sert, n'est pas rest&#233;e lettre morte. M&#233;moire, ressourcement culturel, identit&#233;, et au final pacification avec le milieu scolaire sont les &#233;toiles filantes qui accompagneront bient&#244;t ces &#171; Touaregs &#187; de l'urbain sur les traces de Th&#233;odore Monod, ethnologue et auteur de nombreux (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'id&#233;e, lanc&#233;e un jour &#224; de jeunes adolescents d'un quartier difficile de Paris, comme une boutade par l'animatrice de l'atelier &#233;criture et l'&#233;quipe &#233;ducative d'un club de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e, de continuer &#224; &#233;crire au c&#339;ur du d&#233;sert, n'est pas rest&#233;e lettre morte. M&#233;moire, ressourcement culturel, identit&#233;, et au final pacification avec le milieu scolaire sont les &#233;toiles filantes qui accompagneront bient&#244;t ces &#171; Touaregs &#187; de l'urbain sur les traces de Th&#233;odore Monod, ethnologue et auteur de nombreux ouvrages consacr&#233;s au d&#233;sert. Isabelle Marcat-Maheu est animatrice d'atelier d'&#233;criture aux Ateliers &#171; &#201;lisabeth Bing &#187;. Elle intervient dans les quartiers difficiles, en prison, en maison de retraite, et dans le cadre de la formation permanente pour les professionnels du secteur social.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment est n&#233;e l'id&#233;e d'un atelier d'&#233;criture dans le d&#233;sert marocain avec des jeunes adolescents d&#233;scolaris&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au printemps 1999, j'ai &#233;t&#233; contact&#233;e par l'&#233;quipe de pr&#233;vention du club du canal de l'association OPEJ ; elle souhaitait mettre en place un atelier d'&#233;criture pour des adolescents d'un quartier d&#233;favoris&#233; du nord du XIXe arrondissement de Paris. Les ateliers pour adolescents sont aussi int&#233;ressants &#224; mener, qu'al&#233;atoire &#224; mettre en place. Int&#233;ressant, parce que les adolescents ont un grand potentiel cr&#233;atif, avec une production imaginative et sensible. Al&#233;atoire, car long et sem&#233; d'emb&#251;ches est le chemin qui m&#232;nera le jeune &#224; l'atelier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il, qu'au mois de juillet, l'&#233;quipe du club avait su r&#233;unir un groupe mixte de sept jeunes gens. Mixte de plusieurs fa&#231;ons : trois gar&#231;ons avaient accept&#233; de se risquer &#224; &#234;tre l&#224;, et les sept jeunes du groupe venaient des sept coins du monde. D&#232;s la premi&#232;re s&#233;ance au club du canal, l'extr&#234;me concentration ainsi que la qualit&#233; des textes produits furent remarquables. Ce qui n'allait pas forc&#233;ment de soi a priori, dans un groupe constitu&#233; de jeunes en difficult&#233; voire en &#233;chec scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nombreuses qualit&#233;s des participants ont tout de suite tir&#233; les textes vers le haut. Par ailleurs, il nous est rapidement apparu &#233;vident que l'atelier ne saurait se limiter au stage d'&#233;t&#233; initialement pr&#233;vu. D&#233;s la rentr&#233;e de septembre une s&#233;ance hebdomadaire fut programm&#233;e, avec un souci d'ouvrir l'atelier &#224; d'autres jeunes : dix-sept adolescents de 13 &#224; 19 ans y ont ainsi particip&#233;, durant l'ann&#233;e scolaire 99-2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; leur mani&#232;re et de leur place, ils ont &#233;crit sur la question de la transmission, sur leur g&#233;n&#233;alogie, sur leurs origines. Changeant de peau, changeant de ton, empruntant &#224; l'occasion la voix de tel personnage de fiction, sans pour autant perdre leur voie en chemin. De tels bonheurs d'&#233;criture &#8212; bonheurs d'animation pour ma part &#8212; ne pouvaient rester uniquement dans le petit cercle de l'atelier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au printemps 2000, une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre, cr&#233;&#233;e &#224; partir des textes &#233;crits dans le cadre de l'atelier et intitul&#233;e &#171; Les contes de la rue de Nantes - une journ&#233;e sur la terre &#187; a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e aux familles, aux enseignants et aux travailleurs sociaux qui connaissaient les jeunes du groupe. Le talent et l'investissement des trois com&#233;diens au service de ces textes firent de ce spectacle plus qu'un moment d'&#233;motion (propre &#224; renarcissiser les adolescents concern&#233;s) mais une r&#233;elle production artistique. La pi&#232;ce sera du reste redonn&#233;e &#224; Paris cette ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, il &#233;tait dit que notre chemin ne s'arr&#234;terait pas l&#224;&#8230; Sans doute parce que les ateliers d'&#233;criture se sont r&#233;v&#233;l&#233;s &#234;tre pour tous &#8212; jeunes, animatrice et &#233;quipe &#233;ducative &#8212; une v&#233;ritable aventure sur le plan artistique, &#233;ducatif et humain, l'id&#233;e a peu &#224; peu chemin&#233; en nous de pousser plus loin l'aventure. Pourquoi ne pas partir loin, tr&#232;s loin&#8230; pourquoi pas m&#234;me jusqu'au d&#233;sert, et faire rimer plus que jamais &#171; &#233;criture &#187; et &#171; aventure &#187; ? L'id&#233;e lanc&#233;e un jour comme une boutade par l'animatrice de l'atelier, de partir &#233;crire dans le d&#233;sert, n'est pas rest&#233;e lettre morte : au fil des mois, elle a pris la forme d'un projet, investi par l'&#233;quipe et par les jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi ce p&#233;riple pourrait-il &#234;tre synonyme d'int&#233;gration sociale et scolaire pour ces jeunes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons fait l'hypoth&#232;se que ce voyage pourrait ouvrir des voies insoup&#231;onn&#233;es aux adolescents concern&#233;s. Les multiples objectifs que nous nous sommes fix&#233;s sont les suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;Susciter chez les adolescents une distanciation par rapport au quotidien qu'ils vivent dans les cit&#233;s ou les quartiers d&#233;favoris&#233;s. Leur permettre de se regarder autrement et d'affiner leur esprit critique face &#224; la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;D&#233;couvrir une forme de vie particuli&#232;rement originale, sortant du clivage Occident/Tiers-monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;Retrouver le contact avec la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;Travailler sur la m&#233;moire (individuelle, familiale, historique, ethnique&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;Valoriser le patrimoine culturel africain, la majorit&#233; des adolescents concern&#233;s par le projet &#233;tant d'origine africaine (Afrique sub-saharienne et Maghreb).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;Allier une aventure &#171; au bout du monde &#187; &#224; une aventure dans son monde int&#233;rieur notamment par le biais de l'&#233;criture. Retrouver ou trouver le silence et y puiser peut-&#234;tre une nouvelle source d'inspiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;Augmenter le capital confiance des adolescents qui auront v&#233;cu une aventure extraordinaire dans laquelle ils se seront engag&#233;s, loin de toutes les activit&#233;s de consommation, qui au bout du compte se r&#233;v&#232;lent souvent frustrantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;Apprendre aux adolescents &#224; pr&#233;parer un projet et &#224; se frotter aux r&#233;alit&#233;s mat&#233;rielles : estimer un budget, trouver des financements, s'informer, se documenter&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre p&#233;riple de douze jours doit se d&#233;rouler au Maroc, au cours des vacances scolaires de f&#233;vrier 2001. Apr&#232;s trois jours pass&#233;s dans les palmeraies de Ouarzazate et un jour dans la vall&#233;e et les gorges de Dad&#232;s, nous affronterons le d&#233;sert de Chebi, au cours d'une randonn&#233;e chameli&#232;re de six jours : nous marcherons dans le creux des dunes et sur les cr&#234;tes, encadr&#233;s par une caravane de chameaux, des chameliers&#8230; et bien s&#251;r un guide. En milieu de journ&#233;e, nous nous arr&#234;terons pour boire le th&#233; et surtout pour &#233;crire (plages d'&#233;criture de deux heures environ), avant de bivouaquer&#8230; sous les &#233;toiles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;O&#249; trouvez-vous les financements pour une telle exp&#233;rience dans une pratique de travail social ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons sur terre ; une exp&#233;dition aussi extraordinaire n&#233;cessite des moyens financiers sortant eux aussi de l'ordinaire ; or ni les adolescents qui souhaitent &#234;tre de l'aventure ni leurs familles ne peuvent payer la totalit&#233; des sommes n&#233;cessaires ; il nous faut donc partir &#224; la chasse aux subventions, &#233;quip&#233;s si possible d'une bonne boussole&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Comment des jeunes courent le monde pour retrouver une place</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Comment-des-jeunes-courent-le-monde-pour-retrouver-une-place</link>
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		<dc:subject>D&#233;linquance</dc:subject>
		<dc:subject>548</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nomado propose des s&#233;jours de rupture. En 1999, ils ont march&#233; dans le Sahara, en 2000 dans le N&#233;pal. Dans le sable comme dans la neige, il s'agissait de se d&#233;passer pour se retrouver. &#192; l'origine de cette action remarquable on trouve une association compos&#233;e de&#8230; m&#233;decins, informaticiens, comptables, entrepreneurs. Pour l'encadrement des exp&#233;ditions ils ont fait appel &#224; des &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s. Georgette Kainz, chef de service &#233;ducatif aupr&#232;s du tribunal de Thionville a travers&#233; &#224; pied le d&#233;sert (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nomado propose des s&#233;jours de rupture. En 1999, ils ont march&#233; dans le Sahara, en 2000 dans le N&#233;pal. Dans le sable comme dans la neige, il s'agissait de se d&#233;passer pour se retrouver. &#192; l'origine de cette action remarquable on trouve une association compos&#233;e de&#8230; m&#233;decins, informaticiens, comptables, entrepreneurs. Pour l'encadrement des exp&#233;ditions ils ont fait appel &#224; des &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georgette Kainz, chef de service &#233;ducatif aupr&#232;s du tribunal de Thionville a travers&#233; &#224; pied le d&#233;sert de Tunisie avec huit adolescents &#226;g&#233;s de 16 &#224; 19 ans. Cette randonn&#233;e a &#233;t&#233; l'occasion d'apprendre &#224; &#233;crire pour soi et pour les autres. Un livre &#233;crit par tous ces participants &#171; Les voies du d&#233;sert &#187; sortira dans les mois &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isabelle Marcat-Maheu a fait la d&#233;marche inverse. Tout est parti d'un &lt;a href='https://www.lien-social.com/Ecrire-sur-le-sable-et-rever-d-y-marcher' class='spip_in'&gt;atelier d'&#233;criture&lt;/a&gt; avec des jeunes adolescents d&#233;scolaris&#233;s. Et si l'on vivait ce que l'on &#233;crit ? Pourquoi ne pas partir loin, tr&#232;s loin&#8230; pourquoi pas m&#234;me jusqu'au d&#233;sert, et faire rimer plus que jamais &#171; &#233;criture &#187; et &#171; aventure &#187; ? Le d&#233;part est fix&#233; &#224; f&#233;vrier 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cit de trois raids et d'un projet contre la fatalit&#233; et la r&#233;signation&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Du Sahara au Haut Atlas&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Traverser le Sahara &#224; pied pendant 7 jours, par 45&#176; &#224; l'ombre, en reliant sur plus de 100 kilom&#232;tres, puits et points d'eau tr&#232;s sommaires. Parcourir 450 kilom&#232;tres en 21 jours dans le Haut Atlas, avec 12 cols &#224; plus de 3000 m&#232;tres, avec comme point d'orgue l'ascension du Toukbal, point culminant de toute l'Afrique du Nord &#224; 4167 m&#232;tres. Vivre une op&#233;ration survie de 4 jours sur une plage du Sahara Atlantique en devant p&#234;cher et faire cuire soi-m&#234;me sa nourriture (au menu : bars et mulets sur feu de bois &#224; la trappeur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle fut l'action &#233;ducative qui a men&#233; sur les routes du Maroc sept adolescents (dont une fille) et quatre accompagnateurs. L'exp&#233;dition &#171; natmacha maane &#187; (&#171; marcher ensemble &#187; en arabe) offrait un s&#233;jour de rupture &#224; des jeunes sursatur&#233;s de placements multiples et suradapt&#233;s aux discours &#233;ducatifs institutionnels. Les sept adolescents qui particip&#232;rent &#224; l'exp&#233;dition marocaine du 29 mars au 26 juillet 1999 cumulaient de nombreuses difficult&#233;s : toxicomanie, tentatives de suicide pour quatre d'entre eux, actes de violence ayant donn&#233; lieu &#224; des proc&#233;dures judiciaires pour quatre autres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe des adultes quant &#224; lui &#233;tait constitu&#233; de deux &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s, de deux professionnels internationaux de l'image polyglottes ainsi que de partenaires marocains (m&#233;decin, infirmi&#232;re et guide de haute montagne). &#192; l'exploit sportif est venue s'ajouter une implication humanitaire. Toute une s&#233;rie de chantiers de solidarit&#233; ont, en effet, ponctu&#233; le voyage : dans le Douar M&#233;zik, pr&#232;s de la petite ville montagnarde d'Imlil, aide apport&#233;e au villageois pour la construction d'un g&#238;te d'&#233;tape (transport &#224; dos d'homme de sacs de sable et de pi&#232;ces de charpente depuis un oued jusqu'au chantier situ&#233; 150 m&#232;tres plus haut), am&#233;nagement de chemins muletiers, installation d'un terrain de football dans un petit Douar (avec en final, un match franco-marocain).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, il ne faut pas imaginer un tel voyage se d&#233;roulant sereinement, sans incidents. Les comportements oppositionnels ont &#233;t&#233; nombreux. Recrut&#233;s sur la base du volontariat, tous les jeunes ont n&#233;anmoins voulu marquer leur mal-&#234;tre, que ce soit sous une forme affadie d'opposition passive ou de grossi&#232;ret&#233;, mais aussi d'une mani&#232;re bien plus violente comme l'agression physique, la d&#233;t&#233;rioration de mat&#233;riel et m&#234;me l'automutilation. Le grand classique est bien la perte des chaussures qui marque l'impossibilit&#233; de continuer &#224; marcher, ou la somatisation pour obtenir un rapatriement sanitaire. Ces manifestations, partie int&#233;grante de leur probl&#233;matique ont &#233;t&#233; assum&#233;es et g&#233;r&#233;es dans une perspective de d&#233;passement constructif. Seul un jeune a &#233;t&#233; plac&#233; sur la sellette, pour son comportement particuli&#232;rement agressif &#224; l'&#233;gard des plus fragiles. Son rapatriement a &#233;t&#233; envisag&#233;, puis &#233;vit&#233;, du fait de son &#233;volution sensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien d'autres comportements ont du &#234;tre r&#233;gul&#233;s : hygi&#232;ne corporelle, rythme de vie, habitudes alimentaires etc. La confrontation rude aux 100 kilom&#232;tres de d&#233;sert total et aux 400 kilom&#232;tres de montagne int&#233;grale s'est charg&#233;e de les rappeler au principe de r&#233;alit&#233; au travers des &#233;preuves encourues aux implications tant th&#233;rapeutiques que quasi initiatiques.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; travers le N&#233;pal&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Du 15 f&#233;vrier au 30 juin 2000 &#171; Marcher ensemble &#187; s'est conjugu&#233; en n&#233;palais (&#171; Sangsanga&#239; Hidnou &#187;). Les deux m&#234;mes &#233;ducateurs s'&#233;taient associ&#233;s avec un photographe et 22 guides et cuisiniers pour encadrer une exp&#233;dition digne (toute proportion gard&#233;e) de la longue marche chinoise des ann&#233;es trente. Cinq adolescents &#233;taient du voyage. Mille kilom&#232;tres parcourus au total au travers de l'Himalaya, avec comme mise en jambe un premier raid de 250 kilom&#232;tres, suivi de pr&#232;s par une marche de 650 kilom&#232;tres qui ont men&#233; le groupe, sur 45 jours, de la r&#233;gion de Pokhara (&#224; 1000 m&#232;tres d'altitude) au royaume interdit du Haut Mustang (perch&#233; &#224; 4200 m&#232;tres) jouxtant la fronti&#232;re chinoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce raid aura oblig&#233; chacun &#224; se plier aux diff&#233;rents contextes climatiques (de la v&#233;g&#233;tation subtropicale du d&#233;part aux immensit&#233;s d&#233;sertiques et continuellement vent&#233;es des hauts plateaux tib&#233;tains) ainsi qu'aux rudes conditions de vie des populations locales (dont certaines semblent vivre aux m&#234;mes rythmes que ceux de notre bas Moyen Age). L'occasion a &#233;t&#233; donn&#233;e &#224; plusieurs reprises de se lancer dans des chantiers d'entraide. Ainsi, cette semaine pass&#233;e &#224; repeindre l'orphelinat de Siphal &#224; Katmandou (qui donnera l'occasion &#224; quatre orphelins de se joindre au groupe), la participation &#224; la moisson (arrachage du bl&#233; &#224; la main), l'aide au transport de pierres pour la construction d'une &#233;cole, la contribution &#224; son dallage&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; aussi, le voyage fut l'occasion d'&#233;preuves de v&#233;rit&#233; et de tensions qui mirent en &#233;vidence tant les points faibles que les points forts de chaque jeune. Le manque de confiance en soi, la fuite de l'effort imm&#233;diat, les difficult&#233;s &#224; s'investir dans des projets se sont trouv&#233;s au c&#339;ur des difficult&#233;s du quotidien. Des oppositions de la part des jeunes, il y en a eu cette ann&#233;e aussi. Mais, elles ont toutes &#233;t&#233; d&#233;pass&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, cet adolescent qui a fugu&#233; &#224; Katmandou et qui a &#233;t&#233; parmi ceux qui ont &#233;t&#233; les plus enthousiastes &#224; finir le raid. Le groupe qui n'&#233;tait pas avare de reproches et de plaintes au d&#233;part, finira le s&#233;jour en cavalant comme un cabri. &lt;i&gt;&#171; S'il &#233;tait n&#233;cessaire de les pousser au d&#233;but, il fallait plut&#244;t les retenir &#224; la fin &#187;&lt;/i&gt; explique Ren&#233; Coulon. Et, ce n'est pas rien dans un pays o&#249; tout se transporte &#224; dos d'homme et o&#249; la tradition veut qu'on aille au plus court en gravissant tout droit 2.000 &#224; 2.500 m&#232;tres de d&#233;nivel&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Facteur non n&#233;gligeable, le groupe de jeunes s'est trouv&#233; noy&#233; dans la population qui, &#224; partir de la rudesse de son propre mode de vie, avait du mal &#224; comprendre leurs manifestations de mal-&#234;tre, ce qui aura contribu&#233; &#224; les aider &#224; &#233;voluer. Et, le r&#233;sultat est effectivement spectaculaire : l'un d'entre eux, traditionnellement rejet&#233; par sa famille sera accueilli &#224; son retour par sa m&#232;re par une exclamation qu'il entendra pour la premi&#232;re fois de sa vie &lt;i&gt;&#171; Qu'est-ce que tu es beau ! &#187;&lt;/i&gt;. Tel autre, fils d'un &#233;b&#233;niste, ram&#232;nera &#224; son p&#232;re les productions qu'il a r&#233;alis&#233;es lors d'un stage de sculpture sur bois &#224; Katmandou (un autre stage de 5 mois est programm&#233; au m&#234;me endroit, pour l'ann&#233;e prochaine).&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Marcher et &#233;crire dans le d&#233;sert&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part, il y a cette volont&#233; d'une chef de service &#233;ducatif aupr&#232;s du tribunal de Thionville&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='On peut se procurer le bilan de ce voyage en &#233;crivant &#224; Georgette Kainz : (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; d'accrocher des jeunes d&#233;linquants sanctionn&#233;s par le syst&#232;me judiciaire et qui se font tout particuli&#232;rement remarquer par leurs comportements de fuite et d'&#233;vitement, leurs passages &#224; l'acte violents et spectaculaires, cumulant &#233;checs sur &#233;checs, mesure p&#233;nale sur mesure p&#233;nale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sortir ces jeunes de leur gal&#232;re et transformer l'errance en itin&#233;rance, il fallait un projet si inconcevable et si exceptionnel qu'ils pourraient y adh&#233;rer sans trop y croire. Et quoi de plus utopique et mythique que de traverser &#224; pied le d&#233;sert de Tunisie sur 220 kilom&#232;tres, sans assistance ni t&#233;l&#233;phonique, ni m&#233;dicale, ni v&#233;hicule. Immerg&#233; dans un environnement d&#233;pouill&#233; de tout artifice et r&#233;duit &#224; sa plus simple expression, on y apprend &#224; vivre le manque et &#224; donner du prix &#224; l'essentiel. On se d&#233;barrasse de toutes les futilit&#233;s, de tout ce qui n'est pas indispensable pour survivre. On ne conserve que le strict n&#233;cessaire des objets et des pens&#233;es. On finit par r&#233;aliser que l'important n'est pas d'avoir mais d'&#234;tre, d'&#234;tre soi-m&#234;me. Fantastique support de socialisation et de r&#233;appropriation de soi. Mais un tel projet n&#233;cessite aussi une importante pr&#233;paration et un &#233;norme investissement humain qui, l'un et l'autre, doivent &#234;tre &#224; la hauteur des r&#233;sultats escompt&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc le groupe constitu&#233;. Ce sont neuf gar&#231;ons et une fille &#226;g&#233;s de 16 &#224; 19 ans, dont seuls huit iront jusqu'au terme de l'aventure. Tous sont charg&#233;s d'une histoire d&#233;j&#224; tr&#232;s lourde malgr&#233; leur jeune &#226;ge : d&#233;linquance, incarc&#233;ration, prise en charge psychiatrique, victimes de maltraitance, multiplications des &#233;checs de placement et de mesures &#233;ducatives, toxicomanie etc. Des jeunes qui ont beaucoup de mal &#224; verbaliser pr&#233;f&#233;rant les passages &#224; l'acte et inscrits dans le &#171; tout ou rien &#187; et le &#171; tout, tout de suite &#187;&#8230; Les uns et les autres adh&#232;rent tout de suite au projet qui leur est propos&#233;, ne croyant qu'&#224; moiti&#233; qu'on ait pens&#233; &#224; eux pour quelque chose d'aussi exceptionnel. &lt;i&gt;&#171; Si je suis venu, c'est que c'est pas tout le monde qui part dans le d&#233;sert &#187;&lt;/i&gt; explique Farid. &lt;i&gt;&#171; C'est unique, je n'aurai plus jamais l'occasion de partir faire un aussi beau voyage &#187;&lt;/i&gt; rench&#233;rit &#201;ric.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir du mois de f&#233;vrier 1999, chaque jeune est vu en entretien individuel de trois &#224; cinq fois par mois. Il s'agit de dresser avec lui l'&#233;tat des lieux, de rep&#233;rer son mode de fonctionnement et de questionner le sens de ses passages &#224; l'acte. &#192; compter du mois d'avril, ces rencontres s'intensifient afin de v&#233;rifier leur motivation et leur implication dans le projet. Au cours de l'&#233;t&#233;, chaque jeune va traverser pendant une semaine la for&#234;t vosgienne. Il est accueilli par le lieu d'accueil non traditionnel &#171; Transhumance &#187;. Il peut ainsi se familiariser avec les outils p&#233;dagogiques de l'itin&#233;rance : rencontre avec les &#233;l&#233;ments naturels, vie dans la nature, apprivoisement de l'habitat nomade, fabrication du pain et des repas, pr&#233;paration d'un bivouac, ma&#238;trise du feu, cheminement avec les animaux de b&#226;t, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre jours avant le d&#233;part, l'ensemble du groupe est r&#233;uni. C'est l'occasion d'un repas trappeur, sous un tipi. Chacun peut alors se pr&#233;senter et verbaliser ses motivations et ses peurs : &lt;i&gt;&#171; J'ai envie de partir, mais je ne sais pas si je reviendrai &#187;, &#171; peut-&#234;tre qu'on va mourir l&#224;-bas &#187;, &#171; j'ai envie de partir, mais je suis mort de trouille et je ne sais pas encore si je serai au d&#233;part &#187;, &#171; je pars pour &#233;tonner mon juge parce que je sais qu'elle ne me croit pas capable de partir. Ca va lui fermer la bouche &#187; &#171; il y a plein de vip&#232;res et des scorpions, si &#231;a se trouve on va tous y rester &#187;, &#171; en v&#233;rit&#233;, je n'avais pas envie de partir, Madame Kainz n'a pas l&#226;ch&#233; l'affaire, alors je me suis dit que je valais le coup &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les voil&#224; donc, en ce 15 octobre, &#224; pied d'&#339;uvre. Apr&#232;s un voyage en car, en avion et en voiture tout terrain, s'&#233;tend devant eux l'immensit&#233; de ce d&#233;sert du grand Erg oriental qu'ils vont devoir traverser durant 13 jours, en rupture totale avec le reste du monde. La caravane est compos&#233;e d'un guide et de quatre chameliers (avec leurs dix chameaux), de trois &#233;ducateurs et de huit jeunes. Le rythme de la journ&#233;e est incontournable : lever &#224; 5 heures du matin. &#192; partir de 6h15, chacun aide pour baraquer les chameaux. Ensuite, on marche jusqu'&#224; midi environ. La chaleur &#233;crasante ne permettant pas de continuer apr&#232;s le repas, c'est le temps de la sieste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apr&#232;s-midi est d'abord utilis&#233; pour un travail d'&#233;criture. Chaque jeune est invit&#233; et soutenu dans l'expression de ses ressentis. Son style est parfois difficile, voire phon&#233;tique. Mais qu'importe, ce qui compte, c'est qu'il puisse cheminer avec lui-m&#234;me, mieux se comprendre et se d&#233;couvrir autrement. La fin d'apr&#232;s-midi (entre 16h 00 et 18h 00) est aussi l'occasion des entretiens individuels : chacun sera re&#231;u ainsi deux fois dans le s&#233;jour. Un bureau est install&#233; dans le d&#233;sert pour se mettre &#224; l'ombre, pouvoir &#233;crire, se d&#233;salt&#233;rer. Il s'agit de mettre des mots sur ce qui a &#233;t&#233; v&#233;cu et de rechercher, ensemble, les modalit&#233;s permettant de favoriser la vie du groupe, la convivialit&#233; et le respect de chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours du voyage, il a fallu s'atteler &#224; diff&#233;rentes t&#226;ches incontournables. Ce fut d'abord le ramassage du bois pris en charge par l'ensemble du groupe &#224; 17h 00. Vaisselle, rangement, aide &#224; la cuisine furent assur&#233;s &#224; tour de r&#244;le sous la responsabilit&#233; du guide. Un responsable de l'eau fut aussi institu&#233;. Mais, cette responsabilit&#233; ne fut pas toujours assum&#233;e correctement. Ainsi, l'oubli de certains jeunes de remplir leur gourde ou encore cette gerba vid&#233;e une nuit par des jeunes d&#233;sireux de se laver. Le lendemain, la d&#233;cision du guide tombait : &lt;i&gt;&#171; On marchera toute la journ&#233;e pour arriver au puits avant la nuit &#187;.&lt;/i&gt; 47&#176;, au c&#339;ur du z&#233;nith. Chacun a march&#233; en prenant conscience qu'ici &lt;i&gt;&#171; l'eau est plus que de l'or, c'est la vie &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette travers&#233;e du d&#233;sert a permis &#224; chacun de faire le point avec lui-m&#234;me : &lt;i&gt;&#171; Impossible de se fuir ! Impossible de ne pas composer avec l'autre et de ne pas le supporter ! Impossible de ne pas se prendre en charge ! Il faut se porter, se supporter soi-m&#234;me, arriver &#224; marcher rien qu'avec soi-m&#234;me, l&#226;cher ce qui est trop lourd, ce qui fait trop mal, ce qui n'a jamais pu &#234;tre mis en mots &#187;&lt;/i&gt; explique Georgette Kainz. Les r&#233;flexions des jeunes sont parlantes : &#171; &lt;i&gt; Dans le d&#233;sert, j'ai trouv&#233; les cl&#233;s pour ouvrir les portes &#187;&lt;/i&gt; affirmera l'un d'entre eux qui a d&#233;j&#224; fait une tentative de suicide. &lt;i&gt;&#171; Maintenant, je suis pur, plein d'&#233;nergie psychique et physique &#187; &lt;/i&gt; dira un autre. &lt;i&gt;&#171; C'est comme dans un puzzle, les morceaux commencent &#224; se recoller &#187;&lt;/i&gt; confirmera un troisi&#232;me. &lt;i&gt;&#171; Ici, il n'y a rien &#224; faire, tu es oblig&#233; de te regarder de l'int&#233;rieur&#8230; Ici, j'ai trouv&#233; une force mentale &#187;&lt;/i&gt; ou encore &lt;i&gt;&#171; tout seul on ne peut pas survivre&#8230; je savais que je ne devais pas me battre, que je devais toujours me ma&#238;triser, car si on commence &#224; p&#233;ter les plombs, tout le monde p&#232;te les plombs&#8230; et c'est la mort&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce genre d'exp&#233;rience, la question se pose que sont-ils devenus ? Six mois apr&#232;s leur retour, le bilan est largement positif : six des huit jeunes qui ont particip&#233; &#224; cette aventure en sont revenus suffisamment transform&#233;s pour r&#233;ussir &#224; s'engager dans des choix d'insertion &#224; la fois professionnelle et sociale.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'association Nomado&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour Ren&#233; Coulon, &#233;ducateur en retraite du service &#233;ducatif aupr&#232;s du tribunal de Saint Brieuc, fondateur et intervenant b&#233;n&#233;vole au sein de Nomado et Chantal Dobigeon, &#233;ducatrice et di&#233;t&#233;ticienne, l'un et l'autre cofondateurs de l'association, les choses sont claires. Il existe une intelligence et des potentialit&#233;s chez les jeunes les plus en difficult&#233; que les institutions traditionnelles n'arrivent pas &#224; faire &#233;merger&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Association Nomado - 16 bis rue Paul Bert - 22000 Saint Brieuc. T&#233;l. 02 96 (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui compte, ce n'est pas tant l'outil, mais la passion que l'on met &#224; l'utiliser et la rencontre humaine entre l'adulte et les jeunes qui est au c&#339;ur de la relation qui s'&#233;tablit. On trouve ainsi, de ces &#233;ducateurs qui r&#233;ussissent &#224; entra&#238;ner certains adolescents dans des activit&#233;s aussi paradoxales pour des d&#233;linquants que des &#233;maux ou de la philat&#233;lie. Mais, il ne faut pas h&#233;siter parfois &#224; sortir des cadres bien lourds et rigides de l'action &#233;ducative traditionnelle. C'est bien cette volont&#233; de rompre avec l'&#233;gocentrisme et la pens&#233;e p&#233;dagogique unique qui a pr&#233;sid&#233; &#224; la cr&#233;ation de Nomado. Cela a commenc&#233; par la volont&#233; claire et d&#233;lib&#233;r&#233;e de s'adresser &#224; des partenaires &#233;trangers au monde de l'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'abord un conseil d'administration qui s'est constitu&#233; &#224; partir de volontaires compl&#232;tement n&#233;ophytes (m&#233;decin, pharmacien, informaticien, comptable, entrepreneur ou acteurs du monde des arts ou du sport) et qui se sont engag&#233;s dans cette aventure extraordinaire en ne m&#233;nageant ni leur soutien, ni leur enthousiasme. C'est ensuite la participation, lors des exp&#233;ditions, d'encadrants non &#233;ducateurs (photographes professionnels, guides du pays d'accueil). Ce dont il s'agit c'est bien cette p&#233;dagogie diff&#233;rentielle qui am&#232;ne jeunes et &#233;ducateurs &#224; se confronter &#224; des personnes qui n'appartiennent pas &#224; leur univers, et ce afin de provoquer chez chacun une remise en cause de ses modes de fonctionnement habituels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ren&#233; Coulon et Chantal Dobigeon ont le souci de mener leur action dans un esprit d'innovation par rapport aux habitudes du milieu. Si les jeunes candidats doivent &#234;tre volontaires, ils ne leur demandent pas cette motivation trop souvent artificielle ou ce sacro-saint &#171; projet &#187; si fr&#233;quemment exig&#233; par tant d'&#233;quipes &#233;ducatives comme pr&#233;alable &#224; la prise en charge. Si le jeune n'est pas tout &#224; fait pr&#234;t, ils consid&#232;rent qu'il est de leur responsabilit&#233; de l'accompagner pour lui permettre de s'adapter. M&#234;me si un filet de s&#233;curit&#233; (en cas de p&#233;pin de sant&#233;) est bien pr&#233;vu, le s&#233;jour se d&#233;roule comme si on ne pouvait plus revenir en arri&#232;re et que la seule solution &#233;tait d'aller de l'avant, d'avancer et de continuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur premi&#232;re d&#233;marche consiste donc par aller rencontrer le jeune candidat sur son lieu de vie. Cela leur permet &#224; la fois de faire sa connaissance, mais aussi, de partir de l&#224; o&#249; il en est. Le voyage qu'ils lui proposent est con&#231;u comme point de d&#233;part d'un mini sc&#233;nario de vie dont l'objectif est bien de faire &#233;merger toutes ses potentialit&#233;s et richesses enfouies sous les couches de souffrance et de probl&#232;mes accumul&#233;s. Les deux premi&#232;res exp&#233;riences ont montr&#233; qu'en la mati&#232;re, il y avait de quoi faire. Mais, tout ce travail de d&#233;frichage doit n&#233;anmoins ne pas s'arr&#234;ter avec la fin de l'exp&#233;dition. Apr&#232;s la n&#233;cessaire phase de d&#233;compression qui dure deux mois apr&#232;s le retour, ils repassent donc voir les participants au s&#233;jour, les uns apr&#232;s les autres, et &#233;laborent avec eux en collaboration avec leur r&#233;f&#233;rent un projet de vie et d'insertion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce travail porte ses fruits d'une fa&#231;on encourageante. Le lecteur va s'interroger l&#233;gitimement :&lt;i&gt; &#171; Oui, mais pour quel montant financier ? &#187;&lt;/i&gt; Le prix de journ&#233;e &#233;tait de 950 F en 1999 et de 1070 F en 2000, co&#251;t tr&#232;s raisonnable pour la prise en charge de jeunes d&#233;linquants, un centre d'&#233;ducation renforc&#233; recevant pas loin de 2000 F par jour ! Et encore, cela ne concerne que les p&#233;riodes de stricte prise en charge physique des jeunes (quatre mois pour le Maroc et trois mois pour le N&#233;pal), tout le travail de rencontre pr&#233;alable et de suivi post&#233;rieur &#233;tant assur&#233; par Nomado sans facturation suppl&#233;mentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette exp&#233;rience n'est pas g&#233;n&#233;ralisable, reconna&#238;t Ren&#233; Coulon. Aucune institution ne pourrait se lancer dans une telle entreprise qui comporte une grande part de b&#233;n&#233;volat. Il est, en effet, difficile de demander &#224; des salari&#233;s de s'engager dans une telle aventure (travailler 24h/24 durant 3 mois est incompatible avec toutes les conventions collectives de France et de Navarre !). Il ne s'agit pas de pr&#233;tendre &#224; l'extension de telles actions, mais de permettre qu'elles puissent exister. C'est autant de bouff&#233;es d'air qui donnent de la respiration tant &#224; certains jeunes qu'aux institutions. C'est tout &#224; l'honneur de la protection judiciaire de la jeunesse d'avoir compris et permis &#224; ce type d'exp&#233;riences de se d&#233;rouler. Sur les sept jeunes qui ont v&#233;cu, en 1999, l'exp&#233;dition au Maroc, cinq ont pu b&#233;n&#233;ficier d'une orientation professionnelle. Pour ce qui concerne la cuv&#233;e 2000 il est encore pr&#233;matur&#233; de se prononcer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nomado va continuer ses actions, qu'il con&#231;oit d'une mani&#232;re souple et adaptative. L'association diffuse ses appels d'offre, dans le mois qui pr&#233;c&#232;de l'action envisag&#233;e, aupr&#232;s des tribunaux pour enfants et service de la PJJ du grand Ouest. Les projets peuvent s'&#233;tendre sur plusieurs mois ou concerner des p&#233;riodes plus ponctuelles (canyoning, parachutisme sportif). Les s&#233;jours concernent des filles et des gar&#231;ons de 15 &#224; 18 ans b&#233;n&#233;ficiaires d'une mesure en ordonnance 1945. Les candidatures sont prises par t&#233;l&#233;phone, une fiche de renseignements devant ensuite &#234;tre remplie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On peut se procurer le bilan de ce voyage en &#233;crivant &#224; Georgette Kainz : SEAT - 6 cour du Ch&#226;teau - 57100 Thionville. T&#233;l. 03 82 53 01 21 - Fax : 03 82 53 69 35&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Association Nomado - 16 bis rue Paul Bert - 22000 Saint Brieuc. T&#233;l. 02 96 61 47 77 mail : &lt;a href=&#034;mailto:coulon.nomado@wanadoo.fr&#034; class='spip_mail'&gt;coulon.nomado@wanadoo.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>S&#233;jours de rupture, ou comment les jeunes courent le monde pour retrouver une place</title>
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