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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>&#171; Nous voulons rejoindre le droit commun &#187;</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Entretien avec Isabelle Schweiger, travailleuse du sexe en formation d'assistante sociale et salari&#233;e de l'association de sant&#233; communautaire Gris&#233;lidis &#224; Toulouse. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quel regard porte votre association sur la prostitution ? Trois grandes approches de la prostitution sont recens&#233;es : l'abolitionnisme, le prohibitionnisme et le r&#233;glementarisme, nous ne nous inscrivons dans aucune de ces trois approches puisque toutes consid&#232;rent la prostitution comme un fl&#233;au social et, en partant de ce principe, la (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien avec Isabelle Schweiger, travailleuse du sexe en formation d'assistante sociale et salari&#233;e de l'association de sant&#233; communautaire Gris&#233;lidis &#224; Toulouse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel regard porte votre association sur la prostitution ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois grandes approches de la prostitution sont recens&#233;es : l'abolitionnisme, le prohibitionnisme et le r&#233;glementarisme, nous ne nous inscrivons dans aucune de ces trois approches puisque toutes consid&#232;rent la prostitution comme un fl&#233;au social et, en partant de ce principe, la parole des prostitu&#233;es n'a jamais &#233;t&#233; prise en compte. Or, dans notre association, nous faisons un travail de r&#233;flexion en interne, et si possible au niveau national, qui comprend les personnes prostitu&#233;es. Le deuxi&#232;me axe de notre travail est de porter la parole des prostitu&#233;es vers l'ext&#233;rieur. Je suis moi-m&#234;me issue du terrain de la prostitution, j'ai int&#233;gr&#233; l'&#233;quipe de salari&#233;s de l'association en 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce que vous vous inscrivez dans le n&#233;o-r&#233;glementarisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces termes ne me parlent pas. On parle aussi d'abolitionnisme humaniste, de nouvel abolitionnisme, mais, au bout d'un moment, il faut arr&#234;ter avec toutes ces terminologies qui &#233;loignent du sens premier. &#192; l'heure actuelle, les prostitu&#233;es tentent d'ouvrir le dialogue sans interm&#233;diaire, il faut parvenir &#224; une r&#233;flexion concert&#233;e. Le n&#233;o-r&#233;glementarisme ressemble peut-&#234;tre &#224; ce que voudraient les personnes prostitu&#233;es mais il faut vraiment prendre en compte leur parole, enlever la stigmatisation qui p&#232;se sur elles, permettre un v&#233;ritable acc&#232;s aux m&#234;me droits sociaux que les autres citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel statut souhaiteriez-vous obtenir pour les personnes prostitu&#233;es ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne voulons pas de statut &#224; part. Nous voulons rejoindre le droit commun. Or, actuellement, les prostitu&#233;es n'y ont pas acc&#232;s. C'est un frein &#224; leur autonomie, &#224; une r&#233;orientation de carri&#232;re. Nous ne parlons pas de r&#233;insertion mais de r&#233;orientation professionnelle. La nuance est tr&#232;s importante. Cela signifie que la personne peut poursuivre son activit&#233; puisque nous reconnaissons qu'elle y d&#233;veloppe des comp&#233;tences, nous l&#233;gitimons ainsi &#233;galement la source de ses revenus. C'est le premier pas vers l'autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment s'organise le travail de votre association ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons un local ouvert quatre jours par semaine o&#249; les personnes viennent avec ou sans rendez-vous&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Association Gris&#233;lidis - 2 impasse Belfort - 31 000 Toulouse. T&#233;l. 05 61 62 (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous poss&#233;dons &#233;galement un bus, v&#233;ritable lieu d'accueil mobile qui nous permet d'aller &#224; la rencontre des personnes. Nous sommes beaucoup sur le terrain et dialoguer avec nous ne n&#233;cessite pas d'avoir une demande particuli&#232;re. Le bus favorise aussi les liens entre les diff&#233;rents groupes de personnes. Il permet la circulation d'informations ce qui, pour nous, est un devoir essentiel. Le savoir commence par l'information et la r&#233;flexion ne peut venir qu'apr&#232;s l'information. Si, au cours de nos rencontres, des demandes particuli&#232;res &#233;mergent concernant l'acc&#232;s aux soins, aux droits, etc. nous pouvons recevoir les personnes en entretien au local et les accompagner dans leurs d&#233;marches. Nous avons une &#233;quipe pluridisciplinaire. Je suis moi-m&#234;me en formation d'assistante sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel type d'information faites-vous circuler ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous informons de tout ce qui peut se passer &#224; tous les niveaux et qui, en g&#233;n&#233;ral, ne transpire pas des sph&#232;res professionnelles, des colloques, des r&#233;unions. Nous transmettons cette information aux prostitu&#233;es dans une volont&#233; de transparence mais &#233;galement pour surmonter la s&#233;paration actuelle des diff&#233;rentes sph&#232;res. Il existe un vieil usage qui consiste &#224; parler de prostitution, de l'&#233;tat des prostitu&#233;es mais de ne jamais parler avec les prostitu&#233;es. La distance est r&#233;elle entre ce qu'il se passe intra-muros dans des milieux qui se sont un peu auto &#233;rig&#233;s comme des sp&#233;cialistes, les id&#233;es qui circulent dans les m&#233;dias et la r&#233;alit&#233; du terrain. Il faut un travail de tr&#232;s longue haleine pour enfin faire entendre la voix des personnes, qu'elles s'expriment par elles-m&#234;mes. Pouvoir s'exprimer, c'est aussi pouvoir se sentir l&#233;gitime dans des colloques et des r&#233;unions, sans se sentir de trop. Je me souviens que des grands colloques s'&#233;taient tenus lorsque j'&#233;tais sur le terrain et j'en avais &#233;t&#233; inform&#233;e apr&#232;s coup. Je m'&#233;tais alors questionn&#233;e : comment se fait-il que nous n'en ayons pas &#233;t&#233; inform&#233;es ? En r&#233;action, cette question a, pour moi, &#233;t&#233; l'amorce d'une d&#233;marche de mobilisation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Association Gris&#233;lidis - 2 impasse Belfort - 31 000 Toulouse. T&#233;l. 05 61 62 98 61 - mail : &lt;a href=&#034;mailto:griselidis@wanadoo.fr&#034; class='spip_mail'&gt;griselidis@wanadoo.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Cabiria : au c&#244;t&#233; des travailleurs du sexe</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Cabiria-au-cote-des-travailleurs-du-sexe</link>
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		<dc:subject>Prostitution</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#192; Lyon, l'association Cabiria m&#232;ne un travail autour de trois p&#244;les : une action de sant&#233; communautaire sur le terrain, des travaux de recherches sur les travailleurs du sexe et la migration, et l'acc&#232;s au savoir et &#224; la culture par le biais de l'universit&#233; solidaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cabiria a d'abord &#233;t&#233; un projet exp&#233;rimental pendant deux ans. Men&#233; par l'Amicale du Nid et la DDASS, l'association a pris son autonomie en 1995, en embauchant ses deux premi&#232;res salari&#233;es : une infirmi&#232;re et une prostitu&#233;e. &#171; Il y a des (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Lyon, l'association Cabiria m&#232;ne un travail autour de trois p&#244;les : une action de sant&#233; communautaire sur le terrain, des travaux de recherches sur les travailleurs du sexe et la migration, et l'acc&#232;s au savoir et &#224; la culture par le biais de l'universit&#233; solidaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cabiria&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Cabiria - BP 1145 - 69203 Lyon cedex 01. T&#233;l. 04 78 30 02 65' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a d'abord &#233;t&#233; un projet exp&#233;rimental pendant deux ans. Men&#233; par l'Amicale du Nid et la DDASS, l'association a pris son autonomie en 1995, en embauchant ses deux premi&#232;res salari&#233;es : une infirmi&#232;re et une prostitu&#233;e. &lt;i&gt;&#171; Il y a des personnes prostitu&#233;es dans notre &#233;quipe de travail comme dans notre conseil d'administration. Pour nous, une prostitu&#233;e avec dix ans de tapin poss&#232;de dix ans d'anciennet&#233; si elle devient animatrice de pr&#233;vention. Elle conna&#238;t le travail du sexe, sait d&#233;finir les besoins et peut mener une action autour de la sant&#233; communautaire. &#187;&lt;/i&gt; Cette parit&#233; constitue la pierre d'angle de l'action de Cabiria. L'association s'est donc &#233;cart&#233;e de la vision du travail social tel qu'il est envisag&#233; &#224; l'Amicale du Nid. Pour la directrice actuelle de l'association, Florence Garcia :&lt;i&gt; &#171; &#192; Cabiria, nous consid&#233;rons qu'une personne qui se prostitue d&#233;veloppe des comp&#233;tences professionnelles en termes d'adaptation et de pr&#233;vention. Ces comp&#233;tences doivent &#234;tre valoris&#233;es. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La sant&#233; communautaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'association compte douze salari&#233;s permanents dont une &#233;quipe de terrain compos&#233;e de deux &#233;ducateurs, deux animateurs de pr&#233;vention, deux infirmi&#232;res et trois m&#233;diatrices culturelles. Une &#233;quipe de jour et une &#233;quipe de nuit se relaient pour rencontrer les prostitu&#233; (e) s sur leur lieu de travail, en ville ou sur les routes nationales &#224; l'ext&#233;rieur de l'agglom&#233;ration lyonnaise. Ces tourn&#233;es, en voiture le jour et dans un minibus la nuit, permettent de maintenir les liens avec les travailleuses et travailleurs du sexe, faire connaissance avec les nouvelles venues, distribuer des pr&#233;servatifs et assurer un travail d'information et de pr&#233;vention. Cette action de sant&#233; communautaire se prolonge &#224; la permanence du si&#232;ge de l'association.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus des tourn&#233;es, un accueil collectif est ouvert tous les matins. C'est un local au centre de Lyon, qui fait face &#224; l'H&#244;tel de Ville. Le lieu se veut informel, ouvert &#224; tous. Tout un chacun peut y prendre un caf&#233;, &#233;changer, parler boulot, abandonner quelques confidences sur sa vie. &#171; Il y a des habitu&#233; (e) s qui restent quelques heures, d'autres ne s'arr&#234;tent que le temps de la pause caf&#233;, en attendant qu'un membre de l'&#233;quipe de Cabiria acc&#232;de &#224; leur demande &#187;, compl&#232;te la directrice. L'apr&#232;s-midi, les salari&#233;s de l'association re&#231;oivent en entretien individuel et surtout accompagnent celles et ceux qui le demandent en les escortant jusqu'aux structures m&#233;dicales, les organismes institutionnels (pr&#233;fecture, ANPE, Assedic&#8230;) et associatives&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='En 2006, Cabiria a suivi activement 540 personnes et contact&#233; 9597 (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les m&#233;diatrices culturelles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis une dizaines d'ann&#233;es, Cabiria a embauch&#233; des m&#233;diatrices culturelles. La premi&#232;re en 1999 &#233;tait Albanaise, une autre est Nig&#233;riane. Issues de la m&#234;me immigration, ces interpr&#232;tes ont g&#233;n&#233;ralement travers&#233; les m&#234;mes gal&#232;res que les migrant (e) s qui se prostituent. Elles se sont cass&#233;es les dents sur les m&#234;mes difficult&#233;s pour obtenir un papier officiel et comprendre un syst&#232;me d'organisation &#224; la fran&#231;aise qui &#233;chappe compl&#232;tement au nouveaux venus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Linda Bakiu pratique la m&#233;diation culturelle &#224; Cabiria depuis mai 2002. Elle chaperonne les usagers jusque chez le m&#233;decin, &#224; l'h&#244;pital, chez l'avocat, &#224; la pr&#233;fecture ou aux Assedic. &lt;i&gt;&#171; Imaginez que vous ayez &#224; ouvrir un compte bancaire en Albanie. Il faut conna&#238;tre comment fonctionne le syst&#232;me&lt;/i&gt;, illustre-t-elle. &lt;i&gt;Ici, c'est pareil. Ce n'est pas tout d'avoir une interpr&#232;te, il faut aussi d&#233;coder les r&#232;gles d'organisation du pays, ce qui n'est pas une mince affaire ! En plus, le jargon ou le dialecte des filles change selon la r&#233;gion d'o&#249; elles viennent et selon leur niveau scolaire. Ce sont des petites choses, mais elles jouent un r&#244;le d&#233;terminant pour que la relation soit empreinte de confiance d&#232;s le d&#233;part. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il faut attendre de trouver le bon moment pour que l'information traduite par la m&#233;diatrice culturelle soit int&#233;gr&#233;e. Les m&#233;diatrices culturelles apportent au reste de l'&#233;quipe des &#233;l&#233;ments de compr&#233;hension essentiels pour se figurer les r&#233;alit&#233;s dans lesquelles se trouvent ces femmes. Elles favorisent la confiance. Et puis retrouver une langue amie, la nuit, dans le bus de Cabiria, facilite tout de suite le premier contact.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Gagner la confiance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les m&#233;diatrices culturelles nous aident &#224; approcher avec un peu plus de r&#233;alisme les repr&#233;sentations que poss&#232;dent ces migrantes et qui sont parfois fort &#233;loign&#233;es des n&#244;tres. Ce sont des cl&#233;s pour notre action &#187;&lt;/i&gt;, assure Florence Garcia. Pour beaucoup d'Africains, le sida est une maladie mortelle, qui emporte sa victime tr&#232;s rapidement dans un isolement social complet et d'atroces souffrances. C'est ce qu'ils ont vu dans leur pays et c'est la fa&#231;on dont ils abordent le VIH en France. Dans certains pays, l'IVG n'est pas accessible ou les gens s'imaginent que la contraception peut provoquer des cancers. Dans d'autres, la pilule est mal vue et l'IVG est l&#233;gale. Les migrantes arrivent avec ces habitudes et ces repr&#233;sentations. Les m&#233;diatrices culturelles apportent &#224; l'ensemble de l'&#233;quipe des &#233;l&#233;ments pour appr&#233;hender les diff&#233;rentes r&#233;actions et les comprendre plus rapidement et plus pr&#233;cis&#233;ment afin de faciliter le travail de pr&#233;vention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Pourquoi les usagers ne nous disent-ils pas toujours la v&#233;rit&#233;, alors que nous travaillons pour eux ? &#187;&lt;/i&gt;, s'interroge un &#233;ducateur de l'&#233;quipe. &lt;i&gt;&#171; Parce que tu es juste un europ&#233;en qui vit dans un monde d&#233;velopp&#233;, qui dit des choses que les migrants ne sont pas oblig&#233;s de croire. Tu proposes des services gratuits, mais tu attends peut-&#234;tre quelque chose en retour. Pour les usagers, les services gratuits sont suspects &#187;&lt;/i&gt;, tente d'expliquer Patience Obikohwe, m&#233;diatrice nig&#233;riane depuis un an et demi &#224; Cabiria. &lt;i&gt;&#171; Il faut aussi expliquer que Cabiria ne donne pas de papiers, ni de carte de s&#233;jour !,&lt;/i&gt; ajoute-t-elle. &lt;i&gt;La m&#233;diation culturelle va dans les deux sens, se faire comprendre par les usagers et les &#233;ducateurs &#187;&lt;/i&gt;. Les m&#233;diatrices culturelles suivent &#233;galement des formations aux premiers soins, &#224; la l&#233;gislation des migrants, etc.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le renouveau de l'universit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 2002, pour lutter contre la d&#233;saffiliation sociale et l'exclusion assez prononc&#233;e que traversent les personnes prostitu&#233;es, Cabiria a mis en place l'universit&#233; solidaire, citoyenne et multiculturelle de l'association. Il s'agit d'un syst&#232;me de formation continue relativement souple avec quelques cours fondamentaux : fran&#231;ais, anglais, informatique et ateliers de danse, de chants, d'arts plastiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette universit&#233; a trois ambitions : permettre d'apprendre librement, sans &#233;tiquette et &#224; son rythme. Cette universit&#233; a rencontr&#233; un franc succ&#232;s. Elle emploie six vacataires &#224; l'ann&#233;e. Les cours sont gratuits. Aucune formalit&#233; n'est demand&#233;e et l'assiduit&#233; n'est pas exig&#233;e. Il suffit de laisser son pr&#233;nom et son ann&#233;e de naissance pour participer au cours. &lt;i&gt;&#171; Cet anonymat est plut&#244;t une r&#233;ussite &#187;&lt;/i&gt;, commente Florence Garcia qui, avant d'&#234;tre directrice, fut professeure de fran&#231;ais pendant cinq ans &#224; l'universit&#233; solidaire de Cabiria. &lt;i&gt;&#171; Les participants ne sont plus Rmistes, prostitu&#233;s, toxicomanes ou ch&#244;meurs, ils n'ont pas d'&#233;tiquette pr&#233;&#233;tablie comme c'est le cas dans certains dispositifs. Cette mixit&#233; fonctionne plut&#244;t bien, dans une tol&#233;rance exceptionnelle. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but de l'universit&#233; est de revenir &#224; la formation en d&#233;dramatisant le retour sur les bancs de l'&#233;cole et ce que cela peut impliquer pour certains. Retrouver le go&#251;t et le plaisir d'apprendre, se r&#233;inscrire dans un groupe. La mixit&#233; du public est garantie par les partenariats que Cabiria a tiss&#233;s avec d'autres associations de la r&#233;gion lyonnaise qui travaillent avec des femmes, des migrants, pour la r&#233;insertion de publics souffrants de pathologies chroniques. Si l'absence d'assiduit&#233; est tr&#232;s confortable pour les participants, c'est un casse-t&#234;te pour les profs qui doivent composer tout au long de l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la formule semble r&#233;ussir. Reprendre une formation apr&#232;s des ann&#233;es de prostitution demeure une v&#233;ritable gageure. Les personnes prostitu&#233;es, m&#234;mes si elles en ont la motivation, se situent assez souvent hors de tous les dispositifs de retour &#224; l'emploi propos&#233;s par l'ANPE ou accessibles aux b&#233;n&#233;ficiaires du RMI. Et m&#234;me si elles peuvent y pr&#233;tendre, beaucoup craignent le contr&#244;le social que pourraient exercer ces dispositifs sur leur situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans formation possible, difficile de se projeter &#224; moyen terme vers une autre activit&#233;. Enfin, si elles arrivent &#224; d&#233;crocher une formation gratuite, dix mille autres choses sont aussi importantes que les cours. Elles ratent une fois, deux fois, et se font rayer des listes pour manque d'assiduit&#233;. &lt;i&gt;&#171; Cette modalit&#233; que nous proposons convient assez bien aux jeunes d'Europe de l'Est qui viennent d'arriver en France, sont en errance et ne poss&#232;dent pas forc&#233;ment de droit de s&#233;jour. Ils ont besoin d'apprendre les bases du fran&#231;ais et puis changent de ville assez rapidement. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, cette universit&#233; sert de tremplin. Elle permet de reprendre confiance, de recr&#233;er du lien social. Les participants viennent pour un cours et s'inscrivent ensuite &#224; d'autres. Et ils peuvent alors se sentir plus forts pour entamer une d&#233;marche de formation plus classique par la suite. Cette universit&#233; conna&#238;t depuis plusieurs ann&#233;es un franc succ&#232;s. En 2007, 170 personnes ont suivi les cours, avec une &#233;crasante majorit&#233; de femmes malgr&#233; tout (70 %). La formation les aide aussi &#224; se projeter dans l'avenir. L'universit&#233; reste une entreprise fragile. En 2005, faute de financements seuls le fran&#231;ais, l'informatique et l'atelier d'&#233;criture avaient pu &#234;tre maintenus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.cabiria.asso.fr&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Cabiria&lt;/a&gt; - BP 1145 - 69203 Lyon cedex 01. T&#233;l. 04 78 30 02 65&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En 2006, Cabiria a suivi activement 540 personnes et contact&#233; 9597 travailleurs et travailleuses du sexe, dont 4198 la nuit, 1648 le jour et 3751 au local d'accueil de l'association. Elle a distribu&#233; 224 640 pr&#233;servatifs, 2750 seringues, 2030 St&#233;ricup et 1200 St&#233;riflit&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Soutenir les femmes chinoises qui se prostituent</title>
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		<dc:subject>885</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Lotus Bus, de M&#233;decins du Monde, assure des permanences pour les femmes chinoises qui se prostituent &#224; Paris. &#192; ces personnes isol&#233;es, ne parlant pas le fran&#231;ais, il propose un programme de r&#233;duction des risques, d'acc&#232;s aux soins et aux droits. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'action de M&#233;decins du Monde aupr&#232;s de femmes prostitu&#233;es chinoises d&#233;marre en 2002. Dans les permanences du programme d'&#233;changes de seringues &#224; Ch&#226;teau Rouge et &#224; Strasbourg Saint-Denis, l'&#233;quipe constate que de nombreuses femmes chinoises viennent (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Lotus Bus, de M&#233;decins du Monde, assure des permanences pour les femmes chinoises qui se prostituent &#224; Paris. &#192; ces personnes isol&#233;es, ne parlant pas le fran&#231;ais, il propose un programme de r&#233;duction des risques, d'acc&#232;s aux soins et aux droits.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'action de M&#233;decins du Monde aupr&#232;s de femmes prostitu&#233;es chinoises d&#233;marre en 2002. Dans les permanences du programme d'&#233;changes de seringues &#224; Ch&#226;teau Rouge et &#224; Strasbourg Saint-Denis, l'&#233;quipe constate que de nombreuses femmes chinoises viennent r&#233;guli&#232;rement chercher des pr&#233;servatifs, visiblement parce qu'elles se prostituent. Avec l'aide d'interpr&#232;tes chinois, elle les oriente vers les lieux d'acc&#232;s aux soins et aux droits, notamment le Centre d'accueil de soins et d'orientation (Caso) de l'association.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2004, baptis&#233;e Lotus Bus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Lotus Bus - 62 bis avenue Parmentier - 75011 Paris. T&#233;l. 01 43 14 81 65. (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la mission obtient un financement propre de l'Observatoire de l'&#233;galit&#233; femmes/hommes de la Ville de Paris. En 2006, le programme d'&#233;changes de seringues quittant le giron de M&#233;decins du Monde, elle acquiert un bus et propose des permanences aux femmes prostitu&#233;es chinoises dans quatre sites parisiens. Deux salari&#233;s et une trentaine de b&#233;n&#233;voles &#8211; dont vingt sinologues - assurent les permanences.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Li&#233;es par une dette&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les femmes qui fr&#233;quentent le Lotus Bus sont pour la plupart originaires de m&#233;tropoles du Nord-Est chinois, o&#249; les usines ont ferm&#233;. Ag&#233;es en moyenne de quarante-cinq ans, souvent divorc&#233;es, elles viennent en France dans l'espoir de travailler pour payer les &#233;tudes on&#233;reuses de leur unique enfant, devenu adolescent ou jeune adulte. Seules, coup&#233;es de tout r&#233;seau familial et social, elles doivent rembourser la dette contract&#233;e aupr&#232;s des passeurs pour financer leur voyage (de 7 000 &#224; 15 000 &#8364;). Ne ma&#238;trisant pas la langue, ces femmes se retrouvent souvent exploit&#233;es par des compatriotes du Sud. Elles travaillent dans des ateliers de confection ou aupr&#232;s d'enfants, pour un salaire tr&#232;s bas, voire inexistant. Vivant dans des dortoirs on&#233;reux, d&#233;bout&#233;es du droit d'asile, sans papiers et sans ressources, elles sont tr&#232;s vuln&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines se tournent alors vers la prostitution.&lt;i&gt; &#171; Ces femmes subissent de nombreuses violences,&lt;/i&gt; d&#233;plore M&#233;lanie Qu&#233;tier, coordinatrice de la Mission Lotus Bus. &lt;i&gt;La loi de s&#233;curit&#233; int&#233;rieure de 2003, p&#233;nalisant le racolage passif, les rend vuln&#233;rables, les expose aux violences et laisse les agresseurs impunis, car elles n'osent pas porter plainte. &#187;&lt;/i&gt; Leur statut de sans-papiers les fragilise, les clients le savent et certains en profitent. L'un d'eux a affich&#233; dans le quartier d'une femme, un texte illustr&#233; de sa photo, affirmant qu'elle est contamin&#233;e par le virus du sida. &lt;i&gt;&#171; Pour une histoire aussi cruelle qu'on nous a confi&#233;, combien, moins dramatiques, nous sont tues ? &#187;&lt;/i&gt;, s'inqui&#232;te la coordinatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques mois de prostitution, les femmes se prot&#232;gent a minima, apprenant quelques mots de fran&#231;ais pour laisser penser qu'elles le parlent et cachent leur statut de sans-papiers. &#171; &lt;i&gt; Nous essayons de parler avec elles, mais souvent elles estiment qu'il n'existe aucun recours&lt;/i&gt;, poursuit M&#233;lanie Qu&#233;tier. &lt;i&gt;Elles se trouvent dans une situation paradoxale : nous leur assurons qu'elles b&#233;n&#233;ficient de droits dans un pays o&#249; la police les pourchasse et les arr&#234;te. Comment pourraient-elles ne pas se sentir perdues ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le tabou de la sexualit&#233; et du sida&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les permanents et les b&#233;n&#233;voles du Lotus Bus b&#233;n&#233;ficient d'une formation interne sur la r&#233;duction des risques (utilisation du mat&#233;riel d&#233;livr&#233; : pr&#233;servatifs, gel lubrifiant&#8230;), les infections sexuellement transmissibles, mais aussi sur la culture chinoise afin d'aborder la sexualit&#233; ou le sida, deux sujets tabous en Chine. Ils doivent aussi composer avec ces femmes qui ne s'identifient pas &#224; des prostitu&#233;es, pr&#233;f&#233;rant dire qu'elles &#171; travaillent dans la rue &#187;. Ils les orientent aupr&#232;s d'un r&#233;seau de partenaires pour l'acc&#232;s aux soins (aide m&#233;dicale d'Etat, CMU&#8230;) et aux droits (demande de droit d'asile, de titre de s&#233;jour pour raisons m&#233;dicales&#8230;) : Caso, Association Pierre Ducerf pour l'accompagnement juridique et socioprofessionnel, Les amis du Bus des femmes, une association qui accompagne les personnes prostitu&#233;es et peut notamment leur fournir une domiciliation administrative&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007, le bus a compt&#233; une file active de 446 personnes. Chaque ann&#233;e, quelque 150 nouvelles femmes prennent contact avec lui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lotus Bus - 62 bis avenue Parmentier - 75011 Paris. T&#233;l. 01 43 14 81 65. mail : &lt;a href=&#034;mailto:lotusbus@medecinsdumonde.net&#034; class='spip_mail'&gt;lotusbus@medecinsdumonde.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Une prostitution qui a chang&#233; de visage</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Une-prostitution-qui-a-change-de-visage</link>
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		<dc:subject>Prostitution</dc:subject>
		<dc:subject>885</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La d&#233;l&#233;gation parisienne du Mouvement du Nid soutient les femmes qui d&#233;sirent sortir de la prostitution et se reconstruire. Depuis une dizaine d'ann&#233;es, elle rencontre en majorit&#233; des femmes originaires de pays de l'Est et de pays africains anglophones. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mercredi apr&#232;s-midi dans les locaux de la d&#233;l&#233;gation parisienne du Mouvement du Nid. Charly , quinze mois, tee-shirt marron bord&#233; de bleu et baskets oranges, sillonne la pi&#232;ce r&#233;serv&#233;e &#224; l'accueil m&#232;res-enfants, attir&#233; par le tapis de jeux, les livres (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;l&#233;gation parisienne du Mouvement du Nid soutient les femmes qui d&#233;sirent sortir de la prostitution et se reconstruire. Depuis une dizaine d'ann&#233;es, elle rencontre en majorit&#233; des femmes originaires de pays de l'Est et de pays africains anglophones.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mercredi apr&#232;s-midi dans les locaux de la d&#233;l&#233;gation parisienne du Mouvement du Nid. Charly&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;' id='nh4-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, quinze mois, tee-shirt marron bord&#233; de bleu et baskets oranges, sillonne la pi&#232;ce r&#233;serv&#233;e &#224; l'accueil m&#232;res-enfants, attir&#233; par le tapis de jeux, les livres et les jouets mis &#224; sa disposition. Ce tout nouveau lieu, inspir&#233; des Maisons vertes cr&#233;&#233;es par Fran&#231;oise Dolto, est anim&#233; par quatre b&#233;n&#233;voles (stagiaires psychologues et &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e en formation). Il permet aux femmes enceintes et aux m&#232;res de se rencontrer et d'&#233;changer avec des professionnels. Dans les pi&#232;ces voisines, plusieurs femmes d'origine africaine en situation irr&#233;guli&#232;re ont rendez-vous avec un b&#233;n&#233;vole qui les aide &#224; constituer un dossier pour l'obtention d'un titre de s&#233;jour, d'autres viennent rencontrer la personne r&#233;f&#233;rente qui leur offre, chaque semaine, &#233;coute et soutien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;l&#233;gation parisienne du Mouvement du Nid est constitu&#233;e d'une quinzaine de b&#233;n&#233;voles actifs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Mouvement du Nid - d&#233;l&#233;gation de Paris - 81 rue Haxo - 75020 Paris. T&#233;l. 01 (...)' id='nh4-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Plusieurs soirs par mois, un duo homme/femme va &#224; la rencontre de personnes prostitu&#233; (e) s &#224; Paris. Objectifs : nouer un premier contact avec elles, venir r&#233;guli&#232;rement afin qu'elles s'habituent &#224; rencontrer des personnes ext&#233;rieures &#224; la prostitution, tisser un lien de confiance, inviter les femmes &#224; la permanence parisienne du Mouvement et orienter les hommes vers des associations sp&#233;cifiques. &lt;i&gt;&#171; Tisser ce lien de confiance est un travail de longue haleine et demande de la constance,&lt;/i&gt; souligne Jacques Milard, responsable adjoint de la d&#233;l&#233;gation parisienne.&lt;i&gt; Ces personnes subissent le poids du milieu de la prostitution, avec ses ph&#233;nom&#232;nes d'emprise et de d&#233;structuration. Les mettre en confiance n&#233;cessite du temps. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En une dizaine d'ann&#233;es, le public rencontr&#233; par les b&#233;n&#233;voles parisiens a chang&#233; de visage. Aux personnes prostitu&#233;es fran&#231;aises et maghr&#233;bines, ont succ&#233;d&#233; un grand nombre de femmes originaires de pays de l'Est (Albanie, Roumanie&#8230;), puis d'Afrique anglophone (Sierra L&#233;one, Nigeria&#8230;) Aujourd'hui, elles repr&#233;sentent 80 % du public accompagn&#233;. La plupart des femmes ont gagn&#233; la France sous l'influence d'un r&#233;seau leur ayant fait miroiter du travail. &#192; la souffrance li&#233;e &#224; la prostitution, s'ajoute la n&#233;cessit&#233; de r&#233;gulariser leur situation, condition indispensable pour amorcer un travail de reconstruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les personnes prostitu&#233;es &#233;trang&#232;res, ne parlant pas le fran&#231;ais, la d&#233;l&#233;gation de Paris a tout d'abord mis en place des cours collectifs de langue, afin d'&#233;tablir un lien de confiance et les inciter &#224; raconter leur histoire. &lt;i&gt;&#171; Certaines femmes, notamment celles originaires de pays de l'Est, sont victimes de mafias organis&#233;es, tr&#232;s dures, qui leur ont fait subir une sorte de &#171; dressage &#187;, afin qu'elles soient dociles en France &#187;&lt;/i&gt;, rapporte Jacques Milard. &lt;i&gt;&#171; D'autres, d'origine Africaine, ont subi des &#171; rites &#187;, men&#233;s par des sectes, qui les ont menac&#233;es de &#171; sorts &#187; ou de repr&#233;sailles en cas de r&#233;bellion &#187;&lt;/i&gt;, poursuit Charlette Vrolant, une autre b&#233;n&#233;vole. &#192; ces femmes qui vivent dans la peur, parler de leur situation demande beaucoup de courage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux femmes sans papiers, la d&#233;l&#233;gation de Paris propose de constituer une demande de s&#233;jour s'appuyant sur la Convention de Gen&#232;ve du 2 d&#233;cembre 1949&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Convention pour la r&#233;pression de la traite des &#234;tres humains et de (...)' id='nh4-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ratifi&#233;e par la France en 1960, qui privil&#233;gie une politique abolitionniste. Consid&#233;rant la prostitution et la traite qui lui est inh&#233;rente comme incompatibles avec la dignit&#233; humaine, les Etats signataires s'engagent &#8211; notamment &#8211; &#224; leur apporter une protection et une aide &#224; la r&#233;insertion. Le Mouvement du Nid aide notamment les femmes accompagn&#233;es &#224; r&#233;diger leur histoire de vie pour se lib&#233;rer de la prostitution, un r&#233;cit qui sera utile &#224; celles sans papiers dans la constitution de leur demande de titre de s&#233;jour. Mais l'heure est cruelle pour les personnes en situation irr&#233;guli&#232;re qui doivent s'armer de patience face au durcissement des lois li&#233;es &#224; l'immigration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, et en th&#233;orie, le fait de d&#233;marrer cette proc&#233;dure les prot&#232;ge de l'expulsion en cas d'arrestation. La rencontre avec les b&#233;n&#233;voles du Mouvement du Nid, leur accompagnement et leur soutien, permet chaque ann&#233;e &#224; des femmes de prendre leurs distances avec la prostitution. L'obtention d'un titre de s&#233;jour ouvre une porte &#224; celles sans papiers qui peuvent enfin songer &#224; amorcer un travail de reconstruction. Le temps pour se r&#233;approprier sa vie varie d'une femme &#224; l'autre, chacune &#233;tant singuli&#232;re et avan&#231;ant &#224; son rythme. &lt;i&gt;&#171; Il faut les pousser et les soutenir sans cesse&lt;/i&gt;, souligne Jacques Milard, &lt;i&gt;le trajet de reconstruction n'est pas lin&#233;aire. &lt;/i&gt; &#187; Chaque ann&#233;e, la d&#233;l&#233;gation parisienne accompagne environ cent cinquante femmes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb4-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-1' class='spip_note' title='Notes 4-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-2' class='spip_note' title='Notes 4-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mouvement du Nid - d&#233;l&#233;gation de Paris - 81 rue Haxo - 75020 Paris. T&#233;l. 01 42 82 17 00&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-3' class='spip_note' title='Notes 4-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Convention pour la r&#233;pression de la traite des &#234;tres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui, esclavage, travail forc&#233;, trafic de personnes, exploitation de prostitution d'autrui&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La prostitution : champ de bataille des associations</title>
		<link>https://www.lien-social.com/la-prostitution-champ-de-bataille</link>
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		<dc:date>2008-05-22T14:04:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Prostitution</dc:subject>
		<dc:subject>885</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une sorte de guerre se joue entre les associations qui interviennent aupr&#232;s des prostitu&#233;es. Une guerre id&#233;ologique selon qu'elles consid&#232;rent la prostitution comme une inadaptation sociale ou comme un m&#233;tier. Positions qui conditionnent &#233;galement le travail social r&#233;alis&#233; sur le terrain : faire sortir les personnes de la prostitution ou bien reconna&#238;tre aux travailleurs du sexe des droits &#233;quivalents &#224; tous les citoyens. Deux approches si &#233;loign&#233;es l'une de l'autre, qu'elles n'ont m&#234;me pas r&#233;ussi &#224; (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une sorte de guerre se joue entre les associations qui interviennent aupr&#232;s des prostitu&#233;es. Une guerre id&#233;ologique selon qu'elles consid&#232;rent la prostitution comme une inadaptation sociale ou comme un m&#233;tier. Positions qui conditionnent &#233;galement le travail social r&#233;alis&#233; sur le terrain : faire sortir les personnes de la prostitution ou bien reconna&#238;tre aux travailleurs du sexe des droits &#233;quivalents &#224; tous les citoyens. Deux approches si &#233;loign&#233;es l'une de l'autre, qu'elles n'ont m&#234;me pas r&#233;ussi &#224; s'unir dans une opposition commune &#224; la loi de s&#233;curit&#233; int&#233;rieure et &#224; ses effets dramatiques sur les personnes prostitu&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Elles le r&#233;p&#232;tent depuis cinq ans. Les associations qui interviennent sp&#233;cifiquement dans le champ de la prostitution ne cessent de dire que la loi de s&#233;curit&#233; int&#233;rieure (LSI), vot&#233;e le 18 mars 2003, est une calamit&#233; pour les personnes prostitu&#233;es, notamment celles qui travaillent dans la rue (&lt;a href='https://www.lien-social.com/La-loi-Sarkozy-a-precarise-la-prostitution' class='spip_in'&gt;LS n&#176; 757 du 16 juin 2005&lt;/a&gt;). Elle p&#233;nalise le racolage passif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Nouveau d&#233;lit, il punit &#171; le fait, par tout moyen, y compris par une attitude (...)' id='nh5-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; d'une amende de 3750 &#8364; et d'une peine de prison de deux mois. Ce texte entrave, par ailleurs, le travail de lien fait par les associations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais consid&#233;r&#233;es comme d&#233;linquantes, les personnes se cachent, quittent les centres villes, s'isolent. Les agressions, dont elles sont la cible, augmentent. Les violences polici&#232;res aussi puisque ces personnes, devenues clandestines, n'osent plus porter plainte et sont &#224; la merci de l'impunit&#233; ressentie aussi bien par les agresseurs que les policiers. Pr&#233;caris&#233;es, les pratiques &#224; risque &#8211; rapport sans pr&#233;servatif &#8211; sont parfois accept&#233;es parce que les clients proposent alors un tarif plus &#233;lev&#233;. Ce m&#234;me constat revient dans la bouche de tous les responsables associatifs et pourtant, tous ne le disent pas de la m&#234;me mani&#232;re. Surtout, ils ne font pas front uni pour contraindre les responsables politiques &#224; abolir ce texte. Pourquoi ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Clivages exacerb&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les associations sp&#233;cifiques pour les prostitu&#233;es s'inscrivent dans une philosophie, une conception de ce qu'est, pour elles, la prostitution et cela conditionne le type d'assistance qu'elles choisissent d'apporter aux personnes &#187;&lt;/i&gt;, explique Lilian Mathieu, sociologue, charg&#233; de recherches au CNRS&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Auteur, entre autres, de La condition prostitu&#233;e, &#233;d. Textuel, septembre (...)' id='nh5-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or, ces conceptions s'opposent avec une grande violence. Violence qui s'est, en outre, vivement exacerb&#233;e depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000. &lt;i&gt;&#171; L'arriv&#233;e visible, &#224; la fin des ann&#233;es 90, de prostitu&#233;es de l'Est sur les trottoirs des grandes villes, alli&#233;e &#224; une forte m&#233;diatisation qui a donn&#233; dans le sensationnalisme, a interpell&#233; les pouvoirs publics. Des riverains, exasp&#233;r&#233;s par les nuisances, les ont &#233;galement sollicit&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, analyse Lilian Mathieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nomination de Nicolas Sarkozy au minist&#232;re de l'Int&#233;rieur en 2002 a ajout&#233; de l'huile sur le feu. Il a fait de la r&#233;pression son discours et l'&#233;lection pr&#233;sidentielle d'alors s'est focalis&#233;e sur le th&#232;me de l'ins&#233;curit&#233;. &lt;i&gt;&#171; La repr&#233;sentation de la fille de l'Est, n&#233;cessairement manipul&#233;e par des prox&#233;n&#232;tes, forc&#233;ment connect&#233;e &#224; la mafia, &#224; la fois victime et coupable, a fait des prostitu&#233;es de rue l'incarnation de l'ins&#233;curit&#233;. D&#232;s lors, la r&#233;pression contre les prostitu&#233;es &#233;tait l&#233;gitim&#233;e comme un moyen indirect d'atteindre les prox&#233;n&#232;tes &#187;&lt;/i&gt;, ajoute Lilian Mathieu. Un d&#233;bat public s'est alors engag&#233; sur l'attitude &#224; avoir &#224; l'&#233;gard de la prostitution. Les clivages entre les diff&#233;rentes approches se sont exacerb&#233;s &#224; tel point que les associations qui s'inscrivent dans l'une ou l'autre de ces approches ont jug&#233; inimaginable une contestation commune de la loi de s&#233;curit&#233; int&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, cette loi a &#233;t&#233; qualifi&#233;e, par les uns comme les autres, de prohibitionniste, approche que les deux camps r&#233;cusent, puisqu'elle p&#233;nalise les prox&#233;n&#232;tes mais aussi les prostitu&#233;es. Exemple le plus flagrant de la discorde : au lendemain du vote de la loi, les associations de sant&#233; communautaires, les collectifs de prostitu&#233;es, soutenues par les associations de lutte contre le sida comme Act-up ou Arcat, ont organis&#233; une manifestation pour demander son abrogation. Quelques jours plus tard, les associations abolitionnistes, soutenues par des mouvements f&#233;ministes, en ont organis&#233; une autre avec la m&#234;me revendication. Pourquoi une telle dissension ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le r&#232;gne de l'abolitionnisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La France a ferm&#233; ses maisons closes en 1946. La loi dite &#171; Marthe Richard &#187; a mis fin &#224; la r&#233;glementation de la prostitution qui existait jusqu'alors. Aujourd'hui, le terme de r&#233;glementarisme qualifie donc une approche qui appuie l'encadrement l&#233;gal de la prostitution et notamment la r&#233;ouverture des maisons closes. Depuis 1946, la France a tourn&#233; le dos &#224; cette conception et est entr&#233;e dans une &#233;poque abolitionniste. L'objectif est l'abolition de la prostitution sans pour autant r&#233;primer les personnes prostitu&#233;es. Il s'agit, d'une part, d'un long processus d'&#233;ducation sociale pour faire dispara&#238;tre la demande et, d'autre part, d'un accompagnement des personnes dans une d&#233;marche de r&#233;insertion sociale. &lt;i&gt;&#171; Les associations de type abolitionnistes s'inscrivent dans un rapport moral &#224; la prostitution, &lt;/i&gt; pense Lilian Mathieu. &lt;i&gt;Elles la consid&#232;rent comme une inadaptation sociale, une expression paroxystique de la domination masculine qui, en soit, la disqualifie. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, les personnes prostitu&#233;es sont des victimes d'un syst&#232;me prostitutionnel contre lequel il s'agit de lutter. Le mouvement du Nid s'inscrit dans cette approche, c'est l'une des associations les plus anciennes dans ce champ et l'une des plus pr&#233;sentes puisqu'elle a des d&#233;l&#233;gations dans la plupart des r&#233;gions de France (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Une-prostitution-qui-a-change-de-visage' class='spip_in'&gt;lire le reportage&lt;/a&gt;). Son coordinateur national, Samuel Prieur, conteste avoir un jugement moral : &lt;i&gt;&#171; Nous ne jugeons pas, nous ne disons pas : la prostitution, c'est bien ou c'est mal. Nous disons qu'il y a des personnes qui souffrent dans la prostitution et qu'il faut les aider &#224; s'en sortir. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'association, qui fait partie de la coll&#233;gialit&#233; du comit&#233; catholique contre la faim et pour le d&#233;veloppement (CCFD), mouvement et services de l'&#233;glise catholique, conditionne toutefois son aide &#224; la sortie de la prostitution. Samuel Prieur d&#233;taille les &#233;tapes d'action de l'association : &lt;i&gt;&#171; Nous allons rencontrer les personnes, pour un premier contact, sur les lieux de prostitution, mais nous consid&#233;rons que ce n'est pas le meilleur endroit pour parler librement avec elles. Nous leur donnons donc rapidement nos coordonn&#233;es et nous leur expliquons que nous avons des permanences, dans tous les d&#233;partements o&#249; nous sommes pr&#233;sents, o&#249; nous pouvons les accueillir dans des locaux neutres. L&#224;, nous allons prendre le temps pour d&#233;construire l'histoire de la personne afin de comprendre ce qui l'a amen&#233;e dans la prostitution. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'association estime ce passage obligatoire afin que la personne ait un meilleur regard sur son histoire. &lt;i&gt;&#171; Lorsqu'elles disent qu'elles ont choisi ce m&#233;tier, nous cherchons &#224; savoir si elles l'ont vraiment choisi et voir les &#233;l&#233;ments de leur vie qui les ont pouss&#233;es dans la prostitution,&lt;/i&gt; poursuit Samuel Prieur. &lt;i&gt;Nous arrivons alors souvent &#224; une phase importante pour nous : la personne va reconna&#238;tre qu'elle n'a pas choisi d'&#234;tre prostitu&#233;e et dire qu'elle veut s'en sortir. &#187; &lt;/i&gt; Au mouvement du Nid, c'est uniquement &#224; partir de ce moment-l&#224; que l'aide &#224; la r&#233;insertion commence. Samuel Prieur qualifie les associations de sant&#233; communautaires de &#171; r&#233;glementaristes &#187; et leur reproche &lt;i&gt;&#171; d'aider les personnes &#224; s'inscrire dans la prostitution. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Rejoindre le droit commun&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous ne sommes pas r&#233;glementaristes &#187;&lt;/i&gt;, assurent pourtant la plupart des associations de sant&#233; communautaires que sont, par exemple, le Bus des Femmes &#224; Paris (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Soutenir-les-femmes-chinoises-qui-se-prostituent' class='spip_in'&gt;lire le reportage&lt;/a&gt;), Cabiria &#224; Lyon (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Cabiria-au-cote-des-travailleurs-du-sexe' class='spip_in'&gt;lire le reportage&lt;/a&gt;) ou Gris&#233;lidis &#224; Toulouse (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Nous-voulons-rejoindre-le-droit-commun' class='spip_in'&gt;lire interview&lt;/a&gt;). N&#233;es de la lutte contre le sida au d&#233;but des ann&#233;es 90, elles ont d'abord eu une approche pragmatique, dans l'urgence : il fallait faire de la pr&#233;vention pour faire face au sida. Dans cette m&#234;me optique, elles consid&#232;rent que les personnes prostitu&#233;es sont celles qui connaissent le mieux le monde de la prostitution et sont les mieux plac&#233;es pour faire de la pr&#233;vention aupr&#232;s de leurs pairs et de leurs clients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces associations sont donc souvent constitu&#233;es &#224; part &#233;gale par des travailleurs sociaux et des travailleurs (ses) du sexe. Leur travail se base essentiellement sur un accompagnement des personnes pour faire valoir leurs droits.&lt;i&gt; &#171; Ces associations ne consid&#232;rent pas n&#233;cessairement la prostitution comme une inadaptation sociale qui frapperait des victimes mais comme un domaine de comp&#233;tences qui doit &#234;tre reconnu et valoris&#233; parce que cette approche est utile &#224; la pr&#233;vention &#187;&lt;/i&gt;, analyse Lilian Mathieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi de s&#233;curit&#233; int&#233;rieure et ses cons&#233;quences catastrophiques sur la pr&#233;vention - perte du lien avec les associations, pression des clients pour des rapports sans pr&#233;servatif, pr&#233;carisation des personnes prostitu&#233;es &#8211; a engendr&#233; une forte mobilisation de ces associations et une &lt;i&gt;&#171; volont&#233; de prendre en main une r&#233;flexion politique sur ce que l'on veut pour la prostitution &#187;&lt;/i&gt;, avance Marie-&#201;lisabeth Handman, anthropologue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Elle a notamment dirig&#233; avec Janine Mossuz-Lavau, politologue, l'ouvrage (...)' id='nh5-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette volont&#233; se traduit notamment, depuis deux ans, par la tenue d'assises de la prostitution&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-4' class='spip_note' rel='appendix' title='Les premi&#232;res assises ont donn&#233; naissance au collectif Droit et (...)' id='nh5-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; afin &lt;i&gt;&#171; de r&#233;fl&#233;chir &#224; une possibilit&#233; de statut, une forme de n&#233;o-r&#233;glementarisme, qui ne consisterait pas du tout &#224; revenir aux maisons closes, qui &#233;taient bien souvent lieux d'esclavage pour les femmes. L'id&#233;e est plut&#244;t d'obtenir un statut de travailleur ind&#233;pendant &#187;&lt;/i&gt;, explique Marie-&#201;lisabeth Handman. Entrer dans le droit commun et jouir de la protection sociale, du syst&#232;me de soins, de la protection vieillesse, est l'objectif majeur de cette reconnaissance de la prostitution comme d'un m&#233;tier &#224; part enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'ailleurs pour cela que le terme de travailleur du sexe est utilis&#233; par ces associations. Pour Marie-&#201;lisabeth Handman, cette reconnaissance doit n&#233;cessairement s'accompagner d'un retrait de tous les articles du code p&#233;nal qui concernent le prox&#233;n&#233;tisme. &#192; ses yeux, les vrais prox&#233;n&#232;tes peuvent &#234;tre poursuivis par de multiples autres articles du code alors que les articles sur le prox&#233;n&#233;tisme &lt;i&gt;&#171; rendent la vie des personnes prostitu&#233;es extr&#234;mement difficile et contribuent &#224; leur stigmatisation parce qu'ils touchent toutes les personnes qui sont en relation priv&#233;e ou de travail avec elles,&lt;/i&gt; explique Marie-&#201;lisabeth Handman. &lt;i&gt;Un chauffeur de taxi qui les conduit &#224; leur lieu de travail, un petit marchand de pr&#233;servatifs dans les bois, toute personne qui rend des services &#224; une prostitu&#233;e est passible de prox&#233;n&#233;tisme. &#187;&lt;/i&gt; La lev&#233;e de ces articles leur permettrait &#233;galement de se constituer en association ce qu'elles ne peuvent faire aujourd'hui sous peine d'&#234;tre poursuivies pour prox&#233;n&#233;tisme aggrav&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, une des grandes revendications des assises de la prostitution et des personnes prostitu&#233;es qui s'y rendent est de pouvoir s'approprier la parole sur leur propre activit&#233;. L'association Les Putes, cr&#233;&#233;e par des travailleurs du sexe et anciens militants d'Act-up dont ils ont repris les m&#233;thodes, en est le plus r&#233;cent exemple. &lt;i&gt;&#171; Nous ne vendons pas stupidement notre corps : nous proposons des services sexuels &#187;&lt;/i&gt;, assure-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se r&#233;approprier l'insulte, en faire le nom de l'association, transformer le stigmate en fiert&#233;, faire valoir les comp&#233;tences des personnes, l'association a eu, pour Marie-&#201;lisabeth Handman, le m&#233;rite de &lt;i&gt;&#171; donner un bon coup de fouet &#224; la r&#233;flexion sur la prostitution. Elle est &#224; l'origine de la Pute pride (d&#233;fil&#233; sur le mod&#232;le de la Gay pride ndlr), une mani&#232;re tr&#232;s actupienne de redonner confiance en soi &#224; des personnes ultrastigmatis&#233;es depuis des si&#232;cles. &#187;&lt;/i&gt; Un &#171; groupuscule tr&#232;s minoritaire &#187;, en d&#233;calage complet avec la r&#233;alit&#233; multiforme du terrain et qui dispara&#238;tra aussi vite qu'il est apparu, selon Samuel Prieur. Les tirs de missiles entre camps adverses ne sont pas pr&#234;ts de s'interrompre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb5-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-1' class='spip_note' title='Notes 5-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nouveau d&#233;lit, il punit &#171; le fait, par tout moyen, y compris par une attitude m&#234;me passive, de proc&#233;der publiquement au racolage d'autrui en vue d'inciter &#224; des relations sexuelles en &#233;change d'une r&#233;mun&#233;ration ou d'une promesse de r&#233;mun&#233;ration. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-2' class='spip_note' title='Notes 5-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Auteur, entre autres, de La condition prostitu&#233;e, &#233;d. Textuel, septembre 2007&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-3' class='spip_note' title='Notes 5-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Elle a notamment dirig&#233; avec Janine Mossuz-Lavau, politologue, l'ouvrage collectif La prostitution &#224; Paris, &#233;d. de la Martini&#232;re, 2005&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-4' class='spip_note' title='Notes 5-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les premi&#232;res assises ont donn&#233; naissance au collectif Droit et prostitution&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>La prostitution : champ de bataille des associations</title>
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		<title>Handicaps et sexualit&#233;s - Le livre blanc</title>
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		<dc:subject>Sexualit&#233;</dc:subject>
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&lt;p&gt;Trop longtemps, le handicap a transform&#233; celles et ceux qui en &#233;taient atteints en &#234;tres &#224; part, en marge de la soci&#233;t&#233;, ni hommes, ni femmes v&#233;ritables, tant&#244;t anges, tant&#244;t b&#234;tes, incapables d'&#234;tre aim&#233;s ou d'aimer eux-m&#234;mes. Aux tabous religieux ou moraux se rajoutait la crainte d'une h&#233;r&#233;dit&#233; qui reproduirait les d&#233;ficiences. Peu &#224; peu, les parents et les &#233;ducateurs ont cess&#233; de traiter les personnes atteintes de handicap sur le seul registre de la protection et ont admis la n&#233;cessaire prise en compte de leur (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L95xH150/arton2438-df174.jpg?1694184905' width='95' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Trop longtemps, le handicap a transform&#233; celles et ceux qui en &#233;taient atteints en &#234;tres &#224; part, en marge de la soci&#233;t&#233;, ni hommes, ni femmes v&#233;ritables, tant&#244;t anges, tant&#244;t b&#234;tes, incapables d'&#234;tre aim&#233;s ou d'aimer eux-m&#234;mes. Aux tabous religieux ou moraux se rajoutait la crainte d'une h&#233;r&#233;dit&#233; qui reproduirait les d&#233;ficiences. Peu &#224; peu, les parents et les &#233;ducateurs ont cess&#233; de traiter les personnes atteintes de handicap sur le seul registre de la protection et ont admis la n&#233;cessaire prise en compte de leur sexualit&#233;. Il n'est pas d'&#233;tablissement d'accueil qui ne s'interroge aujourd'hui sur cette dimension incontournable de la vie humaine. Car si la g&#233;nitalit&#233; n'est pas l'unique source de plaisir personnel ou de lib&#233;ration pulsionnelle, on ne peut nier la souffrance que constitue le fait d'en &#234;tre priv&#233;. D'autant que la revendication d'un accompagnement &#224; la vie intime, affective et sexuelle ne se r&#233;sume pas au seul droit &#224; la jouissance charnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est l&#224; dans une approche infiniment plus complexe qui renvoie &#224; la recherche d'un bien-&#234;tre total &#224; la fois physique et moral et &#224; la prise en compte de cette part d'humanit&#233; que chacun d'entre nous poss&#232;de en lui. Pourtant, si la relation &#224; l'autre est v&#233;cue pour la plupart sous le registre de l'&#233;vidence, il n'en va pas de m&#234;me pour les personnes en situation de handicap qui, souvent plac&#233;es dans une situation de d&#233;pendance, rencontrent des difficult&#233;s &#224; acc&#233;der &#224; un rapport de s&#233;duction pouvant aboutir &#224; des relations plus intimes. D&#233;connect&#233;es de leur corporalit&#233;, elles ont besoin d'&#234;tre aid&#233;es &#224; se r&#233;approprier leur corps, &#224; l'apprivoiser et &#224; mieux le ma&#238;triser. Alors que dans certains pays du nord de l'Europe, l'assistance sexuelle existe depuis quarante ans, la l&#233;gislation de notre pays r&#233;primant le prox&#233;n&#233;tisme bloque toute possibilit&#233; : un individu contribuant &#224; fournir les moyens n&#233;cessaires &#224; un rapport sexuel r&#233;tribu&#233; encourt sept ans d'emprisonnement et 150 000 &#8364; d'amende !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accompagnement &#233;rotique se distingue pourtant de la prostitution par la formation sp&#233;cialis&#233;e suivie. N'importe qui ne peut l'exercer librement, tant le contact avec un corps difforme, peu agile, voire immobile, suscite des r&#233;actions qui vont de la compassion au d&#233;go&#251;t, en passant par l'apitoiement. Il s'agit donc d'une v&#233;ritable r&#233;volution culturelle qui doit s'op&#233;rer tant dans les repr&#233;sentations des familles et des &#233;ducateurs, que dans la loi, si l'on veut d&#233;passer les seules proclamations et garantir la concr&#233;tisation du beau principe de la pleine participation des personnes porteuses de handicap &#224; tous les domaines de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette probl&#233;matique fait l'objet de l'ouvrage passionnant, coordonn&#233; par Marcel Nuss. On y trouvera une multitude d'analyses, de t&#233;moignages et de d&#233;bats contradictoires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Dunod, 2008 (261 p. ; 23 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Fi&#232;res d'&#234;tre putes</title>
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		<dc:subject>Prostitution</dc:subject>
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&lt;p&gt;S'il m'a &#233;t&#233; donn&#233; de lire un ouvrage politiquement incorrect, ces derni&#232;res ann&#233;es, c'est bien celui-l&#224; ! Convenons qu'il n'est pas courant d'entendre proclamer que la prostitution pourrait &#234;tre un moyen d'&#233;panouissement et d'ind&#233;pendance. Une provocation ? Pas seulement. Abreuv&#233;, comme beaucoup de lecteurs, &#224; la conviction que cette activit&#233; ne peut &#234;tre synonyme que d'esclavage, j'ai d'abord parcouru ces pages avec un certain scepticisme. Puis la force de l'argumentaire m'a contraint &#224; la r&#233;flexion. La (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S'il m'a &#233;t&#233; donn&#233; de lire un ouvrage politiquement incorrect, ces derni&#232;res ann&#233;es, c'est bien celui-l&#224; ! Convenons qu'il n'est pas courant d'entendre proclamer que la prostitution pourrait &#234;tre un moyen d'&#233;panouissement et d'ind&#233;pendance. Une provocation ? Pas seulement. Abreuv&#233;, comme beaucoup de lecteurs, &#224; la conviction que cette activit&#233; ne peut &#234;tre synonyme que d'esclavage, j'ai d'abord parcouru ces pages avec un certain scepticisme. Puis la force de l'argumentaire m'a contraint &#224; la r&#233;flexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position face &#224; la prostitution est loin d'&#234;tre unanime. On distingue les pays r&#233;glementaristes qui l'ont officialis&#233;e, la consid&#233;rant comme un travail comme un autre (Allemagne, Belgique). &#192; l'oppos&#233;, on trouve les prohibitionnistes qui l'interdisent et la p&#233;nalisent (Su&#232;de). Enfin, &#224; moiti&#233; chemin, il y a la France qui a opt&#233; pour une position abolitionniste : tenter de faire dispara&#238;tre la prostitution, en proposant une r&#233;insertion aux prostitu&#233;(e)s, tout en r&#233;primant durement les prox&#233;n&#232;tes. Face &#224; cette r&#233;alit&#233;, il existe une discrimination largement partag&#233;e (que l'ouvrage d&#233;signe comme &#171; putophobie &#187;) qui s'appuie sur toute une s&#233;rie d'id&#233;es re&#231;ues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, de la confusion syst&#233;matique entre la prostitution contrainte (qui rel&#232;ve effectivement d'une forme d'asservissement) et celle qui correspond &#224; un choix personnel (option qu'on refuse g&#233;n&#233;ralement de reconna&#238;tre). Il en va de m&#234;me des prostitu&#233; (e) s qui n'apparaissent qu'en tant que victimes incapables de savoir ce qui est bon pour elles ou bien en tant que d&#233;linquant(e)s vecteurs de d&#233;sordre et d'&#233;pid&#233;mie. Il est tout aussi courant de penser que la prostitution implique in&#233;vitablement le prox&#233;n&#233;tisme. Comme les personnes s'y adonnant ont forc&#233;ment &#233;t&#233; viol&#233;es dans leur enfance ou qu'elles portent n&#233;cessairement atteintes &#224; leur dignit&#233; et &#224; leur sant&#233; psychique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces repr&#233;sentations enferment les prostitu&#233;(e)s dans une vision unique et r&#233;ductrice, expliquent les auteurs : pourtant, entre l'esclave sexuelle qui n'a rien choisi et la call-girl qui vit dans le luxe, il y a une majorit&#233; de travailleurs (ses) du sexe pour qui le choix de ce travail est motiv&#233; diversement. &#171; Nous ne vendons pas notre corps : nous nous en servons afin de rendre un service sexuel &#187; (p. 58), proclament-ils. Pourquoi l'utilisation de son sexe pour vivre transformerait-il le (la) prostitu&#233; (e) en marchandise, l&#224; o&#249; les autres travailleurs ne feraient, eux, que vendre leur force de travail ? Le mouvement &#171; Les Putes &#187;, regroupant des travailleuses et travailleurs du sexe, s'inspire de l'action des f&#233;ministes et des homosexuels, portant les revendications et d&#233;fendant les int&#233;r&#234;ts d'une nouvelle parole minoritaire : &#171; Les putophobes qui veulent abolir la prostitution sont comme les homophobes qui veulent gu&#233;rir l'homosexualit&#233; &#187; (p.82).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; un ouvrage pol&#233;mique qui bouscule bien des certitudes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. l'Altiplano, 2007 (127 p. ; 7 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Comment ne pas s'occuper des prisons</title>
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		<dc:subject>885</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les condamnations ne cessent de pleuvoir sur l'&#201;tat fran&#231;ais et pourtant rien n'y fait : les conditions de d&#233;tention restent inhumaines, et la surpopulation carc&#233;rale bat ses propres records. Les priorit&#233;s br&#251;lantes des pouvoirs publics &#8211; r&#233;tention de s&#251;ret&#233;, puis r&#233;vision de l'ordonnance de 1945 &#8211; emp&#234;chent visiblement l'&#233;mergence de la loi p&#233;nitentiaire, comme celle du Contr&#244;leur g&#233;n&#233;ral des prisons &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 1er avril, selon les chiffres m&#234;mes de l'administration p&#233;nitentiaire, la population carc&#233;rale &#233;tait de 63 (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les condamnations ne cessent de pleuvoir sur l'&#201;tat fran&#231;ais et pourtant rien n'y fait : les conditions de d&#233;tention restent inhumaines, et la surpopulation carc&#233;rale bat ses propres records. Les priorit&#233;s br&#251;lantes des pouvoirs publics &#8211; r&#233;tention de s&#251;ret&#233;, puis r&#233;vision de l'ordonnance de 1945 &#8211; emp&#234;chent visiblement l'&#233;mergence de la loi p&#233;nitentiaire, comme celle du Contr&#244;leur g&#233;n&#233;ral des prisons&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 1er avril, selon les chiffres m&#234;mes de l'administration p&#233;nitentiaire, la population carc&#233;rale &#233;tait de 63 211 personnes d&#233;tenues contre 62 586 un mois auparavant. Or, les prisons fran&#231;aises ne comptent que 51 000 places. Cherchez l'erreur : seules 5 783 personnes b&#233;n&#233;ficient d'un am&#233;nagement de peine : bracelet &#233;lectronique, mesure de placement &#224; l'ext&#233;rieur, ou mesure de semi-libert&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tellement attendue, promise lors de la campagne &#233;lectorale, r&#233;guli&#232;rement annonc&#233;e, la loi p&#233;nitentiaire aurait d&#251; voir le jour en d&#233;cembre dernier. &#171; En cours de r&#233;daction &#187; &#224; la Chancellerie, elle tra&#238;ne ind&#233;finiment. Pourtant, le 11 juillet 2007, un comit&#233; d'orientation restreint (COR), compos&#233; d'experts, avait &#233;t&#233; install&#233; pour en faire &#233;merger les bases. Fin novembre, celui-ci avait remis cent vingt pr&#233;conisations, d&#233;plorant tout de m&#234;me le peu de temps qui lui avait &#233;t&#233; octroy&#233;. Les droits et les devoirs des d&#233;tenus y &#233;taient d&#233;taill&#233;s, mais une fois de plus, il &#233;tait pr&#233;conis&#233; de recourir davantage aux alternatives &#224; l'incarc&#233;ration pour les courtes peines, et de pr&#233;ciser les missions de l'administration p&#233;nitentiaire. Il y a quelques ann&#233;es, le Conseil de l'Europe avait, lui, &#233;dict&#233; 108 r&#232;gles &#8211; dont l'encellulement individuel ou le respect de la dignit&#233; des personnes &#8211;, mais la quasi-totalit&#233; de celles-ci n'est toujours pas respect&#233;e par la France, malgr&#233; quelques engagements vertueux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, l'administration consid&#232;re r&#233;alisable l'objectif d'un d&#233;tenu par cellule pour 2012&#8230; tout en estimant &#224; 80 000 le nombre de personnes incarc&#233;r&#233;es d'ici cinq ans ! R&#233;guli&#232;rement &#8211; encore le 17 mars &#224; Paris &#8211;, le collectif &lt;a href=&#034;http://www.tropctrop.fr&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Trop, c'est trop&lt;/a&gt; manifeste devant des palais de justice pour inviter les magistrats &#224; refuser cet entassement. La loi p&#233;nitentiaire, en pr&#233;paration depuis des ann&#233;es, n'est visiblement pas la priorit&#233; du gouvernement, beaucoup moins en tout cas que la d&#233;tention de s&#251;ret&#233; ou la r&#233;vision de l'ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Seules 5 783 personnes b&#233;n&#233;ficient d'un am&#233;nagement de peine&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le nombre des mineurs incarc&#233;r&#233;s, lui, oscille entre 750 et 800. Le pays compte actuellement six &#233;tablissements p&#233;nitentiaires pour mineurs (EPM), accueillant depuis juin 2007 cent soixante-dix jeunes incarc&#233;r&#233;s ; le dernier d'entre eux a &#233;t&#233; inaugur&#233; &#224; Porcheville (78) en avril, le prochain est pr&#233;vu &#224; Chauconin (77) en septembre. Il y a quelques semaines, un adolescent de 16 ans s'est suicid&#233; dans celui de Meyzieu (69). Une enqu&#234;te judiciaire et administrative est ouverte. Le mois pr&#233;c&#233;dent, un autre jeune est mort &#224; la maison d'arr&#234;t de Valence. Taux d'occupation de la prison : 178 %. R&#233;cemment, une &#233;tude europ&#233;enne proposait d'&#233;tablir des crit&#232;res pour &#233;valuer la violence dans les institutions pour mineurs priv&#233;s de libert&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Disponible sur www.dei-france.org' id='nh6-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tous horizons, les condamnations ne cessent de pleuvoir : en d&#233;cembre 2007, le rapport du Comit&#233; pour la pr&#233;vention de la torture avait d&#233;clar&#233; la France coupable de &#171; traitements inhumains et d&#233;gradants &#187;. D&#233;but avril, une d&#233;cision consid&#233;r&#233;e comme historique du tribunal de Rouen condamnait l'&#201;tat fran&#231;ais, reconnaissant le pr&#233;judice moral li&#233; aux conditions de d&#233;tention du plaignant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre Arl&#233;sienne, autre fant&#244;me, plut&#244;t, le Contr&#244;leur g&#233;n&#233;ral des prisons, qui devait &#234;tre institu&#233; pour contr&#244;ler enfin l'ensemble des lieux de privation de libert&#233; (prisons, locaux de garde &#224; vue, centres de r&#233;tention administrative, etc). Le 16 avril dernier, un collectif d'organisations, d'aum&#244;neries et de syndicats, &#233;crivait au pr&#233;sident de la R&#233;publique pour s'&#233;tonner que &#171; plus de cinq mois apr&#232;s l'institution d'un Contr&#244;leur g&#233;n&#233;ral des lieux de privation de libert&#233; par la loi du 30 octobre 2007 [nous en sommes aujourd'hui &#224; plus de six mois, ndlr] et un mois apr&#232;s son d&#233;cret d'application en date du 12 mars dernier, aucune personnalit&#233; n'ait &#233;t&#233; nomm&#233;e. &#187; Demandant une nomination &#171; rapide et transparente &#187;, les signataires rappelaient que notre pays est soumis ces jours-ci &#224; l'examen p&#233;riodique universel (EPU) du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, avec rapport final le 19 juin. Mais l'inertie reste totale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, au d&#233;but du mois de mai, l'Observatoire international des prisons (OIP) et Amnesty international manifestaient leurs craintes les plus vives devant l'annonce de la cr&#233;ation d'un D&#233;fenseur des droits des citoyens, pr&#233;vu dans le projet de loi de modernisation des institutions, adopt&#233; par le conseil des ministres du 23 avril. En effet, selon l'expos&#233; des motifs, ce nouveau D&#233;fenseur regrouperait les attributions de l'actuel M&#233;diateur, de la Commission nationale de d&#233;ontologie de la s&#233;curit&#233; (CNDS) et&#8230; du Contr&#244;leur g&#233;n&#233;ral des lieux de privation de libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chercheur Pierre Tournier et son club DES maintenant en Europe travaillent depuis longtemps sur ces questions. Pr&#233;voyant qu'&#224; la date du 1er juillet, le nombre des d&#233;tenus en surnombre pourrait &#234;tre de 14 500, il s'interroge sur une quadruple renonciation des pouvoirs publics : celle, &#233;ventuelle, de la nomination du Contr&#244;leur g&#233;n&#233;ral, du principe de l'encellulement individuel (&#171; pr&#233;vu &#224; compter du 15 juin 2008 par la loi du 12 juin 2003 &#187;), de la loi p&#233;nitentiaire, de l'application des r&#232;gles p&#233;nitentiaires europ&#233;ennes. Le 1er juillet, donc, jour o&#249; la France prendra la pr&#233;sidence de l'Union europ&#233;enne, une rencontre sera organis&#233;e pour &#171; faire le point de la situation et envisager les mobilisations qui pourraient s'av&#233;rer n&#233;cessaire &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb6-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-1' class='spip_note' title='Notes 6-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Disponible sur &lt;a href=&#034;http://www.dei-france.org&#034; class='spip_url spip_out' rel='external'&gt;www.dei-france.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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