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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Handicap : donner la parole &#224; la fratrie</title>
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		<title>De l'interaction au lien fraternel</title>
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&lt;p&gt;Entretien avec R&#233;gine Scelles , professeur des universit&#233;s en psychopathologie et psychologue clinicienne. Elle est l'auteur de nombreux ouvrages sur le th&#232;me de la fratrie et du handicap &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est-ce que le lien fraternel ? Il faut diff&#233;rencier liens et interactions. Le lien est ce que l'on int&#233;riorise tandis que les interactions sont le comportement interactif dans le quotidien, dans la r&#233;alit&#233; des relations. Il peut ne pas y avoir d'&#233;quivalence entre les deux notions. On peut avoir beaucoup (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien avec R&#233;gine Scelles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='R&#233;gine Scelles intervient en partie dans le film &#171; Mon fr&#232;re, ma s&#339;ur&#8230; et le (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, professeur des universit&#233;s en psychopathologie et psychologue clinicienne. Elle est l'auteur de nombreux ouvrages sur le th&#232;me de la fratrie et du handicap&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que le lien fraternel ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut diff&#233;rencier liens et interactions. Le lien est ce que l'on int&#233;riorise tandis que les interactions sont le comportement interactif dans le quotidien, dans la r&#233;alit&#233; des relations. Il peut ne pas y avoir d'&#233;quivalence entre les deux notions. On peut avoir beaucoup d'interactions, tout en ayant des difficult&#233;s &#224; sentir exister en soi un lien &#224; l'autre. En g&#233;n&#233;ral, c'est superposable, mais ce n'est pas le cas syst&#233;matiquement. En cas de handicap, l'&#233;tranget&#233; du fr&#232;re emp&#234;che parfois de savoir ce qu'on ressent vraiment pour lui. En particulier, &#224; l'&#226;ge adulte on peut avoir beaucoup d'interactions et une grande souffrance parce qu'on ne sait pas si on fait cela par loyaut&#233; familiale ou parce qu'on a vraiment des liens forts&#8230; Cela concerne tant la personne handicap&#233;e - qui peut se dire, &#224; part mon fr&#232;re je n'ai personne - que l'autre qui s'interroge s'il agit par affection pour son fr&#232;re ou par loyaut&#233; familiale vis &#224; vis des parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En raison des interactions li&#233;es au handicap, le lien fraternel est-il renforc&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toutes les fratries, qu'il y ait handicap ou pas, le lien est &#171; &#233;lectif &#187; (c'est-&#224;-dire que je n'aime pas tous mes fr&#232;res et s&#339;urs de la m&#234;me mani&#232;re) et &lt;i&gt;&#171; &#233;volutif &#187;&lt;/i&gt; (c'est-&#224;-dire que je ne les aime pas tous pareil et pas de la m&#234;me mani&#232;re tout au long de la vie). C'est vrai pour tous les enfants et c'est tr&#232;s bien comme &#231;a ! Dans les familles comprenant une personne handicap&#233;e, il y a souvent une esp&#232;ce de contre attitude vis &#224; vis de cette derni&#232;re qui consiste &#224; dire : &lt;i&gt;&#171; Elle, on l'aime plus que les autres membres de la famille. &#187;&lt;/i&gt; Les enfants pour faire plaisir aux parents peuvent aussi le d&#233;clarer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, dans ma pratique, je constate les m&#234;mes palettes d'affectivit&#233; entre enfants handicap&#233;s et non handicap&#233;s que dans n'importe quelle fratrie. Il faut vraiment diff&#233;rencier ce que l'enfant montre &#224; l'adulte pour le rassurer de ce que l'enfant pense vraiment. Pour que maman et papa ne pleurent pas trop, je leur dis que j'adore mon fr&#232;re handicap&#233;, que je ne l'abandonnerai jamais et que c'est le &lt;i&gt;&#171; meilleur &#187;&lt;/i&gt; de tous mes fr&#232;res. Cela rassure beaucoup les adultes. Pourtant, le handicap ne fait pas qu'on l'aime plus&#8230; Ou qu'on l'aime moins d'ailleurs ! Ce n'est pas parce qu'il est handicap&#233; qu'il n'est pas r&#234;veur, p&#233;nible, col&#233;rique, dur ou tr&#232;s doux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vos travaux traitent de la notion de complexe pr&#233;&#339;dipien. De quoi s'agit-il ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enfant se construit par identification et diff&#233;renciation avec son fr&#232;re. C'est en faisant comme lui ou diff&#233;remment de lui que chacun parvient &#224; se penser &lt;i&gt;&#171; fr&#232;re de &#187;&lt;/i&gt;&#8230; Qu'il soit l'a&#238;n&#233; ou pas, le fr&#232;re est toujours une interrogation : en quoi suis-je comme lui et en quoi suis-je diff&#233;rent de lui ? C'est ce qu'on appelle la p&#233;riode pr&#233;&#339;dipienne durant laquelle l'enfant est confront&#233; &#224; un autre sans m&#233;diation par un tiers, c'est une relation qui doit passer du miroir &#224; la diff&#233;renciation entre soi et l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette &#233;poque, il n'est pas question forc&#233;ment de jalousie par rapport au parent mais d'une v&#233;ritable rivalit&#233;, d'une relation duelle entre enfants de la m&#234;me g&#233;n&#233;ration. Souvent les fr&#232;res sont malheureux parce que les parents s'occupent trop de l'enfant handicap&#233; mais l'enfant handicap&#233;, dans une relation duelle, peut &#234;tre jaloux de la normalit&#233; de son fr&#232;re et ce dernier vouloir &#234;tre handicap&#233;, comme l'autre. L'enfant handicap&#233;, comme l'enfant non handicap&#233;, ont besoin d'avoir un mod&#232;le qui leur permette de savoir comment devenir grand, &#233;videmment quand le mod&#232;le est atteint d'un handicap, cela rend cette identification probl&#233;matique. Mais de la m&#234;me mani&#232;re, l'enfant handicap&#233; se demande comment il peut grandir s'il ne devient pas comme son fr&#232;re qui n'a pas de handicap. Chaque enfant se demande en quoi suis-je diff&#233;rent ? En quoi ai-je le droit d'utiliser mes diff&#233;rences, de les valoriser ou dois-je faire comme si nous &#233;tions pareils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles strat&#233;gies chaque enfant peut-il d&#233;velopper pour r&#233;soudre ces questions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut que l'enfant sente que ses difficult&#233;s sont reconnues, qu'elles soient nomm&#233;es par les adultes et qu'il puisse en parler avec des pairs. Il faut, en quelque sorte, que les adultes lui donnent l'autorisation de grandir autrement que son fr&#232;re. De m&#234;me, il faut aussi qu'ils aident le fr&#232;re handicap&#233; &#224; supporter d'&#234;tre handicap&#233; alors que ses autres fr&#232;res ne le sont pas. Cela va dans les deux sens. C'est dans le fil de leurs relations que les enfants exp&#233;rimentent progressivement le &lt;i&gt;&#171; faire comme &#187;&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;&#171; faire diff&#233;rent de &#187;&lt;/i&gt;. C'est dans ce &lt;i&gt;&#171; faire comme &#187;&lt;/i&gt; et ce &lt;i&gt;&#171; faire diff&#233;rent de &#187;&lt;/i&gt; que l'enfant petit &#224; petit saisit en quoi il est pareil et en quoi il est diff&#233;rent de l'autre. Quand je comprends en quoi on est fr&#232;res, je peux faire comme lui, tout en sachant je ne suis pas lui. Chez les petits, cela passe souvent par des imitations corporelles ou langagi&#232;res. Vu du c&#244;t&#233; de l'enfant handicap&#233;, c'est probl&#233;matique car il ne peut pas imiter l'enfant normal. Cela provoque une souffrance importante, car il n'a pas des &#171; comme lui &#187; sur lesquels s'&#233;tayer. Tout ne se joue donc pas dans les processus d'identification aux figures parentales mais &#233;galement entre enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans une fratrie touch&#233;e par le handicap, comment se manifeste la jalousie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent on parle de la jalousie des enfants non handicap&#233;s qui voient que leurs parents s'occupent plus de l'enfant malade, mais l'enfant handicap&#233; peut aussi ressentir de la jalousie car les parents traitent diff&#233;remment ses fr&#232;res et s&#339;urs. Autant quand il est petit il aime qu'on le &lt;i&gt;&#171; pouponne &#187;&lt;/i&gt;, autant quand il est adolescent il aimerait mieux qu'on lui laisse davantage de libert&#233; et qu'il puisse davantage vivre au milieu et avec des pairs. &#192; noter &#233;galement : la jalousie peut v&#233;ritablement se produire entre enfants. L'enfant handicap&#233; peut jalouser ses fr&#232;res et s&#339;urs normaux qui peuvent courir. Et les fr&#232;res et s&#339;urs peuvent jalouser le fr&#232;re handicap&#233; &#224; qui, du fait de son handicap, on passe un certain nombre de choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les relations sont-elles plus compliqu&#233;es que dans une fratrie sans handicap ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas si c'est plus ou moins compliqu&#233;. Il ne faut pas mettre de hi&#233;rarchie. En revanche, cela pose des questions sp&#233;cifiques. En disant &lt;i&gt;&#171; compliqu&#233; &#187;&lt;/i&gt;, on &lt;i&gt;&#171; pathologise &#187;&lt;/i&gt; les choses. Je travaille avec des fratries non handicap&#233;es : chacune, de par sa configuration, pose des questions sp&#233;cifiques. Donc le handicap, comme par exemple la maladie grave, pose des questions tr&#232;s sp&#233;cifiques qu'il faut traiter de mani&#232;re singuli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle souffrance le handicap peut-il causer au sein d'une fratrie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle que soit la configuration, il faut le plus possible laisser la libert&#233; aux enfants de cr&#233;er leurs liens. La souffrance provient souvent de difficult&#233;s au contact de l'enfant handicap&#233; d'un enfant qui a adopt&#233; une attitude prescrite (&#171; Tu aimeras ton fr&#232;re &#187;). Toute son enfance il dit : &lt;i&gt;&#171; Je l'aime, je l'aime, je l'aime et si j'avais d&#251; choisir je n'aurais pas choisi un autre fr&#232;re. &#187;&lt;/i&gt; Or c'est en fait une id&#233;e qu'il a adopt&#233;e et qui lui est venue plut&#244;t des adultes qui ont peur qu'il rejette, n'aime pas l'enfant handicap&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#226;ge adulte, et en particulier &#224; l'adolescence, cela l'am&#232;ne &#224; un sentiment de vide extr&#234;me, un sentiment de ne pas savoir ce qu'il pense et veut vraiment lui-m&#234;me. Tout se passe parfois comme s'il avait le sentiment d'avoir &#233;t&#233; ali&#233;n&#233;, de penser &lt;i&gt;&#171; comme il est bien de penser &#187;&lt;/i&gt; mais pas forc&#233;ment de savoir ce qu'il pense vraiment. La solution, c'est d'instaurer des temps, des espaces pour que les enfants puissent cr&#233;er leurs liens sans que ces liens ne soient trop prescrits - parce qu'ils le sont toujours un peu - par les adultes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il y a eu une &lt;i&gt;&#171; prescription d'amour &#187;&lt;/i&gt;, si je puis dire, arriv&#233;s &#224; l'&#226;ge adulte ils commencent &#224; prendre du recul, &#224; sentir que &#231;a ne sonne pas juste. Comme ils ont pass&#233; leur enfance &#224; croire que ce qu'on leur disait &#233;tait vrai, adultes, ils ne savent plus ce qui est juste pour eux. C'est vrai aussi pour l'enfant handicap&#233;, il sait qu'il est aim&#233; parce que sa m&#232;re le lui a dit, mais il ne sait pas s'il est vraiment aim&#233;. Une fois, un enfant m'a dit :&lt;i&gt; &#171; Tous mes fr&#232;res et s&#339;urs m'aiment bien mais je ne sais pas s'ils m'aiment. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le handicap peut-il alt&#233;rer la construction de soi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie de ce que vous &#234;tes est p&#233;tri de l'autre. Lorsque cette partie est un continent inexplor&#233;, cela cr&#233;e un sentiment de vide ou d'&#233;tranget&#233;. C'est comme si une partie de vous ne s'&#233;tait pas d&#233;velopp&#233;e ou encore &#233;tait rest&#233;e compl&#232;tement dans l'ombre. Comme il y a eu des sentiments et des actions prescrits plut&#244;t que choisis ou ressentis, vous n'avez pas pu r&#233;ellement avoir de contact authentique avec ce fr&#232;re qui, normalement, contribue &#224; vous construire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y a-t-il un sentiment de culpabilit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que l'enfant handicap&#233; se sent coupable d'&#234;tre handicap&#233; et de cr&#233;er autant de soucis autour de lui, son fr&#232;re se sent coupable de ne pas &#234;tre handicap&#233; alors que l'autre l'est. Parfois ils passent leur vie &#224; essayer de r&#233;gler cette dette. Tout le monde est ligot&#233; par une culpabilit&#233; d'autant qu'on a peu de ma&#238;trise sur la pathologie et son &#233;volution. C'est difficile &#224; exprimer, mais quand on y parvient c'est un grand soulagement. Il faut aider l'enfant handicap&#233; &#224; dire ce que cela lui fait d'&#234;tre le seul dans une fratrie non handicap&#233;e. S'il peut le verbaliser, en retour, cela soulage ses fr&#232;res et s&#339;urs. Dire les choses est toujours moins terrible que de les soup&#231;onner. Permettre aux enfants handicap&#233;s de parler entre eux, tout comme permettre aux fr&#232;res et s&#339;urs de rencontrer d'autres fratries est extr&#234;mement aidant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les travaux sur la question le montrent. &#192; quatre ans, vous pouvez ne pas &#234;tre trop affect&#233; par le handicap ou de fa&#231;on p&#233;riph&#233;rique. &#192; dix ans, cela devient un gros souci pour vous. &#192; quinze ans, avec les perspectives de relations amoureuses, les choses peuvent encore changer&#8230; &#192; chaque &#226;ge de la vie, ce sont des questions diff&#233;rentes qui se posent. Mais elles ne se posent pas au m&#234;me moment pour tous les membres de la fratrie. Lorsqu'elles se posent, il peut &#234;tre aidant de rencontrer d'autres fratries (entre enfants).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est difficile pour un enfant non handicap&#233; de dire devant son fr&#232;re handicap&#233; &#224; quel point le handicap de son fr&#232;re le g&#234;ne. Humainement, ce n'est pas simple &#233;videmment. En parler avec des enfants qui partagent la m&#234;me exp&#233;rience, en dehors de l'&#233;coute et du regard parental, peut provoquer un v&#233;ritable soulagement. Cela peut ensuite favoriser la discussion entre enfants de la m&#234;me fratrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apprivoiser ces v&#233;cus entre enfants non handicap&#233;s, peut leur permettre de se sentir moins &lt;i&gt;&#171; monstrueux &#187;&lt;/i&gt; de ne pas supporter mieux le handicap, ainsi voient-ils leur honte, leur culpabilit&#233; un peu att&#233;nu&#233;e et parfois, il devient possible d'en parler m&#234;me avec l'enfant handicap&#233;, qui lui aussi est soulag&#233; de cet &#233;change. En effet, le plus souvent, l'enfant handicap&#233; est sensible aux difficult&#233;s de ses pairs, quand ils peuvent en parler ensemble, cela le soulage lui aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Existe-t-il des groupes de parole fr&#232;res &#8211; s&#339;urs qui abordent ces questions sp&#233;cifiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y en a de plus en plus. Surtout dans les centres d'action m&#233;dico-sociale pr&#233;coce (Camsp), les services de soins et d'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e &#224; domicile (SSESD). Des associations comme l'union nationale des associations de parents, de personnes handicap&#233;es mentales et de leurs amis (Unapei) et l'union nationale des amis et familles de malades psychiques (Unafam) en organisent par exemple fr&#233;quemment, de m&#234;me que les h&#244;pitaux. Ces groupes sont organis&#233;s un peu comme ceux propos&#233;s aux parents. Dans les &#233;tablissements, il y a des enfants handicap&#233;s avec lesquels on travaille en groupe mais sans que la fratrie y soit particuli&#232;rement abord&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute fa&#231;on, la fratrie vue du c&#244;t&#233; de l'enfant handicap&#233; est un continent compl&#232;tement inexplor&#233; ! Si vous allez dans les instituts m&#233;dico-&#233;ducatifs (IME), dans les instituts m&#233;dico-p&#233;dagogique (IMP) ou dans les centres d'aide par le travail (CAT), [aujourd'hui &#233;tablissement et service d'aide par le travail : ESAT, ndlr], la fratrie reste en grande partie ignor&#233;e. Car, historiquement, les professionnels se sont centr&#233;s sur les parents. Dans notre culture, les fr&#232;res et s&#339;urs sont quand m&#234;me la vingti&#232;me roue du carrosse ! Quand j'ai commenc&#233; mes travaux, il y a seize ans, on ne parlait pas de la fratrie non handicap&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, les choses ont un peu chang&#233; sur ce point l&#224;. Si on se pr&#233;occupe davantage du v&#233;cu des fr&#232;res et s&#339;urs, en revanche tout reste &#224; faire concernant ce que vit l'enfant handicap&#233; comme fr&#232;re. Voici quatre ou cinq ans que je me suis int&#233;ress&#233;e &#224; cette question. Dans la recherche que j'ai men&#233;e sur les fratries, je termine le rapport en disant qu'il faudrait vraiment s'en pr&#233;occuper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, il est fondamental de se demander la mani&#232;re dont l'enfant handicap&#233; comprend le fait que son fr&#232;re participe &#224; un groupe de parole organis&#233; autour de son handicap et l'impact que cela peut avoir sur lui et sur ses liens avec ses pairs. Il arrive que les &#233;ducateurs d'un enfant accueilli en IME ou en IMP n'aient qu'une id&#233;e tr&#232;s vague de la composition de la fratrie des enfants pris en charge. Il faut un &#233;v&#233;nement particulier pour que cette fratrie manifeste son importance (mariage, naissance, d&#233;m&#233;nagement). Ce qui montre que, encore aujourd'hui, l'enfant est pens&#233; comme &#171; fils ou fille de &#187; mais pas comme &#171; fr&#232;re ou s&#339;ur de &#187;&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R&#233;gine Scelles intervient en partie dans le film &#171; Mon fr&#232;re, ma s&#339;ur&#8230; et le handicap &#187;. Le d&#233;tail de son travail sur &lt;a href=&#034;http://scelles.free.fr&#034; class='spip_url spip_out' rel='external'&gt;http://scelles.free.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Handicap : donner la parole &#224; la fratrie</title>
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&lt;p&gt;La pr&#233;sence d'un enfant handicap&#233; dans une famille ne concerne pas que les parents. La fratrie doit &#233;galement y faire face. Les livres, films et ouvrages sur le sujet se succ&#232;dent, interpellant tant&#244;t l'opinion, tant&#244;t les pouvoirs publics. Samedi 31 mai, les fr&#232;res et s&#339;urs d'un enfant handicap&#233; sont invit&#233;s &#224; t&#233;moigner et &#224; partager leur exp&#233;rience &#224; la Maison des associations du XVe arrondissement, &#224; Paris &lt;br class='autobr' /&gt;
La litt&#233;rature abonde d'&#233;tudes et de t&#233;moignages li&#233;s au handicap. Des associations et services en (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La pr&#233;sence d'un enfant handicap&#233; dans une famille ne concerne pas que les parents. La fratrie doit &#233;galement y faire face. Les livres, films et ouvrages sur le sujet se succ&#232;dent, interpellant tant&#244;t l'opinion, tant&#244;t les pouvoirs publics. Samedi 31 mai, les fr&#232;res et s&#339;urs d'un enfant handicap&#233; sont invit&#233;s &#224; t&#233;moigner et &#224; partager leur exp&#233;rience &#224; la Maison des associations du XVe arrondissement, &#224; Paris&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La litt&#233;rature abonde d'&#233;tudes et de t&#233;moignages li&#233;s au handicap. Des associations et services en tous genres tentent d'apporter un soutien aux populations concern&#233;es. Parall&#232;lement &#224; cette profusion de documentation, des lieux d'&#233;change se mettent en place. Le temps de l'isolement semble d&#233;sormais s'&#233;loigner. Les personnes en situation de handicap, tout comme leur famille, osent maintenant s'affirmer dans la soci&#233;t&#233;. En t&#233;moigne le mouvement &#171; Ni pauvre, ni soumis &#187; qui aura attir&#233; &#224; Paris plusieurs milliers d'entre eux le 29 mars dernier. Parcourant parfois des centaines de kilom&#232;tres, ils sont venus r&#233;clamer &#171; le droit &#224; un revenu d&#233;cent &#187;. Termin&#233;e, donc, cette &#233;poque du silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ph&#233;nom&#232;ne nouveau ou simplement m&#233;diatis&#233;, les fratries semblent &#224; leur tour se frayer une place dans le d&#233;bat. En atteste le rendez-vous du 31 mai &#224; Paris (XVe) lanc&#233; par l'Association de s&#339;urs et fr&#232;res de personnes handicap&#233;es, alias &lt;a href=&#034;http://www.apaema.org&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;l'Asfha&lt;/a&gt;, et l'Union nationale des amis et familles de malades psychiques (Unafam). Ouvert aux enfants ainsi qu'aux parents, cet &#233;v&#233;nement &#8212; intitul&#233; Une journ&#233;e pour Manon &#8212; se propose de &#171; donner la parole aux fr&#232;res et s&#339;urs d'enfants handicap&#233;s [afin de] de partager leur exp&#233;rience fraternelle, de sensibiliser les parents aux difficult&#233;s que peuvent rencontrer leurs enfants dans leur v&#233;cu fraternel et de proposer quelques clefs aux familles pour mieux vivre leur situation. &#187; Preuve &#233;galement de la volont&#233; des fratries d'apporter leur regard : des films tir&#233;s de leurs observations voient le jour, &#224; l'instar du documentaire Elle s'appelle Sabine r&#233;alis&#233; par Sandrine Bonnaire &#224; propos de sa s&#339;ur autiste. Lequel s'est m&#234;me hiss&#233; jusque dans les salles obscures !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le besoin ne date pourtant pas d'hier. Le secteur associatif s'&#233;tait d&#233;j&#224; pench&#233; sur la question voici plus de vingt ans.&lt;i&gt; &#171; C'est en 1986 que Laurent de Felice a cr&#233;&#233; l'Asfha,&lt;/i&gt; note Marc Voisin, actuel pr&#233;sident de l'organisation (issue des &#171; Papillons Blancs de Paris &#187;). &lt;i&gt;Son but est d'offrir un lieu d'accueil et d'&#233;coute aux fr&#232;res et s&#339;urs qui ne peuvent pas s'exprimer, notamment, dans des associations de parents. Parmi nos diff&#233;rents espaces de parole, nous disposons d'un forum&#8230; C'est une formidable bouff&#233;e d'oxyg&#232;ne ! &#187; &lt;/i&gt; L'Unafam a &#233;galement constat&#233; une carence qu'elle tente, &#224; son niveau, de corriger. &lt;i&gt;&#171; Comme nous sommes une association de familles, nous voyons surtout des parents,&lt;/i&gt; commente la psychologue H&#233;l&#232;ne Davtian.&lt;i&gt; Or, nous nous sommes rendus compte que les fr&#232;res et s&#339;urs ne parlent pas en pr&#233;sence de leurs parents. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : en 2003, la clinicienne a men&#233; une enqu&#234;te aupr&#232;s de six cents fr&#232;res et s&#339;urs de personnes psychotiques, &#226;g&#233;s de 10 &#224; 79 ans&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='L'enqu&#234;te de l'Unafam a abouti &#224; la publication du livre Fr&#232;res et s&#339;urs face (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D'apr&#232;s l'&#233;tude, 60 % des sond&#233;s r&#233;clament davantage d'information sur la maladie qui touche leur fr&#232;re ou s&#339;ur. L'enqu&#234;te constate aussi &#171; les retentissements importants de la maladie de leur fr&#232;re ou s&#339;ur sur eux-m&#234;mes &#187; ; &#171; leur difficult&#233; &#224; demander de l'aide pour eux-m&#234;mes &#187; et &#171; leur difficult&#233; &#224; se situer par rapport &#224; l'&#233;quipe soignante de leur fr&#232;re ou s&#339;ur malade &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Luttes int&#233;rieures&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si chaque situation demeure singuli&#232;re, &lt;i&gt;&#171; aux diff&#233;rentes &#233;tapes de leur vie et quel que soit le contexte dans lequel elles &#233;voluent, les fratries des personnes handicap&#233;es sont confront&#233;es &#224; des difficult&#233;s communes, sans qu'elles soient syst&#233;matiques pour autant &#187;&lt;/i&gt;, note l'Union nationale des associations de parents, de personnes handicap&#233;es mentales et de leurs amis (Unapei). Ces &#171; difficult&#233;s &#187; s'av&#232;rent parfois complexes &#224; exprimer, &#224; commencer par la honte. De nombreux t&#233;moins avouent l'avoir &#233;prouv&#233;e face au regard ext&#233;rieur. S'ensuit souvent &#171; la honte d'avoir eu honte &#187; en raison du poids de la morale et/ou de la loyaut&#233; familiale. C'est aussi la peur d'&#234;tre exclu &#224; cause du fr&#232;re handicap&#233;. Plus durs &#224; nommer encore, les sentiments sadiques envers ce fr&#232;re diff&#233;rent. &lt;i&gt;&#171; Le d&#233;sir de mort est normal dans une fratrie,&lt;/i&gt; souligne la psychologue Line Petit. &lt;i&gt;Mais cela devient plus difficile &#224; exprimer quand il y a un handicap. Car il y a le poids de la morale. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces consid&#233;rations vis-&#224;-vis de sa fratrie ne se bornent pas qu'aux seuls enfants non handicap&#233;s ! Pour preuve : l'impression de culpabilit&#233; peut perturber tant l'enfant handicap&#233; que ses fr&#232;res et s&#339;urs. L'un se sentant malheureux des d&#233;sagr&#233;ments que son handicap cause autour de lui, les autres se sentant mal &#224; l'aise d'&#234;tre &#171; normaux &#187;. Il en va de m&#234;me de la jalousie ou, du moins, des frustrations dont elle est la manifestation. Linda, b&#233;n&#233;vole &#224; l'association des paralys&#233;s de France (APF), confirme cette approche. Atteinte d'une infirmit&#233; motrice c&#233;r&#233;brale (IMC) depuis sa naissance, elle se souvient d'une anecdote &#233;loquente. &lt;i&gt;&#171; Une fois, mon fr&#232;re a dit &#224; notre m&#232;re qu'il allait se casser une jambe pour qu'elle s'occupe plus de lui &#187;&lt;/i&gt;, se rappelle-t-elle. Etre simplement log&#233; &#224; la m&#234;me enseigne que sa s&#339;ur, c'est &#233;galement ce que Samia &#8211; handicap&#233;e quant &#224; elle - aurait souhait&#233;. &lt;i&gt;&#171; Maman &#233;tait exigeante avec mes s&#339;urs, tandis qu'avec moi c'&#233;tait diff&#233;rent,&lt;/i&gt; confie la jeune femme. &lt;i&gt;J'aurais bien voulu participer. &#187;&lt;/i&gt; Plus tard, quand les fr&#232;res et s&#339;urs deviennent parent &#224; leur tour, de nouvelles crispations peuvent na&#238;tre. &lt;i&gt;&#171; Les psychologues appellent cela l'angoisse de la filiation &#187;&lt;/i&gt;, observe l'Unapei.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu que la d&#233;pendance li&#233;e au handicap &#8211; aussi infime et diverse soit-elle &#8211; impose certaines adaptations dans le quotidien, chaque enfant tient alors un r&#244;le, diff&#233;rent selon son &#226;ge, son caract&#232;re, etc. &lt;i&gt;&#171; J'ai d'abord jou&#233; la figure paternelle,&lt;/i&gt; raconte Sandrine par rapport &#224; sa s&#339;ur handicap&#233;e. &lt;i&gt;Puis j'ai compris sa psychologie, et j'ai plus adopt&#233; l'attitude de notre m&#232;re. Plus tard, j'ai appris - &#224; l'ext&#233;rieur de la famille - &#224; parler &#224; Vanessa en tant que s&#339;ur &#187;&lt;/i&gt;. Pour sa part, Ronan estime avoir agi comme un &#233;ducateur vis-&#224;-vis de ses deux cadets, en particulier envers son fr&#232;re trisomique, suite au d&#233;c&#232;s de leur m&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='T&#233;moignages tir&#233;s du documentaire Mon fr&#232;re, ma s&#339;ur&#8230; et le handicap, Olivier (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les fronti&#232;res semblent complexes &#224; d&#233;limiter. D'autant que le handicap impose parfois une participation active de la fratrie. &lt;i&gt;&#171; Pendant des ann&#233;es, c'est mon fr&#232;re qui me portait jusqu'au 3&#232;me &#233;tage &#187;&lt;/i&gt;, se souvient Linda.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Devoir familial ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le handicap bouscule ainsi les sch&#233;mas classiques de la fratrie. L'a&#238;n&#233; peut, par exemple, apprendre moins vite que le plus jeune. Pointent alors, d&#232;s l'enfance, maintes interrogations, notamment dans les fratries proches en &#226;ge. Lesquelles sont amen&#233;es &#224; partager de nombreux moments communs hors du regard parental, &#224; commencer par les p&#233;riodes scolaires. Quel exemple suivre ? La question semble aussi ardue pour l'enfant handicap&#233; que pour son fr&#232;re qui ne l'est pas. Le ph&#233;nom&#232;ne para&#238;t d'autant plus complexe lorsque le handicap surgit subitement, comme dans la famille de Wahiba, 47 ans, parapl&#233;gique depuis l'&#226;ge de 16 ans suite &#224; un accident. En plus de trouver sa personnalit&#233;, arriv&#233; &#224; l'adolescence, l'enfant se confronte &#224; de nouvelles probl&#233;matiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle direction prendre ? Quelle orientation professionnelle choisir ? Pourra-t-il s'&#233;loigner de la maison familiale et voler de ses propres ailes ? La qu&#234;te d'ind&#233;pendance peut s'av&#233;rer p&#233;nible ou, au contraire, semblable &#224; une fuite&#8230; Le r&#233;cit de Jean-Louis, rapport&#233; par Marc Voisin dans son ouvrage Cri d'urgence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Pas de verbe suivi de Cri d'urgence, &#233;d. Du retour (2007)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, illustre cette ambivalence. &lt;i&gt;&#171; Ayant &#233;t&#233; le dernier de la famille, j'ai &#233;t&#233; soustrait aux charges que repr&#233;sentait de superviser la toilette, l'habillement, chose qui n'a pas &#233;chapp&#233;e &#224; ma s&#339;ur a&#238;n&#233;e&#8230; Cette sorte d'immunit&#233; associ&#233;e aux absences de r&#233;ponses m'a alors d&#233;cid&#233; &#224; m'enfermer dans une sorte de cocon. &lt;/i&gt; &#187; Le retour &#224; la r&#233;alit&#233; aura tard&#233;, cependant il est arriv&#233;, presque inexorablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, des ann&#233;es plus tard, &lt;i&gt;&#171; apr&#232;s une course folle dans l'absurde &#187;&lt;/i&gt;, Jean-Louis finit-il par s'entendre dire par l'a&#238;n&#233;e de la fratrie : &lt;i&gt;&#171; Pour Fran&#231;oise, on est impliqu&#233; &#224; 50/50 alors tu prends tes responsabilit&#233;s et tu les prends maintenant ! &#187;&lt;/i&gt; De m&#234;me, du c&#244;t&#233; de l'adolescent handicap&#233;, cette marche vers l'ind&#233;pendance peut devenir une vive pr&#233;occupation. Cela suppose bien des difficult&#233;s. &lt;i&gt;&#171; Je ne veux pas &#234;tre une charge pour mon fr&#232;re maintenant,&lt;/i&gt; juge Linda qui, malgr&#233; son IMC, vit seule dans son logement. &lt;i&gt;Des fois, j'ai l'impression de le g&#234;ner dans sa vie priv&#233;e et qu'il a peur du moment o&#249; ma m&#232;re ne sera plus l&#224;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la recherche d'autonomie soulage tant la personne handicap&#233;e que son entourage, il n'y a cependant pas de solution miracle. Au quotidien, le recours &#224; un tiers s'impose fr&#233;quemment dans des t&#226;ches tr&#232;s diverses, comme le constate l'&#233;tude de la Direction de la recherche, des &#233;tudes de l'&#233;valuation et des statistiques (Drees) d'ao&#251;t 2002 relative aux &#171; &lt;a href=&#034;http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/er186.pdf&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Aidants des adultes handicap&#233;s&lt;/a&gt; &#187; : &#171; Les personnes handicap&#233;es sont le plus souvent aid&#233;es pour les t&#226;ches m&#233;nag&#232;res (70 %) et les courses (65 %) &#187;, indique l'enqu&#234;te. Viennent ensuite &#171; des activit&#233;s telles que la toilette, l'habillage, les repas &#187; pour 44 % des cas, &#171; la gestion du budget et les d&#233;marches administratives r&#233;alis&#233;es pour plus de 8 % de ces adultes par une tierce personne. Enfin, si une aide pour se d&#233;placer dans le logement n'est dispens&#233;e qu'&#224; 5 % des adultes handicap&#233;s, 38 % d'entre eux ont recours &#224; une aide pour sortir de chez eux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre 2000 dans une enqu&#234;te pour l'Insee, Pierre Mormiche estimait &#224; &lt;i&gt;&#171; plus de 5 millions &#187;&lt;/i&gt; les personnes concern&#233;es. Et le statisticien d'ajouter : &lt;i&gt;&#171; Deux fois sur trois, l'aide est apport&#233;e par l'entourage proche. &#187;&lt;/i&gt; L'&#233;valuation de la Drees pr&#233;cisera d'ailleurs que dans cet entourage, les fr&#232;res et s&#339;urs repr&#233;sentent 6 % des aidants principaux. Ils arrivent ainsi en 4&#232;me position apr&#232;s les conjoints (54 %), les ascendants (24 %) et enfants (9 %). Pour s&#251;r, cet accompagnement n&#233;cessite une forme d'abn&#233;gation, mais le tableau n'est pas si sombre. &lt;i&gt;&#171; Ainsi&lt;/i&gt;, rel&#232;ve la Drees, &lt;i&gt;les aidants les plus proches sont-ils 20 % &#224; d&#233;clarer exclusivement des cons&#233;quences n&#233;gatives, 18 % des cons&#233;quences uniquement positives et 23 % des cons&#233;quences &#224; la fois positives et n&#233;gatives, 38 % d&#233;clarant enfin que ce r&#244;le n'a aucune incidence sur leur bien-&#234;tre. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'indique la Drees, les parents restent les principaux accompagnants. Aussi la crainte de leur d&#233;c&#232;s suscite-t-elle de nouvelles angoisses. D'autant que &lt;i&gt;&#171; l'&#226;ge est un facteur aggravant &#187;&lt;/i&gt; de d&#233;pendance, selon Pierre Mormiche. Mais, &lt;i&gt;&#171; quand ils ont 60 ans, la plupart des MAS renvoient leurs r&#233;sidents vers leurs familles ou en maison de retraite &#187;&lt;/i&gt;, s'&#233;berlue Marc Voisin. Le handicap perdure n&#233;anmoins et requiert une prise en charge sp&#233;cifique. D'o&#249; le &lt;i&gt;&#171; cri d'urgence &#187;&lt;/i&gt; que pousse le pr&#233;sident de l'Asfha dans son ouvrage &#233;ponyme. Adress&#233; au pr&#233;sident de la R&#233;publique sous forme de lettre ouverte, il attend encore une r&#233;ponse. Pourtant ces quelques pages soul&#232;vent une question fondamentale sur le r&#244;le de la fratrie, &#224; savoir : &#171; Existe-t-il une seule situation o&#249; l'Etat se tourne vers des tiers n'ayant aucune obligation l&#233;gale, tout en ne leur reconnaissant aucun droit ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Place au dialogue&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bien que le &#171; devoir familial &#187; p&#232;se souvent dans les interactions entre fr&#232;res et s&#339;urs, d'autres param&#232;tres entrent en ligne de compte. Aider son fr&#232;re handicap&#233; comme, &#224; l'inverse, pouvoir compter sur un fr&#232;re valide, ne repose pas que sur la bonne volont&#233;. Encore faut-il s'en sentir la force. &#192; ce titre, le dialogue parents - enfants permet de clarifier les relations fraternelles et lever les tabous sur lesquels s'appuient les incompr&#233;hensions. C'est l'occasion pour les parents d'anticiper l'&#233;loignement de chaque membre de la fratrie et, &#233;ventuellement, d'envisager leur propre disparition&#8230; Pour d&#233;samorcer les angoisses, rien de tel que les exprimer. Ces mots, parfois trop violents dans l'environnement familial, doivent cependant sortir (&lt;a href='https://www.lien-social.com/De-l-interaction-au-lien-fraternel' class='spip_in'&gt;lire l'interview de R&#233;gine Scelles, psychologue clinicienne&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers des temps d'&#233;changes hors de la famille, avec des enfants confront&#233;s aux m&#234;mes questionnements, chaque membre de la fratrie peut mieux comprendre ce qu'il ressent, voire s'autoriser certaines pens&#233;es proscrites. Ainsi Sandrine a-t-elle &lt;i&gt;&#171; appris &#224; l'ext&#233;rieur de la famille &#224; parler &#224; Vanessa en tant que s&#339;ur. &#187;&lt;/i&gt; Les enfants peuvent alors tisser des liens qui abattront les fronti&#232;res conventionnelles, r&#233;gies par la morale et la loyaut&#233; familiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, selon l'Unapei, &#171; il faut, d&#232;s le plus jeune &#226;ge, d&#233;dramatiser le handicap pour ne pas que la fratrie craigne de vivre la m&#234;me chose et lui rappeler que le handicap est un accident, pas une fatalit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'enqu&#234;te de l'Unafam a abouti &#224; la publication du livre &lt;a href=&#034;http://www.unafam.org/publications/publiunafam.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Fr&#232;res et s&#339;urs face aux troubles psychotiques&lt;/a&gt; &#233;d. Unafam (2006)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;T&#233;moignages tir&#233;s du documentaire Mon fr&#232;re, ma s&#339;ur&#8230; et le handicap, Olivier Raballand et R&#233;my Viville, &#233;d. D'un monde &#224; l'autre&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pas de verbe suivi de Cri d'urgence, &#233;d. Du retour (2007)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ta vie sauv&#233;e enfin</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Ta-vie-sauvee-enfin</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Ta-vie-sauvee-enfin</guid>
		<dc:date>2008-05-15T04:40:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Enfance maltrait&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>884</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Inlassablement, livre apr&#232;s livre, Alice Miller ass&#232;ne des convictions qui, pour simplistes qu'elles puissent para&#238;tre, n'en sont pas moins &#233;loquentes. Si l'entr&#233;e qu'elle nous propose pour comprendre le fonctionnement humain peut parfois sembler r&#233;ductrice, elle reste n&#233;anmoins essentielle. Et il est vrai que, malgr&#233; les progr&#232;s des droits de l'homme en g&#233;n&#233;ral, et ceux des enfants en particulier, une r&#233;alit&#233; continue &#224; s'imposer &#224; travers le monde : battre un adulte constitue une infraction &#224; la loi, l&#224; (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Inlassablement, livre apr&#232;s livre, Alice Miller ass&#232;ne des convictions qui, pour simplistes qu'elles puissent para&#238;tre, n'en sont pas moins &#233;loquentes. Si l'entr&#233;e qu'elle nous propose pour comprendre le fonctionnement humain peut parfois sembler r&#233;ductrice, elle reste n&#233;anmoins essentielle. Et il est vrai que, malgr&#233; les progr&#232;s des droits de l'homme en g&#233;n&#233;ral, et ceux des enfants en particulier, une r&#233;alit&#233; continue &#224; s'imposer &#224; travers le monde : battre un adulte constitue une infraction &#224; la loi, l&#224; o&#249; le faire &#224; un enfant rel&#232;ve d'une option &#233;ducative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, un enfant qui est attaqu&#233; par le parent dont il attend surtout qu'il le prot&#232;ge des attaques, d&#233;veloppe en lui la conviction que la brutalit&#233; et la violence sont l&#233;gitimes. C'est d&#232;s la grossesse que le b&#233;b&#233; r&#233;agit &#224; la tendresse tout autant qu'&#224; la cruaut&#233;. &#192; la naissance, il est un petit paquet de besoins. La fa&#231;on dont les parents vont y r&#233;pondre va d&#233;terminer ce qu'il deviendra une fois grand. Celui qui conna&#238;t l'affectueuse sollicitude, le respect, la compr&#233;hension de la part des adultes ne d&#233;veloppera pas le m&#234;me caract&#232;re que celui qui se trouve n&#233;glig&#233;, m&#233;pris&#233; ou rejet&#233;. Si le mal existe bien chez l'&#234;tre humain &#8212; le spectacle de la destructivit&#233; et de l'auto-destructivit&#233; qu'offre quotidiennement notre monde en est l'illustration &#8212; ce mal n'est pas inn&#233;. Il n'est marqu&#233; par aucune pr&#233;destination et contrairement &#224; ce qu'affirmait Freud n'est pas la r&#233;sultante d'une incapacit&#233; &#224; sublimer cette pulsion de mort avec laquelle chacun est cens&#233; na&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le dressage &#224; l'ob&#233;issance, les corrections brutales et l'humiliation subis par le petit d'homme qui bloquent la facult&#233; inn&#233;e &#224; la compassion et pr&#233;disposent &#224; la violence chez l'adulte. &#171; L'avilissement constant de l'enfant peut donc produire un adulte devenu m&#233;galomane et avide de se venger sur des innocents de ce qui lui a &#233;t&#233; inflig&#233; &#187; (p.72).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, si tout bourreau a &#233;t&#233; victime de maltraitance dans son enfance, tout enfant maltrait&#233; n'est pas condamn&#233; &#224; devenir &#224; son tour un bourreau. Cela d&#233;pend d'abord des rencontres qu'il fait avec des &#171; t&#233;moins secourables &#187; susceptibles de compenser le message violent qu'il re&#231;oit. Mais cela d&#233;pend aussi de sa capacit&#233; &#224; t&#233;moigner de l'empathie &#224; l'enfant qu'il fut. Trop souvent, les parents &#233;tant intouchables, on ne peut s'indigner de leurs comportements. On peut les d&#233;nier en ne reconnaissant simplement pas ce qu'ils ont commis. Mais, m&#234;me lorsqu'on admet avoir &#233;t&#233; victime, la premi&#232;re pr&#233;occupation n'est pas de s'occuper de nos ressentis d'alors, mais de leur trouver des excuses et d'affirmer syst&#233;matiquement qu'on leur pardonne. La l&#233;gitime col&#232;re que l'on ressent &#224; leur &#233;gard est r&#233;prim&#233;e. Et c'est bien ce reniement qui sert de bouillon de culture pour toutes sortes de maladies et qui peut, tout autant, provoquer le d&#233;cha&#238;nement de la totalit&#233; des &#233;motions ainsi refoul&#233;es sur des proches, voire sur des boucs &#233;missaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Flammarion, 2008 (322 p. ; 18 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La vague</title>
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		<dc:subject>&#201;cole</dc:subject>
		<dc:subject>884</dc:subject>

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&lt;p&gt;Comment un enseignant peut-il s'y prendre pour r&#233;ussir &#224; faire comprendre &#224; ses &#233;l&#232;ves les m&#233;canismes qui aboutirent &#224; ce qu'une majorit&#233; d'Allemands suive le r&#233;gime nazi ? C'est la question que se pose Ben Ross, pench&#233; sur ses livres d'histoire. Comme la r&#233;ponse n'y figure pas, la solution est peut-&#234;tre dans la possibilit&#233; donn&#233;e aux &#233;l&#232;ves de la trouver par eux-m&#234;mes. Et voil&#224; notre prof de se mettre &#224; d&#233;fendre les vertus de la discipline et du contr&#244;le du groupe. &#192; son grand &#233;tonnement, la r&#233;action du plus (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment un enseignant peut-il s'y prendre pour r&#233;ussir &#224; faire comprendre &#224; ses &#233;l&#232;ves les m&#233;canismes qui aboutirent &#224; ce qu'une majorit&#233; d'Allemands suive le r&#233;gime nazi ? C'est la question que se pose Ben Ross, pench&#233; sur ses livres d'histoire. Comme la r&#233;ponse n'y figure pas, la solution est peut-&#234;tre dans la possibilit&#233; donn&#233;e aux &#233;l&#232;ves de la trouver par eux-m&#234;mes. Et voil&#224; notre prof de se mettre &#224; d&#233;fendre les vertus de la discipline et du contr&#244;le du groupe. &#192; son grand &#233;tonnement, la r&#233;action du plus grand nombre est positive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dor&#233;navant, chacun devra, avant de prendre la parole, se lever, se tenir au bord de sa table en se maintenant bien droit et en donnant une r&#233;ponse courte, pr&#233;c&#233;d&#233;e d'une formule de respect &#224; l'intention de son enseignant. Cette provocation marche d'autant mieux que le prof affiche un air d&#233;termin&#233; et s&#233;rieux. Au cours suivant, chacun re&#231;oit une carte d'adh&#233;rent. Puis, des slogans sont invent&#233;s : &#171; La Force par la discipline &#187;, &#171; la Force par la communaut&#233; &#187;. Le mouvement prend un nom : &#171; La vague &#187;. Un signe de reconnaissance est adopt&#233; qui permet de montrer son appartenance. Le groupe d'&#233;l&#232;ve ne bronche pas. Quand, sur son ordre, il se met au garde-&#224;-vous et salue comme un seul homme ou se met &#224; sortir de la classe en ordre, quand il commence &#224; rendre ses devoirs en temps et en heure et que deux &#233;l&#232;ves lui proposent de lui servir de garde du corps, Ben Ross prend conscience qu'il ne s'agit plus seulement d'un jeu : il s'est transform&#233; en apprenti dictateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'allons pas continuer ici &#224; &#233;voquer la suite de ce r&#233;cit passionnant dont le lecteur lira lui-m&#234;me l'issue, s'il le d&#233;sire. Le roman de Todd Strasser n'est pas n&#233; de sa seule imagination. Le r&#233;cit qu'il nous propose est largement inspir&#233; d'un fait r&#233;el qui s'est d&#233;roul&#233; en 1969 au Cubberley High School de Palo Alto, en Californie. Cette exp&#233;rience, lanc&#233;e par un professeur d'histoire pour illustrer la gen&#232;se du fascisme, d&#233;montre l'effrayante facilit&#233; avec laquelle l'on peut transformer un paisible &#233;tablissement scolaire en microcosme totalitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En lisant ce livre, on ne peut s'emp&#234;cher de penser aux ph&#233;nom&#232;nes de foule que l'on retrouve dans les manifestations de masse (protestation de rue, stades de foot, lynchage&#8230;), quand l'individu dispara&#238;t derri&#232;re l'effet de groupe. On y retrouve aussi ces m&#233;canismes sectaires qui annihilent tout libre arbitre. Et puis, l'on pense &#224; l'exp&#233;rience du psychosociologue Stuart Milgram concernant la soumission &#224; l'autorit&#233;, r&#233;ussissant &#224; transformer de simples &#233;tudiants en tortionnaires potentiels. Mais, on peut encore y voir une r&#233;ponse possible &#224; tous les thurif&#233;raires du retour &#224; l'autorit&#233; et &#224; l'ordre. De quoi, en tout cas, nous faire r&#233;fl&#233;chir aux cons&#233;quences des mod&#232;les &#233;ducatifs que nous choisissons de pratiquer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Jean-Claude Gawsewitch, 2008 (222 p. ; 16,90 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Menaces sur le RSA</title>
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		<dc:subject>884</dc:subject>

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&lt;p&gt;Retrouver un emploi pour ne pas gagner plus qu'avec les minima sociaux, quel int&#233;r&#234;t ? Le revenu de solidarit&#233; active a &#233;t&#233; pens&#233; pour juguler les dysfonctionnements existants et harmoniser allocations et salaire. Mais le dispositif aura-t-il les moyens d'exister ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Sarkozy l'avait affirm&#233; le 8 avril &#224; Cahors : la r&#233;duction des d&#233;ficits publics de sept milliards d'euros d'ici &#224; 2011 est un besoin imp&#233;rieux. Pour cela, rien de plus simple, r&#233;duisons le co&#251;t des politiques sociales, responsables pour partie, (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Retrouver un emploi pour ne pas gagner plus qu'avec les minima sociaux, quel int&#233;r&#234;t ? Le revenu de solidarit&#233; active a &#233;t&#233; pens&#233; pour juguler les dysfonctionnements existants et harmoniser allocations et salaire. Mais le dispositif aura-t-il les moyens d'exister ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sarkozy l'avait affirm&#233; le 8 avril &#224; Cahors : la r&#233;duction des d&#233;ficits publics de sept milliards d'euros d'ici &#224; 2011 est un besoin imp&#233;rieux. Pour cela, rien de plus simple, r&#233;duisons le co&#251;t des politiques sociales, responsables pour partie, para&#238;t-il, du d&#233;ficit et de la dette ! Ainsi, le contr&#244;le des ch&#244;meurs est-il en train de se voir renforc&#233; : un demandeur d'emploi ne pourrait pas refuser, au bout de six mois de recherche d'emploi, plus de deux offres r&#233;mun&#233;r&#233;es 80 % du salaire pr&#233;c&#233;dent et comportant moins de deux heures de trajet quotidien&#8230; Au bout d'un an, il serait contraint d'accepter un emploi &#171; r&#233;mun&#233;r&#233; &#224; un salaire sup&#233;rieur &#224; l'allocation &#187; dont il b&#233;n&#233;ficie, repr&#233;sentant 57,4 % du salaire ant&#233;rieur. Le refus de la notion d'&#171; offre valable d'emploi &#187; pourrait entra&#238;ner la suspension des allocations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours dans la rubrique de la lutte contre &#171; l'assistanat &#187;, une id&#233;e paraissait excellente : le revenu de solidarit&#233; active (RSA), cr&#233;&#233; par la loi Travail, emploi, pouvoir d'achat (TEPA) du 21 ao&#251;t 2007, a &#233;t&#233; con&#231;u pour que la reprise d'une activit&#233; r&#233;mun&#233;r&#233;e se traduise syst&#233;matiquement par l'am&#233;lioration des ressources, ce qui n'est pas toujours le cas. Le 3 mars, Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarit&#233;s actives contre la pauvret&#233;, avait ainsi d&#233;voil&#233; son livre vert du RSA, base de concertation sur cette nouvelle prestation sociale. En r&#233;action &#224; cette parution, l'union nationale interf&#233;d&#233;rale des &#339;uvres et organismes priv&#233;s sanitaires et sociaux (Uniopss) avait r&#233;affirm&#233; ses convictions : la g&#233;n&#233;ralisation du RSA doit s'accompagner d'un droit inconditionnel &#224; un revenu minimum garanti (RMG).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'entr&#233;e dans le dispositif des 18-25 ans, non &#233;ligibles au RMI, doit &#234;tre garantie, de m&#234;me que l'ouverture d'un droit &#224; la retraite portant &#233;galement sur ces allocations de RSA et RMG. Certaines personnes &#171; demandeuses d'emploi &#187;, en outre, ne sont pas forc&#233;ment &#171; ins&#233;rables &#187; &#224; tel moment de leur vie : &#171; Elles ne doivent pas &#234;tre pour cela abandonn&#233;es, ni financi&#232;rement, ni en termes d'accompagnement social &#187;, affirme l'Uniopss.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'emploi, de moins en moins protecteur contre la pr&#233;carit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Actuellement exp&#233;riment&#233; dans une petite quarantaine de d&#233;partements, le RSA ne concerne, selon les chiffres m&#234;me du Haut commissariat, que 8 000 b&#233;n&#233;ficiaires du RMI (447,91 &#8364; mensuels), de l'allocation de solidarit&#233; sp&#233;cifique (ASS) et ceux de l'allocation parent isol&#233; (API, 566,79 &#8364; mensuels) reprenant un travail, avec en moyenne un gain mensuel moyen d'environ 130 &#8364;.On conna&#238;t la gravit&#233; de la situation. Remis le 29 avril &#224; Martin Hirsch et &#224; Christine Boutin, le cinqui&#232;me rapport de l'observatoire national de la pauvret&#233; confirmait que l'emploi &#233;tait de moins en moins protecteur contre la pr&#233;carit&#233;. En 2005 &#8211; derniers chiffres connus &#8211;, 3,7 millions de personnes vivaient en dessous du seuil de pauvret&#233; (681 &#8364; pour une personne seule).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais largement m&#233;diatis&#233;, le ph&#233;nom&#232;ne des travailleurs pauvres (sur le mod&#232;le anglo-saxon des working poors) s'est aggrav&#233; : longues p&#233;riodes de ch&#244;mage et d'emploi &#224; temps partiel (21 % des travailleurs pauvres sont concern&#233;s par celui-ci) sont de plus en plus fr&#233;quentes. Par ailleurs, l'Observatoire des in&#233;galit&#233;s rappelait au mois de mai que si deux millions de ch&#244;meurs &#233;taient officiellement enregistr&#233;s en janvier dernier, la r&#233;alit&#233; concerne, de fait, plus de trois millions de demandeurs d'emplois. Ce chiffre plus conforme int&#232;gre tous ceux qui n'ont pas travaill&#233; plus de 78 heures le mois pr&#233;c&#233;dent l'enqu&#234;te (et non pris en compte par celle-ci), mais qui cherchent soit un travail &#224; temps partiel, soit un emploi en contrat &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, de fortes craintes planent sur le RSA. Lorsque le Premier ministre, Fran&#231;ois Fillon, a annonc&#233; lui aussi en avril des &#233;conomies tous azimuts, le revenu de solidarit&#233; active a &#233;t&#233; jug&#233; beaucoup trop co&#251;teux. Martin Hirsch avait pourtant averti ne pas vouloir d'un RSA au rabais, apr&#232;s l'avoir chiffr&#233; &#224; trois milliards d'euros, mettant m&#234;me, alors, sa d&#233;mission dans la balance. Dans son intervention t&#233;l&#233;vis&#233;e du 24 avril, le chef de l'&#201;tat a assur&#233; vouloir g&#233;n&#233;raliser le dispositif &#224; partir de 2009, mais &#171; en en ma&#238;trisant les co&#251;ts &#187; et pour un total final de &#171; 1 ou 1,5 milliard d'euros &#187;. Qui plus est, le dispositif serait en partie financ&#233; par un red&#233;ploiement de la prime pour l'emploi (PPE), actuellement vers&#233;e, en grande part, aux plus modestes des m&#233;nages imposables !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains salari&#233;s touchant le SMIC per&#231;oivent parfois jusqu'&#224; cent euros par mois de PPE, leur faisant pratiquement b&#233;n&#233;ficier d'un 13&#232;me mois en fin d'ann&#233;e. Et on estime &#224; quatre milliards les sommes de cette prestation que se partagent plus de 8,5 millions de foyers. Las, elle ne serait plus suffisamment &#171; efficace &#187; et devrait se voir, selon Sarkozy, &#171; recentr&#233;e sur ceux qui en ont vraiment besoin &#187;&#8230; Qu'en sera-t-il des moins de 25 ans n'ayant pas acc&#232;s au RMI et touchant la PPE ? L'opposition et les syndicats protestent ; les milieux associatifs craignent que le RSA ne se construise au d&#233;triment des contrats aid&#233;s dont la fusion en un contrat unique d'insertion est concoct&#233;e par Martin Hirsch. Plus de 130 000 de ces contrats ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; supprim&#233;s par le budget 2008&#8230; Les associations rappellent enfin que plusieurs &#233;tudes de la direction de la recherche, des &#233;tudes, de l'&#233;valuation et des statistiques (DREES) du minist&#232;re de l'Emploi convergent pour souligner que si la majorit&#233; des b&#233;n&#233;ficiaires des minima sociaux ne retrouvent pas de travail, c'est non pas pour des raisons financi&#232;res, mais plut&#244;t pour des probl&#232;mes de sant&#233;, de logement, de transport ou de garde d'enfants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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