<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Lien Social</title>
	<link>https://www.lien-social.com/</link>
	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.lien-social.com/spip.php?id_mot=539&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Lien Social</title>
		<url>https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L144xH45/siteon0-7409c.png?1693463828</url>
		<link>https://www.lien-social.com/</link>
		<height>45</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Une br&#232;ve histoire de la justice des mineurs</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Une-breve-histoire-de-la-justice-des-mineurs</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Une-breve-histoire-de-la-justice-des-mineurs</guid>
		<dc:date>2008-04-03T10:04:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>879</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis le XIXe si&#232;cle jusqu'&#224; nos jours, le statut de l'enfant n'a cess&#233; d'&#233;voluer et ses droits et devoirs se sont accrus. Les mod&#232;les de prise en charge de la d&#233;linquance et la gestion de la d&#233;viance juv&#233;nile ont connu d'importantes transformations. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le mod&#232;le p&#233;nitentiaire du d&#233;but du XIXe si&#232;cle tire sa l&#233;gitimit&#233; d'une repr&#233;sentation de l'enfant comme un adulte. Les repr&#233;sentations picturales et les photos de l'&#233;poque montrent d'ailleurs les enfants comme des adultes miniatures. Les mineurs d&#233;linquants (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-879-" rel="tag"&gt;879&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis le XIXe si&#232;cle jusqu'&#224; nos jours, le statut de l'enfant n'a cess&#233; d'&#233;voluer et ses droits et devoirs se sont accrus. Les mod&#232;les de prise en charge de la d&#233;linquance et la gestion de la d&#233;viance juv&#233;nile ont connu d'importantes transformations.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le mod&#232;le p&#233;nitentiaire du d&#233;but du XIXe si&#232;cle tire sa l&#233;gitimit&#233; d'une repr&#233;sentation de l'enfant comme un adulte. Les repr&#233;sentations picturales et les photos de l'&#233;poque montrent d'ailleurs les enfants comme des adultes miniatures. Les mineurs d&#233;linquants peuvent &#234;tre emprisonn&#233;s avec les adultes. Ce mod&#232;le p&#233;nitentiaire domine dans la premi&#232;re moiti&#233; du XIXe si&#232;cle. Il faut punir les enfants coupables de d&#233;lits, mais aussi les &#233;duquer et les moraliser. Si l'enfant est reconnu coupable, il est condamn&#233; mais les peines sont souvent plus courtes que celle des adultes. Trois modes de prises en charge se d&#233;gagent. La prison &#171; ordinaire &#187; : les maisons centrales, les maisons d'arr&#234;t ; les &#233;tablissements sp&#233;cifiques, comme les colonies agricoles et industrielles, les institutions religieuses et publiques d'&#233;ducation surveill&#233;e ; les milieux ouverts, comme les patronages et la libert&#233; surveill&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1880-1920 : de la punition &#224; la protection&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin du XIXe si&#232;cle, les d&#233;bats sur le traitement de la d&#233;viance juv&#233;nile changent de nature. L'enfant est de moins en moins per&#231;u comme un coupable qu'il faut punir, mais comme un individu en danger, une victime qu'il faut prot&#233;ger contre le risque que repr&#233;sente sa famille et son milieu d'origine. Les projets de lois sur la protection de l'enfance se multiplient en Europe. L'int&#233;r&#234;t de l'enfant est au c&#339;ur de ces nouveaux instruments de gestion de la d&#233;linquance juv&#233;nile. L'entr&#233;e en sc&#232;ne de la psychiatrie infantile dans les ann&#233;es vingt modifie les modes de traitement de la d&#233;viance juv&#233;nile. L'Etat joue un r&#244;le plus important dans la gestion des risques sociaux. Les psychiatres s'efforcent de faire un travail de classification. Ils travaillent en &#233;troite collaboration avec le corps enseignant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#233;cole primaire est, en principe, le facteur d'int&#233;gration num&#233;ro un, elle devient aussi le lieu o&#249; peut s'effectuer le tri. Jusqu'en 1935, la fugue est une infraction punie par la loi : les mineurs en fugue ou sans domicile fixe peuvent &#234;tre confi&#233;s &#224; l'administration p&#233;nitentiaire et mis en prison. Apr&#232;s cette date, la fugue n'est plus une infraction m&#234;me si selon le code civil, &#171; l'enfant ne peut, sans permission des p&#232;re et m&#232;re, quitter la maison familiale et il ne peut en &#234;tre retir&#233; que dans les cas de n&#233;cessit&#233; que d&#233;termine la loi &#187; (article 371-3).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'ordonnance de 1945, une r&#233;forme fondamentale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la sauvegarde et la protection de la jeunesse sont l'une des priorit&#233;s de l'&#201;tat. La justice des mineurs est enti&#232;rement repens&#233;e. La volont&#233; dominante est d'&#233;duquer plut&#244;t que de r&#233;primer, car on consid&#232;re qu'un enfant ne peut pas avoir pleinement conscience de la gravit&#233; de son acte. L'ordonnance du 2 f&#233;vrier 1945, texte fondateur de la justice des mineurs, pose le principe de la primaut&#233; de la mesure &#233;ducative sur la sanction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;forme aboutit &#224; la cr&#233;ation dans chaque d&#233;partement d'un ou de plusieurs tribunaux pour enfants et &#224; l'institution d'un juge sp&#233;cialis&#233; : le juge des enfants. Une administration sp&#233;cialis&#233;e, ind&#233;pendante de l'administration p&#233;nitentiaire, est cr&#233;&#233;e au minist&#232;re de la Justice : c'est la direction de l'&#233;ducation surveill&#233;e, aujourd'hui appel&#233;e la direction de la protection judiciaire de la jeunesse. Son r&#244;le est de mettre en &#339;uvre le droit &#224; l'&#233;ducation pour les mineurs d&#233;linquants. La cr&#233;ation de l'Education surveill&#233;e semble vouloir faire sortir les mineurs des prisons. Sans remettre la prison en cause, l'administration p&#233;nitentiaire centre davantage son action vers l'amendement et l'&#233;ducatif. Les mineurs sont cens&#233;s b&#233;n&#233;ficier de mesures &#233;ducatives et leur incarc&#233;ration doit &#234;tre exceptionnelle et d&#251;ment justifi&#233;e. Cet apr&#232;s-guerre est &#233;galement marqu&#233; par l'&#233;mergence de la notion de jeunesse et d'une r&#233;flexion sur la post-adolescence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'administration p&#233;nitentiaire tente de mettre en place des syst&#232;mes qui permettent &#224; ces jeunes d'acqu&#233;rir des bases scolaires et professionnelles, afin que la r&#233;insertion soit facilit&#233;e au terme de la peine. En 1958, le domaine d'intervention de la justice des mineurs est &#233;tendu &#224; l'enfance en danger. L'ordonnance du 23 d&#233;cembre 1958 donne comp&#233;tence au juge des enfants pour prendre des mesures &#233;ducatives &#224; l'&#233;gard des jeunes en danger.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1970-1989 : un nouveau mod&#232;le avec la d&#233;claration des droits de l'enfant&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au cours des ann&#233;es 1970 mais surtout lors de l'ann&#233;e internationale de l'Enfant en 1979, le sort des enfants devient une question de soci&#233;t&#233;. Outre ceux qui souffrent d'une sant&#233; pr&#233;caire et de malnutrition, la communaut&#233; internationale d&#233;couvre qu'un nombre important d'enfants sont exploit&#233;s de par le monde. Le travail des enfants, les abus sexuels, les abandons, viennent au devant de la sc&#232;ne m&#233;diatique. Les Nations unies et plusieurs ONG contribuent &#224; cette prise de conscience, une r&#233;alit&#233; intol&#233;rable qui va susciter des efforts consid&#233;rables au cours des quarante derni&#232;res ann&#233;es pour harmoniser et modifier l'administration de la justice des mineurs sur le plan international, qui jusque l&#224; &#233;tait du ressort des seuls Etats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Convention sur les droits de l'enfant est adopt&#233;e par l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations unies le 20 novembre 1989 et vient compl&#233;ter les principes &#233;nonc&#233;s dans la D&#233;claration des droits de l'enfant sign&#233;e trente ans plus t&#244;t, le 20 novembre 1959. Le mod&#232;le de protection s'appuyait sur une image de l'enfant comme un &#234;tre psychologiquement faible. Une nouvelle repr&#233;sentation de l'enfant s'impose progressivement. Les Etats doivent s'engager &#224; d&#233;fendre l'enfant comme un sujet titulaire d'un certain nombre de droits.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1990 : une p&#233;dagogie de la responsabilit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1990, les d&#233;bats portent sur la responsabilit&#233; des mineurs. Cette nouvelle conception qui &#233;merge aboutit en 1993 &#224; la cr&#233;ation de la mesure de r&#233;paration, recommand&#233;e par les textes internationaux. Elle doit permettre au mineur de r&#233;parer, ne serait-ce que symboliquement, le trouble cr&#233;&#233; par l'infraction et le dommage caus&#233; &#224; la victime. Elle peut s'exercer directement aupr&#232;s de la victime mais aussi indirectement, par une activit&#233; d'aide au b&#233;n&#233;fice de la soci&#233;t&#233;. Mais les ann&#233;es 1990 voient &#233;galement appara&#238;tre une acc&#233;l&#233;ration du traitement de la d&#233;linquance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la &#171; tol&#233;rance z&#233;ro &#187; qui veut apporter une r&#233;ponse &#224; chaque acte, et le cas &#233;ch&#233;ant dans le cadre d'alternatives aux poursuites d&#233;cid&#233;es par le parquet. Ainsi, la proportion des classements sans suite des infractions commises par les mineurs diminue fortement. &#192; la fin de cette d&#233;cennie, une nouvelle priorit&#233; pointe. Il faut prot&#233;ger la soci&#233;t&#233;. Des centres &#233;ducatifs renforc&#233;s (CER) et des centres de placement imm&#233;diat (CPI) voient le jour, qui accueillent des mineurs en alternative &#224; l'incarc&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le tournant du XXIe si&#232;cle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avec la loi du 9 septembre 2002 dite &#171; Perben 1 &#187; l'intervention de la contrainte dans l'acte &#233;ducatif se renforce. Le respect des mesures &#233;ducatives peut &#234;tre impos&#233; sous peine de sanction p&#233;nale et des centres &#233;ducatifs ferm&#233;s (CEF) sont cr&#233;&#233;s. Elle renforce &#233;galement le dispositif de jugement rapide. La sanction p&#233;nale et son suivi deviennent peu &#224; peu la pr&#233;occupation premi&#232;re du l&#233;gislateur et de l'administration de la protection judiciaire de la jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;ducateurs interviennent en prison, des &#233;tablissements p&#233;nitentiaires pour mineurs (EPM) voient le jour et le juge des enfants re&#231;oit comp&#233;tence pour suivre les mineurs condamn&#233;s &#224; une peine d'emprisonnement. Le d&#233;veloppement de mesures et proc&#233;dures applicables indiff&#233;remment aux majeurs et aux mineurs remettent progressivement en cause la sp&#233;cificit&#233; de la justice des mineurs. C'est le cas notamment du fichier des auteurs d'infractions sexuelles et de la loi relative &#224; la r&#233;cidive, qui limite le pouvoir d'appr&#233;ciation de la sanction par le juge en cas de r&#233;cidive. L'attention est d&#233;sormais port&#233;e sur la contrainte dans l'&#233;ducation. L'augmentation du budget de la protection judiciaire de la jeunesse entre 2004 et 2006 est absorb&#233;e par les centres &#233;ducatifs ferm&#233;s, qui ne prennent pourtant en charge qu'une centaine des 80 000 mineurs poursuivis chaque ann&#233;e devant les juges des enfants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Sources : Muriel Eglin, La Justice p&#233;nale des mineurs, conf&#233;rence du 30 (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sources : Muriel Eglin, La Justice p&#233;nale des mineurs, conf&#233;rence du 30 octobre 2006 &#224; l'Acad&#233;mie des Sciences Morales et Politiques. Elise Yvorel, &#192; la marge des prisons pour mineurs : les prisons-&#233;coles, des structures carc&#233;rales &#224; vocation &#233;ducative et professionnalisante, Revue d'histoire de l'enfance irr&#233;guli&#232;re, num&#233;ro 7, 2005. Christian Carlier, La prison aux champs. Les colonies d'enfants d&#233;linquants du Nord de la France au XIXe si&#232;cle, Ed de l'Atelier, Coll. Champs p&#233;nitentiaires, 1994.&lt;br class='autobr' /&gt;
Julie Rosi&#232;re, [Evolution des droits de l'enfant d&#233;linquant en Europe, travail &lt;br class='autobr' /&gt;
d'&#233;tudiant dans le cadre du cours d'histoire sociale et politique, Hemes-ESAS, Li&#232;ge, 2001&lt;br class='autobr' /&gt;
&gt;&lt;a href=&#034;http://www.hemes.be/esas/mapage/euxaussi/justice/dtsdelin.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.hemes.be/esas/mapage/euxaussi/justice/dtsdelin.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; La d&#233;tention reste la d&#233;tention &#187;</title>
		<link>https://www.lien-social.com/La-detention-reste-la-detention</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/La-detention-reste-la-detention</guid>
		<dc:date>2008-04-03T09:55:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>879</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entretien avec Jacques Bouygues, directeur du service &#233;ducatif aupr&#232;s du tribunal (SEAT) de Marseille. &lt;br class='autobr' /&gt;
En quoi consiste votre principale mission ? Notre premier r&#244;le est de renseigner les magistrats concernant les jeunes d&#233;f&#233;r&#233;s ou interpell&#233;s. Il s'agit d'&#233;couter le jeune ; conna&#238;tre son ressenti par rapport &#224; l'acte qu'il a commis ; l'entendre sur sa situation sociale, familiale, scolaire ; voir les imbrications qu'il peut y avoir entre cette situation donn&#233;e et la situation ponctuelle de d&#233;linquance (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-879-" rel="tag"&gt;879&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien avec Jacques Bouygues, directeur du service &#233;ducatif aupr&#232;s du tribunal (SEAT) de Marseille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi consiste votre principale mission ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre premier r&#244;le est de renseigner les magistrats concernant les jeunes d&#233;f&#233;r&#233;s ou interpell&#233;s. Il s'agit d'&#233;couter le jeune ; conna&#238;tre son ressenti par rapport &#224; l'acte qu'il a commis ; l'entendre sur sa situation sociale, familiale, scolaire ; voir les imbrications qu'il peut y avoir entre cette situation donn&#233;e et la situation ponctuelle de d&#233;linquance dans laquelle il se trouve et s'il y a un d&#233;but de remord, de reconnaissance de la faute, voire du crime. Il nous faut ensuite envisager des propositions &#233;ducatives, apr&#232;s avoir contact&#233; les parents, l'&#233;tablissement scolaire le cas &#233;ch&#233;ant, l'employeur quand il y en a un ou encore le ma&#238;tre de stage. Sur ces bases, nous produisons un recueil de renseignement socio-&#233;ducatif (RRSE) que nous remettons au magistrat et dans lequel nous pr&#233;conisons des mesures. Par exemple, cela peut &#234;tre une IOE (investigation orientation &#233;ducative) quand la famille n'est pas connue et que nous pensons que la soci&#233;t&#233; doive y mettre son nez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le jeune est d&#233;j&#224; connu, nous v&#233;rifions si la mesure qui lui a &#233;t&#233; fix&#233;e est fonctionnelle. Car il peut arriver que la mesure ne soit pas encore appliqu&#233;e. Vu que les services de la protection judicaire de la jeunesse (PJJ) de milieu ouvert sont satur&#233;s, il y a des listes d'attente. Vous pouvez tr&#232;s bien avoir une mesure &#233;ducative, voire p&#233;nale comme une MSP (mesure de libert&#233; surveill&#233;e pr&#233;judicielle) sans qu'elle ne soit activ&#233;e tout de suite ! La mesure a pu &#234;tre d&#233;cid&#233;e des mois auparavant sans qu'il n'y ait encore de suivi&#8230; Nous voyons parfois des jeunes arriver ici en nous disant : &#171; Oui, j'ai une mesure mais je n'ai toujours pas &#233;t&#233; convoqu&#233; par le service. &#187; C'est un peu la faillite du syst&#232;me&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les EPM offrent-ils une alternative ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'EPM est une prison sp&#233;cialis&#233;e pour les mineurs dans laquelle il y a de nombreuses activit&#233;s. Les journ&#233;es y sont bien remplies. Qu'on soit pour ou contre la prison pour mineurs, il faut reconna&#238;tre que ce type d'&#233;tablissements existe et para&#238;t rassembler le plus de conditions d&#233;ontologiques par rapport &#224; la d&#233;tention des mineurs. En gros, &#224; l'EPM, &#231;a ne ch&#244;me pas ! D'ailleurs certains jeunes pr&#233;f&#232;rent ne pas y aller et rester en d&#233;tention dans les quartiers pour mineurs. Car en EPM, ils ont des &#233;ducateurs sur le dos toute la journ&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de surbooking &#224; l'EPM. L'administration p&#233;nitentiaire ne mettra pas deux matelas l&#224; o&#249; il n'y en a qu'un. Ce qui se faisait ailleurs&#8230; Cela &#233;tant, l'EPM risque d'avoir un probl&#232;me. Normalement, il dispose d'un quartier pour jeunes filles. Je crois qu'il y a quatre places. Mais comment fera-t-on s'il y en a cinq ? L'une devra rester aux Baumettes ? Et s'il n'y a qu'une mineure d&#233;tenue ? Vont-ils bloquer un quartier entier pour une gamine qui va vraiment s'ennuyer ? Alors qu'elle pourrait &#234;tre aux Baumettes, avec des majeures certes mais s&#233;lectionn&#233;es, et avoir ainsi une vie sociale, si tant est qu'on puisse en avoir une en incarc&#233;ration&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La cr&#233;ation de l'EPM de Marseille influence-t-elle les propositions que vous faites au magistrat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, pour nous c'est pareil. La d&#233;tention reste la d&#233;tention. Nous ne faisons aucune diff&#233;rence entre l'EPM, Luynes et les Baumettes. Il n'y a pas plus de bonne conscience de savoir que le jeune ira &#224; l'EPM qu'une mauvaise conscience s'il va &#224; la maison d'arr&#234;t de Luynes. D'ailleurs, on ne ma&#238;trise pas le lieu de la d&#233;tention. C'est la p&#233;nitentiaire qui le d&#233;cide. Le juge ordonne l'incarc&#233;ration. S'il n'y a pas de place &#224; l'EPM, le jeune part au quartier de mineurs du Pontet ou de Grasse. C'est l'administration p&#233;nitentiaire qui dispatche ses d&#233;tenus en fonction des flux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par essence, un &#233;ducateur PJJ s'efforce d'&#233;viter la d&#233;tention. Charge &#224; lui de trouver une alternative dans la batterie de mesures dont il dispose, que ce soit la libert&#233; surveill&#233;e pr&#233;sentencielle (LSP), le contr&#244;le judiciaire (CJ) ou le placement et &#233;ventuellement une combinaison de mesures. Depuis un an, nous avons la chance d'avoir un centre &#233;ducatif renforc&#233; (CER) dont le si&#232;ge est &#224; Grans. Il ne travaille qu'avec des petits cirques familiaux. Il est donc &#233;clat&#233;. Il dispose d'une place d'accueil d'urgence. Il cultive l'effet de sid&#233;ration&#8230; Le jeune sort de chez le magistrat et le soir m&#234;me il est avec les chevaux ou les tigres du cirque qui l'accueille. Il s'agit de placements en urgence pour des jeunes pour lesquels un placement classique ne fonctionnerait pas. Le cadre est plus respect&#233;. Quant aux centres &#233;ducatifs ferm&#233;s (CEF), il n'y a jamais de place. On ne cherche m&#234;me plus ! Ici, il n'y en a pas. Le plus proche est du c&#244;t&#233; de Montauban.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est, selon vous, la diff&#233;rence entre EPM et CEF ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les CEF les ordonnances de placement durent plus longtemps que ne dure la d&#233;tention en EPM. C'est vrai que l'EPM n'a pas une ambition &#233;ducative. Dans un cadre de contrainte et d'incarc&#233;ration, on a mis de l'&#233;ducatif. Cela reste malgr&#233; tout une prison. Un endroit qui vise &#224; supprimer la libert&#233;. Les CEF en revanche ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s dans un autre but. Leur nom l'indiquent : centre &#171; &#233;ducatif &#187; ferm&#233;. L'un est p&#233;nitentiaire, l'autre est &#233;ducatif et ferm&#233;. D'un CEF, on peut en fuguer. D'un EPM, c'est plus difficile. Ce sera une &#233;vasion&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre solution ultime est l'enfermement et ce sont les juges qui d&#233;cident. Nous ne pr&#233;conisons pas l'incarc&#233;ration dans la mesure du cr&#233;dible. Si le jeune est dans le d&#233;ni ou dans la toute puissance, il peut nous arriver de ne trouver aucune alternative &#224; l'incarc&#233;ration. Nous ne sommes pas des na&#239;fs. Nous ne sommes pas dans le d&#233;ni de la n&#233;cessit&#233; d'une sanction, y compris &#233;ventuellement une incarc&#233;ration. De toute fa&#231;on, la sanction est &#233;ducative. Il faut que ce soit gradu&#233;. Qu'&#224; chaque manquement corresponde une sanction. Pour un jeune qui a &#233;t&#233; plac&#233;, qui a mis &#224; mal tous les foyers du d&#233;partement, qui est multir&#233;cidiviste, etc., nous arrivons parfois &#224; un constat d'&#233;chec ou d'impuissance &#233;ducative stricto sensu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de jeunes scolaris&#233;s, la question pourrait se poser autrement. Vu qu'en EPM, les d&#233;tenus b&#233;n&#233;ficient d'un suivi scolaire, nous pourrions &#234;tre tent&#233;s de les orienter vers l'incarc&#233;ration&#8230; Mais ce n'est pas le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; votre avis, l'EPM peut-il &#234;tre &#233;ducatif ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout l'appareillage &#233;ducatif classique, dans le cadre de la libert&#233;, am&#232;ne souvent les magistrats &#224; d&#233;cider une d&#233;tention, que ce soit en EPM ou en quartier de mineurs. Il faut faire en sorte que ce cadre de la d&#233;tention soit le moins nocif possible, que ce ne soit pas une fabrique de criminels ou de d&#233;linquants endurcis. Et si, en plus, ce temps permet de replacer quelques r&#232;gles de vie, de la discipline et les apprentissages scolaires pr&#233;-professionnels, ce sera toujours &#231;a de gagn&#233; ! C'est du bonus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le propre d'un EPM, ce n'est pas de l'&#233;ducatif. C'est un &#233;tablissement p&#233;nitentiaire dans lequel les coll&#232;gues s'efforcent de mettre de l'&#233;ducatif. Ce ne doit pas &#234;tre facile, car les jeunes qui y vont partent dans l'id&#233;e qu'ils vont en prison et calculent le temps qu'ils vont y passer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;tablissements p&#233;nitentiaires pour mineurs : </title>
		<link>https://www.lien-social.com/Etablissements-penitentiaires-pour-mineurs</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Etablissements-penitentiaires-pour-mineurs</guid>
		<dc:date>2008-04-03T09:50:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Prison</dc:subject>
		<dc:subject>879</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sp&#233;cimens dans l'univers carc&#233;ral fran&#231;ais, les &#233;tablissements p&#233;nitentiaires pour mineurs (EPM) ont pour objectif de concilier prison et &#233;ducatif. &#192; l'heure d'une multiplication des centres &#233;ducatifs ferm&#233;s, ces toutes nouvelles structures suscitent un large d&#233;bat parmi les travailleurs sociaux de la protection judiciaire de la jeunesse. Analyse &#224; la veille d'une sixi&#232;me inauguration. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une innovation en France. Pour l'ancien Garde des Sceaux Pascal Cl&#233;ment, c'est m&#234;me une &#171; fiert&#233; &#187;. La cr&#233;ation de (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Prison-288" rel="tag"&gt;Prison&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-879-" rel="tag"&gt;879&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sp&#233;cimens dans l'univers carc&#233;ral fran&#231;ais, les &#233;tablissements p&#233;nitentiaires pour mineurs (EPM) ont pour objectif de concilier prison et &#233;ducatif. &#192; l'heure d'une multiplication des centres &#233;ducatifs ferm&#233;s, ces toutes nouvelles structures suscitent un large d&#233;bat parmi les travailleurs sociaux de la protection judiciaire de la jeunesse. Analyse &#224; la veille d'une sixi&#232;me inauguration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est une innovation en France. Pour l'ancien Garde des Sceaux Pascal Cl&#233;ment, c'est m&#234;me une &#171; fiert&#233; &#187;. La cr&#233;ation de sept &#233;tablissements p&#233;nitentiaires pour mineurs (EPM) vise &#224; r&#233;volutionner l'accompagnement des jeunes d&#233;linquants et criminels incarc&#233;r&#233;s. D&#233;termin&#233;e dans sa d&#233;marche, l'administration n'a pas l'intention de tra&#238;ner. Depuis juin dernier, cinq de ces prototypes ont d&#233;j&#224; ouvert &#224; Meyzieu (Lyon), Lavaur (Toulouse), Orvault (Nantes), Marseille et Qui&#233;vrechain (Valenciennes). Suivra, courant avril, le sixi&#232;me &#224; Porcheville, en r&#233;gion parisienne et, plus tard, le dernier &#224; Chauconin (Meaux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Programm&#233;s le 9 septembre 2002 par la loi dite &#171; Perben 1 &#187;, ces structures &#171; mettent enfin la France en conformit&#233; avec les r&#232;gles p&#233;nitentiaires &#233;dict&#233;es par le Conseil de l'Europe, se f&#233;licite Didier Guillaume, porte-parole de l'actuelle ministre de la Justice. Ils permettent une s&#233;paration absolue entre majeurs et mineurs, un acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation et aux services sociaux et &#233;ducatifs de la m&#234;me mani&#232;re qu'en milieu ouvert. &#187; &#192; vrai dire, les conditions de d&#233;tention des mineurs ont souvent &#233;t&#233; point&#233;es du doigt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le constat ne date pas d'hier&#8230; En 2000 d&#233;j&#224;, une commission d'enqu&#234;te pr&#233;sid&#233;e par le s&#233;nateur Jean-Jacques Hyest avait tir&#233; la sonnette d'alarme. &#171; Dans de nombreux &#233;tablissements, il n'existe pas de quartiers &#171; mineurs &#187; v&#233;ritablement isol&#233;s des autres d&#233;tenus majeurs, indiquait-elle alors. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, l'article D. 516 du code de proc&#233;dure p&#233;nale qui pr&#233;voit l'encellulement individuel des mineurs est loin d'&#234;tre respect&#233;, faute de cellules en nombre suffisant : c'est tout particuli&#232;rement le cas dans le sinistre quartier des mineurs des prisons lyonnaises que la commission a visit&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un an plus tard, la D&#233;fenseure des enfants dressait le m&#234;me bilan. De ce fait, dans son rapport annuel de 2001, elle pr&#233;conisait &#171; des modifications importantes, tant l'accueil des mineurs, dans certains &#233;tablissements, se fait dans des locaux v&#233;tustes, sales, exigus, inadapt&#233;s (par exemple, un quartier de mineurs coinc&#233; entre le quartier d'isolement et les cellules disciplinaires) &#187;. L'infrastructure p&#233;nitentiaire semblait loin de satisfaire &#224; l'ordonnance du 2 f&#233;vrier 1945, r&#233;f&#233;rence en mati&#232;re d'incarc&#233;ration des jeunes. Laquelle requiert &#171; une s&#233;paration compl&#232;te d'avec les d&#233;tenus majeurs et une pr&#233;sence continue des &#233;ducateurs en d&#233;tention. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quoi de neuf ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La loi d'orientation et de programmation pour la justice (LOPJ) du 9 septembre 2002 tombe donc &#224; point nomm&#233;. Elle ent&#233;rine un investissement de 90 millions d'euros pour construire sept EPM. Bien qu'ils correspondent &#224; deux genres architecturaux diff&#233;rents (L&#233;on Grosse ou groupe Dumez), ils pr&#233;sentent des caract&#233;ristiques identiques pour tenter de combler les carences constat&#233;es jusque l&#224;. G&#233;r&#233; par l'administration p&#233;nitentiaire, chaque &#233;tablissement dispose de son propre service &#233;ducatif PJJ et accueille, au maximum, soixante d&#233;tenus &#226;g&#233;s de treize &#224; dix-huit ans. Lesquels logent en cellules individuelles dans sept unit&#233;s d'h&#233;bergement distinctes, dont une r&#233;serv&#233;e aux filles. &#192; l'ext&#233;rieur : aucun mirador ni fil barbel&#233;, mais une grande place centrale agr&#233;ment&#233;e de verdure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les lieux se veulent moins anxiog&#232;nes qu'une prison classique. M&#234;me les murs d'enceinte &#8211; hauts de six m&#232;tres &#8211; se fondent dans le d&#233;cor, cach&#233;s derri&#232;re les b&#226;timents. Le quotidien des adolescents s'organise autour d'un terrain et d'une salle de sports, d'un p&#244;le socio-&#233;ducatif, d'un p&#244;le sant&#233;, d'un p&#244;le parloir et d'une cour d'honneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'architecture para&#238;t novatrice, le fonctionnement l'est d'autant plus. En effet, l'originalit&#233; des EPM r&#233;side davantage dans le bin&#244;me &#171; &#233;ducateur &#8211; surveillant &#187; charg&#233; d'encadrer les mineurs, ainsi que dans l'agenda impos&#233; aux d&#233;tenus. Le rythme y est soutenu, comme le confirme la direction de l'administration p&#233;nitentiaire (DAP) &#224; Lien Social : &#171; Le projet d'activit&#233;s a pour objectif de proposer un emploi du temps plein &#224; chaque mineur, comprenant des heures d'enseignement g&#233;n&#233;ral et technique ainsi que des activit&#233;s culturelles et sportives. &#187; Le projet initial pr&#233;voit d'ailleurs : le lever &#224; 7h30 ; &#224; 8h le petit-d&#233;jeuner par groupe en pr&#233;sence d'&#233;ducateurs et de surveillants ; &#224; 9h lancement des activit&#233;s et enseignement, toujours en groupe (avec une pause de 30 minutes en milieu de matin&#233;e) ; de 12h 30 &#224; 14h repas en commun puis d&#233;tente &#224; l'int&#233;rieur ou &#224; l'ext&#233;rieur ; &#224; 14h reprise des activit&#233;s et enseignement jusqu'&#224; 18h (avec une pause d'une demi heure en cours d'apr&#232;s-midi) ; de 18h30 &#224; 19h 30 d&#233;tente ; 19h 30 d&#238;ner, 20h activit&#233;s avec les &#233;ducateurs et les surveillants, 21h 30 coucher. Il semble toutefois qu'au fil des ouvertures, les EPM modifient leur gestion du temps. Mais, d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, la cadence demeure &#233;lev&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s'y astreindre, des moyens consid&#233;rables sont d&#233;ploy&#233;s dans chaque &#233;tablissement. &#171; Pr&#232;s de 150 personnels issus de l'administration p&#233;nitentiaire, de la Protection judiciaire de la jeunesse et de l'Education nationale sont pr&#233;sents dans chacune de ces structures &#187;, note la DAP. &#192; titre d'exemple : pour l'EPM de Marseille, le rectorat a &#171; affect&#233; cinq &#233;quivalents temps plein pour le 1er degr&#233; et quatre postes (18 heures) pour le 2&#232;me degr&#233;, pr&#233;cise Mme Brugui&#232;re, collaboratrice de cabinet du recteur. L'unit&#233; p&#233;dagogique dispose d'un proviseur et d'une conseill&#232;re d'orientation. Les enseignements dispens&#233;s sont l'&#233;conomie - gestion, les lettres et l'histoire, les maths et sciences, et l'anglais. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;E comme &#233;ducatif ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, que ce soit en termes de salubrit&#233; des locaux, de respect de la r&#232;gle d'encellulement individuel ou de suivi p&#233;dagogique, les EPM semblent am&#233;liorer les conditions de d&#233;tention des mineurs. &#171; Concilier sanction p&#233;nale et &#233;ducation dans un but d'insertion et de pr&#233;vention de la r&#233;cidive &#187;, voil&#224; le ma&#238;tre mot de la DAP s'agissant de ces nouvelles prisons. &#171; L'enjeu, insiste l'administration p&#233;nitentiaire, est de redonner des rep&#232;res aux mineurs d&#233;tenus en inculquant la notion d'autorit&#233;, en donnant une formation et une instruction et en assurant un suivi &#233;ducatif en relation &#233;troite avec les diff&#233;rents interlocuteurs dont bien entendu les familles. &#187; Reste &#224; savoir comment, dans les faits, ce postulat se met en &#339;uvre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impossible d'en rendre compte directement, vu que la DAP n'a accord&#233; aucun reportage en EPM depuis leur mise en service. Les t&#233;moignages de deux &#233;ducateurs PJJ y travaillant sont toutefois &#233;loquents et soul&#232;vent quelques questions. &#171; Il y a trop de temps collectif &#187;, se d&#233;sole ainsi Louisa Moussous, &#233;ducatrice &#224; l'EPM de Marseille (&lt;a href='https://www.lien-social.com/La-detention-reste-la-detention' class='spip_in'&gt;lire l'interview de Jacques Bouygues, directeur du SEAT de Marseille&lt;/a&gt;). M&#234;me remarque pour un de ses confr&#232;res de Lavaur : &#171; Etant donn&#233; qu'il y a beaucoup de collectivit&#233;, nous avons du mal &#224; rencontrer les jeunes en apart&#233;, constate-t-il. Pour cela, il faut qu'on les convoque au bureau. &#187; Un lieu, semble-t-il, moins propice &#224; l'&#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi une telle abondance de moments group&#233;s ? La r&#233;ponse se trouve peut-&#234;tre dans le dossier de presse &#233;dit&#233; par le minist&#232;re de Justice &#224; l'occasion de l'ouverture de l'EPM de Lavaur (en juin 2007). &#171; Les mineurs ont vocation &#224; &#234;tre en activit&#233; ou en temps collectif la majeure partie de leur journ&#233;e de d&#233;tention, note l'administration. Pas d'oisivet&#233; possible. Ils ne resteront en cellule que le temps de nuit. &#187; Oisivet&#233;, le mot porte &#224; r&#233;flexion. Les temps de solitude se r&#233;sumeraient-ils &#224; une forme de torpeur ? La prise de conscience d'un acte d&#233;lictueux serait-elle plus ais&#233;e au milieu d'un collectif ? Peut-&#234;tre, si tant est un qu'un psychologue puisse organiser des groupes de parole&#8230; La discussion reste ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, ce type d'exp&#233;rience para&#238;t complexe &#224; &#233;laborer. Car &#171; les ph&#233;nom&#232;nes de groupe existent bel et bien, m&#234;me en EPM, reconna&#238;t Louisa Moussous. Les jeunes parlent entre eux des actes qui les ont conduits l&#224;. On voit &#233;merger des ca&#239;ds. &#187; En atteste l'incident &#224; l'origine du recours &#224; l'&#233;quipe r&#233;gionale d'intervention et de s&#233;curit&#233; (ERIS) &#224; l'EPM de Meyzieu d&#232;s son ouverture. L'effet de groupe cr&#233;e parfois aussi des &#171; boucs &#233;missaires &#187;, comme le sugg&#232;re un &#233;ducateur de Lavaur. Les &#233;v&#233;nements qui ont marqu&#233; ce d&#233;but d'ann&#233;e ont d'ailleurs l&#233;g&#232;rement modifi&#233; la position du minist&#232;re de la Justice concernant le fonctionnement des EPM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, suite au suicide d'un d&#233;tenu de seize ans &#224; Meyzieu, le 2 f&#233;vrier, et &#224; la double &#233;vasion qui a eu lieu le lendemain &#224; Marseille, la Garde des Sceaux s'est rendue &#224; l'&#233;tablissement lyonnais la semaine suivante. Sans toutefois remettre en cause l'existence de ces structures, Rachida Dati conc&#232;de d&#233;sormais quelques entorses au projet initial. &#171; Les professionnels ont relev&#233; que ce programme &#233;tait un peu trop ambitieux pour certains mineurs, qu'il fallait r&#233;server des plages de temps libre dans la cellule, en fonction d'appr&#233;ciations individuelles au cas par cas, indique maintenant son porte-parole. [M&#234;me si] le programme id&#233;al est une prise en charge des mineurs dans toutes les heures de la journ&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les EPM se tourneront-ils vers un nouveau sch&#233;ma d'organisation ? Vers un syst&#232;me des r&#233;gimes diff&#233;renci&#233;s comme le pratique d&#233;j&#224; le Centre de jeunes d&#233;tenus de Fleury-M&#233;rogis ? &#171; Ce r&#233;gime individuel diff&#233;renci&#233; et progressif comprend un module d'accueil pour d&#233;tenus arrivants et trois types de r&#233;gime (ordinaire, strict ou lib&#233;ral) variables selon le comportement du jeune &#187;, d&#233;crivait en 2001 la D&#233;fenseure des enfants. C'est &#8211; semble-t-il &#8211; ce qui s'amorce &#224; Lavaur. &#171; Depuis peu, on a mis en place des unit&#233;s de vie avec des r&#233;gimes plus ou moins stricts, r&#233;v&#232;le un des &#233;ducateurs. Plus c'est strict, plus le temps d'encellulement est long. Nous devrions bient&#244;t (en mars, NDLR) ouvrir une unit&#233; de confiance pour les jeunes, filles et gar&#231;ons, qui se comportent le mieux. L'AP a m&#234;me achet&#233; une console de jeux vid&#233;o pour cette unit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Facteur cl&#233; : le temps&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Revient donc cette interrogation : quelle place ce planning accorde-t-il &#224; l'&#233;laboration de projets &#233;ducatifs personnalis&#233;s ? Ces r&#233;gimes, diff&#233;renci&#233;s ou pas, permettent-ils de construire avec chaque jeune un projet &#233;ducatif personnalis&#233; ? Sachant que ce type de d&#233;marche s'inscrit dans la dur&#233;e, cela est-il plausible ? Rien n'est moins s&#251;r au regard du temps d'incarc&#233;ration. Certes, pour les 503 jeunes criminels condamn&#233;s &#224; des peines privatives de libert&#233; en 2005 (perp&#233;tuit&#233; exclue), cette p&#233;riode s'&#233;tendait en moyenne sur 39,5 mois. Mais ils restent minoritaires. La plupart des adolescents condamn&#233;s &#224; des peines d'emprisonnement, le sont pour des d&#233;lits. En 2005, ils &#233;taient 4935 (r&#233;clusion ferme ou assortie d'un sursis partiel) pour un temps de d&#233;tention moyen de 3,2 mois. Difficile en si peu de temps de b&#226;tir un projet solide&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, est-il possible au quotidien d'amorcer un travail social dans un emploi du temps satur&#233; ? Cette mission semble pour le moins complexe. D'autant que les objectifs vis&#233;s par le minist&#232;re de la Justice d&#233;passent quelque peu les &#233;ducateurs interrog&#233;s par Lien Social. Stup&#233;faction pour Louisa Moussous &#224; l'ouverture de l'EPM marseillais. &#192; ses dires, &#171; l'&#233;tablissement ne comportait pas de bureau pour le psychologue. &#187; Autre surprise &#224; Lavaur : &#171; On est tous rest&#233;s scotch&#233;s quand on a vu l'annonce ANPE pour recruter de nouveaux &#233;ducateurs, s'&#233;berlue l'un d'entre eux. La premi&#232;re qualit&#233; qu'ils recherchent est un don d'animateur. &#187; S'agirait-il de simplement &#171; occuper &#187; les jeunes ? Faux : d'apr&#232;s la circulaire du 8 juin 2007 de la DAP, &#171; l'&#233;quipe pluridisciplinaire d&#233;cline son action autour des axes qui suivent : explicitation aupr&#232;s du jeune du r&#233;gime de d&#233;tention, des conditions et du sens donn&#233; &#224; son incarc&#233;ration. Ce travail doit permettre d'amorcer la r&#233;flexion sur l'acte ou les actes g&#233;n&#233;rateur(s) du placement sous &#233;crou &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Difficile, pour l'heure, d'&#233;valuer ce dispositif. Peut-&#234;tre faudra-t-il l'attendre du &#171; comit&#233; technique paritaire comprenant des repr&#233;sentants du personnel tant DAP que PJJ qui sera prochainement mis en place aupr&#232;s de chaque EPM, selon l'administration p&#233;nitentiaire. [En attendant] des commissions au niveau local et r&#233;gional existent et permettent l'&#233;change entre les diff&#233;rents acteurs dans le but d'am&#233;liorer le fonctionnement des EPM. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s&#251;r, les EPM et leurs 420 cellules vivent une p&#233;riode de rodage. Ils ne remplaceront pas tous les quartiers de mineurs qui, en 2005, comptaient 942 places en m&#233;tropole et Outre-Mer. D'autant que la m&#234;me ann&#233;e, 5444 peines d'emprisonnement avaient &#233;t&#233; prononc&#233;es &#224; l'encontre de mineurs. Un chiffre qui risque de grossir depuis l'adoption de la loi sur la r&#233;cidive&#8230; Alors que la notion de pr&#233;vention tend &#224; se rar&#233;fier et les centres &#233;ducatifs ferm&#233;s &#224; se multiplier, la prison deviendrait-elle un nouveau lieu d'accueil de la protection judiciaire de la jeunesse ? (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Une-breve-histoire-de-la-justice-des-mineurs' class='spip_in'&gt;lire l'histoire de la justice des mineurs&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Objets &#233;ducatifs non identifi&#233;s : les &#233;tablissements p&#233;nitentiaires pour mineurs</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Objets-educatifs-non-identifies-les-etablissements-penitentiaires-pour-mineurs</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Objets-educatifs-non-identifies-les-etablissements-penitentiaires-pour-mineurs</guid>
		<dc:date>2008-04-03T08:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M&#233;lanie-LS</dc:creator>


		<dc:subject>879</dc:subject>

		<description>

-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/sommaires" rel="directory"&gt;Sommaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-879-" rel="tag"&gt;879&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L104xH150/arton9079-fb283.png?1693499091' width='104' height='150' /&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.lien-social.com/IMG/pdf/2008_-_879_-_basse_def.pdf" length="15303800" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les corridors du quotidien</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Les-corridors-du-quotidien</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Les-corridors-du-quotidien</guid>
		<dc:date>2008-04-03T04:52:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Internat</dc:subject>
		<dc:subject>879</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le mod&#232;le traditionnel de l'internat &#233;ducatif se pr&#233;sente en creux : il s'agit de r&#233;pondre aux besoins, en comblant au mieux et au plus vite. L'enfant re&#231;oit donc les solutions, les r&#233;ponses, les pr&#233;sences, les activit&#233;s, les prestations des sp&#233;cialistes qui sont cens&#233;es faire dispara&#238;tre les absences et les manques dont il a tant souffert. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'institution se positionne &#224; une place de m&#232;re archa&#239;que, celle qui pourvoit aux n&#233;cessit&#233;s de son b&#233;b&#233; et est capable d'adaptation totale &#224; ses besoins. C'est la (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Internat" rel="tag"&gt;Internat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-879-" rel="tag"&gt;879&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L95xH150/arton2357-ef533.jpg?1693499091' width='95' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le mod&#232;le traditionnel de l'internat &#233;ducatif se pr&#233;sente en creux : il s'agit de r&#233;pondre aux besoins, en comblant au mieux et au plus vite. L'enfant re&#231;oit donc les solutions, les r&#233;ponses, les pr&#233;sences, les activit&#233;s, les prestations des sp&#233;cialistes qui sont cens&#233;es faire dispara&#238;tre les absences et les manques dont il a tant souffert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'institution se positionne &#224; une place de m&#232;re archa&#239;que, celle qui pourvoit aux n&#233;cessit&#233;s de son b&#233;b&#233; et est capable d'adaptation totale &#224; ses besoins. C'est la position de &#171; pr&#233;occupation maternelle primaire &#187; dont devrait b&#233;n&#233;ficier tout nourrisson dans ses premiers mois. Tr&#232;s naturellement, l'enfant va nourrir l'espoir de retrouver chez les personnes qui s'occupent de lui cette m&#232;re tant d&#233;vou&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adulte ne peut qu'&#234;tre &#233;mu par cette attente qui lui est destin&#233;e : l'enfant carenc&#233;, vide d'amour, se verrait ainsi rempli d'un plein affectif qui viendrait compenser la d&#233;faillance qu'il a subie. Ainsi, le groupe &#233;ducatif tend-il &#224; reproduire les caract&#233;ristiques d'un n&#233;o-milieu familial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, ce sch&#233;ma ne fonctionne pas ou, plus exactement, il ne fonctionne qu'&#224; moiti&#233;. S'il existe bien des zones institutionnelles d'&#233;tayage, quand le dispositif de prise en charge met en place des activit&#233;s de d&#233;rivation des t&#226;ches maternelles, l'&#233;ducateur &#233;choue &#224; tenir cette place impossible. Il doit accepter &#224; la fois d'&#234;tre convoqu&#233; &#224; une place de m&#232;re idyllique et &#224; la fois de faire le deuil de l'illusion de pouvoir se substituer &#224; ce que l'enfant a d&#233;finitivement perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, il ne peut que d&#233;cevoir celui-ci et provoquer en retour chez lui des r&#233;actions de haine et &#233;ventuellement de violence &#224; son &#233;gard. Il va alors devoir traiter les sentiments d'injustice, de d&#233;ception et d'indignation de cet enfant et accepter sa col&#232;re, sans la retourner contre lui. Il doit accueillir ces sentiments tant&#244;t positifs, tant&#244;t n&#233;gatifs, sans s'y confondre. On se situe l&#224; dans une ambigu&#239;t&#233; qu'il ne faut pas chercher &#224; r&#233;duire : &lt;i&gt;&#171; Je demande qu'un paradoxe soit accept&#233;, tol&#233;r&#233; et qu'on admette qu'il ne soit pas r&#233;solu &#187;&lt;/i&gt;, expliquait d&#233;j&#224; Winnicott.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'institution peut favoriser chez l'enfant un investissement archa&#239;que. Il suffit pour cela qu'elle tente de pourvoir en interne &#224; tous ses besoins. Elle peut aussi fonctionner sur la coexistence de deux &#233;l&#233;ments incompatibles : &#234;tre &#224; la fois une famille et une non-famille. Il faut pour cela qu'elle n'ait pas pour objectif de satisfaire &#224; toutes les exigences de l'enfant transform&#233; en client-roi, que l'organisation de l'espace et du temps soit pr&#233;existante &#224; son arriv&#233;e et que celui-ci n'ait pas prise sur ses r&#232;gles de fonctionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, la r&#233;ussite d'une prise en charge par une relation d'accompagnement de la vie ordinaire n'est possible qu'&#224; condition que l'on prenne en consid&#233;ration son n&#233;cessaire &#233;chec.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Dunod, 2008 (169 p. ; 19 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'institution &#233;ducative sp&#233;cialis&#233;e</title>
		<link>https://www.lien-social.com/L-institution-educative-specialisee</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/L-institution-educative-specialisee</guid>
		<dc:date>2008-04-03T04:52:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Institution</dc:subject>
		<dc:subject>879</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans les institutions, les &#233;ducateurs sont les &#233;crans de projection des affects des r&#233;sidents, explique l'auteur qui a r&#233;uni dans cet ouvrage les lectures du quotidien, les d&#233;cryptages des pens&#233;es et des actes, les analyses cliniques produites depuis vingt-cinq ans tout au long de l'accompagnement qu'il a effectu&#233; aupr&#232;s des diff&#233;rentes &#233;quipes du secteur &#233;ducatif et m&#233;dico-social. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est justement parce qu'ils sont le r&#233;ceptacle de ces ressentis, poursuit-il, qu'ils ne doivent pas rester seuls. Il ne (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Institution" rel="tag"&gt;Institution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-879-" rel="tag"&gt;879&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L101xH150/arton2358-350db.jpg?1693499091' width='101' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans les institutions, les &#233;ducateurs sont les &#233;crans de projection des affects des r&#233;sidents, explique l'auteur qui a r&#233;uni dans cet ouvrage les lectures du quotidien, les d&#233;cryptages des pens&#233;es et des actes, les analyses cliniques produites depuis vingt-cinq ans tout au long de l'accompagnement qu'il a effectu&#233; aupr&#232;s des diff&#233;rentes &#233;quipes du secteur &#233;ducatif et m&#233;dico-social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est justement parce qu'ils sont le r&#233;ceptacle de ces ressentis, poursuit-il, qu'ils ne doivent pas rester seuls. Il ne devrait jamais y avoir de moment o&#249; le tiers est exclu, m&#234;me quand l'&#233;ducateur se trouve en t&#234;te-&#224;-t&#234;te avec l'enfant. C'est la fonction de la r&#233;union de l'&#233;viter en offrant, face &#224; des sujets le plus souvent dans la jouissance du passage &#224; l'acte ou dans la r&#233;p&#233;tition infinie du temps pr&#233;sent, une autre temporalit&#233; que l'imm&#233;diatet&#233;. Elle est un lieu d'&#233;laboration des messages chaotiques dans lesquels le professionnel est emm&#234;l&#233;. Elle doit donner l'opportunit&#233; &#224; l'&#233;ducateur de partager en mots avec ses pairs les relations qu'il &#233;tablit avec les r&#233;sidents. Elle permet de travailler ce qui se cristallise, ce qui fait sympt&#244;me, ce qui se r&#233;p&#232;te et qui donc pose question dans le travail quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup trop d'institutions souffrent du sympt&#244;me de la s&#233;duction &#224; deux. Tout au contraire, mettre de la pens&#233;e entre soi et l'autre, c'est appeler l'espace tiers et sortir de la relation duelle et directe. L'&#233;ducateur appara&#238;t souvent &#224; l'enfant comme un &#234;tre rationnel et bienfaiteur. Il doit pour cela rester attentif, observer, savoir ce qu'il dit, ne pas toujours &#234;tre dans la spontan&#233;it&#233;. Il pr&#233;sente alors la figure d'un p&#232;re suffisamment fort auquel l'enfant peut se confronter sans qu'il ne s'&#233;croule sous l'effet de ses attaques. Ne pas trouver cette r&#233;sistance reviendrait pour lui &#224; s'abandonner &#224; la rage impuissante d'&#234;tre sans limites, donc &#224; l'impuissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, l'&#233;ducateur doit aussi accepter de recevoir des reproches, des accusations, des n&#233;gations, permettant ainsi que se cr&#233;e un espace qui fait alors ouverture, favorisant une rencontre qui ne soit ni un rejet, ni une fusion. Fichu m&#233;tier de devoir d&#233;passionner, alors qu'on ne peut que susciter sans le vouloir des passions, des d&#233;sirs fous, des jalousies mortif&#232;res, alors que l'accompagnement propos&#233; r&#233;veille des espoirs qui &#233;taient enfouis depuis longtemps, des manques terribles et la souffrance d'avoir tant &#233;t&#233; ignor&#233;. Mais, &#171; l'amour, ce n'est pas donner &#224; l'autre ce qu'il demande, ce qu'il n'a pas et qu'il croit qu'on a pour le combler, ce serait plut&#244;t du c&#244;t&#233; du don, d'un certain manque &#224; partager &#187; (p.23). En m&#234;me temps, si le r&#244;le de l'&#233;ducateur est bien d'entretenir l'&#233;tincelle du potentiel de l'enfant, il ne doit pas dans sa qu&#234;te de proximit&#233; et de r&#233;paration, c&#233;der &#224; la tentation de lui en vouloir de ne pas toujours r&#233;pondre au projet qu'il a pour lui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. &#233;r&#232;s, 2007 (234 p. ; 23 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Adoption - Un rapport pr&#233;conise davantage de rigueur</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Adoption-Un-rapport-preconise-davantage-de-rigueur</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Adoption-Un-rapport-preconise-davantage-de-rigueur</guid>
		<dc:date>2008-04-03T04:51:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>879</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nouvelle proc&#233;dure d'agr&#233;ment, meilleure pr&#233;paration des adoptants, encouragement &#224; l'adoption nationale, sont au c&#339;ur des propositions d'un rapport r&#233;cemment remis au chef de l'&#201;tat. D'autres logiques seraient &#224; mettre en &#339;uvre pour r&#233;sorber d'importants retards &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;sastreuse affaire de l'Arche de Zo&#233; n'a &#233;videmment rien arrang&#233;, mais les promesses euphoriques &#233;mises &#8212; et non tenues &#8212; en 2004, lors de la cr&#233;ation de l'agence fran&#231;aise pour l'adoption (AFA) ont probablement pouss&#233; certaines familles &#224; s'engager (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Decryptage" rel="directory"&gt;D&#233;cryptage&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-879-" rel="tag"&gt;879&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nouvelle proc&#233;dure d'agr&#233;ment, meilleure pr&#233;paration des adoptants, encouragement &#224; l'adoption nationale, sont au c&#339;ur des propositions d'un rapport r&#233;cemment remis au chef de l'&#201;tat. D'autres logiques seraient &#224; mettre en &#339;uvre pour r&#233;sorber d'importants retards&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;sastreuse affaire de l'Arche de Zo&#233; n'a &#233;videmment rien arrang&#233;, mais les promesses euphoriques &#233;mises &#8212; et non tenues &#8212; en 2004, lors de la cr&#233;ation de l'agence fran&#231;aise pour l'adoption (AFA) ont probablement pouss&#233; certaines familles &#224; s'engager dans ce radical fiasco. Les plus grands r&#233;seaux (certains f&#233;d&#232;rent en France plus de dix mille familles) ont point&#233; le discr&#233;dit entra&#238;n&#233; par cette improbable aventure ayant, outre ses manipulations et abus &#233;vidents, globalement soulign&#233; l'absence de lisibilit&#233; et de clart&#233; du paysage de l'adoption. La discordance &#233;tait d&#233;j&#224; flagrante : en France il y a eu moins de 4 000 adoptions en 2007 &#8212; moins qu'en 2005 &#8212;, alors qu'entre 30 000 et 35 000 personnes, munies d'un agr&#233;ment valide, &#233;taient pr&#234;tes &#224; adopter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encourager l'adoption nationale &#8212; en d&#233;clin depuis plusieurs ann&#233;es &#8212;, mieux informer les parents, mobiliser les r&#233;seaux diplomatiques sont les principales propositions du &lt;a href=&#034;http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/084000162/index.shtml&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;rapport sur l'adoption&lt;/a&gt; remis &#224; Nicolas Sarkozy. Au total, trente-huit propositions, avec une volont&#233; claire de durcir les crit&#232;res de d&#233;livrance d'agr&#233;ment. Sur le premier volet du triptyque, l'adoption nationale ne concerne qu'au maximum 800 enfants par an, du fait d'une limitation aux seuls n&#233;s sous X ou &#224; ceux ayant fait l'objet d'une d&#233;claration judiciaire d'abandon, rarement utilis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or 2 100 enfants durablement accueillis par les services sociaux pourraient faire l'objet d'un projet d'adoption (sur 140 000 enfants plac&#233;s). Jean-Marie Colombani, rapporteur, va plus loin, en regrettant (on sent la pol&#233;mique venir) : &#171; Les juges et des travailleurs sociaux donnent la priorit&#233; &#224; la famille biologique et non pas &#224; l'int&#233;r&#234;t de l'enfant, contrairement &#224; d'autres pays. &#187; La mission entend toutefois prudemment &#233;viter &#171; toute confrontation id&#233;ologique entre les tenants du primat de la famille biologique et ceux de la th&#233;orie de l'attachement, davantage tourn&#233;s vers l'adoption pr&#233;coce &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'an dernier, 8 000 agr&#233;ments &#8212; du ressort des conseils g&#233;n&#233;raux &#8212; ont &#233;t&#233; d&#233;livr&#233;s. Mais le rapport r&#233;clame d&#233;sormais un filtrage plus s&#233;v&#232;re : un maximum de 45 ans d'&#233;cart d'&#226;ge entre l'adoptant et l'enfant (aujourd'hui, environ 12 % des adoptants ont une diff&#233;rence d'&#226;ge de cinquante ans ou plus), une &#171; refondation de la qualit&#233; &#187; des agr&#233;ments, et des &#171; r&#233;f&#233;rentiels communs aux d&#233;partements &#187; pour les travailleurs sociaux. Au plan du syst&#232;me global, la coexistence de l'adoption simple et de l'adoption pl&#233;ni&#232;re est encourag&#233;e, la premi&#232;re formule &#233;tant pr&#233;sent&#233;e comme &#171; moins radicale pour les parents biologiques qu'une d&#233;claration judiciaire d'abandon &#187; et permettant &#224; un enfant d'&#234;tre adopt&#233; tout en gardant un lien avec sa famille biologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les candidats &#224; l'adoption pourraient suivre une formation &#171; sous forme de quatre sessions &#187; afin d'&#234;tre mieux pr&#233;par&#233;s &#224; la r&#233;alit&#233; cach&#233;e de l'adoption. &#171; Un enfant adopt&#233; est un enfant traumatis&#233; et ce traumatisme l'accompagne toute sa vie &#187;, a ainsi justifi&#233; Colombani. Concernant l'adoption internationale, les parents doivent recevoir une meilleure information sur les exigences des pays d'origine concern&#233;s, les changements des conditions d'adoption, et la situation particuli&#232;re des enfants concern&#233;s. Car, contrairement &#224; d'autres pays voisins, l'adoption d'enfants &#233;trangers recule dans notre pays : moins 25 % depuis deux ans&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, la r&#233;forme de 2005 avait pourtant &#233;t&#233; initialement accompagn&#233;e d'un engagement du gouvernement &#224; doubler le nombre de ces adoptions : on est loin du compte. En outre, les d&#233;lais sont de plus en plus longs : pour la Chine par exemple, les familles sont pr&#233;venues qu'il faut environ quatre ans pour l'aboutissement d'un dossier. Mais selon le rapport, les exigences accrues des pays d'origine, notamment li&#233;es &#224; la mise en place en 1993 de la Convention de La Haye, ne suffisent pas &#224; expliquer le retard fran&#231;ais. Enfin, un &#171; fonds de coop&#233;ration &#187; pourrait appuyer les demandes d'adoption pour certains pays (Vietnam, Ha&#239;ti ou Madagascar).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'AFA a accompagn&#233; l'an dernier un petit cinqui&#232;me des adoptions (19 %) avec les organismes agr&#233;&#233;s pour l'adoption (OAA) s'implantant parfois dans certains pays d'origine, les deux structures pouvant se trouver alors en rivalit&#233;. &#201;pingl&#233;e par le rapport, l'agence devrait &#171; animer l'adoption nationale &#187;, en tout cas faire davantage que tenir son r&#244;le de guichet d'information, et laisser de nouveau le volet international au minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res, comme c'&#233;tait le cas avant la loi de 2005. Un plan d'action gouvernemental de deux ans est donc pr&#233;conis&#233; pour cr&#233;er une autorit&#233; centrale coordonnant AFA et OAA, tout en r&#233;veillant un r&#233;seau diplomatique trop peu mobilis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, et en marge du rapport, Colombani s'est d&#233;clar&#233; en faveur de l'adoption par les homosexuels : il est n&#233;cessaire de &#171; mettre fin &#224; l'hypocrisie qui permet &#224; un couple mari&#233; d'adopter, mais pas &#224; un couple pacs&#233;, et &#224; un c&#233;libataire d'adopter mais pas &#224; un c&#233;libataire qui se d&#233;clare homosexuel. &#187; Le chef de l'&#201;tat lui a demand&#233; une &#233;valuation, d'ici 2009, de &#171; la mise en &#339;uvre des pistes qu'il sugg&#232;re &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
