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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Si l'exclusion m'&#233;tait cont&#233;e</title>
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		<dc:date>2008-03-20T17:26:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>SDF</dc:subject>
		<dc:subject>877</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir travaill&#233; comme animatrice, Liliane Gabel d&#233;cide de solliciter un emploi au Samu Social de Paris. Elle ne sera pas affect&#233;e dans une &#233;quipe mobile qui assure quotidiennement la maraude, mais dans un centre d'h&#233;bergement. Son t&#233;moignage nous fait vivre de fa&#231;on particuli&#232;rement impressionniste le quotidien de l'accueil des SDF. Qu'ils sont lourds &#224; porter dans la rue les dangers, le handicap, la solitude, m&#234;me si on a parfois le sentiment qu'une habitude se prend peu &#224; peu. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'auteur va en (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L100xH150/arton2337-34e8b.jpg?1693678583' width='100' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir travaill&#233; comme animatrice, Liliane Gabel d&#233;cide de solliciter un emploi au Samu Social de Paris. Elle ne sera pas affect&#233;e dans une &#233;quipe mobile qui assure quotidiennement la maraude, mais dans un centre d'h&#233;bergement. Son t&#233;moignage nous fait vivre de fa&#231;on particuli&#232;rement impressionniste le quotidien de l'accueil des SDF. Qu'ils sont lourds &#224; porter dans la rue les dangers, le handicap, la solitude, m&#234;me si on a parfois le sentiment qu'une habitude se prend peu &#224; peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur va en voir des larmes dans les yeux et sur les joues de ces hommes que l'on pense blind&#233;s par leurs gal&#232;res. Elle d&#233;couvrira la marginalit&#233;, le d&#233;sespoir, la d&#233;tresse de ceux qui ne demandent plus rien, mais aussi les odeurs d'alcool, de crasse, de plaies mal soign&#233;es. Quand on est depuis plus d'un certain temps dans la rue, on n'a plus conscience de son corps, par refus de se consid&#233;rer, par n&#233;gation de soi. Mais elle sera aussi t&#233;moin de la violence : les gal&#232;res de la rue n'aff&#251;tant pas le discernement, des probl&#232;mes banals &#224; nos yeux, repr&#233;sentent parfois une montagne de difficult&#233;s aux yeux de ceux qui sont h&#233;berg&#233;s. Il sera n&#233;cessaire &#224; plusieurs reprises de faire appel aux services de police ou d'exclure du b&#233;n&#233;fice de l'h&#233;bergement des SDF pour insultes ou pire agression physique contre d'autres h&#233;berg&#233;s ou des membres du personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand d&#233;nuement cr&#233;e chez ceux qui en sont victimes des strat&#233;gies de survie, explique-t-elle. La rue forge des filous qui savent toucher l&#224; o&#249; &#231;a blesse. Ainsi, le centre re&#231;oit-il son comptant de pr&#233;dateurs qui se pr&#233;sentent dans le seul but de d&#233;pouiller leurs cong&#233;n&#232;res. &#171; Ceci dit, rien n'att&#233;nuera jamais la tendresse que j'ai pour eux &#187;, confie-t-elle (p.12). Face &#224; tant de demandes et de besoins, &#171; j'aurais souvent l'impression de ne pas &#234;tre &#224; la hauteur &#187; (p.14). Et c'est vrai qu'il est dur de porter tant de souffrance et effrayant de ne rien pouvoir faire pour y rem&#233;dier. Si dans la rue, les SDF ont leur code, ne s'appelant le plus souvent que par leur surnom, au Samu, la consigne est bien de leur redonner dignit&#233; et identit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc pas d'accolade, mais une poign&#233;e de main, pas de tutoiement mais le vouvoiement, pas d'utilisation du pr&#233;nom mais le nom de famille. La familiarit&#233; abolit la distance. Il s'agit de cr&#233;er du lien et non des liens. Et puis, l'auteur conna&#238;tra les dysfonctionnements internes : des gu&#233;guerres entre centres, entre diff&#233;rents services et entre coll&#232;gues, des enjeux de pouvoir qui se vivent m&#234;me au plus bas de l'&#233;chelle. Les arr&#234;ts maladie et les d&#233;missions s'accumulent r&#233;sultat d'une d&#233;mobilisation li&#233;e &#224; la fatigue et au sentiment d'absence de reconnaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trop rebelle, elle-m&#234;me finira par &#234;tre remerci&#233;e. Elle rejoindra Les Enfants de Don Quichotte, pour continuer son combat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Les Points sur les i, 2007 (254 p. ; 17,90 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Logement et coh&#233;sion sociale</title>
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		<dc:date>2008-03-20T17:25:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Logement</dc:subject>
		<dc:subject>877</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; fran&#231;aise est malade du logement. Ce n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne temporaire, mais une pathologie chronique. De plus en plus de probl&#232;mes sociaux trouvent leur origine ou leur aggravation dans les mauvaises conditions d'h&#233;bergement. Les auteurs dressent un diagnostic particuli&#232;rement clair et pr&#233;cis de cette r&#233;alit&#233;. L'&#233;tat des lieux est limpide. A un bout de la probl&#233;matique, 100 000 personnes ont recours &#224; l'h&#233;bergement d'urgence auxquelles se rajoutent pr&#232;s de 975 000 autres qui sont h&#233;berg&#233;es chez (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L98xH150/arton2338-272df.jpg?1693678583' width='98' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; fran&#231;aise est malade du logement. Ce n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne temporaire, mais une pathologie chronique. De plus en plus de probl&#232;mes sociaux trouvent leur origine ou leur aggravation dans les mauvaises conditions d'h&#233;bergement. Les auteurs dressent un diagnostic particuli&#232;rement clair et pr&#233;cis de cette r&#233;alit&#233;. L'&#233;tat des lieux est limpide. A un bout de la probl&#233;matique, 100 000 personnes ont recours &#224; l'h&#233;bergement d'urgence auxquelles se rajoutent pr&#232;s de 975 000 autres qui sont h&#233;berg&#233;es chez des tiers ou logent dans des locaux d&#233;tourn&#233;s de leur usage initial (cave, garage, grenier, escaliers de secours, caravanes, cabanes, v&#233;hicules divers&#8230;), sans oublier les clients d'h&#244;tels ou de meubl&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'autre bout, plus de trois millions de personnes qui b&#233;n&#233;ficient de conditions de logement ne satisfaisant pas aux conditions d'habitabilit&#233; minimale ou qui p&#226;tissent d'un environnement d&#233;grad&#233;. Si donc plus de 3,2 millions de personnes souffrent du mal logement, six millions d'autres sont en grande pr&#233;carit&#233; (impay&#233;s de loyer, proc&#233;dures d'expulsion, surpeuplement&#8230;). Cette situation fortement d&#233;grad&#233;e est directement &#224; relier &#224; un d&#233;ficit r&#233;current de 800 000 logements. Des programmes de construction ont bien &#233;t&#233; lanc&#233;s. Non seulement ils ne r&#233;pondent pas &#224; la demande (au rythme du nombre d'unit&#233;s sorties annuellement, il faudrait vingt ans pour combler l'insuffisance constat&#233;e), mais le co&#251;t des offres propos&#233;es par le march&#233; de l'immobilier est pour l'essentiel inaccessible &#224; la majorit&#233; des demandeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se trouve donc face &#224; un mouvement de ciseau qui s'av&#232;re fatal : les capacit&#233;s budg&#233;taires des m&#233;nages plombent vers le bas, quand les exigences financi&#232;res pour se loger aspirent vers le haut. L'aggravation des conditions d'acc&#232;s aux APL n'a fait qu'alourdir encore les possibilit&#233;s de logement : en 1977, un m&#233;nage de deux personnes pouvait b&#233;n&#233;ficier de ces aides avec des revenus allant jusqu'&#224; 2,4 fois le SMIC. Le plafond n'est plus aujourd'hui que d'1,1 SMIC. De r&#233;centes mesures d'&#233;conomies viennent encore d'exclure 200 000 m&#233;nages. La cha&#238;ne du logement se trouve totalement engorg&#233;e. L'acc&#232;s &#224; un logement neuf ou ancien est tellement on&#233;reux que les familles ne peuvent sortir du secteur de l'h&#233;bergement social. Cette absence de rotation bloque toute possibilit&#233; pour les personnes issues des CHRS qui, &#224; leur tour, ne peuvent plus accueillir les personnes prises en charge dans les foyers d'urgence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les auteurs ne se contentent pas de constats terribles et pessimistes. Ils proposent des solutions. Ils en appellent &#224; la r&#233;gulation de la sph&#232;re publique, et ce, dans deux directions. D'abord la construction massive de logements accessibles &#224; la plupart des m&#233;nages. Ensuite, leur meilleure r&#233;partition g&#233;ographique entre les communes, afin d'&#233;viter les effets de ghetto.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. La D&#233;couverte, 2007 (235 p. ; 25 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>T&#233;moignages de professionnels sur la supervision</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Temoignages-de-professionnels-sur-la-supervision</link>
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		<dc:date>2008-03-20T17:21:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>877</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quatre assistants sociaux du service des adoptions du conseil g&#233;n&#233;ral de l'Is&#232;re r&#233;alisent des enqu&#234;tes aupr&#232;s de candidats &#224; l'adoption et r&#233;digent un rapport destin&#233; &#224; la commission consultative d'agr&#233;ment. Ils participent &#224; 1h 30 de supervision tous les quinze jours &#171; Notre mission est de s'assurer que l'enfant ne court aucun risque et qu'il pourra trouver sa place dans la famille qui veut l'adopter. Parfois on est s&#251;r de nous, mais d'autres fois on doute, on per&#231;oit &#224; la fois des facteurs de risques et (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quatre assistants sociaux du service des adoptions du conseil g&#233;n&#233;ral de l'Is&#232;re r&#233;alisent des enqu&#234;tes aupr&#232;s de candidats &#224; l'adoption et r&#233;digent un rapport destin&#233; &#224; la commission consultative d'agr&#233;ment. Ils participent &#224; 1h 30 de supervision tous les quinze jours&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &#171; Notre mission est de s'assurer que l'enfant ne court aucun risque et qu'il pourra trouver sa place dans la famille qui veut l'adopter. Parfois on est s&#251;r de nous, mais d'autres fois on doute, on per&#231;oit &#224; la fois des facteurs de risques et des &#233;l&#233;ments positifs, on ne comprend pas toujours ce qui peut se jouer autour de cet enfant. C'est ce genre de doutes, de situation d&#233;licate qu'on am&#232;ne en supervision, pour avoir un &#233;clairage psychanalytique, des &#233;l&#233;ments d'analyse suppl&#233;mentaires qui vont nous aider &#224; nous positionner dans un sens favorable ou d&#233;favorable. La supervision est devenu un besoin pour le service, pour prendre du recul par rapport &#224; des situations charg&#233;es de beaucoup de souffrance. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &#171; Je me souviens d'un couple qui avait d&#233;j&#224; un enfant biologique souffrant d'une maladie g&#233;n&#233;tique et souhaitait adopter. La m&#232;re avait &#233;t&#233; abandonn&#233;e et &#233;lev&#233;e par sa grand-m&#232;re, elle en avait beaucoup souffert mais avait pu se reconstruire. Or il me semblait que la m&#232;re avait peu de souvenirs de son enfance et s'interrogeait peu sur son histoire. Cette &lt;br class='autobr' /&gt;
situation posait plusieurs questions auxquelles on a tent&#233; de r&#233;pondre en supervision : comment cette femme va-t-elle pouvoir accueillir cet enfant abandonn&#233; ? A-t-elle pris suffisamment de distance avec sa propre histoire ? Comment l'enfant va-t-il trouver sa place dans cette famille avec un grand fr&#232;re handicap&#233; ? Apr&#232;s r&#233;flexion, travail en commun et formulation d'hypoth&#232;ses, nous avons estim&#233; que la m&#232;re avait d&#233;pass&#233; le traumatisme de l'abandon, que le couple avait &#233;t&#233; capable d'accepter un enfant handicap&#233; et serait sans doute assez solide et souple pour accueillir cet enfant abandonn&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &#171; Dans notre m&#233;tier on a tendance &#224; focaliser beaucoup sur les risques. On a une culture de la prudence, de la protection de l'enfance et on sait qu'il y a beaucoup de demandes pour peu d'enfants adoptables. Or le superviseur apporte un regard ext&#233;rieur et bienveillant, &lt;br class='autobr' /&gt;
il nous montre des aspects plus positifs et fait tomber certaines peurs personnelles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &#171; Une fois je m'interrogeais sur un couple qui souhaitait adopter alors qu'il avait d&#233;j&#224; deux enfants biologiques et que la m&#232;re &#233;tait enceinte d'un troisi&#232;me. Je ne comprenais pas trop leur d&#233;marche et j'ai d'abord essay&#233; de les dissuader. Apr&#232;s avoir abord&#233; le probl&#232;me en supervision, leur motivation de vouloir un enfant adopt&#233; en plus de leurs enfants biologiques m'a paru moins suspecte. Parfois on un a priori tr&#232;s n&#233;gatif &#8211; face &#224; un couple qui revendique un &#171; droit &#224; l'enfant &#187; par exemple &#8211; ou, &#224; l'inverse, on est tr&#232;s en empathie avec une familledont l'histoire nous touche, et on perd notre vigilance. Dans les deux cas le superviseur nous aide &#224; prendre du recul par rapport &#224; ces &#233;motions, &#224; nos repr&#233;sentations conscientes ou inconscientes, et nous &#233;vite de tomber dans la subjectivit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &#171; Les demandes de c&#233;libataires ou de couples homosexuels interrogent toujours et sont souvent discut&#233;es en supervision : quelle est leur motivation ? Quelle place l'enfant va-t-il prendre aupr&#232;s de son seul parent ? Comment le couple assume-t-il son homosexualit&#233; ? Comment un enfant peut-il construire son identit&#233; aupr&#232;s de deux parents du m&#234;me sexe ? Comment va-t-il g&#233;rer cette &#171; marginalit&#233; &#187; de ses parents apr&#232;s avoir d&#233;j&#224; subi le traumatisme de l'abandon ? Le travail r&#233;alis&#233; en supervision impr&#232;gne notre mani&#232;re de conduire les entretiens, d'&#233;couter les gens, am&#232;ne des questionnements nouveaux, un r&#233;flexe de poser certaines questions sur des points pr&#233;cis de l'histoire des gens : leur sexualit&#233;, leur adolescence, etc. Du coup, on recueille des informations importantes mais on n'a pas toujours les outils th&#233;oriques pour les interpr&#233;ter. Donc on les ram&#232;ne en supervision. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Marie-Claude Guyomarc'h, directrice en MECS&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &#171; J'ai souhait&#233; instaurer une supervision d'&#233;quipes car j'en ai b&#233;n&#233;fici&#233; quand j'&#233;tais &#233;ducatrice et je sais combien c'est important. J'aimerais que les chefs de service participent aux s&#233;ances avec les &#233;ducateurs mais tout le monde y est pour l'instant r&#233;ticent. La supervision est un lieu d'&#233;laboration o&#249; le professionnel engage un regard sur son travail et construit le travail d'&#233;quipe en dehors de sa hi&#233;rarchie. C'est un espace de libre parole qui permet de se d&#233;coller de la vie quotidienne. Ce n'est pas une instance de d&#233;cision, mais &#231;a peut &#234;tre une aide &#224; la d&#233;cision. L'analyse de la pratique constitue &#224; la fois une analyse personnelle et une formation. Les &#233;l&#233;ments th&#233;oriques et le r&#233;f&#233;rentiel psychanalytique apport&#233;s par le superviseur permettent &#224; l'&#233;ducateur de conceptualiser sa pratique et de travailler autrement. Je fais intervenir plusieurs superviseurs que je choisis en fonction de leurs r&#233;f&#233;rences th&#233;oriques et de leur exp&#233;rience. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Nell Van Es Beeck, &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e en MECS&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &#171; En d&#233;but de s&#233;ance, l'un de nous expose une situation qui lui p&#232;se, par exemple une relation difficile avec un enfant, &#224; laquelle il ne trouve pas de r&#233;ponse. Il exprime ce qu'il ressent &#8211; col&#232;re, d&#233;tresse &#8211; et peut ainsi d&#233;poser les &#233;motions qui parasitent son travail et prendre de la distance. Ensuite chacun de nous essaye de d&#233;crypter la situation : quelle relation l'enfant essaie d'installer avec cet &#233;ducateur, &#224; quelle place il met l'&#233;ducateur, ce que l'&#233;ducateur repr&#233;sente pour lui. Puis on cherche ce qui, dans l'histoire de l'enfant, pourrait se r&#233;p&#233;ter dans cette relation avec l'&#233;ducateur, comment il recr&#233;e ce qu'il a d&#233;j&#224; v&#233;cu avec un autre adulte. Le superviseur donne des pistes d'interpr&#233;tation, donne une lecture &#171; psy &#187; du comportement de l'enfant &#224; la lumi&#232;re de son histoire personnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de s&#233;ance on propose des solutions pour agir sur ce trouble. Par exemple on a parl&#233; d'un enfant qui est dur avec les &#233;ducatrices, les insulte, les traite de tous les noms. Il a visiblement un probl&#232;me avec les femmes, or le fait d'&#234;tre entour&#233; par autant de femmes peut r&#233;veiller ses angoisses de castration. Le superviseur nous a conseill&#233; de faire de l'humour avec lui du type : &#171; Les vieilles sorci&#232;res vont s'occuper de toi ce soir &#187;, et le fait de verbaliser les angoisses de l'enfant avec humour permet de d&#233;dramatiser et d'apaser. La supervision nous a souvent permis d'ajuster nos pratiques quand on &#233;tait dans l'impasse, d'essayer de nouvelles choses. On se sent &#233;paul&#233;, &#231;a nous redonne de l'&#233;nergie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Fr&#233;d&#233;ric Duhem, moniteur &#233;ducateur en MECS&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &#171; Il n'y a pas de solution miracle, on n'a pas toujours les r&#233;ponses, mais au moins on comprend pourquoi un enfant ou une famille dysfonctionne. Par exemple, quand on apprend qu'une m&#232;re maltraitante a &#233;t&#233; aussi maltrait&#233;e, que c'est une personne malade, en souffrance, on change notre regard sur elle, notre fa&#231;on de travailler, et le comportement du gamin s'am&#233;liore. L'int&#233;r&#234;t de la supervision d&#233;pend aussi beaucoup de la maturit&#233; de l'&#233;quipe et de la personnalit&#233; du superviseur. Ce qui m'int&#233;resse le plus, c'est surtout le travail d'introspection de l'&#233;quipe : comment aborder une situation en tant qu'&#233;quipe. C'est un travail diff&#233;rent de celui qu'on fait dans l'institution car la supervision est un espace confidentiel, o&#249; l'on se sent assez en s&#233;curit&#233; et en confiance pour dire certaines choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, que la pratique d'un coll&#232;gue me d&#233;range. R&#233;cemment, une jeune fille a fait une crise d'angoisse, deux &#233;ducatrices se sont occup&#233; d'elle pendant que la troisi&#232;me se retrouvait seule avec dix enfants. Cette derni&#232;re a tr&#232;s mal pris la chose, persuad&#233;e que la gamine jouait la com&#233;die pour monopoliser l'attention. Si on ne discute pas du probl&#232;me, le ressentiment s'accumule et &#231;a peut vite tourner au conflit d'&#233;quipe. En supervision on analyse ce qui s'est pass&#233; pour &#233;viter que &#231;a se reproduise. Cela permet d'avoir un regard ext&#233;rieur, d'une personne neutre, hors hi&#233;rarchie. Ces s&#233;ances nous permettent d'&#233;valuer et d'am&#233;liorer notre travail d'&#233;quipe, on en sort enrichis et plus performants. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#202;tre femme et rom en France en 2008</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Difficult&#233;s d'acc&#232;s aux soins, discriminations, expulsions et pr&#233;carit&#233; forment le quotidien de la plupart des femmes roms. Nombre de pr&#233;jug&#233;s institutionnels persistent&#8230; L'association M&#233;decins du monde a fait le bilan de son intervention aupr&#232;s d'elles en 2007. &#201;difiant ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Inqui&#233;tant bilan : seule une grossesse sur deux des femmes roms prises en charge aboutit &#224; une naissance. Or, celles-ci consultent de plus en plus souvent pour des questions gyn&#233;cologiques, fr&#233;quemment dans les centres d'accueil, de (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Difficult&#233;s d'acc&#232;s aux soins, discriminations, expulsions et pr&#233;carit&#233; forment le quotidien de la plupart des femmes roms. Nombre de pr&#233;jug&#233;s institutionnels persistent&#8230; L'association M&#233;decins du monde a fait le bilan de son intervention aupr&#232;s d'elles en 2007. &#201;difiant !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Inqui&#233;tant bilan : seule une grossesse sur deux des femmes roms prises en charge aboutit &#224; une naissance. Or, celles-ci consultent de plus en plus souvent pour des questions gyn&#233;cologiques, fr&#233;quemment dans les centres d'accueil, de soins et d'orientation (CASO) de M&#233;decins du Monde (MdM). &#192; l'occasion de la derni&#232;re journ&#233;e de la femme, l'association alertait sur l'incapacit&#233; flagrante des structures de soin en France &#224; accueillir les femmes de cette communaut&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='La mission &#171; p&#233;rinatalit&#233; &#187; de MdM M&#233;decins du Monde intervient depuis 1992 (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le constat pour l'ann&#233;e 2007 est spectaculaire : 17 ans pour l'&#226;ge moyen de la premi&#232;re grossesse, pr&#232;s d'une femme sur deux (43 %) ayant d&#233;j&#224; connu une interruption de grossesse &#224; 22 ans. Le manque de suivi de soins post-IVG a de graves cons&#233;quences sur la sant&#233; des femmes : h&#233;morragies, infections, voire st&#233;rilit&#233; et fausses couches &#224; r&#233;p&#233;tition. Elles ne sont que 10 % &#224; recourir &#224; la contraception&#8230; Seules 8,3 % des femmes enceintes &#233;taient suivies pendant leur grossesse : les difficult&#233;s d'acc&#232;s aux soins, les complexit&#233;s administratives, les expulsions &#224; r&#233;p&#233;tition et le manque d'informations adapt&#233;es les en emp&#234;chent. Il faut ajouter &#224; cela un grand d&#233;nuement &#233;conomique et socio-&#233;ducatif et un certain nombre de discriminations, par exemple celles de structures de sant&#233; non adapt&#233;es aux populations pr&#233;caires (protocoles rigides, absence d'interpr&#232;tes&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, l'ouverture aux droits &#224; une couverture maladie est difficile, en particulier en l'absence d'un domicile&#8230; Les centres de protection maternelle et infantile (PMI) &#233;tant sectoris&#233;s, le maintien du lien apr&#232;s une expulsion devient complexe. Les centres communaux d'action sociale (CCAS) assurent en principe les domiciliations administratives (indispensables pour l'ouverture des droits &#224; la couverture maladie universelle ou &#224; l'aide m&#233;dicale d'&#201;tat &#8211; CMU ou AME) pour les personnes ne pouvant pas apporter de justificatif de domicile mais, selon l'association, tous ne le font pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MdM d&#233;nonce de graves pr&#233;jug&#233;s institutionnels &#8211; certaines structures ont visiblement du mal &#224; am&#233;liorer leur communication avec les femmes roms, qui &#171; ne seraient finalement pas si r&#233;tives &#224; un suivi m&#233;dical &#187; &#8211;, et d&#233;plore m&#234;me des placements d'enfants abusifs. Pour lutter contre la discrimination et les st&#233;r&#233;otypes, l'association d&#233;veloppe des rencontres avec les acteurs sanitaires et sociaux pour les sensibiliser &#224; ces probl&#233;matiques sp&#233;cifiques. Organis&#233;es sur les lieux de vie m&#234;me des Roms, ces formations de terrain d&#233;veloppent une meilleure prise de conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;decins du monde liste quelques revendications : d&#233;velopper une communication sp&#233;cifique en tenant compte de la langue, adapter le fonctionnement des structures de soins (par exemple syst&#233;matiser la mise en place de plages horaires sans rendez-vous, ou assurer des suivis &#224; domicile), permettre le maintien sur un m&#234;me lieu de vie&#8230; Mais &#224; la veille du premier tour des &#233;lections municipales, alors que la loi Besson oblige depuis 2000 les communes &#224; r&#233;aliser des aires de stationnement, une enqu&#234;te de la Ligue des droits de l'homme r&#233;v&#233;lait que 59 % des maires sortants se d&#233;claraient d&#233;favorables &#224; l'accueil des gens du voyage chez eux. En huit ans, un quart des places d'accueil pr&#233;vues ont &#233;t&#233; ouvertes, contraignant les voyageurs &#224; des stationnements irr&#233;guliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'accueil doit, d'urgence, &#234;tre am&#233;lior&#233; dans les services publics, les d&#233;placements des personnes facilit&#233;s, et l'acc&#232;s aux droits pr&#233;serv&#233;. Une aide sociale sp&#233;cifique aux jeunes m&#232;res en situation de grande pr&#233;carit&#233; pourrait, selon MdM, &#234;tre fournie, en donnant acc&#232;s &#224; des couches et du lait pour b&#233;b&#233;, gratuitement ou &#224; tr&#232;s bas co&#251;t, et en ne criminalisant pas la mendicit&#233; avec b&#233;b&#233; des m&#232;res allaitantes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;strong&gt;La mission &#171; p&#233;rinatalit&#233; &#187; de MdM&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;M&#233;decins du Monde intervient depuis 1992 aupr&#232;s des populations roms &#224; Lyon, Marseille, Nantes, Strasbourg et en r&#233;gion parisienne. Devant l'ampleur des besoins rencontr&#233;s, l'association a d&#233;velopp&#233; des activit&#233;s p&#233;rinatales ciblant les plus vuln&#233;rables : enfants et femmes enceintes. Les &#233;quipes p&#233;rinatalit&#233; se concentrent sur l'acc&#232;s &#224; la contraception, le suivi de grossesse et la prise en charge m&#233;dicale des b&#233;b&#233;s et des enfants en bas &#226;ge. L'objectif de cette mission n'est pas de cr&#233;er un syst&#232;me de prise en charge parall&#232;le, mais d'informer les femmes enceintes et de les accompagner vers les structures de soins. Cr&#233;ant un climat de confiance au moyen d'une relation r&#233;guli&#232;re, les &#233;quipes parviennent &#224; aborder &#171; les questions de sant&#233; sexuelle et reproductive &#187;. Mais, d&#233;plore MdM, le nombre croissant d'expulsions rend de plus en plus difficile le suivi r&#233;gulier de ces femmes et de ces enfants. En Seine-Saint-Denis, par exemple, les &#233;quipes ont effectu&#233; l'an dernier soixante sorties obst&#233;triques et quarante sorties p&#233;diatriques aupr&#232;s de 115 enfants ; 36 entretiens aupr&#232;s de femmes ont &#233;t&#233; suivis d'une orientation pour une contraception, 30 entretiens avec des femmes enceintes ont &#233;t&#233; suivis d'une orientation vers un service de PMI ou un service de maternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Ethnopsychanalyse : diff&#233;rences culturelles, approches compl&#233;mentaires</title>
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		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>
		<dc:subject>877</dc:subject>

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&lt;p&gt;Entretien avec Patrick Fermi, psychologue clinicien, dipl&#244;m&#233; en ethnologie &lt;br class='autobr' /&gt;
La psychanalyse semble &#234;tre depuis longtemps la r&#233;f&#233;rence des contenus de supervisions pour les &#233;quipes de travailleurs sociaux&#8230; Pourtant, les usagers des travailleurs sociaux sont souvent issus d'origines culturelles et cultuelles tr&#232;s vari&#233;es&#8230; Comment expliquez-vous ce paradoxe ? Cette question est tr&#232;s importante et m&#233;rite un d&#233;veloppement. Sur le plan historique, plan qui se prolonge dans les orientations politiques (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien avec Patrick Fermi, psychologue clinicien, dipl&#244;m&#233; en ethnologie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La psychanalyse semble &#234;tre depuis longtemps la r&#233;f&#233;rence des contenus de supervisions pour les &#233;quipes de travailleurs sociaux&#8230; Pourtant, les usagers des travailleurs sociaux sont souvent issus d'origines culturelles et cultuelles tr&#232;s vari&#233;es&#8230; Comment expliquez-vous ce paradoxe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question est tr&#232;s importante et m&#233;rite un d&#233;veloppement. Sur le plan historique, plan qui se prolonge dans les orientations politiques actuelles, la France est fondamentalement assimilatrice. Ce n'est qu'une image, mais les processus qui r&#233;gissent l'int&#233;gration sont centrip&#232;tes. Au centre, une force d'attraction repr&#233;sent&#233;e par un homme universel, en partie dessin&#233; par le si&#232;cle des Lumi&#232;res. Cette pens&#233;e universaliste poss&#232;de la vertu de reconna&#238;tre l'humain jusqu'au bout du monde et des classes sociales, mais souffre du d&#233;faut de consid&#233;rer comme v&#233;rit&#233; ses conceptions du moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette contradiction et cette ambivalence expliquent que les id&#233;es de libert&#233; et d'&#233;galit&#233; ont simultan&#233;ment cohabit&#233;es avec l'esclavage, les colonisations, les zoos humains et autres barbaries. Une formule pourrait r&#233;sumer cela : je me reconnais dans n'importe quel autre mais &#224; la condition qu'il me ressemble, parle ma langue, croit &#224; mon dieu, etc. Du point de vue psychanalytique, un contre-investissement est n&#233;cessaire pour masquer cette ambivalence, aussi je conc&#232;de &#224; l'autre quelques qualit&#233;s et singularit&#233;s folkloriques ou exotiques. Sur un plan id&#233;ologique, la pens&#233;e fran&#231;aise est travers&#233;e par l'&#233;volutionnisme social : il existe une seule humanit&#233; mais sur l'&#233;chelle du progr&#232;s, nous n'en serions pas tous au m&#234;me stade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette id&#233;ologie &#233;volutionniste est au mus&#233;e des th&#233;ories ethnologiques mais elle reste bien pr&#233;sente dans les repr&#233;sentations sociales communes. La formule qui la r&#233;sume pourrait &#234;tre celle-ci : &#171; ils &#187; sont comme nous &#233;tions autrefois. Cette id&#233;ologie est pernicieuse. Elle autorise la g&#233;n&#233;rosit&#233; en m&#234;me temps que l'arrogance, le respect en m&#234;me temps que l'ing&#233;rence. Ce point de vue ne se situe pas seulement au niveau collectif, il s'insinue aussi dans la psychologie de tout un chacun. La majorit&#233; des professionnels du social, de la sant&#233;, de l'&#233;ducation (et de la politique) adh&#232;re globalement &#224; cette interpr&#233;tation des diff&#233;rences culturelles. Si l'on change encore de point de vue et que l'on regarde du cot&#233; de l'enseignement, l'&#233;tude de la diversit&#233; culturelle et des ph&#233;nom&#232;nes interculturels est tr&#232;s r&#233;cente. Elle constitue encore une part n&#233;gligeable des programmes de formation des acteurs sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a pourtant une demande manifeste de ces derniers, demande qui se concr&#233;tise dans leur participation &#224; des formations continues, &#224; des dipl&#244;mes d'universit&#233;, &#224; des interventions ponctuelles dans diverses institutions, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi l'ethnopsychanalyse pourrait-elle apporter un compl&#233;ment d'outils aux travailleurs sociaux, par rapport &#224; la psychanalyse, en mati&#232;re de supervision ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques remarques pr&#233;alables sont n&#233;cessaires. D'abord, il faut noter que dans le cas le plus habituel, le psychanalyste et l'analysant partagent les m&#234;mes dimensions culturelles. De ce fait, celles-ci sont implicitement prises en compte dans leurs relations et d'une certaine mani&#232;re, un grand nombre de ces dimensions n'ont pas express&#233;ment besoin d'&#234;tre analys&#233;es. Cette remarque ne se limite pas &#224; la seule relation psychanalytique, elle vaut pour toutes les relations. Ensuite, il faut remarquer que les diff&#233;rences culturelles ne doivent pas faire oublier les diff&#233;rences socioculturelles &#224; l'int&#233;rieur d'une m&#234;me culture. Ce dernier aspect est familier aux travailleurs sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leurs exp&#233;riences professionnelles ne peut que les y sensibiliser. Certains en restent l&#224;, consid&#233;rant qu'il s'agit d&#233;j&#224; de diff&#233;rences culturelles. Je comprends leur point de vue mais il s'agit d'une mauvaise mani&#232;re de consid&#233;rer la question culturelle. Bien s&#251;r, les diff&#233;rences socioculturelles sont importantes mais elles s'expriment dans un ensemble culturel relativement homog&#232;ne. Par contre, les diff&#233;rences culturelles concernent des dimensions plus sp&#233;cifiques : la langue, le syst&#232;me de parent&#233;, la question des genres, celle de l'&#233;ducation, les repr&#233;sentations du monde, les conceptions du malheur et de la maladie, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, ce sont g&#233;n&#233;ralement ces dimensions qui sont n&#233;glig&#233;es. Comment peut-on intervenir dans les cadres de la famille, de l'&#233;ducation, de la question des genres, de la maladie, etc. sans tenir compte de repr&#233;sentations culturelles aussi particuli&#232;res que la pi&#233;t&#233; filiale, le culte des anc&#234;tres, l'influence des invisibles ou de la sorcellerie, des repr&#233;sentations de la famille, des mani&#232;res de se nommer, des effets secondaires de la colonisation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait croire que cette n&#233;gligence provient d'une m&#233;connaissance mais je crois plut&#244;t qu'il s'agit d'un &#233;cran d&#233;fensif form&#233; par les projections de nos propres valeurs et repr&#233;sentations. Une preuve indirecte en est donn&#233;e par les effets des formations interculturelles ; par exemple, lorsque l'on pr&#233;sente la diversit&#233; des syst&#232;mes de parent&#233;, des modes de maternage, des conceptions du malheur etc., les personnes en formation ne font pas qu'appr&#233;hender des connaissances nouvelles, elles remettent spontan&#233;ment en cause leurs propres fa&#231;ons de penser, de croire, de percevoir le monde et surtout, leurs propres rapports aux &#171; pr&#234;ts-&#224;-penser &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais citer ici une citation de Freud qui est au c&#339;ur de mon propos : &#171; J'estime donc qu'une vision du monde est une construction intellectuelle qui r&#233;sout de fa&#231;on unitaire tous les probl&#232;mes de notre existence &#224; partir d'une hypoth&#232;se subsumante [&#8230;] en croyant en elle, on peut se sentir en s&#233;curit&#233; dans la vie, savoir ce &#224; quoi on doit aspirer, comment on peut, de la mani&#232;re la plus appropri&#233;e, assigner une place &#224; ses affects et &#224; ses int&#233;r&#234;ts. &#187; L'&#233;tranger, en nous confrontant &#224; d'autres visions du monde, remet en cause les certitudes et la s&#233;curit&#233; dont nous parle Freud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; cet endroit que &lt;a href=&#034;http://www.ethnopsychanalyse.org&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;l'ethnopsychanalyse&lt;/a&gt; pourrait apporter un compl&#233;ment, non seulement dans la connaissance de ces diff&#233;rences mais aussi et surtout, dans l'analyse des v&#233;cus relativement &#224; celles-ci. C'est la question du contre-transfert culturel, question qui n'est pas trait&#233;e dans un cadre psychanalytique classique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'orientation des &#233;quipes vers telle ou telle m&#233;thode de supervision (syst&#233;mique, psychanalytique, voire sociologique) semble de plus en plus li&#233;e aux prix en vigueur dans ce domaine. Cela peut-il selon vous conditionner les objectifs &#224; atteindre dans ces supervisions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tel est le cas, c'est un probl&#232;me grave. Si j'avais besoin de planter des clous, il serait absurde d'acheter un tournevis sous pr&#233;texte qu'il est moins cher qu'un marteau. Les m&#233;thodes que vous &#233;voquez ne sont pas des outils comparables. Elles n'ont pas les m&#234;mes pr&#233;suppos&#233;s th&#233;oriques ni les m&#234;mes objectifs. Choisir l'une ou l'autre sur la base de leurs co&#251;ts t&#233;moignerait d'une indigence id&#233;ologique et de l'absence d'une v&#233;ritable politique sociale. Il en est de m&#234;me de cette mode de l'&#233;valuation tous azimuts dont je suis persuad&#233; qu'elle co&#251;te plus cher en temps, en &#233;nergie humaine et en argent que ce qu'elle pr&#233;tend &#233;valuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour revenir au probl&#232;me de la supervision, il n'est m&#234;me pas discutable que le choix de la m&#233;thode conditionne les objectifs. Le d&#233;montrer est aussi inutile que de discuter s'il fait jour &#224; midi pour reprendre une image du c&#233;l&#232;bre aphorisme de Voltaire. Cela &#233;tant dit, je ne vois aucune raison objective justifiant des &#233;carts consid&#233;rables dans les co&#251;ts des m&#233;thodes que vous avez mentionn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nombreuses sont encore les institutions qui h&#233;sitent &#224; organiser ces supervisions. Est-ce selon vous par crainte de la prise de conscience des insuffisances institutionnelles, voire des retomb&#233;es en mati&#232;re de politiques plus g&#233;n&#233;rales ? (subventions publiques, &lt;br class='autobr' /&gt;
militance plus active des travailleurs sociaux en r&#233;action &#224; certaines lois ou politiques publiques.)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; peine exag&#233;r&#233; de noter qu'aujourd'hui se profile une all&#233;geance des responsables institutionnels &#224; leurs instances sup&#233;rieures. Il fut un temps o&#249; la direction des actions allait des besoins des usagers vers les d&#233;cideurs, les cadres relayaient alors la r&#233;alit&#233; du terrain et en &#233;taient en quelque sorte les avocats. Maintenant, ils tendent &#224; n'&#234;tre que les courroies de transmission d'une politique g&#233;n&#233;rale &#171; qui vient d'en haut &#187;. Dans un tel contexte, la question des supervisions peut devenir d&#233;rangeante car en favorisant la parole et l'expression des probl&#232;mes en provenance du terrain r&#233;el, elle va &#224; contre-courant du flux des directives. Les espaces du travail social, de la sant&#233; et de l'&#233;ducation ne devraient pas avoir &#224; s'adapter sans conditions aux pr&#233;tendues lois du march&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Supervision d'une &#233;quipe nomade et solitaire</title>
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		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Depuis six ans, Agn&#232;s Wilhelm, psychanalyste et analyste de groupe, supervise une &#233;quipe de soins &#224; domicile travaillant aupr&#232;s de patients parisiens &#226;g&#233;s &lt;br class='autobr' /&gt;
Vous qualifiez la pratique de l'&#233;quipe supervis&#233;e de nomade et solitaire. Pour quelles raisons ? Cette &#233;quipe, constitu&#233;e d'une trentaine d'infirmiers et d'aides-soignants, travaille aupr&#232;s d'une centaine de patients &#226;g&#233;s. Elle assure le nursing et les soins quotidiens permettant ainsi leur maintien &#224; domicile, parfois dans des conditions limites de (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis six ans, Agn&#232;s Wilhelm, psychanalyste et analyste de groupe, supervise une &#233;quipe de soins &#224; domicile travaillant aupr&#232;s de patients parisiens &#226;g&#233;s&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous qualifiez la pratique de l'&#233;quipe supervis&#233;e de nomade et solitaire. Pour quelles raisons ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;quipe, constitu&#233;e d'une trentaine d'infirmiers et d'aides-soignants, travaille aupr&#232;s d'une centaine de patients &#226;g&#233;s. Elle assure le nursing et les soins quotidiens permettant ainsi leur maintien &#224; domicile, parfois dans des conditions limites de solitude, de perte d'autonomie ou de pr&#233;carit&#233; sociale. Je qualifie ces professionnels de nomades car ils se d&#233;placent d'un patient &#224; l'autre, d'un domicile &#224; l'autre. Leur pratique est solitaire, car ils voient seuls entre six &#224; huit patients et leur famille lors de chaque tourn&#233;e, rencontrant parfois des situations difficiles : ils peuvent &#234;tre agress&#233;s ou, au contraire, valoris&#233;s &#224; outrance. Il faut donc maintenir une articulation permanente entre le travail en solitaire et le reste de l'&#233;quipe. Elle se r&#233;unit d'ailleurs chaque apr&#232;s-midi pour discuter des patients, souvent suivis par plusieurs soignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que peut provoquer l'exercice du soin &#224; domicile ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pratique peut avoir un effet &#171; d&#233;sidentifiant &#187; pour les soignants par rapport &#224; la pratique hospitali&#232;re habituelle. Elle peut modifier les rep&#232;res de l'identit&#233; professionnelle. En effet, les soignants sont form&#233;s pour travailler dans un h&#244;pital ou dans une institution. Or, les &#233;quipes de soins &#224; domicile se d&#233;placent chez le patient. Cette pratique leur donne une certaine libert&#233; mais elle peut aussi les amener &#224; vivre des exp&#233;riences &#233;prouvantes (patient agressif, refusant un soin&#8230;). Les soignants doivent composer avec un entourage familial parfois perturbant ou intrusif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, certaines personnes &#226;g&#233;es d&#233;pendantes vivent dans des conditions de grande pauvret&#233; et d'insalubrit&#233;. Les domiciles sont parfois malpropres, alors que le soignant est form&#233; au respect de r&#232;gles d'hygi&#232;ne rigoureuses. Il arrive que des personnes &#226;g&#233;es aient &#224; peine l'eau courante et peu de place pour les soins. Par ailleurs, le travail &#224; domicile implique l'entr&#233;e dans l'intimit&#233; de l'autre, ce qui constitue un privil&#232;ge ou&#8230; une lourde charge. L'&#233;tat d'un logement est la projection du monde interne du patient et de sa famille, le soignant ne peut pas le changer, le nettoyer ou l'am&#233;nager sans leur consentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que permet la supervision ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle aide le soignant &#224; se constituer un cadre interne, &#224; retrouver des rep&#232;res psychiques qui l'accompagnent dans les visites &#224; domicile. &#192; l'h&#244;pital, les murs, les coll&#232;gues, les r&#233;unions rappellent sans cesse le cadre, ce n'est pas le cas dans la pratique du soin &#224; domicile. Certains soignants subissent &#233;galement des situations qu'ils peuvent vivre comme humiliantes, telle cette aide-soignante accueillie chaque jour par un : &#171; Tiens voil&#224; la laveuse. &#187; La supervision la soutient dans son identit&#233; professionnelle, lui permet d'&#233;laborer son point de vue sur ce qui la blesse et la tirer vers le haut, lui rappelant que seule son intervention permet le maintien &#224; domicile du patient &#226;g&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la supervision accro&#238;t la stabilit&#233; professionnelle interne du soignant mais aussi sa capacit&#233; &#224; accueillir des situations impensables. Certains interviennent, par exemple, aupr&#232;s d'une femme de quatre-vingt-dix ans qui vit en couple avec un homme de vingt ans son cadet. Or, il s'av&#232;re que cet homme est son fils. La supervision aide alors &#224; analyser ce que cette situation impr&#233;vue peut avoir de choquant et de passer d'une position subjective de : &#171; Je ne veux pas de cette situation, je ferme la porte &#187; &#224; &#171; J'arrive &#224; transformer cet insupportable gr&#226;ce aux capacit&#233;s psychiques que j'ai d&#233;velopp&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit &#224; petit, avec la supervision, l'&#233;quipe acquiert davantage d'ouverture, mais devient aussi plus rigoureuse, refuse certaines situations et, si n&#233;cessaire, met fin &#224; la prise en charge. La fille d'une patiente assiste par exemple aux toilettes de sa m&#232;re, faisant un maximum de remarques d&#233;plaisantes sur le travail de l'aide-soignante. Celle-ci a le choix : lui demander de ne plus assister aux toilettes, ou accepter de composer avec son c&#244;t&#233; intrusif parce qu'elle a besoin d'aide pour la manutention de la vieille dame.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe apprend aussi &#224; se distancier de l'id&#233;e que ce m&#233;tier est un sacerdoce, notion longtemps v&#233;hicul&#233;e par les valeurs inconscientes fondatrices de l'association qui l'emploie, une ancienne institution religieuse. Elle doit aussi faire face &#224; des situations de maltraitance ou d'abus. La supervision permet alors d'en parler et de d&#233;cider de l'opportunit&#233; d'un signalement. Les soignants sont &#233;galement confront&#233;s &#224; des cas de conscience : peuvent-ils laisser &#224; son domicile une personne refusant de le quitter pour un placement en institution plus adapt&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombre de personnes &#226;g&#233;es souffrent de troubles d&#233;mentiels, deviennent agressives, vivent sur un mode de pers&#233;cution&#8230; La supervision soutient l'&#233;quipe. Savoir qu'elle pourra parler de ses difficult&#233;s la rassure. Plusieurs soignants interviennent par exemple aupr&#232;s d'une vieille dame tr&#232;s fatigu&#233;e qui souhaite mourir. Or, son fils tr&#232;s angoiss&#233; &#224; l'id&#233;e de perdre sa m&#232;re, lui donne moult vitamines et compl&#233;ments alimentaires afin qu'elle garde des forces. Il l'invective et accuse les soignants de la d&#233;gradation de son &#233;tat de sant&#233;. La supervision ne donne pas de solution mais aide le groupe &#224; parler de la situation pour trouver des voies de transformation et surtout pour continuer &#224; penser et &#224; &#233;laborer les exp&#233;riences &#233;prouvantes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La supervision, un d&#233;rangement salutaire</title>
		<link>https://www.lien-social.com/La-supervision-un-derangement-salutaire</link>
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		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Un mercredi par mois, Maryline Touz&#233;, psychiatre de formation analytique, supervise l'&#233;quipe du service d'accompagnement &#224; la vie sociale de l'Elan Retrouv&#233;, &#224; Paris &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le travail de supervision se d&#233;roule avec l'&#233;quipe au grand complet et se d&#233;coupe en trois temps. Tout d'abord nous &#233;voquons les situations travaill&#233;es lors de la derni&#232;re s&#233;ance et ce qui s'est pass&#233; dans l'apr&#232;s-coup. Ensuite, une ou plusieurs personnes de l'&#233;quipe exposent une situation difficile autour d'un usager ou d'un groupe. Enfin, nous (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un mercredi par mois, Maryline Touz&#233;, psychiatre de formation analytique, supervise l'&#233;quipe du service d'accompagnement &#224; la vie sociale de l'Elan Retrouv&#233;, &#224; Paris&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Le travail de supervision se d&#233;roule avec l'&#233;quipe au grand complet et se d&#233;coupe en trois temps. Tout d'abord nous &#233;voquons les situations travaill&#233;es lors de la derni&#232;re s&#233;ance et ce qui s'est pass&#233; dans l'apr&#232;s-coup. Ensuite, une ou plusieurs personnes de l'&#233;quipe exposent une situation difficile autour d'un usager ou d'un groupe. Enfin, nous discutons de la mise en place des nouvelles activit&#233;s propos&#233;es par cette &#233;quipe dynamique et curieuse. Nous &#233;voquons le plaisir &#224; faire et pas seulement les difficult&#233;s ou les souffrances rencontr&#233;es. La supervision a sa place m&#234;me dans les moments o&#249; il n'y a rien &#224; signaler ou, au contraire, dans les moments d'euphorie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, dans ces moments l&#224;, il existe un risque de confusion et de d&#233;bordement chez les professionnels comme chez les usagers. Ainsi, en octobre dernier, l'&#233;quipe a d&#251; faire face au d&#233;part de Lo&#239;c, un usager, suite &#224; un clash qui n'a pas su &#234;tre &#233;vit&#233;. Lo&#239;c &#233;tait tr&#232;s engag&#233; dans une expo-vente, organis&#233;e au service d'accompagnement &#224; la vie sociale (SAVS)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Le SAVS de l'Elan retrouv&#233; (voir Lien Social n&#176; 808) propose un accompagnement (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et ouverte sur l'ext&#233;rieur. Il devait vendre ses cr&#233;ations et donc &#171; s'exposer &#187;. L'enjeu &#233;motionnel, &#233;norme pour lui, l'a d&#233;stabilis&#233;. Ses exigences sont devenues d&#233;mesur&#233;es, il a mis l'&#233;quipe et le groupe sous pression et exerc&#233; une certaine forme de chantage. Ses d&#233;bordements ont fini par gagner l'&#233;quipe. Apr&#232;s un clash qui a suivi un rappel du cadre, Lo&#239;c a brutalement quitt&#233; la structure. En supervision, chacun a racont&#233; l'&#233;v&#233;nement et parl&#233; de son ressenti. Certains avaient vu venir le probl&#232;me, d'autres pas. Les r&#233;actions avaient &#233;t&#233; multiples, allant de l'agacement, &#224; l'attitude hyper protectrice&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, lorsque tout va &#171; trop bien &#187;, les circonstances peuvent &#234;tre r&#233;unies pour qu'un usager fragile d&#233;compense. L'&#233;quipe aurait peut-&#234;tre pu trouver un compromis, poser des rep&#232;res et une limite plus t&#244;t, en les rendant supportables sans que Lo&#239;c se sente rejet&#233;. Il s'agit &#224; la fois de prot&#233;ger l'usager mais aussi le groupe. La supervision a permis, &#224; partir du r&#233;cit de chacun et de son ressenti, d'analyser la situation, de la repenser pour que chacun r&#233;fl&#233;chisse : &#171; Comment aurions nous pu faire autrement ? &#187;, &#171; Comment allons-nous g&#233;rer ce d&#233;part ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Repenser sa place&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ni lieu de soin, ni lieu de vie, le SAVS est un espace de transition, d'interface, qu'il faut toujours r&#233;actualiser autour du patient devenu usager et en chemin vers l'ext&#233;rieur. L'&#233;quipe, qui partage des tranches de vie et des moments de plaisir avec les usagers, doit toujours &#171; penser en st&#233;r&#233;o &#187;. Tout en &#233;tant dans le partage, elle a en permanence une question &#224; l'esprit : &#171; Qu'est-ce qui peut rendre th&#233;rapeutique notre activit&#233; sans que nous nous improvisions th&#233;rapeute ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les structures qui accueillent des personnes pr&#233;sentant des troubles psychiques, l'&#233;quipe va &#234;tre confront&#233;e &#224; la difficult&#233; de faire assumer aux usagers leur diff&#233;rence sans &#234;tre tent&#233;e de la leur faire oublier, en &#233;vitant de confondre buts et moyens et en d&#233;gageant la socialisation des pi&#232;ges de l'assistance. Il faut parfois alors revoir ses ambitions &#224; la baisse, se m&#233;fier de l'id&#233;alisation, en aidant les usagers &#224; sortir de r&#233;p&#233;titions mortif&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lo&#239;c, par exemple, avait s&#251;rement d&#233;j&#224; sollicit&#233; son entourage de fa&#231;on r&#233;p&#233;titive, suscitant l'angoisse ou l'agacement des uns et des autres, provoquant par son ambivalence des r&#233;actions, qui l&#224; encore ont &#233;t&#233; act&#233;es. Il a d&#251; r&#233;p&#233;ter ce comportement avec l'&#233;quipe. Trop proche, il se sent en danger, trop &#233;loign&#233;, il est angoiss&#233;, il faut l'aider &#224; trouver un compromis. Il ne peut assumer ni la s&#233;paration ni l'individuation, il se colle et se d&#233;colle, il ne sait pas garder le lien et il rompt. Un tiers, le superviseur, permet d'analyser tout cela et de travailler dans l'apr&#232;s coup. Dans une situation analogue, chacun &#233;tant nourri de sa r&#233;flexion et de celle du groupe, r&#233;agira autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partager des tranches de vie avec ces personnes est un travail subtil qui n&#233;cessite d'&#234;tre en mouvement perp&#233;tuel et de toujours v&#233;rifier sa position en articulation avec celle des autres. Le superviseur surligne, met en relief les choses importantes, remet les gens &#171; &#224; leur place &#187;, une place qui doit &#234;tre parfaitement lisible pour &#234;tre utilisable. En effet, les membres de l'&#233;quipe ont des m&#233;tiers diff&#233;rents mais des fonctions qui se superposent, ce qui constitue &#224; la fois une richesse et une difficult&#233;. Il faut donc rendre les places les plus significatives possible, avec un travail sp&#233;cifique autour du r&#233;f&#233;rent, la personne relais qui &#233;labore avec l'usager le projet, rappelle les objectifs, articule les interventions et propose pour cela des entretiens dans les moments cl&#233; qui ponctuent ces parcours singuliers vers la vie, au rythme de chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En supervision, j'ai l'impression de proposer un d&#233;rangement. &#171; Qu'allons-nous faire de &#231;a ? &#187;, &#171; Et maintenant, comment allons-nous progresser ? &#187; ou &#171; Comment aurions-nous pu faire autrement ? &#187; Je propose un travail en groupe de &#171; jeu &#187;, dans le sens o&#249;, lorsqu'il y a du jeu entre deux pi&#232;ces qui ne sont pas en contact, pas soud&#233;es, elles bougent, elles se distancient, laissent de la place pour penser. Je propose un espace de parole, de libre &#233;change pour que chacun soit en r&#233;flexion, en mouvement, individualis&#233; et en ajustement permanent autour d'un d&#233;tachement vivable, en composant avec le fait que plus la relation d'aide est proche, plus elle d&#233;licate et complexe. &#187; En s'inspirant des apports de Winnicott, on aurait envie de dire qu'il faut que le SAVS soit &#171; suffisamment bon, mais pas trop&#8230; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le SAVS de l'Elan retrouv&#233; (voir &lt;a href='https://www.lien-social.com/Services-d-accompagnement-a-la-vie-sociale' class='spip_in'&gt;Lien Social n&#176; 808&lt;/a&gt;) propose un accompagnement dans la vie quotidienne et sociale &#224; des personnes souffrant de troubles psychiques et pr&#233;sentant des difficult&#233;s d'insertion sociale et professionnelle. L'&#233;quipe pluridisciplinaire propose des activit&#233;s collectives et artistiques&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>La supervision, un outil pour inventer</title>
		<link>https://www.lien-social.com/La-supervision-un-outil-pour-inventer</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>877</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis trente ans, Paule Lebbe-Berrier, assistante de service social et psychologue, supervise des &#233;quipes de travailleurs sociaux en utilisant l'approche syst&#233;mique. Elle travaille notamment avec les agents d'un centre communal d'action sociale &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le centre communal d'action sociale (CCAS) est compos&#233; de plusieurs services (aides l&#233;gales, h&#233;bergement, personnes &#226;g&#233;es&#8230;) Ses agents sont souvent en contact direct avec un public en grande difficult&#233;, en souffrance et en pr&#233;carit&#233;. Je propose des (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-877-" rel="tag"&gt;877&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis trente ans, Paule Lebbe-Berrier, assistante de service social et psychologue, supervise des &#233;quipes de travailleurs sociaux en utilisant l'approche syst&#233;mique. Elle travaille notamment avec les agents d'un centre communal d'action sociale&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Le centre communal d'action sociale (CCAS) est compos&#233; de plusieurs services (aides l&#233;gales, h&#233;bergement, personnes &#226;g&#233;es&#8230;) Ses agents sont souvent en contact direct avec un public en grande difficult&#233;, en souffrance et en pr&#233;carit&#233;. Je propose des supervisions individuelles lorsque l'intervenant a besoin d'un temps particulier face &#224; une difficult&#233; professionnelle. Mais, le plus souvent, je travaille en groupe avec un service ou diff&#233;rentes personnes concern&#233;es par une m&#234;me situation. Les outils syst&#233;miques que j'utilise, &#233;tay&#233;s par des r&#233;f&#233;rences th&#233;oriques qui restent larges et dans plusieurs courants de pens&#233;e, ne sont jamais exclusifs, permettant ainsi l'approche de la complexit&#233;. Je ne me centre pas en premier lieu sur la situation difficile, m&#234;me si nous allons la travailler par la suite avec le professionnel qui va l'exposer pour, ensemble, comprendre dans quel contexte, dans quelle histoire, elle s'est mise en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous travaillons toujours en tout premier lieu ses attentes au moment o&#249; il d&#233;cide d'exposer cette situation individuelle, de famille ou de groupe. Tr&#232;s vite, je rep&#232;re avec lui &#233;galement ses r&#233;sonances &#233;mergentes. En effet, de nombreuses situations sociales peuvent faire &#233;cho chez les professionnels (s&#233;paration, probl&#232;mes d'argent, conflits avec les enfants&#8230;) Elles sont parfois v&#233;cues de mani&#232;re si forte qu'elles nous figent, ne nous permettant plus d'utiliser nos comp&#233;tences et celles de la personne accompagn&#233;e pour coconstruire autre chose avec elle. Les agents ou intervenants peuvent &#233;galement se sentir en souffrance face &#224; une situation paraissant inextricable. Le manque d'espoir des usagers leur donne parfois l'impression qu'il n'existe ni issue, ni avenir. La supervision leur permet alors de parler de leur implication dans la situation, de reprendre de la distance et de trouver d'autres possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but d'une supervision, j'essaie toujours de comprendre les raisons pour lesquelles le professionnel qui pr&#233;sente une situation a eu envie de l'exposer et donc de s'exposer, d'oser s'impliquer&#8230; Dans une supervision collective, je pose toujours un cadre clair et des r&#232;gles (confidentialit&#233;, tol&#233;rance, droit &#224; l'erreur&#8230;) qui permettent de se risquer &#224; exposer ses questions autour de l'intervention ! Je mets ensuite tous les membres du groupe en mouvement afin qu'ils expriment leur ressenti face &#224; la situation, &#233;mettent ensemble des suppositions, futures hypoth&#232;ses &#224; v&#233;rifier, &#233;largissant ainsi les alternatives. En supervision individuelle, nous prenons le temps de redonner du sens au v&#233;cu professionnel de l'agent, de voir ce qui se joue dans la famille accompagn&#233;e. Nous resituons &#233;galement l'intervention dans un r&#233;seau, tentons de comprendre sa dynamique pour mesurer la complexit&#233; des demandes et des r&#233;ponses que l'on essaie d'apporter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le temps de supervision, nous parlons beaucoup du droit &#224; l'erreur, nous apprenons &#224; d&#233;passer le malaise et la culpabilit&#233; qu'elle engendre mais aussi &#224; prendre en compte ses aspects positifs. En effet, face &#224; une difficult&#233;, le professionnel a souvent le sentiment d'avoir loup&#233; quelque chose, de n'avoir pas bien saisi une situation. Il peut aussi associer erreur et incomp&#233;tence. Pourtant, nous ne nous trompons jamais expr&#232;s et la comp&#233;tence permanente n'existe pas&#8230; L'erreur peut &#234;tre utilis&#233;e comme une information sur la situation et permettre de r&#233;fl&#233;chir et de se r&#233;ajuster. La supervision d&#233;construit donc un peu nos repr&#233;sentations et ce nouveau regard, construit ensemble, est stimulant pour la pratique. On ne participe pas &#224; une supervision par incomp&#233;tence - comme certains osent encore le laisser supposer - mais parce qu'une situation fait probl&#232;me et que cela va nous permettre de d&#233;velopper de nouvelles comp&#233;tences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La supervision pose des questions, donne du sens, permet de r&#233;fl&#233;chir &#224; d'autres possibilit&#233;s qu'il faudra v&#233;rifier, le supervis&#233; est un acteur se mobilisant beaucoup. Elle permet &#233;galement d'oser sortir d'une pratique r&#233;p&#233;titive pour inventer autre chose. Dans un groupe de supervision, les professionnels vont mettre en commun leur r&#233;flexion autour d'une famille, d'une action collective en respectant les points de vue des uns et des autres, ce qui &#233;largit les grilles de lecture. Au niveau personnel, la supervision nous permet d'observer de quelle fa&#231;on nous entrons en r&#233;sonance avec l'histoire des autres et de prendre ainsi la mesure de ce qui reste en suspens dans notre probl&#233;matique personnelle. Le temps de supervision peut amener le professionnel &#224; d&#233;velopper un travail personnel &#224; l'ext&#233;rieur. En effet, conna&#238;tre et prendre soin des fragilit&#233;s que nous portons tous en nous permet de d&#233;velopper de nouvelles comp&#233;tences. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La supervision, un espace tiers n&#233;cessaire</title>
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		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>
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&lt;p&gt;Apparue apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, la supervision s'est impos&#233;e comme un espace de r&#233;flexion indispensable &#224; la pratique quotidienne. Si dans les ann&#233;es 60 elle s'est nourrie de psychanalyse, elle s'est ensuite d&#233;tourn&#233;e de ces th&#233;ories abstraites pour privil&#233;gier la rationnalit&#233; et les projets concrets. N&#233;anmoins, elle n'a pas reni&#233; le b&#233;n&#233;fice de sa p&#233;riode freudienne qui lui permet aujourd'hui de mieux appr&#233;hender les situations complexes &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un article qui fait r&#233;f&#233;rence, publi&#233; dans le n&#176;100 de (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apparue apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, la supervision s'est impos&#233;e comme un espace de r&#233;flexion indispensable &#224; la pratique quotidienne. Si dans les ann&#233;es 60 elle s'est nourrie de psychanalyse, elle s'est ensuite d&#233;tourn&#233;e de ces th&#233;ories abstraites pour privil&#233;gier la rationnalit&#233; et les projets concrets. N&#233;anmoins, elle n'a pas reni&#233; le b&#233;n&#233;fice de sa p&#233;riode freudienne qui lui permet aujourd'hui de mieux appr&#233;hender les situations complexes&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans un article qui fait r&#233;f&#233;rence, publi&#233; dans le n&#176;100 de Forum, la revue de la recherche en travail social, Jean-Luc de Saint Just rappelle tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment le manque de r&#233;f&#233;rences th&#233;oriques et le peu de travail de recherche sur les conditions de l'&#233;mergence de cette notion d'analyse de la pratique dans le secteur de l'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, d&#232;s l'apr&#232;s guerre de 1945 et les d&#233;buts modernes de l'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e, l'analyse de la pratique constitue l'un des axes fondamentaux, pour ne pas dire structurants de la formation ; de m&#234;me que, dans les institutions sp&#233;cialis&#233;es, elle devient pour les &#233;quipes l'un des moteurs de la r&#233;flexion sur la pratique quotidienne. Le terme, pr&#233;cise Jean-Luc de Saint Just, vient sans doute des &lt;i&gt;&#171; case worker, &#233;tudes de cas th&#233;oris&#233;s par Kurt Lewin vers 1935 qui sont arriv&#233;s en France dans les ann&#233;es 50. &#187;&lt;/i&gt; La d&#233;marche, ajoute-t-il, a &#233;t&#233; ensuite &lt;i&gt;&#171; formalis&#233;e en 1961 par le Dr Lemay&#8230; &#187; &lt;/i&gt; &#192; l'&#233;poque, le terme de supervision est en lien avec les th&#233;ories sur la construction psychoaffective de l'individu et les th&#233;ories du moi de E.H. Erickson ou de Ren&#233; Spitz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le terme de supervision n'est plus gu&#232;re utilis&#233; dans le champ du travail social, sinon en r&#233;f&#233;rence &#224; ces pratiques inspir&#233;es du monde de la production marchande. Dans celui-ci, le terme de supervision d&#233;signe des m&#233;canismes de v&#233;rification ou de contr&#244;le de &#171; process &#187; de fabrication, qui tr&#232;s souvent engagent, par le biais de r&#233;actions en cha&#238;ne, la bonne marche de toute une entreprise. D&#232;s lors, et d'un point de vue strat&#233;gique, la supervision est un &#233;l&#233;ment d&#233;terminant de la pr&#233;vention des dysfonctionnements ; et, &#224; partir de l&#224;, le terme de supervision est utilis&#233; pour d&#233;signer la mise en place de dispositifs d'aide &#224; la d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, fin janvier 2007, lors d'une journ&#233;e d'&#233;tude organis&#233;e par la section bachelier &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; de la haute &#233;cole de communaut&#233; fran&#231;aise en Hainaut (Belgique), Christian Ladri&#232;re, responsable de direction de Canal J, un service d'AEMO sur la ville de Tournai, explique comment au regard de la multiplicit&#233; et de la complexit&#233; des actions d&#233;sormais &#224; conduire, son service recourt de fa&#231;on r&#233;guli&#232;re &#224; l'aide d'un superviseur. Il s'agit alors de prendre appui sur les &#233;l&#233;ments d'analyse d&#233;gag&#233;s par un regard ext&#233;rieur pour, &#224; l'expos&#233; des r&#233;alit&#233;s du service, de son fonctionnement et des besoins rep&#233;r&#233;s, parvenir &#224; discerner les actions &#224; la fois prioritaires et pertinentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aide ainsi requise va bien dans le sens d'un renforcement de la coh&#233;rence du service et de son efficacit&#233; dans le temps. Et lorsqu'il est interrog&#233; sur l'existence ou non d'une aide apport&#233;e aux professionnels, &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s et assistants sociaux, afin de d&#233;coder les liens engag&#233;s avec le public accompagn&#233;, il pr&#233;cise que ce type de travail se fait en &#233;quipe mais sans le recours &#224; un tiers externe. Ici, le terme de supervision fait d&#233;sormais r&#233;f&#233;rence au domaine de la strat&#233;gie d'entreprise. Et il est sans doute possible de dire qu'il a trouv&#233; sa prolongation ou sa banalisation dans le recours aux consultants et aux pratiques d'audit.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Freud et Marx, piliers de l'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais ce glissement ne fait sans doute qu'ent&#233;riner un tournant s&#233;mantique et id&#233;ologique amorc&#233; dans les ann&#233;es 70. Le terme d'analyse de la pratique succ&#232;de &#224; celui de supervision et vient consacrer dans le langage ce qui s'apparente &#224; une mainmise de la psychanalyse sur les discours et la pratique des &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s. &#171; En 1975, les lois sur le handicap et les institutions sociales eurent pour cons&#233;quence de r&#233;duire l'impact du milieu m&#233;dical, et plus pr&#233;cis&#233;ment de la psychiatrie, sur les pratiques de ce secteur, en privil&#233;giant les prises en charge &#233;ducatives &#187;. Une &#233;volution qui marque&lt;i&gt; &#171; un recul de la psychiatrie et des psychiatres auxquels ont succ&#233;d&#233; les psychologues et les psychanalystes &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise encore Jean-Luc de Saint Just. La rupture n'est sans doute pas aussi tranch&#233;e que cela ; ne serait-ce parce que beaucoup de psychanalystes sont au d&#233;part des m&#233;decins et des psychiatres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le tout d&#233;but des ann&#233;es 70, l'analyse de la pratique va devenir un outil auquel vont avoir recours un nombre croissant d'&#233;quipes. En r&#233;alit&#233;, quel-ques tr&#232;s beaux ouvrages concernant l'histoire des id&#233;es, celui de Patrick Faugeras sur L'ombre port&#233;e de Fran&#231;ois Tosquelles ou bien celui de Fran&#231;ois Dosse sur la Biographie crois&#233;e de Gilles Deleuze et F&#233;lix Guattari, montrent comment dans ces ann&#233;es de r&#233;voltes sociales et de turbulences id&#233;ologiques tr&#232;s fortes, le travail social se structure autour de la lutte contre une double ali&#233;nation de l'individu : ali&#233;nation sociale, d&#233;nonc&#233;e et combattue par les th&#232;ses de Karl Marx, et ali&#233;nation psychique ou mentale, elle aussi d&#233;nonc&#233;e et combattue par la lutte contre toutes les formes d'enfermement psychiatrique ou policier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que Freud et Marx deviennent les deux piliers de la psychoth&#233;rapie institutionnelle. Des personnalit&#233;s aussi diverses que Maud Mannoni, Fran&#231;oise Dolto, Jean Oury, Lucien Bonnaf&#233;, Fran&#231;ois Tosquelles, F&#233;lix Guattari et bien d'autres encore impulsent la n&#233;cessaire prise en compte de l'inconscient dans la relation d'aide &#233;ducative ou de soin. Par le biais de tous ces th&#233;oriciens praticiens, ces prax&#233;ologues&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Prax&#233;ologie : discipline qui se donne pour objet l'analyse de l'action (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dirait-on sans doute aujourd'hui, les professionnels de l'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e se laissent s&#233;duire par les r&#233;f&#233;rences au mod&#232;le de la cure analytique pour comprendre ce qui se trame au sein de la relation &#233;ducative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien parce que Sigmund Freud a montr&#233; que la relation du th&#233;rapeute au patient s'inscrivait dans un double m&#233;canisme du transfert (le th&#233;rapeute accepte en toute conscience d'&#234;tre mis &#224; une place qui n'est pas la sienne) et du contre-transfert (le th&#233;rapeute prend le risque d'investir le patient sur un autre registre que celui du soin) qu'il devient n&#233;cessaire pour le th&#233;rapeute de recourir &#224; l'aide d'un superviseur. Et c'est bien ce mod&#232;le de la cure analytique qui va inspirer le recours &#224; l'analyse de la pratique et la survenue d'un tiers dans l'espace jusqu'alors priv&#233; de l'institution. Car l'analyse de la pratique, en tant que telle, requiert un cadre sp&#233;cifique : un intervenant ext&#233;rieur &#224; l'&#233;quipe (d'ob&#233;dience psychanalytique de pr&#233;f&#233;rence), la libre adh&#233;sion des participants et la confidentialit&#233; des propos tenus durant les s&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_656 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH395/recul-jiho-136fa.png?1693678584' width='500' height='395' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En termes de management d'entreprise, l'analyse de la pratique constitue d&#232;s lors un point aveugle pour la direction. De sorte que la mont&#233;e des discours gestionnaires associ&#233;s &#224; la perte d'emprise de la psychanalyse sur les pratiques sociales vont conduire inexorablement au recul de l'analyse de la pratique dans les institutions de travail social. M&#234;me si, paradoxalement, pour ses pays voisins, la France et son travail social demeurent encore terre de psychanalyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Jean-Luc de Saint Just, l'arr&#234;t&#233; de 1990, r&#233;formant le dipl&#244;me et la formation d'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;, marque &lt;i&gt;&#171; une ouverture &#224; une transdisciplinarit&#233; professionnelle, &#224; d'autres aspects des r&#233;alit&#233;s humaines et sociales&#8230; Cette &#233;volution traduit une volont&#233; politique de rationalisation des pratiques socio-&#233;ducatives, une exigence professionnelle accrue, en particulier dans les domaines du diagnostic, de la conception et de l'&#233;valuation. Nous entrons dans l'&#232;re du projet&#8230; &#187; &lt;/i&gt; Et l'analyse de la pratique se transforme en r&#233;flexion sur la pratique. Ce glissement s&#233;mantique traduit la volont&#233; des participants d'en finir avec les supputations abstraites, et leur soif sinon de recettes du moins de strat&#233;gies d'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, la &#171; le&#231;on freudienne &#187;, pour reprendre le terme de Lucien Bonnaf&#233;, n'est pas jet&#233;e avec l'eau du bain, et l'inconscient demeure bel et bien pr&#233;sent dans l'ombre de la relation lui donnant encore toute son &#233;paisseur et sa complexit&#233;. En fait, dans les s&#233;quences de r&#233;flexion sur la pratique, le r&#244;le de l'intervenant, surgissant en place du tiers, est d'&#234;tre &#224; l'&#233;coute de ce qui se dit d'une situation, de sorte &#224; d&#233;jouer la confusion des affects et &#224; d&#233;nouer les &#171; im-postures &#187;. Il importe moins de discourir sans fin sur les raisons pass&#233;s et pr&#233;sentes qui ont pu amener un &#233;ducateur &#224; r&#233;agir de telle ou telle mani&#232;re, que de d&#233;gager cette part d'intrication du &#171; moi personnel &#187; pour, une fois celle-ci reconnue et accept&#233;e, revenir au &#171; moi professionnel &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le savoir faire de l'intervenant r&#233;side dans sa capacit&#233; &#224; tenir l'&#233;quilibre entre &#171; paroles sur soi &#187; et &#171; discours sur la pratique &#187;. Il s'agit de rappeler que les comportements de la personne aid&#233;e, enfant ou adulte, ne sont souvent que les sympt&#244;mes d'une alt&#233;ration psychique et/ou affective de la personne. Il importe alors de savoir de quelle souffrance ils sont l'expression. Et comme dans les maladies somatiques, il faut aussi savoir suspendre la tentation de gu&#233;rir vite et en surface afin de ne pas perdre le fil de ce qui se trame au plus profond de l'identit&#233; de la personne. La recherche de l'efficacit&#233; et l'illusion du &#171; bon sens &#187; exposent en effet &#224; la tentation des raccourcis de pens&#233;e et pourraient venir parasiter le travail de r&#233;flexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce dispositif, l'intervenant n'est plus obligatoirement un psychanalyste voire un psychoth&#233;rapeute. Ses comp&#233;tences se situent surtout du c&#244;t&#233; de l'exp&#233;rience du m&#233;tier et de la ma&#238;trise des savoirs conceptuels. &#192; bien des &#233;gards, la r&#233;flexion sur la pratique retrouve donc les sch&#232;mes de la supervision telle qu'elle &#233;tait pratiqu&#233;e dans les ann&#233;es 60 ; elle aura au passage int&#233;gr&#233; les apports de la psychanalyse. La trajectoire ainsi boucl&#233;e confirme le fait qu'&#234;tre &#233;ducateur n'est pas &#224; la port&#233;e de tout le monde ; qu'il s'agit l&#224; d'un m&#233;tier difficile voire d'un &#171; impossible m&#233;tier &#187;, comme l'a &#233;crit Freud en 1925 dans sa Pr&#233;face &#224; Aichhorn et de nouveau en 1937 dans Analyse termin&#233;e et analyse interminable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Prax&#233;ologie : discipline qui se donne pour objet l'analyse de l'action humaine&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>La supervision : un espace tiers n&#233;cessaire</title>
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