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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Fernand Deligny, &#338;uvres</title>
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		<dc:subject>Education</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Pos&#233; sur le bois d'une table ou sur le plateau d'un bureau, le livre, rectangle &#233;pais de 1848 pages para&#238;t tel un pav&#233; aux ar&#234;tes bien tranch&#233;es. L'ouvrage ainsi tir&#233; du n&#233;ant ne fait ni dictionnaire ni bible ; il fait pierre, et pierre angulaire dans une histoire moderne de l'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e qui, encore ignorante d'elle-m&#234;me, a grandement besoin de &#171; br&#233;viaire &#187; tel que celui-l&#224;. Le mot est de l'auteure, Sandra Alvarez de Toledo qui, avec cette compilation, ne pr&#233;tend pas &#224; l'&#339;uvre compl&#232;te&#8230; Manque Essi (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L98xH150/arton2219-af6d5.jpg?1694185009' width='98' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pos&#233; sur le bois d'une table ou sur le plateau d'un bureau, le livre, rectangle &#233;pais de 1848 pages para&#238;t tel un pav&#233; aux ar&#234;tes bien tranch&#233;es. L'ouvrage ainsi tir&#233; du n&#233;ant ne fait ni dictionnaire ni bible ; il fait pierre, et pierre angulaire dans une histoire moderne de l'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e qui, encore ignorante d'elle-m&#234;me, a grandement besoin de &#171; br&#233;viaire &#187; tel que celui-l&#224;. Le mot est de l'auteure, Sandra Alvarez de Toledo qui, avec cette compilation, ne pr&#233;tend pas &#224; l'&#339;uvre compl&#232;te&#8230; Manque Essi et copeaux, par exemple ! Le projet est donc inachev&#233;, comme L'enfant de citadelle, le manuscrit sans fin de Deligny qui savait que le parfait n'est pas de ce monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'imparfait si ! Il prend figure ici d'un bouquin incontournable, incommensurable, imbuvable d'un seul trait, insupportable de par son poids et intraitable de par sa rigueur. Un livre libre. Un livre &#224; vivre. Sur la tranche orange, est &#233;crit en gros et en caract&#232;res gras Fernand Deligny avec, coinc&#233; entre le nom et le pr&#233;nom, entre patronyme et &#233;ponyme, le mot &#339;uvres inscrit discr&#232;tement et en plus petit. Une intention qu'aurait appr&#233;ci&#233;e Deligny aussi peu s&#251;r de faire &#339;uvre que certain de mener une aventure. Sur la couverture, son bras lev&#233; dessine une ligne d'erre, la cigarette allum&#233;e et le verre de lunette doubl&#233; par son ombre. La quatri&#232;me de couverture repr&#233;sente les Graniers aux premiers jours de&#8230; fin juin 1968. Le tout est une r&#233;ussite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#199;a m'a fait penser que dans le fait de mener une tentative, il n'y avait pas une crainte, mais une nostalgie qui affleure. Disons, pour ma part, que ce serait la nostalgie de ne pas &#234;tre autiste. Et, du m&#234;me coup, il s'agirait de r&#233;curer ce qu'il en est de ce privil&#232;ge. &#187; (p.1091). Nulle provocation dans ce propos de Fernand Deligny mais bel et bien la transcription de ce lien fusionnel &#224; une vie, la sienne, qui le hante et qui l'habite et dont il ne sait quoi faire et dont il ne sait comment se d&#233;faire. D'abord parce qu'elle est marqu&#233;e par la guerre, la premi&#232;re dite mondiale, qui engloutit son p&#232;re comme neuf autres millions de personnes, soldats ou civils, expuls&#233;s du monde par la petite porte. La porte et la guerre sont donc les deux points de commencement de son r&#233;cit autobiographique, intitul&#233; Le croire et le craindre (pp.1084 et suiv.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la plupart des enfants autistes, Janmari a peur de franchir les portes tout comme il craint les passages. Jeu d'existence entre le dedans et le dehors o&#249; l'espace d'un interstice entre ombre et lumi&#232;re le sujet pourrait &#234;tre englouti d'un coup de tonnerre ou de baguette magique. Para&#238;tre. Dispara&#238;tre. Na&#238;tre. Mourir. Mais, puisqu'il &#233;tait l&#224; lui, Fernand, il fallait bien qu'il fasse quelque chose avant qu'il s'en aille et que reste Deligny. &#192; quoi &#231;a sert d'&#234;tre en vie ? Il ne voulait pas &#234;tre &#233;ducateur parce qu'il ne voyait pas pourquoi il faudrait faire un m&#233;tier de ce qui devrait &#234;tre une composition. En revanche, il aurait pu &#234;tre &#171; d&#233;noueur de camisoles &#187; (p.1115, Le croire et le craindre), &#171; d&#233;riveur de mots &#187; ou &#171; &#233;videur d'institution &#187; (p.692 Nous et l'innocent), &#171; &#233;parseur d'ennuis &#187; (p.720), &#171; &#233;jecteur d'incasables &#187; (p.383, La grande Cord&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tous ces m&#233;tiers n'existent pas, bien s&#251;r, et tous ces mots sont invent&#233;s, c'est s&#251;r ; mais ils imagent bien mieux que n'importe quelles syllabes savantes ce qui faisait le sens des tentatives de Deligny. Car au commencement est l'image, ne cesse-t-il de dire. Sans doute parce qu'au commencement de sa vie d'&#233;tudiant puis d'instituteur sp&#233;cialis&#233; il est un &#171; fou de cin&#233;ma &#187;. Pas &#224; la mani&#232;re du plus grand nombre puisque, dit-il &#171; les gens de ce temps-l&#224; allaient au cin&#233;ma comme les Grecs d'antan allaient au th&#233;&#226;tre. Il y allait d'une tradition rituellement hebdomadaire, l'int&#233;r&#234;t de ce qui (se) passait sur l'&#233;cran &#233;tant tout &#224; fait secondaire&#8230; &#187; (p.48, extrait de Cam&#233;rer dans Cam&#233;ra Style n&#176;4). Ce qui retient son attention, c'est &#171; l'image au sens po&#233;tique, d&#233;li&#233;e de toute histoire&#8230; &#187; (p.49). Cette fa&#231;on d'&#233;pouser le cin&#233;ma, pour l'image et rien que pour l'image, se retrouvera plus tard dans la fa&#231;on dont finalement Ce gamin-l&#224; puis Le moindre geste vont prendre forme. Au risque de para&#238;tre invisibles aujourd'hui tant le spectateur n'est pas habitu&#233; &#224; ce qu'un auteur lui en dise autant et si peu &#224; la fois. C'est l&#224; le luxe du silence. Un silence de 1848 pages. Un silence de vie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. L'Arachn&#233;en, 2007 (1848 p. ; 58 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Que va-t-il rester du plan banlieues ?</title>
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		<description>
&lt;p&gt;O&#249; est le &#171; plan Marshall &#187; annonc&#233; ? Faut-il un &#233;ni&#232;me plan pour les banlieues, ou une politique de la Ville radicalement refondue ? De vieilles id&#233;es, r&#233;guli&#232;rement &#233;mises, reviennent : les rendra-t-on un jour possibles ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Six millions d'habitants vivent (mal) dans des quartiers dits sensibles. Selon la Haute autorit&#233; de lutte contre les discriminations et pour l'&#233;galit&#233; (Halde), il est deux fois plus difficile, &#224; dipl&#244;me &#233;gal, de trouver un travail lorsque l'on est un jeune Fran&#231;ais issu de (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;O&#249; est le &#171; plan Marshall &#187; annonc&#233; ? Faut-il un &#233;ni&#232;me plan pour les banlieues, ou une politique de la Ville radicalement refondue ? De vieilles id&#233;es, r&#233;guli&#232;rement &#233;mises, reviennent : les rendra-t-on un jour possibles ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Six millions d'habitants vivent (mal) dans des quartiers dits sensibles. Selon la Haute autorit&#233; de lutte contre les discriminations et pour l'&#233;galit&#233; (Halde), il est deux fois plus difficile, &#224; dipl&#244;me &#233;gal, de trouver un travail lorsque l'on est un jeune Fran&#231;ais issu de l'immigration habitant dans ces quartiers. Initialement, la secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; la politique de la Ville, Fadela Amara, devait pr&#233;senter avec le chef de l'&#201;tat son plan Respect et &#233;galit&#233; des chances le 22 janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las, le plan manque d'ambition : l'absence de marge budg&#233;taire laisse augurer l'&#233;troit corset dans lequel il devra probablement se mouvoir. Apr&#232;s le rapport de la Cour des comptes et celui du Conseil national des villes allant dans le m&#234;me sens, le Conseil &#233;conomique et social (CES) vient de rendre 80 propositions pour &#171; r&#233;unifier et r&#233;concilier la ville &#187;. Elles concernent la mixit&#233; sociale, l'&#233;cole, le d&#233;veloppement des transports et des services publics, le logement et le travail social. Le &#171; busing &#187;, par exemple, concept am&#233;ricain consistant &#224; scolariser les enfants d'un quartier &#171; sensible &#187; dans les autres &#233;coles de la ville, y est recommand&#233;. L'association des maires de grandes villes de France (&lt;a href=&#034;http://www.grandesvilles.org&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;AMGVF&lt;/a&gt;) a fait conna&#238;tre, le 15 janvier, un manifeste de douze propositions &#171; pour une ville durable et solidaire &#187;, parlant encore, elle, de plan Marshall&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qualifi&#233; &#171; de la derni&#232;re chance &#187; selon les &#233;lus de l'association, il s'articule autour de neuf priorit&#233;s. Parmi celles-ci figurent les financements n&#233;cessaires pour rem&#233;dier &#224; l'enclavement des quartiers p&#233;riph&#233;riques et &#224; l'exclusion de leurs habitants, la construction de logements sociaux et tr&#232;s sociaux, la mobilisation du programme de r&#233;novation urbaine (ANRU) contre l'habitat insalubre&#8230; De m&#234;me, est souhait&#233;e une meilleure coordination des politiques d'insertion professionnelle s'appuyant sur les plans locaux pour l'insertion et l'emploi (PLIE) et les maisons de l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce manifeste des grandes villes d&#233;fend le d&#233;veloppement des transports en commun, l'&#233;largissement des comp&#233;tences des intercommunalit&#233;s urbaines, ou encore l'ouverture de l'h&#244;pital sur la ville en coordination avec les diff&#233;rents acteurs de sant&#233;. Le CES, pour sa part, insiste sur la n&#233;cessit&#233; d'investir massivement dans le logement social, sugg&#232;re la fusion de l'Agence nationale pour la r&#233;novation urbaine (ANRU) et de l'Agence nationale pour la coh&#233;sion sociale et l'&#233;galit&#233; des chances (ACS&#201;) et la relance des maisons de l'emploi. Rappelant l'&#171; aide pr&#233;cieuse &#187; des travailleurs sociaux, il r&#233;clame davantage de reconnaissance pour les associations. Bref, le diagnostic a maintes fois &#233;t&#233; pos&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Trois id&#233;es : accompagnement des jeunes sans emploi, d&#233;senclavement, lutte contre l'&#233;chec scolaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Re&#231;us le 11 janvier par Boutin et Amara, les maires de banlieue avaient d&#233;clar&#233; &#234;tre &#171; rest&#233;s sur leur faim &#187;. La cacophonie n'a fait que s'amplifier : il y a quinze jours, la ministre de la Ville affirmait ne pas croire &#224; l'efficacit&#233; d'un nouveau plan pour les banlieues et ne pas vouloir de zonage des territoires ; ledit plan devenait alors une &#171; ambition &#233;norme &#187;, prenant le nom d'Espoir banlieue, porteur, pour la secr&#233;taire d'&#201;tat visiblement invit&#233;e &#224; le booster, d'une &#171; nouvelle dynamique &#187;. Doit-il reposer, comme l'estime sa ministre de tutelle, &#171; davantage sur les personnes que sur les territoires &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois id&#233;es centrales sont d'ores et d&#233;j&#224; &#233;nonc&#233;es : accompagnement personnalis&#233; des jeunes sans emploi, d&#233;senclavement des quartiers et renforcement des moyens de lutte contre l'&#233;chec scolaire. Apr&#232;s avoir profess&#233; des id&#233;es vertueuses &#8212; &#171; faire &#233;merger une &#233;lite des quartiers &#187;, &#171; favoriser la mont&#233;e en puissance du concept de diversit&#233; &#187; &#8212;, Fadela Amara parle d'une &#171; r&#233;forme des dotations de solidarit&#233; aux communes &#187;. Elle &#233;voque le d&#233;blocage d'un milliard d'euros pour d&#233;senclaver cent quartiers parmi les plus en difficult&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vrac, de vieilles id&#233;es ont, une nouvelle fois, &#233;merg&#233; : am&#233;liorer les transports, installer des bureaux de recrutement au pied des cit&#233;s, s&#233;curiser les parcours et financer le permis de conduire, cr&#233;er des &#171; caf&#233;s de parents &#187;, favoriser le tutorat ou les banques de stages dans les &#233;tablissements scolaires&#8230; Le 9 janvier, la ministre de la Ville avait lanc&#233; avec le f&#233;d&#233;ration du b&#226;timent un dispositif d'aide &#224; l'emploi destin&#233; &#224; ins&#233;rer dans les entreprises du BTP dix mille jeunes issus des quartiers concern&#233;s. Pendant ce temps, la ministre de l'Int&#233;rieur annon&#231;ait l'installation de ses &#171; unit&#233;s territoriales de quartiers &#187;, sorte de police de proximit&#233; newlook.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Vaulx-en-Velin, le 22 f&#233;vrier, Christine Boutin et Fadela Amara ont donc d&#233;voil&#233; les contours du plan. Il s'agit d'aller vers la fin des proc&#233;dures complexes pour revenir au droit commun (combien de fois ne l'a-t-on annonc&#233; !), de cr&#233;er 45 000 emplois en trois ans et 20 000 entreprises en cinq ans, avec l'id&#233;e de r&#233;duire de 40 % en trois ans le ch&#244;mage des jeunes. Par ailleurs, la secr&#233;taire d'&#201;tat se dit favorable &#224; un renforcement du r&#244;le de maire, et se prononce pour la s&#233;curisation financi&#232;re des associations. Pendant cette pr&#233;sentation, une manifestation avait lieu &#8212; &#171; Fadela, pas de bla-bla &#187; &#8212;, plusieurs &#233;lus locaux se d&#233;clarant oppos&#233;s &#224; la venue de ministres alors que selon eux le plan se d&#233;cidait ailleurs. De fait, c'est Sarkozy qui, le 8 f&#233;vrier, en indiquera le contenu exact. Il aura int&#233;r&#234;t &#224; en pr&#233;ciser les moyens, sous peine d'ent&#233;riner un &#233;ni&#232;me plan banlieues inf&#233;cond.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Tentation de Dunkerque</title>
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&lt;p&gt;La Flandre maritime est-elle une r&#233;gion &#171; handicap&#233;e &#187; ? Son histoire, ses accidents &#233;conomiques, ses guerres et ses crises l'ont meurtrie en tout cas plus souvent qu'&#224; son tour. L'&#233;ducateur &#224; l'origine du projet expos&#233; dans ce documentaire, Laurent Verstaevel, fut lui-m&#234;me m&#233;tallurgiste aux chantiers navals de la r&#233;gion de Dunkerque qui, quinze ans plus tard, allaient le laisser, comme tant d'autres, sur le carreau. Avec leurs soci&#233;t&#233;s locales, les traditions carnavalesques et philanthropiques ont (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-870-" rel="tag"&gt;870&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Flandre maritime est-elle une r&#233;gion &#171; handicap&#233;e &#187; ? Son histoire, ses accidents &#233;conomiques, ses guerres et ses crises l'ont meurtrie en tout cas plus souvent qu'&#224; son tour. L'&#233;ducateur &#224; l'origine du projet expos&#233; dans ce documentaire, Laurent Verstaevel, fut lui-m&#234;me m&#233;tallurgiste aux chantiers navals de la r&#233;gion de Dunkerque qui, quinze ans plus tard, allaient le laisser, comme tant d'autres, sur le carreau. Avec leurs soci&#233;t&#233;s locales, les traditions carnavalesques et philanthropiques ont d'ailleurs, ce n'est pas un hasard, toutes &#224; voir avec la solidarit&#233; de proximit&#233;, les bals de carnavals &#233;tant &#8211; entre autres &#8211; l'occasion, par exemple, de recueillir des fonds pour les associations accompagnant les plus vuln&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marche propos&#233;e est faite d'enthousiasme et d'&#233;nergie : depuis quelques ann&#233;es, un groupe de personnes handicap&#233;es travaillant dans un ESAT (&#233;tablissement et service d'aide par le travail) breton va participer, avec quelques &#233;ducateurs, au maelstr&#246;m tourbillonnant du carnaval dunkerquois (&lt;a href='https://www.lien-social.com/quand-les-travailleurs-handicapes' class='spip_in'&gt;voir LS n&#176; 835&lt;/a&gt;). Une association de carnavaleux les y accueille et les accompagne : les r&#233;sidents handicap&#233;s seront donc plong&#233;s pendant ces quelques jours d'exception dans une ambiance tonitruante, g&#233;n&#233;reuse, absurde, tr&#233;pidante. Enivrante. Deux univers sont ainsi intimement m&#234;l&#233;s, se comprennent, s'entrelacent et s'amusent (beaucoup). Comme tous les autres f&#234;tards, les personnes handicap&#233;es se sont maquill&#233;s et d&#233;guis&#233;s (choisissant ou fabriquant en amont leurs &#171; cletches &#187;, leurs accoutrements), et comme les autres ils font les fous dans les rues, dans les bals, devant les mairies, dans les &#171; chapelles &#187;, ces maisons de particuliers ou d'associations g&#233;n&#233;reusement ouvertes. Le handicap a fondu, les regards port&#233;s sur lui se sont affranchis, les rep&#232;res classiques sont gentiment foudroy&#233;s. Un &#171; vivre-ensemble &#187; puissant, sans compassion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela est &#233;minemment t&#233;l&#233;g&#233;nique : avec pudeur, sensibilit&#233;, intelligence, l'&#339;il de la cam&#233;ra &#8211; qui prend largement son temps : le tournage suit la troupe de l'ESAT, d&#232;s la pr&#233;paration de la vir&#233;e, &#224; l'ESAT, une fois rentr&#233;s &#8211; capte les couleurs, la d&#233;rision, le changement, la chaleur. Les moments de fatigue, aussi. Dans ce d&#233;cor multicolore, provocant, les r&#233;sidents handicap&#233;s mentaux se laissent aller, peu &#224; peu, &#224; d'&#233;tranges et profondes confidences. &#171; Saisir ces purs moments de bonheur et de jubilation v&#233;cus par des personnes handicap&#233;es au milieu de tous est aussi, j'en suis convaincu, &#233;voquer en creux les manques de notre soci&#233;t&#233; envers eux &#187; estime, lucide, le cin&#233;aste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il r&#233;pond &#224; une commande &#8211; l'association morbihannaise d'insertion lui avait demand&#233; ce film &#8211;, le r&#233;alisateur rappelle, dans sa note d'intention, que Diderot avait &#233;crit sa Lettre sur les aveugles &#224; ceux qui voient en 1749, qu'il y a plus de 5, 5 millions de personnes handicap&#233;es en France, que 87 % des entreprises ne respectent pas la loi de 1987 sur l'emploi et que 30 000 enfants handicap&#233;s ne trouvent pas place dans le syst&#232;me scolaire. Que 2003, ann&#233;e du handicap, avait brill&#233; d'une &#171; transparence remarquable &#187;. Et fait siens les propos de Julia Kristeva, parlant de &#171; l'exclusion la plus radicale et la plus insupportable &#187; dont est victime le handicap, v&#233;ritable continent oubli&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Le DVD, (2007) 53 minutes. (20 &#8364; pour les particuliers, 50 &#8364; pour les associations avec droit de diffusion) &lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;http://www.candela-productions.fr/Film.php?idFilm=36&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Candela Productions&lt;/a&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;3 rue d'Estr&#233;es &lt;br class='manualbr' /&gt;35000 Rennes&lt;br class='manualbr' /&gt;T&#233;l. 02 99 78 26 67&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le cin&#233;ma de Fernand Deligny, 1962 &#224; 2007</title>
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		<dc:subject>Autisme</dc:subject>
		<dc:subject>870</dc:subject>

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&lt;p&gt;Qui osera encore aller regarder de lui-m&#234;me, tout seul et par envie, Le moindre geste ou Ce gamins-l&#224; ? Qui serait encore assez fou curieux pour aller fouiner dans la m&#233;moire cin&#233;matographique et aller d&#233;nicher ce petit film d'animation de Jacques Lin dans lequel, une fois encore, il met en sc&#232;ne ses fameux chariots ? Tout dans ces films, le rythme du r&#233;cit, la couleur de la pellicule, le poids des symboles qui parfois surchargent l'image&#8230; tout donc vient faire obstacle entre le spectateur des temps (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qui osera encore aller regarder de lui-m&#234;me, tout seul et par envie, Le moindre geste ou Ce gamins-l&#224; ? Qui serait encore assez fou curieux pour aller fouiner dans la m&#233;moire cin&#233;matographique et aller d&#233;nicher ce petit film d'animation de Jacques Lin dans lequel, une fois encore, il met en sc&#232;ne ses fameux chariots ? Tout dans ces films, le rythme du r&#233;cit, la couleur de la pellicule, le poids des symboles qui parfois surchargent l'image&#8230; tout donc vient faire obstacle entre le spectateur des temps modernes et ces cr&#233;ations venus d'un autre temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant ! Il suffit d'&#233;couter Jean Oury, psychiatre psychanalyste et dernier grand t&#233;moin de l'&#233;pop&#233;e fondatrice de la psychoth&#233;rapie institutionnelle, d&#233;battre du Moindre geste avec Henri Maldiney, philosophe peu connu et pourtant g&#233;nial explorateur de la condition humaine, pour avoir envie de gratter la poussi&#232;re et d'aller d&#233;nicher les traces fossiles de l'aventure entreprise dans les C&#233;vennes par Deligny et ses dr&#244;les d'Indiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conseil &#224; donner est donc de ne pas entrer dans Le moindre geste ou dans Ce gamin l&#224; sans les guides que sont les ricochets du moindre geste ou les &#224; propos d'un film &#224; faire&#8230; sauf &#224; accepter de payer d'embl&#233;e le prix de l'errance, &#224; savoir ne pas vouloir savoir tout, et tout de suite. &#192; tracer des cercles dans la marge qui soient &#224; l'image de ces gamins-l&#224;, incasables, Deligny savaient trop bien l'impuissance des mots pour ne pas faire totalement confiance &#224; l'image. A l'image nue d'avant le langage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;3 DVD couleur et noir et blanc (380 mn - 45 &#8364;)&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editionsmontparnasse.fr/product?product_id=1003&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Editions Montparnasse&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Relation &#233;ducative : nourrir l'enfant, le faire vivre</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Relation-educative-nourrir-l-enfant-le-faire-vivre</link>
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		<dc:subject>870</dc:subject>

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&lt;p&gt;Entretien avec Jean-Pierre Clocher. D'abord moniteur-&#233;ducateur, il a essentiellement travaill&#233; aupr&#232;s de jeunes en difficult&#233; sociale ou d&#233;linquants. Il a particip&#233; &#224; l'une des rares exp&#233;riences &#233;ducatives r&#233;ussies construites &#224; partir de la pens&#233;e syst&#233;mique prenant en compte l'environnement global des jeunes accueillis. Aujourd'hui, apr&#232;s des &#233;tudes de troisi&#232;me cycle en sciences de l'&#233;ducation, il est coordinateur p&#233;dagogique moniteur-&#233;ducateur &#224; l'Institut Saint-Laurent, un centre de formations en travail (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien avec Jean-Pierre Clocher. D'abord moniteur-&#233;ducateur, il a essentiellement travaill&#233; aupr&#232;s de jeunes en difficult&#233; sociale ou d&#233;linquants. Il a particip&#233; &#224; l'une des rares exp&#233;riences &#233;ducatives r&#233;ussies construites &#224; partir de la pens&#233;e syst&#233;mique prenant en compte l'environnement global des jeunes accueillis. Aujourd'hui, apr&#232;s des &#233;tudes de troisi&#232;me cycle en sciences de l'&#233;ducation, il est coordinateur p&#233;dagogique moniteur-&#233;ducateur &#224; l'Institut Saint-Laurent, un centre de formations en travail social situ&#233; &#224; Ecully, pr&#232;s de Lyon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle approche de Fernand Deligny avez-vous aujourd'hui avec les &#233;l&#232;ves &#233;ducateurs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'approche l'&#339;uvre de Deligny par fragments, par petits bouts de lectures, par bribes, puis&#233;s dans Les vagabonds, dans Graine de crapule, dans Adrien Lomme, dans la correspondance, dans les &#233;crits autobiographiques. J'essaie de construire un tout qui se veut rendre compte d'une atmosph&#232;re, d'une ambiance, d'un esprit &#233;ducatif original. Je ne parle que tr&#232;s peu de l'autisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, j'aime beaucoup leur lire et leur donner &#224; lire Deligny et construire des liens avec leurs pr&#233;occupations de moniteurs &#233;ducateurs en formation ; l'affectivit&#233;, le quotidien, ce qu'ils nomment &#171; la bonne distance &#187;, le rapport au savoir et surtout le rapport &#224; l'autre et &#224; l'&#233;duqu&#233;. Le plus rigolo, c'est que ce travail les int&#233;resse. En tout cas je ne saurais penser une formation d'&#233;ducateur sans un d&#233;tour chez les pr&#233;curseurs, sans ancrage dans l'histoire &#233;ducative, sans la r&#233;flexion sans cesse renouvel&#233;e qui se trame autour de la question de la part respective de chacun, de l'enfant et de l'adulte, dans le lien qui se tisse l&#224; au quotidien. L'un et l'autre ne sont rien l'un sans l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, le&#231;on incontournable d&#233;livr&#233;e par Philippe Meirieu tout au long de sa r&#233;flexion sur la praxis p&#233;dagogique, cette relation est fondamentalement dissym&#233;trique. L'adulte a sur l'enfant une longueur d'avance dans la vie et c'est au nom de cette longueur d'avance qu'il peut &#234;tre l'&#233;ducateur, celui qui conduit. &#192; travers Deligny, et le courant qu'il aspire et qu'il inspire &#224; son tour, l'adulte &#233;ducateur passe d'une position surplombante &#224; celle d'un c&#244;te &#224; c&#244;te. Il n'est plus question d'une relation de toute-puissance, sur le mod&#232;le d'un rapport entre dominant et domin&#233;, mais d'un cheminement fond&#233; sur le partage. En clair, d'un compagnonnage au sens &#233;tymologique de celui qui partage le pain avec. Le pain ayant ici la notion de nourriture autant corporelle que spirituelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Immanquablement les &#233;ducateurs &#233;voquent le risque de se &#171; faire bouffer &#187; dans la relation &#224; l'autre. Entre affectivit&#233; et complexe de d&#233;voration, l'&#339;uvre de Deligny peut-elle aider &#224; positionner le curseur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis d'une g&#233;n&#233;ration de l'imm&#233;diat apr&#232;s-guerre qui a grandi avec les slogans sur la &#171; vitamine mimi &#187; qui aide &#224; lutter contre le rachitisme et permet aux enfants de grandir. La relation &#233;ducative est ce qui nourrit l'enfant et le conduit &#224; &#234;tre en vie. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; une fois encore d'accepter de prendre un peu de distance avec la vulgate &#233;ducative pour laquelle le grandir n'existe que par et dans la s&#233;paration. Je suis frapp&#233; de voir et d'entendre combien les attitudes et les discours professionnels des &#233;ducateurs sont impr&#233;gn&#233;s par le souci de la s&#233;paration et du deuil. Il y a comme une sorte d'omnipr&#233;sence de la n&#233;cessit&#233; &#224; devoir faire sans cesse le deuil de quelqu'un ou de quelque chose. Il y a sans doute du vrai dans ce discours mais il est certainement insuffisant. La relation, et qui plus est la relation &#233;ducative, est la vitamine du grandir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, l'&#339;uvre de Deligny appelle &#224; travailler non pas sur ce qui coupe ou s&#233;pare mais plut&#244;t sur ce qui fait lien et &#224; ce titre elle invite l'&#233;ducateur &#224; renouer avec l'urgence &#224; rechercher l'alliance. L'alliance avec l'autre, sujet de la relation et aussi alliance avec ceux qui composent son environnement proche. Et &#224; cet &#233;gard je ne parlerai pas d'approche syst&#233;mique m&#234;me si paradoxalement j'ai &#233;t&#233; form&#233; &#224; la th&#233;rapie syst&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Oui&#8230; et pourquoi ce paradoxe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que je crois que l'&#233;ducation est un objet trop pr&#233;cieux pour &#234;tre contempl&#233; et fa&#231;onn&#233; par un seul outil fut-il psychanalytique ou syst&#233;mique ou autre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eprouveriez-vous &#224; l'&#233;gard de la psy la m&#234;me suspicion que Fernand Deligny qui &#233;crit &#224; la fin de sa vie &#171; Essi la psychologie &#233;tait un mot encore plus vain que beaucoup d'autres ? &#187; (Essi et copeaux, p. 116)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, sans doute&#8230; Bien que ce ne soit pas la psychologie qui soit suspecte mais bel et bien l'usage qui en est trop souvent fait ou plus pr&#233;cis&#233;ment encore l'usage qu'en font les &#233;ducateurs et beaucoup de psy dans les institutions. Ils ont vis-&#224;-vis de cette discipline des sciences humaines la m&#234;me distance r&#233;v&#233;rencieuse que les anciens &#224; l'&#233;gard de la magie. Certaines formules sont pens&#233;es comme &#233;tant capables de tout r&#233;soudre et beaucoup d'&#233;ducateurs r&#234;vent de s'en servir autant qu'ils craignent, le faisant, de s'en mordre les doigts. &#192; cet &#233;gard je suis frapp&#233; de les entendre dire &#171; c'est pas notre boulot &#187;, ce n'est pas notre boulot que de parler avec un enfant du comment il se vit comme enfant, c'est-&#224;-dire du comment il se vit dans sa relation &#224; son papa et &#224; sa maman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trop d'&#233;ducateur r&#233;p&#232;tent et pensent finalement que &#171; &#231;a c'est du boulot du psy ! &#187; Or qu'est-ce que le travail de l'&#233;ducateur au quotidien sinon de parler et d'agir, bref de retrouver prise sur ce qui fait tr&#232;s souvent n&#339;ud dans l'existence. Et pour parler et agir le &#171; papa &#187; et la &#171; maman &#187; dans la vie de l'enfant, l'&#233;ducateur ne peut pas faire autrement que de rechercher l'alliance et de tisser le r&#233;seau avec le p&#232;re et la m&#232;re. C'est trop difficile d'&#233;duquer un enfant pour imaginer qu'un &#233;ducateur puisse le faire seul ! Il faut cr&#233;er du r&#233;seau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il s'agit l&#224; d'un mot &#224; la mode, couramment utilis&#233;. Cela ne devrait donc pas poser de probl&#232;me ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute&#8230; Sauf que dans la plupart des cas, le r&#233;seau tel qu'il est compris et mis en &#339;uvre s'av&#232;re d&#233;cevant, &#231;a ne marche pas ! &#199;a ne marche pas parce que trop souvent la logique de fonctionnement du r&#233;seau est &#171; l'int&#233;r&#234;t &#187;. Int&#233;r&#234;t de l'enfant dans l'argumentation avanc&#233;e et contractualis&#233;e mais qui en r&#233;alit&#233; est d'abord l'int&#233;r&#234;t de l'institution ou celui de la famille. Rarement, trop rarement celui de l'enfant. Ainsi, si &#231;a va si mal que &#231;a dans beaucoup d'institutions, c'est sans aucun doute parce que trop de professionnels font comme si l'enfant avait choisi son institution. Comme s'il &#233;tait libre et ma&#238;tre de son devenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue l&#224;, et &#224; bien des &#233;gards, la r&#233;volution p&#233;dagogique reste &#224; venir : l'enfant &#224; l'&#233;cole devrait avoir la possibilit&#233; de choisir son &#171; ma&#238;tre &#187; tout comme l'enfant dans l'institution devrait avoir celle de choisir son &#233;ducateur r&#233;f&#233;rent, tout comme l'&#233;l&#232;ve &#233;ducateur devrait avoir lui-m&#234;me la possibilit&#233; de choisir son tuteur de stage. Mais dans cette utopie cr&#233;atrice autant que libertaire, l'enfant et son &#233;ducateur ou l'&#233;l&#232;ve et son ma&#238;tre auraient syst&#233;matiquement tort et ce quel que soit la qualit&#233; du lien &#233;tabli et de la r&#233;ussite des projets vis&#233;s. Ils auraient syst&#233;matiquement tort aux yeux de l'institution pour laquelle les objectifs sont d'abord la p&#233;rennit&#233; de son propre fonctionnement et la stabilit&#233; de l'ordre &#233;tabli. L'int&#233;r&#234;t de l'enfant venant en sus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'autre raison qui fait que bien souvent le &#171; r&#233;seau &#187; &#231;a ne marche pas vient de l'id&#233;e couramment adopt&#233;e aujourd'hui qu'un r&#233;seau c'est avant tout de la ressource. Or un r&#233;seau c'est d'abord des personnes, ensuite un r&#233;seau c'est essentiellement de la circulation, du flux, du mouvement. Ce ne sont pas seulement des lieux ressources qu'il faut imaginer et mettre en place, y compris dans l'int&#233;r&#234;t et le bien suppos&#233; de l'enfant, mais les conditions de passage d'un point &#224; un autre et surtout les modalit&#233;s par lequel l'enfant, qui est en l'occurrence le principal int&#233;ress&#233;, est associ&#233; &#224; ces mouvements. Cette derni&#232;re remarque constitue une condition incontournable et un travail indispensable si l'&#233;ducateur veut avoir une chance d'aider l'enfant &#224; comprendre &#171; comment il en est arriv&#233; l&#224; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; J'aimais l'asile, dit Deligny&#8230; Je l'aimais comme il est fort probable que beaucoup de gens aiment quelqu'un, d&#233;cident de faire leur vie avec&#8230; &#187; (&#338;uvres, p.44). Comment l'&#233;ducateur peut-il aimer l'institution aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#339;uvrant de sorte &#224; ce que son action ne soit pas seulement pens&#233;e et conduite dans le souci du respect de l'ordre et du pouvoir &#233;tabli. Pour illustrer cela, il me vient &#224; l'esprit l'exemple d'une association et son r&#233;seau dans laquelle bien &#233;videmment il existe un r&#232;glement int&#233;rieur mais dans laquelle, et de fa&#231;on tout aussi &#233;vidente, le travail n'est pas centr&#233; sur ce qui fait l'institution mais sur ce qui traverse la vie des personnes accueillies. Ce qui compte c'est ce qui fait trajectoire et projet. Et les &#171; jeunes &#233;ducateurs &#187;, ceux qui entrent dans le m&#233;tier ont envie de &#231;a&#8230; Ils ont envie de cette perspective qui renoue avec l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus difficile pour nous formateurs, l&#224; o&#249; s'arr&#234;tent notre autorit&#233; et notre comp&#233;tence, c'est de faire r&#233;entendre cette envie de mouvement et de &#171; faire avec &#187; m&#234;me si parfois cette envie l&#224;, celle du &#171; faire avec &#187; a disparu au profit du &#171; faire &#187; tout simplement voire, pire encore, du faire &#224; la place de. D'o&#249;, et pour revenir &#224; notre point de d&#233;part, l'importance d'&#234;tre dans la &#171; parole &#187; et non dans le &#171; discours &#187;, d'&#234;tre dans la lecture des textes et non dans la le&#231;on d'histoire. Fut-elle une belle histoire !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les autistes &#233;taient comme un peuple sans terre</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Les-autistes-etaient-comme-un-peuple-sans-terre</link>
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		<dc:date>2008-01-31T15:17:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Lieu de vie</dc:subject>
		<dc:subject>Autisme</dc:subject>
		<dc:subject>870</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque o&#249; la structure cr&#233;&#233;e par Deligny ne recevait aucun subside des pouvoirs publics, ses habitants vivaient de quelques dons, du pain ou des fromages de ch&#232;vre vendus au march&#233; et des chariots que Jacques Lin fabriquait &#224; temps perdu. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans une grande pi&#232;ce &#224; vivre attenante &#224; la cuisine, sont suspendues aux murs les peintures des r&#233;sidants compos&#233;es par Gis&#232;le Ruiz. Comme tout artiste, elle est d'abord inqui&#232;te plut&#244;t que flatt&#233;e par le possible regard que le visiteur pourrait porter sur son (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque o&#249; la structure cr&#233;&#233;e par Deligny ne recevait aucun subside des pouvoirs publics, ses habitants vivaient de quelques dons, du pain ou des fromages de ch&#232;vre vendus au march&#233; et des chariots que Jacques Lin fabriquait &#224; temps perdu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans une grande pi&#232;ce &#224; vivre attenante &#224; la cuisine, sont suspendues aux murs les peintures des r&#233;sidants compos&#233;es par Gis&#232;le Ruiz. Comme tout artiste, elle est d'abord inqui&#232;te plut&#244;t que flatt&#233;e par le possible regard que le visiteur pourrait porter sur son &#339;uvre. Elle craint m&#234;me que le fait que les tableaux soient accroch&#233;s laisse croire &#224; une exposition d'&#339;uvres achev&#233;es alors qu'elle regrette &#224; haute voix toutes les imperfections que les peintures rec&#232;lent encore. Ici, &#224; Monoblet, ce sont donc des &#339;uvres peintes &#224; la main qui signent et donnent &#224; voir aux passants et aux habitants de la maisonn&#233;e le portrait de ceux qui la hantent &#224; travers leurs silences et leurs d&#233;placements furtifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on diff&#233;rente, dans beaucoup d'autres &#233;tablissements accueillant des personnes autistes, &#233;tablissement sans aucun doute plus &#171; modernes &#187;, c'est tr&#232;s souvent la photographie qui est utilis&#233;e pour refl&#233;ter et restituer la pr&#233;sence de ceux qui occupent l'espace et les lieux autrement que par un langage articul&#233; et v&#233;hiculeur de sens. De fait, le long des couloirs ou sur la porte des chambres, des galeries de portraits, souvent r&#233;duits au visage, ornent les murs ; photos au demeurant aussi lisses et muettes que leurs mod&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les mains sont partout&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; Monoblet, les repr&#233;sentations ainsi expos&#233;es sont elles aussi silencieuses ; en revanche, les personnages sont debout et peints sur pied, et &#224; d&#233;faut de paroles, les corps en disent long. Les corps et les mains surtout : &#171; les mains sont partout &#8211; &#171; main d'humain &#187; -, dans le geste de l'adulte, dans l'agir pour rien de l'enfant autiste, doigts entrelac&#233;s, dans l'assiette dans la bouche&#8230; &#187; (Alvarez Toledo, P&#233;dagogie po&#233;tique de Fernand Deligny). En s'approchant des peintures, il est ais&#233; de distinguer l'attention port&#233;e aux mains par Gis&#232;le Ruiz ; elle sont, une fois encore, peupl&#233;es de doigts longs et effil&#233;s. Doigts tordus, doigts secou&#233;s ou bien serr&#233;s par la force des st&#233;r&#233;otypies. La v&#233;ritable question est de savoir si les habitants de la maisonn&#233;e se voient et se reconnaissent dans leur portrait ? Mais chut, il s'agit l&#224; d'un secret que les mots ne trahiront pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la m&#234;me pi&#232;ce mais sur le haut d'une armoire, restent, comme venus du pass&#233; mais oubli&#233;s ou rest&#233;s en rade d'un long voyage d&#233;sormais termin&#233;, quelques chariots fabriqu&#233;s par Jacques Lin. Quelques-uns de ces fameux chariots dont il est question &#224; maintes reprises dans La vie de radeau (&lt;a href='https://www.lien-social.com/La-vie-de-radeau-Le-reseau-Deligny-au-quotidien' class='spip_in'&gt;lire la critique&lt;/a&gt;) : &#171; Quand ces fortes toiles devenaient trop us&#233;es pour nous abriter, d&#233;coup&#233;es, elles devenaient les b&#226;ches des petits chariots d'&#233;migrants que j'ai fabriqu&#233;s pendant longtemps&#8230; &#187; (pp.108-109).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; la seule lecture de l'ouvrage et &#224; d&#233;faut de les voir, il demeure en r&#233;alit&#233; difficile pour le lecteur de se faire une repr&#233;sentation des objets ainsi sculpt&#233;s. Il y a bien le qualificatif &#171; d'&#233;migrants &#187; accol&#233; au mot de &#171; chariot &#187; qui devait l'alerter et, pour ainsi dire, lui mettre la puce &#224; l'oreille ; mais, emport&#233; par le contexte m&#234;me de l'ouvrage, celui-ci est plus enclin &#224; croire qu'il s'agit de chariots de paysan&#8230; des outils agricoles ou des machines en quelque sorte, territorialis&#233;es aux C&#233;vennes et &#224; son &#233;tat de d&#233;veloppement de l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de cela, il y a dans ces chariots, qui ont d'ailleurs longtemps repr&#233;sent&#233;s la seule ressource du lieu de vie &#224; l'instar des fromages de ch&#232;vres et des pains vendus sur les &#233;tals de march&#233;, une d&#233;territorialisation lourde de sens. Les chariots parlent d'un ailleurs bien r&#233;el et de son imaginaire : le Far West. &#192; la question : &#171; Pourquoi avoir fabriqu&#233; des chariots de la conqu&#234;te de l'Ouest ? &#187;, Jacques Lin pr&#233;cise d'embl&#233;e que dans son d&#233;sir et projet initial, il aurait voulu y mettre des personnages, des Indiens et des cow-boys, mais que cela rendait l'objet difficilement vendable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;couter, impossible de ne pas faire le lien avec un texte de Gilles Deleuze et F&#233;lix Guattari publi&#233; dans le journal Lib&#233;ration, les 8-9 mai 1982, intitul&#233; Mes indiens de Palestine. Les auteurs y d&#233;fendent la cause des peuples sans terre. Et &#224; l'&#233;poque de la cr&#233;ation de Monoblet, les autistes sont eux aussi un peuple sans terre&#8230; Et sans doute d'ailleurs le sont-ils encore aujourd'hui, et ce en d&#233;pit de tous les efforts annonc&#233;s par les gouvernements successifs pour tenter de leur donner des lieux d'asile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1982 comme en 2008, dans les pages de Lib&#233; comme dans la grande pi&#232;ce de La Magnanerie, le spectre de Deligny hante l'&#233;crit de Deleuze-Guattari comme les paroles de Jacques Lin. Il tire le visiteur par les pieds et l'am&#232;ne, maintenant et en terre C&#233;venole, &#224; faire le lien entre tous les sans terre de la Terre. Car ici, et &#224; d&#233;faut de langage, tout fait sens. Tel le vivant qui s'ensemence, tout ici &#171; s'encense &#187; et prend racine ; y compris l'insens&#233;, y compris l'impens&#233;. Dans l'article de Lib&#233;ration, il est &#233;crit que &#171; l'histoire de l'&#233;tablissement d'Isra&#235;l est une reprise du processus qui a donn&#233; naissance aux Etats-Unis d'Am&#233;rique &#187; ; celui d'une conqu&#234;te qui consiste &#224; occuper de force le territoire d'autrui, et de l'en chasser en le d&#233;truisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors la fabrication de ces chariots n'est-elle pas un geste exorciste ? Les mains de Jacques Lin n'auraient-elles pas en quelque sorte fini par sculpter dans le bois et dans l'assemblage des mat&#233;riaux une id&#233;e que dans son for int&#233;rieur il r&#233;prouve : un peuple ne doit pas venir en chasser un autre et doit pouvoir occuper l'espace qui lui pr&#233;existait de fa&#231;on respectueuse. Car ce sont bien de dr&#244;les d'Indiens qui sont venus installer leur camp dans les C&#233;vennes autour de feu de bois sur lequel se cuisaient &#224; m&#234;me la flamme des mets aussi simples que frugaux : &#171; M&#234;me le propri&#233;taire pr&#233;f&#232;re m'appeler d'une courbe du chemin qui domine le camp, lorsqu'il a besoin de moi. Il n'ose pas s'approcher plus pr&#232;s du territoire de cette &#233;trange tribu&#8230; &#187; (La vie de radeau, p.52).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le campement s'organise autour de gestes qui contribuent &#224; la vie de celui-ci et de ses habitants. Car au bout du compte c'est bien ce que vont montrer les lignes d'erre rep&#233;r&#233;es et projet&#233;es par Deligny sur le papier : les pas de ces dr&#244;les de gamin-l&#224;, en apparente errance dans une vie sans temps, suivent les all&#233;es et venues de ceux qui occupent la position d'adulte et qui entra&#238;nent dans leur sillage des histoires sans parole. Il fallait une sacr&#233; ruse de Sioux pour suivre &#224; la trace ces &#234;tres mutiques et faire dire &#224; leur pas ce que les mots &#233;taient incapables de dire : la vie n'a de sens que dans la vie elle-m&#234;me, dans la succession des actes qui de l'aube au cr&#233;puscule emplissent une journ&#233;e (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Relation-educative-nourrir-l-enfant-le-faire-vivre' class='spip_in'&gt;lire l'interview de Jean-Pierre Clocher&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Garder vivant l'acte &#233;ducatif. Comme Deligny, osez</title>
		<link>https://www.lien-social.com/l-actualite-de-fernand-deligny</link>
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		<dc:date>2008-01-31T15:10:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Lieu de vie</dc:subject>
		<dc:subject>Autisme</dc:subject>
		<dc:subject>870</dc:subject>

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&lt;p&gt;De publications en colloques, les temps pr&#233;sents montrent que la pens&#233;e de Fernand Deligny n'est pas morte et loin s'en faut. Alors que tant d'institutions sp&#233;cialis&#233;es et leurs &#233;quipes sont en souffrance, parce que menac&#233;es de perdre le sens de ce qui les fait &#234;tre, l'&#339;uvre du po&#232;te p&#233;dagogue indique encore une direction &#224; prendre aux professionnels des temps pr&#233;sents. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'actualit&#233; de Fernand Deligny c'est d'abord la parution non pas des &#339;uvres compl&#232;tes mais de ce &#171; br&#233;viaire &#187; de ses &#339;uvres pour reprendre (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De publications en colloques, les temps pr&#233;sents montrent que la pens&#233;e de Fernand Deligny n'est pas morte et loin s'en faut. Alors que tant d'institutions sp&#233;cialis&#233;es et leurs &#233;quipes sont en souffrance, parce que menac&#233;es de perdre le sens de ce qui les fait &#234;tre, l'&#339;uvre du po&#232;te p&#233;dagogue indique encore une direction &#224; prendre aux professionnels des temps pr&#233;sents.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'actualit&#233; de Fernand Deligny c'est d'abord la parution non pas des &#339;uvres compl&#232;tes mais de ce &#171; br&#233;viaire &#187; de ses &#339;uvres pour reprendre le mot de Sandra Alvarez de Toledo, auteure d'un ouvrage de 1848 pages publi&#233; aux &#233;ditions de l'Arachn&#233;en (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Fernand-Deligny-OEuvres' class='spip_in'&gt;lire la critique&lt;/a&gt;). L'actualit&#233; c'est encore la sortie aux &#233;ditions Montparnasse de la filmographie de Deligny : Ce gamin-l&#224; ! et Le moindre geste. Un travail proprement arch&#233;ologique, au sens foucaldien du terme, qui remet ces deux &#233;l&#233;ments &#171; fossiles &#187; &#224; la port&#233;e d'un large public. L'actualit&#233; c'est enfin une s&#233;rie de colloques consacr&#233;s &#224; Deligny et son &#339;uvre, dont celui organis&#233; par cinq centres de formation en travail social dans la banlieue de Lyon le 8 avril 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actualit&#233;s de Deligny certes, mais inactualit&#233;s aussi tant la r&#233;ception de la pens&#233;e du po&#232;te p&#233;dagogue est loin d'&#234;tre &#233;vidente. Il n'y a pas si longtemps encore, ses ouvrages &#233;taient pass&#233;s au pilon parce que pas assez commerciaux et donc pas assez rentables. Il fallut m&#234;me &#224; l'&#233;poque la mobilisation d'un dernier carr&#233; de grognards pour dire &#171; merde &#187; au pseudo modernisme et pour, &#224; tout prix, sauver de l'oubli l'inoubliable. L'inactualit&#233; de Deligny c'est encore, et comme le souligne Sandra Alvarez de Toledo, son refus &#171; de la concentration des pouvoirs et des identit&#233;s &#187; qui va &#224; l'encontre des mod&#232;les de gouvernance des temps pr&#233;sents. S'ajoute &#224; cela, pour conforter l'inactualit&#233; de Deligny, son refus des sp&#233;cialit&#233;s qui tranche sur la volont&#233; d'un monde de plus en plus hyper sp&#233;cialis&#233;, et son refus de toute instrumentalisation dans un monde qui manipule all&#233;grement la pens&#233;e et les hommes. C'est donc cette tension entre les actualit&#233;s et les inactualit&#233;s de Deligny que questionne ce dossier. Il a pour but non pas de proposer aux travailleurs sociaux des temps modernes de revenir en arri&#232;re pour faire du Deligny (cette vis&#233;e nostalgique serait totalement aberrante), mais d'aider &#224; puiser dans cette exp&#233;rience pass&#233;e les innovations de demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est compos&#233; d'une s&#233;rie de rencontres qui ouvrent vers des possibles &#224; d&#233;faut de poser des certitudes. Rencontre avec un lieu d'abord, La Magnanerie de Graniers, dans le Gard, et avec ses t&#233;moins qui l'habitent encore, Jacques Lin et sa compagne Gis&#232;le Ruiz. Ceux-l&#224; furent au tout d&#233;but de l'aventure men&#233;e par Fernand Deligny et ont normalement poursuivi l'&#339;uvre entreprise &#224; la mort de ce dernier. Rencontre avec des professionnels qui, tel Jean-Pierre Clocher, puisent dans l'&#339;uvre une geste fossile et du sens &#224; &#234;tre &#233;ducateur. Rencontre enfin avec une parole vivante, celle de Fernand Deligny, dont les textes et les aphorismes, les images et les graphismes sont autant de lignes d'erres et de chemins de traverse pour penser la modernit&#233; d'un m&#233;tier, celui d'&#233;ducateur. C'est donc &#224; une arch&#233;ologie du savoir &#234;tre &#233;ducateur plus qu'&#224; une vision du savoir faire l'&#233;ducateur &#224; laquelle invitent les diff&#233;rents articles qui suivent.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quel avenir pour la Magnanerie ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sans salaire et depuis plus de trente ans, Jacques Lin et sa compagne Gis&#232;le Ruiz assurent le fonctionnement de la Magnanerie. Ici pas besoin de citer Deligny ou d'accrocher sa photo au mur tant sa pens&#233;e inspire toujours les lieux.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout du chemin &#224; peine carrossable, qui serpente sous les bosquets et glisse entre les pr&#233;s, surgit le b&#226;timent de l'ancienne Magnanerie ; il s'agit d'une b&#226;tisse imposante qui jaillit du sol &#224; l'&#233;cart de toute autre habitation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Contact : Jacques Lin - Graniers - 30170 Monoblet' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Fait rare et donc providentiel, ce matin-l&#224; il a plu sur le pays c&#233;venol lavant de leur poussi&#232;re les feuilles des arbres et des plantes que le soleil, avide, l&#232;che d&#233;j&#224;. &#192; peine sommes nous descendus de voiture qu'un gros chien au poil long et gris bleut&#233; dans la lumi&#232;re iris&#233;e nous accueille de sa voix grave, lourde et puissante. Ici, et &#224; la diff&#233;rence de tant d'autres maisons sp&#233;cialis&#233;es &#233;difi&#233;es en couronne des villes modernes, il n'y a ni sonnette ni interphone pour pr&#233;venir de l'arriv&#233;e d'un visiteur la personne, aussi invisible qu'inconnue, qui va r&#233;pondre &#224; l'autre bout du tuyau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la Magnanerie donc, nul besoin de guetter le petit &#171; clac &#187; signifiant que le portillon est d&#233;verrouill&#233;. Il y a juste ce grand chien qui guette notre avanc&#233;e dans la cour et qui scande chacun de nos pas d'un aboiement sonore mais pourtant sans menace. Il joue tout simplement son r&#244;le. Il surveille. Il pr&#233;vient. Dans la maison sans doute, tout le monde sait maintenant que des visiteurs arrivent. La porte s'ouvre et Jacques Lin nous accueille de plain pied dans ce qui est la salle &#224; manger. &lt;br class='manualbr' /&gt;Il est 10h 30 et les adultes autistes sont encore assis autour d'une grande table en bois et finissent leur petit d&#233;jeuner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, et &#224; la diff&#233;rence encore de tant d'autres &#233;tablissements, il n'y a pas de sas d'entr&#233;e entre le dehors et le dedans. Ici le passant entre directement dans un lieu de vie. Il n'y a pas de secr&#233;tariat en poste de vigie ni de corridor avec ses si&#232;ges d'attente. Il n'y a ni effigie de Deligny ni plaque comm&#233;morative de la fondation de la structure fix&#233;e au mur et pas non plus de grand panneau &#233;non&#231;ant les r&#232;gles de s&#233;curit&#233; &#224; suivre en cas d'incendie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Petits gestes de la vie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous entrons dans une salle &#224; manger ; et dans la profondeur de la pi&#232;ce, juste derri&#232;re un comptoir qui sert de banque, Laure et Marie-Lise, deux adultes accompagnatrices, s'activent ; l'une autour de la vaisselle du petit d&#233;jeuner et l'autre dans la pr&#233;paration du repas de midi. Ici en cette structure o&#249; la parole n'est pas toujours la bienvenue, car trop facile, trop superficielle, trop envahissante, ce sont les gestes qui sont signifiants et qui rythment le sens du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bruits des bols ou des couverts et les parfums de rago&#251;ts parlent donc d'un vivre ensemble et d'une pr&#233;sence humaine. Or elles sont rares d&#233;sormais les institutions qui accueillent leurs visiteurs avec des senteurs de cuisine d&#232;s 10 heures du matin. Il est vrai que c'&#233;tait souvent celle des oignons frits puisqu'ils sont tr&#232;s souvent les premiers &#224; passer &#224; la po&#234;le ou &#224; la coquelle avant que ne cuisent les viandes et les autres l&#233;gumes. Il est curieux d&#233;sormais d'entendre dans les discours que les senteurs de plats cuisin&#233;s sont associ&#233;es &#224; de mauvaises odeurs. Afin de ne pas d&#233;ranger plus que n&#233;cessaire les r&#233;sidants de la maisonn&#233;e, Jacques Lin nous fait passer dans une grande pi&#232;ce attenante qui sert d'appartement priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous n'avons certainement pas la pr&#233;tention d'&#233;crire l'histoire ! Ou, en tout cas, ce n'est certainement pas le sens que nous voulons donner &#224; ce que nous faisons ici&#8230; &#187; La r&#233;plique de Jacques Lin est instantan&#233;e ; cinglante. &#192; peine assis dans l'un des deux fauteuils faisant face au canap&#233; sur lequel s'est install&#233; Jacques Lin, la discussion entre sans attendre dans le vif du sujet. Il est vrai que notre premi&#232;re remarque, en guise de pr&#233;paration &#224; une premi&#232;re question, fut sans doute maladroite puisqu'elle parlait de notre impression d'&#234;tre dans un lieu charg&#233; d'une part d'histoire de l'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e et &#224; la fois d'une page d'histoire, celle en lien avec Fernand Deligny, qui se tourne. Visiblement, de l'int&#233;rieur et au regard du sens qu'il souhaite donner &#224; ce qui se fait encore &#224; La Magnanerie, Jacques Lin ne souhaite pas l'entendre ou le concevoir ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussit&#244;t, il ajoute : &#171; Tout juste avons-nous le sentiment d'avoir v&#233;cu une aventure&#8230; ou bien encore d'avoir g&#233;n&#233;r&#233; des tentatives, comme le dit Deligny. &#187; Le nom de celui qui pour nous est une grande figure de l'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e est alors prononc&#233; par Jacques Lin sans d&#233;f&#233;rence ni r&#233;f&#233;rence aucune ; il l'est tout naturellement et presque par m&#233;garde au d&#233;tour d'un propos qui forc&#233;ment va de soi. La pr&#233;sence de Deligny impr&#232;gne le discours et le projet de l'int&#233;rieur ; elle les inspire. De fait, force est de constater que dans cette pi&#232;ce aussi il n'y a ni photo ni portrait de ce dernier ; rien qui ne laisserait supposer que le passant se trouve l&#224; dans un mus&#233;e ou un lieu de culte rendu &#224; la m&#233;moire du fondateur des lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence de Deligny n'est dans aucun objet, &#224; l'exception peut &#234;tre d'un exemplaire du tout r&#233;cent ouvrage de Sandra Alvarez de Toledo pos&#233; sur une &#233;tag&#232;re parmi d'autres livres et journaux. En fait, dans cette grande pi&#232;ce qui sert de cuisine, salon et salle &#224; manger pour Jacques Lin et sa famille (leur espace priv&#233; au sein m&#234;me du lieu de vie), tous les objets pr&#233;sents sur les tables et les &#233;tag&#232;res concourent &#224; la vie quotidienne dans une collection h&#233;t&#233;roclite mais qui pourtant donne sens au d&#233;sordre rien que par l'utilit&#233; pratique ou affective de chacun d'entre eux. De toute &#233;vidence, rien n'est l&#224; de fa&#231;on artificielle. Cette impression est renforc&#233;e par la lumi&#232;re qui entre par une haute fen&#234;tre et qui prom&#232;ne sur chaque objet une teinte particuli&#232;re lui conf&#233;rant ainsi comme un surcro&#238;t d'&#233;paisseur ; &#233;trange lumi&#232;re d'ailleurs qui rend insaisissable les images dans l'objectif de l'appareil photo. Elle d&#233;joue les reliefs et joue avec les ombres de chaque chose ou de chaque individu semblant vouloir ainsi transposer dans l'immuable, cet immuable que Deligny rep&#232;re et qui sert comme de seconde peau aux personnes autistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point de page d'histoire qui se tourne et point d'h&#233;ritage qui s'assume donc autrement que par la vie qui continue, et pourtant c'est bien d'avenir et d'&#233;volution de la structure dont cause d&#233;sormais Jacques Lin. Car, si le nom de Deligny a longtemps prot&#233;g&#233; la Magnanerie des contr&#244;les des instances de tutelle et de leurs exigences, ce temps-l&#224; est d&#233;sormais r&#233;volu. Au bricolage des commencements succ&#232;de d&#233;sormais le respect des normes et des agr&#233;ments. &#171; L'institution ne supporte pas ce qui &#233;chappe&#8230; C'est un r&#233;flexe organique &#187;, commente Jacques Lin. Lui, qui au d&#233;part de l'entretien se d&#233;finissait comme &#233;tant moins un gauchiste qu'un &#171; libertaire pacifique &#187;, confirme par la parole et le regard perdu dans ses pens&#233;es qu'il a parfois encore beaucoup de mal &#224; comprendre les politiques sociales et le sens de certaines pratiques institutionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Structure exp&#233;rimentale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En maints endroits, la rationalisation trace son sillon &#224; la r&#232;gle au d&#233;triment peut-&#234;tre de ce qui fait le sens &#224; &#234;tre. &#192; &#234;tre l&#224; au monde, &#224; &#234;tre l&#224; accueilli dans une institution sp&#233;cialis&#233;e. S'il faut qu'il y ait agr&#233;ment, de quelle nature doit-il &#234;tre ? Si au d&#233;part Jacques Lin s'&#233;tait vu confi&#233; par la m&#232;re de Janmari, enfant autiste, et sans aucune forme de proc&#233;dure, le soin de g&#233;rer l'aide financi&#232;re accord&#233;e pour les soins et l'&#233;ducation de l'enfant, il a bien fallu peu &#224; peu r&#233;gulariser la m&#233;thode. Aujourd'hui la Magnanerie est agr&#233;&#233;e pour accueillir cinq adultes autistes &#171; mutiques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le statut est celui d'une structure d'accueil qualifi&#233;e de &#171; non traditionnelle et exp&#233;rimentale &#187;. Il suffit pour l'heure, dans la mesure o&#249; Jacques Lin et Gis&#232;le Ruiz demeurent les porteurs du projet et de sa coh&#233;rence dans l'espace et le temps. Mais, et par cons&#233;quence, l'ensemble demeure assez pr&#233;caire et se pose immanquablement la question du devenir de la structure. Pendant plus de trente ans, Jacques Lin et sa compagne Gis&#232;le Ruiz ont assur&#233; la vie et la survie de la maison et de ses habitants sans n'avoir aucun statut ni salaire. Inutile donc de songer m&#234;me &#224; une retraite. Et pourtant, il faudra bien un moment que l'aventure pour eux aussi s'arr&#234;te. Que deviendra alors la Magnanerie, son projet et ses habitants ? Jacques Lin suspend un instant la discussion, pivote l&#233;g&#232;rement son corps sur le c&#244;t&#233; et d&#233;place le gros chat confortablement endormi qui se tenait dans son dos depuis le d&#233;but. Voil&#224; donc la raison cach&#233;e qui tenait notre h&#244;te sur le bord de son canap&#233; depuis le d&#233;but de la discussion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'animal ne sourcille pas plus que cela. Le temps d'ouvrir et de refermer une pupille d'or et le voil&#224; replong&#233; dans la torpeur d'un sommeil de f&#233;lin de compagnie. &#192; la Magnanerie les animaux ont naturellement leur place. Leur pr&#233;sence n'a pas &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;e par &#171; projet &#187;. Si en plus du chien et du chat il y a aussi un cheval ce n'est pas par intention th&#233;rapeutique ou occupationnelle mais d'abord parce que l'amour des animaux anime les habitants des lieux et que, notamment, Gis&#232;le est une passionn&#233;e d'&#233;quitation. Et c'est bien parce qu'ils font partie des meubles que les animaux sont adopt&#233;s par les adultes autistes et que parfois l'un d'entre eux va tout naturellement pousser la brouette charg&#233;e de fumier et la d&#233;vers&#233;e &#224; l'endroit n&#233;cessaire. Parce que, dans son apparente errance quotidienne o&#249; rien ne semble devoir l'affecter, il a bien compris que c'est l&#224; une t&#226;che &#224; faire. Qu'elle fait partie de cet immuable du quotidien. Alors, il l'a accomplie, sans que rien ne lui soit dit ni m&#234;me impos&#233;. &#171; Trop de structures d'accueil sp&#233;cialis&#233; manquent de projet &#187;, affirme Jacques Lin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi prononc&#233;e, la formule manque de &#171; faire tomber sur le cul &#187; tant la notion de projet hante aujourd'hui tous les discours professionnels. Mais &#224; bien y r&#233;fl&#233;chir, la remarque fait mouche. En fait, la plupart des projets con&#231;us dans les institutions prennent et donnent forme au quotidien d'une fa&#231;on compl&#232;tement ext&#233;rieure &#224; celui-ci. Ce n'est pas la vie quotidienne qui impulse un projet mais un projet qui dessine &#224; grands traits la vie quotidienne : ainsi, dans beaucoup d'institutions, le lever se fera &#224; tel heure et de telle mani&#232;re. Les petits-d&#233;jeuners seront servis &#224; tel endroit et jusqu'&#224; telle heure. Les activit&#233;s seront d&#233;cid&#233;es et mises en place par des &#233;ducateurs faisant fonction d'animateur et au mieux de m&#233;diateurs. Elles d&#233;buteront &#224; telle heure et elles se termineront &#224; telle autre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un vrai foyer&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans toutes ces institutions-l&#224;, qui jouent bien leur r&#244;le d'institution mais qui trop souvent n'ont de foyer que le nom, l'organisation se machine ind&#233;pendamment des r&#233;sidants et dans une r&#233;p&#233;tition quotidienne qui vire &#224; l'usure, et pour les salari&#233;s et pour les personnes accueillies. Dans ces institutions-l&#224; c'est le sens qui fuit peu &#224; peu. Tandis qu'&#224; la Magnanerie le chien va encore pisser quand il veut et le cheval est pans&#233; quand vient pour lui le temps de se poser. Rien d'artificiel. Rien qui ne se dicte par un temps calcul&#233; et planifi&#233;. Tout se vit de l'int&#233;rieur et la vie de chacun va &#224; son rythme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est sans doute ce qui fait dire aux personnes qui passent &#224; la Magnanerie qu'il r&#232;gne en ces lieux une atmosph&#232;re de s&#233;r&#233;nit&#233; et de bien vivre qui apaise ses habitants et les tient &#224; l'&#233;cart de ces crises souvent violentes et extr&#234;mement souffrantes que connaissent les personnes autistes. L'asile offert ici est celui de l'hospitalit&#233; offerte &#224; tout &#234;tre vivant et l'&#233;quipe d'adultes qui accompagnent au quotidien les personnes accueillies ne font pas le projet de gu&#233;rir ou de r&#233;&#233;duquer. Ceci dit, que la personne souffre moins, que ses crises s'estompent et que sa relation au monde, aux autres et &#224; lui-m&#234;me soit plus sereine, ce sont bien l&#224; les &#233;volutions attendues et qui, au demeurant, donnent cr&#233;dit &#224; l'accueil dispens&#233; par la structure et son &#233;quipe d'adultes mais ce n'est pas pour autant ce qui est planifi&#233;, objectiv&#233;, contractualis&#233; et recherch&#233; &#224; tout prix, voire &#224; n'importe quel prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Lin nous entra&#238;ne dans une visite de la b&#226;tisse. L'int&#233;rieur n'a sans doute plus rien &#224; voir avec les b&#226;timents du d&#233;but. Bien s&#251;r, les murs demeurent ceux-l&#224; m&#234;mes qui sont enracin&#233;s dans la terre c&#233;venole depuis des dizaines d'ann&#233;es et la forme globale du b&#226;timent est rest&#233;e identique. Mais l'am&#233;nagement int&#233;rieur souscrit logiquement aux normes et r&#232;gles d'hygi&#232;ne et de s&#233;curit&#233;. L'extincteur au mur rappelle au visiteur que la maison a pour vocation d'accueillir un public ayant besoin de recevoir une aide &#233;ducative et de soin. Le sol carrel&#233; et les murs peints r&#233;fl&#233;chissent la lumi&#232;re du soleil qui entre du dehors par de larges ouvertures. Ici l'int&#233;rieur communique avec l'ext&#233;rieur et la nature reste &#224; port&#233;e de main ; le dedans et le dehors communient sans c&#233;r&#233;monie dans une continuit&#233; des espaces et du temps. De m&#234;me, le passage d'une pi&#232;ce &#224; l'autre se fait par des saign&#233;es creus&#233;es dans la pierre &#233;paisse, solide et contenante. Un escalier de pierre permet d'acc&#233;der &#224; l'&#233;tage et notamment &#224; l'atelier de Gis&#232;le Ruiz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;n&#233;reuse, celle-ci nous invite sans rechigner en son antre, espace d'intimit&#233; et de cr&#233;ation qui incite le passant au respect. Parmi le bric-&#224;-brac des peintures, des toiles, livres et mat&#233;riaux propres &#224; l'artiste, l'espace conc&#232;de une place &#224; la modernit&#233; par la pr&#233;sence d'un ordinateur portable. Il est loin d&#233;sormais le temps des d&#233;buts et des murs nus au toit perc&#233; et aux b&#226;ches tendues entre les lits en guise de cloison. Dans l'atelier pourtant subsiste un portrait de Janmari ; il rappelle que tout ce pass&#233; a bien exist&#233; et que le personnage de Deligny n'est pas un h&#233;ros de roman mais un po&#232;te &#233;ducateur, qui craignait cette profession et qui finit pourtant par se r&#233;concilier avec elle. Deligny n'est pas mort seul et dans un grand d&#233;nuement, comme le dit trop rapidement sans doute Jean Oury dans le d&#233;bat qui l'associe &#224; Jean Maldiney &#224; propos du film Le moindre geste (Autour du moindre geste, Les &#233;ditions Montparnasse). Il est mort chez lui, &#224; Monoblet, entour&#233; de ceux qui furent d'abord les siens : Jacques Lin et sa compagne Gis&#232;le Ruiz, et aussi Janmari et tous les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tout comme Fernand Deligny consacrant ses derni&#232;res forces &#224; cr&#233;er ses aphorismes, Janmari, enfant autiste, a fini lui aussi par tracer des signes sur le papier, des signes &#224; lui, en lignes, immuables, interminables, en vagues douces mourant au pied de la page. Janmari calquant sa fin de vie sur celle de celui qui fut&#8230; Qui fut quoi au juste ? Allez savoir ! Un p&#232;re ? Un ami ? Un &#233;ducateur sans aucun doute&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Contact : Jacques Lin - Graniers - 30170 Monoblet&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Garder vivant l'acte &#233;ducatif : comme Deligny, osez</title>
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