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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Ne plus faire un probl&#232;me de l'immigration</title>
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		<dc:subject>858</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sujet de plus en plus sensible, l'immigration revient positivement - une fois n'est pas coutume - sur le devant de la sc&#232;ne, avec l'ouverture d'une Cit&#233; de l'histoire de l'immigration, attendue depuis quinze ans. Malheureusement, aucune reconnaissance officielle n'a encore eu lieu &lt;br class='autobr' /&gt;
Le mod&#232;le d'int&#233;gration caract&#233;risant la France aurait-il v&#233;cu ? Dans le sillage des courants politiques de pens&#233;e les plus inqui&#233;tants, la question de l'immigration est trop souvent r&#233;sum&#233;e aujourd'hui &#224; quelques abus : (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sujet de plus en plus sensible, l'immigration revient positivement - une fois n'est pas coutume - sur le devant de la sc&#232;ne, avec l'ouverture d'une Cit&#233; de l'histoire de l'immigration, attendue depuis quinze ans. Malheureusement, aucune reconnaissance officielle n'a encore eu lieu&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le mod&#232;le d'int&#233;gration caract&#233;risant la France aurait-il v&#233;cu ? Dans le sillage des courants politiques de pens&#233;e les plus inqui&#233;tants, la question de l'immigration est trop souvent r&#233;sum&#233;e aujourd'hui &#224; quelques abus : fausses demandes d'asile, fraude au regroupement familial, franchissement ill&#233;gal de fronti&#232;re, communautarisme&#8230; Conditionnant le regroupement familial, le recours aux tests ADN a &#233;t&#233; vot&#233; le 16 octobre par le S&#233;nat et adopt&#233; par la commission mixte paritaire (m&#234;me si le Conseil constitutionnel est saisi).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi l'immigration fait-elle, &#224; ce point, probl&#232;me ? Selon l'Institut national d'&#233;tudes d&#233;mographiques (INED), plus d'un quart des Fran&#231;ais ont au moins un parent ou un grand parent &#233;tranger. Depuis deux semaines, un lieu est cens&#233; faire conna&#238;tre &#8212; et reconna&#238;tre &#8212; l'apport de l'immigration en France : participation aux grands chantiers de constructions de notre &#233;conomie (mines, automobile, b&#226;timent), aux combats des deux Guerres mondiales du si&#232;cle dernier, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le projet avait officiellement &#233;merg&#233; d&#232;s la fin des ann&#233;es 80, l'ouverture de cette Cit&#233; nationale de l'histoire de l'immigration (CNHI) &#8212; plusieurs fois repouss&#233;e &#8212; a eu enfin lieu le 10 octobre dernier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='CNHI &#8211; Palais de la Porte Dor&#233;e (entr&#233;e : 3 et 2 &#8364;) - 293 av. Daumesnil &#8211; 75012 (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ses objectifs principaux consistent &#224; stimuler la recherche, alimenter les programmes &#233;ducatifs et animer les r&#233;seaux associatifs. L'endroit, &#233;quip&#233; d'une m&#233;diath&#232;que, a vocation &#224; &#234;tre un lieu p&#233;dagogique d'&#233;changes, de d&#233;bats et d'&#233;v&#233;nements artistiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un bel espace de 1100 m2, l'histoire des migrations des deux si&#232;cles derniers est d&#233;velopp&#233;e sur douze immenses cartes. Une exposition permanente retrace ces milliers de parcours, avec images d'archives, r&#233;cits familiaux, photos et objets &#8212; valises et sacs, voitures surcharg&#233;es&#8230; &#8212; symbolisant l'immigration. Un vid&#233;omathon permet au visiteur de raconter sa propre histoire ; dans le m&#234;me ordre d'id&#233;es, une &#171; galerie des dons &#187; accueillera les objets que les particuliers ou les associations voudront l&#233;guer au mus&#233;e. Des bornes interactives proposent des donn&#233;es de r&#233;f&#233;rences sur les principales th&#233;matiques li&#233;es au th&#232;me de l'immigration. Des expositions temporaires sont pr&#233;vues : autour du photographe d'Ellis Island (haut lieu de l'immigration nord-am&#233;ricaine), ou de l'exposition coloniale de 1931&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'immigration sera-t-elle un jour &#224; ranger au mus&#233;e ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tout cela ne s'est pas fait sans heurt. Apr&#232;s l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, la plupart (huit sur douze) des chercheurs associ&#233;s au projet avaient d&#233;missionn&#233;, s'&#233;levant contre la cr&#233;ation d'un minist&#232;re m&#234;lant Immigration et Identit&#233; nationale. La Ligue des droits de l'homme (LDH) avait appel&#233; avec d'autres associations &#224; un rassemblement devant la CNHI le jour de l'ouverture pour d&#233;noncer &#171; un climat politique domin&#233; aujourd'hui par la restriction des droits des &#233;trangers : atteinte au droit d'asile, tests ADN, &#171; chasse &#224; l'&#233;tranger &#187;, quotas d'expulsion, restriction au droit de mener une vie familiale normale &#187;&#8230; Le syndicat Sud d&#233;non&#231;ait aussi l'absence de formation des personnels de la Cit&#233;, de m&#234;me que la pr&#233;carit&#233; des postes de m&#233;diateurs recrut&#233;s. Le r&#233;seau &#201;ducation sans fronti&#232;res (RESF) rappelait l'aggravation des actes de r&#233;pression contre les sans-papiers, et un collectif lan&#231;ait un appel pour une &#233;mission sur les migrations &#224; France T&#233;l&#233;visions&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on imaginer une recherche sur l'immigration inf&#233;od&#233;e au pouvoir ? &#201;videmment non. Pourtant, un nouvel Institut d'&#233;tudes sur l'immigration et l'int&#233;gration (IEII) d&#233;pendant du Haut Conseil &#224; l'int&#233;gration (HCI) a curieusement failli &#234;tre inaugur&#233; par le ministre de l'Immigration l'avant-veille de l'ouverture de la CNHI ! Ses principales missions se r&#233;sumaient &#224; &#171; constituer un guichet unifi&#233; des &#233;tudes sur l'immigration et l'int&#233;gration donnant des moyens &#233;largis &#224; la recherche. &#187; L'apparition de cette structure &#171; concurrente &#187; avait entra&#238;n&#233; une p&#233;tition de chercheurs : au final, l'inauguration pr&#233;vue n'a pas eu lieu. R&#233;agissant &#224; ce d&#233;sordre planifi&#233;, un Observatoire de l'institutionnalisation de la x&#233;nophobie se mettait en place en vue de scruter les faits et gestes d'un minist&#232;re douteux, avec l'objectif plus large de produire des travaux concernant la diffusion des id&#233;es x&#233;nophobes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me ministre de l'Immigration a annonc&#233; le 10 octobre &#224; Madrid son intention de promouvoir un &#171; pacte europ&#233;en sur l'immigration &#187; dans le cadre de la pr&#233;sidence fran&#231;aise de l'Union europ&#233;enne, qui doit d&#233;buter en juillet 2008. Sarkozy veut une &#171; immigration &#233;conomique &#187; &#224; hauteur de 50 % des entr&#233;es. L'immigration sera-t-elle un jour &#224; ranger au mus&#233;e ? Mais le porte-parole du gouvernement, Laurent Wauquiez, l'a assur&#233; : la toute nouvelle CNHI sera officiellement inaugur&#233;e. Un jour.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.histoire-immigration.fr&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;CNHI&lt;/a&gt; &#8211; Palais de la Porte Dor&#233;e (entr&#233;e : 3 et 2 &#8364;) - 293 av. Daumesnil &#8211; 75012 Paris. T&#233;l. 01 53 59 58 60. &lt;a href=&#034;http://www.alterites.com&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Magazine web&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Savoir nommer la r&#233;alit&#233; si elle devenait monstrueuse</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Savoir-nommer-la-realite-si-elle-devenait-monstrueuse</link>
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		<dc:subject>858</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jean-Jacques Rossello est psychiatre et membre de la Soci&#233;t&#233; psychanalytique de Paris. Il travaille depuis dix-sept ans &#224; la MAS Paul-Mercier. Il intervient deux demi-journ&#233;es par semaine pour essentiellement accompagner le personnel. Il d&#233;finit ses interventions comme un travail clinique de mise en r&#233;flexion et en mots du v&#233;cu quotidien du personnel soignant : &#171; Pour que leur travail reste dans le domaine du supportable. &#187; Au fil des ann&#233;es, s'est install&#233;e une certaine libert&#233; de r&#233;flexion. (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jean-Jacques Rossello est psychiatre et membre de la Soci&#233;t&#233; psychanalytique de Paris. Il travaille depuis dix-sept ans &#224; la MAS Paul-Mercier. Il intervient deux demi-journ&#233;es par semaine pour essentiellement accompagner le personnel. Il d&#233;finit ses interventions comme un travail clinique de mise en r&#233;flexion et en mots du v&#233;cu quotidien du personnel soignant : &#171; Pour que leur travail reste dans le domaine du supportable. &#187; Au fil des ann&#233;es, s'est install&#233;e une certaine libert&#233; de r&#233;flexion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment a d&#233;but&#233; cette r&#233;flexion que vous avez men&#233;e sur la figure du monstre dans votre travail clinique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1990 &#224; 2002, je rencontrais le personnel dans le cadre d'un groupe de parole assez libre. Venait qui voulait. Le groupe se r&#233;unissait trois fois par mois pendant une heure trente. Au fil des &#233;changes, je pointais certaines r&#233;flexions qui me semblaient pertinentes. Je me souviens d'une m&#233;saventure qu'a racont&#233;e l'une des participantes. Elle avait gagn&#233; une peluche g&#233;ante lors d'un concours dans une grande surface. Un saint-bernard, embl&#232;me publicitaire d'une marque de papier hygi&#233;nique. Elle ne savait pas quoi en faire, il encombrait chez elle. &#171; Il faudrait que je le vende, disait-elle. C'est un monstre. &#187; M&#234;me si l'&#233;normit&#233; ne d&#233;finit pas &#224; elle seule la monstruosit&#233;, j'ai vu dans cette histoire, telle qu'elle &#233;tait racont&#233;e, une m&#233;taphore du r&#233;sident handicap&#233;. Au fil des ann&#233;es, m'est apparue toute l'importance de nommer la r&#233;alit&#233; quand elle est per&#231;ue comme monstrueuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment mettre le mot de monstre sur une r&#233;alit&#233;, sans culpabiliser imm&#233;diatement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nommer, c'est d&#233;j&#224; engager un travail de r&#233;flexion pour transformer cette perception de la monstruosit&#233;. D&#232;s lors que l'on met des mots, nous engageons un processus de r&#233;flexion. C'est un point de d&#233;part pour rectifier cette perception : non, il ne s'agit pas d'un monstre, mais d'un &#234;tre humain, ab&#238;m&#233; par la vie. Les m&#233;taphores pour d&#233;signer les r&#233;sidents sont monnaie courante. Nous viennent parfois des expressions comme &#171; c'est une plante verte &#187; pour une personne qui ne bouge pas, ou &#171; il bave comme un escargot &#187; quand un r&#233;sident salive continuellement. Le monstre est souvent vu comme un &#234;tre hybride, moiti&#233; homme, moiti&#233; animal, comme le sphinx, le centaure ou la chim&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les effets d'une telle r&#233;flexion au sein du personnel de la MAS ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour travailler ensemble dans un tel contexte, il faut savoir parler vrai. Cette r&#233;flexion permet de tisser des mots sans avoir honte de ce que nous pensons et de ce que nous ressentons. Ne pas fuir cette r&#233;alit&#233; l&#224;. Lors d'affaires criminelles, dans la litt&#233;rature ou m&#234;me au cin&#233;ma, nous sommes proches de la figure de &#171; l'Alien &#187;, un &#234;tre &#233;trange et dangereux. La soci&#233;t&#233; veut se mettre &#224; l'abri d'un &#171; monstre pareil &#187;. Mais le discours de cette m&#234;me soci&#233;t&#233; est totalement diff&#233;rent quand il s'agit du handicap. Depuis bien des ann&#233;es, il s'agit d'int&#233;grer la personne handicap&#233;e. C'est donc d'autant plus tabou de parler de monstre pour d&#233;signer des personnes que nous souhaitons int&#233;grer. En pensant la r&#233;alit&#233; d'une MAS avec le terme de monstre, nous interrogeons la limite de cette soci&#233;t&#233;, o&#249; l'int&#233;gration de la personne handicap&#233;e, si elle est souhait&#233;e, ne va pas forc&#233;ment de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment le personnel de l'&#233;tablissement a-t-il per&#231;u cette r&#233;flexion que vous avez nourrie toutes ces ann&#233;es par votre pratique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re fois que j'ai fait une communication publique lors d'un colloque &#224; Saint-Etienne, dans la Loire, en 1996, certaines personnes de la MAS m'ont dit &#171; tu exag&#232;res &#187; ou &#171; c'est culott&#233; &#187;. Et puis peu &#224; peu, il me semble que le personnel s'est appropri&#233; au fil du temps cette image de la figure du monstre. Car le contrepoint de &#171; il est monstrueux &#187;, c'est aussi &#171; je suis monstrueux &#187;. Si je suis gagn&#233; par le ras-le-bol dans mon travail, si je me laisse envahir par des pens&#233;es monstrueuses en direction des personnes polyhandicap&#233;es avec lesquelles je travaille, je peux penser que moi aussi je suis un monstre. Cette r&#233;flexion sur le rapport &#224; la norme aboutit &#224; des questions. O&#249; est-ce que je me situe ? O&#249; sont les limites de ce que je pense ? Est-ce que je perds mon statut d'&#234;tre humain si je me mets &#224; penser qu'il faut supprimer tous les polyhandicap&#233;s ? Est-ce que je suis devenu un monstre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont justement les effets pratiques de cette repr&#233;sentation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre travail sur la figure du monstre permet de veiller aux limites auxquelles sont confront&#233;s les salari&#233;s. Un terme assez &#224; la mode est apparu pour d&#233;signer l'&#233;puisement au travail, le &#171; burn out &#187;. Traduit mot &#224; mot, la br&#251;lure int&#233;rieure. C'est le stade ultime et catastrophique du stress. C'est dans des moments comme ceux l&#224; qu'on sera port&#233; &#224; moins accepter le r&#233;sident, &#224; le repousser, le fuir, que les risques de maltraitance sont les plus grands, mais aussi qu'on aura l'impression d'&#234;tre un mauvais professionnel, pas capable d'assumer sa t&#226;che, c'est dans ces moment-l&#224; qu'on peut se vivre soi-m&#234;me comme un monstre&#8230; &#192; partir de l&#224;, un travail de reconstruction, par la r&#233;flexion collective est possible pour revenir dans des rapports plus temp&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'en est-il aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les groupes de travail avec le personnel ont chang&#233;. Ils fonctionnent sur un autre rythme et avec une autre organisation. Il s'agit davantage de groupes d'analyse de la pratique. Certains indicateurs me permettent de dire que le climat de la MAS Paul-Mercier est assez tranquille. Le turnover et le nombre des arr&#234;ts de travail demeurent faibles. L'&#233;tablissement accueille fr&#233;quemment des stagiaires, c'est un signe d'ouverture. Je dirais que cette r&#233;flexion sur la figure du monstre est maintenant plus diffuse. Elle reste centrale et je pense que nous devons la conserver car il faut toujours rester vigilant. Si nous situons l'alt&#233;rit&#233; radicale du c&#244;t&#233; de la figure du monstre, nous ne devons pas oublier le glissement toujours possible vers une autre extr&#233;mit&#233;, celle de l'uniformit&#233;, qui donnerait &#224; croire que nous sommes tous pareils.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Sans parole, la maltraitance peut se faire jour</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Sans-parole-la-maltraitance-peut-se-faire-jour</link>
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		<description>
&lt;p&gt;Ga&#235;tan Munoz est psychomotricien, &#224; la fois tiers m&#233;diateur dans le travail des soignants avec les personnes polyhandicap&#233;es et interpr&#232;te de la r&#233;alit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quel est votre r&#244;le au sein de la MAS Paul-Mercier ? Mon travail s'articule autour des liens entre corps et psychisme. Les personnes polyhandicap&#233;es subissent des entraves corporelles, relationnelles et mentales. Il est donc n&#233;cessaire de leur proposer des &#171; exp&#233;riences du corps &#187; adapt&#233;s pour les aider &#224; se structurer psychiquement. Certaines se (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ga&#235;tan Munoz est psychomotricien, &#224; la fois tiers m&#233;diateur dans le travail des soignants avec les personnes polyhandicap&#233;es et interpr&#232;te de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est votre r&#244;le au sein de la MAS Paul-Mercier ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon travail s'articule autour des liens entre corps et psychisme. Les personnes polyhandicap&#233;es subissent des entraves corporelles, relationnelles et mentales. Il est donc n&#233;cessaire de leur proposer des &#171; exp&#233;riences du corps &#187; adapt&#233;s pour les aider &#224; se structurer psychiquement. Certaines se repr&#233;senteraient leur corps comme quelque chose de non &#233;tanche ou non perm&#233;able. N'importe quoi pourrait alors y entrer ou en sortir. Cela g&#233;n&#232;re des angoisses de liqu&#233;faction ou d'intrusion. Je vais les accompagner afin qu'elles se construisent une image corporelle au moins en un seul morceau et au moins une image ferm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment vous y prenez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re &#233;tape consiste &#224; rep&#233;rer le lieu de leur souffrance. Si les troubles demeurent purement psychiques, c'est le travail du psychologue ; les troubles somatiques sont trait&#233;s par le m&#233;decin g&#233;n&#233;raliste. Mais si angoisses et corps se lient, c'est alors que j'interviens. Je pense &#224; cette jeune femme extr&#234;mement contract&#233;e, en hypertonie, dans un corps tr&#232;s rigide. Elle crie beaucoup. Le m&#233;decin l'a d'abord mise sous morphine pour apaiser ce qu'il croyait &#234;tre des douleurs, mais au lieu de se rel&#226;cher, les cris redoublaient. Mon travail consiste &#224; essayer de penser cette souffrance diff&#233;remment. Peut-&#234;tre que par ces cris et ces contractions manifeste-t-elle l'angoisse que son corps pourrait &#233;clater en morceaux ? Peut-&#234;tre a-t-elle peur de se vider par ses orifices ? Dans cet exemple pr&#233;cis, la personne verrouillait ses orifices naturels et il &#233;tait n&#233;cessaire de lui faire des lavements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'avez-vous fait ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses cris avaient peut-&#234;tre la valeur d'une berceuse que l'on chante &#224; un enfant craintif et qui viendraient l'envelopper d'un bain sonore. Nous avons essay&#233; de l'envelopper dans une couverture en la serrant contre nous. Gr&#226;ce aux sensations corporelles qui l'emmaillotait, du tonus de l'autre, de sa voix, de sa respiration, elle s'est rel&#226;ch&#233;e, d&#233;tendue et s'est arr&#234;t&#233;e de crier. Cet exemple montre qu'en se sentant suffisamment entour&#233;e et contenue dans son corps, cette r&#233;sidente peut peut-&#234;tre construire une repr&#233;sentation de son corps qui lui permettra de ne plus avoir &#224; l'&#233;prouver par des cris continus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment cette approche tr&#232;s corporelle est-elle prise en charge par les soignants ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une approche que je m&#232;ne avec mes coll&#232;gues aides-soignantes et AMP. Je les guide et les accompagne pour qu'ensuite elles prennent le relais et se chargent de faire &#233;prouver ces sensations &#224; la r&#233;sidente. Par exemple, une de mes coll&#232;gues for&#231;ait beaucoup avec son corps pour envelopper une r&#233;sidente au point que le traitement devenait tr&#232;s &#233;prouvant pour elle. Je lui ai propos&#233; de se laisser aller sur la personne polyhandicap&#233;e plut&#244;t que de la serrer contre elle. Ce genre de th&#233;rapie nous met dans une proximit&#233; obligatoire qui vient r&#233;veiller plein de fantasmes. Habituellement, lorsqu'on se laisse aller sur le corps de quelqu'un d'autre, il s'agit rarement d'une situation de travail, mais plut&#244;t un moment intime qui peut faire penser &#224; une relation amoureuse. Mon r&#244;le consiste &#233;galement &#224; aborder ces interactions afin de s'autoriser cette pratique professionnelle particuli&#232;re. Il est essentiel de mon point de vue que mes coll&#232;gues se sentent suffisamment arm&#233;es dans leur corps et dans leurs repr&#233;sentations, pour pratiquer ces soins quotidiens qui r&#233;pondent &#224; l'angoisse et aux cris de certains r&#233;sidents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les difficult&#233;s qu'une telle pratique engendre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a peu de situations dans la vie o&#249; un adulte se retrouve en situation de corps &#224; corps. Nous le vivons avec nos enfants, nous l'avons v&#233;cu nous-m&#234;mes quand nous &#233;tions des enfants et nous l'&#233;prouvons aussi dans la relation amoureuse. Je ne parle pas des sports de combat o&#249; le corps &#224; corps est pr&#233;sent, mais tr&#232;s codifi&#233;. La pratique professionnelle et th&#233;rapeutique d'un corps &#224; corps, d'un &#171; peau &#224; peau &#187; m&#234;me, fait surgir le registre de l'intime dans le champ de l'exercice professionnel. C'est cette relation-l&#224; qu'il faut apprendre &#224; g&#233;rer. Si les deux sont trop entrem&#234;l&#233;s, le risque est de se perdre. Au contraire, s'ils demeurent trop distants, il n'y a plus de rencontre. Toute la difficult&#233; consiste &#224; utiliser le registre de l'intime en restant dans une pratique professionnelle afin d'apprendre &#224; passer de l'un &#224; l'autre. Je r&#233;sumerais cette articulation &#224; trois verbes : &#234;tre ensemble, &#233;prouver et penser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, une aide-soignante me dit : &#171; Je ne suis pas &#224; l'aise avec ce que vous proposez. Je revis les m&#234;mes gestes que ceux que je posais avec mes enfants lorsqu'ils &#233;taient des b&#233;b&#233;s. &#187; Cette repr&#233;sentation de la maman avec ses propres enfants vient heurter celle de la soignante avec la personne polyhandicap&#233;e. Il est n&#233;cessaire de laisser &#233;merger cette parole, la rep&#233;rer dans sa pratique professionnelle, et enfin de pouvoir se dire ensemble que ce n'est pas la m&#234;me chose. Nous ne sommes pas dans son intime m&#234;me si cela y ressemble fort, elle est bien sollicit&#233;e en tant que professionnelle, dans le registre du soin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi parlez-vous de relation archa&#239;que ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour construire une relation avec une personne polyhandicap&#233;e, il n'est pas possible de se limiter au regard et &#224; la parole, comme c'est le cas pour l'essentiel des situations de la vie courante. Sinon, il est probable que la rencontre ne se fasse jamais. La parole n'a plus la m&#234;me place. Ce qui importe pour les r&#233;sidents, c'est la m&#233;lodie de la voix, l'&#233;motion plus que les mots, m&#234;me si le langage et le sens que l'on met dans nos mots demeurent importants. Leurs moyens &#224; eux ne sont pas les n&#244;tres, ils sont du domaine du nourrisson. Le lieu de cette communication nous plonge dans des relations archa&#239;ques. Elles &#233;voquent le lien que l'on tisse avec un b&#233;b&#233;. Elles r&#233;veillent aussi en nous, le nourrisson que nous avons &#233;t&#233;. Ce que nous pouvons ressentir dans cette relation-l&#224; met &#224; jour des sensations tr&#232;s lointaines que nous pouvons consid&#233;rer comme tr&#232;s intrusives parce que notre intimit&#233; s'en trouve bouscul&#233;e. Ce sont des sentiments de notre propre petite enfance, difficiles &#224; mettre au jour et &#224; cerner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez particip&#233; au groupe de parole du docteur Rossello. En quoi la repr&#233;sentation de la &#171; figure du monstre &#187; vous a-t-elle aid&#233; dans votre pratique de psychomotricien ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque, j'&#233;tais tout jeune psychomotricien. J'y participais tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement et ces rencontres m'int&#233;ressaient beaucoup. Elles m'ont permis de prendre encore plus de distance face &#224; ma pratique et de comprendre aussi les difficult&#233;s que mes coll&#232;gues pouvaient &#233;prouver. Je me suis aussi autoris&#233; dans ces r&#233;unions &#224; partager des &#233;motions, des ressentis qui pouvaient para&#238;tre incorrects &#224; mes yeux et aux yeux des autres : la r&#233;pulsion face &#224; une difformit&#233; par exemple. J'ai appris que non seulement je pouvais le dire, mais que j'avais tout int&#233;r&#234;t &#224; le faire parce que cela constituait notre mat&#233;riau de travail. Je me souviens d'une r&#233;sidente qui m&#226;chait constamment un tissu totalement imbib&#233; de sa salive. Elle me l'a claqu&#233; sur le dos. Son geste m'a fait mal et je suis rest&#233; impr&#233;gn&#233; de son odeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du fait que c'est d&#233;sagr&#233;able et que cela ne sentait pas bon, il y a le fantasme de vivre une intrusion, de la sentir coll&#233;e &#224; moi toute la journ&#233;e. J'aurais &#233;t&#233; bien emb&#234;t&#233; si j'avais d&#251; la suivre ce jour-l&#224; pour un soin psychomoteur. Dire que c'est mal de penser cela n'est pas une solution, m&#234;me si certains professionnels trouvent insupportable d'&#233;voquer ces ressentis-l&#224;. Mais comment fait-on quand nous n'arrivons plus &#224; nous repr&#233;senter une personne polyhandicap&#233;e comme un &#234;tre humain ? Si la parole n'est pas possible, il y a pour moi un terrain propice &#224; la maltraitance et &#224; la n&#233;gligence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dire l'insupportable, pour ne pas passer &#224; l'acte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un monsieur qui pendant la toilette hurle et tente de se mordre. Quand il y parvient, il se mord jusqu'au sang. L'aide-soignante qui s'occupe de ce r&#233;sident est soumise &#224; une impuissance totale. Elle subit les cris qui r&#233;sonnent dans la salle de soins, et re&#231;oit la souffrance de l'autre en pleine figure. Elle tente de l'emp&#234;cher de se mordre, mais l'&#233;preuve est insoutenable. Qui ne serait pas travers&#233; par des pens&#233;es violentes pour arr&#234;ter cette situation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un temps d'observation permet de comprendre que ce monsieur n'arrive pas &#224; contenir les stimulations que provoque la toilette : l'habillage et le d&#233;shabillage, le chaud et le froid, le sec et le mouill&#233;, tout lui est insupportable. Pour endiguer la violence qu'il retourne contre lui-m&#234;me, Ga&#235;tan Munoz, le psychomotricien de la MAS, pr&#233;conise de limiter les excitations que provoquent ce moment-l&#224;, en lui parlant davantage, en laissant le moins possible couler l'eau et en lui mettant un gant de toilette dans la bouche afin qu'il morde le tissu, ce que valide le m&#233;decin psychiatre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais l'&#233;quipe de soin &#171; oublie &#187; de lui mettre ce gant dans la bouche. Entre le fantasme : &#171; Ses cris me sont insupportables et je l'&#233;toufferais bien pour qu'il arr&#234;te de crier et de se mordre &#187;, et la prescription : &#171; Mettez lui un gant dans la bouche &#187;, la fronti&#232;re &#233;tait trop t&#233;nue. L'&#233;quipe n'avait pas pu exprimer ce fantasme, seule demeurait l'id&#233;e : &#171; Je vais l'&#233;touffer &#187;. Cela ne pouvait &#234;tre fait sans passer par la verbalisation du fantasme, afin de pouvoir ensuite aider ce monsieur &#224; d&#233;charger de fa&#231;on acceptable ses angoisses.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pr&#233;venir la maltraitance en Maison d'accueil sp&#233;cialis&#233;</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Prevenir-la-maltraitance-en-Maison-d-accueil-specialise</link>
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		<dc:date>2007-10-25T15:39:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Polyhandicap</dc:subject>
		<dc:subject>858</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#171; Si tu ne t'occupes pas de moi, je meurs &#187;. Tel est le lourd contrat qui existe entre les soignants et les personnes polyhandicap&#233;es. Dans cette mission difficile, les liens qui se tissent sont &#224; double tranchant : ils font partie des soins et peuvent &#234;tre aussi source d'usure et de n&#233;gligence. La MAS Paul-Mercier de Lyon a mis en place un dispositif pour lutter contre la maltraitance. &lt;br class='autobr' /&gt;
La MAS Paul-Mercier &#224; Lyon accueille cinquante-deux personnes polyhandicap&#233;es en quatre unit&#233;s d'internat et dix (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_726 spip_documents'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/IMG/png/ya-quelquun-jiho.png' width=&#034;750&#034; height=&#034;460&#034; alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si tu ne t'occupes pas de moi, je meurs &#187;. Tel est le lourd contrat qui existe entre les soignants et les personnes polyhandicap&#233;es. Dans cette mission difficile, les liens qui se tissent sont &#224; double tranchant : ils font partie des soins et peuvent &#234;tre aussi source d'usure et de n&#233;gligence. La MAS Paul-Mercier de Lyon a mis en place un dispositif&lt;br class='autobr' /&gt;
pour lutter contre la maltraitance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La MAS Paul-Mercier &#224; Lyon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='MAS Paul-Mercier - 32 rue de la Garenne - 69005 Lyon. T&#233;l. 04 72 16 30 (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; accueille cinquante-deux personnes polyhandicap&#233;es en quatre unit&#233;s d'internat et dix autres en unit&#233; de jour. Ces r&#233;sidents adultes sont tous lourdement handicap&#233;s et vivent dans une tr&#232;s grande d&#233;pendance. Ils ne parlent pas, s'expriment par le regard, les gestes, les cris. Ils sont pris en charge par soixante-quinze salari&#233;s, dont une grande part d'aides-soignantes et d'aides m&#233;dico-psychologiques, et une animatrice &#233;ducatrice par unit&#233; de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une MAS n'est pas seulement un centre de soins, c'est d'abord un lieu de vie, la maison des r&#233;sidents. Le premier contact avec le polyhandicap est difficile. Tant qu'aucune v&#233;ritable relation n'est cr&#233;&#233;e, la personne polyhandicap&#233;e est appr&#233;hend&#233;e selon son handicap et ses d&#233;ficiences. La diff&#233;rence interroge &#224; titre individuel et suscite le rejet. &lt;i&gt;&#171; Le handicap et la d&#233;formation des corps sont parfois difficiles &#224; supporter car ils renvoient &#224; l'id&#233;e d'une souffrance somatique et psychique. En l'absence de langage pour la plupart des r&#233;sidents, c'est la vision d'un corps handicap&#233;, d&#233;form&#233; qui s'impose avant de rencontrer la personne avec sa diff&#233;rence &#187;&lt;/i&gt;, confie Sylvie Flassayer assistante sociale &#224; la MAS. &lt;i&gt;&#171; Je me souviens de ma premi&#232;re visite de l'institution. Mon regard ne percevait que l'atteinte physique et psychique, que la massivit&#233; et la gravit&#233; des troubles&#8230; C'est dans la rencontre et dans la relation que se r&#233;v&#232;lent la mission sociale de la MAS&#8230; &#187;&lt;/i&gt;, raconte Le&#239;la K&#233;bir, chef de service &#233;ducatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;er du lien, susciter les accroches relationnelles, la mission des professionnels soignants &#224; la MAS exige une tr&#232;s grande proximit&#233; relationnelle et affective. Mais cette grande proximit&#233; n'est pas sans risque, elle a besoin d'&#234;tre accompagn&#233;e d'un travail de r&#233;flexion, essentiel &#224; la pratique professionnelle dans une telle institution (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Sans-parole-la-maltraitance-peut-se-faire-jour' class='spip_in'&gt;lire l'interview de Ga&#235;tan Munoz, psychomotricien&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; chaque r&#233;sident est attach&#233; un projet. Il compte un volet m&#233;dical &#233;labor&#233; selon les soins qu'il requiert. &#192; celui-ci s'ajoute un volet &#233;ducatif et social. &#192; la MAS Paul-Mercier, ce dernier s'inscrit principalement dans la vie quotidienne qui entre dans une part importante du projet de vie. Les aides-soignantes et les AMP jouent ici un r&#244;le d&#233;terminant. Si les premi&#232;res investissent davantage le registre de la lecture du corps, les seconds sont plus sensibles &#224; la lecture psychosociale dans la relation avec les r&#233;sidents. Les deux sont compl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si d'autres activit&#233;s existent comme la baln&#233;oth&#233;rapie, l'&#233;quith&#233;rapie, la prise en charge de ces petits riens qui s'&#233;gr&#232;nent le long de la journ&#233;e rev&#234;t une importance capitale. C'est l'habillage, la toilette, les repas, tenir la main d'un r&#233;sident l'espace de quelques minutes. La toilette ne consiste pas seulement &#224; passer du sale au propre. Elle s'inscrit aussi dans une exp&#233;rience relationnelle du corps qui permet aux r&#233;sidents de se structurer psychiquement. Les &#233;quipes soignantes portent ainsi chaque jour dans une intimit&#233; et une proximit&#233; constantes, la fragilit&#233; des r&#233;sidents. La d&#233;pendance des personnes polyhandicap&#233;es est totale dans tous les actes de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une pratique d&#233;licate&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'investissement affectif et corporel des soignants a besoin d'&#234;tre encadr&#233;. La r&#233;alit&#233; de cette pratique quotidienne demande un investissement personnel qui peut provoquer une usure et des actes de n&#233;gligence. Il appara&#238;t donc salutaire de cr&#233;er des changements qui apportent de la nouveaut&#233;, suscitent des projets m&#234;me s'ils peuvent &#234;tre parfois v&#233;cus comme difficiles face aux relations de tr&#232;s grande proximit&#233; qui se sont forc&#233;ment tiss&#233;es entre soignants et r&#233;sidents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but septembre, une partie des &#233;quipes soignantes de la MAS Paul-Mercier a chang&#233; d'unit&#233;. Il s'agit d'un dispositif institutionnel qui fonctionne depuis dix ans, selon une p&#233;riodicit&#233; de trois ou quatre ans. &lt;i&gt;&#171; C'est un drame n&#233;cessaire qui est souvent mal v&#233;cu par les personnes,&lt;/i&gt; consid&#232;re Bernard Cache, le directeur, &lt;i&gt;mais nous rappelons avec ces mutations que les professionnels qui travaillent ici sont l&#224; pour toutes les personnes polyhandicap&#233;es de notre maison d'accueil sp&#233;cialis&#233;e. Les attachements qui se sont cr&#233;&#233;s doivent &#234;tre remis dans la perspective de leur mission. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Changer, pourquoi ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur de ce changement apparemment banal pour tout autre &#233;tablissement, se cache une raison centrale pour l'&#233;quipe d'encadrement : veiller &#224; pr&#233;venir la maltraitance. Une institution comme celle-ci peut d&#233;velopper les sympt&#244;mes qu'elle traite et cultiver une homologie fonctionnelle. Les soignants se retrouvent &#224; fonctionner en miroir avec la population accueillie. Cet exemple illustre bien ce risque. Parmi les r&#233;sidents de la MAS rares sont ceux qui peuvent s'exprimer. Julie en fait partie. &#192; l'heure de sa toilette, deux nouvelles personnes du service sont charg&#233;es de l'aider. Elle refuse cat&#233;goriquement que sa toilette soit r&#233;alis&#233;e par ces deux nouvelles aides-soignantes. Mais elle n'a pas le choix. Entre temps, un autre coll&#232;gue qui n'a pas suivi ce qui s'est pass&#233; prend les choses en main et aide cette jeune femme &#224; faire sa toilette. Les deux nouvelles soignantes se sont senties mises en &#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette histoire montre qu'une r&#233;sidente qui manifeste &#224; un moment donn&#233; un comportement tr&#232;s rigide peut pousser les soignants &#224; la m&#234;me rigidit&#233; qu'elle. Au non absolu, &#171; ce n'est pas toi qui fera ma toilette &#187;, risque de surgir un autre non absolu : &#171; de toute fa&#231;on, il n'y a pas le choix &#187;. Au fond, la r&#233;sidente exprime qu'elle ne se sent pas tr&#232;s en s&#233;curit&#233; avec des personnes qu'elle ne conna&#238;t pas bien. C'est dans ces moments tr&#232;s banals et tr&#232;s r&#233;currents que la distance professionnelle est n&#233;cessaire pour proposer une alternative acceptable : &#171; Ce n'est pas possible de faire autrement, mais ne t'inqui&#232;te pas, &#231;a va bien se passer m&#234;me si on ne se conna&#238;t pas beaucoup. &#187; Le risque de se laisser coincer en miroir est toujours latent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; de la pratique des soignants dans une MAS est faite de r&#233;p&#233;titions, face &#224; des personnes qui ne parlent pas, qui sont dans l'autisme et la psychose. &lt;i&gt;&#171; En MAS nous sommes dans le traumatisme au long cours, &lt;/i&gt; explique Bernard Cache. &lt;i&gt;Traumatisme des r&#233;sidents, traumatisme des parents et &#233;galement des &#233;quipes soignantes qui peu &#224; peu ne voient plus le handicap. Ce n'est que lorsqu'elles changent de service et qu'elles travaillent avec d'autres r&#233;sidents qu'elles red&#233;couvrent leur handicap. Les soins quotidiens le leur font oublier. La pente habituelle consiste &#224; banaliser le handicap, voire &#224; le d&#233;nier. Ce n'est pas un jugement, mais un constat. La communication avec une personne polyhandicap&#233;e s'&#233;tablit par les affects, le regard, l'inconscient, la m&#233;ta-communication. Les soignants apprennent &#224; la conna&#238;tre, &#224; percevoir ses r&#233;actions, ils tissent des liens. Le changement d'unit&#233; de service est une fa&#231;on d'objectiver &#224; un moment donn&#233; leur travail, afin qu'ils demeurent dans une optique r&#233;solument professionnelle &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel changement ne se fait pas sans accompagnement. Les salari&#233;s qui le souhaitent peuvent rencontrer un cadre de la MAS. Certains d&#233;plorent la perte des b&#233;n&#233;fices de l'&#233;nergie accumul&#233;e au sein des relations tiss&#233;es avec les r&#233;sidents d'une unit&#233;. D'autres estiment que ce n'est pas suffisant de travailler seulement trois ou quatre ans au sein d'un m&#234;me service. Toutes ces objections sont l&#233;gitimes. Mais la fronti&#232;re est t&#233;nue entre l'investissement r&#233;alis&#233; aupr&#232;s des personnes pour s'en occuper le mieux possible et l'appropriation de la relation avec un r&#233;sident qui peut d&#233;raper sur des conduites subjectives et donc &#224; risque. &lt;i&gt;&#171; Certains salari&#233;s sont n&#233;anmoins tr&#232;s heureux et pensent qu'un tel changement apporte du renouvellement au sein m&#234;me des &#233;quipes. Il remet en quelque sorte les pendules &#224; z&#233;ro &#187;,&lt;/i&gt; rappelle Le&#239;la K&#233;bir. Ces changements internes cr&#233;ent de nouvelles dynamiques d'&#233;quipes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pr&#233;cieux garde-fous&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans ce couple soign&#233;-soignant, l'un est dans l'impossibilit&#233; d'exprimer sa satisfaction &#224; l'autre. La maltraitance du soignant envers le r&#233;sident survient dans le silence des mots, lorsque la parole ne vient plus &#233;clairer la pratique professionnelle. L'&#233;change est un corps &#224; corps qui peut entra&#238;ner beaucoup de frustrations et de culpabilit&#233;. Ce que vivent les r&#233;sidents n'existe que dans la parole des professionnels et donc de la place que la MAS laisse &#224; l'expression. Dans le projet d'&#233;tablissement figure en clair la pr&#233;vention de la maltraitance. Ces garde-fous sont n&#233;cessaires. Ils permettent d'objectiver des situations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les &#233;quipes soignantes se retrouvent lors de r&#233;unions hebdomadaires. Il y a les temps de paroles qui sont supervis&#233;s par les cadres de direction, par la psychologue et le psychiatre, les groupes d'analyse de la pratique avec des psychologues ext&#233;rieurs qui ne connaissent pas l'institution ni les r&#233;sidents. C'est un lieu o&#249; les soignants peuvent ainsi penser leur pratique. Un autre moyen consiste &#224; accueillir en stage diff&#233;rents professionnels. &#171; Les regards ext&#233;rieurs sont donc tr&#232;s importants. Ils nous interrogent sur les raisons qui nous font proc&#233;der de telle ou telle mani&#232;re &#187;, explique Brigitte Bavay, chef de service m&#233;dical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les jeudis, les cadres de la MAS, l'&#233;quipe des psychologues, les infirmiers, l'assistante sociale et tous les soignants pr&#233;sents se r&#233;unissent autour de tous les r&#233;sidents d'une unit&#233; de vie. &lt;i&gt;&#171; Pendant une heure, nous sommes avec les r&#233;sidents, simplement avec eux au c&#339;ur de la vie du groupe, dans l'espace de travail des professionnels&#8230; La m&#233;diation r&#233;side dans cet espace d'&#233;change &#187;&lt;/i&gt;, explique Le&#239;la K&#233;bir. Ce dispositif vient apporter un regard ext&#233;rieur. Ce moment, supervis&#233; par la psychologue et le psychiatre, est une pratique assez unique dans l'univers des MAS (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Savoir-nommer-la-realite-si-elle-devenait-monstrueuse' class='spip_in'&gt;lire l'interview de Jean-Jacques Rossello, psychiatre&lt;/a&gt;). C'est une fa&#231;on de prendre soin des r&#233;sidents en jouant sur la simple pr&#233;sence du personnel soignant et des cadres de l'&#233;tablissement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;MAS Paul-Mercier - 32 rue de la Garenne - 69005 Lyon. T&#233;l. 04 72 16 30 40&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Une approche singuli&#232;re pour pr&#233;venir la maltraitance</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Une-approche-singuliere-pour-prevenir-la-maltraitance</link>
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		<dc:date>2007-10-25T08:40:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M&#233;lanie-LS</dc:creator>


		<dc:subject>858</dc:subject>

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		<title>Quelle &#233;cole pour les &#233;l&#232;ves handicap&#233;s ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Quelle-ecole-pour-les-eleves-handicapes</link>
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		<dc:subject>Int&#233;gration scolaire</dc:subject>
		<dc:subject>858</dc:subject>

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&lt;p&gt;La France a connu ces derni&#232;res ann&#233;es une &#233;volution qui l'a amen&#233;e &#224; choisir une solution moyenne entre l'inclusion radicale (que l'on trouve par exemple en Italie o&#249; 98 % des &#233;l&#232;ves porteurs de handicap fr&#233;quentent l'&#233;cole ordinaire) et la dimension s&#233;gr&#233;gative pure (pr&#233;voyant comme dans certains l&#228;nder allemands un accueil syst&#233;matique en institution sp&#233;cialis&#233;e pour tous les enfants ne pouvant suivre le programme scolaire). &lt;br class='autobr' /&gt;
Notre pays a fait le choix de privil&#233;gier l'acc&#232;s au dispositif ordinaire chaque (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La France a connu ces derni&#232;res ann&#233;es une &#233;volution qui l'a amen&#233;e &#224; choisir une solution moyenne entre l'inclusion radicale (que l'on trouve par exemple en Italie o&#249; 98 % des &#233;l&#232;ves porteurs de handicap fr&#233;quentent l'&#233;cole ordinaire) et la dimension s&#233;gr&#233;gative pure (pr&#233;voyant comme dans certains l&#228;nder allemands un accueil syst&#233;matique en institution sp&#233;cialis&#233;e pour tous les enfants ne pouvant suivre le programme scolaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre pays a fait le choix de privil&#233;gier l'acc&#232;s au dispositif ordinaire chaque fois que cela est possible. En m&#234;me temps, &#171; l'int&#233;gration scolaire ne doit pas &#234;tre une fin en soi, mais un moyen parmi d'autres, propos&#233; &#224; l'enfant de r&#233;aliser son parcours scolaire &#224; la hauteur de ses capacit&#233;s et selon le niveau d'adaptation de son environnement &#187; (p.77). Ces modalit&#233;s peuvent recouvrir des situations tr&#232;s h&#233;t&#233;rog&#232;nes qui pour &#234;tre d&#233;sign&#233;es sous le m&#234;me vocable, recouvrent des r&#233;alit&#233;s bien distinctes. Cela peut aller de la scolarisation &#224; plein temps &#224; la pr&#233;sence quelques heures &#224; peine, de l'implantation d'une classe sp&#233;cialis&#233;e dans une &#233;cole ordinaire &#224; une insertion individuelle&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'id&#233;al, on devrait disposer de passerelles diversifi&#233;es entre l'&#233;cole et le service sp&#233;cialis&#233;, permettant un parcours diversifi&#233;. Dans les faits, les ponts sont difficiles &#224; &#233;tablir : c'est plut&#244;t l'offre de places qui d&#233;termine l'orientation. C'est que r&#232;gne encore un large scepticisme chez les acteurs scolaires (enseignants comme parents d'&#233;l&#232;ves) concernant l'entrave repr&#233;sent&#233;e pour la progression des autres &#233;l&#232;ves, par l'int&#233;gration d'enfants porteurs de handicap. Chacun peut alors d&#233;fendre des valeurs g&#233;n&#233;reuses et humanistes, tout en refusant de les appliquer &#224; soi-m&#234;me, en se justifiant par des raisons tout &#224; fait l&#233;gitimes &#224; ses yeux. C'est bien pourquoi, il est essentiel de ne pas d&#233;cr&#233;ter l'int&#233;gration, mais de la n&#233;gocier, de pr&#233;f&#233;rer l'incitation &#224; l'obligation, de ne pas la fonder sur le seul droit, mais surtout sur la bonne volont&#233; des acteurs. Car il ne faut pas se leurrer : les enseignants d&#233;munis de cadre th&#233;orique clair et de moyens suppl&#233;mentaires ne peuvent qu'appr&#233;hender cette int&#233;gration qui rompt avec tous leurs rep&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur nous pr&#233;sente un v&#233;ritable protocole susceptible de pr&#233;parer les acteurs &#224; cet accueil. Tout d'abord, laisser la libert&#233; &#224; l'enseignant de s'engager volontairement. Lui proposer ensuite une exp&#233;rience collective, afin qu'il ne se sente pas pi&#233;g&#233; seul face aux difficult&#233;s qu'il va rencontrer. Privil&#233;gier encore une temporalit&#233; &#224; temps partiel, avant d'envisager un passage &#224; temps complet. Garantir enfin une sortie du dispositif d'int&#233;gration, afin d'&#233;viter son caract&#232;re in&#233;luctable qui peut ne pas donner envie d'essayer. Ces conditions doivent permettre &#224; cet ensemble d'id&#233;es g&#233;n&#233;reuses que constitue le projet d'int&#233;gration scolaire de ne pas produire d'effets contraires aux attentes premi&#232;res.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. La D&#233;couverte, 2007 (182 p. ; 19 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Scolariser l'&#233;l&#232;ve handicap&#233;</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Scolariser-l-eleve-handicape</link>
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		<dc:date>2007-10-24T22:06:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Int&#233;gration scolaire</dc:subject>
		<dc:subject>858</dc:subject>

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&lt;p&gt;En mati&#232;re de handicap, notre soci&#233;t&#233; est pass&#233;e du d&#233;ni &#224; la discrimination positive, de l'int&#233;gration &#224; l'inclusion, de la prise en charge &#224; l'accompagnement. La loi de 2005 est venue poser comme principe l'int&#233;gration scolaire, dont la l&#233;gitimit&#233; se fonde sur la conviction selon laquelle &#171; toute personne, quelle que soit la d&#233;ficience dont elle est atteinte, est capable de progr&#232;s et d'&#233;volution &#187; (p.25). &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour autant, beaucoup de choses restent &#224; faire : un gouffre s&#233;pare les droits donn&#233;s dans les textes (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-858-" rel="tag"&gt;858&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L98xH150/arton2068-564ea.jpg?1694571990' width='98' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En mati&#232;re de handicap, notre soci&#233;t&#233; est pass&#233;e du d&#233;ni &#224; la discrimination positive, de l'int&#233;gration &#224; l'inclusion, de la prise en charge &#224; l'accompagnement. La loi de 2005 est venue poser comme principe l'int&#233;gration scolaire, dont la l&#233;gitimit&#233; se fonde sur la conviction selon laquelle &#171; toute personne, quelle que soit la d&#233;ficience dont elle est atteinte, est capable de progr&#232;s et d'&#233;volution &#187; (p.25).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, beaucoup de choses restent &#224; faire : un gouffre s&#233;pare les droits donn&#233;s dans les textes et la r&#233;alit&#233;. Ainsi, il n'y aurait pas moins de 30 000 enfants qui resteraient aujourd'hui sans contact avec un enseignant. Si cette int&#233;gration appara&#238;t bien comme un droit des familles et un devoir pour l'&#233;cole, elle ne peut &#234;tre impos&#233;e : l'&#233;volution des mentalit&#233;s ne se d&#233;cr&#232;te pas. Le handicap ins&#233;curise par sa diff&#233;rence. Nous avons besoin de croire &#224; un monde parfait avec ses normes, sa logique, sa conformit&#233; et ses r&#232;gles. La personne frapp&#233;e de d&#233;ficience nous d&#233;range du fait m&#234;me qu'elle nous renvoie en miroir &#224; cette partie de nous-m&#234;me que nous n'acceptons pas, ses faiblesses, ses failles, ses limites, toutes ces zones d'ombre que nous pr&#233;f&#233;rons ignorer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y a toutes ces repr&#233;sentations qui sont difficiles parfois &#224; combattre : les autres enfants se mettraient, par mim&#233;tisme, &#224; imiter l'enfant porteur de handicap ou encore toute la classe serait retard&#233;e dans sa progression du seul fait de sa pr&#233;sence. Pourtant, cet enfant n'est vraiment diff&#233;rent que pour autant qu'on le r&#233;duise &#224; son handicap. Son accueil n&#233;cessite d'accomplir un certain nombre de deuils : celui des rep&#232;res, du cadre s&#233;curisant ou de l'uniformisation des pratiques. Cela passe par la mutation d'une approche p&#233;dagogique qui ne privil&#233;gie plus les seules comp&#233;tences techniques et didactiques tourn&#233;es vers la transmission des savoirs, mais aussi l'accompagnement de la personne dans sa globalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette appr&#233;hension n&#233;cessite de prendre en compte des param&#232;tres aussi divers que ceux de la fatigabilit&#233;, des troubles cognitifs, des difficult&#233;s aff&#233;rentes &#224; la structuration du temps ou de l'espace, &#224; l'attention et &#224; la concentration, &#224; la m&#233;morisation ainsi qu'aux capacit&#233;s logiques et de raisonnement, &#224; la lat&#233;ralisation et au sch&#233;ma corporel, &#224; la facult&#233; de prise de risque et de gestion des &#233;motions&#8230; &#171; La nature par essence complexe du handicap implique la n&#233;gation de toute certitude, tout confort p&#233;dagogique, toute &#233;conomie des doutes et des remises en question &#187; (p.56).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie encore de savoir g&#233;rer la progression tant au travers du tout petit pas que de la belle avanc&#233;e, en passant par le sentiment du surplace. Accepter de ne pas savoir, tout en &#233;tant &#224; la fois humble et exigeant, g&#233;rer des paradoxes permanents, tout en &#233;tant sur le fil de l'&#233;quilibriste constituent une posture innovante et pleine d'humilit&#233; qui s'appuie avant tout sur la croyance dans un potentiel possible et sur l'esp&#233;rance d'une &#233;volution souhait&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Dunod, 2006 (256 p. ; 23 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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