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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>D&#233;ficients mentaux s&#233;v&#232;res : des ateliers sur mesure </title>
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		<dc:date>2007-08-30T15:43:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Mental</dc:subject>
		<dc:subject>850</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'&#233;quipe de la structure a mis en place deux ateliers avec des petits groupes d'adolescents porteurs de retards mentaux profonds. Le d&#233;roulement et le contenu des ateliers ont &#233;t&#233; &#233;labor&#233;s &#224; partir des envies des jeunes. Envies qu'il a fallu d&#233;crypter apr&#232;s une p&#233;riode d'observation. En acceptant de t&#226;tonner, en &#233;cartant tout pr&#233;requis et en osant leur &#171; propre cuisine &#187;, les &#233;ducateurs ont r&#233;pondu aux attentes des jeunes. Mode d'emploi &lt;br class='autobr' /&gt;
L'IME Pierre Delmas, &#224; M&#233;rignac, sous l'&#233;gide de la soci&#233;t&#233; protectrice (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-850-" rel="tag"&gt;850&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;quipe de la structure a mis en place deux ateliers avec des petits groupes d'adolescents porteurs de retards mentaux profonds. Le d&#233;roulement et le contenu des ateliers ont &#233;t&#233; &#233;labor&#233;s &#224; partir des envies des jeunes. Envies qu'il a fallu d&#233;crypter apr&#232;s une p&#233;riode d'observation. En acceptant de t&#226;tonner, en &#233;cartant tout pr&#233;requis et en osant leur &#171; propre cuisine &#187;, les &#233;ducateurs ont r&#233;pondu aux attentes des jeunes. Mode d'emploi&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'IME Pierre Delmas, &#224; M&#233;rignac, sous l'&#233;gide de la soci&#233;t&#233; protectrice de l'enfance de la Gironde (SPEG), a r&#233;cemment ouvert une unit&#233; d'accueil et de soins pour adolescents (UASA) accueillant six jeunes &#226;g&#233;s de quinze &#224; dix-neuf ans&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='IME Pierre Delmas - 47 avenue de l'Alouette - 33700 M&#233;rignac. T&#233;l. 05 56 47 77 (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle vient renforcer une unit&#233; plus ancienne ouverte quelques ann&#233;es auparavant, qui accueille d&#233;j&#224; huit adolescents. Ces deux unit&#233;s sont des petites maisons qui se font face, situ&#233;es dans un quartier r&#233;sidentiel. Les adolescents sont porteurs de retards mentaux profonds ou s&#233;v&#232;res, parfois &#224; dimension autistique et caract&#233;ris&#233;s par un niveau de d&#233;pendance tr&#232;s &#233;lev&#233;, un contact &#224; la r&#233;alit&#233; gravement d&#233;ficient et des troubles de la communication majeurs. La tr&#232;s grande majorit&#233; n'a qu'un mode de communication infraverbal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux unit&#233;s fonctionnent la journ&#233;e et sont ouvertes deux cent dix jours par an. La prise en charge y est &#233;ducative et th&#233;rapeutique et a pour but de concr&#233;tiser le passage au statut d'adulte tout en &#233;vitant le repli que peut entra&#238;ner la vie en collectivit&#233;. Cette prise en charge est fond&#233;e sur un projet personnel qui allie des activit&#233;s cr&#233;atrices et d'autres visant &#224; stimuler et &#233;tayer, ainsi qu'un travail d'autonomisation. Nous essaierons de rapporter ici les p&#233;rip&#233;ties par lesquelles peut passer la mise en place d'ateliers d'expression avec ce type de population. Nous illustrerons notre propos avec deux ateliers, l'atelier relaxation et l'atelier peinture, l'un ayant quelques ann&#233;es et l'autre quelques mois.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dimension corporelle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'atelier relaxation a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; avec les adolescents. C'est &#224; partir d'eux et de leurs propres d&#233;sirs que l'atelier existe aujourd'hui tel qu'il est. Un projet avait &#233;t&#233; pr&#233;alablement &#233;crit, d&#233;finissant les moyens, le d&#233;roulement et les objectifs. Il &#233;tait bas&#233; sur des m&#233;thodes d'exp&#233;riences d'&#233;veil sensoriel faisant appel plus pr&#233;cis&#233;ment &#224; l'odorat, l'ou&#239;e et la vue. Il devait servir &#224; accompagner les jeunes, &#224; mieux appr&#233;hender leur environnement ext&#233;rieur gr&#226;ce aux liens existant entre les diff&#233;rents sens. L'&#233;ducateur pouvait apporter des outils pour aider les adolescents &#224; mobiliser et associer certains de leurs sens afin de pouvoir &#233;laborer des images mentales. N&#233;anmoins, l'atelier n'arrivait pas &#224; d&#233;marrer. Apr&#232;s r&#233;flexion, ce projet &#233;crit freinait la spontan&#233;it&#233;, la cr&#233;ativit&#233; et l'&#233;mergence des propres d&#233;sirs chez les jeunes. La probl&#233;matique de ces adolescents a amen&#233; l'&#233;quipe &#233;ducative &#224; repenser cet atelier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avec une d&#233;marche diff&#233;rente que nous avons r&#233;invit&#233; les jeunes dans la pi&#232;ce choisie pour l'atelier. C'est en les observant &#224; travers leurs comportements et en d&#233;couvrant lentement l'&#233;mergence de leurs d&#233;sirs, qu'une dynamique et le d&#233;roulement de l'atelier se sont progressivement construits. La dimension corporelle est devenue essentielle car l'atelier sensoriel ne pouvait exister qu'en acceptant que leurs corps soient accueillis confortablement et qu'ils acc&#232;dent &#224; une forme de relaxation. M&#234;me si l'&#233;veil sensoriel demeurait, les jeunes venaient d'y ajouter la relaxation. Nous avons donc continu&#233; &#224; accueillir leurs envies et leur cr&#233;ativit&#233; pour investir enti&#232;rement cette pi&#232;ce. Nous l'avons d&#233;cor&#233;e avec des mat&#233;riaux que nous avions &#224; disposition tout en gardant &#224; l'esprit que cette d&#233;coration devait refl&#233;ter des &#233;l&#233;ments naturels du monde ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Apaisement des corps&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Des peintures murales repr&#233;sentant les saisons on &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es en y incluant des d&#233;tails identifiables par les jeunes. Dans la continuit&#233;, des luminaires doux, ainsi qu'un rev&#234;tement de couleur bleue pour le sol ont &#233;t&#233; choisis par les adolescents. Des matelas souples et &#233;pais avec des couvertures polaires fines comme ils les d&#233;siraient ainsi qu'un petit oreiller personnel ont &#233;t&#233; &#233;galement fournis. Enfin, de la musique de relaxation est venue compl&#233;ter le mat&#233;riel n&#233;cessaire pour l'atelier. Les objectifs principaux visent &#224; accompagner le jeune &#224; mieux appr&#233;hender l'environnement ext&#233;rieur qui l'entoure en multipliant les exp&#233;riences sensorielles positives, dans un contexte de r&#233;gression corporelle s&#233;curisante. L'atelier vise donc en m&#234;me temps la d&#233;tente et le confort. Ces jeunes nous ont fait comprendre qu'ils ont besoin d'un ressenti corporel confortable et enveloppant avant de pouvoir &#234;tre r&#233;ceptifs aux &#233;l&#233;ments ext&#233;rieurs qu'on leur propose. Nous partons de leur int&#233;rieur avec eux pour aller &#224; la rencontre d'un ext&#233;rieur devenant possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail dans cet atelier se rattache &#224; une r&#233;alit&#233;. Nous utilisons les perceptions sans que cela soit g&#233;n&#233;rateur d'angoisse. La s&#233;ance de relaxation a lieu une fois par semaine pour des groupes de quatre jeunes et dure 45 minutes. La pi&#232;ce est pr&#233;par&#233;e avant l'arriv&#233;e des adolescents m&#234;me si certains aiment le faire avec l'&#233;ducateur. De l'encens diffuse une odeur concordant avec le th&#232;me choisi : oc&#233;an, fruit, &#233;t&#233;, pluie&#8230; Les jeunes sont ensuite invit&#233;s &#224; s'installer. Ils se d&#233;chaussent ce qu'ils ont fait l&#224; encore de fa&#231;on spontan&#233;e et font sonner un carillon suspendu au-dessus de la porte pour signaler leur entr&#233;e. Ils s'allongent sur les matelas o&#249; chacun finalement reste &#224; la m&#234;me place ; &#224; leur demande, l'&#233;ducateur les couvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin qu'ils puissent mieux s'impr&#233;gner de l'ambiance, le volet est ferm&#233; quand commence le CD de bruitage. Durant toute la s&#233;ance, l'&#233;ducateur est assis sur un fauteuil et peut, de ce fait, rester en contact avec chacun d'entre eux par le regard. Aux cours des s&#233;ances, la lumi&#232;re change et propose une grande diversit&#233; de reflets tr&#232;s doux. De nombreuses stimulations visuelles sont propos&#233;es, des rideaux de perles font penser &#224; des gouttes d'eau, les peintures murales semblent s'animer gr&#226;ce aux jeux de lumi&#232;re. Le relief de certains &#233;l&#233;ments cr&#233;&#233;s (soleil, fleurs, coquillages&#8230;) donne envie aux jeunes de les toucher, d'autres jouent &#224; y d&#233;couvrir leur ombre projet&#233;e sur le mur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;ance s'ach&#232;ve progressivement avec l'extinction des luminaires, qui laissent place &#224; une p&#233;nombre qui d&#233;voile un ciel &#233;toil&#233;, comme nos nuits d'&#233;t&#233;. Le son s'arr&#234;te, signifiant la fin de l'atelier relaxation. Une fois la s&#233;ance termin&#233;e l'&#233;ducateur rel&#232;ve &#224; peine le volet et verbalise ce qui vient d'&#234;tre v&#233;cu. L'adulte quitte la pi&#232;ce, les jeunes se l&#232;vent quand ils sont pr&#234;ts en signalant leur sortie par le carillon.&lt;br class='manualbr' /&gt;Dans un premier temps, ces s&#233;ances cr&#233;ent la surprise chez les adolescents. Ils y d&#233;couvrent et re&#231;oivent plusieurs stimuli sensoriels. Cela fait appel &#224; leur m&#233;moire, parfois il s'agit d'une d&#233;couverte ou d'une exp&#233;rience nouvelle. Dans un second temps les s&#233;ances peuvent amener les jeunes &#224; vivre la situation comme un voyage que peut faire un corps d&#233;tendu, davantage en prise avec ce qu'il ressent. Le jeune peut &#234;tre acteur &#224; tout moment de ce qu'il vit et ressent durant la s&#233;ance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil du temps, cet atelier permet &#224; l'&#233;ducateur de d&#233;couvrir le ressenti sensoriel et &#233;motionnel que le jeune entretient avec le monde ext&#233;rieur. Les observations qui y sont faites apportent la possibilit&#233; d'apaiser et de d&#233;dramatiser certaines situations quotidiennes pouvant &#234;tre v&#233;cues comme pers&#233;cutantes, angoissantes et envahissantes. Tout ceci dans un cadre fiable et s&#233;curisant o&#249; la relation &#233;ducative prend tout son sens. La fa&#231;on dont cet atelier s'est construit a permis que nous soyons partenaires du projet et pas seulement commanditaires. Par leurs d&#233;sirs et leur cr&#233;ativit&#233;, ils nous ont donn&#233; des indications pour r&#233;pondre &#224; certains de leurs besoins dans un cadre favorisant leur &#233;panouissement. Ils ont pu y instaurer certains rituels qui leur semblent essentiels afin de mieux vivre l'atelier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous notons &#233;galement que de plus en plus de jeunes peuvent &#234;tre demandeurs de th&#232;mes particuliers. Aujourd'hui, nous sommes bien conscients que cette pi&#232;ce est rep&#233;r&#233;e et investie avec beaucoup d'int&#233;r&#234;t par les adolescents. Elle est &#224; la fois au groupe et &#224; chacun d'entre eux. Certains s'attachent &#224; fermer la pi&#232;ce &#224; cl&#233; et la glissent dans la poche de l'&#233;ducateur : comme pour prot&#233;ger un petit coin secret &#224; ne pas ab&#238;mer. De ce fait et parce qu'ils nous le demandent de diff&#233;rentes fa&#231;ons, cette pi&#232;ce reste r&#233;serv&#233;e &#224; l'atelier relaxation.&lt;br class='manualbr' /&gt;C'est en se laissant du temps et en acceptant que la premi&#232;re d&#233;marche ne soit pas forc&#233;ment la meilleure pour eux que les jeunes ont pu exprimer ce qu'ils voulaient.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Air latino&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me atelier se situe dans l'unit&#233; nouvellement ouverte, face &#224; la premi&#232;re. Ce lieu, accueillant de jeunes adolescents, s'ouvre avec une &#233;quipe qui ne se conna&#238;t pas&#8230; Un lieu neuf &#171; pas charg&#233; &#187; d'histoire institutionnelle, o&#249; tout est &#224; faire. Quoi de plus motivant ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors comment avoir un &#233;change, cr&#233;er une relation &#233;ducative ? La question de la rencontre avec l'autre est abord&#233;e lors de la formation d'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;. Mais l&#224;, comment cr&#233;er un lien, une accroche ? Comment, avant de parler de relation &#233;ducative, allons-nous r&#233;ussir &#224; nous apprivoiser ? Ces jeunes semblent enferm&#233;s. Certains ne restent pas en place, d'autres se balancent pendant des heures, etc. L'&#233;quipe est l&#224; pour les accueillir et travailler &#224; leur &#233;panouissement. Comment s'y prendre dans une maison o&#249; des jeunes cherchent plut&#244;t &#224; fuir le contact, ne parlent pas ou s'enferment dans un discours qui leur sert de protection ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier temps de travail fut donc l'acceptation de l'autre et de sa pathologie. Il faut donc vouloir entrer dans leur sph&#232;re, leur bruit, leur silence&#8230; Il nous semble important de faire ce pari de ne rien proposer et observer. Se laisser le temps de se d&#233;couvrir et d'&#233;tablir une relation de confiance. Au fur et &#224; mesure de cet apprivoisement, il nous appara&#238;t que les angoisses que pr&#233;sentent ces jeunes sont moins fortes. Alors, qu'allons-nous faire ensemble ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelquefois, nous &#233;coutons de la musique. Machinalement un &#233;ducateur tape sur l'accoudoir du fauteuil lorsqu'un morceau passe. Un jeune qui &#233;tait assis &#224; c&#244;t&#233; de lui est intrigu&#233; par ses mouvements. Il le regarde dans les yeux, lui sourit et balance sa t&#234;te en rythme. Un &#233;l&#233;ment ext&#233;rieur, le bruit sur l'accoudoir, nous r&#233;unit : il semble y avoir un &#233;change, une sensation commune. Depuis quelques temps, on observe aussi qu'une jeune sourit &#233;norm&#233;ment lorsqu'elle &#233;coute de la musique. Un autre se met &#224; chanter un air tr&#232;s connu d'un artiste d'Am&#233;rique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Djemb&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans la fuite, l'enfermement, le mutisme que ces jeunes pr&#233;sentent, la musique nous rapproche. Il nous semble que les barri&#232;res de protection qu'ils ont mises en place sont moins envahissantes quand la musique intervient. Alors il est d&#233;cid&#233; de cr&#233;er un atelier musique. Mais comment faire pour que ce qui se passe dans un espace informel se transforme en atelier, en temps r&#233;fl&#233;chi correspondant &#224; des objectifs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un catalogue, nous choisissons une mallette musicale. Elle contient une multitude d'instruments. Quand elle est livr&#233;e, nous nous r&#233;unissons dans une salle avec trois jeunes. Nous pr&#233;sentons la mallette. Tr&#232;s vite les petits instruments trop &#171; agressifs &#187;, trop aigus dans leurs sonorit&#233;s, volent, sont jet&#233;s &#224; terre. Ces instruments n'ont pas l'air de les accrocher. Deux s&#233;ances tr&#232;s p&#233;nibles et un peu d&#233;courageantes ont alors lieu. Puis, lorsque la bo&#238;te est vide, un jeune se met &#224; taper sur la mallette comme sur un tambourin. L'accroche est l&#224; : cette vibration que produit ce geste de la main sur le plastique de la bo&#238;te. Finalement, nous nous mettons &#224; taper sur les bo&#238;tes en plastique qui se trouvent dans la salle. Dans la construction de l'atelier, le choix de l'instrument est donc &#233;tabli : le djemb&#233;, pour ses qualit&#233;s de vibration. Mais que va-t-il se passer dans cet atelier, comment en construire le contenu ? Faut-il &#233;tablir un projet, une s&#233;ance type ? Et si nous prenions le temps de vivre avec ces jeunes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour de l'activit&#233; arrive. Nous nous installons dans une salle assez petite. Celle-ci comporte un canap&#233;, un banc, un fauteuil, un pouf ainsi qu'une porte vitr&#233;e donnant sur la cour int&#233;rieure de la maison.&lt;br class='manualbr' /&gt;Lors des premi&#232;res s&#233;ances, l'&#233;ducateur a l'impression de ressentir ce m&#234;me moment d'apprivoisement qui avait eu lieu lors de l'ouverture de la structure. Il d&#233;cide donc de proposer cette activit&#233; chaque semaine aux jeunes par groupe de trois. Il est n&#233;cessaire que la r&#233;gularit&#233; de cet atelier permette de r&#233;pondre aux besoins de s&#233;curit&#233; et de stabilit&#233; de ces jeunes.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ne sachant quoi faire lors des d&#233;buts de l'activit&#233;, l'&#233;ducateur attendait que tout le monde soit assis et frappait sur le djemb&#233;, esp&#233;rant que le groupe suive. Mais certains ne semblaient plus attir&#233;s, d'autres entraient dans une surexcitation&#8230; Bref, il fallait que nous changions le mode d'intervention avec ce m&#233;diateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a fallu articuler l'atelier entre un savoir th&#233;orique et l'observation in situ. De l'atelier musique &#224; la musicoth&#233;rapie, beaucoup de choses ont &#233;t&#233; &#233;crites et r&#233;alis&#233;es, mais il s'agissait de ne pas &#234;tre a priori guid&#233; par des principes &#233;tablis &#224; l'avance.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cadre flottant&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une fois de plus ce sont les jeunes qui, lorsque nous les observons, fournissent les cl&#233;s n&#233;cessaires &#224; la compr&#233;hension : une adolescente avait l'habitude de se d&#233;chausser lors de l'atelier. Ce que nous aurions pu prendre pour une mauvaise tenue et donc chercher &#224; ce qu'elle remette ses chaussures. Apr&#232;s r&#233;flexion, ce geste est apparu comme pouvant &#234;tre un moyen de percevoir sensoriellement les vibrations musicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'atelier se construit progressivement et de mani&#232;re empirique pour arriver &#224; sa forme actuelle. Rituel d'entr&#233;e, les jeunes retirent leurs chaussures. Ils vont chercher leur instrument dans le placard de la pi&#232;ce. Chacun prend la place que l'&#233;ducateur lui a attribu&#233;e (les plus facilement distraits sont loin de la fen&#234;tre). Un temps est pris pour d&#233;couvrir l'instrument de fa&#231;on tactile, sonore, olfactive (odeur de la peau) et visuelle. Un salut est effectu&#233; chacun son tour en tapant sur le tambour. Ensuite, l'activit&#233; musicale proprement dite est articul&#233;e en trois temps. Un temps de jeu ensemble sur un morceau enregistr&#233; (qui change apr&#232;s plusieurs s&#233;ances). Un temps individuel o&#249; chacun est incit&#233; &#224; jouer seul, &#233;cout&#233; par les autres. Et enfin un temps en groupe sans support musical o&#249; l'&#233;ducateur initie un rythme ou suit la proposition sonore d'un jeune. La cl&#244;ture se fait avec le rituel de l'aurevoir qui consiste &#224; saluer en frappant sur le tambour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un atelier en petit groupe doit selon nous &#234;tre mis en place suite &#224; une observation attentive. On ne part pas d'un pr&#233;requis th&#233;orique et cela implique de pouvoir supporter plusieurs s&#233;ances avec un cadre &#171; flottant &#187;. Il est int&#233;ressant de constater que la lecture de livres se r&#233;f&#233;rant &#224; la pratique de la musique dans les institutions de soins permet de donner apr&#232;s coup un corps th&#233;orique &#224; ce que l'on a d&#233;j&#224; observ&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La taille de ces institutions, six et huit adolescents/adultes, permet ce genre de dynamique. Nous pensons qu'elle est un mod&#232;le int&#233;ressant pour la prise en charge d'adolescents gravement d&#233;ficitaires. &#192; l'heure de la standardisation des pratiques, nous revendiquons la place de la &#171; cuisine &#187; dans les lieux de soins. Le cercle que constitue le va-et-vient entre l'exp&#233;rimentation, bas&#233;e sur la clinique et l'observation et la th&#233;orie, qu'elle soit science de l'&#233;ducation ou m&#233;dicale, permet d'introduire une dynamique dans la prise en charge de situations r&#233;put&#233;es fig&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;IME Pierre Delmas - 47 avenue de l'Alouette - 33700 M&#233;rignac. T&#233;l. 05 56 47 77 37&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Les ateliers sur mesure de l'IME Pierre Delmas</title>
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		<dc:date>2007-08-30T08:46:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>M&#233;lanie-LS</dc:creator>


		<dc:subject>850</dc:subject>

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		<title>L'enfant autiste et le modelage</title>
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		<dc:date>2007-08-29T22:58:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Autisme</dc:subject>
		<dc:subject>850</dc:subject>

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&lt;p&gt;Pour &#234;tre bien lu, ce livre r&#233;clame du&#8230; silence. Il est des ouvrages qui ne peuvent &#234;tre arpent&#233;s dans le bruit et le tumulte de la vie quotidienne tant l'encre de chaque mot p&#232;se sur la mati&#232;re du livre. Celui de Sophie Krauss est de ceux-l&#224; : circonvolutions neuronales et psychisme qui se d&#233;ploie, terre qui s'enroule sous les doigts et corps en lutte contre tout ce qui soudain fait sale, trace, impasse et lasse. &#171; L'espace autistique est un espace sans bord et sans limite, sans arri&#232;re et sans (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour &#234;tre bien lu, ce livre r&#233;clame du&#8230; silence. Il est des ouvrages qui ne peuvent &#234;tre arpent&#233;s dans le bruit et le tumulte de la vie quotidienne tant l'encre de chaque mot p&#232;se sur la mati&#232;re du livre. Celui de Sophie Krauss est de ceux-l&#224; : circonvolutions neuronales et psychisme qui se d&#233;ploie, terre qui s'enroule sous les doigts et corps en lutte contre tout ce qui soudain fait sale, trace, impasse et lasse. &#171; L'espace autistique est un espace sans bord et sans limite, sans arri&#232;re et sans support. L'enfant autiste est donc &#224; la recherche d'une surface, d'un bord, d'une limite pour sentir sa peau et ses contours. Pour ce faire, il a besoin d'une pr&#233;sence tactile, constante&#8230; &#187; (p.222). Ces quelques lignes de conclusion r&#233;sument bien toute la philosophie d'un ouvrage dont l'hypoth&#232;se, forte et originale, est pos&#233;e dans les toutes premi&#232;res pages : l'autisme est une &#171; bifurcation catastrophique &#187; (p.22). En clair, tout enfant &#224; na&#238;tre est sous la menace d'un risque d'autisme. Pour comprendre ce parti pris id&#233;ologique il faut en revenir &#224; ce qui fait l'essence de l'humain et rompre avec les cart&#233;siens et leurs vielles th&#233;ories id&#233;alistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au commencement de l'&#234;tre est un corps, et un corps sans psychisme ; m&#234;me si, paradoxalement, tout le mat&#233;riau est d&#233;j&#224; l&#224; pour donner forme &#224; ce devenir psychique et affectif (les sens, le cerveau et ses prolongements annexes). Au commencement de l'&#234;tre est un corps sans conscience ; d'aucuns peinent encore &#224; donner sens &#224; cette v&#233;rit&#233; tant elle bouscule les &#233;vidences d'un &#171; je &#187; d'embl&#233;e rationnel et rationalisant. Pour Sophie Krauss, quiconque veut comprendre les souffrances de l'autisme doit &#234;tre en mesure de se projeter &#224; ce stade de la vie o&#249; s'origine le passage d'un &#171; dedans &#187; vers un &#171; dehors &#187;, d'un enveloppement total et s&#233;curisant &#224; la projection vers un infini froid et mena&#231;ant. Une chute&#8230; une chute que d'autres textes fondateurs assimil&#232;rent &#224; la perte d'un paradis. L'autisme vient de l'incapacit&#233; de l'&#234;tre en devenir &#224; supporter ce passage et &#224; en surmonter le traumatisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu importe de savoir pourquoi ? &#192; cet &#233;gard, l'ouvrage laisse loin derri&#232;re lui les querelles entre les tenants du tout psychanalytique et ceux du tout g&#233;n&#233;tique ; il s'attache plus s&#233;rieusement &#224; la question du &#171; comment ? &#187; Comment redonnez contenance &#224; une existence qui s'enfuit et se d&#233;lite ? C'est ici qu'entre en jeu la mati&#232;re, terre et p&#226;te &#224; modeler. Psychologue et clinicienne, l'auteur s'appuie sur sept ann&#233;es d'exp&#233;riences pour d&#233;coder les productions plastiques d'enfants autistes &#224; l'aide d'une grille de lecture. Ce livre arrive &#224; point nomm&#233; ; il est v&#233;ritablement une main tendue &#224; toutes les institutions qui ont su garder en leur sein un atelier terre ou modelage et dont les &#233;quipes s'appuient encore sur les techniques de m&#233;diation pour tisser un lien &#233;ducatif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. &#233;r&#232;s, 2007 (125 p. ; 15 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La vie de radeau. Le r&#233;seau Deligny au quotidien</title>
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		<dc:date>2007-08-29T22:54:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Autisme</dc:subject>
		<dc:subject>850</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#171; La ruche se met en route, rythm&#233;e trois fois par jour par la sir&#232;ne et par les poin&#231;ons qui perforent les cartons de pr&#233;sence &#187;. Dans les ann&#233;es 60, &#171; avant les C&#233;vennes &#187; comme il le dit lui-m&#234;me, Jacques Lin d&#233;bute comme ouvrier chez un fabricant de composants &#233;lectriques pour l'un des plus grands avionneurs et vendeurs d'armes fran&#231;ais de l'&#233;poque. Ce n'est pas cette crise de conscience qui sera d&#233;terminante dans la trajectoire suivie par celui qui est aujourd'hui encore le continuateur de l'&#339;uvre de (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L98xH150/arton1948-f780d.jpg?1694626929' width='98' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; La ruche se met en route, rythm&#233;e trois fois par jour par la sir&#232;ne et par les poin&#231;ons qui perforent les cartons de pr&#233;sence &#187;. Dans les ann&#233;es 60, &#171; avant les C&#233;vennes &#187; comme il le dit lui-m&#234;me, Jacques Lin d&#233;bute comme ouvrier chez un fabricant de composants &#233;lectriques pour l'un des plus grands avionneurs et vendeurs d'armes fran&#231;ais de l'&#233;poque. Ce n'est pas cette crise de conscience qui sera d&#233;terminante dans la trajectoire suivie par celui qui est aujourd'hui encore le continuateur de l'&#339;uvre de Fernand Deligny, mais une soif d'ailleurs. Celle-ci fait que &#171; d'aller &#224; l'usine [lui] co&#251;te de plus en plus &#187; et le pousse &#224; &#233;chapper &#224; une &#171; vie sans relief &#187; (p.26).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'&#233;poque o&#249; F&#233;lix Guattari ach&#232;te Gourgas, une ancienne abbaye dans les C&#233;vennes, afin que le b&#226;timent sans eau ni &#233;lectricit&#233; devienne un espace de rencontres, un lieu o&#249; &#171; faire tomber les cloisons, c&#244;toyer des com&#233;diens, des artistes, des &#233;tudiants&#8230; &#187;. L'id&#233;e emballe Jacques Lin. &#171; Un comit&#233; de gestion se r&#233;unit plusieurs fois pour pr&#233;voir les premiers travaux d'am&#233;nagement, je suis partant &#187; (p.28). Beaucoup passeront, tr&#232;s peu resteront. Mais peu importe ! Car, comme il le dit, &#171; sans ce lieu je n'aurais sans doute jamais rencontr&#233; Janmari et Fernand Deligny. Et ce fut le d&#233;but de presque trente ann&#233;es de vie de radeau&#8230; &#187; Ce livre &#233;crit d'une encre sensible est, pour qui veut le lire, un chemin vers la compr&#233;hension de ce que c'est que &#171; le moindre geste &#187; ; cette approche du radicalement Autre autiste exp&#233;riment&#233; par Fernand Deligny et son &#233;quipe &#224; une &#233;poque o&#249; l'homme moderne entr'aper&#231;oit, le temps d'une fulgurance, sa possible &#233;mancipation alors que l'ali&#232;nent d&#233;j&#224; les illusions de la soci&#233;t&#233; consommation. Instant en suspens&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Occasion manqu&#233;e ? Il est possible de ne pas &#234;tre d'accord avec tout ce qui est &#233;crit dans cet ouvrage ; il est m&#234;me raisonnable de ne pas l'&#234;tre ! Toutefois, &#224; l'heure o&#249; tant d'anciens du travail social tournent le dos aux valeurs cr&#233;atrices de ce secteur et o&#249; tant d'autres, jeunes arrivants, ne savent m&#234;me plus qui est Deligny, La vie de radeau fait &#339;uvre de m&#233;moire et de sant&#233; morale. Le m&#233;tier d'&#233;ducateur ne peut pas impun&#233;ment tourner le dos &#224; son histoire et oublier que le d&#233;sir d'humain est ce qui porte sa raison d'&#234;tre. Dans le sillon de son radeau, Jacques Lin rouvre des cicatrices &#224; fleur de peau : &#171; En institution, le roulement des &#233;quipes, les cong&#233;s, les stages, les absences, les remplacements, parfois les dissemblances et les rivalit&#233;s de pouvoir, ne laissent gu&#232;re de place &#224; la perception et au respect de ce qui fait rep&#232;re &#224; quelques individus vivant dans la vacance du langage (p.123). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Lin ne r&#232;gle pas de compte avec l'institution, il rappelle tout simplement que l'Autre ne peut pas &#234;tre transform&#233; par la force du &#171; je &#187; mais seulement accompagn&#233; par lui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Le mot et le reste, 2007 (125 p. ; 15 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Vers une explosion carc&#233;rale ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Vers-une-explosion-carcerale</link>
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		<dc:date>2007-08-29T22:02:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>850</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La prison, pierre angulaire de la r&#233;ponse p&#233;nale ? Constamment r&#233;it&#233;r&#233;s par les acteurs directement concern&#233;s, les imp&#233;ratifs de pr&#233;vention, de r&#233;insertion, d'alternatives &#224; la d&#233;tention semblent de plus en plus n&#233;glig&#233;s. Un contr&#244;leur g&#233;n&#233;ral des prisons au profil encore incertain doit &#234;tre d&#233;sign&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet &#233;t&#233;, un d&#233;tenu incarc&#233;r&#233; dans la maison d'arr&#234;t de Nancy d&#233;posait une plainte contre X aupr&#232;s de la Cour europ&#233;enne pour &#171; conditions d'h&#233;bergement contraires &#224; la dignit&#233; humaine &#187;. Par cette d&#233;marche, l'homme (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La prison, pierre angulaire de la r&#233;ponse p&#233;nale ? Constamment r&#233;it&#233;r&#233;s par les acteurs directement concern&#233;s, les imp&#233;ratifs de pr&#233;vention, de r&#233;insertion, d'alternatives &#224; la d&#233;tention semblent de plus en plus n&#233;glig&#233;s. Un contr&#244;leur g&#233;n&#233;ral des prisons au profil encore incertain doit &#234;tre d&#233;sign&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cet &#233;t&#233;, un d&#233;tenu incarc&#233;r&#233; dans la maison d'arr&#234;t de Nancy d&#233;posait une plainte contre X aupr&#232;s de la Cour europ&#233;enne pour &#171; conditions d'h&#233;bergement contraires &#224; la dignit&#233; humaine &#187;. Par cette d&#233;marche, l'homme entendait d&#233;noncer le fait qu'il soit d&#233;tenu avec un autre prisonnier dans les 9 m2 d'une cellule non a&#233;r&#233;e, v&#233;tuste, avec des toilettes non s&#233;par&#233;es et dysfonctionnantes&#8230; Invalid&#233;e dans un premier temps, sa plainte a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e, en appel, recevable. L'affaire est &#224; suivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la courbe reste exponentielle. Plus de 63 000 personnes d&#233;tenues mi-juillet dans un parc de 190 &#233;tablissements dont 142 prisons sont dans un &#233;tat net de surpopulation : &#171; Un nombre jamais atteint depuis la Seconde Guerre mondiale &#187;, remarque l'Observatoire international des prisons (OIP). Qui plus est, un rapport confidentiel du comit&#233; d'orientation de la loi sur les prisons faisait &#233;tat d'une pr&#233;vision de 80 000 prisonniers d'ici 2017 alors que les centres p&#233;nitentiaires fran&#231;ais ne pourront en accueillir que&#8230; 64 000. Qu'adviendra-t-il ? Les observateurs les plus mod&#233;r&#233;s ne peuvent qu'envisager des efforts budg&#233;taires massifs entre 2008 et 2012 pour &#233;viter une crise majeure. Et la soupape de l'habituelle gr&#226;ce pr&#233;sidentielle, contestable droit r&#233;galien et humaniste, n'a m&#234;me pas &#233;t&#233; activ&#233;e cette ann&#233;e, pour la premi&#232;re fois depuis plus d'un quart de si&#232;cle. Cette gr&#226;ce collective avait en effet &#233;t&#233; remise en vigueur par Giscard en 1980 et concerne en g&#233;n&#233;ral, chaque ann&#233;e, plus de 3500 d&#233;tenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre indication alarmante : le d&#233;lai fix&#233; par la loi pour g&#233;n&#233;raliser l'encellulement individuel (1er juin 2008) ne pourra, d'&#233;vidence, pas &#234;tre respect&#233;, de l'aveu du m&#234;me document minist&#233;riel. En 2002, la loi d'orientation pour la justice avait pourtant pr&#233;vu la construction ou la r&#233;novation de 13 200 places : 500 seulement ont vu le jour dont celles des quatre prisons sp&#233;cialis&#233;es pour mineurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;t&#233;, le Parlement adoptait le projet de loi renfor&#231;ant la lutte contre la r&#233;cidive des majeurs et mineurs : peines minimales pour les r&#233;cidivistes, &#233;ni&#232;me r&#233;forme de l'ordonnance de 1945 &#233;cartant l'excuse de minorit&#233; pour certaines infractions en sont les deux mesures phares. Ainsi, ont d&#233;nonc&#233; de nombreux magistrats de la jeunesse, pour la premi&#232;re fois en France, un enfant de 13 ans pourrait &#234;tre condamn&#233; &#224; une peine allant jusqu'&#224; vingt ans de r&#233;clusion criminelle ! Effacera-t-on totalement le primat de l'&#233;ducatif pour des mineurs par d&#233;finition en pleine construction ? Par ailleurs, la situation de surpopulation ne pourra que se trouver aggrav&#233;e par les peines planchers &#233;dict&#233;es par la loi, amen&#233;es &#224; augmenter m&#233;caniquement le nombre des d&#233;tenus. Alors, jusqu'o&#249;, jusqu'&#224; quand ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le contr&#244;leur g&#233;n&#233;ral devra &#171; s'assurer que les droits fondamentaux des personnes priv&#233;es de libert&#233; sont respect&#233;s &#187;&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'Union nationale interf&#233;d&#233;rale des &#339;uvres et organismes priv&#233;s sanitaires et sociaux (Uniopss) avait d&#233;plor&#233;, &#224; l'occasion de l'adoption de cette loi, l'absence d'&#233;valuation pr&#233;alable des dispositifs existants et de concertation des acteurs. Elle avait signal&#233; &#171; une r&#233;gression en faisant de l'emprisonnement la pierre angulaire de la r&#233;ponse p&#233;nale &#187;, n&#233;gligeant toujours plus sa mission de r&#233;insertion. Une commission d'analyse et de suivi de la r&#233;cidive, mise en place par le pr&#233;c&#233;dent ministre de la Justice, s'&#233;tait pourtant nettement prononc&#233;e pour le d&#233;veloppement des am&#233;nagements de peine, rappelant que seules 36 % des sorties de prison &#233;taient &#171; am&#233;nag&#233;es ou accompagn&#233;es &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les alternatives &#224; l'incarc&#233;ration &#8212; lib&#233;ration conditionnelle, bracelet &#233;lectronique, r&#233;gime de semi-libert&#233;, placements ext&#233;rieurs, travail d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral&#8230; &#8212; restent, malgr&#233; les promesses des ministres successifs, y compris de la Garde des Sceaux actuelle, toujours aussi marginales. Les chiffres de 2005 soulignent la r&#233;alit&#233; : 87 % des sorties correspondent &#224; la fin de la peine, 3,9 % &#224; la gr&#226;ce pr&#233;sidentielle et&#8230; 4,6 % &#224; une lib&#233;ration conditionnelle. Autre dysfonctionnement : une mission parlementaire a &#233;t&#233; install&#233;e le 25 juillet dernier concernant un stock de 200 000 jugements non ex&#233;cut&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e est bonne, mais doit avoir les moyens de son efficacit&#233; : un contr&#244;leur g&#233;n&#233;ral doit &#234;tre prochainement install&#233;, charg&#233; &#171; de s'assurer que les droits fondamentaux des personnes priv&#233;es de libert&#233; sont respect&#233;s et de contr&#244;ler les conditions de leur prise en charge &#187;. Les associations concern&#233;es, qui demandaient cette nomination depuis belle lurette (d'ailleurs impos&#233;e par le protocole des Nations Unies contre la torture sign&#233; par la France en 2005), ont d&#233;nonc&#233; le manque de moyens pr&#233;vus et les restrictions &#8212; d'acc&#232;s aux informations, par exemple &#8212; entourant la fonction. Il y a fort &#224; faire en effet, le m&#233;diateur de la R&#233;publique ayant r&#233;cemment recens&#233; 5500 lieux privatifs de libert&#233; (dont les 28 centres &#233;ducatifs ferm&#233;s). Nomm&#233; pour cinq ans, ce contr&#244;leur g&#233;n&#233;ral serait donc charg&#233; de surveiller ces lieux, mais la mesure reste vague : les prisonniers, par exemple, auront-ils la possibilit&#233; de saisir l'instance, comme le r&#233;clame l'OIP ? Rien n'est moins s&#251;r. Ajoutant encore au manque de cr&#233;dibilit&#233;, le nom d'Arno Klarsfeld est avanc&#233; pour occuper le poste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Globalement, une loi p&#233;nitentiaire est pr&#233;vue pour cet automne, portant sur quatre points : missions du service public p&#233;nitentiaire et de ses personnels, droits et devoirs des personnes d&#233;tenues, r&#233;gimes de d&#233;tention, am&#233;nagements de peine&#8230; Sur quelles logiques ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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