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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Le devoir d'interpellation du secteur</title>
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		<dc:subject>848-849</dc:subject>

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&lt;p&gt;En l'absence de minist&#232;res clairement identifi&#233;s, o&#249; vont d&#233;sormais se jouer les enjeux concernant les personnes &#226;g&#233;es, le handicap, la famille et la vie associative ? L'Uniopss en appelle aux politiques &lt;br class='autobr' /&gt;
L'intention est claire : &#171; Nous avons souhait&#233; interpeller le pr&#233;sident et ses ministres afin de les alerter, tout en r&#233;alisant des propositions constructives &#187;. Deux mois environ apr&#232;s l'&#233;lection du nouveau pr&#233;sident de la R&#233;publique, l'Union nationale interf&#233;d&#233;rale des &#339;uvres et organismes priv&#233;s (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En l'absence de minist&#232;res clairement identifi&#233;s, o&#249; vont d&#233;sormais se jouer les enjeux concernant les personnes &#226;g&#233;es, le handicap, la famille et la vie associative ? L'Uniopss en appelle aux politiques&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'intention est claire : &#171; Nous avons souhait&#233; interpeller le pr&#233;sident et ses ministres afin de les alerter, tout en r&#233;alisant des propositions constructives &#187;. Deux mois environ apr&#232;s l'&#233;lection du nouveau pr&#233;sident de la R&#233;publique, l'Union nationale interf&#233;d&#233;rale des &#339;uvres et organismes priv&#233;s sanitaires et sociaux (&lt;a href=&#034;http://www.uniopss.asso.fr&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Uniopss&lt;/a&gt;) a list&#233; ses pr&#233;occupations en mati&#232;re de solidarit&#233; pour les cinq ann&#233;es &#224; venir. Ce sont celles du secteur dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinquante-huit fiches ont &#233;t&#233; &#233;labor&#233;es concernant onze domaines : l'Europe, la vie associative, l'emploi, les institutions sociales et m&#233;dico-sociales, la d&#233;centralisation, la gestion financi&#232;re, la lutte contre l'exclusion, la famille et la jeunesse, la sant&#233;, le handicap, les personnes &#226;g&#233;es. Certaines de ces fiches illustrent les principales inqui&#233;tudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelant que la pauvret&#233; et la pr&#233;carit&#233; se sont g&#233;n&#233;ralis&#233;es, l'Uniopss reste toutefois r&#233;serv&#233;e sur l'exp&#233;rimentation du revenu de solidarit&#233; active (RSA) prochainement mise en place par une vingtaine de d&#233;partements, consid&#233;r&#233;e comme moins ambitieuse que la premi&#232;re mouture du projet de Martin Hirsch. Le document pr&#233;conise la cr&#233;ation d'un revenu d'insertion pour les moins de 25 ans, le maintien du RMI &#171; comme droit inconstitutionnel non soumis &#224; contrepartie &#187;, une revalorisation des minima sociaux proportionnelle au smic horaire et la cr&#233;ation d'un syst&#232;me d'encouragement financier pour favoriser le retour &#224; l'emploi. En effet, &#171; aujourd'hui, 12 % de la population vit en France avec moins de 774 e par mois &#187;, rappelle un des conseillers techniques, Bruno Grou&#232;s. C'est pourquoi le gouvernement doit d&#233;cr&#233;ter ses priorit&#233;s, &#171; m&#234;me si tout doit &#234;tre fait pour d&#233;velopper les d&#233;marches positives vers l'insertion &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre item essentiel, les mineurs en souffrance : l'Uniopss s'inqui&#232;te du &#171; caract&#232;re compulsif des r&#233;formes et de l'absence d'&#233;valuation des dispositifs mis en &#339;uvre, qui interrogent sur la pertinence des &#233;volutions propos&#233;es. &#187; Donn&#233;e en exemple, la proc&#233;dure de pr&#233;sentation imm&#233;diate devant le tribunal, install&#233;e par la loi du 5 mars 2007, laisse supposer l'&#233;chec des proc&#233;dures existantes : &#171; Or, aucun bilan n'avait &#233;t&#233; effectu&#233; de la proc&#233;dure &#224; d&#233;lai rapproch&#233; instaur&#233;e par la loi du 9 septembre 2002 &#187;&#8230; Le r&#233;seau pr&#233;conise de r&#233;affirmer le primat de l'&#233;ducatif, de donner des moyens &#224; la justice des mineurs mais aussi d'associer le monde associatif &#224; la mise en &#339;uvre et &#224; l'&#233;valuation des politiques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Il s'agit bien de faire de la sant&#233; et de l'action sociale un axe important de financement public&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me pr&#233;occupation, la sant&#233; et la pr&#233;vention. Notre syst&#232;me, estime l'Union nationale, mise sur le curatif et &#171; pas assez sur le d&#233;pistage et la pr&#233;vention &#187;. La loi a pourtant pr&#233;vu un certain nombre de mesures pr&#233;ventives : renforcement du dispositif de lutte contre le saturnisme, &#233;laboration tous les cinq ans d'un plan national pour la pr&#233;vention des risques sant&#233; li&#233;s &#224; l'environnement, consultations pour la pr&#233;vention des maladies ou traumatismes&#8230; Mais &#171; l'intention tarde &#224; se concr&#233;tiser &#187;&#8230; L'Uniopss entend valoriser la pr&#233;vention dans la pratique quotidienne des professionnels de sant&#233;, renforcer la m&#233;decine scolaire et la m&#233;decine du travail, d&#233;velopper le suivi des personnes sans emploi et soutenir l'action des associations, le r&#233;seau d&#233;non&#231;ant &#224; ce propos &#171; l'insuffisante concertation &#187; entre pouvoirs publics et acteurs associatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant le secteur des personnes &#226;g&#233;es, certaines carences caract&#233;risent aujourd'hui l'offre de service &#171; tant &#224; domicile qu'en &#233;tablissement &#187; : insuffisance de personnels, manque de places, discontinuit&#233; du service&#8230; L'Uniopss se prononce pour une prestation unique et universelle de compensation des &#171; manque et perte d'autonomie &#187; : l'allocation personnalis&#233;e autonomie (APA) et la prestation de compensation du handicap (PCH) cumul&#233;es &#8212; et donnant lieu &#224; une nouvelle prestation &#8212; permettraient ainsi de reconna&#238;tre un &#171; nouveau risque social &#187; et d'en confier la gestion &#224; la Caisse nationale de solidarit&#233; pour l'autonomie (CNSA). &#171; La cr&#233;ation d'une seule prestation au lieu des deux actuelles permettrait de supprimer le seuil discriminant des 60 ans dans la structuration des prestations. L'enjeu est de proposer une meilleure couverture sociale des besoins d'accompagnement dans les actes de la vie quotidienne, plus respectueuse du projet de vie des personnes &#226;g&#233;es et des personnes en situation de handicap &#187;, d&#233;taille ainsi Arnaud Vinsonneau, conseiller technique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, il s'agit bien de faire de la sant&#233; et de l'action sociale un axe important de financement public : &#171; Face aux besoins et aux retards pris dans le d&#233;veloppement de l'offre, les pouvoirs publics doivent faire de ces secteurs des priorit&#233;s budg&#233;taires pour les cinq ans &#224; venir &#187;&#8230; Dans les semaines qui viennent &#8212; une s&#233;rie de rendez-vous est envisag&#233;e &#8212;, l'Uniopss ira exposer l'ensemble de ses pr&#233;occupations aux secr&#233;taires d'&#201;tat concern&#233;s. Mi-novembre se tiendra &#8212; &#224; Nantes, en m&#234;me temps que son 60&#232;me anniversaire &#8212; son 29&#232;me congr&#232;s sur la m&#234;me question : &#171; Coh&#233;sion sociale et solidarit&#233;s : changeons-nous de cap ? &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les campeurs de la r&#233;publique. 70 ans de vacances utopiques</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Les-campeurs-de-la-republique-70-ans-de-vacances-utopiques</link>
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		<dc:subject>848-849</dc:subject>
		<dc:subject>Vacances</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les d&#233;buts du camping remontent &#224; 1865, date &#224; laquelle l'alpiniste anglais Edouard Whymper utilisa pour la premi&#232;re fois une tente dans son ascension du massif du Cervin. Mais c'est la d&#233;mocratisation des loisirs qui constitue le v&#233;ritable d&#233;clencheur de cette pratique. Pendant longtemps, seules l'aristocratie puis la bourgeoisie purent consacrer leur temps libre &#224; l'&#233;vasion et &#224; la d&#233;tente. L'acc&#232;s aux vacances des &#171; gens de peu &#187; &#233;tait limit&#233; par le co&#251;t des s&#233;jours en h&#244;tel. C'est aussi du fait de sa (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L97xH150/arton1912-f217e.jpg?1694616244' width='97' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les d&#233;buts du camping remontent &#224; 1865, date &#224; laquelle l'alpiniste anglais Edouard Whymper utilisa pour la premi&#232;re fois une tente dans son ascension du massif du Cervin. Mais c'est la d&#233;mocratisation des loisirs qui constitue le v&#233;ritable d&#233;clencheur de cette pratique. Pendant longtemps, seules l'aristocratie puis la bourgeoisie purent consacrer leur temps libre &#224; l'&#233;vasion et &#224; la d&#233;tente. L'acc&#232;s aux vacances des &#171; gens de peu &#187; &#233;tait limit&#233; par le co&#251;t des s&#233;jours en h&#244;tel. C'est aussi du fait de sa dimension financi&#232;rement abordable que le camping se d&#233;veloppa. Un autre facteur participe aussi &#224; ce mouvement : la fuite de l'air vici&#233; des villes ainsi que l'attirance pour les plaisirs de la vie en plein air et le contact avec la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment du Front populaire, on ne compte pas moins de 200 000 adeptes du camping. Aujourd'hui, le tableau a bien chang&#233;. Fleuron de la commercialisation des loisirs, les r&#233;sidences de plein air se sont multipli&#233;es. &#201;quip&#233;es de piscine &#224; toboggan, de selfs et de sup&#233;rettes, elles offrent en outre des installations ludiques du dernier cri &#224; destination tant des enfants que des adultes. Ces structures mercantiles aux tarifs le plus souvent dispendieux sont de plus en plus envahies par des r&#233;sidences mobiles &#233;quip&#233;es de tout le confort qui n'ont plus grand chose &#224; voir avec cette simplicit&#233; et cette proximit&#233; de la nature auxquelles aspiraient les premiers campeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, un valeureux village gaulois r&#233;siste &#224; cette invasion g&#233;n&#233;ralis&#233;e de l'esprit capitaliste. Fort de 50 000 adh&#233;rents, le Groupement des campeurs universitaires (GCU) tente depuis sa cr&#233;ation en 1937 de pr&#233;server le principe coop&#233;ratif en continuant &#224; fonctionner sur la base de l'autogestion. Ses fondateurs sont avant tout des solidaristes et des mutualistes convaincus qui ont clairement cherch&#233; &#224; cr&#233;er une culture particuli&#232;re, fond&#233;e sur la fraternit&#233; et la r&#233;ciprocit&#233; : ce qu'ils voulaient c'&#233;tait &#171; &#224; partir d'un espace sauvage, construire m&#234;me de fa&#231;on &#233;ph&#233;m&#232;re une utopie communautaire, avec son bon gouvernement, sorte de cit&#233; id&#233;ale &#187; (p.34).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe qui est retenu d&#232;s le d&#233;part est celui du b&#233;n&#233;volat et de la gestion par les campeurs eux-m&#234;mes de leur lieu de s&#233;jour. L'am&#233;nagement des premiers terrains et de ceux qui vont suivre appartient &#224; la saga l&#233;gendaire du regroupement : ouvrir un acc&#232;s &#224; la faucille, installer une pompe pour fournir l'eau, am&#233;nager des WC, planter des arbres, clore la propri&#233;t&#233; seront pendant plusieurs d&#233;cennies l'apanage des campeurs eux-m&#234;mes&#8230; Chaque semaine, une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale a lieu qui d&#233;signe un responsable, un tr&#233;sorier et un conseil de camp. Les t&#226;ches quotidiennes sont assur&#233;es par des &#171; hommes de jour &#187; d&#233;sign&#233;s &#224; tour de r&#244;le pour effectuer l'entretien des sanitaires, le tri du courrier, l'accueil des nouveaux arrivants&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ambiance est &#224; l'entraide. Pas une famille qui ne doive installer sa tente ou man&#339;uvrer sa caravane, sans que spontan&#233;ment ses voisins viennent donner un coup de main. Pour permettre &#224; chacun de profiter des terrains les mieux plac&#233;s, une r&#232;gle fonctionnera longtemps, limitant le s&#233;jour d'une m&#234;me famille &#224; vingt-huit jours. Jusqu'aux ann&#233;es 1990, ce qui justifiait l'appartenance au regroupement, c'&#233;tait le statut de fonctionnaire de l'&#233;ducation nationale, sens&#233; garantir une position d'&#233;ducateur et d'ami de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'origine de ce choix de l'entre-soi, la conviction bien ancr&#233;e des instituteurs fondateurs de devoir montrer dans leurs vacances comme dans leur fonction de ma&#238;tre d'&#233;cole une certaine exemplarit&#233;. Ils seront fid&#232;les en cela &#224; Jean Jaur&#232;s qui affirma : &#171; On n'enseigne pas ce que l'on sait, on enseigne ce que l'on est &#187;. Jaloux de son ind&#233;pendance, le GCU ne re&#231;ut jamais aucune subvention et attendra 1976 pour faire appel aux banques, l'achat des terrains &#233;tant financ&#233; jusqu'&#224; cette date par des pr&#234;ts contract&#233;s aupr&#232;s de ses adh&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, 40 % des adh&#233;rents n'appartiennent pas &#224; l'&#201;ducation nationale. On y parle de tout sauf de p&#233;dagogie et des probl&#232;mes de l'&#233;cole. Les statuts respectifs restent inconnus des campeurs qui ne les &#233;voquent qu'&#224; titre exceptionnel. Le partenaire de l'une des nombreuses activit&#233;s culturelles propos&#233;es (chaque camp s'&#233;tant sp&#233;cialis&#233; dans un domaine) peut aussi bien &#234;tre instituteur de campagne qu'inspecteur d'acad&#233;mie, repr&#233;sentant de commerce ou salari&#233; d'entreprise. Une seule chose les r&#233;unit, une communaut&#233; de vie qui refuse la marchandisation des loisirs et revendique l'humanisation des rapports sociaux, ne fut-ce que sur le temps des vacances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 572 adh&#233;rents en 1939 &#224; 50 000 aujourd'hui, le GCU conna&#238;t depuis quelques ann&#233;es une l&#233;g&#232;re d&#233;croissance. Pour r&#233;pondre &#224; cette &#233;rosion, plusieurs modifications sont intervenues au grand dam des puristes : ouverture de l'association au monde de l'&#233;ducation (comme les &#233;ducateurs) et au-del&#224; (sous forme de parrainages), introduction de r&#233;sidences mobiles, intervention de personnels r&#233;mun&#233;r&#233;s pour le nettoyage des sanitaires dans les grands camps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'aube du nouveau si&#232;cle se pose un certain nombre de questions. Comment r&#233;agir face &#224; la mont&#233;e d'une attitude de plus en plus consommatrice d'adh&#233;rents qui ne veulent plus forc&#233;ment faire leur &#171; service de jour &#187; ou prendre des responsabilit&#233;s ? Comment pr&#233;server le souci du collectif chez des campeurs qui se comportent potentiellement d'une mani&#232;re bien moins disciplin&#233;e et respectueuse de l'esprit coop&#233;ratif ? Comment maintenir l'id&#233;al d'une association qui s'est toujours fond&#233;e sur la camaraderie et la solidarit&#233; dans un monde qui privil&#233;gie de plus en plus l'individualisme et l'&#233;gocentrisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est l&#224; au c&#339;ur d'un paradoxe : ce qui fait l'originalit&#233; et l'attrait du GCU est justement ce qui peut lui nuire le plus ! Cette v&#233;n&#233;rable institution de 70 ans, bijou de l'&#233;conomie solidaire est bien vaillante. Elle est propri&#233;taire d'un patrimoine de 43 millions d'euros tr&#232;s souvent convoit&#233; par les promoteurs. A l'heure o&#249; les utopies fond&#233;es sur l'autogestion ont toutes &#233;chou&#233;, le GCU r&#233;siste en nous montrant une autre mani&#232;re de vivre ses vacances.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Bourin &#233;diteur, 2006 (268 p. ; 21 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>ESAT : des entreprises presque comme les autres</title>
		<link>https://www.lien-social.com/ESAT-des-entreprises-presque-comme-les-autres</link>
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		<title>Le r&#244;le des ESAT dans l'emploi des personnes handicap&#233;es</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Le-role-des-ESAT-dans-l-emploi-des-personnes-handicapees</link>
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		<dc:subject>Travail prot&#233;g&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>848-849</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les personnes handicap&#233;es doivent trouver leur place et de nouveaux rep&#232;res dans un march&#233; du travail qui a beaucoup &#233;volu&#233;. Heureusement, l'antagonisme entre institution et int&#233;gration est aujourd'hui d&#233;pass&#233;, ce qui permet l'&#233;mergence de solutions souples et adapt&#233;es. Ce serait presque parfait si les moyens &#233;taient &#224; la hauteur des intentions&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le statut social reste, aujourd'hui encore, essentiellement acquis par l'emploi. La norme sociale, dans nos soci&#233;t&#233;s, reste le travail : le lien &#233;conomique (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Travail-protege" rel="tag"&gt;Travail prot&#233;g&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/848-849" rel="tag"&gt;848-849&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les personnes handicap&#233;es doivent trouver leur place et de nouveaux rep&#232;res dans un march&#233; du travail qui a beaucoup &#233;volu&#233;. Heureusement, l'antagonisme entre institution et int&#233;gration est aujourd'hui d&#233;pass&#233;, ce qui permet l'&#233;mergence de solutions souples et adapt&#233;es. Ce serait presque parfait si les moyens &#233;taient &#224; la hauteur des intentions&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le statut social reste, aujourd'hui encore, essentiellement acquis par l'emploi. La norme sociale, dans nos soci&#233;t&#233;s, reste le travail : le lien &#233;conomique conditionne, en effet, le lien social. Le travail est non seulement une source de revenus, mais aussi un moyen d'insertion sociale et un mode d'&#233;panouissement et de d&#233;veloppement personnel pour les personnes handicap&#233;es qui peuvent et d&#233;sirent travailler. Le droit au travail est, enfin, tout &#224; fait reconnu dans les droits fondamentaux de l'Union europ&#233;enne. Les personnes handicap&#233;es ne doivent pas &#234;tre mises &#224; l'&#233;cart, car elles doivent de plein droit jouer un r&#244;le dans la soci&#233;t&#233; &#224; qui il appartient de concilier le principe de l'&#233;galit&#233; des droits avec celui du respect des diff&#233;rences et des n&#233;cessit&#233;s sp&#233;cifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se trouve, actuellement, au sein d'une soci&#233;t&#233; riche, mobilis&#233;e par la comp&#233;tition, le march&#233; international, le contr&#244;le des nouvelles technologies, mais aussi caract&#233;ris&#233;e par un fonctionnement &#233;conomique et social difficile &#224; appr&#233;hender, un march&#233; du travail qui &#233;chappe aux m&#233;thodes d'analyse traditionnelles et un sous-emploi important malgr&#233; des progr&#232;s r&#233;cents. On note aussi que le niveau d'emploi varie selon les domaines &#233;conomiques. Ainsi, les emplois de services marchands et non marchands (les services de restauration rapide, d'entretien de locaux, d'am&#233;lioration de l'environnement) se d&#233;veloppent alors que les emplois industriels, par le jeu d'un certain nombre de facteurs (automation, d&#233;localisations&#8230;), r&#233;gressent fortement. Cependant, il faut ajouter que les emplois de services n'offrent plus assez, comme il y a encore quelques ann&#233;es, de v&#233;ritables possibilit&#233;s d'int&#233;gration professionnelle pour des travailleurs handicap&#233;s, notamment mentaux et psychiques. Ce secteur d'activit&#233;s a adopt&#233; des modes d'organisation tr&#232;s exigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le recrutement direct de travailleurs handicap&#233;s par les entreprises, les administrations et les collectivit&#233;s publiques confront&#233;es &#224; leurs imp&#233;ratifs budg&#233;taires, restera probablement faible dans les prochaines ann&#233;es. La r&#233;flexion et les pratiques, &#224; propos de l'emploi des handicap&#233;s, ne peuvent donc que s'inscrire dans un environnement nouveau et, &#224; vrai dire, assez inconnu. L'emploi des handicap&#233;s r&#233;clamera, tr&#232;s certainement et toujours plus, la mise en jeu de plusieurs types de solutions (emplois ordinaires, emplois aid&#233;s, emplois prot&#233;g&#233;s&#8230;) et d'approches imaginatives en mati&#232;re de cr&#233;ation d'emplois (par le secteur priv&#233;, le secteur public, les collectivit&#233;s locales, les associations, les coop&#233;ratives, les entreprises sociales&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des travailleurs handicap&#233;s plut&#244;t satisfaits&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les personnes handicap&#233;es sont aujourd'hui deux fois plus touch&#233;es par le ch&#244;mage que le reste de la population active : 17 % ne trouvent pas d'emploi. 535 000 sont employ&#233;es en milieu ordinaire (79 %) dont 160 000 dans le secteur public et 375 000 dans le secteur priv&#233; (y compris en entreprises adapt&#233;es qui emploient 20 000 personnes) ; 35 000 (5 %) sont des travailleurs ind&#233;pendants ; enfin 110 000 (16 %) sont en &#233;tablissement et service d'aide par le travail. Pour celles travaillant en milieu de travail prot&#233;g&#233;, il faut rappeler qu'en ESAT, elles pr&#233;sentent, pour 76 % des d&#233;ficiences intellectuelles et pour 16 % des d&#233;ficiences du psychisme. Cela signifie, que si l'on d&#233;fend un droit &#224; l'emploi pour celles capables et motiv&#233;es par l'exercice d'une activit&#233; professionnelle, l'existence d'un second march&#233; de l'emploi (ouvert, multiforme et int&#233;gratif, prot&#233;g&#233; ou aid&#233;) est indispensable. C'est d'ailleurs l'avis du Bureau international du travail (BIT).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, il est frappant que l'essentiel des d&#233;bats publics qui ont lieu, ainsi que les rapports officiels r&#233;dig&#233;s &#224; la demande des pouvoirs publics &#224; propos des ESAT (nouvelle d&#233;nomination des CAT) depuis une vingtaine d'ann&#233;es, n'ont jamais int&#233;gr&#233; le point de vue de leurs travailleurs. Une enqu&#234;te, r&#233;alis&#233;e dans le cadre d'un ouvrage r&#233;cent (Zribi, Sarfaty, 2003), montre des positions assez diff&#233;rentes de celles des organismes cens&#233;s d&#233;fendre au mieux leurs int&#233;r&#234;ts : les travailleurs handicap&#233;s sont globalement satisfaits de leur orientation professionnelle ; un nombre important d'entre eux consid&#232;re que les emplois propos&#233;s correspondent bien &#224; leurs capacit&#233;s ; un travailleur sur deux estime qu'il a eu le choix de l'&#233;tablissement o&#249; il se trouve ; s'ils affirment, en majorit&#233;, qu'ils ont la libert&#233; de donner leur avis au sein de r&#233;unions ou d'instances de l'ESAT, ils souhaitent de sensibles am&#233;liorations, notamment sur la mise au point d'arbitrages lorsqu'il y a des d&#233;saccords entre eux-m&#234;mes et la structure, y compris en cas de sanctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Allemagne, le 14 mars 2003, lors de l'organisation d'un speaker's corner, des repr&#233;sentants handicap&#233;s de cent vingt ateliers ont d&#233;fendu des orientations analogues &#224; celles tir&#233;es de l'enqu&#234;te cit&#233;e ci-dessus. Au regard des travailleurs handicap&#233;s comme de celui de nombreux experts, le travail prot&#233;g&#233; &#8211; et les droits qu'il procure &#8211; a donc une place tout &#224; fait l&#233;gitime dans le dispositif d'emploi et dans l'acc&#232;s au droit &#224; une activit&#233; professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La France bien plac&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans presque tous les pays europ&#233;ens, il existe, ainsi, mis &#224; part les &#233;tablissements pour les handicap&#233;s graves, trois grands types de r&#233;ponses destin&#233;es aux adultes en mati&#232;re d'activit&#233; : l'emploi normal, l'emploi subventionn&#233; et/ou accompagn&#233;, l'emploi prot&#233;g&#233;. Pour l'emploi ordinaire, la plupart des pays ont des lois de discrimination positive (un quota de travailleurs handicap&#233;s dans les entreprises en France, en Allemagne&#8230;) ou bien, pour d'autres, des mesures d'incitation fortes &#224; l'emploi (comme au Danemark, par exemple). En ce qui concerne les emplois subventionn&#233;s, les entreprises qui embauchent des personnes handicap&#233;es per&#231;oivent des aides destin&#233;es &#224; compenser les co&#251;ts salariaux ; la Su&#232;de, avec 10,8 emplois pour 1000, ou la France, avec 6,3 (les emplois avec aide au poste), sont les pays qui ont la politique la plus forte dans ce domaine (source : OCDE 2003).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dispositif des abattements de salaire (une partie du salaire, au moins 50 %, est assur&#233;e par l'employeur, l'autre partie par l'Agefiph), qui a &#233;t&#233; remplac&#233; par les emplois ordinaires avec aide au poste du fait de la lourdeur du handicap par la loi du 11 f&#233;vrier 2005, est particuli&#232;rement int&#233;ressant pour favoriser la transition du milieu prot&#233;g&#233; vers le milieu ordinaire. Ce dispositif, peu connu, a tout de m&#234;me permis la cr&#233;ation de 12 000 emplois, 6 000 d'entre eux &#233;tant occup&#233;s par des personnes handicap&#233;es habituellement orient&#233;es en ESAT. Or la r&#233;forme de ce type d'emplois initi&#233;s par la loi du 11 f&#233;vrier 2005 est peu adapt&#233;e aux personnes handicap&#233;es mentales et psychiques, ce qui m&#233;riterait tr&#232;s rapidement des inflexions sensibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, si la position des pouvoirs publics n'est pas mise en &#339;uvre de mani&#232;re active et convaincue, les travailleurs handicap&#233;s risquent de subir, &#224; court et moyen terme, un grave pr&#233;judice car 12 000 emplois &#8211; ce qui est &#233;norme lorsque l'on consid&#232;re les difficult&#233;s des handicap&#233;s &#224; trouver un emploi &#8211; dispara&#238;traient &#224; moyen terme. Les emplois accompagn&#233;s (support employment) existent sous diff&#233;rentes formes. Les personnes handicap&#233;es embauch&#233;es par les entreprises b&#233;n&#233;ficient d'importants soutiens psychosociaux, d'une dur&#233;e variable, sur leur poste de travail (assistants individuels en Allemagne, &#233;quipes de suite en France). Pour le travail prot&#233;g&#233;, il y a des distinctions &#224; op&#233;rer entre pays europ&#233;ens. Certains pays (par exemple la Su&#232;de, l'Angleterre, la Belgique) n'ont qu'une seule forme d'emploi, c'est l'atelier prot&#233;g&#233; ou l'entreprise adapt&#233;e qui sont autofinanc&#233;s &#224; 50 % ou 60 % par le travail de leurs employ&#233;s. Cela signifie que l'emploi prot&#233;g&#233; est r&#233;serv&#233; &#224; des employ&#233;s relativement performants.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des r&#233;ponses plus adapt&#233;es&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D'autres pays (comme la France) n'ont plus qu'une formule d'emploi prot&#233;g&#233;, les ESAT, autofinanc&#233;s &#224; hauteur de 20 % (en effet, les entreprises adapt&#233;es &#8211; ex-ateliers prot&#233;g&#233;s &#8211; rejoignent le milieu ordinaire de travail). Cette formule de l'ESAT permet, si elle n'est pas trop d&#233;natur&#233;e par les r&#233;formes en cours, un droit &#224; l'emploi plus largement ouvert, notamment &#224; des employ&#233;s en &#226;ge et en capacit&#233; de travailler mais moins performants que ceux exer&#231;ant un emploi en entreprise de travail adapt&#233;. Ce qui complique aussi l'analyse et la communication au niveau europ&#233;en, ce sont les &#171; faux amis &#187; dans les appellations. Ainsi, au Portugal et en Espagne, il existe les centres sp&#233;ciaux d'emploi et les centres occupationnels : les premiers correspondant aux ateliers prot&#233;g&#233;s anglais, belges ou fran&#231;ais ; les seconds sont analogues aux ESAT fran&#231;ais (et non aux foyers occupationnels de jour) ou encore aux ateliers pour handicap&#233;s allemands ou autrichiens. En Italie, les ateliers prot&#233;g&#233;s correspondent aux centres occupationnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays d&#233;velopp&#233;s ont donc cr&#233;&#233;, depuis plusieurs dizaines d'ann&#233;es, des emplois prot&#233;g&#233;s et aid&#233;s permettant d'am&#233;nager un droit &#224; l'emploi pour ceux &#8211; surtout des handicap&#233;s mentaux et psychiques &#8211; qui sont, pour la plupart, incapables principalement en raison de leurs difficult&#233;s personnelles, d'exercer une activit&#233; professionnelle ordinaire dans un monde de travail toujours plus exigeant. Les emplois prot&#233;g&#233;s existent dans la quasi-totalit&#233; des pays europ&#233;ens, mais en nombre tr&#232;s variable : 5,2 pour 1000 habitants en Su&#232;de, 5,6 en Suisse, 4,3 en Norv&#232;ge. L'Autriche, la France et l'Allemagne ont un secteur de travail prot&#233;g&#233; sensiblement moins important (compris entre 2,9 et 3,3 pour 1000 habitants ; source : OCDE 2003).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On consid&#232;re habituellement que les pays scandinaves ont une politique d'int&#233;gration r&#233;ussie et tr&#232;s sup&#233;rieure aux autres pays europ&#233;ens. Or il existe, dans ces pays, entre 50 % et 90 % de postes de travail prot&#233;g&#233; de plus que dans le second groupe de pays cit&#233;s ci-dessus. Et encore, sont-ils r&#233;serv&#233;s &#224; des travailleurs handicap&#233;s relativement performants pouvant travailler en atelier prot&#233;g&#233; dont, rappelons-le, l'autofinancement par l'activit&#233; &#233;conomique est important (deux fois et demie sup&#233;rieur aux ESAT, tous financements confondus). Ces donn&#233;es nous conduisent &#224; relativiser largement l'exemple de la Su&#232;de, pourtant souvent mis en avant avec un taux de passage du milieu prot&#233;g&#233; au milieu ordinaire de travail de 5 %. Plut&#244;t que de s'&#233;merveiller sur le taux de sortie, il serait plus pertinent de s'interroger sur l'important taux d'entr&#233;e en atelier prot&#233;g&#233; dans ce pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; quelques r&#233;serves exprim&#233;es, parfois au nom d'approches int&#233;gratives univoques et exclusives (excluantes ?), l'Union europ&#233;enne reconna&#238;t (contrairement aux ann&#233;es quatre-vingt-dix, pendant lesquelles seules les formes traditionnelles d'int&#233;gration &#233;taient acceptables) que l'on doit proposer un emploi prot&#233;g&#233; ouvert chaque fois que possible sur le milieu ordinaire, aux personnes handicap&#233;es qui ne peuvent pas, en raison de leur handicap, &#234;tre int&#233;gr&#233;es dans le monde normal de travail. On s'achemine ainsi progressivement vers le renoncement, dans les discours et les pratiques, &#224; l'antagonisme artificiel entre institutions et int&#233;gration. En effet, les institutions modernes, notamment les ESAT, recouvrent des r&#233;alit&#233;s pluriformes entre l'intra-muros et l'int&#233;gration accompagn&#233;e, assist&#233;e ou totale. Elles permettent que soient mises en place des r&#233;ponses adapt&#233;es, souples et perm&#233;ables les unes par rapport aux autres gr&#226;ce &#224; un mouvement amorc&#233; il y a une quinzaine d'ann&#233;es et dont la logique devrait &#234;tre soutenue plus clairement qu'elle ne l'est aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Affirmer les droits des travailleurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re les principes g&#233;n&#233;reux affirm&#233;s en France mais aussi au niveau de l'Union europ&#233;enne, l'impr&#233;cision persiste &#224; propos des moyens n&#233;cessaires &#224; leur mise en application et dans la d&#233;finition des approches particuli&#232;res induites par la grande pluralit&#233; des handicaps et des situations. Ainsi, la controverse existe actuellement, un peu partout, sur la nature des droits des travailleurs d'ESAT (ou leur &#233;quivalent) : droits des salari&#233;s ou droits des consommateurs de services sociaux ? Pourtant la reconnaissance du droit &#224; l'emploi &#8211; quoique encore insuffisante &#8211; doit impliquer dans une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique l'autre terme de l'&#233;quation : la reconnaissance des droits fondamentaux des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas en effet, dans une logique de non-discrimination &#8211; m&#234;me si l'&#233;volution plus g&#233;n&#233;rale des statuts et des r&#233;mun&#233;rations ne va pas actuellement dans ce sens -, qu'il y ait une rupture de droits entre le milieu ordinaire et le milieu prot&#233;g&#233;. Une autre tendance est de consid&#233;rer que l'application du droit du travail est en d&#233;finitive moins protectrice que l'actuel statut d'usager de service social. Les orientations actuelles telles qu'elles sont d&#233;finies dans la loi du 2 janvier 2002 r&#233;novant l'action sociale et m&#233;dico-sociale, ont choisi le compromis : le statut juridique d'usager de services sociaux pour les travailleurs d'ESAT a &#233;t&#233; sauvegard&#233;, mais avec des am&#233;nagements ; des droits additionnels ont &#233;t&#233; pr&#233;vus, par ailleurs, par la loi du 11 f&#233;vrier 2005, notamment en mati&#232;re de formation et de cong&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste pourtant &#224; r&#233;affirmer que le maintien et l'accroissement des droits des personnes handicap&#233;es, notamment de celles qui exercent une activit&#233; professionnelle en ESAT, ne seront effectifs qu'&#224; la condition que les budgets sociaux pour financer les structures soient au diapason des bonnes intentions. Dans le cas contraire, les suppos&#233;es &#171; avanc&#233;es sociales &#187; (r&#233;mun&#233;ration garantie en cas de maladie, de violences&#8230;) se r&#233;sumeraient en un catalogue d'affirmations inad&#233;quates et m&#234;me, assez cyniques !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la question essentielle des ressources des travailleurs des ESAT n'a obtenu qu'une r&#233;ponse insuffisante avec l'adoption de la loi du 11 f&#233;vrier 2005. Ainsi, il n'est pas exclu qu'un certain nombre de personnes handicap&#233;es ayant choisi de vivre dans un habitat autonome (aid&#233;es, &#233;ventuellement, par un service d'accompagnement &#224; la vie sociale) soit tent&#233; d'y renoncer, notamment avec l'avanc&#233;e en &#226;ge, pour habiter dans un foyer d'h&#233;bergement. Plut&#244;t qu'&#224; une int&#233;gration sociale, on assisterait alors &#224; une r&#233;-institutionnalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La remise en question des institutions uniformis&#233;es et conservatrices pour personnes handicap&#233;es, la multiplication, depuis vingt ans, de services ouverts et de solutions semi-prot&#233;g&#233;es, l'int&#233;gration assist&#233;e et la diversit&#233; accrue des r&#233;ponses, ont permis de construire progressivement un continuum encore insuffisant, mais toujours plus riche de modes de vie et de travail, qu'ils soient institutionnels, partiellement int&#233;gratifs ou totalement ordinaires. L'insertion par l'&#233;conomie ou l'&#233;conomique &#224; vocation sociale, auxquelles appartiennent les formes d'emplois non traditionnelles (emplois prot&#233;g&#233;s, emplois aid&#233;s, emplois sociaux&#8230;), sont des voies valables et, sans doute, les plus efficaces selon nous pour aider les personnes handicap&#233;es &#224; trouver une place active dans la soci&#233;t&#233;. Les &#233;tablissements et services d'aide par le travail s'inscrivent, tout &#224; fait naturellement, dans ces approches o&#249; l'utilit&#233; sociale va de pair avec un r&#244;le &#233;conomique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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