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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Femmes dans les quartiers</title>
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&lt;p&gt;Astucieux, Sarkozy embauche Fadela Amara pour sa politique de la Ville. Maltrait&#233;es, rel&#233;gu&#233;es, stigmatis&#233;es, certaines banlieues vont &#233;videmment toujours aussi mal. Plusieurs initiatives &#8212; associatives, cin&#233;matographiques &#8212; posent avec acuit&#233; le probl&#232;me de l'&#233;galit&#233; entre hommes et femmes &lt;br class='autobr' /&gt;
Fin mai, les films en comp&#233;tition &#224; Cannes tournaient dans une dizaine de villes de banlieue parisienne. Parmi les plus francs succ&#232;s, Persepolis, dessin anim&#233; autobiographique de Marjane Satrapi (sortie nationale le (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Astucieux, Sarkozy embauche Fadela Amara pour sa politique de la Ville. Maltrait&#233;es, rel&#233;gu&#233;es, stigmatis&#233;es, certaines banlieues vont &#233;videmment toujours aussi mal. Plusieurs initiatives &#8212; associatives, cin&#233;matographiques &#8212; posent avec acuit&#233; le probl&#232;me de l'&#233;galit&#233; entre hommes et femmes&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fin mai, les films en comp&#233;tition &#224; Cannes tournaient dans une dizaine de villes de banlieue parisienne. Parmi les plus francs succ&#232;s, Persepolis, dessin anim&#233; autobiographique de Marjane Satrapi (sortie nationale le 27 juin) o&#249; elle &#233;voque son enfance iranienne. &#171; Je garderai en t&#234;te les images de ces femmes voil&#233;es regardant l'histoire de cette gamine, elle-m&#234;me sous une burqa, en Iran&#8230; &#187;, &#233;piloguait (Lib&#233; du 28 mai) Luc Besson, grand organisateur de ce Cannes en banlieue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 19 juin, la fondatrice de Ni putes ni soumises (NPNS), Fadela Amara, acceptait le poste de secr&#233;taire d'&#201;tat charg&#233;e de la politique de la Ville. Depuis quelques ann&#233;es, ses trois principaux chevaux de bataille se nomment la&#239;cit&#233;, &#233;galit&#233;, mixit&#233; : &#171; Dans les cit&#233;s, c'est maintenant qu'il faut changer la situation &#187;, affirme-t-elle aujourd'hui en pleine confiance. &#192; voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle aura en tout cas du pain sur la planche. Outre un ch&#244;mage structurel et un abandon de plus en plus criant des services publics, les probl&#232;mes de certains quartiers se d&#233;clinent parfois aussi au f&#233;minin : mariages forc&#233;s, r&#233;pudiations, probl&#232;mes de respect entre gar&#231;ons et filles, violences conjugales, emprise des fr&#232;res, discriminations sexistes, exigence de certificats de virginit&#233;, mutilations&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines initiatives militantes n'ont de cesse de le rappeler : ainsi le documentaire Allez Yallah !, sorte de &#171; po&#232;me &#233;pique, de chant d'amour &#233;mancipateur &#187; pour son r&#233;alisateur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Allez Yallah ! (Jean-Pierre Thorn, 2006, 116 mn). Programmation : Nolwenn (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Depuis quelques ann&#233;es et des deux c&#244;t&#233;s de la M&#233;diterran&#233;e &#8212; dans les douars et bidonvilles du Maroc comme dans les banlieues fran&#231;aises &#8212;, une caravane de femmes, musulmanes ou non, r&#233;unit les habitant(e)s des quartiers pour parler de leurs droits, &#171; prendre conscience de leur force et danser leur soif de libert&#233; &#187; (le rap de Bam's et les chants arabo-andalous de Sapho rappellent dans le film que la musique et la beaut&#233; sont &#224; c&#233;l&#233;brer). Tout en se r&#233;appropriant des segments d'espace public, un formidable mouvement de femmes pour la libert&#233; et l'&#233;galit&#233;, nous indique-t-on, est en train d'&#233;merger.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un road-movie contre l'obscurantisme, le fatalisme et le communautarisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au Maroc, face &#224; une paup&#233;risation pouvant conduire &#224; l'int&#233;grisme, les militantes se battent pour la sant&#233; et l'&#233;ducation&#8230; Elles ouvrent en permanence la discussion sur un code de la famille datant de 1984 et inf&#233;riorisant les femmes. M&#234;me si les amendements promulgu&#233;s en f&#233;vrier 2005 comportent des am&#233;liorations significatives concernant leur statut, certains principes inacceptables &#8212; tutorat, polygamie &#8212; ont bel et bien &#233;t&#233; maintenus : &#171; La d&#233;mocratie devient otage des extr&#233;mismes &#187;&#8230; En permanence, les caravani&#232;res d&#233;battent, dispensent lorsqu'elles le peuvent des conseils juridiques, orientent le cas &#233;ch&#233;ant vers une aide alimentaire ou sociale, militent contre l'analphab&#233;tisation. Avec, en France, quelques outils : le r&#233;seau Femmes contre les int&#233;grismes (FCI) a &#233;dit&#233; voici quelques mois la troisi&#232;me &#233;dition de la brochure Madame, vous avez des droits !, destin&#233;e aux femmes &#233;trang&#232;res ou d'origine &#233;trang&#232;re ; la mairie de Paris propose une plaquette sur la r&#233;sistance aux mariages forc&#233;s&#8230;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='FCI - BP 0640 - 69239 Lyon cedex 02. T&#233;l. 04 78 29 21 89' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;nergie, savoir-faire, strat&#233;gie : la lutte de ces femmes maghr&#233;bines est exemplaire. Road-movie contre l'obscurantisme, le fatalisme et le communautarisme, Allez Yallah ! est aussi un combat contre l'appauvrissement et le terrorisme. Fortes du soutien de la ligue d&#233;mocratique des droits des femmes (LDDF), ces caravanes &#8212; qui peuvent aussi se d&#233;cliner sur le mode r&#233;gional &#8212; se d&#233;placent au Maroc chaque ann&#233;e depuis 2000. En France, FCI regroupe plusieurs dizaines d'associations de quartier, certaines ayant pour premier objectif la lutte contre les mariages forc&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, l'auteur du documentaire, Jean-Pierre Thorn, consid&#232;re que les femmes du Maghreb sont au bout de la cha&#238;ne de l'oppression, que ce soit en France ou au pays d'origine. Dr&#244;le de r&#233;alisateur ! Cin&#233;aste avant de devenir ouvrier sp&#233;cialis&#233; &#224; Alsthom pendant dix ans, puis de nouveau cin&#233;aste, auteur de nombreux films d'entreprises ou d'&#233;missions syndicales&#8230; Sorti fin 2006 dans quelques salles, Allez Yallah ! a largement tourn&#233; dans les festivals avant de s'embarquer pour une belle croisi&#232;re associative : des projections dans cent cinquante villes ont permis &#224; 20 000 spectateurs de le voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit bien, au final, d'un enjeu social dont les politiques n'ont peut-&#234;tre pas encore saisi l'ampleur. Sous la houlette de l'ultra-r&#233;actionnaire (&#224; visage humain) Christine Boutin, l'embl&#233;matique figure de NPNS y pourra-t-elle quelque chose ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Allez Yallah ! (Jean-Pierre Thorn, 2006, 116 mn). Programmation : Nolwenn Thivault - 9, rue Ambroise Thomas - 75009 Paris. T&#233;l. 01 53 34 13 80&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.fci-asso.org&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;FCI&lt;/a&gt; - BP 0640 - 69239 Lyon cedex 02. T&#233;l. 04 78 29 21 89&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Ainsi soient-ils ! &#192; l'&#233;cole de l'adolescence</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Ainsi-soient-ils-A-l-ecole-de-l-adolescence</link>
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		<dc:subject>Adolescence</dc:subject>
		<dc:subject>846</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Philippe van Meerbeeck nous propose ici une promenade intellectuelle tout &#224; fait int&#233;ressante sur la question de l'adolescence, en s'appuyant largement sur sa formation de psychanalyste. Ainsi, m&#234;me si l'auteur explique avec sagesse que face au suicide d'un jeune, seule la victime est en mesure de donner les raisons de son geste, il n'h&#233;site pas &#224; se prononcer avec beaucoup moins de prudence sur nombre de comportements dont il situe l'origine d'une mani&#232;re tr&#232;s p&#233;remptoire. Restent des d&#233;monstrations (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L98xH150/arton1885-79454.jpg?1694657755' width='98' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Philippe van Meerbeeck nous propose ici une promenade intellectuelle tout &#224; fait int&#233;ressante sur la question de l'adolescence, en s'appuyant largement sur sa formation de psychanalyste. Ainsi, m&#234;me si l'auteur explique avec sagesse que face au suicide d'un jeune, seule la victime est en mesure de donner les raisons de son geste, il n'h&#233;site pas &#224; se prononcer avec beaucoup moins de prudence sur nombre de comportements dont il situe l'origine d'une mani&#232;re tr&#232;s p&#233;remptoire. Restent des d&#233;monstrations d'une grande pertinence et un discours tout &#224; fait s&#233;duisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la pubert&#233;, explique-t-il ainsi, survient un d&#233;ferlement hormonal qui agit comme un v&#233;ritable s&#233;isme sur l'organisation psychique. Tout se qui s'est pass&#233; entre 0 et 6 ans se r&#233;veille massivement et d'une mani&#232;re extr&#234;mement chaotique. Les filles doivent apprendre &#224; d&#233;couvrir l'alt&#233;rit&#233; en recevant en elles le gar&#231;on et en identifiant le pouvoir de g&#233;n&#233;rer la vie au travers de cet enfant qu'elles sont dor&#233;navant capables de faire grandir dans leur ventre. Les gar&#231;ons, quant &#224; aux, doivent d&#233;couvrir le f&#233;minin tant chez les filles qu'en eux-m&#234;mes, tout en affirmant leur virilit&#233;. La qu&#234;te de l'autre fonde alors une relation o&#249; l'on d&#233;sire &#234;tre d&#233;sir&#233; et o&#249; l'on aime autrui pour ce qu'il r&#233;v&#232;le de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela n'est gu&#232;re facile &#224; vivre. &#199;a l'est encore moins, d&#232;s lors que les adultes ne veulent pas l&#226;cher prise et qu'ils ne comprennent pas le m&#233;canisme latent de d&#233;tachement qui s'op&#232;re. Le deuil de l'enfance remet alors en cause l'intimit&#233; avec des parents qui devient insupportable. Sans r&#233;ponses apaisantes organis&#233;es et ritualis&#233;es par la culture ambiante, l'adolescent peut se mettre &#224; adopter des attitudes aberrantes ou des sympt&#244;mes effrayants qui ne sont rien d'autre que des interpellations en direction de son entourage. Dans un contexte tr&#232;s &#233;motionnel, un passage &#224; l'acte grave peut intervenir. Il ne signe pas forc&#233;ment une structuration d&#233;viante grave, mais peut aussi se comprendre comme le message confus de quelqu'un qui ne sait que faire de ses pulsions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeune est alors en pleine construction et en plein remaniement. Rien de ce qu'il montre ne doit &#234;tre fig&#233;, ni stigmatis&#233; : &#171; Poser un diagnostic sur un trouble du comportement transitoire d'un adolescent, c'est prendre le risque de le cataloguer, de le cristalliser &#224; un moment donn&#233; de son &#233;volution &#187; (p.116). Tout au contraire, ce dont le jeune a besoin dans ces moments, c'est de disposer des moyens pour penser ce qui le touche, ce qui l'&#233;meut et ce qui le trouble. Et l'auteur de montrer l'importance des rencontres avec des adultes qui ne se contentent pas d'&#234;tre eux-m&#234;mes des adolescents attard&#233;s, se limitant &#224; des relations de complicit&#233; et de copinage, mais qui puissent aider l'adolescent &#224; se repr&#233;senter, &#224; mentaliser et &#224; verbaliser les m&#233;canismes pulsionnels qui l'agitent. Ce qui est &#224; l'oppos&#233; du diagnostic rapide qui permet de prescrire des mol&#233;cules chimiques qui font la fortune des entreprises pharmaceutiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. De Boeck, 2007 (201 p. ; 18,50 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La souffrance des adolescents</title>
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		<dc:subject>Adolescence</dc:subject>
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&lt;p&gt;En 2004, on comptait dix millions de 12-25 ans, repr&#233;sentant 17 % de la population : 3,3 millions de coll&#233;giens, 1,5 million de lyc&#233;ens, 2,1 millions d'&#233;tudiants (ils &#233;taient &#224; peine 30 000 en 1900 !) et 330 000 apprentis. Si la majorit&#233; des adolescents va bien, reconnaissent les auteurs, cela ne signifie pas pour autant qu'ils &#233;chappent &#224; la zone de turbulence propre &#224; cette p&#233;riode de la vie, c'est tout simplement &#171; qu'ils parviennent &#224; la surmonter &#187; (p.17). Depuis un certain nombre de d&#233;cennies, les (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L91xH150/arton1884-1ad3f.jpg?1694657755' width='91' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 2004, on comptait dix millions de 12-25 ans, repr&#233;sentant 17 % de la population : 3,3 millions de coll&#233;giens, 1,5 million de lyc&#233;ens, 2,1 millions d'&#233;tudiants (ils &#233;taient &#224; peine 30 000 en 1900 !) et 330 000 apprentis. Si la majorit&#233; des adolescents va bien, reconnaissent les auteurs, cela ne signifie pas pour autant qu'ils &#233;chappent &#224; la zone de turbulence propre &#224; cette p&#233;riode de la vie, c'est tout simplement &#171; qu'ils parviennent &#224; la surmonter &#187; (p.17).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis un certain nombre de d&#233;cennies, les jeunes g&#233;n&#233;rations ont gagn&#233; en libert&#233; et en authenticit&#233;, mais, revers de la m&#233;daille, elles ont perdu en s&#233;curit&#233; et en tranquillit&#233;. Pour autant, quels que soient les lieux et les &#233;poques, le processus auquel elles sont confront&#233;es repose sur des bases immuables. M&#234;me si elle avance de deux &#224; trois mois par d&#233;cennie, c'est bien la pubert&#233; qui signe l'entr&#233;e dans cette classe d'&#226;ge, avec son lot de transformations physiques qui incitent le jeune &#224; fuir l'impression d'&#233;tranget&#233; &#224; lui-m&#234;me et l'incite &#224; tenter d'apprivoiser devant le miroir cette image inconnue jusqu'alors. Mais c'est aussi l'occasion d'une incroyable f&#233;condit&#233; intellectuelle, peu d'autres p&#233;riodes de la vie n'&#233;tant aussi propices &#224; d&#233;couvrir et &#224; apprendre tant de choses en si peu de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette curiosit&#233; qui s'exerce tous azimuts r&#233;pond en &#233;cho une soif d'exp&#233;riences nouvelles et intenses qui ne demande qu'&#224; s'&#233;tancher. Sans oublier la remise en question de l'ordre et des valeurs &#233;tablis par les adultes comme autant de moyens d'affirmer une insatiable aspiration &#224; l'autonomie. Mais cette surench&#232;re de critiques et de provocations ne saurait estomper une hypersensibilit&#233; et un intense besoin de dialogue. Ce que l'adolescent r&#233;clame de la part des adultes qui l'entourent et singuli&#232;rement de ses parents, ce sont des exemples et des principes personnifi&#233;s. Entre l'exc&#232;s de compr&#233;hension, voire de complicit&#233; et l'exc&#232;s de fermeture et de rigidit&#233;, la bonne attitude n'est d&#233;j&#224; pas toujours facile &#224; trouver. Quand l'adolescent commence &#224; aller mal, savoir r&#233;agir est encore plus complexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant qu'aucun signe pris isol&#233;ment ou ind&#233;pendamment du contexte ne suffit en lui-m&#234;me pour pr&#233;sumer d'une dimension pathologique. Pour compliquer encore la situation, plus l'adolescent est en souffrance, moins il est en mesure de le reconna&#238;tre, de l'exprimer et de demander de l'aide. Il va, au contraire, mettre &#224; l'&#233;preuve son entourage, n'ayant comme seul moyen de fuir son mal-&#234;tre que de passer &#224; l'acte ou d'utiliser son corps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les auteurs proposent une revue des diff&#233;rents signaux qui doivent alerter, en distinguant ceux qui doivent inqui&#233;ter de ceux que l'on doit banaliser. Ils dressent un tableau pr&#233;cis des troubles psychiatriques susceptibles de surgir &#224; l'adolescence, d&#233;crivant avec pr&#233;cision les prises en charge et les accompagnements possibles, tant du jeune que de ses proches.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. La D&#233;couverte, 2007 (224 p. ; 16 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le droit de l'aide sociale en 49 le&#231;ons</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Le-droit-de-l-aide-sociale-en-49-lecons</link>
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		<dc:date>2007-06-28T15:06:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>846</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sept le&#231;ons en sept rubriques, cela constitue donc quarante neuf le&#231;ons p&#233;dagogiques destin&#233;es enti&#232;rement &#224; l'aide Sociale. Tr&#232;s didactique, structur&#233;, cet ouvrage de r&#233;f&#233;rence permet d'aborder de mani&#232;re exhaustive ce droit. L'accession aux informations g&#233;n&#233;rales permet ainsi de comprendre la sp&#233;cificit&#233; et les objectifs de l'aide sociale. Les aspects plus d'ordre technique permettent, quant &#224; eux, de comprendre les caract&#233;ristiques, les m&#233;canismes, le fonctionnement et le financement de ce droit autonome et (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sept le&#231;ons en sept rubriques, cela constitue donc quarante neuf le&#231;ons p&#233;dagogiques destin&#233;es enti&#232;rement &#224; l'aide Sociale. Tr&#232;s didactique, structur&#233;, cet ouvrage de r&#233;f&#233;rence permet d'aborder de mani&#232;re exhaustive ce droit. L'accession aux informations g&#233;n&#233;rales permet ainsi de comprendre la sp&#233;cificit&#233; et les objectifs de l'aide sociale. Les aspects plus d'ordre technique permettent, quant &#224; eux, de comprendre les caract&#233;ristiques, les m&#233;canismes, le fonctionnement et le financement de ce droit autonome et original que constitue l'aide sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;dig&#233; par un inspecteur g&#233;n&#233;ral honoraire des affaires sociales, Am&#233;d&#233;e Th&#233;venet, &#233;galement pr&#233;sident de Sida Info service, ce document s'adresse non seulement aux divers travailleurs sociaux mais &#233;galement aux &#233;lus et autres intervenants des conseils g&#233;n&#233;raux ayant en charge l'action sociale ainsi qu'&#224; toute personne tent&#233;e par certains concours de la fonction publique. La protection sociale, l'historique de l'aide sociale, le droit des familles, les sources de ce droit, les b&#233;n&#233;ficiaires sont pr&#233;sents parmi ces le&#231;ons. Un v&#233;ritable guide, complet, pr&#233;cis, p&#233;dagogique, r&#233;f&#233;renc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les professionnels et les dispositifs sont analys&#233;s. Que ce soit les agr&#233;ments d'assistantes maternelles, les d&#233;marches d'adoption, les signalements de maltraitance, les pupilles de l'&#201;tat&#8230;, chaque situation se pr&#233;sente en regard du droit. Cette discipline si souvent redout&#233;e par nombre de professionnels est facilit&#233;e d'acc&#232;s gr&#226;ce &#224; une recherche syst&#233;matique de concr&#233;tisation et un all&#233;gement de forme. La pr&#233;sentation en le&#231;ons est astucieuse : chacune est &#224; la fois autonome et en m&#234;me temps en liaison avec une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un travail donc de clarification qui s'imposait et qui remplit sa mission d'explicitation et d'aide &#224; la compr&#233;hension de mesures si importantes pour nombres d'individus, enfants comme adultes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. ENSP, 2007 (230 p. ; 23 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Un caf&#233; social pour les Chibanis </title>
		<link>https://www.lien-social.com/Un-cafe-social-pour-les-Chibanis</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Immigration</dc:subject>
		<dc:subject>846</dc:subject>

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&lt;p&gt;Dans cet espace chaleureux cr&#233;&#233; pour les Chibanis par un collectif de travailleurs sociaux, les vieux migrants, des hommes mais aussi des femmes, peuvent &#234;tre aid&#233;s s'ils le souhaitent. Ils viennent l&#224; surtout pour se retrouver entre eux, un peu comme &#224; la maison, et profiter ensemble des ateliers propos&#233;s par les animateurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Abdalha vend des bricoles sur le trottoir de Couronnes, dans le XXe arrondissement de Paris. Invalide &#224; 50 % &#224; la suite d'un accident du travail en 1995, ce migrant tunisien (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans cet espace chaleureux cr&#233;&#233; pour les Chibanis par un collectif de travailleurs sociaux, les vieux migrants, des hommes mais aussi des femmes, peuvent &#234;tre aid&#233;s s'ils le souhaitent. Ils viennent l&#224; surtout pour se retrouver entre eux, un peu comme &#224; la maison, et profiter ensemble des ateliers propos&#233;s par les animateurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Abdalha vend des bricoles sur le trottoir de Couronnes, dans le XXe arrondissement de Paris. Invalide &#224; 50 % &#224; la suite d'un accident du travail en 1995, ce migrant tunisien per&#231;oit 400 euros d'allocation sp&#233;cifique de solidarit&#233;. Endett&#233;, il continue &#224; rembourser les emprunts contract&#233;s pour subvenir aux besoins de sa famille. H&#233;berg&#233; par des amis, il survit en vendant des articles d'occasion. &lt;i&gt;&#171; Il me reste 50 euros pour vivre chaque mois quand j'ai rembours&#233; mes dettes. Comment vous mangez avec &#231;a ? Comment vous faites quand vous ne pouvez m&#234;me pas acheter le pain ? Je ne vois pas de solution. Aujourd'hui j'ai vendu pour un euro. Et la marchandise, elle est m&#234;me pas &#224; moi &#187;&lt;/i&gt;, s'insurge-t-il en se prenant la t&#234;te entre les mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re lui, le boulevard de Belleville fourmille. Dans cette zone de nostalgie, les immigrants ont leurs habitudes. Assis sur des plots ou sur des bancs publics, les migrants &#226;g&#233;s sont aussi omnipr&#233;sents que transparents. Ta&#239;eb a fait ses courses et a achet&#233; juste quelques l&#233;gumes. Comme tous les jours il se rend au caf&#233; social Ayyem zamen, &#8220;le bon vieux temp&#8221; en arabe, &#224; deux pas du march&#233; Couronnes. Derri&#232;re les rideaux voil&#233;s couleur sable et terre, cet espace est une oasis dans le brouhaha urbain. &lt;i&gt;&#171; Ici, c'est bien. Les gens sont gentils. Je peux rester toute la journ&#233;e, me reposer. Le caf&#233; est &#224; 60 centimes. Ailleurs, un caf&#233; et on vous met dehors. Avant je me promenais beaucoup dans la rue, j'&#233;tais fatigu&#233;. &#187;&lt;/i&gt;, explique le vieux Tunisien en faisant le tour des salam aleikoum, sourires pour tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayyem zamen est la forme juridique et associative du caf&#233; social. Il est n&#233; de l'initiative d'un collectif de travailleurs sociaux, de militants associatifs dirig&#233; par Moncef Labidi. Ce sociologue militant d'origine tunisienne, rompu au travail de terrain, apr&#232;s sept ans de m&#233;diation institutionnelle dans le quartier de la Goutte d'or &#224; Paris, conna&#238;t bien ces Chibanis.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une oreille attentive&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 2000, il s'entoure de professionnels et ensemble m&#232;nent une longue enqu&#234;te de terrain pour mieux comprendre la sp&#233;cificit&#233; des vieux migrants, leurs besoins et recenser les points d'immigration. Ils rencontrent des travailleurs sociaux, des conseillers pour les retraites afin de cerner les difficult&#233;s et les attentes li&#233;es &#224; un lieu comme le caf&#233; social. Le caf&#233; est d'abord itin&#233;rant, les travailleurs sociaux continuant leur travail de sensibilisation et de mobilisation des acteurs de terrain jusqu'&#224; l'installation d&#233;finitive au coeur de Belleville, en janvier 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Th&#233; ou caf&#233; M. Ta&#239;eb ? &#187;&lt;/i&gt; Le caf&#233; est un double pr&#233;texte : rompre la solitude des usagers et cr&#233;er un espace de confiance n&#233;cessaire au travail des encadrants. &#192; la veille de la cr&#233;ation du lieu, Moncef Labidi, le directeur, voulait cr&#233;er un endroit o&#249; les personnes prendraient le temps de s'installer, de reprendre contact entre elles, de s'apprivoiser. &lt;i&gt;&#171; Ils demanderont peut-&#234;tre plus facilement de l'aide administrative &#187;&lt;/i&gt;, esp&#233;rait alors le sociologue. C'est chose faite. La base est l&#224;, solide. Mille trois cents adh&#233;rents sont sur les listes. Respect, douceur : des amiti&#233;s sont n&#233;es en cinq ann&#233;es entre responsables et &#171; clients &#187; mais aussi entre usagers. De belles rencontres entre grandes solitudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est fait comme si l'aide apport&#233;e n'&#233;tait qu'optionnelle, l'espace, le leur, est un grand salon dont ils auraient les cl&#233;s avec quelques amis sinc&#232;res. Les sollicitations des encadrants sont discr&#232;tes, l'accueil est r&#233;parti entre les membres de l'&#233;quipe pluridisciplinaire de l'animation et de l'acc&#232;s aux droits. Un animateur, un sociologue, une assistante sociale, des b&#233;n&#233;voles. Tous se rendent disponibles pour recevoir toute personne qui passe la porte. C&#244;t&#233; salon ils pratiquent l'&#233;coute du cafetier : une oreille attentive, non th&#233;rapeutique mais qui permet au migrant de se livrer plus facilement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coresponsables des ateliers (sorties culturelles, relaxation, d&#233;jeuners, jardinage, jeux&#8230;), les animateurs au quotidien participent &#233;galement &#224; la r&#233;ponse sociale. Ils effectuent une premi&#232;re &#233;valuation, apportent un d&#233;but de r&#233;ponse et proposent un rendez-vous avec l'assistante sociale. La permanence sociale d'acc&#232;s aux droits, lieu d'&#233;coute permanent, n'est pas isol&#233;e des autres activit&#233;s. Toutefois l'adh&#233;rent est aussi invit&#233; &#224; participer &#224; ces activit&#233;s afin que le caf&#233; social ne se transforme pas en service social sp&#233;cialis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Suivi individuel et social&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sans messes basses ni g&#234;ne, l'information circule, fluide, entre les membres de l'encadrement. &lt;i&gt;&#171; Il faudra voir avec Salem, car je crois qu'il a un probl&#232;me avec sa CAF&#8230; &#187;&lt;/i&gt;, rapporte Andr&#233;, l'animateur, &#224; Moncef. Ces dignes messieurs vont rarement se presser pour en parler : ce n'est pas une g&#233;n&#233;ration qui a &#233;t&#233; habitu&#233;e &#224; exiger, on ne se d&#233;voile qu'en famille. Carine, l'assistante sociale, effectue des va-et-vient entre le &#171; coin caf&#233; &#187; et son bureau dans lequel elle re&#231;oit les Chibanis. Un usager, au passage, lui signale un besoin, rendez-vous est pris, demain 14 heures. De l'informel au formel, la souplesse est n&#233;cessaire. &lt;i&gt;&#171; La distance est parfois difficile avec ce public. Le rapport au cadre, volontairement distendu, change la donne &#187;, &lt;/i&gt; reconna&#238;t-elle. Mais le contact est l&#224;, plus ais&#233;, plus accessible qu'avec l'assistante de secteur avec laquelle elle travaille en synergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois elle effectue &#233;galement des accompagnements aux guichets, voire quelques visites &#224; domicile pour les situations d'urgence. Mais l'essentiel du suivi individuel et social concerne le ch&#244;mage, les imp&#244;ts, le logement, les droits, l'invalidit&#233; et surtout les dossiers retraites. Par la faute d'employeurs qui profitaient parfois de leur condition d'immigr&#233;, en raison de carri&#232;res morcel&#233;es, de bas salaires, d'absence de cotisation &#224; une caisse de retraite compl&#233;mentaire, de p&#233;riodes de ch&#244;mage, de fr&#233;quentes maladies li&#233;es au travail, de probl&#232;mes pour retrouver tous les papiers, etc., de nombreux Chibanis rencontrent des difficultes pour justifier les ann&#233;es de cotisations. Ce qui complique les d&#233;marches pour faire respecter leurs droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Justement, c&#244;t&#233; salon, Mohamed est venu pour le tri de ses papiers. Cette op&#233;ration, effectu&#233;e en un mois et trois &#233;tapes, est le premier pas du suivi au caf&#233; social. Muriel, b&#233;n&#233;vole, a &#233;tal&#233; les documents sur la table. &lt;i&gt;&#171; Ce classement est l'un des premiers soutiens qu'on leur apporte &#187;&lt;/i&gt;, explique-t-elle. &lt;i&gt;&#171; Parfois ils arrivent avec une valise enti&#232;re, c'est un moment tr&#232;s important pour eux : cette valise qu'ils trimballent d'h&#244;tels en foyers depuis une trentaine d'ann&#233;es, c'est toute une vie qui resurgit &#187;&lt;/i&gt;, continue-t-elle. &lt;i&gt;&#171; Au del&#224; des probl&#232;mes de lecture, il faut &#234;tre l&#224; avec eux. Ils viennent avec angoisse et repartent soulag&#233;s : c'est gratifiant &#187;&lt;/i&gt;, se r&#233;jouit Jo&#235;lle, sa coll&#232;gue.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le difficile regroupement familial&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour Mohamed, c'est le deuxi&#232;me tri ; il a trouv&#233; beaucoup de trous dans son relev&#233; de cotisations et revient avec tous ses papiers Assedic. Son inqui&#233;tude est palpable, il en a oubli&#233; ses lunettes. Deuxi&#232;me tri, deuxi&#232;me oubli&#8230; Jo&#235;lle s'en amuse. Elle sait qu'il pr&#233;f&#232;re faire ainsi, prendre un peu de distance et la laisser agir, elle est l&#224; pour &#231;a. Pendant qu'elle s'active, empilant par p&#233;riodes les nombreuses fiches de paye, Mohamed raconte : ses nombreux employeurs, son parcours des m&#233;tiers du b&#226;timent &#224; celui de projectionniste&#8230; Sa vie d&#233;file. Non, il n'est pas si mal loti quand il regarde autour de lui : il a un logement, mais les regrets sont l&#224;, surtout celui de ne pas avoir pu faire venir ses enfants avant, car lorsqu'il s'est d&#233;cid&#233; il &#233;tait trop tard. Il attend sa quatri&#232;me r&#233;ponse pour le regroupement familial : la premi&#232;re, il manquait un m&#232;tre carr&#233; &#224; son logement, la seconde, la salle de bain n'&#233;tait pas assez a&#233;r&#233;e, la troisi&#232;me, une seule chambre pour deux enfants, ce n'&#233;tait pas suffisant. Le regroupement, dans son id&#233;e, ce n'est que pour qu'ils viennent en s&#233;jour. &lt;i&gt;&#171; Car vivre ici, c'est un peu tard pour ma femme, elle a ses habitudes l&#224;-bas &#187;&lt;/i&gt;, explique-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tri est termin&#233;, Mohamed soulag&#233; ne s'attarde pas. Il ne fait pas vraiment partie du noyau d'habitu&#233;s : ceux qui retardent le moment du retour au foyer en restant l&#224; &#224; discuter, jouer, commenter, ne rien faire, s'endormir sur le canap&#233;. &#202;tre simplement l&#224;, ensemble. D'autres s'en vont et reviennent plus tard. Entre-temps il y a une petite course, l'heure de la pri&#232;re dans la salle bond&#233;e du foyer voisin, des d&#233;marches administratives &#224; effectuer, prendre un peu le soleil sur un banc&#8230; On se retrouve ici de toute fa&#231;on !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espace est ouvert toute la journ&#233;e, m&#234;me le samedi. Sans attache, la libert&#233; n'est rien, ces voyageurs pendulaires sont bien plac&#233;s pour le savoir. Ainsi le caf&#233; joue le r&#244;le de port. Certains ont leur place pr&#233;f&#233;r&#233;e, leur partie de domino quotidienne. Les femmes aussi viennent, moins nombreuses. T&#233;moins d'une immigration f&#233;minine plus diffuse, elles ont leurs probl&#232;mes, leurs blessures, diff&#233;rentes certes, mais avec tant de points communs. Elles se r&#233;jouissent de venir les partager dans ce lieu volontairement mixte. Bien s&#251;r elles se mettent &#224; l'&#233;cart, autour d'une table pr&#232;s du comptoir, plus proches des encadrants, mais elles participent aux discussions vari&#233;es. De quoi parle-t-on d'ailleurs ? Du pays bien s&#251;r, de la famille qui est loin, des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On &#233;voque aussi les activit&#233;s qui rythment la vie du caf&#233; : la sortie jardinage du jeudi, les films, les massages, les animations&#8230;., la vieillesse, et parfois la mort. L'un d'eux est parti r&#233;cemment, une photo au mur rappelle son bon souvenir. Dieu d&#233;cide, certes&#8230; Mais pour tous, la mort les rapproche de leur famille. &#202;tre enterr&#233; l&#224;-bas&#8230;. Pour le dernier voyage. Les raisons sont religieuses bien s&#251;r, mais aussi issues d'une volont&#233; de se rapprocher de cette famille distanci&#233;e, se rappeler &#224; eux, comme ultime devoir de m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Personne ne leur a dit merci&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#233;moire qu'ils n'ont pu v&#233;ritablement transmettre. &#171; Ils sont arriv&#233;s d&#233;munis et ont d&#251; surmonter beaucoup de difficult&#233;s pour trouver une place en France &#187;, explique Sabrina Khassa, fille d'immigrants et auteur de Nos anc&#234;tres les Chibanis. &lt;i&gt;&#171; Du coup ils ont eu beaucoup de mal &#224; expliquer une histoire qu'eux-m&#234;me arrivaient difficilement &#224; dig&#233;rer. Et la transmission inaccomplie de la m&#233;moire familiale plombe souvent les parcours des fils de Chibanis et explique tensions et probl&#232;mes identitaires &#187;&lt;/i&gt;, estime l'&#233;crivain et journaliste. &#202;tre reconnus par leurs fils pour lesquels ils ont sacrifi&#233; leurs vies est peut- &#234;tre leur dernier souhait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin juin : l'ambiance des d&#233;parts estivaux flotte sur le caf&#233;. Ceux qui ne partent pas ont le coeur lourd et observent les autres tout &#224; leurs pr&#233;paratifs : les mariages au pays, les cadeaux, le souci du retour pratique, garder son logement&#8230; Pr&#233;occup&#233;s, ils semblent toutefois exister plus que jamais dans cet entre-deux mondes qu'ils connaissent si bien. &lt;i&gt;&#171; L&#224; o&#249; je suis le mieux ? Dans l'avion &#187;&lt;/i&gt;, confiait un Chibani &#224; Moncef. &#201;ternels &#233;trangers, plus vraiment de l&#224;-bas, pas vraiment d'ici, personne ne leur a dit merci.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Conditions de ressources, logement, sant&#233; : la fin de l'assignation &#224; r&#233;sidence pour les Chibanis ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Conditions-de-ressources-logement-sante-la-fin-de-l-assignation-a-residence-pour-les-Chibanis</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Conditions-de-ressources-logement-sante-la-fin-de-l-assignation-a-residence-pour-les-Chibanis</guid>
		<dc:date>2007-06-28T13:17:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>846</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La circulaire du 17 novembre 1998 indiquait que seules les allocations contributives &#233;taient attribu&#233;es sans condition de r&#233;sidence. En revanche, les aides sociales vers&#233;es aux personnes qui percevaient des revenus trop faibles, comme l'allocation de solidarit&#233; aux personnes &#226;g&#233;es (ASPA), et qui leur permettaient d'atteindre le minimum vieillesse de 625 euros, &#233;taient soumises &#224; r&#233;sidence avec tout ce que cela imposait comme isolement et &#233;loignement familial. Au mieux, les migrants ne pouvaient rentrer (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La circulaire du 17 novembre 1998 indiquait que seules les allocations contributives &#233;taient attribu&#233;es sans condition de r&#233;sidence. En revanche, les aides sociales vers&#233;es aux personnes qui percevaient des revenus trop faibles, comme l'allocation de solidarit&#233; aux personnes &#226;g&#233;es (ASPA), et qui leur permettaient d'atteindre le minimum vieillesse de 625 euros, &#233;taient soumises &#224; r&#233;sidence avec tout ce que cela imposait comme isolement et &#233;loignement familial. Au mieux, les migrants ne pouvaient rentrer que six mois dans l'ann&#233;e s'ils d&#233;siraient conserver leurs acquis sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article 7 de la loi du &#171; Droit opposable au logement &#187; pr&#233;sent&#233;e par le ministre de l'Emploi et de la Coh&#233;sion Sociale en janvier 2007 propose une &#171; aide &#224; la r&#233;insertion familiale et sociale des anciens migrants &#187;. Celle-ci s'adresse aux travailleurs migrants &#226;g&#233;s qui veulent effectuer des s&#233;jours de longue dur&#233;e dans leur pays d'origine. Le migrant qui d&#233;cide de b&#233;n&#233;ficier du dispositif pr&#233;vu par l'article 7 signera un contrat s'engageant &#224; vivre jusqu'&#224; neuf mois dans le pays d'origine. Il renoncera &#224; l'ASPA mensuel et percevra &#224; la place une allocation annuelle &#233;quivalente, tout en conservant sa retraite contributive. Oralement, le ministre s'est aussi engag&#233; &#224; ce qu'entre ce que les vieux migrants vont perdre (minimum vieillesse) et ce qu'ils vont gagner (la nouvelle prestation), ils ne perdront pas de revenus (modalit&#233;s renvoy&#233;es au d&#233;cret).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article 7 bis concerne l'acc&#232;s aux soins : &#171; Le b&#233;n&#233;ficiaire de l'allocation de r&#233;insertion familiale et sociale des anciens migrants a droit, lors de ses s&#233;jours en France, au b&#233;n&#233;fice des prestations en nature du r&#233;gime obligatoire d'assurances maladie et maternit&#233; dont il relevait au moment de son d&#233;part ou, &#224; d&#233;faut, du r&#233;gime g&#233;n&#233;ral de s&#233;curit&#233; sociale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois la loi s'appliquera seulement aux c&#233;libataires g&#233;ographiques (sans regroupement familial) ayant un logement avec aide au logement et vivant dans des foyers de type Sonacotra-Adoma ayant pass&#233; convention avec l'&#201;tat, donc &#224; l'exclusion de tous les autres (habitat priv&#233;, h&#233;berg&#233;s &#224; titre gratuit, habitat en h&#244;tel, en h&#244;tels meubl&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les associations de d&#233;fense ont tout d'abord d&#233;nonc&#233; une loi comptable pour se d&#233;barrasser &#224; moindre frais d'une population qui d&#233;pareille dans le paysage fran&#231;ais. D'autres y ont vu un lobbying de la Sonacotra (Adoma) en manque de place. Depuis, quelques amendements ont am&#233;lior&#233; le projet : r&#233;versibilit&#233; du contrat et maintien de l'assurance maladie de base. La CMU est, elle, soumise &#224; r&#233;sidence. La m&#233;fiance reste de mise pour la plupart de ces associations. Un bilan sera pr&#233;sent&#233; au Parlement d'ici trois ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mesure va t-elle changer la donne et encourager nombre de retours d&#233;finitifs aux pays ? Au caf&#233; social, on n'y croit pas trop. De fait, l'aspect psychologique n'a pas &#233;t&#233; pris en compte. Pour beaucoup de r&#233;sidents, la question n'est plus celle d'un retour au pays d&#233;finitif. Ils ont en effet des attaches en France et d'autres au pays d'origine et souhaitent toutes les conserver. Cela leur permet de donner un sens au parcours migratoire engag&#233; depuis des ann&#233;es et de justifier leur pr&#233;sence en France.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les Chibanis, des vieux migrants maghr&#233;bins </title>
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		<dc:subject>Immigration</dc:subject>
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&lt;p&gt;Immigr&#233;s maghr&#233;bins de la premi&#232;re g&#233;n&#233;ration, ils sont venus en France pour les grands travaux. Ces exil&#233;s ont patiemment construit leur int&#233;gration, dans une discr&#233;tion qui les a rendus aujourd'hui quasi invisibles. &#192; l'heure de la retraite, ils ne parviennent pas &#224; rentrer au pays. Qui sont ces Chibanis, &#171; cheveux blancs &#187; en arabe ? Quels sont leurs parcours, leurs droits, leurs ressources en termes d'accompagnement social ? Enqu&#234;te &#224; Paris o&#249; ils seraient plus de 60 000 migrants &#226;g&#233;s non (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Immigr&#233;s maghr&#233;bins de la premi&#232;re g&#233;n&#233;ration, ils sont venus en France pour les grands travaux. Ces exil&#233;s ont patiemment construit leur int&#233;gration, dans une discr&#233;tion qui les a rendus aujourd'hui quasi invisibles. &#192; l'heure de la retraite, ils ne parviennent pas &#224; rentrer au pays. Qui sont ces Chibanis, &#171; cheveux blancs &#187; en arabe ? Quels sont leurs parcours, leurs droits, leurs ressources en termes d'accompagnement social ? Enqu&#234;te &#224; Paris o&#249; ils seraient plus de 60 000 migrants &#226;g&#233;s non communautaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Paris, boulevard de la Chapelle. Dans le hall de l'entr&#233;e du foyer de l'Association pour la formation des travailleurs africains et malgaches (AFTAM), Susanna, la responsable h&#233;bergement encaisse le loyer. &#171; Alors vous, c'est une chambre &#224; un lit, wc sur le palier. 400 euros, moins la CAF&#8230; Je vous imprime &#231;a &#187;. Lakhdar tend d&#233;j&#224; le compte rond. Il le conna&#238;t, au centime pr&#232;s. Il sait surtout ce qu'il lui restera pour le mois. Pas grand-chose. Il doit encore r&#233;gler les formalit&#233;s de d&#233;part, annoncer sa date de retour. Il pense retourner deux mois en Alg&#233;rie. Pour garder sa chambre, il doit de toute fa&#231;on payer &#224; l'ann&#233;e. Le minuscule bureau est l'unique lieu de croisement pour les r&#233;sidents d'un foyer tristement d&#233;fra&#238;chi. H&#233;bergement initialement provisoire pour des s&#233;jours qui devaient l'&#234;tre &#233;galement. D&#233;pourvue de suivi social, cette petite structure de trente-cinq lits est pourtant quasi exclusivement d&#233;di&#233;e &#224; l'accueil de Chibanis. Seule une mission de m&#233;diation sociale a &#233;t&#233; programm&#233;e sur l'ann&#233;e. Son but : l'&#233;coute du public.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le dilemme des migrants&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La chambre de Lakhdar atteint difficilement les neuf m&#232;tres carr&#233;s. Une t&#233;l&#233;vision, un lit, un miroir. Bris&#233;. &#192; l'image de ses r&#234;ves. Comme beaucoup, il est venu plein d'espoir pour gagner de l'argent. C'&#233;tait le 1er novembre 1964. Il se souvient de la date. Ils s'en souviennent tous. D&#233;barqu&#233; &#224; Paris, il se d&#233;brouille vite. Les copains lui expliquent le circuit : le logement en h&#244;tel meubl&#233; tenu par des Maghr&#233;bins, &#224; quatre dans une chambre pour mille francs par mois, les gens &#224; aller voir pour le travail. Quinze jours plus tard, il est salari&#233;. Chauffeur puis ouvrier dans le b&#226;timent et enfin op&#233;rateur dans une fabrique laiti&#232;re : 6500 bouteilles &#224; l'heure, huit heures par jour jusqu'&#224; la retraite il y a trois ans. Sa chambre, la num&#233;ro huit, il l'occupe depuis vingt-cinq ans. Il n'est jamais reparti, d&#233;finitivement du moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il ne compte plus les aller-retour entre Paris et M'sila, sa ville natale en Alg&#233;rie o&#249; il a laiss&#233; huit enfants et une femme auxquels il envoie une large part de ses quatre cents euros mensuels de retraite. &#171; Elle est contente l&#224;-bas. C'est bien comme &#231;a &#187;, dit il. Au ton de sa voix, on devine que tout n'est pas si simple. Et maintenant ? &#171; Je voudrais bien rentrer au pays, mais&#8230; c'est compliqu&#233;&#8230; Ici il n'y a rien &#224; faire. Ici, c'est chacun sa t&#233;l&#233; &#187;, regrette-t-il. Ici, l&#224;-bas. L&#224;-bas, il y va l'&#233;t&#233;. Les bras charg&#233;s de cadeaux pour entretenir le mensonge collectif de la r&#233;ussite, dissimuler les souffrances de l'&#233;migr&#233; par respect pour lui-m&#234;me et pour ceux qui lui ont donn&#233; le mandat de l'exil. Surtout ne pas tirer un constat d'&#233;chec. Rentrer plus pauvre que l'on est parti ? Mieux vaut peut-&#234;tre ne pas rentrer. C'est tout le dilemme des vieux migrants &#224; l'heure de la retraite. Le travail l&#233;gitimait leur pr&#233;sence. La fin de la p&#233;riode active les d&#233;stabilise un peu plus encore. Le provisoire s'est install&#233; durablement, le non-choix renouvel&#233; jusqu'&#224; ne plus vouloir choisir. Des deux pays ils n'en ont fait qu'un. Les aller-retour mettent en exergue le lien, l'attachement aux deux soci&#233;t&#233;s qui marquent la trajectoire de ces hommes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ils nous appellent les &#171; euros &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette oscillation semble &#233;galement amoindrir le sentiment d'&#233;chec ressenti au moment du passage &#224; la retraite : trouver sa place au sein d'une famille avec laquelle on a peu v&#233;cu n'est pas simple. &#171; Vous savez l&#224;-bas on n'est plus vraiment des Alg&#233;riens aux yeux des autres &#187;, rench&#233;rit Ouidir qui s'est joint &#224; la conversation. &#171; L'inflation des produits alimentaires en Alg&#233;rie, ils disent que c'est &#224; cause de nous. Ils pensent qu'on est au paradis, qu'on est entretenus&#8230; Ils nous appellent les &#171; euros &#187; &#187; l&#226;che-t-il amer. &#171; Alors qu'on abandonne sa famille et qu'on reste seul pour la nourrir &#187;, explique-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux difficult&#233;s li&#233;es aux maigres retraites s'ajoutent de nombreux probl&#232;mes : la sant&#233; d'abord. Pour la plupart, ils ont particip&#233; &#224; la construction de la France, ex&#233;cutant des t&#226;ches p&#233;nibles qui les ont ab&#238;m&#233;s physiquement. Mais il y a aussi les p&#233;riodes de ch&#244;mage&#8230; Ouidir a connu les deux. &#201;lectronicien, victime d'un accident apr&#232;s une dizaine d'ann&#233;es de travail en France, il vit dans ce foyer depuis quatre ans apr&#232;s un parcours ponctu&#233; d'h&#244;tels meubl&#233;s et d'h&#233;bergement chez l'habitant. Depuis deux ans il n'est pas retourn&#233; au pays, faute d'argent. Son fils l'a rejoint. Ouidir assume les deux loyers avec ses 450 euros mensuels. &#171; On arrive &#224; manger, pas tous les jours, mais ensemble, c'est d&#233;j&#224; &#231;a, mais je suis coinc&#233; ici : je ne peux plus voir ma femme et ma fille &#187;, regrette-t-il. Lorsque les complications s'en m&#234;lent, ces voyageurs pendulaires sont contraints &#224; une vieillesse immobile. Ils vivent alors emmur&#233;s dans leur foyer, seuls et anonymes (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Conditions-de-ressources-logement-sante-la-fin-de-l-assignation-a-residence-pour-les-Chibanis' class='spip_in'&gt;lire article&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon une r&#233;cente &#233;tude, 22 % des chibanis logent en HLM, 17 % en chambre (souvent en colocation), 17 % sont h&#233;berg&#233;s, 16 % vivent en r&#233;sidence appartement, 15 % sont log&#233;s dans un meubl&#233; au mois et 10 % en foyer de travailleurs migrants (FTM). Sur les 130 000 lits du parc immobilier des FTM, 35 000 sont occup&#233;s par les personnes &#226;g&#233;es de cinquante-six ans et plus. Depuis une dizaine d'ann&#233;es, ce chiffre a &#233;t&#233; multipli&#233; par cinq. Ces structures sont inadapt&#233;es au vieillissement et au mode de vie (navettes incessantes&#8230;) des vieux migrants.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des logements plus adapt&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, depuis peu, des structures d'h&#233;bergement plus en ad&#233;quation avec le mode de vie des Chibanis sont mises en place. Les chambres &#224; occupation altern&#233;e sont n&#233;es de l'initiative de l'Adoma (ex Sonacotra). Ce syst&#232;me a pour but de clarifier le principe des aller-retour, &#233;viter le recours ill&#233;gal des r&#233;sidents &#224; la sous-location de leur chambre et lib&#233;rer des lits l&#224; o&#249; la demande est forte. Le principe : la chambre est partag&#233;e dans le temps entre plusieurs r&#233;sidants, une convention sp&#233;cifique est sign&#233;e. Le contrat de r&#233;sidence est donc r&#233;sili&#233;. La chambre peut &#234;tre occup&#233;e par quatre personnes en multi-location de trois mois maximum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'Observatoire sur les discriminations et les territoires interculturels de Grenoble (ODTI) a mis en place une structure innovante et adapt&#233;e aux navettes des Chibanis. Il s'agit d'un syst&#232;me h&#244;telier tr&#232;s souple. Quatorze appartements d'une vingtaine de m&#232;tres carr&#233;s sont mis &#224; disposition des migrants pendulaires qui paient au temps de pr&#233;sence : 5,38 euros la nuit ou environ 160 euros le mois et 20 euros de location de boite aux lettres et de bagagerie. La seule contrainte est de r&#233;server environ deux &#224; quatre semaines &#224; l'avance. T&#233;l&#233;phone, fax, t&#233;l&#233;phone arabe&#8230;. le syst&#232;me de r&#233;servation a connu des d&#233;buts chaotiques. Mais l'ODTI peut jouer de souplesse avec ses diff&#233;rents h&#233;bergements : une r&#233;sidence sociale permanente pour Chibanis, une r&#233;sidence &#233;tudiante et un centre d'h&#233;bergement et de r&#233;insertion sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le syst&#232;me h&#244;telier est occup&#233; &#224; 98 % et l'&#233;conomie moyenne effectu&#233;e par les Chibanis qui y r&#233;sident est de 2000 euros par an. Si cette solution peut para&#238;tre tr&#232;s simple, son articulation administrative et &#233;conomique l'est beaucoup moins. Il s'agit l&#224; d'une belle acrobatie. Un contournement juridique astucieux qui s'appuie sur une collaboration avec la DDASS, la CAF et un bailleur HLM. Les retrait&#233;s sont toujours consid&#233;r&#233;s juridiquement comme des r&#233;sidents &#224; l'ann&#233;e par l'ODTI gr&#226;ce &#224; une domiciliation postale (bo&#238;te aux lettres nominative permanente) permettant la d&#233;livrance d'une attestation de logement aupr&#232;s de l'administration. Dans ce syst&#232;me h&#244;telier, les retrait&#233;s sont priv&#233;s d'allocation personnalis&#233;e au logement (APL) vers&#233;e par la CAF, mais ils peuvent ouvrir un droit &#224; l'allocation logement temporaire (ALT) octroy&#233;e par la DASS.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'accompagnement social au foyer&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces astuces administratives visant &#224; offrir un logement adapt&#233; au fonctionnement de ce public, l'ODTI d&#233;veloppe un accompagnement social. &#171; C'est un public qui a un vrai besoin d'&#234;tre &#233;cout&#233;, d'&#234;tre accompagn&#233; &#187;, souligne Agn&#232;s Bonnot, responsable du p&#244;le social ODTI. L'&#233;quipe est constitu&#233;e d'une infirmi&#232;re, de deux juristes, d'un psychologue, d'une assistante sociale auxquels s'ajoutent une &#233;quipe technique, un secr&#233;tariat et des responsables. Les soins &#224; domicile sont rendus possibles le temps de leur s&#233;jour. L'infirmi&#232;re, l'assistante sociale et le psychologue assurent un suivi hebdomadaire et un relais permanent d'informations. Pour Jalil, psychologue &#224; l'ODTI, l'&#233;quilibre n&#233;cessite une m&#233;diation : &#171; Si les structures de type Adoma continuent de ne se pr&#233;occuper que de la gestion locative, il va y avoir de gros probl&#232;mes &#187;. M&#234;me si le suivi purement psychologique n'int&#233;resse pas les Chibanis, ceux-ci expriment des demandes de m&#233;diation dans les besoins concrets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, Jalil s'occupe-t-il &#224; mi-temps de la pr&#233;vention sant&#233;, et l'&#233;quipe enti&#232;re investit-elle le tissu associatif et les comit&#233;s de retrait&#233;s de Grenoble pour int&#233;grer les migrants dans ce dispositif. Le logement est la principale pr&#233;occupation des Chibanis&#8230; Et malgr&#233; la tristesse des FTM ou la pr&#233;carit&#233; de logements type h&#244;tels meubl&#233;s, ceux-ci s'y s'accrochent, ils restent, afin de continuer &#224; subvenir aux besoins de leur famille, et aussi pour pr&#233;server leur espace de vie, car en foyer les places sont ch&#232;res, l'attente est longue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Vieux migrants maghr&#233;bins : isol&#233;s ici, &#233;trangers l&#224;-bas</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Vieux-migrants-maghrebins-isoles-ici-etrangers-la-bas</link>
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		<dc:date>2007-06-28T08:48:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>M&#233;lanie-LS</dc:creator>


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