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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Institution : analyser la pratique, au service de l'usager</title>
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&lt;p&gt;&#171; La psychanalyse est faite pour dire que ce dont j'ai besoin n'est pas forc&#233;ment ce que je demande, et que ce que je demande je n'en ai pas forc&#233;ment besoin. &#187;. Entretien avec Ignacio G&#225;rate Mart&#237;nez, psychanalyste, superviseur analyste dans des services et des &#233;tablissements &lt;br class='autobr' /&gt;
Que pensez-vous du recours aux psychanalystes par des &#171; instances politiques &#187; pour superviser des groupes de travailleurs sociaux ? Ce type de supervision ou de groupe de contr&#244;le pour des travailleurs sociaux n'est pas (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; La psychanalyse est faite pour dire que ce dont j'ai besoin n'est pas forc&#233;ment ce que je demande, et que ce que je demande je n'en ai pas forc&#233;ment besoin. &#187;. Entretien avec Ignacio G&#225;rate Mart&#237;nez, psychanalyste, superviseur analyste dans des services et des &#233;tablissements&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que pensez-vous du recours aux psychanalystes par des &#171; instances politiques &#187; pour superviser des groupes de travailleurs sociaux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce type de supervision ou de groupe de contr&#244;le pour des travailleurs sociaux n'est pas nouveau. La pratique de l'&#233;coute psychanalytique s'est toujours inscrite dans le champ social. Cependant sa finalit&#233; ne peut pas &#234;tre la normalisation sociale. Alors, si un conseil g&#233;n&#233;ral en tant qu'institution politique, dot&#233;e de pouvoir territorial, ordonnait la pr&#233;sence d'un psychanalyste pour superviser le travail social, ce serait une d&#233;rive intol&#233;rable dans la mesure o&#249; cela donnerait au psychanalyste une fonction d'expert &#171; super-savant &#187; qui pourrait dire aux travailleurs sociaux ce qu'ils doivent faire ou la mani&#232;re dont ils doivent agir avec leurs usagers. J'esp&#232;re que ce que les conseils g&#233;n&#233;raux veulent faire c'est seulement financer cette pratique dans les institutions dont ils g&#232;rent le budget. La fonction du psychanalyste dans les institutions n'est pas celle d'un expert. Les travailleurs sociaux ont une pratique qui s'adresse &#224; des populations qui sont dans le besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, pour autant, cela ne veut pas dire que ce soient des sp&#233;cialistes du besoin ; certes, ils peuvent apporter parfois aux exclus du bonheur minimum garanti, de quoi manger, ou un logis, ou une bonne &#233;ducation afin qu'ils redeviennent ce que l'on appelle &#171; normal &#187; et qui consiste &#224; sortir de la marge, ou plut&#244;t &#224; se rapprocher du bord d'une marge plus tol&#233;rable au regard des autres. Mais il me semble, je veux croire, qu'il existe pour les &#233;quipes de travail social une place &#224; faire pour la demande. Cette demande est tapie derri&#232;re le besoin et ne s'exprime plus par la parole, elle passe par la haine du corps que l'on maltraite jusqu'au bord de la demande impossible, du besoin absolu, jusqu'au bord de la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence la fonction du psychanalyste est d'ouvrir leur &#233;coute &#224; une demande au del&#224; du besoin, les accompagner dans la croyance qu'il n'y a pas d'homme condamn&#233; &#224; la r&#233;p&#233;tition du malheur. Cependant, la rencontre d'un psychanalyste en dehors du champ clos de la cure, peut donner lieu &#224; une sorte de fantaisie qui touche &#224; l'image du psychanalyste, &#224; ses silences, &#224; la &#171; super-vision &#187; de cette oreille id&#233;ale, meilleure que les autres. Si tel &#233;tait le cas, ces s&#233;ances toucheraient au narcissisme des praticiens qui se verraient tout &#224; coup devant ce &#171; convive de pierre &#187;, qui &#233;coute sans rien dire et produit, par sa pr&#233;sence immuable, un fantasme de voyeurisme tout-puissant qui les condamne au silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mon point de vue, la mise en &#339;uvre d'une &#233;coute psychanalytique avec une &#233;quipe de travailleurs sociaux, dans une institution, fait appel &#224; une connaissance des institutions et du travail social qui ne doit pas &#234;tre superficielle. C'est pourquoi il me semble que les psychanalystes dits &#171; confirm&#233;s &#187; doivent continuer de s'y risquer. Ce ne peut pas &#234;tre un lieu de d&#233;grossissage de l'&#233;coute des jeunes psychanalystes en mal d'analysants. J'ai &#233;crit, il y a quelques ann&#233;es, un ouvrage qui s'intitule : &#171; L'institution Autrement, vers une clinique du travail social &#187; o&#249; je tente de montrer, en m'inspirant de mes conversations avec Fran&#231;ois Tosquelles, Michel De Certeau et les Mannoni, mais aussi de mon exp&#233;rience du travail en institution, comment elles peuvent s'organiser en &#171; lieux &#187;, et les diff&#233;rentes valeurs que chacun de ces lieux fait prendre &#224; la parole, si leurs limites sont garanties. Le psychanalyste qui accepte ce travail devrait poss&#233;der une lecture de l'institution ; il pourra ainsi s&#233;parer les lieux de la parole des praticiens, de ceux de la parole des usagers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est-&#224;-dire, pour prendre un exemple, s&#233;parer ce qui touche au renforcement de la confiance et de l'enthousiasme des praticiens (le renforcement de leur Moi bless&#233; par le manque de gratifications professionnelles), et ce qui renvoie &#224; l'ouverture n&#233;cessaire &#224; ce qui n'a pas &#233;t&#233; &#233;cout&#233; par le professionnel de la parole de l'usager (ce que le praticien refoule dans son &#233;coute). Pour ma part, je crois qu'il ne s'agit pas de venir en supervision pour faire une analyse des pratiques avec un psychanalyste et pour en sortir ragaillardi ; en revanche, la demande peut sembler l&#233;gitime lorsque la parole de l'usager se trouve dans une telle compacit&#233; qu'on ne sait plus ce que l'on entend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette analyse des pratiques est-elle alors au service des travailleurs sociaux ou &#224; celui des usagers ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail d'analyse de la pratique en institution est &#233;videmment au service de l'usager, mais celui-ci sera d'autant mieux &#233;cout&#233; et entendu que le travailleur social se sentira plus ouvert pour l'entendre. Si le travailleur social se rend capable de se vider de lui-m&#234;me pour recevoir une autre parole, au del&#224; des pr&#233;jugements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne risque-t-on pas pourtant de psychologiser le travail social ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un danger, en effet, et il y aurait un aspect ridicule &#224; vouloir que tout soit &#171; psy &#187;. Mais ce n'est pas l'affaire de la psychanalyse : je ne crois pas que la psychanalyse soit une &#171; psychologie &#187;. La psychanalyse est une pratique de la parole qui vise une ouverture destin&#233;e &#224; interrompre la r&#233;p&#233;tition du m&#234;me (souvent en termes de souffrance). Le r&#244;le de la psychanalyse en institution serait de permettre de dire que la vie d'un &#234;tre humain ne se r&#233;sume pas &#224; ses besoins m&#234;me lorsqu'on est SDF, clochardis&#233;, ou dans l'extr&#234;me souffrance de la maladie mentale ou physique, il reste une place pour la demande, le d&#233;sir du superflu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre soci&#233;t&#233; semble avoir accept&#233; sans discussion l'utilitarisme comme principe &#233;thique ; par exemple, il faudrait &#233;tudier le latin parce qu'il sert &#224; mieux int&#233;grer la structure de la langue, ou les principes logiques, mais pas pour le plaisir gratuit de la culture. L'&#233;thique utilitaire fonctionne aussi dans le champ du travail social. Tel &#233;ducateur disait : &#171; J'ai obtenu une aide &#224; un jeune, mais si j'avais su que c'&#233;tait pour s'acheter des baskets Nike, je ne l'aurais pas fait &#187;. Or, de quel droit un travailleur social peut-il r&#233;duire une personne &#224; ses seuls besoins ? Pourquoi n'y aurait-il pas de place pour la gratuit&#233;, pour le superflu ? Je crois que le travail social doit faire une place &#224; la parole d&#233;sirante, quelle que soit la situation de besoin ou de n&#233;cessit&#233; o&#249; se trouve un citoyen. La psychanalyse est faite pour dire que ce dont j'ai besoin n'est pas forc&#233;ment ce que je demande, et ce que je demande je n'en ai pas forc&#233;ment besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est tr&#232;s important dans un moment de notre soci&#233;t&#233; o&#249; l'imagerie m&#233;dicale et les progr&#232;s des neurosciences, risquent de r&#233;duire le soin psychique au besoin. Par exemple, traiter, sans &#233;coute, les signes cliniques de la d&#233;pression, revient &#224; supprimer chez le d&#233;prim&#233; la possibilit&#233; de faire le deuil de sa tristesse, or, c'est &#224; travers le deuil que l'on peut reconstruire une sc&#232;ne o&#249; l'on d&#233;sire vivre &#224; nouveau. Il convient de pr&#233;server le savoir-faire des &#233;quipes de travailleurs sociaux et des infirmiers de la sant&#233; mentale, qui se sont form&#233;s &#224; l'&#233;coute de l'amour de transfert, alors que les m&#233;decins subjugu&#233;s par la magie de leurs nouvelles techniques risquent de l'oublier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cependant ce type de supervision est-il formateur pour le travailleur social et utile pour l'usager ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la supervision &#233;tait un &#171; plus &#187; cela voudrait dire que l'on remplirait quelque chose, que l'on entasserait&#8230; Or, &#233;couter c'est laisser la place &#224; l'autre pour que sa parole prenne vie, redevienne cr&#233;atrice, se ressource dans la cr&#233;ativit&#233; de l'enfance, aurait pu dire Maud Mannoni. L'&#233;coute de ce qui se passe &#224; notre insu n'est pas un &#171; plus &#187;, c'est une travers&#233;e et une perte, et c'est dans ce passage et dans cette perte, que l'on garantit le respect de la parole de l'usager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, sans doute est-ce une exp&#233;rience formatrice pour les travailleurs sociaux, mais il ne faudrait pas la r&#233;duire &#224; un savoir quantifiable ou &#233;valuable, comme &#224; l'&#233;cole et &#224; l'universit&#233;. Je crois que la supervision est un lieu pour donner forme &#224; une clinique du travail social, une clinique qui se transmet &#224; travers la distance qu'un praticien peut prendre avec sa propre pratique en la nommant et en m&#234;me temps, c'est la consistance de cette clinique du travail social qui est une garantie pour l'usager ; la garantie que sa parole prendra une valeur renouvel&#233;e, en dehors d'une moralisation l&#233;nifiante au nom de son &#171; Bien &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La psychanalyse peut-elle aider les travailleurs sociaux ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/La-psychanalyse-peut-elle-aider-les-travailleurs-sociaux</link>
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		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>596</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Des assistantes sociales, &#233;ducateurs, conseill&#232;res en &#233;conomie sociale et familiale et autres acteurs du terrain d'un D&#233;partement de la r&#233;gion parisienne se r&#233;unissent pour &#233;voquer leur travail aupr&#232;s des usagers. Ces r&#233;unions sont anim&#233;es par des psychanalystes. Parmi les professionnels concern&#233;s, il y a les pour et les contre, sachant que ceux qui y participent sont tous volontaires et pay&#233;s par leur employeur. Explications et t&#233;moignages &lt;br class='autobr' /&gt;
Des groupes d'analyse de la pratique professionnelle existent (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des assistantes sociales, &#233;ducateurs, conseill&#232;res en &#233;conomie sociale et familiale et autres acteurs du terrain d'un D&#233;partement de la r&#233;gion parisienne se r&#233;unissent pour &#233;voquer leur travail aupr&#232;s des usagers. Ces r&#233;unions sont anim&#233;es par des psychanalystes. Parmi les professionnels concern&#233;s, il y a les pour et les contre, sachant que ceux qui y participent sont tous volontaires et pay&#233;s par leur employeur. Explications et t&#233;moignages&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Des groupes d'analyse de la pratique professionnelle existent depuis 1992. Ils sont ouverts &#224; tous les travailleurs sociaux de ce conseil g&#233;n&#233;ral qui en font la demande ainsi qu'&#224; leur encadrement. Les participants (dix &#224; quinze personnes maximum) se retrouvent avec un psychanalyste exp&#233;riment&#233; dans l'animation, durant six mois, au rythme d'une demi-journ&#233;e par semaine. Qui est &#224; l'origine de ces groupes ? Comment se sont-ils constitu&#233;s ? Qu'est-ce qui peut conduire des psychanalystes &#224; s'int&#233;resser ainsi au social ? Aucun th&#232;me n'&#233;tant d&#233;fini ou pr&#233;par&#233; &#224; l'avance, quel est donc l'objet des rencontres, la teneur des &#233;changes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attardons-nous, dans un premier temps, sur les propos des deux psychanalystes, intervenants actuels de cette formation, Franck Heilmann et Jean Lombardi. &lt;i&gt;&#171; C'est une assistante sociale devenue responsable de formation, &lt;/i&gt; explique Franck Heilmann, &lt;i&gt;qui a cr&#233;&#233; ces groupes : un espace de r&#233;flexion semblait n&#233;cessaire pour les travailleurs sociaux, trop pris dans l'action et dans leur implication dans la relation &#224; l'usager. Elle a propos&#233; &#224; un psychanalyste de sa connaissance de d&#233;marrer les groupes. Nous sommes intervenus plus tard, lorsqu'il nous a propos&#233; de prendre le relais &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le social,&lt;/i&gt; rel&#232;ve Jean Lombardi,&lt;i&gt; int&#233;resse tout le monde et repr&#233;sente l'engagement de l'individu dans la cit&#233;, sa mani&#232;re de s'y situer. La psychanalyse n'est pas en dehors de la soci&#233;t&#233;. Nous ne souhaitons pas rester cloisonn&#233;s dans notre discipline : un registre de savoirs n'a de sens que s'il est confront&#233; &#224; d'autres registres de savoirs qui lui sont ext&#233;rieurs et qui l'enrichissent. Bien s&#251;r, le social et la psychanalyse, ce n'est pas la m&#234;me chose. Le travailleur social a ses outils, nous avons les n&#244;tres. Nous n'abordons pas les personnes avec les m&#234;mes outils mais nous nous occupons des personnes de la m&#234;me fa&#231;on &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous souhaitons,&lt;/i&gt; souligne Franck Heilmann, &lt;i&gt;permettre aux travailleurs sociaux de s'interroger sur ce qu'est une attitude professionnelle. Nous entendons des participants nous dire : nous souhaitons prendre du recul, nous investir moins vis-&#224;-vis de l'usager. Ce n'est pas vis-&#224;-vis de l'autre que nous devons prendre de la distance pour nous investir pleinement. C'est vis-&#224;-vis de l'id&#233;e que nous nous faisons de l'autre et de l'autre en difficult&#233;. Apr&#232;s tout, l'autre est un inconnu ; nous pensons que c'est un semblable et qu'il fonctionne comme nous, mais ce n'est pas vrai. Tr&#232;s souvent, l'usager est dit en souffrance et c'est en fonction de cette souffrance que le travailleur social veut l'aider. Le travailleur social ne se rend pas compte qu'il entretient ainsi une attitude d'ali&#233;nation qui fait difficult&#233; pour la personne, ne lui permet pas d'&#233;voluer, de sortir d'un syst&#232;me d'assistanat. Nous avons vu des situations totalement renvers&#233;es lorsque le travailleur social a pris conscience de l'effet d'image qu'il plaquait sur ses interlocuteurs &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ce qui nous int&#233;resse&lt;/i&gt;, appuie Jean Lombardi, &lt;i&gt;c'est comment le professionnel se positionne vis-&#224;-vis de l'usager. C'est une caricature de fonctionnement, mais le travailleur social peut choisir de r&#233;pondre &#224; chaque demande, en fonction des dispositifs existants. Arriv&#233; au bout d'une s&#233;rie de demandes, l'usager ne comprend pas pourquoi le travailleur social ne peut plus l'aider. Et il n'a pas &#233;t&#233; aid&#233; finalement puisqu'il a &#233;t&#233; entretenu dans un syst&#232;me de demandes &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franck Heilmann et Jean Lombardi sont r&#233;mun&#233;r&#233;s &#224; la vacation par le conseil g&#233;n&#233;ral. Leur intervention peut cesser &#224; tout moment de leur propre fait ou sur d&#233;cision de l'institution. &lt;i&gt;&#171; Notre implication dans ce type de formation, &lt;/i&gt; note Jean Lombardi, &lt;i&gt;est personnelle et politique. Nous sommes conscients de ce que notre d&#233;marche met en jeu, du fonctionnement dans lequel nous intervenons et du travail que nous faisons. Nous ne sommes pas l&#224; pour r&#233;pondre au politique, satisfaire le syst&#232;me administratif ou donner bonne conscience aux &#233;lus. Nous mettrions fin &#224; ce travail s'il &#233;tait r&#233;cup&#233;r&#233; &#224; des fins contraires &#224; l'orientation que nous lui donnons &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi donc l'institution accr&#233;dite-t-elle ces groupes depuis neuf ans ? N'est-ce pas un alibi pour elle, permettant de masquer le manque r&#233;el de recherches et d'innovations de sa politique sociale ? &lt;i&gt;&#171; Oui,&lt;/i&gt; confirme Jean Lombardi, &lt;i&gt;nous sommes un alibi pour l'institution mais elle ignore en quoi consiste cet alibi. Le conseil g&#233;n&#233;ral a le sentiment de faire quelque chose pour ses travailleurs sociaux mais il ne sait pas ce qui se passe dans ces groupes. Des travailleurs sociaux interrogent le fonctionnement de l'institution, leur place dans celle-ci et le travail qu'ils font. Nous sommes l&#224; aussi pour soutenir ce type d'interrogations, les faire se d&#233;velopper, s'actualiser &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le travail social, &lt;/i&gt; reprend Franck Heilmann, &lt;i&gt;tire son origine de la Convention de 1793. Il ne doit pas &#234;tre vu comme une charit&#233;, ni entretenu comme tel. C'est pourtant cette dimension-l&#224; qui est toujours &#233;voqu&#233;e par les travailleurs sociaux ; c'est &#233;tonnant. Le travailleur social devrait pouvoir aussi faire entendre aux usagers qu'ils sont peut-&#234;tre pris dans une machine sociale qui les contraint mais qu'ils ont aussi le pouvoir de se manifester &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#171; Chacun,&lt;/i&gt; ajoute Jean Lombardi, &lt;i&gt;a ses questions strictement personnelles au regard d'une pratique, d'une implication politique. L'important c'est d'&#234;tre comp&#233;tent dans sa fonction et de savoir en r&#233;pondre. Je me souviens d'une situation &#233;voqu&#233;e par une conseill&#232;re en &#233;conomie sociale et familiale dans un des groupes. Sa hi&#233;rarchie exigeait d'elle qu'elle instruise une demande de subvention pour une famille. Le groupe a r&#233;fl&#233;chi sur ce que cette professionnelle proposait ; elle a pu soutenir sa position qui n'allait pas dans le sens que l'on tentait de lui imposer. Si le professionnel n'est pas &#224; m&#234;me de se permettre de penser, c'est contre lui qu'il va retourner les contradictions de l'institution et de la soci&#233;t&#233;. Pris dans des effets de discours, il ne saura plus o&#249; il est ou bien il se laissera porter par ce discours. Il vaut mieux, me semble-t-il, savoir &#224; quoi on s'oppose, comment on fonctionne dans un ensemble, plut&#244;t que se laisser submerger &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si nous nous int&#233;ressions, maintenant, aux t&#233;moignages des travailleurs sociaux ayant v&#233;cu ces groupes d'analyse de la pratique professionnelle ? (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Institution-analyser-la-pratique-au-service-de-l-usager' class='spip_in'&gt;lire &#233;galement l'interview d'Ignacio Garate Martinez&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; J'avais besoin de faire le point sur ma pratique,&lt;/i&gt; expose Laurie, &lt;i&gt;en la confrontant &#224; celles d'autres coll&#232;gues. Est-ce que la mani&#232;re dont je travaillais convenait ? J'ai pu voir, gr&#226;ce &#224; cette formation, comment je fonctionnais. Je ne me sens plus culpabilis&#233;e lorsque je suis amen&#233;e &#224; dire non aux usagers, dans la mesure o&#249; je peux donner un sens &#224; ce non et l'expliquer &#224; l'int&#233;ress&#233;. Parfois, vous &#234;tes phagocyt&#233;e par l'histoire des personnes parce que vous &#234;tes dans la compassion, dans la haine ou tout autre sentiment. Et l&#224;, le psychanalyste vous aide vraiment parce qu'il vous pointe certaines choses ; vous pouvez &#234;tre plus d&#233;gag&#233;e de votre ressenti et plus objective pour aider l'autre. Nous parlions, parfois, dans le groupe, de g&#233;n&#233;ralit&#233;s, de la mondialisation, du fonctionnement de la soci&#233;t&#233; etc. ; c'&#233;tait tr&#232;s th&#233;orique, int&#233;ressant, mais comment raccrocher cela au terrain ? Je pr&#233;f&#233;rais parler des situations qui nous posaient probl&#232;me, de notre pratique, du terrain &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Cette formation,&lt;/i&gt; t&#233;moigne Brigitte, &lt;i&gt;donnait une autre dimension &#224; notre travail. J'ai appris &#224; aborder les situations avec un peu moins d'affectivit&#233;. Dans le social, on voit de tout et on en prend aussi plein la figure. Les travailleurs sociaux sont les personnes &#224; qui l'on peut parler mais ils ont besoin d'un exutoire pour exprimer leurs difficult&#233;s. J'ai aussi compris que nous devions cesser de d&#233;penser une &#233;nergie folle pour r&#233;pondre &#224; la demande de l'usager. La question que celui-ci a pos&#233;e, ce n'est finalement peut-&#234;tre pas &#231;a. Il y avait peut-&#234;tre autre chose derri&#232;re ; mais parfois il n'a pas le temps de le formuler puisque vous lui avez d&#233;j&#224; r&#233;pondu &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'intervenant &#233;tait tr&#232;s bien&lt;/i&gt;, affirme Marc,&lt;i&gt; il avait beaucoup &#224; nous apprendre sur le social. Mais les participants &#233;taient trop nombreux. Et puis, ils voulaient des solutions imm&#233;diates, ils attendaient du psychanalyste qu'il leur dise ce qu'ils devaient faire. Un travailleur social, en particulier, monopolisait la parole en &#233;tant toujours, soit dans la plainte, soit dans l'anecdote. Son attitude, confort&#233;e par des participants bloquait la discussion. Ces derniers lui disaient : &#171; Mais pourquoi n'as-tu pas utilis&#233; tel ou tel dispositif ? Pourquoi ne l'as-tu pas orient&#233; vers telle ou telle structure ? &#187; ; ils ne tiraient pas d'enseignements de la situation. Ce n'&#233;tait pas constructif, cela tournait aux discussions classiques entre travailleurs sociaux &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Notre groupe rassemblait des assistantes sociales, des conseill&#232;res en &#233;conomie sociale et familiale, une directrice de cr&#232;che &#187;&lt;/i&gt; souligne Sylvie. &lt;i&gt;&#171; En nous c&#244;toyant r&#233;guli&#232;rement, nous avons appris &#224; mieux nous conna&#238;tre. Nous nous vivions souvent comme des ennemies, retranch&#233;es derri&#232;re nos sp&#233;cificit&#233;s. Les travailleurs sociaux ne savent pas travailler en &#233;quipe et pourtant ils ont tout int&#233;r&#234;t &#224; le faire. J'ai pu mieux appr&#233;hender le r&#244;le de la directrice de cr&#232;che, les contraintes auxquelles elle doit faire face vis-&#224;-vis de la hi&#233;rarchie, des salari&#233;s et des familles. Je n'ai jamais &#233;t&#233; g&#234;n&#233;e dans ce groupe ; des choses tr&#232;s personnelles s'y sont pourtant dites. Mais le psychanalyste &#233;vitait les d&#233;rapages. Un travailleur social n'aurait pas &#233;t&#233; d&#233;gag&#233; de &#231;a. Cette formation m'a apport&#233; beaucoup de libert&#233; : je me suis sentie mieux professionnellement et cela a eu des r&#233;percussions positives sur ma vie personnelle et familiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons un bon encadrement technique au conseil g&#233;n&#233;ral, mais notre hi&#233;rarchie n'est pas pr&#234;te, ni form&#233;e &#224; entendre nos difficult&#233;s. Elle veut des gens qui ne posent pas de probl&#232;mes. Nous ne pouvons pas &#233;noncer nos faiblesses, dire que nous en avons assez parce que tout le service serait angoiss&#233; par les r&#233;percussions possibles. Dans beaucoup de situations, vous devez vous d&#233;brouiller seule. Et votre service exige qu'il y ait une r&#233;ponse. Ce que j'ai appris, c'est que justement, il n'y a pas toujours de r&#233;ponse possible et que ce n'est pas si mal qu'il n'y ait pas de r&#233;ponse &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains, qui ont choisi de ne pas suivre ce type de formation, ont accept&#233; de nous confier &#233;galement leurs points de vue ou leurs r&#233;serves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Moi, j'ai trouv&#233; un autre espace de r&#233;flexion en me syndiquant &#187;&lt;/i&gt; expose Nadia. &lt;i&gt;&#171; En participant &#224; des instances officielles, &#224; des rencontres avec des &#233;lus, j'ai vu comment se construit une politique sociale. Je fais tr&#232;s bien le lien entre l'usager qui vient nous voir, nous-m&#234;me qui sommes pris dans cette politique sociale complexe et les choix politiques qui sont pos&#233;s. Je mesure ce qui rel&#232;ve de ma responsabilit&#233; et ce qui n'en rel&#232;ve pas. Je vois des coll&#232;gues qui, n'ayant pas cette analyse, sont en difficult&#233;. Ils veulent absolument apporter des solutions aux probl&#232;mes des usagers ; cela leur est insupportable de ne pas y parvenir. Ils ne consid&#232;rent pas les personnes comme &#233;tant capables d'agir sur ce qui leur arrive &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#171; Je n'&#233;prouve pas le besoin de participer &#224; ces groupes &#187;&lt;/i&gt; explique &#201;velyne. &lt;i&gt;&#171; J'ai de l'exp&#233;rience. Je peux faire appel &#224; mon encadrement, &#224; mes coll&#232;gues lorsque je souhaite &#234;tre conseill&#233;e &#224; propos de situations difficiles. J'accueille r&#233;guli&#232;rement des stagiaires ; les &#233;changes avec les &#233;tudiants sont tr&#232;s riches et ce regard ext&#233;rieur me permet aussi d'interroger ma pratique &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Je ne pense pas qu'il soit indispensable que ces groupes soient anim&#233;s par des psychanalystes,&lt;/i&gt; estime Samia, &lt;i&gt;des psychologues y suffiraient. La d&#233;marche psychanalytique est trop investigatrice. Nous traitons des difficult&#233;s concr&#232;tes des usagers (de leurs probl&#232;mes financiers, de logement, d'insertion, etc.) ; c'est notre r&#233;alit&#233; de plus en plus. J'oriente les personnes vers des psychologues ou je sollicite des conseils aupr&#232;s de ces professionnels, lorsque cela me para&#238;t opportun et n&#233;cessaire ; mais, mon r&#244;le n'est pas de traiter les probl&#232;mes psychologiques des usagers &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, pour ou contre l'existence de groupes d'analyse de la pratique professionnelle ? Les travailleurs sociaux interview&#233;s s'accordent &#224; dire qu'il est bien que ces groupes existent et qu'ils doivent &#234;tre maintenus parce qu'ils n'ont pas ou peu de lieux de parole institu&#233;s et que l'exercice de leur profession s'av&#232;re de plus en plus difficile. Ces groupes constituent une opportunit&#233; dont ils peuvent se saisir ou pas. Bien s&#251;r, les t&#233;moignages &#233;voquent des moments d'&#233;changes tr&#232;s riches et constructifs mais aussi des moments d'ennui ou lourds de plaintes ou de r&#233;voltes. Bien s&#251;r, il y a des obstacles &#224; &#233;viter et des &#233;cueils &#224; contourner, dans la conduite de ces groupes ce qui n'est pas toujours le cas. Ces groupes fonctionnent comme tous les groupes humains, ni mieux, ni moins bien. Et c'est la libert&#233; de chaque travailleur social d'y participer ou pas. Heureusement !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La psychanalyse peut-elle aider les travailleurs sociaux ? </title>
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