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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Prot&#233;ger la jeunesse de la violence &#224; l'&#233;chelle de l'Europe</title>
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&lt;p&gt;Les jeunes victimes de violence peuvent-ils &#234;tre co-constructeurs des dispositifs de pr&#233;vention qui les concernent ? Quels moyens les pays europ&#233;ens ont-ils &#224; mettre en place pour que ces jeunes soient consid&#233;r&#233;s comme citoyens &#224; part enti&#232;re ? Le Conseil de l'Europe s'est empar&#233; de la question &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Conseil de l'Europe avait proclam&#233; 2005 ann&#233;e europ&#233;enne de la citoyennet&#233; par l'&#233;ducation. En octobre de cette ann&#233;e-l&#224;, dans une conf&#233;rence intitul&#233;e L'&#233;ducation des enfants sans violence, il avait rappel&#233; que (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-838-" rel="tag"&gt;838&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les jeunes victimes de violence peuvent-ils &#234;tre co-constructeurs des dispositifs de pr&#233;vention qui les concernent ? Quels moyens les pays europ&#233;ens ont-ils &#224; mettre en place pour que ces jeunes soient consid&#233;r&#233;s comme citoyens &#224; part enti&#232;re ? Le Conseil de l'Europe s'est empar&#233; de la question&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Conseil de l'Europe avait proclam&#233; 2005 ann&#233;e europ&#233;enne de la citoyennet&#233; par l'&#233;ducation. En octobre de cette ann&#233;e-l&#224;, dans une conf&#233;rence intitul&#233;e L'&#233;ducation des enfants sans violence, il avait rappel&#233; que les ch&#226;timents corporels ne constituaient en aucun cas un mode d'&#233;ducation, et adopt&#233; un programme d'action triennal. D&#233;nomm&#233; Construire une Europe pour et avec les enfants, celui-ci s'est propos&#233; d'int&#233;grer la dimension des droits de l'enfant dans tous les travaux du Conseil. Quatre piliers &#8212; quatre P &#8212; l'ont d&#233;fini : protection des enfants contre toutes formes de violence ; pr&#233;vention de la violence au niveau local, national et international ; poursuites contre les auteurs d'infractions ; participation des enfants. Cinq domaines d'intervention avaient &#233;t&#233; identifi&#233;s : la famille, l'&#233;cole, les institutions, la soci&#233;t&#233;, la pr&#233;vention de l'exploitation (y compris sexuelle).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans le cadre du dernier pilier de ce programme, la participation des enfants, que le Comit&#233; europ&#233;en d'action sp&#233;cialis&#233;e pour l'enfant et la famille dans leur milieu de vie (Eurocef) organisait, le 19 avril &#224; Strasbourg, une table ronde et une exposition de tableaux sur la place des enfants &#171; particuli&#232;rement victimes ou acteurs de violence &#187; dans la construction de l'Europe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Eurocef - Maison des associations - 1A place des Orphelins - 67000 (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En effet, en tant qu'organisation internationale non gouvernementale (OING), Eurocef dispose au Conseil de l'Europe d'un statut participatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la semaine parlementaire et m&#234;me un peu plus, du 17 au 26 avril, une trentaine de r&#233;alisations plastiques de jeunes d'un foyer &#233;ducatif fran&#231;ais ont &#233;t&#233; expos&#233;es. La journ&#233;e du 19 avril a permis la projection de la vid&#233;o d'une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre interpr&#233;t&#233;e par des jeunes en difficult&#233; d'insertion. Devant les participants &#8212; professionnels de la protection de l'enfance, membres de diverses ONG &#8212; la table ronde a abord&#233; le ph&#233;nom&#232;ne de la violence subie et agie par les enfants et adolescents en esquissant les dispositifs mis en place dans les pays repr&#233;sent&#233;s (Roumanie, Grande-Bretagne, Pologne, Serbie, etc.), et la place de la parole de l'enfant dans ces programmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement, le r&#244;le des ONG &#233;tait d&#233;fini en trois points : d&#233;noncer la violation des droits des enfants ; cr&#233;er en r&#233;seau un syst&#232;me de soutien et de protection ; mettre en place des programmes de pr&#233;vention de la violence et participer &#224; leur &#233;valuation. Le r&#244;le des ONG d'Europe centrale et orientale (en Pologne par exemple, Nobody's children foundation regroupe sept ONG) a &#233;t&#233; soulign&#233; pour leur &#171; grande capacit&#233; dans la mise en place des programmes visant &#224; pr&#233;venir la violence faite aux enfants &#187;. Le r&#244;le des politiques sociales a &#233;t&#233; point&#233;, avec en amont le constat que la violence peut trouver son origine dans la cellule familiale mais aussi dans une soci&#233;t&#233; stigmatisant une partie de sa population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les manifestations de violence &#233;tant &#171; des sympt&#244;mes de l'&#233;tat d'une soci&#233;t&#233; et constituant un d&#233;fi pour les professionnels &#187;, le r&#244;le primordial de ceux-ci a &#233;t&#233; point&#233;. C&#244;t&#233; fran&#231;ais, les associations accueillent chaque jour plus de 300 000 enfants, adolescents et familles en difficult&#233;, en engageant la responsabilit&#233; de plus de 60 000 professionnels : une coordination nationale des associations de protection de l'enfance (CNAPE) s'est mise en place en d&#233;cembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, comment travailler avec les enfants et les familles touch&#233;s par la violence ? L'expression artistique est un des moyens les plus couramment utilis&#233;s : les activit&#233;s de groupe (peinture, th&#233;&#226;tre, danse&#8230;) aident l'adolescent &#171; &#224; accepter les r&#232;gles sociales, &#224; r&#233;soudre ses conflits internes et &#224; d&#233;velopper des sentiments d'affiliation &#187;. Mais la parole des enfants doit s'inscrire dans une &#171; perspective participative &#187; : pourquoi ne pas prendre comme point de d&#233;part les perceptions que les jeunes ont eux-m&#234;mes de leur situation sociale ? Ils doivent pouvoir exposer leur point de vue sur les modalit&#233;s d'accompagnement qui leur ont permis de g&#233;rer leur vie malgr&#233; une histoire difficile, et faire ainsi &#233;voluer et diversifier les modes d'accompagnement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Eurocef - Maison des associations - 1A place des Orphelins - 67000 Strasbourg. mail : &lt;a href=&#034;mailto:eurocef@hotmail.com&#034; class='spip_mail'&gt;eurocef@hotmail.com&lt;/a&gt; ou c/o M. Chiniard - 95 bd du p&#232;re J. Wr&#233;sinski - 95540 M&#233;ry-sur-Oise. T&#233;l. 09 51 19 69 50&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gu&#233;rir de l'inceste</title>
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		<dc:subject>Abus sexuel</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Un couple parental qui se s&#233;pare, un p&#232;re qui abandonne d&#233;finitivement ses enfants, un beau-p&#232;re qui agresse sexuellement sa belle-fille, une enfant qui n'ose pas dire non et qui longtemps portera la culpabilit&#233; de n'avoir pas su r&#233;sister, une m&#232;re complice qui pense pr&#233;server sa relation de couple avant de prot&#233;ger sa fille&#8230; Martine Cauvent nous livre ici un t&#233;moignage bouleversant d'une enfance massacr&#233;e par un &#171; l&#226;che qui, ne se sentant pas homme, ne pouvait s'en prendre qu'&#224; des personnes plus faibles (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L102xH150/arton1780-554e7.jpg?1694202581' width='102' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un couple parental qui se s&#233;pare, un p&#232;re qui abandonne d&#233;finitivement ses enfants, un beau-p&#232;re qui agresse sexuellement sa belle-fille, une enfant qui n'ose pas dire non et qui longtemps portera la culpabilit&#233; de n'avoir pas su r&#233;sister, une m&#232;re complice qui pense pr&#233;server sa relation de couple avant de prot&#233;ger sa fille&#8230; Martine Cauvent nous livre ici un t&#233;moignage bouleversant d'une enfance massacr&#233;e par un &#171; l&#226;che qui, ne se sentant pas homme, ne pouvait s'en prendre qu'&#224; des personnes plus faibles que lui : des femmes ou des enfants &#187; (p.23). Elle nous fait entrer dans l'horreur d'un calvaire au cours duquel elle a esp&#233;r&#233;, jour apr&#232;s jour, que l'agresseur finisse par se lasser. Mais jamais il ne s'arr&#234;tera de la violer, utilisant tous les stratag&#232;mes pour camoufler sa perverse activit&#233;. Elle finira par le d&#233;noncer. Un proc&#232;s aura lieu. Mais autres temps, autres m&#339;urs, l'accus&#233; ne sera condamn&#233; qu'&#224;&#8230; deux ans d'emprisonnement dont vingt mois avec sursis !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; d'un r&#233;cit parfois insupportable, reste un espoir : l'auteur nous d&#233;crit le cheminement th&#233;rapeutique qui lui a permis de survivre &#224; l'inceste. &#171; On gagne avec son histoire et non pas contre, alors changer ne sera pas devenir quelqu'un d'autre mais devenir ce que l'on est et accepter pour le d&#233;passer &#187; (p.57), explique-t-elle. Elle s'est mari&#233;e, a trouv&#233; un travail et a eu deux enfants. Mais ce qu'elle a subi a continu&#233; &#224; la ronger. Une premi&#232;re th&#233;rapie de type analytique lui aura permis de commencer &#224; vider son lourd fardeau, m&#234;me si la neutralit&#233; du th&#233;rapeute lui est apparue bien pesante : &#171; Une fois, alors que j'allais vraiment mal, aucun mot n'est sorti. Je lui ai donn&#233; le ch&#232;que et je suis repartie en pleurant, apr&#232;s quinze minutes de pr&#233;sence dans son cabinet. Il n'a rien dit &#187; (p.66).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la psychologie biodynamique qui lui donnera les moyens de cheminer et de prendre conscience du paradoxe qui l'anime : veut-elle vraiment aller mieux, au risque de quitter son r&#244;le de victime et d'&#234;tre ainsi confront&#233;e au vide que le probl&#232;me laisserait derri&#232;re lui, s'il venait &#224; dispara&#238;tre ? Diff&#233;rents stages psycho corporels de groupe lui permettront d'avancer en comprenant la n&#233;cessit&#233; d'int&#233;grer son v&#233;cu afin de pouvoir le d&#233;passer, puis de le l&#226;cher : &#171; Le pass&#233;, je ne le changerai pas, je ne pourrai que l'accepter, le dig&#233;rer et prendre suffisamment de distance pour qu'il ne m'emp&#234;che pas d'&#234;tre heureuse aujourd'hui &#187; (p.55).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Chronique sociale, 2006 (110 p. ; 12 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Don, pardon et r&#233;paration</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Don-pardon-et-reparation</link>
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		<dc:subject>Enfance maltrait&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>838</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le pardon est trop souvent coinc&#233; entre la rancune et l'oubli. Tout comme il a &#233;t&#233; longtemps obscurci par la morale religieuse de la r&#233;demption. Le colloque de l'association Parole d'enfants tenu en 2005, dont on trouvera ici les actes, a permis un utile effort de clarification. Le pardon n'a rien &#224; voir avec l'amn&#233;sie, explique Jacques Lecomte, docteur en psychologie. C'est au contraire un travail de m&#233;moire qui porte sur le traumatisme m&#234;me si l'on passe de la m&#233;moire souffrante &#224; une m&#233;moire de la (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L102xH150/arton1779-a80d1.jpg?1694202581' width='102' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le pardon est trop souvent coinc&#233; entre la rancune et l'oubli. Tout comme il a &#233;t&#233; longtemps obscurci par la morale religieuse de la r&#233;demption. Le colloque de l'association Parole d'enfants tenu en 2005, dont on trouvera ici les actes, a permis un utile effort de clarification. Le pardon n'a rien &#224; voir avec l'amn&#233;sie, explique Jacques Lecomte, docteur en psychologie. C'est au contraire un travail de m&#233;moire qui porte sur le traumatisme m&#234;me si l'on passe de la m&#233;moire souffrante &#224; une m&#233;moire de la souffrance. Pardonner ne rel&#232;ve pas tant d'une d&#233;marche dirig&#233;e vers l'autre que vers soi-m&#234;me : c'est avant tout un processus lib&#233;rateur qui redonne go&#251;t &#224; une existence qui &#233;tait jusqu'alors charg&#233;e de cette amertume que seule peut donner une haine incommensurable qui ronge et ne laisse aucun r&#233;pit. Le pardon n'est pas non plus un devoir moral et ne m&#232;ne pas n&#233;cessairement &#224; la r&#233;conciliation avec l'agresseur. C'est l&#224; une possibilit&#233;, pas une obligation. Certains y auront recours, d'autres jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour pardonner, il suffit d'une personne ; pour se r&#233;concilier, il en faut deux. La victime peut fort bien ne pas vouloir aller jusqu'&#224; renouer des liens par trop charg&#233;s &#233;motionnellement. Enfin, le pardon peut tout autant avoir une dimension la&#239;que m&#234;me si, comme le fera remarquer Jorge Barudy, th&#233;rapeute familial, la religion chr&#233;tienne en a fait l'une de ses valeurs principales. Certains actes, ajoute-t-il, ne pourront &#234;tre ni pardonn&#233;s ni r&#233;par&#233;s. M&#234;me quand le pardon est demand&#233;, il n'est pas forc&#233;ment donn&#233; et quand il est donn&#233;, il n'est pas forc&#233;ment accept&#233;. On ne peut pardonner &#224; celui qui ne reconna&#238;t pas ses torts. On ne peut le faire que pour soi, jamais pour ce qui concerne les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, pour impossible qu'il puisse para&#238;tre, le pardon est n&#233;anmoins &#224; l'&#339;uvre et plus souvent qu'on ne l'imagine&#8230; Ce qu'on recherche alors, c'est interrompre la surench&#232;re et organiser la d&#233;liaison avec le pass&#233;, avec l'autre, avec soi : reconna&#238;tre l'inacceptable de l'acte sans enfermer l'agresseur dans ce qu'il a commis et la victime dans ce qu'elle a subi. &#171; Pardonner, ce n'est pas ignorer, c'est prendre cong&#233; de sa souffrance ou accepter sa compagnie, c'est abandonner ses sympt&#244;mes et se reconstruire &#187;, confirme Claude Seron. Pardonner &#224; ses propres parents est un processus difficile. Chacun le bricole &#224; sa fa&#231;on, explique Maryse Vaillant. Cela commence fr&#233;quemment par le d&#233;ni : on cherche surtout alors &#224; prot&#233;ger l'image id&#233;alis&#233;e qu'on en a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, vient le temps du r&#233;quisitoire, du remaniement des repr&#233;sentations : c'est le moment o&#249; on les remet &#224; leur juste place. Troisi&#232;me phase, celle des inventaires : il s'agit de tenter de comprendre les raisons, de trouver un sens aux comportements destructeurs adopt&#233;s par ses proches. Enfin intervient la r&#233;paration, le pardon lui-m&#234;me : pardon parfois qui reste partiel, sous condition ou provisoire. Si la haine a permis de se d&#233;coller de la monstruosit&#233; familiale, le pardon permet de se s&#233;parer de ce lien de haine, de s'&#233;manciper de son emprise, du ressentiment et de la soumission qui l'emprisonnent. S'op&#232;re alors un v&#233;ritable recyclage de la violence : se souvenir devient possible sans souffrir. Se venger, c'est rester dans la confusion avec l'agresseur, pardonner, c'est se d&#233;lier, se d&#233;sencha&#238;ner et se lib&#233;rer de sa position de victime. Ce que Jean-Paul Mugnier, th&#233;rapeute familial r&#233;sume dans une formule magnifique : &#171; Pardonner, c'est respecter l'humanit&#233; chez l'autre, pour la retrouver chez soi &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Fabert, 2007 (224 p. ; 25 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'illettrisme, une souffrance invisible</title>
		<link>https://www.lien-social.com/L-illettrisme-une-souffrance-invisible-9104</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M&#233;lanie-LS</dc:creator>


		<dc:subject>838</dc:subject>

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/sommaires" rel="directory"&gt;Sommaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-838-" rel="tag"&gt;838&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L104xH150/arton9104-49ca7.png?1694202581' width='104' height='150' /&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Autant d'illettrisme en ville qu'&#224; la campagne</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Autant-d-illettrisme-en-ville-qu-a-la-campagne</link>
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		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>838</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y aurait en France 3,1 millions de personnes en situation d'illettrisme. Elles ont &#233;t&#233; scolaris&#233;es mais ne ma&#238;trisent pas la lecture, l'&#233;criture ou le calcul. Une r&#233;alit&#233; qui touche &#233;galement les zones faiblement peupl&#233;es et les grands villes &lt;br class='autobr' /&gt;
En janvier 1984, la Documentation Fran&#231;aise publiait un rapport intitul&#233; Des illettr&#233;s en France qui dressait un &#233;tat des lieux de la situation dans le pays. La presse s'est fait l'&#233;cho de cette pr&#233;occupation en annon&#231;ant des chiffres proches du grand &#233;cart. (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y aurait en France 3,1 millions de personnes en situation d'illettrisme. Elles ont &#233;t&#233; scolaris&#233;es mais ne ma&#238;trisent pas la lecture, l'&#233;criture ou le calcul. Une r&#233;alit&#233; qui touche &#233;galement les zones faiblement peupl&#233;es et les grands villes&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En janvier 1984, la Documentation Fran&#231;aise publiait un rapport intitul&#233; &lt;strong&gt;Des illettr&#233;s en France&lt;/strong&gt; qui dressait un &#233;tat des lieux de la situation dans le pays. La presse s'est fait l'&#233;cho de cette pr&#233;occupation en annon&#231;ant des chiffres proches du grand &#233;cart. France-Soir parlait de 400 000 Fran&#231;ais illettr&#233;s, le Matin de 7 &#224; 8 millions, Le Progr&#232;s &#224; Lyon annon&#231;ait 15 % de la population&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re &#233;tude sur l'illettrisme de l'Institut national de la statistique et des &#233;tudes &#233;conomiques (Insee) publi&#233;e en 2006, montre que 9 % de la population &#226;g&#233;e de 18 &#224; 65 ans r&#233;sidant en France m&#233;tropolitaine et ayant &#233;t&#233; scolaris&#233;e en France, est en situation d'illettrisme, soit 3,1 millions de personnes. Des modules sp&#233;cifiques, dont celui de l'ANLCI, l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme, permettent d'&#233;valuer le niveau de comp&#233;tences pour les savoirs de base. En effet, une personne en situation d'illettrisme est une personne qui a &#233;t&#233; scolaris&#233;e en France mais ne ma&#238;trise ni la lecture, ni l'&#233;criture, ni le calcul, ni les comp&#233;tences de base pour &#234;tre autonome dans des situations simples de la vie quotidienne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'enqu&#234;te a d&#233;but&#233; en 2002, elle a &#233;t&#233; publi&#233;e en 2006&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette enqu&#234;te et ces chiffres sont d&#233;terminants et essentiels, affirme Herv&#233; Fernandez, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'ANLCI, ils nous permettent de mieux conna&#238;tre les personnes. L'enqu&#234;te est nationale, mais elle territorialise par r&#233;gion les donn&#233;es obtenues et nous permet de mieux savoir o&#249; faire porter nos efforts. En Ile-de-France par exemple, nous savons que 20 % des ch&#244;meurs et 30 % des ouvriers non qualifi&#233;s sont en situation d'illettrisme. C'est un chiffre tr&#232;s &#233;lev&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enqu&#234;te r&#233;v&#232;le ainsi que l'illettrisme touche autant les jeunes que les vieux, les ch&#244;meurs que ceux qui travaillent, et plus souvent les hommes que les femmes. Plus de la moiti&#233; des personnes concern&#233;es ont plus de 45 ans, 57 % des personnes en situation d'illettrisme ont un emploi, 59 % d'hommes sont concern&#233;s contre seulement 41 % de femmes. L'enqu&#234;te montre que dans les zones urbaines sensibles le pourcentage d'illettr&#233;s s'&#233;l&#232;ve &#224; 18 %. La r&#233;partition en revanche s'&#233;quilibre entre les zones faiblement peupl&#233;es - les secteurs ruraux et les villes de moins de 20 000 habitants - et les grands centres urbains. Ces chiffres sur la r&#233;partition de la population en situation d'illettrisme d&#233;montrent que l'ensemble de la population est concern&#233;e par cette question. Ils d&#233;terminent &#233;galement des strat&#233;gies &#224; mettre en &#339;uvre pour lutter contre l'illettrisme. &#171; Si nous ne voulons pas passer &#224; c&#244;t&#233; de ces personnes, mart&#232;le Herv&#233; Fernandez, il est n&#233;cessaire de ne pas mener un seul type d'actions mais une conjonction d'actions au sein d'une strat&#233;gie commune &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La notion d'illettrisme &#233;volue&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; bouge, les savoirs de base n&#233;cessaires &#224; l'insertion changent &#233;galement. Autour du noyau traditionnel qui regroupe les comp&#233;tences linguistiques, math&#233;matiques et cognitives, la pression sur d'autres comp&#233;tences s'acc&#233;l&#232;re avec les &#233;volutions de la soci&#233;t&#233; : savoir se servir d'un ordinateur, utiliser une langue &#233;trang&#232;re, d&#233;velopper des capacit&#233;s de communication et de coop&#233;ration. C'est pour cette raison que l'ANLCI insiste sur la formation et la mobilisation des parents pour pr&#233;venir l'illettrisme d&#232;s l'enfance. Elle milite &#233;galement pour le partage d'une d&#233;finition commune des savoirs de base qui d&#233;termine la nature des actions &#224; mettre en &#339;uvre. Elle parle d'un &#171; socle fonctionnel pour la vie courante &#187;, une base et un levier pour engager les personnes en situation d'illettrisme dans un processus dynamique d'apprentissage. Elle d&#233;finit quatre paliers graduant l'avanc&#233;e vers la ma&#238;trise des comp&#233;tences. Le palier des rep&#232;res structurants, celui des comp&#233;tences fonctionnelles de la vie courante, le degr&#233; facilitant l'action dans des situations vari&#233;es et enfin celui du renforcement de l'autonomie. La r&#233;f&#233;rence reste fondamentalement la capacit&#233; &#224; s'int&#233;grer dans son environnement quel qu'il soit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Lutter contre l'isolement des illettr&#233;s en zone rurale</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Lutter-contre-l-isolement-des-illettres-en-zone-rurale</link>
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		<dc:date>2007-04-26T08:06:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Illettrisme</dc:subject>
		<dc:subject>838</dc:subject>

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&lt;p&gt;Que faire face &#224; une personne que l'on sent mal &#224; l'aise avec l'&#233;criture, la lecture, le calcul ? R&#233;guli&#232;rement confront&#233;e &#224; cette question, l'association d'insertion TRI (Traitement recyclage insertion) ne trouvait pas de solution dans le petit canton de Quingey (Doubs) o&#249; elle est install&#233;e. Il y a un an, elle a finalement convaincu l'organisme bisontin Crif Formation, orient&#233; vers les publics en insertion, d'inventer avec elle une exp&#233;rience adapt&#233;e au milieu rural . C&#233;cile Boutry, formatrice, coordonne (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Que faire face &#224; une personne que l'on sent mal &#224; l'aise avec l'&#233;criture, la lecture, le calcul ? R&#233;guli&#232;rement confront&#233;e &#224; cette question, l'association d'insertion TRI (Traitement recyclage insertion) ne trouvait pas de solution dans le petit canton de Quingey (Doubs) o&#249; elle est install&#233;e. Il y a un an, elle a finalement convaincu l'organisme bisontin Crif Formation, orient&#233; vers les publics en insertion, d'inventer avec elle une exp&#233;rience adapt&#233;e au milieu rural&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Selon l'&#233;tude 2006 de l'Insee, la moiti&#233; des personnes en situation (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C&#233;cile Boutry, formatrice, coordonne cette action&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment a d&#233;marr&#233; cette op&#233;ration ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'association TRI nous a contact&#233;s, nous &#233;tions tr&#232;s r&#233;ticents : un atelier &#224; Quingey, cela signifiait beaucoup de d&#233;placements pour le formateur. De plus, il n'y avait pas assez de participants potentiels pour des s&#233;ances collectives : ils &#233;taient quatre, il en aurait fallu au moins cinq. Mais les responsables de TRI se sont accroch&#233;s. Finalement, nous avons form&#233; des b&#233;n&#233;voles qui assurent un suivi individuel, &#224; l'encontre de tous nos principes ! Nos ateliers sont d'ordinaire collectifs et anim&#233;s par des professionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles &#233;taient vos contraintes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, les probl&#232;mes de mobilit&#233; en l'absence de moyens de transport. Se d&#233;placer pour deux s&#233;ances par semaine, c'est un vrai souci. Par ailleurs, &#224; la campagne tout se sait. Il nous fallait respecter le souhait &#233;ventuel de l'apprenant de ne pas &#234;tre suivi dans son village ou pr&#232;s de son lieu de travail. Le dispositif devait &#234;tre tr&#232;s souple, r&#233;parti sur divers lieux et avec des b&#233;n&#233;voles mobiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment fonctionne votre syst&#232;me ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce au tissu local de TRI, nous avons trouv&#233; des b&#233;n&#233;voles, en accord avec notre d&#233;marche, qui plus est : il ne s'agissait pas de s'engager pour une bonne action aupr&#232;s des pauvres mais d'accompagner des personnes dans le respect de leur situation. J'ai donc form&#233; six b&#233;n&#233;voles en six demi-journ&#233;es sur la typologie du public illettr&#233;, les diff&#233;rentes m&#233;thodes d'apprentissage possibles, les outils p&#233;dagogiques. En ce moment, quatre d'entre elles suivent un apprenant. Nous nous voyons une fois par mois pour &#233;changer sur leurs pratiques, trouver ensemble des solutions &#224; leurs difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Leur avez-vous donn&#233; une m&#233;thode de travail ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas une m&#233;thode, plut&#244;t un esprit g&#233;n&#233;ral : &#233;viter tout apprentissage scolaire. Certaines de nos b&#233;n&#233;voles, anciennes institutrices, ont d&#251; apprendre &#224; travailler diff&#233;remment. Nous ne faisons pas de tests pour ne pas appuyer l&#224; o&#249; &#231;a fait mal. Nous partons plut&#244;t de ce que la personne sait pour l'aider &#224; progresser vers ce qu'on pense qu'elle ne sait pas. Car au d&#233;but, la plupart des apprenants ne savent pas exprimer ce dont ils ont besoin. Mais plus ils avancent dans une relation de confiance, plus ils formulent des demandes pr&#233;cises. L'id&#233;e est de leur donner des cl&#233;s &#224; l'&#233;crit, &#224; l'oral. Pour &#234;tre plus autonomes dans leur vie sociale. Je n'impose pas d'outils p&#233;dagogiques aux b&#233;n&#233;voles, elles les trouvent souvent toutes seules. Par exemple, on s'est aper&#231;u que l'un des apprenants, chauffeur &#224; TRI, s'&#233;tait toujours d&#233;brouill&#233; pour faire remplir sa fiche de ramassage par un autre parce qu'il ne savait pas lire un tableau &#224; double entr&#233;e. La b&#233;n&#233;vole travaille donc &#224; partir de tableaux de r&#233;sultats sportifs dans les journaux ou des bulletins scolaires de ses enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pensez-vous vous limiter &#224; un suivi individuel ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, l'apprentissage en groupe est essentiel, il est porteur, il oblige l'apprenant &#224; s'adapter aux changements. Mais comment attirer assez de monde ? Nous allons tenter cette ann&#233;e de monter un atelier collectif autour de l'apprentissage du code de la route. Car il manque aux personnes en situation d'illettrisme certains pr&#233;requis pour comprendre les s&#233;ries diapo des auto-&#233;coles : elles ne connaissent pas forc&#233;ment le vocabulaire (stationnement, sens giratoire, etc.), elles ne sont pas lat&#233;ralis&#233;es (elles ne distinguent pas les diff&#233;rents niveaux de lecture d'une image), il faut former leur &#339;il. Peut-&#234;tre l'int&#233;r&#234;t fonctionnel de l'atelier attirera-t-il ceux qui ont pr&#233;f&#233;r&#233; ne pas s'attaquer &#224; leurs probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-il plus difficile en milieu rural de rep&#233;rer les situations d'illettrisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me &#224; la campagne n'est pas tant le rep&#233;rage que la prise de conscience du handicap que cela peut repr&#233;senter. Dans les villages, chacun sait qu'untel a arr&#234;t&#233; l'&#233;cole tr&#232;s t&#244;t, que la boulang&#232;re se trompe dans sa caisse. Ils s'en accommodent plus ou moins, avec des b&#233;quilles, comme celui qui trouve toujours au caf&#233; du coin quelqu'un pour lui prendre un rendez-vous ou lui expliquer un courrier. L'atelier n'est pas un passage oblig&#233; mais il peut aussi servir &#224; sortir de son isolement. Pour le moment, nos quatre apprenants &#224; Quingey sont des salari&#233;s de TRI. Une responsable de l'association avait rep&#233;r&#233; certains comportements professionnels et a su leur expliquer les cons&#233;quences n&#233;fastes pour un futur emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toucher un public plus large, nous envisageons une formation de rep&#233;reurs, propos&#233;e aux travailleurs sociaux, aux secr&#233;taires de mairie, aux directeurs d'&#233;cole, aux d&#233;l&#233;gu&#233;s de parents d'&#233;l&#232;ves, aux conseillers municipaux, pour les sensibiliser aux indices qui peuvent r&#233;v&#233;ler des blocages et les aider &#224; aborder la question, &#224; convaincre de l'utilit&#233; d'un apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#202;tes-vous satisfaite de l'exp&#233;rience ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les apprenants font des progr&#232;s importants. Le chauffeur dont j'ai parl&#233; ne remplit pas encore son tableau mais il remarque les erreurs des autres. Une m&#232;re est all&#233;e &#224; sa premi&#232;re r&#233;union parents-enseignant pour sa fille de 8 ans : jusqu'ici, ne sachant ni lire ni &#233;crire, elle ne voyait pas l'int&#233;r&#234;t d'aller discuter avec l'instituteur. Les progr&#232;s s'observent &#224; de petites choses : le fait d'accepter d'&#233;crire devant le b&#233;n&#233;vole, la position du corps quand ils tiennent un stylo&#8230; Ceci dit, je ne sais pas si le mod&#232;le est transposable. On ne se serait jamais engag&#233; en milieu rural sans un partenaire s&#251;r, tr&#232;s implant&#233; sur le terrain. Sans TRI, on se serait peut-&#234;tre cass&#233; les dents.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon l'&#233;tude 2006 de l'Insee, la moiti&#233; des personnes en situation d'illettrisme vit dans des zones faiblement peupl&#233;es : 28 % dans des zones rurales, 21 % dans des villes de moins de 20 000 habitants (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Autant-d-illettrisme-en-ville-qu-a-la-campagne' class='spip_in'&gt;lire les r&#233;sultats de l'enqu&#234;te&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le plaisir de d&#233;passer ses blocages</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Le-plaisir-de-depasser-ses-blocages</link>
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		<dc:date>2007-04-26T07:58:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>838</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tedhy R&#233;mond a 44 ans, deux grandes filles et bient&#244;t une troisi&#232;me. Il est peintre automobile et suit depuis septembre un atelier pour lire et &#233;crire au centre social de Caluire &lt;br class='autobr' /&gt;
Quels souvenirs gardez-vous de l'&#233;cole ? Avec les profs, &#231;a s'est tr&#232;s mal pass&#233;. Il faut dire que je suis de descendance gitane. Dans les ann&#233;es 70, mon oncle Pierre appartenait au grand banditisme, le Gang des Lyonnais. Il &#233;tait recherch&#233; par toutes les polices et a fait la une des journaux. Il s'est fait abattre dans le (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tedhy R&#233;mond a 44 ans, deux grandes filles et bient&#244;t une troisi&#232;me. Il est peintre automobile et suit depuis septembre un atelier pour lire et &#233;crire au centre social de Caluire&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels souvenirs gardez-vous de l'&#233;cole ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les profs, &#231;a s'est tr&#232;s mal pass&#233;. Il faut dire que je suis de descendance gitane. Dans les ann&#233;es 70, mon oncle Pierre appartenait au grand banditisme, le Gang des Lyonnais. Il &#233;tait recherch&#233; par toutes les polices et a fait la une des journaux. Il s'est fait abattre dans le quartier de la Croix-Rousse &#224; Lyon. Pour mes profs, cette proximit&#233; familiale m'a coll&#233; &#224; la peau. Combien de fois j'ai entendu ces menaces : &#171; T'es bon que pour la prison, comme ton oncle &#187;. Je suis parti en pr&#233; apprentissage &#224; 14 ans. Mon p&#232;re avait divorc&#233;. Sa nouvelle femme ne m'a jamais accept&#233;. J'ai grav&#233; dans ma m&#233;moire un souvenir de mon apprentissage de la lecture. Je devais lire le mot &#171; feuille &#187;. Je n'y arrivais pas, c'&#233;tait impossible &#224; lire pour moi. &#192; chaque tentative, je me trompais et je pronon&#231;ais un autre mot. Et &#224; chaque erreur, pan ! Une baffe dans la gueule. J'avais des larmes plein les yeux. Je ne voulais plus me retrouver dans le cadre de l'&#233;cole, pour tout l'or du monde je ne voulais pas y retourner !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment cela se passait dans la vie de tous les jours ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois, j'ai pris un PV pour stationnement. Je vais au commissariat. Je leur explique que si j'&#233;tais mal gar&#233;, c'est parce que j'avais une bonne raison. Ils m'ont dit : &#171; Faites un courrier et demandez l'indulgence &#187;. Qu'est-ce que je pouvais r&#233;pondre &#224; &#231;a ? Je n'allais pas demander &#224; la secr&#233;taire de mon travail de faire ce courrier ! C'est que des trucs comme &#231;a. Pour tout. Pour r&#233;silier un contrat d'assurance ou d'habitation, j'&#233;tais incapable de faire un courrier. Je suis rest&#233; pendant une bonne p&#233;riode c&#233;libataire. Maintenant tout le monde dialogue sur Internet dans les forums. Pour moi, c'est impossible. Tout de suite quand quelqu'un voit mon orthographe, il se dit : &#171; Il n'est pas intelligent, pas honn&#234;te, pas sympathique &#187;. On a vite fait de mettre des &#233;tiquettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dissimuliez-vous ces difficult&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'en ai jamais eu honte. Moi je sais poser du carrelage, je sais bricoler alors que d'autres ne savent pas le faire. Je ne vois pas pourquoi j'aurais honte. Et puis &#231;a d&#233;veloppe d'autres talents. Je suis tr&#232;s astucieux. Je me souviens avoir cass&#233; mon c&#226;ble d'embrayage en plein Lyon. Plut&#244;t que de rester en panne, j'ai tout de suite ouvert mon coffre, j'ai coup&#233; un bout de cuivre, je l'ai perc&#233; de part en part avec une vis, j'ai pass&#233; mon c&#226;ble dedans. J'ai pris un boulon, deux rondelles et un &#233;crou pour le coincer. J'avais pu me bricoler une but&#233;e de c&#226;ble d'embrayage en quelques minutes. Ma fille &#233;tait l&#224;. Elle m'a regard&#233; faire. Elle &#233;tait fi&#232;re de son papa. Ne pas savoir lire ni &#233;crire n'emp&#234;che pas d'avoir du respect et du savoir-vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui vous a fait franchir le pas d'une formation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pensais &#224; mon &#233;volution de carri&#232;re. Au boulot, je suis arriv&#233; au bout de ce que je peux esp&#233;rer. Je ne peux pas aller plus loin. Mon patron me l'a fait sentir sans vraiment m'en parler. Je n'&#233;tais pas capable de remplir une fiche par exemple. Et puis ma compagne est institutrice. Tous ses amis sont instituteurs. C'est un sujet difficile &#224; aborder. On a failli se s&#233;parer &#224; cause de &#231;a. Un jour, elle a &#233;clat&#233; en sanglots. Elle m'a dit : &#171; C'est difficile d'avoir des enfants ensemble et que tu ne sois pas capable de leur lire une histoire &#187;. C'est aussi ce qui m'a pouss&#233; &#224; prendre des cours. C'est vraiment le d&#233;clencheur. Une fois nous &#233;tions chez des amis. Il y avait un petit gamin. Il arrive avec un bouquin &#224; la main. Mon c&#339;ur est parti &#224; deux cents &#224; l'heure. J'avais peur que l'enfant me demande de lui lire son histoire. &#199;a n'a pas rat&#233;. Ma copine l'en a vite d&#233;tourn&#233;. C'est plus dur que tout. Encore maintenant, venir en cours est une souffrance. Un peu moins aujourd'hui, mais &#231;a reste une souffrance. C'est difficile &#224; partager, &#224; expliquer. C'est une souffrance que l'on garde pour soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que pensez-vous de l'atelier que vous suivez ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne voulais pas me retrouver dans un contexte comme l'&#233;cole, c'&#233;tait ma peur. Et puis l&#224;, c'est pratiquement des cours priv&#233;s. Il n'y a pas grand monde qui vienne r&#233;guli&#232;rement &#224; part moi. La plupart du temps c'est un cours particulier. Je ne baisse pas les bras. Aujourd'hui, je suis m&#234;me franchement &#233;tonn&#233; parce que je peux y prendre plaisir. J'ai pris go&#251;t &#224; la lecture m&#234;me si je ne sais pas encore bien lire. Pour l'&#233;criture, &#231;a reste difficile mais quand je m'y mets je n'arr&#234;terais plus. J'ai commenc&#233; par faire des petites phrases, puis des phrases un peu plus longues et puis des petits textes. Une fois, j'ai racont&#233; mon week-end au rallye de Monte-Carlo. J'ai fait carr&#233;ment deux pages et demie. J'aimerais prendre des cours d'informatique. Il y a quelque temps, un de nos fournisseurs de peinture cherchait un formateur. Mais il faut travailler dans une salle, &#233;crire le nom des nouveaux produits, les temps de s&#232;che. Ensuite, il faut r&#233;diger un rapport sur la formation. &#199;a m'aurait plus d'apprendre mon m&#233;tier &#224; des jeunes, c'est s&#251;r. Pourquoi pas un jour ? (Rire).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Illettrisme : le succ&#232;s d'une formation sur mesure</title>
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&lt;p&gt;B&#226;tir une action de lutte contre l'illettrisme est parfois d&#233;licat. Sur la commune d'Irigny dans le Rh&#244;ne, les premiers contacts avec les jeunes de la communaut&#233; des gens du voyage ont d&#233;but&#233; en 2003 et la premi&#232;re formation trois ans plus tard &lt;br class='autobr' /&gt;
Irigny se situe &#224; une quinzaine de kilom&#232;tres de Lyon et compte un peu plus de 8000 habitants. Marie-France Coavoux et J&#233;r&#244;me Arluison travaillent tous deux sur la commune, en tant qu'&#233;ducateurs pour l'association des AJD (Amis du jeudi et du dimanche). La (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;B&#226;tir une action de lutte contre l'illettrisme est parfois d&#233;licat. Sur la commune d'Irigny dans le Rh&#244;ne, les premiers contacts avec les jeunes de la communaut&#233; des gens du voyage ont d&#233;but&#233; en 2003 et la premi&#232;re formation trois ans plus tard&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Irigny se situe &#224; une quinzaine de kilom&#232;tres de Lyon et compte un peu plus de 8000 habitants. Marie-France Coavoux et J&#233;r&#244;me Arluison travaillent tous deux sur la commune, en tant qu'&#233;ducateurs pour l'association des AJD (Amis du jeudi et du dimanche). La communaut&#233; des gens du voyage est importante et se situe &#224; l'ext&#233;rieur du village. &lt;i&gt;&#171; Il est difficile d'entrer en contact avec les voyageurs car ils habitent sur des terrains priv&#233;s et il ne nous est pas possible d'y p&#233;n&#233;trer. En revanche, nous avons commenc&#233; en 2003 &#224; rencontrer les jeunes de cette communaut&#233;. Ils aimaient la p&#234;che, et par ce biais l&#224;, nous avons install&#233; une certaine proximit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, raconte Marie-France Coavoux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des jeunes ont arr&#234;t&#233; l'&#233;cole tr&#232;s t&#244;t. Ils ne savent pas bien lire ni &#233;crire. Peu &#224; peu, les rencontres autour de la p&#234;che ont permis aux deux &#233;ducateurs de gagner la confiance des familles. &lt;i&gt;&#171; La communaut&#233; prenait conscience que leurs enfants ne pourraient plus continuer comme leurs p&#232;res &#224; vivre en vendant la ferraille et si les jeunes voulaient trouver un travail, ils devaient inventer un nouveau projet de vie. C'est ainsi que nous avons cherch&#233; un moyen pour que ces adolescents raccrochent avec le monde de l'emploi &#187;&lt;/i&gt;, explique J&#233;r&#244;me Arluison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proposer un atelier pour lutter contre l'illettrisme pour des personnes isol&#233;es est une chose. Construire une action pour un groupe constitu&#233; en est une autre. Les jeunes voyageurs avaient besoin d'&#234;tre ensemble, ne voulaient pas de formation qui ressemble de pr&#232;s ou de loin &#224; l'&#233;cole. En revanche, ils n'avaient pas de g&#234;ne &#224; afficher leurs difficult&#233;s &#224; lire ou &#233;crire. &lt;i&gt;&#171; Je me souviens d'un jeune qui a pris le journal et &#226;nonn&#233; les gros titres devant tous les autres. Collectivement ils n'avaient pas d'inhibition. Ils assumaient,&lt;/i&gt; atteste Marie-France Coavoux, &lt;i&gt;mais ils se rendaient aussi compte qu'ils n'osaient pas se d&#233;placer en ville parce qu'ils ne savaient pas lire un plan et qu'ils avaient du mal &#224; demander aux gens leur chemin. Ils voulaient passer leur code de la route et nous avons saisi cette occasion &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une formation sur mesure&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En fait, rien dans les dispositifs propos&#233;s ne correspondait &#224; leur situation et &#224; leur besoin. Il leur fallait une remise &#224; niveau qui soit li&#233;e &#224; leur d&#233;sir de mobilit&#233;. &lt;i&gt;&#171; Nous avons pass&#233; pas mal de temps pour trouver une solution adapt&#233;e. Aucun des partenaires ne proposait une solution adapt&#233;e &#224; notre situation et &#224; la probl&#233;matique sp&#233;cifique de ces jeunes du voyage &#187;&lt;/i&gt;, explique Bruno Delorme, directeur du CCAS d'Irigny. &lt;i&gt;&#171; C'est le chef de projet du contrat de Ville d'Oullins qui nous a aid&#233;s &#224; concr&#233;tiser notre projet parce que notre demande &#233;tait appuy&#233;e par la mairie. Nous avions &#233;labor&#233; un bon rep&#233;rage de la situation et des besoins de ces jeunes &#187;&lt;/i&gt;, rench&#233;rit Mustapha Abdechakour, responsable du service &#233;ducatif d'Irigny.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'avril &#224; d&#233;cembre 2006, six jeunes &#226;g&#233;s de 16 &#224; 20 ans ont altern&#233; l'apprentissage des connaissances de base avec l'&#233;tude du code de la route et les chantiers de jeunes ou les jobs d'&#233;t&#233;. Aux quatre gar&#231;ons issus de la communaut&#233; des gens du voyage se sont jointes deux jeunes filles envoy&#233;es par la mission locale de Brignais, la commune voisine. Pour Laurence Triposelli, formatrice de l'association Alpes qui a pris en charge le groupe : &lt;i&gt;&#171; Ces trois heures par semaine consacr&#233;es &#224; l'apprentissage du code de la route leur ont permis d'entrer dans le monde de l'&#233;crit dans toute sa diversit&#233; &#224; travers les textes, les dessins, les panneaux, les codes li&#233;s aux formes et aux couleurs. Les connaissances math&#233;matiques &#233;taient aussi sollicit&#233;es. Le code de la route leur a permis aussi de se confronter &#224; un cadre : la r&#233;glementation, la loi, le code et d'&#233;largir le d&#233;bat autour de la citoyennet&#233; et des r&#232;gles &#224; respecter pour vivre ensemble &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les six stagiaires ont vu que la formation n'&#233;tait pas une resuc&#233;e de leur parcours scolaire. Au fil de leur apprentissage, la demande pour passer le code de la route s'est transform&#233;e. Ils ont exprim&#233; le d&#233;sir d'&#233;crire, d'apprendre &lt;i&gt;&#171; des choses en fran&#231;ais &#187;&lt;/i&gt;, de revenir &#224; des notions qu'ils conservaient par bribes. Et puis la question de l'emploi s'est pos&#233;e. &lt;i&gt;&#171; L'action s'est construite avec les stagiaires eux-m&#234;mes &#187;&lt;/i&gt;, appuie Laurence Triposelli. &lt;i&gt;&#171; Ils ont pris conscience de leurs progr&#232;s et &#233;prouv&#233; une jubilation &#224; reprendre confiance. Leur demande de passer le code de la route s'est transform&#233;e peu &#224; peu en un d&#233;sir de remise &#224; niveau. Puis la question d'une recherche d'emploi s'est pos&#233;e en septembre &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis janvier, l'objectif du groupe est de mettre un pied dans la mission locale de leur ville et donc de rejoindre un dispositif de droit commun. Les ateliers se sont orient&#233;s vers la lecture des annonces de stages, la d&#233;couverte des m&#233;tiers, la r&#233;daction de lettres et de curriculum vitae. L'action a m&#234;me fait boule de neige dans la communaut&#233; des voyageurs d'Irigny qui demandent aujourd'hui d'inscrire leurs enfants aux activit&#233;s p&#233;riscolaires et pour certaines m&#232;res de famille de passer le brevet de secourisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'illettrisme, une souffrance invisible</title>
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		<dc:subject>Illettrisme</dc:subject>
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&lt;p&gt;L'illettrisme en France touche une personne sur dix. Avant d'&#234;tre une ignorance des savoirs de base, l'illettrisme constitue d'abord une exclusion sociale. Les difficult&#233;s dont souffrent les personnes qui en sont victimes sont aujourd'hui bien connues et de nombreuses m&#233;thodes d'accompagnement ont &#233;t&#233; mises au point. Il ne manque plus que les moyens et des actions concert&#233;es&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le public en situation d'illettrisme est un public cach&#233;, malais&#233; &#224; rep&#233;rer, qui dissimule ses difficult&#233;s. Il vit avec une (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'illettrisme en France touche une personne sur dix. Avant d'&#234;tre une ignorance des savoirs de base, l'illettrisme constitue d'abord une exclusion sociale. Les difficult&#233;s dont souffrent les personnes qui en sont victimes sont aujourd'hui bien connues et de nombreuses m&#233;thodes d'accompagnement ont &#233;t&#233; mises au point. Il ne manque plus que les moyens &lt;br class='autobr' /&gt;
et des actions concert&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le public en situation d'illettrisme est un public cach&#233;, malais&#233; &#224; rep&#233;rer, qui dissimule ses difficult&#233;s. Il vit avec une culpabilit&#233; au quotidien depuis qu'il a quitt&#233; l'&#233;cole. On lui a tellement dit qu'il n'y arriverait jamais ! &#187;.&lt;/i&gt; Anne Seyve Markley conna&#238;t bien cette probl&#233;matique. Elle travaille depuis 1989 sur cette question avec les Atelec, Ateliers pour lire, &#233;crire, compter, et dirige l'association Lettres pour l'&#234;tre cr&#233;&#233;e &#224; Bourg-en-Bresse dans l'Ain en janvier 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'association ne se situe pas dans le champ de la formation mais bien dans celui de l'insertion. Elle accueille des adultes qu'une mauvaise ma&#238;trise de la lecture et de l'&#233;criture g&#234;ne dans la vie quotidienne pour l'insertion sociale, l'autonomie ou la vie professionnelle. Mais Anne Seyve Markley observe une grande diff&#233;rence entre les personnes en situation d'illettrisme et celles qui n'ont pas &#233;t&#233; alphab&#233;tis&#233;es dans leur langue maternelle. &lt;i&gt;&#171; En France, ce sont les personnes analphab&#232;tes qui ont le plus de difficult&#233;s d'insertion. D'abord, elles ne ma&#238;trisent pas leur langue maternelle &#224; l'&#233;crit, il est donc encore plus difficile pour elles de le faire en fran&#231;ais &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'association a mis en place des ateliers de savoirs sociaux linguistiques (ASSL) pour les familiariser avec leur environnement. Il s'agit de leur donner quelques cl&#233;s de lecture du monde qui les entoure. Elles viennent par le bouche &#224; oreille et s'inscrivent facilement aux ateliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Atelec travaillent en collaboration avec les &#233;quipements de quartier et de proximit&#233; et les travailleurs sociaux. Si le public des ateliers de savoirs sociaux linguistiques s'engage sans difficult&#233; dans cette d&#233;marche vers une meilleure int&#233;gration, il en va tout autrement des personnes en situation d'illettrisme. Celles-ci ont &#233;t&#233; pour la plupart scolaris&#233;es en France et confront&#233;es d&#232;s l'adolescence et surtout &#224; l'&#226;ge adulte, &#224; une mauvaise ma&#238;trise de la lecture et de l'&#233;criture. Elles vivent ce handicap comme une honte, un stigmate et craignent de r&#233;v&#233;ler leurs difficult&#233;s. &lt;i&gt;&#171; Ce sont des publics que nous ne m&#233;langeons pas avec les ASSL parce que nous ne les accompagnons pas de la m&#234;me mani&#232;re. M&#234;me si les finalit&#233;s sont les m&#234;mes, les moyens mis en place, la d&#233;marche et l'accompagnement p&#233;dagogique diff&#233;rent &#187;,&lt;/i&gt; d&#233;taille la directrice de Lettres pour l'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est difficile d'identifier une personne en situation d'illettrisme car elle a souvent mis en place des strat&#233;gies de contournement. Elle trouve des subterfuges pour ne pas avoir &#224; lire ou &#233;crire devant un tiers. Certains embarras peuvent mettre la puce &#224; l'oreille : elle ne sait pas bien expliquer son itin&#233;raire pour se rendre dans son quartier ; elle &#233;value mal le temps qu'elle a pris pour venir ; elle ne conna&#238;t pas sa date de naissance. Tous ces signes trahissent des difficult&#233;s &#224; se rep&#233;rer dans l'espace et le temps. Face &#224; une fiche &#224; remplir, elle pr&#233;textera qu'elle a mal &#224; la t&#234;te, mal aux yeux, qu'elle est fatigu&#233;e. Elle se fera accompagner, demandera si elle peut emporter les papiers chez elle pour les remplir au calme, dira avoir oubli&#233; ses lunettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres d&#233;tails permettent de cerner un manque d'autonomie en famille : elle refuse par exemple toute id&#233;e d'activit&#233; ou de formation pour ses enfants, a du mal &#224; projeter ce qu'elle aimerait faire. &lt;i&gt;&#171; Lorsqu'une personne dans cette situation viens nous voir, il y a fort &#224; parier que quelqu'un, quelque part, lui a d&#233;j&#224; permis de se confronter &#224; ses difficult&#233;s de lecture et d'&#233;criture. Pour nous, c'est largement suffisant &#187;&lt;/i&gt;, confirme Anne Seyve Markley qui a beaucoup travaill&#233; avec son association sur cette premi&#232;re prise de contact.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Valorisation des comp&#233;tences&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu consiste donc &#224; r&#233;installer la confiance. Rassurer. Tout se d&#233;termine dans ce lien de confiance. Elle doit sentir qu'en faisant une d&#233;marche elle ne s'expose pas et qu'il ne sera pas dangereux pour elle de s'engager dans un parcours.&lt;i&gt; &#171; Chez nous, l'animatrice conduit ce premier entretien avec un certain nombre d'indices. Nous revenons sur le parcours scolaire, nous nous attachons &#224; ce que la personne nous dit de sa relation au monde de l'&#233;crit et de son environnement : ce qu'elle lit, ce qu'elle ne lit plus. Nous rep&#233;rons aussi ses comp&#233;tences. Ses difficult&#233;s &#224; lire et &#233;crire ne doivent pas occulter les comp&#233;tences d&#233;velopp&#233;es sur d'autres domaines, professionnel par exemple. Nous nous appuyons sur celles-ci pour construire son parcours d'int&#233;gration. Nous recherchons ses centres d'int&#233;r&#234;t pour engager un parcours sur ce qui la valorise dans le cadre d'une prise en charge &#187;&lt;/i&gt;. Il n'est pas n&#233;cessaire de remettre &#224; niveau toutes les comp&#233;tences de base. Il suffit de r&#233;installer la confiance pour que l'&#233;crit ne lui fasse plus peur. Les situations de la vie de tous les jours offrent autant de possibilit&#233;s de lire : les affiches dans la rue, ce qui est &#233;crit sur les camions, les &#233;tiquettes, etc. Elle compl&#232;te ainsi elle-m&#234;me son apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenir &#224; un apprentissage de la lecture et de l'&#233;criture exige de bannir un certain nombre de r&#233;f&#233;rences qui rappellent par trop les &#233;checs de l'enfance. Il faut casser le mod&#232;le scolaire qui est connot&#233; n&#233;gativement (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Le-plaisir-de-depasser-ses-blocages' class='spip_in'&gt;lire le t&#233;moignage de Tedhy Raymond&lt;/a&gt;). Conjugaison, orthographe, grammaire, tout ce vocabulaire appartient &#224; l'exp&#233;rience pass&#233;e souvent difficile de celui ou celle qui n'a pas pu apprendre en classe. &#171; Erreur &#187; va remplacer le mot &#171; faute &#187;, car l'erreur est n&#233;gociable et source de progression. Ils disent des phrases comme : &#171; On m'a ignor&#233; &#187;, &#171; je n'ai pas &#233;t&#233; reconnu &#187;, &#171; on n'a pas fait attention &#224; moi &#187;, &#171; je ne comptais pas &#187;. Ils ne disent pas : &#171; Je n'ai pas suivi la bonne m&#233;thode &#187;. Ce n'est jamais la m&#233;thode qui est en cause. Il s'agit avant tout d'utiliser une d&#233;marche de p&#233;dagogie de la m&#233;diation. La personne devient le centre de l'apprentissage. Elle se construit &#224; partir de ses comp&#233;tences et de ses connaissances. Cela lui permet de mesurer le chemin qu'elle parcourt. La m&#233;diation s'&#233;labore autour de la personne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;tecter l'illettrisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le centre social de Caluire dans la banlieue lyonnaise n'&#233;tait pas pr&#233;par&#233; &#224; proposer une formation en direction d'un public en situation d'illettrisme. Les demandes les plus courantes &#233;manaient de personnes &#233;trang&#232;res, d&#233;sireuses d'apprendre la langue et la culture fran&#231;aise. &lt;i&gt;&#171; A plusieurs reprises l'ANPE, le CCAS, la Maison du Rh&#244;ne, la Maison de l'emploi du Val-de-Sa&#244;ne nous ont sollicit&#233;s pour prendre en charge des adultes qui avaient &#233;t&#233; scolaris&#233;s au moins cinq ans en France et qui ne b&#233;n&#233;ficiaient pas des dispositifs de droit commun pour recommencer un apprentissage des savoirs de base &#187;&lt;/i&gt;, raconte Anne Sevran-G&#233;nov&#232;se, directrice du centre social. &lt;i&gt;&#171; Les travailleurs sociaux sur Caluire restaient d&#233;munis face &#224; cette probl&#233;matique. La m&#233;connaissance des moyens &#224; mettre en &#339;uvre nous a en quelque sorte servi. Il a &#233;t&#233; assez facile de nous r&#233;unir &#224; vingt travailleurs sociaux. Fait exceptionnel, chacun a, en quelque sorte, oubli&#233; les logiques de sa structure d'appartenance pour constater l'absence de solutions adapt&#233;es et chercher des pistes &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite de ces rencontres entre juin 2004 et mai 2005, quatre s&#233;ances de formation ont &#233;t&#233; mises en place pour former les travailleurs sociaux &#224; l'accueil des personnes en situation d'illettrisme, rep&#233;rer les strat&#233;gies de contournement, &#233;valuer les possibilit&#233;s de chaque structure. Ces modules de formation r&#233;unissaient toutes les structures locales du quartier dans le but de favoriser une approche collective et une coordination entre professionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir contact&#233; le centre de ressources illettrisme de la r&#233;gion Rh&#244;ne-Alpes (CRI), le centre social a choisi une m&#233;thode. &lt;i&gt;&#171; Nous avons mis&#233; sur la p&#233;dagogie Gatt&#233;gno parce qu'elle donnait des r&#233;sultats int&#233;ressants dans nos ateliers FLE (Fran&#231;ais langue &#233;trang&#232;re). Celle-ci rompt avec les codes scolaires qui sont associ&#233;s &#224; des situations d'&#233;chec et de blocages. Elle positionne l'apprenant en situation d'agir &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;dagogie Gatt&#233;gno s'appuie sur la vue, l'ou&#239;e et le toucher. Un tableau synth&#233;tise tous les sons de la langue fran&#231;aise, associe une couleur &#224; chaque son et d&#233;cline toutes les orthographes possibles pour chaque phon&#232;me. La structure des phrases est mat&#233;rialis&#233;e par de petites r&#233;glettes en couleur. Il faut les manipuler pour construire une phrase. &lt;i&gt;&#171; Les apprenants touchent, prononcent et entendent. L'&#233;l&#232;ve fabrique lui-m&#234;me ses mots et ses phrases. Ils se situent dans un tout autre univers que celui de l'&#233;cole &#187;&lt;/i&gt;, explique Isabelle Mainand, formatrice Gatt&#233;gno au centre social. Chaque ann&#233;e depuis deux ans, une quinzaine d'adultes suivent ces modules financ&#233;s par le programme Irill, insertion et r&#233;insertion, lutte contre l'illettrisme. C'est un financement d'actions de formation de la DRTEFP.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'illettrisme, une priorit&#233; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'article 149 de la loi du 29 juillet 1998 d&#233;clarait l'illettrisme &#171; priorit&#233; nationale &#187;. &#192; la suite du rapport Geffroy de 1999 fut cr&#233;&#233;e l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme (ANLCI) pour f&#233;d&#233;rer et optimiser les moyens affect&#233;s par l'&#201;tat, les collectivit&#233;s territoriales et les entreprises. En 2003, le pr&#233;sident de la R&#233;publique rappelait cette priorit&#233; nationale. Pourtant, l'exp&#233;rience du centre social de Caluire montre bien que la politique de lutte men&#233;e contre l'illettrisme s'est d&#233;velopp&#233;e de fa&#231;on tr&#232;s in&#233;gale selon les d&#233;partements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;gion Rh&#244;ne-Alpes, les d&#233;partements de l'Ain, de la Loire ou encore de l'Ard&#232;che se sont depuis longtemps int&#233;ress&#233;s &#224; cette probl&#233;matique. Ils poss&#232;dent une bonne connaissance de ces publics et des outils adapt&#233;s. En revanche, dans le Rh&#244;ne, les moyens mis en &#339;uvre restent balbutiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Anne Seyve Markley, &lt;i&gt;&#171; les financeurs aujourd'hui ont plut&#244;t tendance &#224; se d&#233;sengager des politiques de lutte contre l'illettrisme. Jusqu'en 2006 les budgets stagnaient, depuis ils diminuent &#187;&lt;/i&gt;. L'ANLCI produit beaucoup d'&#233;tudes et m&#232;ne des actions pour mettre les acteurs en r&#233;seau et tenter de les coordonner (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Illettrisme-le-succes-d-une-formation-sur-mesure' class='spip_in'&gt;lire l'exp&#233;rience de la commune d'Irigny dans le Rh&#244;ne&lt;/a&gt;). Mais l'agence de lutte contre l'illettrisme ne dispose d'aucun budget pour financer les initiatives du terrain. Elle n'a pas la ma&#238;trise de l'action. Les budgets sont &#233;clat&#233;s, d'un c&#244;t&#233; au minist&#232;re de l'Emploi, d'un autre &#224; la DASS. Il n'y a pas de coh&#233;rence dans le financement des actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; Pour notre association, il est extr&#234;mement compliqu&#233; de trouver de l'argent. Nous devons aller chercher trois francs six sous &#224; droite et &#224; gauche. Pour chaque demande il faut pouvoir correspondre aux orientations particuli&#232;res du financeur &#187;&lt;/i&gt;, constate Anne Seyve Markley. &lt;i&gt;&#171; De plus, l'ANLCI compte et recompte le nombre d'illettr&#233;s en France. En 1984, le premier rapport national &#233;voquait cette question et avan&#231;ait alors le chiffre de six millions de personnes en situation d'illettrisme. Ce chiffre de 10 % de la population n'a pas boug&#233; en vingt ans. Tout le monde est d'accord l&#224;-dessus. Alors pourquoi continuons-nous &#224; produire des &#233;tudes ? &#192; quel moment va-t-on arr&#234;ter de mettre des financements pour nous dire combien ils sont, qui ils sont et comment il faut faire pour &#234;tre pertinent. En attendant, sur le terrain, nous sommes priv&#233;s de financements ! &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, l'ANLCI affirme que depuis 1993, les chiffres de l'illettrisme &#233;taient incertains et bas&#233;s sur des enqu&#234;tes d&#233;claratives et le recensement des appel&#233;s du contingent. Pour l'agence, les chiffres que d&#233;voile l'&#233;tude de l'Insee communiqu&#233;e en 2006 &lt;i&gt;&#171; ont fortement int&#233;ress&#233; les travailleurs sociaux,&lt;/i&gt; assure Herv&#233; Fernandez, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'ANLCI, &lt;i&gt;et les r&#233;sultats vont &#224; l'encontre des id&#233;es re&#231;ues. Pour ne prendre qu'un exemple, sur les trois millions de personnes en situation d'illettrisme, 57 % ont un emploi. Mieux conna&#238;tre les personnes constitue un enjeu d&#233;terminant pour faire porter nos efforts au bon endroit. Rien ne sert d'en savoir plus si ces chiffres n'accompagnent pas une plus grande prise de conscience et un meilleur partenariat pour mailler les actions &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agence a pour ambition de mettre en r&#233;seau les politiques et les acteurs. Depuis un an, les pr&#233;fets, les pr&#233;sidents de r&#233;gions, les recteurs sont sollicit&#233;s par l'ANLCI pour signer des plans r&#233;gionaux de pr&#233;vention et de lutte contre l'illettrisme. Ces plans veulent dresser un &#233;tat des lieux plus fin par r&#233;gion, mobiliser les acteurs et les moyens et proposer des fiches d'actions. Aujourd'hui, plus d'une dizaine de r&#233;gions ont d&#233;j&#224; sign&#233;, dont la r&#233;gion Rh&#244;ne-Alpes en 2006. En juin prochain devrait se tenir sur le site de l'ENS &#224; Lyon une rencontre nationale sur les bonnes pratiques en France, cinq cents professionnels y sont attendus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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