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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>L'int&#233;gration des &#233;trangers, enjeu &#233;lectoral majeur</title>
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&lt;p&gt;Quel type de r&#233;ponse le d&#233;ficit de d&#233;mocratie que nous semblons vivre actuellement fera-t-il &#233;merger ces 22 avril et 6 mai ? Un risque d'implosion sociale existe-t-il ? Consid&#233;rablement durcie ces derniers temps, la politique envers les &#233;trangers illustre les menaces des tensions actuelles &lt;br class='autobr' /&gt;
Les arrestations polici&#232;res de sans-papiers &#224; la sortie d'&#233;coles parisiennes ont soulign&#233; ces jours-ci l'&#233;tendue du malaise mais aussi l'efficacit&#233; de la mobilisation. L'affaire n'est pas termin&#233;e : apr&#232;s (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quel type de r&#233;ponse le d&#233;ficit de d&#233;mocratie que nous semblons vivre actuellement fera-t-il &#233;merger ces 22 avril et 6 mai ? Un risque d'implosion sociale existe-t-il ? Consid&#233;rablement durcie ces derniers temps, la politique envers les &#233;trangers illustre les menaces des tensions actuelles&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les arrestations polici&#232;res de sans-papiers &#224; la sortie d'&#233;coles parisiennes ont soulign&#233; ces jours-ci l'&#233;tendue du malaise mais aussi l'efficacit&#233; de la mobilisation. L'affaire n'est pas termin&#233;e : apr&#232;s investigation, une commission nationale Citoyens Justice Police (cr&#233;&#233;e par la Ligue des droits de l'homme, le syndicat des avocats de France et le syndicat de la magistrature) rendra prochainement un rapport sur les faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, dans une enqu&#234;te clairement titr&#233;e &lt;a href=&#034;http://www.cimade.org/actus/comm117.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;De la loterie &#224; la tromperie&lt;/a&gt;, la Cimade faisait &#233;tat, le 5 avril dernier, de l'arbitraire ayant pr&#233;sid&#233; &#224; la r&#233;gularisation (ou non) des enfants &#233;trangers scolaris&#233;s, des strat&#233;gies adopt&#233;es par les pr&#233;fectures pour des rejets s'inscrivant dans des logiques de quotas, mais aussi du traumatisme des &#233;l&#232;ves d&#233;bout&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement, de profonds changements de logique s'op&#232;rent et plus ou moins insidieusement le paysage se modifie : ainsi, l'Office des migrations internationales (OMI) absorbait en avril 2005 le vieux Service social d'aide aux &#233;migrants (SSA&#201;) pour donner naissance &#224; l'Agence nationale de l'accueil des &#233;trangers et des migrations (Anaem). De son c&#244;t&#233;, le Fonds d'action et de soutien pour l'int&#233;gration et la lutte contre les discriminations (Fasild) disparaissait en octobre 2006, aval&#233; par une autre nouvelle structure, l'Agence nationale pour la coh&#233;sion sociale et l'&#233;galit&#233; des chances (Acs&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;taient ainsi officiellement s&#233;par&#233;s l'accueil de l'int&#233;gration&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Cf. Le travail social aupr&#232;s des &#233;trangers, Plein droit n&#176; 72 (mars (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Apr&#232;s avoir diff&#233;renci&#233; l'immigration &#171; subie &#187; de l'immigration &#171; choisie &#187;, apr&#232;s avoir os&#233; proposer un minist&#232;re de l'Immigration et de l'Identit&#233; nationale aux relents inqui&#233;tants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Lire la contribution de Bernard Stasi et d'Olivier Picard dans Lib&#233;ration du (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le candidat UMP promet de durcir les tests de langue impos&#233;s aux &#233;trangers depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e et int&#233;gr&#233;s dans le contrat d'accueil et d'int&#233;gration (CAI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin janvier, le Conseil d'&#201;tat, saisi par plusieurs associations, a finalement valid&#233; une circulaire de f&#233;vrier 2006 relative aux conditions d'interpellation d'un &#233;tranger en situation irr&#233;guli&#232;re. Des op&#233;rations cibl&#233;es (par exemple &#224; proximit&#233; de foyers logements ou de centres d'h&#233;bergement) peuvent d&#233;sormais s'envisager en toute l&#233;galit&#233;, de m&#234;me que des interpellations au guichet apr&#232;s convocation. Dans un arr&#234;t pr&#233;c&#233;dent, la Cour de cassation avait pourtant &#233;nonc&#233; clairement le caract&#232;re d&#233;loyal &#171; donc nul &#187; d'une interpellation au guichet cons&#233;cutive &#224; une convocation en pr&#233;fecture. L&#233;gale, donc, mais pouvant (devant) &#234;tre contest&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la m&#234;me logique restrictive, un projet de gestion des demandes d'asile mis en place l'an dernier a voulu centraliser les requ&#234;tes : mais dans les r&#233;gions concern&#233;es, les associations se sont rendu compte d'une &#171; &#233;norme d&#233;perdition entre le nombre de demandeurs se pr&#233;sentant sur les plates-formes associatives et les enregistrements effectifs aux guichets des pr&#233;fectures &#187;. L'association France terre d'asile a d'ailleurs saisi la Haute autorit&#233; de lutte contre les discriminations et pour l'&#233;galit&#233; (Halde) &#224; ce sujet. Tous azimuts, les restrictions &#233;mergent : &#171; Pour moi, seuls les &#233;trangers parfaitement int&#233;gr&#233;s, titulaires d'une carte de r&#233;sident de dix ans, auraient vocation &#224; b&#233;n&#233;ficier du droit au logement opposable au m&#234;me titre que les Fran&#231;ais &#187;, d&#233;clare Sarkozy, s'essoufflant derri&#232;re Le Pen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Observatoire du droit &#224; la sant&#233; des &#233;trangers (ODSE) s'alarme, lui, des expulsions de malades &#233;trangers dans des pays o&#249; ils n'ont pas acc&#232;s aux soins, malgr&#233; des avis m&#233;dicaux pointant des cons&#233;quences gravissimes. Pire, un projet de circulaire &#8212; abandonn&#233; quelques semaines plus tard sous l'effet de la mobilisation &#8212; avait tent&#233; d'inciter les pr&#233;fets, cet automne, &#224; s'affranchir des avis m&#233;dicaux dans le cadre de la proc&#233;dure de r&#233;gularisation des &#233;trangers malades. Autre exemple : le 13 mars, le Conseil d'&#201;tat annulait un arr&#234;t&#233; cr&#233;ant le fichier ELOI, destin&#233; &#224; faciliter l'&#233;loignement des &#233;trangers en situation irr&#233;guli&#232;re. De m&#234;me enfin, le S&#233;nat avait vot&#233; le 1er f&#233;vrier, le principe d'une aide &#171; &#224; la r&#233;insertion sociale et familiale &#187; &#8212; mais sous une forme particuli&#232;rement restrictive &#8212; pour am&#233;liorer le droit d'aller et venir entre deux pays pour les vieux migrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but avril, en cl&#244;ture de son 84&#232; congr&#232;s, la Ligue des droits de l'homme r&#233;clamait la r&#233;gularisation de tous les sans-papiers, le r&#233;tablissement de l'effectivit&#233; du droit d'asile et l'interdiction de toute mesure d'&#233;loignement portant atteinte aux droits &#224; la sant&#233;, &#224; l'&#233;ducation et &#224; une vie familiale digne. Interrog&#233;s sur les questions d'asile et d'immigration, sur les notions de &#171; pays d'origine s&#251;rs &#187; ou les rapports Nord-Sud, la plupart des candidats &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle ont d&#233;gain&#233; leurs r&#233;ponses. Dimanche, 1,8 million de nouvelles voix se feront entendre, les inscriptions sur les listes &#233;lectorales ayant enregistr&#233; leur plus forte croissance (une hausse de 4,23 % par rapport &#224; 2006) depuis un quart de si&#232;cle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Le travail social aupr&#232;s des &#233;trangers, &lt;a href=&#034;http://www.gisti.org/spip.php?rubrique8&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Plein droit n&#176; 72&lt;/a&gt; (mars 2007)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire la contribution de Bernard Stasi et d'Olivier Picard dans Lib&#233;ration du 4 avril : Immigration : non &#224; un minist&#232;re du pass&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Manuel d'alcoologie sociale ou &#8220;Les aventures d'Hercule&#8221;&#8230;</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Manuel-d-alcoologie-sociale-ou-Les-aventures-d-Hercule</link>
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		<dc:subject>837</dc:subject>
		<dc:subject>Alcoolisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'avantage de pr&#233;senter l'alcoolisme comme une maladie, c'est de d&#233;culpabiliser celles et ceux qui en souffrent. L'inconv&#233;nient majeur, c'est de d&#233;responsabiliser les professionnels du social qui peuvent se sentir peu concern&#233;s par une pathologie qui n&#233;cessiterait un traitement exclusivement m&#233;dical. En tant que travailleur social intervenant en alcoologie, Yves Coulombier revendique haut et fort la place de sa profession dans cette probl&#233;matique. Il nous livre ici un ouvrage des plus d&#233;capants. &#171; (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L102xH150/arton1768-2d8ee.jpg?1694186048' width='102' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'avantage de pr&#233;senter l'alcoolisme comme une maladie, c'est de d&#233;culpabiliser celles et ceux qui en souffrent. L'inconv&#233;nient majeur, c'est de d&#233;responsabiliser les professionnels du social qui peuvent se sentir peu concern&#233;s par une pathologie qui n&#233;cessiterait un traitement exclusivement m&#233;dical. En tant que travailleur social intervenant en alcoologie, Yves Coulombier revendique haut et fort la place de sa profession dans cette probl&#233;matique. Il nous livre ici un ouvrage des plus d&#233;capants. &#171; Celui qui a un probl&#232;me d'alcool, c'est le travailleur social sans aucun doute. Il n'y a qu'&#224; voir les strat&#233;gies d'&#233;vitement que nous sommes capables d'utiliser &#187; (p. 41), affirme-t-il !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trop souvent, ne pouvant emp&#234;cher un alcoolique de boire, nous nous centrons sur le malaise qu'il cr&#233;e en nous. Nous refusons de voir, lui trouvons d'excellentes raisons ou encore renon&#231;ons &#224; vouloir le faire changer. Fort de son exp&#233;rience, tout en mettant en garde contre la tentation des recettes miracles et en rappelant qu'en alcoologie il est plus pertinent de poser les bonnes questions que les bonnes solutions, l'auteur nous propose une proc&#233;dure d'accompagnement en cinq &#233;tapes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re d&#233;marche : &#233;tablir un diagnostic en reconnaissant la situation d'alcoolisme qu'il ne faut pas confondre avec l'alcoolisation. Ce qui est d'autant plus complexe que ce qui distingue le bien boire du trop boire d&#233;pend de normes quantitatives, qualitatives et culturelles propres &#224; chacun. Vient ensuite le &#171; dire &#187;. Il peut sembler plus facile, pour en parler, de s'en remettre &#224; un sp&#233;cialiste. En fait, derri&#232;re cet argument, ce qui bloque le plus souvent, c'est la conviction qu'il s'agirait l&#224; d'une affaire personnelle que nous aurions le devoir de ne pas &#233;voquer pour pr&#233;server la libert&#233; de chacun. Il y a au contraire de multiples bonnes raisons pour le dire (prot&#233;ger l'entourage, aider la personne alcoolique, expliquer la situation inextricable dans laquelle elle s'est plac&#233;e&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, vient l'&#233;tape des d&#233;clencheurs du changement. Le seul ressenti qui puisse &#234;tre moteur est celui de la personne concern&#233;e et pas celui de l'intervenant. Un alcoolique n'a envie de modifier sa consommation que lorsque son alcoolisation pr&#233;sente &#224; ses yeux plus d'inconv&#233;nients que d'avantages. Quatri&#232;me &#233;tape, celle de l'orientation vers le service idoine (ambulatoire, hospitali&#232;r ou de postcure). Enfin intervient l'abstinence, marqu&#233;e en son d&#233;but par une intense phase d'hyperactivit&#233; qui permet &#224; la personne de remplir le vide laiss&#233; par le renoncement au produit. Des rechutes sont non seulement possibles mais font partie du processus th&#233;rapeutique. Il faut s'y pr&#233;parer et ne pas les vivre comme un &#233;chec professionnel. Au final, ce qui appara&#238;t le plus favorable au changement, c'est ce qui permet &#224; la personne de se prendre en charge, l'essentiel &#233;tant de transformer l'obligation en adh&#233;sion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Chronique sociale, 2007 (112 p. ; 15,90 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Psychopathologie de la personnalit&#233; d&#233;pendante</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Psychopathologie-de-la-personnalite-dependante</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Psychiatrie</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le parti pris des auteurs est clair : il n'y a pas une d&#233;finition unique de la personnalit&#233; d&#233;pendante, ni d'ailleurs un seul mod&#232;le qui s'y r&#233;f&#232;re. Pour en faire la preuve, ils dressent la liste exhaustive de nombreuses recherches qui ont tent&#233; de la circonscrire. Edifiant ! Parmi les hypoth&#232;ses avanc&#233;es successivement, on compte une mall&#233;abilit&#233; particuli&#232;rement forte, une facilit&#233; &#224; &#234;tre s&#233;duit, le besoin de s'en remettre &#224; une personne pour prendre des d&#233;cisions &#224; sa place, la qu&#234;te d'approbation et (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L98xH150/arton1767-05046.jpg?1694186048' width='98' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le parti pris des auteurs est clair : il n'y a pas une d&#233;finition unique de la personnalit&#233; d&#233;pendante, ni d'ailleurs un seul mod&#232;le qui s'y r&#233;f&#232;re. Pour en faire la preuve, ils dressent la liste exhaustive de nombreuses recherches qui ont tent&#233; de la circonscrire. Edifiant ! Parmi les hypoth&#232;ses avanc&#233;es successivement, on compte une mall&#233;abilit&#233; particuli&#232;rement forte, une facilit&#233; &#224; &#234;tre s&#233;duit, le besoin de s'en remettre &#224; une personne pour prendre des d&#233;cisions &#224; sa place, la qu&#234;te d'approbation et d'acceptation pour se voir confirmer sa propre valeur, l'attribution syst&#233;matique &#224; des facteurs ext&#233;rieurs de tout ce qui est n&#233;cessaire au bien-&#234;tre ou encore l'insatisfaction des d&#233;sirs oraux de la premi&#232;re enfance (qui induirait une passivit&#233; et une avidit&#233; affective sans compter une intol&#233;rance &#224; la solitude ainsi qu'une recherche compulsive de communication avec les autres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines th&#233;ories incriminent les carences pr&#233;coces de la s&#233;paration. La m&#233;moire proprioceptive r&#233;activerait ces &#233;pisodes douloureux de l'enfance, d&#232;s que des &#233;v&#233;nements se placeraient en r&#233;sonance. Le sujet tenterait alors de compenser l'&#233;tat d'excitation provoqu&#233; par la discontinuit&#233; du sentiment de s&#233;curit&#233; en produisant une sensation d'autostimulation. L'addiction qui s'ensuivrait ne serait pas tant une recherche de consommation d'un produit que la tentative de r&#233;pondre &#224; cet &#233;prouv&#233; du manque ou de l'absence. D&#233;&#231;u par des objets humains si peu fiables, le sujet se tournerait vers des objets de remplacement non tributaires du d&#233;sir de l'autre. D'autres th&#233;ories &#233;tablissent une corr&#233;lation entre la personnalit&#233; d&#233;pendante et des caract&#233;ristiques g&#233;n&#233;tiques, voire des situations d&#233;pressives, phobiques ou anxieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacune de ces hypoth&#232;ses comporte d'autant plus sa part de v&#233;rit&#233; qu'on a affaire non &#224; une, mais &#224; plusieurs formes de personnalit&#233;s d&#233;pendantes. Mais les auteurs ne se contentent pas de d&#233;crire ces tentatives d'interpr&#233;tation, ils les soumettent aussi &#224; la critique. La pathologisation de la d&#233;pendance d&#233;montre, expliquent-ils, que notre soci&#233;t&#233; s'est centr&#233;e sur des normes particuli&#232;res : l'autonomie, la r&#233;alisation personnelle, l'aspiration au bonheur. Or, d'une part, la d&#233;pendance interpersonnelle appartient au registre normal de l'aide et des r&#233;assurances mutuelles. Sa version pathologique se r&#233;gule non par l'accession &#224; une hypoth&#233;tique ind&#233;pendance mais par l'abandon de conduites rigides au profit de conduites souples et interactives. &#171; La normalit&#233; n'est pas d'&#234;tre d&#233;pendant ou autonome, mais de pouvoir utiliser l'une ou l'autre de ces modalit&#233;s de mani&#232;re adaptative &#187; (p.168).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, l'intol&#233;rance aux frustrations et le besoin de satisfaction imm&#233;diate ont objectiv&#233; l'incapacit&#233; &#224; diff&#233;rer dans le temps la r&#233;alisation des besoins et des pulsions. La souffrance, caract&#233;ristique fondamentale de l'&#234;tre humain, est devenue une d&#233;viance &#224; combattre. Et la qu&#234;te du bonheur, en devenant un objet de recherche syst&#233;matique, a perdu sa valeur de mythe fondamental.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Dunod, 2006 (209 p. ; 23 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; L'urgence sociale est &#224; la fois un outil d'assistance et de punition &#187;</title>
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		<dc:subject>837</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;St&#233;phane Rullac a travaill&#233; pendant trois ans en tant qu'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; dans les maraudes du Samu social. Il est d&#233;sormais doctorant en anthropologie &#224; l'EHESS, responsable de formation dans une &#233;cole sup&#233;rieure du travail social et l'auteur de Critique de l'urgence sociale &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est-ce qui explique, selon vous, l'impact du mouvement des tentes ? Notre soci&#233;t&#233; a une v&#233;ritable aversion de l'errance mais elle refuse de la reconna&#238;tre. Il y a l&#224; une contradiction entre le rejet du non-m&#233;ritant - du vagabond, (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;St&#233;phane Rullac a travaill&#233; pendant trois ans en tant qu'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; dans les maraudes du Samu social. Il est d&#233;sormais doctorant en anthropologie &#224; l'EHESS, responsable de formation dans une &#233;cole sup&#233;rieure du travail social et l'auteur de &lt;a href='https://www.lien-social.com/Critique-de-l-urgence-sociale' class='spip_in'&gt;&lt;i&gt;Critique de l'urgence sociale&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui explique, selon vous, l'impact du mouvement des tentes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre soci&#233;t&#233; a une v&#233;ritable aversion de l'errance mais elle refuse de la reconna&#238;tre. Il y a l&#224; une contradiction entre le rejet du non-m&#233;ritant - du vagabond, du mendiant - et le refus de reconna&#238;tre que ce rejet est un besoin soci&#233;tal. Les mouvements autour des tentes ont du pouvoir parce qu'ils ont rendu le ph&#233;nom&#232;ne visible en hiver, &#233;poque propice &#224; la compassion envers ceux qui sont dehors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; a donc r&#233;agi en adoptant le droit au logement opposable. Nous avons ainsi redor&#233; notre blason en satisfaisant notre besoin de revendiquer l'image collective d&#233;sir&#233;e de nous-m&#234;mes. Nous l'avons fait en assurant par la loi l'existence de ce droit mais sans en garantir l'application effective. Car l&#224; nous entrons en contradiction totale avec notre contrat social tel qu'il a &#233;t&#233; pens&#233; par Rousseau et qui fonde notre soci&#233;t&#233; : l'acc&#232;s au logement, l'une des bases de l'insertion, ne serait alors plus bas&#233; sur le m&#233;rite. Ces deux forces sont contradictoires et les grands perdants de ce combat intime avec nous-m&#234;mes sont toujours les SDF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel regard portez-vous, dans ce contexte, sur le syst&#232;me d'h&#233;bergement d'urgence ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'urgence sociale est &#224; la fois un outil d'assistance et de punition. L'affirmation de l'assistance r&#232;gle notre probl&#232;me d'identit&#233; : nous assistons les pauvres, nous ne les punissons plus, nous sommes donc une soci&#233;t&#233; moderne. En m&#234;me temps, sous couvert d'assistance, nous les punissons et r&#233;glons ainsi notre besoin social de r&#233;pression de la d&#233;viance et de la pauvret&#233;. Tout le monde est donc satisfait, sauf les SDF bien &#233;videmment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle forme pourrait prendre, &#224; votre avis, un meilleur accompagnement social ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense que le mod&#232;le de la pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e est &#224; reprendre avec des &#233;quipes de rue pour les SDF. La rue ne doit pas &#234;tre qu'un endroit o&#249; nous allons chercher les personnes pour les amener ailleurs. Elle ne doit pas &#234;tre uniquement un endroit de contact pour maintenir un contact par principe. Mais elle doit &#234;tre aussi un lieu d'accompagnement centr&#233; sur la demande de l'individu. Le principe de la pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e est d'aller sur les lieux de vie et de mener des vrais suivis avec des vrais professionnels, c'est ce qu'il faut faire avec les personnes qui vivent dans la rue. Il faudrait, en ce sens, cr&#233;er des &#233;quipes par quartier car souvent les SDF s'inscrivent dans un environnement pr&#233;cis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s se pose la question de l'h&#233;bergement. Je pense qu'il serait n&#233;cessaire qu'il y ait des lieux de passage, ouverts sur l'ext&#233;rieur, avec la possibilit&#233; que les personnes restent ou non. Il me semble que ces structures pourraient &#234;tre cr&#233;&#233;es dans chaque arrondissement, chaque commune de plus d'un certain nombre d'habitants. Ce dispositif devrait se construire avec de v&#233;ritables projets &#233;ducatifs et sociaux, pour sortir de l'assistanat. Il faut que les personnes puissent participer &#224; la vie de la maison, qu'elles soient associ&#233;es au projet, qu'il y ait des exigences envers elles pour qu'elles retrouvent une utilit&#233; sociale &#224; leurs propres yeux comme aux yeux des autres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>SDF : tous les chemins ne m&#232;nent pas &#224; un toit</title>
		<link>https://www.lien-social.com/SDF-tous-les-chemins-ne-menent-pas-a-un-toit</link>
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&lt;p&gt;Derri&#232;re le sigle r&#233;ducteur de SDF, des hommes et des femmes tous diff&#233;rents, tous uniques, chacun avec son histoire, son parcours. L'accompagnement, d&#232;s lors, ne doit-il pas, s'il veut r&#233;ellement aboutir, s'&#233;carter d'un mod&#232;le unique, trop normalisateur ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le droit a un logement d&#233;cent et ind&#233;pendant (&#8230;) est garanti par l'&#201;tat &#224; toute personne qui, r&#233;sidant sur le territoire fran&#231;ais de fa&#231;on r&#233;guli&#232;re (&#8230;), n'est pas en mesure d'y acc&#233;der par ses propres moyens ou de s'y maintenir &#187;. Le mouvement des tentes (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Derri&#232;re le sigle r&#233;ducteur de SDF, des hommes et des femmes tous diff&#233;rents, tous uniques, chacun avec son histoire, son parcours. L'accompagnement, d&#232;s lors, ne doit-il pas, s'il veut r&#233;ellement aboutir, s'&#233;carter d'un mod&#232;le unique, trop normalisateur ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Le droit a un logement d&#233;cent et ind&#233;pendant (&#8230;) est garanti par l'&#201;tat &#224; toute personne qui, r&#233;sidant sur le territoire fran&#231;ais de fa&#231;on r&#233;guli&#232;re (&#8230;), n'est pas en mesure d'y acc&#233;der par ses propres moyens ou de s'y maintenir &#187;. Le mouvement des tentes lanc&#233; par l'association les Enfants de Don Quichotte a r&#233;alis&#233; l'exploit de faire adopter dans l'urgence un droit revendiqu&#233; depuis des ann&#233;es par les associations : le droit au logement opposable. Toute personne d&#233;pourvue de logement ou mal-log&#233;e pourra contraindre, devant un tribunal, la collectivit&#233; &#224; lui assurer un toit. Un texte r&#233;volutionnaire s'il est r&#233;ellement appliqu&#233; et applicable. Mais, pour beaucoup d'acteurs de terrain, il est impossible de faire passer d'un bond les personnes &#224; la rue depuis de longues ann&#233;es &#224; un logement autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En adoptant cette loi, le gouvernement ne coupe-t-il pas l'herbe sous les pieds de toutes autres revendications et notamment en mati&#232;re d'accompagnement social des personnes &#224; la rue ? La question de l'accompagnement est pourtant centrale pour r&#233;ellement permettre aux plus d&#233;socialis&#233;s de s'extraire de la rue. Une question balay&#233;e par l'id&#233;al du droit au logement opposable, tout comme elle est maltrait&#233;e par le dispositif d'h&#233;bergement d'urgence. Les premiers concern&#233;s ne s'y trompent pas et cherchent ailleurs des solutions de mieux-&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s des tentes distribu&#233;es depuis plus d'un an par M&#233;decins du Monde (MDM) en atteste : beaucoup pr&#233;f&#232;rent encore la rue aux centres d'h&#233;bergement d'urgence. &#171; La plupart des personnes expliquent qu'elles refusent d'aller dans les centres parce que la tr&#232;s courte dur&#233;e d'h&#233;bergement les d&#233;stabilise davantage, augmente leur perte de rep&#232;res et qu'elles souffrent du manque d'intimit&#233; &#187;, analyse Graciela Robert, responsable de la mission SDF Paris de MDM. Ces tentes permettent &#233;galement aux sans-abri de rester dans le quartier d'installation, autre raison de refus d'aller dans un centre. &#171; Quand les personnes r&#233;ussissent &#224; s'approprier un territoire dans la ville, une porte coch&#232;re, un recoin, elles ne veulent pas forc&#233;ment le l&#226;cher pour une courte p&#233;riode d'h&#233;bergement avec la crainte au retour de ne plus retrouver ce petit espace difficilement conquis &#187;, explique H&#233;l&#232;ne Thouluc, responsable de la communication &#224; l'association Emma&#252;s. Elle comprend donc la r&#233;ussite des tentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, elles posent probl&#232;me &#224; l'association : &#171; Avant, lorsque nous maraudions, nous rencontrions essentiellement des personnes seules ou parfois des petits groupes de deux, trois personnes, rapporte H&#233;l&#232;ne Thouluc. Les tentes provoquent un regroupement des personnes qui s'installent en campement. Notre travail est alors plus compliqu&#233;, aborder ces groupes devient plus difficile &#187;. Mais comment ne pas comprendre ce regroupement solidaire face &#224; l'absence de toute autre solution et aux difficult&#233;s de la rue ? Un ph&#233;nom&#232;ne qui interroge &#233;galement le sens de l'accompagnement social (&lt;a href='https://www.lien-social.com/L-urgence-sociale-est-a-la-fois-un-outil-d-assistance-et-de-punition' class='spip_in'&gt;lire le point de vue de St&#233;phane Rullac&lt;/a&gt;). Doit-il forc&#233;ment guider la personne vers le logement autonome classique ou doit-il suivre l'envie de la personne accompagn&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Partir de la rue&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un vrai accompagnement, c'est de marcher avec la personne, &#224; partir de son projet, sans faire les choses &#224; sa place, avancer en fonction des envies de la personne. Les travailleurs sociaux doivent dans un premier temps revenir dans la rue, simplement rencontrer la personne tous les jours sans essayer de la faire avancer plus vite qu'elle n'en a envie &#187;. Jacques Deroo, ancien SDF aujourd'hui &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;, revendique un accompagnement individualis&#233; et constant. Il se souvient de ce travailleur social tr&#232;s content de lui : il avait trouv&#233; pour un homme et une femme vivant en caravane, un logement, un emploi sans tenir compte un instant des volont&#233;s du couple. Trois mois plus tard, ils avaient quitt&#233; leur appartement pour retourner dans la caravane parce que c'est l&#224; qu'ils avaient envie de vivre. &#171; C'est &#224; partir de ce d&#233;sir-l&#224; que nous devons travailler &#187;, pense Jacques Deroo. Une analyse &#224; l'oppos&#233; d'une approche par l'urgence qui emp&#234;che de r&#233;fl&#233;chir &#224; l'accompagnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, pour H&#233;l&#232;ne Thouluc, &#171; certains accompagnements peuvent &#234;tre faits diff&#233;remment que dans une optique de normalisation, des solutions sont l&#224; &#224; inventer peut-&#234;tre des habitats autog&#233;r&#233;s, d'autres formes de lieux de vie collective ou non&#8230; La normalisation n'est pas la solution pour tous &#187;. Un pav&#233; dans la mare ? Et pourtant, l'association Emma&#252;s s'interroge : quelques 200 personnes vivraient aujourd'hui dans des cabanes en marge de Paris, au bois de Vincennes. &#171; Il faudrait peut-&#234;tre les rencontrer et monter des groupes de r&#233;flexion ensemble pour mieux les comprendre et &#233;laborer avec elles leurs d&#233;sirs en mati&#232;re d'habitat &#187;, avance H&#233;l&#232;ne Thouluc. L'association sera-t-elle bien re&#231;ue par ces nouveaux habitants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je me m&#233;fie beaucoup de l'accompagnement social parce qu'&#224; mon sens sa fonction est normalisatrice &#187;. Joe Sacco vit, depuis son adolescence, dans des lieux atypiques : squat, communaut&#233;, caravanes&#8230; Son association, Halem, association des Habitants de logements &#233;ph&#233;m&#232;res ou mobiles, revendique aujourd'hui la reconnaissance de ces formes d'habitat. Elle s'est cr&#233;&#233;e apr&#232;s que les personnes install&#233;es dans le camping o&#249; il a gar&#233; pour un temps son bus anglais, sa maison mobile depuis trois ans, aient &#233;t&#233; menac&#233;es d'expulsion. Les habitants des caravanes se sont mobilis&#233;s pour affirmer leur choix &#171; d'une vie plus mobile, plus ind&#233;pendante et plus proche de la nature &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une revendication per&#231;ue comme dangereuse par les associations qui soutiennent un droit au logement pour tous : si ces lieux de vie sont reconnus comme habitation par l'&#201;tat, comment les personnes pourront-elles en sortir, s'ils sont subis et non choisis ? Joe Sacco estime &#233;viter cet &#233;cueil en mettant l'accent sur la notion de choix. &#171; Nous soutenons &#224; 100 % le droit au logement opposable qui r&#233;pond &#224; la demande de la majorit&#233; mais nous voulons aller plus loin et nous revendiquons un choix possible du mode de vie, un droit &#224; la diff&#233;rence. Nous demandons une reconnaissance de la r&#233;sidence mobile ou &#233;ph&#233;m&#232;re avec les m&#234;mes droits et les m&#234;mes obligations que l'habitat classique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joe Sacco s'insurge contre ces repr&#233;sentations d'insalubrit&#233; syst&#233;matiquement attribu&#233;es aux caravanes : &#171; Bien s&#251;r, cela existe mais qui va me dire qu'il n'existe pas aussi des taudis dans les habitations en dur ? &#187; Des coups de pied dans la fourmili&#232;re et les id&#233;es re&#231;ues qui &#233;branlent la r&#233;ponse premi&#232;re unique &#8211; l'h&#233;bergement d'urgence - mise en place par les pouvoirs publics &#224; la question des personnes &#224; la rue. Derri&#232;re ce terme unifi&#233; de SDF, se cachent aujourd'hui des r&#233;alit&#233;s multiples qui demandent &#224; &#234;tre entendues. Si la majorit&#233; tend vers un logement autonome, il faut &#234;tre capable de l'y accompagner. Quant &#224; la minorit&#233; qui revendique un droit &#224; un logement diff&#233;rent, elle donne &#224; r&#233;fl&#233;chir sur notre mod&#232;le. Accompagnement et r&#233;flexion, des notions incompatibles avec l'urgence qui, toutes les nuits, masque au regard des passants cette pauvret&#233; qu'elle rejette &#224; la rue le lendemain matin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le centre de stabilisation, un nouveau concept</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Le-centre-de-stabilisation-un-nouveau-concept</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>SDF</dc:subject>
		<dc:subject>837</dc:subject>

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&lt;p&gt;N&#233;s de la pol&#233;mique des tentes, les centres de stabilisation sont de nouvelles structures d'h&#233;bergement sans limitation de dur&#233;e. L'accompagnement redevient alors possible m&#234;me si les chances de trouver un logement sont toujours aussi minces ! &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Dans la rue, je n'avais pas le temps de r&#233;fl&#233;chir. La vie marche &#224; cent &#224; l'heure. Ici, c'est calme, je peux mener des r&#233;flexions, me faire un programme, me fixer des objectifs &#224; atteindre &#187;. L'homme qui t&#233;moigne est h&#233;berg&#233; au centre de stabilisation Emma&#252;s (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;N&#233;s de la pol&#233;mique des tentes, les centres de stabilisation sont de nouvelles structures d'h&#233;bergement sans limitation de dur&#233;e. L'accompagnement redevient alors possible m&#234;me si les chances de trouver un logement sont toujours aussi minces !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Dans la rue, je n'avais pas le temps de r&#233;fl&#233;chir. La vie marche &#224; cent &#224; l'heure. Ici, c'est calme, je peux mener des r&#233;flexions, me faire un programme, me fixer des objectifs &#224; atteindre &#187;&lt;/i&gt;. L'homme qui t&#233;moigne est h&#233;berg&#233; au centre de stabilisation Emma&#252;s depuis un mois et demi. Ce centre, install&#233; dans un des pavillons de l'h&#244;pital psychiatrique de Perray-Vaucluse, a &#233;t&#233; ouvert en urgence le 7 ao&#251;t dernier suite &#224; la pol&#233;mique tr&#232;s m&#233;diatis&#233;e des tentes de M&#233;decins du Monde. L'id&#233;e est de rester ouvert 24 h sur 24 et de ne pas limiter la dur&#233;e d'h&#233;bergement. &lt;i&gt;&#171; Mais la r&#233;flexion n'a pas &#233;t&#233; pouss&#233;e plus loin que cela,&lt;/i&gt; regrette H&#233;l&#232;ne Thouluc, responsable de la communication &#224; l'association Emma&#252;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Press&#233; par les m&#233;dias et l'opinion publique, le centre a ouvert en priorit&#233; pour les habitants des tentes mais &#171; sans penser &#224; un cahier des charges : les personnes restent un temps que nous d&#233;finissons comme adapt&#233; &#224; la personne et non &#224; la structure, ce qui est tr&#232;s bien, mais pour aller o&#249; ? L'accompagner comment ? Et que proposer aux personnes dans la journ&#233;e ? &#187;&lt;/i&gt; (&lt;a href='https://www.lien-social.com/SDF-tous-les-chemins-ne-menent-pas-a-un-toit' class='spip_in'&gt;lire article&lt;/a&gt;). Des questions rest&#233;es ouvertes et toujours d'actualit&#233; pour Alain Bigot, le travailleur social du centre. Lorsqu'il est arriv&#233; au mois de septembre, les cinquante-cinq places &#233;taient d&#233;j&#224; occup&#233;es depuis plus d'un mois. &lt;i&gt;&#171; J'avais un travail monstre, je n'arr&#234;tais pas &#187;&lt;/i&gt;, se souvient-il. Aujourd'hui, l'urgence m&#233;diatique pass&#233;e, le centre s'organise petit &#224; petit.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Reprendre son souffle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Lorsqu'elles arrivent ici, beaucoup de personnes sont cass&#233;es, fatigu&#233;es, mal nourries. Elles sont dans cette survie de la rue qui les rend parano&#239;aques et agressives &#187;&lt;/i&gt;. Alain Bigot les laisse se reposer deux ou trois jours, il ne les rencontre pas d&#232;s leur arriv&#233;e. Il attend qu'elles s'apaisent. &lt;i&gt;&#171; Elles savent que je suis l&#224; de 7 heures &#224; 16 heures, je suis &#224; leur &#233;coute &#187;&lt;/i&gt;. Une &#233;coute impossible dans l'urgence, ce qui explique qu'un grand nombre r&#233;pugne &#224; prendre rendez-vous. &lt;i&gt;&#171; Beaucoup sont d&#233;&#231;us par le syst&#232;me&lt;/i&gt;, explique-il. &lt;i&gt;Combien d'assistants sociaux ont-ils d&#233;j&#224; rencontr&#233;s ? Et pour quel r&#233;sultat ? J'en suis un de plus &#224; qui ils devront une &#233;ni&#232;me fois raconter leur histoire. Ils en ont marre &#187;&lt;/i&gt;. Il faut donc regagner la confiance et pour cela le temps est essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain Bigot n'accorde pas moins d'une heure par rendez-vous. Pour lui, cette confiance ne peut &#234;tre regagn&#233;e que par l'&#233;coute. Au cours des premiers rendez-vous, Alain Bigot fait le point avec la personne, reprend les d&#233;marches administratives &#224; refaire pour l'ouverture des droits, &#233;value les besoins &#233;ventuels de soins physiques ou psychiques. &lt;i&gt;&#171; J'essaye surtout de comprendre o&#249; elle en est aujourd'hui, ce qu'il s'est pass&#233; dans sa vie pour qu'elle soit &#224; la rue. Les raisons sont multiples : deuil, s&#233;paration, alcoolisme, perte d'emploi&#8230; Toutes ont des itin&#233;raires diff&#233;rents. Nous essayons d'en parler ensemble, je leur fais des propositions. J'essaye de ramener la personne &#224; la r&#233;alit&#233; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pas de solution miracle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;alit&#233; douloureuse, tant pour les h&#233;berg&#233;s que pour le travailleur social. &lt;i&gt;&#171; Je n'ai pas de solutions de logement &#224; leur proposer. Je le leur dis clairement car je ne veux pas faire na&#238;tre de faux espoirs &#187;&lt;/i&gt;, tranche Alain Bigot. Seul un accord avec la DASS a permis de r&#233;server pour certaines personnes du centre quelques places en CHRS. O&#249; vont les autres ? Certains retournent dans leur famille, quelques-uns disparaissent, plusieurs trouvent place dans une communaut&#233; Emma&#252;s mais d'autres refusent toutes solutions comme ce vieux monsieur qui rejette totalement une proposition d'h&#233;bergement dans une maison de retraite. &lt;i&gt;&#171; Les horaires y sont trop stricts et moi je veux garder ma libert&#233;. J'&#233;cris, je fais du v&#233;lo, je travaille encore pour moi. Tout cela deviendrait impossible &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste qu'aucune autre alternative ne lui est propos&#233;e. Face &#224; ce type de situations, H&#233;l&#232;ne Thouluc s'interroge : &lt;i&gt;&#171; En retirant toute notion de dur&#233;e d'h&#233;bergement, nous risquons de faire de ces centres des lieux de rel&#233;gation, des asiles &#187;.&lt;/i&gt; Afin d'&#233;viter cet &#233;cueil, il faut non seulement que l'accompagnement social soit de qualit&#233; pour ne pas enfermer les personnes dans du sous-logement mais il faut &#233;galement penser la structure, proposer des activit&#233;s, partager des t&#226;ches. &lt;i&gt;&#171; Il faut appeler la personne &#224; se mettre en mouvement &#187;&lt;/i&gt;, souligne H&#233;l&#232;ne Thouluc. Au centre de Perray-Vaucluse, Alain Bigot r&#233;fl&#233;chit &#224; cette n&#233;cessit&#233; pour remplir le vide des journ&#233;es. C'est pour lui une question essentielle pour redonner &#224; la personne ce qui lui fait, &#224; ses yeux, le plus d&#233;faut : la confiance en elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les t&#233;moignages de Xavier, Eric et Daniel</title>
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		<description>
&lt;p&gt;&#171; Je suis &#224; la rue depuis deux ans et demi, trois ans. Je suis arriv&#233; en France pour poursuivre mes &#233;tudes en th&#232;se. Vu les restrictions des nouvelles lois fran&#231;aises sur l'immigration, je suis devenu un sans-papiers. La pr&#233;fecture a refus&#233; de me renouveler mon titre de s&#233;jour. La premi&#232;re ann&#233;e, j'ai r&#233;ussi &#224; avoir un emploi au noir. Mais c'&#233;tait de l'exploitation. Aux yeux du patron, j'&#233;tais en quelque sorte un mort civil puisque sans papiers. J'ai travaill&#233; jusqu'au jour o&#249; je ne l'ai plus support&#233;. Je me (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Je suis &#224; la rue depuis deux ans et demi, trois ans. Je suis arriv&#233; en France pour poursuivre mes &#233;tudes en th&#232;se. Vu les restrictions des nouvelles lois fran&#231;aises sur l'immigration, je suis devenu un sans-papiers. La pr&#233;fecture a refus&#233; de me renouveler mon titre de s&#233;jour. La premi&#232;re ann&#233;e, j'ai r&#233;ussi &#224; avoir un emploi au noir. Mais c'&#233;tait de l'exploitation. Aux yeux du patron, j'&#233;tais en quelque sorte un mort civil puisque sans papiers. J'ai travaill&#233; jusqu'au jour o&#249; je ne l'ai plus support&#233;. Je me suis alors retrouv&#233; &#224; la rue. Je connais certains centres d'h&#233;bergement d'urgence mais au bout d'une semaine maximum tu te retrouves &#224; nouveau dehors. Et puis les assistantes sociales que j'y ai rencontr&#233;es me poussaient &#224; retourner travailler au noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles disaient ne rien pouvoir faire pour moi puisque j'&#233;tais sans papiers. J'avais, pour elles, des capacit&#233;s et cela les arrangeait si je r&#233;int&#233;grais le march&#233; informel. Les associations donnent un coup de main &#224; ceux qui veulent s'en sortir, mais c'est le d&#233;muni lui-m&#234;me qui doit chercher ses solutions. Il faut &#234;tre motiv&#233;, sinon quelle que soit l'aide que vous recevez, vous ne sortez pas de l'assistanat. Je suis pratiquement sorti de la zone d'ombre. J'ai obtenu mon statut de r&#233;fugi&#233; et je peux travailler. Je suis juriste de formation mais je vais chercher dans n'importe quel domaine pour retrouver mon autonomie financi&#232;re et pouvoir louer une chambre. &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Xavier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout le monde ne boit pas ou ne se drogue pas &#224; la rue, mais certains sont dans une telle d&#233;tresse psychologique qu'il faut soigner la personne avant de pouvoir la mettre dans un appartement. Elles sont depuis tellement longtemps dans cette d&#233;tresse, tellement longtemps dans la rue, qu'elles ne savent m&#234;me plus ce que signifie r&#233;gler un loyer, une note d'&#233;lectricit&#233;. Il faut accompagner les personnes en faisant du cas par cas. La personne en d&#233;tresse peut &#234;tre autant d&#233;truite que l'alcoolique ou le toxicomane. Il peut &#234;tre aussi dur pour elle de trouver la porte de sortie de cet enfer, parce que la rue c'est un enfer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi, j'attends un logement. J'ai des enfants et, dans les centres d'h&#233;bergement d'urgence, je ne pouvais pas les recevoir. Je me suis donc construit une cabane. Je me suis trouv&#233; un terrain vague. D'abord, j'ai dormi au pied d'un arbre, puis j'ai nettoy&#233; ce morceau de terrain et je me suis construit un abri. Je savais que je pouvais y dormir tous les soirs en s&#233;curit&#233;. Je pouvais y manger, faire ma petite toilette, travailler le lendemain. J'ai parfois des missions int&#233;rim. J'ai quitt&#233; ma cabane pour rejoindre le mouvement des tentes du canal Saint-Martin parce qu'il me faut un petit coup de pouce pour avoir un appartement, retrouver un travail stable et remonter, sortir de ce tunnel. &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Eric&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans les structures classiques d'urgence, le petit d&#233;jeuner et le repas du soir sont parfois assur&#233;s. Mais le probl&#232;me essentiel, c'est qu'on ne peut pas y rester la journ&#233;e. Nous sommes oblig&#233;s de partir &#224; huit heures du matin au maximum et le soir de rentrer de bonne heure. O&#249; passer la journ&#233;e sans argent ? Certains centres acceptent que nous rentrions &#224; 14h 30, mais nous n'avons pas le droit de monter dans les chambres donc nous ne pouvons pas nous reposer. Quelquefois, nous sommes autoris&#233;s &#224; monter nos affaires mais il y a alors le probl&#232;me des vols. Et puis, dans ces centres, c'est tr&#232;s difficile d'y maintenir la propret&#233;. Certaines personnes sont tr&#232;s sales et n'ont plus l'habitude de se nettoyer. Elles bouchent les toilettes, salissent les douches. Les responsables sont alors oblig&#233;s de les fermer car les employ&#233;s qui nettoient ne veulent pas travailler tant que les h&#233;berg&#233;s sont l&#224;. Donc, nous repartons sans avoir pris de douche et en se nettoyant comme nous pouvons. De toute fa&#231;on, apr&#232;s un certain temps dans la rue, on finit par ne pas &#234;tre propre m&#234;me si on se lave tous les matins. &#187;	&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Daniel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>SDF, l'urgence sans fin</title>
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&lt;p&gt;Les centres d'h&#233;bergement d'urgence proposent un abri pour une nuit dans la perspective d'orienter la personne vers une structure adapt&#233;e de plus long s&#233;jour. Or aujourd'hui, ces orientations sont impossibles car le dispositif est engorg&#233; et les centres d'h&#233;bergement d'urgence saturent &#224; leur tour &lt;br class='autobr' /&gt;
La porte de la chambr&#233;e s'ouvre : matelas nus recouverts d'un plastique bleu sur une demi-douzaine de lits superpos&#233;s en fer, odeur acre de la poudre d&#233;sinfectante qui embrume la pi&#232;ce, des murs nus, un sol (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les centres d'h&#233;bergement d'urgence proposent un abri pour une nuit dans la perspective d'orienter la personne vers une structure adapt&#233;e de plus long s&#233;jour. Or aujourd'hui, ces orientations sont impossibles car le dispositif est engorg&#233; et les centres d'h&#233;bergement d'urgence saturent &#224; leur tour&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La porte de la chambr&#233;e s'ouvre : matelas nus recouverts d'un plastique bleu sur une demi-douzaine de lits superpos&#233;s en fer, odeur acre de la poudre d&#233;sinfectante qui embrume la pi&#232;ce, des murs nus, un sol froid, rien d'autre. Les fen&#234;tres grandes ouvertes auront du mal &#224; gagner, d'ici ce soir, le combat sur l'odeur du pesticide destin&#233; &#224; tuer les multiples petites b&#234;tes transport&#233;es par les hommes qui viendront dormir l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Traverser le p&#233;riph'&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tous les soirs, ils arrivent d&#232;s 19 heures dans ce centre du Samu social de Paris situ&#233; &#224; Montrouge, l'heure de l'ouverture des portes de ce b&#226;timent d&#233;cr&#233;pi qui propose un lit pour une nuit aux hommes et trois nuits aux femmes. Il compte quatre-vingts places pour les hommes, vingt-sept pour les femmes, distribu&#233;es par le 115, le num&#233;ro d'appel qui centralise les places des centres d'h&#233;bergement d'urgence de chaque d&#233;partement. Les personnes qui sont l&#224; &#224; l'ouverture du centre ont obtenu une r&#233;ponse favorable du 115 dans la journ&#233;e. Un coordinateur leur a donc indiqu&#233; ce centre o&#249; elles peuvent se rendre entre 19 heures et 21 heures au plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux m&#234;mes heures, se pr&#233;sentent les personnes autoris&#233;es par les trois conseill&#232;res sociales du centre, &#224; prolonger leur s&#233;jour. Certains auront peut-&#234;tre la chance d'&#234;tre dirig&#233;s vers un h&#233;bergement de plus longue dur&#233;e, la majorit&#233;, faute de solution, devra refaire le 115. Apr&#232;s 21 heures et jusqu'&#224; quatre heures du matin, les &#233;ventuelles places restantes et un quota constant d'une dizaine de places est r&#233;serv&#233; aux maraudes : les &#233;quipes de nuit qui circulent en petite camionnette dans Paris et ram&#232;nent au centre les personnes rencontr&#233;es dans la rue. Et si quelqu'un vient frapper &#224; la porte du centre ? Il doit retraverser le p&#233;riph&#233;rique pour appeler d'une cabine t&#233;l&#233;phonique parisienne le 115 de la capitale, g&#233;rant de ce centre, seul autoris&#233; &#224; lui d&#233;livrer une place. Impossible d'appeler de la cabine toute proche, la personne tomberait alors sur le 115 des Hauts-de-Seine. Il arrive que le coordinateur du centre accepte d'appeler lui-m&#234;me ou de r&#233;server un lit sur le quota de la maraude apr&#232;s s'&#234;tre mis d'accord avec l'&#233;quipe. Mais il s'agit alors d'une d&#233;rogation &#224; la r&#232;gle d'un syst&#232;me dont les d&#233;tails de fonctionnement interrogent sur la capacit&#233; &#224; aider les personnes &#224; sortir du cercle de l'urgence.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Drap jetable&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; leur arriv&#233;e, un petit n&#233;cessaire de toilette est attribu&#233; &#224; chaque personne ainsi qu'un drap jetable. Elle devra s'en contenter pour se couvrir. Les couvertures sont trop sujettes &#224; devenir des nids d'insectes. Les laver tous les jours serait trop contraignant, nous explique-t-on. Il leur est &#233;galement indiqu&#233; qu'elles peuvent voir un travailleur social le lendemain matin &#224; partir de 8 heures. Dans la matin&#233;e, les conseill&#232;res sociales re&#231;oivent en moyenne une quinzaine de personnes. &#171; Mais beaucoup pr&#233;f&#232;rent partir de tr&#232;s bonne heure pour appeler le 115 et s'assurer une place pour la nuit suivante. Ils n'attendent pas forc&#233;ment ici pour nous voir &#187;, explique Pascale Daguin, conseill&#232;re sociale au centre. Joindre le 115 et obtenir une r&#233;ponse positive est une bataille loin d'&#234;tre gagn&#233;e d'avance. Ceux qui partent le plus t&#244;t du centre sont souvent les plus chanceux, certains parviennent ainsi &#224; dormir tous les soirs dans le m&#234;me centre. Mais il faut le m&#233;riter : selon une &#233;tude de 2003 de la F&#233;d&#233;ration nationale des associations d'accueil et de r&#233;insertion sociale (Fnars), seuls 59 % des appels au 115 aboutissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque, enfin, un interlocuteur d&#233;croche, toutes les places sont peut-&#234;tre d&#233;j&#224; prises. La personne peut retenter sa chance le soir : les places libres sont distribu&#233;es en deux vagues, l'une le matin, l'autre le soir. Sans r&#233;ponse, il est encore possible d'essayer de se faire prendre par la maraude durant la nuit. Tous ces efforts doivent &#234;tre r&#233;p&#233;t&#233;s chaque jour. &#171; Il faut donc joindre le 115 tous les matins pour s'assurer une place, puis se pr&#233;occuper de savoir o&#249; manger, comment se tenir propre, o&#249; trouver un vestiaire pour obtenir des habits&#8230; Comment ajouter &#224; cela des recherches d'emploi ? &#187;, questionne Pascale qui regrette l'absence de structures interm&#233;diaires entre l'urgence et les centres d'h&#233;bergement et de r&#233;insertion sociale (CHRS). Elle n'a pas beaucoup de solutions &#224; proposer aux personnes qui restent pour les rencontrer. Les conseill&#232;res sociales aussi sont tenues de travailler dans l'urgence. D&#232;s lors, difficile de s'inscrire dans une d&#233;marche d'accompagnement vers un logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En th&#233;orie, nous sommes l&#224; uniquement pour faire une &#233;valuation de la situation sociale de la personne et l'orienter vers des dispositifs de droit commun &#187;, explique Annick Hartock, la seconde conseill&#232;re sociale. Dans la pratique, elles sont confront&#233;es &#224; des situations tr&#232;s diverses avec tr&#232;s peu de moyens pour y r&#233;pondre tant en interne qu'en externe. La fluidit&#233; du passage entre l'urgence et les CHRS n'existe plus : le constat est reconnu par tous. Mais au-del&#224;, le dispositif d'urgence n'a pas &#233;t&#233; con&#231;u autour de l'accompagnement social mais pour une simple mise &#224; l'abri. Les travailleurs sociaux sont tenus d'adapter leur travail au fonctionnement du syst&#232;me et de faire avec les moyens du bord. &#192; Montrouge, les conseill&#232;res sociales ont d&#251; batailler longtemps avant d'obtenir une ligne t&#233;l&#233;phonique qui ne soit pas limit&#233;e &#224; l'Ile-de-France, ou m&#234;me pour avoir une connexion Internet. Une situation qui n'est pas sp&#233;cifique &#224; ce centre. L'urgence, dans tous ses dispositifs, n'accorde que peu de moyens au travail social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Difficile en effet de concevoir le temps n&#233;cessaire au travail social dans un contexte d'urgence. Mais que se passe-t-il si le relais vers d'autres dispositifs est bloqu&#233; ? Les personnes se retrouvent coinc&#233;es dans l'urgence. Une r&#233;alit&#233; que confirme les conseill&#232;res sociales de Montrouge qui sont de plus confront&#233;es &#224; de nouveaux publics, notamment de nombreuses personnes avec des probl&#233;matiques psychiatriques. &#171; Nous ne sommes pas form&#233;es pour y faire face, constate Pascale Daguin. Nous devrions intervenir apr&#232;s que la personne ait &#233;t&#233; prise en charge au niveau psychiatrique. Dans certains cas, nous sommes d&#233;pass&#233;es. Lorsque la personne est vraiment en crise nous pouvons l'orienter vers le centre psychiatrique d'orientation et d'accueil (CPOA) de l'h&#244;pital Sainte-Anne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais lorsque ce n'est pas le cas et que le suivi est inexistant, il est tr&#232;s difficile pour nous d'entrer en contact avec la personne, c'est particuli&#232;rement fr&#233;quent chez les femmes &#187;. Face &#224; ces situations, elles n'ont aucune structure vers lesquelles orienter ces personnes. Pas de r&#233;ponses non plus pour les personnes sans papiers. Tant qu'elles ne sont pas r&#233;gularis&#233;es, elles ne peuvent pas acc&#233;der au droit commun. Or, une d&#233;marche de r&#233;gularisation demande du temps ; impossible dans un dispositif bas&#233; sur l'urgence.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;ternel recommencement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me lorsque la situation semble moins dramatique, que la personne pourrait entrer dans un CHRS, le dispositif est bloqu&#233; : peu de places pour trop de demandes et pas assez de fluidit&#233; du CHRS vers le logement autonome. Alors, les personnes tournent dans l'urgence et les travailleurs sociaux sont amen&#233;s &#224; les revoir, encore et encore, parfois pour refaire sans cesse les m&#234;mes d&#233;marches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le travailleur social a la possibilit&#233; de prolonger le s&#233;jour de la personne dans le centre le temps des formalit&#233;s administratives. Si la personne revient avec le justificatif prouvant qu'elle a bien tout fait, elle peut &#234;tre prolong&#233;e pour la d&#233;marche suivante et ainsi de suite au fur et &#224; mesure des justificatifs. Nous ne faisons pas une prolongation d'office de 15 jours, sinon nous ne reverrions pas la personne &#187;, &#233;nonce Claudine Roche, responsable des travailleurs sociaux au Samu social. &#192; Montrouge, les conseill&#232;res sociales ont effectivement cette possibilit&#233; dans la limite des 20 places hommes et 8 places femmes qui leur sont attribu&#233;es. &#171; Refaire les papiers, redemander la CMU, l'ouverture du RMI, faire une domiciliation administrative, tout cela demande du temps &#187;, explique Pascale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, c'est bien souvent le c&#339;ur de leur travail. Elles ne peuvent donc pas prolonger toutes les personnes qui sont dans ces d&#233;marches. Elles d&#233;finissent des priorit&#233;s. &#171; L'objectif est d'essayer de faire sortir le plus vite possible de l'urgence les personnes qui viennent d'y entrer et notamment les jeunes &#187;, d&#233;taille Claudine Roche. Pour les autres, si la situation administrative arrive &#224; &#234;tre r&#233;tablie dans ce contexte d'urgence, elles sont orient&#233;es vers les quatre permanences sociales d'accueil de la ville de Paris pour les sans domicile fixe. Il semble pourtant que m&#234;me ce r&#233;tablissement minimum des droits est complexe. &#171; La vie dans la rue n'est pas facile. L'ins&#233;curit&#233;, les vols, les gens se font voler leurs papiers ou bien les perdent, explique Annick. Certaines personnes - surtout lorsqu'il y a des probl&#232;mes d'alcoolisme, de toxicomanie ou des troubles psychiatriques - ne vont pas chercher leur courrier parce qu'elles n'en sont pas capables, donc leur RMI est coup&#233;, leur CMU pas renouvel&#233;e &#187;. Il faut alors tout recommencer &#224; z&#233;ro lorsqu'elles recroisent un travailleur social. &#171; Un &#233;ternel recommencement &#187;, soupire Annick. Un constat confirm&#233; par un travailleur social des maraudes de M&#233;decin du Monde : &#171; Certains droits peuvent &#234;tre ouverts quarante fois car la personne a rencontr&#233; des travailleurs sociaux dans les centres d'h&#233;bergement d'urgences mais les d&#233;marches n'aboutissent pas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au-del&#224; des travailleurs sociaux, la question est &#233;galement soulev&#233;e par la Cour des comptes dans un r&#233;cent rapport : &#171; Les obstacles &#224; l'acc&#232;s aux droits sont autant, et m&#234;me davantage, li&#233;s aux d&#233;faillances politiques et institutionnelles qu'aux facteurs de vuln&#233;rabilit&#233; des personnes concern&#233;es &#187;. Pas &#233;tonnant d&#232;s lors que la personne, fatigu&#233;e d'&#234;tre sans cesse orient&#233;e, amen&#233;e &#224; refaire mille fois ce m&#234;me num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone, us&#233;e par tous ses efforts pour une seule nuit sur ces lits de fer, d&#233;cide, et peut-&#234;tre pour son propre salut, de trouver un toit par d'autres voies (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Les-temoignages-de-Xavier-Eric-et-Daniel' class='spip_in'&gt;lire les t&#233;moignages de Xavier, Eric et Daniel&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>SDF, l'urgence sans fin</title>
		<link>https://www.lien-social.com/SDF-l-urgence-sans-fin-9105</link>
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		<dc:date>2007-04-19T08:53:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>M&#233;lanie-LS</dc:creator>


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